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Original subtitles

... ... ...

...

au revoir

Ouais. Allez, allez.

Bon, alors ? C 'était pas la première fois qu 'il me faisait venir.

Je connaissais ses goûts et je crois qu 'il m 'aimait bien.

En plus, il m 'a toujours donné plus que mon tarif. Non, attends.

On n 'est pas là pour discuter de ses goûts ou de tes tarifs, ma grande.

Ce qu 'on voudrait savoir, c 'est comment il est mort.

C 'est comme je disais au Toubib, au moment où il allait, Vous savez bien,

prendre son pied... Enfin, si tout d 'un coup, il a porté la main à sa poitrine,

et puis il s 'est écoulé, et voilà.

Il a tous les symptômes d 'une crise cardiaque, inspecteur.

Le topsy vous le confirmera, sûrement.

Vous aurez mon rapport demain soir.

Bien.

D 'accord.

Bon.

Est -ce qu 'on n 'a plus besoin de moi ? J 'ai glissé la viande dans le torchon.

On peut l 'enlever ? Allez, viens.

Et moi aussi, je peux y aller ? Si vous nous avez dit tout ce que vous savez.

Qu 'est -ce que vous voulez que je vous dise de plus ? Il est mort en prenant

son pied, voilà, c 'est tout.

C 'est tout, t 'en es sûre ? Ben oui, non, attendez, il a dit un truc avant de

mourir. Un truc dans le genre, mouton gelé ou bouton gelé. Mouton gelé, ça

dire quoi, ça ? Ah ben ça, j 'en sais rien, c 'est vous le flic.

Ouais.

Il a dit bouton gelé avant de mourir, c 'est bien cela.

Et il n 'a rien à jeter de plus ? Ok.

Ma petite Sonia, je te devais un service, pas vrai ? Et t 'appeler pour t

'annoncer avant tous tes collègues de la presse que Victor Henri Chen, le

playboy bien connu, est mort.

C 'est un sacré service, ça, non ? Oui, en effet, un sacré service, merci.

Oui, alors maintenant que je t 'ai renvoyé l 'ascenseur, eh bien, tu

Pour que je poursuive l 'interrogatoire des témoins tout seul.

Ok ? Bon alors, t 'es bien sûre ? T 'as plus rien à me dire ?

Ben non, je vous ai tout dit. Il a mis la main sur sa poitrine et il s 'est

écroulé. C 'est sûr pour rien, moi.

Bon, je peux partir maintenant.

Mort d 'un des playboys les plus connus de la planète.

Voilà qui va faire vendre notre journal, ma poule.

D 'autant plus qu 'on est le premier hebdo à l 'annoncer.

Ça se fait, ça, non ? Allez.

Je bois ton scoop.

Il vaut de l 'or.

Ah ben, justement, patron, tenez, à propos d 'or... Si on parlait d

Vous m 'aviez parlé d 'une augmentation, je crois. Une augmentation ? T 'as

vraiment le don de me gâcher tous mes rares instants de plaisir.

Je t 'ai déjà dit que je rentrais à peine dans les frais. D 'accord, mais d

autre côté, ce coup, il va rapporter.

Si on augmente le tirage sur le prochain numéro, on pourra envisager une petite

prime. Ça te va ? Oui, mais... Et puis, j 'ai une grosse prime en nature à ta

disposition.

Et tout de suite, si tu veux.

Ah oui, je vois.

Vous êtes plutôt gonflé, patron. Ça, je te le fais pas dire. Tu vends ma poule,

un scoop comme le tien, ça provoque chez moi des envies irrésistibles. Ce serait

dommage de laisser passer une si belle érection.

Oh.

Oui, bien, il y en a un.

Si tu tiens vraiment à ton augmentation, démerde -toi pour me faire une enquête

sur VHS.

Tu vois le genre ? Qui était réellement VHS ? Personnage universellement connu,

mais dont la vie privée et le passé restent un mystère.

Ce richissime playboy qui a possédé les femmes les plus belles de la planète,

dans le fond, qui était -il ? Et que signifient ces deux mots mystérieux qu

a prononcés avant de mourir ? Bouton gelé.

Voilà un bon sujet d 'article, ma poule.

Vous croyez, vous ? J 'en suis sûr.

Très bien patron, je vais m 'y mettre immédiatement.

Parfait.

Dès le surlendemain, je décidai de me mettre en chasse et de tout faire pour

obtenir des réponses satisfaisantes à toutes les questions.

C 'est sonial.

Tout le monde était à l 'enterrement de Shane et je savais que ce n 'était pas

au cimetière que j 'apprendrais quoi que ce soit de nouveau.

En revanche, je pensais qu 'un membre du personnel de la maison pourrait me

renseigner utilement sur la personnalité du défunt.

Première surprise, c 'est le vieux débris en costume de pingouin que j

en larmes le soir du drame qui me reçut.

Puis -je vous servir quelque chose à boire ? Je veux bien, oui.

N 'ayant strictement aucune idée de la manière dont je pourrais convaincre le

maître d 'hôtel de se confier à moi, je décidai de lui jouer le grand jeu.

Ce qui avait réussi à Sharon Stone pouvait également fonctionner avec moi.

J 'exécutais devant le noble vieillard un numéro d 'allumeuse comme il n 'en

avait certainement pas vu depuis longtemps.

Comme aimait à le répéter ma tante Sophie, la meilleure arme qu 'une femme

sa disposition se trouve entre ses cuisses.

Je ne sais toujours pas si c 'est à cause de mes jambes ou de ma bonne mine

'Ouard accepta de me parler à cœur ouvert.

Peut -être à cause de ce regard que nous avions échangé la nuit du drame.

En tout cas, il semblait très concerné par tout ce qu 'on risquait de raconter

sur son maître maintenant qu 'il était mort.

En fait, il voulait surtout que quelqu 'un écrive la vérité sur celui qu 'il

avait fidèlement servi pendant de si longues années.

Je pense qu 'il souhaitait qu 'on rende hommage à cet homme extraordinaire et

que l 'on torde le cou à certaines rumeurs fantaisistes qui prétendaient

Shane n 'était plus un barbe bleue impuissant qu 'un Casanova irrésistible.

C 'est l 'impression que le vieil homme éprouvait du respect pour son séducteur

de patron et peut -être même de l 'affection.

Le vieux m 'expliqua que VHS était un fou de vidéo et qu 'il avait pour

de filmer pratiquement tous ses débats.

La plupart du temps à l 'insu de ses partenaires, mais aussi parfois avec

complicité, il se livrait à des mises en scène très compliquées.

Howard m 'expliqua qu 'il s 'agissait là de deux sœurs qui postulaient pour la

même place de soubrette au service de VHS.

Shane, qui ne perdait jamais une occasion de laisser libre cours à sa

avait mis à profit la séduction qu 'il exerçait sur les deux jeunes filles.

Il leur avait proposé un jeu.

Il engagerait celle qui arriverait à le faire jouir la première.

Au revoir.

Le maître d 'hôtel m 'expliqua qu 'après ce test qui avait visiblement ravi les

deux jeunes sœurs, Shane se trouva devant un dilemme. Elles étaient toutes

deux aussi désirables et expertes. Ne sachant comment les départager, il

de les engager toutes les deux.

Voilà qui était Victor Henri Chen.

Tout ce que vous voulez, sauf un pervers impuissant.

Il aimait profondément les femmes, si je peux me permettre cette expression,

Artie. Puis je comptais sur vous, mademoiselle, pour réhabiliter sa

pour dire qui il était réellement, et pour mettre fin à...

Toutes les horreurs qu 'on ne va pas se priver d 'écrire sur lui maintenant qu

'il est mort.

S 'il vous plaît.

Eh bien, c 'est d 'accord. Vous pouvez compter sur moi, cher monsieur.

Mais sans vouloir être indiscrète, il semble que VHS était plus qu 'un patron

pour vous. Monsieur Chen était tout pour moi, si vous l 'aviez connu.

Bien sûr, oui, j 'arrive un peu tard.

D 'ailleurs, ceci vous aidera à le mieux connaître.

Mais évidemment, je vous demande la plus grande discrétion. Il ne faudrait pas

que ces documents tombent entre des mains inconvenantes. Je comprends.

Je profitais du fait que le vieil homme semblait me faire confiance.

Je tenais grâce à lui matière à faire un article sensationnel qui ferait baver d

'envie tous mes confrères.

Je promis tout ce qu 'il voulait au vieux pingouin, tout en me disant qu 'il

faudrait interroger d 'autres proches du défunt pour me faire une idée plus

précise du personnage.

À propos au bouton gelé, est -ce que cela vous dit quelque chose ? Mais si, d

'après la jeune femme qui était avec lui, au moment où il est... Enfin, ce

les dernières paroles qu 'il aurait prononcées avant son décès.

Non, madame, je ne vois pas.

Ce n 'est pas grave, je vous tiens au courant.

Au revoir, merci

Dans le savoir, comme je vous l 'ai dit, j 'ai des principes moraux

auxquels je me suis toujours tenu.

Malgré votre proposition alléchante, j 'en conviens, virgule, je me vois

néanmoins, néanmoins, dans l 'obligation de refuser, dans l 'obligation de

refuser cette interview télévisée.

Cette interview télévisée.

Point.

Vous n 'êtes pas sans savoir que je suis souvent sollicité et

que mon attitude est toujours la même, toujours la même.

Je refuse systématiquement, systématiquement.

En espérant ne pas vous avoir froissé, ne pas vous avoir froissé, je vous prie

'agréer, etc.

Une chose était certaine, c 'est que tout le personnel qui travaillait pour

Shane semblait l 'adorer.

Et quand je dis l 'adorer, disons plutôt qu 'elles étaient prêtes à assouvir

tous les caprices de leur patron.

Cela apparemment sans contrainte, et même avec un certain plaisir.

Allez -vous asseoir.

Attalez -vous, Mr. King.

Attalez -vous.

Asseyez -vous.

Carressez -vous.

Écartez, que je vois.

Là, ouvrez bien.

Carressez -vous doucement.

Voilà.

Bien partout.

Ce courrier attendra bien encore une heure ou deux.

Voilà,

comme ça.

Allô ? Ah, c 'est vous, patron.

Ah non, c 'est pas ça, non, mais... J 'étais en train de regarder un film et

me suis endormie.

En tout cas, j 'ai des informations vraiment intéressantes. Avec ça, vous

sûr qu 'on augmentera le tirage.

C 'est un scoop en béton.

Ça m 'étonnerait. Je suis seule à le savoir.

Ah, ok.

Ok.

Non, mais je pense que je pourrais m 'en sortir comme ça.

Quoi ? Attendez, vous voulez me rejoindre chez moi maintenant pour un

câlin à domicile ? Effectivement, c 'est tentant, mais vous savez, je suis

fatiguée et demain, il faut vraiment que je me lève de bonne heure.

Et je ne sais pas si ce serait vraiment très raisonnable.

Non, patron, c 'est pas ça, mais Doris Van Patten, vous voyez ce que je veux

dire ? Oui, la fameuse héritière des chocolats.

Il se trouve que c 'est la première femme de VHS et elle a accepté de me

recevoir chez elle, alors il faut que je sois en forme.

Ok.

Oui, patron, je vous rappellerai, c 'est promis.

Ciao.

Entrez. Je vous en prie.

Asseyez -vous.

Excusez -moi de vous donner rendez -vous à cette heure matinale, mais j 'adore

recevoir mes invités au lit. C 'est mon côté marquise de Pompadour.

Vous êtes sûr que vous ne voulez rien boire ?

Un chocolat belge, peut -être ? Non, merci.

Généralement, je ne prends rien le matin.

Alors, comme ça, vous êtes journaliste. Et vous voulez des détails inédits sur

VHS. Qu 'est -ce qui vous fait croire que je vous les donnerai ? C 'est

le majordome de feu de votre mari. Je suis passée chez lui hier.

C 'est lui qui m 'a donné votre numéro.

Et c 'est lui qui m 'a également conseillé de venir chez vous.

Si c 'est Waf qui vous envoie, ça vaut toutes les recommandations du monde.

Alors, par quoi on commence ? Comment est -ce que vous avez rencontré VHS ?

C 'est une longue histoire.

Ça ne vous dérange pas que je m 'habille pendant que nous bavardons ?

La

première fois que j 'ai rencontré VHS, c 'était à un bal masqué donné par le

prince San Martino.

Dans sa propriété de Marbella.

Mon fiancé de l 'époque m 'avait entraîné là -bas malgré mes réticences.

Je n 'ai jamais été folle des balles costumées, mais il faut reconnaître que

celui -là était magnifique.

Le thème de la soirée était les contes de fées.

J 'étais déguisée en fée clochette et VHS en chat beauté.

Il avait fière allure et un charme irrésistible.

J 'ai tout de suite été déduite.

Il m 'a entraîné à l 'écart et j 'ai pris un plaisir extrême à me

laisser faire.

Il m 'a fait la plus sublime minette que je n 'ai jamais exprimée de ma vie.

Entre deux coups de langue, il me cessait de répéter qu 'il allait

mon petit clito qui devait être gelé.

Inutile de vous dire qu 'il était bouillant.

C 'est quoi ? Va jouer ailleurs, toi.

Ne t 'occupe pas de ça, toi.

Continue.

On va faire la fête.

Et maintenant, je vous...

Ces souvenirs m 'ont tout émoustillée.

Touchée.

Vous voyez, je ne vous mens pas, c 'est tout humide.

Oui.

Oui.

Merci.

Oh, oh, oh.

Mme a appelé ? Oui, mon invité et moi, nous aurions besoin de vos services.

Non, sans pression.

Écoutez, s 'il vous plaît.

Allons, ma belle, vous en aurez envie.

Maintenant, vous connaissez les jeux auxquels se livrait mon défunt ex -mari.

Oui, tu vois.

Évidemment, cette enquête n 'était pas comme les autres. Il se révélait plein

surprises.

Pas toutes désagréables, d 'ailleurs.

En tout cas, grâce à Doris, j 'avais appris qu 'à l 'époque de leur mariage,

était un amant fougueux et inventif.

La seule raison de leur divance était qu 'il ne pouvait s 'empêcher de mettre

dans son lit tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une jeune femme.

Amoureuse, Doris avait tout d 'abord fermé les yeux. Puis ensuite, elle s

jointe au débat de son épouvelage.

Mais les banquiers qui administraient la fortune d 'Evan Patton voyaient d 'un

très mauvais oeil les prasques du jeune couple et avaient contraint VHS à

accepter le divorce, contre une jolie prime de licenciement qui lui avait

de repartir sur le bon pied.

Je dois avouer que la petite séance et son extra m 'avaient surprise.

Mais il faut admettre que j 'y avais pris un plaisir extrême.

Comme pour me remercier d 'avoir participé à ces débats, Doris m 'avait

recommandé à Pierre de Valmond, ex -meilleur ami de VHS et partouzeur

réputé.

VHS avait fait sa connaissance peu de temps après son fructueux divan et leur

goût commun les avait rapidement rendus inséparables.

Doris m 'avait certifié que Pierre aurait des choses inédites à me raconter

VHS et elle lui avait gentiment téléphoné afin qu 'il nous reçoive.

C 'est une infirmière qui me fit entrer. Une infirmière plutôt sexy d 'ailleurs.

Après un court instant de surprise, je la suivais.

Elle me fit entrer dans le living où m 'attendait le maître des lieux.

Je vous en prie, installez -vous.

Asseyez -vous dans ce fauteuil.

Est -ce que je peux vous servir quelque chose à boire ? Oui, avec plaisir.

Je vais faire un scotch comme moi, n 'est -ce pas ? Vous n 'avez rien contre

Non, ce sera parfait.

Pendant que mon hôte nous servait un verre, je lui expliquais les raisons de

visite. J 'en rajoutais un peu sur l 'immense perte qu 'il venait de subir en

personne de son ancien ami et en profitais pour lui demander de me dire

les deux hommes s 'étaient rencontrés et ce qui les avait réunis.

Il ne fut aucune difficulté à me raconter leur première rencontre lors d

partouche chez une comtesse italienne à Venise.

Il était visiblement ravi d 'évoquer tous ses souvenirs qui le

disait -il.

Je n 'en perdais pas une miette. C 'était une comtesse ou quelque chose

ça. Si je me rappelle bien, c 'était en plein été.

Le champagne coulait à flot et il y avait des... Pierre de Valmond avait

sensiblement le même âge que VHS, mais il s 'en sentait mieux que lui.

Physiquement, en tout cas.

Parce qu 'au niveau des facultés mentales, il avait quelques problèmes.

Sa mémoire était un brin défaillante et lorsqu 'il s 'agissait d 'évoquer le

passé, seul un certain rituel fellatoire pouvait faire retrouver ses souvenirs

au monsieur.

Rituel fellatoire...

C 'est une expression des plus châtiers pour dire que Pierre de Valmond était

obligé de se faire éponger pour que sa mémoire fonctionne.

Drôle de maladie et drôle de traitement.

En tout cas, ça avait l 'air de marcher.

Sa mémoire revenait.

Il faut reconnaître que la petite infirmière n 'avait rien d 'une

qu 'elle y prenait visiblement un certain plaisir.

Le spectacle de l 'infirmière en train de sucer son patron était à la hauteur

récit de Pierre.

Il m 'expliqua que VHS et lui, lorsqu 'ils étaient amis, sentaient à peu près

tout ce qui passait à leur portée.

Tiens, viens là, viens là, viens là, viens là, viens là, viens là, viens là,

viens là, viens là, viens là, viens là, viens là.

C 'est bon, là.

C

'est

bon, là.

C 'est bon, ça.

Non, non, non.

Pendant que l 'infirmière poursuivait son traitement de manière intensive,

Pierre de Valmonde continuait son récit sur toutes les frasques auxquelles VHS

lui -même s 'était livré.

Le vieux Playboy était intarissable, et même en steno, j 'avais du mal à suivre.

C 'est bon.

Tout en notant chaque épisode de la vie mouvementée des deux joyeux lurons, je

remarquais un truc insolite.

Il suffisait que la gentille infirmière interrompe sa fellation pour reprendre

son souffle et aussitôt, M. de Valmont perdait les pédales et ne trouvait plus

ses mots.

Mais dès que la vaillante jeune fille reprenait sa besogne, il recouvrait

instantanément sa mémoire et repartait dans son récit avec une précision digne

'un historien.

Viens par là.

Allez, viens me sucer la queue.

Viens me pomper.

Voilà.

Merci.

Le récit de Pierre comportait un luxe de détails croustillants.

Et je dois avouer qu 'en l 'écoutant et en regardant le spectacle qu 'il m

'offrait, j 'étais moi -même émoustillée.

Mais je me devais de garder la tête froide.

Et le cul aussi, d 'ailleurs.

Pierre finit par me confier que la belle amitié qui unissait les deux hommes s

'était brisée lorsque s 'était aperçu que VHS le trompait avec la fille qu 'il

devait épouser.

Elle s 'appelait Olga.

C 'était une danseuse étoile des balais du Bolshoï en visite à l 'Opéra de

Paris. Elle était ravissante et super sexy pour une danseuse classique.

Pierre était tombé fou amoureux d 'elle et lui avait demandé de l 'épouser un

mois après leur première rencontre.

Ce dont il ne se doutait pas, c 'est que VHS trouvait Olga aussi à son goût.

C 'est à vous dans 5 minutes.

Olga, ma chérie, vous êtes là ?

À

partir

de ce jour, Pierre de Valmond n 'a plus jamais voulu revoir VHS.

Il s 'en restait fâché jusqu 'à la mort récente du Playboy.

Aussitôt après son orgasme, le vieux séducteur sembla plonger dans une

torpeur. Apparemment, l 'infirmière avait l 'habitude de ce genre de choses

'avait nullement l 'air alarmée.

Je ne savais trop quelle attitude adopter et attendais la suite des

Mais qui êtes -vous, mademoiselle ? Nous nous connaissons.

Maintenant qu 'il ne bandait plus, M.

de Valmond avait du nouveau des problèmes de mémoire.

Je le remerciais de son charmant accueil. Il lui faisait comprendre qu

inutile de me raccompagner. Je connaissais le chemin.

Un bout d'temps joli... Un bout d'temps joli...

Un

bout

d'temps joli...

Merci.

Décidément, cette enquête m 'envahissait plus que je ne l 'aurais imaginé au

début. Je commençais à perdre un peu les pédales et ça me rappelait ce vieux

film de Preminger, Laura, où le détective tombe amoureux du portrait de

victime.

Être amoureuse d 'un mort, non, très peu pour moi. J 'aime les hommes et je les

préfère bien vivants.

Avant que cette histoire ne tourne à l 'obsession, il fallait que je connaisse

le sens des derniers mots de Shane pour mettre le mot fin à mon article.

J 'avais décidé de revenir voir le vieux pingouin larmoyant.

Il m 'avait reçu poliment et écoutait avec attention le récit de mon enquête

des témoignages que j 'avais recueillis.

Je lui affirmais que j 'étais en mesure de faire un article tout à la gloire de

la virilité de son maître.

Et il en eut l 'air satisfait.

En échange, je lui demandais de me donner la signification de « bouton gelé

Sans savoir pourquoi, j 'étais persuadée qu 'il était au courant de tout ce qui

concernait l 'existence de Shane.

Il se fit un peu prier, mais en fin de compte, il accepta de me raconter.

Céline était un adolescent promis à un brillant avenir. Mais bien qu 'en avance

sur beaucoup de choses, il était encore puceau.

C 'est avec Martine, la fille du garde champêtre, qu 'il finissait au mystère

sexe.

Alors qu 'ils se promenaient dans la campagne, les jeunes gens furent surpris

par le mauvais temps et contraints de se réfugier dans une vieille cabane dont

le toit éventré laissait en partie passer la neige.

Ça va là ? T 'es pas trop mal ? Oui, ça va.

C 'est bon ou pas

?

Laisse -moi le réchauffer.

Le fameux bouton gelé n 'était autre que le clitoris de la petite Martine que

Shane, pour le plus grand plaisir de la jeune fille, réchauffa au -delà de toute

espérance.

les flocons, ou tout ce qui y ressemblait, était pour Shane associé à

'orgasme. Et toute sa vie, il essaya de retrouver l 'émotion de ses premiers

émois sexuels. C 'était l 'unique signification des derniers mots qu 'il

prononcés.

Bouton gelé.

Bouton gelé.

Il était bien plus qu 'un patron pour vous, n 'est -ce pas ?

Il m 'avoua que Shane était en fait son propre fils, qu 'il avait eu avec une

baronne de la noblesse de province, sa patronne de l 'époque, quand il était

tout jeune majordome.

Pour ne pas nuire à l 'avenir de celui que l 'on aurait forcément montré comme

un bâtard, Howard s 'était toujours tué et n 'avait jamais osé avouer à VHS qu

'il était son père, de peur de lui faire du tort.

En revanche, il l 'avait suivi toute sa vie et fidèlement servi jusqu 'à sa

mort.

Mademoiselle, puis -je me permettre de vous demander un dernier service ? Oui.

Pouvez -vous me promettre de ne jamais révéler ce secret à quiconque ? Oui.

Vous avez ma parole, monsieur.

Pour vous remercier, je voudrais vous offrir un cadeau.

Écoutez, c 'est vraiment très aimable de votre part, mais je ne peux pas

accepter ça.

Oh, ce n 'est rien, c 'est juste un présent symbolique.

Tu veux que je te dise franchement ? Eh bien, tu mériterais le prix Pulitzer,

celui du meilleur coup.

Ce que j 'aime chez vos patrons, c 'est que vous êtes très doués pour faire des

compliments.

Au fait, et ton enquête ? Où tu en es ? Quand est -ce que je vais pouvoir avoir

ton papier ? Alors là, patron, j 'ai quelque chose à vous avouer. Je me suis

plantée sur toute la ligne. Tous mes tuyaux étaient bidons. Il n 'y a même

de quoi faire un article.

J 'ai bossé pour rien.

Ça, ma poule, c 'est la glorieuse certitude de notre métier.

Enfin, tu auras plus de chance la prochaine fois.

Et puis, avec un cul comme le tien, t 'as tout pour réussir dans le

Vous croyez ?

Bonne

nuit, ma poule.

Et je fais de beaux rêves.

Ça, patron, vous pouvez en être certain.

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