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...
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Air de violoncelle grave
...
Musique douce
...
Des cloches sonnent au loin.
...
-Merci.
-Je vous en prie.
-Pourquoi vous avez fait ça ? -Fait quoi ?
-Oh, je vous en prie.
Le billet de 50 000.
-J'estime que c'est le prix.
...
-Vous vous fichez de moi ? -Pas du tout.
-Qu'est-ce que vous voulez ? -Rien !
J'ai trouvé votre petite scène champêtre très réussie.
Vous avez énormément de talent.
-Des biches, je ne fais que ça depuis des siècles.
On voit que vous ne traversez pas souvent la Seine.
-Pour la bonne raison que j'habite le Midi.
...
-Au revoir. -Au revoir.
Vous partez par là ?
-Oui.
...
Vous êtes riche ? -J'ai de l'argent.
Et ne me demandez pas si j'aime la peinture.
-Vous ne l'aimez pas. -Oh ! J'aurais cru le contraire.
-Si vous aimez ce que je fais, vous n'aimez pas la peinture.
-Je serais plutôt contente à votre place.
Comment vous vous appelez ?
-Et vous ? -Frédérique.
-Moi, je vais par là. -Moi aussi.
Oh !
Comment vous les trouvez, ces gravures ?
-Pas terribles.
-Comment vous vous appelez ? -Why.
-C'est pas un nom, ça.
-Ca ne vous regarde pas. -Ah.
Combien elle vaut, celle-là ? -1500.
-Et celle-là ? -10 000.
-Et pourquoi une telle différence ?
-Y en a une du 18e et l'autre, c'est une copie Napoléon III.
-Ah !
Ah !
Oh oui, on voit tout de suite que c'est une copie.
-Oui, oui. Oui, mais c'est l'autre.
-Ah.
Corne de brume Bon...
Je vais par là.
-Moi aussi.
...
-J'habite là.
Alors, au revoir et merci.
-De quoi ?
-Du bon moment.
-Merci également.
-Vous ne voulez pas boire une tasse de café, de thé, quelque chose ?
-Vous avez une salle de bain ? -Oui.
-Si je peux prendre un bain, je veux bien prendre un café.
-Bien sûr !
De l'eau s'écoule.
Combien de sucres ?
-Un et demi.
...
-Vous êtes bien faite, on dirait.
-Pas trop mal.
Passez-moi le café.
-Rincez-vous la tête au moins.
-J'en ai envie tout de suite.
Ah ! C'est infect ! J'avais dit
un sucre et demi.
Vous en avez mis deux. -Oh !
Je suis désolée. Voulez-vous que j'aille chercher une autre tasse ?
-Non, j'en ai plus envie, maintenant.
-J'ai rarement vu quelqu'un d'aussi capricieux.
-Peut-être.
-Vous êtes d'une exigence...
...surtout dans...
-Dans quoi ?
-Dans... -Dans ma situation ?
Eh bien justement, il faut réagir.
Et maintenant, partez.
-Pourquoi ?
-Je sors du bain.
-Je ne comprends pas. -Je n'aime pas
qu'on me voie nue.
-Oh, allons, allons, allons.
Entre femmes...
-Ben justement,
encore moins entre femmes.
Et d'ailleurs, je n'aime pas ce mot.
-Bon.
...
Approchez.
Venez.
Attendez.
C'est tellement mieux comme ça.
Musique douce
...
-"La révolution
"n'est pas un dîner de gala.
"Elle ne se fait pas comme une oeuvre littéraire,
"un dessin ou une broderie.
"Elle ne peut s'accomplir avec autant d'élégance,
"de tranquillité et de délicatesse ou avec autant de douceur,
"d'amabilité, de courtoisie et de générosité d'âme.
"La révolution, c'est un soulèvement !
"Un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre !"
-Tu as raison, Gaston. On klaxonne.
-Dis donc, y a un klaxon qui son.
Hé !
Hé ! C'est Frédérique !
-Merde ! Déjà ?
Qui c'est, celle-là ? -J'en sais rien.
-Où elle a pu la dégotter ? -Une bouche de plus à nourrir.
Allez, au turf ! -J'espère qu'elle est pas chieuse.
-D'où ça vient, ces trucs ?
-Kenya,
Mozambique.
J'adore la chasse.
-Ma poulette ! Ma beauté !
-Mes chéris ! -Dans mes bras !
Je ne peux plus attendre. Laisse-m'en un peu.
-Oh ! Oh !
Oh ! Ecoute, allez, ça suffit maintenant.
-Quoi ? On ne nous aime plus ?
-"Loin des yeux, loin du coeur."
-Oh ! -Injuste !
-Qui c'est cette mignonne ? -Une amie, Why.
-Why. -Why.
-Why comment ? -Demande-lui.
-Why comment ?
-Why.
-Ciel !
-Jacques Riais ! -Fernand Robègue !
-Viens, je t'emmène voir ta chambre.
-Elle me plairait plutôt. Qu'en penses-tu ?
-Ben, charmante.
Dommage... -Elle vous laisse sur votre faim.
-Les chevilles sont acceptables. -C'est bien le moins.
-Les cheveux, c'est important. On n'y pense jamais assez.
-Son centre de gravité est en parfait équilibre
avec son polygone de sustentation.
-Impressionnante chute de l'intelligence
sur la beauté. -Mollet irréprochable.
-De ce qu'on devine.
-De même que la taille. -Beau brin de fille,
y a pas à dire.
-Oui, mais... -Mais quoi ?
-Je ne suis pas entièrement d'accord sur le croupion.
-Ah ? -Dites donc, ça va pas ?
-Quoi ?
Vous écoutiez ? Oh ! -C'est du joli.
-Quelle éducation ! -Ca suffit !
-Laisse tomber. Plus tu marches, plus ils en rajoutent.
Rire gras Dehors, maintenant.
Vous n'avez pas honte ? -Non.
-Bon, allez, dehors ! Dehors !
Dehors ! Allez, hop !
Du balai !
-C'est qui, les deux là ?
-Oh, ils sont très mignons, tu verras.
Il faut s'y habituer.
D'ailleurs...
-D'ailleurs ?
-D'ailleurs, tu sais, à Saint-Tropez en décembre,
c'est pas comme en été.
Y a pas le choix.
Allez.
Bonne nuit. -Bonne nuit.
Percussions dissonantes
...
En parlant fort -Tu ne dors pas ?
-De toute façon, ça n'a pas l'air de vous gêner beaucoup !
-Tu veux qu'on s'arrête ? -Non, non !
Surtout pas !
-Elle est mignonne, la petite ?
-Tu trouves ? -Non, c'est une question.
Elle est mignonne, la petite ?
-Allez !
Hop ! Hop !
...
Why soupire.
(-Merde.)
Quelle taule !
...
Une porte lourde se ferme.
... -Tiens, tu dors pas ?
-Impossible. Trop fatiguée. -Avec toute cette musique...
-C'est pas désagréable. -On passe à la cuisine
et on va se promener. J'ai quelque chose à te montrer.
-Ca fait longtemps que tu l'as, cette maison ?
-10 ans, à peu près. Je l'aime bien. Elle est agréable.
Tu vois, y a toujours du soleil.
...
Violetta !
Je vous présente une amie, mademoiselle Why.
-Bonjour. Avec leur musique, si vous croyez
que ça facilite les choses. Je sais plus où j'ai la tête !
Violetta sursaute. -Qu'est-ce que vous faites de bon ?
-Rôti de veau aux choux de Bruxelles.
-Euh ! -Robègue l'a demandé.
Où est la muscade ? -Où est passée la muscade ?
-Ils farfouillent dans la cuisine ! Ils changent tout de place !
Ils me rendent chèvre, ces deux-là ! Où est cette muscade ?
Ah ! Merci, mademoiselle. J'espère que vous aimez
le rôti de veau avec des choux de Bruxelles.
-Je sais pas. -Nous vous laissons, Violetta.
Et... du calme.
-Du calme, du calme... Petit rire
-Hein ? Pas mal, hein, tout ça ?
-Tout ça est à toi ? -Oui.
Si tu cherches du travail, ça manque pas ici.
-C'est toi qui l'as fondé, ce truc-là ?
-Non, c'est mon grand-père. Et puis, il y a eu des terrains,
et puis tu vois, pendant la guerre...
-BONJOUR, MADAME. -Bonjour.
-Tu te débrouilles ? -Ben oui, je me débrouille.
Tiens. -Bah...
C'est plutôt un métier d'homme, non ?
-Boh... Pff !
Viens.
Frédérique bâille.
...
Oh !
Finalement, j'ai sommeil, moi.
-Moi aussi. Si on rentrait ?
-Oh, non.
On va aller là.
Why bâille.
-Tu aimes faire l'amour, toi ?
-Oh, oui.
Enfin, ça dépend avec qui.
Et toi ?
Pourquoi tu me demandes ça, d'abord ?
Why bâille. -Je sais pas.
-Et toi ?
-J'ai le vertige. -Allez, viens.
-J'ai peur de l'eau. Je ne sais pas nager.
-Allez, viens. Allez, allez, allez.
N'aie pas peur.
Non, mais je veux dire, et toi, ça te plaît ?
-Quoi ?
-Ben...
ça te plaît de faire l'amour ?
-Oh ! Je sais pas.
-Tu sais pas ?
Oh, dis donc !
Tu sais pas.
C'est pas très bon signe,
ça, hein ?
-Je suis vierge.
-Oh ! Ne te moque pas de moi.
-Tu me crois pas, hein ?
Pourtant, j'ai aucune raison de te mentir.
Je ne m'en vante pas, d'ailleurs. Au contraire.
Oh, je sais ce que tu penses.
La vie que j'ai menée,
les types avec qui j'ai dû dormir faute de lit...
...ceux qui me payaient un sandwich pour se croire tout permis,
sans compter les autres, nombreux, qui me sautaient dessus.
-Oh !
C'est ce que j'appelle du mérite.
-Tu me crois pas, hein ? -Oh, si.
T'es folle ? T'es folle ? Je te crois.
Je te crois.
-Et toi, les hommes ?
-Oh.
Frédérique bâille.
Tu sais ici, l'hiver, c'est différent.
Partie de boules l'après-midi, partie de cartes le soir.
Partie tout court, quand on veut.
Sans compter les plaisirs de l'esprit.
La belle vie, quoi. Tu vois ?
J'ai l'impression que tu en as besoin.
Musique douce
...
*Musique yéyé
*...
Tu sais qu'il nous a emmenés chasser au Mozambique hors saison ?
-Félix ? -Oui, Félix !
Vraiment n'importe quoi.
*...
Musique légère
...
Tiens, tiens,
tiens, tiens, tiens.
...
Un pour toi, un pour moi.
...
Ah !
...
*Musique yéyé -Le grand jour
des plus belles années, l'oiseau du paradis au panache indigo.
*La musique couvre sa récitation.
*...
Brouhaha joyeux
-Mon royaume ! Mon royaume pour un cheval !
Robègue rit.
Musique douce
...
-Why.
...
Ah, les résultats de la loterie.
Tu veux me passer les billets ? Ils sont là.
...
Ah !
Ah.
50 000. 50 000 ! -Pour moi ?
-Ah, non, pour moi.
Tu vois ? Et toi...
Frédérique rit.
-Quoi ?
Frédérique rit.
-Toi, t'es... Toi, t'as rien.
T'es même pas remboursée, tu vois ? Oh, ça fait rien.
...
Ambiance feutrée
...
-Trois cartes.
J'ai dit "trois cartes".
... -Trois cartes.
...
-Une.
...
-Parole. -Parole.
-5000. -Oui.
-10 000.
-Tapis. -Tapis, 13 500.
-Je passe.
...
-Euh... 20 000.
-Vous n'avez plus le droit.
Relance immédiate. Dites 13 500.
-13 500.
-3500.
-5000.
-Oh, le bluff !
-On ne parle pas.
-Eh bien parole.
-C'est pas à ton tour, c'est à monsieur.
...
-J'ai tout mon temps. -Attention.
Vous ne pouvez plus relancer. -Je sais.
J'ai un quart d'heure pour payer, si je veux.
...
-Why ?
Va me chercher une bière.
Tu vois bien que je peux pas bouger.
Une bière bien fraîche.
Qu'est-ce que tu attends ?
-Eh bien ?
Mh ?
-J'ai tout mon temps.
-Je vois.
-Je passe.
-3 as.
On sifflote.
...
-Carré de 9.
-Et vous hésitiez à payer ?
Vous êtes dingue ? -Non, je l'avais servi.
C'est pour ça que j'ai pris une carte.
-Coup classique.
-Vraiment, vous êtes bizarre.
Avec un jeu pareil, vous ne relancez pas ?
-Je suis libre, non ?
-Moi, à votre place... -Oh ! Pas de commentaires.
Soyez tous au jeu. Je prends trois cartes.
-Non. C'est fini. On fait les comptes.
-On prolonge un peu, non ?
-Pas chez moi. J'aime la rigueur. On fait les comptes.
-Même pas un coup du perdant ? -Même pas.
Je gagne 83 000. -J'en compte 65.
T'es vraiment pas gentille.
-Dans la vie, il y a des perdants. Moins 65.
-Je gagne 1000. Tenez. -1000.
-Mon prince, vous êtes bien bon. -Et vous ?
-Je perds 35 000. -Moins 35.
-Plus 12 000. -Plus 12 000.
Musique yéyé
...
Comment s'appelle l'architecte ?
-Paul. -Oh !
Bon, allez, je range les jetons.
...
-Je te les dois, puisque je t'en dois déjà ?
-Pas question. Tu as perdu. Il faut payer.
-Avec quoi ? -Tu as un carnet de chèques.
Riais rit.
-Qui n'en a pas ?
-Alors, paye.
...
Mes amis, buvons et mangeons !
...
Tu n'as pas faim ? -Si.
-Et vous, vous n'avez pas faim ?
-Si. -Alors, il faut manger.
...
Allez. A table !
...
-Taittinger, 1955.
Le bouchon saute.
L'artillerie du plaisir.
Champagne !
...
Musique douce
...
-Ah...
...
Tiens.
-J'en veux pas.
-Si, bois.
...
...
Un moteur vrombit au-dehors.
...
Au revoir. Ravie de vous connaître. J'espère que vous reviendrez.
-J'espère.
-Au revoir. Au revoir.
Au revoir, mes petites chattes.
Où tu vas ?
-Me balader. C'est mon droit, non ?
-Oui.
-J'ai mal à la tête. C'est mon droit ?
-Rien ne t'en empêche.
J'ai un service à te demander. -Vas-y.
-Suis-les. -Qui ?
-Eux. Tu sais bien qui. -Dis donc, ça va pas, non ?
-Ca m'amuse, figure-toi.
Et puis, ça ne sera pas gratuit.
Tu veux que je le déchire ? -Déchire.
Déchire. -Je le déchirerai.
C'est promis.
-Albert ?
-Bonsoir.
-Bonsoir.
-Vous m'avez porté chance. J'ai tout récupéré.
Je perdais beaucoup.
-Pourquoi me regardez-vous sans arrêt ?
-Allons bon, c'est un reproche ? -Non.
Pourquoi me regardiez-vous ? -Ca se remarquait tellement ?
-Je vous ai demandé pourquoi.
-Pourquoi ?
Parce que vous êtes une fille, que vous êtes jolie
et que j'aime regarder les jolies filles.
Je devrais pas vous le dire, vous allez me prendre
pour un monstre. -Je peux monter ?
-Pourquoi ? -Parce que vous êtes un monstre.
Le moteur vrombit.
...
-Oh là là ! Vas-y, vas-y ! Prends le volant ! Ouh là là !
Le moteur démarre.
Musique douce
...
-Vous n'avez pas peur de vous promener avec un type
qui n'a pas cessé de vous regarder ? -Je sais me défendre.
...
-Admettons, par exemple, que...
...j'essaye de vous embrasser. Qu'est-ce que vous faites ?
-Je vous remettrais à votre place.
-Et si j'employais
la force ? -Je me débattrais.
...
Promenons-nous.
...
Vous n'auriez pas dû m'embrasser.
-Pourquoi ?
-Pas après ce que je vous avais dit.
-Pourquoi ?
-Ca me met en défaut.
-Oh, ne soyez pas orgueilleuse.
...
-Je m'avance.
Alors, tu viens ?
Imbécile !
Du tissu se déchire.
-J'ai déchiré mon falzar.
-Qu'est-ce que vous faites dans la vie ?
-Je dessine des biches.
-Des biches ?
-Mais oui, des biches.
Ce serait trop long à vous expliquer. Ca m'embête.
J'aimerais que vous m'embrassiez.
-Allons bon.
-Attendez, je vais vous expliquer pourquoi.
Il y a deux types qui nous suivent, Robègue et Riais.
-Ils vont être déçus, j'ai oublié mon portefeuille.
-Je ne plaisante pas.
Ils jouent au poker, des amis de Frédérique.
C'est elle qui leur a demandé.
-Elle vous l'a dit ?
-Non.
Mais je le devine.
-Mais pour quelle raison ?
-Comme ça. Elle s'ennuie.
Ca l'amuse de savoir ce que je fais. Ca la distrait.
Elle sera contente.
-Elle sera contente que je vous embrasse ?
-Mais oui ! -Ah ?
Vous avez le sens de l'amitié.
...
...
-Oh ! Oh ! Quelle salope !
Musique douce
...
-Voulez-vous que je vous fasse un peu de feu ?
...
Non ?
Dommage.
Il y aurait eu une justification à ce feu de cheminée,
à cette musique d'ambiance.
...
A ce whisky que je vais vous offrir.
-Laquelle ?
...
-Je vais vous faire une cour effrénée.
...
Mettez-vous à l'aise.
...
-Vous savez pourquoi
les zigotos de Frédérique nous suivaient ?
-Non. Je m'en fiche.
...
-Paul... -Oui ?
...
-...je voudrais que vous sachiez quelque chose.
-Dites-moi.
...
-Non, je n'en ai plus envie. -Pourquoi ? Dites.
...
-Non, j'aurais l'air trop bête. Ca n'a aucune importance.
-Mais non, dites-moi. -Je vous en prie, n'insistez pas.
-Mais si.
Dites-moi.
...
Frédérique lance des dés.
On sonne à la porte.
Frédérique lance des dés.
On frappe à la porte. -Oui.
On frappe à la porte. Oui !
-Tu es visible ?
-Elle est rentrée ? -Tu parles !
-Il l'a amenée chez lui.
Je dois dire qu'elle n'a pas opposé de résistance, vraiment.
Auparavant,
il l'a baladée au pied de la citadelle.
Nous n'avons pas entendu ce qu'ils racontaient,
mais je suppose que c'est le baratin habituel.
Au début, ta jeune amie a bien fait un peu sa mijaurée.
Il apparaît, dans la lumière, que les propos du godelureau
ont su la convaincre.
-Il faut dire qu'ils étaient assez mignons tous les deux
au clair de lune.
-C'est la "romantische" balade,
une idylle. -Une partie de jambes en l'air.
Frédérique rit.
Ca te fait marrer ?
Tant mieux. -Oui, oui.
Je rigole, je rigole.
Allez donc savoir ce qui se passe dans la tête des filles.
Vous pouvez disposer. -Et... il y a
une petite formalité. -Oui ?
-Mon chèque.
-Argousin.
-Les bons comptes font les bons mouchards.
Bonne nuit, ma poulette. -Bonne nuit !
-Tu iras t'acheter un autre falzar, Gaspard.
-Très heureux que tu aies remarqué ce détail.
-Why ?
-Bonjour. -Bonjour, ma chérie.
-Tu ne me demandes pas où j'ai passé la nuit ?
-Où ça ?
-Chez un homme.
-Oh !
-Tu ne me demandes pas si je l'aime ?
-Tu l'aimes ?
-Je sais pas.
Je crois que non. -Oh !
-Tu ne me demandes pas ce que... j'ai fait ?
-Mh, ça se devine aisément.
Mh, tu veux du thé ? -Oui, je veux bien.
-Bois dans ma tasse, si ça ne te dégoûte pas trop.
-Pas trop.
-Tu veux une tartine ? -Non, merci.
-Alors...
...comment s'appelle-t-il, ce jeune homme ?
-Paul Thomas.
-Ce n'est pas l'architecte ?
-Comme si tu ne le savais pas.
-Il a l'air gentil. Je le connais assez peu.
Eh bien, sois heureuse, ma chérie.
Je ne demande que ça.
Air de violon intense
...
-Bonjour.
Quelle charmante visite !
-Je ne vous dérange pas, j'espère.
-Non, pas du tout.
-Je suis venue voir ce que vous faites.
Alors, vous ne vous êtes pas trop embêté hier soir ?
-Non, pas du tout. C'était une soirée très agréable.
-Pourtant, 3 heures de poker pour terminer un jeu,
c'est pas vraiment terrible, non ?
-La tête de vos deux amis,
c'est un spectacle assez réjouissant.
Venez par là.
Ca vous plaît ? -Oh oui, oui.
Géniale, comme idée. Oui, oui. Si !
-Ce sera fini dans deux mois. Je pense.
L'idée est rigolote.
Toutes les maisons seront pareilles et différentes.
De toute façon, ça coûte pas cher.
-Vous avez l'air heureux.
-Je suis heureux.
-Je suis heureuse que vous soyez heureux.
-Ca s'arrose.
Des cloches sonnent au loin.
...
-Formidable !
Oh, mais dites-moi, vous avez le sens du vrai confort.
-A votre santé.
-Est-ce que vous l'aimez, cette petite ?
-Quelle petite ?
-Ne faites pas l'hypocrite. Why.
-Qui ?
-Why !
-Où ?
Frédérique rit.
-Ne vous moquez pas de moi, en plus. La fille qui habite chez moi.
Vous n'avez pas cessé de la regarder hier.
-Elle s'appelle Why ? Ah, je ne savais pas.
-Vous ne lui avez pas demandé son nom ?
-Non. J'ai oublié.
-Vous ne l'aimez pas.
-Je ne sais pas. Pourquoi voulez-vous que je l'aime ?
-Mais vous avez c...
passé la nuit avec elle hier soir.
-Ah bon ?
Qu'avez-vous ? Vous tremblez.
-Moi ? Pas du tout. -Si, vous tremblez.
-Absolument pas. -Vous voulez un autre verre ?
Quelle heure est-il ?
-15h10.
-C'est affreux, j'avais rendez-vous avec votre protégée à 15h.
J'ai complètement oublié, vous voyez ?
Musique douce -A vous de jouer, ma belle.
...
-Oh, mais y a pas beaucoup de monde sur ce chantier.
-C'est samedi. Ils foutent pas grand-chose.
-Je crois que je...
...j'ai... un peu trop bu. -Vous ne supportez pas l'alcool ?
-Si !
Si.
Mais je suis un petit peu fatiguée.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Pourquoi... vous n'allez pas à votre rendez-vous ?
-Je devrais, vous pensez ?
-Ca va lui faire de la peine.
-Mais non.
Moins que si je lui posais un lapin dans 15 jours ou dans un mois.
Vous allez quand même pas me jeter dans ses bras.
-Je... Je rentre.
Oh ! Vraiment ?
J'ai l'impression...
...que j'ai le feu aux joues.
Mais il n'a jamais servi, ce lit.
Ah ! Non, non, non !
Non, ne me touchez pas.
Si, touchez-moi.
Embrassez-moi.
Musique douce
...
Un moteur vrombit.
...
Une moto s'éloigne.
...
-Paul ?
(Paul.) Eclats de rire d'enfants
Brouhaha de bar
...
Vous connaissez Paul Thomas ? -Bien sûr.
-Vous l'avez vu ? -Pas aujourd'hui.
-Si vous le voyez, dites-lui d'appeler La Rebijoye.
Il a le numéro. -D'accord.
-Merci.
Musique douce
...
-Entrez, charmante enfant ! Venez prendre le thé avec deux gentlemen.
-Nous jouons aux cris d'animaux. Vous connaissez ?
On pousse un cri, il faut le reconnaître.
Par exemple : wouf ! Wouf !
C'est le chien.
-Hêêê ! Hêêê !
C'est le mouton.
Vous comprenez ?
A toi, Robègue.
-Attention !
Ouh !
Ouh !
Qu'est-ce que c'est ? Alors ?
Je recommence.
Ouh !
Ouh !
-C'est le loup. -Oui. A toi.
-Ha ha ha ha ha ha !
-Ah ! Je sais ! Alors, Why ?
-Ha ha ha ha ha ha !
-C'est la hyène.
-La hyène.
A vous. Allez, "faisez" l'animal. N'importe quoi.
Un serpent, un cochon...
-Ma petite Why.
-Qu'est-ce que c'est que ça ? Tu vois, toi, Albert ?
-Non. Refaites-le encore.
-Ne serait-ce pas le crocodile ?
-Mais bien sûr.
Tu as raison, c'est le crocodile.
Voilà de la visite.
-Ah. T'es là.
-Oui.
Bonsoir, Paul.
-Bonsoir. Je suis désolé pour le rendez-vous manqué.
J'espère que tu ne m'en veux pas.
-Non, je ne vous en veux pas.
Quelle idée.
-Why.
C'est inutile de jouer la comédie. Ecoute-moi bien.
Paul part huit jours à Paris.
Je pars avec lui.
-Ca, par exemple ! -Je vous en prie, tous les deux.
Je sais que tu vas me haïr
pour ce que je fais. -Tu me connais mal.
-Désolé, Why.
Tout ça est de ma faute.
-Why, il faut que tu me comprennes.
Je suis en train d'essayer quelque chose.
Il faut que tu me comprennes à demi-mot.
-Un dessin ?
-Je voudrais tellement que tu me comprennes.
Et que si tu m'en veux, tu me pardonnes.
-Je peux rester là ?
-Bien sûr.
Oh, je me rends compte...
que je suis d'un épouvantable égoïsme.
-N'y pense plus. Quand vous reviendrez, je serai là.
-Vous en faites pas,
on va s'en occuper, de la petite !
-Oh, ne faites pas les satyres, vous autres.
-Le sexe et nous...
-On préfère la bouffe. Frédérique rit.
Musique mélancolique
...
-Why !
Why !
Attends !
-Où est-elle, cette enfant ?
-Why !
Why !
...
Attends-nous !
...
Why !
-Why !
-Immangeable. Il a mouillé la viande.
-Je l'ai salée à l'eau de mer !
Et l'asado, hein ? Je n'ai pas remis La viande dans l'asado.
-Vous savez ce que c'est, l'asado ?
-Dans la pampa sud-américaine,
le vent qui souffle à 100 à l'heure
projette les braises ardentes sur la viande ainsi humectée !
-Ici, il n'y a qu'un gril. -Silence !
Retournez à vos fourneaux !
Tenez et dites-moi si c'est bon.
-C'est très bon.
Robègue rit avec emphase.
Musique mélancolique
...
-"Si tu vois un animal au loin, approche-toi.
"C'est peut-être un homme."
Un proverbe finlandais : "Toutes les filles sont bonnes.
"D'où viennent donc les mauvaises femmes ?"
-Qu'est-ce que ça veut dire ? -"Ne sois pas boulanger
"si ta tête est en beurre."
-Vous comprenez quelque chose aux proverbes ?
-"Le diable n'avait pas de chèvres et il vendait cependant du fromage."
Blanc, bleu, rouge ? -Complètement idiot.
Etre dans une maison avec un bon feu
et le ventre plein vaut mieux que de se geler dehors
à la recherche d'un repas, n'est-ce pas ?
-Oui.
-Elle a parlé ?
...
Rires gras
...
...
-Mes chers petits ! -On te croyait morte.
On s'apprêtait à être tristes. -Mon rossignol.
-Bonjour. -Bonjour.
Bonjour.
Bonjour, Why. -Bonjour.
-Ma chérie, comment vas-tu ?
-Ah !
Madame ! -Eh bien ?
-Ne lui réponds pas. Elle a été méchante.
-Elle a été jalouse de moi. -On disait du bien de toi.
-Tu parles ! Tu sais mener ta barque.
Tu gagnes des sous ! Les hommes te font pas peur !
-Ne les écoutez pas, Violetta. Ils sont odieux.
Une cloche tinte.
On frappe à la porte.
Tu es déshabillée ?
Tu as toujours mal à la tête ?
-Je suis juste un peu fatiguée, alors, je me suis couchée.
-Je t'ai apporté ton dessert.
T'étonne pas si la tête te tourne.
Ils ont mis plus de kirsch que de chocolat.
Frédérique rit.
Ces deux-là...
Il faut que je te parle.
-Vas-y. -Non, mais...
il ne faut pas m'interrompre, parce que...
c'est déjà très embrouillé, tu comprends ?
Paul et moi...
-J'écoute. -Non, mais ne m'interromps pas.
La petite aventure que...
...que vous avez eue tous les deux, c'était pas vraiment...
C'était pas vraiment... sérieux, hein ?
Parce que moi, ce qui m'arrive...
...c'est formidable.
Tu sais que je m'emballe pas facilement.
Mais avec Paul...
...tu sais, quand je lui ai proposé...
Quand je lui ai proposé de l'accompagner à Paris,
il a dit oui tout de suite.
-Bien sûr.
Quel homme aurait dit non ?
-Tu m'en veux pas ?
-Pas du tout.
-J'avais peur que tu m'en veuilles. -Mais non, voyons.
Ne sois pas idiote.
-Je suis bien contente.
Tu sais, à Paris, c'était formidable.
On a marché des heures dans les rues, on a...
...été au Louvre. Il m'a emmenée sur ses chantiers.
Tu sais qu'il adore son métier ?
Il m'a fait lire des livres sur l'architecture.
Il est tellement gentil avec moi.
Il est drôle, tu sais ?
Je suis bien avec lui.
Au début, je croyais...
Et puis, il est arrivé un truc bizarre.
-Tu l'aimes.
-J'en suis complètement folle.
-Et lui ?
-Lui, oui, je... Aussi.
Enfin, c'est ce qu'il me dit.
Ca doit être vrai.
Quand je lui ai proposé de venir habiter ici, il a dit oui.
-Vous allez vivre ensemble ? -Oui.
Tu crois que c'est une bêtise ?
-Pas du tout.
C'est merveilleux, ce qu'il t'arrive, non ?
C'est ce qu'il y a de mieux dans la vie.
Qui pourrait se moquer de toi ?
-Je suis si heureuse.
Tu es sûre que tu ne m'en veux pas ?
-Au contraire !
-Bon, je vais les retrouver.
-Oh, qu'ils m'agacent ! Qu'ils m'agacent !
-Mais qui ? -Ben eux,
les amoureux. Regarde-les.
-Pas le temps ! -Ca se donne la main.
Ca susurre, ça chuchote.
A leur âge...
-Je peux pas le voir en peinture.
-Il doit en vouloir à ses sous. -Ah ! Ca te va bien !
Viens plutôt me dire ce que tu penses de ça.
-De la merde.
D'ailleurs...
D'ailleurs...
D'ailleurs, tout est de la merde.
-Ouh ! J'ai froid, tout d'un coup. Pas toi ?
-Tu veux qu'on rentre ? -Non.
-Je vais te chercher ton châle. Où il est ?
-Dans le placard de droite.
Musique douce
...
Voix et intonation de Frédérique -Why, ma petite Why.
Ma petite Why, ça t'embêterait d'aller me prendre un verre d'eau ?
Tu es très belle.
Très en forme, en ce moment.
Musique énigmatique
...
Musique douce
...
-Qu'est-ce que tu fais ?
Voix de Why -Une beauté. J'en avais besoin.
Tu as l'air bizarre.
-Je pourrais te dire la même chose.
-Tu sais, Frédérique me prête toutes ses affaires.
Tant que je veux.
C'est merveilleux, les affaires des autres.
On a l'impression de changer de peau.
-Je ne vois pas l'intérêt.
-Parce que tu es un homme.
Parce que tu es un homme.
Elle me prête ses affaires. Ca t'étonne ?
-Rien ne m'étonne dans cette maison.
Rien.
La porte claque.
-Qu'est-ce que tu as ?
-Rien.
Why, tu la connais depuis longtemps ?
-Oh, je croyais te l'avoir déjà dit. -Non.
-Un mois, un mois et demi.
-Et les deux zozos, Robègue et Riais ?
-Oh, ceux-là, ça se perd dans la nuit des temps.
Pourquoi tu me demandes ça ?
-J'ai l'impression qu'ils me détestent.
-Allons, allons, allons. Tt, tt, tt.
-Tu trouves pas qu'il y a quelque chose de morbide
dans cette maison ? -Oh !
Alors là, vraiment, je trouve que t'exagères un peu.
-Moi non plus, je peux pas dire que je les adore.
-Tu veux que je les renvoie à Paris ? C'est facile.
-Non, n'allons pas jusque-là.
Air de violoncelle grave
...
-J'ai rien fait.
On peut se parler 2 min ? -Qu'est-ce que vous voulez ?
-Allons par là, on sera tranquilles.
Vous êtes heureuse, vous, ici,
et maintenant ?
-Pourquoi ? -Frédérique est
complètement folle de ce type. C'est un salopard.
Croyez-moi, je m'y connais. -Mais...
Qu'est-ce que vous voulez y faire ? -La question prouve votre jeune âge.
Je suis un révolutionnaire, moi !
Une chose me déplaît, je la renverse !
-Je suis très bien comme ça, moi. -Taratata.
On n'apprend pas au vieux singe à faire la grimace.
Vous êtes heureuse ?
-Foutez-moi la paix.
-Petite conne.
-Frédérique ! -Oui ?
-Tu viens ? J'ai à te parler.
-Il y a longtemps que ça aurait dû être fait, tout ça.
Mais pourquoi ? Pourquoi il t'a demandé ça ?
-Ils en veulent à notre bonheur.
-Tu es heureuse avec nous ?
-Ils ne supportent pas Paul. La vie n'est plus la même.
-Les salauds.
-Ne sois pas triste. (A ce soir.)
-Qu'est-ce que vous avez ?
-On a mis une saloperie dedans.
-En effet.
-Foutez le camp.
-Pardon ? -Assez
de vos sales blagues. Foutez le camp.
Tout de suite !
-Quelles blagues ? -On n'a rien fait.
-Partez immédiatement. Je ne veux pas vous voir
une seconde de plus dans cette maison.
-Si tu nous expliquais ?
-J'ignore ce qu'il y a dans la soupe.
Je te jure, on a rien mis. -Partez tout de suite !
J'emploie
les grands moyens ? -Bon, cherche pas à comprendre.
Allez, viens.
-Tu ne nous laisses pas le temps de nous défendre.
-Qu'est-ce que c'est, vu du cosmos ?
On te dit qu'on a rien fait. -T'as pas interrogé la cuisinière.
-Dehors. -Facile à dire, on a plus un rond.
On est loin du compte.
Et le taxi pour Saint-Raphaël ?
Et un restaurant ? 900 km, c'est pas une promenade.
Surtout l'estomac vide.
Bon, on peut pas t'en vouloir, va.
T'es gentille quand même. Je t'embrasse, ma poule.
Je suis sûr qu'on se reverra. -C'est trop long.
Musique douce
...
-Bonjour.
Le petit-déjeuner est prêt. -Qu'est-ce que tu dis ?
-Le petit-déjeuner est prêt.
...
-T'es déjà levée ?
-Ca fait deux heures.
Je me suis promenée.
J'ai préparé le petit-déjeuner. -Oh !
-Je vous ai cueilli des fleurs.
...
-Oh, mes petits chéris.
Je revis depuis qu'ils sont partis.
-Les pauvres. Je me sens un peu coupable.
-Oh, tu sais, les faiseurs de salades, ça va. Après...
-Quelle idée de s'entourer d'énergumènes pareils.
-Ben...
Oh, ma petite chérie, ça t'embêterait
d'aller nous chercher du beurre ?
...
Au revoir, ma petite chérie. -Au revoir, Why.
-A ce soir ! -A ce soir !
...
-Hé, tu bois en suisse.
-J'aime bien le cognac.
-C'est pas un reproche. Sers nos verres.
-Enivrons-nous.
-Tu veux qu'on se soûle, Why ? -Oh oui, bonne idée.
-J'ai toujours de bonnes idées, moi, hein ?
-Je vais mettre un peu de musique.
-Ma petite chérie, va mettre un peu de musique.
*Air d'opéra
*...
-C'est un type qui veut découvrir la sagesse humaine.
*...
Alors, il lit, il lit tous les livres.
Il trouve pas.
Frédérique rit.
*...
Alors, on lui dit qu'il faut aller en Inde.
Il va en Inde, il économise pendant des années.
Il arrive en Inde.
Et alors, là-bas, il demande et personne ne sait.
Musique douce
Frédérique rit.
...
Et alors...
On lui dit que dans les montagnes, y a un vieux sage qui lui sait
ce qu'est la sagesse humaine.
Et alors, il va dans la montagne, il marche, il marche.
Il marche... -Il monte !
-Il monte pendant des mois et des mois et puis il arrive,
il voit le vieux sage et il lui dit :
"Bonjour, monsieur.
"Il paraît que vous savez la vérité."
-Le sens de l'existence. -"La sagesse humaine.
"Vous connaissez la sagesse." -Non, le sens.
-Euh... Qu'est-ce que je disais ?
*... *Le vinyle saute.
Hé, ho !
-Il montait sur la montagne. -Ho !
*... -Le disque.
-Chérie, va changer le disque.
*...
Et alors...
Oui, le vieux lui dit : "Je l'ai pas découverte."
Le vieux lui dit : "Je l'ai pas découverte.
"Si vous voulez, revenez dans 30 ou 40 ans
"et je vous dirai, mais il y a..."
Le volume sonore augmente.
"Alors, allez le voir." Il marche, pendant des mois.
Il monte, il monte pendant des mois,
il arrive, il voit le vieux et lui dit :
"Qu'est-ce que c'est, la sagesse humaine ?"
Et le vieux lui dit, c'est un...
Un... un vieux sage. Il a... 110 ans, et il lui dit :
"La sagesse humaine, c'est un fleuve."
Et alors, le... le... Il lui dit...
Euh... euh... Alors, l'autre lui dit : "Comment ?
"J'ai marché pendant des mois et des mois,
"et puis j'arrive, et vous me dites que c'est un fleuve ?"
Et alors, le vieux lui dit... -Ne sois pas si pessimiste !
-"C'est pas un fleuve ?" -Ne sois pas si pessimiste.
-Je suis pas pessimiste. -Si.
-Non.
*...
Allez, on va se coucher.
*...
Je devrais vous trouver charmantes.
*...
Vous êtes charmantes.
Mes biches.
*...
Allez, venez.
*...
*...
Musique douce
...
Vous pouvez me dire pourquoi on s'est soûlés comme ça ?
-Pour boire !
...
L'air d'opéra reprend.
...
Musique douce
...
L'air d'opéra reprend.
Je vous aime tant, tous les deux.
...
-Bonsoir.
...
Musique énigmatique
...
Musique douce
...
"Ma chère Why, nous n'avons pas voulu te réveiller.
"Paul a été obligé de partir pour Paris d'urgence.
"Et bien sûr, je l'accompagne.
"Nous ne resterons absents que quelques jours.
"La maison est à toi."
Air de violoncelle
-"Tâche de ne pas t'ennuyer.
"Il y a de l'argent dans la commode de ma chambre.
"Nous t'embrassons. Frédérique."
-"Ma chère Why,
"bien sûr, je l'accompagne.
"Tâche de ne pas t'ennuyer.
"Tâche de ne pas t'ennuyer.
"Nous t'embrassons.
"Il y a de l'argent dans la commode de ma chambre.
"Nous t'embrassons. La maison est à toi."
"Nous n'avons pas voulu te réveiller.
"Paul a été obligé de partir et bien sûr, je l'accompagne."
Musique grave
...
"Et bien sûr, je l'accompagne.
"Nous ne resterons absents que quelques jours. Il y a
"de l'argent dans la commode de ma chambre. Nous t'embrassons."
...
-Je voudrais un taxi.
Villa La Rebijoye. Oui, dans Les Parcs.
...
-Où allez-vous, mademoiselle ?
Vous partez ? -Oui. Au revoir, Violetta et merci !
-Mais... vous revenez quand ? -Jamais.
Musique douce
...
Bonjour.
-Qu'est-ce qui t'a pris de venir ? -Je m'embêtais toute seule.
Je m'embête dans cette maison vide.
J'ai besoin d'une présence.
J'ai froid.
Air de violoncelle
J'ai compris que je ne pouvais pas rester.
Il se serait passé des choses terribles.
... -Quelles choses ?
...
(-Je ne sais pas.)
...
Tu n'as jamais entendu crier ?
-Comment, crier ? -Dans ta tête.
Des gens se disputent.
...
Quand je dis "dans ta tête", ce n'est même pas sûr.
...
Comment savoir ?
Quelquefois, ils chantent, ils s'injurient,
font des discours interminables, ne s'adressent pas forcément à toi,
mais quand ils le font, c'est pire.
Ils crient plus fort.
-Que disent-ils ?
-Je ne sais pas.
J'ai même l'impression qu'ils...
...qu'ils ne t'en veulent pas spécialement.
Ils crient, c'est tout. Tu n'existes pas.
Ils en ont assez de crier les uns contre les autres.
Ils cherchent quelqu'un d'étranger, et c'est toi, par malheur.
...
Je ne veux plus retourner à Saint-Tropez.
Je veux rester avec vous.
Avec toi et Paul.
...
Je veux que vous me gardiez. Un téléphone sonne.
...
-Allô ?
Oh, c'est toi.
Bien sûr que je t'attendais.
Oui.
Tout de suite ?
Bon, d'accord.
Mais non, ça m'embête pas. T'es fou ?
Moi aussi. A tout de suite.
Je dîne avec lui.
Dépêche-toi. Il m'attend.
-J'ai fini.
Frédérique. -Oui ?
-J'en ai assez d'être comme j'étais. Je ne peux plus.
Je ne peux plus vivre sans eux. -Qui, "eux" ?
-Toi et lui. Toi et Paul.
-Fous le camp.
-Je vous aimais tellement, tous les deux.
-Tu me fais horreur.
Tu me dégoûtes. -Pourquoi ?
-Ton amour me dégoûte.
Tu n'as pas encore compris que tu étais de trop ?
Allez, salut, ma vieille.
-Et moi, là-dedans ?
Tu crois que j'ai pas envie de chasser quelqu'un ?
Tu crois que j'en ai pas marre, moi aussi ?
C'était pas facile de partir maintenant.
Maintenant que j'ai connu autre chose.
Pourquoi es-tu fâchée, Frédérique ?
Parce que je vous aime ?
Parce que je t'aime ou parce que j'aime Paul ?
J'ai jamais rien connu d'autre.
Comment peux-tu m'en vouloir pour mon premier bonheur,
celui de t'avoir rencontrée, celui d'avoir aimé Paul ?
Musique douce
Je m'en vais. N'aie pas peur.
Je m'en vais tout de suite.
Tu ne me reverras plus, puisque tu le désires.
N'aie pas peur, Frédérique.
Surtout, n'aie pas peur.
...
Et maintenant, Frédérique, je peux te le dire,
est-ce que tu as remarqué qu'on se ressemblait ?
...
Voix de Frédérique On a la même peau.
Les mêmes cheveux.
La même bouche.
La même expression, parfois.
Les mêmes goûts.
Comment peux-tu me reprocher de t'aimer ?
Et d'aimer Paul ?
Puisque toi-même... Le téléphone sonne.
... ...
Allô ?
Paul, mon amour.
Non, j'ai changé d'avis. Je préfère que tu viennes.
Viens dîner dans notre chambre.
Non, je ne suis pas folle.
J'ai simplement envie d'être seule avec toi.
Mais non, je ne suis pas folle.
Je veux être avec toi.
Toute seule.
...
SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA
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