All language subtitles for Capitaine Marleau S04E15_track3_fre

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Original subtitles

Clapotis. Cris d'oiseaux.

Cris d'oiseaux.

Cloches.

Cris d'oiseaux.

-T'as déjà fini ? C'est impressionnant.

Les gamins vont être comme des petits coqs en pâte, ma Clara.

-M'appelle pas "ma Clara". J'appartiens à personne.

-Je disais ça comme ça.

Quelqu'un pianote sur les touches d'un téléphone.

-Oh ! T'as rien d'autre à faire ? -Ca a encore chauffé avec Gabin ?

-T'as fait ce que je t'ai dit ? -C'est lui qui te rend chiante ?

-Arrête. Ce que je te dis, c'est dans ton intérêt.

-T'es sérieuse, là ? Dans mon intérêt ? Tu vas t'y mettre aussi ?

-Maintenant, obéis. T'as plus le choix.

Et lâche ce truc et monte faire les chambres !

-Oui.

-Toutes les chambres.

Cris nocturnes.

Ah ! Le lever des couleurs maintenant !

C'est pas une caserne. -Qu'est-ce que tu as contre moi ?

T'es jamais d'accord avec moi. -C'est absurde.

En 40 ans, les mômes ont changé. -Bon. Il faut qu'on parle.

-C'est pas le moment. -Avec toi, c'est jamais le moment.

-Ah ! D'accord. Tu l'auras voulu. Tu vas pas aimer.

Klaxon. -Ca, c'est interdit par exemple.

-Passez tout ça au peigne fin.

La SR va débarquer.

Je veux pas passer pour un clampin.

-Hé ! Salut,

bande de nazes ! -Et merde ! J'avais jeté 2E

dans la Fontaine de Trevi pour que cette folle ne déboule jamais ici.

C'est raté.

Adjudant-chef Bérot. Je vous fais un petit topo ?

-Oui. Ben avant ça, le petit topo Camarades !

Manteau !

-Tiens. Merci. -Topo.

A l'eau !

Alors visiblement, il s'agit d'une personne de sexe féminin

semble-t-il.

Alors elle s'est pris un coup en pleine poire.

Oui. En pleine face, de devant. Y a pas de traces de défense,

donc ça veut dire qu'elle s'est fait buter par surprise.

C'est ça que tu voulais me dire ? -Oui. Et qu'elle a été tuée

entre 21h et minuit.

Pour l'arme du crime, il manque la pagaie d'un canoë.

2 ont été coulées. Elle a pu surprendre le saboteur.

Et son téléphone a disparu. -Comment tu t'appelles ?

Elle répond pas. -Clara Santini.

C'était dans mon mail. -Mais je lis pas les spams, moi.

-Elle est arrivée à Saint-Léger il y a 6 mois avec Gabin Vauthier,

un ex-capitaine de frégate qui a sauvé des migrants

avec médaille à la clé. Maintenant, il est retraité. Merci.

Il est revenu vivre ici avec elle. Il a trouvé le corps à 8h.

Il a contacté les confrères. Enfin il a déjà contacté

-T'aimes bien parler, toi. T'as peur du vide ou de l'absence ?

Il est où, l'amiral ? -Il vous attend chez lui.

Il se remet du choc.

Je lui ai demandé si selon lui elle avait changé de comportement

ces derniers temps, si elle avait reçu des menaces.

-T'as demandé s'il avait un alibi ? -A vous l'honneur.

Il répondra plus facilement aux questions d'un officier.

-Officière. -"Officière".

-C'est lui ?

-Affirmatif.

-Je sais qui c'est. Venez. On va le coincer.

-"On" ? "On" va nulle part. -Vous êtes qui ?

-Capitaine Marleau. -Et vous, c'est qui ? L'amiral ?

Celui qui a sauvé les exilés ? -M'appelez pas comme ça.

Bon. Maintenant, on y va ?

-On va nulle part. Expliquez-moi où on doit aller et pourquoi.

-C'est Julien Dupraz, un pêcheur. Clara l'a déjà coincé à braconner

des écrevisses. Il l'a frappée. Il a pris 6 mois

avec sursis. Licence de pêche suspendue. Depuis, c'est la haine.

-Du coup, il a les boules et il troue vos canoës pour que ça coule.

-C'est son style. Et si elle l'a surpris, c'était la prison assurée.

-C'est de l'alibi, mais il y a de la preuve ?

-Suivez-moi maintenant. -Non.

C'est moi qui décide si on y va. On le suit. On vous suit.

-Suivez-moi.

-Regarde un peu là-bas.

-Venez voir. Après sa dernière incursion chez nous,

j'ai planqué une caméra dans un arbre. Clara voulait pas.

Si je l'avais serré, elle serait vivante.

-Ou alors il l'aurait tuée encore plus.

Enfin si c'est lui le tueur. C'est quoi, ça ?

Y a une ado qui habite ici ?

-Oui. Jade, petite protégée de Clara. Elle a 17 ans.

-Faudrait qu'on cause avec.

-Je dois d'abord lui parler. Elle est partie ce matin tôt à vélo.

Elle ignore ce qui s'est passé.

-Admettons.

-Tenez. Là. Le voilà. Dupraz.

-Où ça ? -Là. Il va vers le ponton.

10 mn. C'est assez pour aller

au ponton frapper Clara et revenir.

-Hé ! On va se calmer la mijole, l'amiral, car on est sûrs de rien.

-On s'en occupe. Dupraz passe ses journées sur le port.

-On y va.

Bougez pas. -OK. Je fais confiance

à la gendarmerie.

-Ouais. Comme tout à l'heure.

-OK. J'admets. Je me suis emporté. Essayez de le coincer.

-Si je veux. Je le veux. Viens. -M. Vauthier.

-Attends-moi !

Elle râle.

Hé !

-Ca va. Ca va.

-Ah ! Arrête ! Ma main ! Ah ! -Ah !

-Attaque !

Bouffe-le !

-Stop ! -T'es qu'un pourri !

-Venez avec moi.

-Vous nous faisiez pas confiance ? -C'était pas mal.

Il manquait juste un petit back-up. -Je fous le brin sur votre bateau ?

Non. Foutez pas le brin dans mon enquête. On allait le choper.

-J'en doute pas. J'avais juste besoin d'un peu d'exercice.

Pour le faire parler, ça ira ? -Oui.

Ca sera plus facile que vous pour la fermer.

Magne ! J'ai pas que ça à foutre. -J'ai rien fait !

Je veux porter plainte pour violences policières.

-Moi aussi ! "ACAB !" Allez. Assieds-toi là.

C'est pas toi sur la vidéo alors ?

Parce que je vais te montrer une belle petite vidéo. Surveillance.

Ca s'est passé sur les lieux du crime alors si ce n'est toi,

c'est ton frère jumeau ou ta doublure lumière. C'est pas toi ?

-OK. J'étais aux écrevisses hier. J'ai plus de licence. Faut bien que

je bouffe. C'est pas un crime. -Non. Sauf si t'accroches le corps

de Mme Clara à ton hameçon.

-Quoi ? Elle est morte ?

-Oui. -Je savais pas.

-C'est embêtant, ça. En plus, on l'a butée

pile quand toi, tu sors du champ de la caméra.

T'as foutu quoi hors-champ ?

-Je me suis coupé sur un piège.

On pêche les écrevisses avec

de la viande dans des conserves. -OK. Donc t'es parti demander

un pansement à Mme Clara pour qu'elle mette sur ta coupure.

C'est ça ? -Non. J'ai rincé ma plaie.

Mais y avait personne. Je le jure. -Ne jure pas. C'est un péché.

Et pêcher, on n'a pas le droit quand on n'a plus le permis.

Et montre ta mimine.

Je peux ? -Oui.

-C'est dégueu. T'as désinfecté ? -Ben non.

-Bon. Tu fais gaffe à notre camarade là.

Il faut le foutre au trou.

-Bientôt débarrassés grâce à mes 2E. Capitaine, affaire résolue.

-Oui. Fous-le au trou et toi, appelle un toubib.

Con comme il est, il est capable de choper une septicémie.

-Si le meurtrier est venu de l'extérieur,

il est passé par le lac ou par ici.

-T'as récupéré l'ordi de la mort ? -Oui.

J'ai pas encore craqué le code, mais ça va pas tarder.

Donc -T'as ses fadettes ?

-Oui. Et RAS. -Cool !

-On peut se concentrer ? -Tu sais pas faire 2 trucs

en même temps ? Les mecs, charge mentale, faut vous habituer.

Je marche, je parle et je réfléchis en même temps. Et je me dis :

"Le meurtrier ne viendrait-il pas de pas l'extérieur ?"

-Vous pensez à Vauthier ? -A l'ado.

Une ado, le matin, ça fait pas du vélo. Ca dort.

-Mais c'est une ado. -Et alors ?

-Elle aurait pas pu -Les ados, c'est comme les adultes.

Les meurtres, c'est comme les MST. Ca concerne tout le monde.

Je veux son nom, prénom. -Jade Guillot. On est sur le coup.

Autre chose ? -Oui. T'es pour ou contre

l'épilation à la cire chaude ? -Pardon ?

-Non. T'as pas remarqué là-bas ? C'est quoi ? Moi, j'ai remarqué.

-Ah oui ! Des traces de bottes. -Quelle taille ?

-Je dirais 44. -Oui. Quelle couleur ?

-Ca, je sais pas, mais un homme.

Il retournait vers le ponton. Il y en a une plus profonde ici.

Comme s'il boitait. -T'en connais, des boiteux ?

-J'ai pas la liste de tous les boiteux du coin.

-T'as une tête à faire des listes. -Ah bon ?

-Tu vas faire une enquête de voisinage.

Un boiteux, dans un village, ça se voit.

Je vais aller voir l'amiral. -Mais on l'a déjà vu.

Il marchait droit. -On a peut-être mal vu.

Dans la boue, ça s'enfonce. -Rien ne prouve que

ce sont les empreintes du tueur. -Mais rien ne prouve que ?

-Ce ne sont pas celles du tueur. -Voilà. T'es pas si con que ça.

Faut toujours avoir confiance en soi.

-Ca va pas être simple.

-Y a quelqu'un ?

You hou !

Y a quelqu'un ? You hou ! -Ah !

Vous tombez bien.

Passez la clé de 12.

Je crois que j'ai une fuite. -Ca servira à rien, une clé.

Faut juste un périnée en béton. -Alors ? Dupraz ?

-Ben

Il est innocent.

-Mais sur la vidéo -A part

des écrevisses, il a buté personne. -C'est contrariant, ça. Vous avez

d'autres pistes ? -Oui, mais ça vous regarde pas.

Bouchez vos fuites.

D'ailleurs, Dupraz, c'est pas lui qui a niqué vos canoës.

Du coup, je me demande qui c'est d'autre qui pourrait vous

Vous en vouloir. -La moitié de Saint-Léger me hait.

Et ça, ça en fait, des candidats. -Je croyais que vous étiez

la mascotte du bled avec votre médaille

de courage et de bravoure. -Oui. C'est ça, le problème.

Les gens voulaient que je leur raconte le sauvetage des migrants

façon Disney. Ca m'a saoulé. Car y a eu des victimes aussi.

Donc j'évite Saint-Léger. Pas mal m'en veulent pour ça.

-C'est le syndrome de Titanic. Il y en a, ça les excite

de voir des noyés. Y en a même qu'ils aiment bien tomber amoureux

des héros courageux. -Ou les détester. Ca dépend.

Moi, j'ai surtout envie qu'on me foute la paix.

-Bon. Ben c'est tout. Salut.

Mais sinon à part être passé pour le bégueule du village,

les gens pourraient vous reprocher quoi à vous et à madame ?

-Un projet de centre de vacances pour enfants défavorisés.

Une idée de Clara. Qui était assistante sociale.

Comme j'ai la villa et l'accès au lac.

Sauf qu'ici, "défavorisés" sonne comme "délinquant" même à 12 ans.

Alors là, j'ai perdu mon dernier potentiel de sympathie.

Mais c'est aussi bien. -Elles sont sympas, vos groles.

Ben faites montrer.

C'est du combien ?

44 comme moi. C'est marrant, parce que sur le ponton, on a trouvé

des traces de bottes en 44. -J'ai pas de bottes.

Je ne crois pas en avoir déjà vu.

Mais je passe pas mon temps le nez sur le sol des berges.

-Vous avez l'air en rogne. C'est parce que Dupraz a été innocenté ?

-Vous savez pas ce que je ressens.

-Ben dites-le au lieu d'être droit dans vos bottes 44.

-Vous voulez mon alibi ? -Oui.

-J'en ai pas. -Dommage.

-Hier soir, Clara est allée se balader.

J'étais crevé. Je me suis endormi devant la télé.

Et ce matin, elle était pas rentrée. Alors je l'ai cherchée

et je l'ai trouvée là.

-Ca va aller ?

Hein ?

Vous êtes parti tôt à la retraite.

C'est pas 64 ans pour tout le monde.

Pourquoi partir si tôt ? -Pour Clara.

Pour monter ce centre ensemble. Elle ne le verra jamais réalisé.

Je ne l'ai pas tuée. -Eh ben moi non plus.

C'est bizarre, parce que dans les statistiques sur les féminicides,

la plupart du temps, le coupable,

c'est qui ? C'est le compagnon. -C'est drôle. Je vous imaginais pas

statistiques. -Oui. C'est drôle,

la mort d'une femme. Et l'ado Jade ?

C'est votre nouvelle favorite ? -Non.

Clara s'est occupée d'elle et lui a demandé de l'aider

à monter le centre. Pour info, elle chausse du 36.

Téléphone. -Pardon. On m'appelle. Qui c'est ?

Oui, blaireau, tu veux quoi ? *-Votre boiteux,

*ça pourrait être Franck Galeron. -OK.

*-Le voisin de Vauthier. -OK.

Où c'est que ça mène par par là ? -Vers l'hôtel Galeron.

-Ah ! Intéressant, ça.

Portière de voiture qui claque.

Elle frappe.

Un chien aboie.

Franck Galeron ? -Thomas. Franck, c'est mon père.

Il est pas là.

-C'est toi qui gères de l'hôtel ? -C'est fermé. Du coup, j'échappe

aux traditions familiales. -En retapant des conneries ?

-Touchez pas à ça ! C'est des pièces rares.

-Ca me va bien, non ?

-Vous allez pêcher ?

-Oui. Des infos. -C'est pour Clara Santini ?

-"C'est pour Clara Santini" comme tu dis.

-C'est terrible. -Oui ?

Tu la connaissais ? -Pas vraiment.

Juste bonjour, au revoir. -"Bonjour, au revoir".

Et hier soir ? Tu l'as croisée ou pas ?

-Non. -Non ?

T'es sûr ? -Oui.

-Oh !

"Base nautique centre de loisirs de l'hôtel

"des Flots". Comme pour la morte.

Vous aviez le même projet ?

Moteur.

-Ben voilà mon père. -Où ça ?

-Là-bas.

-C'est pas possible.

Pas Clara. -Calme-toi, Jade.

Pour moi aussi, c'est pas croyable. -Mais pourquoi ? Qui a fait ça ?

-Mais on n'en sait rien. T'as pas une petite idée, toi ?

Elle pleure.

Jade.

-Ah !

-Il faut que j'ouvre. Hors saison, ça sent vite le renfermé.

-Ce serait pas plutôt parce que vous voulez un grand bol d'air

et aller chez le voisin ?

-Cette balade, c'est mon rituel et c'est pas

parce que l'amiral est revenu

30 ans après que je changerai.

-Vous l'appelez "l'amiral" ? -C'est son côté vieux loup de mer

qui m'agace d'ailleurs.

-Il peut se faire passer pour un vieux loup de mer

de SOS Méditerranée. Il a quand même sauvé des gens.

-C'est pas une raison pour être prétentieux. Quand il est arrivé,

les gens l'ont acclamé. Et il s'est enfermé chez lui.

Personne n'était digne de lui parler.

Maintenant, personne peut le blairer.

Bien fait ! -Vous le détestez.

Ce serait pas plutôt parce qu'il avait son projet

de centre pour des gosses qui sortent de zonzon ?

-Ah ! Ca, oui. Aussi. -Et vous en pensez quoi de ça ?

-Rien. Je m'occupe de mon hôtel. C'est déjà bien.

-Il semble pas dérouiller, votre bouclard. Je me trompe ?

L'idée de la base nautique, c'était pour sauver l'hôtel ?

-C'était juste un projet qui est tombé à l'eau évidemment.

-Pour qu'il tombe à l'eau, fallait l'accès au lac !

Je rigole. On peut plus rien dire.

Vous avez proposé à l'amiral de racheter son terrain

et il a refusé ?

-Si vous le savez,

pourquoi vous le demandez ?

Elle frappe. -On voit bien le garage là-bas.

Ils sont beaux, les canots tout neufs

accrochés à son beau ponton. L'amiral vous a piqué l'idée.

Ca peut donner des envies de sabotage.

-Oui, mais c'est lui que j'aurais dû tuer. Pas cette femme.

-Mais c'était une idée à sa femme, ce centre. Du coup, une fois morte,

vous pensiez qu'il vous filerait son terrain.

-Vous lâchez jamais rien.

-Non. -Bon.

Vous allez me coller au cul toute la journée ?

-Mais non.

Pas si vous avez un alibi. Vous faisiez quoi, hier,

vers 23h du soir. -Il m'aidait à réparer

un Bell Custom 500.

Une merveille portée

par Agostini.

-"Agostini" ?

Horloge.

-T'as pris quoi dans le bureau

de Clara ?

C'est important. Les flics veulent t'interroger. A quoi tu joues ?

-Je les emmerde, les flics. -Attends.

S'il te plaît.

Elle va me manquer à moi aussi.

-Aide-moi à préparer les chambres des gosses.

-Clara est morte. -Changer ce qui était prévu

ne la ramènera pas. -S'y accrocher non plus.

-C'est ce qu'elle aurait voulu. Je monterai le centre et tu m'aideras.

Les têtes brûlées dans ton genre, j'en ai eues

et elles ont fini par rentrer dans les rangs. Viens m'aider.

-Alors mon petit blaireau chéri, t'as trouvé quelque chose ?

-Avant, Clara était assistante sociale à Toulon, à l'hôpital.

Elle suivait aussi des ados à problèmes en centre éducatif fermé.

-"Educatif", mon cul ! C'est des prisons pour les gosses.

Et à mon avis, la protégée de Clara sortait d'un endroit comme ça.

-J'ai demandé les dossiers des CEF où elle avait bossé,

mais pour ça, il faut l'autorisation d'un juge.

On peut déjà interroger Jade. -Attends. T'es malade, toi.

Elle pourrait se braquer. Il faut y aller mollo. Pianissimo.

Psychologie. On va attendre les dossiers.

En attendant l'autre de l'hôtel, Galeron, alors ?

-J'ai cherché. Il a acheté pas mal de matos.

Il a contracté des gros crédits et maintenant, il est dans le rouge.

Et même au bord du naufrage. Vous voyez ce que je veux dire ?

-T'es un marrant, toi. -Ca fait un vrai mobile, ça.

-Oui, mais il a aussi un alibi avec son fils.

Et peut-être que le fils voulait protéger son papa et il a menti.

-Ils sont peut-être complices. -Et peut-être de la même famille.

-Un truc vous gêne ?

-Non. Enfin si. La Clara en mère Theresa,

ça matche pas trop avec l'amiral, parce que lui, il était au top

dans son boulot de militaire.

Tada dagada gada ! Et il se casse pour s'occuper

de gamines dans la merde.

Bizarre. Même s'il a une tronche d'abbé Pierre, je le vois pas

T'as rien d'autre sur lui ? -Non. Dossier classé confidentiel.

-"Confidentiel" ? Hé, ça va.

C'est pas Paul Watson non plus. Bon, bon, bon.

T'as rien d'autre ?

-Si. J'ai réussi à craquer l'ordinateur de Clara.

Elle allait sur des sites d'objets d'occasion.

-Pour remeubler son centre, car sa maison,

c'est un vrai musée. Autre chose ?

-Elle a écrit à une amie que la soeur de Vauthier leur parlait pas.

-Ah oui ? Elle vit où ?

-Elle tient la boulangerie du village et elle vit au-dessus.

-Pratique !

Bonjour, Mme la boulangère. -Non. Sortez pas votre carte.

C'est un village ici. Et Clara, je la connaissais pas bien.

-Si Clara avait eu une embrouille avec quelqu'un,

vous l'auriez su.

L'amiral vous a rien dit ? C'est votre frangin quand même.

-"C'était", vous voulez dire. Il s'est tiré il y a 30 ans

sans jamais donner de nouvelles. -Ok, mais vous aviez des nouvelles

de sa meuf. Mme Clara.

Et le projet de Clara, s'il foirait, ça arrangeait des gens.

Par exemple, le mec avec l'auberge. M. Galeron.

Pour lui, c'était

Le jackpot.

-Je ne vois pas où vous voulez en venir. Cette discussion devient

très déplaisante.

En quoi son projet lui aurait nui ?

-M. Galeron voulait aussi faire une base nautique

et votre frère est arrivé et lui a coupé l'herbe dans le nez.

-Une base nautique ? 1re nouvelle.

Mais Galeron n'est pas

un assassin. On le connaît bien ici.

-Ah ben si tout le monde le dit, c'est que ça doit être vrai. Hein ?

Les violeurs de Mazan, tout le monde disait :

"Je les connais. C'est pas eux." 80% des gens dans les histoires

de meurtres, c'est des gens

de l'entourage. La famille, voisins,

la voisine. Je prends

une brioche. Mettez sur mon compte. Au revoir, madame la boulangère.

J'adore ton blouson ! On peut faire un selfie ?

-Ca va pas ? -C'est pas toi, Jade Guillot ?

C'est marrant, très tôt, t'étais déjà partie. J'avais des questions.

T'étais où hier soir entre 21h et minuit ?

-C'est censé m'impressionner, ça ? -Ben oui.

On va à la gendarmerie ou tu me réponds ?

-Hier, j'étais dans ma chambre et ce matin, je suis allée me balader.

-T'étais seule ? -Vous croyez que je me suis fait

des potes ici ? Regardez-moi. -T'as pas le front populaire ?

Bon. Je dois trouver qui a tué Clara et l'amiral dit

que t'étais sa chouchoute. -Mais il dit n'importe quoi.

Je les aidais juste à faire le lien entre eux et les jeunes.

-Ils y arrivaient pas seuls ? -Gabin sait pas gérer des gosses.

Clara gueulait en disant qu'ils l'appelleraient Capitaine Crochet.

-Donc ils s'engueulaient des fois. -Non. Enfin Oui. Un peu.

Avec le projet, la maison à retaper, forcément,

mais c'était pas un truc de fou. -Oui. Forcément.

Et tu l'as connue comment Clara ?

-Elle était assistante sociale dans mon bahut et on a sympathisé.

Bref. Je peux y aller là ? -Je sais pas. Je réfléchis.

Euh Oui. Vas-y. Allez ! Chaud devant ! Vas-y, Jeannie Longo !

Allez ! Fais gaffe à ma caisse.

-Oui, oui.

-Ben c'est trop tôt

pour fermer. Je viens changer mon gâteau.

-C'est fermé. -Gendarmerie. On ouvre.

Ca veut dire quoi, ça ?

Alors ?

-Désolée. Je ferme. -Je pensais à un truc.

Si M. Galeron s'est investi autant dans la base nautique,

c'est qu'il voulait être sûr d'avoir un accès au lac.

Et je me demandais qui avait pu lui foutre cette idée dans le crâne.

-Et vous pensez à moi. Que Gabin s'étant tiré 30 ans, j'aurais dit

à Galeron qu'il vendrait. -C'est pas con, ça.

Et votre frère a tout fait foirer. -Oui. Oui. Eh ben raté.

J'ai hérité de la boulangerie et lui de la villa.

Et j'avais pas mon mot à dire. Bon. Lieutenant, je ferme.

-Hé ! Je suis pas Columbo. -Je ferme quand même, lieutenant.

-Je suis le capitaine Marleau.

On frappe. Y a personne ?

-Encore vous ? Mais que voulez-vous ?

-Faire marcher le commerce local.

Il me faut une chambre. -L'hôtel est fermé

et j'ai plus de restaurant. -Faites-moi juste un sandwich.

Dans le guide, ils vous notent bien.

-Oui, ben ça s'est arrêté en 2009. Ils nous avaient répertoriés

en tant que halte mécanique pour les voitures.

-OK, mais après, y a eu le resto.

Et vu le nombre de guides là-bas, vous avez dû choper une étoile.

-En 1939.

Après la guerre, mon grand-père a essayé de sauver la situation.

Il a créé cet hôtel, mais la nouvelle autoroute est arrivée.

-Fin de la tradition familiale.

Tout ça à cause de Popeye l'amiral. Bon. Je peux avoir ma chambre ?

-Oui. -Quel numéro ?

-25. -Ah !

-2e étage et vous montez vos bagages.

-Bien aimable. Merci. Ah ! J'ai mal au dos.

C'est à gauche ? -Oui.

-Ah ! J'ai mal.

Bon. Ben bonne nuit, hein ?

Ouais.

Réponds pas surtout, malhonnête !

Oh !

Porte.

-Jade ?

Jade !

*-Je suis pas dispo, alors laissez un message après le bip

*et je rappellerai.

Orage. -Qu'est-ce qu'elle fiche ?

Jade !

Orage.

-Alors ? T'es content de toi ? Elle nous espionne toute la journée

maintenant. -Arrête. La base,

c'était une bonne idée.

-J'aurais dû mettre le fric sur le resto.

-Pour quels clients ?

Arrête de fantasmer sur la dynastie hôtelière Galeron.

-Tout ça, c'est notre héritage. C'est nous.

-Non. C'est toi. Moi, je vis pas dans le passé. L'hôtel, le resto,

c'est mort. Les gens

veulent des loisirs.

-Et pour arriver à quoi ? Avec des crédits impossibles à rembourser.

-Je pouvais pas deviner

que l'amiral reviendrait déguisé en bon samaritain.

Je voulais te faire plaisir, mais c'est impossible.

Tu vas crever aigri. -Dégage.

Téléphone.

Oui.

J'arrive.

-Ouais, blaireau ? Galeron vient de se barrer là en foufelle.

Ben dès qu'il arrive au bled, tu le files. J'arrive.

Elle freine. -Oh !

-Tu pourrais faire gaffe. -Et ton brassard réfléchissant ?

T'as pas de lumière. -Ca va. Je l'ai oublié.

-T'étais où ? Je te cherchais. -Chez une pote.

Et ça va, j'ai 18 ans. -Non. Dans une semaine.

Je suis encore responsable de toi. Et j'y crois pas à ton histoire

de copine sortie de nulle part. -Je m'en fous. Je vais me coucher.

-Qu'est-ce qui se passe ? -Galeron est avec Lili.

Ils sont dans la cour de la boulangerie.

-T'as mangé du barbeuc ? Ca pue le cramé.

Elle renifle. Ah non ! Ca vient de là. Viens.

Vous faites cramer quoi ? Arrêtez. Mais ça veut dire quoi, ça ?

Viens voir !

C'est quoi que vous faites cramer ?

Tiens. Arrête-le, lui. Face de rat. J'ai pas confiance.

-Venez avec moi. -C'est quoi, ça ?

Hou !

Ca change tout, ça.

Parce que c'est votre projet. C'est son mobile, ça, non ?

Allez. Hop !

Grouillez-vous.

Pas idée de mettre des talons !

-Vous m'expliquez ? -Non.

-Elle pense que j'ai tué Clara. -Mais n'importe quoi.

Libérez-la. -Je l'embarque. Vous venez aussi ?

-Mais parle.

-T'as détruit ma vie en me laissant gérer nos parents

et en brisant

mon rêve avec Franck.

-Sacré mobile, ça.

-Toi et Galeron, vous

-Oui. Contrairement à toi, il a été là pour moi.

Il m'aime. -C'est bon ?

Ils ont fini ? On peut y aller ? Allez. Hop ! Au billot !

-Alors

-Gabin détestait Saint-Léger. Je pouvais pas imaginer

qu'il se pointerait ici avec sa nana et son projet.

-Ca vous a énervée.

-Non. J'étais ravie, voyons. Bon. Pour gagner du temps

avant une autre question idiote. J'ai pas d'alibi

le soir du meurtre et j'étais seule chez moi.

-Oh ! C'est embêtant, ça, parce que pas d'alibi,

destruction de preuves et entrave à enquête

Ca, égale pension complète

à l'hôtel, mais de police.

-Faites-vous plaisir.

Et Franck n'a rien fait. -Ah !

-C'est moi qui brûlais

vos supposées preuves.

Il est où ? -Qui ? Lui ? Ca vous regarde pas.

Ah ! T'as trouvé ? -Affirmatif.

-Parfait ! Regardez, Mme Lili. Très intéressant ce qu'on a trouvé.

Des empreintes.

On va les comparer

avec vos petites mimines si vous le permettez toutefois.

Faites voir.

Oh ! T'as vu ? C'est les mêmes.

Et vous savez où on a trouvé ça ?

Sur un ?

-Un canoë. -Dans lequel il y avait ?

-Clara Santini. -Qui était ?

-Morte. -Voilà. Comment vous expliquez ça ?

-C'est pas mon job. Ah ! Je suis peut-être somnambule.

-Oh ! Méchante répartie. T'as vu comment elle m'a cassée,

la comique. T'en penses quoi ? -Elle a un mobile.

Elle était sur place.

Et je pense que l'arme, la rame était sur place aussi.

-Ca fait beaucoup. On continue à perdre notre temps ou vous avouez ?

-Du temps, j'en ai.

-Bon. Tu l'emmènes.

-Vous me suivez ? -Allez. Bonne nuit.

Je te garde un bout de pizza, ma poule.

-Par là.

-Elle est innocente. -Innocente les mains pleines.

Elle a tout contre elle. Elle veut pas parler. C'est comme des aveux.

Donc prison.

-Elle sera acquittée. -Ou pas. Elle fera

de la préventive et là-bas,

y a un taux de suicide

élevé chez les femmes. Quand elle sortira, ça sera le doute.

Donc la boulangerie

-Alors faites

quelque chose. -Je peux pas. Elle veut rien dire.

-Bon. A 21h, j'étais avec elle. Je sabotais les canoës.

-Fallait le dire.

-Mais on l'a pas tuée.

De loin, on entendait Vauthier et Clara parler.

Et elle a débarqué. Elle pleurait. On était tout proches d'elle.

-Et c'est parti en cacahuète quand elle vous a vus ?

-Non. Elle était perturbée. Elle a commencé à taper

sur le clavier de son téléphone. Mais on a filé

comme elle nous avait pas vus. -Ah !

-Lili est rentrée chez elle et j'ai rejoint mon fils. Ca vous va, ça ?

-Ben ça me va, sauf qu'elle aurait pu revenir après,

parce que Clara est morte vers 23h.

Elle aurait pu revenir la buter. -Arrêtez-moi pour le canoë

si vous voulez, mais pour le reste, j'ai rien à vous dire.

-Eh ben "tant pire" ! Enfin "tant pire" pour elle, parce que vous,

vous avez un alibi. Vous pouvez rentrer au chaud chez vous.

Elle, elle va croupir dans son petit cachot. Voilà.

-Oui. -Bonne soirée.

-Bonne soirée. -Voilà.

J'aimerais pas beaucoup

vous avoir comme ami, vous.

-Marleau a arrêté ma soeur.

-Tu crois que c'est elle ?

-Elle sortait avec Galeron.

-Clara pouvait être chiante, mais je l'aimais bien.

J'ai l'impression que t'aurais préféré qu'on m'ait tuée moi.

-Dis pas ça. Si je monte dans les tours, c'est pas contre toi.

C'est à moi que j'en veux.

OK. Je vais faire un effort. -Tu sais,

ta meuf, elle craquait. Tu l'étouffais.

Des fois, tu te comportais avec nous

comme si on était tes matelots.

Cris d'oiseaux.

-J'ai vérifié pour le fameux appel passé par Clara. Aucune trace.

Donc soit il a menti soit Clara a utilisé WhatsApp.

J'ai reçu les relevés bancaires de Clara. 2 jours avant sa mort,

elle a retiré 800E à Aix-les-Bains.

-Y a pas des tirettes plus près ?

-Si. Plein. -Elle voulait peut-être pas que

ça se sache. On n'a rien trouvé sur elle. Elle a peut-être tout claqué.

-Possible. Le distributeur est dans un quartier commercial chic.

J'ai checké la vidéosurveillance. Mais c'était le jour des soldes.

Y avait trop de monde. J'ai pas vu. -C'est chiant. Ben tu vas demander

si elle a pas acheté des trucs. -Je vous achèterai une chapka.

-Et du bon humour aussi.

-J'aimerais voir le capitaine Marleau.

-Je suis là. Ca va, petiote ? Un problème ?

-Non.

Je venais voir s'il y avait du nouveau sur le vol de ma tablette.

-On l'a volée quand ? -Un mois.

-Ca va pas être facile, mais Tristan,

c'est le spécialiste. Tu t'occupes de ma copine. Salut.

-Merci.

-Je t'en prie.

Ah ! Au fait, tu la connaissais la morte, Clara ?

-Oui. -Elle t'a proposé

de faire des randos ? -Oui. Elle m'a contactée

et après, elle a changé d'avis. -A cause

de quoi ? -Son mec voulait

s'en charger. Mais c'était parce que

j'étais avec le fils Galeron. -OK. Donc adieu les brouzoufs.

Ca a dû bien te foutre les boules. -Oui. Mais vous me soupçonnez pas

d'avoir tué Clara pour ça ? -Non. C'est pas mon genre.

-On flippe devant les gendarmes même si on a rien fait.

-T'as un peu fait exprès. Quand on a peur, on la ferme.

C'est ça qu'on fait. Allez. Ciao.

Les filles, vous m'ouvrez ?

Attention. Je vais reculer.

Voilà.

Y a personne ?

Wouh ! Ca, c'est de la meule ! Hein ?

-Elle était à Clara. Elle y tenait beaucoup. On la croyait foutue

et elle a réussi à la faire faire réparer. Vous voulez quoi ?

-Je voulais savoir pour votre dossier classé secret-défense.

Pourquoi vous me l'avez pas dit ? -Vous m'avez pas demandé.

Et entre la mort de Clara et ma soeur qui se tape un naze,

j'ai pu oublier 2, 3 bricoles. -Bricoles classées secret-défense ?

Mais c'était secret pour quoi ?

Dans les journaux, les gros titres, c'était :

"Naufrage près des eaux territoriales britanniques."

C'était tout près ou dedans ? -Vous êtes très forte.

-Je fais du 52. On se maintient. Donc la médaille du courage,

la retraite anticipée c'était à cause de ça ?

-J'avais pas le droit d'intervenir. J'ai désobéi.

Des enfants allaient se noyer. -Vous êtes vraiment un héros.

-Non. Mon second s'est noyé dans l'opération. C'était Yves,

mon meilleur ami. Cette médaille me rappelle plutôt sa mort.

-C'est pour ça que les selfies avec les villageois, ça vous gave.

C'est pour ça que vous vouliez créer un centre pour aider

les enfants et pour vous déculpabiliser.

-Voilà. Je vois pas ce que ça a à voir avec l'enquête.

-Moi non plus.

-Alors je pense qu'on a fini. -Eh ben moi aussi.

Mais les 800 balles me turlupinent.

-Quels 800 balles ? -Elle a été à Aix à la tirette

pour prendre 800 balles. Elle a fait quoi avec ça ?

-C'était pour mon anniversaire. -Ah !

Ouais, mais si c'était pour votre anniversaire,

on n'a pas trouvé le cadeau.

-Oui. C'est la semaine prochaine. Elle l'aura sûrement pas trouvé.

-Ben oui ! C'est ça. Je suis con.

Mais s'il y a pas de cadeau qu'elle a pas acheté,

le fric est bien quelque part. On l'a pas trouvé.

-Il doit y avoir une explication. -Oui.

Toulon, le CHU, c'est là-bas qu'on vous a envoyé après le naufrage

et c'est là qu'elle bossait. -J'étais au fond du trou.

Elle m'a aidé. -Oui. Coup de foudre ?

-En gros, c'est ça, oui. Mais quel rapport avec sa mort ?

-Y en a pas. Enfin peut-être que si en fait, parce que je me dis

Une nana qui a envie d'un business comme ce centre, elle a pas de blé,

elle tombe sur un mec qui en a. Elle se dit : "Coup de bol !"

Pardon.

"Coup de foudre". -Vous pensez qu'elle m'a manipulé ?

-Vous êtes manipulable, vous ? Un vieux briscard

comme vous, un loup de mer.

Mais peut-être que oui en fait. Quand vous vous en êtes aperçu,

les boules, colère, frustration, trahison et hop !

102e féminicide de l'année. Ca se tient comme théorie.

-Dans votre logique, je suppose. -Oui.

-Je ne vous retiens pas. -Moi non plus. Bonne journée.

Ah ! On m'appelle. Qui m'appelle ?

Ouais. *-Franck Galeron.

-Ah ! C'est M. Galeron. Allez-y.

*-J'aurais besoin de vous voir. -OK. J'arrive.

Il est gentil, cet homme-là.

Klaxon.

Ah !

Elle souffle.

Alors

Alors ça y est ? Vous vous êtes décidé à jacter ?

-Pas moi. C'est Pierre. Il a quelque chose à vous dire.

-Ah bon ? Vas-y. Je t'écoute. Accouche.

-Ben le enfin le soir du meurtre,

j'étais chez Lili jusqu'à 1h du matin.

-Ben c'est bien.

Pourquoi t'as rien dit ?

-Ben parce que c'est elle. Elle m'a promis de rien dire.

Parce que je suis homo. Voilà. -T'es homo ?

Et ? Pourquoi elle voulait pas que tu le dises ?

-Car ici,

c'est difficile à assumer, surtout à son âge.

Je me suis occupé des harceleurs du collège,

mais c'est lourd à porter. -Et tes parents,

c'est le genre "Frigide Barjot" ? Tu foutais quoi chez Lili à 1h ?

-J'en pouvais plus. Je voulais prendre des médocs.

Alors je suis allé

chez elle, parce que c'est la seule qui me comprenait. Enfin avec toi.

-Lili voulait pas que Pierre ait plus d'ennuis.

Car si ça se sait, ses parents péteront un câble.

-Hum ! Bon. Ben moi, je dirai rien. Tu sors du placard si tu veux.

Personne ne va te forcer. Allez. Vas-y.

Spray.

-Qu'est-ce que tu fais là ?

Tu répondais plus à mes appels. Je pensais que Mais c'est rien.

Comment ça va ?

-Je passais juste voir comment t'allais.

Comme ton père est en prison -Rassure-toi. C'est fini.

Il a été mis hors de cause et Lili va être relâchée.

-Ah bon ? Et il t'a dit pourquoi ?

-Non, mais quelle importance ?

-Ils soupçonnent quelqu'un d'autre ?

-T'es venue ici parce que tu t'inquiétais

ou pour me soutirer des infos ? -Pour toi.

-Tu t'es disputée avec Clara pour les excursions. Tu l'as pas tuée ?

-Ca va pas ? -Non. Je plaisante.

De toute façon, je m'en fous de qui l'a tuée.

Ce qui compte, c'est nous deux.

-Qu'est-ce que tu fous là, toi ?

T'as un retour de couche ? -Oui. En quelque sorte.

-C'est un beau p'tit loup. -Il est surtout relou.

-Comment ça ?

-Il me plaque et là, il veut se remettre

avec moi. -Je sais pas.

Il a peut-être gambergé.

-Ben il va réfléchir

encore un moment. -T'as bien raison. Allez. Salut.

Sirène de police.

-Attention. On pourrait nous voir.

-Je m'en fous de ce que les gens pensent. Allez. Viens.

-Si c'est pas mignon, ça. -Arrête de reluquer, malhonnête.

Je capte rien. Faut tout reprendre depuis le début. Primero, la Clara

va chercher 800 balles en loucedé de son mec.

Segundero, son histoire d'amour tombe pile poil pour financer

son projet. Tercero, la frangine est dégoûtée de voir débarquer

son frangin. Et Suzi Quatro -Suzi quoi ?

-Suzi Quatro, la rock star. Jade est franche comme moi

je suis polonaise. -Bonjour.

Je voudrais déclarer un vol. Ce serait pour voir le commissaire.

-C'est pour une déclaration de vol.

-J'arrive.

-Ben où tu vas ? -Je reviens.

-Bonjour. On m'a volé ma trottinette électrique.

-Vous êtes ? -M. Caparros.

-On vous l'a volée quand ? -Je suis parti 6 semaines.

J'étais aux Etats-Unis. -On va prendre votre déposition.

-Merci.

-La tablette à Anne, on l'a volée aussi il y a 6 semaines.

Va voir s'il y a pas eu d'autres vols dans le coin. On sait jamais.

-Ah ! Je suis content. Elle a fini par lâcher prise.

Qu'est-ce qu'elle voulait au juste ?

Vous avez saboté mes canoës ? Comment t'as pu me faire ça ?

-T'as tiré le premier. Oui. Moi aussi, je rêvais de partir.

J'ai dû rester pour aider

papa et maman à mourir. L'hospitalisation, les traitements.

T'as jamais appelé. Et maintenant que je vis un truc, tu le détruis.

-Moi aussi, je porte un fardeau ! Tu sais ce que je ressens ?

-Je veux pas le savoir. J'ai juste envie de m'occuper de moi.

-T'as aimé détruire ce que j'ai essayé de construire ?

Pour la mort de Clara,

j'ai un doute.

T'étais sur le ponton avec Galeron.

-T'as un doute ? Ben moi aussi.

Vous vous engueuliez avec Clara ce soir-là.

Il s'est passé quoi

après, Gabin ?

Elle chante.

-Vous allez casser la béquille.

-Oh ! Ca va ! -Vous venez vous excuser

d'avoir arrêté ma soeur ? -Non.

Le soir du meurtre, vous vous êtes engueulés avec Mme Clara ?

M. Galeron dit qu'elle avait un drôle d'air.

-Il peut mentir. -Je vais demander à votre soeur.

-Ca arrive dans un couple. Je l'aurais pas tuée pour une dispute.

-Ca dépend.

Pourquoi vous vous êtes disputés ? -Je voulais faire du drapeau

un emblème pour les jeunes. Je pensais pas le hisser

pour le mettre en berne. -C'est pas plutôt votre couple

qui était en berne ? Vous toujours fou d'elle

et elle qui vous calculait plus. -Encore cette histoire ?

Bon. Vous voulez m'arrêter aussi ? -Je vous arrête si je veux.

Et là, je veux pas. Ah ! On m'appelle. Qui m'appelle ?

*Notification. Oh ! Un petit SMS.

Ah ben ! Je vais peut-être vous arrêter quand même.

Mon pote me dit que les 800E ont servi à acheter un billet d'avion

pour La Réunion, mais un aller simple.

C'est pour ça que vous vous êtes engueulés ?

Elle venait vous dire qu'elle vous quittait ? Pas mal comme mobile.

Cris d'oiseaux.

-Je me sentais humilié et je l'ai pas dit car vous auriez pensé

que je l'ai tuée. -Pas si vous me l'aviez dit.

Pourquoi elle partait ? -"Je l'étouffais."

Avec le recul, c'est vrai. Même Jade le dit. Je l'aimais trop.

J'avais jamais aimé comme ça. J'avais jamais aimé tout court.

-Un peu cucul comme histoire.

Pourquoi elle s'est barrée avant que son centre ouvre ?

Elle avait un amant ?

-Depuis 2 mois, elle était différente,

mais j'avais mis ça sur le compte de l'ouverture du centre.

-Vous lui avez pas demandé ? -Non. Je voulais pas savoir.

Je pensais que c'était une passade due à mon caractère.

-C'est pas plutôt parce que vous vouliez faire croire

que vous aviez changé ? -C'était ma seule chance.

Et même si elle revenait pas,

je préférais la savoir heureuse avec un autre

que malheureuse avec moi. -C'est du Julio Iglesias, ça ?

Là, c'est

-Pathétique.

-Oui. "Pathétique". Tu m'ouvres la porte, s'il te plaît, ma poule.

Danke sehr.

Woh oh ! Elle siffle.

-Attends.

On appelle le procureur pour qu'il le défère ?

-Non. Y a d'autres pistes à suivre.

-Ah ? -Oui.

-Franchement -On sait que quelqu'un est coupable

quand on comprend comment qu'il marche. Là, il aimait sa femme.

-En amour, on est rarement logique. Il cache des trucs depuis le début.

-C'est peut-être l'amant. Elle lui avait pas acheté de billet d'avion.

On t'appelle. Qui t'appelle ? -Bérot.

Depuis quand ?

On arrive. On a retrouvé le téléphone de Clara.

-Prends mon machin. Je prends mon machin et on se "nachave".

-A ce prix-là, c'est cadeau.

-Waouh ! -Oui.

-Le serial killer d'écrevisses ! Tu fous quoi avec le tél à Clara ?

-Il était à Clara ? -Oui.

-Je l'ai trouvé dans l'eau en me lavant la main.

-Il se fout de nous.

-Il était dans l'eau ?

-Non. Calmos. Je l'ai fait sécher 48h dans du riz.

J'ai besoin de fric et Aristote

d'un portable. -Socrate. Et je savais pas

qu'il était volé.

-Trouvé. Pas volé. -Tu sais pas qu'un téléphone

quand il a été dans l'eau, quand on le sort, même éteint,

il reborne "to be alive".

Il a même pas le code

de toute façon. -Nous non plus. C'est peut-être

le même que celui de l'ordi.

-Un téléphone immergé ne se rallume que quelques secondes.

-Ah ! Ben on est pas dans la merde. -Pas de panique.

On va aller direct

sur sa messagerie et on va prendre une photo.

-Allez. Fais montrer.

Je prends mon téléphone. -Oui.

Alors le code. -Oui.

-Euh -Je suis prête.

-Voilà. Prête ? -Oui. 3 ! 4 ! Top !

Hop ! -Ben c'est éteint. Vous l'avez eu ?

-Oui. C'est marqué "Good plan, les voyages à prix doux".

C'est quoi ? -Un site de rencontres.

De de voyage. -T'es pas bien.

Ca va, Oedipe ? Je ressemble à ta mère ?

-Elle avait annulé son départ ? -Oui. Elle vous a choisi vous.

Pas son amant. Donc si vous aviez voulu le buter,

elle vous aurait dit tout. Vous êtes innocent. Sortez. Sortie !

Tu ouvres. Allez.

Ben cachez votre joie. -Tout ça ne me la ramènera pas.

Mais ça m'enlève un poids. -Vous êtes jamais content, vous.

Ca va, blaireau ?

-Ah ! Capitaine. On a reçu les dossiers des CEF.

-Quels dossiers ? C'est quoi ? -"Centres éducatifs fermés".

Jade venait de là-bas. Vous saviez pas ?

"Si, mais j'ai rien dit."

Multirécidiviste ! Bien. Dégradations, détention de shit.

Ca encore -C'était avant, ça.

Clara l'a sortie de ça. C'est du passé.

-Ben vous allez m'expliquer ça.

Cafés.

Alors elle a tiré un trait sur son passé ?

Sur son père aussi ? Yves Guillot. C'était pas votre second ?

C'est pas le mec qui s'est noyé en sauvant des réfugiés ?

Jade, c'était pas la protégée à votre femme. C'est la vôtre.

-Je connaissais Yves depuis l'école de Marine.

Quand sa mère est morte,

Jade avait 11 ans. Yves a dû la mettre en internat.

Ce qu'elle a très mal vécu. Et après le naufrage, elle est partie

en vrille et a fini en CEF. -Et là, vous avez demandé

à Clara de la sortir de là ? -Non. J'ai menacé la Marine

de balancer que le sauvetage s'était fait

dans les eaux britanniques. -C'est pour éviter

un incident diplomatique

qu'ils l'ont relâchée ? -Oui. Clara était une garantie

pour le juge.

-Pourquoi avoir menti pour Jade ? -Parce qu'elle avait assez souffert

avec la police.

-Je vois. Bon. Alors ? Il vient, ce café là ?

-Tenez, capitaine. -Arabica, hein ?

Woh oh !

T'es là ?

Je m'en doutais de celle-là.

Tu vas me dire où t'étais vraiment le soir du meurtre.

-Comment vous m'avez trouvée ? -Avec mon nez.

-J'étais dans ma chambre. -Et tu vas me dire

que tu t'entendais bien avec elle. -Oui. Mieux qu'avec Gabin.

-Il t'a quand même fait sortir de ta prison. Tu savais pas ?

Il a menacé la Marine et a risqué la haute trahison

pour toi. -Il a fait ça car il veut pas

qu'on sache qu'on a tué mon père. -Mais personne ne l'a buté !

La manoeuvre du bateau était risquée.

Je l'ai lu dans le rapport. -Je peux le lire ?

-Si tu veux. C'est marqué qu'il s'est sacrifié pour plein de gens.

C'est con, mais l'amiral est comme toi. Il culpabilise.

-Ben vous voyez ? -Il t'aide pas pour ça,

mais parce qu'il t'a à la bonne. Il te protège.

Il nous a empêchés de venir jusqu'à toi. Tu sais pourquoi ?

-Non. Mais vous allez me le dire. -Parce que

il a peut-être pas tort. Il croit que c'est toi qui as buté Clara.

-Non. Pourquoi j'aurais fait ça ? -Je sais pas.

Elle t'avait vénère. -N'importe quoi !

-C'est ça ! Casse-toi dans tes égouts.

Klaxon.

-Bonjour, capitaine. -Salut !

-Vous aviez raison pour les vols. Même Thomas Galeron

s'est fait piquer un casque. -Mais j'ai toujours raison.

-Le voleur a agi sur le territoire de plusieurs brigades.

L'info n'a pas circulé. -C'est bien. Salut, ma poule.

Alors les vols, ça a commencé quand ?

Il y a un mois. Juste après l'arrivée de Jade comme par hasard.

-3 semaines. Ca peut coller. -Et si ça se trouve, Anne a raconté

à Clara qu'on lui avait volé sa tablette. Clara s'est dit :

"C'est la gamine qui l'a chourave."

Tu vois ? -La trottinette de Caparros

a été volée il y a 15 jours. Il y a eu une offre le jour du meurtre.

-Ah ! Si ça se trouve Jade a fait une petite annonce. Paf !

Elle a posté une annonce. Et Clara a répondu par une offre.

Tu sais pourquoi ? Pour la piéger.

-En admettant qu'elle la soupçonnait,

vous trouvez que ça lui donne un mobile pour un meurtre ?

-Ben ouais. Parce que Jade, c'est une multirécidiviste.

Et elle va être majeure. Donc elle savait que si Clara la balançait,

c'était la zonzon direct. -Pas faux.

-Maintenant qu'on sait ce qu'on cherche,

allons fouiller chez l'amiral. -Elle aurait rien caché là-bas.

-Elle est pas bête, mais c'est une ado.

-Qu'est-ce qu'elle en a fait ?

-Oh putain ! Oh putain !

Oh putain !

Oh !

Oh putain !

Fait chier ! Merde !

Merde !

-C'est ça que tu cherches ? -Attends. Ecoute.

C'est pas ce que tu crois. C'est rien.

-Dépêche-toi. Allez. Monte !

-Tu peux me laisser t'expliquer ?

-Vauthier ! Woh oh !

J'aime pas ça. Y a personne.

-Il est sur messagerie. On fait quoi ?

-On continue de chercher. Y a un machin fermé à clé.

-J'ai un couteau suisse. -Donne.

-Non. Je suis plus habile que vous. -Ben fais montrer.

T'es peut-être plus habile, mais je suis moins con. Y a la clé là.

Vas-y. Fouille.

-Je la vois pas tuer quelqu'un.

Je la connais, cette gamine. Elle est toute

-Toute quoi ? -Je sais pas.

-Elle est toute paumée. Elle croit que tout le monde la trahie.

Quoi ?

C'est quoi ? -Une boîte de cartouches.

-Et alors ? -Elle est vide.

-Ah ouais !

-Viens avec moi.

Orage.

Dépêche-toi.

-C'est quoi, ça ? -Monte !

-Ca va pas ? -Monte !

-Oh !

Moteur de bateau. -Mais c'est lui ! Putain !

Il l'emmène où ? Appelle les collègues pour avoir un bateau.

Moi, je vais appeler sa soeur. *-Allô ?

-C'est Marleau. Votre frère se barre avec la petiote en bateau.

Où c'est qu'il peut aller ?

Un endroit où il aimait aller

quand il était petit ? *-La Grotte du mort. Il adorait

*y pêcher. -La Grotte de ?

*-Du mort. -OK.

-15 mn pour avoir

un bateau, 20 pour un hélico. -On fait quoi ?

-Venez voir.

-Quoi ?

Mais attends-moi !

-Prends la gaffe. Dépêche-toi.

Allez. Dépêche-toi ! -Attends. Ah ! Non !

-Mets-toi là. -J'allais tout rendre.

Je posais la tablette d'Anne

sur le bureau. -Comment t'as pu tuer Clara ?

-Je lui ai rien fait. Je volais pour me tirer à 18 ans,

mais elle m'a convaincue de rester.

-Non. Je te crois plus. Tu as tué Clara.

-Mais je te jure que non !

-Mais je t'ai vue par la fenêtre. Tu revenais du ponton.

-Je suis allée la voir pour lui dire

que je restais et que j'allais tout rendre.

-File-moi ton pouchka.

-Vous en avez pas ? -Mais non.

-Pourquoi ? -J'aime pas.

Pédale. -Vous m'aurez tout fait.

-Et t'as pas tout vu.

-En fait, tout ce bla-bla à dire que tu m'aimes, c'est que du fake.

Alors vas-y. Tire. De toute façon, tout le monde s'en fout de moi.

-Arrête.

-Arrête ! Vire

ton flingue ou je te fume !

Bouge pas de là, toi.

Allez.

Ah !

File-moi ton flingue. -Il est pas chargé.

-En plus. Viens, ma poule. N'importe quoi ! Complètement taré.

Ramène-la. -Oui.

Viens. -Tombe pas. Prends celui-là aussi.

Allez. Zou, vous ! Qu'est-ce que ça veut dire, ça ?

Pas charger un flingue, à quoi ça sert ? Ben démarrez votre bazar.

Allez !

Vin Dious !

Marin d'eau douce, ouais !

Regarde-moi ça.

Cris d'oiseaux.

Ca va pas de traiter sa fille comme ça ?

-Je suis pas son père. Son père, c'était Yves. J'essaie de l'aider.

-De l'aider en la braquant ? -Il fallait que je sache.

Ca me rongeait. J'aurais pas pu protéger la meurtrière de Clara.

-Vous la soupçonniez

depuis le début ? -Après Dupraz.

-Pourquoi vous me l'avez pas dit ? -J'étais pas sûr.

Et je voulais pas

que vous la torturiez pour rien. -C'est pas plutôt que vous préférez

laver votre linge sale en famille ? La famille de la Grande muette !

-Oui. J'avoue. Le problème, c'est qu'en centre fermé,

Jade a appris à dissimuler. En plus, c'est pas simple entre nous.

Mais oui.

C'était débile ! -M'engueulez pas.

-Pour les vols, vous allez l'arrêter, non ?

-Mais foutez-lui la paix. Elle rend ces machins et basta.

C'est pas ça

qu'elle aurait fait Clara ? -Vous avez raison. Et moi ?

Vous allez m'arrêter ?

-Vous commencez à me gaver. Je vous arrêterai quand j'aurai le tueur.

-Si je le retrouve, le fusil sera chargé.

-Ben oui. Comme ça vous irez en zonzon et Jade restera seule.

Vous y avez pensé à ça ? -Oui. J'ai fait les papiers

pour l'adopter. Elle aura la maison et Lili s'occupera d'elle.

Elle me hait, mais elle comprendra. -Ah oui ?

Votre frangine, elle vous kiffe. Vous avez pas encore capté ça ?

-C'est pas l'impression que j'ai. -Ben vous vous plantez.

Il faut percer l'abcès. -Vous m'emmerdez

avec vos diagnostics à la noix. Vous m'emmerdez vraiment !

D'autant qu'ils sont justes. -2e fois que vous êtes d'accord.

Ca ramollit.

Carillon de porte.

-Lili ?

Lili ?

Pardon, Lili. Pardon. Pardon pour tout.

Je suis devenu un vrai con. -T'inquiète. Tu l'as toujours été.

-Touché !

Je voulais tellement pas l'avis des parents que j'ai pensé qu'à moi.

-Et moi, au fond, je te comprenais. Mais j'étais jalouse.

Je t'en voulais. Je t'en veux encore.

-Ca se comprend, soeurette. -Tu m'avais pas appelée

comme ça depuis mes 14 ans. -Tu m'as manqué, tu sais.

J'ai essayé de fuir toute ma vie.

-On aurait pu s'aider tous les 2. -Oui.

Clara a essayé de me le faire comprendre en douceur.

Marleau en a remis une couche façon pitbull.

-Je sais que t'aimes pas ça,

mais t'as toujours été mon héros. -Et moi, je suis fier de toi.

J'admire ta force. Moi, le courage, il a fallu que je l'apprenne.

Toi, tu -Arrête.

Tu vas me faire pleurer. Ils rient.

-Ah !

-Putain de pédalo !

Putain de pédalo !

-Dégrouille ! -Putain de pédalo !

-C'est moins pire que l'avion. -Ah ! En parlant d'avion.

A part Clara Santini, il y a pas un mec dans le coin qui a acheté

de billet pour La Réunion. -Ah bon ?

-J'ai la liste.

Tenez.

Attendez. Pardon. -Ah !

-Oh ! -Donc ça voudrait dire que

la Clara avait décidé de larguer son amant.

Donc dans la famille des suspects, je demande Marguerite Duras,

"L'Amant".

-Et on le trouve comment ? On n'a plus personne dans le viseur.

-Je sais pas. On a qu'à faire un portrait.

Elle aimait vraiment l'amiral.

Alors qui elle a pu rencontrer qui lui a donné envie de le larguer ?

-Ceux qui s'aiment sont attirés

par le même truc. -T'es abonné

à Harlequin ? -Non. C'est Freud. Freud.

-Le psy qui fait de l'hypnose pour violer ses patientes ?

Ah non ! C'est un autre. Montre le dossier des viols. Des vols.

-Attendez.

Voilà. -Ah !

"Merki".

OK. T'as vu ? Thomas Galeron a retiré sa plainte

il y a 2 mois. Comment ça se fait ?

-Ben il a juste retrouvé le casque qu'il pensait qu'on lui avait volé.

-Un collectionneur ne paume pas ses pièces ! T'as vu son garage ?

Il est rangé nickel.

-Vous pensez que Clara l'aurait forcé à retirer sa plainte ?

-Je ne sais pas savoir.

L'amiral m'a dit qu'il y a 2 mois, Clara avait commencé à changer.

Et le petit Thomas, il est plutôt michto. Non ?

-Bof. Non.

-C'est vrai que t'as des goûts de chiotte. Bon. J'appelle Anne.

-Attendez. Vous avez pas de l'arnica ?

-Si. Sacha, amène de l'arnica à notre grognon chéri.

-Oui, capitaine. *-Anne, c'est Marleau.

T'as retrouvé ta tablette ? Tu peux passer pour retirer ta plainte ?

Je t'expliquerai. Merci.

Eh ben voilà !

Fais des étirements.

Elle souffle.

-Oh !

Ah ! -Eh ben, ça a l'air d'aller mieux.

-Oh !

-Oh ! N'en fais pas trop non plus. -C'est remonté dans le dos.

-C'est ça. Va faire du café au lieu de faire le con. Elle fout quoi ?

Ben alors ?

Qu'est-ce que tu fous ?

-Dites, comment vous savez que je l'ai retrouvée ?

-Parce que je sais tout. C'est mon job. Café ?

-Merci.

-Alors ? T'as remis le couvert avec Thomas ?

C'est lui qui est revenu vers toi ? -C'est rien de le dire.

Il me tanne de SMS. Je l'ignore.

Ca lui fera les pieds. -Il t'avait larguée quand ?

-2 mois environ. -2 mois !

T'as raison de le laisser mariner. Enfin attends pas de trop non plus.

Il est beau.. -Vous y allez franco.

-Ben quoi ? Il est michto, non ? Et il doit être sensible.

La base nautique, c'est pas son idée pour faire plaisir à papa ?

-Si. Mais il se ramasse à chaque fois.

Du coup, il se sous-estime et il drague tout ce qui bouge

pour se rassurer. J'ai cru qu'avec moi, ce serait différent. Ben non.

-Il t'a larguée pour quelqu'un ? -Oui. Il supporte pas d'être seul.

-Tu sais qui c'était ?

-Non. Il a été discret. Pourtant, il aime fanfaronner.

Elle a dû le larguer s'il revient vers moi.

Pourquoi ces questions ?

-Je vais peut-être tenter ma chance. "Cougar not dead".

Bon. Viens. On va s'occuper de ton truc.

Fais gaffe. On est en travaux. Service public.

Une horloge sonne.

Il frappe.

-Je peux entrer ?

Je peux ?

-T'as un flingue sur toi ? -Oh ! Ca va.

C'était pas malin de ma part. OK. -C'était complètement débile.

-Mais tu m'avais déjà fait le coup. -Moi ?

-Oui. En plus, il était chargé. -J'ai tiré ?

-4 fois. J'avais déjà dû cracher 10 balles en pêche aux canards.

Tout ça pour me prendre 10 flèches dans la tronche.

-T'es con !

-Justement. Je veux te présenter quelqu'un qui pense ça aussi.

-C'est pas compliqué à trouver. -Très drôle. C'est quelqu'un que

j'aime beaucoup et que j'ai aussi fait souffrir comme toi et Clara.

-Toi, plus t'aimes, plus t'es con. -Voilà. T'as tout compris.

On y va ?

-Seulement si je peux garder la photo.

-Deal. C'est comme ça qu'on dit ? -Il y a 10 ans, boomer.

-Bonjour, soeurette.

Je te présente Jade qui vit avec moi.

-La pauvre ! Mais je la connais.

Elle a déjà failli renverser tout le village avec son vélo.

-C'est la fille d'Yves. Et ma filleule. Yves est décédé

et j'aimerais qu'elle fasse partie de la famille.

-Elle est d'accord au moins ?

-Je l'aime bien.

-Tu changeras jamais, toi.

-Oui. Si je peux te voir souvent.

-OK. Tu fais quoi ce midi ? On grignote ?

-Carrément ! -Super.

-On t'a parlé à toi ? Bon. Viens. Je ferme la boutique et on y va.

Prends un truc en attendant. -Euh

-Je vous laisse alors ?

-Oui. File. Prends ce que tu veux.

-Bonjour, Lili. Une baguette, s'il te plaît.

Hé ! Elle serait pas un peu cougar, Marleau ?

-Quoi ? -Pourquoi ?

-Elle m'a saoulée

sur Thomas. Elle voulait savoir s'il avait quelqu'un

pendant notre break, qui c'était, si je l'aimais encore.

-Elle est spéciale. -Crois-moi.

Elle fantasme sec. Allez.

-Allez. J'y vais. On y va.

-Qu'est-ce qu'il fout, lui ?

Woh ! Allez ! Pas que ça à foutre. Il est grave, lui.

Ben alors ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Je peux plus arquer. -Trop de sport en chambre.

D'ailleurs, l'amour, t'avais raison. C'est toujours le bordel.

-Bien dit. Mais vous trouvez que Vauthier ressemble à Thomas ?

-T'as un peu l'oreille droite, toi. Et ils ont des profils de paumés.

Et je pense que la Clara souffrait soit du syndrome de Stockholm

soit celui du Saint-Bernard.

-Reste à le prouver. Et comme il fallait qu'il consomme,

je lance la tournée des hôtels. -Oui, mais cherche pas trop loin.

-Ca va. J'ai l'habitude. -Ah oui ?

Tu trompes ton mec aussi, toi ? -Ah non ! Jamais eu envie. Enfin

Jusqu'à vous.

-Ce qui prouve que tu as des goûts de chiotte. Ah !

On m'appelle. Qui m'appelle ?

Oui. Quoi ?

Ah ouais ? Bouge pas. J'arrive.

Hop ! Allez. C'est parti.

-Vous partez ?

-Merde !

Jade ! Jade !

-Vous alliez faire quoi ? -Il manque un fusil.

Jade va buter Thomas. -Elle vient de me dire que

c'était vous qui alliez le buter. -La garce !

Elle voulait avoir le champ libre. -C'est pour vous protéger.

C'est une maligne, elle. Allez. Zou !

-Je pensais pas qu'elle avait compris.

-Vous aussi, vous avez compris. -J'y crois pas. Thomas, c'est tout

ce qu'elle détestait. -Tout ce qu'elle aimait aussi.

Un paumé comme vous. Elle a essayé de le sauver, mais bon.

Elle vous a choisi et il l'a butée. Grouillez.

-Je comprends pas. Ca matche bien entre nous deux, non ?

-Je préfère en rester là. Je suis pas un Kleenex.

Tu m'as larguée. -Je suis désolé.

J'ai fait une erreur.

-Je n'ai plus confiance.

-Tu peux pas me faire ça. Pas en ce moment.

-Pourquoi "en ce moment" ? -Tu peux pas. C'est tout.

-Tu m'avais quittée pour Clara ? Tu l'as tuée ?

-Tu délires.

Vauthier l'a tuée.

C'est toi que j'aime.

-Je te crois pas.

Je te crois pas.

-Tu me prends pas pour un assassin ?

J'ai un alibi. -Me touche pas !

-Ca va ?

-Impec, oui.

Tu sais quoi ? Casse-toi. Je m'en fous.

Je peux avoir toutes les femmes que je veux. Des vraies comme Clara.

-Pas cool de se faire plaquer. -Tu fais quoi là ?

-Je venge Clara. Tu l'as tuée.

C'est ton tour. -Baisse ça.

-Jade ! Il en vaut pas la peine. -Dégage. Je le fais pour nous deux.

Moi aussi, j'aimais Clara. -Alors arrête. Fais-le pour elle.

Tu vas gâcher ta vie.

-Elle sait ce qu'elle fait.

-Je voulais pas la tuer. C'était un accident. Je le jure.

-Ben voilà.

T'étais pas un si mauvais prof finalement.

-Vous saviez qu'il était vide ? -Ben évidemment. Pff !

-J'avais mis

mon téléphone en mode enregistrement. Fâché ?

-J'ai failli crever de trouille, oui.

-Toi, tu vas déguster en zonzon, tombeur de ces dames !

Alors comment t'as fait avec Clara ? C'est la bécane ?

-Elle était tombée en panne sur la nationale.

Moteur.

Je peux vous aider ?

-J'espère.

-Vous avez l'air mal en point.

-Je sais pas. Tout s'est arrêté. -On va regarder ça.

Il vous manque une pièce.

Vous me suivez ?

Je l'ai emmenée à mon garage. -Et t'as fait quoi là-bas ?

T'as dansé de la pole dance au milieu des bidons ?

-Non. -Non ?

-Même pas.

Elle m'intimidait.

J'ai bien vu qu'elle me trouvait beau mec, mais elle s'en fichait.

Et il s'est passé un truc entre nous. Une connexion.

On s'est séduits sans le vouloir.

Elle rit.

2 jours après, elle est revenue chercher le scooter.

J'avais pas arrêté de penser à elle.

Visiblement elle aussi. On n'avait plus le choix.

-Et ça t'arrangeait, car ça filait un coup de main à papa.

-Oui, j'y ai pensé, mais c'était elle qui comptait avant tout.

-Tu croyais qu'elle quitterait

l'amiral ? -J'avais préparé

une bague de fiançailles.

-1 ! 2 ! 3 !

Rentre te sécher. Tu vas prendre froid. Je finis.

-OK.

-Mes canoës, ils ont été sabotés.

-Oublie ça. J'ai une surprise pour toi.

-Oh !

Oh !

Non. Arrête-toi. -Quoi ?

-Je veux pas continuer comme ça. -Tu te fous de moi ou quoi ?

Tu m'as baladé tout ce temps ? -Non. J'étais sincère, mais je

-"Je" quoi ? -On a eu 2 mois formidables.

Mais ce soir, j'ai compris. J'aime toujours Gabin.

-Ce vieux naze ? Tu vas pas me larguer pour un naze pareil ?

Clara ! -Non. C'est fini, nous deux.

Tu me lâches.

Et moi, je retourne voir mon vieux naze.

-Je sais pas ce qui m'a pris.

J'ai pris une pagaie.

-Et paf !

-J'ai trouvé leur nid d'amour.

J'arrive trop tard.

-Un jour, ton tour viendra.

-Merci, maître Marleau. Impatient je suis.

-"Namastouche".

-Tu vas me dire où on va ? -Mais tu vas bien voir. C'est ici.

Il y a un truc pour toi. Allez. Passe devant.

Pas besoin de permis.

Juste quelques heures de formation.

-C'est vrai ? Tu plaisantes pas ? -Il est à toi.

-Tu crois que Clara aurait voulu ? -Moi, je le veux. Tiens.

Ils rient.

-Merci. J'en prendrai soin. Juré.

Tu sais que t'es un mec bien.

-Ouais. C'est vrai, ça. Elle rit.

-Merci.

OK. Vous êtes prêts ?

Je vais vous montrer vos chambres. Allez. On se dépêche, les gars.

-Vous en tirez une tronche. C'est à cause de votre mec ?

-Avec l'arrestation de Thomas, il déprime. Il veut vendre l'hôtel

et quitter Saint-Léger. -Ah bon ?

On parie combien qu'il a changé d'avis ?

-Oh !

-J'ai un truc à te dire.

-Plus tard. Franck n'est pas bien. -Il va bien. Il va me louer l'hôtel

pour accueillir plus d'enfants et aussi

des adultes pour faire tourner notre petite flotte.

Il gèrera la logistique.

-Vous -Partenariat

entre futurs beaux-frères.

Oh ! Merde ! J'ai gaffé. -T'es formidable !

-Quand même, t'as mis le temps. Marleau l'a vu tout de suite, elle.

Où elle est passée ?

Moteur.

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