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Zulu
...
J'ai trouvé un baveux pour mon frère.
Une jeune. Me Bauer. Elle vient de la cité.
-Je l'ai pas touchée.
-M. Bauer, je vous place
en détention provisoire.
-Roxane ? Mais non... -Qu'est-ce que tu fous là ?
-C'est quoi, l'histoire ? -Une sale histoire.
Le quartier, c'est fini pour toi.
T'es morte, t'es cramée ! Un chien aboie.
Elle crie.
-J'ai été désignée.
-Qui est votre client ?
-Rudy Mondésir.
-45 kilos de cocaïne en provenance de Colombie.
L'infiltration s'est bien passée.
*-Son reuf a branlé quoi
*avec la coke ?
"La fête noire", Flavien Berger
...
-C'est toi, Roxane ?
Je suis Tarik Boutaleb. On peut discuter ?
-Tu veux quoi ?
-Tu vas rembourser comment ?
Je te parle !
Elle crie. -Mais lâche-moi !
... -T'inquiète.
-Lâche-moi !
...
Lâche-moi !
-Ferme ta gueule.
-Arrête ! Lâche-moi, putain !
Lâche-moi ! Je veux pas venir avec vous !
Cri Les pneus crissent.
Salut, Paul. C'est Roxane.
J'ai pas de nouvelles de Sam.
Rappelle-moi pour me dire comment il va.
J'aimerais le voir. Il me manque.
Dis-moi.
...
-Son hématome s'est résorbé. On l'a sorti du coma.
Ah, et aussi, un conseil.
Tenez-vous à distance. Il a essayé de me mordre.
-Ah ? OK.
C'est bien de le savoir. -Oui.
-Bonjour.
Je suis Roxane Bauer, votre avocat.
-Faites-moi sortir de cette taule de merde.
Et mes vêtements ? J'en ai marre de montrer mes couilles.
-Bon.
Les présentations sont faites. Expliquez-moi.
Vous avez été condamné pour des petits trafics,
principalement détention et vente de stupéfiants en petites quantités.
Reculez, s'il vous plaît. Reculez.
Et, du jour au lendemain, vous vous lancez...
dans l'importation de 45 kilos de cocaïne ?
-C'est à cause de mon frère.
Je lui ai fait perdre des sous. Il m'a foutu dehors.
Je me suis retrouvé à la rue.
J'ai voulu me racheter. On m'a proposé ce coup.
J'ai sauté dessus. -Qui, "on" ?
-Max, un mec que j'ai rencontré au restau de mon re-fré.
Il a dit qu'il était pote avec le chef des bagagistes,
qui pouvait faire sortir n'importe quoi de l'aéroport.
-Il est quelque part là-dedans ?
Dans ces photos ?
(-Putain, les bâtards.)
Les keufs étaient sur mes côtes.
(Bande de fils de pute.)
Il est là, Max.
Et là. Il est flou, mais c'est lui.
-Max comment ? -Je sais pas.
C'est quand que je sors ?
-J'essaye juste de comprendre votre affaire.
Evitez de m'interrompre.
Vous avez dit quoi au bagagiste ?
-Que je peux faire venir de la cocaïne de Colombie.
Je connais un mec qui a des contacts.
Pasquale Peirea.
Pasquale a demandé à un contact d'envoyer un sac rempli de bois.
-Pour voir si le bagagiste était fiable ?
-Voilà. C'est passé crème.
-Et vous faites venir les 45 kilos. -Voilà.
Le bagagiste chope les valises.
Il me les rapporte sur le parking du Bricorama.
Et je les fous dans la caisse.
Et là, v'là les flics.
Putain !
La vie de ma mère ! J'ai été con.
Quand je vois les photos... J'ai été con.
-Calmez-vous.
Il soupire.
Ces 45 kilos, vous comptiez les écouler comment ?
-2 tiers pour Pasquale, 1 tiers pour moi.
-Et le bagagiste, vous vous êtes pas méfié ?
-Méfié de quoi ? -C'était pas un bagagiste. Voilà.
-Quoi ?
-C'était un policier infiltré.
Il s'est fait arrêter, puis relâcher juste après.
Vos rencontres pour faciliter l'arrivage,
c'était pour vous prendre la main dans le sac.
-Depuis mars, il me balade ?
-Pourquoi mars ? L'enquête, elle démarre en avril.
-Non, non.
Max m'a présenté le bagagiste en mars,
juste avant mon anniv.
-J'ai pas bien compris.
Vous devez de l'argent à votre frère.
Vous rencontrez Max,
qui vous présente le bagagiste, un policier,
et tout ça avant que l'enquête démarre ?
-C'est la vérité.
Max, il dit quoi ?
-Bah, il dit rien. Il est pas dans la procédure.
-Il est sur les photos avec moi. -Ouais.
Son nom n'apparaît nulle part.
On ne sait pas qui c'est.
On sait juste qu'il est flou. -Et c'est tout ?
-C'est tout.
Merci.
Musique rythmée
...
J'arrive.
...
Il y a quelqu'un ?
...
Bonjour. Ca va ? -Ouais. Qu'est-ce qui se passe ?
-Il y a des caméras dans votre restaurant ?
-Oui. Pourquoi ? -Vous avez les enregistrements ?
-Ouais. Pourquoi ? -OK. C'est tout. Merci.
Ah, vous m'avez pas vue.
-Sinon ça fait quoi ?
-Je veux comprendre ce qui est arrivé à votre frère.
Ca vous va ?
-Il lui est arrivé quoi ?
-Demandez-lui. Il est réveillé. Et apportez-lui des fringues.
Au revoir.
Musique rythmée
...
*-Oui, je suis pas d'humeur.
*Je verrai si je vous rappelle.
-Yasmine, dis-moi quand t'es dispo pour venir dormir à la maison.
Je t'inviterai au restau.
Change ton répondeur. Il est nul.
Madame la juge, je peux vous parler ?
Je me dépêche. -Moi aussi.
Je peux pas faire attention à tout. -C'est à ça que servent les avocats.
Max a apporté l'affaire, a présenté le bagagiste.
Sans Max, mon client ne serait pas monté sur ce coup.
-Demandez à votre client qui c'est. -Il le connaît pas.
Elle soupire.
-Ecoutez. Je vous trouvais sympathique.
Vous me faites penser à moi quand j'ai débarqué ici.
-Madame la juge, je prends ma pause.
-A tout à l'heure. Je me suis mise les avocats à dos.
-Je veux me mettre personne à dos.
Attendez. Pour que le parquet autorise une infiltration,
il faut que les Stups sachent qu'une équipe amenait de la cocaïne.
-Oui, vous avez bien lu le Code pénal.
-Rudy n'avait pas de projet. Max lui en a donné l'idée.
-Sans preuve, ça vaut pas un clou.
-Max lui a présenté le faux bagagiste en mars.
L'infiltration a démarré seulement en avril.
Mon client a été présenté à un flic infiltré
avant que le parquet l'ait missionné. C'est déloyal.
Faites-le identifier.
-Je fais comment ?
-Max a abordé Rudy au restaurant de son frère.
Demandez les vidéos de surveillance.
-Son nom sera pas marqué dessus. -On saura déjà à quoi il ressemble.
Dans la procédure, les photos sont floues.
-Je vais regarder. -Merci.
Un portable sonne.
Allô ? *-C'est Bilal. Je te dérange ?
-Oui.
*-La nuit, tu veux pas me voir. Je tente ma chance.
*On va manger un morceau ? -Non.
*-Un café ? T'es où ?
-J'ai pas le temps. Je suis au tribunal.
*-A tout de suite.
-On a les mêmes données.
-Si...
-Salut. Pardon, excusez-moi. Est-ce qu'il y a
un bureau d'information, un accueil ?
-Non, mais dis-moi. -Je cherche Mounir.
Me Mounir Faraht, je crois.
-Oui. T'as de la chance, il est là. -OK. Super.
-Tu t'installes à Bobigny ? -Non. Je sais pas encore.
-Le type avec les cheveux gris. -Super. Merci.
-De rien. C'est normal.
-Bonjour.
Je suis Me Roxane Bauer.
On est en défense dans l'affaire des 45 kilos de Colombie.
Je représente Rudy Mondésir. -De quelle affaire il s'agit ?
Elle rit.
-Les 45 kilos de cocaïne qui viennent de Colombie.
Vous défendez bien Pasquale Peirea ?
-A moins d'être gaga, je crois pas, non.
...
Vous n'êtes pas Mounir Faraht ? -Mounir ?
Il est de permanence à la 17e chambre.
Merci. C'est gentil. -De rien.
Hésite pas à me redemander. -Oui.
Elles rient.
-Je comprends pas votre problème.
Si le parquet a autorisé une infiltration,
votre client avait déjà un projet d'importation, non ?
-C'est ce que disent les flics. Mais ils ont orienté l'enquête.
Rudy n'avait pas de projet.
Il sait pas faire. C'est Max qui lui a porté l'affaire.
Serrons-nous les coudes et demandons l'annulation de la procédure.
-J'aurais été ravi de serrer mes coudes contre les vôtres.
Mais mon client n'est pas impliqué dans l'importation des 45 kilos.
-Comment ça ?
Pasquale Peirea a trouvé les fournisseurs en Colombie.
Il sait comment y faire.
Il a déjà été condamné dans plusieurs affaires.
-Oui, il connaît du monde et oui,
il a dit à votre client qu'il trouverait des fournisseurs.
Mais il ne l'a pas fait. C'était pour l'escroquer.
-Ah bon ?
Qui fait venir des petits bouts de bois depuis la Colombie
pour vérifier la sortie à Roissy ?
-J'en sais rien.
Demandez à votre client. Il est en contact avec le bagagiste.
Les dealers sont des manipulateurs.
Et un petit conseil. N'écoutez pas ce que raconte votre client.
-Et le vôtre ne vous manipule pas ? -Je ne sais pas.
Sa version tient la route. Il y a que ça qui compte.
-Oh, putain...
Oh, merde.
-Roxane.
-J'avais dit que je rendais le dossier si je te croisais.
-Rends-le.
OK. Tu veux pas qu'on reprenne à zéro ?
Tu deviens quoi ?
Bon, je me lance.
Je m'appelle Bilal Areski. J'ai 35 ans. Je vis à Bobigny.
Je suis chef d'entreprise. Et célibataire.
Je te promets. Ma copine est partie.
-Tu m'étonnes. -Je pensais qu'on reprenait à zéro.
Mets-y du tien. Un tout petit peu.
-Ecoute, je suis mariée à un avocat.
On travaille ensemble. Beau cabinet dans le 8e.
Des gros clients. Des chefs d'entreprise.
Voilà, on n'arrête pas. On s'éclate. -Classe.
T'as fait ton trou. Des enfants ? -On y pense. Et toi ?
-T'as le temps de traîner ici ?
-Tu te souviens de Yasmine ? -Oui.
-J'ai défendu son mec. Ca change du droit des affaires.
-C'est qui, son mec ?
-Fouad Boudali. Tombé pour stups. -Les présentations sont faites.
On peut parler de choses sérieuses ? -De choses sérieuses ?
-Tu t'intéresses aux vidéos du restau ?
-Ah...
Les infos vont vite. C'est Chérilus qui t'a prévenu ?
-Nos clients veulent pas voir leur tête
dans le dossier d'un juge. -C'est dans l'intérêt de Rudy.
Vos clients, je m'en fous.
-Je peux peut-être t'aider.
Elle soupire. -Ecoute.
Laisse-moi travailler.
Je suis avocate, plus ta copine.
-Je te fais une mise à jour amicale, c'est tout.
Ici, tu peux pas faire n'importe quoi.
-Tu vas me dire quoi faire ? -Ce que tu dois pas faire.
Les vidéos, tu peux pas.
-Sinon quoi ? Tu vas me balancer dans le canal ?
-Les Boutaleb t'ont balancée dans le canal.
Ca peut se reproduire.
-Les Boutaleb.
C'est eux qui t'envoient, c'est ça ? T'es toujours leur larbin ?
-Je te rappelle comment ça se passe ici.
-J'ai pas peur.
J'ai plus 15 ans. -Moi non plus.
Roxane, attends, on discute. Roxane, arrête, te vexe pas.
-Je suis pas vexée.
-Regarde-moi. Là, t'es vexée.
T'es sûre que t'es pas vexée ?
Musique lente
...
-Arrête !
Elle crie.
...
-Roxane ?
Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
(Putain...) -Qu'est-ce qui se passe ?
-Excusez-moi. Je peux en avoir un autre ?
(-Ouais.) -Merci.
-Bien ou bien ? -Bien.
-Ils t'ont pas raté.
T'as fait le con, là. Qu'est-ce qui t'a pris ?
T'as pété un câble de vouloir ramener ça ?
-Hm... T'avais la rage contre moi.
-Mais 45 kilos ?
T'es inconscient ?
-Je voulais te ramener ton fric.
-T'es encore au trou. Et je dois te sortir de la merde.
-Je te demande rien, moi. -Moi, je te demande.
Pour qui t'as fait venir la C ? -Personne.
-Hé... Il soupire.
Je suis pas venu ici pour rien. Je repartirai pas sans savoir.
Dis-moi. Tu taffes avec qui ? -Je veux pas te parler.
Tu m'as tej comme de la merde.
J'ai dormi dans une voiture,
fait les poubelles et tu... -Hé !
-Casse-toi ! -Tu nous as foutus dans la merde.
Les Boutaleb ont le seum. Ils croient que tu veux les niquer.
Que tu veux prendre leur circuit
pour vendre ta coke.
T'es con ou quoi ? On leur dit quoi ?
-Que Bilal et toi, vous êtes des bâtards !
La famille, ça fait pas ça, frère.
-Ca fait pas ça ? Crevard. Qui paye ton avocat ?
-Lâche-moi ! -Ta gueule.
-Hé ! Surveillant !
Surveillant ! Surveillant !
-Oh ! Qu'est-ce que vous faites ?
Oh... Ca va pas, non ? Ecartez-vous.
-Et lavez-le, là. Il pue la mort. P'tit con, va.
P'tit joueur.
Il soupire.
-Ca va ? -Oui, c'est bon.
...
-Sam ? -Hé.
-Qu'est-ce qui se passe ?
Paul, qu'est-ce qui se passe ? -Bonjour.
Muriel Courtois, juge d'instruction.
Restez dans l'entrée. Ne communiquez pas avec votre mari.
-Attendez. Qu'est-ce qui se passe ?
-La perquisition a lieu dans le cadre de l'enquête
sur M. Bauer.
Voilà. Bon.
Vous vous en occupez ?
-Excusez-moi ? -Oui ?
-J'aurais besoin de prendre quelques vêtements.
-Non. Vous ne touchez à rien.
-Où est le bâtonnet ? Paul ? -Nous l'attendons. Il va arriver.
-Bien. La perquisition n'est pas faite dans les règles.
-S'il vous plaît. -Je suis encore chez moi.
-Roxane. -Quoi, Roxane ?
-M. Bauer. Mademoiselle.
-Madame. -Pardon. Madame, calmez-vous.
Vous connaissez la procédure. D'accord ?
Me, calmez-la. -Putain.
-Tu veux pas la mordre aussi ?
-Il y a des flics dans mon salon.
-M. Bauer. -Oui, madame la juge ?
-On va passer dans la chambre. Suivez-moi.
Nous devons fouiller la voiture. Vous savez où il l'a garée ?
-Quelle voiture ? -Sa voiture.
-Non. Je sais pas, non.
Vous l'avez pas saisie ? -Non.
-Je sais pas.
-On verra ça. Suivez-moi.
Me, essayez de la calmer.
-Elle va arrêter de me dire de me calmer ?
Elle va voir ce que c'est de s'énerver.
-Roxane.
Il soupire.
Tu fais quoi, là ?
(-Quoi ? Je prends une veste, d'accord ?)
-Mme Bauer ? -Oui ?
-Touchez à rien. -Je prends ma veste.
Pas grand-chose. J'ai froid. -Bon, d'accord.
Vous avez reçu une convocation pour être entendue ?
-Je sais pas. La gardienne monte le courrier.
Je peux vérifier.
-N'y touchez pas. -Ah. Même ça.
-Vous savez bien.
Attendez. Alors où est-ce qu'elle est ?
Ah. Voilà.
Rendez-vous à cette convocation.
Et calmez-vous. Au revoir, mademoiselle.
Euh... Madame. -Oui, madame.
(Putain... "Calmez-vous." Putain.)
Elle sait dire que ça, elle.
Musique rythmée
...
Bip
...
(Putain.)
...
Un portable vibre.
...
Allô ?
*-Roxane, je te dérange ? Je tenais à m'excuser pour l'autre jour.
*Quand tu as demandé à défendre Samuel,
*j'ai été stupide. J'ai réagi trop vite.
*C'est toi qui as raison.
*Tu dois être active, mais pas comme tu le penses.
-Comment alors ? *-J'ai une proposition à te faire.
*Tu peux passer au cabinet ? -Pas maintenant, non.
*-C'est une proposition qui n'attend pas.
-Alors allez-y.
*-Je voudrais te proposer de devenir associée du cabinet.
Elle rit.
*Ce ne sont pas les circonstances qui m'en ont donné l'idée.
-J'ai le droit au tapis rouge ?
Rugissement des moteurs
...
Coups de klaxon
Rugissement des moteurs
...
-Oh !
Encore, encore ! Lève.
-Allez, lève !
Oh...
-Relève-toi !
-Ouais. Lâche la main !
Rugissement des moteurs
...
Musique rythmée
...
Bip
Hé, Mercedes A.
J'ai un 50 de beuh. Ca t'intéresse ? -Non, merci.
-Tu vas où ?
-T'as rien d'autre à foutre ? Va voir tes potes.
-T'as une putain de tchop. Ta voiture.
Ca paye bien. -Hé.
Touche-la et on te retrouve en pièces détachées.
-Je m'en fous de ta voiture. Je vais rien en faire.
Tu fais quoi ici ?
-C'est quoi, cet interrogatoire ?
-Je trouve ça triste. Personne se parle.
Personne se calcule dans ce quartier.
Ils ont mis 3 semaines à retrouver la vieille Benayoun.
-Gisèle est morte ?
-Tu la connaissais ?
-Elle s'occupait de ma soeur et moi.
-Les gens, c'est pas des menteurs. T'es une meuf d'ici. T'habites ici ?
-Qui t'a dit ? -On m'a dit.
Les gens parlent. Après, faut pas tout écouter.
Ils fument trop de shit. Ils sont un peu fous.
-On t'a dit quoi ? -Comme lui, là.
-Balance. On t'a dit quoi ? -Que t'avais drogué ta petite soeur
parce qu'elle avait pécho ton mec,
et que c'est ça qui l'avait rendue zinzin.
Mais je suis pas con.
Mon neveu est triso. Je sais que ta soeur est née handicapée.
-Tu vas me suivre jusqu'où ?
Je fais pas dans le détournement de mineurs.
-J'ai 19 ans, hein.
-Regarde-toi, t'as pas un poil.
-Bref. Moi, c'est Jason.
Je suis là de midi à minuit, posé sur le terrain.
Si t'as besoin, tu sais où me trouver.
-Je sais. Tu me l'as déjà dit.
-Tu m'appelles.
Cliquetis métallique -Yasmine, attends.
-Qu'est-ce que tu fais ?
-Pardon. T'es occupée ? -Tu devais pas rester chez toi ?
-Ils ont perquisitionné mon appart. Elle soupire.
Ils ont tout fouillé, tout retourné. J'ai pas pu prendre une culotte.
-Ils cherchaient quoi ? -J'en sais rien.
(Oh, putain.)
Je suis en train de tout perdre. J'ai plus de vie, quoi.
J'ai plus d'appart, rien à me foutre. J'ai fait quoi ?
-T'as rien fait. C'est pas toi.
Arrête avec ça.
-Le père de Sam m'a proposé de devenir associée. J'hésite.
-Comment ça ?
-Je sais pas. Elle soupire.
-Et ton dealer ?
-Je suis pas à la hauteur.
-Hier, t'es pleine d'entrain, là, tu te dégonfles ?
-C'est tout ce qui va autour, la merde, la boue.
-Rox. -Quoi ?
-De quoi t'as peur ?
-Vas-y, laisse tomber. -Non, sérieusement.
De quoi t'as peur ? C'est quoi encore, ton problème ?
C'est ta vie de bourgeoise ? -De quoi tu parles ?
T'y connais quoi en vie bourgeoise ? -Sérieusement ?
Claquement de lèvres Classe.
Je vais prendre l'air. Merci, Rox. -Attends.
Je suis désolée.
Yas. Pardon, excuse-moi.
-Tu m'as soûlée. -Je voulais pas dire ça.
Pardon.
Yas. Putain... Putain. Non, mais...
Merde, putain ! Quelle conne.
Qu'est-ce que t'avais besoin de dire ça ?
Elle soupire.
Sanglots
...
Putain...
-Tu t'es crue dans ton château ? On t'entend d'en bas.
-Désolée. Je voulais pas dire ça.
-C'est pas grave. Arrête de pleurer, c'est pas grave.
-Je voulais pas dire ça. Elle rit.
Je voulais pas être méchante. -Ouais... On s'en fout, OK ?
C'est pas grave. On passe à autre chose.
On boit un verre ? -Oui.
-Ouais ? Viens.
Musique électronique
...
-Bien ?
-Ouais, Bilal.
-Il est là-haut ? Tu envoies des trucs ?
-Vas-y.
-Dis-moi. -Excuse-moi.
Tu trouves un taf pour mon frère ?
-Dis-lui qu'il passe demain. Vois avec Chérilus l'heure. Vas-y.
...
-Oh.
-Ca va, Walid ?
...
Il fout quoi, Achache ?
-Ce vicelard cherche les embrouilles.
-Ca va, Achache ? Tu tâtes ? Tu deviens quoi ?
-Je viens voir comment tu t'en sors. -Bah, tu vois.
-Non, pas avec tes affaires. Avec la nouvelle baveuse.
Bauer, c'est ça ?
-Les Boutaleb veulent plus de toi.
Ils veulent un avocat qui déballe pas leur vie.
Tu parles trop.
Ca leur plaît pas.
-Mais, moi, j'ai des infos. Avec qui Rudy a fait affaire.
Comment il comptait vous niquer. Ta baveuse te l'a dit ?
-Je t'écoute.
-Non. Tu dis que je parle trop.
Mais si les Boutaleb l'apprennent, tu vas morfler.
-Tu sais quoi ? Rentre chez toi. On t'a assez vu ici.
-Chouchou, on y va.
Dégueulasse, ce whisky. Les Arabes y connaissent rien.
Musique électronique
...
Un portable vibre.
...
-Allô ? *-Ne quittez pas.
*Cet appel est susceptible d'être enregistré.
(-Putain.)
*-Ne quittez pas.
*Cet appel est susceptible d'être enregistré.
*-Allô ? C'est Rudy.
-Ah, Rudy. Ca va ? *-Ils m'ont remis en cellule.
*Mon codétenu s'est pissé dessus deux fois.
-Pff...
*-Je repense à mon affaire.
*Je veux savoir qui m'a niqué.
*Il a été identifié, Max ? -Non. Je m'en occupe.
J'ai vu l'avocat de Pasquale. Ca se présente pas très bien.
*-Vous allez pas me lâcher ?
-Je vous lâche pas, Rudy. C'est juste que c'est compliqué.
*-Allô ? Allô ? Une porte s'ouvre.
-Yas, c'est toi ? -Oui.
-T'étais où ? -Je suis partie courir.
-Arrêtez de vous inquiéter. Je vais pas vous lâcher.
Vous m'entendez ?
Meuf, change-moi ta garde-robe. T'as pas un T-shirt sans insultes
ou des "Fuck" dessus.
-Attends.
Il y a ça. Ca.
Alors ma très chère Roxane,
je vous présente la collection printemps-été 2022.
-T'es con. -Sensuel, élégant.
Et je vous présente aussi
la collection automne-hiver 2023, jamais sortie encore.
-T'es con.
-C'est mon T-shirt préféré. Tiens.
-J'en veux pas.
Mais je veux bien te piquer une fringue.
-Tu prends ce que tu veux. -Merci. Allez, je vais à la douche.
-Je vais sous la douche.
-Oh, Mercedes A.
-Tonton, ça va ou quoi ? Vas-y, passe une bonne journée.
-Putain.
Oh, putain.
Hé !
Hé, il est où, Jason ? -Je sais pas, meuf.
-Putain. Il est où, Jason ? -Pourquoi tu cries ?
-Jason qui ? Jason Statham ?
-J'ai pas envie de rigoler. Il était là il y a deux secondes.
Il est maigre,
rasé sur les côtés. -C'est Giroud.
Ils rient. Brouhaha
-Tu veux quoi ?
Dis-moi. -Oh ! Jason !
Jason ! Oh !
Putain, je vais le défoncer. Je vais le défoncer.
-Cousine.
Wallah, tu cours vite. -Oh !
-Ils ont débridé ton moteur ? -Ouais, c'est ça. Viens avec moi.
Viens avec moi, putain. -Hep, hep, hep.
-Elle est où, ma caisse ? Hein ? Elle est où, ma caisse ?
-C'est pas moi. -C'est pas toi ? Tiens. Regarde ça.
Lis bien.
-T'es avocate ? -Oui.
Ramène-la-moi ou tu passes la journée en garde à vue.
-Donne-moi 50 euros alors. C'est pas gratuit.
-Putain. OK. Vas-y, tu m'as soûlée, là.
Tiens, prends ça. P'tit con. -Tes insultes, tu te les gardes.
-Accélère. -Jason, tu vas payer mon grec.
Je te l'ai dit. Tu connais ma sauce.
Harissa, mayo, sans tomate.
Harissa, mayo ! -Vas-y !
-Madame, rentre bien. Bonne journée.
*-Votre taxi sera là dans 7 minutes.
-Je m'en souviens plus.
-Ah, mais si, je l'ai. On y va ?
Une sonnerie retentit.
Bip
-Bonjour.
Pasquale Peirea
est en récidive, donc il fait tout
pour ne pas être impliqué.
-Putain... C'est lui qui connaît les fournisseurs.
Je lui ai donné 5 000 euros. J'ai jamais fait d'import.
-Il dit qu'il vous a carotté.
Qu'il vous a mis en contact avec personne.
La juge en a rien à foutre d'une escroquerie entre dealers.
-Je mangerai pas pour eux.
OK ?
Je veux que Pasquale dise qu'il a fait venir la cocaïne.
-Je peux vous poser une question ?
C'est quoi, l'argent que vous deviez à votre frère ?
C'est pour vous aider.
-C'est les sous de son business.
-Son business avec Bilal Areski ? -Vous connaissez Bilal ?
-Non, pas vraiment. J'en ai juste entendu parler.
Raclement de gorge
-J'ai perdu une tchop et elle était chargée.
-Et ?
Perdu comment ?
-Dans l'eau. A cause de ça, ils me pourrissent la vie.
Je peux plus bosser avec eux ni parler aux clients.
Il soupire.
-C'est quoi, leur business ?
...
-Il y a des choses qu'il vaut mieux pas savoir.
-Allez, cherche.
Coup de klaxon
...
-Il fait quoi ?
-S'il renifle rien, il y a rien à renifler.
-Tu te fous de moi ? J'ai de la viande dedans.
Tu nous casses les couilles. Arrête tes conneries.
Hé, stop. Arrêtez. Hé. Laisse-le. Viens là. Regarde.
Jimmy P, ouvre. -Ouais.
-J'essaye un truc. Il y a rien ?
Regarde.
Psst... Tiens.
-Lui, spécialiste argent, drogue.
-Tu peux mettre ce que tu veux là-dedans.
-Ca contient que dalle.
-Referme.
Rappelle ton clébard.
-Allez.
Cherche.
Allez. Allez.
Couinements
Hein ?
Alors ? Trouvé ? Pas trouvé ?
-Retiens-le. Il va tout défoncer. -Darko. Au pied !
-Jimmy. -Bon chien.
-C'est de la merde.
Si les Boutaleb le voient, ils vont mal le prendre. Recommence.
Il siffle.
Ah... -Ca va ?
-Mon espion. Ca va ? -Tranquille. Au calme.
-T'as quelque chose ? -C'est une meuf de la cité.
C'est la soeur de la triso, du bloc C. Tu vois qui c'est ?
-Quoi d'autre ?
-Euh... Son keumé est au placard. Comme elle est en chien,
elle dort chez la pédé, en ce moment.
-Arrête de l'appeler comme ça.
Son gars est au placard pour quoi ? -Il a violé une meuf.
-T'es sérieux ? -Wallah.
J'ai vu ça sur Twitter.
Si besoin, mes potes lui donneront du taf.
-Non, c'est moi qui décide qui on prend comme baveuse.
T'as oublié ?
Je t'ai pas entendu. T'as oublié ? -Non, j'ai pas oublié.
-Sûr ? -Hm...
-Prends pas la confiance, bâtard.
Bon.
Tu vas ramener la Mercedes de l'avocate.
Fred t'appellera quand elle sera prête. Casse-toi.
Jason. Tu fermes ta gueule, t'as compris ?
...
-Entrez.
Ah. -Bonjour.
-Mme Bauer. Bonjour. Asseyez-vous.
Attendons Rodolphe. Voilà. Rodolphe.
Etiez-vous au courant
d'une liaison entre votre mari et Mme Hosten ?
-Non. Raclement de gorge
-Pas d'échanges de nature autre que professionnelle entre eux ?
-Non, pas que je sache. Pas devant moi, en tout cas.
-Votre mari est-il adepte du sexe extrême ?
Rire nerveux -Pardon ? Extrême ? C'est-à-dire ?
-Vous êtes-vous déjà adonnés à certaines pratiques
comme le bondage, la scatologie ?
-Pas du tout.
-Votre mari vous a-t-il déjà contrainte à l'acte sexuel ?
-Jamais.
-A-t-il fait preuve de pression physique ou psychologique ?
-Non, jamais.
-Je vais vous lire quelques SMS
que la plaignante attribue à votre mari.
Vous me direz s'il en est l'auteur.
"J'aime quand tu me suces et que je te la mets profond.
"Cette fois, ce sera dans l'anus, ma salope préférée.
"Je vais pisser sur ta chatte. Je bande déjà."
-C'est pas lui qui a écrit ça. -Attendez.
C'est pas fini.
"Je veux te sodomiser, te frapper les fesses,
"enfoncer ma queue dans ta bouche
"jusqu'à t'étouffer." Pourquoi ne les aurait-il pas écrits ?
-Je le connais. C'est pas lui, c'est tout.
C'est pas ses mots.
C'est pas ses pratiques. Et ils viennent d'où, ces textos ?
-D'un portable prépayé qu'on cherche.
-Bah, voilà.
N'importe qui a pu les écrire.
-On a demandé le bornage du portable officiel de votre mari
pour savoir où il était au moment de l'envoi des SMS.
-Très bien. Bah, faites-le. -Nous attendons le résultat.
Au fond de vous...
il y a pas comme un petit warning qui clignote dans votre tête ?
Quelque chose qui vous dit
que votre mari est bien l'auteur des messages ?
-Non. Pas de warning. Rien. -Je compatis.
Je suis obligée de vous poser
ces questions. -Si on a fini,
je peux y aller ?
-D'accord. Bonne journée, merci. -Merci.
...
Sirène
...
Brouhaha
...
Elle soupire. -Mais c'est quoi ?
-Ma démission.
-Non, mais ça va pas ? Baptiste, virez ça de mon bureau.
-J'y crois pas.
...
Putain... C'est interdit de conduire sans permis.
Putain, Jason !
Elle était où ?
-A deux doigts de partir au Maroc.
-Tiens.
Si vous avez un problème, appelle-moi, je m'occuperai de vous.
En échange, défends mes intérêts dans la cité.
Ma soeur, Yasmine, ma bagnole. Personne n'y touche, OK ?
-Et toi ? -Quoi, moi ?
-Qui te défend ?
-T'occupe. Je me défends toute seule.
-Sereine, la petite.
Musique rythmée
...
-Il y a quelqu'un ?
-Ah, oui. C'est flou. -Bah, ouais.
-Mais dire que ça a été pixélisé intentionnellement...
-On ne peut pas le savoir ?
-Si, avec les fichiers originaux.
-C'est pas les photos originelles ? -Non, jamais.
Les enquêteurs compressent, sinon c'est trop lourd.
-OK... -Ouais. Je suis désolé.
Elle soupire.
Pff... Après...
je peux tenter de nettoyer l'image.
Hop là.
(Comme ça.) -Mais c'est incroyable.
-C'est pas fini.
-Là, on voit déjà bien. -Hm...
-Génial.
-Voilà.
-Je peux vous embrasser ? -Si vous insistez...
Elle rit.
-Salut, Max. Il rit.
-C'est réservé.
Il faut un badge. -Ah bon ?
-Il faut être inscrit au barreau.
Je voulais vous appeler à propos de ce Max.
J'ai fait la demande des vidéos. -Enfin.
-Le frère de votre client dit que les caméras n'enregistrent pas.
-Pff...
-Si on devait compter sur les voyous pour avancer...
-J'ai quelque chose à vous dire. -J'y vais.
-J'ai un truc à vous montrer. Vous avez 5 min ?
-OK.
Tenez. Mon badge. -Merci.
Bip
Regardez. Max est flou sur toutes les photos.
-C'est des photos de surveillance.
-Et si c'était intentionnel ?
Si elles avaient été pixélisées ?
-Dans quel but ? -Pour ne pas qu'il soit identifié.
Ca expliquerait pourquoi la police ne le recherche pas.
Regardez. Voici celui par qui tout commence.
J'ai consulté un expert.
Avec les originaux, il peut savoir s'ils ont été retravaillés.
Il suffit de demander à la police. -Vous avez consulté un expert ?
-Xavier Sanyas.
Il est sur la liste des experts assermentés.
-Vous avez consulté un expert que j'ai pas désigné ?
Vous lui avez montré une pièce confidentielle ?
C'est une faute procédurale.
On saisit le bâtonnier pour moins que ça.
-Bon, OK. J'ai fait une bourde. Je démarre, dans le pénal.
Si les flics ont pixélisé les photos de Max, ça veut dire quoi ?
Qu'ils le protègent ?
-Je peux rien en faire. Trouvez autre chose.
Légale, de préférence.
-Organisez une confrontation.
*-Entre qui et qui ? *-Pasquale Peirea et mon client.
*Il y a que mon client
*qui assume ce qu'il a fait.
*-Vous avez un lien avec Bauer, le cabinet d'affaires de Paris ?
*Tout le monde sait. Vous tenez le coup ?
Générique de fin
...
Sous-titrage : DUBBING BROTHERS
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