All language subtitles for 2006 - Les Anges Exterminateurs

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Original subtitles

Faut que j 'aille la voir.

Qu 'est -ce qui t 'arrive ? Faut que j 'aille voir mémé tout de suite.

Elle agonise à l 'hôpital depuis des semaines, je suis même pas encore allé

voir une seule fois.

Ta pauvre grand -mère est morte depuis dix ans.

Couche -toi, laisse -moi dormir tranquille. Non, faut que j 'aille.

Faut que j 'aille à l 'hôpital.

Au vieil, c 'est le qui m 'a élevé.

Et même plus que mon père ou ma mère.

François.

François.

Mais c 'est pas possible.

J 'allais juste l 'endouoir.

N 'aie pas peur.

Ton épouse a raison.

Je suis morte, tu le sais bien.

Je rêve.

Je suis venu te prévenir.

Tu dois faire très attention à toi.

Tu as toujours été trop curieux.

Mais tu pourrais cette fois...

enclencher la machine infernale.

De quoi tu me parles, mémé ? D 'où je suis, mais difficile et dangereux de t

'aider.

Bon sang, arrête déjà que c 'est tout seul.

J 'ai besoin de dormir, moi.

Le sang des aéroports ne supportera plus très longtemps la neige inondant les

herbes bleues.

Une fois...

Toi,

t 'as pas l 'air de bonne humeur.

J 'en ai marre.

J 'ai honte de ce que je fais.

Celui -là, ça va être trop facile.

Pourquoi là -haut, on s 'en prend à lui ?

Pourquoi toujours tes pourquoi ? Qu 'est -ce que tu veux que j 'en sache, moi ?

Occupe -toi de ce qui te regarde et obéis aux ordres sans discuter, point

Et si je désobéissais ? Tu sais très bien ce qui nous attendrait.

Allez, faut pas croire, on n 'est plus des anges, mais on n 'est pas des

surfières non plus. Tu parles... des anges déchus, des condamnés aux ordres.

Bon, arrête tes conneries et au boulot, ma vieille.

Ne soyez pas trop cruelle avec lui.

François est un curieux mélange d 'intelligence et de sottise, mais c 'est

enfant.

Observe cette jeune femme.

Écoute -la bien.

Elle va t 'inspirer.

Elle te rendra ses lèvres.

Alors, comment j 'étais ? Belle, mais j 'imaginais absolument pas que vous

seriez si loin.

J 'ai eu tort ? Non, pas nécessairement.

Mais je vous rappelle, vous étiez vraiment très belle.

Vous savez, tout à l 'heure, quand je suis arrivée à la porte, j 'avais envie

fuir, seulement j 'étais terrorisée.

Je connais vos films, je les aime.

J 'avais envie de faire au décès, même si je sais que j 'ai qu 'une chance sur

dix autres prises.

Et vous le répète, vous n 'êtes que cinq sur le rôle.

Je préparais un film policier.

J 'avais pris l 'habitude de ne choisir les comédiens qu 'après des essais

effectués sur les séquences les plus difficiles.

Cette fois, j 'avais sélectionné deux scènes, dont une assez érotique, que

Virginie venait de terminer.

Vous savez, moi, je suis noble.

On m 'a appris dès l 'enfance que le plaisir sexuel est interdit à toute

décente.

Évidemment, sans jamais prononcer les mots de versement.

Bref, je n 'avais jamais joué.

Jusqu 'à aujourd 'hui.

J 'ai bien un petit ami, mais quand il envie de moi, il me saute dessus et deux

minutes après, c 'est fini.

Je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout ça.

Je vous ennuie ? Pas du tout.

Bref, quand je suis arrivée à la porte, j 'avais envie de me sauver.

En fait, vous avez fait exprès de faire vos essais ici ? Vous ne pouvez les

faire ni au bureau, ni chez vous, ni chez moi.

Pourquoi vous avez commencé par les essais érotiques ?

Si vous aviez peur, vous aviez immédiatement la possibilité de ne pas

Vous m 'avez dit que si j 'étais gênée, je devais dépasser ma jeune afin de la

transformer en plaisir.

Puis de me laisser porter par l 'émotion.

Même d 'aller plus loin.

Je suis à nouveau obéie.

Ensuite, je n 'ai plus pensé à rien.

Je vous ai complètement oublié.

J 'ai terminé.

Je sais que vous ne me demandiez pas tant, mais la vérité, c 'est que j 'ai

éprouvé un vrai plaisir.

Un plaisir extrêmement violent même.

Jamais j 'aurais pu imaginer quelque chose d 'aussi violent, même en rêve.

Donc c 'était un premier orgasme ? Je viens de vous le dire.

Vous expliquez, ça comment ? Me caresser devant vous, c 'était déjà un intérêt

excitant.

En plus vous êtes un inconnu, ça accentuait.

Et puis je pouvais fantasmer sur vous, sachant que vous ne me toucheriez pas.

Je vous ai imaginé, excité, fait torturer par le désir de me prendre.

Alors que moi, je restais en parfaite sécurité.

Vous auriez pu vous tromper sur moi.

Vous n 'êtes pas un violeur.

Maintenant, vous ressentez quoi ? Je ne sais pas.

De la honte ? Non.

Le sentiment d 'avoir été entraîné dans quelque chose de sale.

Non. Ce ne serait pas d 'autre faute.

J 'étais là pour un essai, je savais parfaitement ce que je faisais.

En plus, tout ça a été très excitant.

Très instructif pour moi.

Un peu comme une révélation sur mon égo interdit.

Vous regrettez ? Pas pour le moment.

Je suis au moins content que vous ayez eu du plaisir, même d 'une façon si

inattendue.

Promettez -moi que ce que je viens de vous dire restera un secret entre vous

moi.

Je vous promets.

Maintenant, si vous n 'êtes pas trop fatigués, on va continuer et passer aux

essais sur le texte.

La scène est difficile.

Une autre comédienne a été légèrement meilleure qu 'elle aux essais et le film

'est fait sans Virginie.

Mais je suis resté longtemps troublé par les confidences de la jeune femme.

D 'autant que je l 'ai croisée par hasard deux ans après.

Virginie ? Elle m 'a considéré froidement.

et m 'a accusé de l 'avoir profondément traumatisé.

D 'où venait ce changement total d 'attitude ? Au moment des essais, cette

femme m 'avait -elle raconté des salades pour obtenir le rôle ? Depuis que je

faisais du cinéma, j 'avais été en partie déniaisé à propos des dires et

'âme de presque tous les comédiens.

Mais j 'étais certain qu 'à l 'époque, Virginie m 'avait dit vrai.

Ses confidences m 'ont alors donné l 'idée de faire un petit film plus ou

expérimental sur les rapports entre l 'interdit et la jouissance.

J 'avais trouvé un producteur.

Bonjour. Bonjour, monsieur.

Je vais peut -être vous faire peur.

Écoutez, j 'ai... Je m 'appelle Olivia.

Olivia, je prépare un film sur le plaisir chez la femme et la

certains interdits.

Je cherche des comédiennes qui accepteraient de faire des choses

troublantes devant la caméra.

C 'est -à -dire ? Qu 'est -ce qui est troublant dans la vie ?

Je crois qu 'on est troublé quand on ose enfin faire en vrai des choses, des

petites choses érotiques jusqu 'à présent interdites dans sa tête, mais qu

aurait envie d 'essayer quand même.

Je ne sais pas, se caresser devant un inconnu dans une chambre d 'hôtel ou

une école en pleine rue.

Dans le film, je m 'appuierai sur la complicité des comédiennes, sur leurs

désirs, leurs expériences secrètes à elles, ce qui laisse une certaine place

'improvisation.

Ça vous fait peur ? Non.

Enfin, si, un peu.

Je devrais passer des essais pour ça ? Oui.

De quel genre ? Ce qui corresponde aux scènes clés du film.

C 'est -à -dire ?

Probablement vous caresser, et puisque vous n 'êtes pas lesbienne, faire l

'amour avec une femme pour l 'excitation du moment.

Toujours en essayant d 'être troublante. Je vous rassure tout de suite, pas d

'amour physique avec un homme.

Troublante, ça veut dire quoi exactement ? Que je dois avoir un orgasme ? Au

moins en donner l 'illusion aussi vraie que le vrai.

Surtout dans la montée du plaisir d 'ailleurs.

Vous cherchez à tester quoi en fait ? La sensualité des comédiennes.

Je... Certaines filles sont troublantes, d 'autres pas, surtout sur grand écran.

Pardonnez -moi d 'être si direct.

C 'est pas parce qu 'on tournera une scène érotique en vidéo avec vous qu 'on

refera après devant toute une équipe ? Alors pourquoi l 'avoir fait devant moi

Non mais... Vous avez raison, les filles sont souvent des vues au dernier

moment, je l 'ai déjà vécu.

C 'est pour ça que je suis bien obligé de tester l 'exhibitionnisme inavoué des

actrices. d 'où cette première étape d 'essai vidéo.

Mais il y aura du texte, au moins, dans votre film.

Oui, et du genre difficile.

Vous savez, je ne peux pas me permettre de faire un film porno.

Mes comédiennes, d 'ailleurs, sont comme moi sur la corde raide.

Non, ce que je voudrais, c 'est saisir la... saisir la grâce de leur plaisir

leur visage et sur leur corps.

Le plaisir ? Pour l 'exprimer, il faut d 'abord savoir ce que c 'est.

Pourquoi vous ne prenez pas des actrices professionnelles à qui vous apprendriez

à jouer ? Je ne sens plus en elles le truc de la transgression.

Je crois que je comprends ce que vous cherchez.

Un jour, mon petite amie m 'a emmenée dans une boîte échangiste.

Je n 'aimais pas cet endroit.

Pourtant, à un moment, je suis tombée sur deux filles.

Elles étaient allongées par terre et l 'une d 'elles se faisait embrasser le

sexe par l 'autre.

Alors je me suis arrêtée et je les ai regardées.

Je pouvais voir le plaisir monter lentement chez celle qui faisait l

Elle était très belle.

J 'étais fascinée par les mouvements de son corps.

Avant et pendant l 'orgasme.

C 'était beau.

J 'ai soudain réalisé que j 'étais troublée et que j 'aurais aimé être à sa

place.

Pourtant, je ne suis pas lesbienne.

Pour être franche...

Rien que de reparler de ça, ça m 'excite un peu.

C 'est ce genre de trouble chez les femmes que vous cherchez à filmer, n

-ce pas ? Et en faire un vrai film, oui.

Je vais tenter de déclencher un certain émot sensuel et mélanger la poésie au

suspense. Ça, c 'est encore jamais fait jusqu 'à présent.

Mais le film sera projeté dans les salles ou à la télé ? J 'espère les

oui.

J 'ai jamais fait l 'amour avec une autre femme.

Enfin, si.

Quand j 'avais 13 ans, avec une fille de mon âge.

Mais je ne sais pas si j 'en raffolerai encore maintenant.

A la fois, j 'ai envie.

Mais en même temps, j 'aurais peur de la réaction de ma famille.

De mon père, surtout.

Je crois que votre truc, c 'est une très bonne idée. C 'est un sujet original,

qui nous intéresse toutes.

En plus, vous nous écoutez.

Vous nous aimez.

On est tout de suite tentés de vous prendre comme confident.

Mais pour être franche, jouer le sexe, ça me fait trop peur.

J 'ose pas.

Je suis désolée.

Au revoir, monsieur.

Au revoir, madame. C 'est dommage pour mon film.

Non.

Non, vraiment non.

Inconnue dans un hôtel ? Non.

Même pas passé des essais ? Non.

Non. Qu 'une femme, pour le plaisir de l 'expérience ? Non.

Vraiment pas ? Non.

Et est -ce que pour l 'excitation, interdit ? Non, non, non.

Non ? Excusez -moi.

Un hôtel, par exemple ? Ben, non.

Vous êtes lesbienne ?

Non.

Monsieur ?

Vous êtes bien metté en scène ? Oui.

Je m 'appelle Julie.

J 'ai entendu dire que vous prépariez un film en ce moment. Je peux vous parler

une petite seconde ? Oui.

Je commence à être un petit peu découragé.

Pourquoi ? Toutes les comédiennes que j 'ai vues ont eu peur des essais ou du

projet.

Ça dit, je les comprends en partie.

Mais pour l 'instant, c 'est le film que je prépare. Je n 'ai rien d 'autre à

proposer à personne.

Vous savez, vous essayez.

Avec moi, c 'est possible.

Je vous assure, c 'est possible.

J 'ai entendu parler de vous, vous ne faites pas n 'importe quoi.

Non, j 'ai confiance.

Et puis, je n 'ai rien à perdre.

Alors, j 'ai été bien ? Non, je vois ça à votre tête.

Vous auriez dû me laisser l 'initiative, j 'aurais été plus violente.

Ne dites plus rien, vous allez voir.

D 'habitude, je me fais jouer avec ça.

Allez, j 'y vais.

Attendez, après ce que vous venez de faire, reposez -vous d 'abord une

de minutes.

Oh, je peux y aller tout de suite.

Un jour, j 'avais 12 -13 ans.

Je l 'ai faite entrer complètement à l 'intérieur et j 'arrivais plus à la

sortir.

J 'ai été obligée d 'aller voir ma mère pour m 'aider.

Elle a fait semblant de ne pas comprendre.

Mais comment elle s 'y est prise pour vous dépanner ?

A votre avis ? Ça commence.

Avec ma boule, ça vient à toute vitesse.

Parfois même trop vite.

Vous pouvez me parler, me dire que je suis belle.

De toute façon, je pars et je vous réponds plus.

Je ne peux pas faire votre film. Moi, ça ne m 'intéresse pas à nous montrer nus.

Mais c 'est votre droit de me demander le temps que je ne vous demande rien.

Moi, tant mieux.

Je peux rester encore un peu à discuter avec vous ? Si vous voulez.

Est -ce que j 'ai éventuellement de services à vous demander ? Je peux ?

-y toujours.

En fait, je prépare un mémoire.

Je suis en maîtrise de l 'acte moderne et je viens de voir Arante pour la

semaine prochaine sur la construction dramatique au théâtre.

Alors, vous n 'auriez pas de la documentation ?

Alors, vous trouverez dans l 'œuvre complète de Fournay deux textes sur la

proposition du poème dramatique, qui reste très actuel, d 'ailleurs.

Le second livre est une excellente année de la tragédie classique.

Je peux les emporter ? À condition de me les rendre.

Ah ben, t 'en faut de la semaine prochaine.

Quant au second service, je... Je trouve que mon mec est pas assez entreprenant

avec moi.

Peut -être qu 'il aime pas trop l 'amour.

Le sexe, vous voulez dire ? Vous pourriez pas m 'apprendre à avoir un

Enfin, juste en m 'expliquant, évidemment.

Demandez ça à votre copain.

Ouais, mais peut -être que je suis pas assez sexy pour lui.

Enfin, peut -être pas assez à droite.

À quoi faire ? À mon numéro pour le vampé.

Et vous croyez que je suis bien placé pour vous aider ? Évidemment, vous voyez

des tas de filles tous les jours. Vous êtes un super juge inespéré.

Écoutez, j 'ai qu 'à faire ce que je ferai avec lui devant vous, et puis vous

direz si tout sur mon pouvoir sexy.

Il est 13h30, tout le monde est parti déjeuner. On peut peut -être être

tranquille, non ? Mais personne ne viendra vous déranger si c 'est ça qui

préoccupe. Mais vous pensez vraiment que je suis le mieux placé pour faire ce

que vous me demandez ?

Je peux mettre de la musique ?

Sous -titrage MFP.

Sous -titrage ST'

501

J 'étais sexy ou pas ? Je vous rapporterai les bouquins la semaine

Et je vous préviens, j 'ai fait ça pour mon copain, uniquement pour lui.

Je veux pas le faire, votre film.

Oui, ça, j 'avais parfaitement compris, mademoiselle.

Rebecca ?

Bonjour. Bonjour.

Ça fait plaisir d 'être là. Moi aussi.

Oui, deux minutes.

Dis -moi ce que tu viens de dire.

Rien.

Enfin, si j 'ai décidé d 'arrêter ce métier, je vends des fringues à côté.

Vous êtes pourtant une des rares comédiennes à qui j 'ai jamais donné le

de continuer.

Pourquoi ? Parce que j 'ai tout de suite eu un premier rôle dans un film ? J

'avais 16 ans et demi.

J 'étais toute jeune.

Tout le monde s 'occupait de moi.

On me coiffait, on me maquillait.

J 'étais la reine de Sabin.

Seulement après, j 'ai plus rien fait.

Je refusais tout.

Sous prétexte que j 'étais une grande actrice, que je devais pas m 'abaisser.

Mais bon, il faut bien vivre de quelque chose.

Pas question de me lever tous les matins pour aller travailler.

Pas question de ressembler au commun des mortels.

J 'ai commencé à vivre avec l 'un, avec l 'une, avec l 'autre.

Je m 'éveuglais délibérément.

Puis j 'ai vraiment couché.

Qu 'est -ce que vous voulez dire ? C 'est quoi la différence ? Vous êtes

ou quoi ?

Je ne sais pas, peut -être.

Dites -moi.

On a 20 ans, on est belle.

On est jeune.

On a le monde à ses pieds.

On use de son charme.

Mais ça ne dure pas.

On devient moins belle.

Quand l 'emprise qu 'on a sur les gens commence un peu à passer.

Il y a toujours quelqu 'un qui vient vous faire payer la décision.

Quand on n 'est pas un gosse de riche, on finit chez ses parents.

Puis peu à peu, j 'ai vu les autres comédiennes.

Comme elles font.

Presque toutes complètement folles dingues.

Les mecs, pareil.

Tout le monde en apparence gentil comme des coeurs.

Avec des égouts gros comme des cathédrales.

Et moi... Donc moi je devenais comme eux.

J 'ai refusé de me mettre au combat.

Justement.

Vous savez, vous feriez mieux de plus à vous.

Et même de plus à vous.

Très bien, ça va.

Vous savez, maintenant que j 'ai fait votre essai, je peux vous l 'avouer, j

déjà tourné dans un film X.

Je ne vais pas vous le dire de peur d 'être catalogué.

Si vous préférez, il y a de la bière dans le frigo.

Servez -vous.

Comment vous en êtes venue à faire du porno ? C 'est simple, j 'étais

Je suis d 'abord posée, nue.

Et puis j 'ai dansé, nue également.

Et puis je suis venue naturellement au strip, et un jour, ben, voilà.

Et pour vous, avoir un orgasme devant la caméra, c 'est facile à avoir ? Ne

croyez pas ça.

On jouit très rarement.

Officiellement, jamais.

Et vous ? Qu 'est -ce que vous cherchez à savoir exactement ? Vous étiez parfois

l 'extase ?

L 'autre fois, j 'ai eu une scène avec un mec qui me dégoûtait.

J 'ai fini par avoir un orgasme à cause de ça.

C 'est difficilement avouable.

On est toutes un peu bizarres.

Souvent un peu salopes aussi.

Plus c 'est interdit, plus on aime.

Forcément.

Vous savez, quand elles apprennent qu 'on fait du X, il y a des tas de femmes

qui viennent nous voir pour nous poser des questions sur ce qu 'on fait

exactement, si on jouit vraiment et combien de fois de suite.

Si on aime ça, pour s 'en canailler, pour savoir, parce que même entre nous,

nanas, on monte, on se vante.

Les romanciers et les cinéastes devraient tout de même se lancer

ce côté des femmes.

Malgré les apparences, la contrée est presque vierge.

C 'est ce que j 'essaie de faire, mais en partant de la vérité.

Qu 'est -ce que la vérité ? Vous êtes un enfant de cœur.

Vous savez, je vous pose toutes ces questions parce que vous semblez être

professionnelle du sexe intelligente.

Sincère. Sincère.

Les comédiens, on est tous des putes pour décrocher le rôle dont on a envie.

Vous vous êtes demandé pourquoi les filles faisaient ces essais -là avec

Vous avez confiance du rôle que vous jouez ? Parce que je joue un rôle.

Vous n 'êtes pas neutre. C 'est -à -dire ? Vous n 'êtes pas un minet.

Vous êtes un des rares à nous écouter.

Vous êtes calme, sûr de vous, du moins en apparence.

Sans vous en rendre compte, vous dégagez un charme certain, tout en gardant un

côté enfant.

Ah oui.

Arrêtez d 'être bête comme ça.

Avec vous, il y a quelque chose en plus.

Quand vous vous rendez compte, vous vous renvoyez à l 'image du père.

Moi ? Moi, moi, moi. Qui d 'autre ici ? Mais y compris dans le domaine érotique.

Oui.

On a l 'impression de faire la grande, grande transgression.

Et ça nous fait jouir plus.

Et d 'une autre manière.

Tout à l 'heure, j 'étais sur le ventre. Je me rêvais excitante pour vous. Vous

imaginons derrière, faisant comme moi.

Vous finissiez par me prendre comme une bête.

Et ça m 'a fait jouir très fort.

Faut dire, les bonnes occasions sont rares.

Dites -moi, après ces belles paroles, j 'étais bien ? Oui.

Vous tenez peut -être l 'impression de faire tout ça un petit peu trop

facilement, mais j 'attends de vous voir sur mon écran vidéo.

J 'ai trop l 'habitude du sexe.

Je ne suis pas assez gênée, c 'est ça ? S 'il vous plaît, mademoiselle, attendez

quelques jours ma réponse.

Je reviendrai ensuite pour les essais sur le texte.

S 'il vous plaît, merci.

J 'ai des photos pour vous.

Pour mon CV aussi.

Confie bien à cette fille.

Laisse -la t 'entraîner.

Abandonne -toi.

Vous êtes libre à dîner ce soir ? Ma copine Agnès, vous savez la fille des

bouquins, elle m 'a déjà tout expliqué sur votre film.

Alors voilà.

Maintenant on va se lancer dans un jeu tout l 'été.

Quel genre de jeu ? Me donner mes petits plaisirs interdits et secrets.

Dans un lieu a priori pas fait pour ça.

Mais il est où ce lieu ?

Ici. Là où vous avez vos habitudes.

Comment vous savez ça, vous ? Vous le savez, j

'ai invité quelqu 'un.

Qui ? Vous aviez peur d 'être seul avec moi ? Une seconde comédienne.

Elle devrait d 'ailleurs pas tarder à arriver.

Une rivale ? Un partenaire éventuel.

Alors je vais la faire partir.

Je vous effraie.

Je sais pas, j 'attends.

Je m 'approche de la table.

Je pose ma main sur ma jambe, un peu au -dessus du genou.

Je remonte tout doucement.

Vous devinez ce que je commence à faire ? Je crois, oui.

Il y a la serveuse qui vous observe.

Et alors ? Je frotte simplement mon doigt contre le tissu de ma robe.

Sous le table.

C 'est agréable, malgré l 'épaisseur du tissu.

Ne finissez pas, surtout pas maintenant.

Vous préférez que j 'attende votre invité ? Ça

fait bizarre.

C 'est pas agréable d 'attendre l 'orchestre comme ça.

Je pourrais faire durer ça des heures.

Et la serveuse qui vous regarde à nouveau.

Relevez votre robe.

Passez vos doigts sur l 'épaisseur de votre tissu.

Histoire d 'observer sa réaction quand elle aura compris.

Est -ce que vous auriez la gentillesse de vous apporter une bouteille de

champagne, s 'il vous plaît ? Merci.

Bonjour. Alors, tu es comédienne ? Oui.

Et on va être partenaire ? Julie a déjà passé un essai érotique.

Tu sais, en ce moment, je fais pareil sous la table.

J 'y crois pas.

Retirez discrètement vos culottes. Mais soyez prudents.

Surtout, laissez vos mains exactement là où elles sont.

Vous désirez la carte ? Oui, je prendrai juste un petit peu de champagne.

Très bien, mademoiselle.

Approchez -vous légèrement.

Et caressez -vous l 'une l 'autre.

Et mieux et plus fort.

J 'avais des minutes géniales.

Merci.

Ça ne vous frustre pas de me voir comme ça, à un mètre à peine de vous, tenu par

votre promesse de ne pas nous toucher ? Oubliez -nous, ma frustration et moi.

Non.

Non.

Terminez pas tout de suite, ça sera encore mieux après.

Si vous l 'acceptez, je vous conduis dans l 'hôtel d 'en face pour continuer.

chanter et flamber les écoles électriques.

Vous étiez vraiment très belle.

Merci.

T 'es super.

On travaille et on joue en même temps.

Ça traîne comme ça toute la vie.

En attendant, moi, j 'avais ressenti un plaisir comme ça jusqu 'ici.

Moi, pareil.

J 'étais presque au septième ciel.

Expliquez -moi, vous avez déjà eu du plaisir avant ? Parfois.

Parfois seulement ? Je voudrais comprendre.

Ce soir, vous avez vécu quelque chose de fort, non ? Oui.

Alors, d 'où venait la différence ? Je n 'en sais rien.

Tu sais, des tas de femmes n 'ont jamais rien senti.

Même toutes seules.

Y compris quand elles étaient toutes petites.

Enfin, tout au moins, c 'est ce qu 'elles disent.

Moi, je pense qu 'elles refoulent, mais... Alors, moi, seule, bien sûr que

Je me caresse souvent.

Parfois jusqu 'à 10, 15 fois par jour.

Après, je suis si crevée que je ne peux plus rien faire de la journée.

Avec les hommes, je n 'arrive pas à ressentir grand -chose.

Me laisser aller avec les femmes, c 'est plus facile.

Elles connaissent mon corps.

Elles savent mieux comment s 'y prendre.

Et comme c 'est toujours un peu interdit dans ma tête, j 'ajoute.

Et toi Julie, en dehors de la boule ? Mais je ressens rien.

Sauf du plaisir à t 'exister toi et elle.

Tu vois, là je viens de te mentir et toi tu t 'en rends même pas compte. C 'est

ça les femmes.

Mais non, je plaisante.

Moi je jouis de toutes les façons depuis des années.

Quand on commence à partir un peu, le plaisir par caresse ou par pénétration,

'est pas du tout la même chose.

Mais peu à peu, il envahit tout mon corps, il irradie, je jouis.

Des fois, j 'ai l 'impression que c 'est mystique.

Pour la sodomie, c 'est encore différent.

Tu te fais sodomiser ? Des fois.

Au début, il faut prendre quelques précautions, et puis...

Très vite, on oublie tout et ça donne un plaisir formidable.

Et pour avoir ton orgasme, je suppose que tu te caresses en même temps ? J 'ai

pas d 'orgasme.

Un immense plaisir, c 'est tout.

Comme quand je suis le sexe d 'un beau mec.

Pas absolument que je suis, je vais me faire assentir par mon copain.

Vous descendez pas avec moi ? Moi, je préfère rester encore un peu.

Oui.

Là, vous préférez rester ensemble comme moi ?

Il disait des trucs intéressants.

Intéresse -toi plutôt à moi.

Tu sais d 'où je sortais quand je t 'ai rencontré ? Non.

De chez mon psychanalyste.

Je le vois deux fois par semaine.

Enfin, je le voyais.

Parce que dès lors que je t 'ai rencontré, j 'ai décidé d 'arrêter

définitivement mon analyse.

De plus jamais revoir mon psy.

C 'est à la fois flatteur et inquiétant.

Peut -être plus inquiétant que flatteur, d 'ailleurs.

Pourquoi tu dis ça ? Tu sais, mon père est un grand psychiatre de formation

psychanalytique.

Quant à ma mère, elle est psychanalyste.

Ils ont tous dit dans ma famille.

Tu t 'es mis aussi ? Pas du tout.

On vient de se séparer.

Tiens, j 'y pense le soir même du jour où je t 'ai rencontrée.

Ta rupture avec lui a aussi un lien avec moi ? Non, je sais pas.

J 'ai un petit appartement que m 'a acheté mon père.

Il me verse une sorte de pension alimentaire.

Il est célèbre.

Possède plusieurs cliniques. Donne des tas de conférences.

Il peut en vivre ensemble ? Non.

Il a fait un enfant à ma mère.

Moi.

À d 'autres femmes aussi.

Moi, il m 'a reconnue.

Me voit régulièrement.

Mais malgré tout, quand j 'étais petite, mes visites chez lui demandaient tout

un cérémonial.

Mon existence était venue secrète de sa légitime, qui menaçait de se suicider à

chaque fois qu 'un jupon passait devant son mari.

Un jour, j 'avais 7 ans, j 'étais venue voir mon père à sa clinique.

Elle était là.

Ma mère me présente comme une passante qui passait là par hasard.

Et l 'autre est allée se foutre dans le lac d 'à côté un quart d 'heure après.

Ma mère et moi, on a dû trouver une barque. C 'est moi qui ai plongé pour la

repêcher.

Je me déduis d 'une des rames.

Heureusement, c 'était pas trop profond.

À cette époque, ma mère avait un petit ami plus jeune qu 'elle de 10 ans.

Et quand ma mère était en consultation, son petit ami me faisait la cour, s

'amusait à m 'embrasser partout.

Et ça a duré longtemps ? 3 ou 4 ans, par intermittence.

Mais t 'en as parlé à ta mère ? Oui, quand j 'ai réalisé ce qu 'on faisait,

et moi.

Elle m 'a d 'abord pas cru, n 'a rien fait, et l 'a épousée.

Moi, je me suis enfuie.

Je suis allée voir mon père.

Il a préféré me louer une piole.

C 'est comme ça que je me suis retrouvée indépendante à 13 ans.

Tu sais, jusqu 'à présent, j 'ai une existence très mouvementée.

Quel qu 'est l 'âge ? 21.

Mais je te raconterai la suite plus tard.

Je sens que je t 'aime bien.

Tu vas bien vite.

Avec moi, l 'affection, ça vient tout de suite ou jamais.

Ça peut durer parfois très longtemps.

Il est vrai que du haut de tes 21 ans, t 'as dû avoir de longues et longues

amours.

Oui ? C 'est Julie.

Je suis revenue, je monte.

D 'accord.

Je viens de m 'engueuler avec mon mec.

Tu peux raconter notre soirée ? Non, ce soir c 'était du travail, ça le regarde

pas.

Simplement, je suis rentrée tard sans lui avoir préparé à bouffer, il a gueulé

et je l 'ai larguée.

Venez, on va s 'éclater jusqu 'à tomber raide mort de fatigue.

Super.

Ça t 'ennuie d 'aller dans une boîte un peu sexy ? J 'en ai jamais vu et j 'ai

envie de me déverronder.

D 'accord. Ah non, mais p'tite, allez -y sans moi. Sois sympa. Non, non.

Tu veux vraiment pas nous accompagner ? Non.

T 'as vu l 'heure qu 'il est ? T 'aurais pu appeler quand même.

Alors, où tu en es ? Qu

'est -ce que t 'as ? T 'es pas jalouse de sa femme, quand même ? Putain, elle

se regarde.

Tu les as trouvées, tes comédiennes ? En principe, deux. Il m 'en manque une

troisième. Qu 'est -ce que tu leur demandes, au juste ?

Quand elles sont partantes, elles m 'entraînent dans leur petit fantasme

érotique plus ou moins interdit.

Mais je les observe.

Sans les toucher ? Non, pourquoi ? Qu 'est -ce que tu as fait avec elles ce

? Je sais.

Érotique.

C 'est bien sûr à la suite de ça que tu m 'as sauté dessus comme tu ne l 'avais

pas fait depuis longtemps.

Regarde -moi droit dans les yeux.

Qu 'est -ce que tu cherches au juste ? Comprendre ce qui se passe dans leur

tête.

Les observer dans le plaisir, y compris quand elles simulent.

J 'écris ensuite un script à partir de ce qu 'elles me racontent et il faudra s

'y liser pour le grand écran.

Tu es toujours seul avec elles ? Mais qui je pourrais prendre comme témoin,

? Un assistant ne se passerait plus rien.

On risque de t 'accuser de complaisance.

En plus, on va t 'accuser de tous les côtés parce que t 'es un homme.

T 'as pas envie de me transformer en femme ? Écoute -moi.

Ces filles sont prêtes à te raconter ce que tu as envie d 'entendre.

Et aussi à te trahir si tu ne les prends pas.

D 'autre part, même si elles sont bien chères en d 'autres, elles peuvent te

faire foubou au dernier moment, par caprice, chantage affectif, ou parce que

leur petite amie va inévitablement tomber jaloux.

Mon vieux, protège -toi.

Je te sens en danger.

Et moi avec.

Allez, sois pas bête comme ça.

Oui ? Oui,

monsieur.

Vous,

François ? Oui.

Vous êtes son père ? Il est son père, il est son mari, il est son avocat. Tant

mieux pour vous.

Cette fille vient ici régulièrement foutre le bordel, j 'en ai marre.

Foutez -moi le camp tous les deux. Si je la revois, je la vide.

Non.

Viens.

J 'ai envie de toi.

Non, tu es libre.

Tu le regretterais après, moi aussi. Allez, viens te coucher.

Qu 'est -ce qui s 'est passé ? Avec qui tu t 'es battue ? Personne.

Il fallait la force d 'un homme costaud pour faire ça.

C 'est ton ancien copain ?

Non, c 'est moi toute seule.

Tu ne veux pas me raconter ? C 'est difficile à dire.

Si je te dis, tu ne me croiras jamais.

Pourquoi tu vas mentir ? Crois de bois, crois de fer, si je mange, je vais en

enfer.

Ben voilà.

Je suis des fois possédée par le démon.

T 'as pas plutôt l 'impression que c 'est la cam ? La taupe, j 'en prends

J 'en ai jamais pris.

Je te jure, comme je faisais vachement de bruit, le fils du

concierge, qui est un ami d 'enfance, est monté.

Il a les clés.

Il est rentré.

Il a essayé de me maintenir au sol.

Mais il y arrivait pas tellement j 'avais de force.

Il a appelé son copain.

Ils s 'y sont mis à deux.

Au début, j 'étais plus forte qu 'eux.

Ensuite, le diable m 'a abandonnée.

J 'ai perdu toute ma puissance.

Voilà. S 'il te plaît.

Tu diras jamais ça à personne ? Mais non, toujours.

Tu sais, je suis honte d 'avoir tout raconté sur ma vie.

Arrive des fois où je suis au bord du désespoir.

Pourquoi tu reprends pas ta psychiatrie ? Vive tes veines.

On se connaît, non ? Je suis certain de vous avoir déjà rencontré ou croisé

quelque part.

Oui, mais je suis en rendez -vous.

Julie est avec moi.

Cette nuit, on est repartis toutes les deux en virée.

On a déjà fait trois boîtes de suite.

Là, on est dans une sorte de camion avec des types qui nous font écouter de la

musique.

Pourquoi tu ne viendrais pas nous rejoindre ? Vous n 'avez pas dormi. Pour

faire ? C 'est complètement... On va encore continuer toute l 'année

Non, mais vous êtes complètement giré.

Vous tenez comment à la cocaïne ? On s 'arrête au champagne.

Vous êtes en train de défoncer une fortune.

C 'est les mecs qui payent.

Ils ne vous demandent rien en échange. On sait se défendre.

Allô, François, c 'est Julie.

Allez, viens nous rejoindre. On te fera découvrir plein de trucs. Non, non, non.

Je suis en plein rendez -vous, je dis.

Avec une jolie fille, je parie. Oui.

Aussi belle et excitante que nous. Bon, écoutez, il ferait mieux de rentrer vous

coucher. Allez, on va.

Vous pouvez m 'excuser.

J 'ai entendu parler de vos recherches sur votre film.

Vous avez bien dit que vous souhaitiez laisser une part d 'improvisation et d

'invention érotique à vos comédiennes. On veut surtout éviter de filmer mes

propres fantasmes.

Eh bien, moi, je voudrais qu 'un homme...

Et même plusieurs me conduisent à l 'hôtel.

De cinq à sept.

Je m 'imagine que j 'y fais l 'amour avec trois hommes à la fois. Peut -être

même cinq.

D 'accord pour les trois premiers, mais pourquoi les deux autres ? Il me reste

deux mains.

Je te choque ? Pas du tout.

Assis dans une chambre.

Moi au milieu.

C 'est possible avec les yeux bandés. Comme ça, à chaque fois qu 'on suit...

croiserai un homme séduisant dans la rue.

Je pourrais m 'imaginer que c 'est peut -être avec lui que j 'ai fait l 'amour.

Permettez -moi de vivre mes rêves.

Entraînez -moi vous -même dans une chambre d 'hôtel, genre hôtel de passe.

Je ferai des essais avec vous.

Et vous me rendrez service.

Alors ? Alors quoi ? Vous vous décidez. Vous

m 'emmenez à l 'hôtel ?

Allez, vous prenez votre caméra et on y va.

Vous savez, je commence à avoir envie de vous.

De moi ? Je vous fais peur.

Ça se voit dans vos yeux.

Faudrait savoir.

Vous demandez aux filles de s 'investir, mais vous, vous refusez d 'en faire

autant.

Ça vous m 'embarrassait un peu, c 'est vrai.

Oui.

Je vois surtout que vous avez besoin d 'être bousculé.

On y va ?

Oui

? Allô, allô ? François ? C 'est encore nous. On n 'est jamais crevés quand tout

éclate. Et Stéphanie a décidé, les deux filles, de venir nous rejoindre à l

'hôtel.

en désert deux fois.

Je vais enfin m 'amuser.

Il est donc temps de recouvrir de leur sphère rouge le dos des gigantesques

montagnes creuses.

Tu dois avoir l 'habitude de voir des neufs touchés.

Un peu, depuis quelques temps.

Moi, je l 'avais jamais fait jusqu 'à présent.

Tu sais pourquoi je le fais maintenant ? Parce que je découvre que j 'adore me

caresser devant toi, j 'adore que tu me regardes.

Filme -moi.

Ça doit être tes deux autres filles.

Je vais leur redire de passer dans une heure. Mets -toi sous les draps.

Non, va leur ouvrir.

T 'es sûr ? Ne dis plus rien.

Va ouvrir et laisse -leur la surprise.

Merci.

Laisse -les, je m 'en occupe.

Assieds -toi une seconde.

Je viens de vivre pour la première fois de ma vie quelque chose de génial.

Franchement, film ou pas film, on recommencera.

Tu sais, tu m 'as en effet déjà rencontrée.

Au restaurant.

La serveuse.

Je suis une copine de Charlotte.

La mère de Charlotte me prend pour une menteuse pathologique.

Elle a peut -être raison.

T 'es un psychanalyste, toi aussi ? C 'est comme ça que j 'ai rencontré

Charlotte et qu 'on est devenus copines.

Dis, François, tu vas trouver belle.

Vous avez vraiment été formidables, toutes les trois. Alors tu nous prends ?

Ils arrivent enfin au but.

En tout cas, j 'espère.

Allez, dernier acte.

T 'es encore une ténana.

Ne t 'épreuve pas, ne les laisse pas empiéter sur notre vie.

Oui, écoute, à ce temps -là, c 'est peut -être quelque chose de grave.

Oui ? Allô, François ? C 'est Stéphanie.

Écoute, c 'est important, je suis tombée amoureuse de Charlotte.

Hein ? Je l 'aime, c 'est tout. Il fallait que je te le dise.

On peut se voir demain ? Bon, écoute, passe au bureau dans la matinée.

Mais tout aussi possible.

Je t 'embrasse.

C 'était bien de tes minettes.

Ne mens pas, je vois ça ton air bêta.

T 'es mille fois trop gentil avec elles. Comment veux -tu que je ne sois pas

aimable et gentil après tout ce que je leur demande ? Mais tu leur demandes un

travail. Pas plus difficile que de pleurer ou de rire sincèrement.

Mais ma fille, justement, pour beaucoup, travailler sur le sexe ou travailler

sur autre chose, c 'est pas pareil. Le sexe, c 'est immoral, tu comprends ? Les

filles que j 'ai restent les plus intéressantes. Elles se sont données à

Mais tes minettes sont givrées et t 'ont fait du charme.

Comme tu t 'y prends, tu cours droit aux emmerdes.

D 'ailleurs, est -il vraiment indispensable de faire vivre à tes

choses là devant toi ? Oui, je peux filmer que ce que je connais.

Et puis, on n 'apprend pas de récontre en dramatique à jouer des scènes de

caresses sous une table de restaurant, ou à faire l 'amour avec une autre et

ce soit beau.

Car mon projet a évolué.

Je veux aussi donner le sentiment d 'une rencontre avec l 'extase mystique,

quand les comédiennes montent vers le plaisir et qu 'elles jouissent.

On ne ressent vraiment pas quand on aime.

J 'ai eu la chance de le vivre deux fois, avec toi.

Alors pourquoi on ne chercherait pas ensemble ? Seulement tous les deux ?

je ne peux pas être à la fois acteur et observateur.

Tu ne t 'aimes même avec moi.

François, c 'est Charlotte.

J 'aime recevoir une déclaration d 'amour fou de Stéphanie.

Tu sais, moi, j 'aime les hommes.

Je veux bien faire tout ce que toi, tu veux.

Faire l 'amour avec elle pour de vrai.

Mais c 'est pour toi. Pour toi, Stéphanie.

Pour ton frère.

Pourquoi t 'es toujours si triste ? Les astres émaillaient le ciel profond et

sombre. Le croissant sain et clair parmi ses fleurs de l 'ombre brillait à l

'occident. Et Ruth se demandait, immobile, ouvrant l 'œil à moitié sous

poils.

Quel dieu ! Quel moissonneur de l 'éternel été avait en s 'en allant

négligemment jeté cette fossile d 'or dans le champ des étoiles ? Hugo.

Vous m 'apprenez tout ça par cœur, maintenant ?

Bien, contrairement.

Après le film, pendant les interviews, je pourrais dire que je suis devenue l

'Edwin grâce à toi.

Tu sais, moi, je t 'aime pas comme ça.

J 'adorais qu 'on se donne du plaisir, mais c 'est tout.

François, me laisse pas seule.

Oui, c 'est François.

Excusez -moi.

Comme ça tu te sens seul avec moi ? Mais je sais me contenter de ce que j 'ai.

Sache malgré tout que si tu as besoin d 'un service ou d 'une protection, je

suis là.

Mais je ne te demanderai jamais rien en échange.

J 'ai eu le sentiment d 'être de trop.

Mais non, pas du tout.

Viens.

Je ne reste qu 'un instant.

Je vais voir Stéphanie et sa nouvelle amie.

Stéphanie, c 'est comme ma soeur.

Je l 'aime et je ne lui refuse jamais rien.

Vous savez, elle et moi, on est des enfants de peau.

Mais moi, de temps en temps, grâce à mes relations,

Je me paye un mec friqué, ou important, ou célèbre.

Pourquoi vous me racontez tout ça ? Vous me menacez ? Non, pas du tout.

Voyons comment vous prenez ça.

Simplement en cause ? Allez, salut, petite soeur dans mon cœur.

Amusez -vous bien.

Il m 'a dit que tu couchais de temps en temps avec un type qui était lui.

Quel mal à ça.

C 'est Charlotte que j 'aime.

Après tout, tu mènes ta vie comme tu veux.

Mais s 'il te plaît, je ne veux plus jamais avoir affaire à ce type.

Au revoir.

Tu vois que tu continues à faire des essais ? Tu nous trahis ? Comment vous

su que j 'étais là ? Par le bureau ? Non, t 'as su que... Tu vas la prendre,

nouvelle fille ? Pourquoi je vous réponds ? Je devrais vous vider avec mon

au cul.

On a l 'impression d 'être trompés.

Vous êtes quand même de sacrés numéros.

Et comment je suis émotionnelle, une de vous qui tombe malade ou qui change d

'avis au dernier moment?

On ne te laissera pas trouver des prétextes bidons, comme aux idées

Si tu fais ça, je me jette par la fenêtre. Moi, je me tue aussi. Et moi,

tue. Entrez bidons, vous deux, d 'abord.

Attendez, soyons clairs. Vous n 'avez rien fait pour moi.

Vous avez passé des essais, il est vrai, pas très orthodoxes, pour jouer dans un

film, ainsi que d 'autres comédiennes qui n 'ont pas été retenues.

Comme ça arrive dans tous les films.

Non, ce n 'est pas pareil du tout.

C 'est notre seule chance de réussite. On a tout abandonné pour toi. Hélas!

Et vous me menacez, mais je devrais vous vider sur le champ, moi.

Je ne ferai jamais autre chose que comédienne. Des millions de filles ne le

pas. Si je ne le deviens pas, moi, je me tue. Moi aussi. Je sais, vous me l

'avez déjà dit. Et je ne vous conseille pas, moi, ce métier, ni à Tican ou d

'ailleurs.

Mais toi, tu ferais bien mieux de t 'occuper de la clinique de ton père.

Ça, ça te sera utile.

Jamais ! S 'il te plaît, n 'abandonne pas.

Désormais, j 'ai besoin de toi.

Si tu veux, après le film, je continuerai à faire des essais pour toi.

Je suis attachée à toi tellement... Tu sais, je crois bien que je suis

amoureuse. Bon, écoutez, les filles, vous me fatiguez. Moi, je remballe.

C 'est une décadre bien comme ça. Je veux sentir la différence entre l 'ombre

la lumière.

On essaiera avec trois lumières différentes tout à l 'heure.

Je vous présente le producteur. Merci François.

Bonjour mes modèles.

Enchanté. Qui s 'appelle Richard ? Maquillage.

Oui, il faudrait peut -être la réchauffer un petit peu encore.

D 'accord.

Allez, à tout de suite.

J 'aimerais que tu fasses un clavage, mais vraiment très, très serré sur la

petite. Et un éclairage en contre -jour.

Désolé, j 'en ai ça.

C 'est pas grand chose.

Tu as trouvé quelqu 'un pour remplacer le maître ? Pour l 'instant, non.

On est absolument obligés de s 'en séparer.

Avec moi, elle s 'est toujours comportée normalement.

Écoutez -moi bien, François.

Jamais je ne signerai le contrat à cette fille.

Alors vous me trouvez vite fait une remplaçante.

Pas une, mais deux.

Vous êtes tous des dégueulasses de la traiter comme ça.

T 'as profité d 'elle, et de moi, et de toutes les autres.

Ton film, s 'il est possible, c 'est grâce à nous.

Grâce à nos essais.

Grâce à ce qu 'on t 'a donné quand on baisait devant toi.

Si tu vis de Charlotte maintenant, je te jure que je t 'empêche de le faire.

Et que tôt ou tard, j 'aurai ta peau. Qu 'est -ce que c 'est que ces givrées ?

Mademoiselle, c 'est moi qui prends la décision ici.

Vous êtes virée.

Toutes les deux.

Et toi, tu dis pas un mot pour nous garder ?

Mais videz -moi cette bande de dingue !

Je

ne dis plus rien.

Je perds ma mémoire.

du mal et du bien.

Je suis un berceau, une main balance

au creux d 'un caveau.

Silence.

Silence.

Partons, mon cher amour.

Surtout, vous avez eu si peur.

Si peur.

Aide -moi, mon petit.

Au secours.

S 'il vous plaît.

Moi, je suis la petite fille.

J 'ai eu la

chance de trouver très vite deux remplaçantes, dont Céline.

qui malgré mes appréhensions se montra excellente comédienne et d 'une grande

gentillesse.

Contrairement à mes inquiétudes, le tournage se déroula sans le moindre

incident.

J 'ai essayé plus tard de prendre des nouvelles des deux autres filles, mais

elles avaient déménagé et changé de numéro de téléphone.

Pour de mystérieuses raisons, Julie avait totalement disparu dès son dernier

jour de tournage.

Le film fut contre toute attente un succès, mais j 'étais bien loin d 'avoir

trouvé une réponse à mes questions.

Pourquoi le sexe déclenchait -il à ce point violence et hypocrisie à propos de

fêtes relevant au fond de la tempête dans un verre d 'eau ? Et puis, comme me

'avait dit Céline, qu 'est -ce que la vérité ? Au fond, j 'étais probablement

la poursuite du vent.

Je me suis retrouvé en garde à vue, ayant à répondre à des accusations de

harcèlement à l 'encontre de Charlotte et de Stéphanie.

J 'avais une peine de prison suspendue au -dessus de ma tête.

La rumeur s 'en est immédiatement répandue dans toute la profession,

la presse à scandale.

Ce qui me valut une célébrité nauséabonde que mon intuition n 'avait

cherchée, ni imaginée.

En me poussant vers le film.

Quelle dérision.

François, j 'ai hélas découvert quelle fut ta vie pendant tous ces longs mois.

Je n 'arriverai jamais à te pardonner de m 'avoir trahi à ce point.

Je suis parti avant qu 'il ne soit trop tard. N 'oublie pas, le temps passe vite

pour tout le monde.

Julie ?

Ça

me fait vraiment plaisir de te voir.

Moi aussi.

C 'est pas vrai ?

Pourquoi t 'es disparue après le tournage du film ? Alors ?

J 'ai rencontré quelqu 'un.

J 'ai bien été obligée de lui parler du film, il a piqué une crise de jalousie.

Mais c 'est interminé.

Il m 'a forcée à déménager, changer de numéro de téléphone, couper tous les

ponts.

Qu 'est -ce que tu fais maintenant ? Je travaille dans l 'informatique.

Heureuse.

La vérité, c 'est que j 'ai fui.

T 'as fui quoi ? Toi.

Moi ? Quand je me suis caressée devant toi pour les essais.

Au début, j 'aimais ça qu 'à moitié.

Et puis très vite, j 'y ai trouvé un plaisir violent, encore accentué quand j

'ai fait la mort avec Charlotte.

C 'est parce que j 'étais sous ton regard.

C 'est toi qui m 'as vraiment initiée.

Et maintenant, tout ça manque.

Et à la vérité, à l 'époque, je me suis attachée à toi.

Attachée très fort, même.

Si fort que ça ? Tu t 'es rendu compte de rien, n 'est -ce pas ?

Tu t 'es d 'ailleurs jamais rendu compte de rien.

Je veux dire des choses graves.

Par exemple, que tu te faisais complètement de manœuvrer partout. de

Ni de ce que tu as déclenché en moi, en plus.

Tu comprends que j 'essaye de dire quelque chose ? Tu te rends compte, au

que tu m 'as fait souffrir ? Je t 'ai fait souffrir.

C 'est ce que je voulais te dire.

Pardon.

J 'ai jamais su, et pour moi aussi, le tournage est un enfer.

Le tournage.

Mais enfin, tu comprends toujours pas.

Qu 'est -ce que je devrais comprendre de ce gars ? Mais dis -moi.

Ça arrive même pas à ton vouloir.

T 'étais jamais rendu compte que j 'étais tombée folle amoureuse de toi ?

seulement à cause du sexe.

T 'étais violent, profond.

Si fort que j 'ai préféré fuir dans les bras d 'un autre et plus jamais te

revoir.

Tu es tombée amoureuse de moi.

Mon Dieu.

Pourtant, je suis certaine que tu ne le fais même pas exprès.

Mais c 'était si violent que ça.

Probablement chez les autres filles aussi.

Tu as déclenché des choses violentes, profondes.

Pas tout aussi mal finies.

Tu resteras toute ta vie au...

Tu me donnes ton numéro de téléphone ? Non, je te donne le mien.

Le grand désert bleu n 'est qu 'un enfer enchaîné mais sans flammes.

Je répète, le grand désert bleu n 'est qu 'un enfer enchaîné mais sans flammes.

de mouler.

Pourquoi tu l 'as sauvée ? Non, mon Dieu.

Je suis la mentie.

Je suis votre voisine, ne craignez rien.

Qu 'est -ce qui t 'a pris ? Pourquoi t 'as fait ça ? T 'es quand même pas

amoureuse de lui ? Combien même ? Vous êtes toutes les deux sur le vide où se

cherchent les morts.

On n 'aurait jamais dû me mettre avec toi.

On est perdues toutes les deux.

François.

François.

ni l 'obéissance du chacal, ni même celle du sphinx. Il y avait trop de mots

dans le vocabulaire. Ils ont emporté avec eux tous les corps magnifiques, une

seule fois.

Une seule et dernière fois.

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