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Original subtitles

J 'ai vu une série Netflix, là.

Non, juste une scène. Ça se passe à un apéro, tu vois, dans une entreprise.

Et t 'as le mec le plus chum, vraiment chum de la boîte, qui parle à la fille

plus belle.

Trop belle. Tout le monde veut la pécho, personne n 'arrive.

Et le gars chum, il a un don de ouf.

Ouais, il a un don. Il écoute vraiment les gens, genre avec son cœur, tu vois.

Et la meuf, elle raconte sa life, franchement, personne n 'écoute.

Sauf le gars.

Le gars, il écoute tellement fort.

Sa chaise, elle commence à se lever, genre en lévitation.

Et la meuf, elle capte, tu vois, elle nous voit.

Elle capte, c 'est la première fois, tu vois, qu 'on écoute vraiment le papa

baiser ou son machin, tu vois.

Et le gars, il est trop... Enfin, c 'est trop cool, tu vois. Il écoute.

Ouais.

Vas -y.

OK, vas -y, vas -y, on se capte à l 'heure, de toute façon.

Vas -y, à tout le droit. À tout.

Excuse -moi ? C 'est pas toi, Julie ? Si ? Ça va ? Bon, je sais pas.

Non, je suis le pote de ton frère, Léon.

Il t 'a dit que je devais venir te chercher comme il pouvait pas, puis je

bossais sur un chantier à côté, puis j 'ai mon scooter garé pas loin, c 'est

parfait. Mais si tu veux prendre le métro, c 'est comme tu veux.

On y va ? Ça va, tu viens de loin ?

Ouais. Tu veux pas parler ? Non.

Tu te fais peur, non ? Non.

Je peux te poser des questions pour... Enfin, histoire de passer le temps, de

faire connaissance.

J 'aime pas trop parler.

Ah.

Mais là, t 'arrives pourtant à parler.

C 'est juste que j 'ai l 'impression d 'avoir rien à dire et déjà dire ça, c

'est...

Tu ne me connais pas, on ne se reverra peut -être jamais. Tu peux essayer de me

parler librement. Moi, je t 'écoute, je te jure.

Je te dis ça parce que les filles, elles m 'aiment bien. Elles sentent que je ne

suis pas un danger pour elles.

À une autre époque, j 'aurais pu être un eunuque.

Un homme de confiance.

Un homme qui ne peut pas te niquer.

Mais ton frère, il m 'appelle l 'homme tranquille. Il n 'a jamais fait le

foufou.

Il se fout de ma gueule sur les chantiers, mais moi, je m 'en fous.

Je sais que j 'ai une lumière à l 'intérieur.

Puis d 'ailleurs, tu peux m 'appeler Little Max Sunshine, c 'est mon nom de

rappeur.

Toi, t 'aimes bien parler.

Attends. Arrête -toi, arrête -toi.

Fais -moi confiance.

Passe -moi ta valise.

J 'essaie une expérience avec toi.

T 'inquiète, c 'est très rapide.

Je te propose d 'être attentive à ce qui se passe autour de toi.

Comme si chaque bruit autour là, la ville, t 'accompagne vers un état

Moi, je vais compter de 5 jusqu 'à 0, et au chiffre 0, ça va être le signal que

t 'es en état d 'hypnose.

Regarde -moi, respire.

Avec le 5, attentive à ma voix.

Avec le 4, connecté à ta respiration, toujours.

Avec le 3, c 'est comme si marche après marche, seconde après seconde, tu

plonges de plus en plus, de mieux en mieux.

Avec le 2...

Comme si deux parties de toi se rapprochent.

Comme si deux parties de toi se rapprochent pour se rencontrer. On parle

conscient et d 'inconscient. D 'une partie qui sait, qui rationalise, et d

autre qui agit à sa manière, avec sa propre intelligence.

Avec le 1, de plus en plus proche.

Comme quand on est au bord de quelque chose.

En entendant le 0, ça va être le signal.

Une connexion, une autre connexion, une forme d 'ouverture est possible avec

toute sa capacité à régénérer, reconstruire, reconstruire.

Je vais tomber là, je sais pas si... Quoi ? J 'entends pas ce que tu dis.

va se faire d 'un seul coup.

J 'entends pas ce que tu dis.

Putain, je ne comprends pas, en fait, là ! Pourquoi ça plutôt que ça ? Moi

plutôt que toi ? Moi, de quoi ? Je te... Je t 'énerve pas. C 'est pas moi qui

parle, là. Ça peut pas être ma voix ? C 'est vous ?

Vous, vous étiez dans un rêve. Mais non, de quel rêve ? Moi, j 'ai juste

travaillé, tu vois. J 'ai fait les petites choses comme si elles étaient

grandes, voilà.

Je suis qu 'une infirmière à peser, c 'est moi.

Ok, je vais essayer un truc. Je vais frapper dans les mains et quand je vais

frapper, tu vas sortir de l 'état d 'hypnose et revenir à ton état normal.

Même toi, tu m 'écoutes pas.

Non, tu m 'écoutes pas, là !

J 'ai juste le bout de dos.

Je vois toute la douleur que j 'ai jamais voulu voir.

Je sais pas, il y a... Il y a tout qui change.

Tu vois, il y a... Il y a moi, il y a le monde, et puis... Je sais pas, c 'est

comme... Je suis projetée dedans, je suis dans un accélérateur, et en même

temps... Et en même temps, je suis plus rien.

Je suis plus rien.

T 'es rien, là.

Désolé. Attends, là -haut ! Tu fais quoi ? Attends, attends, attends ! Attention

! Attends, attends, je m 'arrête pas ! Si t 'as pas le droit de me toucher, tu

peux pas me toucher ! Pardon, pardon, pardon.

Il y a que mon frère qui peut comprendre, OK ? Quand on était petits,

minute, ça a duré une heure.

Ramène -moi, mon frère. Je vais mourir, oui.

Lui, il est... Lui, il est comme ma maison. Toi, tu peux vraiment pas me

toucher, mais... Lui, il sait.

Je te touche pas, promis.

Respire, respire, respire, respire.

C 'est pas grave.

T 'as soif ? Vas -y, vite, vite, vite.

Viens, vite, vite, vite.

C 'est juste là, juste après le pont, là.

Je suis bien là.

Pas loin. Non, non, non. Je vais te ramener à ton frère.

Voilà, c 'est bon, ça va, ça va.

C 'est après, c 'est dans la rue, là -bas.

Ça va ? Et ça a toujours été comme ça, non ? Enfin, je

veux dire, peu importe la couleur.

Oui, si tu veux, mais là, je te parle pas de n 'importe quelle couleur.

Je te parle du noir le plus noir.

C 'est le noir absolu.

T 'imagines, c 'est un noir qui absorbe la lumière à quasi 100%.

Ça permet une remise à plat des reliefs, un renouveau des perspectives.

C 'est une révolution dans l 'histoire de l 'art.

Et non.

Il y a un artiste au plus côté de la planète qui vient privatiser son noir à

lui.

T 'imagines ? Anis Kapour.

Justement, il faut que ce soit quelqu 'un comme lui, non ? T 'imagines, le

est là. C 'est mon noir à moi. Je l 'ai acheté. Il n 'y a que moi qui ai le

droit d 'utiliser. Aucun autre artiste.

J 'ai les papiers.

C 'est mon noir à moi.

Mais ce noir, pour moi, c 'est la couleur ultime. C 'est vraiment... C

naissance de l 'univers.

Ça peut pas s 'acheter. C 'est impossible.

Mais tout le monde s 'en fout.

Regarde autour de nous. Tout le monde s 'en fout du noir. Demande à ton voisin.

Le noir égale rien.

Le noir, c 'est tout, justement.

Tout vient du noir.

Toi -même, quand t 'imagines des trucs, ça vient d 'où ? Ça vient d 'un noir.

La conscience vient du noir. Eh ben, achète -toi un noir et fais pas chier.

Non, mais non, mais qu 'est -ce que tu veux que je te dise ? Non, mais c 'est

pas la solution.

En plus, l 'histoire est plus complexe que ça, parce qu 'il y a un gars qui a

fait son noir quasi aussi noir que le Capour.

C 'est grâce à ça que j 'ai pu faire ma statue.

Et pourquoi j 'ai pu faire ? Parce que le gars, il a rendu son bar accessible à

tous. Mais attention ! Accessible à tous, sauf à... Annie

Capour. Les gens, ils parlent de quoi ? Les gens, ils parlent...

de Anish Kapoor et de son poto allégo surdimensionné qui font une guéguerre

médiatique sur le noir. Mais les gens, ils parlent pas du noir. Ils parlent de

deux connards qui se battent un noir.

Tu vois ce que je veux dire ? Non, mais meuf, t 'es de retour, là.

Les blanches.

La mère martyr du noir a repris des couleurs.

Quoi ? Comment ça ? Mais bien sûr qu 'on cherche l 'effacement du noir.

Je veux même te dire, on cherche la disparition de tout ce qui sonne noir.

Car comme le disait la grande Simone Weil...

Dieu ne peut être présent dans la création que sous la forme de l

La forme de l 'absence.

Et donc il est clair que Dieu est noir.

Bah oui, Dieu est noir.

Dieu est noir.

Ça me paraît hérétique de penser l 'inverse.

Regarde, c 'est simple.

Sans le noir, il n 'y a plus de blanc. Il n 'y a plus rien.

Alors que sans le blanc, il y aura toujours du noir.

Le noir, c 'est tout. C 'est le Big Bang, c 'est le soleil de Calder.

En fait, je pense qu 'il faut repartir de la base. C 'est ça que je voulais te

dire tout à l 'heure.

La base pour les artistes, pour nous, pour n 'importe qui, c 'est quoi ? La

blanche.

Et la page blanche, on croit que c 'est le vide, le rien, mais en fait, non. C

'est déjà une création en soi.

C 'est la création de quelqu 'un, de quelqu 'une, de quelque part.

Et ce quelque part, il part obligatoirement d 'un pseudo rien.

Et le rien, c 'est quoi ? Le trou noir.

Voilà, c 'est tout.

Tu vois ce que je veux dire ? Tout est inclus dans le noir. Oui, inclus, je ne

sais pas.

Tout est absorbé. Oui, mais je pense qu 'à mon avis, on a moins de chance de

voir un jour la France se remettre en question sur l 'appropriation du noir

un caucasien comme Soulages que de voir un jour notre beau pays taper une

révolution sur l 'appropriation du bleu par Klein et de ce que ça représente vis

-à -vis du peuple schtroumpf.

Oh, mais tu fais de la dérision. Oh, mais pas du tout.

Moi, je te parle histoire de l 'art, je parle caravane.

Et là, tu me parles téléthonisme. Mais je te parle de réalité, moi. Je te parle

concret. Je sais pas, tu dis, je me sens chelou aujourd 'hui.

Comment ça ? Non, mais lui, c 'est un stage film. Eh, eh, tu sais, je sais que

'est une bande de chelou qui a cassé, là.

Non, mais par contre, je suis noire.

Je suis d 'une humeur noire. J 'ai les idées noires.

Je bois du noir.

Travailler au noir, je sais pas, moi.

Même Johnny, noir, c 'est noir.

Il n 'y a plus d 'espoir. Non, mais tu vois le truc ? La connotation négative

mot et comment c 'est rentré dans la tête des gens. Non, mais moi, je te

de l 'histoire de la couleur. Là, toi, tu me parles d 'une couleur de l

'histoire. Non,

parce que noir, c 'est le chétane.

Je ne sais pas, regarde le Moyen -Âge. Dans les iconographies du VIe siècle, on

appelle Satan le grand nègre. Ben ouais.

Mais toi, tu veux parler art.

Ben vas -y, dis -moi. Dans la famille des gens, il y a quoi le mot ? Attends,

es en train de me dire que là, il y a un élite, un télo, un confiné, un tramuro,

un parisien ?

Ça te fait chier ma vieille, mais c 'est comme ça.

Non mais pour le commun des mortels, il y a qui ? Il y a Morgan Freeman dans

Bruce Toupissant et c 'est tout.

Et les gens ne sont pas prêts, Blanche.

Ou on ne leur permet pas de l 'être.

On leur apprête des carrentiers pour qu 'ils aillent se bouffoir au musée devant

des statues volées.

Mais toi, tu veux remettre en question l 'histoire, la parole, le mot ? Non mais

par contre, il va falloir plonger dans le noir total.

On y va profond, hein.

Non mais sérieux, dans le noir, là.

Ouais.

Non mais là, il va falloir aller côtoyer ses parts d 'ombre, aller se perdre

dans son intime le plus noir dans lequel personne ne veut jamais aller. C 'est

ça que tu veux ? Parce que l 'histoire, c 'est comme une série qui a commencé

sans toi, où il y a tellement d 'épisodes à rattraper que t 'as même

de la regarder.

Descends ! Je sais pas, fais tout ! On va y retrouver, là -bas. C 'est quand

même plus sympa de descendre directement du sens que de péter encore.

Faut digérer.

Le noir, c 'est historiquement indigeste.

Mais toi, tu veux partir en croisade.

Moi, je préfère mettre ma force dans la création de nouveaux mythes que de

perdre mon temps à essayer de détruire les anciens.

Tu souris, quoi, non ? Non, mais méfie

-toi, meuf.

Avec ton sourire, tu rends mon discours noir. Ah, voilà, la boucle est bouclée.

Mais arrête de faire ça, là, c 'est la peste, ton truc, c 'est la peste noire.

Noire, oh ! On est même associés à la maladie virale, quoi, la b... La mort,

diable ! La linge une blanche, c 'est ça ? Parce que moi, la linge une blanche,

c 'est des directs avec elle.

C 'est un peu métaphysique ou personnel.

Toi, tu parles de délire.

Écoute, j 'ai mangé beaucoup de chips. C 'est comme ça que je te dis.

Arrête.

Moi, je sais pas.

J 'aimerais bien... Je trouve qu 'on vit une période où de ouf, tu vois. J

'aimerais bien avoir des relations plus... Plus à faire avec les gens

moi, tu vois.

Non,

je me rends compte que tu connais pas grand -chose de toi.

Arrête, mec.

C 'est combien d 'années qu 'on se connaît ? C 'est pas mal.

T 'es pas le genre de mec qui se confie beaucoup.

Puis ce que je te dis, j 'ai fait une journée de boulot, tout va bien, tu

Je sais pas, j 'aimerais bien entendre un truc que tu m 'as jamais dit. On va l

'entendre, ouais.

C 'est l 'heure, là ? On doit y être dans 40 minutes, peut -être.

Bon, vas -y.

Un truc que j 'ai jamais entendu.

Ok.

Laisse -moi 5 secondes.

Il m 'arrive de

rêver depuis quelque temps que je fais l 'amour d 'une manière un peu sale

avec ta mère.

Tu ne peux pas être sérieux, 12 secondes. C 'est une confession de mère,

Pas du tout, ça fait 15 ans. C 'est toi qui l 'as niquée avec ton père ? Il

paraît que dans la famille... Tu vas voir.

Je n 'ai pas envie de voir.

Vas -y, je suis fatigué de ma journée.

Bon.

Eh ben... J 'ai démissionné.

C 'est sûr, c 'est vrai.

J 'ai claqué madame, ça fait deux semaines.

Pourquoi tu m 'annonces ça comme... Je sais pas.

Pourquoi t 'as claqué madame ? T 'as vu la période où on est ? Qu 'est -ce que

tu fais ? Comment ça,

la période où on est ? Rien de rigolé.

T 'as appelé M. Bouvier.

J 'ai claqué madame, ouais.

Justement, c 'est la période.

C 'est pas du tout la période.

C 'est pas une question de temps.

Regarde où on est.

Regarde.

Là, on a 30 ans.

Hein ? Oui, oui.

Statistiquement, on est censé mourir en 2069.

Bon, on verra même pas le 22e siècle, mec.

Oh, je me fous.

OK,

je vais te le faire en nombre d 'étés. Tu sais combien ça fait d 'été, Anna, qu

'il nous reste la vie ? Toute la journée, j 'ai... 50 étés, mec.

Il nous reste 50 étés.

C 'était nostalgique, ça fait 50 grandes vacances et après, c 'est fini. Mais ça

marche aussi avec les petits vacances d 'hiver, ton grossesse, là, oui.

Tu vois les gamins dans la... Attends.

Tu vois les gamins dans la cour d 'école ?

Genre, c 'est la récréation. Il leur reste 10 minutes.

10 minutes.

50 été, 50 hiver, tu vois le truc.

10 minutes, tu fais quoi, toi ? Tu fais quoi ? T 'es quel type de gamin ? Dans

la cour ? Ouais.

Dans la cour, je joue au foot.

Exactement. Tu joues à la balle.

Tu tapes fort dans la balle, non ? Ah oui, je tape fort, je tape moins fort.

tape dans la balle. Quand je joue au foot, quand je suis crevé, je tape moins

fort.

Regarde, il y a deux types de gamins.

Celui qui tape fort dans la balle.

Et celui qui regarde sur le côté, les autres jouets, qui ne sait pas s 'il va

jouer au foot ou au ping -pong, tu vois le truc ? Le gamin, là, il flotte dans

la cour de récré, il craint des pieds avec son monté, regarde les autres

les zombies à la limite, tu vois ? Et puis ça sonne.

Il joue au foot et en même temps, j 'ai l 'invité, je ne comprends pas ton truc.

Toi, tu restes 10 minutes de vie.

10 minutes, toi, tu vas derrière le muret, tu t 'embrasses ta meuf, si t 'en

une, tu dis à tes potes que tu les aimes, tu te tapes dans la balle, quoi.

Et puis ça, ça, mais t 'auras vécu au moins. Ok, ok, ok, je sais, je sais ton

truc. Donc moi j 'ai choisi, je tape ma balle, je choisis de foutre.

En fait, 10 minutes, c 'est pas 10 minutes, c 'est 40 tétés. Et 40 tétés à

avec un ballon crevé, c 'est juste, c 'est l 'enfer mec.

Juste, tu te... Eh, eh, pose trop de questions là, juste faut avancer, tu

ce que je veux dire ?

Quand je te parle, j 'ai l 'impression d 'être un con.

C 'est pas ça.

Tu me prends trop pour un con. Tu me confondras une porte.

T 'es complètement fermé.

C 'est comme ça.

Tu m 'auras appelé.

Je te confie un truc intime. T 'as toujours le mot pour plaisanter.

C 'est pas grave de parler avec toi.

Tu te souviens quand... Quoi ?

Tu te souviens quand on était au pléthorium ? Non, je ne te souviens pas.

te souviens ? Non.

Qui tu te souviens ? Cinquième.

Qui tu te souviens ? Arrête ! Je ne te souviens pas, je te dis. Qui tu te

souviens ? Quatrième ou cinquième, j 'ai pris. Avec Mme Larieux ? Exactement,

Mme Larieux.

Avec les moustaches.

Quel enfer.

Mec, on avait quoi ? 12 tiges.

J 'avais 12 ans, c 'est ça, d 'après ? C 'est à ce moment -là que j 'ai pris

conscience. 12 ans.

Putain.

Elle me disait... Ça fait un mois que j 'ai pas pensé que j 'allais mourir. 12

ans, mec.

Elle disait... David ! Regarde les étoiles, David ! C 'est... C 'est où que

se passe ? J 'ai juste... Regardé les étoiles... Supposées...

Juste, j 'ai pris... Un jet, mais juste... Yo, les gars, ça va ? Ça fait

d 'être là, non ? Avec ma pote, on se disait... Putain, pourquoi...

On ne s 'aiderait pas un peu plus entre nous, non ? Pourquoi on ne fait pas un

truc subversif, genre maintenant ? Par exemple, pourquoi on ne se toucherait

? Non, mais rien de sexuel.

Juste un câlin, tu vois.

Moi, je suis... Ouais.

Ouais ? Ouais.

Ah, t 'es un peu chaud ! Ouais, je pourrais, là, en vrai, je pourrais.

Je vais te faire un câlin, du coup.

Attendez, hé, on n 'est pas de la police, les gars.

On est juste la deuxième brigade du love. Baissez vos pantalons, les gars.

Hé, je te veux un câlin.

Tu veux ?

On va se serrer la main. Allez, un check.

Bon, les gars, on ne vous emmerde pas plus, mais kiffez la life.

OK ? Bonne soirée, ciao.

T 'as kiffé ? T 'as kiffé ? Mais je te connais, t 'as kiffé. Mais non, arrête,

'ai pas kiffé. T 'as pas kiffé ? Il était un peu chou, j 'avoue.

Moi, j 'ai kiffé.

J 'ai même été un tout petit peu excité, tu vois.

Pendant des semaines, j 'ai eu rien, tu vois, vraiment aucune excitation. Et là,

j 'ai eu un petit début de réaction.

Et ça va avec Asya en ce moment ? Oui, ça va, ça va.

Non, bon, en gros... Non, c 'est chaud. À un moment, en fait, je me suis rendu

compte que j 'avais plus aucun désir. Mais genre, plus rien, tu vois.

Mais même pas une érection le matin, même pas envie de me branler, tu vois.

Parce que bon, tu sais, tu me connais.

Non, je sais pas, en plus, on était enfermés tous les deux.

On avait un peu que ça à faire de... Week -end.

Ouais, de Ken.

On aurait pu Ken comme des ouf pendant... Au début, je me suis dit,

merde, ça y est, je l 'aime plus.

Mais en fait, non.

En fait, j 'ai capté un truc.

Et en fait, j 'ai capté que pour avoir du désir pour elle, j 'avais besoin qu

'elle vive sa vie, tu vois. Qu 'elle sorte, qu 'elle aille bosser, qu 'elle

ses copines, qu 'elle voit ses potes.

Que même elle se fasse draguer par des mecs. Alors, tu vois, c 'est un peu

saoulé un peu, tu vois.

Que même elle fantasme des trucs avec des mecs. Ouais.

Pour que le soir, quand je la retrouve, j 'ai flippé. J 'ai eu peur de la perdre

et j 'ai envie de la reconquérir.

C 'est nul, non ? Non, c 'est pas nul.

C 'est de la merde.

Mais si, attends, on dirait qu 'on est des animaux.

Je suis dans un truc de possession, de merde. On dirait un chien qui pisse pour

marquer son territoire.

À vous, c 'est de la merde, non ? Non, c 'est pas de la merde.

Je sais pas, vous en avez parlé tous les deux.

Ouais, ouais, mais en plus, elle aussi, tu vois, elle était dans un truc... Elle

aussi, elle était un peu moins... C 'est moins de trucs, quoi. Moins de magie.

Ah ouais ? T 'as perdu ton sex -appeal ? Bah ouais, tous les deux, quoi.

Du coup, en fait, on a réalisé un truc, c 'est que tous les deux, on avait

besoin de regarder les autres.

Mais vu qu 'on était enfermés, c 'était pas possible, là, tu vois.

Du coup, on a réfléchi à... à des façons pour filmer.

Et on veut... Bah, je sais pas quoi, t 'as fait... Bon, pour parler

vulgairement, on a fait du porno amateur.

What ? Ouais.

Et on l 'a mis sur Internet.

Tu te poudres ma gueule, Léo, arrête. Non, c 'est sûr. Vous avez pas fait ça,

les gars ? Ouais, ouais, mais t 'inquiète, on voit pas nos têtes.

Meuf, j 'ai des fans.

J 'ai fait fan de ma teub, tu vois.

Mais ouais ! Franchement, je pensais pas que t 'étais capable de faire un truc

comme ça, tu vois. Tu me dis que c 'est impossible.

En fait, t 'amènes un truc...

Une trêve.

Une vénère excitante.

Tu imagines Narcisse, tu te regardes dans l 'eau.

Tu le vois ? Maintenant, imagine -le en train de baiser avec sa meuf.

Il est baisé sur l 'eau.

Il te regarde et il y a l 'eau qui lui jette des likes, des commentaires sur

boucles de sa meuf, sur la taille de sa douche. Tu vois ? Tu

me juges.

Trop pas, Léo. Arrête, j 'ai vu. Non, non, non, je te jure, trop pas.

Jamais de ma vie, je te jure.

Toi, t 'as jamais de porno ? Si.

Genre, un peu, beaucoup ? Ouais, non, franchement. De temps en temps ? Ouais.

Une fois par semaine ? Arrête de rentrer dans les détails comme ça.

Ouais, je le regarde de temps en temps.

C 'est pour une clé en stage, c 'est tout. Mais personne peut savoir.

Tout le monde regarde. Elle, elle regarde.

Lui, il regarde, mais trop.

C 'est pour ça que je lui dis de se calmer.

Mais attends, mais avec Alceste, ça ne vous coûte pas l 'envie, genre le moment

où vous mettez la caméra en mode play, genre vous tapez des pauses pour voir ce

que vous faites et tout ? Mais en gros, non, c 'est simple. En fait, c 'est

comme un jeu qu 'on met en place au fur et à mesure.

Et du coup, tu as fait monter l 'excitation petit à petit.

Je vous imagine trop dans votre cuisine, avec le bouilloire dégueu derrière.

Non, c 'est ça, c 'est chérie, tu veux un thé, un petit thé ? Chérie, tu veux

petit cunni ? Attends, je prends la caméra, je règle, hop, chérie, ça tourne

hop, c 'est parti, tu vois.

C 'était hyper simple.

Mais en fait, moi, j 'avoue, je crois que c 'est ça que je kiffe dans le

C 'est quand je sens que c 'est des vrais gens qui baisent avec amour.

Comme dans la vraie vie, quoi.

Comme dans la vraie vie, ouais, genre.

C 'est vous qui invitez la caméra dans votre histoire, en fait.

Bah voilà, exactement. J 'ai besoin de sentir que ça peut être, ouais, genre,

genre wham, quoi.

Tu voudrais que je revois la vidéo ? Bah ouais, grave, si t 'as moyen, envoie

-la moi.

Pour de vrai ? Bah oui, pour de vrai.

Pourquoi tu me regardes comme ça ? Arrête, je te regarde rien du tout. Les

se connaissent, tu me regardes, tu fais ton regard là. Bah non, bah je sais pas.

Du coup, j 'ai envie de la voir, ma vidéo, maintenant.

T 'as envie de la voir ? Bah ouais, t 'as envie de la voir. Pour de vrai. Bah

ouais.

C 'est pas de boire un mec que t 'as connu un petit moment, faire l 'amour

une autre meuf, c 'est un truc de ouf, quand même, genre.

J 'en touche pas en regardant la vidéo ou pas ? Toi ! T 'en étais sûre ! Mais

quoi ? Mais j 'ai le droit de savoir ! Quand on te donne ça, tu prends ça, toi

Bah ouais, je prends tout ! Putain, t 'es abusé ! Ça te regarde pas ? Mais si,

ça me regarde ! Non, ça te regarde pas, Léon ! Mais Zoé, ça me regarde ! Excuse

-moi si tu regardais une vidéo de moi avec Asia ! J 'ai le droit de savoir ce

que tu vas faire de ton côté ! Eh bah, je peux te dire que ça va être utile,

pote ! Bon, bah c 'était quoi ? Ok, sujet tabou, y 'a pas de problème ! Je

la discussion, je ferme la porte à clé !

On jette la clé dans les rails.

Arrête. Ok, bah moi je descends dans les rails. C 'est quoi ? Je descends dans

les rails pour prendre la clé et j 'ouvre la porte du débat. C 'est

Non, bah tu sais, tu veux qu 'on en parle ? Bon, on en parle.

Moi j 'avoue, je jouis quand je suis toute seule, quand je me sens hyper en

sécurité, je me touche et que je me rappelle quand j 'ai fait l 'amour avec

mec plutôt que quand je suis en train de faire l 'amour avec un mec.

C 'est ce que je veux, hein ? Ouais.

Sur le moment, j 'en rêve bien.

Je suis toute blanche, je regarde mon corps, je suis pas bien, je suis pas à l

'aise, tout ça, machin.

Non mais arrête d 'éprendre ça.

C 'était magnifique.

Ouais, j 'avoue. Non mais prends conscience de toi, arrête avec ça.

Non mais tu vois ce que je veux dire.

C 'est genre quand je suis toute seule, je suis bien, j 'avoue.

C 'est comme, je sais pas, comme genre la mémoire, les souvenirs, tout ça, c

'est un moment que je kiffe, je suis trop bien.

Et je sais que je suis en train de vivre un moment comme déjà un souvenir, comme

déjà un moment qui me touchera plus tard.

Ce sera plus tard.

C 'est récent.

Ah, je comprends, c 'est dans le futur.

C 'est dans le futur.

Dans le futur.

J 'ai oublié de lui donner une note. Tu donnes de 1 à 10.

10, tu donnes 10, carrément.

En fait, c 'est marrant parce qu 'elle a dit pareil.

Mais elle a même son 10, direct.

Tu la quittes trop, elle, si, en gros ? Mais du coup, si un soir, tu vois, je t

'invite à la maison, tu prépares un petit thé... Je sais pas trop de quoi,

vois, mais... Quoi ? Sérieux, tu vois pas ? La sexualité, c 'est gigantesque ?

Excuse -moi, t 'as pas vu la gare ? Pardon ? La gare.

Euh... Quelle gare ? La gare ? Gare du Nord.

Il doit être

8h30,

un truc comme ça.

C 'est 8h12.

C 'est bon.

C 'est beau.

C 'est beau.

Sourire et tout.

Champagne.

Champagne.

Ce matin, il était dans la cuisine, il y avait des flaques dans le salon et j

'avais mis des piles de livres. C 'est pour empêcher le vide d 'entrer, des

piles avec des visages dessus, des mots, des rires entiers à l 'intérieur.

T 'as dit quoi, là ? Rien.

Hop ! C 'est un congrès, en fait. Non, c 'est un... J 'ai rien dit, j 'ai dit

quoi ? Hein ? J 'ai même pas tout dit.

C 'est la garde, c 'est la République.

C 'est quoi ? Ouais.

Ouh ouh ouh ouh ouh ouh ouh ouh ouh ouh ouh ouh

ouh

Pourquoi t 'en fais encore ? C 'est pour faire rien

!

C 'est toi, moi j 'imagine que t 'es en même temps qu 'on se retrouve avec leurs

grands -parents.

Il est 8h15.

Au revoir.

Dans une chambre.

Non, je ne peux pas la manger.

Ça, ça va être quelque chose.

C 'est le côté de la flèche.

C 'est pas dans la flèche.

J 'ai fait des trucs sauvages ! Regarde.

Tu me parles que j 'ai grave fait plaisir, vraiment.

Donc d 'abord, petit... Oh, c 'est trop mignon ! Petit phare.

Ouais. C 'est trop cute. Trop mignon.

Vas -y.

Regarde, c 'est cocooning, c 'est assez cool, ça.

Petit blush et tout, waouh.

Bon, par contre,

maintenant... Par contre, juste, je te coupe, désolée, mais t 'as pris un

testeur. Oh non, je suis con.

T 'inquiète, c 'est pas grave.

C 'est quand même bien. Bon, maintenant, faut que je te montre un truc que j 'ai

pris qui est... I'm savage.

I'm savage.

Ok. Très sauvage.

C 'est quoi, vas -y ? Non, mais que tu vas voir, je te jure, tu vas péter un

cœur. T 'es prête ? Ouais.

Oh my god.

La nouvelle toothpaste.

40 balles. Tu as 40 balles. Oh, mais meuf, elle est incroyable. J 'étais

tellement fière de moi dans le magasin.

Genre, je pensais de ouf à toi.

Ok. Et ensuite, j 'ai pris un petit...

Mais même, elle est vraiment super belle. Et t 'as vu ça ? Je suis choquée.

sais même pas comment j 'ai fait pour la prendre, genre.

Oh, trop bien ! Et je sais que tu fais la collègue de cela. Ouais, tu sais, en

fait, tu sais, j 'ai celui de l 'année dernière et tout, tu vois.

En plus, après, moi, celui -là, il est mieux que celui de l 'année dernière. C

'est trop cool, parce que, en fait, celui de l 'année dernière, le truc qui

était relou, c 'est qu 'il était 40 pouces. Du coup, tu vois, je pouvais pas

trop... Ouais.

C 'est un peu... Bah, tu sais, en fait, je l 'ai pris parce que, tu sais, moi,

je mets pas de maquillage pour aller au collège. Ouais.

En fait, la dernière fois, j 'en ai mis.

En fait, en rentrant, genre, j 'avais des yeux

Du coup, je te comprends.

Genre, j 'ai pas trop d 'intérêt, tu vois.

Ouais, complètement.

En fait, tu penses que j 'ai réfléchi pendant que j 'étais dans le magasin ?

devrait grave confiter nos talents de voleuse pour les trucs qui nous

perdraient, tu vois.

Moi de quoi ? Je sais pas.

Meuf. Tu sais que j 'ai une idée, là. Tu sais que l 'idée a plusieurs dans ma

tête. Vas -y, dis -moi, dis -moi, dis -moi.

Maison du monde. Juste, genre, maison du monde, c 'est trop bien. Viens, viens,

on se met des paniers. Au poubelle. Au poubelle. Comme des viennes.

Mais oui, mais de ouf, on devrait... Je mets là, dans la palais... Vas -y, je t

'en mets.

Mais moi, je vais t 'en mettre en même temps, t 'inquiète. Ok, je vais ranger

tout ça.

J 'ai fait celle -ci ? Non, moi, je veux bien que tu mettes celle -ci. Moi, je

te mets laquelle ? Mais c 'est pareil, vas -y.

Moi, tu peux y aller, tu peux y aller, franchement. Oh, malgré tout, c 'est

beau. Mais franchement, nous, les emplois, moi, j 'ai envie d 'être en

festival, en mode je suis sauvage.

Moi, c 'est vraiment super beau, je suis choquée. De ouf, même moi.

Attends, mais on va pouvoir faire des bêtes de make -up avec ça.

Je l 'avoue.

Franchement, mes emplois.

C 'est comme quand j 'étais dans le magasin.

En vrai, j 'ai pas tant fait que ça.

En fait, le fait que tu sois pas là, c 'est beaucoup moins drôle.

Quand on est ensemble dans le magasin, on s 'éclate.

On est en mode... Je suis sauvage.

Je sais pas, c 'est drôle.

On est là en mode... J 'ai ton regard qui me soutient.

Alors que quand j 'étais toute seule...

Là, genre, c 'est hyper chelou parce que... Enfin, je sais pas, j 'ai pas

kiffé.

Tu penses qu 'il faut qu 'on arrête ? Meuf, vraiment ou pas ? Sérieux, genre ?

Bah, je sais pas, je te pose la question parce que je sais pas trop, en fait.

Attends, mais... Meuf, genre, le truc, c 'est qu 'en soi, il y a une part, t 'as

raison, parce que le truc, c 'est qu 'en soi, tu vois, moi, ma mère, si elle me

chope, c 'est pas du tout la même chose que ton père. Le truc, c 'est que si on

te fait choper à voler, tu vois ? Ouais.

En toi, ce n 'est pas très grave parce qu 'il va juste avoir la flemme de venir

te chercher. Tu me disais quand on avait volé dans cette boutique. Oui, c 'était

trop bien.

Du coup, c 'est trop cool parce que toi, ton père, il va juste avoir la flemme

de venir te chercher pour devoir payer le mascara.

Mais moi, ma mère, je suis un peu relou parce que de une, elle va m 'engueuler

vraiment et de deux, elle va me punir pendant super longtemps. Je ne vais pas

pouvoir sortir.

J 'avoue, c 'est hyper dommage. Surtout que des mascaras et du maquillage, on a

plein. De un, dans six mois, c 'est périmé.

Et de deux ou de trois, je sais plus.

Bah en fait, genre, on se motive même pas, on se sert pas à grand chose en

À la limite, tu vois, si on a faim... Mais voilà.

On pourrait poser dans des entreprises comme ça, tu veux dire. Ouais, voilà.

Genre dans un cas d 'extrême urgence. Mais en vrai, là, c 'est comment ça

devient trop risqué si on se fait choper par nos parents.

Ça,

tu ferais quoi si mon enfant, il vole ? Euh... Là ?

Moi, en vrai, mon enfant, moi, s 'il vole, en vrai, je ne lui dirai pas grand

-chose parce que, enfin, tant qu 'il me le dit et tant qu 'il ne s 'est pas

chopé, c 'est bon, en vrai, tu vois, il fait un peu ce qu 'il veut, en vrai.

C 'est comme la dernière fois, c 'est pas raconté, c 'est là qu 'on attend

jamais. Ah, ok, d 'accord, je ne savais pas. C 'est le cauchemar. En gros, c

'est un monoprix, j 'avais rien fait.

Et en fait, genre, même si j 'avais rien fait, j 'avais l 'impression d 'avoir

fait quelque chose, tu vois.

Et genre...

Je me reprochais quelque chose, il y avait la caissière, le gérant, le

qui me regardaient en mode, mais pourquoi tu fais ça ? Alors que moi, j

rien fait.

Et tu vois, limite, je faisais des stratégies pour rentrer et tout.

Excusez -moi, les filles, quand même. Vous auriez pas un petit petit ? Pardon

Vous avez pas un petit petit ? Non, non, non, désolé.

Pardon, meuf de moi, c 'est ma cara.

Mon mascara.

Si vous voulez, je peux vous vendre mon mascara.

Mais sérieusement ?

Mais Lilou, ça se fait pas. C 'est le principe du capitalisme. Tu manques

quelque chose à quelqu 'un qui ne t 'appartient même pas dans une bande

faiblesse. Ça se fait pas.

Non mais, madame, tenez, c 'est un cadeau.

Meuf ? Bah... Sérieusement, toi, d 'une, tu veux qu 'on vole, et en plus, tu

veux qu 'on soit la mère de Teresa ?

C 'est magnifique !

Je savais que le petit Richard faisait faire la lecture à ses fans.

C 'est cool d 'être une rockstar.

Maintenant, les filles, les fans, les filles, ça les faisait kiffer de le

Elles étaient contentes, mais... Moi, je suis ce genre de meuf.

J 'ai kiffé faire ce genre de truc.

Donc... En vrai...

Entre nous, c 'était bien.

Je prenais du plaisir à faire ce genre de slip.

Jusqu 'au moment où il y a eu une odeur de slip sale et

de slip dégueulasse.

Soit l 'odeur est là, soit elle est là quand l 'odeur part.

Ça pue par sens.

J 'ai un petit truc que j 'ai fait.

J

'ai

fait du make -up, donc.

Excusez -moi, mademoiselle. J 'ai du remettre.

Est -ce que vous auriez une cigarette, s 'il vous plaît ? Oui.

Merci beaucoup.

Et du feu ? Oui.

Voilà, tenez.

Merci.

Aujourd 'hui, j 'étais bien, j 'étais parfaite. Ma mère était très contente.

C 'est ma mère qui l 'a choisie.

Et au moment où il m 'a dit, voulez -vous prendre...

J

'ai dit, je ne veux pas passer

ma vie avec toi.

C 'est ça la vérité.

T 'es comme moi, je t 'ai qu 'appelé direct.

T 'as bien fait de les abandonner à tes parents.

Je sais

qu 'ils nous cherchent et qu 'ils sont

malheureux.

Ils sont perdus mais ils sont malheureux dans leurs rêves et du jour à...

Attendez.

Excusez -moi.

Merci.

Je te jure, il va falloir qu 'on parle sérieusement, c 'est un problème.

Allez,

ça va mieux.

vert très vert vert vert vert vert vert vert vert vert vert vert vert

C 'est trop

bien

de te croiser. C 'est un truc de ouf.

Je t 'ai vu du pont et je me suis dit que c 'est un signe. Il faut que j

la voir.

Et là, je vois que tu fais du top, c 'est juste nickel.

Ah bon, c 'est nickel ? Je

me

suis fait tirer ma carte bleue, en fait, hier. Je me suis fait raqueter par un

mec qui était en train de me faire un kebab.

Oui, oui, mais j 'ai récupéré ma carte bleue.

Le mec s 'est fait rattraper, donc en fait, il n 'y a pas de fou.

... ...

...

J 'arrive tout de suite.

En vrai, en soi, ce n 'est pas grave, mais je n 'ai pas gagné une partie de la

journée. Tu n 'as pas gagné une partie ? Tu imagines, j 'en ai fait 10, j 'en ai

perdu 8, et j 'ai fait 2 nuls. Une, je me suis fait avoir avec un coup du

berger. C 'est le truc.

C 'est pas bon pour ton classement, ça. Ça peut chuter les loups, mais... Bon,

allez, les gars, moi, je vais y aller.

Tu vas où ? Je rentre chez moi.

Non, mais reste un peu. Non, mais j 'ai plein de trucs à faire. Allez, s 'il te

plaît, une dernière partie. Non, mais j 'ai un repas et tout. Allez, non,

sérieux, juste tu finis ta bière et tu fais une dernière, une dernière après,

vois. Une dernière partie, oui. Tu me portes chiant, s 'il te plaît, regarde.

On joue Garmadon. C 'est qui ? Garmadon.

Bah oui.

Légende du Grand Nord.

Ouais, ouais, ouais.

Le gars avec les quatre bras, là.

C 'est ça, croqué par le grand dévoreur.

L 'armée de 12 000 dindons, c 'est lui. Exactement, tu vois, donc on est obligé

d 'accepter. En plus, ça commence fort, tu vois.

G5, ok.

Mais en fait, derrière Garmadon, derrière le pseudo, c 'est Magnus

C 'est qui le Magnus ? C 'est le champion du monde.

Mais tu me charries. Je te promets que c 'est le champion du monde.

Mais le champion du monde, il joue pas sans tout comme ça. Si, c 'est des

c 'est le jeu en ligne, tu peux jouer n 'importe qui. Et là, je joue Magnus

Carlsen.

Ok, attends, attends, attends, on va se concentrer. Faudrait pas que je me fasse

le matin en un coup, ce serait quand même beaucoup moins drôle.

Ok.

Putain.

Cavalier E5.

Cavalier E5. Pourquoi il fait cavalier E5 ? Cavalier E3.

C 'est pas si clair, ça.

Petite erreur de Magnus.

Pour en profiter, parce que c 'est rare. Mais t 'es quelle couleur, là ? Je suis

les noirs, là. Je suis en défense.

Mais j 'aime bien ma position, là.

Ok.

Putain, j 'étais en train de me faire latter tout à l 'heure, et là, je joue

champion du monde.

Cavalier E3.

J 'ai Dame A4. Je prends Dame E5.

Les dames A2.

Il me donne un pion là.

Oui, il me donne un pion. Ok.

T 'es en train de perdre ? Non, non, non, non. Au contraire, j 'aime bien ma

position là.

Mais il faut que je me méfie là. Parce que lui, pourquoi il fait ça ? Pourquoi

il veut jouer la finale ? Putain, c 'est là où il est trop fort. Il y a deux,

trois coups. Je ne sais pas si j 'aurais dû faire ça. Attends, attends, attends.

Là, il me redonne un pion.

Ok. Pion prend, pion prend.

Tour D8.

Cavalier F6.

Roi G2.

Ok. Mais attends, mais j 'ai moyen de le mater là ou pas ? Ouais.

Dame e6, dame a3, cavalier b3.

T 'es sérieux ? Tu sais que je peux le mater là ? Je peux faire échec ? Non,

non, mais il doit y avoir une couille quelque part là.

Dame e3, roi g2.

Pfff. Magnus Harden jouait avec le feu, mec.

Dame e3, roi e6. Je fais coulisser les rois.

Je l 'empêche là.

Dame b3.

Je te promets que je le mate.

Je te promets que je vais mater le champion du monde.

Je te promets, je viens de mater le champion du monde. Je viens de gagner le

champion du monde. C 'est un truc de ouf.

Je viens de gagner Magnus Carlsen.

Putain, meuf.

Oh, le truc de ouf.

Oh, le truc de malade. Je viens de gagner le champion du monde d 'échecs.

Putain, c 'est ouf.

C 'est ouf.

Bien, ouais, je m 'oxyboxe.

C 'est cool, hein ? Putain, à demain, mec.

Adèle, frère. Putain, mais le truc de ouf, quoi ! Oh, le truc de malade !

organza irisé, sentiment trouble sur le canal, tu étais à trois mètres,

lueur qui se prélasse, pyramide de canette,

touffeur dans le jour pâle, j 'avais perdu la connaissance des interfaces.

Au -delà de nos barrières dans le cosmos, troupeau de signes organisés,

annonce.

J .H. sous -relate à J .F. Cali de cœur.

Belles émotions à partager.

A tout à l 'heure.

Il est là, il est là -bas, je peux le voir. Je peux le voir là, il est à 50

mètres, je te le jure, gros.

Mais évidemment, j 'hallucine totalement.

Normalement, pour moi, les mecs comme ça, ça se déplace en hélicoptère un peu.

Je ne sais pas si je vais y aller.

Je ne sais pas si je vais y aller.

Je n 'ose pas, je n 'ose pas.

Allez, vas -y, tu as raison. Tu as raison, on n 'a qu 'une vie.

Allez, c 'est parti, opération tonnerre.

Je comprends rien à ce truc.

Une petite photo, Edouard, c 'est possible ? Ah non, soyez gentil,

Non, non, non, non, je suis désolé. Non, franchement, on n 'a pas le temps.

Ouais, tu me disais. Oui, je te disais que maintenant, même seul chez moi...

Élise n 'a toujours pas rappelé. Non, même seul chez moi, je mets le masque.

Je préfère.

Et quand je me croise dans le miroir, tu vas trouver ça un peu dingue.

Mais je me trouve plus intéressant, plus authentique, plus beau même.

Parce que le masque, c 'est ça qui est extraordinaire.

Et qu 'il n 'exprime rien.

Ni tristesse, ni joie, ni rien du tout.

Je veux plus faire semblant.

Le monde change et je veux plus tricher, moi. Tu comprends ? Ah oui, parce que

nous, on triche, peut -être ? À bosser 12 heures par jour pour vendre des dates

? Écoute, Doudou, on va pas tourner autour du pot pendant qu 'un se plombe.

'as un truc à me dire, tu me le dis direct. Tu veux me lâcher, c 'est ça ?

puis tu me joues la petite crise mystique pour faire passer la pilule ?

! J 'aurais dû m 'en douter. Quand tu m 'as dit qu 'il faut qu 'on se voit, je

me suis dit ça.

C 'est signé d 'avance, ou bien on signe pour 10 ans, ou bien il me dégage.

C 'est qui, c 'est l 'autre petit trou du cul qui t 'a fait des propositions, c

'est ça ? Eh bien lui, alors là, je peux te dire, quand il encule les gens, il

ne le fait pas à visage découvert.

Pourquoi je lâche personne ? Je t 'explique que j 'ai eu une révélation,

me parles de tes contrats.

C 'est toujours pareil, le monde évolue, puis toi tu te cramponnes.

Je me cramponne.

Ce que j 'essaie de te dire, c 'est que je veux rester masqué, voilà.

La neutralité pour moi...

Une nouvelle liberté plus riche, c 'est un visage découvert.

Ce visage -là, je l 'ai tordu dans tous les sens. Je me rends compte que c 'est

comme le masque d 'une vie qui est tombée pour laisser place à une

plus grande.

Excellent ! Excellent ! Oh, vous êtes génial ! Bon, après, je ne suis pas sûr

'avoir tout bien compris, mais bon, moi, je vous le dis, vous me faites rire. Je

vais tout le temps, vous me faites trop marrer.

Je me permets, hein ?

Votre ami ne voulait pas trop, mais je me suis dit, un mec comme vous, c 'est

obligé, il est sympa.

Vous voyez, ça ne le dérange pas.

Il aime ça, même. Pour montrer à ma copine, quand je lui dis bien, elle n 'a

envie de faire.

Ok.

Vous allez bien.

Vous pouvez me faire le personnage du plombier, là, juste fait, là.

C 'est tellement débat quand vous le faites, là. Il y a deux sortes de

mademoiselle. Il y a le tuyau du haut et le tuyau du bas.

Vous connaissez bien.

Merci. Trop fort, en tout cas. Merci beaucoup. Vous êtes encore plus drôle en

vrai. C 'est ouf, vraiment.

Merci beaucoup.

Bon, tu veux arrêter la scène, c 'est ça ? Je sais pas.

C 'est trop frais, là. C 'est trop... Bon.

J 'ai bien une idée, tu me connais, mais... En parler à ce stade, ça me

réducteur. Je voudrais pas me contenter de cocher une case.

Non, écoute.

Bon. Le moyen que j 'ai trouvé pour rester connecté à ma première vie, celle

'avant tout ça, d 'avant les masques, bon, t 'avais compris.

Je te l 'annonce, mais ça me coûte de réduire comme ça des aspirations un peu

indéfinissables. Bon, vas -y, la couche.

La danse contemporaine.

La danse contemporaine.

Tu te fous de ma gueule.

Non, pas du tout. Ah ben, c 'est encore plus gras que je pensais.

Ok, t 'es pas réceptif.

En même temps, je m 'y attendais un peu.

Tu es un acteur, tu es un comique. La danse, c 'est un vrai métier. Il faut

commencer. J 'aime, t 'as des gamines des russes, elles commencent l

'entraînement à deux ans et demi.

Alors il fallait se décider plutôt, mon lapin.

Et puis je ne veux pas être désagréable, mais je t 'ai vu clasher une ou deux

fois sur des pistes de danse dans des boîtes de province.

Le verdict a été unanime, pitoyable.

Pardon, mais je n 'ai pas devant moi le début du début du quart d 'un danseur.

Ça n 'a rien à voir, tu es tellement pragmatique. Je ne veux pas seulement

danser.

Je veux ouvrir un débat chorégraphique.

Je veux être le véhicule d 'une révolution sans visage.

Bon, écoute, de toute façon, tu m 'as toujours limité dans mes aspirations.

Quoi ?

Moi, je t 'ai limité.

Alors là, t 'as la mémoire courte, mon petit pote. Tu oublies que j 'étais le

premier, et le seul d 'ailleurs, à te tendre la main, quand on était encore, à

essayer de faire rire trois potes et ta mère sur YouTube.

Justement, est -ce que tu t 'es demandé ne serait -ce qu 'une seule fois si c

'est ça que je voulais faire vraiment ? Mais j 'ai pas à me demander, je suis

pas ton psy, je suis ton producteur.

Moi, je dis oui, je dis non, je trouve l 'argent, je trouve les dates, je fais

tes costards et tes fruits secs, j 'ai assez de boulot comme ça, je crois. Je

suis désolé, le Édouard que t 'as connu, c 'est terminé.

Il s 'est comme effacé, je ne sais pas comment te dire autrement.

Mais il y a un nouvel Édouard qui est en train de naître.

Un Édouard plus vrai, plus audacieux.

La question qu 'il faut que tu te poses, c 'est est -ce que tu veux produire ce

nouvel Édouard ? Je rêve.

Ça va être drôle au moins, ta danse.

Je ne sais pas.

J 'imagine quelque chose de l 'ordre d 'une incantation chamanique.

Une réflexion chorégraphique sur l 'anonymat.

Non, je t 'en supplie.

Dis -moi que t 'es en train de répéter un nouveau sketch.

T 'as conscience de ce que tu me demandes, là ? Un acte de foi, François.

Non, non, non, pas un acte de foi. Non, t 'es en train tout simplement de jeter

à la poubelle dix ans de boulot. Je veux dire, tes personnages, les accents, les

mimiques, tout ça. Alors, au -delà du fait, parce qu 'il semble que ça t 'a

échappé, que c 'est ce qui nous fait tous bouffer, et toi plutôt mieux que

autres, depuis des années. Bon, je mets ça entre parenthèses. Mais est -ce que t

'as conscience que c 'est pour ça que les gens t 'aiment ?

Les gens, tous ces gens -là, ils t 'aiment parce que tu les fais rire.

Eh ben oui, cette tronche, c 'est ton capital.

C 'est notre capital à tous.

Et j 'irais même jusqu 'à dire que c 'est pour ça que les gens te tolèrent.

Parce que je veux pas être méchant, mais en dehors de ça, tu collectionnes pas

les qualités. T 'es plutôt le genre de mec encombrant.

J 'en sais quelque chose.

Alors, tiens.

Alors, qu 'est -ce que je fais maintenant ? Tu veux que je reparte en

Non, maintenant, écoute, je... Bon, on va pas s 'engueuler. Je vais m 'adresser

simplement maintenant à l 'Edouard d 'avant, alors.

De même bien d 'avant.

Je vais m 'adresser au petit Edouard, le petit garçon tout mignon, tout fragile.

Je vais lui poser cette petite question toute bête. Petit Edouard, est -ce que t

'as envie que dans ta vie, les gens t 'aiment ou que les gens te détestent ?

Parce que le danseur basqué, fais -moi confiance, ça, ils vont le détester. Ils

vont lui jeter des pierres.

Et j 'irai pas m 'interposer parce que je serai bien obligé d 'admettre que c

'est mérité. Alors arrête ton cirque sans souplique, tu m 'écris ce nouveau

spectacle, tu vas aller me faire cette tournée que j 'ai tellement galéré à

reporter, et puis après tu iras danser dans un ashram quand tu veux, avec des

plumes dans le cul si ça t 'amuse, mais en attendant, t 'es gentil, tu vas me

faire tes personnages, tu vas aller me jouer tes accents et tes mimiques, parce

que moi je veux pas mettre la clé sous la porte à cause d 'un pangolin, à cause

d 'un bout de tissu, d 'un morceau de slip avec des élastiques.

Parce que moi, en astronome, j 'ai des gosses à nourrir. C 'est quand même une

autre chanson, ça.

Oh ! Tu as vu dans quel état tu te mets ? Je te mets...

Voilà.

Allez, vas -y, on y va ! Oh, t 'es long !

T 'as payé ? Ah oui, j 'ai payé.

Sérieux, t 'es pas bien ici, sans déconner.

C 'est pas mieux qu 'Astrasbourg.

Installe -toi, je te dis.

Pourquoi pas ?

Tu me dis pourquoi pas, je te parle de belle ville et toi tu me dis pourquoi

pas, mais t 'es un ouf ou quoi mon gros ? Belle ville gros, belle ville.

Dans le Blast il y a tout qu 'est ville, ça va ? Dans le Blast il y a tout qu

'est ville, belle ville.

C 'est pas Strasbourg gros, Strasbourg elles sont les restas, il n 'y a que le

bois, il n 'y a rien d 'autre. À Strasbourg ? Et Arsène Wenger est

Strasbourgeois ? Arsène Wenger il est de Strasbourg. Il est de Strasbourg,

Arsène Wenger.

Il a tellement honte de Strasbourg qu 'il est parti à Arsenal, qu 'est -ce que

tu me dis ?

J 'ai jamais vu Arsène Wenger au FC Strasbourg.

Moi, je te parle d 'un mec sérieux. Attention, là, gars.

Edi Michel, tu connais Edi Michel ? Oui, je connais Edi Michel. Là, là.

Tu vois ? Au 35, là, c 'est là qu 'il est mort. C 'est là qu 'il est né. C

là qu 'il est mort, mon gars.

Pas mort, Edi Michel.

Mais je sais qu 'il n 'est pas mort.

Quand je te dis mort, c 'est d 'un point de vue spirituel. Quoi ? Parce que le

gars, il a grandi ici, là, au 35.

Il a grandi qu 'avec des frères musulmans.

Il s 'est converti.

Il s 'appelait Mehdi.

Je te jure, c 'est vrai.

Et du coup, à la mosquée pour chambrer, il l 'appelait Mehdi Michel. Qu 'est -ce

que tu me racontes ? Je te jure que c 'est vrai. Mehdi Michel.

Je te promets que c 'est vrai. Mais c 'est toi qui me chambres là. Qu 'est -ce

que tu me racontes ? Mais c 'est l 'histoire, gars.

C 'est les labels, ils n 'ont pas voulu. Ils ont voulu se la jouer sur ta tête.

Du coup, de Mehdi Michel, c 'est devenu Mehdi Michel.

Mais à la base, c 'est un mec surdictif, je te dis.

Tout le monde l 'appelle Mehdi quand il revient. Et Mehdi Michel, de base, il

était là dans Bellevue, il traînait avec des héros de ce genre. Mais obligé,

gros. Regarde

Des rebeux, des renois, des... Mais là, on s 'est retrouvés tout à l 'heure.

Rue Saint -Mort, tu crois que c 'est quoi ? Ça va, gars ? Ah, j 'ai oublié. J

'ai oublié la prochaine.

Rue Saint -Mort. Rue Saint -Mort, c 'est quoi ? C 'est un pub de renois.

Autant des mérovingiens, mon gars.

Les mérovingiens, ils sont arrivés ici.

Tout le monde les kiffait. Ils faisaient des teufs de ouf.

Les timales, ils n 'avaient jamais vu ça. Ils ont organisé le carnaval de

Belleville. Carnaval de Belleville, t 'as déjà entendu parler.

Une dinguerie.

Marco ça a coupé des calais à tous les coins de rue, enfin bon tu vois, ça

ramène la petite friandise exotique, tu vois ce que je veux dire, du coup ça

ramène l 'oseille, la blinde, il y a un mec, il a pas kiffé, c 'est un blanc, il

a pas kiffé, il est arrivé, bam, il a shooté le roi du carnaval, j 'ai tué, j

'ai tué un mort qui dit, j 'ai tué un mort, du coup ils ont érigé en teint le

roi du carnaval, tu vois ce que je veux dire, tu vois ce que je veux dire, reste

ici deux minutes j 'arrive, reste ici à ce que je te dis, c 'est ici que ça se

passe mon gars, va où ?

Il vient de mal.

Non ! Toi, viens ! Qu 'est -ce que vous, là ? C 'est hyper dangereux ! C

'est vert, là ! Attends -toi, toi ! Fais pas le foufou, là ! T 'es con ou quoi

? Que ? des mecs de ouf

ici, mon gars. Que des mecs de ouf. C 'est un bastion.

Arrête de me parler de tout ça.

Écoute ce que je te dis.

Tu sais d 'où ça vient, Belleville ? La commune de Belleville. Les communards.

La révolution française.

Tu vois ? Tu vois l 'histoire.

Tu sens l 'histoire.

En plus, t 'imagines quelque chose.

Mais... Tu respectes pas, là.

Tu respectes pas.

C 'est vrai. Ça sent la Zermi. C 'est ça que ça sent. Voilà, c 'est tout. Ça

sent la Zermi.

C 'est pour compte de Paname, ici. Tu vois ? C 'est ça que je veux dire. Mais

ils sont là.

Et nous, on est là.

Et on restera là. Et toi, tu vas venir ici. Et on sera là pour toi.

Strasbourg, je suis déjà là.

Strasbourg, on est là.

Paris, vous êtes là. Mais pas Paris ! Je te parle de Paris et toi, tu me parles

de Paris, gros.

Regarde autour de toi.

Ça, c 'est le cœur de Paname.

Ça, c 'est le cœur de Paname. C 'est pas Paris, ici.

C 'est pas Paris.

Attention, il y a du vilain. Rue des Vilains, tu connais ? Tiens, vas -y,

on va passer Rue des Vilains, tu vois.

En vue des vilains, c 'est là qu 'il y a eu les premiers raves de feuilles.

Tous les 20 ans, il y a un gros délire.

14 -18, c 'était les Polonais.

39 -40, c 'était les feuilles.

60, les Maghrébins.

80, les Asiatiques.

Que du vilain.

Mais ils nous mettent ici ensemble, pas de problème.

On est une famille, on est un gang.

C 'est ça, le gang de Belleville. Le gang des postiches, ça, j 'ai entendu

parler. Moi, j 'ai perdu deux reflets dans le gang des postiches. Le gang des

postiches. Ça va, les gars ? Ça fait plaisir.

Moi, j 'ai perdu les ressources de la gang des postiches. C 'est une gang des

postiches. C 'est la génération du temps.

Toi, t 'es la pose biche de tout.

Tu vins de toi.

C 'est la vérité.

Tu t 'enflammes. Respecte un peu.

T 'as raison.

T 'es content.

C 'est vrai.

Ils ont pas ces deux potes qui tournaient dans le film.

Le gang des postiches. Ah, c 'est ça le truc.

Ils ont pris des mecs du TK, sinon il n 'y avait pas moyen de tourner le truc,

tu vois. Ah, bien sûr. Les mecs, ils ont fait, qu 'est -ce que vous voulez faire

? Ah, mais nous, on fait des cascades, ma vie, c 'est une cascade, mon frère,

vie, c 'est une cascade dans ma vie, moi, pour tout, tout ce que tu veux, je

fais. Ok, les gars, bam, on a donné des flingues, mais on n 'a pas dit que

dedans, il fallait mettre des balles à blanc.

Des balles à blanc.

Tu vois, du coup, les deux gars, bam.

Merci d 'avoir zingué comme des merdes devant tout le monde.

C 'est pas une scène dans la scène, ça, s 'il te plaît.

C 'est pas une folie, c 'est ça, belle ville.

C 'est cinéma en plein air, mon gars.

C 'est un cinéma en plein air. Dans le cinéma, ils se font choper.

Artistiquement parlant, c 'est là que ça se passe. Il n 'y a que des histoires

de bouffe comme ça.

Les deux blancs que tu vois là. Qu 'est -ce que tu me parles de shit ? D 'où tu

fumes du shit ? Depuis quand tu fumes du shit, toi ? Depuis quand tu fumes du

shit ? La famille, elle sait que tu fumes du shit.

Arrête de faire le foufou comme ça. Arrête d 'être... Concentre -toi sur ce

je te dis, là, plutôt que de me faire cramer devant tout le monde.

Tu me rends ouf.

Qu 'est -ce que je te disais ? Les artistes.

C 'est ici qu 'ils sont aussi.

Là où il y a misère, il y a artistes.

Là où il y a artistes, il y a la fête.

Là où il y a la fête, c 'est les guinguettes. Tu connais les guinguettes

Viens, on va passer, là.

Non ? Tu connais les guinguettes ? Les guinguettes, si, le truc, la balmusette,

tu sais.

Tu vois ? Après -guerre, là, tu sais, les beaux Français, là, qui faisaient

javas, je sais pas quoi, là. Tu vois le délire ? Les guinguettes ? Ouais, les

guinguettes. Mais ça, c 'est pareil, c 'est pas français, ça vient d 'ici. C

'est les Algériens, la libération de l 'Algérie.

Il y en a certains, ils ont dû faire les valises.

Qu 'est -ce qu 'ils ont fait ? Ils sont venus ici, à la commune des Vilains, tu

vois. Qu 'est -ce qu 'ils ont fait ? Ils ont fait comme les Renois, tu vois. Ils

ont fait des teufs de tarbasse amère.

En voyant ça, les gens, ils ont dit, dis donc, c 'est bingué.

Le bingué avec un coup dans le nez, c 'est devenu assez guingué.

Et les bobos blancos, là, du centre, ils ont repris ça et ils ont dit, ouais, c

'est à la guinguette. C 'est guinguette.

Voilà. Putain, c 'est où ? Tu vois le délire ? Vas -y, viens. Oh non, non.

Non, non, non, on a flemme, là, debout, quoi. C 'est la tête de ma mère, trace,

putain, il y a la bague. C 'est quoi, c 'est quoi, c 'est pour le plaisir de

faire un jogging, gros ? Mais je sais pas, frère, le petit tournailleux, tout

l 'heure, là, j 'ai pas... T 'as tué tout, ici ? Mais j 'ai envie de feu, là.

Mais dis, on a beau être un gang, une famille, c 'est ce que tu veux, machin.

Pourquoi il y a la bague qui trace comme ça ? Pourquoi tu traces quand il y a la

bague ? C 'est quoi ton délire, là ? Je sais pas, je sais pas.

J 'ai pas l 'habitude, là, putain.

Ça monte pas comme ça.

Attends ! Attends ! Attends ! Viens là ! Viens là ! Viens là ! Attends ! Attends

! Attends ! Attends ! Attends ! Attends !

Attends

!

On est à combien de mètres de hauteur ? Je sais pas.

Mais dis un truc.

C 'est pour rigoler, gros.

Qu 'est -ce que tu fais ? Sociabilise un peu.

Dis un truc.

1200 mètres.

1200 mètres.

Oh là là.

Franchement, tu peux mieux te fermer ta gueule en refaisant ça.

On est à 200 mètres déjà, c 'est énorme ! C 'est pas un truc de fou !

Est -ce que ça te dit que je te les tire ? Ok.

Alors, ferme les yeux.

Choisis en trois.

Ok.

Ok ! Déjà, tu as tiré

trois arcanes majeures. Et ça, ça n 'arrive quasiment jamais.

Donc ça veut dire que la période que tu vis en ce moment, c 'est un

bouleversement pour toi.

Ta première carte, c 'est la maison de Dieu.

Et ça veut dire qu 'il y a une situation dans ta vie qui ne te convient plus.

Et il faut que tu laisses cette situation s 'effondrer.

Et que tu ne retiennes surtout pas parce que c 'est plus fort que toi.

Ensuite, tu as la lune. Et la lune, c 'est la petite lumière que tu vois quand

tout est sombre.

Donc, c 'est ça qui va t 'aider. C 'est ça qu 'il faut que tu suives.

Tu vois, c 'est les messages que tu entends dans le silence.

Et ce qui est trop beau, c 'est que si tu arrives à écouter, tu arrives à la

carte de l 'impératrice qui est là.

Pour moi, c 'est la plus belle carte du jeu.

C 'est celle que je préfère parce que c 'est l 'abondance, le pouvoir féminin.

Je sens qu 'il y a une forte créatrice qui est en train de naître en toi.

Et juste, il faut que tu te souviennes que si tu te sens

perdue et si tu as l 'impression que ça va nulle part, à un moment,

C 'est normal.

Parfois, c 'est comme ça.

Ça va ? Ouais.

J 'espère que... que t 'es pas en train de me prédire qu 'il va m 'arriver un

truc horrible.

Non.

Vraiment pas du tout.

Je sais pas pourquoi, mais... J 'ai toujours tendance à foncer dans des

situations où je sais que ça m 'annule partout.

Oui, je comprends.

Mais...

Moi, ce n 'est pas du tout comme ça que je les tire.

L 'idée, c 'est que ça te donne un point de vue sur ce que tu vis et que ça

t 'aide, ça te guide.

Ce n 'est pas du tout prophétique.

Ça me touche que tu me tires des cartes.

Mais je sais pas, j 'ai l 'impression qu 'il y a... Je sais pas, il y a un

endroit en moi qui croit pas vraiment, tu vois.

Oui, je comprends, ouais.

Tu vois, ce tirage que tu dis, c 'est vrai, ça veut dire quoi, quoi, tu vois ?

Bah, ça, je peux pas trop y répondre pour

toi, mais...

Tu vois, par exemple, au XVIIIe siècle, en Sardaigne,

il y avait un vitre roi.

Et une nuit, ce vitre roi fait un rêve.

Il rêve qu 'il y ait un bateau qui accoste en Sardaigne.

Et les personnes qui sortent du bateau répandent la peste partout dans la

Et toute sa ville est complètement détruite.

Et c 'est l 'horreur totale.

Et le lendemain matin, il y a vraiment un bateau qui arrive en Sardaigne.

Et du coup, lui, il refuse que le bateau accote.

Et là, tout le monde le prend pour un malade.

Mais lui, il reste sur ses positions et il renvoie le bateau.

Et du coup, le bateau va à Marseille.

Et là, les personnes descendent.

Et toute la ville a la peste.

Tu pourrais sauver une île, par exemple.

Qu 'est -ce qu 'il y a ? Il y a un

truc qui est coincé, genre juste là.

Tu sens pas ? T 'as du mal à te laisser faire.

Vas -y, toi.

J 'allais dire que tu as peut -être raison. Peut -être que je suis un peu

bloquée dans mon corps.

Je te comprends.

J 'ai vu encore un autre truc qui était trop intéressant.

C 'est que dans 10 ans, on n 'arrivera plus à distinguer les étoiles.

Dans le ciel, des satellites en mouvement.

Et tu sais pourquoi on envoie toutes ces étoiles ? Des satellites dans le ciel ?

C 'est pour que partout sur la Terre, tout le monde soit relié à Internet.

Et on y sera même obligés.

Parce que si on refuse, on accepte qu 'on participe à un foutage de gueule

général et que tout ça n 'a aucun sens.

Je te comprends, tu vois.

Tu sens qu 'il y a un truc qui bloque, c 'est que c 'est trop bizarre tout ça.

Mais tu sais qu 'un siècle commence vraiment à partir des années 20.

Ah bon ? Tu vois, comme le XXe siècle, après la Première Guerre mondiale,

pendant les années folles.

Et là, ça va commencer maintenant.

C 'est ça que tu sens.

Je vais me prendre une bière.

Je t 'en prie.

Merci.

Merci.

Merci.

Je vous retrouve à mes côtés, esprit nouveau, cœur en été.

La lumière court sur nos pensées, caresse les murs et les reflets.

Et tout est en, tout est en volée, parfois

la nuit avance.

Attends le soir pour les...

Sous -titrage ST' 501

J 'ai vu la ville qu 'a fermé, l 'envie d 'attirer par l 'éternel, et ce pouvoir

qui nous consomme, peut révéler ce que nous sommes. Pourtant notre rêve à l

'école, avant nous l 'on trouvait tout seul, tandis l 'été ne conflit pas.

Et tout est temps, tout est en volée, parfois la

nuit s 'avance.

Attends -le -toi pour des...

Le ciel nous regarde.

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