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(croassement de corneille)
- Ça me met mal de te laisser seule avec la petite.
- Non, non, c'est correct.
- Mais c'est un gros congrès, je peux pas manquer ça.
Je vais en profiter pour aller voir 2, 3 gros clients
dans le nord.
Dans 2 semaines max, je suis rentré.
- Fait que tu l'as jamais entendue, toi, la corneille ?
- Non.
- T'es sûr ?
- Plutôt, ouais.
- Parce que tu sais ce que ça veut dire, hein,
s'il y a juste moi qui l'entend ?
- Non, qu'est-ce que ça veut dire ?
- Ça veut dire que c'est fait exprès
pour que ce soit moi qui l'entende.
(imitation de petits cris)
(rire)
Comme une corneille.
- Je vais faire venir un exterminateur.
- C'est la voisine qui jouit.
- Dans ce cas-là, on s'en fout.
- Moi, je pense que c'est des exhibitionnistes.
- OK.
- Non, mais tu sais,
je peux très bien m'imaginer leur conversation,
genre : "Ah, t'aimes ça quand le monde t'entend jouir,
hein, grosse salope ?"
Puis là, elle jouit. "Hum, hum, hum !"
- Vi, tu peux arrêter de faire ça, s'il te plaît ?
- Tu sais c'est quoi.
Les couples, à un moment donné,
ils ont de la misère à s'exciter,
ils font des affaires bizarres, puis après avoir joui,
ils se trouvent poches,
mais ils recommencent tout le temps pareil.
- Ça va, c'est pas la fin du monde.
Avant, ça t'aurait fait rire. - Avant quoi ?
- Avant...
Je sais, tu m'as expliqué l'allaitement, tout ça,
ça tue la libido.
- OK, c'est à cause que j'allaite
que les voisins se servent de moi
dans leurs jeux de cul poches ?
- Écoute, je pense que t'es fatiguée.
On devrait inscrire la petite à la garderie, non ?
- Non, ç'a pas rapport.
- Bon. Je t'appelle.
Je t'embrasse. Ciao.
(imitation de croassements)
(déverrouillage de la voiture)
N'importe quoi !
(coup de klaxon au loin)
- Mon bébé fait pas trop de bruit ?
- Non.
- Fait que vous l'entendez pas ?
- Ah, on l'entend, mais c'est normal, c'est un bébé.
Mon fils a 10 ans, on est passés par là.
- Mais donc, c'est ça, on entend des choses d'un condo à l'autre ?
- Ça arrive.
(gazouillis du bébé)
- Nos chambres sont collées aussi.
- Oui, c'est vrai, nos chambres sont collées, oui.
- Des fois, ça m'arrive d'entendre des choses.
Un peu comme si quelqu'un voulait que je sois...
une témoin auditive de... de ces choses-là que j'entends.
Est-ce que tu vois ce que je veux dire par "témoin auditive" ?
- Oui, oui, je vois très bien c'est quoi un témoin auditif.
Mais je vois pas en quoi ça s'applique
dans notre conversation.
- Des fois, il y a des gens qui aiment ça,
avoir des témoins de leur vie.
- Est-ce que ça va ? Es-tu correcte ?
On dirait que tu me parles en langage codé.
- Hein ? Non. - As-tu besoin d'aide ?
Veux-tu que j'appelle Infosanté ?
- Non, non, je te parle de quelque chose de très concret.
Un son.
(imitation de croassements)
Comme une corneille.
- Hum...
Bien, ça vient sûrement de dehors ?
- Non, ça vient du mur.
- Mais as-tu regardé dehors ?
Parce que moi, j'ai pas de corneille dans ma chambre.
- C'est ça, c'est pas une corneille,
c'est comme une corneille.
Comme toi qui ferais exprès
pour que je l'entende faire la corneille.
- Voyons, pourquoi je ferais ça ?
- Parce que tu jouis. "Ah, ah, ah !"
- Hein ?
- Parce que t'es une exhibitionniste auditive.
- Oh mon Dieu. - Oui.
- OK, je comprends.
- Bon. - Ah, c'est très intéressant.
Mais non, non, non, je... je jouis pas.
Je couche même pas avec mon conjoint, ça fait... ça fait...
je sais pas, des mois, même des... des...
Oh mon Dieu, même des années, je pense, qu'on n'a pas...
qu'on n'a pas de... de...
- OK.
- Oui.
- Hum... - Hum...
- Euh... Bien, ça doit être moi, là, qui...
- Non, mais c'est une corneille ? - Oui, ou un autre oiseau.
Parce que c'est sûr que là, quand j'y pense...
Hé, je connais pas ça tant que ça, les oiseaux.
- C'est normal.
(gémissements du bébé)
(couinement de jouet)
(paroles indistinctes au loin)
- Le soccer est le sport le plus populaire dans le monde,
parce que pour jouer, t'as juste besoin d'un ballon.
C'est pour ça que je pense qu'on devrait le jouer même en hiver.
Parce qu'il faudrait juste déneiger le terrain.
Merci de m'avoir écouté.
- C'est qui la fille qui est assise sur une chaise ?
(cliquetis de vaisselle au loin)
C'est moi ? - Peut-être.
- Puis elle reçoit un ballon sur la tête ?
- Peut-être.
- Mais pourquoi ?
- Parce que c'est drôle.
- David ?
Entends-tu des bruits, des fois, dans la chambre à coucher ?
- Hein ?
(imitation de croassements)
Voyons ! Qu'est-ce que tu fais là ?
- Des fois, j'ai l'impression que je n'entends plus rien.
(paroles inaudibles)
C'est drôle.
Je pense que je vais arrêter mes antidépresseurs.
- Hein ?
Pourquoi tu ferais ça ?
- Pour être plus sensible.
Pour boire de l'alcool.
- Bien là, t'en bois de l'alcool.
- Pas beaucoup.
- Bien, quand même, là.
- Je pourrais avoir plus de libido aussi.
Ça te tente pas que j'aie plus de libido ?
- Euh... Bien, c'est comme tu veux.
- Bien, ça te concerne un peu, quand même.
- Je trouve que ta santé mentale est plus importante
que ta libido.
- Pas sûre.
- Quand t'es en santé mentalement,
je trouve ça sexuellement plus motivant que quand tu l'es pas.
- Mais on couche pas ensemble.
- C'est une façon de voir les choses.
- C'est pas une façon de voir les choses, c'est un chiffre.
On couche pas ensemble, zéro.
- OK. OK.
Comment tu vas faire pour retourner travailler
si tu prends pas des antidépresseurs ?
- Ai-je vraiment envie de faire une job
qu'il faut que je prenne des antidépresseurs
pour être capable de la faire ? Pas sûre.
- T'as quand même l'air plus heureuse quand tu les prends.
- Plus fonctionnelle peut-être, plus heureuse, je sais pas.
- Plus équilibrée en tout cas.
- Ça me rend pas particulièrement heureuse
d'être équilibrée.
- Je sais pas quoi dire, là, j'ai pas...
- Tu sais, quand je buvais de l'alcool ?
- Oui.
- Bon, bien des fois, je buvais beaucoup.
- Oui.
- Puis j'écoutais du Laurence Jalbert jusqu'à 4h00 du matin
puis j'étais super bonne au billard.
- Oui, comme la fois où t'as essayé
de te pitcher devant un char.
- Oui, oui, exactement.
Je sais que de l'extérieur, ça pouvait avoir l'air pathétique,
mais au fond, de l'intérieur, c'était vraiment le fun.
- Mais t'étais quand même suicidaire.
- Non, je suis pas sûre que "suicidaire" soit le bon mot.
Franchement, non.
C'est juste que je n'avais plus peur de la mort.
C'était extrêmement libérateur.
- Oui, juste te rappeler que t'as un fils de 10 ans.
- Je vais pas me suicider.
(♪ En courant par Laurence Jalbert ♪)
(♪ En courant par Laurence Jalbert ♪)
- Écoute, Éli, je voulais te dire,
t'es vraiment une fille super.
Ça, c'est pas la question, mais...
Ce qui s'est passé la dernière fois, c'était juste comme ça.
Parce que j'ai une... j'ai une famille, je...
J'aime ma femme. Ma fille.
Donc... Enfin, voilà, c'était...
c'était vraiment, vraiment super, mais...
mais je suis pas du genre à...
à...
- Hum.
♪♪ En courant ♪
♪ Poussée par tous les vents ♪
♪ Je suis toujours Au nord de toi ♪
(gémissements, respiration haletante)
♪ Tu ne vois pas ♪
♪ Que je n'entre plus Dans tes pas ♪
(cris)
(croassement)
(aboiements au loin)
(gazouillis d'oiseaux)
- Puis ? - Non.
Je vois rien.
(effort)
(aboiements au loin)
- Allô ! - Allô !
- C'est un exterminateur.
- Oui, oui, bien oui, je vois ça.
- À part le bruit, avez-vous remarqué quelque chose ?
- Comme quoi ?
- Des trous, des traces, des miettes, des crottes.
- Des crottes ? Non.
Non, non, il y a pas de... Non.
Non, pas de crottes.
- Hé ! Vous pouvez venir voir chez nous, si vous voulez.
Nos chambres sont collées, fait que c'est...
- Ma voisine.
- Oui, je vois ça.
C'était quoi déjà le son ?
- Hum...
(imitation de croassement)
- C'est intéressant, parce que la corneille,
c'est plus entre ça et un bébé qui pleure.
- Ah, c'est intéressant. - Oui, c'est plus...
(imitations de croassement)
C'est ça. J'aime ça, les oiseaux.
- Oui. - Mon fils a un hamster.
- Est-ce que vous pensez que le hamster
pourrait faire ce son-là ?
- Ah, non. C'est juste qu'on parlait d'animaux.
- Bien oui.
Ah, bien ! Il est bien cute, le petit hamster.
- C'est à mon fils.
(petit rire)
- Comment il s'appelle ? - Mon fils ?
- Non, le hamster. - Ah, Florence.
- Non, non, pas toi. Le hamster.
- Le hamster aussi s'appelle Florence.
- Ah, t'as laissé ton fils appeler son hamster Florence ?
- Mon chum dit que c'est un hommage.
- Oui, bien oui. C'est super beau, Florence.
- Merci.
- Oui, pour un hamster, c'est parfait, Florence.
- Pourquoi vous l'enregistrez pas la prochaine fois ?
- Le hamster ?
- La corneille.
- Bien oui.
- Good.
- Fait que c'est tout dans ma tête, c'est ça ?
Je suis en train de devenir folle.
(petit rire)
- (Femme) : Bonjour !
- C'est peut-être elle, ta corneille.
(pleurs de bébé)
(paroles indistinctes à l'interphone)
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Rien. - Tu vas l'étouffer.
- Non, je la flattais.
- Bien oui. Tu hais le hamster.
- Quoi ?
Franchement, je hais pas le hamster de mon fils.
- Bien oui. Attention.
- Je pense qu'on devrait s'en débarrasser.
- Non, je pense pas que ce soit la bonne chose pour Max.
- On peut la remettre dans sa chambre.
- Après ce qui s'est passé ?
- On n'est même pas sûrs
qu'elle a mangé ses bébés.
- Oui, on est pas mal sûrs, OK ?
Le soir, il y avait des bébés dans la cage.
Le lendemain, il n'y en avait plus.
- Bon, bien, raison de plus pour s'en débarrasser.
- Tu trouves pas qu'il y a eu assez de morts de même ?
Elle est correcte, là. Elle vit sa rédemption.
- Donc, sa cage est une prison ? - Exactement.
- Mais pourquoi elle était en prison
avant d'avoir mangé ses bébés ?
- Quoi ?
- Avant, c'était une cage. Là, c'est une prison.
- Elle dérange personne, Florence.
- Excuse, quand tu dis Florence, tu parles de moi ou du hamster ?
Parce que c'est pas clair.
- Ah, OK, c'est de ça qu'on parle ?
- C'est fou que t'aies laissé notre fils l'appeler Florence.
- Quand tu prenais tes antidépresseurs,
on n'avait pas ces conversations-là.
- Mais c'est mon nom !
- Oui, mais tu trouvais ça drôle !
T'as ri, genre, "ha, ha, ha" !
(soupir)
Oh, come on !
- Je pense que ma libido est en train de revenir.
- Je sais pas quoi faire avec cette information-là.
- T'as pas envie de moi ?
- Bien, pas là, là, juste de même.
- Non, non, non, mais en général.
- En général de quoi ?
- En général, dans la vie,
est-ce que ça t'arrive encore d'avoir envie de moi ?
- Ah ! Bien oui.
- Bon, bien...
C'est pas compliqué.
- Oui. Tu sais...
En fait, j'ai commencé à prendre des antidépresseurs.
- T'as quoi ? - Ouais.
Ouais, ouais, je filais pas trop,
fait que je me suis dit : "Pourquoi pas ?"
Sauf que c'est ça, là, c'est que là, ma libido est partie.
C'est comme si ta libido est revenue, la mienne est partie.
Nos libidos se sont juste croisées, finalement.
- Mais quand est-ce que t'as vu ton médecin ?
- Je l'ai pas vu, là, j'ai un rendez-vous,
fait que je prends les tiens en attendant.
- Regarde, tu peux pas prendre ça juste de même,
c'est pas récréatif.
- Non, j'en ai besoin. - Mais t'es jamais déprimé.
T'as pas d'émotion. - Non, pantoute.
Depuis que t'as arrêté les tiens, je vis de l'insécurité.
(soupir)
- Donc, tu prends des antidépresseurs
parce que je prends pas les miens.
- Je trouve que notre couple va mieux
quand au moins un de nous deux est sur les antidépresseurs.
- Puis t'as pas d'effets secondaires ?
- Euh, non. Pas tant.
- Parce que normalement,
ça assomme quand on commence, d'habitude.
Moi, je dormais tout le temps.
- Ouais, c'est sûr que je suis un peu plus fatigué
que d'habitude, là, mais...
(bâillement)
- C'est quand la dernière fois que tu les as pris ?
- Euh... Je sais pas.
Hier, je pense.
- Hum.
C'est bizarre, ils sont encore là, à la même place.
- Ouais, je savais pas comment t'en parler.
- Moi, je pense que tu mens.
- Franchement, pourquoi je mentirais
pour une affaire de même ?
Hein ?
(soupir)
(vrombissement de la pompe)
(soupir)
(respiration haletante et gémissements)
(petit rire, soupir)
- Ah, oui, oui.
- L'angle de ton pénis est parfait.
- Ah ouais ?
- Je dois pas être la première fille qui te le dit.
- Ouais, et toi, quand tu jouis, c'est...
(soupirs)
... c'est fou.
- Avec ta femme, c'est comment ?
- Ah non.
Si on pouvait ne pas parler de ma femme, s'il te plaît.
- Moi, je pense qu'elle est en dépression.
- Vraiment ? De quoi tu parles ?
- Vas-tu sur sa page Facebook, des fois ?
- Vous êtes amies sur Facebook ?
- Bien, ses posts sont publics.
- T'es pas obligée de regarder.
- Non, mais je suis curieuse.
Genre, c'est comment sexuellement ?
- Allez, habille-toi. On va aller manger.
- En même temps...
c'est vrai qu'elle s'est fait agresser.
- Non.
- Bien oui. - Bien non.
- Bien, moi, j'ai lu ça sur sa page Facebook, là.
Hashtag "MoiAussi".
- Quoi ?
- Tu le savais pas ?
Hé boy !
(brouhaha)
(pleurs de bébé)
(rire)
(babil de bébé)
(pleurs de bébé)
♪ ♪ ♪
(soupir)
- OK, tout le monde ?
Oui, faudrait commencer.
- Comme vous pouvez voir, plus on descend dans la serre,
plus la chaleur de la terre réchauffe la serre, OK ?
Là, il fait 0°C dans la serre, là.
C'est pas assez chaud.
Alors, ce qu'il faudrait faire,
c'est creuser plus pour avoir plus de chaleur.
Une couple de pieds, puis on serait corrects pour l'hiver.
- Je pense pas que personne va être contre creuser un peu plus.
- Moi, je suis contre.
- Euh... Attends.
Toi, Sébastien, tu veux pas qu'on creuse ?
- Exactement.
- Ouais, c'est juste, c'est pas mal la seule solution.
- Ça pourrait être aussi... l'enlever ?
- Quoi ? Pourquoi on enlèverait la serre ?
- D'ailleurs, est-ce vraiment une serre
ou c'est un abri Tempo ?
C'est pas tellement clair, il me semble.
- C'est vrai, c'est pas tellement joli.
- On pourrait l'enlever
puis ajouter un stationnement pour visiteurs.
- On est supposés être un complexe écologique.
C'est des espaces verts qu'il nous faut.
- S'il y avait moins de gens avec des autos,
il y aurait plus de place pour les visiteurs.
- Si tu te fais toujours livrer des affaires, c'est pas mieux.
- C'est pas juste des affaires qui se font livrer.
(rires)
- OK, on va revenir à la serre. David.
- Oui, donc, alors, vu que ç'a commencé à geler,
je suggère qu'on utilise une excavatrice.
On pourrait l'ajouter au budget.
- OK, mais ça, ça fonctionne à l'essence ?
- Ça ? Euh... bien oui.
- C'est parce que, David,
on avait dit que la serre devait se faire à coût carbone nul.
- Oui. - Bon, bien, on passe au vote.
Que ceux qui sont contre l'utilisation de l'excavatrice
lèvent la main.
- Refusé à quasi-unanimité.
Désolée, David.
- OK, mais ça va prendre des volontaires pour pelleter.
- Bien, moi.
- Elle dort, la petite ? - Ouais.
- J'ai vu ce que t'as posté sur Facebook.
C'est qui, ce connard ?
- Hein ? - Ton hashtag "MeToo", là.
- Mais quel MeToo ?
- Celui que t'as posté il y a genre 5 ans.
- J'ai fait ça, moi ? - Ouais, t'as fait ça, ouais.
- Ah.
- "Ah" quoi ?
- Bien, je ne m'en rappelle plus.
- Comment ça, tu ne t'en rappelles plus ?
- Bien non, Benoît, ça fait 5 ans.
Je sais-tu ce que j'ai mis sur Facebook il y a 5 ans ?
- Ça fait des heures que je roule
en repensant à tous les signes que j'ai pas vus.
- Mais quels signes ?
- C'est qui ? Je le connais ?
- Attends, là, t'es...
Es-tu en train de me dire que le hashtag "MoiAussi",
on pouvait pas le mettre comme juste en appui
au mouvement Moi Aussi ?
- En appui ?
- Bien oui, genre,
je supporte les filles qui ont été agressées sexuellement,
hashtag "MoiAussi".
- Non.
- Bien oui, genre : "Go, les filles, lâchez pas !
On est avec vous autres !" Regarde.
- T'as pas été agressée ?
- Tout le monde pense que j'ai été agressée ?
- T'as fait un hashtag "MeToo", t'as pas été agressée.
- Je me trouvais poche de rien faire.
(La télévision joue en sourdine.)
(sifflet de train au loin)
(déclic)
(déclic)
(paroles étouffées au loin)
- Ma soeur a fait un émoji qui pleure.
Mon ex a fait un émoji qui pleure.
T'as eu des dizaines d'émojis qui pleurent.
Personne m'a rien dit.
- Non, mais là, t'avais juste à "checker" mon Facebook
comme tout le monde.
- Faut que t'enlèves ton post.
- Bien non, ça changera rien si je l'enlève.
- OK, OK, alors il faut que tu fasses un post
où tu dis que t'as pas été agressée.
- Attends ! Faudrait que j'y pense, là.
- On parle d'agression sexuelle.
- Non, il y a pas juste l'agression sexuelle,
il y a le harcèlement aussi.
- Violette, putain !
- Tu viendras pas me faire à croire
que tout le monde qui a mis un hashtag "MoiAussi"
s'est fait agresser.
- C'était ça l'idée.
- Excuse, mais je connais des filles
qui ont le hashtag "MoiAussi" long comme le bras.
Ç'a pas été agressé sexuellement, ça.
Ça, c'est plus compliments non sollicités, machin, machin.
- Tu te rends compte que j'ai quitté
tout ce que je faisais dans le nord pour ça ?
- Bien, j'en ai eu, des compliments non sollicités, OK ?
Quand j'avais 18 ans, il y a un de mes...
il y a un de mes boss qui m'a fait des avances.
- Il t'a fait quoi ?
- Bien, j'ai couché avec.
- Il t'a forcée ? - Non.
Mais il avait du pouvoir sur moi quand même. C'était mon boss.
- Ton boss de quoi ?
- C'était mon gérant au McDonald.
(rire)
- Ça, c'est du boss, ça.
- OK, on va vraiment faire ça ?
Tu veux qu'on fasse le tour de mon historique personnel
pour voir si j'ai le droit de faire un esti de "MeToo"
sur Facebook ?
- Tu l'as mis sur Facebook,
c'est pour qu'on le voit.
Donc, on en parle, c'est normal, c'est comme ça.
- Bien, depuis qu'Emma est née,
ça m'arrive souvent de te faire des pipes,
puis je le sens pas tant que ça.
- OK.
- Je me sens coupable de pas avoir de libido,
puis je pense que pour le bon fonctionnement de notre couple,
bien, faut que je fasse quelque chose.
- Donc, en fait, ton hashtag "MeToo", c'est contre moi.
- Non, je dis juste que... ce que je dis,
c'est que je suis une fille, que moi aussi,
je me suis fait chier à gérer la libido des gars, c'est tout.
- J'ai compris.
Allez.
- Je parlais en général ! - Ouais, ouais.
- Hum... Non.
Hum !
(petit rire)
(exclamation)
Oh mon Dieu, le voisin est laid. Non.
(soupir)
(aboiements au loin, miaulement)
(aboiements au loin)
(petit rire)
(rire)
♪♪ Des motels à 10$ Avec des murs en carton ♪
♪ Je me dégelais Le bout des doigts ♪
♪ Sur une lampe de salon ♪
♪ Vivre dans mes bagages Ou sur la scène ♪
♪ Coincée par le chantage D'un patron obscène ♪
♪ Il y avait rien Pour m'empêcher ♪
♪ De chanter à tue-tête ♪♪
♪♪ Look out now I'm coming for you ♪
♪ The beast under your bed ♪
♪ Needs a hunk of meat To dig into ♪
♪ I got no pack to follow I'm a one man show ♪
♪ I howl at the moon Running through the snow ♪♪
- La 835.
(rires)
(La chanson se poursuit en sourdine.)
(soupir)
- Oh !
Oh my God ! - Yes, madame !
Fuck you ! Fuck you ! Fuck you, fuck you, fuck you ! Fuck you !
Fuck you, fuck you !
(cris entremêlés)
- ♪♪ Provocante ♪
♪ Tu fais exprès ♪
♪ Quand tu t'émoustilles ♪
♪ Devant ses beaux yeux ♪
♪ Innocente ♪
♪ Tu le sais Tu fais exprès... ♪
- Qu'est-ce que tu regardes ?
- ♪ Quand tu te tortilles ♪
♪ Non tu ferais pas mieux ♪
♪ Qui es-tu ? ♪
♪ Oh, qui es-tu ? ♪
♪ Qui es-tu ? ♪
♪ Dis-moi, dis-moi Qu'est-ce que t'es ♪♪
- C'est complètement exagéré.
- Mais moi, je comprends pas, "exagéré".
Il meurt ou il meurt pas.
- Non, mais as-tu fini avec ça ? - Ouais.
- "Checke".
(exclamation)
Oh mon Dieu !
(exclamations)
- Euh... Euh... Euh...
OK, prends ça.
(rires)
- Non, c'est ça, c'était juste un exemple.
- Un exemple de quoi ? - Bien, quand tu te coupes.
Il y a du sang.
- Mais oui, quand on se coupe, il y a du sang, oui.
- Non, mais c'est parce qu'on parlait de la vie.
- Oui, on parlait de la vie.
- Florence, elle essayait de m'expliquer
que c'est pas si facile que ça de mourir.
Non, mais que quand les filles se coupent les veines
dans les films et qu'elles meurent...
- Non, mais c'est ça, ce que je disais, c'est que dans la vie,
oui, dans la vie, c'est plus difficile que dans les films.
- C'est ça.
- On n'a pas dû voir les mêmes films,
parce que d'habitude, quand ils se coupent,
c'est pas là qu'ils se coupent les poignets.
- C'est ça. C'était un exemple.
Ah, come on ! Mets tes gyrophares !
Come on ! Tu peux les mettre, les gyro.
Allez, juste une seconde.
(rire)
Oh mon Dieu !
C'est tellement beau, ce que ça fait sur le condo !
Sérieux, ça met de la vie !
Vous mettez de la vie ! - Oh oui.
- Oh wow !
- Comme une sensation... - Attention.
- C'est qu'elle m'a dit de regarder.
- Regarde !
- C'est votre mari, ça, madame ? - Hein ?
Ah ! Oui, non, non, on n'est pas... C'est pas mon mari.
On n'est pas mariés, en fait. Toi, es-tu marié ?
(rires)
- Vous pouvez y aller.
- Ah. - Bye, Florence !
- Bonne nuit ! - Oh, il se passe quoi, là ?
- Ça, c'est mon mari, moi.
(rire)
Ouais. Hé !
- C'est sûr qu'il est marié. - On est allées dans un bar.
(cris d'enfants entremêlés)
(babil)
Je pense que j'ai pas apporté assez de linge de rechange.
- Ça va aller.
- On devrait juste revenir demain.
- Vivi, ça va aller. Je te le jure.
(babils)
- Mon prochain contrat, il est juste dans 4 mois.
- Je sais. On a une place maintenant.
Si on la prend pas, on va la perdre.
Dans 4 mois, on n'aura peut-être pas de place.
- Ç'a pas de sens. - Hé, elle a 9 mois.
Ça va lui faire du bien d'être avec d'autres enfants.
Toi aussi, ça va te faire du bien. D'accord ?
(pleurs de bébés)
(paroles indistinctes d'une femme)
(babils)
- Bonjour ! - Bonjour !
(babils)
(paroles inaudibles)
- C'est vraiment nécessaire de faire un trou ?
- Pour passer le câble.
Il n'y a plus personne qui se fait installer le câble.
- Ouais, c'est l'idée de mon conjoint.
Il trouve ça mieux quand je sors moins de la maison.
En même temps, si on regarde les statistiques,
les gens qui meurent d'une mort violente,
c'est plus souvent dans leur domicile que ça arrive,
fait que...
(raclement de gorge)
- Si je peux vous faire une confidence,
moi aussi, j'ai le câble.
- Ah oui ?
- Dans ma chambre. - Wow.
- Une télé 60 pouces. - Soixante pouces, hein ?
- Tout le monde a une politique
de pas d'écran dans la chambre à coucher, mais honnêtement,
il y a rien de mieux que regarder la télé dans son lit.
- Hum. C'est vrai que ça doit être le fun.
- Moi, je dis, si t'as pas le câble dans ta chambre à coucher,
je m'excuse, mais tu sais pas jouir de la vie.
- Moi, je suis prête à jouir de la vie.
- Bravo.
- Merci.
- J'ai des amis qui voyagent.
Ils vont en Europe, ils vont en Asie.
Qu'est-ce qu'ils font une fois rendus là-bas ?
Ils visitent 2, 3 monuments,
puis ils s'écrasent dans leur chambre d'hôtel
pour regarder le câble.
Rendu là, moi, je dis, on arrête de niaiser.
Arrêtez d'achaler le monde à Venise.
Ils en ont ras le bol des touristes.
Je veux dire, sacrez-leur patience, rendus là.
Installez-vous le câble dans votre chambre à coucher,
puis on va te régler ça assez vite,
les changements climatiques puis tout.
Je vous installe ça ici ? - Pardon, excusez.
- Dans mon expérience, là,
ça serait pas mal la meilleure place.
- Ah ! - Oui.
- Oui, j'imagine.
Peut-être que si vous veniez vous installer dans le lit
pour être sûr que c'est le bon angle.
- OK, bien oui. Bien oui, pourquoi pas.
Euh... Oui.
On...
Oui.
- Fait que mettons qu'on s'imagine
qu'on regarde quelque chose, qu'est-ce qu'on regarde ?
- Ah, bien là... Il y a...
(petit rire)
Il y a tellement de postes.
- C'est sûr. - Ouais.
(soupir)
(petits gémissements)
(soupir et petit gémissement)
- Est-ce que je peux... - Oh ouais, ouais, ouais.
(soupir)
(soupirs)
(gémissement)
(soupirs)
(gémissements)
(soupirs)
(petit cri)
(respirations haletantes)
(respirations haletantes)
(respirations haletantes)
(cri)
(respirations haletantes)
(respirations haletantes)
(respirations haletantes)
(cri)
(respirations haletantes)
(cri)
(respirations haletantes)
(cri)
(respirations haletantes)
- J'ai chaud. J'ai chaud.
(respirations haletantes)
(gémissement)
(respirations haletantes)
- J'ai quasiment rien fait.
(respirations haletantes)
- Oh, wow ! Merci.
- Je me suis fait installer le câble.
- Ah, c'est le fun, le câble.
- Le gars du câble est venu. Il a installé le câble.
- Ouais.
- Il a vraiment fait une bonne job.
(vrombissement du mélangeur)
Dans ma chambre.
(Elle éteint le mélangeur.)
C'est vraiment le fun, le câble.
- Bien oui, j'imagine.
- T'ouvres la télé, il y a quelque chose qui apparaît.
Tu changes de poste, il y a quelque chose qui apparaît.
Ça finit jamais.
Avec les plateformes,
faut toujours que tu prennes des décisions.
Honnêtement, moi, j'ai pas besoin de ça dans ma vie.
Hopidou.
On s'est touchés. Beaucoup. C'était le fun.
(soupir)
Savais-tu ça, toi, que la monogamie,
ç'a été inventé pour les hommes, pas pour les femmes ?
- Euh, non, je pensais que c'était naturel.
- Hum, hum. Non, j'ai vu ça sur France Culture.
C'est parce que dans les sociétés polygames,
c'est toujours les beaux gars riches
qui se pognent les filles.
Les autres, ceux qui sont laids puis poches,
bien, ils ont rien.
Tu sais, comme fuck all.
Fait qu'ils sont désespérés, ils font des problèmes.
À cause de ça, ça crée plus de guerres.
Donc, ils ont inventé la monogamie
pour que chaque homme ait sa femme.
- Et... chaque femme a son homme.
- C'est à ça qu'on sert, les femmes.
À pacifier les hommes.
(cliquetis métallique)
Moi, je suis pas sûre que ça me tente d'être monogame.
Qu'ils s'arrangent avec leurs crisse de guerres.
- C'est quand même fou qu'ils nous l'aient jamais dit
que la monogamie, c'était pas naturel.
J'ai tout le temps pensé que c'était de ma faute, moi.
- (Femme à la télé) : What's going on there
is you keep this small move nice and slow.
And then, reverse it.
- Tabarnac, hein ?
(vrombissement de la pompe)
(clapotis de la douche au loin)
(♪ chant indistinct de Florence ♪)
- Hé, oh !
- Qu'est-ce que tu fais ? - Rien.
- C'est Florence qui t'a demandé de tuer le hamster ?
- Hein ? Non, je veux pas tuer le hamster, là.
- Tu tiens des pinces dans sa cage.
- Ouais, mais si je voulais tuer le hamster,
je le poignarderais pas avec des pinces à épiler.
- Ah non ? Tu ferais quoi, mettons ?
(♪ chant indistinct de Florence ♪)
- Bien, je sais pas. Je...
(♪ chant indistinct de Florence ♪)
... je le lancerais en bas du balcon.
Non, non, non, voyons, franchement,
je veux pas le tuer, là, c'est comme...
C'est juste, c'est compliqué, je...
En fait, j'ai juste besoin des crottes.
- Des crottes de hamster ?
- Oui. Oui, parce que...
Oui, oui, parce que...
Dans le fond, regarde, je vais juste prendre les crottes,
puis je vais y aller, OK ?
- Je sais pas c'est quoi votre problème, les filles.
Vous pouvez pas juste être normales ?
Juste être des adultes ordinaires, OK ?
Oui, c'est plate, être un adulte, des fois.
C'est ça, la vie, OK ?
Ça sert à rien de tout le temps vouloir tout arranger.
Sérieux, là, tout doit être tout le temps mieux. Mieux que quoi ?
Il est correct, le vieux divan, puis ça arrive,
un couple qui a moins de sexe qu'avant, OK ?
Peut-on juste vivre, tabarnac ?
- Vraiment, je veux juste les crottes.
- Allez, prends-les, tes crottes !
Excuse-moi, là.
(signal de réception de notification)
- Ça va ?
(soupir)
Voyons.
- Fait que j'en ai trouvé là, là,
puis j'en ai trouvé d'autres par ici.
C'est ça, j'étais contente d'enfin trouver quelque chose
de concret, tu sais, parce que...
c'est bien beau, la corneille, mais...
si je suis toute seule à l'entendre,
ça commence à être un petit peu inquiétant.
- Ouais, on est loin de la corneille.
C'est des crottes de hamster, ça, là, là.
- Hein ! Wow, vous voyez ça vite de même, vous ?
Vous êtes pas mal bon.
(petit rire)
- L'habitude.
En même temps...
c'est pas parce qu'il y a un hamster
qu'il y a pas de corneille.
- Bien oui.
(soupir)
On pourrait la "caller".
La corneille.
(imitation de croassements)
(petit rire)
- Fais donc ça encore.
(petits cris)
Encore.
(petits cris)
T'aimes vraiment ça, les oiseaux.
- Ouais.
(petit gémissement)
(respiration haletante)
(respiration haletante)
(petits cris)
Oh my God.
(respiration haletante)
(petit cri)
(respiration haletante)
OK. - Ouais.
(respiration haletante)
(respiration haletante)
(petits cris)
(respiration haletante)
(petits cris)
(petits cris)
(petits cris et croassements de corneille)
- Ça va ?
- Fait que l'exterminateur est revenu.
- Ah ouais ? Puis ?
Y en avait-il une, corneille, ou il y en avait pas, de corneille ?
- Mettons que ça allait au-delà
de l'existence réelle de la corneille.
On est comme allés à la source du problème.
Genre, profondément à la source. Comme dans ma source.
(petit rire)
- C'était quoi le problème avec ta source ?
- Bien, c'est surprenant parce que la source,
on pense qu'elle est vide, mais finalement,
elle manquait juste de contexte.
- Oui, c'est ça. - Bonjour, tout le monde !
J'ai apporté des pelles. - Merci, David.
C'est tellement fin.
- Ça fait plaisir. Tiens.
- Passe-m'en une. - Et voilà.
- Monsieur. - Monsieur.
OK. Go, go, go !
- Ah.
- Attention !
(conversations entremêlées)
- Tu devrais en mettre moins. - Hein ?
- Tu devrais faire plus de voyages, mais des plus petits.
Tu te fatiguerais moins. - Tu penses ?
- Ouais.
(conversations entremêlées)
- Ça leur tenterait pas de nous aider au lieu de scèner ?
- Il nous reste des brouettes, hein ?
(♪ sifflement ♪)
(aboiements au loin)
- Bonjour !
- Hé ! Si vous venez nous aider, on vous donne un café cognac.
- Non, merci.
- OK.
- Il faut vraiment être niaiseux
pour penser que tu peux tomber en amour sur Internet.
Non, mais genre, qu'est-ce qu'une app comme Tinder gagne
à ce que les gens tombent en amour ? Rien.
Non, mais c'est le contraire même. Ils perdent du monde.
Non, ce qu'ils veulent, c'est que les gens,
ils tombent jamais en amour,
mais deviennent accros à leur app.
Ils sont contre l'amour, dans le fond.
- Qu'est-ce qui te dit qu'il veut tomber en amour ?
- Hum, hum.
(conversations entremêlées)
(cri)
- Excuse-moi, David. - Attention.
(petit rire)
- Ça va ?
(conversations entremêlées)
- Elle te kiffe, mec, c'est clair.
- Franchement, ça fait comme 15 ans que je suis en couple.
- Et alors ? Ça fait 15 ans, donc les filles,
elles ne te regardent plus et tu n'existes plus ?
T'es bon qu'à creuser ?
- Je sais pas. - C'est vrai.
- Hé ! - Hé, bon matin !
- Tu vas au bureau ? - Oui.
- On n'est pas mercredi.
- Non, je vais retourner travailler au bureau
à temps plein.
- Ah. Ils t'ont demandé ?
- Non, mais je me suis dit pourquoi pas,
tu sais, sortir de la maison un peu.
Ça peut être bien pour toi aussi.
Retrouver un peu d'espace pour toi.
- Bien oui, c'est une bonne idée.
- Puis toi, grosse journée ?
- Hum...
(respiration haletante)
(baisers)
(soupir)
- Attends, pas les seins, pas les seins, pas les seins.
- J'aime tes seins.
- Oui, mais là, je fais des liens dans ma tête.
Je me dis que tu dois être pas mal content
depuis que ta femme a arrêté d'allaiter.
- Violette ? Mais comment tu...
(soupir)
(♪ sonnerie de cellulaire ♪)
- Allô ? - Oh là, tu m'entends ?
- Oui. - Ça va ?
Ça va, je te dérange pas ? - Non, non, c'est bon.
- OK. T'as arrêté d'allaiter ?
- Oui, c'était compliqué avec la garderie.
- OK, OK. Écoute, j'aurais aimé que tu me le mentionnes,
mais c'est correct.
- OK, mais je pensais que tu le savais.
- Bien non.
- Bien, y a-t-il un problème ?
- Non, il y a pas de problème. C'est ton corps.
Tu... Tu fais ce que tu veux.
Mais moi, on parle aussi de ma fille.
Ça m'intéresse, les décisions qui concernent ma fille.
(clapotis)
- Bien oui, OK, excuse-moi, mon Dieu, j'aurais dû te le dire.
Regarde, là, je vais te laisser, je suis occupée.
- Occupée à quoi ? La petite est à la garderie.
- Bien oui, Benoît, la petite est à la garderie,
fait que je regarde le plafond.
(soupir)
- Bon, est-ce qu'on fait l'amour ou tu rentres chez vous ?
- Mon pupitre est...
Un peu... un peu encombré, là.
J'étais en vacances.
- T'es enseignante ?
- Euh... Non, traductrice.
- Ah, wow ! C'est un beau métier, traductrice.
- C'est vrai que c'est un beau métier.
- Il y a vraiment des bonnes affaires là-dedans.
- Ah oui ? - J'ai étudié en littérature.
- Ah. - Hum.
Ouais, j'ai même fait une maîtrise.
Je le regrette pas.
- J'ai rien dit.
- Tout le monde demande, c'est pour ça.
- Puis lis-tu encore beaucoup ?
- Je lis moins qu'avant,
mais j'écris encore un petit peu de poésie.
- De la poésie ? - Oui.
- Genre des poèmes ?
- Des poèmes. - Wow !
- Merci.
- Mais pourquoi ?
- Bien, pourquoi pas ?
- Non, mais dans le sens... Dans quel but ?
- Il y en a pas, j'imagine.
- Tu le fais pareil.
- Je le fais parce que j'aime ça.
- C'est logique. - Hum, hum.
Je fais mon pain.
Je pourrais en acheter à l'épicerie, mais j'aime ça.
Je le fais.
- Un peintre-poète qui fait son pain !
(soupir)
- Je peux t'aider ?
- Ah, non, c'est pas nécessaire.
- C'est que j'aime ça faire du ménage, dans le fond.
- Ah, mais c'est pour ça que vous m'avez engagé, non ?
- Oui. Je pense que j'étais juste tannée
de le faire toute seule.
- Ah, OK.
- Je savonne puis tu frottes ?
- Bien oui. - OK.
- Euh... Je vais faire l'autre bord.
- Ouais.
- Vous faites bien ça. - Ouais, vous aussi.
- (riant) : Merci.
- Bien, écoute, si tu veux que je repeinture,
il va falloir faire un petit ménage.
- Ah, je sais, je sais, je sais.
J'aurais dû le faire avant de t'appeler.
En plus, il y a plein de livres dont je veux me débarrasser.
Je m'excuse, vraiment. - Hé, excuse-toi pas.
Si tu veux, je peux t'aider,
puis paye-moi pas, mais en échange,
je prends des livres que tu ne veux plus ?
- Pour vrai ? - Oui, oui. Qu'est-ce qu'il y a ?
- Bien, c'est vraiment gentil.
- Je suis un gars gentil.
♪♪ Mais qu'est-ce que Je vais faire de toi ? ♪
(respirations haletantes)
(respirations haletantes)
♪ Dis-moi, dis-moi, Dis-moi, dis-moi ♪
♪ Ce que je vais faire de toi ♪
♪ Je ne veux pas de toi Tu ne veux que de moi ♪
♪ J'ai de toi plein les bras ♪
(rire)
♪ Je t'ai rendu fou Tu me suis partout ♪
♪ T'es pendu à mon cou ♪
♪ T'as pas compris C'est terminé maintenant ♪
♪ Faut t'en aller ♪
♪ T'aurais bien voulu Me faire craquer ♪
♪ Avec tes idées ♪
♪ T'aurais bien voulu Me faire perdre la tête ♪
♪ Avec tes idées ♪
♪ J'ai pas souri J'ai pas dansé ♪
♪ Mais tu m'as remarquée ♪
♪ J'ai pas menti J'ai pas joué ♪
♪ Mais tu m'as remarquée ♪
♪ Je t'ai fait courir Je t'ai fait marcher ♪
♪ Mais t'as voulu rester ♪
♪ Tu me fais bien rire T'es à mes pieds ♪
♪ Tu peux bien t'en aller ♪♪
♪ ♪ ♪
(soupir)
(raclement de gorge)
- Bonjour, tout le monde.
OK, on y va pour le dernier Zoom de la journée.
Ton micro est éteint.
Ça va.
- J'ai commencé à lire Les luttes fécondes
de Catherine Dorion.
Elle pense que collectivement, on est en manque de sexe.
Pas juste de...
Pas juste de coït, mais aussi de...
Je sais pas, elle appelle ça "l'énergie sexuelle",
en fait, qui fait en sorte qu'on a envie d'être ensemble,
les humains, puis de changer le monde, tu sais.
Puis c'est ça.
Elle dit qu'à part l'orgasme, il existe une...
"Une panoplie infinie
"de types de ravissements à vivre entre humains
"qui attendent juste un moment d'abandon de notre part
pour nous prendre et nous emmener."
- "Une panoplie infinie de ravissements" ?
Une panoplie infinie, c'est...
c'est beaucoup, ça.
- C'est beaucoup, c'est beaucoup, oui.
- Moi, je suis souvent dans le contraire de l'abandon.
- Bien là, tu sais.
Je suis souvent dans le contraire
de bien des affaires, moi.
- Peut-être qu'on devrait juste continuer avec la base.
Comme l'énergie sexuelle de base.
- Faut bien commencer quelque part.
Hé ! Chéri ! - Hé !
- Je suis en train de faire un barbec.
- Ah oui ?
- Ah, ça sent bon !
♪♪ Le vent fredonne... ♪
- Qu'est-ce que tu fais là ?
♪ Un air plus triste que l'automne ♪
♪ Il me nargue d'hiver ♪
♪ Je le déjoue et me presse ♪
♪ De retourner à mon repère ♪
♪ Où la chaleur ma maîtresse ♪
♪ Cherche à couvrir ♪
♪ Mon univers ♪
(♪ fredonnements ♪)
♪ ♪ ♪
(♪ fredonnements ♪)
♪ ♪ ♪
(♪ fredonnements ♪)
- Attention !
Qu'est-ce que tu fais ? - Bien, je joue.
- Oui, mais je m'occupe du barbec.
- Non, mais maman !
- Attention, tu vas te faire mal.
Je suis trop forte pour toi. - Aouch !
(paroles indistinctes des enfants)
- David, tu veux une bière ?
- Ah... T'as pas de la bière sans alcool ?
Je digère pas l'alcool ces temps-ci.
- Le but, c'est pas de le digérer, de toute façon.
- C'est qu'avec les antépresseurs, j'ai...
Hé, ça marche vraiment, ces affaires-là.
- Évidemment que ça marche.
- Toi, t'en prends ? - J'en vends.
- Oh, bravo.
- Je reçois souvent des échantillons, des...
- C'est vrai ?
- Zoloft, Ativan, Xanax. Ça m'aide à dormir.
- C'est intéressant parce qu'avec les antidépresseurs,
c'était correct.
Mais là, j'ai essayé avec des calmants pour l'avion,
puis c'était encore mieux.
En fait, c'était pas... - Jessica !
Une bière ? - Non ?
- As-tu dit "bière" ?
- Je dis juste que la serre, c'est bon pour tout le monde,
mais que le monde prend des décisions
basées sur leurs petits besoins à eux.
Genre, ils veulent du basilic,
mais ils veulent pas le faire pousser.
Puis je comprends que c'est pas facile
quand tu prends une décision
de te demander : "C'est bon pour moi
ou c'est bon pour tout le monde ?"
- Hum, hum !
- Une fois, j'étais à l'épicerie puis j'avais pas mes sacs.
Puis là, j'avais le choix entre retourner chez nous
pour aller chercher des sacs
ou me racheter encore une fois des esti de sacs à l'épicerie.
Je savais pas c'était quoi
l'affaire la plus écologique à faire.
J'ai fait une crise de panique.
J'ai laissé mon panier là, puis je suis rentrée chez nous
en me demandant pourquoi, osti, je passais ma vie
à gérer des sacs à la place de...
Je sais pas moi, de lire du Simone de Beauvoir.
- T'as qu'à passer à la caisse,
remettre les courses dans le chariot,
pousser le chariot jusqu'à la voiture, vider le chariot.
T'as pas besoin de sac.
- Mon point, c'est que plus j'accepte
la futilité de ma vie,
plus ma joie de vivre revient.
En d'autres mots, plus je me câlice des sacs de plastique,
plus j'ai le goût de fourrer.
- Oh. Ah, OK.
J'ai encore quelques pelletées de terre dans le corps,
fait que je vais y aller.
- Moi aussi.
- OK. - Hé, pas moi !
- ♪♪ Travailler C'est trop dur ♪
(paroles entremêlées)
♪ Puis voler c'est pas beau ♪
♪ Demander la charité ♪
♪ C'est quelque chose Que je peux pas faire ♪♪
Pénélope, tu chantes pas ?
- Non. - Je te vois, là, chanter.
- Non, moi, je chante pas.
- Je vois tes petites lèvres bouger.
♪♪ Travailler c'est trop dur ♪
♪ Et voler c'est pas beau ♪
♪ Demander la charité ♪
♪ C'est quelque chose Que je peux pas faire ♪
♪ Chaque jour que moi je vis ♪
♪ On me demande De quoi moi je vis ♪
♪ Je dis que je vis Sur l'amour ♪
♪ Et j'espère de vivre vieux ♪♪
- (Femme à la télévision) : Mais là, on aborde la science
de la masturbation intellectuelle.
On en connaît tous, hein, des spécialistes...
(effort)
(aboiements au loin)
- Non, ça fait pas de sens, ça.
- Je sais pas.
- Vous aviez pas dit qu'il était bloqué ?
- Avant, il était bloqué. Après, il coulait.
- OK, comme vous voulez.
Je veux bien croire que c'est pas tout le monde
qui peut être plombier, mais à un moment donné,
ça prend un minimum de logique, OK ?
Tu sais, un tuyau, c'est pas un mystère.
C'est comme un cylindre,
puis il y a du liquide qui circule là-dedans.
- Oui, de l'eau. - Oui, de l'eau, entre autres.
Quelqu'un qui est sain d'esprit sait très bien
que ça donne rien de taper dessus pour débloquer le tuyau.
Vous comprenez ? - Oui, c'est sûr.
Voulez-vous que je fasse couler de l'eau
pour que vous voyez où ça coule ?
- Non. Pas besoin.
- Parce que je pourrais juste... Hum...
- Bien oui. Peut-être juste un petit peu.
Juste un petit peu d'eau.
- Comme ça, hein ?
- Oui, c'est bon, ça. C'est parfait.
- C'est correct ?
- Oui, ça, c'est bon.
- Voulez-vous que j'arrête ?
- Ah non, non, non, non, non, non. C'est parfait, ça.
- Comme ça ? - OK, non, c'est beau.
C'est correct, c'est correct, arrête.
- Oh mon Dieu.
Oh mon Dieu, je suis tellement désolée, je m'excuse.
Ah, c'est tout mouillé.
(soupir)
- T'es une petite comique, toi.
- Je sais pas.
- C'est quoi, là ?
(cris et croassements)
(cri)
(croassement)
(croassements)
- Tu t'es déjà demandé ce qui se passerait
si je laissais ma femme ?
- Non.
- Moi, oui.
- Attends, je t'ai déjà dit qu'on serait ensemble
si t'étais pas avec ta femme ?
- Non. Enfin, pas comme ça. - OK.
Fiou ! Des fois, je dis des choses
que je pense pas trop quand je jouis.
- Et si je laissais ma femme ? On serait ensemble ?
- Ouais, si tu veux.
- Je comprends pas ta réaction.
- Quoi ? J'ai pas de réaction.
- Justement, on dirait que tu t'en fous.
- On peut être ensemble,
c'est juste que je suis pas en amour avec toi, là.
- Mais de quoi tu parles ? On est fous l'un de l'autre.
(soupir)
- Je te trouve pas beau.
Mais tu m'excites.
Ça m'excite de te trouver laid puis de coucher avec toi pareil.
- OK.
- Dans ma tête, t'es genre un bourreau dégueulasse.
Puis au début, je veux pas coucher avec toi.
Mais j'ai pas le choix.
Sauf que je suis tellement cochonne
que je deviens excitée pareil, puis je jouis.
- On n'en a jamais parlé.
- Bien non.
- J'aurais peut-être aimé le savoir.
- Pas besoin. Je peux le faire toute seule dans ma tête.
- Non, mais parce que là, on dit pas du tout la même chose.
(soupir)
- Mais qu'est-ce que ça change ? - Ça change tout.
Enfin, moi, je... je te fais l'amour.
Je suis avec toi à 100%, je te désire toi.
- Oui, mais ça, c'est normal.
Parce que moi, je suis plus hot que toi.
- Ah, je me sens pas bien, là.
- Bien, c'est correct.
Moi, j'adore ça, coucher avec toi.
- Parce que je te dégoûte.
- Bien, aimerais-tu mieux être un beau gars qui m'excite pas ?
- Je suis content d'être rentré plus tôt.
- Ouais, c'est une belle surprise.
- Puis c'est bien de sortir juste tous les deux.
- Hum, hum.
(conversations entremêlées)
♪ ♪ ♪
- Tu veux un verre ?
- Comme tu veux, oui.
- On pourrait prendre un cocktail.
On prend jamais de cocktail. - Oui.
Oui, un cocktail. C'est bon, les cocktails.
- Hé, allô !
- Ah !
(conversations entremêlées)
Bonjour. - Bonjour.
- C'est l'exterminateur qui est venu à la maison.
- Ah oui, oui, l'exterminateur, bien sûr.
- On a essayé de vous contacter pour le suivi.
- Oui, ça... ça sera pas nécessaire.
- C'est gratuit.
- Mais il n'y a plus de problème.
- Ouais, c'est quand même plus prudent de faire un suivi.
En tout cas, ça me ferait vraiment plaisir.
(petit rire)
- La di da.
- C'est gratuit. - Hum.
- Au revoir. - Bonjour.
(♪ fredonnement ♪)
(rires)
(conversations entremêlées)
(toux)
- Tout va bien ?
- Oui.
- Ça s'est bien passé quand il est venu à la maison ?
- Oui. - Il a trouvé quelque chose ?
- Non.
- Je te trouve bizarre, là.
- Hein ? Bien non.
- T'es une jolie femme, seule à la maison, un peu vulnérable.
Tu me dirais s'il t'avait fait quelque chose.
- Mais je suis pas vulnérable.
(couinements du hamster)
(cliquetis de la cage)
(couinements du hamster)
(couinements du hamster)
- Oh ! Méchante belle perceuse, ça.
C'est pas du stock volé ? - Non.
- Parce que j'achète pas de stock volé.
Mon chum Mick s'est fait vider son trailer la semaine passée,
puis... Une gang de rats.
(petit rire)
En passant, votre... votre chandail s'est ouvert.
- Ah non, c'est fait de même. C'est un décolleté.
- Plus qu'un décolleté. - Non.
C'est un décolleté point.
L'autre jour, à l'épicerie,
une fille avait juste une brassière sport
puis des leggings.
- Elle venait peut-être de faire du sport.
- Elle avait fini de faire son sport.
Elle s'achetait des concombres.
- Je vais vous envoyer un virement interac.
- On peut se dire "tu".
- Oui. Je sais pas comment vous dire ça, madame,
mais moi, les femmes qui montrent leurs boules,
mais qui veulent pas que je les regarde,
j'aime mieux les vouvoyer.
- Puis que c'est qui t'a dit
que je voulais pas que tu les regardes, mes boules ?
- Je suis au courant de ce qui se passe.
Olivia me l'a expliqué.
- Qui ? - Olivia, la blonde à Mick.
Elle dit que les femmes ont le droit
de s'habiller comme elles veulent,
mais ça veut pas dire qu'on a le droit de les regarder.
(signal de réception de texto)
Ah, ça, c'est mon virement. Le mot de passe, c'est "drill".
- Puis je suis curieuse de savoir, Olivia, là,
elle choisit comment les gars qui ont le droit de la regarder ?
- Bien, il faut que ça soit des gars
avec qui elle initierait un contact.
- OK, des gars qui lui plaisent.
- Genre.
- C'est pas très, très gentil, ça.
- Ah, bien, ça aussi, elle me l'a expliqué.
Les filles ont pas à être gentilles.
Elles nous doivent rien.
- Oui, mais de là à faire de la discrimination...
Tu sais, le pauvre gars qui reçoit pas de chaleur féminine
dans sa vie, là, si tu lui montres de la peau
puis qu'il a pas le droit de regarder, c'est...
c'est pas très, très chrétien.
- Ouais, bien moi, je suis pas bien, bien religieux.
- OK, généreux, mettons.
- C'est pas son problème.
Il doit être rentré, là, le virement, hein ?
- Je l'ai pas reçu.
- Bien, je vais en faire un autre.
- Puis toi, as-tu le droit de la regarder, Olivia ?
- C'est la blonde à Mick.
Elle a choisi d'être la blonde à Mick,
donc elle veut que Mick la regarde, pas les autres.
- Mais c'est un peu plate pour elle.
- C'est pas plate, c'est...
- Si elle veut que tu la libères
du rôle de bonne fille sage qu'on lui a mis dans la tête ?
- Il y a personne qui met rien dans la tête à Olivia.
- Parce qu'avec tes histoires de pas de "regardage",
on est bien plus proches des années 50 que du peace and love.
- Je te jure que si votre drill
était pas à un prix ridiculement bas,
ça fait longtemps que je ne serais plus ici.
Ça, c'est mon virement, là, je l'ai entendu.
- Fais juste me regarder. C'est pas compliqué.
- Bon. Je te regarde, là. C'est ça que tu veux ?
Tu veux du sexe ?
Je vais t'en donner, du sexe. Ça me dérange pas.
- Tu sais quoi ?
Laisse faire.
Je vais la garder, ma drill.
(vrombissement de la perceuse)
- Crisse de folle !
- Allô.
(paroles entremêlées au loin)
Allô, Florence.
(vrombissement de la perceuse)
- Violette ? Tu viens ?
- Savais-tu que la monogamie, c'était pas naturel ?
- Hein ?
- Il paraît que ç'a été inventé.
- Inventé par qui ?
- Je sais pas, je...
Je sais juste que ç'a été inventé.
- Ça change quoi ?
- Que c'est pas naturel, que...
que ça se peut que ça soit moins facile pour certaines personnes
que pour d'autres d'être monogames
parce que c'est... c'est pas...
C'est ça, c'est pas naturel.
- On... On parle de quoi, là, au juste ?
- Rien.
- Écoute, on s'en fout que la monogamie,
ce soit naturel ou pas naturel.
On vit dedans, c'est comme ça.
Alors, je sais que depuis que la petite est née, c'est pas...
c'est pas facile, facile, mais...
on va y arriver.
On va se retrousser les manches.
- OK.
(respiration haletante)
(respirations haletantes)
(respirations haletantes)
(respirations haletantes)
(respirations haletantes)
- Vivi ? - Quoi ?
- T'as vu mon matos de pêche ?
- Non, pourquoi ?
- J'aimerais bien faire du camping
quand je suis sur la route.
- Oui, bonne idée.
- Prendre du temps pour moi
au lieu de rien foutre à l'hôtel
avec les collègues.
- En fait, Benoît, je l'ai vendu sur Kijiji.
- Pardon ?
- Ça faisait 6 ans que tu t'en étais pas servi.
- Mais enfin, c'est mon matos.
Et qu'est-ce qu'elle fait là, ma guitare ?
- Rien.
- Rien ?
- Non, rien. - Vivi.
- Bien, il y a quelqu'un qui vient la chercher demain.
- Tu vends ma guitare ? C'est quoi, ton problème ?
- Mais tu sais pas jouer, Benoît.
- J'ai le droit d'avoir une guitare
même si je sais pas jouer !
J'habite encore ici, à ce que je sache !
J'habite encore ici !
- Mais t'es jamais là, tu travailles tout le temps.
- C'est ce qu'on s'est dit.
Tu prends tout le congé parental.
- Oui, mais je suis toujours toute seule avec la petite.
Tu prends tous les contrats que tu peux sur la route, Benoît.
Comme tous les contrats, là, t'en manques pas un.
- Mais je bosse !
- À un moment donné, moi, je me suis dit :
"Bien coudonc, habite-t-il encore ici ?
Veut-il partir pour de bon ?"
- C'est ça que tu veux ?
(babils d'Emma)
- Benoît...
(babils d'Emma)
(cris)
(pleurs)
Excuse. C'est correct.
On l'a enlevé, là. On l'a enlevé.
Oh, je suis tellement désolée.
(murmures indistincts)
- Mais qu'est-ce que le hamster faisait dans son garde-robe ?
- Je l'ai oublié.
- OK, puis pourquoi tu l'as mis là pour commencer ?
- C'était en attendant.
- En attendant quoi ?
- J'étais tannée de le voir dans le salon.
(soupir)
- OK. C'est super, ça, Florence, câlice !
- Je m'excuse.
Chut.
(respiration tremblante)
- Pourquoi...
t'es jamais contente d'être là ?
- C'est ça que tu penses ?
- Des fois.
- Je m'excuse.
- Des fois...
on dirait que t'aimes pas ça, être ma mère.
- Franchement.
C'est l'affaire que j'aime le plus.
- ♪♪ S'il fallait Qu'à cause d'elle ♪
♪ Ton nom s'efface De ma mémoire... ♪
- Wow, t'es bon !
- ♪ Que si facilement Ma cervelle ♪
♪ Se répète du matin au soir ♪
♪ S'il fallait qu'un jour Ce jour ♪
♪ Se jure de ma folie ♪♪
(♪ fredonnement ♪)
Avec moi.
(♪ fredonnement ♪)
- T'es bon. C'est bon.
C'est bon, man. T'es bon, vraiment. Ouais.
Ouais, ouais, vraiment.
- J'en ai fait combien, là ? Quatre, cinq ?
- Ah, minimum.
- Elle dit que je sais pas jouer.
Oh, relaxe, meuf. - Wow, relaxe.
De toute façon, pourquoi ça serait seulement
les gens qui sont bons à la guitare
qui auraient le droit d'en jouer ?
- Je travaille tout le temps.
D'accord, un jour, je vais travailler moins.
Je ferai plus de guitare.
- C'est ça. Il y a pas d'urgence à vivre sa vie.
Hein ? OK, t'as le temps.
Alors relaxe, relaxe, relaxe.
(babil d'Emma)
Fait que... c'est ça qui est ça, là.
On s'entend que j'avais pas beaucoup d'aide,
à part pour Jessica.
Merci, Jessica.
En même temps, c'est quand même mieux
que ce qu'un espace de stationnement nous aurait donné.
- OK. On peut voter là-dessus ?
- Ça dépend. Est-ce qu'on peut déjà statuer
sur ce qu'on va faire avec l'espace ?
- On peut pas juste abandonner la serre vide de même.
- Mais si ça fonctionne pas ?
- Vous savez ce qui fonctionne pas ? Le chaos.
C'est ça qui fonctionne pas.
- Puis ce serait quoi le rapport de ça ?
- OK, juste vos gueules ! Juste vos yeules !
Ça se peut, ça ? OK ? On n'en peut plus.
- Yeah.
(applaudissements)
- OK.
(La télévision joue en sourdine.)
- Comment ça marcherait, là ?
On ferait la garde partagée même avec un bébé d'un an ?
- J'imagine.
C'est pas facile, mais il y a du monde qui le fait.
- J'ai jugé mes parents toute ma vie
d'être restés ensemble juste à cause des enfants.
J'avais rien compris, finalement, hein ?
Dans le fond, il essaye juste de faire la bonne chose.
- Ouais. C'est ça, là.
Il arrive un moment où on devient comme obsédé par ça,
faire la bonne chose.
Faire la bonne affaire, prendre les bonnes décisions.
- C'est ça, on dirait qu'il y en a pas, de bonne décision.
- Même s'il y en avait une, tu vas pas gérer ta vie
comme s'il y avait une récompense à la fin.
Il y a personne qui va nous donner une médaille
parce qu'on a fait la bonne affaire
ou qu'on a donc été fines.
- Hum, hum, hum.
(La télévision joue en sourdine.)
- En direct du Centre Bell,
le réseau des sports vous présente le match
entre le Lightning de Tampa Bay et les Canadiens de Montréal.
(conversations entremêlées)
- Fait que c'est ça, des billets de compagnie ? Wow.
(♪ L'orgue joue Si tu aimes le soleil. ♪)
(applaudissements)
(♪ L'orgue joue Si tu aimes le soleil. ♪)
- Vas-y, prends ma place. - Quoi ?
- Prends ma place. C'est une meilleure place.
- Sérieux ? - Ouais.
- Une meilleure place ?
(acclamations)
- Bonjour. David.
- Enchantée. Eli.
- (Homme au micro) : Le match de ce soir,
le Canadien de Montréal et le Lightning de Tampa Bay.
(acclamations)
- C'est quand même beau, la virilité dans le sport.
- Oui, c'est vrai que c'est beau.
- Quand tu dis que tu trouves ça beau,
ça veut dire que tu trouves ça laid ?
Parce que madame aime les choses laides.
- Ah oui ? C'est pas étonnant. "Checke" l'histoire de l'art.
Il y a une osti de gang qui a pris ce qui était laid
puis qui l'a rendu beau.
- Oui, merci. - Ça fait plaisir.
- Dans un monde aseptisé, c'est normal d'être secrètement attiré
par quelque chose de sale.
- Sale, maintenant. Super.
- Ah. C'est toi qui as inventé ça ou...
- T'es cute. - Il est en couple.
- Quoi ? - T'es en couple.
- Oui, je suis en couple. Mais en couple ouvert.
- Comment ça, en couple ouvert ?
- Bien oui, mais c'est parce que ma blonde
couche avec d'autres hommes.
- T'es cocu. - Non. Non, non, non.
J'ai juste arrêté d'agir
comme si ma blonde était ma propriété.
- Oh, putain ! - Quoi ?
- Tu peux arrêter d'enculer des mouches, là, 2 secondes ?
Ça me gave, vos histoires,
on va pas réinventer le couple en permanence.
- T'es fâché contre qui, là, au juste, exactement ?
- C'est vrai que t'as l'air fâché.
- Tiens. - Veux-tu un ativan ?
(soupir)
(effort)
(effort)
(effort)
(efforts)
- Si ça marchait, tes histoires de couple ouvert,
tu prendrais pas des anxiolytiques,
des antidépresseurs, des calmants, tout ça.
- C'est ça qui est fou,
j'ai besoin de prendre des antidépresseurs
pour accepter que ma blonde couche avec d'autres hommes.
Puis tu sais ce qui est fou ?
Moi, ma blonde, je ne l'aime plus comme "wow".
Je l'aime comme on aime une plante.
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