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Zulu
...
"Tangerine", Christophe & Alan Vega
...
Un chien aboie.
... ...
Roxane, t'as voulu enculer les Boutaleb ?
Elle gémit.
... Oh, oh.
Ferme ta gueule. Ecoute-moi.
Suis-moi ! -Arrête !
-Toufik ! Toufik ! -Ouais ?
-Dis au chien de la fermer.
-Je peux rien faire. -Et le laisser à maman ?
-Elle voulait pas.
Elle gémit. -Viens là !
... -Vas-y, ferme ta gueule !
Le chien aboie. Il fait que d'aboyer.
...
-Avance, là. Dis au chien de la fermer.
-T'inquiète. ...
...
-Vas-y, monte ! Vas-y, monte, là.
...
-Non. -Monte.
...
... -Brûle-la.
Elle hurle.
-Tu sautes.
Elle gémit. Ta gueule !
Elle crie.
Le chien aboie.
-Arrête ! Elle crie.
"Tangerine", Christophe & Alan Vega
...
Gémissements
...
Respirations rapides
...
Alors... Il faut considérer
que le père de mon client
lui a cédé la moitié de la valeur de l'entreprise.
Or, nous devons faire la distinction entre...
Entre la propriété des parts et la qualité d'associé.
Car dans ce litige qui oppose mon client
à sa connasse de soeur...
Oh... Oups.
Pardon, monsieur le président, ça m'a échappé.
En même temps, on va appeler un chat un chat.
Elle expire. OK.
J'arrive plus à respirer. -Alors t'es prête.
Elle soupire. -Et si, genre, ça vient pas ?
S'il y a aucun son qui sort ? -Déconne pas avec ça.
C'est arrivé à un collab.
Le jour de sa 1re plaidoirie. Pas un mot qui sort.
-Et ? -Il a dû rembourser son client.
-Arrête. T'es con. T'es pas drôle. T'es chiant.
Tu vas me stresser encore plus. -Mais t'es prête,
Rox. Tu le connais, ton dossier.
Elle murmure.
...
Elle expire.
Il rit.
-T'es pas sympa. Comment t'étais ? -C'est bon. Pareil.
-Voilà.
-On fait demi-tour ?
On n'y va pas ?
Musique lente
...
Après, on fonce au tribunal.
On doit y être à moins le quart. -OK.
-Hé, chérie. -Ouais ?
-Tu vas y arriver.
OK ? -OK.
Voix indistinctes
...
Il se passe quoi ?
-T'as de la visite.
Ils ont rien voulu dire. -D'accord.
-Samuel Bauer ? -Oui.
-Roland Bettini. Substitut du procureur.
Vous auriez une pièce d'identité ?
-J'ai grillé un feu ?
-Merci. Vous permettez qu'on aille dans votre bureau ?
-Si vous y tenez.
Voix indistinctes
-Par là.
Non, désolé, madame. Il va falloir patienter ici. Merci.
-Ils veulent quoi ?
-Le chauve, c'est le délégué du bâtonnier.
Ca pue la perquise. -Une perquise ? A quel sujet ?
-J'en sais rien. Gilles est peut-être au courant.
-Baptiste. Je fais quoi avec Martinez ? J'attends Sam ?
-Ca peut prendre des plombes. Va au tribunal, invente un bobard.
Demande le renvoi. -Mais pourquoi ?
Je peux plaider. Je connais le dossier par coeur.
-Martinez paye pour avoir Sam, pas sa collab.
Demande le renvoi. Gilles. -Ouais.
Voix indistinctes
...
Coup de klaxon
...
-La collaboratrice de mon avocat est là.
-BONJOUR.
-Me Bauer n'est pas là ? -Il a eu un petit souci de santé.
-Il lui est arrivé quoi ? -C'est juste un malaise.
Il doit rester en observation à l'hôpital,
donc il va pas pouvoir venir. Il vous prie de l'excuser.
-On demande le renvoi ? -Non, je vais plaider sans lui.
-Les avocats de ma soeur feront de vous une bouchée.
Vous avez déjà plaidé ?
-On déroule mon CV ou j'explique comment on fait ?
-Votre beau-père. Bonjour, maître.
Non, c'est pas ce qu'elle m'a dit. (-Putain.)
-Attendez.
Ah, très bien. Je vous mets sur haut-parleur.
*-Votre affaire ne peut pas
*être jugée dans ces circonstances.
*Notre collaboratrice va demander le renvoi.
*C'est clair ?
-Pour moi, c'est clair.
*-Vous me passez notre collaboratrice ?
Elle soupire.
-Gilles, je comprends... *-Alors tout va bien.
*Demande le renvoi et rentre.
*On t'attend. -Mais...
Bips
Elle soupire.
Un téléphone sonne.
...
Voix indistinctes
...
Ca devient suspect. Où est Samuel ?
-En garde à vue.
Paul est avec lui, il m'a prévenu.
-En garde à vue pour quoi ?
-Viol.
Assieds-toi, Roxane.
-Attendez...
Elle respire difficilement.
-Tu te souviens de Juliette Hosten ?
-Euh...
La... La stagiaire ? -C'est elle qui l'accuse.
-On n'en sait pas plus.
Paul n'a pas accès au dossier. -Venant d'une avocate, ça pue.
-Comment ça ?
-Juliette Hosten travaille chez LGM. Cette affaire va les exposer.
Si elle porte plainte,
c'est qu'elle a été conseillée et sait ce qu'elle fait.
-Et donc qu'elle dit la vérité ?
Mais ça va pas ?
Moi, je le connais, Sam. Je vis avec.
Il est incapable de faire ça. -Calme-toi, Roxane.
Personne n'imagine Sam en train de violer quelqu'un.
Mais la plainte est là. -Pourquoi elle est pas restée
au cabinet après son stage ? -On ne l'a pas gardée.
Elle... Elle était brouillonne. Elle avait rien à faire ici.
-Bon. Peut-être qu'elle cherche à nous le faire payer.
Voix indistinctes
...
Un téléphone sonne.
Voix indistinctes
...
C'est pour ça que j'ai pas pu plaider ?
-Avec Samuel en garde à vue ? Non.
Si ça avait fuité, t'aurais fait quoi ?
-J'aurais évoqué
la présomption d'innocence.
-Tu crois que ça suffit ? Remercie-moi de t'avoir évité
l'humiliation de ta vie.
-Et balancer devant tous que mon mari est accusé de viol ?
-Même avec des gants, une merde est une merde.
Fais comme moi. Croise les doigts pour que ce soit classé sans suite.
Sinon ça s'annonce difficile.
...
Un portable sonne.
-Allô, maman ? *-Ta soeur s'est encore sauvée.
-T'as demandé autour de toi ?
*-Personne l'a vue. Ecoute, faut que tu viennes la chercher.
-OK. Bips
J'arrive, maman.
(Musique lente)
...
Sirène
...
-Arrête-toi !
-Là, là. -Il est là.
Respiration rapide -Arrête-toi !
... Là, là ! Arrête ! Arrête !
...
On ne voit rien.
-C'est quoi, ton prénom ? -Roxane.
-Moi, c'est Bilal. Garde le sac.
-Il est là. -Là, là !
Hé ! Arrête-le.
Brouhaha et gémissements
-A terre ! -On t'a vu avec les Boutaleb.
-Lâchez-moi ! -A terre.
Musique rythmée
...
Bip
Voix indistinctes
...
-Hé, viens. On va à la chicha, ce soir ?
-Yasmine !
Yasmine !
-Bah, Roxane...
Ca va ? -Tu sais pas où est Magali ?
-Si. Vas-y, monte.
-Détendez-vous, les gars. J'ai l'air d'un flic en civil ?
-Elle est cheloue.
-Jason. -Ouais ?
-T'as une garetteci ?
-Petite fraîcheur. -Une bombe va exploser.
-Ca va ? -Et toi ?
-T'es trop belle. -Merci.
Où est Magali ?
-Sur le toit. Ca tombe bien. J'ai un service à te demander.
Un petit truc. -Elle fout quoi ?
-Elle prend l'air.
-Vas-y, emmène-moi.
-Mais tu m'aides. -Je t'écoute.
-Je me suis fait gauler au parloir. -Et l'ascenseur ?
-Bah, il marche pas. Il marche jamais.
Ca va ?
-Oui. Raconte.
-On s'est fait gauler avec Fouad. Il est au quartier disciplinaire,
je suis privée de visites. Tu pourrais m'aider.
-Mais...
Gauler comment ?
-Comment ça ? Euh... Moi sur lui.
En mode reproduction de l'espèce. -Quoi ?
Tu te tapes Fouad ? -Oui.
-Attends, Yas... T'essayes d'avoir un gosse avec Fouad ?
-Je veux me caser.
-Avec un type qui a pris 7 ans ? -Avec un type.
-Putain, il y en a partout. Va m'en chercher un autre.
-Il y en a pas partout. C'est fini, ils sont tous pris.
-Putain. -A cause de l'histoire du parloir,
la juge a refusé l'aménagement de peine de Fouad. OK ?
Je me suis dit que tu pourrais l'appeler,
lui dire d'arrêter de faire sa reloue, de se calmer.
-Je connais pas
les juges de Bobigny. Fouad a pas un avocat ?
-On est des amies.
-C'est urgent de faire un gosse ?
-Tu sais que 90 % de tes ovules disparaissent avant 30 ans ?
C'est urgent. Elle rit.
-Oh là... Elle rit.
Quelle idée...
-Tadam ! C'est beau, hein ? Mag.
-Hé...
Ca va ? Petit chat.
Hé, Mag.
Tu peux pas te tirer comme ça.
Maman, elle flippe. -Mais tu vas m'emmener en voiture ?
-Pas aujourd'hui.
-Si, on fait un tour. -Non. On y va. Prends tes affaires.
Tu fais pousser quoi ?
-Il y a de tout. Là, des tomates. -Ouais.
-Des petits haricots. Merci. Et on a mis quelques salades.
-Tu te fous de moi.
-Comment ça ?
-Yas... -Quoi ?
-Tu te fous de moi.
-Tu vois pas la différence entre de la tomate et de la beuh ?
-Ouais...
Tiens, d'ailleurs. -Promis.
-Allez, confisqué. Hop.
-La mairie a refusé mon projet.
Mais on peut faire pousser des salades sur un toit. Hein, Mag ?
-T'exploites ma soeur. -Pas du tout. Je t'exploite ?
Non. On adore ici, on kiffe. Et puis, je me dis
que je te rends un service.
Et toi, tu peux me rendre un service.
En appelant la juge, par exemple. -Tu perds pas le nord.
La juge s'appelle comment ? -Ah ! Je t'aime.
-Tu vas revenir quand ?
-Je sais pas. On ira faire un tour en voiture, promis.
-Promis ?
-Allez, vas-y, sonne. C'est promis.
-Viens avec moi.
A la maison. -Demande à maman.
La sonnette retentit.
-T'étais où ? Je m'inquiète.
-C'est Roxane qui m'a ramenée. Elle... Elle peut
venir un peu dans ma chambre ? -Pas aujourd'hui. Reste pas là.
Allez, viens.
-Ca va, maman ? -Oui, ça va. Je...
Je suis désolée. Je dois y aller. Mais merci.
-Tu peux pas m'appeler et m'ignorer.
-Bonjour, monsieur. -Bonsoir.
-Roxane est là ? -C'est quoi, cette histoire ?
-On dîne, là. Vous êtes qui ?
-Je suis Bilal.
Un ami. Elle m'a emprunté un livre.
Je dois le récupérer. -Hm, hm.
-Je m'en occupe. -Ah bon ?
-Ouais. Vas-y, rentre.
-Il est mort, ton poisson ?
-Tu fais quoi ici ?
-T'as le sac ? -Ouais.
-Je peux l'avoir ?
T'as rien pris ? -Je sais pas ce qu'il y a dedans.
-OK. Impeccable.
Merci.
-Tu m'as pas laissé le choix. -Si.
-Non. -T'as fait le bon choix.
T'as peur de moi ? -Non.
-T'es sûre ? -Ouais.
...
-Garde le sac.
Je reviendrai.
Bisou.
Une porte se ferme.
Musique lente
...
*-Vous êtes bien sur la messagerie de Samuel Bauer.
Bip
-Sam, je commence à flipper, là. Rappelle-moi dès que tu sors.
Coups de klaxon
...
Bip
Bonjour.
Hop. -Merci.
-Merci.
Brouhaha
...
-OK. Je vous suis.
-Comme Carine, je soutiens le Real Madrid.
J'adore Benzema. Je regarde que pour lui.
-T'as toujours eu le béguin pour... -Bonjour.
Pardon. Je cherche le cabinet de la juge Gabella.
-Et vous avez RDV ? -Non.
Je suis avocat.
-Et alors ? Ca dispense de prendre RDV ?
-C'est au sujet de l'aménagement de peine de M. Boudali.
-Il se passe quoi encore avec M. Boudali ?
-C'est Mme Gabella ? Bonjour, Mme Gabella.
L'incident au parloir n'est pas d'une gravité extrême.
Ca mérite pas le rejet de son aménagement de peine.
-Un gardien a surpris M. Boudali en train de s'envoyer en l'air.
-Ils essayent d'avoir un enfant.
-Le parloir est un endroit public.
Exhiber un acte sexuel est un attentat à la pudeur.
Si vous êtes pas contente, plaignez-vous au législateur.
-Une exhibition est une volonté de montrer.
Or, là, c'est pas le cas.
Avoir une relation sexuelle dans un parloir,
c'est à la va-vite, à califourchon.
-Epargnez-moi les détails.
J'ai ma petite idée. -Bah, alors ?
La sanction est disproportionnée.
Il y a pas d'UVF, alors quelle autre alternative ?
-Attendre qu'il ait purgé sa peine.
-Il sera pas sorti avant minimum 5 ans.
Sa compagne pourra plus avoir d'enfants.
-Vu le pedigree de M. Boudali, on ne va pas pleurer.
-Attendez. Pardon ?
Il a été condamné à la prison ou à l'interdiction de procréer ?
-Ecoutez, les enfants de ces voyous,
une fois grands, ils finissent devant nous.
Alors moins ils en ont, mieux on se porte.
Elle rit.
-Quelle folle. Putain...
Allô ? *-Alors ?
-Dis-moi.
Fouad a un téléphone, en prison ? *-Comme tous en prison. Pourquoi ?
-C'est interdit.
OK. Appelle-le. Dis-lui de me désigner. J'arrive.
Voix indistinctes
Sonnerie -Merci.
...
La porte claque.
-Salut, Fouad.
-Ca va, Roxane ?
-Donc tu te souviens de moi. -Ouais. Classe.
-Hm... -Bijoux.
T'es bien.
-Bon, la juge refuse de revoir ton aménagement de peine.
Yasmine aura pas le droit de visite avant 3 mois minimum.
-Putain. La juge aimerait ne pas niquer pendant 3 mois ?
-Bof... Ca lui poserait pas de problème.
Bon.
On va faire un recours
pour que tu sois transféré dans un établissement avec des UVF.
Ca sera lent.
-T'es revenue
à la cité ? -Plutôt crever.
Yasmine, c'est ma soeur.
Je veux la voir heureuse.
Si je t'aide, tiens-toi bien.
Tu fais ta peine et t'arrêtes tes conneries.
-Je suis fou de Yasmine depuis que j'ai 14 ans.
-Hm... -Elle m'a toujours snobé.
Maintenant que je l'ai serrée, je vais pas tout niquer.
Voix indistincte
...
C'est quoi, ça ? -Tiens.
Fais comme si j'étais pas là. Fais tes petites affaires.
Je donnerai ça à Yasmine.
Elle le mettra au congel.
-Attends. Tu veux pas que je me branle devant toi ?
-Non, j'en ai pas tellement envie, mais on n'a pas le choix, OK ?
-T'es sérieuse ?
-Putain... Fouad.
Tu vas pas faire ta chochotte pour 3 ml de sperme.
J'ai pris du travail.
Voix indistinctes
-Fils de pute.
-Mais ça va pas ? -Ce bâtard m'a balancé.
Je peux plus voir Yasmine. -Circule !
-Enculé ! -Fouad !
Fouad. Putain, Fouad ! Fouad !
Il gémit.
Surveillant !
S'il vous plaît. Fouad.
Mais putain. Fouad, stop. Fouad.
Stop, arrête !
Arrête !
-Lâche-moi ! -Ah !
-Oh, oh, oh !
-Recule. -Fait chier, putain.
-Hé, lâchez-moi !
Niquez vos races !
-On se calme ! -T'es mort. Lâche-moi, je t'ai dit.
-OK. -Bande d'enculés.
-Bouge pas. -Enculés.
-C'est bon, c'est bon.
-Maître, retournez
dans le parloir.
-Je reste pas ici. Faites-moi sortir.
-Personne ne sort.
Retournez dans le parloir. -Putain.
-Allez, on s'occupe de lui. Allez.
Allez, allez. Richard, Richard.
Ca va ? -Lâchez-moi !
Hé, Roxane ! J'ai dû l'enculer, ce fils de pute.
-Putain. -Enculés ! Bâtards. Lâche-moi !
-Sam ?
Samuel ?
-Je veux que tu saches que j'ai rien fait.
Faut que tu me croies, OK ?
Elle soupire.
Il soupire.
-OK. D'abord, explique-moi.
-Je serai présenté à un juge.
-Comment ça ?
T'es accusé de quoi ?
-Elle m'accuse de l'avoir violée dans la voiture en rentrant de Lyon.
-Pourquoi t'as fermé les fenêtres ?
Je comprends pas. Pourquoi t'as emmené Juliette ?
Personne n'emmène des stagiaires voir des clients.
-Pour être gentil, lui montrer comment ça se passe.
Oui. Elle soupire.
Il soupire.
-Elle dit quoi ? -Ca change quoi ?
-Un viol, c'est avec pénétration. -Merci pour le cours.
-Elle dit quoi ?
-Mais pourquoi tu veux savoir ? -Ca sort jamais de nulle part !
Un viol !
Il s'est forcément passé un truc.
-Arrête. (-Putain.)
C'est une belle meuf,
Juliette.
C'est pas grave. Dis-le, si t'as cru que c'était possible
et que t'as pas compris, qu'elle voulait pas.
-Arrête.
Pour qui tu me prends ? J'ai pas touché cette fille.
Chérie, excuse-moi.
Fais-moi confiance.
(S'il te plaît.)
-Tu dis que tu l'as pas touchée, je te crois.
Elle soupire.
-T'as quoi à la joue ? -Hein ?
-Là. -Ah, c'est rien.
Un portable vibre.
C'est rien.
... -C'est mon père.
Oui, papa.
Oui.
...
Sonnette
-Salut, cocotte. Ca va ? -Et toi ?
-Ca va. Il est là, le grand homme ?
-Sam, c'est Paul. -Ouais, j'arrive.
-T'as lu le dossier ? -Oui.
-Tu le sens comment ? -Puant.
Comme toutes les affaires de viol. -C'est-à-dire ?
-Commence pas. Je suis l'avocat de Sam, pas le tien.
-Mais tu peux m'en dire plus, Paul. S'il te plaît.
-Je lui dirais pareil si je te défendais.
-Je dois m'inquiéter ?
-Tiens-toi à distance. C'est mon seul conseil.
-Paul. -Salut, Sam.
-Tu vas bien ?
Entre, je t'en prie, fais-toi un café. A plus tard.
-Tu me raconteras ?
-Euh... Ca risque d'être un peu chaud.
Je déconne. Je te raconterai. A tout à l'heure.
Sonnerie de téléphone
Voix indistinctes
...
-Bonjour. J'ai RDV avec M. Burkel.
Envoyez-le dans mon bureau.
-Il a RDV directement avec Baptiste.
-Roxane.
Viens ici.
-Vous donnez mes clients à Baptiste ?
-Roxane, permets-moi de te présenter Caroline Monfort,
de chez MGB Communications.
-Enchantée.
-Elise, son assistante.
-Bonjour. -Bonjour.
-Caroline va piloter la communication du cabinet.
-Le nom de Bauer
va susciter des critiques tous azimuts.
Samuel va être une cible et vous aussi.
Il faudra être discrets et suivre mes conseils.
-Caroline a évité le naufrage à de nombreuses entreprises.
-Mais discrets comment ?
-Pendant un temps, il est préférable
que vous ne rencontriez pas les clients.
-Alors je fais quoi ?
Je m'enferme dans mon bureau pendant 2 ans ?
C'est la durée moyenne d'une instruction.
-Le prenez pas mal, mais oui, il va falloir vous mettre en veille.
M. Bauer a parlé d'une maison de famille en Touraine.
-Pourquoi pas faire les vendanges ?
Un portable sonne. -Excusez-moi.
-Putain. -Allô ?
-Il me faut le dossier Pavlovic.
-Tenez.
-Merci. Je comprends, vous savez.
On est derrière vous. Je suis sûre que Me Bauer
sera blanchi.
-Gilles vous a briefée ?
-Oui, mais la phrase vient de moi. Je sais qu'il vous regarde de haut.
Ici, on me prend pour une potiche.
Personne demande ce que je fais à part le standard.
-Et vous faites quoi, Alizé ? -Du droit.
Enfin, je finis mon master.
Mais c'est pas pour travailler ici.
Elle rit.
-Excusez-moi. Je peux... -Oui ?
-Vous avez remarqué un truc entre Juliette Hosten et mon mari ?
-Non, je crois pas. Je suis désolée.
Ah, oui.
J'oubliais. Le commissariat de Bobigny a appelé tout à l'heure.
Un policier voulait vous joindre. -A quel sujet ?
-Je sais pas. Il a demandé que vous le rappeliez.
Je vous mets en relation ? -Oui, merci.
-Assieds-toi là.
On viendra te chercher.
Musique lente
...
-Toi, t'es morte.
C'est fini.
Le téléphone sonne.
-Me Bauer. Vous vouliez me joindre ?
*-Oui. C'est à propos de votre client Fouad Boudali.
-C'est pas mon client.
*-Il a été placé en garde à vue.
*Je voulais votre témoignage.
*Vous m'avez pas rappelé, la procédure a suivi son cours.
-Et ? *-Le parquet
*a demandé la comparution immédiate.
-Pour une bagarre ?
C'est quoi, l'urgence de le juger ?
Musique rythmée
...
*-J'écoute.
-Oui. Me Bauer. Je viens voir mon client Fouad Boudali.
Sonnerie
Merci.
Merci.
Bonjour. -Bonjour, maître.
C'est pour qui ? -Fouad Boudali.
Elle se racle la gorge. -Très bien.
Dès qu'un box se libère, je l'amène. -Aucun n'est dispo ?
-Si, il y en a un, mais on doit le désinfecter.
Le reste est occupé.
-A cause du Covid ? -Non.
De la gale.
Si je peux me permettre,
vos confrères mettent pas la robe.
Retirez-la, mettez-vous à l'aise.
-OK. -Mais faites ce que vous voulez.
-Merci.
Voix indistinctes
...
Salut.
Bon. On a 5 minutes pour parler de ton dossier.
Demander un renvoi, je te le déconseille.
-Pourquoi t'es là ?
-Pour assurer ta défense.
-Je peux pas te payer 800 balles de l'heure.
-Moi, je peux m'en passer.
Tu serviras de fusible pour calmer leur colère.
T'as quoi à dire ?
-Ce bâtard a eu ce qu'il méritait.
-Tu lui as cassé 2 côtes, sectionné la lèvre et pété le nez.
Tu risques une peine de prison supplémentaire.
T'as pas autre chose à dire ?
-Si. C'est un fils de pute.
Il rackette les détenus partout.
Même pour aller en promenade.
Je suis pas rentré dans son jeu. Donc il m'a balancé.
Je me suis vengé. Point.
-J'ai aucune preuve. -Je mens pas. Fais le buzz.
-T'entends quoi par là ?
-Ici, c'est la jungle.
-OK. -Pour exister, faut gueuler.
C'est ça, les bons baveux. Sinon tu sers à rien.
-Tu me prends pour qui ? T'as oublié d'où je viens ?
-Peut-être, ouais. -Bon.
Tu as quoi à dire sur l'agression ? -T'es stylée, toi, encore.
La dernière fois, aujourd'hui...
-Voilà.
-Tu changes pas.
-M. Karamoko, vous êtes condamné à un an d'emprisonnement.
Vous réfléchirez à vos actes.
Se frotter contre une femme est une agression sexuelle.
C'est clair ?
Et vu vos antécédents et le manque de garanties et pour assurer
l'exécution de la peine,
le tribunal décerne un mandat de dépôt.
Merci, messieurs.
Vous dormirez en prison.
Affaire suivante.
Ah... M. Boudali.
Il est là, M. Boudali ?
Ca fait longtemps, M. Boudali.
Un coup de fatigue ?
Vous êtes fatigué ? Vous avez oublié
les règles d'usage ?
Les mains dans les poches.
Qui est votre avocat ? -Je représente M. Boudali.
Me Bauer.
-Bien. Bien. Alors, M. Boudali, vous êtes poursuivi
pour avoir porté à l'encontre de Fabien Richard,
dans l'exercice de ses fonctions,
des coups volontaires ayant entraîné une ITT de 10 jours.
Vous pouvez
vous taire, me répondre
ou demander un délai. Qu'est-ce que vous choisissez ?
-Je veux être jugé maintenant.
-Madame le président.
Faites-nous au moins l'honneur de retenir les règles.
On se demande à quoi on sert.
-Je veux être jugé maintenant,
madame le président.
-Racontez-nous ce qu'il s'est passé.
Que vous a fait ce surveillant pour que vous lui sautiez dessus ?
-Depuis le début ? -Non, allez à l'essentiel.
Un portable sonne.
... Me Bauer, c'est bien ça ?
-Excusez-moi, madame le président. -Je viens
de rappeler
les règles de l'audience. Je recommence ?
-Non. Excusez-moi,
madame le président. -Bien.
M. Boudali, nous sommes tout ouïe.
-Vous avez déjà vu ces photos,
mais je préfère que vous les ayez sous les yeux,
histoire que le tribunal voie à qui on a affaire.
Il n'y a pas moins de 11 ecchymoses sur le corps de mon client.
Non, ce n'est pas de l'énervement,
mais bien un déchaînement physique d'une rare violence.
Parce que M. Boudali a été surpris au parloir
en train de commettre une infraction,
il s'en prend au surveillant qui a rapporté l'incident,
un fonctionnaire de l'Etat qui ne fait que son travail.
De quel côté est la loi ?
M. Boudali croit peut-être que la maison d'arrêt doit
agrémenter son séjour
de parties de jambes en l'air.
Il est temps de remettre de l'ordre dans son esprit.
Il n'est pas dans un club de vacances.
-Merci, maître. Mme le procureur, on vous écoute.
-Madame le président, madame, monsieur du tribunal,
comme vous l'avez fait remarquer,
M. Boudali n'est pas un inconnu de nos services.
On parle de faits nombreux,
inscrits dans un parcours bien rôdé, liés aux stupéfiants.
Il ne comprend pas la sanction. Même la détention
ne lui a pas mis de plomb dans la tête.
Je vous demande de le condamner
à 4 ans d'emprisonnement, avec maintien en détention.
-Merci, madame le procureur. Me Bauer, on vous écoute.
(-Vas-y.)
Elle se racle la gorge.
-Madame le président,
c'est la 1re fois que je plaide au tribunal de Bobigny.
Je n'en connais pas les usages,
mais, grâce à madame le procureur, j'ai retenu une chose.
On peut réclamer la condamnation d'un homme
parce que son casier judiciaire le désigne comme multirécidiviste.
Il a reconnu les faits, mais mon client
a le droit à un procès équitable.
Quand on lit son casier...
il n'y a jamais eu de poursuites pour violences.
Des condamnations, plusieurs,
c'est exact, mais jamais de violences.
J'étais présente, donc je sais ce qui s'est passé.
-Pardon, madame le président.
Un témoin ne peut pas plaider. -Alors,
je n'ai pas témoigné. Si vous aviez bien lu le dossier,
vous auriez vu que les policiers n'ont pas réussi à me joindre
à temps. -Vous auriez dû vous manifester.
Et confier le dossier à un confrère.
-Consoeur, si ma présence à cette audience vous pose problème,
c'est au bâtonnier de trancher. -On ne va pas le déranger
pour si peu. Me Lorenti, autre chose ou on poursuit ?
-Si ça ne dérange que moi,
je me tais, madame le président. -Merci. Me Bauer, poursuivez.
-Non seulement j'y étais...
mais je connais mon client depuis longtemps. Nous avons grandi
dans la même cité, M. Boudali et moi.
Je sais qu'en cité, le trafic de stupéfiants est inévitable.
Pour gagner de l'argent...
et pour faire partie d'un groupe,
d'une famille.
Quel qu'en soit le prix, malheureusement.
M. Boudali a pris des risques en se lançant dans le trafic.
Il le savait. Il a perdu.
Il a été condamné à 7 ans de prison.
C'est long, madame le président.
Si les détenus n'ont pas une lumière au bout du tunnel
pour se projeter dans un avenir meilleur,
à quoi sert une condamnation ?
Dans le cas de mon client, sa petite lumière s'appelle Yasmine.
Il l'aime
depuis l'adolescence. Ils veulent fonder une famille.
Mais M. Boudali ne peut pas avoir d'intimité.
La prison de Villepinte n'a pas d'UVF.
Alors comment font-ils ?
Ils se débrouillent pendant une visite.
Alors, les relations sexuelles ne sont pas autorisées,
mais expliquez-moi ce que mon client fait
dans un établissement pour courtes peines ?
Il aurait dû être transféré dans un centre avec une UVF.
Par manque de place, ce transfert n'a pas eu lieu.
Le système pénitentiaire est à blâmer et non mon client
qu'on a privé d'une perspective d'avenir.
Ne répondez pas à la sévérité
des réquisitions du parquet. Rendez une décision juste.
-Merci, maître.
-Ca va ? -Ca va et toi ?
-Ouais. Ca t'a plu ?
-C'était... C'était beau. C'était fort.
Elle rit.
J'ai senti que Fouad était content. Il a l'air rassuré.
-Attends. On verra.
-Ta place est là.
Pourquoi tu plaides pas à Bobigny ? C'est...
-Je peux pas.
-On s'en fout. C'était il y a 15 ans. C'est fini.
-Non, on ne s'en fout pas. Je peux pas.
-T'as kiffé.
T'étais dans ta robe. Elle rit.
"Le système pénitentiaire est à blâmer, madame le président."
Sonnerie
-Levez-vous.
-Asseyez-vous.
M. Boudali, levez-vous.
Le tribunal vous condamne à une peine de 4 mois de prison
dont 3 avec sursis.
Si vous commettez encore la même infraction,
vous ferez 3 mois supplémentaires.
Deux mots d'explication. Le tribunal
a souhaité tenir compte
des conditions de votre incarcération.
-Merci.
-J'attends que vous vous teniez tranquille.
C'est compris ?
Me Bauer, pour ce qui est de la demande de transfert...
Me Bauer, vous êtes avec nous ? -Oui, madame le président.
Je suis là.
-Bien. Pour ce qui est de la demande de transfert,
notre tribunal n'étant pas compétent,
faites un dossier
suffisamment argumenté. Je vous fais confiance. Voyez ça
avec madame le procureur.
-Oui, madame le président. -Bien.
Des questions ? -Non, madame le président.
-Merci.
Musique rythmée
...
-Je te l'ai déjà dit. C'est comme ça. J'ai pas envie.
Tu vas insister comme ça ?
Tonalité
*-Bien ? -J'ai un baveux
pour mon frère. *-On le connaît ?
-Non, une jeune, Me Bauer. Elle vient de la cité.
Il nous la faut.
*-Bien. Tu lui as parlé ? Elle est d'accord ?
-Elle le sera. Je m'en occupe.
*-OK.
Musique de suspense
...
Générique de fin
...
Sous-titrage : DUBBING BROTHERS
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