All language subtitles for Capitaine Marleau S04E14_track3_fre

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Original subtitles

- Ca va, Lucky Luke ?

Beau chapeau de cow-boy.

- Pas mal, ta chapka.

- On échange ? - Surtout pas.

- Le casque, pour la moto, c'est mieux.

- T'es flic ?

- La police ?

T'es malade, toi.

Gendarmerie.

Ah, ben voilà.

Allez, hop.

Fais montrer.

Allez, roulez jeunesse !

Il a pas payé, en plus.

Ils jouent un tango.

- Bravo, on y va !

Dix.

Un, deux, trois !

Magnifique !

Un, deux, trois.

Bravo, vous ne l'avez pas perdu depuis l'année dernière.

Vous pouvez être fiers de vous.

Alors, cette année,

on va apprendre une nouvelle danse, qui est le cha-cha.

Vous savez déjà le tango, le mambo, la rumba, la salsa,

le calypso, le paso et, avec le cha-cha,

ce sera donc la 7e danse que vous apprendrez, bravo !

Et ce sera donc le cha-cha

que nous allons danser au bal de la fin du festival.

Vous êtes d'accord ? - OUI !

- Et cette année,

il y a une grande nouveauté.

Ce sera ma fille, Bérénice, qui va nous accompagner à la guitare.

Ca ne me rajeunit pas. On l'applaudit.

Pour montrer les pas, il faudrait un ou une volontaire. Qui veut ?

Super, viens. Comment tu t'appelles ?

- Zoé. - Zoé ?

C'est joli. Bienvenue.

C'est ton 1er festival ? - Oui.

- Merci de faire le cobaye.

Alors, tu poses ton bras ici.

Voilà, tu mets ton poids sur la jambe droite.

Magnifique. On sourit.

Et c'est parti.

3, 4.

L'orchestre joue un cha-cha-cha. Et 1, 2, 3, 4.

Et 1, 2, 3, 4.

Et 1, 2, 3. Tu vas tourner.

Et on compte.

4 et 1, New York.

4 et 1.

4 et 1, New York.

Et on tourne. Reviens. 4 et 1.

Epaule contre épaule. 4 et 1, épaule contre épaule.

4 et 1, épaule contre épaule. Tu tournes, reviens

Mais enfin, tu pleures ?

- Non.

- Euh

Vous avez ce qu'il faut pour commencer.

Excusez-moi.

Zoé ?

Zoé, attends.

C'est la 1re fois qu'on me plante au milieu de la piste.

- C'est ridicule, je suis désolée.

Mon copain m'a larguée et quelque chose m'a fait penser à lui.

- C'était quoi, ce quelque chose ?

- Un des festivaliers qui a la même chemise que lui.

- C'est grave si tu pleures à cause d'une chemise.

Franchement.

Mais regarde, ces yeux, ton regard, cette énergie quand tu danses.

Tu es forte. Il devait pas se sentir à la hauteur.

Moi, je dis toujours à mes élèves :

"Quand on danse, on laisse les problèmes à la porte du cours."

Viens, je t'offre un verre. - Avec plaisir.

Waouh.

J'adore la déco.

- Luc, je te présente Zoé.

- Enchantée. - Zoé, tu es nouvelle ici.

- Oui. - Ton âge.

Tu viens d'où ?

- Je viens de la planète Mars, j'ai 1 000 ans.

- Fais pas attention.

- Tu es

au camping ? - J'ai un coup de fil à passer.

A plus. - Je te vois pour le tango ?

- Yes.

- Mais ça va pas ?

- Véro, dans le cha-cha, les deux pieds, on doit les assembler ?

- Dans un chassé, c'est mieux.

Mais il faut se laisser porter par la musique.

On n'est pas dans un carcan. - Merci.

- On s'amuse.

- Viens voir, vite, vite !

Monte, monte !

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

Oh, sa guitare ! C'est du sang ? - Oui.

- Tu as appelé les gendarmes ? - Oui.

- Oh, mon Dieu

- Capitaine.

- Aspirante Elodie Lejeune.

- Aspirante à faire un rapport ? Je t'écoute.

- "Hier, à 21h42,

"la gendarmerie a reçu l'appel d'Alexandre Rémonville

"signalant la disparition de sa fille Bérénice, 17 ans.

"Sur place, les équipes ont détecté la présence de

"petites gouttes de sang dans la chambre de l'intéressée.

"Détail qui, ajouté aux autres,

"comme le désordre régnant dans la pièce

"et indiquant une lutte,

"ainsi que le téléphone portable de la disparue, éteint,

"nous a amenés à la conclusion que nous étions en présence

"de la disparition inquiétante d'une mineure."

- Bien. Et puis ? - Par ailleurs,

voici la liste des festivaliers.

Les noms cochés sont ceux des individus ayant porté plainte

pour vol de portefeuille.

Portefeuilles retrouvés vides derrière un bâtiment.

- Où est la chambre ? - A l'étage.

- Là ? - Oui.

- Et ? - Et ?

- Donc, je dois faire le lien entre la disparition de la gamine

et le vol de portefeuilles. - Oui.

La question se pose. - Et moi, j'ai la réponse.

QOQ.

- QOQ

- Quand ? Où ? Quoi ?

- Capitaine, je fais une synthèse qui sera déposée dès que possible.

- Speedy, arrête la coke. La gendarmerie, ils aiment pas ça.

Oh que non !

C'est des jeux interdits, ça.

Vous l'avez vue quand pour la dernière fois ?

- Hier, à mon atelier de danse.

- C'était hier ? - Oui.

- Elle portait ça, hier ?

- Je sais plus.

- Ben si.

- Vous vous rappelez pas ?

- C'est répréhensible ?

- Non, bizarre.

- Je règle 2 000 trucs par jour.

Vous voulez que je me souvienne de tout ?

- Elle est repartie seule ? - Mais je ne sais pas.

- Je vais demander à Momo.

- C'est qui, Momo ? - Momo ?

C'est notre stagiaire, il joue de l'accordéon.

- Et il est où ?

- Là où on entend de l'accordéon. - Diatonique ou chromatique ?

Ca dépend : buvette ou pas buvette ?

Voilà.

Georges Moustaki.

Notes. La, ré

Elle est désaccordée.

- Je vais vous aider à organiser une battue.

Avec les festivaliers. - Non, pas de civils.

On a déjà les clébards de la brigade.

Portable. Ah, qui m'appelle ?

Oh, Speedy.

Qué tal, Speedy ?

*-J'ai quelque chose à la buvette. - C'est bien, ça. Ciao.

C'est où, votre buvette ?

- Qu'est-ce qu'il a à voir là-dedans, mon frère ?

- Ben, il y a eu des vols de portefeuilles à la buvette.

- Quels vols ?

- Des gens se sont fait voler des portefeuilles à la buvette.

- Je croyais qu'il avait été perdu. - Je t'expliquerai.

- Il y aurait un lien entre ces vols et la disparition de Bérénice ?

- Je sais pas, on va vérifier.

Service public, hein !

- Elle est bizarre. - Oui.

L'âne brait.

- Bravo.

- Salut, tu me remets ? Tu as quelque chose à voir

avec la disparition

de ma nièce ? - Je l'avais jamais vue avant hier.

- Je sais pourquoi tu es là.

Tu viens de Meyssac, c'est ça ? - Et ?

- Et réponds-moi.

- Pourquoi ? J'ai pas de comptes à vous rendre.

Elle klaxonne.

- Ah.

Y a personne ?

Ouh, ouh !

Hé, hé, hé, hé.

Hop là.

Casse-dalle.

- Faites comme chez vous. - Ben quoi ?

Ah, c'est vous, le frangin ? C'est le jour et la nuit.

C'est quoi ? Un mixte entre Alain Bashung et De Villepin ?

- Et vous êtes qui ? - Capitaine Marleau.

Brigade de répression des anarchistes de droite.

- A bas l'Etat policier. - St-Gilets jaunes, priez pour nous.

Il paraît qu'il y a eu des vols de portefeuilles par ici.

- Ca fait de moi un voleur ?

- Oui, si vous êtes assez con pour voler dans votre rade.

Mais j'ai pas l'impression. - Ouf, une erreur judiciaire évitée.

- Eh ouais.

Justement, la disparition de votre nièce, vous avez une idée ?

- Quel rapport avec les portefeuilles ?

- Je sais pas.

Alors, ce concert,

c'était une tuerie, j'y étais. - Moi aussi.

Tenez, regardez.

- Quoi ? - J'ai une photo.

- C'est moi, la chapka !

Je l'ai perdue au concert de Shaka Ponk.

- On est près, on aurait pu

- On aurait pu quoi ?

Pogoter à deux ? Je vous le déconseille.

- Je vous offre un café ? - Je préfère une bière.

- Allez.

- Alors, votre nièce Bérénice ?

- Bérénice vient souvent tchatcher avec moi, elle se lâche.

C'est une gamine mignonne, sensible, pas du tout sûre d'elle.

- Avec ses vieux, ça se passe comment ?

- Ils travaillent trop, ils s'occupent pas assez d'elle.

Mon frère a lancé ce festival en plus de son exploitation agricole.

Ca fait beaucoup de taf.

Et sa mère passe sa vie à donner des cours de danse et à danser.

La petite est livrée à elle-même. - Elle est seule.

Elle a pas un mec ou une gonzesse ? - Ca, elle me l'a pas dit.

- Attendez, je viens avec vous.

- Je suis mal garé, vous allez me coller un PV ?

- Je m'en fous, c'est chez vous.

C'est "bobonenfant" ce festival, y a jamais de problème ?

- C'est familial. Mais il peut toujours y avoir un énergumène.

- Justement, votre buvette, ça permet de les repérer.

C'est "vigipicrate".

Hier soir, vous n'avez pas vu un énergumène avec votre nièce ?

- Je l'ai vue, elle.

- Avec qui ? - Des festivaliers.

- C'est vague, vous pouvez pas être plus précis ?

- Si, je l'ai vue avec un cow-boy.

- Un cow-boy ?

J'adore les cow-boys.

Il ressemblait à quoi, ce cow-boy ? - Pas à Gary Cooper.

Un Stetson avec un bandeau léopard.

- Vous êtes sûr de ça ? - Oui.

- Merci.

Bandeau léopard

Mais ouais, bien sûr.

Speedy, c'est moi.

Tu me cherches un motard sur un side-car

avec un bandeau léopard sur un chapeau de cow-boy, et corsé.

Son accent, pas son café, babache !

Il a peut-être vu la p'tiote en dernier.

*Cha-cha-cha.

*

- Bonjour à tous. Bonjour.

J'arrive.

*

- Véronique, je peux aider

pour ta fille ?

- Non, ça va aller. - Je peux te remplacer.

- Non, merci.

- J'ai déjà animé des ateliers. - C'est bon, merci.

*

Allez.

On n'oublie pas de sourire.

On y va, les hanches.

Allez, on s'engage, magnifique !

*

On continue à sourire. - Qu'est-ce que tu fais, chérie ?

- Ca va me faire du bien. - C'est pas raisonnable.

Shirley peut prendre le relais. - J'en ai vraiment besoin.

- Allez, on y va, viens.

Viens, chérie.

- Très bien. Oui, merci.

Un témoin a vu le motard partir vers 6h du matin sur sa moto.

- Bon, plan d'intervention immédiat.

*

Allez, olé !

*

- La parka et la chapka, c'est top.

- C'est pas latino, mais c'est stylé.

- Les danses, je préfère les mettre que de les faire. "Disculpe".

- C'est toi, Momo l'"accordéoneux" ? - Oui.

- Viens. - Pourquoi ?

- Tu verras.

Continuez sans nous.

Comment ça s'est passé avec Bérénice ?

- Pour la 7e danse ? - Hm.

- Elle jouait pour la 1re fois pour l'atelier de sa mère.

- Grosse pression. - Oui, mais elle avait trop envie.

Et Véro a dansé avec une fille. - Quelle fille ?

- Une festivalière qui d'un coup est partie en mode "Je craque".

Véronique a tout laissé en plan et elle l'a suivie.

- C'est qui, cette fille ? - Je l'avais jamais vue.

- D'accord. Et Bérénice a réagi comment, elle a fait quoi ?

- Je sais pas, on s'est tous dispersés.

- Bérénice, tu la connais bien ?

- Pas plus que ça, avec le travail que j'ai à la ferme.

- Tu fais quoi ?

- Manutention, entretien, jardinage. - C'est rigolo, c'est quoi ?

- Rien. - Hm.

- Je peux y retourner ?

- Oh, va pas plus vite que ta musique.

Elle est où, cette gonzesse ? - Au tango.

- Là-bas ?

*Tango.

*

Camarades ! *La musique s'arrête.

Quelle gonzesse s'est barrée de l'atelier 7e danse de Mme Véro ?

C'est toi ?

Viens. T'as tes papiers ? - Justement, on me les a volés.

- Pas de bol, ça.

Nom, prénom, adresse. - Zoé Duranton.

- Et tu viens d'où ? - De Lille.

- T'es de "min" coin ? J'enlève "min capiau", la Ch'timi.

Ca fait une trotte pour aller jusqu'à Lille d'ici.

Qu'est-ce tu viens foutre avec

- Je suis venue pour danser. L'ambiance était super sympa.

- Mais si c'est sympa, pourquoi tu t'es barrée de l'atelier ?

- Une histoire de mec, un coup de blues.

- Il t'a larguée, et t'es inconsolable.

- C'est pas un délit. - Non, si tu vas mieux, tant mieux.

T'es venue chercher quoi ici, de la danse ou autre chose ?

- Je suis venue oublier mon mec, et oui, je vais mieux, merci.

Portable. - Tant mieux. Qui m'appelle ?

Musique, maestro !

*Tango.

Ah, c'est Speedy !

Ouais, qu'est-ce qu'il y a ?

Ta, ta, ta Non, je danse, là.

Tu l'as retrouvé ? J'arrive.

On a retrouvé ton voleur, enfin, peut-être.

T'es contente ? - Très.

- "Arrivé d'Orchies" comme on dit chez ti.

Tiens, des fleurs.

- Merci.

- Hop là.

Margot est au Brésil, elle danse la samba.

Hikou, hikou.

Elle va de ville en ville pour apprendre le pas.

Tu vas, Fred ? - Capitaine.

- Oh ?

- Oui, non, c'est parce que l'analyse du labo est arrivée.

Le sang dans la chambre, c'est bien celui de Bérénice.

- Attention, hein.

Voyons.

Hé, ça va, "Macadam Cowboy" ?

Tu me remets pas ?

La station-service.

Le casque. - Ah, c'était vous ?

- Faut pas me ghoster comme ça, sinon tu vas me vexer.

- A part le casque, vous me reprochez quoi ?

Je respecte à mort

la limitation de vitesse. - A mort, justement.

On lance pas un plan d'intervention pour un pickpocket.

- Pickpocket ?

- T'as bien chouravé 2-3 larfeuilles au festival ?

- Première nouvelle. - Allez.

Un petit festival latino en passant.

Un chapeau de cow-boy

au milieu des sombreros. - Pff !

- Bon, photo.

- Photo ?

- Des gens t'ont vu lui parler.

- Et ? - Tu la reconnais ou pas ?

- Oui.

- Ben, la gamine a disparu. Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Rien, elle m'a demandé où j'avais acheté

mon Stetson.

Elle voulait en trouver sur Internet.

Mais c'est du sur-mesure, ça.

Voilà.

End of conversation.

- Peut-être que la gamine,

elle t'a vu en train de chouraver, et là, couic !

End of the gamine.

- Vous voulez me mettre ça sur le dos pour des portefeuilles ?

- Ah donc, tu les as piqués.

- Ca, oui.

Je suis parti ce matin car j'avais atteint mon objectif.

- Lequel, te taper une gamine ?

- Faux, archifaux !

En fait, dès que j'ai 400 euros, je me barre.

Ca fait 10 portefeuilles à trouver.

- On ne dit pas "trouver", on dit quoi ?

- Ben, "voler", "chourer" - En général, il y a 40 euros

dans chaque.

clau-T'es anthropologue pickpocket ? C'est le Claude Lévi-Strauss-Kahn

de la chourave. - D'habitude, je pars à temps.

- "D'habitude". Donc, c'est pas ton coup d'essai.

- Non, au moins, je mens pas.

- Oui, mais ça colle pas.

Quand on t'a arrêté, on les a pas trouvés.

- Pas trouvé quoi ? - L'oseille, les 400E !

Tu as piqué 400 euros.

- Attendez, donnez-moi mon Stetson.

Regardez, à l'intérieur, il y a une poche à gauche.

J'aime la thune.

Mais toucher à quelqu'un, jamais !

- Ah oui ? Sauf toucher à une gamine de 17 ans.

- Ca m'intéresse pas.

Interrogez l'accordéoniste.

Je l'ai vu rouler des pelles à la gamine.

- Et tu les as regardés ?

Menteur et mateur, t'as pas honte ?

Allez, pour les orphelins de la gendarmerie.

- Mes sous ! - On te fera un reçu.

*Cha-cha-cha.

*

Ca va, je vous dérange pas ?

Je bosse, moi, je cherche votre fille.

- Oui, je sais.

- Momo et votre fille, c'est quoi leur relation ?

- Ils jouent de la musique ensemble. - Musique ou bisou, bisou ?

- Non, je crois pas. - Non ?

Pourquoi vous m'avez pas parlé de l'histoire avec votre fille

dans votre atelier ? - De quoi vous parlez ?

- Vous avez tout arrêté pour suivre une fille.

- Oui. - Alors que votre gamine

allait faire son 1er show.

- Oui, j'ai oublié Bérénice.

Elle qui s'était tant préparée, elle n'a pas pu jouer.

- Vous raconterez ça à votre psy. En attendant, Momo

- Il pourrait y être pour quelque chose ?

- Peut-être.

Où c'est qu'il habite ? - Je vous emmène.

- Vous dansez souvent seule ?

- De temps en temps, ça me permet d'oublier.

- L'oubli, le déni

Des fois, c'est bien de se rappeler, non ?

Ceinture.

- Je sais, merci.

- La robe déchirée de votre fille, ça venait de vous ?

Je vous parle, malpolie ! - Je dis à Alexandre où je suis.

- Il vous rappellera. Alors, la robe ?

- C'était mon cadeau d'anniversaire. - D'accord.

Donc, la robe déchirée, la guitare dézinguée, ça vous évoque rien ?

- De la colère ? - Oui, et contre qui ?

- Ben oui.

Elle devait être furieuse contre moi parce que je l'avais oubliée.

- Exactement, donc qu'est-ce qu'on peut en conclure de cela ?

- Qu'elle a fugué ? - Qu'elle a fugué.

Oui. - Et le sang ?

Quelqu'un joue un tango à l'accordéon.

- (Vous restez là. Je gère.

(Chut.)

Ca va,

Momo Piazzolla ?

- Qu'est-ce qui se passe ? - Où est Bérénice ?

- Je sais pas.

Voix de fausset. - "On se connaît presque pas."

Mytho, t'as foutu quoi avec elle ? - Rien.

- Arrête, hein !

Je vais t'en coller une.

On t'a vu lui rouler des grosses galoches.

- On sort ensemble. - Depuis quand ?

- Depuis les répètes.

- C'est quoi, ça ?

C'est son sang ? Qu'est-ce que tu lui as fait ?

- Je l'ai juste soignée.

- Donc elle est venue chez toi. - Oui, elle en voulait à sa mère.

- Tu aurais pu

le dire avant, babache.

- Je voulais pas la balancer. - Elle est où, maintenant ?

- On s'est engueulés.

Elle est partie chez Luc, elle a dit que lui, il la comprendrait.

- Elle est partie quand ? - Je sais pas, y a une heure.

- Je vais t'emmener au violon, ça te changera de l'accordéon.

Je te jure.

Pas bouger. Et tu touches pas à ta beuh.

Oui, Speedy, envoie la bétaillère. C'est l'"accordéoneux".

- Là, vous continuez.

Pardon, j'appelle mon mari.

Mon amour, on va chez Luc. Il y a Bérénice qui y est.

D'accord, à tout de suite.

Il nous rejoint.

C'est bizarre, si Bérénice est chez Luc, pourquoi il m'a pas appelée ?

- Vingt dieux, c'est un anar de droite, lui.

- Bérénice ?

Clochette.

- Ah, un bon bouquin, ça.

M. Luc ?

Oh ! - Bérénice ?

- Y a personne ?

- Luc !

- Touchez-le pas ! Touchez-le pas.

- Bérénice ! - C'est moche pour lui, il est mort.

- Bérénice ! - Maman ?

- Mon bébé !

Oh, mon bébé !

Elles sanglotent. Mon bébé.

Allez, respire.

- Maman, j'ai eu si peur.

- Allez, respire, respire.

- Ca va mieux ?

Bon, t'arrives ici, il y a de la lumière, tu appelles :

"Tonton Luc ?"

Ca répond pas, tu rentres.

Et là, plus de Luc. Que s'est-il passé ?

- C'était horrible, il y avait du sang partout.

- On s'en fout. Tu as vu ou entendu quelque chose ?

- Non, c'était calme. - Comment ?

- Luc était déjà mort, voilà !

- Oh, calme-toi.

Tu nous as fait croire à un kidnapping, alors que tu as fugué.

- C'est bon, laissez-la.

- Pff !

C'est dingue, ça.

Elodie, c'est moi.

Ben, là, je suis chez Luc.

Il y a de la viande froide et de la viande blessée.

Une voiture approche. A toute.

Par ici.

Oh

- Pardon, je voulais pas. - Qu'est-ce qui se passe ?

Où est Luc ?

- Il est boulevard des Allongés, chez Bakounine.

- Ca veut dire quoi ?

- Qu'il est au paradis des anars.

Il s'est passé quoi avec lui ?

- Stop, laissez-moi m'en remettre. - Non, y a un assassin qui rôde.

- Je sais pas, il n'y a rien à signaler.

Il est revenu de son bar vers 22h, je pense qu'il est rentré chez lui.

Je revenais du vieil hippodrome,

j'étais là-bas quand il m'a appelé.

- Le vieil

hippodrome ?

- Oui, je voulais vérifier, en fait.

- Qu'il me soit pas arrivé la même chose qu'à Vanessa ?

- C'est qui ? - C'est

Un vieux fait divers. Je veux voir mon frère.

- Non, vous prenez votre femme et votre fille et vous rentrez.

Ca va pas, non ?

Et vous restez dans le coin.

Déclics d'appareil photo.

Propos inintelligibles des gendarmes.

Elle klaxonne.

Vous avez largué votre mari ?

- Non, j'avais besoin de respirer un peu.

- Montez, il y a un assassin dans le coin.

- J'y avais pas pensé.

- Ou vous avez pas peur parce que vous le connaissez.

- C'est pas drôle. - Bon, allez, je vous ramène.

- Vous étiez ensemble ?

- Oui.

Désolée, j'ai oublié de te prévenir.

Je vais me coucher. - A tout à l'heure, chérie.

- Au revoir. - Salut.

Alors, M. Alexandre,

ça cogite, la mort du frangin ? - Oui.

Quel est le salaud qui l'a tué ? - Pff !

Il faut plutôt chercher le mobile.

- Pourquoi on aurait fait ça ?

- Je sais pas, à votre avis ?

- Je sais pas.

Il avait plus de secrets pour moi que j'en avais pour lui.

- Ah. Et votre fille, elle dort ?

Oui, elle est épuisée.

Pourquoi elle a fugué ? - Je sais pas.

Peut-être pour gâcher votre festival.

Ou pour vous faire chier, tous autant que vous êtes.

"Famille, je vous haine."

Allez.

- Au revoir, capitaine. - Ouais.

- C'est pas vraiment le moment.

- Tu sais, Luc est mort

et on doit rester du côté de la vie.

Tu vas me prendre pour un fou, mais je me suis dit que

Je voudrais un autre enfant de toi.

Je voudrais que Bérénice ait un autre petit frère

ou une autre petite soeur.

- Tu es fou.

- Tu ne veux pas un autre enfant ?

Je t'aime tellement.

Je t'aime tellement.

*Cha-cha-cha.

*

- Y a personne ?

*

Hé, caramba !

C'est toi, Carmen ? "Tou a oune chambre pour moi ?"

- Désolée, camarade Khrouchtchev, ma datcha affiche complet.

- Je m'appelle pas Nikita mais capitaine Marleau.

- Fallait le dire.

Elodie a réservé la suite royale pour sa capitaine.

*

La 3, on a fait pour le mieux.

- Grazie mille.

Permettez.

Marleau chantonne un cha-cha-cha.

Et hop-là !

- Qu'est-ce que je vous sers ? - La même chose que vous.

- Vous avez des nouvelles de Bérénice ?

- Elle est pas morte.

- Tu t'inquiètes toujours pour rien.

- Ce serait dommage qu'il arrive quelque chose

aux Rémonville.

- Quoi, c'est le couple idéal, entreprenant ?

- Ils se sont bien trouvés.

Elle, elle a les idées, et lui, il s'exécute. C'est beau,

des couples aussi complémentaires. - Deux.

- A son arrivée,

elle faisait peine à voir. - Elle est belle quand elle danse.

Ce peps, cette énergie.

Elle nous a tous appris à danser. - Mais elle vient d'où ?

- De Bordeaux. Ils se sont connus

à la fac avec Luc, il devait être prof.

Il a tout arrêté, quel gâchis.

- Donc Luc a ramené Véronique ici.

- Elle était pas bien.

Son amoureux venait de mourir. - Mais c'était pas M. Luc ?

- Ah non ! - Ouh

Elle kiffe M. Luc, elle.

- Marjorie ?

Amoureuse de Luc depuis l'enfance.

La pauvre.

C'est un vieil ours ronchon qui sort jamais de son antre.

Mais elle lâche pas l'affaire.

- Oui, je m'accroche.

Il me parle qu'une fois par mois, quand il vient à La Poste.

"Bonjour, Marjorie, je signe où ?" Et il repart.

- Hé, caramba !

Et ma chambre, elle est où ?

- Au premier étage, capitaine.

- Muchas gracias.

- Passez une bonne nuit. - Buenas noches.

*Musique techno.

*

Oh !

Oh !

Il va la fermer, David Guetta, là ? Oh !

Putain !

*

C'est pas un peu fini, non ?

Anarchistes !

Syndicalistes désenchantés !

Gendarmerie, merde.

Samba, samba.

Samba.

Samba, samba. Ah ouh, ouh !

- Bonjour. - Bonjour.

- Vous êtes déjà là ? - Oui, et vous, votre chambre ?

- Les nuits comme ça, j'en souhaite à personne. Viens.

Du tango, du tango, du tango. Je t'en foutrais, moi.

Bon, alors, toi, ça donne quoi ?

- L'hypothèse d'une bagarre qui aurait mal tourné.

Luc Rémonville s'est ouvert la tête en tombant.

Il a un hématome à la joue et son T-shirt est déchiré.

- Il est mort à quelle heure ? - Entre 22h et 23h.

On a retrouvé un échange de mails

entre Luc et Jacques Chastaing, le vétérinaire du coin.

Luc lui envoie une copie d'un certificat

que Chastaing a fait à un éleveur, et voilà ce qu'il y a en dessous.

- "Money ! Money ! Money !" C'est peut-être un fan d'ABBA.

- Et la réponse de Chastaing à Luc.

- "Ca va durer toute ma vie ?"

Ben, on convoque le véto.

- Je l'avais choisie avec Luc.

Il m'avait dit : "Si tu hésites, laisse la guitare te choisir."

L'idée me faisait rire.

- On ira chez le luthier, il fait des miracles.

On ne sait jamais. - Tu es gentille.

- Luc était au courant pour toi et Momo ?

- Oui, mais il le cernait pas.

Il me posait plein de questions.

Je comprends même pas pourquoi Momo est amoureux de moi.

- Parce que tu es épatante.

Jolie comme un coeur, généreuse.

On se gâche la vie à pas avoir confiance en soi.

- Bonjour.

Excusez-moi de vous déranger, je suis désolée d'entrer comme ça.

- Bonjour, Zoé. Qu'est-ce qui se passe ?

- J'ai appris pour Luc. Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Pour l'instant, on sait rien.

- Est-ce qu'il t'a dit quelque chose en particulier ?

- Excusez-moi.

En quoi sa mort vous concerne ? - Luc m'aurait dit quoi ?

- Elle a raison.

Je sais pas pourquoi je suis venue, ça me concerne pas.

- Elle est culottée, non ?

- Elle est perturbée.

Comme nous tous. - Elle connaissait déjà Luc ?

- Non, je lui ai présenté.

Elle m'a même proposé de me remplacer à un atelier de danse.

- Je comprends pas l'objet de cette convocation.

- M. Luc Rémonville,

vous en pensiez quoi ? - Rien.

Il n'a jamais eu d'animaux. - Donc il vous rapportait rien.

Au moins, c'est cash.

- Non, mais je suis très occupé. J'ai mes consultations, mes cours.

- You are very busy. - Oui.

- Ca vous empêchait pas de rencontrer parfois M. Luc.

- Vous savez, on n'était pas très liés.

Et puis, il était désagréable.

Je pense même qu'il était né désagréable.

- Mais de temps en temps, vous échangiez des mots doux par mail.

- On était un peu en bisbille, mais franchement, je l'ai pas tué.

Puis c'était un

Un parasite.

Il vivotait à peine avec ce que lui filait la mairie.

Quant au frère, Alexandre,

il essayait de ruiner

les petits éleveurs pour récupérer les terres et les troupeaux.

- En parlant de troupeaux, c'est quoi, ça ?

Vous avez signé ça à un éleveur qui s'appelle Paul Dubois.

C'est quoi ?

- J'ai pas mes lunettes. - Un problème, une solution.

La lunette.

Vous êtes presbyte ?

Elle ricane.

Tenez.

Je vous en prie.

- Je ne crains pas le ridicule.

- Non, il ne tue pas.

C'est quoi, ce certificat ? - C'est un certificat qui

Qui notifie que les bêtes de M. Dubois

n'ont jamais eu la brucellose.

- La bruxelloise, une maladie belge ?

Des vaches du coin l'ont chopée ? - La région était infectée en 2012.

- D'accord.

C'est pour ça que vous avez fait ce certificat.

Mais pourquoi M. Luc l'avait et pourquoi il vous l'a envoyé ?

- Je sais pas, j'ai signé des centaines de certificats.

Pour dire que les bêtes étaient malades ou ne l'étaient pas.

- D'accord.

Alors, expliquez-moi pourquoi M. Luc

vous a envoyé ce petit mail.

"Money ! Money !"

- Luc aimait beaucoup manier l'ironie.

- Et votre réponse était ironique aussi.

Je cite : "Ca va durer toute ma vie ?"

- Les plaisanteries les meilleures sont les plus courtes.

- Tu entends ?

"Les plaisanteries les plus courtes sont les moins longues."

- Vos lunettes.

Un âne brait.

Une voiture approche.

Elle klaxonne.

Hop, hop, hop ! Touchez à rien, ça va pas !

C'est les affaires au mort.

Rubalise.

Sauf ça.

Ca, c'est à moi.

C'est pour les empreintes.

Hé, m'dame Véronique.

Pourquoi vous avez choisi M. Alexandre plutôt que M. Luc ?

M. Luc était plus

- Je sais pas, moi. Les mystères de l'attirance.

- Hm.

Et votre ex, il est mort de quoi ?

- D'une overdose.

- M. Luc aussi était un toxico ? - Oui.

- Vous aussi ?

- C'est un souvenir douloureux. - Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Ben

Quand mon copain a fait son OD, c'est Luc qui l'a retrouvé.

- Comment il s'appelait ? - Fred.

Fréderic Bonard. - Frédéric Bonard.

Donc, Alexandre a remplacé Frédéric

parce que Luc vous avait ramenée ici, c'est ça ?

- Si on veut. Excusez-moi, je dois y aller.

- Dites-moi. C'est M. Alexandre qui vous a dit d'arrêter la came ?

Comment qu'il a fait ?

- Comme on doit le faire : couper le drogué de son entourage.

Il était

Il était aux petits soins avec moi, il m'a sauvé la vie.

- Non, vous vous êtes sauvée seule, vous croyez pas ?

Vous voyez ça comment aujourd'hui ?

- C'était dur.

Alex était intransigeant, mais

Après, il y a eu la danse qui a pris une place immense

et il m'a aidée à monter mon club.

- Il vous a rendue accro à la danse. C'est pas la came, mais

- C'est une passion, pas une addiction.

- Elle est où, la frontière entre les deux ?

Elle soupire.

Allez, hop.

Elle klaxonne.

Ah !

Hé, faut que tu me trouves le PV

de la mort de Frédéric Bonard, dépêche-toi.

Tu sais qui c'est ?

Il sortait avec Véronique Machin quand ils étaient jeunes.

Dis, tu as arrêté la coke, tu t'es mis à la beuh ?

- Dites, il y a deux fils de pelote à tirer dans notre enquête :

Luc et le passé de Véronique. - Il y en a un 3e.

Il y a Luc et la brucellose. Il en parlait dans ses mails.

- La brucellose, c'était flippant.

Une tête de bétail contaminée, et ils abattaient tout le troupeau.

- Attends, ils pouvaient pas les foutre en quarantaine ?

- Surtout que les spécialistes contestent l'abattage systématique.

- En fin de compte, ces mecs-là, ils servent à rien.

C'est ça.

Le véto en dit quoi de tout ça ?

- Je sais pas.

- Tu sais pas ?

En fait, Paul Dubois,

il a reçu le certificat signé par ce cher Chastaing.

- Ca va être la première ferme, là.

- Là-bas ? - Oui.

- Je comprends pas où on va, là.

- Moi non plus.

Bon, bougez pas.

Je vous laisse avec Speedy.

Vous allez pouvoir parler de la brucellose, etc.

Ca va matcher entre vous deux. - Que fait-on chez Dubois ?

- On va faire un sondage moutonnier.

Je vais voir si les moutons sont OK de votre service après-vente.

Voix de fausset. "Alors, camarades moutons !

"Dr Véto a été sympa avec vous ?" Ils en ont rien à câlisser !

Toi, le mouton noir, garde à vue direct.

Bêlement. Allez.

- On bouge pas, M. Chastaing.

- Ah, M. Dubois.

Gendarmerie. M. Luc Rémonville était un pote à vous ?

- On a toujours été amis, oui.

Quand j'ai repris

la laiterie, j'ai moins fait la bringue,

mais on est restés proches.

- Et vous êtes proche du véto, M. Chastaing ?

- C'était mon véto, pas mon ami.

- Vous n'êtes pas du même monde. - Le père Chastaing était éleveur,

mais lui, c'est un donneur de leçons.

- Je vous le fais pas dire. Excusez-moi.

Speedy, prête ? On envoie le dernier tango du véto.

*-OK.

- Cachez votre joie.

C'est quoi, ces retrouvailles ? Il a dit qu'il était votre véto.

Ca ne l'est plus ?

Non ?

Bon, le certificat.

Petit certificat.

Voilà, figurez-vous que M. Luc

s'en servait pour faire des blagounettes avec votre ex-véto,

M. Chastaing.

Vous voyez ?

- Non, je vois pas. - La lunette.

La lunette

Voilà, voilà, voilà.

Regardez, c'est bien votre nom, d'accord ?

Pourquoi M. Luc avait ce certificat, vous lui avez refilé ?

Qu'est-ce qu'il a de spécial ? - Rien.

C'est l'heure de la traite, excusez-moi.

- M. Dubois.

Que se serait-il passé s'il n'y avait pas eu ce certificat ?

- Ce papier prouve que mes animaux étaient sains.

- Donc, vous n'avez pas eu

à abattre votre troupeau.

- M. Chastaing

Vous n'avez pas fermé les yeux sur des bêtes malades !

- Pourquoi t'en as parlé à Luc ?

- Il a deviné tout seul. - Il a deviné quoi ?

Que M. Chastaing avait fait un faux pour sauver votre troupeau ?

- Avec les risques que j'ai pris pour toi

T'es con ! - D'où le "Money, money, money".

- J'avoue.

Luc m'extorquait 1 000 euros par mois depuis des années.

Maintenant que tout le monde sait, je ne vais plus pouvoir exercer.

- Non, vous allez finir en prison pour homicide.

- Je ne pourrai plus exercer. - Sur les détenus.

- T'es trop con !

Je vais lui en mettre une.

- On va pas se fâcher pour un homicide.

- Cette histoire de chantage,

ça vous fait un mobile pour le meurtre de Luc.

- Oui, mais je l'ai pas tué !

Je ne l'ai pas tué ! - Il l'a pas tué.

- Connard !

- Luc le babos, le beau gosse et le maître-chanteur.

- C'est dingue, mais comment

il dépensait cet argent ?

- C'était du cash.

Y a pas un "casingue" par ici ? - Non.

- Et ses relevés bancaires ? - J'ai tout épluché.

Il n'y a aucun prélèvement, c'est un budget constant, modeste.

Il y a les virements d'Alexandre, puis des petits retraits en liquide

pour la bouffe, les livres, les disques.

Il est à l'équilibre.

- Oui, Carmen et Marjorie disent même qu'il vivait comme un ours.

- Pas de dépenses fastueuses, pas de week-end

- Marjorie

Marjorie.

- Il méritait pas ça.

- Il méritait pire ?

M. Luc venait tous les mois vous voir à La Poste.

- Carmen me disait

de l'inviter à danser.

- Il venait vous voir toujours à la même date ?

Oh !

- On aurait dansé. Les corps se seraient rencontrés.

Ca sert à ça, la danse : de voir si les corps sont complices.

- Marjorie, répondez au capitaine pour qu'elle retrouve le meurtrier.

Pourquoi il venait tous les mois ?

- Il envoyait un mandat

à Meyssac.

- C'est qui, Meyssac ? - Il envoyait un mandat à Meyssac

aux Brognard.

- Il boursicotait au palais Brognard ?

- Tous ses mandats,

Luc les envoyait à Meyssac, aux Bonard.

- C'est bonard. C'est qui, Bonard ? - Fred, l'amoureux de Véronique.

- Voilà, Bonard.

Allez, grouille !

Oh

T'es pas vite, toi.

- Frédéric Bonard est décédé d'une overdose

le 21 avril 2000.

Il était en compagnie de Luc Rémonville.

Quant à la petite amie de Frédéric Bonard

- Véronique, la future Mme Alexandre.

- Elle accouchait à la maternité. Je comprends rien.

Elle a quel âge, Bérénice ?

- Non, avant d'avoir Bérénice, Véro a pondu un autre oeuf.

Une autre gamine.

Donc, tous les mois, Luc verse les mille balles du chantage.

Pour les parents de son copain mort,

Frédéric.

- Une rente ? - Mais c'est pas une rente.

C'est une pension alimentaire

pour l'éducation de la gamine.

Alors, p'tiote, tu r'tournes à l'baraque ?

Tu parles pas patois, hein. De toute façon, tu vas nulle part.

- Pourquoi ? - Parce que. Papiers.

- On me les a volés. - Menteuse, tes papiers !

Allez, ils sont où ?

Grouille-toi.

"Zoé Bonard". Tu t'appelles pas Durand ?

Tu as pris un pseudo ? - Oui.

- Domiciliée à Meyssac. T'es pas de Lille, évidemment.

T'es la fille à Fred Bonard ?

Donc tu connaissais M. Luc. - Je l'avais jamais vu.

- C'est ça. Allez.

- Ma valise ? - On chie dedans.

Je conduis, je suis sûre que tu conduis comme un pied.

Ca se trouve, t'as pas le permis.

Ah, je te jure.

Ta ceinture !

Tu sais de quoi est mort ton daron ?

- Je sais juste que Luc était

son ami de dope.

- Ils étaient à deux, le soir où il est mort.

Tu le savais ou pas ? - Non.

- Ni que tonton Luc t'envoyait de l'argent tous les mois ?

- Non. - Hé

- Je vous jure.

- T'as vu l'heure ? Mandat, vite.

T'arraches, hein.

Petits mandats : 1, 2, 3, 10, 50.

C'est ton adresse.

Non ?

- C'est celle de mes grands-parents. J'ignorais qu'ils le connaissaient.

Croyez-moi,

j'ai jamais entendu parler de cet argent ni de Luc.

- Pourquoi t'es venue au festival, pour guincher ?

Avec maman Véronique ?

Quand quelqu'un meurt d'une OD, on enquête : rapport, paperasse.

Et dans la paperasse,

on trouve

de jolies informations, n'est-il pas, camarade ?

- Tout à fait. Le jour de la mort de Frédéric,

le 21 avril 2000, Véronique Tudeau,

la compagne, future Mme Rémonville, a accouché d'une petite fille.

Pile le jour de votre naissance. - C'est dingue.

Alors, Mme Véronique,

c'est bien ou bien ?

- Elle sait rien. - Tu me prends pour un lapin

de garenne ?

- Mais non, je vous jure.

Je pense qu'elle se doute, mais j'ai rien pu dire.

- Elle se doute, et toi, tu te barres sans rien lui dire.

Ca tient pas debout.

- Si ! Mais avec la mort de son beau-frère,

je me suis dit que ce serait trop dur pour elle.

- Téléphone.

Alors, maman Véronique

Cha va, m'dame Véronique ?

Bien vu, c'est la gendarmerie.

Non, je discute, là, avec une Zoé.

Bonard. Oui, comme "bonard".

Celle de l'atelier, c'est ça. D'accord.

Elle arrive.

- Bonjour.

- Ah ben alors ?

Par ici.

Elle est là-bas.

- Pourquoi tu m'as rien dit ? - Je pensais que Luc te le dirait.

- Pourquoi ?

Il le savait ?

- Il avait deviné.

- Alors, tu vois ? Toutes les deux connaissaient la victime.

- Tu connaissais Luc ? - Non, juste de la buvette.

- Oh, oh. Mais tous les mois, la demoiselle recevait du pognon,

via pépé et mémé, par monsieur Luc.

Bon, j'ai faim.

- Il t'a jamais parlé de l'argent ?

- Ton père et Luc s'adoraient.

Ton père est mort

et tu es née.

Et j'étais vraiment pas en état de m'occuper d'un bébé.

Enfin, de toi.

Du coup, j'ai demandé à ses parents,

tes grands-parents de te garder.

- De m'adopter.

- Et j'ai promis de ne pas chercher à te revoir.

- C'est ça. Tu as bien respecté la consigne.

- Je sais.

C'est pas une excuse, mais

Il faut que tu saches que quand j'ai émergé,

ça a été dur.

Extrêmement dur. Mais je m'étais engagée.

Puis ça s'est calmé.

Jusqu'à la naissance de Bérénice.

Là, tout m'est revenu.

Ta peau, ton odeur, tes jolis petits bruits.

Puis Alexandre m'a convaincue de reprendre la danse.

Je m'y suis mis à fond.

- Et vous avez replongé dans une drogue plus dure.

Le cha-cha-cha.

D'Iran ou d'ailleurs.

Tout ça pour oublier votre bébé abandonné.

On pourrait faire une thèse sur vous deux. Allez, barrez-vous.

- Viens.

Merci.

- Ouais, ben, pas vers l'infini et au-delà !

Hé !

Madame Véronique, venez. Y en a pas pour longtemps.

Votre mari savait pour Zoé ?

- Non.

- Il savait pas, mais votre beau-frère savait.

- En fait, j'ai toujours voulu lui dire, mais j'ai jamais osé.

Puis avec le temps,

j'ai laissé, j'ai tout enterré.

- Comment il va réagir ? - Bien.

- Vous êtes sûre ?

Votre mari, c'est un pot de colle. De glu, même.

"Où t'étais ?", "Tu fais quoi ?"

Pas sûre qu'une fille cachée passe comme un mandat d'arrêt à la poste.

- Vous voyez les choses bizarrement. - Les pots de colle,

je peux pas les blairer, je les sniffais à l'école.

Allez-y,

elle attend.

Ah, Alexandre le Grand, faut le convoquer.

On va voir s'il savait pour Zoé. - OK.

- Vas-y. - Tout de suite.

- Salut.

Ca va, Teddy ?

Merci, ma poule.

Mort aux vaches !

Ca vous change pas trop de vos vaches à vous.

Vous allez rentrer chez vous. - Je vais être radié.

- Vous serez ni le premier ni le dernier

à signer des faux et sortir avec un bracelet.

L'abattage des troupeaux,

c'est démodé, non ?

- Je sais, mais

- Si ça se trouve, vous serez même pas radié, on y croit !

Teddy !

Va chercher ses affaires et emmène-le dans mon bureau.

D'accord ?

Ah, ben voilà !

La ceinture.

Les brouzoufs.

C'est quoi, ça ? - Mon badge pour entrer au lycée.

- Momo a le même sur son accordéon.

- Oui, je l'ai eu comme élève.

- Quand je lui ai parlé de ça, Momo a fait la gueule.

- Car il a été viré.

- A cause de quoi ? - Je sais pas. C'était les vêlages.

Mais il est passé

en conseil de discipline. - Quel rapport avec un meurtre ?

- Tes grands-parents ont gardé leur restaurant ?

- Jusqu'à leur retraite, mais j'ai pas voulu reprendre.

J'ai étudié l'oenologie, pour devenir sommelière.

J'ai fait des super stages. - C'est génial.

Pendant le festival, tu pourrais Portable.

Faut que je le prenne.

Oui, mon amour ?

Oui, moi aussi, faut que je te parle.

Rien de grave, mais c'est important.

Oui.

A tout de suite, oui.

Ca te dirait de venir dîner chez nous ce soir ?

- Tu es sûre ?

- Je te présenterai, il faut bien que ça ait lieu.

Enfin, si ça te fait plaisir. - Oui, ça me fait très plaisir.

- Bon, à ce soir. - Comme tu le sens.

- A ce soir. - A ce soir.

- Oh, ma beauté d'amour

que j'aime.

- Je peux te parler ? - Bien sûr.

We have all the time in the world.

- Tu te souviens, quand je suis arrivée ici

et que je t'ai rencontré, j'étais

- Pas en bon état, c'est sûr. Pourquoi tu reviens là-dessus ?

- Mon compagnon venait de mourir.

Et

je sais pas comment

J'espère que tu vas pas

Bon.

J'ai eu une fille

avec lui.

- OK.

Et ?

- Je l'ai abandonnée à ses grands-parents.

- Tu as fait ça ?

Luc le savait ?

- Oui. - Oui ?

Tu m'annonces ça

comme ça ?

Hein ?

Tu crois que ça a à voir

avec la mort de Luc ?

- Non, je crois pas.

En fait, c'est parce que

Elle est là, ma fille. Elle est venue pour me rencontrer.

J'ai passé

l'après-midi avec elle, elle est merveilleuse.

- Tu trouves pas étonnant que Luc se fasse tuer

pile quand elle revient ?

- Non, enfin

J'y ai pas pensé.

- Tu as raison. Peut-être aucun rapport.

(Alors, tu me la présentes quand ?)

- Tu l'as peut-être vue à mon atelier de danse, c'est Zoé.

- Zoé

Bienvenue, Zoé.

- Merci.

Merci.

- Je t'aime.

- Moi aussi, merci.

- Entrez.

Installez-vous.

Ah, capitaine, M. le proviseur vient d'arriver.

- Déjà ? Je vais me faire coller. Ca va, M. le proviseur ?

- Ca va, merci. Voici le dossier de l'élève Momo Cattan.

- Paraît qu'il est passé en conseil de discipline, le lascar.

- On nous a dit qu'il cultivait du cannabis.

- Tant que c'est pas des OGM. Qui l'a balancé ?

- Un employé de la commune. - Ah, un "con citoyen" ?

D'accord.

Ce serait pas M. Luc Rémonville ? - Bingo.

- Et voilà ! Je suis "une génie", comme dirait Herr Doktor.

Hé, bonne nouvelle, y a une place qui se libère en garde à vue.

On a relâché ton prof préféré, il a dit un truc sympa sur toi.

- Je devine quoi.

- Vas-y, je t'écoute, Mme Irma. - Ils m'ont viré.

- A cause de qui ? - D'une balance hystérique.

- T'es malade ? Ca se fait pas de dire du mal des morts.

- Tout ça pour 3 plants de cannabis.

- Ca reste de la merde !

- Ca va pas ? T'habites en 1952 ou quoi ?

- Faut arrêter avec les discours laxistes.

Y a pas d'accoutumance, tu parles !

- Va bosser aux Stups.

- Non, passer mes journées avec des mecs comme toi,

ça me ferait gerber ! - Fume un joint, ça te détendra.

- Je vais me le faire, ce connard !

- Elle est folle !

- Oh, ça va pas ?

Relève-toi. T'as craqué, toi. T'as fini de dire des conneries ?

Relève-toi, toi.

Va faire un tour, ça va te calmer. Dégage.

Elle est dingue. Ca va, mon chéri ?

Bon, avec M. Luc, qu'est-ce qui s'est passé ?

- Vous m'accusez de sa mort ? - Non, mais tu sais,

comme tu avais des raisons de lui en vouloir,

une discussion qui dérape et paf ! Dead.

- Et j'aurais attendu un mois pour le buter ?

- L'occasion fait le baron. - Je bute pas l'oncle de ma chérie.

- Bon, comment il a su que tu avais des plants ?

- Y avait 3 plants, conso perso. Je risquais rien.

Mais Luc est devenu fou, il m'a accusé de détruire sa nièce.

- Il s'est peut-être dit : "Telle mère, telle fille."

- Il m'a forcé à détruire les plants devant lui.

- Non ! - Je te jure.

Il se dit anar,

mais il est pire que son frère.

- Si ça se trouve, ils s'entendaient bien.

- Pas sûr, un jour, j'ai vu Luc se déchaîner sur Alexandre.

- Il a dit quoi ? - Il l'a traité de manipulateur.

- De "manipulateur" ?

- La capitaine veut me parler, je sais pas pourquoi.

- C'est la routine, on interroge les proches.

C'est toujours intéressant. - Oui, mais

Enfin, le soir de sa mort, moi, j'étais au vieil hippodrome.

Tu sais, où il y a eu

- Où on a retrouvé le corps de la petite Vanessa en 2022 ?

- J'avais si peur qu'il arrive la même chose à Bérénice.

- Un, deux, trois, Daft Punk.

- Capitaine, bonjour, vous - Ca suffit.

Comment ça se passait

avec votre frangin ?

- Très bien, et

- "Et sa mort est une perte incommensurable !"

On s'en tape. A part ça, rien à signaler ?

- Rien à signaler. - Ah bon ?

Même pas Zoé ?

Depuis quand vous saviez ?

- Véronique vient de me l'apprendre. - Juste là, maintenant ?

Vous dites que ça se passait bien avec Luc,

et il vous a jamais parlé de Zoé ?

- Mais de quoi vous parlez ?

- Du fric qu'il lui envoyait tous les mois pour son éducation.

Vous allez me dire que l'omniscient Alexandre savait pas ça ?

- Je connais l'existence de Zoé depuis une heure

et je suis très heureux.

- Je pensais que ça vous foutrait les boulasses.

- Quand on aime une femme, on trie pas dans sa vie.

On prend le tout, voilà, toute sa vie.

- "On prend le tout" ou on lui prend tout ?

Vous avez une drôle de façon de l'aimer : collé à son cul,

à savoir où elle va, d'où elle vient.

- C'est son choix. - Ou votre emprise.

"Elle est si fragile.

"Tu sais, une femme libérée, c'est pas si facile."

Vous voulez même pas qu'elle conduise.

Vous voulez qu'elle ne puisse pas se passer de vous.

- Stop, je vous permets pas. - Qui demande votre permission ?

Personne n'en a besoin. Allez, hop, dégagez.

Allez !

Abruti.

Je te dis pas le "dicave".

- Vous l'avez trouvé comment ? - A l'odeur, en marchant dedans.

- Il en fait des caisses pour son alibi avec le vieil hippodrome.

- Il est où, cet hippodrome ? - Alors, vous prenez la nationale

On peut pas rentrer.

T'es bien équipée, toi.

Regarde bien, ma cousine, comment qu'on rentre dans le poulailler.

Et voilà.

Allez, pousse.

Tu te rends compte, le PMU, c'est plus ce que c'était !

- Ca a bien l'air fermé.

- Dis donc, il a complètement "mythonné",

on peut pas passer, là.

C'est du matos ukrainien, ça.

Comment veux-tu qu'Alexandre soit passé par là ?

- Oui, y a pas moyen, il a menti sur son alibi.

- Ou sur son ophtalmo.

Car l'oeil était dans la tombe et regardait Caïn.

Regarde-moi ça.

Petite perquise chez Caïn Rémonville, ça te dit ?

- Oui. - 6h du mat.

- J'y serai.

Il chantonne un air romantique.

- Qui vient dîner ?

- Zoé.

- Vous vous kiffez, toutes les deux.

- Ecoute, ma chérie, il faut que je te parle.

Viens.

Avant de rencontrer ton père,

j'étais avec un autre homme.

Et Zoé est née à ce moment-là.

- C'est ta fille ?

- Véro, tu n'es pas obligée de raconter tout, tout de suite.

On a le temps.

- C'est important qu'elle sache qui j'étais, je ne veux plus mentir.

- C'est fou tout ce qui se passe.

- Bon, je vais chercher une bonne bouteille.

- Ca va ? - Mais oui.

Un câlin. - Oui.

- Bonsoir.

- Bonsoir.

- Alexandre, le mari de Véronique. - Je sais, oui.

- C'est formidable que tu sois venue, vraiment.

Mais tu sais pas tout, tu mets ta mère en danger.

- En danger ?

- Ta réapparition est brutale, ta maman était une grande droguée.

Tu sais, ça.

- Elle a l'air

d'aller bien.

- Elle cache son jeu, elle est restée très dépressive.

Sans la danse, tu vois, elle se lèverait pas de la journée.

- On dirait pas.

- On voit que ce qu'on veut voir.

Tu suis tes envies, tes désirs, mais est-ce partagé par ta mère ?

- Elle a l'air heureuse.

- Est-ce que tu t'es demandé

si elle a cherché à te joindre une fois pendant tout ce temps ?

Tu n'as pas compris que toi et ton passé,

au fond d'elle-même, elle ne veut plus en entendre parler.

- Qu'elle me le dise elle-même.

- Tu comprends ce que je te dis ou quoi ?

Je te dis de dégager. Dégage, et tout de suite.

Si je te vois

dans les parages une seule fois

Obéis-moi.

Je lui expliquerai

ton départ.

Alors, Zoé était là,

mais elle n'a pas voulu entrer.

Elle ne viendra pas dîner, elle était bouleversée.

- Non, c'est dommage.

- Je crois qu'elle a compris que c'était une mauvaise idée.

C'est triste, mais c'est le passé.

Le présent,

c'est Bérénice et moi.

Moi, je t'aime.

Je serai toujours là pour toi.

Je te sers un verre, tu veux ? - Non.

- Viens, on se met à table. Je crève de faim, allez.

Tu veux ?

- Non.

Zoé ?

Tu es revenue ?

- T'as jamais répondu

à mes lettres. - Quelles lettres ?

- Même pas pour dire

que tu voulais pas

me revoir ! - Mais j'ai jamais rien reçu.

- C'est ça que tu cherches ?

- Les lettres de Zoé.

Tu me les as cachées, tu étais au courant de son existence ?

- Chérie, à l'époque, tu étais faible.

Tu étais incapable de les lire.

- Tu m'as empêchée sciemment de voir Zoé ?

Je le crois pas.

Tu m'as coupée de mon passé. - Chérie, il n'était pas glorieux.

- Ah, nous y sommes !

Tu as voulu me maintenir sous cloche.

- Toujours tes grands mots. - Tu as voulu m'éloigner de Zoé

car elle fait partie de ce passé qui t'appartient pas.

Tu me vois comme ta chose.

- Tu délires. - Non, j'y vois très clair.

Je dépendais de toi pour tout.

Je me croyais libre, mais c'était une illusion.

- Mais la danse

t'a sauvée. - La danse a remplacé la drogue.

La danse m'a permis

d'oublier la douleur d'avoir laissé Zoé.

- Ah, maintenant, ça va être de ma faute ?

- Salaud ! Salaud ! - Retire ça tout de suite.

- Non, je te quitte. C'est terminé.

- Viens.

Reste là ! Reste là !

Tu entends ? Tu restes là !

- Laisse-moi ! - Reste là !

Elle klaxonne.

- Ben alors, y a personne ?

Attends, écoute.

C'est trop calme, ça.

- Je trouve ça sordide, d'un coup. - C'est moche.

- Ah ! - Qu'est-ce qu'il y a ?

- J'ai pas dormi de la nuit. - Toi, t'es une coquine.

Putain, qu'est-ce qu'il fout, lui ?

Hé, les châteaux de sable, c'est

Quand ils ont les yeux globuleux comme ça,

c'est pas bon signe.

Ouais, c'est Marleau.

Faut envoyer des secours chez les Rémonville, Alexandre.

Non, il a un drôle d'air.

- Il a cligné. - Il est pas mort.

Abel et Caïn bientôt dans la même tombe. Magnez-vous !

Monsieur Rémonville ?

Sirène.

Allez, allez, allez !

Hop, hop, hop !

Stop !

Sirène.

Ah.

Tiens, aide-moi.

T'as vu les traces, la profondeur ? - Oui.

- C'est une mise en scène.

Vu la hauteur et le gabarit du mec, ça aurait dû faire ces traces.

- Donc il a été déplacé. - Ben ouais.

T'es pas con, toi.

Tagada, voilà les Dalton.

- Que faites-vous là ?

- Et vous, Ma Dalton, vous êtes partie depuis quand ?

- Il y a une heure. - Pour aller où ?

- Bérénice s'inquiétait pour Momo.

Il est pas rentré de la nuit.

- On a été retrouver Bérénice. - Alexandre réparait la gouttière.

- Il répare des gouttières à 6h du matin, lui ?

- Oui, on se lève tôt et la gouttière était devenue dangereuse.

D'ailleurs, il est où, Alexandre ?

- Mais c'est vrai, ça.

Où c'est qu'il est passé, M. Alexandre ?

- Et Momo ?

- Il a passé la nuit

chez moi. - Pardon ?

- En tout bien tout honneur.

Il s'est excusé.

On a discuté.

- Te bile pas, elle, c'est droit, droit, droit.

- Il a peur de pas être assez bien pour toi.

Je l'ai rassuré. Portable.

- Excusez-moi, une page de publicités.

Qui m'appelle ?

C'est Marleau.

Ah ouais ? Cool, on arrive.

Alors, qui vient à l'hosto avec tata Marleau ?

Personne ?

Il va être déçu, papa Alexandre. - Comment ça ?

- Oui, pauvre papa

tombé tout en bas de l'échelle.

Paf ! L'ascenseur social, c'est plus ce que c'était.

On a voulu nous faire croire qu'il était mort en tombant,

le pauvre chéri, c'est pas gentil.

Alors ?

Qu'est-ce qui s'est passé, les Dalton ?

Personne répond ?

On doit embarquer quelqu'un.

On prend Joe ou Averell ? - C'est moi.

- Quoi, toi ?

- J'ai agressé ton père.

- N'importe quoi.

- Ecoute-la.

- Toi, tais-toi,

c'est de ta faute.

- Depuis toutes ces années, il a voulu me couper de mon passé.

Quand je m'en suis rendu compte, il est devenu fou.

Vous aviez raison.

Un autre homme. Je lui ai dit que c'était fini,

il a voulu me frapper et je me suis défendue avec le tisonnier.

- Elle le quitte, il la tue.

Pour une fois, c'est l'inverse.

Avec le tisonnier dans la bibliothèque.

Pauvre colonel Moutarde. Nous, on aime les aveux spontanés.

Mais on préfère les explications.

Vous l'avez buté là-haut et vous l'avez porté jusqu'ici ?

Toute seule ?

- Absolument.

- Eh ben, démonstration.

Tirez-moi.

En tout bien tout honneur, hop !

Jusqu'en bas de l'échelle.

Hop là, allez.

C'est lourd, hein ?

Viens aider ta mère, toi, au lieu de rester là comme une babache !

Un, deux, trois !

Là, voilà, stop !

Ben voilà, CQFD.

Votre mari fait au moins un quintal de plus que moi.

Vous n'avez pas pu le faire seule.

- J'ai aidé ma mère

à le déplacer.

- C'est toi ?

- Va-t'en, t'as rien à voir avec ça.

- Mais si,

c'est à cause de moi !

- Vous avez pas vu qu'il vivait ?

- Je le sentais même plus respirer.

- Qu'est-ce qui va se passer ? - Les deux, chez le procureur.

- Ca va être ma parole contre celle de mon mari.

- Oui, mais il y a légitime défense, l'emprise.

Mais vous êtes une femme.

80% des affaires sont classées sans suite.

Allez-y. Bon courage.

- Ca va aller. C'est une dernière bataille, mais je suis prête.

- Tu vas gagner.

- Herr Doktor ?

Ah.

Coucou !

Alors ?

Comment que ça va pas ?

- Comme quelqu'un que sa femme a voulu tuer.

- Pour une fois que c'est pas l'inverse.

J'ai jamais pu vous blairer, avec vos manières, tout ça.

J'étais même sûre

que vous aviez buté votre frangin. - Pourquoi j'aurais fait ça ?

- La loi patriarcale,

pour garder votre femme.

- Véronique n'était pas amoureuse

de mon frère. - Oui, je me suis gourée.

Je l'ai compris en vous voyant ce matin.

- Qu'est-ce que vous avez compris ? - Que Zoé manipulait votre femme.

Pour info, on les a arrêtées

pour votre agression. - Que vous a raconté Véronique ?

- Ah ben, tout.

Elle a raconté l'engueulade,

elle a raconté le tisonnier.

Bon, elle a juste essayé de cacher le rôle de Zoé.

- Bien sûr, puisque c'est Zoé qui m'a agressé.

- Et elle aurait buté votre frangin ?

- Pourquoi elle aurait fait ça ? - Elle s'est peut-être dit

Elle sanglote. "Mon père est mort d'une overdose,

"et il prenait de la came parce que tonton Luc l'a emmené là-dedans."

Et voilà.

C'est pas vous qui avez buté votre frère, vous n'êtes pas un violent.

Vous tabassez pas votre femme.

Vous lui avez fait un gosse, vous l'avez sortie de la came.

Psartek.

- Ben oui, je l'aime. On est un beau couple.

- Puis vous pouviez pas être chez votre frangin et à l'hippodrome.

Comment vous avez fait dans les gradins ?

Vous aviez une bonne lampe ? - Ben oui.

Vu le noir. - Ah ben ouais.

C'est con, l'hippodrome, on peut pas y pénétrer.

Si je puis me permettre.

Ca fait un bout de temps. Il y a des barbelés partout.

Juste un petit conseil :

la prochaine fois, avant d'inventer un alibi, allez vérifier sur place.

- Je voulais pas le tuer.

- Et voilà.

L'orage gronde.

Dieu vous écoute.

- Elle est où, Bérénice ?

- Il est beau, le frérot, quand il vacille.

- T'es mal placé pour me faire la morale.

- Non, c'est fini, tout ça.

Et il y a une surprise qui t'attend.

La fille de Véronique,

eh bien, elle est là.

Au festival. - Tu mens.

- Quelle erreur j'ai faite en emmenant Véronique ici.

Tu as profité

de sa faiblesse.

Tu savais qu'elle t'aimait pas, alors tu lui as bâti une prison.

Moi, j'étais tellement lâche, j'ai laissé faire.

Mais cette fois, je te jure.

Je t'empêcherai d'intervenir, et Véronique va retrouver Zoé.

- T'empêcheras rien, Zoé saura vite qu'elle n'est pas la bienvenue.

- Tu touches pas à Zoé. - Me touche pas !

Choc.

Bris de verre.

- Ouch !

- Capitaine, capitaine !

- On s'est dit au revoir.

Quoi ?

Ah ! Harcèlement, dégage. - Pardon.

Merci. - Merci, quoi ?

- Merci à vous, tout

- Arrête la coke, je te le dis. Allez, dégage.

Allez.

*Cha-cha-cha.

*

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