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Original subtitles

WWW.MY-SUBS.CO

1 En matière de justice criminelle

le peuple est représenté par deux entités distinctes mais d'importance égale :

la police, qui enquête sur le crime

et le procureur général, qui poursuit les criminels.

Voilà leur histoire.

- Mets-moi dix sur les Expos. - Gardes-en un peu pour bouffer, têtard.

Je sais, Allie est sur mon dos.

- Le bébé arrive dans 3 semaines. - Dis-lui que tu investis pour son avenir.

Ouais, dis-lui toi. Tiens, je vais me faire une Ford pourrie.

Ouais ? Moi une Mercedes.

Fais gaffe à la calandre.

Trop tard, vieux. Je me suis fait un feu avant.

Péter un feu à ce tas de ferraille, ça l'arrangerait.

Putain de merde.

Je lui ai déjà dit.

Je ne sais pas combien de fois.

- Comme une voiture. - À quelle heure ?

- 9 h hier soir. - Vous avez regardé par la fenêtre ?

Dans ce quartier, on préfère ne pas trop regarder.

Merci, Mme Pinsker. Un officier va vous raccompagner.

Ne vous dérangez pas. J'attirerais l'attention.

Deux balles dans le bas du dos.

Les yeux sont vitreux, rigidité cadavérique. Mettons, 10 heures.

Garland Booker, 21 ans.

323 Ouest 140e. 10 $.

Carte de crédit de grand magasin. Il avait des dettes ?

Les créanciers sont nerveux de nos jours.

Deux blessures dans le dos. Je doute que le tireur ait été sous la voiture.

Donc, M. Booker s'est fait tirer dessus quelque part par là

et est monté dans sa voiture pour se vider de son sang.

Les clés étaient sur le plancher. Il a essayé de démarrer.

Hein, il serait allé tout seul à l'hôpital ?

Chef, on dirait que quelqu'un a saigné.

ÉQUIPE D'ENQUÊTEURS

Tiens, un doublé.

Une grosse affaire, un gros calibre. Il a rampé jusqu'ici avant de mourir ?

Cecil Booker, 27 ans.

Quelqu'un se fait la famille.

- Ces types étaient frères ? - Ouais, ce serait génétique.

Cecil a fait de la prison pour vol, détention d'arme, deux agressions.

Garland, vol de voiture, vol avec effraction, voie de fait, détention d'arme.

Maman doit être fière.

Ils n'ont pas partagé qu'un utérus.

Tous les deux tués avec un 38.

- Et le 45 de Cecil ? - Deux balles en moins.

Super. Une fusillade en pleine jungle

et personne ne voit rien.

Les magasins étaient fermés. On verra les voisins cet après-midi.

Ça pourrait aider. Tant que vous y êtes, vous pourriez trouver

ce que ces banlieusards faisaient en centre-ville un jeudi soir ?

Le quartier est chaud.

À quoi tu penses, un deal qui merde ?

Cecil avait une pipe à crack dans sa poche. Ils ont des antécédents.

Et la bagnole ?

Elle appartient à Laticia Ramis.

Petite amie ? Femme ?

Garland ne se droguait pas.

Il s'était trouvé un vrai travail. Il était coursier.

Et ça ?

C'est tombé de son camion de livraison ?

Vous nous accusez toujours en cas de problème.

Mon Garland s'est fait tuer. Vous vous en moquez.

On veut savoir ce qu'il faisait en ville hier soir avec son frère.

Cecil lui devait du fric.

Il disait que si Garland le suivait, il lui rendrait.

Tout de suite ?

Cecil a dit qu'il savait où trouver le fric dont il avait besoin.

Vous ne lui avez pas demandé de détails ?

À quoi pensiez-vous ?

Je sais pas. Cecil parlait beaucoup.

Il disait qu'il connaissait un mec, avec qui il était en taule.

Un nom, Laticia ?

Marvin Welles.

Garland ne savait pas de quoi il s'agissait ou il me l'aurait dit.

Cecil devait de l'argent à tout le monde. Même à moi.

Vous êtes une banque ?

Vous savez quel job je fais.

Tu parles. Je n'attends qu'une occasion de fouiller ton appartement.

La femme de ménage est déjà passée.

Je suis clean.

Cecil.

C'était ton associé ?

Pas longtemps.

Les bénéfices partaient en fumée quand il était là.

Tout le monde sait que Cecil n'était pas un gros poisson.

Tout ce qu'il achetait, c'était pour sa conso personnelle.

Il te devait combien ?

Suffisamment pour ne pas le tuer.

Tu as une arme ?

Je suis un criminel, vieux. En liberté surveillée.

Si je devais en avoir une, j'en prendrais une jetable.

Mais n'hésitez pas à demander une perquisition.

Nous le ferons peut-être, Marvin.

Sans problème.

PRESSING JOON RHEE 170 28e RUE - VENDREDI 24 JUILLET

M. Rhee, quand avez-vous fermé hier ?

À 20 h, je pars.

20 h ? Et vous n'avez pas vu la Ford bleue garée devant ?

Non. Ils sont morts, ces mecs ?

Autant qu'on peut l'être.

Bien.

Ils étaient mauvais.

Vous tournez le coin de la rue, ils vendaient de la drogue toute la journée.

Les deux ?

Ceux-là, d'autres. Ils sont tous mauvais.

Non, pas les autres, ces deux-là. Vous les avez vus avant ?

Oui, ils viennent tout le temps pour faire nettoyer leurs costumes.

Ils ne viennent que pour une seule raison : prendre mon argent.

Vous avez eu des problèmes ?

Pas de problème. Juste une solution.

Vous croyez que je reste assis à regarder les gens marcher dans la rue ?

La pancarte dit ouvert jusqu'à 9 h.

Plus le filet est grand, plus il y a de poissons.

Ça mordait hier soir ?

Pas terrible, j'ai fermé à 8 h.

C'est une rue difficile. J'ai beaucoup investi.

Vous avez repeint ?

Oui, j'ai repeint, nouvelle pancarte, nouvelle alarme.

La compagnie d'assurance, dès que quelqu'un se fait braquer dans la rue,

ils doublent la prime.

Je fais tout ce qu'ils disent, mais ils m'augmentent quand même.

Je travaille dur pour y arriver. Pas comme ces minables. Pardon.

Un autre qui n'a rien vu, rien entendu.

La surveillance de quartier n'est pas passée dans le coin.

Il y a pas mal de marchandise à voler.

Cecil voulait payer ses dettes.

Il y a un braquage dans son casier.

M. Costas ?

Avez-vous une arme ?

Vous allez nous faire appeler le Service des Permis ?

Oui, c'est bon. J'ai une arme.

J'ai aussi le droit d'en avoir une. Deuxième amendement.

- Quelle sorte d'arme ? - Un 38.

L'arme et le permis, s'il vous plaît.

- Christine, c'est votre femme ? - Oui.

Pas de carte verte jusqu'à il y a trois mois. Pas de carte verte, pas de permis.

Donc elle vous l'a prêtée ?

Oui, elle travaille aussi au magasin. Elle s'occupe des comptes.

Tout le monde dans le quartier a une arme.

On a besoin de se protéger.

Nous voudrions votre arme.

Oui, c'est ça. Et je fais quoi sans arme ?

Appelez le 911. Voilà votre reçu.

Merci.

Ces bébés ne viennent pas de l'arme de M. Costas.

Même calibre mais ce sont des balles numéro cinq et l'arme a des six.

Désolée, les gars.

Si tu avais peur de te faire braquer,

tu garderais ton arme planquée derrière ?

Sauf si je veux une retraite anticipée.

Moi non plus. Helen, le numéro des permis ?

Memo trois.

Quel est le nom de sa femme déjà ?

Non. On a vendu cette autre arme.

M. Costas, vous abusez de notre patience.

Bon, je suis en état d'arrestation ?

Je connais mes droits, grâce à l'instruction civique.

Vous n'êtes pas en état d'arrestation, d'accord ?

La peinture, quand a-t-elle été faite ?

Le week-end dernier.

Non. Ça a l'air plus frais que ça.

Quand on regardera sous cette couche de peinture, on trouvera quoi ? Des balles ?

D'accord.

Ils avaient des armes.

Je pense qu'on serait plus à l'aise au commissariat.

D'accord, c'est bon. Je coopère. Allons-y.

Celui-là, il est entré vers 20 h 30.

Il a essayé des Piaget, Ebel, Cartier.

Il me dit : "jolie montre, petit bonhomme". Je savais qu'il allait la prendre.

Il a essayé de la voler ?

Non, il est parti.

Vers 21 h, il revient avec celui-là.

Vous les avez laissé entrer ?

Ils étaient dans la cage. Le gros a sorti son arme.

Quel choix j'avais ? Je les ai fait entrer.

Pourquoi ne pas vous réfugier derrière ?

Je suis quoi, Superman ? Ces enculés avaient des armes.

Je devais les laisser me tuer ?

Personne ne dit ça, M. Costas. Continuez.

Donc vous les avez fait entrer.

Mon arme, je la garde près du bouton.

Vous les avez fait entrer et vous avez attrapé votre arme ?

Je ne veux tirer sur personne, mais ils étaient dans mon magasin.

Mon magasin. J'ai le droit de me défendre.

Pouvez-vous nous dire exactement ce que vous avez fait ?

Ils m'ont tiré dessus, j'ai répondu. Je les ai tués.

Comment leurs corps sont arrivés dehors ?

Ils ont couru. Ils sont morts dehors.

M. Costas, pourquoi n'avez-vous pas appelé la police ?

Je sais que c'est mal. Mais vous ne comprenez pas.

Goetz, je me rappelle de Goetz. Un héros, vous l'avez mis en prison.

- C'était différent. - C'est ce que vous dites.

Mais l'immigration, ils diront quoi ? Je n'ai pas la nationalité.

J'ai la carte verte, j'ai pris les cours,

mais tant que je n'ai pas prêté serment, ça ne vaut rien.

J'ai travaillé six ans pour en arriver là.

Et je dois tout perdre parce que ces connards veulent me voler ?

Bon, sa couverture ne plaide pas en sa faveur,

mais vu sa position, qu'est-ce qu'il peut savoir ?

Assez pour nous mener en bateau.

Bon, et son histoire ? Elle tient debout ?

Elle vacille, mais bon... Après ce qu'il a vécu,

on s'attend à ce qu'il soit brouillon.

Bien, on fouille le magasin. On aura peut-être des réponses.

Deux balles du 45 de Cecil.

Trois balles du 38 de Costas.

Sans parler des trois extraites des corps.

L'une d'elles a dû traverser Garland.

Ça en fait six au total.

Ce qui veut dire que Costas a vidé son arme.

Il aurait pu battre en retraite et plonger sous le comptoir.

Même Carl Lewis ne peut éviter une balle.

Il a choisi d'appuyer sur la sonnette, à côté de son arme.

Un autre choix de vie.

Il se trouvait trop jeune pour mourir.

Il fait ce qu'on lui dit. Il les fait entrer.

Il attend qu'ils entrent pour leur tirer dessus ?

Je ne pense pas qu'il ait pensé à tout ça.

Je crois qu'il n'a pas eu à le faire.

Il dit qu'il les a fait entrer.

Les tirs commencent, ils s'enfuient.

Et il appuie sur la sonnette pour les faire sortir ?

L'un des deux tenait la porte ?

Ce n'est pas ce qu'il nous a dit.

Il ne les a jamais laissé entrer. Il a tout de suite tiré son arme.

Des poissons dans un bocal. Ils étaient coincés dans la cage.

"Rôle numéro 77 4124.

"Ministère Public contre George R. Costas."

Inculpé pour deux meurtres avec préméditation.

Que plaidez-vous, M. Costas ?

Non coupable, M. le juge.

Votre Honneur, étant donné la gravité des crimes,

l'État demande une caution de 750 000 $.

Parfait. On laisse tomber le procès, passons à la condamnation.

M. Costas gère un inventaire de plus d'un million de dollars.

Au détail, Votre Honneur, la plupart sont en dépôt.

La valeur des biens de mon client...

S'il vous plaît, Maître Drakos, on ne marchande pas.

Homicide justifiable.

M. Robinette, comment conduirez-vous cette affaire ?

Nous examinons les preuves. Nous n'avons rien à proposer.

Qu'y a-t-il à examiner ? Cette affaire ne tient pas.

Avant de dépenser l'argent du contribuable, trouvez un accord avec Maître Drakos.

- Votre Honneur... - Caution de 100 000 $. Affaire suivante.

Peut importe comment on le décortique.

Le jury ne le prendra pas pour un vigile.

Ils le prendront pour un tueur quand ils sauront qu'il a menti.

Quand il a eu sa photo dans le journal, on a essayé de le tuer.

Le jury se dira

qu'il n'était pas déraisonnable de se couvrir.

Ce n'est pas déraisonnable comme preuve de culpabilité.

Un jury voudra plus que de la rhétorique.

Le jury d'accusation trouvera ça assez convainquant.

Oui, 13 sur 23, ce n'est pas une validation éclatante.

On va ignorer ces morts ? Ce sont ses deuxième et troisième meurtres.

La légitime défense ne vous donne pas le droit de tuer.

Sauf si c'est pour ne pas vous faire tuer.

Elle ne laisse pas de place à un suicide justiciable non plus.

Et si Cerreta avait raison ?

Garland allait attaquer Costas avec une barre de fer.

Essaye dans l'autre sens, Paul.

Et si Garland agissait en légitime défense ?

Garland et son frère étaient les agresseurs de départ.

Pas de légitime défense.

Sauf s'il s'est retiré du premier accrochage.

Après, il est revenu à sa voiture.

Et il est inconcevable que Costas n'ait pas vu

que Garland essayait de s'échapper.

Ça ne me dérange pas qu'on applaudisse quelqu'un qui s'est défendu,

mais un meurtrier ?

Il tue deux personnes et se plaint de sa prime d'assurance ?

C'est peut-être le prix que ça coûte d'avoir un commerce de nos jours.

Il dit qu'il a tout fait pour baisser ses primes.

L'assurance de mon propriétaire offre un rabais si on installe des sécurités.

Il est écrit qu'il n'a qu'une cage de sécurité.

S'il était si soucieux de sa sécurité, pourquoi ne pas faire de travaux ?

Il dit qu'il en a fait.

Un dispositif de sécurité, c'est large.

Ça peut être une caméra, un chien, une porte renforcée.

- Pour 200 $ de rabais ? - C'est ce qu'a consenti l'assurance ?

Par trimestre, depuis l'année dernière.

Voilà. Costas, George. 1006, 28e.

Une cage de sécurité, il y a deux ans.

Novembre dernier, il a installé un système de surveillance Tracon Five.

Une caméra, une cassette de 48 heures.

Nos enquêteurs n'ont pas trouvé trace de la caméra.

Vous avez une preuve d'achat ?

Installée par Fortas Electronics, Fort Lee, New Jersey, le 15 novembre.

- Faites une photocopie si vous voulez. - Merci.

Comment puis-je savoir s'il avait une caméra ?

J'ai été deux fois au magasin.

J'ai un appareil photo à la place du crâne ?

Ça vous rafraîchira la mémoire.

D'après ce papier, il vous a acheté une caméra.

George est de ma famille.

Il voulait économiser. Il voulait un bout de papier, je le lui ai donné.

Et alors ?

"Alors", c'est une escroquerie.

Un larcin. Si vous pouvez le prouver, tapez-le sur les doigts.

C'est quoi, ça ?

Une inculpation pour meurtre avec préméditation.

Je peux présenter ma version au jury d'accusation.

Je n'ai pas encore déposé la plainte. Je peux le faire.

Si je trouve vos empreintes sur cette caméra, M. Fortas, c'est ce qui vous attend.

D'accord.

Je lui ai vendu la caméra, comme sur le papier.

Elle fonctionnait le soir de l'attaque ?

Je présume.

Il m'a appelé après, et m'a demandé s'il devait s'en débarrasser.

De quoi ?

La cassette.

Je lui ai dit : "George, prend cette putain de caméra et va voir un avocat."

Il est devenu fou.

Sa femme a failli se faire tuer.

Ces gens l'ont acculé.

Quels gens ?

Pauvre bonhomme. Il aurait dû rester en Crête.

À moins que vous fournissiez la cassette, vous avez un billet pour la prison.

Annulez la réservation, Ben. Mon client n'a jamais admis qu'il y avait une cassette.

Si. À son beau-frère.

Si vous ne l'avez plus, c'est une destruction de preuve.

C'est pas grand chose, mais ça pourrait faire annuler la caution.

J'ai la cassette.

Je lui ai dit de ne pas la détruire.

On a pas besoin de ça pour gagner le dossier.

Ne vous attendez pas à ce qu'on vous félicite. On enverra quelqu'un la chercher.

Il va tomber de son piédestal.

Si j'étais dans le jury, je ne sais pas de quel côté je serais.

Pour moi, c'est clair.

Il recharge et sort pour finir Garland Booker.

Je ne vois pas ça. Il sort. C'est tout.

On peut en déduire ce qui s'est passé dehors.

Un rapport médical et balistique ? Vous ne trouverez pas de preuves chez nous.

Pas sans les déclarations que Costas vous a fait.

Quelles déclarations ?

Il n'a jamais dit qu'il avait tiré dehors.

Il s'est couvert. Il a menti. Le mensonge prouve la culpabilité.

Il n'y aura peut-être pas de jury. Demande de suppression.

Pour les déclarations faites au commissariat et pour toutes les preuves qui en dérivent.

Quand vous avez interrogé Costas au commissariat la première fois,

- vous lui avez lu ses droits ? - Non.

- Il n'était pas en garde à vue. - Il dit que si.

JUGE EDMOND FRANCIS - AUDIENCE JEUDI 24 SEPTEMBRE

On l'a fait venir au commissariat.

Il a été gardé en lieu clos.

Il a été interrogé par la police pendant une heure et demie.

La Cour d'Appel a un mot pour ça, "garde à vue".

Donc, lecture de ses droits.

M. Costas n'était pas en état d'arrestation. Il était libre de partir.

Toute personne à la place de mon client aurait pensé que c'était un test.

Quelqu'un qui ne connaît pas bien les lois de ce pays.

Quelqu'un qui a déjà été interrogé par la police.

Quelqu'un qui a volontairement accompagné les agents au commissariat,

qui n'était pas en garde à vue, et n'avait pas à entendre ses droits.

Cela pourrait satisfaire la Cour Suprême, M. Stone,

mais l'État de New York a une vue plus généreuse

de la protection des conseils donnés au prévenu.

J'accède à votre demande, Maître Drakos.

Les déclarations de M. Costas à la police sont retirées.

La cassette a été découverte grâce aux déclarations de mon client.

Des déclarations spontanées faites avant la garde à vue, avant même

que la police ne suspecte M. Costas.

Ils ont fait des déclarations sous serment.

Je les ai lues. Je suis d'accord. Je rejette les déclarations, pas le reste.

J'espère que les images parleront d'elles-mêmes.

En résumé, les Booker ne sont jamais sortis de la cage.

Notre M. Costas a tiré avant eux.

Qui a dit qu'il fallait donner une longueur d'avance aux méchants ?

Sans parler des balles derrière le comptoir,

c'est un argument de légitime défense.

Que dit Costas ?

Qu'ils n'étaient pas dans la cage quand il a tiré.

Plus il en dit, plus il ment.

L'Immigration ne fait pas peur qu'aux Haïtiens.

Son inquiétude pour sa citoyenneté est peut être véridique.

Je vais commencer l'introduction devant le jury d'accusation,

je retarderai le vote jusqu'à ce que vous trouviez quelque chose d'utile.

Très bien.

Il reste ouvert plus longtemps que les autres, il a deux revolvers,

il a une cage.

Il croit peut-être qu'il peut s'occuper de lui tout seul.

- Tu le prends pour Charles Bronson ? - Tout le monde a un héros.

Oui, un témoin serait plus utile.

Vous dites qu'il garde une arme dans l'arrière boutique ?

C'est là que sa femme fait les comptes.

Et elle n'était pas là jeudi ?

En Grèce on dit :

"Celui qui n'est pas debout, les autres l'enterrent vivant."

Donc, pour vous, votre mari a fait ce qu'il fallait ?

Pour tous les gens de cette rue.

Vous n'étiez pas là pour le protéger.

Que faisiez-vous jeudi soir ?

J'étais chez mes parents, dans le New Jersey.

Écoutez, nous ne sommes pas des criminels.

Mme Costas, justifié ou pas, votre mari a tué deux personnes.

Vous croyez qu'on est contents ?

Vous le traquez comme s'il avait mal agi.

Il devait se défendre.

Vous ne savez pas ce que c'est, ce commerce.

Allez voir, parlez aux commerçants du quartier.

On fait tous attention aux autres. Tout ça, à cause de George.

C'est lui et les Coréens qui ont organisé tout le monde.

Là-bas, nous savons qui sont les criminels.

Ça me rassure

de savoir que des bourrins armés protègent nos rues.

S'occuper de soi-même, n'est-ce pas une vertu ?

Ils améliorent un peu le concept de protection mutuelle.

Le monsieur du pressing, ça lui irait bien un pinceau.

Il a dit qu'il avait fermé à 20 h.

Il éteint les machines, fait la caisse de la journée

et il est 20 h 30, 21 h.

À temps pour voir son pote Costas avoir des problèmes.

Tout le monde est parti à 20 h.

M. Rhee, couvrir un crime, c'est en être le complice.

Je ne suis pas complice.

Mais si j'avais été là, je l'aurais aidé.

La police ne nous aide pas.

Avec des gens comme M. Costas, on s'inquiète moins.

C'est un héros.

Tirer sur deux hommes dans une cage ? Ça vaut une médaille ici ?

George sait s'y prendre avec ces voyous. Il l'a fait à Fort Lee.

Il a fait quoi ?

Il nous a montré des photos. Du journal.

Il ne nous a pas montré de photos.

Parlez-nous de Fort Lee.

Il avait un magasin là-bas. C'est tout ce que je sais.

Il y en a qui n'ont pas de chance. C'est quoi son nom, à Caliméro ?

- George Costas. - Ouais, c'est ça.

Ouvert depuis un an, trois gamins sont venus se servir.

C'est inhabituel à Fort Lee ?

Non. Mais neuf mois plus tard,

un malade débarque avec un fusil de chasse.

Cette fois-ci, Costas l'a descendu. En un coup.

On est arrivés, le mec avait un tunnel au milieu du front.

Costas était assis là, l'air de dire : "T'as vu, Maman ?"

- Vous l'avez poursuivi ? - Pour absence de remord ?

C'est un héros local. Et puis, il y avait des témoins oculaires.

Nick Fortas. C'est grec ?

Beau-frère. Il a tout vu.

Et les beaux-frères n'ont pas de raisons de mentir.

FORT LEE, NEW JERSEY MERCREDI 29 JUILLET

La 1ère fois, ils ont pris 8 000 $ en montres.

J'ai dit à George ce qu'il pouvait faire.

Ce n'était pas : voter pour plus de police ?

Pour ce que ça change.

Je l'ai emmené au champ de tir et je l'ai équipé.

Il n'avait jamais tenu un flingue de sa vie.

En Grèce, il y a des tonnes de lois sur les armes.

Content de savoir que notre pays est civilisé.

Et comment.

Bon, et ce samedi, ce gorille entre et essaye de le voler.

George lui en a mis une entre les deux yeux, comme je le lui ai appris.

D'après le rapport, vous étiez dans le magasin quand c'est arrivé.

Dans le fond, j'installais un ordinateur.

Vous n'avez pas vu la fusillade ?

J'ai vu ce qu'il fallait.

- Vous lui avez parlé cette semaine ? - Oui.

Il vous a dit ce qui s'est passé.

C'est quoi le problème ? Quelqu'un fait votre job, vous lui sautez dessus ?

Nous vérifions parce que certaines des choses que votre beau-frère a dit

ne collent pas.

Par exemple, il n'a jamais parlé du feu d'artifice de Fort Lee.

Si vous demandez dans le coin,

tous les proprios que je connais feraient la même chose que George.

Vous y compris ?

Si quelqu'un me cherche, il me trouvera

en moins de deux.

Il remballe ses flingues et déménage dans un quartier encore plus exposé.

Ça ne ressemble pas à quelqu'un qui cherche la paix.

Mais la gloire et la fortune.

Peut-être plus que gloire et fortune.

Ce mec débarque à peine d'Athènes.

Il galère pour gagner du fric.

Qu'est-ce qui rend Amos célèbre ?

Si d'en tuer un lui rapporte, en tuer deux fait de lui un héros.

Il travaille tard, seul.

C'était une cible accidentelle ?

Oui, je crois.

Tu es dur avec lui.

Des armes, Phil. Tout le monde doit en avoir une, non ?

Ce que mon père a fait de mieux, c'est laisser son revolver au bureau.

Au boulot, il était content de l'avoir.

C'était un îlotier.

Tu crois qu'être derrière une caisse en centre ville est moins dangereux ?

Les frères Booker n'y sont pas allés pour lui chanter Joyeux Anniversaire.

Ça te paraît normal ?

C'est l'autopsie de Garland.

"Entrée de la blessure en bas à gauche, sortie en haut à droite."

Entrée près du rein, ressortie par l'épaule.

Ça va de bas en haut.

Comment tu t'en chopes une en sortant d'un magasin ?

J'allais y venir.

Vous croyez que c'est la seule bagnole ?

J'ai deux prises de drogue et trois homicides avant vous.

On apprécie que tu nous files un coup de main.

Il était sur le dos allongé sur le siège ?

Il a dû monter après s'être fait tirer dessus.

Et puis, s'il était par là

il cherchait probablement ses clés.

Si on prend en compte la perte d'énergie cinétique

et la vitesse résiduelle,

votre projectile

finit juste là.

ASSISTANT DU PROCUREUR BENJAMIN STONE - LUNDI 3 AOUT

C'est une balle de 38. Venant peut-être du feu de Costas.

Ça ferait sept balles de Costas. L'arme n'en contient que six.

Il a rechargé ?

Il a trouvé Garland dans la voiture qui cherchait ses clés sur le plancher.

- Costas l'a tué. - Attendez.

Il y avait une barre sous le siège.

Garland voulait peut-être l'attraper.

Pour sortir et mettre Costas en pièces ?

Il avait peut-être peur pour sa sécurité.

Tu aurais peur, barre de fer ou pas.

Mais ça ne change rien.

Une fois partis du magasin, Costas n'avait plus le droit de les traquer.

Je vois pas ça comme ça.

Un individu a le droit d'utiliser la force

pour arrêter l'auteur d'un braquage.

Ça couvre les officiers pris dans une fusillade.

- Phil a enquêté sur plusieurs... - Dix-neuf.

... et a trouvé qu'ils étaient tous justifiés.

De par la loi.

La loi parle de braquage.

Les Booker n'ont rien pris. Il n'y a pas eu vol.

Costas n'avait rien à récupérer.

Costas ne devait pas être dans la rue avec une arme,

à moins de vouloir tuer quelqu'un.

Comment savoir s'ils ne reviendraient pas le tuer ?

Rappelons-nous que cet homme est la victime.

Même si la situation était mauvaise,

Costas avait d'autres options.

On ne devrait pas avoir immédiatement recours à la force physique mortelle.

Deux inculpations de meurtre avec préméditation.

On veut plus de criminels ?

- Vous le relâcheriez ? - Pour Cecil Booker.

Que le jury d'accusation en décide. Lisez-lui ses droits.

M. Costas, pouvez-vous passer devant le comptoir, s'il vous plaît ?

- Qu'est-ce qu'il y a ? - M. Costas, s'il vous plaît.

Tournez-vous, monsieur.

Que lui faites-vous ?

George Costas, je vous arrête pour le meurtre de Garland et Cecil Booker.

Vous avez le droit de garder le silence.

Si vous refusez,

tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous

- dans une cour de justice. C'est compris ? - Oui.

Vous avez le droit d'appeler un avocat.

Dans la cassette fournie par son avocat,

M. Costas échange des coups de feu avec ses agresseurs.

L'avocat de M. Costas dit que la bande montre clairement...

Chaque directeur de rédaction de l'État a passé la bande hier soir.

En avant, en arrière, au ralenti.

On n'a pas arrêté de voir Costas.

Sur cinq secondes de vidéo.

Si le public ne voit que ce que leur montre Drakos...

Ils vont en faire un héros national.

On peut imprimer nos atouts dans l'esprit du jury.

Oui, vous passez le reste de la cassette

et vous n'aurez pas le temps de stopper la bande,

que Drakos opposera un changement de lieu.

Il a déjà démarré les hostilités.

Le lobby des armes a canonisé Goetz.

Ils n'ont pas besoin d'un autre martyre.

Vous réduisez les charges pour Cecil Booker à infraction avec arme

et vous négociez pour Garland Booker.

Homicide involontaire, de quatre à douze ans.

Ben, seuls les criminels vont en prison.

Quelqu'un qui tue deux personnes dans la rue, c'est quoi ?

Un héros américain.

Une fois dans le magasin, mon client avait le droit de tirer.

La blessure de Garland était mortelle.

Il aurait parcouru les 70 m qui le séparaient de sa voiture ?

S'il y a un propriétaire de magasin dans le jury, au mieux le procès est ajourné.

Vous misez l'avenir de votre client là-dessus ?

M. Costas, quatre ans fermes valent mieux que 25 potentiels.

Vous voulez dire que j'avais tort de me défendre ?

Il attrapait quelque chose sur le sol de sa voiture. Ça pouvait être une arme.

M. Costas, vous admettez que vous avez tiré sur Garland dans sa voiture ?

Bien, cette réunion est finie.

Pour un homicide par négligence, appelez-nous.

Je ne veux pas négocier. Je n'irai pas en prison.

- George... - Je vous ai écouté,

j'ai écouté Nick. Ça suffit. Je suis innocent.

Je connais des cas identiques, à Baltimore, à Los Angeles.

Les gens comme moi se défendent et ne vont pas en prison.

Ça n'a rien à voir, monsieur.

Demandez à n'importe qui dans la rue.

Ils vous diront que ce que j'ai fait était bien.

Personne ne nous protège. Personne.

Un jury décidera qui est la victime.

Deux criminels armés ou M. Costas.

C'est définitif, Adam. Costas veut un procès.

Il part favori.

Un jury bloqué est un cadeau. Appelez son avocat.

Si on le relâche, nous validons une populace armée

qui fera justice comme elle veut.

Si on essaye et qu'on perd, le message sera le même.

Et notre crédibilité passera à la trappe.

Adam, je crois que nous faisons ce qu'il faut.

C'est un refus ?

C'est à vous de voir.

COUR SUPRÊME - TRIBUNAL 49 LUNDI 28 SEPTEMBRE

Dans la séquence diffusée,

avez-vous remarqué le changement de position des victimes

pendant que M. Costas tirait ?

Oui. Ils ont reculé de deux mètres et ils sont sortis.

Quelles conclusions en tirez-vous ?

Les victimes battaient en retraite quand M. Costas a tiré.

L'objet que tient M. Costas dans sa main, pouvez-vous l'identifier ?

On dirait un HKS Speedloader.

Il tire six coups sans recharger.

Merci, inspecteur.

Un précédent témoignage nous apprend

que Garland Booker a reçu une balle mortelle dans le dos.

Pouvez-vous déterminer comment il l'a reçue ?

Oui, on lui a tiré dans le dos,

alors qu'il se penchait, assis sur le siège conducteur.

Qu'avez-vous trouvé derrière le tableau de bord ?

Une paire de clés de voiture.

Avez-vous trouvé d'autres objets ?

Oui. Des papiers de bonbons, deux briquets

et une barre de fer d'environ 30 centimètres.

Où, sous le siège avant, avez-vous trouvé la barre ?

Du côté passager, vers l'arrière du siège.

Quelqu'un au volant pouvait-il l'atteindre ?

- Non. - Merci.

Inspecteur, quand vous avez vu la peinture fraîche

dans le magasin de mon client,

vous avez pensé qu'il avait été victime d'un braquage.

Aviez-vous d'autres raisons de le penser ?

Oui. Il y avait des braquages et des voies de fait dans le casier de Cecil Booker.

- Et dans celui de Garland ? - Objection. Pas de rapport.

Rejetée. Inspecteur ?

Garland Booker avait été condamné pour vol de voiture,

cambriolage et voie de fait.

Quelles étaient les charges pour la voie de fait ?

M. Booker s'est fait arrêter en état d'ivresse dans une voiture volée.

Puis il a agressé l'officier qui l'arrêtait avec un tournevis.

Merci.

Non, ils ne partaient pas. Ils s'apprêtaient à tirer encore.

Qu'est-ce qui vous le fait penser ?

Le plus petit, il attrapait quelque chose

dans sa poche arrière.

Avancez à l'image 30-20 au ralenti, s'il vous plaît.

Voilà ! Juste là. Vous voyez sa main ?

J'ai cru qu'il était armé. Je pensais qu'il l'attrapait.

Voilà pourquoi j'ai continué à tirer.

Bien, quand vous avez quitté le magasin,

à quoi pensiez-vous ?

Ces hommes, ils ont essayé de me tuer.

Ils étaient dangereux. C'était de mon devoir de citoyen de les arrêter.

Que s'est-il passé dehors ?

Le grand titubait. Il a disparu dans un immeuble.

L'autre courait. Je l'ai vu entrer dans la voiture.

Qu'avez-vous fait ?

Je lui ai crié d'arrêter, mais il attrapait quelque chose sur le sol

alors j'ai tiré pour me défendre.

Pourquoi n'avez-vous pas appelé la police après ?

La première fois, à Fort Lee,

ces salauds ont essayé de tuer ma femme pour se venger.

Je ne voulais pas que ça recommence.

J'ai juste essayé de faire mon devoir.

Toujours faire le bien.

Où avez-vous appris à faire le bien ?

En cours d'instruction civique.

D'où je viens, seules la police et l'armée ont des armes.

Les gens comme moi ne peuvent pas se protéger des criminels.

Ici, j'ai appris qu'on avait le droit de porter une arme,

comme les minutemen. Je n'ai fait qu'appliquer ce qu'on m'a appris.

Merci.

M. Costas, ce geste menaçant dont vous avez parlé...

Cecil Booker et la cage de sécurité sont entre vous et Garland Booker.

Dans toute cette confusion et ces tirs, comment avez-vous vu cette main ?

Sur la vidéo, tout à l'air différent.

Pour moi, on aurait dit qu'il sortait une arme.

Il était blessé. Il essayait de s'enfuir.

Vous trouviez ça menaçant ?

J'avais peur. J'ai cru qu'ils allaient me tuer.

Vous aviez si peur que vous lui avez couru après ?

La première fois qu'on vous a braqué, étiez-vous en colère, aviez-vous peur ?

Les deux.

"Plus jamais", avez-vous pensé.

Je travaille dur. Que croyez-vous ?

- Et vous êtes devenu expert en tir. - Oui.

Et si les frères Booker devaient entrer dans le magasin,

vous seriez prêt.

J'étais prêt à protéger mon magasin.

En poursuivant Garland Booker pour lui tirer dans le dos ?

Il cherchait une arme dans sa voiture, il avait une barre de fer.

- Vous l'avez vue ? - Non.

Avez-vous vu les clés sur le sol ?

C'est de la légitime défense.

- C'est une exécution. - Objection !

Vous n'avez pas le droit de dire ça !

Ces gens peuvent venir et me tuer ?

- Pas comme vous ! - M. Costas.

C'est du vaudou juridique. Un clin d'œil devient un geste menaçant.

Ce sera selon ce que croit le jury, ses yeux ou ses oreilles.

Vous croyez tenir une preuve en béton,

et elle se retourne contre vous.

C'était une erreur d'utiliser la cassette ?

Passez-la une fois, c'est choquant.

Dix fois, intéressant.

Cent fois,

et votre précieuse cassette devient ce que le jury veut y voir.

Où ce qu'on leur dit de voir.

Costas a tué deux voyous pour le bien de l'Amérique.

Un jury sait qu'on le manipule,

même sous couvert de patriotisme.

Ça dépend de la sanction.

C'était Cerreta. L'avocat de Costas le force à comparaître.

Le témoignage de l'inspecteur Cerreta sera identique

à ce que l'inspecteur Logan a déjà dit.

Son dossier dit qu'il a témoigné 19 fois

en tant qu'expert en usage de la force.

- De tirs policiers. - Peu importe.

Une justification est une justification, peu importe qui tire.

Peu importe qu'il ait trouvé 19 tirs justifiés ?

L'État de New York l'a déjà qualifié d'expert, M. Stone.

Je ne vois pas de raison d'arrêter.

Ben, je ne voulais pas témoigner.

Mais pour éviter un malentendu, je veux que vous sachiez

que s'il veut mon opinion, je dirai ma vérité.

Du moment que vous réalisez que lorsqu'il a tiré sur eux,

il ne portait pas d'uniforme et n'avait aucun pouvoir.

Autrement dit, s'il avait été flic, il n'aurait pas été poursuivi.

Suite à votre enquête et à l'étude de la cassette,

vous êtes-vous formé une opinion sur les tirs ?

- Oui. - Inspecteur Cerreta,

pour ce qui est des actes vus en vidéo,

selon vous,

les agissements de M. Costas justifient-ils l'usage de la force ?

- Seulement sur la cassette ? - Oui.

Constituent-ils une utilisation justifiable de la force ?

Selon moi,

les agissements de M. Costas sur la vidéo sont justifiables

par l'Article 35-15, section deux, paragraphe B du Code Pénal.

Bien, pour finir, inspecteur, une question hypothétique.

Un officier de police confronté à un homme soupçonné de braquage

aurait-il raison d'avoir peur pour lui-même ?

Je dirais que oui.

Merci.

Inspecteur, combien de temps avez-vous été dans les forces de l'ordre ?

23 ans.

Combien de fois avez-vous tiré dans l'exercice de vos fonctions ?

Ça ne m'est jamais arrivé.

Connaissez-vous les directives du département de police de New York

- quand à l'usage de la force ? - Oui.

Si vous étiez confronté à un suspect

qui attrape quelque chose qui pourrait être une arme,

que feriez-vous selon les directives ?

Je ne viderais pas mon revolver avant d'avoir vu l'arme dans la main du suspect.

Si vous voyiez un citoyen courir dans la rue avec une arme

à la poursuite de quelqu'un, que feriez-vous ?

Je pense que je l'arrêterais.

Merci, monsieur.

COUR SUPRÊME - TRIBUNAL 49 JEUDI 1er OCTOBRE

Chaque citoyen respectueux des lois a le droit de se défendre

d'un danger imminent. C'est ce que dit la loi.

La loi dit aussi

qu'un citoyen ne doit pas utiliser la force, s'il peut s'enfuir

en toute sécurité.

Donc, pas une sécurité raisonnable,

ni probable, mais en toute sécurité.

M. Costas était en danger à la minute

où Cecil et Garland Booker sont entrés dans son magasin.

Regardez l'arme qu'avait en main Cecil Booker.

Un 45 semi-automatique chargé.

Se soumettre ou résister, voilà les choix de mon client.

Dans son monde, ce ne sont pas des choix.

Regardez ce qui est arrivé aux propriétaires de magasins à Los Angeles.

George Costas n'a pas cédé à ces truands.

Il a défendu son territoire

comme il en avait le droit.

George Costas a tiré le premier.

Il a continué à tirer, même après que les Booker soient partis du magasin.

Et quand ils sont partis, qu'a-t-il fait ?

Une personne raisonnable aurait appelé la police.

Un homme raisonnable serait resté à l'abri dans son magasin

et aurait attendu la police.

Mais pas George Costas.

Il voulait se venger.

Peut-être voulait-il la gloire ?

Mais à la minute où il a franchi le pas de sa porte

pour tuer Garland Booker,

il est allé bien plus loin que ce que les lois autorisent en matière d'usage de la force.

Il est devenu un agresseur.

Et peu importe quel genre de vie Garland Booker menait.

Ce qui importe à cette cour, c'est la manière dont elle s'est terminée.

Vous devrez vous demander si vous voulez vivre dans une ville

où un citoyen ordinaire peut se balader dans la rue

avec une arme

à la recherche d'un homme dont il a à se venger.

Il pourrait par erreur croire que c'est vous.

- Avez-vous un verdict ? - Oui, Votre Honneur.

Pour le meurtre

avec préméditation de Cecil Booker

que dit le jury ?

Non coupable.

Pour le meurtre

avec préméditation de Garland Booker

que dit le jury ?

Coupable, Votre Honneur.

Costas a fait appel. Il a le soutien du public.

Ils ont constitué un fonds de défense. Le lobby des armes s'en mêle.

Je connais 12 citoyens qui ne sont pas d'accord.

Huit. Quatre des jurés sont passés à la télé ce matin,

ils se sont sentis obligés de condamner M. Costas.

Des remords. Ils viennent si le verdict est impopulaire.

Ils ne sont pas les seuls à être impopulaires.

On ne doit poursuivre que si la victime est un saint ?

Lyndon Johnson a essayé de gouverner en suivant les sondages. Ça ne marche pas.

Cette histoire relevait de la fiction.

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