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Dans les collines, loin de chez nous,
les Télétubbies font les fous.
Un...
deux...
trois...
quatre !
Et les Télétubbies s'aiment beaucoup les uns les autres.
Gros câlin !
Highlands - Écosse
Pourquoi t'as mis tout ce temps ?
On s'en fiche !
Assieds-toi là !
Qu'est-ce qui se passe ?
Jimmy, reste assis, tais-toi et ne bouge pas d'ici.
Papa ?
- Jimmy, sauve-toi. - Maman ?
Sauve-toi !
Sauve-toi !
Sauve-toi, Jimmy !
Papa !
Papa !
Jimmy...
Qu'est-ce qui se passe ?
Rien qui n'ait déjà été prédit.
J'ai peur. Maman et ma sœur sont mortes !
Non, mon fils.
Elles ne sont pas mortes, elles sont sauvées.
C'est un jour de gloire.
Le Jugement dernier.
Tiens,
mon fils.
Ne t'en sépare jamais.
Aie la foi.
Oui...
Oui, mes enfants !
Père,
pourquoi m'as-tu abandonné ?
Le virus de la fureur a dévasté le Royaume-Uni.
Il a été éradiqué en Europe continentale.
L'île de Grande-Bretagne a été mise en quarantaine pour contenir le virus.
Les survivants ont été abandonnés à leur sort.
28 ans plus tard...
C'est le grand jour, Spike.
Debout.
RÉSERVE DU VILLAGE
PHARMACIE
SERVEZ-VOUS UNIQUEMENT EN CAS DE BESOIN
RESSOURCES LIMITÉES
À tout à l'heure.
T'as ta lampe torche ? Pull, sifflet ?
Gourde ?
Donne.
Ton couteau ?
C'est bien, mon grand.
Range-la.
Du bacon pour le petit-déj ?
Dave et Rosey en ont apporté hier soir.
T'en as pas ?
J'en ai déjà pris.
C'est ça.
Spike,
c'est pour toi.
Je vais voir ta mère. Finis tranquillement.
Débarrasse, après.
J'arrive, ma chérie.
Chérie,
qu'est-ce qu'il y a ?
Faut que tu sois forte.
- Tu dois te reposer. - Je peux pas.
Spikey !
Salut, maman.
Mon bébé...
Je voulais pas faire tout ce boucan, c'est ma tête.
- T'inquiète pas. - J'ai très mal.
Raconte-moi comment c'était à l'école ?
J'y ai pas été.
C'est le matin.
Ah bon ?
C'est le matin.
Isla,
tu sais bien, Spike ne va pas à l'école aujourd'hui.
Pourquoi ?
C'est déjà le week-end ?
Non, on est vendredi.
Et pourquoi il y va pas ?
On en a parlé.
Plusieurs fois.
Parlé de quoi, Jamie ?
Spike et moi, on fait une sortie.
Sa première.
Sa première ?
Vous allez sur le continent, c'est ça ?
- Oui. - Quoi ?
Isla...
De quoi tu parles, putain ?
T'es devenu complètement taré !
C'est un bébé !
Il a 12 ans.
- Tu veux tuer notre bébé, salaud ? - Spike, descends.
Putain de tueur de bébé.
Vas-y toi, papa.
Si mon père était vivant, il te buterait.
Salopard !
- Maman... - Non !
C'est moi.
Spike.
Qu'est-ce qui se passe ? J'ai chaud.
Pourquoi j'ai chaud comme ça ?
Il fait chaud, c'est tout.
J'ai tellement chaud.
Tout va bien.
Je t'ai apporté à manger.
Un petit bout de bacon.
Pour quand t'en auras envie.
Tu pars ?
Où ça ?
À l'école.
D'accord, Spikey.
Vas-y. Je t'aime fort.
Moi aussi, je t'aime.
Bonjour, gamin.
Salut, Sam.
Je t'ai mis une nouvelle corde.
- C'était pas la peine. - Non.
Mais ça me rassure.
Ça va aller, Sam.
Vas-y, teste la puissance.
Tiens-le tendu.
Parfaitement stable.
T'as de la poigne.
On y va, fils.
À ce soir !
- On compte sur vous. - Merci, les gars.
Bonne chance, Spike.
Vas-y, gamin.
De ma maman.
Merci, Betty.
C'est ta fête, ce soir. Sois pas en retard.
Ramène-le-nous en vie.
Allez, Jamie !
FAITES VITE, MERCI !
Bonne chance, Spike.
T'inquiète, Jacob.
Spike, tout le conseil du village est là.
Souris et sois poli.
C'est le grand départ.
On est très contents pour toi.
Même s'il est un peu jeune.
14 ou 15 ans, ça aurait été mieux.
Il est prêt.
Vas-y.
Tu connais nos règles, Spike.
Tu peux partir,
mais si tu reviens pas, personne n'ira te chercher.
Pas de secours, pas d'exception.
On l'a appris à nos dépens.
Et pour preuve, tous ceux qu'on a perdus.
Une fois hors de notre île,
tu es tout seul, tu comprends ?
Oui, Jenny.
Rien vu de particulier ce matin, Ant ?
Rien.
Le calme plat.
C'est dégagé ?
C'est dégagé.
On leur ouvre.
C'est bien, mon grand.
Soyez prudents. Loupez pas la marée.
Sept, six, onze, cinq
Neuf-cent-vingt en une journée
Quatre, onze, dix-sept
Trente-deux le jour d'avant
Bottes, bottes, bottes, bottes
Se soulèvent et frappent le sol
Aucun répit dans la guerre
On est où, Spike ?
Sur la digue.
- Et c'est... - Le seul moyen de quitter notre île.
Uniquement praticable à marée basse.
À marée haute, elle est immergée.
Possible, à la nage ?
Non, il y a des courants marins.
Ils t'éloignent de l'île,
t'emportent en mer,
et tu te noies.
Non, non, non, non
Ne regarde pas devant toi
Bottes, bottes, bottes, bottes
Se soulèvent et frappent le sol
Les hommes, les hommes, les hommes, les hommes
Sombrent tous dans la folie
On a 4 heures avant la marée haute.
On y va ?
On peut pas faire demi-tour.
Pourquoi ?
Je passerais pour un dégonflé.
Exactement.
Et il en est pas question.
Allez, viens.
Compte, compte, compte, compte
Les balles dans ta cartouchière
Ose baisser les yeux Ils te tomberont dessus
Bottes, bottes, bottes, bottes
Se soulèvent et frappent le sol
Aucun répit dans la guerre
Ça, c'est notre source d'énergie.
Tu bosseras là un jour.
Le jour ça va Car on a de la compagnie
Quand vient la nuit Tonnent les brodequins par millions
Bottes, bottes, bottes, bottes Se soulèvent et frappent le sol
C'est immense.
Si on va assez loin, y a un moment où on voit plus la mer ?
Oui, on peut passer des semaines sans voir la côte.
Il y a rien, là-bas.
Rien qui vaille le coup.
Il y a d'autres villages.
Ils ont rien qu'on n'a pas déjà.
On les évite tous.
J'ai marché six semaines Au beau milieu de l'enfer
Ni flammes ni diable Ni grandes ténèbres ici
Que des bottes, bottes, bottes, bottes
Qui se soulèvent et frappent le sol
Tâche, tâche, tâche, tâche
De penser à autre chose
Oh mon Dieu, pitié
Sauve-moi de la démence
Bottes, bottes, bottes, bottes
Se soulèvent et frappent le sol
Aucun répit dans la guerre !
Regarde.
Un rampe-lent.
Ils sont pas vifs.
Mais dangereux quand même.
Quand t'en vois un,
c'est que d'autres se planquent.
Ton arc sera pas assez puissant pour la poitrine.
Faudra viser pile dans le cou.
D'accord, papa.
T'as peur ?
Un petit peu.
- Et toi ? - Non, ça va.
D'ici, c'est bon ?
Je crois.
Ta première mise à mort !
Vise.
Tiens compte du vent.
Il est à toi.
Les prochains, je m'en charge.
C'est quand tu veux.
Décoche !
Papa !
Superbe mise à mort, Spike !
Ça fait du bien ?
- Un peu, oui. - Tu m'étonnes !
Je suis fier de toi.
Viens, faut y aller.
Leurs cris ont dû alerter d'autres contaminés.
Allez, on avance.
C'est incroyable.
Ils sont magnifiques.
Viens.
Allons voir par là.
C'est bien.
On trouve toujours des trucs.
L'endroit a dû être fouillé des centaines de fois,
mais on sait jamais.
Fait chier.
Ça peut servir, ça ?
Non, on en a déjà plein.
Ça, c'est bien.
C'est quoi ?
Un frisbee.
T'en as jamais vu ?
C'est génial, tu vas adorer.
Viens, fils.
Baisse pas les yeux.
Papa, s'il te plaît...
Fais ce que je te dis.
T'as une leçon à retenir.
Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
Quelqu'un a dû le livrer aux contaminés.
C'en est un, maintenant.
Un contaminé ?
Oui.
Pourquoi ils lui ont fait ça ?
Une punition, peut-être.
Ou une mise en garde.
Y a des gens étranges sur le continent.
Ils errent.
C'est pour ça que notre village est si précieux.
C'est ça, ma leçon ?
Non.
Tue-le.
Plus tu en tues, plus c'est facile.
Tu fais rien de mal.
Ils n'ont plus de conscience.
Pas de conscience, pas d'âme.
Spike !
Bute ce truc.
Tue-le !
Qu'est-ce que t'attends ?
Maintenant, fils !
Achève-le !
Nom de Dieu, bute-le !
C'est bien.
J'AIDE MA COMMUNAUTÉ
Tête.
Cœur.
Armez.
Décochez.
On va peut-être pouvoir en tuer d'autres.
Viens.
C'est pas des rampe-lents.
C'est des rapides, cette fois.
Tu sens ça ?
Des boyaux.
Bizarrement, j'aime cette odeur.
Papa...
Quoi ?
C'est un alpha qui a fait ça.
Par là, viens.
Bouge-toi !
On rentre ?
T'en as tué, c'est ce qu'on voulait.
- C'est pas trop tôt ? - Arrête de parler et ouvre l'œil.
C'est dégagé.
Allons-y.
Ne bouge...
plus du tout.
Un alpha.
Merde.
Demi-tour.
Allez, vite !
Papa !
Allez, cours !
Vite !
T'arrête pas de courir !
En défense.
Reprends ton souffle.
Je prends le premier, et toi, le deuxième.
Ta respiration.
Contrôle-la.
Cours !
Bouge !
Vas-y !
Putain !
Avec moi.
En défense !
Allez, tire !
Tête, cœur.
Tête, cœur, Spike !
Entre !
Monte !
- Allez ! - Je vais où ?
Papa, où...
Le grenier !
Ton pied.
Hisse-toi !
J'y arrive pas.
BIENVENUE À LA MAISON SPIKE
MÊME FACE À L'ÉCHEC PAS D'ABANDON
Attention derrière !
On laisse passer !
À table !
Bravo pour aujourd'hui.
Beau boulot.
On se dépêche, la nuit va tomber.
Il attend.
Les alphas sont pas comme les autres.
Plus balèzes, mais surtout plus malins.
Qu'est-ce qu'on va faire ?
Pas l'affronter, en tout cas.
J'ai plus de flèches.
De toute façon,
il en faudrait une dizaine pour l'achever.
Alors on attend aussi.
Je suis désolé, papa.
Pourquoi ?
C'est ma faute.
- J'en ai eu aucun. - Comment ça ?
J'ai eu trop peur, je les ai tous loupés.
C'est pas du tout ta faute.
T'as pas arrêté de tirer.
J'ai vu des adultes incapables d'armer, en panique,
contrairement à toi.
T'as été très bien.
Je t'assure.
On va louper la marée basse.
On aura la prochaine.
Regarde vers la mer.
Là-bas.
C'est...
une patrouille de quarantaine.
Sûrement des Français.
Papa ?
C'est quoi, là-bas ?
Du feu.
Quelque chose brûle ?
Oui,
quelque chose.
C'est un autre village ?
Non.
C'est quoi, alors ?
Je sais pas, j'y suis jamais allé.
Il s'éteint jamais ?
J'y suis jamais allé, je te dis.
La voilà.
Spike, je me noie.
Faut sortir d'ici !
Bordel !
Debout, Spike !
Descends, secoue-toi !
Tout va bien, fils.
Putain !
C'était quoi ?
Vieille baraque.
La cheminée nous est tombée dessus.
Le bruit va les attirer.
Faut se barrer.
- C'est marée basse ? - Ça ira.
Faudra être rapides mais discrets.
Si tu vois l'alpha, fonce jusqu'à la digue et continue.
Compris ? Tu t'arrêtes pas !
Allez !
- Et toi ? - Je serai juste derrière.
Pas d'alpha en vue.
- C'est toujours marée haute. - Plus pour longtemps.
Ce sera peu profond.
Hauteur de mollet, c'est bon.
Déchausse-toi.
Vise le portique.
C'est tout droit.
Ça va aller, respire.
Tiens. On y va.
Va devant.
Sacrée journée, Spike !
Première sortie sur le continent,
première mise à mort, première attaque de contaminés.
T'as vu un alpha !
Et loupé la marée.
J'ai trop de trucs à raconter à maman.
Cours, Spike.
Cours !
Fonce, putain !
T'arrête pas !
Debout.
- J'y arrive pas ! - Relève-toi !
Cours, bordel !
- Je peux pas ! - Si, tu peux !
Merde !
Alerte !
Ouvrez-nous !
Jenny !
On se réveille !
Alerte !
En position, les gars !
On ouvre les yeux !
Alpha !
Ouvrez-nous, putain !
Braquez le projecteur !
Couche-toi !
On y est, Spike !
Respire !
La vache !
Ouvrez-nous !
Jenny !
Ouvre, bordel !
Attendez !
Ouvre, putain !
Bordel !
Attendez !
Attendez !
Regarde mes yeux ! On a rien.
Attendez.
Regarde-le.
Regarde ses yeux, il a rien. On a rien.
On leur ouvre !
Spike !
Ils sont à 25, 30 m.
Herbes hautes. Vent.
Et elle va où, sa flèche ?
Dans son putain de cou !
Et ce gros tas de graisse se lève,
il lâche un énorme cri de fillette...
et il se vautre comme une grosse merde !
Et là,
t'as 8 putain de contaminés...
T'es grossier.
... qui nous collent au cul !
Je me dis : "Et merde, c'est parti !"
Et Mister "j'ai des couilles" se met à décocher.
- Je les ai tous loupés. - Mais non.
Il est modeste !
Zigouilleur de géants !
Bois.
Tu m'emmènes où comme ça ?
Je pensais pas que tu rentrerais avant minuit.
Je viens voir maman.
Est-ce qu'elle va bien ?
Très bien même.
On a pas chômé, on a marché jusqu'aux champs.
Elle est très vive quand elle a pas de crise.
Et ta journée à toi ?
C'est ça qui compte.
Ce que papa dit, c'est faux.
Quoi ?
Que je suis un héros.
Tu en es un, pour lui.
Pour moi, il ment.
Qu'est-ce qui s'est vraiment passé ?
J'ai tué un des gros.
Il bougeait à peine.
Après, des rapides nous ont coursés.
J'en ai eu aucun.
On s'est cachés jusqu'à la nuit.
J'ai eu très peur.
Envie de vomir.
Je voulais être avec maman.
Ton père aussi, sûrement.
En tout cas,
j'ai jamais vu des plaines aussi grandes.
- C'était immense. - Qu'est-ce que t'as vu ?
Des collines,
des forêts.
Et un feu.
Un feu ?
Peut-être ce bon vieux Kelson.
Je pensais pas qu'il était encore en vie.
Au sud-ouest ?
Nom de Dieu. C'est bien Kelson.
Figure-toi que c'était mon généraliste, il y a...
une trentaine d'années.
- C'est quoi, un généraliste ? - Un médecin.
Un médecin ?
Il avait son cabinet à la sortie de Whitley Bay.
Papa savait pas ce que c'était, le feu.
Il dit qu'il reste plus de médecins,
et qu'on peut pas savoir ce qu'a maman.
J'ai l'impression qu'il fait que mentir.
À mon avis...
il a pas voulu te faire peur.
Le docteur Kelson est...
particulier.
Comment ça ?
C'est quoi, ce feu ?
Ton père t'a rien dit, je vais me taire aussi.
Tu retournes faire la fête ?
Je reste auprès de ta mère.
Non.
Vas-y, toi.
Je m'occupe d'elle, maintenant.
Je t'ai eu.
C'est tous des menteurs.
Tu irais faire une course pour moi ?
J'ai besoin de Nurofen.
Du Nurofen ?
C'est pour ma tête...
Laisse tomber, c'est pas grave.
On est là-haut.
Quelle soirée, mes amis !
Un truc de fou furieux.
On dirait que tu t'es peigné avec un râteau.
C'est possible.
Je me suis réveillé dans un champ.
Où t'es passé hier soir, toi ?
J'ai cherché partout,
notre héros s'était volatilisé.
Je suis rentré.
Zigouilleur de géants.
Je vais faire le petit-déj.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Pourquoi t'as pas dit qu'il y avait un médecin pour maman ?
Un médecin ?
On a plus de médecin depuis un bail.
Le docteur Kelson.
Le feu qu'on a vu.
À qui t'as parlé ?
C'est vrai, alors.
C'est Sam ?
Quel imbécile !
Il te pourrit la tête.
C'est pas un médecin, Spike.
Il l'a peut-être été, il y a des années.
Mais il est devenu fou.
Comment ça ?
C'est un médecin ou pas ?
Avant ta naissance,
on glanait notre nourriture.
On allait à chaque fois plus loin.
Et un jour, on est tombés sur Kelson.
À moins de 500 m,
on a senti l'odeur de la mort.
On connaissait cette odeur, y avait des morts partout.
Mais là,
ça n'avait rien à voir.
Cette puanteur était...
comme un mur.
Elle était palpable.
On a atteint le sommet d'une colline,
on a regardé en bas...
J'avais jamais vu ça de ma vie.
Des cadavres.
Par centaines.
Tous bien alignés.
Des hommes, des femmes, des enfants.
Et au milieu, un bûcher.
Et à côté, Kelson.
Pour une raison mystérieuse, il avait traîné les corps jusque-là.
Peu après, il s'est retourné, il a regardé droit vers nous
et il nous a fait signe,
l'air de dire : "Vous venez, les gars ?"
On s'est tirés vite fait.
Et en 15 ans,
aucun de nous n'y est retourné.
Je te l'ai dit.
Il est fou.
Fait chier !
Tu veux que maman meure ?
Bien sûr que non.
C'est quoi, cette question ?
Qu'est-ce qu'elle a ?
J'en sais rien.
Elle va mourir ?
J'en sais rien.
Je pense qu'elle va mourir.
Tu le penses aussi.
Si elle meurt,
tu vas te mettre avec Rosey ?
Fais gaffe.
Et Davey...
J'ai dit, fais gaffe, bordel !
Fils...
J'ai mal, Spike.
Je sais, désolé.
Tu veux un peu d'eau, ma chérie ?
T'approche pas de nous !
De vous ?
T'as bien entendu.
Va-t'en, papa.
Au feu !
- De la fumée... - Ant ! Mark !
Y a le feu !
À la grange !
Faut y aller.
Je dois rester au portail.
Vas-y. Je te remplace.
Je gère la sirène. Faut que t'y ailles !
Ils ont besoin de tout le monde.
- Allez ! - Bordel.
Vite.
Fixe bien l'horizon
et lâche pas la sirène !
Il faut encore plus d'eau !
Viens, maman.
On y va.
- De l'eau ! - Dans la mer !
On va où ?
À la plage.
Et après, aux champs.
À la plage ?
On est sur le continent.
On ne devrait pas être là.
C'est trop dangereux.
- Tout va bien. - Non !
- Je vais nous protéger. - Non, ça va pas du tout.
Jamie !
Où est papa ?
Il est pas là.
Il faut qu'on rentre à la maison, vite.
Maman !
On peut pas rentrer.
C'est marée haute.
- On va voir un médecin. - Un médecin ?
Un vrai, comme à l'époque.
Tu as un souci, maman.
Le médecin va te soigner.
D'accord ?
VOIS, JIMMY. IL VIENT AVEC LES NUÉES
Maman, on va passer la nuit ici.
Là-dedans.
Il fait l'imbécile, ton père ?
- Papa ? - Oui.
Il te fait des blagues ?
Ton grand-père faisait tout le temps l'imbécile.
T'imagines même pas.
Les autres le trouvaient très sérieux,
mais avec moi, c'était un vrai clown.
Ton père est comme ça ?
Quand tu es seul avec lui ?
Non.
Il veut que tu sois un dur à cuire.
Comme lui.
Quand je te regarde,
je vois les yeux de ton papi.
C'est chouette.
Voilà.
Faut que tu dormes.
Je reste debout pour faire le guet.
D'accord, papa.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je sais pas.
Tiens.
Faut partir.
Saloperies.
On continue.
Regarde.
L'ange !
Tu te rappelles la première fois que tu me l'as montré, papa ?
On s'était garés pas loin.
On était descendus.
On avait marché jusqu'à le voir dépasser la cime des arbres.
Tu disais qu'il se dresserait là pour toujours.
Comme les pyramides ou les pierres de Stonehenge.
Et qu'en le regardant, on pouvait voir l'avenir.
Tu te souviens ?
Je devais avoir sept ou huit ans, pas plus.
On avait tous les deux voyagé dans le temps, tu avais dit.
Catapultés dans le futur.
Et ça m'avait...
Ça m'avait fait peur.
Je t'avais pris au sérieux, j'avais cru que c'était vrai.
On a fait un bond de combien d'années, cette fois ?
Des milliers ou plus que ça ?
Maman ?
Tu saignes encore du nez.
Reste immobile.
Ne bouge pas.
Garde les yeux ouverts !
Tout va bien.
Merde.
Viens !
Continue, maman !
T'arrête pas !
Cours !
Là-dedans !
Entre !
Putain !
Vas-y !
J'étouffe.
C'est du gaz !
- J'étouffe ! - Non, maman !
Laissez-la !
Baissez-vous !
C'était quoi ?
Du benzène. À l'état gazeux.
Il s'était accumulé.
Je m'appelle Spike.
C'est ma mère.
Moi, c'est Erik.
Qu'est-ce qu'elle a ?
Je sais pas.
Je l'emmène voir un médecin.
OK.
On fait quoi ?
- Comment ça ? - Tu vis ici, non ?
C'est une île, t'es un local.
Un local ?
On fait quoi ? D'autres contaminés arrivent ?
Je sais pas, sûrement. Ils ont dû nous entendre.
Bien sûr qu'ils arrivent.
Les bärsärk vont venir nous arracher la tête !
- T'es pas d'ici. - Fais-la taire.
- T'es d'où ? - De Suède. Fais-la taire !
Elle y peut rien.
Elle y peut rien, tu peux rien faire.
Et si j'avais rien fait, moi ?
J'aurais pas gâché mes balles.
Faut que je parte.
- Je me tire. - Vas-y.
Je la laisse pas.
Merci, papa.
On nage en plein délire, putain.
Fait chier !
Mon meilleur pote du lycée est chauffeur-livreur.
Tu sais pas ce que c'est...
Il livre des colis commandés en ligne.
Ça te parle pas non plus.
Laisse tomber. Il est chauffeur.
Je lui ai dit :
"Tu gâches ta vie, Felix.
On n'a qu'une vie. Tu fous la tienne en l'air."
Et il m'a dit : "Tu fais quoi de la tienne, abruti ?"
Alors je me suis enrôlé.
Pour lui donner tort.
Qui fout sa vie en l'air, maintenant ?
Je comprends rien.
J'aurais dû être chauffeur-livreur.
Au lieu d'être là, je serais coincé dans les bouchons
ou en train de speeder dans une ruelle.
Pourquoi t'es là ?
Mon bateau a coulé.
On a percuté un truc le long de la côte est de l'Écosse.
Whisky frappé.
Laisse tomber.
On a chopé un canot.
On voulait éviter la côte, mais le vent nous a poussés.
On était huit, je suis le seul survivant.
On va venir te chercher ?
Toute l'île est en quarantaine,
ça patrouille de partout.
Je suis au courant. Mais c'est pas que pour nous ?
C'est pour tous les crétins qui foutent les pieds sur cette île.
Personne quitte cet endroit.
T'as qu'à venir chez nous.
Quand on aura vu le médecin.
Il est où, ce médecin ?
Là-bas.
C'est pas loin.
Pas loin ?
C'est pas toi qui portes ta mère.
Je fais une pause.
J'avais rien mangé depuis 2 jours.
Prends-en une autre.
T'aimes bien les pommes, on dirait.
1 % de batterie.
Pas de réseau.
C'est quoi ?
Bientôt plus qu'un bout de métal.
Mais là, c'est encore...
une sorte de radio, mais avec des photos dedans.
Vous avez des radios ?
Des photos ?
Des vieilles.
Regarde celle-là.
Elle est récente.
C'est ma fiancée.
Mon ex-fiancée, plutôt.
Elle a quoi, au visage ?
Comment ça ?
Elle est bizarre.
C'est toi qui es bizarre.
Elle est canon. Ça va pas, non ?
Je sais ce que c'est. Une fille de mon village a ce truc.
Ce truc ?
Elle est allergique aux fruits de mer.
Si elle mange des pétoncles, elle a les lèvres qui enflent.
Et voilà.
Adieu, chérie.
Te tape pas Felix.
Papa,
j'ai froid.
Pourquoi elle t'appelle "papa" ?
Ça, c'est bizarre.
J'imagine que vous vous reproduisez entre vous, dans le coin,
mais là, ça tient pas debout.
Elle confond les choses.
Elle était pas comme ça. La plupart du temps, elle est comme avant.
Qui est comme avant ?
Toi, maman.
Vous êtes ?
Erik.
Lui, c'est ton père, Spike.
Quoi ?
- C'est une blague. - C'est un gros con.
Maman !
Désolé.
Il nous a sauvés.
Je sais reconnaître un gros con.
Rappelle-moi où on va.
Chez le médecin.
Ah, oui.
C'est parti.
Elle marche ?
Pourquoi ils sont aussi balèzes ?
Les bärsärk.
D'après Sam,
sur certains,
le virus agit comme des stéroïdes.
Je sais pas ce que c'est, des stéroïdes,
mais ça doit les transformer en alphas.
Des alphas. On dirait que tu parles de traders.
Des types de Wall Street.
De quoi ?
Tu sais ce que c'est, un bärsärk ?
Ça décrit mieux le truc.
C'est un taré, un putain de Viking.
Tu vois ?
Je suis un Viking, moi.
Je pourrais devenir un alpha.
C'était quoi ?
Je sais pas.
Où tu vas ?
Je la laisse pas seule.
Maman !
Spike, attends !
Tu fais quoi ?
Non !
Putain de merde !
Tu fais quoi ?
Lâche-la !
Coupe, Spike.
Coupe !
- Où ? - Là.
Putain, je rêve.
De l'eau.
Lave-toi les mains.
C'est quoi, ce bordel ?
Vous êtes tous cinglés.
Bravo, Spike.
Allez.
Pose ça.
Pose ça par terre.
C'est un bébé.
C'est un putain de zombie, salope incestueuse !
Faut pas laisser ces saloperies se reproduire.
C'est une fille.
Pose ce truc
sur le sol, bordel !
- Elle a pas le virus. - Elle l'a pas.
Pose ça ou je vous tue tous les deux.
- Elle a rien. - Je vous tue !
Vous avez 5 secondes.
- Cinq... - Relève-toi, maman.
Quatre...
Un alpha.
Vas-y, maman !
Vas-y !
Cours !
Maman, descends du train !
Va vers la fumée !
T'arrête pas !
Morphine, xylazine.
Ça agit très rapidement.
Pardonnez mon aspect, je me recouvre d'iode.
C'est un excellent prophylactique.
Le virus résiste très mal à l'iode.
Tu permets,
Samson ? Lâche.
Je l'ai baptisé Samson.
Ça fait bien 3 ans qu'il vit par ici.
Mais je tâche de garder mes distances.
Monsieur...
"Monsieur" ?
Tu es poli, dis-moi.
Vous êtes le Dr Kelson ?
En effet.
Je m'appelle Spike.
C'est ma mère, Isla.
Spike, Isla.
Et là, c'est un bébé.
On a besoin de votre aide.
Venez.
Partons avant qu'il ne se réveille.
C'est quoi ?
Cela fait quasiment...
13 ans que j'attends que l'on me pose cette question.
J'ai souvent pensé que je mourrais ici,
seul, de vieillesse,
de faim,
ou d'un acte violent,
sans jamais avoir eu la chance d'y répondre.
Connais-tu la locution "memento mori" ?
Non.
C'est du latin. Une langue morte, ironie de la chose.
Cela signifie :
"Souviens-toi de la mort."
Souviens-toi que tu vas mourir.
Ça les tient éloignés.
Il y a eu tellement de morts.
Contaminés
et non-contaminés, sans distinction.
Car peu de choses les distinguent.
Chaque crâne est un flot de pensées.
Ces orbites ont vu.
Et ces mâchoires ont parlé et broyé.
Ceci est un monument dédié à leur existence.
Un temple.
- Pardon. - Ne t'inquiète pas.
Leur valeur est ailleurs.
Le bâti est solide,
mais il arrive que les ossements s'effondrent
sous l'effet du temps, des éléments.
Ou de la main de Spike.
Le memento mori...
matérialisé.
Tu le connais ?
Il s'appelait Erik.
Il nous a sauvé la vie.
Trouvons-lui une demeure.
Continue, c'est bien.
C'est bien, mon grand.
Hélas, pauvre Erik.
Choisis-lui une place.
C'est très bien.
Bravo, Spike.
Le bébé
est un nouveau-né.
C'est celui d'une contaminée.
Mais elle est saine.
On l'a prise à sa mère.
Intéressant.
La magie du placenta.
J'ai imaginé ce scénario.
Mais elle aura besoin de lait.
Avec de l'eau, elle ne survivra que quelques jours.
C'est pour ça que vous êtes ici ?
Pour le bébé ?
Mettez votre index droit sur votre nez,
puis essayez de toucher mon index à moi.
Il faudrait que j'ausculte votre poitrine
et vos aisselles, si vous me le permettez.
C'est douloureux ?
Votre sensation de confusion
est-elle épisodique, intermittente,
ou plutôt constante ?
C'était par vagues, mais...
je sens venir la marée.
Je vous ai fait mémoriser un mot.
Oui.
Vous vous en souvenez ?
Isla,
je n'ai pas de matériel de diagnostic
et je ne peux pas pratiquer de biopsie.
Mais d'après mes observations,
c'est probablement un cancer.
Il a dû s'étendre de votre cerveau au reste du corps,
ou l'inverse.
En tout cas,
il a métastasé.
D'où vos symptômes
et, je le crains,
les masses au niveau de vos seins et de vos ganglions lymphatiques.
Je suis navré.
Quand je confonds les choses, je m'en rends compte.
Ça me surprend.
Des mots étranges me viennent,
mais je les dis quand même.
Mais je ne confonds pas tout.
J'ai pensé à un cancer.
Je ne savais pas comment te le dire, Spike.
J'avais trop peur.
Je voulais que quelqu'un d'autre te le dise.
Je comprends pas.
Vous pouvez pas soigner ma mère ?
J'aimerais beaucoup, mais c'est impossible.
Ça veut dire quoi ?
Elle va mourir ?
Le cancer va la tuer ?
Oui.
Quand ?
Difficile à dire.
Bientôt.
Elle va souffrir ?
Spike, mon chéri,
je souffre déjà.
C'est pas possible.
Docteur, s'il vous plaît,
trouvez une solution.
Y a des médicaments,
comme avant, dans les hôpitaux.
Dites-moi lequel, je vais le chercher.
Dites-nous.
Aucun médicament ne peut la guérir.
Docteur, je vous en supplie...
On a galéré pour arriver ici.
Pour vous trouver.
- Viens là. - Il dit qu'il y a rien à faire.
J'aurais dû te le dire.
J'aurais dû te le dire.
Il ne peut pas me soigner, mais il peut m'aider.
- Je comprends pas. - Moi, je comprends.
Je veux que tu essaies de toujours t'en souvenir.
Je comprends.
Tout va bien.
Laisse-toi aller, tout va bien.
Regarde qui est là.
Memento mori.
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Souviens-toi
qu'on va mourir.
C'est la vérité.
Il y a bien des façons de mourir.
Certaines sont préférables à d'autres.
Les meilleures
sont paisibles.
Elles laissent de l'amour derrière elles.
Tu aimes ta mère.
Oui, je l'aime.
Isla, vous aimez Spike.
Très fort.
Memento amoris.
Souviens-toi que tu dois aimer.
Isla,
venez.
Reste là avec le bébé.
Je t'aime, Spike.
Souviens-toi...
Maman ?
Trouve-lui une place.
La meilleure de toutes.
Maman...
Je t'aime, maman.
Entre ! Cache-toi.
Reste assis.
Ne bouge plus.
Merci, Spike.
Je crois qu'il est temps pour toi et pour le bébé
de rentrer à la maison.
28 jours plus tard...
Papa,
je vais bien.
Inutile de me chercher.
Je reviendrai quand je serai prêt.
Je veux continuer à marcher.
Jusqu'à ne plus voir la mer.
On a retrouvé le Dr Kelson.
Il n'est pas fou.
C'est un homme bon.
Un bébé ?
C'est le bébé d'une contaminée.
Mais elle est saine.
Elle n'a rien.
On l'a retrouvée au portail.
Prends soin d'elle.
Elle s'appelle Isla.
Spike !
Superbe coup.
De la pure poésie.
Cela dit,
les prochains, ça va faire beaucoup.
Même pour un brave jeune archer comme toi.
Tu permets qu'on s'en mêle ?
Ça nous fait plaisir.
D'accord.
Attendez...
Défoncez-les.
Ça tue ?
Ça tue !
Salut.
Je m'appelle Jimmy.
Soyons potes.
Visa d'exploitation n° 164 720
Sous-titres traduits par : Emmanuel Menouna Ekani
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