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Original subtitles

C 'est du provisoire, mais c 'est du costaud.

Vous pouvez passer vos vacances tranquillement. On fera le reste à la

On a qui, maintenant ? M. Achard a annulé son rendez -vous.

Dites, je bloque sur un mot, là.

On en manque parfois.

En deux lettres.

Intelligence.

Ah, ben, j 'y avais pas pensé.

Normal.

Y a personne.

Y a beaucoup d 'annulations à cause de la grève des transports.

Ah bah tiens, si on en profitait pour faire ma prémolaire.

C 'est une bonne idée.

Ça va me calmer.

Nadine m 'a encore pris la tête, je te raconte pas. Tiens, regarde.

En effet, t 'as l 'air un peu sur les nerfs.

Laisse tomber, enfoncez une autre fois. Non, non, sérieux, ça va me faire du

bien. T 'es sûr que t 'as l 'air un peu tendu quand même. Je t 'ai dit que c

'est bon.

Attends -toi.

Ah tiens, salut Nadine.

Je sais pas si on s 'est vus ce matin. Attends -toi.

C 'est bon, ça va ? Super.

Top. Tu vas voir, elle est dans un grand jour aujourd 'hui.

Elle va te charcuter.

Reste ici. Il te faut que de dire des pleureries. Va préparer l 'anesthésie.

Tu peux la préparer toi -même.

Nadine, t 'arrêtes de faire chier et tu prépares cette seringue.

Même pas en rêve.

Victor, laisse faire.

Tu sais quoi ? Tu peux te la garder ton anesthésie parce qu 'on n 'en a pas

besoin. Ça va faire mal. Oui, ça va faire mal, mais on s 'en fout. C 'est

question de principe.

Excusez -moi, il y a un notaire qui vous demande. Un certain maître Bompard.

Bompard ? Je ne connais pas.

Vous me le passez dans mon bureau.

Oui, bonjour maître. Qu 'est -ce que je peux faire pour vous ? Bonjour docteur.

J 'aimerais que vous passiez à mon étude afin que nous réunions la succession.

Quelle succession ? Celle de votre père, monsieur.

Le blanc.

Mon père.

Visiblement, vous n 'êtes pas au courant.

Je suis désolé de vous l 'apprendre.

D 'ailleurs, je vous présente toutes mes condoléances.

Il me fait la gueule.

En même temps, les poissons rouges, c 'est pas des fêtards.

Oui, mais avant, quand il me voyait, il venait contre la vitre et il frétillait.

Il bougeait comme ça.

Et là, plus rien.

Même quand je l 'appelle.

Christian.

Christian ? Christian ? Oui.

Cécile, il faut que je te parle, c 'est urgent.

Qu 'est -ce qu 'il y a ? Mon père est mort.

Mince, je suis désolée. Je viens d 'avoir le notaire, je vais le voir, il m

dira plus.

Ça va aller ? Mon amour, la dernière fois que je l 'ai vu, c 'est quand il a

quitté la maison, j 'avais 7 ans.

Pour moi, ça fait longtemps qu 'il est mort.

Mais bon, c 'était quand même ton père.

Alors, en ce qui concerne les objets personnels, votre père vous a laissé

Et au niveau des biens, il y a une somme de 30 000 euros sur son compte

bancaire, mais cette somme ne suffira pas à couvrir les droits de succession

qui, selon mon estimation, s 'élèvent à 90 000 euros.

C 'est super, ça. J 'hérite et c 'est moi qui paye.

On n 'étonne pas de lui.

Enfin, pourquoi c 'est si cher ? C 'est pas normal que mes droits de succession

soient supérieurs à mon héritage.

Parce que c 'est calculé selon la valeur estimée de l 'autre bien dont vous

héritez.

À savoir, un terrain de 6000 m² de superficie qui se trouve... Alors,

Montichoux, je sais pas très bien comment on prononce.

Oui, Montichoux, moi je dirais Montichoux, oui.

C 'est où, ça s 'en chine ? Non, pas du tout, c 'est en Corse.

En Corse ? En Corse ? Oui, moi aussi je me suis demandé comment il est atterri

là -bas.

En fait, dans sa lettre, il raconte que dans un avion, il a sauvé l 'avion à un

passager qui faisait une pièce cardiaque.

Et en fait, le type, c 'est un Corse.

Alors un Corse qui fait une pièce cardiaque, il a plus de chances que ce

cause de la charcuterie que du stress.

T 'es con.

Alors le type a invité mon père à venir passer quelques jours sur son île.

Il est tombé amoureux du coin et il a acheté ce terrain.

Ah ok, je comprends mieux.

Il voulait faire sa maison là -bas pour finir ses jours.

Comme il n 'a pas eu le temps, il me demande que je la construise dans sa

mémoire.

C 'est tout ce qu 'il dit dans cette lettre ? Non.

Il dit aussi qu 'il aurait voulu qu 'on se revoie, qu 'il lui ait beaucoup

manqué en train du baratin.

Pourquoi tu dis ça ? C 'était peut -être sincère. Non.

Par contre, j 'étais momie, il était absent de ma vie. Heureusement que je

ai manqué, qu 'elle s 'arrêtait.

Il est quand même revenu vers toi et c 'est toi qui l 'as rejeté. Tu n 'as même

pas voulu discuter avec lui. Il est revenu 35 ans plus tard. Il s 'attendait

quoi ?

Que je l 'accueille à bras ouverts ? Il attend de mourir pour me dire que j

'étais important dans sa vie ? Mieux vaut tard que jamais. Non, ça c 'est des

proverbes à la con, ça.

Des fois, vaut mieux jamais que tard.

Quand on veut partir faire sa vie, on fait pas d 'enfant.

En Corse ? C 'est cool ! Mais alors ce terrain, c 'est pour construire une

baraque ? Non, c 'est pour faire un mini -golf.

Si t 'as d 'autres idées lumineuses comme ça, t 'hésites pas.

Mais je t 'emmerde.

Ça serait pas mal d 'avoir une maison pour les vacances.

Et puis comme c 'est au soleil, tu verras que les enfants les passeront

nous.

Ça peut être sympa aussi pour la retraite.

Ah non, pas question que j 'aille m 'enterrer dans un coin paumé.

Moi, la campagne, c 'est une semaine maxi, après j 'étouffe.

En plus, je suis illophobe.

Illophobe ? T 'as la phobie des îles ? T 'es mal barré avec la Corse.

Ah non, illophobe, c 'est quand t 'as la phobie des forêts.

Tu vois, quand on sait pas quelque chose, on ferme sa gueule. Ah ben toi,

pas souvent l 'ouvrir, non ? Toi, toi, moi, je m 'en fous de ce terrain. Je

le vendre.

Pourquoi tu veux faire ça ? Ça te ferait dommage.

Parce que j 'en ai rien à foutre de la dernière volonté de mon père.

Romain, dis pas des choses pareilles. Ah non, vous n 'allez quand même pas vous

disputer. Ils ne se disputent pas, ils discutent. Comme devraient le faire tous

les couples.

C 'est toi qui dis ça ? Dessert ? Voilà, il est vraiment beau, ce terrain.

Tiens.

Bon, allez.

À cette bonne nouvelle.

Je parle pour le terrain, pas pour ton père.

Je m 'en doute.

Allez, t 'as de la chance.

C 'est vraiment beau, la Corse.

Ouais. T 'aimes pas ?

Je n 'y suis jamais allé. Le problème, c 'est les Corses. Je ne suis pas trop

fan. Je les aime bien. C 'est des rebelles. C 'est des rustres, des

magouilleurs. Et surtout, ils sont trop violents.

Arrêtez des clichés.

Parce que les attentats, ça n 'existe pas.

Ça fait longtemps que les groupes armés ont déposé les armes.

C 'est magnifique.

Tu devrais réfléchir avant de vendre. C 'est un endroit pour faire une super

maison.

Avec un architecte au top, bien sûr.

Si jamais je vois Muller, je lui en toucherai deux mots, si tu veux.

Quoi, Muller ? Tu le connais ? Oui, je le croise au Golfe régulièrement.

Fais pas attention quand je dis Muller. C 'est juste pour qu 'il nous donne

deux, trois noms d 'architectes prometteurs. Parce que lui, c 'est pas

C 'est un autre monde.

Et pourquoi tu la ferais pas dans cette maison ? Déjà, Cécile est partante.

Si je peux te donner un conseil, arrête de te prendre la tête avec ta femme pour

rien.

Oui, qu 'est -ce qu 'il y a ? C 'est M.

Victor et l 'artiste.

Oui ? Putain, ça fait dix fois que je t 'appelle ! Rejoins -moi au siège de

Muller, je t 'envoie l 'adresse. Muller ? Non mais attends, Muller, tu m 'as dit

que... Bouge !

Organe encéphalique d 'environ 1 ,5 kg, en

sept lettres.

Cerveau ? Je n 'y avais pas pensé.

Et ça pèse autant, un cerveau ? Pas toujours.

Il y en a des plus légers.

Ah !

Ah, vous voilà ! On pourrait croire que cela est inutile, mais non.

On ne sait pas.

De là jaillissent les idées.

Magie.

Bienvenue chez vous.

Ça ne vous plaît pas ? Si, si, ça lui plaît, si.

Je le connais par cœur, quand il fait cette tête.

Écoute. Comme vous pouvez le constater, il y a une multitude de baies vitrées.

C 'est la maison du soleil. Il entre, il sort, il va, il fait ce qu 'il lui

plaît. Il est chez lui partout, le soleil.

Partons.

Pas de courbe. On répète, pas de courbe.

Toutes les lignes, angles, segments, créatifs, firmament.

Approchez.

Approchez.

La maison tourne au sol. La maison qui danse avec le soleil.

C 'est mon chef -d 'oeuvre.

Monsieur Muller, votre maison est somptueuse.

Mais franchement, je ne peux pas m 'offrir vos services.

L 'argent, l 'argent, toujours l 'argent.

Je ne veux pas un centime.

C 'est mon chef -d 'oeuvre.

Cette oeuvre, c 'est ma reine.

Votre endroit, c 'est son trône. Et vous, vous êtes l 'élu.

Écoute, j 'ai fait éditer les contrats et on se retrouve sur place.

Encore merci, M. Muller.

Mull, appelez -moi Mull. Enlevez l 'heure, gardez le Mull.

Au revoir, M. Mull.

Je pense qu 'il rejette mon mari et qu 'il me fait un complexe de type.

Faut que je te parle.

Je reviens tout de suite.

Muller ? Il nous ferait ça pour rien ? Oui, il a complètement craqué sur le

site. Attends, il nous dessine la maison, il suit les travaux.

Après, la construction, les matériaux, c 'est pour nous.

Oui, je m 'en doute.

C 'est super, ça.

Oui.

Lucas,

c 'est quoi le problème ? Pourquoi on ne la ferait pas, cette maison ? Parce que

tout ça vient de mon père.

Et que je n 'ai pas envie de lui donner satisfaction.

Si je la fais, cette maison, c 'est comme si je lui pardonnais.

Romain !

Pendant toutes ces années, je t 'ai vu lutter contre son absence.

Mais aujourd 'hui, c 'est fini.

C 'est plus la peine de te battre.

Ton père est mort.

Tu peux faire la paix avec tout ça, maintenant.

Relâche -toi.

Avance.

T 'es pas mauvaise en psy, toi.

C 'est un peu mon métier. Attends, attends.

Dans ce cas -là, quel animal je suis ? Un grand nounou.

On va la faire cette maison.

Et tu sais quoi ? On va aller s 'occuper de ça tous les deux.

Attends, toi, à la campagne.

Ça va, juste 7 -8 jours histoire de lancer la machine.

Ça va pas te tuer.

Merde.

Et boum ! Voilà notre petit dossier.

Alors, initial en bas et signature à la dernière.

Merci, M.

Sénéchal. Vous pensez donc que le crédit sera accordé ? Formalité.

Vous êtes un très bon client, M. Leblanc.

Ça va aller vite.

Boum ! Alors, elle est où, cette ville des barèmes ? Et boum ! On a

totalisé 6 650 points.

Et c 'est bien, ça ? Ah non, c 'est pas bien.

C 'est très bien.

En fait, vous construisez où ? En Corse.

Une construction en Corse ? Là, vous allez devoir ce serait une assurance

supplémentaire. Mais pourquoi ? Parce qu 'il y a un risque.

Un risque de quoi ? Un risque de... Un tremblement de terre ?

Oh non, c 'est fini, tout se va.

C 'est ce qu 'on croit. Vous savez, la Corse, c 'est comme un volcan.

On croit qu 'elle dort, et d 'un coup, boum.

Vous m 'envoyez de la bouche. Non, non, c 'est du passé, toutes ces histoires.

Ça fait depuis bien longtemps que les groupes armés ont déposé les armes.

Monsieur Leblanc.

L 'écorce ne dépose jamais les armes.

Ou alors pas loin.

Regarde comme ça sent bon.

Ça sent le carousel, ouais ? Mais non, le maquis.

Ne parle pas du maquis, s 'il te plaît.

Pardon, monsieur.

Est -ce que vous pouvez m 'indiquer le numéro du tapis roulant pour les bagages

de l 'avion en provenance de Paris, s 'il vous plaît ? De toute façon, il y en

qu 'un.

Ah oui, et le guichet Europecar ? C 'est marqué Europecar.

Merci. On ne fait pas le tour du véhicule pour vérifier ? Non.

Et elle est garée où ? Elle est dehors.

Et on la ramène ici directement ? Oui.

Ok, merci.

Oui.

Qu 'elle tente de blandeur.

C 'est bon, ben ? Oh oui, ok.

Allons.

Bonjour, veuillez choisir votre destination.

Montiquiou.

Désolé, je n 'ai pas compris votre destination.

Montiquiou.

Désolé, je n 'ai pas compris votre destination.

C 'est quoi ça, un GPS Corse ? Montiquiou.

Désolé, je n 'ai pas compris votre destination.

Il prononce mal, Adam.

Monticao.

Très bien, vous avez choisi Montiquiao, au Brésil.

Ben oui, elle est bien prononcée.

Sous -titrage Société Radio -Canada

Oui, excusez -moi, monsieur, mais nous sommes perdus.

Je le disais tout le temps. Les continentaux, ils sont perdus.

Non, en fait, le problème, c 'est qu 'on n 'arrive pas à lire les panneaux.

C 'est normal.

Ils les ont explosés à la sauvretine.

Pourquoi ils font ça ? Il faut bien tirer quelque part.

Les panneaux, c 'est comme des balances.

Et nous, on n 'aime pas les balances.

Bien sûr, bien sûr.

Enfin, on voudrait juste savoir si vous pouviez nous indiquer la route qui mène

à Monty.

Mon petit chou.

Je ne dirai rien.

Je n 'ai pas parlé devant la Gestapo, je n 'ai pas craqué devant un touriste.

Il plaisante.

C 'est la Magagna, l 'humour corse.

Mais vous voulez aller où exactement ? Je n 'ai pas très bien compris.

Alors, mon petit chou, mon petit cul.

Ah, mon petit chou. Ah, c 'est ça, oui.

Les deux routes, elles y vont.

C 'est là.

C 'est plus court, mais c 'est plus long.

Et celle -là, c 'est plus long, mais c 'est plus court.

Ok. D 'accord.

Super.

Merci, monsieur.

C 'est vrai qu 'il y avait un numéro comme ça ? Non. Je pense qu 'on va se

marrer.

d 'après le plan.

Je ne me goure pas.

Regarde comme elles sont mignonnes, les petites biquettes.

Regarde, le terrain va du muret ici jusqu 'au rocher là -bas.

Il fait tout le tour.

La vue est top.

C 'est Mulle qui va être content.

Mulle, l 'architecte.

Plus de personnes autour.

Justement, il n 'y a personne. C 'est quand même beau.

Il y a beaucoup de verdure, ça m 'étouffe.

Moi, c 'est plutôt le périple qui m 'étouffe.

Bonjour.

C 'est vous qui allez construire, là ? Oui, oui, enfin, c 'est pas sûr.

Le problème, si vous construisez, c 'est que vous allez me cacher la vue.

Non, non, pas du tout, monsieur, vous inquiétez pas.

Nous sommes au -dessus, donc vous aurez votre vue sur la mer, il n 'y a pas de

problème. Oh, mais nous, ici, on s 'en fout de la mer.

Nous, ce qu 'on aime, c 'est le maquis.

Et avec la construction, vous m 'empêchez de le voir.

Non, non, j 'attends si on construit, puis c 'est pas sûr encore.

La maison sera vraiment à gauche, donc vous la verrez même pas.

Ça commence bien.

Bonjour. Nous avons une réservation au nom de Leblanc.

Ah.

C 'est mignon chez vous.

Vous voulez une chambre avec vous sur la mer ? Oh bah oui, tant qu 'à faire.

Je vais vous donner la 12.

Bien, la 12.

Pour ta chance.

La 12. Oui.

Merci.

Vous êtes un room service ? Oui.

Vous appelez et quand c 'est prêt, vous descendez le chercher.

Ah oui.

C 'est plus servi que rhum.

Et qu 'est -ce que vous avez là ? Parce qu 'on a une petite faim.

Cette heure -ci, il n 'y a que des sandwiches.

C 'est parfait.

Alors, vous avez le corse.

Pain, beurre, charcuterie et cornichons.

Et vous avez le touriste.

Pain, beurre, charcuterie et cornichons.

C 'est les mêmes.

Sauf que le corse est à 10 euros et le touriste à 15.

C 'est quoi la différence ? C 'est la taille ? Non.

C 'est exactement les mêmes.

La différence, c 'est le prix.

Comme on n 'est pas bêtes, on va prendre deux Corses.

Oui, mais j 'ai plus que des touristes.

Oh, les arnaques.

Je rigole.

Ah oui,

c 'est l 'humour corse.

Comment ça s 'appelle déjà ? La Magagne.

Voilà, la Magagne. Je suis explosé.

C 'est un sport national, ici.

D 'ailleurs, celle -là, elle vient d 'un sketch d 'un duo comique corse de chez

nous. C 'est Képidou.

Ah, il y a des humoristes corses ? Si il y a de l 'humour, il y a des

humoristes. Oui, c 'est logique. Je vais vous montrer votre chambre.

Juste pour les bagages, on le monte nous -mêmes.

Sauf si vous voulez vous changer dans la voiture.

J 'ai laissé monter le son, je te rejoins tout de suite.

Mimi, tu as fini ? Oui, j 'ai fini.

Bonjour.

Alors vous, ne me mettez pas le bordel.

Pardon ? Quand vous allez vous coucher, vous ouvrez juste un peu les draps,

comme ça.

Pas besoin de tout déter.

Et une fois que vous êtes dans le lit, vous ne bougez plus.

On a le droit de se retourner quand même ? Oui.

Qui s 'est équipé le ménage ? C 'est Nini.

Pas de problème, Mme Nini.

Au revoir, Mme Nini.

Vous n 'avez pas dit qu 'elle avait vu sur la mer ? Elle y est.

Je suis désolé, mais je ne vois pas.

Montez sur le rebord.

Pardon ? Montez sur le rebord de la fenêtre.

Et penchez -vous sur la droite.

Penchez -vous sur la droite.

Moi, j 'ai le vertige, là.

Vous la voyez, là, au -dessus du toit ? Oui, oui, je la vois. C 'est sûr ? Non,

mais... Redescendez -moi, s 'il vous plaît.

Je vous l 'avais dit qu 'on voyait la mer.

Ah non, vous aviez raison.

Alors, attendez, parce que moi... En fait, oui, voilà, il faut que je vois un

certain... Toussaint Falcucci.

Falcucci ? Oui, c 'est ça. Vous le connaissez ? Ça dépend.

Non, parce qu 'en fait, c 'est par rapport à un décès.

Ah, les morts chez nous, c 'est important.

D 'ailleurs, il y a plus de gens qui viennent aux enterrements qu 'aux

Toussaint, vous le trouverez au centre du village, dans son bar.

Ok. Et où se trouve le centre du village ? Au milieu.

Bien sûr.

Bon, tu m 'accompagnes ? Non, je vais rester, je vais me détendre un peu.

Ils sont quand même assez spéciaux.

Ben oui, quand je te dis que c 'est des fous.

Depuis qu 'on est là, on n 'en a pas vu un normal.

Tu vois, il faut pas ouvrir.

Après, les gens, ils viennent.

Eh oui.

Tu le sais, hein ? C

'est où qu 'on branche ? Ici, on branche pas.

Il n 'y a pas de bandes pour les voitures électriques ? Non, on n 'a pas

voitures à pile ici.

C 'est le Moyen -Âge ou quoi ? Chez moi, il y a des stations partout avec des

bandes. Je fais comment maintenant ? Soit vous reprenez le bateau et vous

sur le continent vous recharger et demain vous revenez.

Soit vous dites bonjour, s 'il vous plaît.

Et moi, je vous dis où vous branchez.

Bonjour, je me branche où ? S 'il vous plaît.

Tu le fais.

Vous allez derrière, dans mon garage, il y a des prises et c 'est gratuit.

Mais je vous conseille de plus dire qu 'ici c 'est le Moyen -Âge, sinon vous

allez finir dans les oubliettes.

Oui, merci, pardon, s 'il vous plaît.

Pardon, s 'il vous plaît.

Qu 'est -ce qu 'ils veulent, ceux -là, encore ? Tu fumes, vite, fumez ! Non, je

fume pas, moi. Fumez, je vous dis, vite ! Bonjour.

Bonjour. Je suis désolé, monsieur, mais en France, il est interdit de fumer dans

un lieu public.

Ne fumez pas, monsieur.

Oui, c 'est vrai, j 'ai complètement oublié.

Ici, on n 'est pas en France, on est dans mon bar.

Fumez.

Duralex sed lex, c 'est du latin. Ça veut dire la loi est dure, mais c 'est

loi. Ne fumez pas, monsieur.

C 'est du corse.

Ça veut dire la loi est dure, mais je m 'en fous de la loi.

Fumez.

Dis -moi, Bertrand, il est nouveau, lui, non ? Oui, il est arrivé hier soir.

Je vois.

Il sait pas comment ça marche, ici.

Alors, soit tu lui expliques que toi, soit je lui explique que moi. Je lui

explique que moi, c 'est bon, sans doute.

Attendez, chef, je comprends pas, là.

C 'est normal, tu vas voir. En Corse, au début, tu comprends pas tout, et à la

fin, tu comprends plus rien.

Et moi, maintenant, en dehors, j 'arrive.

Sans doute.

Il fait juste son boulot.

Et puis, en plus, cette loi, elle est faite avant tout pour protéger la santé.

Si j 'ai envie de fumer, je fume.

C 'est pas un type en costume à Paris qui va décider de quoi je vais mourir.

Bon, OK, allez, c 'est pas grave.

Messieurs, bonne journée.

Je peux être un homme ? Et vous, qu 'est -ce que vous voulez ? Non, moi, je

cherche M.

Falcucci, mais je pense que c 'est vous, non ? Ça dépend.

Non, parce que je suis M. Romain Leblanc, le fils du docteur Leblanc.

Ah.

C 'est moi.

Mais qu 'on ne l 'est pas.

Vous savez que votre père a sauvé le mien. Ah oui, ça je le sais, oui.

Tout ça, on m 'appelle Santu.

Santu.

Santu.

Santu.

Lui, c 'est Dédé, mais on l 'appelle Tutu.

Bonjour.

Tutu ? C 'est original.

Tu le sais, hein ? J 'ai compris.

Alors, en fait, dans sa lettre, mon père...

Je me conseille vivement de faire appel à vous pour me donner un coup de main.

Avec plaisir.

Qu 'est -ce que je peux faire pour vous ? En fait, je voudrais construire une

maison sur son terrain.

Ah, ça allait en rêver.

Alors voilà, bien évidemment, il faut dans un premier temps que je dépose une

demande de permis de construire.

Ah,

ça tombe bien.

La mère du village, c 'est ma femme.

Oh, ça c 'est super ça.

Et puis il faudra bien sûr que j 'ai un entrepreneur pour la construction.

Pas de problème.

J 'ai un cousin qui a une petite équipe.

C 'est eux qui font tous les travaux dans le coin.

On peut aller les voir, si vous voulez, je vous présente, comme ça. Non,

monsieur, vous savez, c 'est pas possible, je veux pas vous déranger, là.

Tu gardes la baraque ? Tu le fais, non ?

Sinon,

on en est où, au niveau attentat ? Ça fait longtemps que les groupes armés ont

déposé les armes. Ouais, ouais, ça le fait, ouais.

C 'est quoi toutes ces couronnes de fleurs sur le bord de la route ? Ah ça,

'est tous ceux qui se sont tués.

C 'est dangereux ici, c 'est pour ça que je préfère rouler prudemment. Si on

pouvait rouler plus lentement, ça ne me dérangerait pas.

Il ne faut rouler vite et bien que lentement et mal.

On peut aussi rouler lentement et bien.

Bon, le mur d 'enceinte.

Il part de là à peu près précisément.

Et il va jusqu 'à là à peu près précisément.

Et combien je fais là ? Ça, je sais pas, pour mesurer.

Mais c 'est trop haut.

Je vous l 'ai dit ou je vous l 'ai pas dit ? Pour les mesures, il faut un

Allez, un laser.

Ça y est, maintenant, c 'est quoi dans ce terroir, celui -là ? Maintenant, c

'est quoi déjà nos formules ? Carré, double carré, plus carré, plus carré ?

théorème de Pythagore.

Voilà, Pythagore.

Pas besoin.

Là, à vue d 'œil, ça fait 4 ,40 m. À vue d 'œil ? Oh, oui, si c 'est le tien d

'œil, je préfère qu 'aux mesures.

Attendez. Elle est où, la porte ? Quelle porte ? On a besoin de la porte.

On ne va pas sortir, hein ? Non, mais il y en a qui vont rentrer.

Et quand la famille va venir le voir, ils vont passer par où ? Vous voyez ce

'elle a dit ? Bah, passe -moi le bric, allez.

Tiens, hop.

Aurélie, faut que tu vois même s 'il te pire en pire ton problème.

J 'ai pas de problème.

Je suis maniaque, c 'est pas pareil.

Je supporte pas d 'être sale.

C 'est piqué pour un maçon, non ? En plus, tu as vu comment tu es sur le

chantier ? On dirait que tu es en mariage.

Et pourquoi tu mets pas le gant ? Parce que c 'est sale à l 'intérieur.

Ah, ça va bien le charlotte, hein ? Eh, oui.

Ça va ? Ça va.

Alors, je vous présente M.

Romain Leblanc.

Et là, c 'est Richard, Fifi et Louis.

Nos villages, on les appelle Riri, Fifi et Loulou.

Ça va ? Non, c 'est un petit peu à cause de la route.

D 'ailleurs, vous devriez faire gaffe, vous allez perdre vos points.

Je m 'en fous, ça fait déjà deux ans que je n 'ai plus le permis.

Je déconne.

Ah oui, c 'est le Mont -Corse, c 'est la Macarena.

La Magagne.

Ah oui, c 'est ça, la Magagne.

J 'adore.

Bon les gars, M. Leblanc va construire sa maison, il a besoin d 'une équipe.

Non, en fait, non, parce que je vois que vous êtes très occupé, alors...

Non, je vais faire appel à une autre équipe, il n 'y a pas de souci. Non, pas

problème, on est là.

Non, non, non, c 'est un gros chantier en plus.

Et l 'architecte, c 'est Müller.

Le footballeur ? Oui, celui qui joue à Bayern de Munich.

Bon, vous êtes partant ou pas ? Pas de problème.

Pas de problème, pas le problème.

Attendez, attendez, vous êtes corse, moi ? Moi ? Ah non.

Nous, on construit que pour les Corses, pas pour nous échanger.

Il vous m 'a gagné.

Ah oui.

J 'adore que tu me mens.

Il y a un problème ? J 'ai l 'impression qu 'ils ne sont pas à la hauteur.

Je crois que je préfère demander à l 'archi de faire venir une équipe.

Le gars du coin, ça risque de prendre un temps fou.

Il a l 'euro, il bosse.

Faites -moi confiance, il va sûr.

C 'est eux qui ont fait la baraque de M. Gourdeau, là -bas.

Où ça ? Là où il n 'y a rien.

Je ne vois rien.

Oui, parce que maintenant, il n 'y en a plus.

Est -ce qu 'on ne va pas ?

Parce qu 'ici, des fois, les maisons, elles y sont, et d 'un coup, elles n 'y

sont plus.

Mais vous m 'avez dit qu 'il n 'y avait plus d 'attentats.

Des attentats, non. Des plastiquages, oui. C 'est quoi la différence ? Les

attentats, c 'est politique.

Les plastiquages, non.

D 'accord. Si je comprends bien, moi, je ne suis pas corse. Si je rêve ma

maison, on peut me la faire sauter, quoi. Non, ça n 'a rien à voir.

Vous savez, en Corse, on y trouve ce qu 'on y amène.

Si vous êtes une bonne personne, il n 'y a pas de problème.

Mais si vous êtes une grande gueule qui fait chier, alors là, il y a un bruit

chez les grenouilles.

Autrement dit, il faut fermer sa gueule. Non, vous pouvez l 'ouvrir, mais pour

dire des choses respectueuses.

Et dire que les gens d 'ici ne sont pas travailleurs et incompétents, c 'est pas

très respectueux. En même temps, c 'est quand même un petit peu la réputation

que vous avez, non ? Comme on dit, il n 'y a pas de fumée sans peu.

Ah oui, d 'accord, la réputation.

Comme celle des Parisiens, par exemple.

Des grands de gueule, des gros radins, des râleurs qui se croient super heureux

aux autres. Bon, écoutez, je crois que je vais me passer de votre aide.

Je vais me débrouiller tout seul. Merci.

Pas question.

Je suis redevable envers votre père.

Alors je vais vous aider, que vous soyez d 'accord ou pas.

Et je peux vous dire que ça me fait chier.

Parce que vous n 'avez rien à voir avec lui. J 'espère bien que je ne ressemble

pas.

C 'est dommage, parce que lui, c 'était un mec bien.

Un mec bien ? Super égoïste.

Votre père, l 'égoïste ? Ah oui, d 'accord.

En fait, vous ne connaissez rien de son histoire.

Alors ?

Ça s 'est bien passé avec M.

Falcusi ? Ah, super, c 'est sympa.

Et toi, qu 'est -ce que t 'as fait ? Rien.

Qu 'est -ce que tu veux faire ? Il n 'y a pas de ciné, pas de salon de thé, pas

de galerie d 'art, il n 'y a rien.

T 'es allée sur Internet ? Il n 'y a pas Internet.

Je ne sais pas comment ils font, les gens ici. Ils font quoi dans la journée

Ils ne bossent pas tout le temps, quand même.

Bien sûr que non.

On est en Corse, hein, monsieur.

Il s 'était engagé avec le médecin sans finir.

Celui qui te raconte ça ? Oui, c 'est dans son journal.

Il m 'explique que ma mère l 'avait quitté parce qu 'il ne l 'aimait plus.

Comme il était trop triste, il était allé donner un coup de main à un ami

médecin pour une mission caritative.

Il est resté finalement.

Il a dédié sa vie à l 'humanitaire.

Comment ça se fait que tu ne l 'as jamais su ? Il était dans les pays d

paumée.

A l 'époque, il n 'y avait ni moyen de transport, ni moyen de communication.

Personne ne savait où il était.

Il mettait tous les jours un petit mot dans son journal.

Il pensait tout le temps à moi.

Jusqu 'au jour où il est venu me chercher et puis il a rejeté.

Un permis de construire ? Oui.

C 'est le fils, celui du docteur Leblanc. Je ne sais pas si tu te

Fait que moi.

Merci. C 'est un homme... sympa.

Si on peut accélérer les choses.

Écoute -moi, il faut que j 'aille préparer le conseil municipal demain.

Parce que j 'ai des décisions importantes à prendre pour la commune

sûrement faire jaser.

C 'est sûr que c 'est le bon moment, parce que bientôt, il y a les élections.

Oui, je sais.

Mais tant pis si ça te plaît.

Ce sont des promesses qui me tiennent à cœur et je tiens à les respecter avant

la fin de mon mandat.

Tu me connais.

Quand je fais les choses, je ne les fais jamais à moitié.

Tu as raison.

Et pour ton parisien, bien demain à la fin du conseil, on verra ça

tranquillement.

Bienvenue, monsieur Muller. Mulle, Mulle, Mulle, appelez -moi Mulle. Oui,

'ai oublié.

Vous avez fait mon voyage.

La voiture a malaxé mon estomac. Où est le bagagiste ? Je m 'occupe de tout.

Appelez -moi Mule.

Authentic. I love it. J 'adore.

Wunderbar.

Et cette sculpture.

Sublime.

C 'est pas une sculpture.

C 'est Pompon.

Je l 'ai empaillé et j 'ai rajouté les cheveux de ma mère quand elle est morte.

Ah non, c 'est une magagna.

C 'est l 'humour d 'ici.

C 'est pas une magagna.

C 'est vrai.

Mule, permettez -moi de vous présenter mon épouse, Cécile.

Enchanté. Votre mari m 'a beaucoup parlé de vous.

Ah bon ? That's my kind.

Ah, le rustique, j 'adore le rustique.

On se retrouve en bas dans une demi -heure pour visiter le terrain.

J 'ai hâte.

C 'est quoi ça ? Un lavabo ? Non.

Brossez -vous les dents.

Pardon ? Brossez -vous les dents.

Brossez -vous les dents.

Stop.

Je le savais.

C 'est pas comme ça qu 'on crache. Là, vous vous en foutez partout.

La brosse à dents.

Attention.

Les dents, c 'est frais, c 'est fort, fort fou. C 'est pas compliqué.

Voilà. C 'est comme ça qu 'on fait.

Parce qu 'après, qui c 'est qui nettoie ? C 'est Nini.

Allez, à vous.

Montrez -moi.

Non, non, bah non.

Je vais me laver les dents.

Oui, ça ne peut pas vous faire de mal. Non, non, non, écoutez, je suis

je sais de quoi je parle quand même.

Dentiste, et vous crachez comme un cochon.

Eh bien moi, je n 'irai pas me faire soigner les dents chez vous.

D 'abord, magnifique, encore mieux dans la troisième dimension.

Lorsque l 'on est dans un tel endroit, nous devons prendre hommage à la nature

avec un grand N, comme le faisait Van Gogh, en lui gratifiant dans ses

de couleur si éclatante pour lui témoigner sa reconnaissance.

C 'est pourquoi nous devons nous aussi sans cesse dire Danke.

Dites merci.

Merci, dites merci.

Merci. Merci.

Pas à moi, à la nature!

Merci. Merci.

Écoute, ici, le roi de la nature, c 'est des zones de soleil.

C 'est pourquoi j 'ai intitulé mon projet la ville de la tournesol. Une

tournesol, parce que les tournesols lui font la révérence toute la journée.

Notre maison sera comme eux.

Elle suivra sa majesté soleil dans le ciel de l 'aube.

Je n 'ai rien compris.

Elle suivra le soleil dans son mouvement.

Ce sera la maison tournante.

Il y a ? Une maison tournante ? Il y a. Et ce traitement, lui, non ? Excusez

-moi, M. Muller, mais... Mull, Mull, Mull, appelez -moi Mull.

Mull. Comment on va faire pour retourner les murs ? Ne vous inquiétez de rien.

Je vous expliquerai tout. Ce que j 'attends de vous, c 'est du travail.

Ça, j 'en fais mon affaire. Mille précisions au millimètre près.

Moi, je ne le coupe pas dans l 'œil.

Tu l 'as reçu dans l 'œil, toi. Je ne le coupe pas.

Tout en ligne, en angle.

Pas de courbe.

Pas de courbe.

Excusez -moi, M. Mule, le problème, c 'est qu 'en bas, il y a le phare pour

bateaux. Du coup, la maison, dans la nuit, elle va tourner en rond.

Alors, c 'est plus l 'eau -maison qui tourne le soleil. C 'est l 'eau -maison

qui tout pire.

Non, les quatre heures de mouvement sont réglées. Ils n 'obéissent qu 'à la

lumière du soleil. Vous comprenez ? Oui, oui, bien.

Allez.

Dis -moi, elle est pas que l 'équipe soit pas compétente.

Ils n 'ont pas l 'air très fut -futs, les raptours. Mais non, t 'inquiète, mes

leurs supervisants.

On va quand même être vigilants.

Bonjour. Ah oui, je te présente Santu.

Santu.

Monsieur, la santé.

Merci beaucoup pour votre coup de main.

Avec plaisir.

Il n 'a pas l 'air de bonne humeur.

J 'aimerais bien un petit câlin.

Fais attention de ne pas frotter les draps.

T 'es sérieux ? C 'est quoi ton problème avec ce lit ? Parce qu 'après...

C 'est -à -dire ? Tu veux réhabiliter les chemins des douaniers

? Oui, les restaurer. Pour que les gens puissent faire des balades et accéder

aux plages facilement. Mais ils sont où exactement ces chemins ? Alors, on les

situe à peu près dans cette zone en rouge.

Les propriétaires qui ont déjà des maisons dans cette zone devront céder un

passage.

Ça va faire du bruit, ça.

Oui. Et comment on va faire pour savoir exactement où ils sont, ces chemins ?

Nous avons un vieux plan cadastral dans nos archives.

Il y a de grandes chances qu 'ils figurent dessus.

Toineau, tu peux monter le chercher, s 'il te plaît ? Bien sûr.

Non, c 'est bon.

J 'y vais, moi.

Comme ça, vous pouvez continuer, vous.

OK, merci.

Bon, ce sera tout pour aujourd 'hui. Merci tout le monde.

Alors, ce plan ? Je ne l 'ai pas trouvé.

C 'est sûr qu 'il est dans les archives.

Ah oui, tu n 'as pas dû chercher dans le bon carton.

Toinou, tu peux t 'en occuper, s 'il te plaît ? Oui, bien sûr.

Tiens, on va regarder si elle a demande de permis dont tu me parlais.

Ah non, non, pas du tout. Non, ça c 'est un truc.

C 'est un truc pour l 'assurance par rapport à la station.

Ah, ok.

T 'as l 'air contrarié.

Non, ça va, impeccable.

Bon, tu peux me garder, Hulk ? Je vais aller courir, ça va me détendre un peu.

Ça va.

Une catastrophe ! Moi,

je veux partir à une maison avec des randonneurs qui passent devant mon

Et Columbia, on peut faire une petite exception ? Oula, on voit que vous la

connaissez pas.

Y a pas plus intègre qu 'elle.

Oh, la tête de mule.

Mais oh, c 'est ma femme, quand même.

Mais non, mule, Muller, l 'architecte, il va me lâcher.

Si on falsifiait Leblanc.

Eh, M. Leblanc, c 'est illégal, ça.

Je croyais qu 'il n 'y avait que les Corses qui étaient magouilleurs.

Oui, ça va, c 'est bon.

Oui, finalement, quand ça nous arrange, nos défauts, ça devient des qualités,

quoi. Tu sais, il y a un philosophe corse qui disait « On nous portera quoi

omoulines ».

Ça veut dire que chacun porte le doigt à son moulin.

C 'est quoi ces conneries ? Il y a des philosophes corses ? Bien sûr, mais sans

anonyme.

Qu 'est -ce qu 'ils ont fait ? Donnez -moi le plan.

Tenez -le bien. Bien.

Beau travail.

Vous, les Corses, vous êtes manuels.

Arrêtez de dire du mal des corses, sinon vous allez voir si je suis manuel. Ah

ben voilà, tout de suite la violence.

Bon, qu 'est -ce qu 'on fait ? On discute ou on s 'occupe du plan ?

faire, moi je suis dentiste.

Et alors, c 'est pas des caries, hein ? Non, mais j 'ai les doigts prescrits.

Allez, donnez.

Tenez le plan.

Tenez -le bien. Je le tiens bien.

Voilà.

Et pour le trou, comment faire ? Vous avez du pot ?

Tu n 'as pas vu ? Tu le sais.

Oubliez le scotch.

C 'est très simple.

Si vous le dites.

Les gars, c 'est quoi ce mur ? Qui a fait ça ? C 'est moi.

Tu ne vois pas que j 'ai tordu ?

Il n 'aurait pas tordu, ce mur. Il n 'est pas tordu. Non.

Fifi, tu veux rire ou quoi ? Ce qu 'on réapise.

Bon, on va le casser pour le monter droit.

Nein, nein, nein, ne touchez à rien. Das ist absolut genial.

Fifi, vous êtes fantastisch.

Vous avez fait quelle école ? Oui, il a fait l 'auto -école pour le nouveau

tour, c 'est tout.

Elle a les yeux dilatés, elle transpire, je crois qu 'elle a l 'âge.

Calmez -vous, monsieur Vallée, ça n 'est pas possible.

Je vous assure, elle est de plus en plus agressive.

Tenez, regardez ses yeux.

On voit qu 'elle a la haine, qu 'elle est prête à bondir. Qu 'est -ce que je

dois faire ? Mettez -lui une laisse et une muselière.

Vous m 'avez fait peur.

Je vous rappelle, monsieur Vallée.

Il y a tellement de stress chez vous que même les tortueuses attaquent.

Vous tombez bien, je voulais vous demander où est -ce que je pourrais

une galerie.

Vous mettre sur le toit des voitures ? Non, une galerie d 'art.

Pourquoi faire ? Ok, laissez tomber.

On s 'ennuie un peu chez vous, quand même.

Oui, c 'est ça qui est bien.

Pourquoi vous voulez visiter ? Faites -vous un resto, c 'est mieux.

Il y en a un super à Loum.

C 'est loin ? Non, 20 minutes.

Ah ouais, quand même.

Comment ? À Paris, pour traverser la ville, vous mettez une heure et demie.

Et ici, 20 minutes, c 'est long.

Pas faux.

Je sais ce qu 'on va faire. Non, laissez tomber, c 'est foutu.

Laissez tomber, rien du tout.

En Corse, on n 'abandonne jamais.

Il m 'a appelé Ange. J 'ai un mois, il y a un primeur.

Il va nous faire un faux mieux que le vrai.

C 'est un artiste.

On l 'appelle le nickel Ange.

Mi, nickel Ange. Non, nickel Ange.

Parce qu 'il s 'appelle Ange et il fait tout nickel.

Il a fait 10 ans parce qu 'il fabriquait des faux billets, alors c 'est pas un

petit plan qui va l 'arrêter.

Carrément faux bonheur. Après, ça se vexe quand on dit qu 'ils sont

magouillants.

Allô ?

Bon, ça va ? Nickel.

C 'est pas possible.

C 'est modèle, non.

Nous avons dit pas de courbe dans la maison et là, tout est courbé.

Oui, oui, il faut des cuvettes carrées.

Oui, monsieur, il a raison. C 'est plus le design.

Mais ça marche pas avec les toilettes carrées.

Parce que le cul, il est rond.

Eh oui, elle n 'est pas des plaies mobiles.

Oui, mais les papiers toilettes sont carrés. Et pourtant, ça marche avec les

curons.

Bien, paradoxon. Nous allons les faire carrés, noirs.

Noirs, noirs ? Écoute, Romain.

Romain. Moi, je vais te dire quelque chose.

Moi, je viendrai pas chier chez toi.

En même temps, si chacun fait ça chez toi, ça sera très bien comme ça.

D 'accord.

Elle

a un petit

problème, votre chèvre ? Elle a la peau, on sait pas trop ce qu 'elle a.

C 'est rien.

Elle a juste besoin que vous lui parliez.

Je lui parle ? Discutez avec elle.

Soyez à son écoute.

Madame, j 'ai 200 chèvres. Si je dois parler avec chacune, je ne m 'en sors

Non, pas avec toutes.

Juste elle.

Elle a dû être séparée de sa mère trop tôt.

Oui, c 'est vrai.

Les morts tombent et tombent.

Comment vous le savez ? Vous êtes comme un... Comment dire ? Un

spicologue. Pour animaux, non ? C 'est un peu ça, oui.

Au revoir.

Merci.

Edith,

qu 'est -ce que c 'est tout ce monde sur le terrain là -haut ? C 'est rien.

Juste une réunion de chantier.

T 'es sûre qu 'il n 'est pas trop petit ? Il est magnifique.

Bienvenue chez nous.

Romain. Cécile.

Enchantée, Columbia.

Ah, Columba, comme dans le roman.

Non, Columbia, comme la navette.

Mon père était fan de la NASA.

Oui, je sais, c 'est ridicule comme prénom.

Ah non, c 'est joli.

Ça aurait pu être pire.

Challenger, c 'est plus difficile à porter.

C 'est le prénom de mon frère.

Bonsoir. Bonsoir. Bonsoir.

Pardon, c 'est pour vous, bien sûr.

Il est magnifique.

Merci beaucoup.

Ce sont vos enfants ? Oui, la fille, c 'est Lélia. Elle est prof de lettres à

Avignon. Et Anton, il est ébéniste du côté d 'Ajaccio.

Du coup, vous vous retrouvez seul, comme nous.

Vous aussi, vous en avez deux ? Oui.

Olivier, les médecins à Montréal.

Montréal ? Ah oui, c 'est pas rien.

Et Lucie, qui termine ses études à Lille. C 'est moins fort, mais c 'est

chaud.

C 'est pas faux.

Allez, on va prendre l 'apéro.

Oh, bonjour, toi.

Comment il s 'appelle ? Hulk.

Comme il est mimi.

Oui, mais c 'est une pétouille. Ils m 'ont fait voir de toutes les couleurs.

Vous savez que ma femme pourrait vous être très utile. Elle est

comportementaliste pour animaux. Ah bon ? Oui.

J 'ai un cabinet à Paris.

Qu 'est -ce qu 'il vous fait, ce chien d 'impant ? Il fait pipi partout.

Il bouffe tout.

Les meubles, les chaussures.

Les plans aussi, non ? Rien. En deux, trois séances, on pourra régler ça, je

pense. C 'est vrai ? Pourquoi vous nous avez invités ? Je n 'ai pas envie de

dîner avec vous.

C 'est pas moi, c 'est ma femme. Moi, je ne voulais pas.

T 'es d 'accord, toi.

Et si on trinquait ? Azaloud, ça veut dire la santé.

Azaloud.

Zalou des Samedu.

Zalou des Samedu.

Zalou des Samedu.

Vous n 'êtes pas doué en langue. Ce n 'est pas une langue, pas toi.

Votre terrain est très beau.

Vous allez être bien ici.

Ce n 'est pas encore fait.

Vous n 'avez pas de problème.

Pourquoi il y aurait des problèmes ? Tous les gens étaient comme vous. Pas

certains pinsoutis.

Pinsoutis ? Pinsoutis. Ça veut dire les continentaux.

Il y en a qui débarquent ici, qui se croient tout permis et qui font des

en douce.

Ça, je ne supporte pas.

Vous avez raison.

Vous avez raison.

Oui, tu as raison.

Bon, je vais chercher le dessert.

Vous venez m 'aider, Cécile ? Oui, bien sûr.

On dirait le vrai.

Alors, ils sont pas manuels, les Corses ? Vous me direz combien je dois.

Vous êtes fou.

C 'est mal vu de proposer de l 'argent pour un service.

Alors, on m 'en fait pour remercier.

Dis merci.

C 'est pas con.

Tout à l 'heure, j 'irai le remettre dans les archives de la mairie.

Parce que c 'est comme ça qu 'on fait ici.

De rien.

Quand on dit, on fait. Et quand on fait, on fait à fond.

Encore un philosophe corse, hein, non ? Non.

C 'était mon père qui disait ça.

Bon, ben, on dirait qu 'il y a tout.

Ça me semble parfait, ça.

C 'est bon.

J 'ai retrouvé le plan.

Ah, très bien.

Ben, il était où, finalement ? Ça place dans le bon carton.

Je comprends pas. J 'ai bien cherché la dernière fois, mais... Des fois, on

cherche pas bien.

Oui, ça, c 'est vrai. Une fois, moi, je cherchais mes clés, et je les ai pas

trouvées.

Et... Et enfin, en fait, je les ai pas trouvées, quoi.

Et pareil, moi, une fois.

Et moi, je les ai trouvés.

Après,

ça va.

Quand on les a trouvés, ça va après.

Mais au début... Au début, on ne les trouvait pas, tu vois.

Et pourquoi ? Le mystère de la vie.

Bon... Voyons s 'il y a un chien qui passe sur le terrain.

C 'est quoi ça ? Ah non, c 'est rien.

C 'est parfait.

Super.

Madame le maire.

Madame le maire, c 'est quoi cette histoire -là ? Il paraît qu 'il y a un

pinceau qui va construire sa maison sur le terrain où je garde mes chèvres.

Bonjour, Augustin. Oui, bonjour.

En effet, monsieur Leblanc, il vient de déposer une demande de permis de

construire. Non, mais vous ne pouvez pas lui accorder, là -haut.

Sinon, comment je fais, moi, avec mes bêtes, après ? Tu ne peux pas les mettre

ailleurs ? Non, je ne les mets pas ailleurs. Il y a 25 ans, j 'ai payé déjà

loyer à l 'ancien propriétaire. 25 ans.

Donc, pas question que je le bouge, mon troupeau, parce que j 'ai un bail

verbal, moi.

Ah, un bail verbal.

Oui.

Là, en effet, ce n 'est pas pareil.

Comment on fait pour poser la plomberie sur une maison qui tourne ? C 'est vrai,

quand la maison tourne, l 'eau et l 'eau vont se tordre comme des scooby -doo.

Je vous l 'ai dit l 'autre jour, la maison repose sur les roulements de

C 'est trop fort, M. Bull.

Arrête de faire le scooby.

Il faut qu 'on y aille, on a un rendez -vous important.

Avec qui ? 20 % du terrain à disposition pour son troupeau. Vous vous rendez

compte, c 'est énorme.

Oui et non.

Il y a un philosophe corse qui disait, il vaut mieux avoir 75 % de quelque

que 100 % de rien. Non, mais je m 'en tape.

Et Columbia ? Ça ne fait rien pour moi ? Mais non. Un bail traditionnel, ça vaut

autant qu 'un bail verbal.

Oh, c 'est quoi la con, oui.

C 'est comme dans les combines cortes, hein.

C 'est vrai qu 'elle est con, cette loi. Ah oui.

Mais c 'est une loi française.

De toute façon, moi je m 'en fiche, moi, qu 'il ait un bail écrit, verbal ou

oral. Je me mets où je pense, moi, ton bail.

Comme ça, ça va lui faire un bail anal.

Fais attention quand même, hein.

Parce qu 'il fait partie d 'un syndicat des éleveurs très influents.

Je m 'en fous, moi.

Même vous, de la pression qu 'ils veulent, je ne cèderai pas.

Pas peur des Corses, moi.

Merci pour mon terrain.

Je vous en prie, c 'est rien.

Non, non, c 'est des 20 % de ces terres, c 'est pas rien.

Non, c 'est normal.

C 'est bien d 'avoir respecté la parole de l 'ancien propriétaire.

Chez nous, la parole, c 'est plus important que les écritures.

Oui, c 'est normal.

Au nom du syndicat des éleveurs corse, on tient à vous remercier pour ce que

vous avez fait pour Augustin.

C 'est normal.

Si vous avez des soucis avec n 'importe qui, un voisin qui vous pose des

problèmes ou autre, on s 'en occupe. C 'est normal.

Mais non, ça ira.

Pour votre future maison, risque rien.

Vous voyez ce que je veux dire ? Oui, bien sûr.

Qu 'est -ce que vous voulez dire ? En gros, vous venez d 'avoir une garantie

décennale pour votre maison.

Une sorte d 'assurance Made in Corsica.

Chouette. Je suis hyper content.

Et vous devriez.

Parce que si les autorités donnent le permis de construire cela, ils donnent

permis de détruire.

Chouette.

Allez. Allez.

Quand il ne veut pas avancer, il ne faut pas forcer sur la laisse. Il faut juste

donner comme ça des petites pressions.

Tranquille.

Puis quand c 'est lui qui force, il ne faut pas tirer dans son sein vert.

Il faut seulement tenir fermement la laisse.

Voilà.

Oui. Ah,

guten Tag.

Auriez -vous des baignoires tigrées ?

C 'est une margaine ? Non, ce n 'est pas une margaine. C 'est très sérieux. On

ne plaisante pas avec les baignoires.

Des baignoires tigrées, c 'est -à -dire ? Avec l 'oreillure.

Oreillure oui, oreillure non.

Raymond, pouvez -vous me fabriquer ces baignoires ? Oui.

Il faut juste que je trouve les peaux de tigre.

Olga ? Oui ? On a des peaux de tigre.

Ben non.

On a quoi en pot ? Ben rien, on a que des douches, des fiottes,

du sanitaire, quoi.

Vous préférez pas des pots de sanglier ? Ça,

je peux avoir.

Pas trop difficile pour une femme d 'être mère, ici.

Si tu veux parler d 'inégalité des sexes...

Il faut que tu saches qu 'en Corse, les femmes avaient le droit de vote au

XVIIIe siècle.

Presque 200 ans avant la France.

Ah bon ? Ben oui.

On est en retard sur plein de choses, mais là -dessus, on est plutôt en

Tu sais bien.

Même quand on n 'a pas le pouvoir, c 'est nous qui décidons.

Qu 'est -ce qu 'il faut ? Tu peux me le tenir ? Oui.

l 'Agence française pour la biodiversité.

Messieurs, vous savez ce qu 'il y a sur votre terrain ? Non.

Des zébraées limassous.

Je ne savais pas.

Vous ne savez pas non plus ce que c 'est, j 'imagine.

Non.

Les limaces, vous connaissez.

C 'est comme des escargots sans la maison.

On a de la chance, pas besoin de permis de construire. Là, voyez -vous, c 'est

une variété de limaces zébraées.

qu 'on ne trouve qu 'en Corse.

Elles sont jolies.

Oui, elles sont jolies.

Et puis elles sont très protégées aussi, voyez -vous, parce qu 'elles sont en

voie de disparition.

Le problème, c 'est que votre terrain se trouve sur le trajet vers leur

sanctuaire.

Leur sanctuaire ? Oui, leur sanctuaire. L 'endroit où elles vont se reproduire,

si vous préférez. Je regrette infiniment.

Mais vous ne pourrez pas construire sur ce terrain.

Non, mais elles ne peuvent pas aller baiser ailleurs, les lima sus ? Sous.

Lima sous.

Non, c 'est impossible.

Si je peux me permettre, leur sanctuaire se trouve sur une partie du terrain qui

ne concerne pas l 'implantation de la maison.

On pourrait peut -être procéder comme ça a été fait en Suisse pour la lima s

'acheter. C 'est -à -dire ? Ils ont eu le même problème.

Et ils ont tout simplement isolé la partie du terrain où se trouvait le

sanctuaire.

Oui. Dans ce cas, pourquoi pas ? Je ne m 'opposerai pas à l 'obtention du permis

de construire, mais à condition de condamner toute la zone concernée.

Et boum ! 20 % de terrain en moins.

De toute façon, il est trop grand, ce terrain.

Il y a un philosophe corse qui dit « ou drop ou stroke ». Ça veut dire « le

trop, ça handicap ». Le bras à thé aussi.

À ce rythme, je vais juste me rester à la place pour un abri de jardin.

Je ne sais pas trop quoi te dire. Tu sais que parler, moi, ce n 'est pas trop

mon truc.

Bon, écoute.

Si tu as besoin de quoi que ce soit pour me parler, je suis là.

Tu n 'hésites pas.

Romain, pour la robinetterie, nous avions évoqué l 'acier brossé.

Oui, mais c 'est une faute de goût.

Qu 'on brûle.

Oui ? Je peux ? Bien sûr, toi non.

Qu 'est -ce qui se passe ? Il y a un problème.

Il y a des mecs des syndicats des agriculteurs qui m 'ont appelé.

Ce qu 'on a vu pour les chèvres ? Non, c 'est une autre organisation.

Comment il y en a un ? Plein.

Mais eux, ils rigolent pas.

J 'ai pas trouvé les autres super marrants non plus.

Alors c 'est qui ceux -là ? C 'est des anonymes, mais on sait qui c 'est.

Comment on sait qui c 'est ?

Parce qu 'on les connaît.

Ah, c 'est comme vos philosophes.

C 'est spécial en Corse, ce coup pour l 'anonymat.

Ils m 'ont appelé parce qu 'ils voulaient savoir si vous êtes corse.

Alors j 'ai dit oui.

Pourquoi vous avez dit oui ? Parce qu 'il ne fallait pas dire non.

Ah bon, quand on récite quelque chose ? Ah oui, d 'accord.

Alors vous, les Corses, soit vous parlez beaucoup, vous ne dites rien, soit vous

ne parlez pas, ça veut tout dire.

Dans la merde.

On n 'a qu 'à leur faire croire que je suis corse.

Vous êtes tout fou, quoi.

Comment vous voulez faire ? Déjà, je parlerais presque pas.

Moi, vous parlez, plus vous faites corse. D 'accord, mais il faut parler un

minimum, quand même. Le jour où je suis arrivé, je vous ai vu avec Riri et les

autres. Vous avez parlé par onomatopée. Ça m 'a surpris, d 'ailleurs. C 'est

vrai qu 'en Corse, des fois, on parle comme ça.

Vous m 'apprenez quelques petits trucs, et puis ça le fera.

Non, mais Romain...

S 'il s 'aperçoit que vous êtes pas corse.

Vous, vous pouvez plus construire, et moi, je vais avoir des problèmes plus

graves. Moi, je suis prêt à tout pour faire la maison de mon père.

Allez, comment on dit bonjour ? Bonjour ? Ouais.

Eh ! Eh ! Avec la tête en arrière, comme ça, qui part comme ça. Eh ! Eh

! Eh ! Ouais, au revoir.

Au revoir, c 'est... Ah oui !

Non, la tête part en arrière et un peu sur le côté, comme ça.

Et bon,

d 'autres trucs encore ? Par exemple, vous posez une question, vous ne

connaissez pas la réponse, c 'est... Comme s 'il y avait un M devant, comme

quand on dit mbappé.

Alors, mbappé.

Mbappé. Mbappé, vous savez, mbappé.

Si vous posez une question que la réponse est trop compliquée à dire ou

vous embête, vous faites...

Non,

là, on dirait une poule.

Ce n 'est pas venu.

Qu 'est -ce que c 'est, ça ? Je pense que c 'est venu... Ça, c 'est une vache.

Ça faisait me faire tous les animaux, comme ça.

Bonjour.

Ah, bonjour.

Merci pour ma chèvre.

J 'ai fait ce que vous m 'avez dit, ça va beaucoup mieux.

Tant mieux, je suis contente pour vous.

Il faut que je vous raconte.

Venez, on va se sentir sous l 'arbre, c 'est chaud ici.

Ah non, je suis désolée, je ne peux pas.

J 'ai peur des arbres.

Ah bon ? Mais vous risquez rien, les arbres, ils ont jamais attaqué quelqu

ici. Je sais.

Mais bon, dès que je vois des arbres, surtout quand ils sont au -dessus de

ça me fait peur.

Ça m 'angouette.

Je sais que c 'est ridicule, mais bon... C 'est une phobie.

Non, c 'est pas ridicule.

Vous êtes pareil que moi.

Moi, j 'avais peur des rochers, moi.

Dès que je les voyais, j 'ai tout fait.

En fait, ça venait d 'un autre problème.

Quand j 'étais plus jeune, je ne pouvais pas rester au village.

Il fallait que je bouge.

J 'avais peur de m 'ennuyer.

Attention, c 'était une vraie angoisse.

Je vois très bien de quoi vous parlez.

Quand j 'ai été obligé de m 'occuper des bêtes parce que mon père était trop

vieux, je me suis retrouvé seul avec mon troupeau au milieu de la nature.

Plus tard,

j 'ai compris que ça n 'avait rien à voir avec l 'ennui, en fait.

Rien.

Les rochers, le maquis, les arbres.

Quand vous êtes au milieu de tout ça, madame, il n 'y a rien qui bouge.

Il n 'y a personne autour.

Et du coup, vous vous retrouvez seul.

Mais seul avec vous -même.

Il fallait tout le temps que je fasse quelque chose pour ne pas me retrouver

seul face à moi -même. Tout le temps. Tout le temps.

Et sûrement parce qu 'à l 'époque, j 'étais pas très bien dans ma peau.

Et finalement, seul, avec mes chèvres, j 'ai fini par faire connaissance avec

moi -même.

Et mieux, j 'ai même appris à m 'aimer.

Et depuis, du coup, j 'ai plus jamais eu ce genre d 'angoisse.

De quoi ?

De tout.

Non, laissez tomber, on n 'y arrivera jamais, c 'est foutu.

Attendez, je crois qu 'un corps, ça abandonne jamais.

C 'est eux.

Allez, bougez, c 'est eux. Non, quand on dit, on fait. Et quand on fait, on fait

à fond.

C 'est pas votre père qui disait ça ?

Je te présente Romain, tu sais, je t 'en avais parlé.

Oui, j 'avais compris.

De retour au pays.

De quel village vous êtes exactement ? Ou quel

village ? Sarté.

C 'est pas toi que je parle, Santo.

De Sarté.

Il y a un bruit qui court comme quand vous êtes à Corse.

Comment ça se fait ? Le blanc.

C 'est plus Pinsou que Corse, comme nom.

C 'est du côté de ma mère que je suis Corse.

Hein ? Comment elle s 'appelle, votre mère ?

Elle est morte.

Et ici, les morts, on les laisse tranquilles.

C 'est vrai.

Désolé pour votre mère.

Avec toutes ces questions, je vais finir par croire que vous êtes flic.

Ici, il y a des choses qu 'il ne faut pas dire.

Oui, comme dire à un corps qu 'il est pince -soute, par exemple.

Vous m 'avez vexé, je vous ai vexé un partout.

Désolé si je vous ai vexé.

Mais vous savez, vous faites très attention aux gens qui construisent ici.

Je comprends.

Pas de problème.

C 'est rempli.

Allez, ciao.

Allez.

Allez.

Allez.

On m 'a dit que vous avez loué une voiture.

Si vous avez besoin, je loue deux Bocas 4.

Si jamais ça peut toujours être utile ici.

Moi, c 'est Nomi.

Appelez -moi Mika.

Mika Nomi.

Merci.

Allez. Allez.

Autonomie. Son nom de boîte, il l 'a pas choisi par hasard.

Vous avez vraiment assuré. Même moi, j 'y croyais.

Merci, parce que sinon, j 'aurais été dans la merde.

En même temps, vous étiez un peu dans la merde à cause de moi, donc c 'est un

peu normal.

Puis, je suis un peu désolé si avec vous, j 'ai pas toujours été agréable.

On n 'en parle plus, parce que moi aussi, j 'ai pas toujours été au top

vous. On pourrait s 'y retenir.

Nos pères.

Sam, la prochaine fois que tu demandes à ton cousin Ange de te faire info, dis

-lui qu 'au moins il ne mette pas le nom de son imprimerie en bas de la page.

Un petit filat.

Et vous, j 'espère que vous aimez le camping, parce que c 'est tout ce que

pourrez faire sur votre terrain.

Attends, Colombien ! Oh non.

Nickel.

Nickel con, ouais.

Tout le monde qui vient sur mon terrain, tout le monde.

Les brebis qui ont un bail, les douaniers qui font des randonnées, les

qui viennent niquer.

Qu 'est -ce que ça va être après ? C 'est vrai que t 'es guignard, hein ?

Oh putain.

Tu tues.

Quand t 'es bourré, t 'es plus beug.

Tu le sais.

Bah, on y va.

On y va.

Il y a les gendarmes. Ils sont fumés ? Je crois qu 'ils

ne nous ont pas vus.

Ils nous ont vus.

Bonsoir, gendarmerie nationale.

Vous avez bu, monsieur ? J 'ai bu.

J 'ai bu une bouteille de vin, une dizaine de

whisky.

Ça, ça m 'a fait mal.

J 'ai bu 4 ou 18 cognacs.

Mais je crois que c 'est 18.

Ok.

Soufflez dans le ballon, s 'il vous plaît.

Tu ne me crois pas ou quoi ? Tu n 'as pas une clope ? Tu ne peux pas conduire

dans cet état. Il n 'y a pas quelqu 'un qui peut venir prendre le volant ? C

'est

plus prudent.

Parce que lui, il est bourré.

Tante, vous êtes convoquée à la mairie.

On m 'avait pris pour un jambon.

Non, Mika, je vais t 'expliquer. Non, laisse.

Fais -moi qu 'il veuille lui expliquer.

La dernière fois que j 'ai vu mon père, j 'étais un gamin.

Il m 'a manqué toute ma vie.

Tout ce qu 'il me reste de lui, c 'est ce terrain à guélettre.

Et sa dernière volonté, c 'était que je fasse cette maison en sa mémoire.

Alors voilà, je suis prêt à tout pour la faire.

À tout.

On le prend encore pour des cons ?

Pourquoi vous ne me l 'avez pas dit de suite ? Vous croyez qu 'en Corse, on est

trop con pour comprendre ce genre de choses ? Pas du tout.

J 'ai pensé que vous ne vouliez pas que je construise.

Ça, c 'est parce que vous ne connaissez pas bien les Corses.

Chez nous, on respecte plus les morts que les vivants.

Vous êtes là, cette maison.

Vous ne nous prenez plus jamais pour des cons.

Vous avez ma parole.

Merci. Merci.

Oui ?

Pourquoi tu m 'as menti ? C 'est pas toi qui m 'avais parlé de sincérité ? T 'as

raison.

Je suis désolé, je regrette.

Sans tout, il y est pour rien.

C 'est moi qui lui ai demandé de faire tout ça.

Mais pourquoi t 'as fait ça et ça te ressemble pas ? Je voulais tellement la

voir se permettre de construire que je faisais plus gaffe à rien.

Je suis vraiment désolé.

Bon, Columbia, on va se tomber.

De toute façon, j 'en peux plus.

Achille. Bonjour, Nini. Comment allez -vous ? Mal.

Vous partez ? Oui.

Tant mieux.

De toute façon, on va tous partir un jour.

Vous avez fait la chambre, au moins ? Parce qu 'après, c 'est qui qui nettoie

Ça, c 'est Nini.

Elle est nickel.

Il y a intérêt.

Merci, Alcina.

Revenez quand vous voulez.

Il y aura toujours une chambre ici pour vous.

Vous m 'avez vu sur la montagne.

Si on vendait.

Oui, ce serait mieux.

Non.

Je parlais de nos cabinets à Paris.

Il n 'y a pas de dentiste dans le coin.

Et un comportementaliste, on ne parle même pas. Toutefois.

J 'attends l 'idée ici.

Pierre, ça peut me faire du bien de me retrouver un passage.

Le problème, c 'est qu 'on ne peut plus construire ici.

Columbia nous a accordé la vie.

À condition qu 'on fasse comme tout le monde.

Qu 'on cède la partie du terrain au passé du chemin des douaniers.

C 'est une magagne.

Non, c 'est vrai.

Hein ? Oui.

C 'est vrai ? Oui.

Non. Oui. Ah merde, il nie ma souce.

C 'est une zébraille. C 'est une zébraille.

Comme dirait Pierre, zébrafée.

Ah bah grande classe ! Dis pas merci surtout.

Mais t 'as vu comment tu me jettes ça ? T 'es dégueulasse ton bouquet.

C 'est pas un bouquet, c 'est un paquet cadeau.

C 'est quoi ? Un canoë kayak.

Comme on s 'entend super bien qu 'on s 'est jamais pris la tête, je me suis dit

qu 'on pourrait peut -être se marier comme deux blaireaux.

T 'es vraiment con.

Et je te préviens, une seule journée sans qu 'on s 'engueule, je divorce.

Fantisque.

Juste avant que tu débarques, j 'ai reçu les cendres de ton père.

Il voulait qu 'on les disperse sur son terrain.

Pourquoi c 'est à toi qu 'ils les ont envoyés ? Parce qu 'ils n 'étaient pas

sûrs que tu acceptais de faire cette maison.

Ils ne savaient même pas si tu allais venir ici un jour.

Et maintenant, je pense que c 'est à toi de le faire.

Je voulais te remercier pour tout.

Sans toi, je n 'aurais jamais eu un homme comme toi.

Ce n 'est pas le terrain qui est constructif, c 'est la personne.

Je n 'aurais jamais pensé devenir ami avec un Pinsou.

Ni moi avec un Corse.

Qu 'est -ce qu 'il y a ? Dis -leur, toi et nous. Moi, je n 'ai pas le courage.

La préfecture vient nous envoyer le tracé de la nouvelle départementale.

Elle va passer juste devant la maison.

Ah non.

Oh mince.

Sente, tu n 'as pas un cousin qui travaille à la collectivité ? Oui, Ange.

Laisse tomber, c 'est foutu.

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