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COUR D'ASSISES DE LONDRES
Le journal, monsieur? Le journal, madame?
EVENING GLOBE LE PROC�S DU LIVRE � SCANDALE
Le journal, monsieur? Le journal, patron?
Il y a un scandale. "Lady Wren va tout dire pour sa d�fense."
Le journal, patron?
�a suffit.
Voil� cette horrible Ang�le!
Voil� cette horrible Sybil!
La voie est libre.
Encore une, s'il vous pla�t.
Pouvez-vous nous le d�dicacer? Ma femme et moi l'adorons.
Encore une.
Silence dans la salle.
- Vous reprenez, Sir Percy? - Absolument.
Je poursuivrai le contre-interrogatoire de Lady Wren.
Merci.
Lady Wren, vous �tes l'auteur de cette biographie,
intitul�e Les Girls.
C'est exact.
Est-ce votre premi�re �uvre "litt�raire"?
Litt�raire? Trop aimable � vous, Sir Percy.
Je n'ai voulu qu'�crire quelques anecdotes amusantes.
Vous �crivez qu'Ang�le Ducros voulut se suicider
pour un amour malheureux. Est-ce l� une anecdote
amusante?
Elle m'a sembl� valable. Et si cela vous int�resse,
c'est la v�rit�.
Ne vous souciez pas de ce qui m'int�resse. R�pondez aux questions.
Lady Wren, savez-vous que si certaines de vos affirmations
sont fausses ou malveillantes,
Mme Ducros a �t� cruellement diffam�e.
Elle peut demander des dommages.
L'histoire de ma vie peut sembler romanesque,
mais tout ce que j'ai �crit s'est pass� comme je m'en souviens.
C'est au jury d'en d�cider.
Cette remarque �tait un commentaire et non une question, Sir Percy.
S'il pla�t � Votre Honneur.
Je me r�f�re au Chapitre VII, que vous intitulez "Tout pour l'Amour".
Vous y dites que Mme Ducros voulut se suicider � cause d'un homme.
Cet homme, Lady Wren, n'�tait pas, et n'est pas, son mari.
Affirmez-vous sous serment que le fait est v�ridique?
Je n'inventerais pas quelque chose
qui puisse nuire � Mme Ducros.
Si j'avais pens� qu'elle surgirait du pass�
et intenterait un proc�s,
j'aurais omis l'incident. Mais il s'est produit.
N�anmoins, elle a tent� de se tuer.
- Au Chapitre VII, intitul�... - "Tout pour l'Amour".
Merci.
La premi�re phrase est :
"Notre courageuse petite troupe avait d�cid� de conqu�rir Paris."
- "C'�tait le printemps." - Oui, le printemps.
C'est une v�rit� chronologique, il revient chaque ann�e.
Je me rappelle ce que j'ai �crit. Nous �tions � Paris,
au Music Hall Parisien.
Notre num�ro s'appelait Barry Nichols et Les Girls.
C'est arriv� il y a quelques ann�es.
C'�tait notre premier engagement � Paris. Je me rappelle notre joie
d'�tre dans cette ville gaie, dans le monde du th��tre.
Tout nous fascinait, � Paris.
L 'odeur de Paris, le bruit, les taxis. Tout!
Je partageais un appartement
avec une danseuse am�ricaine, Joy Henderson.
Sybil!
Barry veut que nous allions au th��tre!
- Pourquoi? - J'ignore pourquoi.
Descends! Je remplace Mimi.
Madame, pouvez-vous me tenir �a?
Merci.
- Je remplace Mimi. - Pourquoi?
- Assieds-toi. - Mais pourquoi?
Je n'aime pas les complications.
Elle s'est affich�e avec ce voyageur de commerce roumain.
Comment �a, "affich�e"? Il va l'�pouser.
Ainsi, tu �tais au courant?
Tu ne m'as rien dit. Bravo pour la fid�lit�.
Barry, Mimi veut se marier. Ce n'est pas un crime.
Je ne suis pas une agence matrimoniale!
- Je vous en prie... - L'ingratitude!
Quand j'ai engag� Mimi, elle dansait comme si
son derri�re �tait en plomb.
Tu sais que j'ai pass�
des jours et des nuits � lui apprendre � danser.
- Surtout des nuits. - Je ne t'ai pas sonn�e.
Je suis Ang�le.
Eh bien, allez-y.
Mais je n'ai pas encore fini.
J'ai �t� mauvaise, j'�tais nerveuse. Je peux recommencer?
Venez ici, s'il vous pla�t. Allons, �a va.
- Je sais, j'ai �t� mauvaise, mais... - Vous apprenez vite?
- Oui, tr�s vite. - Bon. Montrez-moi quelques encha�n�s.
Venez, les enfants.
Pourquoi voulez-vous travailler avec moi?
Je vous ai vu danser.
Alors, vous savez de quoi il s'agit.
- Venez, les filles. Vous pouvez voyager? - Oui.
La grande, au milieu.
Voyons. Non. De l'autre c�t�. Et revenez.
Nous ferons une tourn�e en Europe, et je veux quelqu'un de stable.
- D'accord. - �a vous va?
- Vous �tes mari�e? - Non.
- Vous �tes fianc�e? - Oh, non.
Bon... vous faites partie des Girls.
- Oh l� l�! - Voici Sybil et Joy.
- Bonjour. - �a va?
Il va falloir aller vite. Allez d�jeuner et revenez r�p�ter.
Il faut que je trouve � me loger.
Vous pouvez loger Ang�le?
Le logis est modeste, mais si Joy n'a pas d'objection...
J'aime partager mon loyer.
Bon, d�jeunez en vitesse,
et revenez.
- Viens. - Tu peux te changer ici.
�coutez, les filles.
Je n'insiste que sur une chose.
Pas de complications.
Elle a raison!
Je n'interviens pas dans la vie priv�e de mes girls.
Je n'admets pas qu'elle intervienne dans le travail.
J'ai trois principes. Je les appelle les "trois P".
Il faut �tre "Ponctuelle", "Pers�v�rante" et "Parfaite"!
Tout le monde a deux jambes. �tre bonne danseuse ne suffit pas.
- Elle est ici. - Ouvre la porte.
J'ai compris. Tu as r�ussi.
Bonjour. Bienvenue � Liberty Hall.
O� puis-je poser ces petites choses?
Pousse quelque chose.
- J'ai encore quelques bagages. - Am�ne-les.
Enl�ve ces machins de l�.
- Tu en as, des robes! - C'est Maman qui les fait.
C'est trop mignon.
Ta maman fait aussi du parfum?
C'est une de mes faiblesses, �a.
- Servez-vous si vous voulez. - O� as-tu travaill�, Ang�le?
J'ai dans� le Cocorico un ballet sur les poules.
- Tu as pondu un �uf? - Je ne comprends pas.
Joy veut dire, on t'a renvoy�e?
Je suis partie!
On ne me voyait pas derri�re toutes ces plumes.
Pour faire du chemin, il faut �tre vue.
Tu en feras. On t'a vue danser.
Vous �tes tr�s gentilles.
- Tout le monde ne l'est pas autant. - Je vois �a.
- �a, c'est vieux. - Oui, mais pas �a.
C'est mon fianc�, Pierre Ducros.
Tu l'as cach� � Barry.
Pierre habite en province.
Il ne vient jamais � Paris?
Pierre me croit infirmi�re.
Il m'a donn� cette montre.
Son grand-p�re l'a pay�e 100 000 francs.
- Vous savez pourquoi? - Pourquoi?
�coutez.
Trop mignon.
Ciel, voil� votre "bon-papa"!
Les filles!
- Faites vite, les filles! R�p�tition! - Oui.
Il habite ici?
S'il apprend que tu es fianc�e, tu es cuite.
Comment le saurait-il? Pas par vous?
Nous sommes amies, entre amies, on ne se trahit pas.
Non, on ne se trahit pas.
On est dans ton camp.
- Apporte la soupe. - Oui.
Tu veux du pain?
Bon, faites vites, les filles.
Ang�le, tu as un changement rapide.
Sentez mon c�ur! On l'entend battre!
- Il sonne l'heure? - Tu exag�res.
M. Barry a-t-il �t� content de moi?
Je crois que �a lui a plu.
Sinon, tu le saurais.
Il est malheureux d'�tre loin de sa femme?
Quelle femme? Barry n'aime que lui-m�me
- et avec quelle constance! - Ce n'est pas juste.
Joy veut dire que Barry est ambitieux. Son m�tier passe avant tout.
Tu aimes Barry?
Tu plaisantes?
- Alors, c'est qu'il est � toi. - Quelle question.
- Il me pla�t, � moi. - Que fais-tu de Pierre?
Pierre est loin.
Je ne dois pas sombrer dans la m�lancolie.
On rentre souper l�g�rement chez nous.
- Tu viens? - Vous payez vos propres repas?
On ne les fait pas pousser.
Quand Paris est plein d'hommes, riches et affam�s?
Et ennuyeux! �a rend ta digestion p�nible.
Sans parler du probl�me moral.
Une jolie fille qui d�ne seule, c'est immoral.
Ce soir, je charme la solitude d'un pauvre banquier.
Remonte la montre de Pierre. Elle va s'arr�ter.
Tu ne comprends pas.
Pierre m'aime. On se mariera un jour,
si ses parents le veulent. C'est pas pour demain.
- Alors, � ce soir! - Ce sont tes affaires.
Va donc � ton rendez-vous et amuse-toi bien.
- J'en ai l'intention. - Tant mieux.
Tu ne frappes jamais avant d'entrer?
Pourquoi? Vous avez des secrets?
Bon, on a une �quipe sans complication.
Ang�le, on va r�p�ter, toi et moi.
- Ce soir? - Oui. Tu ne connais pas les s�quences.
Mais ce n'est pas possible. J'ai rendez-vous avec un oncle.
Tu le verras demain.
- Il quitte Paris ce soir. - Et "il y a ce soir"!
- Ma r�putation est en jeu. - La sienne aussi.
Barry, elle est �puis�e. R�p�tez demain.
Mon oncle va �tre navr�.
Ton oncle n'est pas ton patron! En sc�ne dans dix minutes!
Bon! Reprenons, de l� o� tu tires la corde.
J'ai mal dans�?
Tu es glaciale.
Je suis cens� �tre ton amant, non une pomme de terre!
Si seulement tu �tais une pomme de terre. J'ai faim. Et je suis fatigu�e.
- Tu le veux, ce boulot? - Oui.
R�p�te, jusqu'� ce que ce soit �a. Et ne me renverse pas avec la corde.
La derni�re fois, j'ai failli y laisser l'oreille. Bon. Musique.
- Bon. �a, c'est mieux! - Je peux aller manger?
J'irai contre mes principes.
Je ne m�lange pas le travail et le reste.
Mais tu as si bien dans� que je t'offre � souper.
Avec du vin?
Je serai follement d�pensier. Je t'en paierai un verre!
Barry l'invita donc � souper.
Et Barry lui offrit du vin! Pas un bon vin, Sir Percy,
mais assez bon pour un d�but.
N'en parle pas aux autres!
R�p�tition � 11 heures!
Les semaines pass�rent. Il pouvait sembler bizarre
� certains qu'Ang�le eut besoin de "r�p�ter" si souvent.
Je r�solus de lui parler.
Tu permets que je te parle d'une chose tr�s personnelle?
Dis-moi ce que c'est, je te dirai si je te le permets.
Je ne veux pas te voir souffrir.
- Et qui me fera souffrir? - Tu sors avec Barry?
Pourquoi?
Tu vois,
certains hommes prennent certaines choses tr�s � la l�g�re.
Toi, moi, ton fianc� de province, nous les tenons pour s�rieuses.
Vous autres Anglais!
Apprenez que l'amour est un souffl�, non un pudding!
Je n'ai pas dit que je voyais Barry.
Tu n'as abouti � rien.
- Ma conscience est en paix. - Ta conscience?
Ne parle pas comme un pudding. L'amour est un souffl�!
C'est mignon.
Notre petite Ang�le a trop d'app�tit.
Qu'elle prenne garde aux indigestions!
Viens.
Voil� bien Barry! Boulot, boulot, sans complications.
- O� crois-tu qu'ils vont? - Au bois, j'imagine.
J'ai fait mon devoir. Je vais �crire � G�rald.
Il est si patient, le cher homme!
J'�crirais bien au mien, mais il est moins patient.
Il �pouse ma cousine.
- On a pay� le loyer, non? - J'y vais.
Elle n'est pas l�.
- Va-t-elle tarder? - Elle ne l'a pas dit.
N'�tes-vous pas Pierre euh... Machin?
- Si. - Entrez.
Je vous en prie.
J'arrive. J'ai voulu surprendre Ang�le.
Venu un peu plus t�t,
vous auriez r�ussi.
Savez-vous o� elle est?
Oui, bien s�r.
Chaque dimanche elle...
elle travaille b�n�volement.
- �a lui fait du bien. - Oui.
Quand j'ai connu Ang�le, elle �tait timide.
Les hommes lui faisaient peur.
Elle est devenue plus courageuse.
- Puis-je... - Voulez-vous du vin?
Merci. Puis-je l'attendre ici?
Bien s�r.
Il y a longtemps que je ne l'ai vue.
- Vous n'en prenez pas? - Non, jamais.
Vous connaissez Ang�le depuis longtemps?
Conna�tre quelqu'un n'est pas une question de temps, n'est-ce pas?
- Vous �tes infirmi�res? - Pardon?
Vous travaillez avec Ang�le, � l'h�pital?
Non.
Nous avons �chou� � l'examen, nous faisions mal les lits.
Mais Ang�le fait des progr�s?
�tourdissants!
Elle a le don de s'appliquer.
Bon.
J'avais une raison pour ce voyage � Paris.
Ah oui?
Peut-�tre vous l'a-t-elle dit, nous esp�rons nous marier.
Non!
La petite cachotti�re.
Vous n'avez pas vu la montre que je lui ai donn�e?
- Elle l'adore. - Elle couche m�me avec.
Je ne suis pas si b�te, mademoiselle.
Je veux qu'elle pense � moi.
Chaque heure, cette montre sonne.
Qu'est-ce qui sonne?
Mon c�ur!
Quand tu m'approches, il chante!
Et quand je t'approche, Barry, que se passe-t-il?
Un incendie se d�clare.
Et Sybil, elle allume aussi un incendie?
M�me pas une flamb�e.
- Et Joy? - M�me pas une allumette.
Tu veux que je te dise quelque chose? Je ne te crois pas.
Tu veux que je te dise quelque chose?
Je m'y attendais.
Pourquoi ne danses-tu pas en Am�rique?
L�-bas, je suis un danseur am�ricain de plus.
En Europe, je suis autre chose.
Tu rentreras chez toi, un jour?
Un jour.
Tu n'es jamais tr�s seul?
Parfois.
Tu devrais �tre amoureux. �a te ferait du bien.
Pourquoi?
Tu ne serais plus seul et ce serait autre chose.
Je suis amoureux.
- Amoureux? - C'est autre chose.
Je ne crois pas que tu saches vraiment ce qu'est l'amour.
- Je te le dis? - Si tu veux.
Pour moi, Barry, l'amour v�ritable est...
Tes baisers m'emp�chent de parler.
Tes paroles m'emp�chent de t'embrasser.
L'amour, c'est quand vous apercevez
celui que vous aimez.
Un si�cle qu'on ne s'est vus.
Bien.
- Je suis de trop? - Bonjour. Non, pas du tout.
Ang�le, ton oncle t'attend l�-haut.
- Mon oncle? - Ton oncle Pierre, de province.
Mon oncle de province. Pierre.
Excuse-moi, Barry. Mon oncle est l�. De La Porte.
Bonne r�p�tition. Oui,
nous faisons de s�rieux progr�s.
Contre la montre, hein?
Je suis g�n�, je n'ai parl� que d'Ang�le.
- Elle est merveilleuse, hein? - Oh, oui.
Comment vas-tu?
Tu ne m'as pas pr�venue! J'aurais attendu.
J'ignorais que tu travaillais.
Que je "travaillais"?
Tu n'as pas parl� � Pierre
de ton travail b�n�vole � l'orphelinat?
- Tu as une nature trop g�n�reuse. - Oui.
- Tout va bien? - Jusqu'ici.
M. Pierre nous excusera.
J'ai promis � Joy de lui laver les cheveux.
Quelle chance tu as!
Tu m'as manqu�, mon ange.
Que je te regarde! Tu es p�le.
- C'est la surprise, ch�ri. - Devine pourquoi je suis venu.
- Devine quelle surprise je t'am�ne! - Je ne sais pas. Dis-moi.
J'ai amen� mes parents.
Oh, tes parents.
Mes parents! Ils vont enfin te conna�tre.
J'ai peur, Pierre.
Je ne suis qu'une infirmi�re, sans dot.
- S'ils ne m'aimaient pas! - Ils vont t'adorer!
Demain soir, on d�ne avec eux.
Impossible! Je travaille.
Je veux dire, � l'h�pital. Je ne serai libre qu'apr�s 11 h du soir.
Nous souperons au lieu de d�ner.
Entre-temps, mes parents n'ont qu'� aller au spectacle.
Oh non!
Il n'y a rien de bien � Paris.
Tu te trompes. Il y a toi.
Gentille petite esseul�e.
Va-t-en de l�.
Pour s'en tirer, Ang�le devra jouer les prestidigitateurs!
Notre petit "souffl�" risque fort de tourner au pudding!
Elle devrait faire attention.
C'est Ang�le. Il faut que je te voie.
Entre.
Barry, je dois savoir quelque chose, ce soir.
- Si je t'emm�ne souper? Oui. - Ne plaisante pas, je t'en prie.
Que penserais-tu si j'abandonnais la danse et que je m'en allais?
- Je parle s�rieusement! - Et toi, tu es s�rieux?
Qu'est-ce qui te prend? �a allait bien, hier.
- C'est � toi. - Barry, m'aimes-tu vraiment?
Je t'aime! En sc�ne. Il faut que je change de pantalon.
Vas-y!
Des ennuis!
Pierre et ses parents sont dans une loge.
- Tu en es s�re? - Regarde toi-m�me.
- Pierre est ici! - Quoi?
Dans cette loge, avec ses parents. S�rieusement, regarde.
Ils ne doivent pas me voir!
- Tu veux bousiller le num�ro? - Je dois t'expliquer quelque chose.
Tu n'as pas d'excuse!
Il y a quelqu'un qui ne doit pas me voir.
Les spectateurs paient pour te voir!
On r�glera �a plus tard. Change-toi!
- Tu es malade? - Change-toi, ch�rie.
Pierre n'a pas pu te reconna�tre.
Ta m�re ne t'aurait pas reconnue.
Il est tr�s en col�re.
Vite, sinon on aura toutes des ennuis.
Non, je ne peux pas!
Si, il le faut. Ne laisse pas Barry en plan!
Je n'ai pas Barry et je perdrai Pierre!
D�p�che-toi. Allez!
Elle s'est un peu �nerv�e mais �a ne se reproduira pas.
Tire.
Tire.
Tire!
O� est-elle?
Tu es folle?
- Barry... - Fiche le camp!
Je t'en prie.
Si tu n'as pas fichu le camp dans une minute, je te jette dehors!
Qu'est-ce qui t'a pris?
Je ne sais pas. Sois patient.
Patient? On ne m'a jamais fait un coup pareil.
Je t'expliquerai demain.
Ni demain, ni ce soir, ni jamais!
Tu ne peux pas me faire �a. Je t'aime.
- Ma pauvre ch�rie. - Mon chou.
Je l'aime. Il ne sait pas combien je l'aime.
Je l'aime. Il s'en moque.
- Il ne m�rite pas tes larmes. - Cours � l'appartement
pour y �tre avant Pierre.
Joy et moi ne rentrerons pas, tu auras l'appartement pour toi.
Je veux mourir. Je veux mourir.
�a ira mieux demain ch�rie, je t'assure.
Prends un taxi. Fais vite.
Ang�le!
� l'aide!
� l'aide, je vous en prie!
Ang�le, ch�rie.
Elle voulait mourir.
Et si je n'avais pas �t� si prompte, elle serait morte.
Elle ne semblait pas y avoir pens�. Ang�le se remit et disparut.
J'ignorais qu'elle avait �pous� Pierre
et qu'elle lirait mes M�moires.
C'est le chapitre le plus ennuyeux.
Vous avez �crit la v�rit�?
Tout est vrai.
Je suis perplexe, Lady Wren.
Comment d�crivez-vous
des sc�nes auxquelles vous n'avez pu assister?
J'ai transcrit les confidences d'Ang�le.
Vous dites que cet incident
s'est produit en 1949, au Music Hall Parisien.
On y a jou� des mois. Voyez les journaux parisiens.
Et c'est l�
que vous avez vu Pierre Ducros dans une loge?
Lady Wren, M. Ducros va r�futer vos dires, sous serment.
Il n'�tait pas au Music Hall ce soir-l�.
Il n'a jamais �t� au Music Hall Parisien en 1949,
ni � aucun autre moment de sa vie.
Cher Sir Percy, reportez-vous � mon livre.
Vous constaterez que je n'affirme jamais que je l'ai vu.
Mais c'est ce que le livre implique.
Vous faites erreur.
J'ai �crit que Joy m'a dit que Pierre �tait l�.
Je n'ai jamais dit l'avoir vu, moi.
Dieu sait que sans lunettes je ne vois rien � 3 m�tres!
Silence.
Encore une photo, je vous prie.
- Pardon, messieurs. Merci. - Non, je vous en prie. Pas de photo.
Quel choc pour un homme
d'apprendre la v�rit� sur sa femme.
Pauvre type, je le plains.
Un grand sourire, Lady Wren.
- Un grand sourire par ici. - Encore une, s'il vous pla�t.
O� EST LA V�RIT�
Encore une.
Par ici, je vous prie.
Allons, en route. Travers!
Ma montre �tait perdue, selon toi!
Elle �tait perdue.
Barry l'a emprunt�e et l'a perdue.
- Je t'en prie, crois-moi. - Comment te croire?
Tu m'as menti au sujet du th��tre!
Oh, �a!
Je suis d�sol�e de t'avoir bless�.
Ce n'�tait pas mon intention, Pierre.
Tu renonces au proc�s?
Demain, tu entendras ma version des faits.
Je doute de vouloir l'entendre.
Ne sors pas! Ne me laisse pas seule.
Je t'aime, Pierre.
J'ai appris aujourd'hui que tu le dis facilement.
Aie donc piti� de moi!
Tu ne vas pas te suicider pour moi.
Cet honneur n'est que pour Barry.
MENSONGES, MENSONGES, RIEN QUE MENSONGES!
"Qu'est-il arriv� � la montre de Pierre?"
"Mensonges, rien que mensonges!"
"L'ex-danseuse fran�aise va tout r�v�ler aujourd'hui."
Ce n'est pas vrai.
Comment cela, Mme Ducros?
Lady Wren a menti par omission
dans ses souvenirs "amusants".
Racontez-nous les faits.
Je suis s�r que mon ami �clair� n'y verra pas d'objection.
Du moment que ce sont ses mots.
Continuez.
Lady Wren dit vrai en ce qui concerne mon engagement.
Nous habitions ensemble, toutes trois.
C'�tait bien le printemps.
Mais rien d'autre n'est vrai.
Je n'oublierai jamais le march� aux fleurs.
Joy et moi �tions devenues amies.
Elle �tait tr�s gentille avec moi depuis mon arriv�e dans la troupe.
Nous faisions le march� ensemble.
Sybil n'avait rien d'une bonne m�nag�re.
Nous nous amusions bien.
- Excusez-moi, vous parlez anglais? - Et rien d'autre.
Ces num�ros sont plut�t d�concertants.
Sybil Morgan, une jeune Anglaise habite-t-elle ici?
Nous habitons ensemble.
Je suis un ami, de Londres, G�rald Wren.
- Je la crois sortie. - Sortie?
Attendez ici. Je monte voir.
Je lui ai annonc� ma venue par t�l�gramme. Elle l'a re�u?
Attendez donc, plut�t. Les escaliers sont interminables.
- Oui, Joy? - Crie par la fen�tre!
- Am�ricaine? - De Poughkeepsie.
Je vais monter.
C'est un lieu int�ressant, figurez-vous.
Ville au sud de Claverack, � l'ouest de Mahopac,
� l'est de Nyack et au nord d'Hackensack.
� se mettre la t�te dans un sac!
Sybil.
Salut, ma vieille.
Des jumelles, habill�es pareil!
Quel couple extraordinaire!
Je veux faire du th�! J'ai perdu mon couvre-th�i�re.
O� est mon couvre-th�i�re?
- O� est mon couvre-th�i�re? - Oh, Sybil.
- Sybil tu avais promis! - Je ne sais pas de quoi tu parles.
O� l'as-tu pris?
On avait fouill� partout.
Tes soup�ons m'�c�urent.
Reste l�! Quelqu'un que tu ne veux pas voir te demande en bas.
Qui? O�?
Ton ami. De Londres.
Ce doit �tre
Sir G�rald Wren.
Un Cr�sus, fou de moi!
Qu'il monte et je lui dirai encore : "Non, cher ami!
"Non, non, je ne puis vous �pouser."
Non, tu ne dois pas le voir!
G�rald!
Sybil, attends.
Repose-toi.
On a r�p�tition, cet apr�s-midi. Tu dois �tre en forme.
Belle et riche.
Je reviens tout de suite.
Promets de ne pas bouger.
Je doute d'en �tre capable.
- Navr�e. Elle est all�e se promener. - Se promener?
Pour se remettre. Qu'est-ce qu'elle tient! Comme rhume, je veux dire.
- Elle se soigne, j'esp�re. - Oui.
Quel dommage, je prends l'avion de 4 h 20 pour Londres.
Si Sybil revenait, qu'elle me t�l�phone � notre bureau de Paris.
- Bien s�r. - Merci. Et qu'elle prenne soin d'elle.
- Entendu. - Au revoir.
Que peut-on faire d'elle?
J'ai une id�e, mais la loi l'interdit.
Allez.
Je suis la volage cigari�re.
Tous les hommes veulent mes... cigarettes.
Fais-lui du caf�. Je pr�pare son lit.
- Remplis la baignoire. - De gin!
Elle r�clame son "sirop pour la toux".
Ne l'accable pas, Joy, elle souffre.
Une douleur cach�e, profonde.
Si elle n'est pas vraiment malade, elle le sera bient�t.
Pourquoi boit-elle? Il y a une raison.
Bien s�r. Elle aime �a.
J'ai trouv� sa cachette.
O� �a?
- Du gin. - Qu'a-t-elle fait du parfum?
Elle a d� le boire aussi.
Salut, les filles.
Il fait beau, on pourrait marcher jusqu'au th��tre.
O� est Sybil?
Si on r�p�tait sans elle, aujourd'hui?
- Pourquoi? - Elle se sent mal.
- Qu'est-ce qu'elle a? - Intoxication... par l'eau de Cologne.
N'entre pas! Elle dort!
Qu'y a-t-il?
Je suis fichue, Barry.
Fichue.
Personne ne veut mes cigarettes.
- C'est r�gl�. - On peut r�p�ter sans elle.
J'en ai marre, de son "sirop"! Je la renvoie.
- Elle est malade. - Elle est vir�e.
Joy, occupe-toi d'elle. Je dois parler � Barry.
Souviens-toi, elle est malade.
Elle est liquid�e, renvoy�e. Fini!
Barry, si tu fais �a, tu la tues.
Je ne suis pas responsable.
- Mais si! Pourquoi boit-elle? - Par ivrognerie!
Pour oublier son chagrin.
Qu'elle aille oublier avec une autre troupe.
Tu es aveugle.
Elle boit parce qu'elle est amoureuse de toi, Barry.
- Amoureuse de moi? - � la folie.
Tu es folle.
C'est vrai. Elle ne te quitte pas des yeux.
Oui, parce qu'elle cherche l'occasion de filer boire un verre.
Tu es sans piti�.
Tu es en train de la tuer, � ton insu.
- Elle me hait! - Elle t'aime.
Est-ce sa faute?
Bon, que dois-je faire?
Sois bon pour elle. Aide-la � t'oublier.
Comment? En buvant avec elle?
Garde-la avec nous.
Emp�che un �tre humain de se d�truire, Barry.
Elle en pince pour moi?
Oui.
- On s'en douterait pas. - Elle a sa fiert�.
Ang�le, je ne suis pas aveugle.
Non. Mais trop modeste.
Je croyais conna�tre les femmes.
Qu'elle pleure, �a va, mais qu'elle chante, �a non.
Je vais lui parler.
Il a bu du parfum, lui aussi?
�a me pla�t. J'ignorais tes dons pour l'op�ra.
Je suis cantatrice, pardi.
C'est pourquoi je suis danseuse.
Comment �a va?
Qu'est-ce que �a peut te faire?
Tu es une de mes filles. Je m'int�resse beaucoup � toi.
J'ai mang� une hu�tre douteuse.
On n'en meurt pas.
On ne te voit pas assez en sc�ne.
Je te donnerai de nouvelles s�quences.
J'aime les vieilles.
Je veux te mettre en vedette.
Pourquoi?
Tu peux apporter bien plus � notre num�ro.
Qu'ai-je � donner?
Ton talent, ta beaut�. Et tu chantes comme un ange.
Tu n'es pas f�ch�?
Pourquoi le serais-je?
� cause de mes... intoxications?
Ce n'est pas ta faute.
�vite donc les... hu�tres douteuses.
Rassure-toi, je comprends.
Tu peux �tre si gentil!
Dors un peu.
Il faut aider cette gosse.
La v�rit� est �trange. Elle peut faire d'amants des ennemis.
Et un mensonge peut faire d'ennemis des amants.
Barry cessa de boire
et Joy et moi d�mes donner le bon exemple.
- Et pour vous, les filles? - Du th�.
- Du lait. - De l'eau.
- Pour moi, rien. - Du th�, du lait, de l'eau, rien?
C'est �a.
Les Girls �taient d�sormais des Girls patronnesses.
Nous partions en tourn�e.
Joy et moi avions fait les bagages de Sybil. ; elle faisait ceux de Barry.
J'�tais inqui�te pour Sybil.
Sachez-le, j'exige une chose de ma troupe :
Beaucoup de complications!
Vivez votre vie, mais sans oublier mes trois principes :
"Poncifs, Paresse, Potins!"
Merveilleux.
Je trouve ton anglais amusant.
Viens, vieille fille, embrasse-moi, veux-tu?
- Seigneur mon Dieu! - Moi aussi, je trouve �a dr�le.
Comme je me suis tromp�e sur toi!
Sur moi?
Tu sais, quand je t'ai connu, tu m'as d�plu.
- Et maintenant? - Maintenant, pr�s de toi,
je me sens si petite et fragile.
C'est absurde, tout ce que je ne suis pas.
Et moi je te prenais pour une froide pimb�che.
- Vraiment. - Tu te moquais de moi!
Qu'on me traite de froide pimb�che ne me g�ne pas : J'ai du caract�re.
Tu me trouves froide, vraiment?
Tu le penses des Anglais, je sais.
Les Anglais...
Tiens, les Latins flambent comme du papier.
- Toi, tu es comme du charbon. - Lourde et informe!
Non. Le charbon est lent � prendre, mais une fois allum�,
il br�le bien.
Et tr�s longtemps.
- Mon chou? - Oui, mon amour.
Je t'assure que je t'aime.
Mais tu me connais.
Oui.
Cher et prudent Barry!
Il n'y aura pas de "complications".
Il est tard! Il est tard! On va manquer le train.
Comment �a?
- Tu fournis le combustible! - Tu es trop b�te.
- Vraiment trop. - Toi, tu es trop chouette.
Tu es trop charmante, trop aimante...
Regarde-moi, je danse.
Dingue.
� croquer.
On va manquer le train!
On prendra l'avion.
- J'ai la t�te solide. - Comment �a?
Je garde mon �quilibre.
Ce que je vais raconter se passa � Grenade.
Se�orita?
Gracias. J'attends quelqu'un.
Un monsieur? Il est l�.
Que faites-vous � Grenade?
J'essaie de vous retrouver.
Vous �tes plus belle que jamais.
Et vous, en pleine forme, riche et s�duisant.
- S�duisant comme mari? - J'en suis s�re.
Vous vous marierez facilement.
Comment va votre p�re?
Il ne vous int�resse absolument pas.
- C'est agr�able! - Salut.
Quoi?
- G�rald Wren. Barry Nichols. - Bonjour.
Enchant�. Prenez un verre avec nous.
Merci, avec plaisir.
- Je danse avec Barry, G�rald. - Je sais.
J'esp�rais qu'elle serait lasse.
En quoi cela vous regarde-t-il, mon ami?
Je vais l'�pouser.
- �a, je l'ignorais. - Moi aussi!
G�rald sait que le th��tre, c'est ma vie.
Venez danser � Londres. Notre th��tre vaut les autres.
On passera � Londres, mais dans de bonnes conditions.
Oui, quand j'aurai ma propre revue, sur une bonne sc�ne.
Un de nos th��tres est libre.
- Vos th��tres? - Ma banque a des th��tres.
- On peut dire �a. - Il plaisante?
Non, malheureusement.
C'est le th��tre Marlowe. C'est l� que j'ai connu Sybil.
Comme vous chantiez mal!
- J'ai fait des progr�s. - Je n'en doute pas.
Vous pourriez prendre le Marlowe,
avec un soutien financier.
Les artistes am�ricains ont du succ�s � Londres.
Les artistes britanniques aussi, je dirais.
Si c'est un pot-de-vin,
il m'int�resse beaucoup.
Vous voulez Sybil en vedette.
- Non, je la veux � Londres. - Vraiment!
Les aigles financiers parlent, je dois me taire?
S'il te pla�t. Le nom, ma foi...
Le Christopher Marlowe.
Trop classique, �a, comme nom. Pour une revue, oui.
- On peut d�baptiser le th��tre. - En faire le Barry Nichols!
Cette fille a de bonnes id�es. O� est-il?
Il est dans Charing Cross Road. Faisons-en le Bd Nichols.
�a viendra apr�s.
D�nons ensemble ce soir,
- on r�glera tout. - Ce soir...
C'est parfait.
Ton ami me pla�t.
- Il se d�cide vite. - Ton ami me pla�t aussi.
Ne vous surmenez pas!
Je vous sers?
- Du th�. - Du champagne.
Une aspirine!
- O� est notre ami? - Quoi?
- O� est notre ami? - G�rald, je serai franche.
Je ne veux pas que vous revoyiez Barry.
Pourquoi pas?
Ne financez pas la revue.
Je ne suis pas pr�te � rentrer � Londres. Je ne suis pas assez bonne.
Notre num�ro me pla�t tel quel.
Je m'amuse follement. Ne g�chez pas ma joie.
- Vous �tes �go�ste, hein? - Tr�s �go�ste.
� votre place, je me laisserais tomber.
Soyez un ange, un baiser et partez.
�a compte tant, de s'amuser?
Rassurez-vous. Je m'assagirai
et j'appr�cie votre patience.
Honn�tement...
Partez avant qu'il n'arrive.
Bon voyage et transmettez mon bon souvenir � votre p�re.
O� va Sir G�rald?
- Il ne d�ne pas avec nous. - Ah bon?
Nous avons parl�. Je lui ai expliqu� certaines choses.
Tu pr�f�res s�rement une situation nette.
Bien s�r. Mais qu'est-ce que tu racontes?
Je savais que tu ne voudrais pas qu'il se fasse d'illusions.
Que lui as-tu dit?
Que j'�tais ta ma�tresse.
- Tu n'as pas fait �a! - Si.
Son visage a pris une �tonnante couleur verte.
- Comme le tien, maintenant. - Tu es folle!
- Que va-t-il penser? - Qu'on est amants.
- Arr�te de dire �a. - Sybil.
- J'ai r�fl�chi. Ce que vous avez dit. - Je sais ce qu'elle a dit.
Croyez-moi, c'est faux!
Archi-faux.
Je ne doute pas de ses dires, mais de leur sagesse.
Je comprends pourquoi vous voulez que les choses restent ainsi.
Vous vous amusez follement.
Pas de conclusions h�tives. On ne s'amuse pas.
Mon cher, je connais assez Sybil pour savoir ce qu'elle aime.
- Du calme. - Barry...
�claircissons les choses!
Sybil et moi, nous avons un peu flirt�,
vous savez ce que c'est. Mais elle n'est pas ma ma�tresse.
Pardon?
�a m'ennuie de traiter Sybil de menteuse.
Quand elle dit...
M. Nichols, vous parlez de ma future �pouse!
Je suis navr�.
Vous avez mal compris.
Un peu de vin?
Oui.
Merci. Vous parlez anglais?
Non.
- � votre sant�. - � votre sant�.
C'est tr�s bon. C'est ma femme qui le fait.
Non, merci. Voil� ce qu'il me fallait.
- Je peux te parler, Barry? - Non.
Sors, il faut que je te parle.
Entre. Il ne parle pas anglais.
Ton �il a l'air d'aller mieux!
Mais il fait plus mal.
Un peu de vin, mademoiselle?
Non, merci. D�sol�e pour tout �a.
C'est pas ma faute, si notre contrat est annul�.
On s'est d�j� dit tout �a.
- Vous permettez? - Tu es f�ch�!
Je ne peux pas supporter ton silence.
- Laisse-moi tranquille. Merci. - Mademoiselle?
- Expliquons-nous, enfin! - �a ne m'int�resse pas.
J'ignorais que tu tenais tant � ta propre revue.
Je n'y tiens pas.
Je me r�concilierai avec G�rald. Mais cesse de bouder!
L'histoire se r�p�te.
Je recueille un chiot malade, et il me mord.
Merci.
Je ne comprends pas ta col�re.
�coute, j'ai voulu t'aider!
J'ai m�me cess� de boire! J'en ai �t� bien r�compens�!
Merci.
Je sais que tu as �t� adorable.
C'est pour cela que je m'en veux.
J'ai fini de jouer les sauveteurs!
Ang�le m'a dit que tu buvais
par amour pour moi. J'ai voulu t'aider.
J'ai fait ma B.A.
Ang�le a dit que je buvais � cause de toi?
J'ai failli � mes principes! Je suis entr� dans des complications!
J'ai �t� aveugle et �go�ste!
Je devrais te d�corer!
"� Barry Nichols, sacrifi� sur l'autel du devoir!"
Je ne veux pas de d�coration. Cet �il me tue.
Nous rentr�mes � Paris.
Mais les choses avaient chang�.
Le soir de la premi�re, Sybil �tait assez surexcit�e.
Un vertige!
Il fait si chaud.
- C'�tait effroyable? - C'�tait assez original.
- Assieds-toi l�. - J'ai �t� m�chante, hein?
- Un linge humide te ferait du bien. - Laissez-nous.
Je veux parler � Sybil.
Il veut me conseiller, avec raison, d'�viter les hu�tres douteuses.
Ne me gronde pas!
Je ne te gronderai pas. Tu devrais rentrer chez toi.
En Angleterre, tu trouverais de l'aide.
Toi seul peut m'aider, ch�ri!
Tu as �t� si gentil pour moi.
- Si gentil. - Sybil.
Ne t'inqui�te pas pour moi! Je m'en tirerai tr�s bien!
Ne me gronde pas.
Demain, j'engage quelqu'un pour te remplacer.
Je suis navr�.
Ce que je craignais s'�tait produit.
Sybil avait perdu Barry
et r�solut de se tuer.
Je m'�vanouis. Quand je repris connaissance,
Sybil �tait � l'h�pital. Je ne l'ai jamais revue.
La troupe se s�para.
J'�pousai le seul homme que j'aie jamais aim�.
Nous �tions heureux,
quand ce livre affreux parut.
Voil� toute la v�rit�.
Voil� qui met fin � l'interrogatoire.
Sir Percy, M. Outward.
Chacun a d�pos� sous serment. Mais leurs versions des faits diff�rent.
Seule une version peut �tre vraie.
L'autre est parjure.
Je dois songer � en r�f�rer au procureur public.
La s�ance est lev�e jusqu'� demain.
- Mme Ducros! - Ne bougez plus. Merci.
Merci beaucoup.
Ne bougez plus, s'il vous pla�t.
Ensemble. Par ici, je vous prie.
- Souriez. - Encore une.
Encore une, par ici.
Merci beaucoup.
Encore une.
- Un grand sourire. - Une par ici.
- Ne bougez plus. - Merci beaucoup.
- Londres vous pla�t? - Merci. Beaucoup.
- Et le climat? - Beaucoup.
- Il faut s'y habituer. - Merci.
Elle a tout invent�!
Tout?
Cette cicatrice, due � ton amant, n'est pas invent�e.
Dois-je tout expliquer encore?
J'ai menti, stupidement.
Sers-moi � boire, veux-tu?
Dans un flacon de parfum?
Je n'en veux pas!
Tu ne peux croire cette histoire absurde.
Tu sais que j'ai toujours souffert de la gorge.
Payer des dommages m'est �gal.
Mais notre mariage ne vaut plus un sou!
"La v�rit� ou la prison."
Un journal, monsieur?
UN T�MOIN MYST�RE DOIT PARA�TRE AUJOURD'HUI
Barry?
Votre nom complet.
Barry Nichols.
Le tribunal vous a convoqu�. Dites-nous
si vous avez lu le livre de Lady Wren, Les Girls.
Je l'ai lu dans l'avion. Je suis arriv� de Californie hier soir.
Quel livre!
- Vous y travaillez? - La Californie, Washington, l'Oregon.
J'y ai une affaire de jus d'orange.
Vous avez quitt� le spectacle?
J'ai un programme de t�l�vision
financ� par la Soci�t� Barry Nichols.
Vous avez lu la d�position
d'Ang�le Ducros?
Ce matin, les journaux en �taient pleins.
Comparez sa d�position
avec
le Chapitre VII de Les Girls.
Quelle version, d'apr�s vous,
est conforme � la v�rit�?
Difficile � dire, M. Le Juge.
Difficile en quoi, M. Nichols? Pouvez-vous nous �clairer?
Il y a eu des malentendus.
Toutes deux ignoraient
certaines choses.
Vous vous rappelez ces "certaines choses"?
Comme si c'�tait hier.
Comme elles l'ont dit, c'�tait � Paris, j'avais un num�ro
appel� Barry Nichols et Les Girls.
M�me dans une grande ville cosmopolite comme Paris, j'�tais tr�s seul.
J'�tais entour� de belles filles,
mais elles ne m 'int�ressaient plus.
- Vous �tes d�centes? - Oui, entre.
On a eu du succ�s, ce soir.
- Le public a ador�. - C'est un num�ro adorable.
- Vous sortez? - Sybil et moi, oui.
Joy rentre lire un livre.
Cela vous ferait du bien de rester chez vous de temps en temps.
� lire un livre.
Vous devriez parfois en faire autant.
Papa oublie que ses fillettes sont devenues des femmes.
- Bonne nuit. - Bonne nuit, les filles.
- Bonne nuit. - Je t'envie, Joy.
Pourquoi?
Tu te suffis � toi-m�me.
Tu n'as pas besoin d'affection, d'amis, d'admirateurs.
C'est une chance.
� t'entendre, j'ai tout de Sim�on le Stylite.
J'aime l'amiti�, et les hommes.
Ceux que je rencontre n'ont pas des intentions amicales.
Je sais ce que tu ressens.
Je me sens seul.
J'ai pens� que nous pourrions nous distraire ensemble.
Tu recommences!
- Quoi? - �coute, je suis fatigu�e.
Cette question a �t� r�gl�e hier soir.
Aie meilleure opinion de toi.
Un homme peut d�sirer ta compagnie,
juste pour �tre avec toi.
Pour toi-m�me.
Pour ton esprit.
Pour rire un peu!
Tu as dit �a hier soir.
Voil�.
- Je me suis bien tenu? - Un parfait gentleman.
Je te promets
de ne pas te nuire en le r�v�lant.
- Merci. Bonne nuit. - Je monte.
- J'ai dit : "Bonne nuit." - Je sais. �a devient monotone.
Je n'ai rien � t'offrir.
Je n'ai que quelques carottes.
Offre-moi du sel.
Pourquoi?
J'ai apport� mon souper.
J'ai � te parler!
Je ne blague pas, c'est important.
Sinon, gare � toi.
Il y a une fuite de gaz quelque part.
Un jour, il y aura une explosion.
Assieds-toi, tu veux?
Eh bien, Barry, de quoi veux-tu parler?
Litt�rature, l�gumes, choux-fleurs,
Shakespeare, Tolsto�, � ta guise!
Je viens te rendre visite et tu joues les d�tectives!
Je t'ai dit que j'�tais fatigu�e.
�a changerait quelque chose, si je te disais
que je t'aime?
Non.
Un homme qui aime dit quelque chose de plus.
Que peut-il dire de plus?
Tu veux dire... le mariage?
Je suis vieux jeu, Barry.
C'est bien ce qui me pla�t en toi. Mais le mariage, non!
C'est trop s�rieux.
J'y ai beaucoup pens�.
Pourquoi pas, si tu y tiens?
Je suis partisan du mariage, et comment!
- Ma ch�rie. - Oui?
Marions-nous tout de suite.
Enfin, fian�ons-nous.
Tu es partisan de longues fian�ailles?
Oui. On se conna�t mieux
et on est s�r de ce qu'on fait.
Tu me comprends?
Je crois, oui.
Laisse-moi me changer?
La bouteille verte contient quoi?
Du jus de choucroute.
C'est tr�s bon.
Joy, qu'est-ce que tu fais?
Je me d�shabille.
Une seconde. Je te rejoins.
Rien de mieux pour des pieds de danseuse!
Voyons. On parlait de nos fian�ailles.
C'est exact.
�a t'ennuie de m'ajouter un peu d'eau chaude?
Pas du tout.
C'est incroyable, tu sais.
Sans maquillage,
la plupart des femmes ne sont pas belles.
Sans coiffure �labor�e ni v�tements sophistiqu�s. Mais pas toi!
Tu es...
diff�rente, surtout sous cet �clairage. Tu brilles,
tu rayonnes. Tu es comme un chef d'�uvre impressionniste...
repr�sentant une vieille carotte dess�ch�e!
Un jour il y aura un meurtre ici, et il n'y aura rien de myst�rieux.
Vous avez amen� du renfort! Mais j'en ai marre, moi!
Nous avons des ennuis.
Nous venons vous demander votre aide.
Il fallait le dire. Vous boirez bien quelque chose.
- Merci beaucoup. - Que se passe-t-il?
Ang�le me croit dupe,
mais je suis au courant.
Notre seul rival est le th��tre, nous le savons.
Qu'y puis-je, moi?
- Renvoyez-les, Nichols. - Renvoyer mes meilleurs �l�ments?
Elles seront plus heureuses.
Les �pouserez-vous lorsqu'elles
ne pourront plus danser, vous?
Je regrette, les potes, mais ce num�ro m'a co�t� bien des efforts.
Sybil et Ang�le vous sont inutiles.
Vous feriez avec Joy une �quipe superbe. Juste vous deux.
C'est propre, ce que vous me demandez l�!
- M�prisable. - C'est impardonnable.
Mais avez-vous jamais aim�?
Si j'ai jamais...
Si j'ai jamais...
Cet iceberg!
Il fait de moi un naufrag�!
Mon th��tre est � vous si vous le d�sirez.
Joy aimerait s�rement �tre la vedette f�minine du spectacle.
Alors vous renverrez nos filles?
C'est trop cruel.
Vous avez une autre id�e?
J'ai une autre id�e!
Elle ne pouvait venir qu'� une canaille comme moi!
Messieurs... Les Girls sont � vous.
Toutes... sauf une!
- Salut, Barry. - Salut, Joy.
Pourquoi
boudes-tu comme un enfant g�t�, Barry?
- Qu'y a-t-il? - Ce n'est rien. Je t'en prie.
Je peux?
Non. Je te verrai au th��tre.
Joy, un peu d'eau, s'il te pla�t.
Quelque chose ne va pas. Dis-moi.
Donne-moi un peu d'eau et �a ira. Je t'en prie.
- Tiens. Bois �a. - Merci.
Tu es malade?
N'en parlons pas. Change-toi!
Tu es bizarre. Tu me fais peur!
Ce n'est pourtant pas ce que je cherche.
Vas-y. Change-toi, tu veux?
J'aurais d� m'arr�ter quand c'est arriv�.
Mais quoi, Barry? Quoi?
Va te changer, je ne veux pas...
Tu ne m'ennuies pas. Tu as vu un m�decin?
- Un? Vingt! - Et alors?
- Tous disent pareil. - Barry.
Ne t'inqui�te pas. Je me fais assez de souci, moi.
Vas-y, change-toi.
C'est b�te, pour quelqu'un qui aime la danse autant que moi.
Barry, c'est ton c�ur?
N'en parlons pas.
Tu le savais. Il fallait cesser de danser.
La danse est ma vie.
Ne t'imagine pas que je l'ai fait pour
ne pas vous r�duire au ch�mage.
Bien s�r, c'est un souci.
Je ne suis pas un chameau.
C'est ton c�ur, hein?
Joy, jure-moi de ne rien dire aux autres.
Jure-le.
Oh, Barry, je te le jure.
Si c'est ce que tu veux, je garderai ton secret, Barry ch�ri.
Je le jure.
C'est horrible.
Il a dans� tous les soirs contre l'avis du m�decin.
- Oh, non. - C'est pour nous garder du travail!
- C'est trop horrible. - A-t-il dit ce qu'il a?
Le c�ur! Mais il ne l'a pas avou�.
Je me demandais pourquoi il ne buvait plus.
- Il �tait trop calme. - Et ses mains, Joy!
J'ai remarqu� qu'elles tremblent.
Pauvre Barry! Pas d'oignon pour moi.
Peu d'hommes feraient comme lui.
Pas un.
Si vous voyiez ses yeux! De sombres puits de souffrance!
Qu'allons-nous faire?
On ne va pas le laisser mourir pour nous!
Joy, il a besoin d'une raison de vivre.
Ne dis pas �a, Sybil. Je m'en veux tellement.
Je sais ce que je vais faire.
Samedi, je d�missionne.
Il ne se sacrifiera pas pour moi non plus.
Je suis fi�re de vous.
Tr�s fi�re.
Oh, Barry! On a �t� si heureux ensemble!
Demain soir, il y aura un an qu'on fait �quipe.
Invitons Barry. On le lui dira pendant la f�te.
Cette f�te devra �tre tr�s gaie, tr�s heureuse!
Peut-�tre la derni�re ensemble.
Jurez de ne pas lui dire la raison!
Vraiment, Joy!
Inscription incompl�te. Il manque "Barry Nichols".
Tu es odieux, mais on t'aime.
L'ann�e a �t� heureuse.
Ai-je besoin de parler?
- Buvons du champagne. - Oui.
Champagne.
Jamais je n'ai eu meilleure �quipe.
Je bois � nous.
- � nous. - Merci.
Tiens. �a porte chance. Bonne chance.
- � une autre ann�e! - Je bois � cela.
- � beaucoup d'ann�es heureuses. - Beaucoup.
Aux Girls!
� mes Girls.
- Tu es tr�s chic. - Non. �a suffit.
�a suffit. Bourgeois de Fran�ais!
Ne fais pas la sainte-nitouche.
L�ve ton verre.
Je ne tiens plus le coup.
Ton petit cou ne tient plus ta jolie petite t�te.
Sybil!
Ne chipotons pas, Sybil.
Sybil veut aller faire dodo!
Vous me jetez dehors?
Tu devrais partir.
Avant que tu partes, Sybil et moi avons quelque chose � te dire.
- Tu vas nous ha�r, Barry. - Impossible.
En fait...
Nous voulons renoncer au th��tre.
- Tu plaisantes? - Non, Barry.
Nous ne voulons plus faire carri�re.
Et l'�ge est l'ennemi de la danse, tu sais.
Bien s�r, vous avez raison.
Mais si vous partez, je renonce aussi.
Ne nous fais pas passer pour des l�cheuses.
Allons-y.
Et toi, Joy?
Si Sybil et Ang�le renoncent, j'imagine que je dois en faire autant.
Si c'est ce que vous souhaitez, je n'y ferai pas obstacle.
- Barry, nous t'aimons tant. - Tu es si compr�hensif.
- Si bon. - Si gentil.
- Tu nous pardonnes? - Bien s�r.
Il est temps.
Tu es si gentil.
- On t'aime tant. - Tu es adorable.
- Si bon. - Si compr�hensif.
Vous vous r�p�tez, les enfants!
Cher Barry.
On t'aime.
Tu as ton G�rald, mais moi je n'ai pas cette chance.
Pierre me bat froid.
"Mon" G�rald? Je lui ai t�l�phon� ce matin. Il avait oubli� mon nom!
Me revoil� � plat.
Tu ne leur as pas dit?
Barry, je te l'avais jur�!
D�sol�.
L'approche de la fin rend soup�onneux.
Repose-toi, ch�ri.
Je sais que c'est b�te.
Mais, tu me raccompagnes?
Tout �a m'a �mu.
Bien s�r.
- Tu veux t'appuyer sur moi? - Non.
Je mourrai sans soutien.
Toutes ces photos de moi!
Tu ne m'as jamais quitt�.
Je suis touch�e.
- Laisse. Je vais le faire. - Merci.
Tu veux ta robe de chambre? Elle est ici?
�a m'emb�te de t'ennuyer.
Tu es si gentille.
Dors un peu, Barry.
Bonne nuit.
- Bonne nuit. - Reste! Juste une minute.
Juste une minute, alors.
C'est une nouvelle robe?
Achet�e pour la f�te, ce soir.
- �a alors! - Je voulais �tre jolie pour toi.
- Elle est tr�s jolie. - Merci.
Qu'est-ce que c'est? De la soie?
Non.
De la peau d'ange.
Ta peau est plus douce encore!
- Elle m'a co�t� une fortune. - Ce dos!
Avec ce genre de robe, on paie ce qui manque.
Tu sens bon.
Non, Barry, ne t'�nerve pas!
�a ne me fera pas de mal.
Dis-moi, qui fait le m�nage ici?
Peu importe.
Pense aux ordres du m�decin!
Il ne m'a interdit que la danse.
Tu ne dois pas faire d'efforts,
- tu le sais. - Alors, ne m'oblige pas
� de la course � pied!
Si tu ne t'assieds pas calmement, je pars!
Laisse-moi mourir.
C'est mieux.
Tu ne sais pas te soigner.
Si, je sais.
Toi, tu ne sais pas. Tu me mets dans un �tat.
- Tu veux de l'eau? - Pourquoi?
- Tu veux un bain de pied? - Ne sois pas f�ch�.
C'est pour ton bien que je r�siste.
J'ai un aveu � te faire.
- Jure-moi le secret. - N'ai-je pas prouv� ma discr�tion?
�coute, je ne suis pas malade.
Je joue la com�die.
Tu n'as rien?
Tu as tout invent�?
Tu regrettes que je ne sois pas mourant?
Je l'ai fait pour Pierre, G�rald
et les filles. Et nous.
Et tu m'as fait jurer, sachant que je dirais tout!
- Ne t'�nerve pas. - Je te conseille de te taire!
De tous les mauvais tours...
Et ton sens de l'humour? Je faisais l'innocent.
Toi, innocent?
- Vieux renard. - Pense � mon c�ur.
- Ton c�ur, tu parles! - Souviens-toi que tu es une dame.
Quand je pense au prix de cette robe!
Je t'en prie.
Je t'en prie, parce que si je...
Attends! Je t'en prie.
Joy, je t'aime! Je ne peux vivre sans toi!
Joy, je t'aime!
Tu m'entends?
Tout Paris vous entend! Rentrez chez vous.
Je veux te voir! Te demander pardon!
Je hurlerai jusqu'� ce que tu me r�pondes!
Je t'aime.
Les Am�ricains! Montez le lui dire,
que les autres puissent dormir!
Je t'en prie.
Joy!
Ang�le!
Sybil!
C'est ce qui s'est pass�.
Toutes deux �taient sans connaissance. Asphyxi�es.
- Toutes deux? - Toutes deux.
� l'h�pital, elles gu�rirent.
Mais nous ne nous rev�mes jamais.
Les Girls, c'�tait fini.
Vous voulez dire
que ces deux dames tent�rent de se suicider?
Non, M. Le Juge.
Aucune d'elles ne tenta de se suicider.
- Aucune? - C'�tait un accident.
Leur radiateur � gaz �tait d�fectueux.
Apr�s leur gu�rison, elles ne se revirent pas.
Apparemment, chacune crut que l'autre avait ouvert le gaz.
�a, c'est la v�rit�?
M. Le Juge, je d�pose sous serment!
Merci, M. Nichols, �a sera tout.
� la lumi�re de ce que nous venons d'entendre,
les avocats peuvent reconsid�rer les faits.
Mme Ducros d�sirait uniquement prot�ger sa r�putation.
L'argent ne l'int�resse pas.
Si mon distingu� confr�re n'y voit pas d'objection,
je me retire.
La D�fense n'a pas d'objection.
Le Jury n'aura plus � conna�tre cette affaire.
Merci. Vous �tes excus�.
- Quel sale tour. - J'ai fait �a parce que je t'aimais.
- Je te voulais. - Tais-toi.
- Tu as bris� ma carri�re! - Mais, Sybil...
Tais-toi!
Pardonne-moi! Je ne te mentirai jamais plus!
Sybil.
On va nous poursuivre.
Ch�rie.
- Quelle imb�cile je fais! - C'est moi, l'imb�cile.
Non, je me d�teste.
- Ma ch�rie. - Ma pauvre petite.
J'�tais dans la salle, ch�ri.
- Tu as �t� parfait. - Merci, Mme Nichols.
J'ai agi comme on doit le faire devant la cour.
D'ailleurs, je n'ai fait que dire la v�rit�.
Tu ne le crois pas?
Nous sommes venus sauver leurs mariages. Le n�tre se portait bien.
Comment �a, se portait?
Sybil et Ang�le n'ont pas pu tout inventer.
Il doit y avoir une part de v�rit� l�-dedans.
- Je me rappelle. Je... - Voil� que �a recommence!
O� EST LA V�RIT�
Fin
French
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