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TRANSYLVANIE -1874
Le plus grand fléau qui ait jamais frappé l'humanité était le vampire.
Il se nourrissait de sang humain, et le seul moyen connu de mettre fin
à son règne de terreur était de lui enfoncer
un pieu de bois dans le coeur.
LE SANG DU VAMPIRE
Qu'est-ce que tu veux ?
Laisse-moi.
D'accord.
J'arrive.
Je dois te laisser. C'est le devoir.
À tout à l'heure.
Ça va, ça va.
L'argent d'abord.
Non, pas besoin de ça. Je sais ce que j'ai à faire.
Nous en avons déjà discuté plusieurs fois.
Tu ne m'as pas payé assez cher.
Tu m'entends ?
Il me faut plus d'argent.
La police donnerait beaucoup pour avoir certains renseignements.
CARLSTADT 6 ans plus tard.
TRIBUNAL DE JUSTICE
Dr John-Pierre, avez-vous quelque chose à dire pour votre défense ?
Oui, Mr le président.
J'ai tenté l'impossible pour tenter de sauver la vie de mon patient.
Si le Conseil Médical s'était montré plus compétent,
il aurait compris que la mort était inévitable.
Et qu'elle ne fut provoquée d'aucune manière par mes soins.
Je demande à la cour de convoquer le Pr Bernhardt Meinster, de Genève.
Il connaît mes travaux.
Il certifiera que j'ai appliqué le protocole qui s'imposait.
C'est tout ce que j'ai à dire.
Vous ne faites que répéter ce que vous avez déjà déclaré au cours de l'instruction.
Sachez que le tribunal n'a pas rejeté votre demande.
Il a fait envoyer une lettre au Pr Meinster,
lui expliquant minutieusement les faits dont on vous accuse.
J'ai d'ailleurs là sa réponse.
Mr le juge, j'ignore tout de ce médecin qui se nomme John-Pierre.
Je ne puis que condamner la façon dont il a agi.
J'espère que la cour n'hésitera pas à montrer envers cet homme
la plus grande sévérité.
John-Pierre.
La cour vous accuse d'erreur professionnelle entraînant la mort.
Elle a décidé que vous iriez expier votre faute criminelle dans un pénitencier.
Vous êtes condamné à perpétuité.
L'audience est levée.
Mon oncle, il faut à tout prix le sauver.
Oui, chérie. Nous le sauverons.
- C'en est un de la haute, celui-là. - C'est un aristo, c'est sûr.
Viens.
Une tasse de thé, Mr le marquis ?
Sans doute qu'on n'est pas dignes de votre seigneurie ?
John-Pierre.
Une visite pour vous.
Sa seigneurie reçoit des visites.
Restez là.
La visite se passe ici ?
C'est ici ou rien.
Venez, mademoiselle.
- John. - Tu as eu tort de venir, Madeleine.
Il fallait que je te voie.
Cette épreuve est trop pénible. Tout était prêt pour notre mariage.
On me relâchera, tu verras.
- Je vais aller à Genève, voir Meinster. - Bien...
Cette lettre n'est sûrement pas de lui.
- Il n'a pu écrire de telles choses. - Je lui parlerai, je te le promets.
Votre seigneurie, présentez-nous à votre dame.
Vous n'allez pas garder pour vous un trésor pareil.
Il vaut mieux que tu partes.
Votre seigneurie ne veut pas nous présenter ?
La vérité est qu'elle est très jolie.
Votre seigneurie, qu'est-ce que c'est ? On peut voir ?
Ben quoi, on ne peut pas regarder ? C'est pas gentil, ça.
Il va falloir employer les grands moyens.
Ça va...
Libère les jambes de ce prisonnier, et laisse ses mains enchaînées.
Celui-là ne part pas avec les autres.
John-Pierre, viens avec moi.
Où me conduisez-vous ?
Traitement spécial pour vous. Tout à fait spécial.
Voilà le prisonnier.
PRISON POUR FOUS CRIMINELS
Dehors.
Dépêche-toi.
Avance.
Tu es médecin ?
Je t'ai posé une question !
Tu as perdu ta langue ?
Oui, je suis médecin.
Au cas où tu voudrais nous fausser compagnie.
Suis-moi.
Entre.
Qu'est-ce que c'est que ça ?
Les prisonniers n'ont pas le droit de garder des objets personnels.
Du calme ! Du calme, mon ami.
Il est parti.
Qui était-ce ?
Wetzler, le gardien en chef.
Je ne crois pas que nous sympathiserons.
Et encore, c'est lui le moins coriace de ceux qui nous gardent.
Tu es tombé dans un drôle d'endroit.
Ici, c'est l'enfer. C'est même mille fois pire que l'enfer.
Allez.
Quel est ce bruit ?
Ce sont les malheureux qui sont privés de nourriture.
C'est une punition.
Punition ?
C'est le traitement le moins sévère.
Par ici.
Ne reste pas là ou tu vas te faire cogner.
Vous n'avez pas faim, aujourd'hui ?
Je vais remporter ce bon repas.
Mangez bien. J'ai du travail pour vous tout à l'heure.
Allez, creusez.
Pas trop profond. Ou vous dérangeriez le dernier locataire.
Qui est mort ?
Personne, pour l'instant.
Mais alors ?
Cet homme ne peut plus travailler.
- Qui dit ça ? - C'est moi qui le dit.
Ici, tu n'es plus médecin, tu es prisonnier. Reprends ton travail.
Je vous dis que...
Debout !
Allez, debout !
Peut-être que le chien te fera bouger.
Voilà le Dr Callistratus.
De qui parle-t-il ?
- Callistratus. - Qui est-ce ?
Tu le sauras bien assez vite.
Silence !
J'aurais parié que ce pauvre diable était incapable de bouger.
Les menaces du chien ne l'ont même pas effrayé.
- Mais lui... - Callistratus.
Il arrive, et l'homme trouve le courage de se lever tout de suite,
et de travailler avec des forces décuplées.
- La peur. - Je sais.
Ce qui est incroyable, c'est qu'il provoque cette terreur.
Rien n'a pu décrire la peur que son seul nom inspire.
Tu le comprendras le jour où tu en auras fait l'expérience.
Il te suffit de savoir que c'est lui qui commande, ici.
Il est notre seigneur et maître.
Tu sauras bientôt ce que ça signifie.
La tombe que nous avons creusée, ce matin...
Pour qui nous l'a-t-on fait creuser ?
Voilà le futur occupant de la tombe.
Du moins, ce qu'il restera de lui.
Nous sommes en 1880, et non au Moyen-Âge.
Oui, mais nous sommes dans une prison d'aliénés.
Nos familles et nos amis nous ont abandonnés.
Les miens ne m'abandonneront pas.
Je suis sûr qu'ils parviendront à prouver mon innocence.
Ta famille ne pourra pas te venir en aide.
Pourquoi dis-tu ça ?
Parce que c'est une prison d'où on ne sort que les pieds devant.
Sais-tu pourquoi je suis là ?
Ma femme était merveilleusement belle.
Trop belle, sans doute.
Un jour, un homme a voulu me la voler.
Le maire du village où j'habitais.
Je m'étais disputé avec un voisin.
On le retrouva le lendemain avec mon couteau planté dans la poitrine.
Alors, on m'a accusé.
Tu connais la suite.
Je suis ici. Et ma femme...
Je suis navré.
Je n'attends rien. En tout cas, pas de dehors.
Que veux-tu dire ?
Quand tu te rendras compte que tous t'ont abandonné,
peut-être qu'à nous deux, nous trouverons un moyen.
Dehors.
Pas toi. Lui seulement.
- Où m'emmenez-vous ? - Chez le Dr Callistratus.
Par ici.
Entrez.
Je suis le Dr Callistratus.
Vous vous demandez pourquoi vous êtes ici ?
Vous deviez partir pour le bagne, si je ne me trompe.
Si vous êtes chez moi, c'est parce que je l'ai demandé.
C'est le privilège du médecin chargé des prisonniers
de pouvoir se faire affecter n'importe quel condamné,
s'il l'estime indispensable à son établissement.
J'ai suivi votre procès dans les journaux.
Je crois que vous me serez utile. Suivez-moi, je vous prie.
Voici mon laboratoire. C'est là que vous travaillerez.
Travailler ?
Vous avez été condamné au bagne pour avoir tenté d'appliquer un traitement
que nul n'avait osé tenter avant vous.
La transfusion du sang d'un homme à un autre.
Il a fallu que vous soyez convaincu de votre réussite.
J'en suis moi aussi convaincu.
Nous en ferons l'expérience ensemble.
Vous désirez vraiment me faire travailler ? Dans votre laboratoire ?
À moins que vous ne préfériez moisir dans votre cellule.
Mais ça, je ne le crois pas.
- D'accord. - Bien.
Vos travaux vous ont fait faire des découvertes sur les groupes sanguins.
Je sais que le sang présente des groupes différents, c'est tout.
Avez-vous observé que si l'on injecte un certain type de sang
à un homme qui a un autre type de sang, cela peut être dangereux ?
- Et même fatal. - Bien sûr.
C'est pourquoi les groupes sanguins doivent être bien classifiés.
Ainsi, nous éviterons de nouvelles erreurs.
Nous avons ici du sang de deux groupes différents.
Pour simplifier, appelons-les groupe A et groupe B.
Je veux que vous voyiez bien la composition de ces deux différents groupes.
Je constate la différence.
Je vais ajouter un peu de sang du groupe A
sur la lame A.
Observez bien l'effet.
Il se mélange tout seul.
Maintenant, je vais ajouter du sang de groupe A
sur la lame B.
Dites-moi ce que vous voyez.
Les groupes ne se mélangent pas.
On dirait même qu'ils se combattent.
Ils vont se détruire l'un l'autre.
Ceci peut se produire dans un corps humain.
La première phase de votre travail consistera à déceler les divers groupes.
Où trouverai-je du sang ?
Il y a assez de prisonniers dans cet établissement
pour fournir tous les groupes.
Et... la seconde phase ?
Isoler celui des sangs qui risque de se montrer nocif.
Nous nous occuperons de cette question plus tard.
Très bien.
N'oubliez pas que vous êtes prisonnier.
Vous ne pourrez pas sortir.
Mais ici, vous serez libre de vos mouvements.
Merci.
Voici quelques-unes de mes notes. Etudiez-les.
Autre chose.
Votre travail vous mettra en contact avec beaucoup de prisonniers.
Vous entendrez des tas d'histoires des plus extraordinaires.
C'est peut-être même déjà fait.
Rappelez-vous que vous êtes dans une institution d'aliénés.
De délinquants aliénés.
Tout ce que l'on peut entendre dans cette prison peut être qualifié
d'élucubrations imbéciles.
Carl va vous reconduire chez vous. Carl !
Reposez-vous aujourd'hui. Demain, nous commencerons nos recherches.
Carl, tu feras enlever ces chaînes.
J'ai besoin de lui, maintenant. Il a un travail à faire.
Alors, quand ?
Un prisonnier privilégié ? C'est plutôt rare dans cette maison.
Fais attention... Un de ces jours,
tu feras un faux-pas, et tu retomberas sous ma coupe.
Je te défends de me toucher, sale gorille !
Carl !
Wetzler !
Carl, fais enlever immédiatement les chaînes du prisonnier.
Merci, Carl.
Le patient est prêt ?
Non !... Non...
Pitié !
Laissez-moi !
Bientôt, je pourrai me passer du sang des autres.
Pierre m'aidera à trouver la solution à mon problème. Et alors...
tout sera plus simple.
Que faites-vous ici ?
Pardon, docteur.
Quand je vous ai prise comme gouvernante chez moi,
je vous ai interdit de sortir de mes appartements.
Vous avez préféré ne pas m'écouter, et vous mêler de ce qui ne vous regarde pas.
Puisque vous êtes ici, il faut payer le prix de votre curiosité.
Carl, charge-toi d'elle.
Je vous en prie, docteur.
Je n'en parlerai à personne. Je vous le promets.
Carl, emmène-la.
Non !
Si vous vous intéressez tant à mon travail,
il n'y a pas de raison pour que vous ne m'aidiez pas.
Jusqu'à présent, mes expériences se sont limitées au sang masculin.
Il est temps que je développe le champ de mes activités.
Je suis venu dès que j'ai su, par cette jeune fille, ce qui s'était passé.
Vous dites qu'au cours du procès, vous n'avez pas reçu de lettre du tribunal ?
Non, car j'aurais sauté dans le premier train. Vous pouvez en être sûre.
Donc, la lettre que nous supposions envoyée par vous était sûrement un faux.
C'est évident.
À la lueur des faits que vous m'exposez, Pr Meinster, je vais réviser le procès.
Peut-être parviendrons-nous à découvrir le responsable,
et la raison qui le poussa à égarer la justice.
Ah, Auron.
Voici Mr Auron, de la commission des prisons.
Je vais réviser le procès du Dr John-Pierre.
À la demande de Mlle Duval.
- Avisez immédiatement la commission. - Bien.
C'est tout ce que je peux faire pour l'instant.
Merci, monsieur.
Je suis désolé, c'est le seul qui restait.
Il faut aller en chercher un autre au laboratoire.
C'est si pressé ?
Le Dr Callistratus tient à avoir un spécimen du sang de chaque prisonnier.
Allez-y. Je vous attends.
- Je reviens tout de suite. - D'accord.
John.
John... Le ciel soit loué. J'ai cru...
Que j'étais mort ?
Il y a une semaine qu'ils t'ont emmené. Que s'est-il passé ?
Je travaille.
Tu travailles... Que veux-tu dire ?
Callistratus a appris que j'étais médecin. Je l'aide dans ses travaux.
Je dois faire des prises de sang à tout le monde.
Pas à moi.
Il ne s'agit que d'un échantillon. J'en ai pris un à tous les prisonniers.
Je ne me laisserai pas traîner dans ce laboratoire.
Je ne servirai pas de cobaye.
Qu'y a-t-il dans ce laboratoire qui te fasse si peur ?
Tu ne connais pas la pièce en dessous ?
Tu ne sais pas ce qui arrive à ceux qui y pénètrent ?
Rappelle-toi l'homme qu'ils ont emmené.
Il a succombé à une crise cardiaque.
Qui t'a dit ça ? Ton ami le docteur ?
J'ai vu deux des hommes qui ont enterré le pauvre type.
J'ai su par eux qu'il avait découpé son corps en morceaux.
Ça, tu ne le savais pas !
Callistratus a dû faire une autopsie. C'est courant dans les cas de mort subite.
Et c'est courant qu'un cadavre n'ait plus une seule goutte de sang dans les veines ?
Il n'avait que la peau et les os. Demande donc à ton docteur.
C'est comme celui qui est mort et qu'on a dû ensevelir sans sa tête.
Je le sais, je l'ai vu.
- Attention ! - Non !
Voilà. Et faites attention, dorénavant.
Merci. J'ai tout ce qu'il me faut pour aujourd'hui.
Carl, va me chercher les ustensiles.
Le docteur est là ?
Laisse-moi passer.
Carl, que se passe-t-il ?
Que signifie tout ceci ?
Dites-le, Carl ne peut pas me l'expliquer.
C'est ma faute, monsieur. J'ai voulu franchir cette porte.
Carl s'y est opposé.
Est-ce vrai ?
Pourquoi vouliez-vous descendre ?
Je voulais voir ce qui se passe en dessous.
Cela ne vous regarde pas.
En tant qu'assistant, je dois connaître tous vos travaux.
Cela viendra en son temps.
Pour l'instant, consacrez-vous aux groupes sanguins.
Carl, va-t'en.
Et n'oublie pas...
Je veux que cette porte reste verrouillée.
Vos groupes sont au complet ?
Oui, il ne me reste plus qu'à les classer.
Bien.
Vous allez commencer la seconde phase de votre travail.
En quoi consiste-t-elle ?
Souvenez-vous qu'à votre arrivée,
je vous ai parlé d'un certain sang qui risquait d'être nocif.
Ce sang détruit les cellules vivantes d'un autre sang,
et forme un groupe tout à fait nouveau.
Les cellules de ce groupe ne peuvent pas se mêler à celles d'un autre groupe.
Mais une combinaison de groupes doit être possible,
qui permette de neutraliser cet état nocif.
- Il faut trouver cette combinaison. - Comment faire ?
Je l'ignore. C'est de votre partie. Pour ma part, je suis las.
Vous avez fait des expériences avec ce groupe ?
Bien sûr, c'est mon travail.
Sur le prisonnier qu'on est venu chercher l'autre soir ?
Vous avez écouté les racontars de ces pauvres crétins.
Je vous avais mis en garde dès votre arrivée.
Que je n'aie pas à vous le redire.
Entrez.
Mr Auron voudrait vous voir, monsieur.
Merci.
Continuez la classification. Je reviens de suite.
- Auron. - Bonjour, Callistratus.
Vous venez en tant qu'inspecteur des prisons ou est-ce une visite de courtoisie ?
Un peu des deux.
La commission s'inquiète du nombre de décès dans cet établissement.
Trouvez une explication valable, Callistratus.
Sans cela, la commission va prendre des mesures.
C'est votre affaire.
Je vous paie pour cela.
Je sais. Mais vous me rendez la tâche de plus en plus difficile.
De quoi d'autre vouliez-vous me parler ?
Du prisonnier Pierre.
Il va être remis en liberté.
Pourquoi cela ?
Quand ?
Son procès a été révisé.
On sait que la lettre qu'il a écrite à... Comment s'appelle-t-il ?
Meinster.
On sait qu'elle n'est jamais arrivée.
Meinster est venu en personne.
C'est très malencontreux.
Si jamais on apprend que c'est moi
qui ai intercepté cette lettre et que j'y ai répondu...
je suis perdu.
J'ai contrefait la signature de Meinster.
C'est encore plus malencontreux.
Il nous faut agir.
J'étais sûr que vous m'aideriez.
Je l'ai fait pour vous.
Quand va-t-on le libérer ?
Dans une semaine. Peut-être 10 jours.
Ce sera tout, merci.
- Que comptez-vous faire ? - Chaque chose en son temps.
Maintenant, j'ai du travail. Excusez-moi.
Préviens Pierre que j'ai besoin de lui.
Songez à ce que je vous ai dit à propos des décès. La commission s'inquiète.
La commission s'inquiète pour un rien.
Si vous ne voulez pas voir Pierre, je vous conseille d'attendre Carl à côté.
Il vous reconduira.
J'aimerais connaître vos intentions.
Au revoir.
Approchez, Pierre.
Je viens d'avoir une visite.
Un membre de la commission des prisons.
En parlant des questions d'organisation, il s'est mis à me parler de vous.
Que vous a-t-il dit ?
Qu'en raison de faits nouveaux, votre procès a été révisé.
Je ne vis que dans ce but.
Il a dit aussi que la cour n'a pu trouver
aucune preuve suffisante pour modifier sa décision.
Je ne comprends pas.
Je suis navré de vous annoncer cela, Pierre.
Mais la cour maintient son verdict.
Elle ne vous a pas trouvé de circonstances atténuantes.
Mais Meinster n'est pas venu témoigner. Il a refusé de se présenter.
Malheureusement, je n'ai pas de détails. Je ne sais que ce que l'on m'a raconté.
Je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour que vous continuiez à travailler ici.
Ainsi, votre détention vous paraîtra moins pénible.
C'est tout.
Pierre, c'est tout.
Vous pouvez retourner dans votre chambre.
Je vous donne un jour de repos.
J'ai besoin de vous.
Il faut que cet homme reste en vie.
Il faut faire un massage cardiaque.
Il souffre d'une déficience sanguine. Vous lui faites une transfusion ?
Vous n'y êtes pas. Je ne lui fais pas une transfusion, je lui prends son sang.
- Combien lui en avez-vous pris ? - Près de 2 litres.
Mais vous êtes fou ? !
Votre opinion sur moi ne m'intéresse pas.
Ce qui m'importe est que cet homme reste en vie. Aidez-moi.
Vous devez lui faire une transfusion immédiatement.
Je sais ce que j'ai à faire.
Pierre !
Wetzler !
Il est mort.
Je vous ai fait appeler pour empêcher ça.
Vous l'avez assassiné.
Vous êtes un meurtrier.
Et vous, vous avez gâché mon expérience, ce qui est bien pire.
Wetzler !
Pierre retourne dans sa chambre. Veuillez le reconduire.
Gardien.
Gardien !
Que voulez-vous ?
Je voudrais que vous m'accompagniez voir le prisonnier Kurt Urach.
- Pourquoi ? - Demande de Callistratus.
Le docteur ne m'a rien dit.
Vous voulez que je le réveille pour lui dire ?
Non, attendez un instant.
Ce plan d'évasion dont tu me parlais quand je suis arrivé...
Quel plan ?
- Explique-le moi. - Je ne sais pas de quoi tu parles.
Écoute.
J'ai dû mentir pour venir ici. Je veux connaître ton plan.
Je vois... Callistratus t'envoie m'espionner.
Tu es à sa solde. Tu l'aides à faire son sale travail.
Tu me prends pour un imbécile ?
Tu viens de la part de Callistratus ou de Wetzler ?
Je suis sérieux. Es-tu avec moi ou dois-je le faire seul ?
D'accord.
Je vais admettre que tu dis la vérité.
Pourquoi as-tu changé d'avis ?
On a révisé mon procès.
Et rien n'a changé ?
Je t'avais averti.
Oui, c'est vrai.
Tu avais dit aussi que tu avais le moyen de t'évader.
Vas-tu me dire lequel ?
Très bien.
Je vais te le dire.
Il a fallu beaucoup de sacrifices pour réunir tout ça.
Cette clé ouvre la porte de ma cellule et celle du couloir.
La première étape sera facile. La seconde, beaucoup plus difficile.
Il faut traverser la cour et parvenir jusqu'au mur.
Nous devrons empêcher les chiens de nous attaquer.
C'est là où tu peux te rendre utile.
Il faut du poison. Peux-tu en avoir ?
- Je crois que oui. - Bien.
Voilà ce que nous ferons.
Je connais le prisonnier qui nourrit les chiens.
Demain, quand il fera nuit, et que tu auras le poison...
Nous avons fait de gros progrès, Pierre.
Je dois admettre que votre aide m'est précieuse.
Merci.
Gardien.
Qu'y a-t-il ?
J'ai quelque chose d'important à vous dire.
Allons-y ! Vite !
La voie est libre. Vite !
Kurt !
Kurt !
Non !
Non !
Wetzler voulait vous laisser fuir pour que vous finissiez comme Kurt.
Peut-être aurais-je dû l'écouter.
Vous saviez...
- Vous auriez pu l'empêcher. - Oui, j'aurais pu.
Mais, parfois, il est nécessaire de montrer un exemple.
Afin de montrer le danger de certains tentatives.
N'oubliez pas ce qui vient de se passer.
Que cela vous serve de leçon et vous évite une nouvelle tentation.
Je suis désolé, mademoiselle.
Un jour de plus et l'ordre de remise en liberté eut été officiel.
Vous êtes sûr qu'il ne s'agit pas d'un autre prisonnier ?
Tout à fait sûr.
J'ai là le rapport du directeur de la prison.
Pierre et un autre homme furent tués tous les deux en voulant s'évader.
Excusez-moi, pouvez-vous me dire...
Quand le Dr Callistratus me recevra ?
Je vais le prévenir, mademoiselle.
Il est occupé, mais ne va pas tarder.
Merci.
La chambre de la gouvernante est prête ?
Tiens-toi prêt à l'y accompagner.
Désolé de vous avoir fait attendre.
Les tâches d'un médecin de prison sont aussi accaparantes que délicates.
Je comprends.
- Veuillez vous asseoir. - Merci.
Bien que je me félicite du goût dont a fait preuve la commission,
il faut avouer qu'elle n'est guère perspicace.
Pardon, monsieur ? Je ne comprends pas.
Ici, c'est une prison.
Ce n'est pas un lieu pour une jeune fille aussi jolie que vous.
La commission m'a affirmé que je n'aurai pas à entrer dans la prison.
C'est vrai.
Si j'avais pu me douter de son choix,
j'aurais demandé à ce qu'on remplace ma gouvernante beaucoup plus tôt.
Vous êtes trop aimable.
N'en croyez rien.
Carl va vous montrer votre chambre.
Carl, voici Mlle Duval, ma nouvelle gouvernante.
C'est mon fidèle serviteur. Vous pouvez avoir confiance en lui.
Monsieur, venez voir.
Enfin.
Nous avons découvert que le pouvoir nocif de ce groupe
peut-être temporairement neutralisé par une simple transfusion.
Nous allons vers le succès.
Puisque ces groupes se rencontrent si peu, à quoi bon tout cela ?
Il y a tant de travaux plus importants.
Rien n'est plus important. Rien.
Voilà 6 ans que je m'y consacre.
Cherchant la bonne combinaison.
Être atteint d'une pareille maladie est certainement l'épreuve la plus terrible.
Qu'y a-t-il ?
À cette heure-ci ?
Je le verrai plus tard.
Après cette découverte,
arrêtons le travail pour aujourd'hui.
- Cette fiche est celle de Kurt Urach. - Et alors ?
- Ça fait une semaine qu'il est mort. - Je le sais.
Son analyse de sang pour la classification est datée d'hier.
Foutaises !
Oui, c'est exact.
Une stupide erreur.
Je la corrigerai.
Veuillez regagner votre chambre.
Cette fois, c'est grave, Callistratus. La situation est...
Qu'y a-t-il ?
John... Mon amour.
Je savais que tu ne pouvais être mort.
- Qui t'a dit ça ? - Le juge d'instruction.
Il a dit que tu as été tué au cours d'une évasion,
juste avant ton acquittement.
Je suis acquitté...
- Je savais qu'il mentait. - Qui ça ?
Callistratus.
Mais que fais-tu ici ?
Je pensais que tu ne t'évaderais pas avant que j'aie vu Meinster.
Je voulais savoir ce qui s'était passé.
J'ai postulé auprès de la commission pour le poste de gouvernante.
Tu ne dois pas rester ici. Si Callistratus apprend qui tu es...
Il faut que tu partes. Invente une excuse, mais va-t'en.
Tu raconteras au juge ce qui se passe dans cette maison.
Il doit savoir.
Très bien. Je viens tout de suite.
Je vous dis que la mort de Pierre et de Kurt va poser des problèmes.
Ils sont morts en tentant de s'évader.
Il y a eu trop de morts mystérieuses, ici.
Ça n'arrive pas dans les autres prisons.
Cette prison n'est pas comme les autres.
Entrez.
Voici Mlle Duval, ma nouvelle gouvernante.
Monsieur Auron.
Je suis ravi de vous rencontrer.
Il me semble... que nous nous sommes déjà vus.
Je ne crois pas.
Désirez-vous autre chose ?
Non, merci.
Callistratus, j'ai déjà vu cette fille-là quelque part.
- Rien à signaler ? - Rien, Wetzler.
Ouvre, je dois sortir.
Donne-moi ton fusil, et ta baïonnette.
Vite !
Entrez.
- Qu'y a-t-il ? - C'est Wetzler, monsieur.
Il est mort.
- Où cela s'est-il passé ? - Au cimetière.
Il y avait une tombe vide.
Je vais aller voir.
Excusez-moi, Auron.
Bonjour.
Où est la gouvernante ?
Je suis aussi fatigué. La journée a été dure.
Dis-le au docteur.
- Que faites-vous ici ? - Calmez-vous.
Nous nous connaissons déjà.
Vous avez oublié que nous nous sommes déjà rencontrés ?
Je ne sais pas de quoi vous voulez parler.
Si vous insistez, j'appelle le Dr Callistratus.
Allez-y. Il sera ravi de savoir que nous nous connaissons.
Mais où était-ce ?
Chez le juge d'instructions, si j'ai bonne mémoire.
- Alors, je l'appelle ? - Non !
Ne l'appelez pas.
Bien sûr. C'est plus agréable de bavarder un peu tous les deux.
J'ai apporté un peu de vin pour boire à notre vieille amitié.
Vous êtes très belle, ma chère.
Trop belle pour être ici.
Cette peau si douce, si délicate...
Carl !
Que se passe-t-il ?
Ce n'est pas sa faute. Il a voulu me défendre.
Auron est venu et a tenté de me forcer...
- Alors, Carl... - Elle ment !
Je suis venu ici pour savoir où je l'avais déjà vue.
Et je vais vous le dire. C'était chez le juge d'instructions.
- Demandez-lui ce qu'elle y faisait. - C'est faux.
Elle cherche à vous duper, Callistratus. On la envoyée ici pour...
- Sortez, Auron. - Je vous dis que...
Dehors !
Je m'en vais.
Vous aurez de mes nouvelles. Je refuse à vous couvrir plus longtemps.
Je remettrai un rapport à la direction des prisons sur vos activités.
Relâchez-le.
Carl...
Ce monsieur s'en va.
Je ne saurais dire à quel point je déplore ce fâcheux incident.
Merci, docteur. Maintenant, je suis rassurée.
Vous pouvez l'être.
Vous m'avez faite appelée ?
Oui, veuillez approcher.
Excusez-moi de vous déranger si tard.
La conduite de Mr Auron m'a conduit à prendre certaines décisions.
Nous n'avons pas de temps à perdre.
Suivez-moi, je vous prie.
Par ici.
Ceci est mon second laboratoire.
Seuls Carl et moi pénétrons dans cette pièce.
N'ayez pas peur.
Vous allez vous familiariser avec mes travaux.
Venez. Je vais vous expliquer.
Cette expérience a pour but de déterminer l'effet du froid
sur le corps humain.
Cet homme est maintenu artificiellement en vie.
Il n'a plus de coeur.
J'ai recréé mécaniquement l'impulsion vitale
donnée par les battements de ce muscle.
D'ailleurs, voici son coeur, qui lui est devenu inutile.
Aussi le lui ai-je ôté.
Et voici quelqu'un que vous connaissiez, et qui lui aussi vous connaissait.
Il vous connaissait même très bien.
John.
John !
John.
N'insistez pas. Cette jeune fille restera ici.
Carl, charge-toi de lui.
Fais ce que je te dis.
Enchaîne-le aussi.
N'oubliez pas que cette arme est braquée sur vous.
Prépare la table d'opérations.
J'espère que vous apprécierez mon expérience.
En tant que médecin, vous avez de la chance de collaborer avec moi.
Amène la fille, Carl.
Carl !
La fille ! Attache-la sur la table.
Fais ce que je te dis !
Nous règlerons nos comptes plus tard.
Sors du laboratoire.
Ce que je vais faire ne te regarde pas.
Va-t'en.
Reste où tu es !
Nous allons passer à la pratique.
Et voir si mes travaux n'ont pas été inutiles.
Avec l'aide de Mlle Duval,
je vais faire une transfusion directe d'un être vivant à un autre être vivant.
Une petite anesthésie et vous ne sentirez rien.
Callistratus ! Laissez-la !
Si vous voulez tenter l'expérience, servez-vous de moi.
Servez-vous de moi !
Autrefois, j'étais un docteur comme vous.
Et comme vous, je faisais des recherches sur les groupes sanguins.
Je fus qualifié de vampire.
Condamné à la peine de mort.
On me plongea un pieu en plein coeur.
Au cours d'une expérience, j'avais découvert un procédé nouveau
qui conservait la vie à un homme dont le coeur ne battait plus.
Après mon exécution,
Carl, avec l'aide d'un médecin, me redonna la vie.
Je changeai mon nom, et menai une existence nouvelle.
Mais ce traitement s'avéra être une arme à double tranchant.
S'il me sauva d'une mort certaine, il déclencha une grave infection.
Un des deux groupes de cellules qui sont dans mon sang,
est en train de détruire l'autre.
Kurt s'est avéré être un charmant compagnon.
Il sera heureux de revoir un vieil ami.
Kurt ?
Kurt ne peut ni parler, ni bouger.
Il reste là, sans jamais se plaindre.
Je ne crois d'ailleurs pas qu'il comprenne ce qu'on lui dit.
J'ai accompli un miracle en réussissant à lui conserver la vie.
Les chiens s'étaient montrés très sauvages, cette nuit-là.
J'ai inoculé dans ses veines l'affreuse maladie dont je souffre moi-même.
Sous une forme plus violente, évidemment.
J'ai l'intention de le vider de son sang,
que je remplacerai par un sang nouveau.
Si Kurt survit à mon expérience, j'aurais réussi.
Kurt.
M'entends-tu ?
Kurt !
Je suis John-Pierre.
Défends-toi ! Résiste !
Ne te laisse pas faire !
Ne te laisse pas faire, Kurt. Défends-toi, je t'en supplie !
Ne vous donnez pas tout ce mal. Il ne comprend pas ce qu'on lui dit.
Non, Kurt. Non !
Il m'a l'air de vous avoir entendu.
Kurt ?
Kurt !
Lâche mon bras !
Kurt !
Kurt, lâche mon bras !
Kurt, lâche mon bras !
Kurt !
Kurt, lâche mon bras !
Lâche mon bras !
Madeleine, réveille-toi. Réveille-toi !
C'est fini.
Tout va bien.
Levez-vous, Callistratus.
Nous partons.
Vous allez nous conduire jusqu'à la porte et nous faire sortir.
Un mot ou un signe quelconques aux gardiens, et je vous tue !
Madeleine.
Voici la clé. Passe la première.
Rappelez-vous que si nous ne sortons pas d'ici sains et saufs...
Ouvrez la porte, nous sortons.
Obéissez !
Ouvrez la porte !
Je reviendrai dès que j'aurai vu la commission.
Ne bouge plus !
Sous-titrage-Artus Films - 2013
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