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Just give me that raw fish.
Just give me that.
All ready, everybody?
One, two.
Il était de retour en studio pour faire ce qu 'il aimait. C 'était l 'homme le
plus heureux du monde.
On aurait dit un gosse dans un magasin de bonbons.
Il était fou de joie de se remettre à chanter.
Au beau milieu d 'une prise géniale, il était capable de partir sur un délire
pour nous faire rire et nous faire perdre nos moyens.
On était tendus, à titre personnel, et aussi parce qu 'on se demandait comment
John allait se comporter après cinq ans loin des studios.
Mais ça s 'est passé tout seul.
Il était là, parfaitement concentré, à partir du moment où il avait pris sa
guitare et dit « Allez, on commence par celle -là ».
Comment peut -on se réinventer quand on a été un débiteur ? Je
suppose que New York vous offre cette chance.
C 'est une ville qui a toujours attiré les gens en quête de Dieu sait quoi.
John Lennon était certes un migrant à part, mais lui aussi il était venu
chercher quelque chose, et manifestement il l 'a trouvé.
John disait souvent qu 'il aurait dû naître à New York.
Il adorait New York.
Et je me débrouille sur ça. Et des fois, les gens m 'ont demandé pour un
autographe. Je veux juste faire des mains, c 'est le plus cool quand ça se
passe. Ce qui est cool avec moi.
Je suis assez connu pour garder mon ego flottant, mais je suis assez inconnu
pour y arriver.
Ce qui est bien.
Il arrive au Hit Factory dans une veste argentée avec un col en fourrure. Et il
me dit, regarde, qu 'est -ce que tu en penses ? Je lui réponds, elle est sympa.
Et lui, il n 'y a pas mieux, tu veux dire ? Je lui ajoute, je vais te dire ce
'elle a d 'extraordinaire.
Tu connais le magasin Charivari ? Je suis rentré dans la boutique. Il y avait
monde.
Je me suis promené.
J 'ai pris quelques trucs.
Je suis passé en cabine d 'essayage.
Et puis j 'ai vu cette veste.
Elle m 'a plu, je l 'ai enfilée, impeccable.
J 'ai sorti ma carte bancaire.
Et je suis allé la payer moi -même.
Ensuite je suis reparti aussi simplement que j 'étais venu.
Il était enfin libre.
New York, c 'était la liberté.
C 'est pour ça qu 'il l 'aimait.
Quand John et Yoko sont arrivés à New York en 1971, ils se sont installés sur
Bank Street, à deux pas de ma maison, dans Greenwich Village.
Tout le monde a su instantanément que les nonnes étaient là, mais on n 'allait
pas rejouer la Beatlemania, aller frapper chez lui ou crier sur son
C 'était pile le genre d 'endroit où je voulais habiter.
L 'appartement était petit.
Ce devait être un deux -pieds.
Et les gens ne nous sautaient pas dessus sans arrêt, comme à Londres.
Dans les années 1970, New York était la capitale des arts.
Musique, happening scenic, Andy Warhol, tout ça faisait partie de la vie de Yoko
Ono.
Et John voulait être connecté aux deux univers.
Greenwich Village était génial à l 'époque.
Légèrement dangereux peut -être.
Avant le grand nettoyage de New York, le mendiant à qui vous refusiez une pièce
était susceptible de vous tirer dessus.
Un soir, je passe en voiture sur la 8e avenue.
et je vois John et Yoko en train de hailer un taxi.
Je me dis, je rêve.
Je m 'arrête et je dis à John, monte, qu 'est -ce que tu fais ? Un Beatles à
Noël pas un taxi en pleine 8e avenue.
Greenwich Village exerçait une attraction folle à cause de son
politique.
Tout le monde y était comme habité par la politique.
Tout à coup, au coin d 'une rue,
Les gens se mettaient à discuter de Nixon ou des derniers articles parus sur
guerre.
C 'était tout à fait ce que John et Yoko avaient recherché en venant à New York.
La vie à New York était plus facile pour eux. L 'Angleterre n 'avait pas été
tendre. Ils étaient blessés.
Parce que John admirait Yoko.
Là -bas, la presse l 'avait humilié et ridiculisé.
Nous sommes vraiment blessés par l 'abuse. Nous n 'aimons pas les critiques
notre travail.
Mais, je veux dire, la presse britannique a vraiment appelé Yoko ugli
papiers. Et je n 'ai jamais vu ça sur n 'importe quelle femme ou homme.
Même si une personne est ugli. Vous ne le dites pas normalement dans les
papiers, vous savez, cette femme ugli. Et elle n 'est pas ugli. Et si elle
était, vous n 'étiez pas quelque chose de mignon. Ils disent même que c 'est
attractif pour les gens les plus horriblement regardés, juste pour être
À mon arrivée à Londres, j 'avais été invitée par le Destruction in Art
Symposium. C
'était
un groupe très artiste tendance et ils m 'ont acceptée. C 'était fantastique.
Mais à partir du moment où j 'ai été avec John, ça a changé.
Les gens qui m 'appréciaient ont commencé à regarder ailleurs.
John était un Beatle, une pop star.
Et voilà qu 'il s 'en tire d 'une artiste d 'avant -garde barjot et
et qu 'il envoie des glands aux chefs d 'États mondiaux, comme si ça allait
faire avancer la presse.
Comme si se mettre dans un sac allait aider qui que ce soit.
Ils jouaient simplement les messagers. Comme ils étaient au lit à parler des
cheveux, ça rendait le tout intéressant et drôle. Mais l 'important était d
'introduire le mot paix dans tous les esprits.
En même temps, c 'est follement romantique de se sentir exilée.
Et puis, c 'est comme si nous retrouvions notre terre natale en allant
York. Nous nous sentions si proches des New Yorkais.
Nous étions New Yorkais dans nos têtes.
Là -bas, les premières personnes que nous avons côtoyées étaient Abby Hoffman
Jerry Rubin.
À Londres, nous regardions la télévision tous les soirs.
Et nous avions vu Abby et Jerry.
Ils avaient été arrêtés pour leur manifestation à Chicago et tenaient tête
juge.
C 'est génial, ils sont comme nous.
Eux aussi étaient des activistes privilégiés en l 'action théâtrale.
Abby et Jerry avaient repris à leur compte l 'idée de Marshall McLuhan,
selon laquelle il suffit de prendre le contrôle de la tribune télévisuelle et
musicale pour électriser et mobiliser des millions et des millions de jeunes.
C 'était un moyen de subvertir le système, et ils cherchaient à recruter
Lennon, qu 'ils savaient capable de faire bouger des millions de gens.
Vous êtes maintenant à New York.
Quels sont vos plans pour l 'avenir ?
Dans ce contexte explosif, John a offert au rassemblement pour la libération de
John Sinclair un retentissement énorme. 20 000 personnes ont assisté au festival
d 'Ann Arbor.
Lenin savait que le mouvement anti -guerre s 'épuisait.
Les
gens se
sentaient de plus en plus faibles et impuissants.
L 'opinion publique avait oublié que quand on rapatrie 100 à 300 corps par
semaine, l 'urgence est absolue.
La tuerie devenait monotone.
Entre 1967 et 1968, les morts se comptaient par centaines chaque semaine.
on s 'est dit, c 'est maintenant ou jamais, ça suffit. Il faut que ça cesse.
La stratégie gradualiste ne donne rien.
Il faut stopper la machine de guerre et tous les moyens sont bons.
En 1971, on s 'est dit que puisque la machine de guerre américaine passait à
vitesse supérieure, l 'action anti -guerre devait faire le même.
Et la solution était davantage de militants.
Il fallait passer de la protestation à la résistance.
C 'était le slogan.
Voilà dans quoi Lennon a mis le pied en arrivant aux États -Unis en 1971.
Les autorités pensaient que la fusillade de Kent State University en mai 1970
avait calmé les esprits. Les campus avaient été paralysés par la plus grande
grève étudiante de l 'histoire des États -Unis.
De nombreux établissements n 'avaient pas achevé ce semestre du printemps
Le gouvernement craignait une révolution emmenée par les étudiants et les Noirs.
Et voilà que maintenant Lennon arrivait.
Auréolé de sa renommée pour attiser la révolte en chanson.
C 'était un grand moment d 'euphorie et d 'optimisme. Et le plus incroyable, c
'est que 48 heures plus tard, John Sinclair était libéré.
Personne ne l 'aurait cru.
Évidemment, John, Yoko, Jerry et Abby exultaient.
Non seulement ils avaient fait un concert génial, mais ils avaient aussi
libérer John Sinclair.
À ce moment, tout semblait possible.
C 'est digne du Magical Mystery Tour.
John Lennon apparaît et il change la donne. Un homme est libéré de prison.
Certaines substances chimiques aidant imaginaient l 'impact de la chose sur un
esprit contestataire.
Les possibilités sont infinies.
Jerry et Abby, ainsi que René Davis, ont eu une très bonne idée.
Une tournée de concerts de Lennon dans tout le pays qui, au -delà de la
relairait un message anti -guerre et inviterait à s 'inscrire sur les listes
électorales.
L 'inscription sur les listes électorales était cruciale, parce que
la première année de l 'abaissement de l 'âge électoral à 18 ans.
D 'où la question, comment convaincre les plus jeunes de voter contre Nixon
la paix ? Réponse, Lennon va leur demander de le faire, et les
les listes se feront au concert.
C 'était la première tournée d 'un ex -Beatle aux États -Unis depuis leur
tournée d 'adieu ponctuée par le concert au Candlestick Park en 1966.
Six ans qu 'on n 'avait pas entendu un Beatle.
Succès garanti.
Ils le savaient capable de convaincre des millions de jeunes.
J 'ai assisté dans un bois des alentours de Washington à une réunion avec Rennie
Davis. que je croyais secrète mais qui apparaît dans les dossiers du FBI.
Rennie souhaitait que je m 'implique dans l 'élaboration de ce plan, la
militante de John Lennon.
Parmi les 20 000 personnes présentes au Chrysler Arena à Ann Arbor, se trouvait
un agent du FBI infiltré qui a relevé tous les propos tenus, chaque parole des
chansons de Lennon.
Il a noté, John Sinclair ne l 'a pas mérité.
On cherche tous à respirer. Ce rapport a été envoyé à John Edgar Hoover.
Le FBI a justifié son enquête par la nécessité de garantir la sécurité du
président à la Convention républicaine.
Ces agitateurs parlaient de manifestations, de protestations, ceux
avaient causé tant de problèmes à Chicago en 1968.
Et ils étaient prêts à recommencer, cette fois avec John Lennon comme chef
file. Il fallait absolument les arrêter.
Naturellement, John ne se laissait pas dicter sa conduite par Jerry et Abby.
Mais il s 'efforçait à sa manière de faire élire George McGovern
à la présidente et de faire avancer la paix.
On pensait qu 'en déployant tous nos efforts, on y arriverait.
L 'entourage de Nixon a décidé qu 'il fallait agir. Le FBI a transmis les
instructions à Strom Thurmond, sénateur républicain de Caroline du Sud, qui a
adressé un mémo au secrétaire à la justice de Nixon, John Mitchell.
Le mémo s 'achève sur ces mots.
Voici les projets de Lennon. Son expulsion serait une contre -mesure
stratégique.
Quelques semaines plus tard, la procédure d 'expulsion a été lancée.
C 'est Jerry Rubin qui nous a présenté à John Lennon.
Un jour, il a débarqué sans être invité.
Il a dit, j 'ai très envie de connaître le groupe.
Je suis resté bouche bée.
Parmi tous les groupes de rue, le nôtre, The Elephant's Memory, était connu pour
son engagement politique.
On entretenait l 'ébullition dans Greenwich Village.
On était toujours partants.
Dès que la musique pouvait aider la cause, on était sur le coup.
Un jour on jouait et à un moment il me regarde comme ça.
Et je me rends compte que je suis en train de jouer comme ça.
Et en le voyant m 'imiter, j 'ai compris qu 'il fallait que je me détende.
Jerry est arrivé avec une cassette d 'Elephant's Memory en disant écoutez ça.
On a dit, génial, ça avait une âme.
Ça présumait en un mot, énergie. Le groupe dégageait une énergie incroyable.
C
'était
des musiciens fous, ils ne s 'arrêtaient plus.
Et John ne se faisait pas prier, il adorait ça.
Mais pour ces sessions très village, il aurait fallu enregistrer dans un garage
avec deux micros.
Au lieu de ça, ils ont voulu le faire en studio.
Cette version clean n 'a plus à personne.
Alors il a fallu tout reprendre pour salir le son.
Heureusement, c 'est facile à faire.
On ne pouvait exploiter que les deux premières heures de studio.
Par contre, là, ils étaient complètement partis.
Vous voyez ce que je veux dire ?
Assez rapidement, peut -être une semaine et demie après le début des
répétitions, on a entendu « Woman is the nigger of the world ». C 'était un
nouveau titre.
John est arrivé avec les paroles, il s 'est installé au piano, il a dit « Voilà
ce que ça donne ». Et il a commencé « Woman is the nigger of the world
». J
'ai dit « Pardon ? »
La femme et le nègre du... C 'est dingue. Tu vas vraiment dire ça ? Oui.
Il a sorti la chanson et j 'ai pensé, les radios n 'en voudront pas.
On avait interdit une chanson parce qu 'elle contenait le mot drogue, alors le
mot nègre... Même de nos jours, on ne peut pas dire ça.
Je comprenais sa démarche, mais je crois que, naïvement, je n 'avais pas du tout
anticipé la réaction des médias. On était en 1972.
Nixon était toujours président.
On a joué sur le plateau du Dick Cavett Show, et c 'est là que j 'ai compris qu
'il y aurait des conséquences, qu 'on n 'allait pas le laisser s 'en sortir
comme ça.
Je recevais John et Yoko et la direction m 'a dit, on va vous donner un petit
texte à lire juste avant qu 'ils chantent.
J 'ai répondu, vous voulez censurer mes invités maintenant qu 'ils sont là ? C
'est ridicule.
J 'ai lu leur texte afin de pouvoir passer la chanson.
Dans le prochain segment, John Lennon donne ses raisons pour écrire la chanson
et pour utiliser la parole.
Merci à
vous.
On a eu environ
600 tonnes de téléspectateurs.
Mais pas à cause de la chanson.
Ils ont dit...
Affligeante cette déclaration que vous avez fait lire à Dick.
On est des adultes, vous savez.
J 'ai trouvé ça merveilleux. Ça m 'a redonné espoir.
L
'administration
Nixon, dans sa grande sagesse, voulait faire expulser John.
Je n 'imaginais pas à quel point la menace était sérieuse et à quel point
leur pesait à tous les deux.
John
m
'a dit qu 'il avait été condamné pour possession de hachiches à Londres quatre
ans auparavant.
J 'ai demandé,
le hashish, c 'est de la marijuana ? Il a répondu, non, c 'est beaucoup mieux.
Les deux substances sont apparentées, mais différentes.
J 'ai tout de suite su qu 'il y avait là quelque chose à creuser.
Je leur ai conseillé...
de demander immédiatement un prolongement de six mois de leur visa.
J 'ai contacté mon vieil ami, à la direction de l 'immigration de New York,
pour lui demander de leur accorder cette prolongation sur le champ.
Il a dit qu 'il verrait ce qu 'il pourrait faire.
Le lendemain, il me rappelait en disant, « Léon, on veut que tes clients
quittent les États -Unis.
» J 'ignorais qui était censé être ce « on ». Il a ajouté, « Si tu
fais une demande de prolongation,
je veux bien le raccorder un mois, parce que c 'est toi.
Mais après ça, il faudra qu 'ils débarrassent le plan C. »
Merci à vous.
Dans les années 60, on disait, ce n 'est pas parce que tu es parano que tu n 'es
pas suivi.
On était tous parano, mais on était suivi.
Je n 'étais que leur photographe.
Et pourtant, j 'ai été suivi à plusieurs reprises, sans me rendre compte sur le
moment, parce que j 'étais très loin d 'imaginer que les fédéraux puissent s
'intéresser à moi.
Un jour, en sortant de mon studio, j 'ai vu quelqu 'un me prendre en photo.
J 'ai détourné la tête machinalement, puis je me suis retourné.
C 'était un type avec un chapeau, genre agent fédéral. Il a filé, une voiture l
'a emmené en quatrième vitesse.
Je n 'avais pas rêvé, je me suis dit, qu 'est -ce que c 'est que ça ?
Je savais que j 'étais sur écoute.
Les gars du FBI ont occupé le sous -sol de mon immeuble pendant toute la durée
des sessions studio.
Je les voyais. Ils savaient que je les avais remarqués.
J 'arrivais chez moi, je sonnais.
Ils étaient là, près des escaliers, dans le fond, magnétophone enclenché.
J 'entendais un clic à chaque fois que je décrochais mon téléphone.
C 'était clair.
Ça a été une période pénible, surtout pour ma femme.
Elle devenait complètement parano.
Il y avait de quoi.
Ils ne se cachaient pas.
Ils voulaient nous effrayer.
Pourquoi on se taise ? Ils tentaient de les intimider, de les
terroriser pour qu 'ils quittent les États -Unis.
Ça me faisait vraiment de la peine. Je leur ai conseillé de faire profil bas,
mais c 'était John et Yoko.
Un journal a fait des erreurs, dit qu 'une petite harmonie n 'était pas
parfaite, qu 'on n 'allait pas refaire chaque note, on l 'a juste écrit, pour
faire une statement sur la société, maintenant, tout de suite, et pas de
Juste le dire, je pense que c 'est bien, c 'est ma opinion.
Sometime in New York City était un scandale.
On avait dépassé toutes les limites de l 'acceptable dans le monde du rock 'n
'roll.
Comme de vrais sales gosses.
John était très angoissé en préparant l 'album.
Cette fois, le propos était politique, ça changeait tout.
Et il ne le faisait pas dans la demi -mesure.
Cet album nous a vraiment valu un tas d 'ennuis.
En plus, il s 'est mal vendu. L 'opinion publique ne nous a pas suivi.
Je n 'avais pas vraiment eu le temps de réfléchir et d 'envisager un tel
désastre.
Mais j 'avais compris que le comptier politique ne jouerait pas en sa faveur.
Ce n 'est pas notre travail qui l 'a déçu. C 'est l 'accueil qui l 'a reçu.
Sous -titrage ST'
501
C 'est Yoko qui a eu l 'idée du concert One to One. A l 'époque, j 'étais un
journaliste local.
Elle m 'a appelé en janvier 1972.
Elle et John avaient vu mon reportage sur la malprétence des enfants
mentaux à la Willowbrook State School et ils voulaient faire quelque chose.
Je me souviens de la répétition au Madison Square Garden.
Ils ont commencé par quelques airs d 'Elvis à la Bonnie Day.
Et soudain, il est parti sur Cold Turkey et Imagine.
Et là, ce n 'était plus notre nouvel ami John, c 'était l 'autre gars.
Celui des Beatles.
C 'était la voix des Beatles.
Le One -to -One tenait lieu de répétition pour une tournée mondiale.
Et puis, un des moyens de retarder les échéances d 'expulsion était de faire
concerts de charité.
C
'était
le grand objectif. On jouait avec Lennon et l 'idée c 'était de tourner dans le
monde entier.
On a commencé à
rassembler le matériel, à commander des quêtes de transport.
On était prêts pour la tournée.
Mais il nous a dit, On attend un peu. Il faut que je règle cette histoire d
'expulsion avant.
On
attendait
et les semaines défilaient.
C 'est ça.
A l 'époque, je ne me suis pas posée de questions.
On jouait pour rappeler aux gens l 'importance de la paix et l 'urgence de
cesser la guerre.
Et pendant ce temps -là, le gouvernement faisait tout pour nous expulser.
La critique a encensé le groupe, mais elle n 'a pas été tendre avec John et
Yoko.
Après ça, il ne s 'est plus montré pendant une semaine.
Cela a vraiment atteint.
Une fois descendu de scène, John et moi, nous nous sommes serrés très fort.
Nous étions fiers de nous.
Le lendemain matin, il m 'a dit, la critique nous assassine.
John n 'avait jamais vécu une chose pareille.
Elle a blessé plus que moi.
Les mauvaises nouvelles se sont enchaînées. John ne le prenait pas bien.
critique avait démoli l 'album, démoli le concert.
Il l 'avait détesté.
L 'administration Nixon avait émis un ordre d 'expulsion contre lui.
Sa situation juridique s 'aggravait.
John glissait sur la pente de la dépression.
Nous étions au studio quand quelqu 'un a annoncé que Nixon a gagné.
Si je me souviens bien, on était en studio quand on a appris la réélection
Nixon.
On venait de finir, je crois.
Ça nous a tous démoralisés.
Surtout John.
Il en faisait une affaire personnelle.
Ça a été une soirée horrible.
Jerry O 'Neill nous avait invités à regarder les résultats de l 'élection
lui. On avait fini tard. Le résultat avait déjà été proclamé. Mais on est
même allé chez Jerry.
Il y avait encore du monde.
On avait déjà tous beaucoup bu. Et là -bas, on a continué.
On n 'était pas beau à voir.
Vraiment. Ma femme avait trop bu.
Je voulais qu 'on s 'en aille.
Il était temps de rentrer.
Quand nous sommes partis pour la fête chez Jerry, John titubait.
Et ce qui s 'est passé là -bas, je peux le comprendre.
Il a attrapé une fille, l 'a emmenée dans la pièce d 'attraper et
a commencé à lui faire l 'amour.
On entendait ce qui se passait.
Alors un garçon du groupe The Elephants Memory, Stan, a eu la délicatesse de
mettre un album de Dylan et de bien monter le son.
Mais ça n 'a servi à rien.
Voilà à quoi a ressemblé cette soirée. Ça m 'a fait de la peine, ça m 'a
heurtée, mais en même temps, je comprenais sa détresse.
Le lendemain, au studio,
John avait la gueule de bois. Il était peinot.
Il s 'en voulait terriblement.
Mais il savait que s 'excuser mille fois ne changerait rien au fait qu 'il avait
humilié Yoko devant tout le monde.
On s 'est promenés sur les docks du côté de Bank Street. Et au retour, on a pris
quelques photos, dont celle de John au pied de Yoko, en train de lui demander
pardon. Elle ne le rejetait pas, mais quelque chose était brisé.
Je sentais une rage immense en lui.
Et à côté de ça, il refusait d 'être séparé de moi ne serait -ce qu 'une
seconde.
Nous étions ensemble 24 heures sur 24, littéralement.
À la longue, ça finit par vous étouffer.
Pour moi, le mieux était qu 'on se sépare.
Ce n 'est pas comme ça que je souhaitais vivre.
Dans ces conditions, pourquoi continuer ? J 'avais besoin de me retrouver.
J 'ai donc pensé qu 'il serait bon qu 'il parte pour Los Angeles pour tenter
aussi de se retrouver, ou simplement pour changer d 'air.
J 'étais leur assistante depuis trois ans.
Un jour, Yoko me dit, tu sais, entre John et moi, ça ne va plus.
Je lui réponds, navrée de l 'apprendre, tout en pensant, pourquoi est -ce qu
'elle me dit ça ? Je savais qu 'il serait
difficile pour lui de partir seul à Los Angeles.
Il n 'était jamais parti seul et je me sentais responsable. Alors j 'ai fait en
sorte de créer les meilleures conditions pour lui.
Sous -titrage
ST'
501
On était toujours à New York. Il vient me voir et me dit, je suis prêt. Comment
ça tu es prêt ? Réserve le studio.
Si je ne le fais pas maintenant, je ne le ferai jamais.
Ses chansons n 'étaient pas terminées, mais il a écrit Mind Games en deux
semaines.
Il y a des esprits brillants. Il était fascinant.
C 'était un auteur -compositeur de génie.
Il avait les accords de bas en tête.
et les paroles venaient virevolter sur cette base.
Il
arrivait
en studio avec les paroles écrites.
Souvent, il avait deux versions, et il apportait ces modifications au fur et à
mesure pour que les mots sonnent en fonction des accords et du rythme.
Souvent, les textes se finalisaient en studio.
Pendant que les musiciens jouaient, ils réécrivaient des choses. C 'est le
groupe qui devait l 'inspirer, ou l 'atmosphère du studio.
John avait une personnalité hors du commun.
Quand il parlait, vous écoutiez.
Même depuis la pièce d 'à côté, sa voix si particulière vous saisissait, qu 'il
chante ou qu 'il parle.
John était un homme honnête.
Et c 'était pareil pour ses chansons.
Elles étaient d 'une honnêteté radicale.
Il ne disait jamais rien à demi -mot. Il ne tournait pas autour du pont.
Et il écrivait des chansons qui disaient ce qu 'elles avaient à dire.
Il choisissait des mots qui parlent à tout le monde.
John parlait de ses problèmes.
Il racontait ses combats avec lui -même.
C 'était la force de son message.
C 'est ça qui touchait.
Il se donnait, il déballait ses tripes.
Et à la guitare, c 'était pareil.
Il n 'y avait pas plus honnête comme jeu.
Plus irréprochable sans doute, mais pas plus honnête.
Un détail amusant, il faisait exprès de désaccorder sa quatrième corde.
En accordant sa guitare, il baissait légèrement la quatrième corde. Je lui ai
demandé, mais pourquoi tu fais ça ? Il a répondu, quand j
'enregistrais avec les Beatles, c 'était mixé en mono.
Et quand on passait à la radio, ma tante Mimi me demandait, c 'est toi qui joue
de la guitare ? Alors je répondais, tu entends celle qui est légèrement
désaccordée ? Eh bien, c 'est moi.
Et il a gardé cette habitude.
Celle avec la quatrième corde un peu basse, c 'est ma guitare.
C 'est comme ça que je me reconnais.
Au début, il était enthousiaste parce que Los Angeles représentait une
expérience totalement nouvelle.
Il était ravi de sa nouvelle indépendance.
Au supermarché, c 'était génial. Un jour, en passant devant le rayon
John s 'est arrêté net.
Il nous fait ça.
Moi. Quoi ? Du caviar.
Je pensais que c 'était hors de prix, mais il a dit, tu vas adorer ça.
On avait constamment de la vie vite.
Harry Nilsson, Keith Moon.
Tous les matins, il descendait en long manteau de cuir, sans pantalon, bottines
type Beatles aux pieds, écharpe, attaché case.
Et John disait, le baron est levé.
Bonjour, baron.
Alors il claquait les talons, saluait tout le monde avant de disparaître à
nouveau pour un bon moment.
Ringo aussi est venu.
Paul. On aurait dit qu 'ils s 'étaient quittés la veille.
Aucune rancœur.
C 'était comme deux frères qui se retrouvent et reprennent les choses là
les avaient laissées.
Tout le monde était détendu.
Tout le monde discutait.
Ce côté joyeux et festif, c 'était le côté lumineux.
John s 'est beaucoup amusé là -bas.
Mais derrière se cachait le côté sombre.
C 'est vrai qu 'il s 'amusait avec Harry, avec Keith Moon et Ringo. Mais je
crois qu 'il n 'était pas heureux.
On ne se saoule pas tous les soirs quand on est heureux.
On ne se drogue pas quand on est heureux.
On s 'appelait tous les jours quand il était à Los Angeles.
Et c 'est toujours le même sujet qui revenait sur le tapis.
Comment reconquérir Yoko ?
1,
2, 3, 4.
Bill, Bill ! Sous
-titrage
ST' 501 C 'est un grand fait.
Ça m 'a pris trois semaines de le parler en étant le producteur. J 'ai dit,
regarde, je suis Ronnie sur celui -là, d 'accord ? Je veux juste chanter, je ne
veux rien savoir de rien.
Donc, on a commencé les sessions et ça s 'est bien passé. Et puis, ils se sont
collés dans la manie.
C 'est une façon de le mettre en place.
Mais ça a certainement été fou.
Il y avait 28 gars qui jouaient une nuit et 15 d 'entre eux étaient hors de leur
tête, y compris moi.
Il y a eu des sessions grandioses
dans des studios immenses.
Phil Spector était le producteur -inventeur du mur de son.
La marque de fabrique des titres Be My Baby ou You Lost That Loving Feeling.
Tout l 'esprit du vieux rock 'n 'roll que John adorait.
Mais Phil souffrait d 'un genre de complexe d 'infériorité. Et pas mal de
disputes ont éclaté.
Phil arrivait sobre tous les soirs.
Sobre et prêt à travailler.
Et à chaque fois, le début des sessions était fantastique.
Fantastique.
Seulement, John commençait rapidement à faire n 'importe quoi.
Il buvait énormément.
Du coup, Phil s 'y mettait aussi et au bout d 'un moment, on se retrouvait tous
à mettre le chambard.
C 'était contagieux.
John avait sa bonbonne de vodka.
Je n 'avais jamais vu une contenance pareille.
Je crois qu 'on en trouve encore de nos jours.
Je n 'arrivais pas à y croire. Ça doit bien faire 20 litres.
Il avait ce mastodonte posé près de sa guitare.
Et il arrivait toujours dans des accoutrements variés à des heures
Un soir, il est arrivé avec un grand habit blanc de boucher, maculé de faux
sang, ou peut -être du vrai sang.
Là -bas, en Californie, c 'était infernal parce qu 'il buvait énormément.
John et l 'alcool n 'ont jamais fait bon ménage. Jamais.
Ils se mettaient dans des états terribles et rien de bon n 'en sortait.
Un soir de cette folle période de la vie de John, on buvait dans un restaurant,
le Lost Larabi.
Et John a décidé d 'aller dans les toilettes des femmes.
Nous, on trouvait ça marrant. Au bout d 'un moment, il en est reparti avec une
serviette hygiénique collée sur le front.
Il se l 'était collée sur le front. Il trouvait ça drôle. Je me suis dit, c
pas vrai.
On s 'est mis à rire comme des hystériques et à lui dire, c 'est
il n 'enlève pas.
Il l 'avait toujours au moment d 'entrer au troubadour, et comme c 'était John,
personne n 'a rien osé lui dire.
Finalement, c 'était une soirée assez normale et agréable, jusqu 'au moment où
il s 'est levé en votant différents des choses que je ne peux pas répéter ici.
J 'étais en train de siroter un soda, et je vois une grande agitation un peu
plus loin autour d 'une des longues tables.
Et soudain, des gens se lèvent et on entend « Oh, c 'est John Lennon ! » En
temps normal, ça se serait bien passé avec le vrai John Lennon. Mais là, il n
'était plus lui -même, il devenait ordide.
Il sombrait à vue d 'œil. C 'était comme de le voir chuter dans un puits sans
fond. Il s 'enfonçait toujours plus loin.
Le rythme, c 'était une bouteille de scotch ou de bon whisky par jour.
Je suis surpris qu 'il n 'en soit pas mort.
Il n 'avait pas de famille.
Sa famille, c 'était Yoko.
Alors je l 'ai appelée.
J 'étais très hésitant au téléphone.
J 'ai fini par dire, Yoko, il faut que tu viennes.
Il m 'a appelé en me disant, Yoko, il faut que tu viennes faire quelque chose.
'ai répondu, c 'est une plaisanterie.
Vous avez passé votre temps à me reprocher de l 'accaparer, de ne pas
laisser l 'approcher.
C 'est votre tour maintenant.
Débrouillez -vous.
Occupez -vous -en.
Je me souviens d 'une soirée terrifiante.
On était au Roxy et la voiture s 'est avancée.
Elle était garée sur le parking Rainbow, juste à côté.
John est sorti du Roxy et je me suis mis au volant.
Jim s 'est assis à côté de moi. Et j 'attendais que John monte aussi, mais au
lieu de ça, il a fait demi -tour et il s 'est dirigé vers le parking où une
foule de gens l 'avaient vu et criait « John ! John ! »
C 'était terrifiant.
John avait fait demi -tour. Il était ivre. Il criait, qu 'est -ce que vous me
voulez, planté au milieu de cette foule ? Très vite, il a été submergé
et il s 'est mis à hurler, prenez -moi, un vrai dément.
On se serait cru dans le jour du fléau.
Jim et moi, on l 'a vite récupéré et on l 'a jeté sur la banquette arrière.
On a littéralement dû l 'arracher à la foule qui l 'a grippé. C 'était de la
pure folie.
On l 'a embarqué à l 'arrière et lui n 'arrêtait pas de crier quelque chose
comme « Ils me veulent ».
Jesse, le guitariste, et moi, on est restés à l 'arrière avec lui pour le
parce qu 'il essayait d 'exploser les vitres de la voiture à coups de pied. On
faisait de notre mieux, mais il était trop fort. D 'une seule main, il m 'a
repoussé vers le fond.
De l 'autre, il essayait de repousser Jesse.
Et il hurlait, Yoko, comme un fou.
Quand il était vraiment ivre, il criait toujours le nom de Yoko.
On est allé chez Lou Adler, le producteur.
Il a arraché un palmier de l 'entrée, arraché tous les téléphones, détruit les
disques d 'or.
C 'était une belle crise de rage éthylique.
Yoko lui manquait et il était probablement frustré de ne pas pouvoir
arrière.
C 'est ça.
J 'avais besoin de respirer. Nous étions devenus physiquement dépendants l 'un
de l 'autre.
Me retrouver seule dans mon lit a été une épreuve.
Je tremblais.
Mais pas question de dire ça à John.
Je trouvais anormal de ne pas pouvoir être seule. On puisse en venir à
parce qu 'on est seule.
Et je ne voulais pas me résoudre à dire, allez, réconcilions -nous. Je n 'en
étais pas là.
John n 'était plus avec Yoko.
Mais c 'était tout comme. Ils étaient en contact, ils se parlaient.
John l 'avait au téléphone tous les jours, plusieurs fois par jour.
Je disais à Yoko, il a retrouvé ses esprits, il est prêt à revenir te voir.
Et elle me répondait, je ne crois pas, non.
Yoko menait une vie plutôt saine pendant que John buvait et ouvrait une vie.
Pendant qu 'il déprimait et s 'enlisait, Yoko, elle, allait de l 'avant.
Elle préparait un album avec de nouveaux musiciens.
Fini les Elephants Memory.
Elle montait un bon groupe de studio.
Elle voulait passer à autre chose.
Ça a été une période très productive.
Je retrouvais le monde de l 'art. J 'étais entourée d 'Andy Warhol, Allen
Ginsberg, Charlotte Moorman, George McYunas. C 'était formidable.
Physiquement, je souffrais un peu. Mais psychologiquement, je m 'ouvrais à
tellement de nouvelles choses.
C 'était fantastique.
John est rentré à New York avec une petite équipe de bons musiciens qui ne
buvaient pas et travaillaient sérieusement.
Quand il enregistrait à Los Angeles avec Phil Spector, il pouvait y avoir jusqu
'à 40 musiciens dans le studio, avec 40 instruments différents et tout le monde
était ivre.
Il a sauvé ce qu 'il a pu et il est revenu avec l 'album Walls and Bridges.
Quand on est entré en studio pour Walls & Bridges, j 'étais sobre, John était
sobre, les musiciens aussi.
Forcément, la qualité suit. Il faut être concentré et on l 'était tous.
Un ami m 'a dit, John est au Record Plant Studios en train de faire les
finitions de Walton Bridges.
Si tu es libre, je crois que c 'était un mardi, je dois pouvoir te faire entrer
dans la contrôle room.
Je suis libre, pas de problème, où est -ce qu 'on signe ? Donc, je suis allé là
-bas et j 'ai vu John pour la première fois à travers une vitre.
J 'étais là à les regarder faire.
Ils en étaient vraiment au stade des touches finales.
C 'était le délire dans ma tête.
J 'étais à deux pas d 'un Beatle.
Je n 'arrivais pas à y croire.
À cet instant, j 'ai été tous les adolescents du monde.
Je hurlais en moi -même. C 'est John Lennon. C 'est les Beatles.
Au moment de partir, j 'ai dit, écoutez, si John voulait venir à notre micro
pour promouvoir l 'album, on serait ravis de l 'accueillir.
C 'est un titre prophétique ?
J 'étais devant mon micro.
John me faisait face derrière les platines. Il a très vite compris que sa
présence me tétanisait et il s 'est comporté très naturellement.
Sous -titrage ST' 501
Il discutait nonchalamment de tout et n 'importe quoi.
Il n 'était pas là uniquement pour faire sa promo, mais pour poser.
Et on est devenu plus sérieux, on a abordé le sujet de l 'immigration.
On a parlé de New York, de ce qu 'il ressentait.
J 'ai vécu ici trois ans et j 'adore ça. C 'est pourquoi je suis en train de me
battre pour rester ici.
Pour que je puisse être à New York. Peut -être qu 'ils pourraient me bannir de l
'Ohio ou quelque chose.
Rien contre l 'Ohio. Quel est le statut ? On a vu des photos de vous marchant
dans un bâtiment de cour.
Avec mon suit.
Oui, il a l 'air très bien.
Oh, merci.
De temps en temps, je me dis que j 'ai 30 jours pour sortir du pays.
Mais je me sens toujours ici et je n 'ai pas d 'intention de y aller.
C 'était triste quand Charlie Chaplin est revenu en Amérique. C 'est pour ça
je ne veux pas que ça se passe avec moi.
Je n 'aime pas ça. Ils m 'ont mis à 60 et m 'ont donné une plaque pour hier.
Paul l 'a écrit.
Je peux juste le voir.
Je ne veux pas ça. J 'aimerais vivre ici.
Je n 'ai pas de mal à faire. J 'ai un peu de bouche ouverte. C 'est tout.
Je pense qu 'il y a certainement de l 'espace pour un Lennon ou deux ici.
J 'y crois. Je sais que tout le monde est là.
We're sitting with the new album and this is a track called... Oh, this is a
track called Scared, which means that the moment I was writing it, that's how
felt. But now I'm quite happy, thank you.
Nixon a été évincé suite au Watergate, mais malheureusement le service de l
'immigration est une administration efficace.
On leur avait dit expulser les nonnes, les filles employées.
Et cela alors même que la raison d 'être de cette campagne avait disparu.
Les nonnes demeuraient sous le coup d 'un ordre de quitter le territoire sous
jours, pendant toute l 'année qui a suivi le Watergate.
Jusqu 'en 1974, il était à tout moment susceptible d 'être jeté dehors sous 60
jours. Il s 'accrochait désespérément pour rester.
On devait constamment s 'interrompre à cause d 'histoires juridiques qu 'il
appelait ailleurs.
Je me suis dit que j 'avais 30 jours pour sortir du pays.
La dernière fois que je suis allé à la planète record, j 'étais dans un taxi.
Et la radio était en, j 'ai juste entendu l 'annonce de la radio.
Je me suis dit, je vais à l 'aéroport, Sam. Et nous avons râlé à propos de ça.
Et apparemment, les loisirs ne m 'ont pas dit, parce qu 'ils ne voulaient pas
déprimer au milieu de l 'album.
Est -ce qu 'il était malheureux ? Je n 'en sais rien.
Le John Lennon que j 'ai rencontré, c 'était ce type adorable venu à mon
émission en septembre 1974.
Un type avenant, drôle, sobre, bien dans sa peau et très fier du disque dont il
était venu faire la promotion.
Je passais de temps en temps comme ça et un soir j 'ai vu Elton John en train d
'enregistrer avec lui.
Ils ont chanté ce morceau tous les deux et tout le monde a trouvé ça sympa. Le
morceau leur plaisait.
Et je me souviens qu 'à la fin, Elton a dit « Je passe au Madison Square Garden
bientôt. Tu pourrais venir faire une apparition sur scène ? » John a répondu
Si ce titre est classé premier au Hit Parade, je chanterai avec toi. » Il
pensait s 'en tirer comme ça, il ne croyait pas.
Mais il a bel et bien été classé premier. John était coincé.
Il est venu voir le concert à Boston et j 'avais une tenue qui ferait presque
rougir Lady Gaga aujourd 'hui. Un genre de maillot de bain taillé dans une boîte
de chocolat avec le cœur et tout.
John a dit « La vache, on en est là alors ? » Il n 'était pas non plus au
courant des évolutions en matière de son et de lumière. Il ne voyait jamais de
concert. Mais il a accepté de chanter avec moi à New York et j 'en suis
parce que ça a été mémorable pour moi et pour tous ceux qui étaient là. Et puis
ce soir -là, il a retrouvé Yoko.
Quand il est monté sur scène, après avoir vomi ses tripes dans les
a eu droit à la plus formidable ovation que j 'ai entendue de ma vie.
Ça me touche encore quand j 'y pense. J 'en ai même la chair de poule.
Dix longues minutes de standing ovation.
L 'annonce a fait l 'effet d 'une bombe. Le public est devenu dingue. John
Lennon est là avec Elton John. C 'était fantastique. Les gens sautaient partout.
On a senti une libération d 'énergie phénoménale.
Ça a vraiment été incroyable. Un véritable tremblement de terre.
Mais ce John là n 'était pas celui que j 'avais connu, celui de working class
hero.
Il était devenu quelqu 'un de fragile, je le sais.
Après le concert,
je suis allée le voir dans sa loge.
John n 'en revenait pas. J 'étais au bord des larmes, mais je ne voulais pas
pleurer.
Je n 'avais jamais vu John aussi... Quelque chose en lui me touchait.
J 'ai pensé, tant pis, je l 'aime encore.
Je ne sais pas s 'il l 'avait invitée.
En tout cas, elle était là. Et voilà, John avait retrouvé Yoko.
Je m 'étais mis en tête de refaire ma vie.
D 'ailleurs, un jour, dans un magasin de vêtements vintage,
J 'avais vu un magnifique pyjama d 'homme en soie style européen, années
1930.
Et je l 'avais acheté dans l 'idée que l 'homme que j 'allais rencontrer serait
fait pour ce pyjama.
Quelle vision romantique.
Et quand John est revenu, j 'ai dit, tu veux l 'essayer ? Il lui allait comme un
gant.
Finally, after four and a half long years of struggle, John Lennon got his
card saying that he is now a permanent resident of the United States.
Now I believe time wounds all heals.
J 'ai été contacté par un employé de la cour d 'appel qui m 'a dit « Monsieur
Wilds, je suis un fan de John Lennon. J 'ai une décision sous les yeux.
» J 'ai appelé John, j 'ai dit « Bonne nouvelle, nous avons gagné.
» Il a répondu « Comment ça ? » Je croyais que nos chances étaient très
Elles étaient minces, lui ai -je dit.
Et nous avons quand même gagné. Le président de la Cour d 'appel de ce
l 'échelon en dessous de la Cour suprême des États -Unis, a déclaré ceci. Si,
durant les 200 ans de notre indépendance, nous avons dans une
accompli ce en quoi nous croyons, nous le devons pour bonne part à la place que
nous avons toujours ménagé aux individus habités par l 'esprit de la liberté.
et travaillant à son expansion.
Les quatre années de lutte de John Lennon pour demeurer sur notre
témoignent de sa foi dans le rêve américain.
John a dit, Yoko est à l 'hôpital, elle devrait accoucher dans la nuit.
Pourrais -tu venir avec ta femme pour qu 'on lise la décision ensemble ? Le
lendemain, c 'était l 'anniversaire de John.
Son fils est né ce jour -là, au petit matin.
Et il avait gagné sa carte de résident permanent.
Tout ça le même jour.
Je ne trouverai pas les mots pour le décrire à ce moment -là.
Il était fou de joie. Il était transformé.
John s 'est retiré de la vie sociale.
Il a annulé son abonnement à Billboard.
Il ne voulait plus entendre parler du milieu de la musique.
Il a réglé sa radio sur la station la plus consensuelle et a opté pour la
tranquillité.
Il voulait s 'offrir une parenthèse pour vivre normalement et élever son fils,
passer du temps avec lui, pour se frotter aux vrais problèmes de la vie
quotidienne.
Sous -titrage ST'
501
C 'était un
enfant
étrange
dans la maison dont je n 'avais aucune relation.
Je suis en train d 'avoir une relation maintenant parce que je peux parler de
musique et de ce qu 'il est en train de faire, des copines et ce genre de
choses. Mais je ne voulais pas que ça soit comme ça avec Sean.
Et le timing était juste bon pour que je fasse tout ça aussi.
Je crois qu 'il avait besoin de cette parenthèse.
Il avait fait le tour.
C 'est vrai, il avait parcouru le monde, connu cette vie -là.
Alors il a arrêté.
Il s 'est dit qu 'il pouvait se contenter d 'être un bon père.
A ses yeux, c 'était tout aussi important.
Et il avait raison.
John nageait dans le bonheur.
C 'était fantastique.
Il me disait, passe.
Et je venais avec mon fils Soto.
Généralement, on discutait dans la cuisine.
Il préparait du pain maison et tout un tas de bonnes choses.
C 'était merveilleux de le voir s 'occuper de son fils.
Ça lui tenait tellement à cœur.
Il adorait s 'occuper de Sean.
Il en était fier.
Il lui a appris à nager. Il répétait, Sean se souviendra toute sa vie que son
papa lui a appris à nager.
À chaque fois qu 'on le voyait dans le rôle d 'homme au foyer, les gens
disaient, tout ça c 'est uniquement pour la presse.
Et ça déplaisait beaucoup à John, parce qu 'il travaillait vraiment dur à la
maison tous les jours.
Ça a l 'air terrible.
Ça a l 'air un peu dégueulasse, n 'est -ce pas?
Oui. C 'est le nom d 'un monstre.
Tu me dis.
Qu 'est -ce que c 'est?
C 'est le fumier qui sort de l 'A.
Oh mon Dieu, le fumier A.
Sous -titrage Société Radio -Canada
Un jour, je suis tombé sur John au magasin bio de l 'Eastside.
Il revenait d 'une leçon de natation avec Sean et je l 'ai trouvé
changé. Je ne l 'avais pas vu depuis 3 ou 4 ans.
Il était transformé.
Tout chez lui était différent.
Sa façon de parler, sa façon de marcher.
Son fils était là.
On a déjeuné ensemble et il m 'a demandé de lui raconter ce qui se passait dans
le monde de la musique.
Il savait que j 'étais passé à la production.
Il m 'a donné son numéro personnel. Il m 'a dit de l 'appeler.
Mais je ne l 'ai jamais fait.
Parce qu 'en le regardant avec Sean, je me suis dit, je ne veux pas déranger cet
homme avec les histoires triviales de l 'industrie du disque.
Il a l 'air d 'avoir trouvé un bonheur qu 'il n 'avait jamais connu.
Je ne l 'ai pas appelé.
Et je suis tombé des nues quand il m 'a appelé pour son projet un an plus tard.
Quand on
s 'est croisés, je pense qu 'il songeait déjà à reprendre.
A mon avis, il se disait...
Mon métier commence à me manquer. Je peux très bien faire les deux, être un
et un mari et être un artiste.
The starting over was the best way to start over.
And to me, it was like going back to 15.
Il était là en train de rejouer Elvis.
Et moi je me disais que c 'était juste pour s 'amuser, qu 'il allait sans doute
réenregistrer sans les inflexions à la Elvis.
Mais il arrivait à trouver le juste équilibre entre le morceau, le groove, l
'esprit de cette musique et sa personnalité. Et on se sentait ramené au
bon vieux rock 'n 'roll.
C 'est si précieux.
Ensemble.
C 'est comme une langue en chevaux. Vous savez, c 'est un peu comme
Alain Elvis.
Et je suis retourné à ma route.
Et ce n 'est pas de revenir à être Beatlejohn dans les années 60. C 'est de
devenir John Lennon, qui a changé sa vie complètement en entendant l
'américain rock 'n 'roll sur la radio quand il était enfant.
C 'est la partie de moi qui sort de nouveau. C 'est pourquoi je l 'apprécie.
Je ne suis pas en train de compter avec mon vieux -même, ou de compter avec les
jeunes, les jeunes, les jeunes, les jeunes, les jeunes, les jeunes, les
les jeunes, les jeunes, les jeunes, les jeunes, les jeunes, les jeunes,
On était dans une pièce pleine d 'amplis, d 'enceintes, de trucs partout.
Ils avaient mis John dans une cabine avec un ampli et une guitare. On le
à travers une petite vitre. Et moi et Hugh, avec nos guitares, on faisait
d 'orchestre.
Il y avait trois guitares, John compris.
Et jusqu 'au mixage final, il avait l 'habitude de changer des choses.
Alors on reprenait le guitare.
John commençait à jouer quelque chose comme ça.
Et puis il disait, Nick, rajoute un truc.
You, rajoute un truc.
On y mettait d 'une autre tous les trois, et tout à coup, bang, c 'était
On tenait la partie guitare rythmique.
J 'ai adoré cette aventure.
Pour moi, le plus génial, c 'est qu 'on se stimulait mutuellement.
Un petit sourire par -ci, un coup d 'œil par -là, une blague lâchée au milieu d
'une prise.
Si tu n 'arrivais pas à trouver le filet, il suffisait de regarder les
paf, t 'étais dedans. C 'était un échange très humain.
John adorait être dans un groupe. Sans hiérarchie, John Lennon en haut et les
autres tout en bas, ce n 'était pas sa conception, ça ne l 'amusait pas.
Quand un truc lui plaisait, il disait, super, j 'adore, refais -moi ça à
chaque fois, c 'est génial.
Et moi, je pensais, mais quel pied ! C 'est John Lennon qui me parle dans le
casque.
Un jour, j 'étais derrière la console avec John et Yoko, on réécoutait des
extraits, et de temps en temps, John se levait et sortait tout seul.
Il allait dans le petit salon, il me trouvait ça bizarre.
Je savais qu 'à Los Angeles, il buvait constamment.
Et à un moment, j 'étais dans le petit salon, il est arrivé et je l 'ai vu
prendre quelque chose dans un placard.
J 'allais m 'éclipser, mais il m 'a vu et il m 'a dit, viens par là.
Je me suis approché et je me suis retrouvé dans des studios où tous les
débordaient de cocaïne.
Je l 'ai vu attraper un paquet enveloppé dans une serviette. Et il m 'a demandé,
tu en veux ? J 'ai eu un mouvement de recul.
C 'était des chocolats.
Il m 'a dit, peins -moi Yoko.
Vous savez pourquoi j 'ai écrit cette chanson ? Parce que John allait avoir 40
ans.
Il disait, 40 ans, je n 'arrive pas à y croire. Et je répondais, ce n 'est rien
40 ans.
Je l 'ai écrit pour le rassurer.
Il avait toujours écrit des chansons qui
parlaient de nous.
Ça m 'a semblé naturel.
Dès que John s 'est engagé sur cet album, il s 'est montré très soucieux d
'accorder enfin à Yoko ce que, de son point de vue, elle avait toujours
Il voulait mettre sa créativité en avant et il a insisté pour alterner les
titres. Un de lui, un de Yoko.
Il ne voulait pas d 'une face chacun.
Il était convaincu que c 'était ce qu 'il fallait faire.
Sa seule inquiétude, c 'était qu 'un autre couple de musiciens le fasse avant
nous.
Il était tellement persuadé que c 'était une idée géniale.
C 'est pourquoi il fallait faire vite, mais personne ne l 'a fait, ni à ce
moment -là, ni après.
Je ne m 'étais pas rendu compte jusque -là que cet album serait moitié John et
moitié Yoko.
Mais ça a été évident le premier jour d 'enregistrement.
Une fois qu 'on a eu fini le premier titre de John, qui était formidable, il
dit « Maintenant une chanson de Yoko, une chanson de la maman ».
Il fallait changer l 'approche en fonction des morceaux de John ou de
Ceux de Yoko avaient une structure très différente.
Il y avait des parties de guitare qu 'ils ne raccordaient pas.
Impossible de les reprendre sur les titres de John.
Ça ne se répondait pas franchement dans l 'ensemble.
Sur Starting Over, ça jure un peu.
Mais sur Kiss Kiss Kiss, ça marche très bien.
Ils enregistraient suffisamment de morceaux pour faire deux albums.
C 'était prévu comme ça.
L 'idée n 'était pas de faire un seul album après sélection des 10 ou 12
meilleurs titres.
Dès le premier jour, ils avaient prévu d 'en faire deux.
Mais ils voulaient tout enregistrer en un mois.
Le premier sortirait dès que possible et le second juste après Noël.
Je ne sais pas.
Je ne sais pas.
Je ne sais pas.
Ok.
1, 2, 3, 4.
La première chose que John a faite en entrant ici, c 'est de mettre la photo
Sean sur cet écran.
On l 'avait constamment sous les yeux durant les enregistrements.
Il a apporté une grande photo de Sean et l 'a placée pile entre les enceintes.
Si bien qu 'à chaque fois qu 'on levait les yeux, on voyait Sean.
C 'était son inspiration.
C 'était leur
rayon de soleil.
Sean arrivait au studio tous les jours après l 'école.
Et alors tout s 'arrêtait.
John lui disait, viens voir ce que papa a enregistré aujourd 'hui.
Il le prenait sur ses genoux et lançait, Lee, Jack, jouez pour Sean.
Ensuite il lui demandait, qu 'est -ce que tu en penses ?
Darlene, Darlene, Darlene Darlene boy
On lit partout que la musique de Yoko est intéressante et avant -gardiste. De
lui, on disait plutôt qu 'il penchait vers la variété, mais il commentait, d
'accord, je pense, mais ça nous fait monter oui de parade et grimper vers la
fortune.
Quand l 'album est sorti, il a paru terne.
Il n 'était pas rock 'n 'roll. Où était passée la rébellion ? Où était passée la
rage ? Mais ce qui fait de cet album, à mon avis, le meilleur de loin depuis
Imagine, c 'est son propos.
Parce que John a eu le courage de dire très exactement ce qu 'il ressentait.
Cet album était la matérialisation de l 'état d 'esprit de John.
D 'ailleurs...
On l 'a toujours appelé l 'album Bien.
C 'est le leitmotiv, le mot revient un nombre invraisemblable de fois.
Bien, tout va bien.
J 'ai 40 ans, je suis au milieu de ma vie, j 'ai goûté à la drogue, mais c
terminé.
J 'ai fait mes expériences, je reviens à ma femme, à mon fils.
Et vous savez quoi ? Je vais faire ma musique.
Je suis
passé
à un vendredi soir.
Je devais prendre des photos pour un article apparaître.
Il y avait un truc en cours au studio et ça prenait du temps.
John et moi, on est restés là des heures à parler de l 'album et d 'autres
choses. Il préparait une tournée mondiale. On était en décembre.
La seconde partie de l 'album devait être terminée en janvier.
Ça allait être un double album et il y avait tellement de titres qu 'il n
pas fini la seconde partie.
Ensuite, en février, il comptait monter un groupe et tourner les clips de
promotion des albums.
A la fin mars, ça aurait été la tournée mondiale.
Il avait hâte de revoir l 'Angleterre. Il n 'y était plus allé depuis des
années.
Il était impatient de revoir ses amis, sa tante Minnie.
Et il avait hâte de se remettre, de renouer avec le rock 'n 'roll.
On est vraiment resté discuter des heures.
Il était 7h du matin quand on a quitté le studio pour aller faire les photos.
Et c 'était étrange de se retrouver devant les records plein de studios.
Comme après la première session avec The Elephant Memory, 8 ou 9 ans auparavant.
J 'étais chez moi, devant la télévision, quand on m 'a appelé pour
me dire que quelqu 'un avait tiré sur John. J 'ai pensé que c 'était
Je venais pour ainsi dire de l 'équité.
J 'ai sauté dans mes vêtements et couru à l 'hôpital.
J 'ai serré Yoko contre moi.
Le médecin est venu lui annoncer que John était mort.
Elle a dit, c 'est faux, c 'est impossible, il est vivant.
À l 'hôpital, quand on m 'a annoncé le décès de John, le
médecin de garde, peut -être, peu importe, m 'a demandé, peut -on l
la radio ? J 'ai répondu, non, je vous en prie, attendez, laissez -moi un quart
d 'heure.
C 'était totalement irrationnel, mais pour moi, si on ne l 'annonçait pas tout
de suite, quelque chose ferait que John serait toujours en vie.
Ma chambre donnait sur la rue.
Toute la nuit, j 'ai entendu les chansons de John.
C 'était extrêmement douloureux.
Heureusement, la chambre de Sean n 'était plus éloignée.
Mais ça a dû être très difficile pour lui aussi.
C 'était un artiste. Pourquoi as -tu signé un artiste ?
Yoko et moi avions nos entrées au studio.
On y est allés et on a écouté John.
On a ressorti plein d 'enregistrements.
On s 'est installés dans la control room.
Et toute la nuit, on a écouté un tas de chutes et de chansons.
Ça faisait lui bien d 'être là avec elle à l 'écouter.
Je voulais me rapprocher de lui.
Si j 'ai eu envie de faire certaines choses à ce moment -là, comme écouter
toutes ses chutes de studio, c 'était dans ce but.
C 'était très dur parce que John n 'était plus là.
Mais sa voix était restée.
On a envoyé quelqu 'un faire tous les fonds de tiroir.
On s 'est assis et on a écouté sa musique.
C 'est comme ça qu 'on lui a dit adieu.
Ce qu 'il m 'a apporté depuis que je suis gosse, je l 'ai toujours
conservé. Depuis le Ed Sullivan Show jusqu 'à la fin.
C 'est là, en moi, pour toujours.
Son caractère, son audace, son aplomb.
Sa façon de dire, rien à foutre de ce que vous pensez.
C 'était quelqu 'un d 'à part, point.
La
première
fois que je l 'ai rencontré, C 'était pour Happy Christmas, quelques temps
mon travail avec Paul McCartney sur Ram.
Il m 'a dit, je t 'ai entendu sur l 'album de Paul, tu as fait du bon
'ai répondu, merci.
Là, il s 'est penché vers moi et a ajouté, en fait, c 'était juste une
pour savoir si tu pourrais travailler avec moi.
John avait le don de vous mettre à l 'aise grâce à son sens de l 'humour.
Son souvenir ne me quitte pas.
On ne rencontre pas tous les jours un être aussi incroyable, aussi ardent,
adorable, aussi drôle.
Chaque minute passée avec John, je la garde en moi comme un trésor.
Sous -titrage Société Radio -Canada
La soirée des musiques rebelles continue à 22h.
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