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Original subtitles

Allô ? Bonjour, ça va bien ?

Ah, c 'est vachement bien, ça. T 'es contente ? Bah,

on peut se débrouiller pour aller tous les trois.

Qu 'est -ce que tu veux me dire ? Non, mais tu me laisses tomber, c 'est ça ?

Oh, non, mais... Non, mais à

deux semaines des vacances, je trouve ça vraiment dur.

Qu 'est -ce que tu veux que je fasse ?

C 'est vraiment... Non, moi je trouve ça dur. Excusez -moi.

Bonjour Delphine, ça va ? Je veux pas qu 'on aille ailleurs, j 'ai super mal au

dos là.

Excuse, on peut aller à Londres là -bas ?

Non, ça va pas.

Qu 'est -ce qui t 'arrive ? Regarde -toi, Caroline m 'a prévenu hier soir qu

'elle partait plus en vacances avec moi.

Ah.

Qu 'est -ce que tu vas faire ? Je sais pas.

Tu pars avec quelqu 'un d 'autre ? Non, je pars avec personne.

Enfin, pour l 'instant, je pars avec personne.

Tu vas bien trouver quelqu 'un, quand même.

D 'ici à 15 jours.

C 'est fort, toi.

Mais si, tu peux quand même trouver des gens, 15 jours, quand même.

Mais qu 'est -ce qu 'un jour ?

Je sais pas.

Tu parles avec quelqu 'un, toi ? Je parle avec Antoine.

Écoute, il y a un type qui aimerait bien partir avec toi.

Et puis, il propose des vacances et du monde vivant.

Raoul. Raoul, c 'est pas bien. Il tombe dans la tête. Raoul.

Écoute, il est charmant, Raoul, quand même.

Et pas partout seul.

Rien de dur, les vacances toutes seules. Bah écoute, tu rencontreras bien des

gens là -bas.

Nous, là -bas ? Non, je sais pas. Tu rends pas compte ?

Tu pourras aller filmer ma grand -mère en Espagne.

Nouvelle idée, ça.

Tant mieux.

Écoute, t 'es à une grande maison au bord de la mer. Ça te fait une chance.

C 'est dans une ville ? Dans un petit village.

Mais... Faut réfléchir, hein.

Pas l 'Espagne toute seule.

Tu ne seras pas toute seule, en fait, il y a plein de touristes.

Je ne suis pas une aventurière.

Eh bien, justement, cette année, tu essayes.

De toute façon, tu ne sais jamais quel garçon va te plaire.

Tu vois celui -là ? Eh bien, celui -là, il devrait te plaire, il est très beau.

Il est un peu sale.

Bon.

Mais il est magnifique.

Regarde. Beau mollet.

Allez.

C 'est bizarre, non ? Comment ? Pour un mois de juillet, c 'est bizarre ? Oui,

il fait pas chaud.

Vous, vous faites quoi pendant les raccords ? Moi, rien du tout. Je suis

rentier. Je suis à la retraite.

Alors, je fais le ménage.

C 'est tout ce que j 'ai à faire.

Mais je veux dire, vous restez à Paris. Vous partez jamais ? Jamais, jamais.

Avant, je partais deux mois. Je partais dans le Jura.

Je partais entre le col de la Potille et la frontière de Nice.

Ça vous est arrivé souvent de rester au mois d 'août à Paris ? Vous savez, moi j

'ai pris des vacances très tard parce que j 'ai travaillé beaucoup.

J 'ai vu la mer pour la première fois, j 'avais à peu près 60 ans.

Ah bon ? Les vacances, on n 'avait pas beaucoup le droit. Quand vous travaillez

tout seul dans une maison, moi je faisais le taxi, vous savez, il n 'y

à dire, il faut prendre deux mois de vacances.

Alors j 'ai commencé à prendre de grandes vacances chez une personne qui

la campagne.

Je me suis fait des bêtes, je me suis fait des bêtes, j 'ai fait son petit

jardin, puis moi je restais là -bas de bois.

Tu aimes bien la montagne ? Non, je n 'aime pas la montagne. Pourquoi tu n

'aimes pas la montagne ? Parce que j 'ai tellement l 'habitude de conduire dans

Paris, moi les fossés ça me fait peur.

Je suis un vrai Parisien. On est bien ici à Paris. On est bien à Paris.

Pareil, ici on a tout ce qu 'il faut pour se promener.

Non, il n 'y a pas la nature, il n 'y a pas la mer. La nature ? Ah ben, il n 'y

a pas la mer, il y a la Seine.

Ça remplace, c 'est pareil.

Non, ce n 'est pas assez.

Moi,

la Seine, j 'avoue... Et moi, qu 'est -ce que vous voulez que j 'aille faire à

la mer ? Quand j 'ai de l 'eau jusqu 'à la cheville, que je n 'en peux plus, j

'ai peur, je ne sais pas nager.

Alors...

Il

était... C 'est bon, ouais, il pleut bien sûr, mais c 'est agréable aussi.

On y va parce qu 'Alaric n 'aime pas trop la chaleur, alors on préfère aller

dans les pays un peu... On va

canter.

T 'as pas peur qu 'il pleuve tout le temps ? S 'il pleut, on ira dans les

Bennett Breakfast.

Non, il ne va pas pleuvoir tous les jours quand même.

On y va juillet -août. Je ne sais pas, Isabelle, elle connaît mieux que moi.

S 'il pleut ou pas.

Moi, je suis allé un mois de juillet, il faisait très beau.

Alors peut -être qu 'avec un peu de chance, il fera beau aussi.

Genre, tu t 'amènes, tu débarques, tu t 'amènes avec la tente et tout ça.

Pourquoi ? De toute façon, là -bas, on campe n 'importe où. C 'est autorisé, c

'est pas comme en France.

Il n 'y a pas de terrain de camping, presque pas. Comme on va sur la côte

il y a toujours des petits endroits sauvages où on peut camper, c 'est bien.

gens sont sympas, ils peuvent vous... Je veux dire, quand tu vas camper, tu vas

chez quelqu 'un.

On demande l 'autorisation à Paysard s 'il est par là ou à quelqu 'un.

Et les gens sont sympas.

Oui, très sympas, pas de problème. Je crois qu 'il en connaît beaucoup d

'ailleurs. Oui, on a des adresses et tout.

On pourra toujours aller chez l 'un, chez l 'autre. Il y aura toujours des

pour nous loger.

Oui, on connaît des gens de partout. Puis il y a Isabelle.

Il y a Isabelle, oui, voilà.

Ce n 'est pas la partie la plus intéressante du Blanc.

Est -ce que vous voulez y aller ? Oui.

T 'as déjà été en Irlande ? Pas encore ? Non, pas encore.

T 'as envie d 'aller à l 'étranger ? Non, j 'ai pas envie.

Mais c 'est ça, l 'étranger, c 'est l 'Irlande. L 'Irlande, c 'est l

je veux dire.

Mais j 'ai pas envie d 'aller à l 'étranger.

Et pourquoi l 'Irlande, ça te plaît alors ? Parce que c 'est un beau pays.

Comment tu sais que c 'est un beau pays, toi ? Parce que Isabelle en a déjà

parlé. Ah, alors c 'est Isabelle en a parlé.

Il pleut tout le temps, ça te fait pas peur ? Non.

Et Delphine, pourquoi est -ce que tu ne viendrais pas nous voir à Dublin cet été

? Maman est venue nous voir.

Claude et Dominique vont venir nous voir.

Il n 'y a plus que toi, en fait, de la famille.

Je sais, mais... L 'été, je ne sais pas. Moi, je préfère aller dans les pays

chauds. J 'ai envie de soleil et tout ça.

Ce n 'est pas par rapport à vous, mais j 'irais bien un autre jour. Je ne sais

pas quand.

Mais le mois d 'août, j 'ai envie de voir un peu la mer, de me baigner.

Faire de la bronzette, tout ça.

Hein, le biche ? Oui.

Toi, si t 'aimes, c 'est bien, mais je veux dire, moi... Oui, moi, j 'aime l

'Irlande.

T 'as envie d 'y aller, toi ? Oui.

Bon, mais moi, j 'irai aussi un jour, mais pas tout de suite.

De toute façon, je dois appeler Jean -Pierre, on va voir.

Ah, Jean -Pierre, salut.

Bon, merci de m 'avoir appelée.

Ouais, je voulais te demander si je peux aller à Antibes un peu.

Je croyais que tu restais à la moutagne.

N 'importe quel là, c 'est pas bon.

Non, ça va, ouais.

Oh, ben merci, Léo.

La plagne toute seule, c 'est tout moi, quoi.

Non, je devais aller en Grèce, et puis ça n 'a pas marché, c 'est annulé.

Faut pas.

Je peux peut -être aller avec papy en Irlande.

Mais toi, tu descends, mais d 'habitude, tu descends pas.

Moi je suis partie à Florence toute seule.

Alors pourquoi tu ne pars pas toute seule ? Parce que ça ne me branche pas.

Je n 'ai pas envie de partir toute seule. J 'ai déjà fait une fois, ça ne

plaît pas.

C 'est merveilleux de partir toute seule.

Tu rigoles ou quoi ? Moi je l 'ai fait, je suis allée à Nice une fois.

Je trouve ça inhumain. Je te dis que c 'est comme ça qu 'on fait des

Non, moi je n 'ai rencontré personne.

Moi c 'est comme ça que j 'ai rencontré Antoine.

Dis -donc à Paris, tu fais des rencontres ? Pas trop.

Tu n 'as pas envie de faire des rencontres ? Bien sûr que si.

Et pourquoi tu ne passerais pas des vacances en groupe ? Tu es

folle. Pourquoi ? Enfin, Béatrice... Tu as des préjugés ?

Mais qu 'est -ce qui te gêne dans le groupe ?

Mais t 'es cinglé, tu m 'attaques ou quoi merde ? Mais t 'attaques pas,

il faut trouver une solution à ta solitude, tu peux pas continuer comme

peut pas se vivre toute seule éternellement.

Regarde -toi, t 'es triste.

Je suis pas triste, tout ce que t 'as vu.

Moi je suis très bien, ça va, je suis pas triste.

Mais vous êtes toute seule quand même.

Mais alors, je veux dire, pourquoi tu rigoles, vous êtes con. Mais tu trouves

marrant d 'être toute seule ?

Je ne trouve pas ça drôle, mais je ne vais pas m 'en sortir en partant en

ou en partant... Mais si on s 'en sort en bougeant.

Oh, ça va.

Arrête. Tu comprends ? Non, mais c 'est vrai.

Non, mais tu... Mais j 'ai eu des moments, moi, où j 'étais comme toi, où

effectivement, je ne bougeais pas, où j 'étais triste. C 'est affreux.

pour... Je comprends qu 'on puisse être comme ça. Mais il faut t 'en sortir.

Et nous, en tant qu 'amis, on est là pour t 'aider. Ne pousse pas mon cœur à

'extrême, je ne suis pas triste. Mais il faut pousser les choses à l 'extrême

pour crever l 'abcès. Mais tu ne me connais pas.

Je ne te connais pas, mais je te vois.

Mais tu me vois quoi ? Tu me vois là, tu me vois 5 minutes de temps en temps, tu

ne me connais pas. De quoi tu parles ? Tu juges sur des choses ? Mais si, si,

si, on a déjà parlé ensemble, tu ne bouges pas. On a parlé très peu, c 'est

qui parle toujours d 'ailleurs.

Ah bah oui, c 'est celui qui a exprimé quelque chose qui l 'exprime, je suis

désolée. Non, moi j 'ai un tas de choses à exprimer. Alors dis, j 'ai un tas de

choses à exprimer que je n 'exprime pas. Je veux dire, ça ne veut pas être pour

ça. Exprime ! Nous voulons que tu t 'exprimes.

Nous sommes toutes écoutes.

Ah, je trouve, je veux dire, tu... Non mais excuse -moi, qu 'est -ce que tu as

dire ?

Je ne suis pas méchante, je veux tomber. Mais quelquefois, on passe par des

stades de méchanceté. Parce que quelquefois, il faut brusquer les

Je ne sais pas si tes parents t 'avaient élevée sans te contrarier.

Elle est folle, elle est méchante. Pourquoi elle me dit ça ? D 'accord, je

folle, je suis méchante.

Mais je te dis ça parce que je t 'aime mieux.

Mais il faut des oppositions pour évoluer. Non, 5 minutes. Moi, tout va

Je suis un petit peu seule en ce moment.

Mais je veux dire, je ne suis pas complètement seule. Je n 'ai pas une

complètement seule. J 'ai quelqu 'un dans ma vie.

Même si je ne le vois pas en ce moment.

Pour moi, ça compte très fort.

Et vous, vous n 'avez rien à dire.

Voilà. Bon, d 'accord.

Je ne savais pas que tu avais quelqu 'un dans ta vie.

Je te voyais comme ça et je pensais que c 'était mieux si tu bougeais, si tu

faisais quelque chose.

Excuse -moi.

Moi, je ne le savais pas.

Je pensais effectivement que tu n 'avais plus personne dans ta vie. Je me disais

qu 'il faut qu 'elle bouge.

Moi, je préfère être agressive pour le bien de mes amis.

Quelquefois, je l 'ai été, même beaucoup plus que ça.

Moi, j 'empêcherais de faire deux gifles à une copine pour qu 'elle rigole, pour

qu 'elle arrête.

Mais tu n 'es pas pareil que moi ! Mais toi aussi tu n 'es pas pareil, c 'est ça

qui fait l 'intérêt de la vie.

Tu me crie des choses dans les oreilles et je ne sais plus comment en sortir

avec toi.

Il ne faut pas stagner.

Écoute Delphine, de toute façon tu sais bien que c 'est fini avec Jean -Pierre

maintenant.

Ou tu veux rencontrer quelqu 'un ou tu restes toute ta vie sur un souvenir.

T 'as pas envie de rencontrer quelqu 'un ? J 'espère bien que je vais rencontrer

quelqu 'un. Mais tu vas attendre comme ça que le prince charmant vienne ou tu

vas faire quelque chose ? Que veux -tu que je fasse ? On peut voir ton thème

astral, on peut... Bah écoute, moi je peux faire parler les esprits, je peux

interroger ce soir, je fais tourner les tables.

Pour trouver des garçons, tourner les tables, moi j 'ai jamais essayé, mais je

peux dire.

Mais tu crois bien quelque chose quand même, si tu crois pas... Je crois, je

crois, je crois, je crois.

Oui, les choses qui arrivent comme ça dans la vie, les choses...

Les choses qui se passent toutes seules, elles -mêmes.

Il y a des choses de l 'amour.

Tu crois pas... Enfin, je veux dire, t 'as aucune superstition. Tu crois pas à

la chance, tu crois pas aux cartes, tu crois pas aux astres, rien.

Moi, je crois à des superstitions personnelles.

Je peux croire à une chose, je peux croire aux cartes à jouer, aux petites

cartes à jouer qu 'on trouve dans la rue. Enfin, moi, je trouve des cartes à

jouer dans la rue.

Tu en trouves souvent ? J 'en trouve parfois, à des moments.

D 'ailleurs, je m 'y attends pas du tout et je marche et je trouve une carte.

Et ça signifie quelque chose à chaque fois. L 'autre fois, en allant chez ma

sœur, j 'ai trouvé quoi ? Une petite dame de pique.

La dame de pique, c 'est mauvais.

Tu connais, toi, les significations ? Quelques -unes, oui.

Donc, en allant chez ma sœur, tu vois, je suis attirée par une... Et en plus,

carte était verte.

Et ce qui est vachement bizarre, c 'est que j 'ai rencontré un médium, un copain

à moi, qui m 'a dit que le vert ferait ma couleur de l 'année.

Et c 'est vachement bizarre, parce que moi, depuis ça...

C 'est peut -être parce que je le remarque.

Je rencontre toujours des petites choses verts, tu vois. Alors là, je marche par

les chemins, qu 'est -ce que je vois pas ? Une petite carte verte, tu vois, près

d 'un poteau vert. Et moi, quoi ? Je suis habillée en vert.

Tu vas se trouver, c 'est un petit homme vert que tu vas retrouver.

C 'est la couleur de l 'espérance.

C 'est une bonne année.

Tiens, passe -moi le journal, je vais lire l 'horoscope.

Alors,

toi, t 'es capricorne.

Sans vouloir tomber dans les schémas, à attendre le soi -disant prince charmant,

Vous êtes toujours seule et on dirait que ça vous déprime.

Quel cercle vicieux. Mais quoi faire contre votre obstination caractéristique

Je ne m 'obstine pas, c 'est la vie qui s 'obstine contre moi.

Il est grand, il a les yeux verts, sa clé de noir.

Alors, qu 'est -ce que vous avez fait après ? On est allé de fait en fait.

Tu lui as appris que c 'était qu 'un Mongolien ? Oui, bien sûr.

En fait, il voulait dire vous êtes de la Mongolie.

Et ça a continué néanmoins.

Qu 'est -ce qu 'elle fait Delphine ? Elle est partie, elle ne veut pas

Je ne sais pas ce qu 'elle a.

Elle est toujours toute seule cette fille.

Mais non, mais Delphine c 'est parce qu 'elle est triste.

Ah bon ? Elle est triste comme ça naturellement ? C 'est fini avec Jean

Ça fait de longtemps qu 'ils étaient ensemble.

Moi c 'était son fiancé.

Depuis combien de temps ? Je vais la voir.

Elle ne veut rien dire.

Pourtant, je trouve marrant de parler des histoires des autres.

Oui, mais enfin, ça fait deux ans qu 'elle est toute seule, alors elle se

déprime un peu.

Qu 'est -ce qu 'il y a ? Et

pourquoi tu pleures ? Laisse -moi

tranquille.

C 'est à cause des garçons ? Non, laisse -moi.

C 'est à cause des vacances ? Je m 'en fous.

Pourquoi tu pleures ? Pour rien.

Non, mais faut pas pleurer comme ça.

Pourtant pas ce qu 'on a dit.

On n 'a rien dit de mal.

Mais viens dans ma famille, il y a une grande maison avec un jardin, il y a ma

sœur, il y a mes frères, il y a les enfants, il y a la mère, il y a du

Viens ! Mais il y a Babi qui m 'a proposé d 'aller en Irlande avec maman.

Mais ce n 'est pas des vacances.

Moi, j 'aime bien avoir des vraies vacances.

J 'aime bien ma famille, mais je ne peux pas...

Viens à Cherbourg ! Viens ! On va s 'amuser, on va rencontrer des gens.

Joli petit chien que t 'aimes, non ? Ah oui ? Tu vois, là, c 'est la montagne du

Roule. Par là, il y a un endroit qu 'on appelle la Hougue.

Là, c 'est la plateforme pour le pétrole.

Là, le port de plaisance, évidemment.

Et puis par là, c 'est la Hague.

Le côté qui est complètement sauvage.

Vika.

Salut, mec.

Hé, regarde -le.

Arrête, regarde pas comme ça.

Il est pas mal.

Il est brun.

Bien fait.

Ouais, c 'est toi qui regarde.

Mais non.

Regarde. Regarde pas trop.

Il nous regarde.

J 'ai peur que t 'as le ticket. Regarde.

Bonjour.

Bonjour.

Vous êtes du coin ? Oui.

Comment tu t 'appelles ? Edouard.

Elle c 'est Delphine. Bonjour.

Et moi Françoise. Bonjour.

Alors qu 'est -ce que vous faites dans le coin ? On est en vacances.

En famille ? Oui.

Non, moi je pars en Irlande demain.

C 'est marrant parce que moi j 'ai failli aller en Irlande. Ah bon ? J 'ai

failli partir et puis finalement, Cherbourg, ça m 'a plu, ça m 'a suffi.

T 'es marin ? Oui, je suis marin. Mon bateau est là -bas.

T 'es tout seul ? Oui, tout seul.

Qu 'est -ce que tu fais ça ? C 'est vous ?

On dîne en famille, normalement.

On peut peut -être se voir après, non ? Ah oui ? Oui.

Gardiste 11h ? Oui.

Oui ? Non, mais je ne crois pas qu 'on puisse se décommander.

Si, on peut se décommander.

Non, ce n 'est pas possible.

Pourquoi ? Parce que c 'est une chose promise et qu 'on la doit.

Ça peut toujours s 'arranger.

Et vous dînez, on peut se voir après, non ? On peut aller prendre une glace au

bowling, par exemple.

Non ? Profite des occasions de soir. Bon.

Faut que j 'arrive, je crois.

Au revoir.

On peut se voir demain ? Demain, je pars.

Bon, ben, fin de séjour.

Pourquoi t 'es partie ? Tu vois bien, je sais pas, je me suis méfiée, moi.

Il te plaisait pas ? Non, mais il a l 'air un petit peu... un petit peu

dragueur, comme homme sur les bords.

Le master est flot, tu vas rencontrer personne.

Ouais, mais...

Un mec qui parle le lendemain, il m 'a semblé bizarre.

Moi, à ta place, j 'aurais dit oui.

Mais toi et moi, on n 'est pas pareils.

On n 'est pas pareils.

Voilà les côtes de peur.

Il y a des bleus.

C 'est des saignantes, il y a tout ce qu 'il faut, chacun sert.

Moi,

je ne mange pas de viande.

Ah bon ? Tu n 'aimes pas la viande ? Non, je n 'en prends pas.

Mais ce n 'est pas grave, c 'est pas un problème.

Non, je ne mange pas de viande.

C 'est pas grave, je ne compte pas pour autre chose.

Un oeuf ? Un oeuf, non ? Non, ça va, ça va. Non, mais Liliane, tu feras un oeuf

? Fais une petite tomate dans mon taboulet, parce que j 'en ai pas

Tiens, une toute petite, là, non ? Non, non, tiens, prends une tomate.

Tu peux aller nous le dire.

Ben oui, on va tout le temps.

Elle aime bien les légumes.

Tu manges du goût quand même, oui ? Non, je mange pas tellement.

Jamais tu manges de viande ? Non, jamais.

Ah bon ? Un poisson.

Le poisson, pas trop non plus.

J 'en mange des fois quand il n 'y a rien d 'autre.

Il faut bien quelque chose de protéine quand je suis chez les gens.

Mais moi, pas trop.

Et au niveau de l 'organisme, pas de problème ? Tout va bien ? Oui.

Je me plante bien. Mais chez moi, je mange des céréales.

Je me fais des trucs bien.

Du laitage ? Oui, du laitage.

Du lait ? Oui, du lait, des amandes.

Il n 'y a pas besoin de viande, franchement. Ça doit poser des

Quand tu vas te pêcher des gens... Comme là, mais... On comprend bien, on

comprend bien.

On peut y acheter quelque chose de spécial.

Non, non, mais je ne veux pas qu 'on m 'achète rien de spécial.

Tout va bien.

Moi, ça me suffit. Il n 'y a pas de... Non,

tu... Homer... C 'est des bêtes, tout ça.

Finalement, c 'est tout ce qui représente l 'animal qui te...

C 'est des bêtes, tu vois.

Moi,

je trouve très qu 'il ne faut pas... C 'est surtout les bêtes qu 'on le sent

rouge.

Finalement, on te présente une côte de porc, et toi, tu vois l 'animal.

Mais Delphine, tu aimes bien le vert ? La salade, par exemple, quand tu la sors

du jardin, elle est vivante, mais après, elle se pétrit, donc elle est morte.

Oui, mais moi, je ne vois pas ça pareil.

Je ne vois pas ça pareil. Pour moi, la salade, c 'est vachement loin.

C 'est beaucoup plus loin de moi que la viande, qu 'un animal.

La salade, c 'est plus une amie.

C 'est plus léger.

Les légumes, c 'est plus aérien. Je ne sais pas.

Pas de sens.

Oui, pas de cœur qui bat.

Mais peut -être, peut -être que je ne suis pas consciente des choses. Mais

l 'instant, au stade où j 'en suis, comme je suis, peut -être que je me

C 'est une question instinctive. Moi, je mange comme ça, je m 'alimente comme

ça.

Quand j 'étais jeune, j 'avais un peu des sentiments comme ça quand j 'allais

dans des boucheries. Maintenant, j 'achète la viande dans des grandes

et je n 'ai plus du tout ce sentiment -là.

C 'est la preuve que c 'est complètement une question de conscience et d

'inconscience des choses. Et je trouve ça pas bien parce que si on arrive à

manger de la viande simplement parce qu 'on n 'a plus conscience de ce qu 'on

fait et des moyens par lesquels on est arrivé à tuer une bête, c 'est ça l

'erreur. Toi, tu avais conscience quand tu allais à la boucherie, tu avais

conscience du sang, de la violence d 'un jour. Et là, tout à coup, tu la perds.

Écoute, quand j 'achète d 'autres choses... Je ne sais pas, si tu la

il ne faut pas la perdre, justement.

Oui, mais j 'achète aussi des produits qui sont faits par des gens qui vivent

dans des conditions différentes des miennes, et je les achète aussi quand je

recule. Si je dois aller sur une grande surface et avoir des problèmes de

conscience à chaque fois que j 'achète quelque chose...

mais je parle bon simplement principalement de la viande on peut très

passer ici en France parce qu 'on a plein de choses plein d 'autres choses

'on peut manger tu vois bon ça c 'est un problème de conscience qu 'on peut tout

à fait résoudre simplement on en mange pas on mange autre chose et puis bon

purement économique au niveau de l 'économie il y a pas mal de choses à

en cours et c 'est très économique et c 'est très économique ça coûte Ça coûte

très cher, la viande. Ça coûte pas cher de manger des céréales tous les jours.

Et au point de vue de l 'économie générale, bon, c 'est sûr que ça coûte

beaucoup plus cher d 'élever un troupeau de vaches sur un pré que de manger ce

qu 'il y a dans le pré.

Ça, c 'est sûr.

Mais au niveau du goût, moi, tu vois, je préfère... Il n 'y a pas de goût dans

la viande. D 'ailleurs, même au niveau du goût, même ce qu 'on appelle le pâté

végétal, tu vois, qui est fait avec... Bon, uniquement végétal.

Bon, ça a le goût du pâté. Eh bien, je peux pas le manger. Mais que je sais que

c 'est végétal, ça me dit... C 'est le mot. C 'est le mot, simplement.

Alors, pâté. C 'est pas le mot. C 'est le goût, c 'est l 'impression, c 'est

lourd comme truc. Il y a quand même un appauvritement. Non, il n 'y a pas d

'appauvritement. Moi, j 'aime bien m 'aérer la nourriture comme ça.

C 'est aérien, c 'est léger, c 'est bon tout ça.

Et si on te proposait, je ne sais pas moi, un goût cuit au plein air, comme ça

Dans les bras, d 'abord.

Au pommier, oui.

Quand je dis aérer, je ne parle pas de l 'ambiance, je parle de ce que c 'est

faire sentir dans le corps.

Je veux dire, ton corps, c 'est tout ce que tu nourris.

Il y a l 'air, il y a la nourriture.

Voilà. Et ta nourriture t 'aide à exister, moi, je trouve.

Elle te... Oh, ça fait très mystique, évidemment.

Tu te fous de ma gueule.

C 'est pas pour te parler. D 'ailleurs, moi, je ne veux pas manger les fleurs

non plus.

Mais c 'est une question d 'instinct, parce que... C 'est vrai que j 'ai eu un

peu... Tu ne manges plus rien.

Moi, je ne pourrais pas manger les fleurs. Tu peux manger du huit, comme

Chinois, si tu veux. Rien que du huit.

Oui, du riz, moi je mange du riz d 'ailleurs.

Mais une fleur, une fleur, une fleur... Nous on la pratique, on regarde tout le

monde.

Je pourrais pas manger une fleur. Pour moi une fleur c 'est poétique, c 'est un

tableau, c 'est...

Viens

dans le jardin, on va cayer des fraises.

Tu veux te balancer ? Pas tellement, tu sais, je n 'aime pas la balançoire. Ça

me fait vachement mal au cœur.

Alors quand tu étais petite, tu ne balançais jamais ? Je te dis, ça me

le cœur tout de suite.

Tu n 'aimes pas tellement les jeux violents ? Ce n 'est pas violent en

la balançoire. Non, mais tu as l 'air assez calme.

Tu aimes bien la voile ? J 'ai mal au cœur en bateau aussi, ma biche.

Ah oui.

Voilà.

C 'est bon, c 'est Cassie, dis -donc.

T 'as jamais mangé ? T 'as pas marre ? Si, si, je connais le Cassie.

T 'as pas un copain ? Si, j 'ai un copain.

Pourquoi il est pas venu, alors ? Parce qu 'il peut pas venir.

Il bosse.

C 'est bête, non ? Moi, ça fait rien, même.

Comment il s 'appelle ? Il s 'appelle Jean -Pierre.

Je le vois souvent.

Ouais, mais il ne bosse pas à Paris, alors je ne le vois pas souvent.

Mais bon, c 'est mon copain quand même.

Tu vivras peut -être avec lui après ? Plus tard ? Ouais, un jour.

Pitié, j 'ai mal à l 'âme.

Pourquoi tu te demandes ça ? T 'as peur ? Non, mais c 'est pas une question.

Moi aussi, j 'ai des copains. De toute façon, j 'ai des copains, j 'en change.

Toi, c 'est l 'amour de toi, non ?

Hein ? Tu restes longtemps ? Jusqu 'à temps que vous me jetiez dehors.

Et tu vas lui téléphoner, non ? À qui ? À ton copain.

Peut -être.

De toute façon, je ne sais pas. De toute façon, j 'en ai d 'autres.

Tu changes comme des chemises.

Tu ne changes jamais comme des chemises.

Ils sont bons, mais à la fin, on s 'en lasse.

Pourquoi tu demandes ça ? C 'est qui qui t 'a demandé ça ? Personne.

Je suis curieuse.

La nature ? Oui, pour ainsi dire.

Tu as des projets avec lui ? Tu es vraiment curieuse.

Écoute, je ne vais pas te parler tout de suite. C 'est comme ça.

On peut passer l 'après -midi ici.

Vérification. Axel.

Double axel, c 'est un patin.

Ah ouais.

En patinage.

C 'est un cercle technique, non ? Double axel, t 'as jamais regardé ? Non, non,

non.

Mets -le dans ma bouche.

Pousse -moi.

J 'ai déjà aimé.

Moi, j 'ai vu la vague arriver, je n 'arrivais plus à contrôler.

Tu veux qu 'on aille à la mer demain ?

Faire de la voile.

De la voile, je veux bien aller à la mer, mais je ne peux pas faire de la

parce que j 'ai mal au cœur.

Tu as mal au cœur en bateau ? Alors toi, tu n 'es pas du type des poissons ?

Non, je suis capricorne. Tu es capricorne ? Oui.

Tu connais Antoine ? Un petit peu, oui. Je fais un petit peu d 'astrologie.

Gérard, il est capricorne aussi comme moi. Oui, oui.

Qu 'est -ce que ça veut dire ? Un capricorne ? Tu sais, le symbole de la

chèvre qui gravit la montagne et qui va le plus haut possible.

Mais généralement, elle y va seule.

C 'est un peu toi, ça.

Tu ne trouves pas ? Oui, ça peut être moi.

Oui, c 'est vrai.

On te connaît depuis peu, mais on a l 'impression que... Je ne sais pas, quand

on te propose quelque chose, c 'est... Non,

ça ne m 'intéresse pas. Non, pas vraiment.

Je ne suis pas difficile comme ça, il ne faut pas déconner.

Bon, alors, qu 'est -ce que tu aimes ?

Mais quoi ? Qu 'est -ce que t 'aimes ? J 'ai pas fait la difficile, je me trouve

super gentille, là, jusqu 'à présent.

Ouais, super gentille, mais enfin... J 'ai pas fait la difficile, là. Quand

même, mais... J 'ai pas fait la difficile.

J 'ai fait... J 'ai fait des courses, j 'étais en balade.

Ouais, j 'étais sympa, merde.

T 'as fait la vaisselle ? J 'ai fait la vaisselle.

Mais tu m 'as toujours pas dit... Qu 'est -ce que vous avez à me reprocher ?

non, on te reproche rien, voyons. On voudrait te faire plaisir.

T 'apporter le maximum de choses pendant que tu es là.

Mais moi ça va, je me sens bien.

Qu 'est -ce qui t 'intéresserait vraiment ? Qu 'est -ce que tu as envie

faire, vraiment, intensément, tous ces jours ? Bah, me

balader, ça me suffit. Ça te suffit ? Une plainte, quoi. Hein ? Une plainte.

Je suis une plainte.

Tiens, voilà Delphine ! Vous allez vous balader ? Où étais -tu

? On balade en bas, dans les bocages.

Vous avez ravagé la nature.

C 'est beau, hein ? C 'est pour moi ? Je t 'aurais bien ramené quelque chose,

mais je ne peux pas le faire.

Je t 'ai fait un petit cadeau.

Non, j 'ai vu la mer, j 'ai vu les... Bon, allez, on se dépêche.

Je me sens pas de rester ici, il faut que tu m 'aimes.

Qu 'est -ce qui te prend ? T 'es pas bien, là ? Mais si, je suis bien, je

très bien.

Ils sont pas assez gentils avec toi ? Mais ils sont très gentils.

Franchement, tu me comprends bien, je peux pas rester là comme ça toute seule.

Je peux me débrouiller pour leur dire quelque chose.

Ils sont intelligents, ils vont bien comprendre.

Je suis vachement gênée. T 'inquiète pas.

On va être combien pour faire ça ? Vous

venez dire au revoir ? Ben oui.

Mais j 'ai une nouvelle.

Delphine, elle s 'en va.

Elle est fâchée ? Non, non, non, c 'est pas du tout qu 'elle est fâchée, mais c

'est parce qu 'elle est mieux qu 'on rentre tous les trois.

Ça m 'étonne pas trop, moi. Non, c 'est dommage, c 'est sympa. Mais non, mais

vous comprenez bien, comme nous, je veux dire, on n 'est pas pareil, quoi.

On l 'emmène avec nous à Paris.

Oui.

Bon, ben.

D 'accord.

Bon, ben oui.

Delphine s 'en va ? Ben oui, elle s 'en va.

Mais pourquoi elle s 'en va ?

Oh bah tu sais, comme nous, on va être partis, tu vois, c 'est mieux, tu vois.

Ouais mais elle va être toute seule à Paris.

Oh je sais pas moi.

Tu veux un couteau ? Pourquoi pas, c 'est plus bel.

Merci.

Allô, Jean -Pierre ?

Ça va ? C 'est Delphine.

Tu vas bien ? Je suis au Paris.

Bah non, bah écoute, je sais pas, Cherbourg, c 'était un peu... C 'était

hein, mais... Bah je suis rentrée, ouais, voilà.

Non.

Ouais, bah tu me connais, bon... Non, je voudrais bien te demander si je peux

pas aller à la montagne.

Salut Delphine ! Salut Michel, ça va ? Ça va bien ? Ouais.

Se restent les vacances.

Ouais, ben j 'arrive de Paris.

Mais Polo il est pas là, c 'est lui qui a les clés depuis Jean -Pierre. Ah Polo

il est descendu dans la vallée, il va remonter à 6h.

Et normalement avec les clés.

Tu veux aller te balader ? Bah ouais, je peux aller.

Tu peux garder bagage.

Ça marche ? Ouais.

Ok. Je prends mon petit chapeau.

Ouais, c 'est du beau.

Ok, ciao. Salut, au revoir Michel.

Delphine ! Ça va, Bruno ? Bien, toi ? Tu arrives ? Ouais.

J 'ai les clés de l 'appartement.

Bah, j 'ai pas besoin.

Mais pourquoi ? Parce que je veux rentrer. Mais rentrer, pour quoi faire ?

enlever, je veux bien.

T 'as une outil pour promener tes bagages ? Bon, ouais.

Je suis plus heureuse.

Tu as mes bagages ? Tu me les donnes ? Je m 'en vais.

Non, là, je comprends pas du tout.

Non, mais rends -le -moi, voilà, ça fait rien.

Voilà. Vos entraîneurs, ils sont en pleine santé.

Ça va, ça ? Ouais.

Donc, bah... Bah, à la prochaine. Deltine, ma foi, quand tu veux, tu

sais que tu es quand même.

Bye -bye.

T 'étais revenue de la montagne ? Ouais, je suis restée seulement un jour.

Je suis partie le matin, je suis rentrée le soir même.

Le soir même ? Mais t 'es un peu folle, toi.

Ouais, non, mais c 'est pas possible. Pour moi, la plage, tu sais, je connais.

'était vachement dur, rester là -bas toute seule.

J 'ai pas pu.

Qu 'est -ce que tu vas faire maintenant ? Bah... T 'as peu d 'argent, tu peux

repartir, non ? Ouais, mais c 'est le problème, essayer de partir toute seule,

ça m 'emboîte.

C 'est un peu... Pas du tout.

Enfin, tu vas pas rater ta parée quand même pour la fin de tes vacances ? Tu

sais, c 'est au moment où on t 'attend le moins qu 'on rencontre toujours

'un.

Justement, je m 'attends à rien, alors je voudrais bien voir si je peux

rencontrer quelqu 'un.

Faut voir.

Non, non, je te dis des bêtises, là.

Je sais pas du tout ce que je veux faire.

Je me sens vraiment ailleurs.

Non, non, non, tu fais très bien. Non, mais laisse -moi.

Reste où ça, cette affaire ? Je ne sais pas.

Delphine ! Bonjour Eren !

Comment vas -tu ? Bah ça va, doucement.

C 'est marrant de te voir là.

Mais c 'est bizarre.

Qu 'est -ce que tu fais là ? Bah écoute, je vais faire des courses là.

Je passe l 'endroit.

Ah ouais ? Et toi, alors qu 'est -ce que tu fais là ? Bah moi je me balade, je

rentre chez moi.

J 'habite toujours à Saint -Germain là -bas.

C 'est les vacances pour moi, mais là je suis en transit.

On espère en trouver mieux.

Qu 'est -ce que tu te dis ? Qu

'est -ce que tu te dis alors ? Écoute, moi j 'ai fait le grand pain.

Je me suis marquée.

Je me suis marquée. Encore une fois ? Encore une fois. Mais c 'est sérieux

que j 'ai un CV.

Tu l 'as eu quand ? Il y a 17 ans.

Il est beau, non ? Oui, il est plutôt beau.

T 'es content ?

Oui, oui, oui, oui, non, il y a des moments, mais jusqu 'à présent, c 'est

dur. C 'est très dur, c 'est trop difficile, c 'est trop long de raconter

comme ça, mais c 'est fou.

Moi, je suis allée en vacances un peu.

Tu travailles pas ? Si, si, je travaille, je bosse, mais normalement, c

vacances.

Et j 'ai encore 15 jours à tirer, tu vois, mais vraiment.

Justement, le problème, c 'est que je suis partie.

Je suis partie, je suis revenue, je suis repartie et je suis revenue.

Et je me sens un peu nulle parce que maintenant, je me trouve comme une

idiote à Paris. Tu vois, il fait un temps sinistre. Moi, j 'ai vachement

de repartir. Il fait un temps sinistre tout de suite. Il va faire beau.

Ouais, mais même, moi, je m 'en fous parce que tu connais Mathieu, là -bas, à

Saint -Germain. Je veux dire, quand il fait beau, t 'as chaud.

Moi, j 'ai une idée.

Moi, j 'ai une idée.

J 'ai un beau frère qui a un appartement à Biarritz et moi je te le prête.

Il me le passe chaque année et moi ça ne m 'intéresse pas. Biarritz ce n 'est

pas pratique pour moi.

Je dois rester près de Paris, on va à Deauville avec mon mari.

C 'est génial.

C 'est super beau.

C 'est vachement bien fréquenté.

C 'est jamais.

Merci à vous.

C 'est toujours dans le jeu de l 'histoire.

Ça t 'intéresse vraiment.

Oui.

J 'ai relu la nouvelle première, donc ça me fait très amour.

Bien juste, quand je retraine ce livre et je lis le rayon vert, je trouvais ça

assommant. Et puis maintenant, avec le rayon vert, je trouve ce livre d 'un

intérêt extraordinaire.

Moi, j 'ai lu Le rayon vert.

J 'ai trouvé que c 'était très bien. Ça m 'a beaucoup plu. J 'ai trouvé que c

'était un conte, comme un conte.

Cette héroïne, c 'est une héroïne de conte. Elle est aussi simple que

Cendrillon, Blanche -Neige.

C 'est une histoire d 'amour.

Qui se passe en Écosse, en plus. Moi, j 'avais aimé l 'Écosse.

Oui, j 'avais beaucoup aimé ce pays.

Vous l 'avez lu, madame ? Oui, madame, dans mon enfance. Mais mes souvenirs

très imprécis.

Vous êtes en train de dire maintenant ? Je l 'ai terminé. Je l 'ai terminé. Et

effectivement, moi qui n 'aime pas beaucoup le verbe, j 'ai trouvé que ce

vert était quelque chose d 'assez extraordinaire.

Parce que c 'est une histoire d 'amour. Parce que c 'est une histoire

romanesque. Parce qu 'il y a des personnages tout à fait...

Qui cherchent quelque chose.

Le rayon vert, vous l 'avez vu d 'ailleurs ? Je l 'ai vu. Je l 'ai vu

fois. La première fois, je pouvais avoir... peut -être 8 ou 9 ans, et c

La Bôle. Connaissez -vous La Bôle ? Non. Il y a une très très belle plage, très

longue, de 7 km je crois, et je me trouvais avec mon père, et justement il

'avait parlé du livre de Jules Verne, n 'est -ce pas ? Et c 'était par une

journée très claire, l 'air était très sec, il n 'y avait pas de nuages, et il

'avait dit peut -être qu 'on se rende la chance.

Et cette fois -là je l 'ai vu. Mais ça n 'était qu 'une fraction de seconde.

Lorsque le globe solaire s 'est couché,

à l 'horizon, n 'est -ce pas ? Alors, à la dernière phase, il y a eu comme une

sorte d 'éclair, d 'air clair, comme une lame de sabre qui se détachait

horizontalement, n 'est -ce pas ? Et c 'est extrêmement joli, mais tout à fait

court. Ce n 'est pas aujourd 'hui qu 'on le verra, parce que, regarde, c 'est

complètement brumeux.

C 'est très brumeux et très gris. Vous ne verrez pas la chance.

Vous savez ce que Jules Verne raconte ?

Jules Verne raconte que quand on voit le rayon vert, on est capable de lire dans

ses propres sentiments et dans les sentiments des autres. Vraiment, c 'est

merveilleux. Si c 'était exact, on pourrait devenir extra -lucide en voyant

rayon vert.

C 'est ce qui arrive à son héroïne, qui ne voit jamais le rayon vert, mais qui

arrive à lire très bien dans ses sentiments à la fin et dans ceux du

qu 'elle rencontre.

Et vous, monsieur, vous n 'avez rien dit sur les rayons verts. Vous connaissez

ce phénomène physique ? Oui, très bien. Je le connais très bien. Et j 'ai vu les

rayons verts plusieurs fois, peut -être cinq fois dans ma vie. C 'est assez

rare.

Il passe des étés, on ne peut pas du tout voir le rayon vert parce que les

conditions atmosphériques ne sont pas favorables. Par exemple, aujourd 'hui,

ne peut pas le voir. Il y a trop de brume.

Il faut que ça, comme ma femme m 'a dit, il faut que l 'atmosphère soit

extrêmement claire.

Et la raison de ce phénomène, c 'est la diffraction

dans l 'atmosphère.

Voulez -vous que je vous l 'explique en détail ? Alors, vous voyez le soleil là.

Il n 'est pas exactement là où vous le voyez.

En réalité, il est un peu plus bas.

Parce que les rayons du soleil sont courbes dans l 'atmosphère.

Et le plus le soleil est près de l 'horizon, le plus fort est

la diffraction dans l 'atmosphère.

Et quand le soleil semble toucher l 'horizon, alors en réalité, il est déjà

derrière l 'horizon.

Alors, le disque du soleil semble être élevé un petit peu. Ça fait un

demi -décret.

Et ça, c 'est la première raison pour le rayon vert.

Mais la deuxième, c 'est qu 'il y a aussi la dispersion des couleurs, comme

un prisme.

Quand la lumière traverse un prisme, il y a un spectre. Et la couleur qui est

la plus courbe ou courbée, c 'est le bleu. C 'est le bleu. J 'allais dire le

vert. Le vert est près du bleu, n 'est -ce pas? Il y a le rouge, le jaune, le

vert et le bleu et le violet.

Et le bleu et le violet, c 'est très faible. Ce qu 'on peut très bien

ce sont les couleurs jaune et vert.

Alors, quand le soleil se couche, alors le disque est un peu élevé,

mais le plus les couleurs bleues, les couleurs verts sont plus élevées que les

couleurs rouges. Alors quand le disque disparaît sur l 'horizon, le dernier

rayon qu 'on voit, c 'est le vert.

Alors, c 'est ça. Je ne peux pas te penser au savant dans le livre qui s

'appelle Aristobuloturcyclone. Oh, quelle ambitie de maman !

Laissez, laissez, ça ne fait rien.

Mais c 'est beau.

Ça fait du bien.

Vous n 'avez pas encore peigné ? Non, non.

Je vais y aller, je me fais un peu bronzer.

Vous êtes bien bronzée déjà.

Mais oui.

C 'est vous ? Comment ? C 'est vous qui êtes très bronzée. Ah bon ? Moi je ne

trouve pas, non. Je ne sais pas si je vais vraiment arriver à être bronzée

même.

J 'arrive hier seulement.

Vous connaissez cette place ? Ça fait quelques jours que je suis là.

Vous êtes en vacances ? Oui, je suis en vacances.

Comme moi aussi.

Vous êtes allemande ? Non, non, non. Devine, devine.

Que dis -tu ? Excuse -moi, je parle tellement mal français.

Je fais beaucoup de fautes.

C 'est très bien, mais je ne comprends pas.

Je ne sais pas, vous êtes au Nordel ?

Non, un peu plus haut encore.

Norvège ? Oui, exactement.

Et vous, vous êtes autuée, autuée française ? Oui. Ah, très bien.

C 'est un joli pays, France.

Mais malheureusement, je n 'ai pas assez de temps pour découvrir tout.

Comme ça, une fois par an, un voyage, une fois par an, une vacance.

Vous faites le tour du pays ? Non, non, non. Parce que je suis venue ici, je

suis venue avec un avion.

Et après, je pars en Espagne.

Ah, d 'accord. Mais vous voyagez toute seule ? Ah oui, j 'adore.

Moi,

j 'aime beaucoup voyager toute seule.

Parce qu 'on peut découvrir beaucoup de trucs et on peut rencontrer de nouveaux

gens et tout ça.

Et toi, tu voyages toute seule, là ?

C 'est froid ? Mais écoute, essuie -toi.

Tu nances avec ce maillot ? Pourquoi pas.

Pourquoi tu ne tires pas ça ? Parce que c 'est froidir.

Mais non, ça ne me refroidit pas du tout. Tu ne le trouves pas ? Pourquoi ?

prends le soleil aussi avec le maillot ? Mais c 'est l 'est de Ray, de Marc, non

?

OK, moi, je suis mieux vêtue. Regarde la plage.

Parce que, je ne sais pas, moi, je suis habituée comme ça, tu sais. Au

Scandinave, nous sommes moitié nus du tout.

Mais écoute, regarde.

On voit tous ici. C 'est bon, hein?

C 'est joli, non?

Tu vois le bon mec, là?

Tiens, lui, là.

Il marche très bien.

Il n 'est pas mal fait, en plus.

Tu ne te trompes pas?

Regarde les mecs, toi.

Mais bien sûr que je regarde les mecs. Je suis toute seule en vacances.

Il faut trouver un bon, le meilleur.

Tu t 'en souhaites, déjà ? Mon fiancé.

Oui, tu n 'as pas fiancé, toi.

Heureusement. Pourquoi ? Parce qu 'ils sont emmerdants.

Parce qu 'ils sont trop gelous.

Tu ne peux pas regarder ni à droite, ni à gauche.

Ils sont tout le temps là.

Tu regardes, tu suivis.

Quand même, ce n 'est pas bien de rester.

Tout seul, il ne s 'est pas bien resté avec un personne trop longtemps.

Tu es resté toujours tout seul ? Non, non, non. Tu étais bien assez ? Oui,

Maintenant,

c 'est plus comme ça.

Mais qu 'est -ce qui se passait, finalement ? Finalement, il se passe que

comme ça que je suis toute seule.

Mais il t 'a laissé tomber ? Non ! C 'est toi qui es parti, finalement ?

Non, c 'est la vie.

Ah mais oui, mais c 'est compliqué, tu sais.

C 'est comme chez moi, tu sais. Mais c 'est les vacances.

Mais oui, mais si tu restes dans un appartement toute la journée.

Il faut qu 'on va sortir un soir.

On va sortir un soir. Ben oui.

Tu ne veux pas aller danser ? Tu ne trouves pas que c 'est bien ? On va

un petit peu.

Draguer ? Draguer ? Draguer, draguer.

Oh là là, je voulais bien.

C 'est vrai qu 'Allah aussi, c 'est une super france.

Moi, tu sais, j 'ai des difficultés à trouver un type idéal.

Mais c 'est quoi ton idéal ? Est

-ce que tu préfères ? C 'est romantique mon idéal, c 'est un idéal romantique.

Ah bon ? Alors les portefeuilles, c 'est pas grave.

Ah non, non, non.

Les portefeuilles, c 'est pas grave.

Je crois toujours que...

Je crois toujours que... Non, c 'est romantique mon idéal.

C 'est bien dîner avec les bougies, avec le truc de tête à tête.

Non, non, non, c 'est pas le truc des bougies. C 'est pas le truc... Comme ça,

je me dis toujours que là, au -dessus d 'une vague et tout ça, il va y avoir...

Comment

tu fais quand tu vois... Je sais pas.

C 'est ça quand tu vois quelqu 'un.

Quelqu 'un passé pour exemple.

Un mec, un beau mec.

Comment tu sens que ça c 'est bien pour toi ? Comment tu sens le type quand il t

'approche, quand il commence à te parler ? Comment tu sens que tu l 'aimes ou tu

l 'aimes pas ? Comment tu fais ? Peut -être qu 'il te plaît.

Si tu ne regardes pas quand même. Non, ben oui.

Je regarde.

Tu crois moi ? Je regarde beaucoup. Je suis quelqu 'un qui regarde beaucoup les

gens.

Mais... Pour le reste, tout est fou pour moi.

C 'est beau, tout est flou.

Pourquoi ? Je ne sais pas, parce que je ne suis pas quelqu 'un qui est très

opérationnel dans la vie, je ne suis pas fonctionnelle, je regarde les gens,

mais je ne fais jamais une chose déterminée pour trouver quelqu 'un ou

trouver quelque chose.

Mais bon, peut -être que je me trompe.

Mais tu attends que les gens viennent chez toi ou quoi ? Non, non.

Non,

je te dis, c 'est très flou, je ne suis pas... Le type ne vient pas tout seul,

il faut faire quelque chose.

Pour moi, c 'est vague, tout ça. C 'est une conversation.

Je veux dire, il faut faire quelque chose. De toute façon, on me l 'a déjà

mes copines à Paris m 'ont déjà dit, il faut faire quelque chose, il faut

chercher, il faut... Ah, la blague, la blague.

Tu as cherché ? Mais je ne crois pas finalement qu 'il faut chercher non

tu sais.

Il faut sentir, tu sens ? Tu sens, tu ressens, tu parles avec des gens.

Tu le sens, comment ils sont ? Autant les filles que les garçons.

Oui, je le sens.

Je suis très ouverte aux gens, je le sens, je suis disponible, j 'écoute, je

suis ouverte.

Mais tu es déçue quand on t 'entend.

Oui, oui, non, bon, j 'aimerais bien pas que tu te calmes.

J 'écoute beaucoup les gens, je les regarde, je les écoute, mais la

confiance, on ne veut pas faire tout de suite.

Lui, c 'est qui ? Moi, je ne le trouve pas.

Moi, je ne le trouve pas.

Tu ne fais pas confiance aux gens ? Non, je joue avec les gens.

C 'est -à -dire que pour trouver quelqu 'un qui est correct, quelqu 'un qui est

bien, il faut que tu ne te montres pas ton propre cœur tout de suite.

Et alors, qu 'est -ce que tu montres de toi ? Je vis la vie, je m 'amuse.

Je regarde les réactions des autres.

Et après, je fais la conclusion.

Est -ce que c 'est bien ? Est -ce que c 'est pas mal ?

Parce que c 'est comme le jeu des cartes, tu sais. Tu ne peux pas le

tout de suite ce que tu as dans ta main.

J 'en ai à la main.

Ah, mais oui, sûrement. Tu as quelque chose, écoute.

Je n 'ai rien à me faire.

Mais Delphine, tu vas être très triste quand même, écoute.

Mais qu 'est -ce qu 'il y a ? Pourquoi tu penses...

Écoute, oublie -toi, oublie tous les soucis.

Mais j 'ai oublié mes soucis, je n 'y pensais pas. Je veux dire, on parle, on

parle, montrer les choses, je ne sais pas quoi, moi je n 'ai rien. Je veux

si j 'avais des choses à montrer, les gens les auraient vues, c 'est tout.

Quoi, qu 'est -ce qu 'il y a les gens ? Il te laisse tomber, non mais écoute,

non.

Ne pense pas comme ça. Je ne suis pas pareil que toi. Tu vois bien, je ne suis

pas une fille comme toi.

Pour moi, les choses, ce n 'est pas évident. Je ne suis pas normale comme

Pour moi, si j 'avais quelque chose à montrer, quelque chose à donner, les

l 'auraient vu. Si je suis larguée, c 'est normal.

C 'est certainement une maquette.

Quand je fais des efforts, je sais que c 'est écouter les gens.

Je suis ouverte. Je ne crois

pas qu 'on puisse être plus ouverte. J 'écoute, je regarde ce qui se passe.

Et je veux dire, si les gens vont pas vers moi, c 'est que c 'est comme ça, c

'est que je vaux... C 'est que je vaux rien et... Écoute, Delphine, oublie ton

souci. Oublie tout.

Et ce soir, on va bien nous faire.

Ah, bien, bien.

Il y a les victimes, là.

Bonjour.

Comment ça va ? Qu 'est -ce que vous faites ce soir ?

Venir ce soir avec vous.

Vous

avez

quoi ? Vous êtes de quelle nationalité ? Moi ? Oui.

C 'est espagnol.

Tu parles un peu espagnol ? Oui, je parle un peu l 'anglais.

Tu parles espagnol, toi aussi ? Non.

Non ? Tu parles espagnol ? Non, je parle espagnol. Tu parles français ?

Française, oui. Ah oui, c 'est bien.

Mais tu ne veux pas que je sois espagnole ? Non. Tu penses que je suis

? Tu crois que je suis espagnole ? Non.

Je pense que vous êtes suédoise.

Mais non.

Oh, vous êtes suédoise.

Surtout pas suédoise. C 'est hollandaise alors. Mais non.

Qu 'est -ce que vous êtes alors ? Je suis un Allemand.

Oui, j 'ai fait deux états.

Vous aimez les fleurs ? Ah oui, j 'adore les fleurs. Je vous l 'offre.

Mais c 'est moi qui ai piqué.

Ben voilà.

Qu 'est -ce que vous faites, à part ça ? Vous êtes en vacances avec votre copine

? Non.

Toute seule ? Oui, nous sommes tous les deux toutes seules.

Comment tu t 'appelles ? Je m 'appelle Lena.

Comment vous vous appelez, vous ? Joël.

Joël ? Et tu t 'appelles comment ? Moi ? Pierrot.

Pierrot ? Mais Pierrot, c 'est un nom de circuit, ça.

Pierrot, non.

Mais oui, un clown.

Ah oui, le clown blanc.

Alors qu 'est -ce qu 'il fait le clown ce soir ? On ne sait pas.

On ne sait pas, tu vois ce que vous faites.

Nous aussi, nous ne savons pas ce qu 'on fait. Mais on peut décider ensemble.

Oui, peut -être.

Ah, sûr.

Delphine, qu 'est -ce que tu penses ? Moi, rien.

Rien ? Non.

Ah,

c 'est joli, nice.

Very nice.

You like?

Yeah, I like.

Yeah, c 'est anglais.

Ah, vous parlez anglais ? Oui, oui.

Je parle anglais.

Vous parlez anglais ? Oui. Vous parlez très bien anglais. Oui.

Qu 'est -ce que vous faites ce soir ? Je ne sais pas.

Nous aimerions aller danser.

Vous dansez ? Est -ce qu 'il y a des nightclubs ? Oui,

oui.

Mouvez -vous.

Mouvez -vous.

Mouvez -vous.

Mouvez -vous.

Mouvez -vous. Mouvez -vous. Mouvez -vous. Mouvez -vous. Mouvez -vous.

-vous. Mouvez -vous.

Mouvez -vous.

Mouvez -vous.

Mouvez -vous.

Vous êtes décidés à vous amuser ? Ah, c 'est bien ! Delphine aussi ? Mais bien

sûr ! Ah, qu 'est -ce qu 'elle en pense ? On pouvait aller où ? Parce qu 'on ne

connaît pas Biarritz. Sur la Côte des Basses, un petit bar avec des musiciens.

Ah, c 'est valable.

Tiens, Delphine, allez musicien. Je suis musicien aussi. Je suis poète et

musicien. Je donne à la France la terre promise de l 'espérance. Ah tiens !

Tu sais qu 'est -ce que je suis moi ? Non, en anglais, c 'est ce que tu m

dit. Mais qu 'est -ce que je fais ? Je suis aussi un musicien.

Ah, vous jouez de quel instrument ? Piano.

I play guitar.

I don't play.

Tu joues ? I play.

Oh, you play ? I play guitar. You play in the crew ? No, me too.

Only me.

Only you !

C 'est ce qu 'ils m

'ont toujours dit.

Vous devez parler ce que vous parlez.

Vous étiez en vacances ? Non, moi je suis ici, on s 'est connu en fête de

Bayonne. C 'est quoi Bayonne ? C 'est une ville.

Je croyais que c 'était un saucisse.

Non, il y a le jambon de Bayonne.

Le jambon c 'est bon.

Le jambon c 'est bon.

Quand on a 20 ans.

C 'est vachement drôle ça, dis donc.

Le chambon, c 'est bon.

Tu peux être comme la d 'Hambourg. La d 'Hambourg ? La hambourguesse. Ah, y 'a.

Y 'a, y 'a, des réperbonnes.

Y 'a.

Delphine, Delphine, qu 'est -ce que tu veux faire, toi ?

Et

Delphine ? Delphine ? Delphine ?

Bienvenue.

Écoute ! Qu 'est -ce qu 'on peut faire ? Rien.

On était tous les quatre.

On va aller s 'amuser.

Ensemble. Mais pourquoi ? Je n 'ai pas envie de m 'amuser avec vous.

Tu as de la musique.

Mais pourquoi me forcer à faire des choses dont je n 'ai pas envie ?

Je ne sais pas, moi tu m 'as touché.

Je suis tout seul ici, je ne connais personne.

Mais ce n 'est pas moi qu 'il faut connaître.

On pourrait aller se balader, marcher sur le sable, mais moi je ne te veux pas

de mal.

Tu ne veux pas ? Non, pas.

Bonjour madame, je voudrais savoir le numéro de téléphone de la gare de

s 'il vous plaît.

25 52 03. Merci, au revoir madame.

Merci.

C 'est mon bouquin qui vous intéresse ?

Oui, oui, non, je connais, l 'idiote de Terevki.

C 'est pas toi ? Oui, c 'est moi.

Vous en êtes à la fin, là, non ? Un peu près, oui.

Bien.

Je ne suis pas très concentrée pour lire dans les gares.

Vous n 'aimez pas les gares ? Je n 'aime pas partir.

Je rentre à Paris, là.

Je n 'ai pas très envie.

Vous êtes parisienne ? Oui, je suis de Paris.

J 'étais en vacances à Biarritz. J 'ai passé quelques jours.

Et vous ? Moi, je vais en week -end à Saint -Jean -de -Lille.

Mais pas longtemps.

Deux jours.

Pas lundi et je reprends.

Vous prenez quoi ? Des stages.

C 'est quoi ? Je suis béni. Je fais des stages chez des patrons.

Moi, je suis secrétaire.

C 'est pas trop intéressant.

Voilà. Non ? Non.

Oui, de toute façon, les gares, on a un peu le cafard dans les gares.

C 'est loin, Saint -Jean -Dieu ? Non, c 'est à cinq minutes.

C 'est très joli.

C 'est un petit port de pêcheurs.

Vous ne connaissez pas ? Non. Qu 'est -ce que vous avez fait à Biarritz ? Je n

'ai pas vu grand -chose.

J 'ai vu la grande plage. Vous connaissez la grande plage ? Oui.

Je n 'y restais pas longtemps.

Ah bon ? Non, j 'ai raté mes vacances à Biarritz.

Pourquoi ? Il ne faisait pas beau ? Pourquoi c 'est beau ? Tu ne fais pas

finalement.

Je devais aller à Paris.

Je devais aller à Paris.

Mais... Mais j 'ai... Quoi

? Je ne connais pas Saint -Jean -de -Ville.

Vous savez, c 'est très joli.

Je peux prendre le train soir, peut -être ? Oui, bien sûr, en train de nuit.

Oui, mais je veux dire, je ne veux pas dire que ça.

Vous m 'emmenez ? D 'accord, oui, bien sûr.

Moi, je me méfie, je me méfie du garçon.

De toute façon, je ne rencontre pas. Je ne rencontre plus. Je rencontre des mecs

qui me courent après pour boire un pot, pour des conneries, pour coucher peut

-être. Je les refuse tous.

Mais toi, tu ne cours jamais après des mecs, non ? Non, il n 'y a que toi. Je

sais pas pourquoi. Je me suis projetée en avant.

A la fois, je ne regrette pas, mais je prends des risques. Je ne sais pas ce

va se passer si tu n 'es pas amoureuse.

Tu n 'as jamais été amoureuse ? Tu

me racontes que tous les hommes sont amoureux.

Je n 'ai jamais dit qu 'ils étaient tous amoureux. Au contraire. Non, pas du

tout. Ils ne sont pas amoureux. Ils me courent après un jour.

Je sais très bien que ce n 'est pas de l 'amour. Il y a un mec, je sais très

bien ce qu 'il veut.

prendre de toi et je sais quand c 'est peu de choses, le

regard qu 'un homme peut avoir sur moi, je sais quand c 'est peu de choses,

quand il a vu une chose superficielle et qu 'il voudrait que je la lui donne,

moi je trouve ça trop petit de moi, c 'est rare le regard d 'un homme qui soit

très large sur moi et que j 'ai envie moi aussi d 'aller vers lui et de lui

donner.

Mais j 'étais, j 'étais, ouais, j 'étais amoureuse. Mais j 'étais, ouais, j

'étais amoureuse trois fois dans ma vie.

Trois fois.

Et t 'es pas amoureux en ce moment ? Non.

Mais j 'ai peur, je le savais.

Ça peut venir.

Quoi ? Rien.

Tu dis ah bon ? Je crois pas.

Moi je crois.

Ça fait très longtemps que j 'ai pas rencontré un garçon.

À la fois, c 'est moi qui le veux.

J 'ai décidé de rester simple tant que j 'avais pas vraiment quelqu 'un avec qui

ce serait... Si tu veux, quand tu es seule, quand tu vas avec quelqu 'un une

fois comme ça, à droite, à gauche, tu...

On se sent, moi je trouve qu 'on se sent encore bien plus seul après.

Tu vois, quand tu rentres le soir de ta maison, t 'as couché une fois avec un

mec, tu sais très bien qu 'il s 'en fout et toi aussi tu t 'en fous.

Personne ne trouve son compte.

Je trouve ça encore plus horrible que d 'assumer sa solitude.

Ça devient comme ça, ça devient comme une éthique de vie, une règle. Tu vis

toute seule depuis vachement longtemps, t 'as plus de rapport du tout avec le

mec.

C 'est flippant, mais en même temps, En toi -même, tu gardes une pureté comme

ça, parce que tu ne perds pas le peu d 'énergie que tu as.

Tu rêves toujours, tu attends toujours.

Il vaut mieux attendre quelque chose que la réalité, tu vois, gâche les espoirs.

Mais je parle beaucoup et je crois que je n 'attends rien.

Ah, j 'en ai assez.

Il y a un truc incroyable.

Quoi ? Tu ne peux pas comprendre ça.

Tu ne peux pas savoir.

Tu ne veux pas

aller avec moi là -bas ? Oui.

Ouais, je vais te demander un truc. Tu bosses lundi ? Non.

J 'ai encore plusieurs jours de vacances.

Tu veux pas venir passer quelques jours près de Bayonne, là, avec moi ? T 'es

fou de moi. Tu plaisantes.

Je plaisante pas, non.

Mais enfin, pourquoi me dis -tu que je plaisante ? Et pourquoi tu veux que je

parte quelques jours avec toi ? Parce que j 'ai envie.

C 'est tout ? Très simple.

Laisse -toi aller.

Viens. Sympa.

Tu veux pas ? Dis -moi oui.

Non, mais attends.

Ça me ferait plaisir, tu sais. On va attendre un petit peu.

Quoi ? On va attendre un tout petit peu, je te montre de l 'appartement.

Du coup, tu vas attendre quoi ?

Est -ce que c 'est le rayon vert ? Non, c 'est quoi ? C 'est le dernier rayon du

soleil couchant.

J 'ai lu, on a écrit un bouquin là -dessus.

Ouais, j 'ai pas lu.

Porte -bonheur, non ? Peut -être que ça fait part.

Peut -être qu 'on peut connaître... Non.

Ben quoi ? Je suis là, t 'es là.

Tu me disais qu 'on pouvait connaître quoi ? Je saurais bien savoir.

Je crois

que j 'ai compris.

Est -ce que tu pleures ?

Peut -être pas que je

pleure.

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