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Original subtitles

Il me reste des abricots.

…

J'adorais Rolande

sa démarche flinguée

ses silences et ses chansons soudaines ses

Des regards rapides et doux.

Rolande.

Regarde.

Chante-nous ce qui marche.

Quand on sortira

le premier soir

tu verras.

On ira dans un trois étoiles.

Les larbins te demandent pardon

quand tu leur marches sur les pieds.

Et on se fera servir au lit.

La couverture aura de la dentelle

avec de grands traits

de soleil par-dessus.

Et on commandera deux filles.

Tais-toi.

Dans trente jours demain.

Tais-toi.

Je vais encore pour cinq ans moi ici.

Sans toi.

Mais je resterai pas à Rolande.

Je me cavalerai ou j'en crèverai.

Si on reprenait Roncar tout de suite

je t'enverrai l'as de trèfle.

Comme ça tu sauras que je suis en cavale.

Mais on ne peut pas décider ça à l'avance.

Au moins 20 ans je serai dehors.

Le 17 septembre tu te souviendras.

Tu es folle.

A minuit où tu voudras.

Place la Concorde

si tu veux

et on les commandera

tes deux filtres.

Après la libération de Rolande

il fallait que je me casse.

Que je fasse la peau d'une matonne

le mur de la taule

n'importe quoi.

Mais pas continuer à me retourner

comme un steak sur le grill.

D'abord l'infirmerie.

Après.

…

Allez défaites le lit. Vite !

…

Voilà posez-la.

…

Ah !

Ah !

Ah !

Ah !

Je le prends.

Oui j'arrive.

Oh bon dieu bon dieu!

Vous voulez me faire tirer de la route?

J'ai une jambe passée.

Vous connaissez le coin?

Oui je fais le parcours

trois fois par semaine.

Vous savez ce qu'il y a là?

La prison.

Alors vous vous êtes...

Vous n'aurez pas d'ennuis je vous jure.

Emmenez-moi.

Les flics ont des moyens

que nous n'avons pas.

Vous comprenez

s'il n'y avait pas votre chambre...

Mais je ne parlerai jamais de vous.

J'ai une femme et des gosses.

Mon camion il n'est pas à moi.

Ah non je ne peux pas.

Au moins ne les prévenez pas au courant.

Allez je vais quand même

vous arrêter une voiture.

Vous me raconterez bien vos limons.

Rolande.

C'est fini.

Ils vont me cueillir là.

Avec ma cheville qui crache le feu

à chaque battement de cœur.

C'est une fille

que j'ai ramassée sur la route.

Elle doit avoir une jambe cassée.

Oh tombée dans les pommes.

Montrez-moi un casse-pied.

Ne bougez pas.

Je m'en vais.

Mais je vous ai assez dérangé.

Oh c'est pas par rapport à moi

vous savez.

Et le fret n'attend pas.

Et puis puisque vous êtes arrêté...

Oui oui je m'en occupe.

Mais vous...

Attends.

Qu'est-ce que tu fous ?

Règne-toi.

On n'a pas toute la nuit.

Ils arrivent.

Ne posez à personne.

Et surtout

ne bougez pas.

Mes copains me déposent chez moi

et je reviens les chercher.

Attends-moi.

Je t'avais pourtant dit de pas bouger.

Comment tu t'appelles?

Anne.

Moi Julien.

Laisse ton manteau.

Il vient de la taule hein?

Tiens.

Tu veux pas essayer

de mettre au moins la bande ?

Tu vas geler tu sais.

Non.

J'aime mieux être bien nue.

Comme tu veux.

Accroche-toi à moi.

On a du café maman?

Juste une goutte bien sucrée.

Il n'y a plus que du sucre en poudre.

Alors?

Qu'est-ce que tu en penses?

Une entorse?

Ça se remet en place en tirant dessus.

Je l'ai vu faire cent fois.

T'en fais pas va.

Avec tout ce boucan

vous allez sûrement réveiller les gosses.

Si je les ai recouverts ils dorment.

Et où est-ce qu'elle va coucher elle ?

Ben dans le lit de Julien.

Et Julien ?

Laissez-vous faire.

Ça va vous rafraîchir un peu.

Mais je m'ouvrirai pas.

Hé il est où la pâcheuse elle là ?

T'occupes pas.

Allez montre-moi ton nez.

Voilà.

Il faut se réveiller maintenant.

Allons Monique. Dépêche-toi.

Bonjour.

Bonjour. Vous avez dormi ?

Monique Alain

qu'est-ce qu'on dit à la demoiselle ?

Bonjour.

Bonjour qui ?

Bonjour mademoiselle.

Un moment je remonte tout de suite.

Je vais vous apporter

de quoi vous habiller.

Et Julien ?

Avec son interdiction de séjour

il ferait mieux de faire moins de bêtises.

Et puis la semaine

il a son travail de représentant.

Il vient quand même voir maman la nuit

presque tous les dimanches.

Tu rêvais ?

Tu aimes le rhum blanc ?

Ça je l'adore. J'en ai jamais bu.

Ça a été ?

Tu sais

mon rêve

c'est toujours le même

là-bas aussi en prison.

Pas toutes les nuits mais...

Au début c'est une espèce de silhouette.

Un homme.

Je l'appelle toute la nuit

et le matin

je sais pas pourquoi

je leur pousse tant que je peux.

Qu'est-ce qu'on m'a pas réveillée

je te jure.

C'est une ombre.

Grande.

Très protectrice tu vois.

Et elle m'appelle tout tout tout seule.

C'est con.

J'avais envie de tout lui dire

de mon passé

et puis mon avenir marcher pour retrouver

Je n'étais pas la mère d'Hollande.

Je croyais détester les hommes.

Même pas.

Je les avais oubliés.

Tu sais quand j'étais en taule

J'ai connu un type tombé

pour une bouteille de rhum blanc.

Tu te rends compte ?

Quatre mois pour une bouteille de niol.

Allez je prends une pipe et je me tire.

Il faut que je descende.

C'est à cause de ma mère.

Orestes !

Je dors sans. Je dors dans sa chambre.

Reste.

Reste.

Mon toutou tout seul.

Mais qu'est-ce qu'il y a

mon p'tit lapin ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Ils vont me couper la jambe !

Mais...

Mais je ne veux pas !

Tu ne vois pas

qu'elle est en train de pourrir ?

Ils me la couperont !

Je marcherai plus jamais !

Dans quelques jours tu verras.

Je suis en train de te chercher

une planque.

On pourra te faire soigner comme il faut.

Mais c'est encore trop tôt tu sais.

Ils enquêtent partout

même dans les hôpitaux.

Allez il faut attendre.

Musique enjouée

...

...

C'est de la même couleur.

C'est assez loin quand même.

On voit seulement des coups de pieds

et avec le vent.

Bonjour t'es prête ? Bon je t'enlève.

Tu seras à temps

avec ta Rolande.

T'épiles pas.

Tu me bois avec des béquilles ?

Je t'y porterai.

Dans deux mois

tu cavaleras comme un chamêle.

Et tâche de ne pas faire de gringues

au type dans la voiture.

Pourquoi tu dis ça ?

Pour la première fois

je revoyais des arbres.

J'étais évadée

enlevée

câlinée

mais vraiment libre.

Le dos de la banquette est plus épais

que le mur où je me suis blessée.

Et les portiers rondent des barons.

Ma liberté toute neuve m'emprisonne.

T'as tort de lui faire confiance.

J'ai jamais eu d'histoire avec Nini.

Ah Nini Nini.

C'est Pierre le patron.

Au temps où il tenait hôtel

elle servait au bar

et faisait les chambres.

Je m'excuse

mais on se l'envoyait pour deux sacs.

Ça a dû passer tout ça.

Une beniche c'est une beniche.

Depuis qu'il fait le cave à l'usine

il lâche tout dans son froc.

Un jour

il donnera la p'tite aux poulettes.

Je parie qu'il te fait douiller d'avance.

C'est normal.

Merde c'est là l'autre avec son colis.

Allez Nini crache pas dans ta soupe.

Débouche plutôt une bonne bouteille.

Allez Gina Sofia couchez !

Et n'oublie pas le vélo Solex à Nini.

Je crois que je t'en ai assez à porter.

Tu parles d'un cadeau

une mineure en cavale.

Bonjour Nelly.

Voilà Anne.

Je vais vous montrer votre chambre.

Tu paies la pension d'accord.

N'empêche que quand elle sera repiquée

elle se mettra à table.

Moi je serai mouillé jusqu'à l'os.

Qu'est-ce que tu veux ?

Ils sont comme ça

Pierre et Nini.

Il faut se les farcir.

Mais tu n'auras pas à t'en occuper.

On te montre trois tripas

tu auras la radio.

Tu seras bénarde.

Toute une chambre pour toi.

Avant tu sais il faisait un peu hôtel.

Et il continue à enclander au préfort.

Julien.

Julien.

Julien ce visage d'homme tué

je marcherai oui

et je repartirai très vite vers Rolande.

Ou bien ?

Ou bien Julien ?

Je me voudrais cruelle

et j'ai envie de douceur.

Julien réveille-toi.

Ou permets-moi aussi

d'entrer dans ton sommeil.

Je suis un salaud d'avoir couché avec toi.

Tu ne m'as pas violé.

Et puis t'es mon frère.

Après tout

quelle importance faire l'amour ?

Ton frère je serais revenu te chercher.

Tu aurais guéri et plus tard

en toute liberté

tu m'aurais choisi.

Là ça aurait été beau.

Mais tu t'es cru obligé.

C'est pas vrai.

Je me suis cru obligé de rien.

Surtout pas de ça.

Tu sais t'aurais été vieille et moche

ça aurait été pareil.

Tu sais t'aurais été vieux et moche.

Pas vieux et moche !

Tu reviens quand ?

C'est donc ça ma cavale.

Trimballée d'une prison dans une autre

Enchaînée à sept jambes

Et toujours seule comme au secret

De journée vide en nuit sans sommeil.

D'ici aussi

il va falloir que je me casse.

Rolande aide-moi.

Mais pourquoi n'avez-vous pas appelé ?

Vous avez mal hein ?

Et Julien qui n'a même pas téléphoné.

Attention.

Les hommes c'est bien tous les mêmes.

Vous ne pouvez pas rester comme ça.

Tant pis j'appelle l'ambulance.

Appuyez-vous à moi.

Je m'arrangerai avec pied

elle est bien trop dégonflée celui-là.

Quelle langue je vais donner ?

Les papiers.

Oh les flics.

Tu sens ma sœur ?

C'est moi qui vous ai élevés.

N'oublie pas de me dire « tu »

devant les infirmières.

Déshabillez-la s'il vous plaît.

C'est une fracture caractéristique

de la stragale.

L'os est déchiré.

Il va falloir intervenir.

Vous avez l'autorisation des parents?

Détendez-vous je vais vous raser.

Tu sais je préfère te le dire.

Tu vas peut-être la perdre.

Faites monter la strégale.

Le mourant que je me suis fait

pendant ces quinze jours

tu peux pas savoir.

Ils s'y sont repris trois fois.

Mais j'ai rien pu voir au moment palpitant

ils m'ont endormie.

Le premier soir

quand je suis entré dans ta chambre

je te jure...

Je t'ai vu.

Je t'ai respiré.

Tu vas m'emmener d'ici hein ?

Tu vas m'emmener d'ici.

Je vais enlever les projettes

et dégager la jambe du plâtre.

En tirant dessus un coup sec

tu verras

comme une botte.

Tu m'aideras.

T'es pas folle ?

Le thermomètre à 6 heures.

Le café les soins

la craie la péliciline.

Encore le thermomètre.

Les soins

j'ai jamais la paix.

C'est pire que la taule Julien.

Mais on est bien blanqués là-derrière.

Regarde ce qu'ils m'ont fait.

J'ai encore plus mal qu'à la jambe

je suis pleine de bleu

c'est pas si fragile

Quel que soit tu sais.

La visite est terminée monsieur.

Salut.

Ça s'est bien passé?

Tiens aide-moi toi.

Oh mais tu vois bien que j'ai les chiens.

T'as fait ce que je t'ai dit?

Mais oui.

Tiens

tu demanderas à Nini de me les laver.

Tu vas peut-être avoir de la compagnie.

Un copain tôt en cavale comme toi.

Je suis bien obligé de le dépanner.

Tu te crois obligé?

Je vais essayer de le caser ici.

Il m'a donné 55 potes et frais d'hôpital.

C'est un petit casseur d'humidif.

Très fort pour la gueule

mais rien dans les paluches.

Et pas grand-chose dans le ventre.

Il s'appelle comment ton copain?

Tu l'appelleras mon père

comme tout le monde.

Il a un avis de recherche au cul

alors avec son mysticisme à la noix

et son vice naturel

il s'est fringué en curé.

Loin ça va être gai.

Je sais Anne.

Je sais que ce n'est pas marrant.

Je... je voudrais faire davantage

tu sais.

Venir plus souvent.

Et même quand je viens

je suis toujours crevé et je m'endors.

Un jour on marchera

dans les rues tous les deux.

Et on aura sommeil en même temps.

Allez je prends une pipi je me tire.

Julien je n'en peux plus

il faut que je me cavale

ils me reprendront je m'en

fous.

Enlève-moi d'ici emmène-moi vite

ou bien je vais sauter le mur

une seconde fois.

Qu'est-ce que vous allez faire

quand vous partirez ?

Vous mettre avec Julien?

Je me débrouillerai.

Je vais marcher non?

Supposons que Julien

parce qu'enfin en ce moment

à cause de vous

il prend des risques

Pas toujours facile de trouver du pognon.

N'oubliez donc pas

c'est une affaire entre lui et moi.

Et s'il ne revient pas

vous y avez pensé à ça ?

Oui. Tout le temps.

A chaque bruit de pas.

A chaque voiture.

chaque fois que les chiens boivent.

Une fois on l'attendait à dîner.

Il en avait pris pour deux ans.

Mais...

Mais s'il était encore arrêté

c'est moi qui l'assisterais.

Avec quel fric?

En allant au tapin

comme moi

je vais à l'usine.

Et on verrait défiler ici

les mistons et les poulets.

Merci bien.

Tandis qu'avec mes clébards

pour entrer ici

faut montrer pas de blanches.

Et si quelqu'un vient vous voir

c'est que moi

je l'aurai autorisé.

Il t'a peint à domicile quoi ?

Toujours les grands mots.

Non je vous présenterai des gars qui…

Et c'est vous qui direz à Julien

qu'il est mac ?

Vous êtes mariée avec ?

Vous êtes pas la première qui l'amène ici

pas vrai Nini?

Vous saurez bien lui entortiller ça

à votre manière

allez.

Je vais y réfléchir.

Tenez

puisque vous voulez à tout prix

être sa femme

occupez-vous de son linge.

Je suis pas la bonniche.

On peut pas être et avoir été.

Et vous Anne enchantée.

Bonjour mon père.

Julien m'a beaucoup parlé de vous

et de votre accident.

Comment va votre jambe ?

Bien merci.

Et vous faites la lessive ?

Je suis mise à Julien ça m'amuse.

Avec les pieds.

Je venais prendre une douche.

Mais prenez-l'un

prenez-l'un.

Je reviendrai un peu plus tard.

Tiens Anne

vous devenez un champion de la béquille.

On ne vous entend même pas marcher.

On ne peut pas travailler ici.

C'est trop… dégueulasse.

Oui c'est dégueulasse.

Vous Anne

vous n'êtes pas une femme.

Vous êtes un petit homme.

Un petit homme bien déguisé.

Vous devez avoir

de très jolis seins non ?

À vingt ans

c'est normal.

Surtout quand on n'a pas eu de gosses.

Vous voulez peut-être

que j'enlève mon soutien-gorge ?

Ha !

Que diriez-vous

d'une petite bouteille de champagne ?

Ce n'est pas bien non ?

Pourquoi faire du champagne ?

Oh ! Nini ! Elle est fâchée Nini !

Allez ! Faites-nous votre beau sourire !

Et vous sortez trois verres !

Ça me ferait mal de boire avec vous !

Passez-moi un bébé

qu'est-ce que vous faites?

Je... je vous porte.

Vous m'aurez franchie au seuil.

Pas avec un crêpe pas avec un crêpe.

Passez-moi un bisou passez-moi un bisou.

Anne! Anne!

Arrête curé! J'ai du dégoût de temps!

Mon aller! Mon aller!

Emmène-moi tout de suite!

Je ne m'emmène pas tout de suite!

Eh bien

va être encore plus dégoûtant que le curé!

Paris!

Je renifle ma ville

je vais me planquer dans son cœur.

Je suis vaincue cassée

mais je suis là quand même

pour recommencer à vivre

et à me battre.

Oui oui une seconde.

L'attention est douillée

mais tu achèteras les bonbons.

Bonjour. Ah présente-moi.

Bonjour. Bonjour Anne. Bonjour toi.

Que je suis contente de te voir.

Allez venez

entrez entrez tous les deux

asseyez-vous.

Attendez

je vais vous faire un peu de place

sur le fauteuil.

Voilà. Toutes ces cravates excusez-moi.

Annie ça te dérange pas ?

Mais non mais tu sais justement

je suis en train de ranger alors.

Attendez Anne.

Prenez un tabouret

pour mettre votre chambre.

Ne vous dérangez pas.

Mais si comme ça. Voilà. Ça va ?

Oui.

Oh zut ! J'ai plus d'apéro.

Ça fait rien je vais envoyer Nounouche.

Nounouche !

Nounouche !

La petite garce !

Elle est encore

à Trahennay-sur-le-Boulevard.

Tenez. La môme a des cognacs

mais elle n'est guère que 5 heures.

Oui tout de suite.

C'est tout petit hein ?

Tant mieux

j'aurais pas à me servir de le béquiller.

Ah! Je vous ai débarrassé une étagère.

Vous dormirez dans le lit de Nounouch

et puis je la prendrai avec moi.

Oh!

Julien!

Bonjour Nounouch.

Qui c'est la fille?

C'est pas une fille c'est ma femme.

Elle s'appelle Anne.

Elle est drôlement jeune ta femme.

Oui.

Je prends une pipette et je me tire.

Ai-je donc tellement envie de cet homme ?

Il meuble ma convalescence.

Julien Julien

mais si j'étais en mesure

d'attendre autre chose

et de jouir autrement

est-ce vraiment lui que je choisirais ?

Méfiez-vous de la Villon

au fond du couloir.

Elle est toujours affouinée.

Vous savez pas l'autre jour

elle avait pris Nounouch avec ses filles

pour leur montrer des images

de femmes enceintes

dans la rousse médicale.

Oh ! À douze ans.

Elle est revenue en larmes ma gosse.

Il a fallu que je lui raconte

des histoires de choux et de roses

pendant une heure pour la calmer.

J'en ai marre de cette vie longue.

Quand Dédé sortira

on achètera un bout de terrain.

Et puis

on construira une petite baraque

bien peinard dans le banlieue.

Avec vous et Julien

on pourrait faire un duplex.

C'est pas demain

que je pourrais vivre avec Julien.

Notre avenir à nous

ce sera jamais qu'une porte de prison.

On peut seulement essayer de durer.

Ça s'arrangera tout ça.

Regardez Dédé et moi.

Quand on a eu Nounouche

on a été recherchés tous les deux.

Je l'ai épousée en taule

pour qu'ils puissent voir la petite

le samedi au parloir.

Et puis le temps passe.

Ah la famille !

Enfin il faut bien vivre.

Et sans sa voiture

je me demande

comment je ferais pour aller au parloir.

Ne vous inquiétez pas.

Je me laisserai même faire du grain

pour votre beau-frère.

Ça doit vous aider.

Ah bah dites donc !

On voit bien que

vous le connaissez pas vous.

Vous savez c'est pas beau à voir hein?

Son truc

il faudra une pince à escargot

pour l'attraper.

Moi je porte ma fille.

Encore pas raté de part.

Oui c'est ça.

Oh

il y a des moments où je le tuerais moi.

Il a pas raté un seul samedi

depuis que Dédé est tombé.

Et encore il arrive toujours en avance

pour me surprendre en combinaison.

Hum! Votre café.

Tiens.

Bonjour.

Salut Dépineuf.

Dis donc vous êtes pas en retard.

Hé! On se saoule mais on se nie.

Allez allez allez allez!

Une minute.

Eh ben viens!

Eh ben voilà voilà j'arrive. Oh là là.

Au revoir mon chou.

Embrasse les dédés pour moi.

Plutôt deux fois qu'une.

Oh merde !

Eh merde !

Mes rêves s'effritent avec l'été.

Rolande peu à peu deviens irréelle.

Crois-tu que je me soucie encore de toi

maintenant que d'autres moyens de jouir

et de pleurer me sont revenus ?

Entre toi et moi

Rolande le temps a construit un mur.

Je ne sais pas si

j'aime encore les femmes

et si je dédaigne toujours les hommes

mais je connais l'homme à aimer.

Julien je t'aime.

Bonne anniversaire!

Bonne anniversaire!

Bonne anniversaire!

Bonne anniversaire!

Bonne anniversaire!

Bonne anniversaire!

Bonne anniversaire!

Bonne anniversaire!

Bonne anniversaire!

Bonne anniversaire!

Bonne anniversaire!

Bonne anniversaire!

Ils sont plus grands que moi.

C'est un yo-yo c'est un ne-ne

c'est un bain jaune.

Qu'on se bibi qu'on se dodo

qu'on se ne-ne.

Tu vas pas t'éterniser ici.

Je vais faire un douche.

Aster si.

Je vais prendre un litron

ça la réveillera.

Prenez plutôt une roteuse.

Vous croyez ?

Allez tu viens nonouche ?

Allez au revoir

les enfants

amusez-vous bien.

Je reviens dans une petite heure.

C'est pas bien quand même dans son lit.

Elle qui fait ceinture

en attendant d'aider.

Tu parles.

Le lit conjugal il en a vu d'autres.

Tiens j'ai un cadeau pour toi.

Je l'ai trouvé la semaine dernière.

T'as cassé une bijouterie?

Mieux que ça.

Elle est belle.

Je vais me coucher.

Anne

fermez bien le verrou

quand Julien sera parti.

Tu crois qu'un jour

on pourra vraiment dormir ensemble

et se réveiller le matin ?

J'en ai marre de passer

d'une taule dans une autre.

Mais tu vas marcher.

Tu marches déjà.

Après...

Après ? Après quoi ?

Tu ne vois pas que tout est déjà

Je suis tricard.

J'ai toujours les flics à ma porte.

Toutes les fois qu'il y a

un casse dans la région

ils viennent me cuisiner.

Que veux-tu que je fasse de plus ?

Tu ne comprends pas

que j'en ai marre d'attendre.

D'accepter que tu te mouilles pour moi.

Tu n'as même pas confiance en mon amour.

Tu crois que je me rends pas con ?

Bon que ça t'empêche pas d'aller rejoindre

ta Rolande et tes petites amies.

T'as oublié ton rencard?

C'est ce soir non?

Vous êtes encore là vous?

Oui je m'en vais je m'en vais.

Mais je t'aime! Je t'aime!

Je t'aime.

Je t'aime.

Je t'aime.

Je t'aime.

Mes enfants !

Quelle douloureuse ce matin alors !

Enfin

j'ai pris des patates pour la semaine.

On tiendra le coup de ce côté-là.

Ah ! Vos pieds !

C'est pas que je les ai oubliés

mais j'avais vraiment plus de quoi.

Ça fait rien.

Vous avez vraiment plus

d'argent de poche ?

Si si.

Et il vous a pas dit

quand il compte à revenir Julien ?

Je l'attendais hier.

Dites sans vous commander

vous pourriez pas lui demander

une petite avance

sur le mois prochain ?

Et puis quoi encore ?

Julien n'est pas mon client.

C'est pas son fric que j'aime.

Oh ben dis donc c'est très joli tout ça

mais vous vous rendez pas compte

du prix de la vie vous ?

Voyons Annie.

Ne me racontez pas d'histoire.

Surtout pas.

Le fric vous savez où on le trouve.

Vous vous débrouillerez bien toutes seules

allez.

Eh ben dites donc pour une fois

que je vous demandais quelque chose.

Je vais faire un tour.

Je vais respirer.

Prenez des tickets de métro sur la table.

Vous emmenez Nounouch ?

Je le veux.

Alors Nounouch

tu veux pas sortir avec Anne ?

Non j'ai pas envie de sortir.

Je reste avec ma mère.

J'étudierai les prix.

Attention

les maudits!

Toujours en main sur les marches!

Musique douce

...

Cris d'enfants

...

Combien de pièces de modèle ?

...

La voiture n'est pas loin vous savez.

Vous allez me suivre vous ne savez pas?

Tu ne te déshabilles pas?

C'est ton petit cadeau que tu veux.

Attends.

Une semaine à être seule

puis il est là étranger.

Je n'ai rien dit pourtant

et s'ils se doutent de quelque chose

c'est que ces mains m'ont su interroger

ma peau.

On va pas à l'hôtel ?

Pour remplir les fiches ?

On remplit pas de fiches pour une heure.

Surtout dans la journée.

Tu veux ?

Y a trop de lumière.

Tu vas fumer dans la rue puis quoi ?

Tu veux te faire remarquer ?

Tête de lard !

Je vais me coucher.

Vous êtes jolies tous les deux.

N'avez pas honte?

Vous croyez que ça va durer?

Mais alors

vous prenez ma maison pour un bordel?

Un bordel oui.

C'est comme ça je me dis.

Vous vous rends obligé d'agir

avec votre plumeur malade.

Non mais dis-donc

qu'est-ce que vous croyez?

Tu ne seras pas amie de longtemps

ma plumeur.

Voilà ce que je prends.

Petite garce!

Tordue! Petite pute!

Julien tu viens m'aider ou ouverte?

Ah ben c'est du joli ça bravo.

Ah non mais c'est pas croyable.

Alors vas-moi ! Tu bouges !

Tout ce que j'ai fait pour elle !

Oh !

Et c'est pas la peine d'en mettre le pied !

Oh ! Quel saloperie !

Anne ! Anne !

Écoute !

T'es pas heureux que je me casse ?

On va être libre !

Plus d'horaires ! Plus de cravate !

On se verra autant qu'on voudra !

On est toujours seuls.

Tu vas t'en aller

et je ne t'en reparlerai plus.

Je souhaite qu'un jour tu chiales

autant que j'ai chialé.

Et que tu m'attendes

comme je t'ai attendue.

Anne !

Anne !

Dis-moi où tu vas !

Anne écoute

je t'en prie

reviens chez Annie.

Demain matin

je contacterai quelqu'un

…

Une nouvelle planque !

Ta sœur Pierre

Annie une autre

et puis quoi après

Julien ? Julien

tu ne comprends donc pas !

Tu as gagné! Je marche! Je marche!

Grâce à toi mon amour!

Tu veux toujours revenir chez ta mère?

Non on n'y va pas! Pas chez ma mère!

Fais la paix avec lui.

Je lui laisserai un message.

Ne lui donne pas ton adresse.

Ne donne ton adresse à personne.

Dans certains hôtels convenables

on fait confiance à votre bonne mine.

Il suffit de présenter avec assurance

un porte-carte videux

que l'employé repousse avec politesse.

Chambre 19.

Non non mademoiselle

ce n'est pas la peine.

Je vous en prie.

Chambre 19 accompagnée.

Toutes les heures ont la même couleur

la couleur du danger.

Je découche rarement

mais chaque après-midi je marche.

Il le faut

pour pouvoir dire à Julien

t'occupe je me dépatouille bien.

Et pour lui faire oublier

l'idée que je l'ai aimé

seulement pour lui dire merci.

Anne alors tu ne dis pas bonjour.

Vous trompez je ne m'appelle pas Anne.

Allons Anne Suzy Suzanne de Fresne.

Alors tu es sortie

on t'a fait une remise de peine.

Oui tais-toi.

Joujou de pastis au fond

un ature et un perroquet.

Alors?

Je me débrouille.

J'aimerais autant que

les flics n'en sachent rien.

Et toi?

Tu sais les passes à 30 ou 50 sacs

j'en ai jamais entendu parler qu'en taule.

Et les bagnoles?

C'est trop risqué.

Avec ma fille je ne me mouille plus.

Regarde-la qui vient.

Elle est belle hein?

Je me la suis fait faire

juste en sortant de Freyne.

Elle a un père.

C'est pas le vrai

mais ça fait rien.

Il est gentil pour elle.

Et toi t'as quelqu'un?

Faut que je m'en aille.

J'ai pas encore dérouillé.

Reste ici je te présenterai.

Y a pas mal de travail tu sais.

Y a du roulement.

Non je préfère pas.

Je me suis cassé la patte au ski cet hiver.

Il faut que je m'orraie du cul.

T'affole pas! C'est les flics du quartier.

Ici on est protégé.

Bien sûr si t'étais en cavale

ça serait pas pareil.

On pourrait pas fermer les yeux tu vois.

Je préfère m'en aller.

Tu t'en tiens pas tu sais.

Viens quand tu veux.

Si je suis pas là

tu m'attends dix minutes.

C'est curieux

vous ne faites pas du tout… Enfin

je voulais dire

on pourrait se revoir.

Pourquoi pas ?

Le hasard fait bien les choses.

Vous avez bien un coin baratitré.

Ah non je marche.

Écoutez.

L'idée de la capture ne me quitte pas.

J'apprends à la regarder en face.

Je la privoise.

Je ne la chasse jamais.

C'est du petit boulot du mégot

du risque disproportionné

de la cheville fatiguée

des microbes et des gnons

qui peuvent s'abattre sur moi

à chaque seconde.

Julien protège-moi

c'est à toi

toi seul que je reviens.

Ma liberté m'encombre.

Je voudrais vivre dans une prison

dont toi seul saurais fermer

et casser la porte.

Chut !

André !

Merci.

Allez je prends une pipe et je me tire.

Mais…

ton train est à trois heures.

Tu m'avais promis…

J'ai quelqu'un à voir.

Oh c'est pas une fille

si c'est ce que tu crois.

Oh je m'en fous va baise-les.

Baise-les toutes.

Mais reviens.

Reviens de temps en temps

comme cette nuit.

Demain on ira faire un tour tu verras.

Une soirée

parfois une nuit

voilà mes bonheurs

deux ou trois fois par mois.

Et puis ne rien dire

même s'il reste à Paris

même s'il me quitte

pour rejoindre une autre femme.

Cette autre

dont la présence et la silhouette

se précisent de plus en plus.

Allez va.

On rentre.

Je les mettrai dans l'eau tiède

à l'hôtel.

Ça les défripera. Tu verras demain matin.

Non je ne me verrai pas.

Écoute... Écoute

puisque je te dis que j'ai des copains

à voir pour le boulot.

.. Tu les connais

c'est chez Albert.

Anne !

C'est bien vous que j'en étais pas sûr.

Ça fait deux semaines que je vous cherche.

Vous vous rappelez de moi?

Je voulais simplement vous inviter

à dîner.

Écoutez si c'est seulement

une question de...

Je vous donnerai l'équivalent de

ce que je vous aurais fait perdre.

C'est d'accord ?

Ça vous ferait vraiment plaisir

que je vienne chez vous ?

Bien sûr.

Mais personne ne vous attend ?

Non.

Personne ne m'attend.

Avec ces vieilles bigodes

il faut faire attention

de ne réveiller personne.

Je suis désolé.

Vous êtes la première femme

que j'amène ici.

Je passerai toute une nuit.

Je m'appelle Jean.

J'ai soif.

J'ai un vieux fond de calva

un peu de bourgelais.

Non de l'eau. De l'eau du robinet.

Vous voulez un jus de fouille ?

Je vous prêche une orange.

Non merci Jean.

Tu vas me veiller ? Et puis quoi ?

Non pas ça.

Allez viens.

Tu m'as fait venir pour ça non ?

Non pas ça.

Et le soir venu

l'attente recommence

l'occasie est sans lettres

le téléphone

qui ne sonne pas les gamberges folles.

Julien

ne laisse pas s'établir le silence.

Pourquoi tout ce mystère ?

C'est une surprise Vanessa.

C'est là que tu travailles?

Non non non non. Venez.

Tu vas pas me présenter à tes parents?

Mais non mais non.

Je l'ai loué hier pour nous.

Enfin pour moi.

Je suis souvent absent

j'ai pensé que

vous pourriez vous en servir.

Allez venir comme vous voulez.

Je ne vous aimerai pas.

Anne je t'aime.

Pourquoi tu me regardes comme ça ?

Je t'aime.

Allez dépêche-toi.

Excusez-moi une vérification de police.

Je reviens tout de suite.

Tenez.

Tiens ma valise. Je reçois les bras.

Tu vois j'accepte.

Le taxi m'attend.

Je repars.

Anne où vas-tu?

Mais qu'est-ce qui se passe?

T'inquiètes pas.

Je reviendrai

puisque mes fringues sont là.

Anne!

Anne!

Il m'avait dit de ne pas venir vous voir.

Mais je mourrais d'inquiétude.

Où est-il?

Ton fils a été arrêté.

Encore?

J'en étais sûre.

D'habitude

il vient toujours le dimanche.

Même cinq minutes.

Il a peut-être besoin d'argent.

Mais je pourrais l'assister

je me débrouillerais.

Vous savez...

Il est à Melun.

Avec la vie de recherche lancée contre moi

le risque est toujours le même.

Que je tapine ou bien que je vole.

Julien il me faut de l'argent.

Beaucoup d'argent.

Pour nous deux.

Très vite

que la vie longue vous voit pas.

Justement

pas plus tard que ce matin

Nounouch me parlait de vous.

Oh c'est très gentil. Fallait pas.

Dommage qu'elle soit à l'école.

C'est bien étant tout.

Vous allez revenir habiter ici ?

Non non non. Je...

Vous savez

si vous avez besoin

vous pouvez me demander quoi que ce soit.

Eh bien...

Ça vous dérangerait pas de me le garder ?

Soyez sans crainte. Personne n'y touchera.

Vous voulez la clé ?

J'ai un double.

Non je vous remercie.

Annie.

Oui.

Vous êtes la seule à qui je...

Allez allez c'est bien naturel.

Une partie de moi dort avec Jean

se réveille au réveil de Jean

et retrouve Jean le soir.

L'auberge est secourable.

Mais c'est Julien

toujours Julien qui s'avance vers moi

qui chante en moi.

C'est pour lui que j'attends

que je supporte le reste ne compte pas.

Et ton boulot ?

Je serai en retard

tant pis pour une fois.

A ces moments-là je me fais douce.

C'est ma pension que je paie.

L'après-midi j'essaie d'étirer le temps.

Mais je m'arrête aux limites du sacrilège.

Si un homme a les yeux de Julien

ou s'il m'aborde avec sa voix

Je me détourne et je me sauve vers Jean.

Lui au moins

n'a rien que je sois tentée d'aimer.

Je te comprends pas.

Vraiment je te comprends pas.

Tu n'as rien à payer tu ne dépenses rien.

Tu as de l'argent planqué chez une amie.

Ces types-là

tu vas pas me dire que tu les aimes.

Et toi est-ce que je t'aime toi ?

Pourtant je rentre ici tous les soirs.

Mais je me fous de toi comme du reste.

Et le fric je le garde.

Il est à Julien aussi

et on le croquera ensemble

lui et moi

quand il sortira cet été.

Je veux tout garder pour lui

tu comprends ?

Tout intact.

Julien

plus faim ni soif depuis si longtemps.

Si longtemps avec la seule envie de toi

à crier.

Oh chère si pareille

comme moi

mal cicatrisée de la vie

vois-tu j'aurais dû faire gaffe

davantage quand tu me faisais l'amour

serré un peu moins

on ne s'est jamais assez regardé.

On saisit trop fort oui.

La mort même

ne ferait pas ouvrir les doigts.

Mon petit.

Ça te plaît de me voir gâner hein ?

Ça te plaît ?

Ça te plaît de me voir gâner ?

Mais il va sortir tu entends ?

Et on jouira tous les deux

comme les autres.

On jouira à se tuer.

Et on fera tout oui tout.

Au moins une fois.

Mon petit.

Ils sortent le 21.

Je viendrai le chercher.

Non.

Non.

Justement il ne veut pas.

Il a peur qu'il se mette en fume

pour le pisser.

Il a dit que je vienne seule.

Mais je veux pas me pointer

devant la porte.

Je suis pas con à ce point.

C'est déjà risqué de parler avec moi.

Mais pourquoi pas un troquet ?

Je sais pas moi.

En tout cas

pas le 21.

Il veut pas.

Mais puisqu'il me l'a dit enfin.

Bon.

Je comprends.

Alors le 24.

Ça lui ira le 24 ?

C'est facile. C'est la Saint-Jean.

Au petit troquet devant la gare

à 7 heures.

S'il veut vous voir avant Julien.

Oh Anne.

Quel malheur.

Oh non ben regardez

ils ont forcé la serrure.

On était au cinéma.

Les soirées sont longues

vous savez.

Et Nounouch

elle veut pas dormir sans moi.

Elle a peur que je revienne pas.

Pas vrai Nounouch ?

Et que je sois emmenée à l'hôpital.

comme son père.

Alors forcément moi je l'emmène.

Plutôt le samedi à cause de l'école

parce que je...

Cette serrure n'a jamais été forcée.

Ces coups de lime ou de je-ne-sais-quoi

c'est du bidon hein.

Vous vous figurez que j'allais avaler ça

sans moufeter.

Alors vous croyez qu'ils sont rentrés

avec une fausse clé ?

Ça suffit Annie. N'en parlons plus.

Mais rendez-moi ce qu'il reste.

Je suis sûre

qu'ils n'ont pas tout chevravé.

C'est-à-dire ?

Ils n'ont pas tout trouvé

parce que j'avais fait plusieurs paquets

après votre départ.

Vous sentez venir le con peut-être.

Vous me direz combien il vous manque.

Quand Dédé sera sorti

on vous remboursera

ma parole.

Le fric après tout

il y en a au coin de la rue.

Il suffit d'aller le chercher.

Tiens tu t'achèteras des bonbons.

C'est elle qui est venue t'attendre

à la sortie de l'atoll hein?

C'est pour ça que

t'as pas voulu que je vienne.

C'était première caresse.

C'est elle qui les a eues hein?

À ma place.

Et moi? Qu'est-ce que je suis moi?

Une autre fille.

Ça m'a rangé d'aller coucher chez elle.

Tu sais bien que

je peux pas aller à l'hôtel.

Mais je ne l'ai jamais aimée.

Et puis souvent

j'étais tellement fatigué.

Anne!

Julia reviens dis.

Il faut revenir. J'ai besoin de toi.

Je n'en peux plus.

Je pleure de joie à l'idée de toi.

Nous devons nous retrouver il le faut.

Où merde j'en crève !

Tout ce qui fait ma vie présente

Aussi bien la lutte que le plaisir

Que l'étourdissement ou le sommeil

Tout est désert.

Ah ! dis-moi que tu vas revenir

Dis-le-moi

Dis-le-moi.

Je t'en prie

prends-là la route qui est moi

Prends dans tes bras ce petit animal

Tiède et lourd qu'est l'amour d'âne.

J'en ai assez de le porter

sans pouvoir ni le tuer

ni le confier aux mains sans douceur.

Pardonne-moi.

Je n'ai plus peur. Je te veux.

Je te veux.

Et non telle que je te rêve

mais telle que tu es.

Il y aura tant de malheurs

tant d'aventures

tant de tendresse encore

pour toi et pour moi

pourquoi pas pour nous.

Le bien malin le mieux.

Tout sera réglé avant demain.

Tu m'attendras à l'hôtel.

Il est trop tard maintenant.

Reste avec moi.

La sorcière garde pas les papiers.

Anne...

C'est pas pour ça

qu'on a fait tout ce chemin.

Je t'en prie

n'entre plus chez cette fille. Demain.

T'inquiète pas.

T'as petite trousse.

Je lui quitte ça et je te rejoins.

Tu vas t'écrouler dans son lit.

T'inquiète pas

je te dis.

Je t'attendrai

Qu'est-ce qu'il y a ?

Avec mes papiers de tricard ?

Pour quelques heures.

C'est justement.

Non on a toute la vie maintenant.

Allez va acheter un bar à 8h00.

Repose-toi bien et fais-toi réveiller.

Oui tout de suite.

Attendez une minute attendez! Entrez!

Il est sept heures madame.

Dites il n'y a pas d'erreur

c'est bien deux filtres.

C'est bien deux filtres merci.

Mademoiselle?

Oui?

Non rien excusez-moi.

Ça fait longtemps que je te cherche

tu sais.

C'est pas la peine de courir.

C'est foutu

maintenant.

Ma petite trousse.

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