Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
WWW.MY-SUBS.CO
1 En matière de justice criminelle
le peuple est représenté par deux entités distinctes mais d'importance égale :
la police, qui enquête sur le crime
et le procureur général, qui poursuit les criminels.
Voilà leurs histoires.
Mme Feffer dit que mes mains sont trop petites.
Tu as surtout une bien grande bouche.
Elle dit que je devrais faire de la clarinette.
C'est bien ce que je dis.
L'année prochaine, je serai dans l'orchestre.
Tu pourrais jouer chez les pros, hein ?
J'accepte moins de 29 millions de dollars.
Ce mec est nul. Il ne sait pas jouer ?
Il est meilleur que l'ancien joueur.
Il pourrait au moins se péter la jambe. Ça ne pénaliserait pas l'équipe.
Cindy Jo fait de la flûte. Mme Gelfand dit qu'elle peut jouer dans l'orchestre.
Ils ont des uniformes.
Apprends à chanter et on arrête de travailler.
Non ! Mes partitions.
Il faut qu'on y retourne. Roberto ?
Appelez une ambulance. 911.
Ça va ? Assieds-toi.
Tu vas bien ? Tu as mal ?
Occupe-toi du chauffeur.
- T'as vu l'accident ? - Il roulait à 65 km/h.
Le gosse s'appelle Roberto Martinez. Les gars de l'enquête sont sur place.
Sa sœur dit qu'il a eu un malaise.
À mon avis, il était bourré ou défoncé.
Appelez la famille.
- C'est vous l'accident ? - Des passants, des bleus et des bosses.
- Et le gamin, Martinez ? - C'était pas son jour, mort avant d'arriver.
- Vous l'avez testé ? - Pas d'alcool, pas de drogue.
Sa sœur dit qu'il a eu un malaise.
Ça colle. Il a fait une crise cardiaque.
Quoi ?
Roberto est mort et vous ne pouvez rien faire ?
Mme Martinez, c'est terrible.
Selon l'hôpital, votre fils a eu une crise cardiaque.
Évidemment.
Son pacemaker ne valait même pas le prix de son emballage.
Pacemaker ?
- Il avait quoi, 16 ans ? - 18.
Tuer quelqu'un n'est illégal que s'il est mineur ?
Roberto était malade du cœur.
Un charlatan lui colle un truc dans le thorax, un faux contact, il est mort.
Je m'excuse,
mais s'il y a crime, Maître Fischel, je ne vois pas où.
Si c'est vrai, votre cliente peut poursuivre le fabriquant de pacemaker.
Excusez-moi, vous avez fait quelle fac de droit ?
On va demander des millions à cette société.
On va demander des millions au médecin.
Mme Martinez demande justice.
Ou une vengeance, non ?
Aidez-nous, là, Maître, d'accord ?
Roberto n'avait pas besoin de pacemaker.
L'intervention était inutile. Le truc tombe en panne, il est mort.
- C'est un meurtre. - Je croyais qu'il avait une maladie de cœur.
Un traitement médicamenteux suffisait,
mais ça rapportait deux fois moins à ce bon médecin.
- Quel est le nom du médecin ? - Dr Trevor Hellems.
- Sur la 87e. - D'accord.
- On va vérifier. - Merci.
Mme Martinez.
Hé, Fischel,
d'où tu nous sors cette compassion ?
Si cette ordure est inculpée,
l'assurance négocie tout de suite.
Et cette ordure est coupable.
Non, je ne vous attendais pas, mais je sais pourquoi vous êtes là.
Peter Fischel, quel requin.
- Il vous a déjà assigné ? - Ouais.
Bien des médecins avec qui j'ai étudié conduisent des taxis à cause de lui.
Il fait très fort cette fois, il a appelé la cavalerie.
Il prétend que l'opération de Roberto Martinez était inutile.
J'ignorais qu'on enseignait la tachycardie supraventiculaire en fac de droit.
C'est ce qu'avait Roberto.
Un battement du cœur irrégulier qui accélère parfois et passe de 70
à 200 battements par minute.
- Et le pacemaker contrôle ça ? - Il devrait.
Roberto aurait-il pu vivre sans ce pacemaker ?
Vu avez vu le résultat suite à la panne.
Maître Fischel prétend qu'il aurait pu être aussi bien soigné avec des médicaments.
Certains médecins seraient d'accord, je suis de l'école qui pense
qu'on n'inflige pas inutilement une vie de prise médicamenteuse à un jeune patient.
- Oui, mais les médicaments ne cassent pas. - Ni les pacemakers BioNorm.
La technologie des pacemakers est acquise depuis des décennies.
BioNorm Industries est à la pointe de cette technologie.
Ma décision de mettre en place cet appareil était médicalement justifiée
quoi qu'en dise Maître Fischel.
Et je présume que je vais passer les six prochaines années à le prouver au tribunal.
CHEZ MME MARTINEZ 305 THOMPSON STREET
MARDI 14 AVRIL
Mme Martinez, nous avons parlé à plusieurs spécialistes
et ils nous ont dit que le Dr Hellems n'a rien fait d'illégal
en opérant Roberto.
Si personne n'a rien fait de mal
pourquoi m'ont-ils offert 50 000 $ ce matin ?
Qui, ils ?
BioNorm. Le fabriquant de pacemaker.
Vous les avez pris ?
Roberto disait que lorsqu'il serait un riche médecin
il payerait des études d'art à Ana.
50 000 $, ça couvrira les frais.
Ils m'ont dit que je devais signer un papier dans lequel j'accepte de ne rien dire.
Je veux que le monde sache qu'ils ont tué mon fils.
BioNorm aurait du coeur ?
Cette boîte fait du fric, pas la charité.
Fais une bonne action et ton agent la barbouille dans tous les journaux.
Mon vieux a eu un nouveau cœur.
J'ai pu entendre ma mère lui hurler dessus six ans de plus.
Tu veux en venir où ?
Le boulot de ces boîtes est de faire vivre les gens.
S'ils merdent, ils devraient être fermés.
La pénicilline tue une personne sur 100 000. Il faudrait arrêter d'en prendre ?
Si la pénicilline est mauvaise ?
Un gamin est mort, Phil.
Un dont on connaît l'existence. Et ça me fait vraiment flipper.
BIONORM INDUSTRIES - 56310E AVENUE MARDI 14 AVRIL
Les avocats appellent ça des indemnités. Moi, du chantage.
Il n'y avait pas de problème avec l'appareil du gamin.
- Vous l'avez examiné ? - Non, j'en ai pas eu besoin.
Dans toutes les études
nos pacemakers figurent parmi les trois meilleures ventes.
Jamais de problème.
Vous avez offert 50 000 $ à Mme Martinez.
Ça peut être une solution à un gros problème.
50 000 $. Ce serait dans la poche de mon avocat en moins de deux.
Si ça me démange, j'essaye de me gratter.
M. Cleary, c'est plus qu'une démangeaison. Ce gosse est mort.
Bon, et vous voulez que je me fasse enterrer avec ?
Écoutez, il y a 35 ans, mon père était propriétaire d'un bouiboui à Corona.
Une vieille dame a glissé, s'est cassé la hanche.
Quand sa bande de requins en a eu terminé avec lui
il n'avait plus un rond.
Alors il est hors de question qu'on nous refasse le même coup.
Si le pacemaker de Roberto a cassé, il a le droit de...
Vérifiez vos sources, inspecteur. Fischel dit que c'était une défaillance.
C'est la première chose que ces mecs disent.
Et la clause de confidentialité ?
Je n'ai rien contre Mme Martinez. Elle a l'air très gentille.
Mais si elle va voir la télé pour dire que son fils est mort
avec un de mes pacemakers dans la poitrine
c'est ma boîte qui passe à la trappe.
Alors dis-moi, c'est qui le pire, les avocats ou les clients ?
Quand vous remuez la merde, il y a toujours des avocats au fond.
Tout marche bien, jusqu'à ce qu'un avocat s'en mêle.
Et comme le dit M. Cleary avec tant d'élégance :
"C'est la première chose que ces mecs disent."
L'observation est fine pour quelqu'un qui n'a jamais eu de problème judiciaire.
Il dit qu'il n'a jamais eu de problèmes avec ses pacemakers
pas qu'on ne l'a jamais poursuivi.
On devrait peut-être écouter l'autre version de l'histoire.
Désolé. Autant que je sache, il n'y a aucune poursuite engagée contre eux.
Une boîte qui n'est pas poursuivie ? J'abandonne toute foi en l'Amérique.
Ils pourraient avoir des tonnes de contentieux.
On peut attaquer sans comparaître ?
Au civil, les tribunaux n'interviennent
que s'il faut une décision judiciaire à l'une des parties.
Avant, le tribunal n'a pas de dossier.
Si le cas est résolu, le tribunal n'en sait rien.
On n'a aucun moyen de savoir si BioNorm a été poursuivi.
Vérifiez auprès de la F.D.A. Ils auront au moins un registre des plaintes.
Oui, j'en ai entendu parler.
Ils fabriquent des pacemakers, des pompes à insuline. Ils s'agrandissent.
À titre d'info, ils seront bientôt côtés en Bourse.
- Des problèmes avec les pacemakers ? - Rien de grave.
Une demi-douzaine de rapports préliminaires.
Des pacemakers défaillants ?
Je n'ai pas de détails. Ils n'ont jamais dépassé la plainte.
Six pacemakers défectueux et aucune suite ?
Désolé, mais ce sont les médecins qui ne donnent pas suite.
Ils déposent une plainte, on envoie les formulaires.
Si les médecins ne les retournent pas, on ne continue pas.
Il y a des élections cette année.
Tout le monde veut réduire les dépenses de l'État.
Dans quelle poche vient-on piquer en premier ?
Je vais deviner. Vous, moi, tout le monde.
Nous sommes en sous-effectifs et sous-payés.
Le pays entier se plaint d'implants mammaires en silicone
de somnifères, de nourriture irradiée.
Six pacemakers qui auraient pu tomber en panne,
ce n'est pas une priorité.
Donc, vous laissez courir. En espérant que personne d'autre ne meure.
- Nous ne faisons pas de maintien d'ordre. - Nous, si.
Et si vous nous donniez les numéros des médecins qui ont déposé une plainte ?
- Désolé d'être iconoclaste. - Je vous croyais cardiologue.
Certains médecins s'intéressent aux patients.
La F.D.A. dit que vous avez rempli un rapport sans renvoyer leur questionnaire.
Alan Stein.
À 35 ans, il a fini son 4ème marathon.
Son problème : il fumait deux paquets par jour,
et buvait six tasses de café avant le petit-déjeuner.
À 40 ans, il a développé un flutter auriculaire. Des battements irréguliers.
- Et à 45 ? - On ne saura jamais.
Je l'ai convaincu des bénéfices d'une vie saine,
je lui ai mis un pacemaker.
- Il aurait dû vivre jusqu'à 80 ans. - Mais son BioNorm a eu des ratés.
BioNorm a acheté votre silence ?
Tracy, la femme d'Alan, et son fils de 4 ans, Ben,
- avaient besoin de l'argent. - De combien avaient-ils besoin ?
250 000 $. Bloqués.
Si je parle, elle ne touche rien.
Mais d'autres gens seraient peut-être en vie, non ?
Les six médecins ont déposé une plainte auprès de la F.D.A.
Leurs patients sont morts, un pacemaker BioNorm dans la poitrine.
Les survivants ont signé un arrangement.
Qui contient une clause de confidentialité.
Willie Sutton ne couvrait pas aussi bien ses traces.
Sept morts. On peut parler de meurtres en masse.
Ils ont été poursuivis et ont négocié. Ça ne veut pas dire qu'ils tuent.
C'est ce que je pensais mais Cleary nous a menti. Il a eu des problèmes.
Qui vole un œuf, vole un bœuf.
Je te le dis, Cleary cache quelque chose.
Vous avez 24 heures pour trouver quoi.
Je veux laisser une société solide à mon fils. Poursuivez-moi.
Non, nous avons une autre idée.
Je l'ai dit, je ne veux pas de mauvaise publicité. Ça vaut bien 50 000 $.
Ça suffit, M. Cleary. On sait pour les autres.
Celui-là est différent.
Bien, on a voulu s'en charger nous-mêmes.
On n'a jamais vendu de pacemaker au gamin Martinez.
Pourtant, c'est bien un "BioNorm".
Il a dit qu'on ne l'avait pas vendu, mais on l'a fabriqué.
Quand Fischel nous a assignés
j'ai comparé le numéro de série à celui de la plainte.
On garde des traces, s'il y a un problème.
Nous avons vendu cet appareil à un Dr Evelyn Stark,
pour sa patiente Ethel Barnet.
Et il est arrivé chez Roberto Martinez par magie ?
Le papier n'est pas la seule chose qui se recycle ces jours-ci, inspecteur.
Sainte Mère de Dieu !
Vous voulez dire qu'il avait un pacemaker recyclé ?
Les salauds.
Ils perdent du fric en jouant au golf le mercredi,
le jeudi, ils se rattrapent avec des appareils recyclés.
Vous n'avez rien eu ?
Si. Un début d'ulcère, des brûlures d'estomac.
- Mais pourquoi l'offre à Mme Martinez ? - On a pensé à l'entrée en Bourse.
On ne voulait pas que les gens pensent qu'on était impliqués.
Ça ne ferait pas sérieux sur notre notice d'offre.
On fait de notre mieux pour trouver qui a fait ça.
J'ai moi-même parlé au Dr Stark.
Pas de commentaires.
Laissez-moi deviner. Elle a parlé à son avocat.
Génial.
Pas de commentaires.
Ce qui veut dire : je n'ai rien à dire.
- Sur le conseil de votre avocat ? - C'est un reproche ?
Cleary m'appelle en délirant sur un gamin dont je n'ai jamais entendu parler.
Il me dit que si sa boîte coule, je coule avec.
Vous n'avez jamais entendu parler de Roberto Martinez ?
Au moment de sa mort, il portait un pacemaker
que vous aviez mis à Mme Barnet. Ethel Barnet ?
Je ne peux pas vous aider.
Bon, qu'est-ce qui se passe docteur ? Un patient meurt, vous recyclez les pièces ?
Ces diplômes doivent servir à plus qu'acheter une Mercedes.
Pour votre information, inspecteur,
Mme Barnet est vivante, elle habite à Short Hills.
Sans pacemaker ?
Avec un nouveau pacemaker. Ça s'appelle le progrès.
Alden Little Pharmaceutique a sorti un appareil programmable
mieux adapté aux besoins de Mme Barnet.
Ce n'est pas ce qui m'intéresse. Où est le vieux ?
J'en ai fait don au Manhattan Med.
Les facs de médecine cherchent toujours des pacemakers pour les étudier.
Chaque année naissent de nouveaux charognards.
Oh, je sais que j'en dis plus que je ne devrais.
Ce pacemaker avait une durée de vie de 5 ans. Ethel l'a gardé 3 ans.
Je pensais vraiment aider.
Un joli ragoût.
Foies malades, reins, vésicules biliaires, il y a tout ce que vous voulez.
- Des pacemakers ? - Juste là.
On distribue 25 de ces trucs par semestre.
C'est pour une classe de cardiologie d'environ 12 étudiants.
Ces aspirants chirurgiens n'y arrivent jamais du premier coup.
Ils sont tous utilisés en classe ?
Bien sûr. Où iraient-ils ?
Des rumeurs. Un truc de marché noir.
J'ai du travail à faire.
Vous pourriez faire de la prison également.
Écoutez, dans six ans, ces petits cons auront leur diplôme
et se gareront en double file pour aller prendre leur petit-déj'.
Moi ? Ma transmission est foutue, mon gosse a besoin d'un appareil dentaire.
J'avais besoin d'un peu d'extra, d'accord ?
- À qui ça va faire du mal ? - Vous seriez surpris.
Vendre les biens de la fac. Au minimum c'est quoi, du vol ?
Hé, il y a pas mal de dons, vieux.
Ils ne sont pas tous utilisables, vous voyez.
Attendez. Vous vendez les rebuts ?
Bon, à qui tu les vends, Billy ?
Un vendeur. Jeff Suiter. Il avait l'air sympa.
Il me file deux cents dollars, me dit qu'on ne fait rien de mal.
- Où on peut le trouver ce M. Suiter ? - C'est un représentant.
Un indépendant.
Il distribue les produits d'une douzaine de boîtes.
Écoutez, je ne l'ai fait qu'une ou deux fois.
Ouais, c'est ça.
Maman voulait un docteur.
Mais le petit Jeffrey s'intéressait plus aux orgasmes qu'à la chimie organique.
Vous ne pouvez échapper à la colère maternelle
et j'ai passé quatre pauvres années en Amérique du Sud.
- Vous êtes médecin ? - J'ai mon diplôme, oui.
El Doctoro, jamais. Je ne me suis pas inscrit à l'Ordre.
Vous vous êtes bien débrouillé.
Maman a accouché sous une bonne étoile.
Pas de bureau, pas d'infirmières, pas de primes d'assurances.
Juste un petit entrepôt en centre-ville.
Je fais 100 000 $ par an en vendant des produits médicaux.
Vous voulez dire, des produits recyclés, non ?
Neufs, recyclés. Ça m'est égal.
Ça ne l'est pas pour le client.
Un gamin est mort à cause de votre recyclage.
Ça s'appelle le "risque professionnel".
Il savait qu'il achetait un produit recyclé ?
Si je ne le lui disais pas, j'enfreindrais la loi.
Voilà, je les reconditionne, je les stérilise.
Personne ne peut faire la différence.
Vous êtes en train de me dire que c'est légal ?
Personne n'aime ça, mais on n'a jamais légiféré pour en faire une pratique illégale.
Trop occupés à penser aux moto-crottes.
Tant que le client sait ce qu'il achète, c'est bon.
- Et si le client ne le sait pas ? - C'est une fraude.
S'il ne le savait pas et que ça l'ait tué ?
Mise en danger de la vie d'autrui. Ou meurtre avec préméditation.
Malheureusement, le client n'est plus disponible pour interrogatoire.
Mais sa mère, si.
Avant que Roberto naisse, on a prié pour qu'il soit en bonne santé et heureux.
Nos prières ont été à moitié entendues.
Mon neveu avait deux ans de plus.
Roberto portait ses chaussures et ses salopettes.
Mais pour sa santé, je voulais le meilleur.
Donc vous ne saviez pas que c'était un pacemaker recyclé.
Nous sommes pauvres. Pas idiots et insensibles.
- Dr Hellems... - A tué Roberto.
Maître Fischel avait raison.
Pour de mauvaises raisons, oui.
Oui. Je savais.
Alors, c'est quoi, des dessous-de-table ?
Pour Mme Martinez, vous ne lui avez jamais dit.
Elle n'avait pas d'assurance médicale, pas d'argent. J'ai fait au mieux.
Vous êtes un vrai Dr Schweitzer.
Je suis un très bon médecin. Je n'apprécie pas...
Tous les jours il y a des articles sur les médecins qui gonflent leurs prix.
On est des charlatans, des ennemis.
J'ai voulu lui faire économiser de l'argent et garder son fils en vie.
- Il y avait l'option des médicaments. - On en a déjà parlé.
J'ai fait au mieux des intérêts de mon patient.
On dirait que c'est raté.
Ce pacemaker n'aurait pas dû tomber en panne.
Parce que Suiter l'a dit ?
Je l'ai testé moi-même.
Ce modèle de pacemaker a une durée de vie de 5 ans.
La batterie expirait dans trois ans.
Je n'ai rien fait de mal.
Mais vous n'avez rien dit la première fois ?
L'avocat de Mme Martinez avait déjà commencé à me traîner devant le tribunal.
Vous vouliez que j'ajoute de l'eau à son moulin ?
Hellems savait ce qu'il achetait, c'est bon pour Suiter.
- Peut-être pas. - Hé, t'en veux un ?
Allez, c'est bon pour toi, ça.
Non, je préfère manger des trucs plus naturels.
Ce pacemaker avait une durée de vie de 5 ans.
La première cardiologue, Dr Stark, a dit que Mme Barnet l'avait gardé trois ans.
C'est vrai. Et Hellems a dit que quand il l'a mis à Roberto
sa date d'expiration était de trois ans.
Tu sais compter ?
Je sais que trois plus trois, ça fait meurtre au second degré.
L'an dernier, on a payé 130 000 $ de commissions.
Et il nous fait encore les poches.
La date d'expiration, s'il vous plaît ?
Voilà.
Oh, pas étonnant que le gamin soit mort.
Date d'expiration : décembre dernier.
Ça, c'est une faute professionnelle.
- Le docteur qui l'a posé... - Ne le savait pas.
Comment ça, Suiter a changé la date d'expiration ?
- C'est exactement ça. - Ce connard abruti a tué un gosse.
Messieurs, ne vous levez pas.
Tout ce qui manque, c'est un bossu prénommé Igor.
Qu'est-ce que c'est que cette... Je peux vous aider ?
Oui. Tournez-vous, les mains jointes.
Jeffrey Suiter, je vous arrête pour le meurtre de Roberto Martinez.
Vous pouvez garder le silence.
Tout ce que vous direz sera utilisé contre vous.
- Je veux voir mon avocat. - Quelle surprise.
"Rôle numéro 594223.
"M.P. contre Jeffrey Suiter.
"Meurtre avec préméditation, vol qualifié."
C'est n'importe quoi. L'État fait perdre son temps au tribunal.
Je vous remercie de votre intérêt, Maître Adler.
Votre client veut plaider ?
Non coupable, Votre Honneur.
Tiens, ça m'étonne.
- Maître Robinette ? - Demande de caution de 250 000 $.
Bien, Maître Adler, dites-moi tout
sur la position déraisonnable de l'État.
Mon client à une affaire qui tourne. Il travaille à la commission.
Les risques de fuites sont minimes.
Personnellement, je ne comprends pas qui voudrait quitter cette belle ville.
La caution est fixée à 100 000 $, en liquide ou en titres.
La créativité d'un homme croît en proportion avec son avidité.
La loi de Stone ?
Personne n'a jamais fait faillite en escroquant son voisin.
Des pacemakers usés. Dieu nous pardonne.
Et la créativité d'un avocat croît en proportion
avec l'ignominie du crime de son client.
Adler va casser la mise en accusation.
Elle dit qu'on a pas de preuve de causalité.
J'aime mieux mes lois que les tiennes.
BUREAU DU JUGE ERIC BERTRAM JEUDI 21 MAI
Personne ne conteste la défaillance du pacemaker.
Je ne conteste pas
que cette défaillance a causé la mort de Roberto Martinez.
M. Suiter a modifié la date d'expiration.
Ni le médecin, ni le patient n'ont été informés.
Merci pour la synthèse, Ben, mais si vous aviez lu mes papiers
vous verriez que je parle de relation de cause à effet. Ou de son absence.
Le garçon est mort.
Mais pas parce que la pile a lâché.
Bon, le bidule marchait ou pas ?
Si je peux me permettre. Mme Kenny de la F.D.A.
Elle a examiné le pacemaker en question.
Mme Kenny ?
Rien n'est éternel.
On exige une date d'expiration sur les pacemakers pour éviter les piles vides.
Dans la vraie vie, le petit lapin rose finit par crever.
S'il vous plaît, Maître Adler.
La date sur l'appareil indique la durée de vie de la pile, rien de plus.
Où voulez-vous en venir ?
Le pacemaker de Mr Martinez s'est arrêté, mais pas parce que la pile était morte.
Il s'est arrêté parce que
les fils qui sont connectés au cœur étaient corrodés.
La batterie a envoyé le courant. Le cœur ne l'a jamais reçu.
Cette corrosion
pourrait-elle résulter du recyclage ?
Non, non.
M. Suiter aurait dû voir que les fils étaient corrodés.
Ce n'est pas une batterie de voiture, M. Stone. Ces fils sont très délicats.
Parfois la corrosion est visible à l'œil nu
mais avec cet appareil, il faudrait tester la conductivité.
Et il ne l'a pas fait, il a été imprudent.
J'ai étudié cette industrie.
Dans la pratique, aucun fabriquant ne fait de tests de conductivité.
Attendez.
Ce truc a marché pendant trois ans dans la poitrine de Mme Barnet ?
Ce n'est pas une indication.
La défaillance d'un fil corrodé arrive au hasard.
Le fond du problème, c'est que
les agissements de mon client ne sont pas la cause réelle du décès de Roberto.
Il a changé les dates.
Nous plaiderons la fraude.
Votre Honneur, avec du temps...
Laissez tomber, Ben.
Vous ne pouvez pas vous mesurer à la F.D.A.
J'ordonne un non-lieu.
Si vous trouvez autre chose, n'hésitez pas à re-déposer une plainte.
Il joue à pile ou face avec le cœur des gens
et on n'a qu'une fraude.
Suiter plaidera coupable.
Un juge sympa et il prend deux ans maximum.
Notre expert confirme les conclusions de la F.D.A.
La corrosion n'a rien à voir avec le recyclage.
Ouais. Vous voulez dire que les fils étaient mauvais dès le départ ?
Impossible à dire.
Je vois.
Si c'est un défaut de fabrication,
si le pacemaker a été vendu dès le départ avec des fils défectueux,
on a de quoi poursuivre BioNorm.
Au civil.
Une pomme pourrie. Au mieux, une négligence.
Pas nécessairement.
On sait que BioNorm a négocié au moins six autres procès.
Regardez si ces autres pommes avaient des fils corrodés.
Quand j'étais petite, je regardais ce genre de buildings
et je rêvais de rencontrer un prince et de vivre dans un penthouse.
Mon prince est arrivé, M. Robinette.
Il s'appelle BioNorm.
Désolée, mais il est hors de question que je redevienne une grenouille.
Une des conditions de votre arrangement est la non-divulgation ?
Je me tais, je garde tout ça.
Les termes de votre arrangement pourraient couvrir un crime.
Et vous allez m'arrêter pour obstruction à la justice ?
Je suis sortie avec un avocat pendant trois ans.
Écoutez, tout ce que je sais, c'est que le pacemaker de mon père n'a pas marché.
Je ne sais pas ce qu'est ce fil.
Votre père est mort, vous ne vous demandez pas pourquoi ?
Mon père n'était pas un héros, d'accord ?
La meilleure chose qu'il ait faite est mourir
avec un de ces bidules dans le cœur.
Je ne sais pas pour vous,
mais j'aime bien mieux Park Avenue que les bas-fonds.
Un jour, un mec de chez BioNorm a débarqué.
Il m'a offert 250 000 $.
J'ai accepté sans hésiter.
Excusez-moi, M. Stone ? C'est arrivé pour vous.
J'ai parlé aux six familles.
Tous les pacemakers ont été achetés au même moment. Tous se sont cassés.
- À cause des fils corrodés ? - On n'a pas su.
Les poursuites ont été réglées avant qu'on les examine.
Un bon avocat porte plainte avant
de savoir ce qu'il y a dans le dossier.
BioNorm a payé 2 millions pour du silence.
Auraient-ils quelque chose à cacher ?
S'ils savaient pour les fils corrodés,
ils ont montré de l'indifférence pour la vie humaine,
c'est sept meurtres avec préméditation.
Difficile. Il faudra une preuve irréfutable.
Trouvons-en une.
M.A. Manufacturés Ailleurs. On ne fabrique rien.
On assemble, on conditionne et on vend le tout.
D'où viennent les fils ?
Singapour, Thaïlande, Hong Kong, ça dépend.
Il y a quatre ans ?
J'ai mangé des œufs brouillés.
Pour tout ce qui s'est passé avant, faut que je voie mon agenda.
La société doit en avoir un ?
Il faudrait parler au commercial. Il y a quatre ans, c'était Mme Cleary.
La femme du président ?
Du temps où c'était familial.
Quand vous demandiez un ruban de machine, vous l'aviez le même siècle.
Ouais, Maman était chargée des achats à l'époque.
Le bon vieux temps, comme elle dit.
Le paysage est plus beau en chemin
qu'au sommet de la montagne.
Quand a-t-elle arrêté ?
Il y a deux ou trois ans.
Papa a pensé qu'elle devait profiter des fruits de son labeur.
Il a pensé qu'elle était dépassée
quand on est devenus gros dans ce secteur.
Vous avez toujours fait des pacemakers ?
On s'appelait Ebbets Company.
Grand-père était fan de base-ball.
- Votre père a hérité de la société ? - Non, ma mère.
En fait, son père a commencé quand il était encore au lycée.
Il réparait des radios dans sa chambre.
Puis il a eu son bac et a commencé à fabriquer.
Son produit le plus sophistiqué était un réveil avec une fonction rappel.
Bien loin des pacemakers.
Non, ça c'est papa.
Il a épousé maman, a fait déménager la société et a changé le nom.
Et voilà ! On fait un brut de 40 millions par an.
Pas mal pour le fils d'un cuistot diplômé d'une petite fac.
Non, à l'époque on n'achetait pas en gros.
Je ne peux pas vous dire qui a fabriqué ces fils.
On les a achetés à un importateur, Asian Pacific Trading.
Vous êtes sur une fausse piste, M. Robinette.
J'étais technicien sur la ligne d'assemblage. Je les ai tous testés moi-même.
Je vous assure que tout allait bien.
Asian Pacific Trading.
Un mec qui s'appelle Ziesel.
Vous avez enquêté ?
Plus de trace de lui depuis 3 ans.
Pas étonnant que Cleary vous l'ait balancé facilement.
On ne saura jamais qui a fabriqué ces fils.
Sauf si une autre société en a acheté à Asian Pacific Trading.
LABORATOIRES ALDEN LUNDI 8 JUIN
On n'est pas les plus gros,
mais tous les journaux médicaux placent nos pacemakers en tête.
Vous fabriquez vous-même les éléments ?
Tout ce qui est essentiel. L'enveloppe, nous l'achetons.
Comme les fils.
On fait du high-tech. Pourquoi s'embêter à faire des petits fils, non ?
Cette semaine nous achetons à Boyette, à Akron.
Il y a quatre ans, avez-vous travaillé avec Asian Pacific Trading ?
Un voleur du nom de Ziesel. Il m'a délesté de 50 000 $.
Un petit nouveau. Des prix imbattables.
Fils importés de Singapour.
Vous savez qui a fabriqué ces fils ?
C.J.L. Electronics. Une bonne boîte.
Je présume que des produits défectueux sont arrivés
et qu'ils les ont vendus pour rien à Asian Pacific.
Puis Ziesel me les a fourgués.
Laissez-moi deviner. Ils étaient corrodés.
Oui, le plastique était merdique.
C'est l'air marin. La plupart étaient inutilisables.
Avez-vous utilisé les bons ?
Ce serait jouer à la roulette russe. Je les ai balancés.
On a voulu poursuivre Asian Pacific mais ils ont disparu.
Tout le monde savait pour les fils défectueux ?
Ziesel m'a dit que c'était une vente exclusive.
Un seul chargement de fils
et j'étais le seul à bénéficier de sa générosité.
Quelle chance. Le seul gogo de la ville.
Malheureusement, non.
Quelqu'un d'autre en a acheté ?
Pire. Quelqu'un les a utilisés.
5 sociétés ont acheté les fils importés par Asian Pacific Trading.
Un arrivage, tout était pourri.
C'était une escroquerie.
Chaque fabriquant pensait être le seul à faire l'affaire.
Mais BioNorm est la seule boîte qui a utilisé
les fils corrodés.
Mise en danger de la vie d'autrui. Faites fermer ces ordures.
Ce n'est pas si facile.
Vous voulez dire que Cleary ne savait pas ce qui se passait ?
Roger Cleary ne s'occupait que des finances.
Il n'a même jamais mis un pied dans l'usine.
Mme Cleary était la commerciale
mais elle ne pourrait pas reconnaître un fil corrodé d'un grille-pain.
Quelqu'un a dû valider leur utilisation.
Apparemment, c'est Steven, le fils.
C'est un ingénieur en électricité. Il a dit les avoir testés.
Mais à l'époque, il n'était que technicien.
Pas vraiment un haut responsable.
Donc, selon la loi, on ne peut pas poursuivre la société.
Si le fils assume la faute, la boîte est protégée.
Avec ce genre de couverture, je ne serais jamais malade.
Donc, Steven Cleary est responsable de la négligence de BioNorm.
- Le rideau corporatiste. - Ça les protège d'une responsabilité civile.
Mais ça ne les protège pas de notre côté de la rue.
Inculpons-les de meurtre avec préméditation.
Tu penses que Steven Cleary a agi seul ?
On va secouer l'arbre généalogique, on verra ce qui tombe.
"Rôle numéro 581739.
"Ministère public de l'État de New York contre Steven R. Cleary.
"Inculpé de meurtre avec préméditation."
Vous plaidez, messieurs ?
Une demande de non-lieu, Votre Honneur.
Un peu loin de chez vous, non, Maître Berkley ?
BioNorm est notre client depuis une dizaine d'années.
Nous entamons une procédure pour poursuite malveillante.
Grand bien vous fasse.
Mais lisez l'écriteau sur la porte, Maître. C'est du pénal ici.
Vous n'avez que deux options.
Non coupable.
Maître Robinette ?
Nous demandons une caution de 250 000 $.
Très bien.
Ce n'est pas votre boulot, Ben. C'est un cas industriel.
On devrait être au civil.
Quand sept personnes meurent, Richard, ça le devient.
Mais enfin, il travaillait sur la chaîne de montage.
Il n'est pas responsable pénalement.
Si, s'il a fait commettre un crime à la société.
Code pénal, section 2025.
Écoutez, il était diplômé depuis six mois.
Vous pensez vraiment
qu'il avait assez de pouvoir pour faire agir la société ?
Il a validé l'utilisation de fils défectueux. Sept personnes sont mortes.
Bon, revenez sur terre.
Vous n'aurez pas assez de preuves pour faire admettre les six premiers cas.
Et le jury verra le septième comme une négligence.
Cette "négligence",
un jury peut le considérer comme de la mise en danger
et dans le code pénal, c'est un meurtre avec préméditation.
COUR SUPRÊME - TRIBUNAL 53 MERCREDI 24 JUIN
L'origine de la défaillance vient des fils corrodés.
La décharge électrique générée n'a jamais atteint le cœur.
Selon vous, qu'est-ce qui a causé cette corrosion ?
Les fils ont dû être exposés pendant le transport.
Merci.
Maintenant, Mme Kenny, en tant qu'inspecteur de la F.D.A.,
avez-vous approuvé les pacemakers BioNorm ?
J'ai examiné les dessins et le prototype. Ils étaient parfaits.
Parfaits. Vous avez effectué un suivi ? Des tests aléatoires, par exemple ?
Ce n'est pas faisable.
Non, ça ne l'est pas, mais ce serait prudent, non ?
- Dans un monde parfait, mais... - Oui, mais ce n'est pas un monde parfait ?
Les gens font des erreurs.
Même un gamin sur une ligne d'assemblage dans une usine de pacemakers.
Objection.
Gardez vos réflexions pour vous, Maître. Retenue.
Je n'ai plus de questions.
Nous sommes dans les pacemakers depuis plus de 20 ans.
Asian Pacific Trading débarque et nous propose des fils
pour un quart de leur prix habituel.
Que puis-je dire ? Bien sûr que je les ai achetés.
Avez-vous utilisé ces fils dans vos pacemakers ?
Sûrement pas. Une fois déchargés,
j'ai bien vu que la moitié était corrodée.
Et ma vue baisse depuis 20 ans.
Avez-vous utilisé l'autre moitié ?
Certainement pas.
Les composants étaient pourris, direction poubelle.
Ça n'a pas coûté cher ?
On est dans l'industrie médicale. On ne tue pas pour des parts de marché.
Quelle est votre place sur le marché, par rapport à BioNorm ?
Ils gagnent du terrain, pas nous.
Vous pouvez expliquer ?
Des achats au rabais, les ventes, pareil.
Ils cassent nos prix depuis des années.
Merci.
Vous devez lire les journaux médicaux, M. Miller ?
Oui.
Avez-vous lu un article remettant en question la qualité des produits BioNorm ?
Non.
Non. Avez-vous connaissance
de défaillances de produits BioNorm ?
Autre que celui-là, non.
Non. Donc il se peut que BioNorm ait plus de parts de marché
parce qu'elle produit de meilleurs appareils.
J'ai été commerciale chez BioNorm Industries
jusqu'à l'été 1988.
Vous avez donc été responsable des achats de fils pour BioNorm
à Asian Pacific Trading Company, c'est exact ?
Ça fait longtemps.
Reconnaissez-vous ce document ?
C'est un ordre d'achat pour 6 000 fils
à Asian Pacific Trading.
- C'est votre signature ? - Oui.
Je demande que ce soit admis comme preuve, Votre Honneur.
Ce sera "M.P. 17".
Mme Cleary, avez-vous examiné les fils
que BioNorm a acheté à Asian Pacific Trading Company ?
Juste pour savoir s'il y avait la quantité.
Je ne saurais pas faire plus.
Merci.
Nos produits sont les meilleurs du marché.
L'arrangement était une décision commerciale, c'est tout.
Ça coûte moins cher de gérer les ennuis tout de suite.
Ennuis ?
Un garçon meurt parce que votre société a utilisé des composants défectueux,
et vous appelez ça un ennui ?
Je n'en savais rien.
Vous avez vous-même vérifié les fils, monsieur ?
Ce n'est pas mon domaine d'expertise.
- Vous avez engagé quelqu'un ? - Tout à fait.
Qui avez-vous engagé pour tester les fils
achetés à Asian Pacific Trading Company ?
Non, monsieur.
Hors de question que je vous aide à condamner mon fils.
Pardon, mais vous venez de le faire.
Objection.
J'ai testé très attentivement les fils pour écarter ceux qui ne marchaient pas.
Et vous pensiez avoir suffisamment de compétences pour faire la différence ?
Je suis ingénieur en électricité. Je manipule des fils depuis toujours.
Vous êtes diplômé du M.I.T., c'est cela ?
Mes parents ont commencé à faire des donations quand je suis né.
Et même avec cette compétence et un examen méticuleux,
un mauvais fil est passé entre les mailles du filet.
Oui. J'en suis désolé.
J'ai fait de mon mieux.
J'ai fait tout ce que...
Je ne comprends pas ce qui s'est passé.
Un seul fil défectueux, M. Cleary ? Et les six autres...
Objection !
Votre Honneur, puis-je vous parler ?
Six autre pacemakers fabriqués au même moment se sont cassés.
Vous n'avez pas de preuves.
Ils ont négocié ces affaires avant qu'on sache ce qui s'est passé,
- si le jury le savait... - Il serait biaisé.
Objection de la défense retenue.
Berkley est bon.
Assez pour convaincre le jury que c'est une erreur isolée.
Steven Cleary a l'air incompétent, pas criminel.
Mais ce qu'il a fait est criminel. Quand au pourquoi...
Il irait en enfer pour son père, mais je ne suis pas sûr du contraire.
Malheureusement, Roger Cleary n'est pas poursuivi.
Ça pourrait être une chance.
Steven dit que ses parents ont fait des dons au M.I.T. dès qu'il est né.
Il a aussi dit que son père avait fait les cours du soir.
- Telle mère, tel fils ? - Exactement.
Amenez Steven Cleary.
Quel rapport si elle est allée au M.I.T. ? Quel rapport avec l'affaire ?
"Les" affaires.
Mme Cleary a une licence d'ingénierie électrique.
Elle est donc capable de tester les fils.
Elle est vice-présidente et peut valider leur utilisation.
Nous allons poursuivre la société et votre mère.
Si vous êtes si sûrs, qu'est-ce qu'on fait là ?
Steven, c'est votre mère qui vous a poussé à faire ça.
Si vous témoignez contre elle, nous pouvons négocier.
Steven, on s'en va.
Je ferai arrêter votre mère quand elle arrivera au tribunal.
Des gens sont morts, Steven.
Vous ne les avez pas vus quand vous les avez tués,
- mais ils sont morts. - Ben.
Pourquoi vous accuser à sa place ?
- Écoutez, ma mère... - Steven, allons.
- D'accord. - Vous témoignerez contre elle ?
Non, je veux négocier pour ma mère et moi.
Je témoignerai contre mon père.
On a passé des jours à trier les bons des mauvais.
Votre mère et vous ?
On pensait les avoir tous trouvés.
Quand la première personne est morte,
on a fait des tests de conductivité sur tous les pacemakers qui restaient en stock.
Une bonne partie des fils qu'on pensait bons ne l'étaient pas.
On a supplié mon père de rappeler les pacemakers fait avec les fils d'Asian Pacific.
Il a refusé ?
Il était trop occupé à bâtir un empire.
Vous voyez, mon père m'a promis que tout ça passerait.
Que j'aurais les meilleurs avocats.
Il m'a dit que je le devais à la famille.
Donc des gens ont des bombes à retardement dans la poitrine.
Et au moins sept ont explosé.
Vous négociez ?
Homicide involontaire.
- Homicide involontaire... - Adam.
C'est la seule solution. Il trahit la mère, la mère trahit le père.
Son témoignage seul est inutile.
Si elle nie, on rentre tous à la maison.
Elle le laisserait tout prendre ?
Aujourd'hui n'est pas hier.
Il dit qu'elle a les compétences.
Ce n'est pas parce qu'elle a le savoir
qu'elle savait ce qui se passait.
L'avocat dira au jury
qu'il a le dos au mur et qu'il cherche un bouc émissaire.
Steven Cleary est tangent. Si on le pousse un peu.
Mais il a déjà négocié.
Pour Roberto Martinez. On a six autres morts sur les bras.
Faites venir le fils et la mère demain matin.
C'est n'importe quoi.
Vous n'étiez pas convié, et sauf si vous êtes avocat
je vous prie de vous taire.
C'est ma famille, ma société.
Si vous aviez des preuves, vous les auriez sorties avant.
Avant, nous n'avions pas le témoignage de Steven sur la cause des autres décès.
Six meurtres avec préméditation. 25 ans minimum pour chaque.
Mon Dieu !
Il bluffe. Il essaye de nous diviser.
Mme Cleary, je peux et je vais poursuivre votre fils autant que la loi le permet.
Je vous offre de sauver la vie de votre fils.
On peut s'en sortir. Ne le laisse pas nous détruire.
Tu l'as fait toi-même, Roger, il y a quatre ans.
Si vous confirmez le témoignage de Steven, nous pouvons négocier.
Annette, pense à ce que ça représente. Ma société, tout ce pour quoi j'ai travaillé.
Ta société ? Tu n'es rien. Mon père...
Il réparait des grille-pain. Pour mon compte.
Tout à fait, papa. Il bossait pour toi.
On bossait tous pour toi.
Et voilà où on en est.
Regarde ce que tu nous as fait.
Mme Cleary ?
Que dois-je faire ?
Toi.
Tu ne pouvais pas la fermer.
Deux années en prison et tu sortais riche.
Bien, M. Stone, je suis un homme d'affaires.
J'ai déjà négocié. Qu'offrez-vous ?
Je ne suis pas un homme d'affaires, M. Cleary. Je ne vous offre rien.
COUR SUPRÊME - 60 CENTRE STREET
S'il est intelligent, il plaidera coupable et demandera l'indulgence.
Six meurtres ? Même avec un juge compatissant
il mourra de sa belle mort et devra encore 50 ans.
Le pire, c'est qu'il a presque convaincu son fils de faire de la prison.
Il a dû lui faire une belle leçon de morale sur les valeurs familiales.
Cette histoire relevait de la fiction.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.