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Original subtitles

Chant d

'une

chanson

Sous -titrage MFP.

Sous -titrage MFP. Sous -titrage FR

?

Esther, tu as bien dû te rendre compte lors de notre dernière entrevue que je n

'étais pas au meilleur de ma forme.

Chaque jour qui passe me rend plus faible.

Je t 'ai fait parvenir des films.

Ta grand -mère Jeanne me les avait remis peu avant sa mort.

Ces films, je ne les ai jamais vus. Je n 'avais pas le matériel.

Peut -être aussi que je n 'avais pas le courage.

Je te les confie aujourd 'hui.

Il n 'y a que des souvenirs.

Il n 'y a que de la mémoire.

Sous -titrage ST'

501

Tu vas le vendre ? Certainement pas, celui -là est à moi et je compte bien le

garder. T 'as raison.

C 'est curieux comment les tableaux passent de main en main à travers les

siècles et comment ils procurent toujours autant de plaisir.

C 'est parce qu 'ils sont beaux ? Peut -être.

Moi je crois que le génie réjouit l 'esprit et qu 'un grand tableau apporte

la plénitude chez celui qui le possède.

De la fierté ? Non, pas de la fierté.

Du bonheur.

Ça va aller, c 'est normal de faire des conneries à son âge.

Bon, je te retrouve à la maison ce soir.

Excusez -moi.

Je vous en prie.

Ce sont nos petites valeurs à la 19e.

Pas beaucoup de valeurs, je crains.

Non.

C 'est pas intéressant.

C 'est sale.

Faut la faire nettoyer.

Et là ? C 'est une pièce exceptionnelle.

Rassemblez -moi être un Agathe.

Jacques -Laurent Agathe, un peintre suisse d 'origine écossaise, investi de

David et de Rassi Verneuil.

Sa cote a beaucoup monté, c 'est très rare sur le marché.

Surtout un tableau de cette taille.

Il faudrait que je vérifie au bureau sa valeur.

Le moteur, vous auriez à l 'emporter ? Non mais comment ça ? On le décroche et

hop, on le met dans ma voiture.

Personne ne s 'imaginerait que je transporte plusieurs dizaines de

'euros sur mon dos.

C 'est des cris d 'approximation, pas loin de 100, 150.

C 'est parfaitement, c 'est bien produit.

C 'est tout bête, voilà.

Regarde ça, attends.

L 'un dans l 'autre... C 'est vrai que les jeunesses lyriennes, c 'est un

mouvement auquel les gens adhérent sans vraiment réfléchir.

C 'est un peu comme les scouts, quoi.

On ne peut pas comparer, ma chérie.

Alors, c 'est pour moi ce joli cœur ? Ah non, désolé, c 'est pour Esther.

Ah. Oui.

Bien. Alors, si j 'ai sollicité ce petit dîner, pas ce petit dîner, ce grand

dîner, c 'est pour une raison bien particulière.

Fabienne est en plainte.

Quoi ? Non, je plaisante.

Par contre, nous allons nous marier.

Là aussi, c 'est une blague ? Non, pourquoi ? Montre ta bague.

Je n 'osais pas montrer mes mains depuis le début.

Très jolie.

Pas facile quand on est à table.

Tu n 'as pas trop marié, quand même.

Et pourquoi pas ? Je ne sais pas, papa.

Il ne faut que par rapport à maman.

Je lui ai dit.

Papa, elle est morte.

Oui,

je suis allé au cimetière et je lui ai dit.

Ah ouais ? Et elle t 'a répondu quoi ? Oh, Esther.

Merde. A ce que je sache, tu ne t 'y rends pas souvent sur la tournée de ta

mère, si ? Mec, vous voulez vous me redire où sont les toilettes ? Au foin à

gousse.

Jeanne, tu veux du champagne ? Je trouve tous ces rosés infects.

Champagne, pour tout le monde.

Jean, je crois que ton cousin me fait du gringue. Faudrait que tu viennes me

sauver.

Mais non, tu te trompes.

C 'est sur ma Rolls que l 'on râoule.

Enfin, sur ma femme.

Viens, Jean.

Klaus a une galerie à Francfort, spécialisée dans le 17e.

Une toute petite galerie comparée à la vôtre, M. Stegman.

Klaus est modeste.

C 'est la plus grande galerie de Francfort.

Et l 'année prochaine, j 'ouvre un magasin de bagnoles pour vendre des

aux Allemands.

Si la guerre n 'est pas déclarée. Si la guerre n 'est pas déclarée.

Il a un problème de prostate ? Je crois que non.

On va le voir.

C 'est même le Dieu qui l 'a amené.

Il pleurait vraiment ? Je ne l 'ai jamais vu comme ça.

Même à l 'enterrement de ma mère, il ne pleurait pas.

Je ne me souviens plus.

Tu ne vas pas fumer ici ? Tu ne peux pas le connaître ? Quoi ? Le tableau.

On a dit que tu ne pleurais plus dans la chambre.

Je voudrais que tu te renseignes sur cette famille.

Comment ça ? Je voudrais savoir quand est -ce qu 'ils ont eu le tableau, à

quelle époque.

Tu ferais ça pour moi ? Pas tant que ça reste légal.

Qu 'est -ce que tu fantasmes avec ce tableau ? Plein de choses.

Allô ? Monsieur Weinstein ?

Regardez.

Je le connais, ce tableau.

Il était à son grand -père.

Où l 'as -tu vu ? Où l 'as -tu vu, Esther ? C 'est Melchior, mon mari, qui

récupéré pour une vente.

Je crois que mon père le connaît.

C 'est tout à fait possible.

Ton père avait quel âge quand Jean a été exécuté ? Trois ans.

Ah.

C 'est assez pour se souvenir.

Jean a été fusillé, fin 1941, c 'est absurde.

On a tous essayé de le sortir de là, pendant des mois.

Impossible de faire quoi que ce soit, comme s 'ils avaient un dossier sur lui.

Jean, un des plus grands antiquaires de Paris.

On l 'aurait dénoncé.

Dénoncé pourquoi ?

Il n 'était pas interdit de vendre des objets, même en 1941.

Ces salauds de nazis ont tout récupéré ensuite.

Comment vous avez fait, vous, pour conserver votre collection ? Qu 'essaie

'insinuer ? Mais, enfin, rien, Claude.

Claude, je connais les ragots, mais j 'y crois pas. Je veux juste que vous me

racontiez.

La question est plutôt de savoir.

Pourquoi ton grand -père a été exécuté ? Ta famille s 'est trouvée sans rien

après la guerre.

Oui, je sais.

Je peux savoir ce qui s 'est passé à propos de l 'origine du tableau.

Tu disposes de quoi comme élément ? Rien de plus.

Alors, déjà...

Il faudrait que tu te renseignes pour savoir qui a été l 'exécuteur

testamentaire à la mort de Jean.

Je ne vois qu 'un seul endroit où tu peux te mettre à chercher pour

Désolé, je ne peux pas vous laisser entrer tant que vous n 'avez pas d

'autorisation. Et comment je fais pour obtenir une autorisation ? Attendez.

Oui ? C 'est José de l 'Accueil.

J 'ai là une dame qui demande comment elle peut obtenir une autorisation pour

consulter les archives.

Il faut que vous constituez un dossier.

Merci, je m 'en doute un peu. Mais je dois mettre quoi dans le dossier ?

Attendez.

Oui, encore José de l 'Accueil.

La dame voudrait savoir ce qu 'elle doit mettre dans le dossier.

C 'est à propos de votre père, c 'est ça ? Oui, son grand -père.

Attendez, je lui demande.

Est -ce que vos parents sont morts ? C 'est mon téléphone.

Allô, non, il me reste mon père.

... ... ... ...

Celui -là date de 42.

Ça dit que ta grand -mère va bientôt pouvoir récupérer les clés de son

qui ont été séquestrées par un huissier.

Ça dit aussi qu 'elle a de bonnes chances d 'obtenir la réalisation.

C 'est quoi la réalisation ? Dors -toi.

Ça voudrait dire que ma grand -mère aurait récupéré la collection de mon

-père, alors ?

Oui, mais ton père n 'a jamais récupéré rien du tout de ce patrimoine.

Ben oui, je sais.

Je ne comprends rien.

Je ne comprends rien.

Je crois que c 'est une lettre de mon grand -père pour ma grand -mère.

Juste avant qu 'il se fasse fusiller.

Ma chérie.

Toi seule à compter pour moi et comptera toujours.

Si parfois je t 'ai fait du chagrin, pardonne -moi au nom de notre amour qui

si beau, si doux, si tendre.

Garde bien le petit et lève -le avec toute ta grande tendresse.

C 'est lui que papa l 'a beaucoup aimé et désiré.

Je disparais alors que tu es encore si jeune et belle.

Refais -toi une vie.

Une femme ne peut pas et ne doit pas vivre seule.

Pense toujours à ton Jean qui t 'aime plus que tout.

Plus que sa vie même.

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Sous -titrage Société

Radio

-Canada

Oula, je vois que mon petit -fils s 'amuse.

Oui.

Félicitations, papa.

Ah, merci.

C 'est quand même du temps pour me le dire.

Mais je finis toujours par dire les choses, moi.

Je ne savais pas que Klaus était là.

Oui, il ne pouvait pas venir à la mairie.

Ils sont toujours fous ensemble, ces deux -là. C 'est beau, chou.

Je trouve que Raoul a regardé Bidino.

Tu prends l 'air, petite Esther.

Je vous avais pas vu, Raoul.

Je peux t 'en prendre une ? Bien sûr.

Les miennes sont au salon.

Tu fuis les réjouissances familiales.

J 'étouffe un peu quand tu es du monde.

Simon s 'est trouvé.

Une jolie souris, non ? Toujours dans l 'investigation.

Pardon ? Tu es toujours journaliste.

Ah oui, journaliste, oui. Enfin, pas franchement dans l 'investigation.

Mais je compense.

Je fais des recherches pour moi.

Sur la famille.

C 'est -à -dire ? Sur les tableaux de mon grand -père volés pendant la guerre.

Tes cigarettes sont trop fortes.

Je vais l 'aider, putain.

Ça va, Raoul ? Ça va.

Hé, qu 'est -ce que tu as trouvé ? Oh, pas grand -chose pour le moment.

Faut dire que mon père n 'est pas d 'une grande aide.

Mais vous, vous pourriez peut -être m 'aider ? Oh, je ne vois pas comment.

C 'est loin, tout ça.

Et puis, je n 'étais pas en France.

Vous étiez en Angleterre, un peu pas ? Dans la Résistance, en fait.

Je viens d 'être nommé Grand Croix.

Félicitations.

J 'ai appris que ma grand -mère avait récupéré la collection.

Comme vous la connaissez bien, je vous disais que...

Écoute,

Esther.

Les périodes sont lourdes.

La guerre.

Il ne faut pas... Ce sont des parenthèses, des

parenthèses. Qu 'il faut laisser fermer.

Il ne faut pas chercher à remuer.

Ça ne fait que du mal.

Je ne suis pas au courant de quelque chose qui puisse t 'aider.

Vous me faites un peu mal, Raoul.

Fais rentrer à l 'intérieur, je pense.

Oui, quoi ? Le drapeau.

Tu portes un célèbre, tu sais ? On fait le concours d 'autographes avec Gulli.

Gulli, tu l 'as fait avec qui tu dansais ? Ah, tu veux l 'épater, c 'est ça ?

Oui, Justine, oui.

Tu veux que je signe Justine ? Non, merci.

Tout va bien, monsieur ? Vous inquiétez pas, je cherche le vieux papier.

Tartiga longue, 20 ans d 'âge.

Jean, vous avez bon goût.

Jean, Klaus voudrait te parler très sérieusement. Il souhaiterait que nous l

'étions. La situation s 'aggrave. Vraiment depuis la nuit de cristal, les

prennent la fuite.

Et s 'ils vendent, ils sont obligés de brader à à peine 10 % du marché.

À peine, à peine.

Les nazis ne reculent devant rien. Ça va exploser.

Klaus voudrait que tu l 'aides à sortir clandestinement des toiles.

Je pourrais utiliser mes réseaux habituels, sauf que...

Écoutez, Jean,

il faut absolument que nous montions un réseau par nature.

C 'est la seule filière qui nous reste.

Est -ce que vous avez des liens avec des galeries à Zurich ou à Genève ? Bien

sûr.

Et ça serait possible.

Difficile, mais jouable.

Quand ? Quand vous voulez, Klaus.

Avec le choix de ton père.

Tiens, Gaspard, c 'est là.

Jean Stegman, avec la date.

15 décembre 1941.

Tu vois, on a mis 50 ans pour écrire le nom de ceux qui ont été fusillés ici.

Pourquoi ? Parce qu 'on fait comme si ça n 'avait jamais eu lieu.

Mademoiselle Stegman, asseyez -vous.

la procuration de mon père.

Mais il n 'a pas pu venir lui -même ? Il est un peu fatigué en ce moment.

Rien de grave. Non.

C 'est bon.

On va pouvoir y aller.

J 'ai une autre question.

J 'aimerais savoir s 'il est possible de retrouver l 'exécuteur testamentaire de

mon grand -père.

La même personne que celle pour laquelle vous faites des recherches ? Oui.

Ça devait être un de vos prédécesseurs à l 'époque.

Vous situez ça quand ? Juste après la guerre.

C 'est clair, on n 'a pas de dossier informatisé pour cette époque, mais si

été fait ici, on doit pouvoir y arriver.

Pas d 'autres questions ? Oui, c 'est José de l 'Accueil.

Viens consulter les documents. Votre nom ? Stegman.

Ah, c 'est bon.

Tout ça ? Eh oui.

Le fond resbalant, il répertorait plus... de 60 000 cotes que nous avons

récupérées aux archives du ministère des Affaires étrangères.

Pourquoi vous chuchotez ? Je chuchotais ? Le son rose, comment vous le dites ? C

'est la femme qui a répertorié toutes les œuvres d 'art qui ont été volées

durant la guerre en France.

Elle était conservatrice au musée du Chaud -de -Paume.

Là, au final, il a cumulé toutes les œuvres volées.

Là, vous avez la liste des objets avec le nom des propriétaires.

quand on les connaissait.

Comment trouver tout le monde en paix ? Vous devez tout lire.

Ils sont magnifiques.

Jacques Laurent Haguef, un peintre suisse d 'origine écossaise du XVIIIe.

C 'est une des plus belles pièces.

Il a été commandé par un riche marchand d 'Amsterdam qui a appartenu à l

'impératrice d 'Autriche et un Hongrois qui était dans les trains.

Tu vas le vendre ? Certainement pas, celui -là est à moi et je compte bien le

garder. T 'as raison.

C 'est très

proche de Harvey

Roseland.

On a voulu commencer au monde. Mais pourquoi ?

Si vous avez le temps d 'y aller, c 'est assez.

Sous -titrage FR ?

Donc, si je comprends bien, c 'est à moi de faire la preuve que le tableau

appartenait bien à mon grand -père.

Exactement. Donc, vous êtes à me voler, c 'est à moi de démontrer qu 'il m 'a

volé. Oui.

Vous savez que d 'habitude, c 'est le voleur qui doit s 'expliquer.

Oui, mais ce n 'est pas une situation ordinaire.

Mais vous voulez quoi ? Des photos numériques qui datent de 1938 ? Le

portable de mon grand -père ? Vous pouvez arrêter d 'exagérer, oui.

Écoutez, je vous ai apporté des listes que j 'ai récupérées aux archives des

affaires étrangères.

Les listes que j 'ai cochées, étudiées, sans compter celles qui ont

mystérieusement disparu, que je comparais avec d 'autres listes faites

Américains qui datent de 1946.

Qu 'est -ce que vous voulez de plus ? Vous voyez bien que c 'est écrit là.

Owner, Stegman. Oui, mais elles ne correspondent pas à nos listes, celles

en 49 par les gens qui ont réparti les ménères.

On y parle de Joseph Stegman, non de Jean Stegman. Joseph Stegman est mort en

1935. Mais ça ne prouve pas que son fils avait hérité. Vous vous foutez de moi ?

Bon, ça suffit maintenant.

Retournez -vous à soi.

Parlez -moi sur un autre ton.

Ce sont nos lits, point. Vous les toutes pourries faites par des crétins.

Ce n 'était pas ma responsabilité. Je n 'étais pas né.

Sauf que depuis 1949, personne n 'a rien fait. Les tableaux sont restés dans les

musées et vous vous êtes bien gardé de rechercher les propriétaires.

Si, et depuis plusieurs années d 'ailleurs.

Oui, à cause du livre d 'Hector Hortado.

Pas seulement.

Il vous a tous mis en cause.

Monsieur Hortado exagère. D 'ailleurs, à ce point, vous vous ressemblez tous les

deux.

Je suis pressé.

Ah bon, t 'es pressé ? Je dois trouver un cadeau pour Fabienne, c 'est son

investissement.

Je pensais qu 'on aurait le temps de discuter un peu.

Discuter de quoi ? Tu vas pas m 'emmerder avec tes conneries, hein ?

J 'ai juste une question à te poser.

Pourquoi tu m 'as toujours interdit d 'apprendre l 'allemand ?

Il y a que les allemands qui parlent allemand.

Je ne suis jamais allé là -bas.

Aussi, tu es allé quand on t 'a présenté ton film sur Thomas Verma.

Bon, alors, ce n 'est pas ta question ? Non.

Est -ce que tu savais que ta mère avait hérité normalement après la mort de ton

père ? Que les nazis ne sont pas accaparés les biens de la famille ? J

des conneries.

J 'ai retrouvé la trace de plus de deux tons d 'œufs Stegman répertoriés dans

différents musées dans l 'après -guerre.

Il n 'a jamais été question d 'un quelconque héritage.

Les Allemands avaient tout volé.

Qui est -ce qui t 'a dit ça ? Je ne sais plus.

Personne en vérité. C 'est quelque chose que tout le monde savait, mais on n 'en

parlait pas.

Il y a bien quelqu 'un qui a dû mentir à la base pour que la rumeur se propage.

Tu veux me dire qui, c 'est ça ? Non, je n 'en sais rien.

Je sais juste que ta mère devait récupérer une collection qui s 'est

retrouvée totalement despertée aux quatre coins de la France.

Et comment tu sais tout ça ? J 'ai fouillé chez toi.

J 'ai retrouvé les vieux papiers de Mamie.

Quoi ? Écoute, si t 'avais fait un œil, t 'aurais vu que ta mère avait hérité.

Attends, laisse -moi continuer.

J 'en ai parlé à Claude Weinstein.

Quoi, ce collabo ? Non, tais -toi, d 'accord ? Tu connais rien de Claude,

tais -toi.

Puis, j 'ai obtenu l 'autorisation d 'aller à la bibliothèque du Quai d

Comment tu as obtenu l 'autorisation ?

J 'ai falsifié une procuration. Je t 'ai fait signer un truc sans que tu t 'en

rendes compte.

Espèce de folle.

Écoute, papa.

Je te jure qu 'il y a des trucs bizarres avec cette succession.

Tu sais quoi ? Moi, j 'ai signé une procuration pour compte interne.

Je crois que je suis suivie. Allez, écoute, tu m 'emmerdes.

Mais qu 'est -ce que tu fais ? Merci beaucoup.

Ah non, non, non. Toi, tu m 'adresses pas la parole. On a dit que c 'était moi

qui payais. Oui, bah non, bah c 'est bon.

Voilà. C 'est par là qu 'on peut se calmer. Au revoir. Au revoir, merci.

C 'est quoi ? Commissariat aux questions juives ? Ça veut dire

que, par exemple, ma grand -mère Jeanne, la mère de Papy Simon, elle a dû

démontrer que elle, ses enfants surtout, étaient que des demi -juifs.

Enfin, pas assez juifs en tout cas pour entrer dans les critères d 'envoi pour

les camps.

Tu comprends ?

Comment elle a fait pour démontrer ça ? Je ne sais pas.

Je me demande.

Donc, moi, je suis demi -juif.

Pourquoi tu me demandes ça ? Papa, il n 'est pas juif. Toi, tu es juive.

Moi, je suis juif à moitié.

Vous ne saviez pas ? Absolument pas.

Ça signifie que c 'est ta grand -mère qui l 'a nommé tête de ta famille.

Oui, je sais.

Je ne comprends pas pourquoi.

Il s 'est passé des choses bizarres après la mort de son grand -père, tu

J 'ai subtilement été écarté de ta famille, moi.

Son meilleur ami.

Et pas seulement à cause des racontards d 'après -guerre. Comment ça ? Disons

que Klaus a petit à petit pris beaucoup d 'importance

aux yeux de ta grand -mère.

Dans son cœur aussi.

En vérité, son influence fut énorme.

Tu sais comment sont les femmes quand elles sont amoureuses ?

Klaus et Raoul étaient très proches à ce moment -là.

Ils le sont toujours, d 'ailleurs.

Qu 'est -ce que vous voulez dire ? Je n 'aime pas accuser sans preuve,

mais... il est possible que Klaus ait influencé ta grand -mère

pour faire nommer Raoul exécuteur testamentaire.

Et dans quel intérêt ?

C 'est toi -même qui m 'as dit que ta grand -mère avait hérité de gens.

Oui. Et pour ça, vous n 'avez rien touché.

Rien.

Oui, Gaspar, on s 'attend à tes mamans.

Rappelez -moi à quoi vous mettez la main.

Mais j 'ai appelé, je t 'ai laissé des messages, t 'étais où ? Mais ton père,

est où ? T 'en fous, t 'en... On est mardi.

Allô ? Sûr de toi.

T 'as bien vu les photos.

C 'est bien la preuve qu 'on me suit, qu 'on veut m 'intimider.

Ils ont suivi Gaspard, putain.

On appelle la police, alors ? Non, on appelle pas la police.

Ils sont déjà tout courants.

C 'est peut -être un souper.

Me touche pas, s 'il te plaît.

Tu fais chier, putain.

T 'as fait ce que je t 'ai demandé, à propos du tableau ? Non, j 'ai pas eu le

temps, aujourd 'hui.

Ouais, t 'as des trucs plus importants à faire, hein.

Votre collègue est pas là ? Vous voulez parler de Katharina ? Ouais, jeune femme

blonde avec des lunettes.

Elle est tombée malade. Elle ne sera pas là durant un moment.

Elle était là hier, pourtant.

Elle nous a prévenus ce matin.

Je dois avoir une somme de documents qui m 'a été réservée.

Votre nom ? Esther Stegman.

Je reviens, Madame Stegman.

Il y a un problème.

Les dossiers vous ayant été attribués ont momentanément été égarés.

C 'est une blague, là ? Je suis désolée, ce n 'est qu 'une question de joueur.

Donc on les retrouve, j 'imagine.

Vous savez ce que c 'est, les réaménagements ? Qui vous a ordonné de

les transmettre ? Pardon ? À qui vous venez de parler, là ? Où est -ce que

allez, mademoiselle ? Cette partie est réservée aux personnels.

Lâchez -moi ! Écoutez, hier, les documents, ils ne s 'étaient pas

Hier, votre collègue, elle avait l 'air de tout sur ce malade !

Je ne lâcherai rien.

Vous m 'entendez ? Vous devriez rentrer chez vous maintenant.

Je ne lâcherai rien.

Madame, je vais appeler la police.

Bonjour. Je suis désolé, ce n 'est pas une invitation.

Il faut un carton.

Ce n 'est pas un carton, ça ? Non, c 'est un prospectus.

Je croyais que c 'était un carton. Je suis désolé.

Écoutez, je voudrais vraiment assister à ce colloque. Je ne peux pas vous

laisser rentrer, je suis désolé. Non mais c 'est incroyable quand même.

Parlez -moi.

À quoi ça sert ces colloques qui ont laissé entrer les premiers concernés ?

voyez, cette jeune femme que l 'on ne veut pas laisser rentrer.

C 'est bien la preuve que tout cela n 'est fait que pour essayer de vous

disculper. Pour vous faire croire que vous faites de votre mieux. Mais c 'est

faux, vous mentez. Si je n 'avais pas écrit ce livre, il n 'y aurait pas de

quoi. Écoutez, monsieur, je ne peux pas vous laisser continuer. Le gouvernement

français essaie depuis 50 ans de conserver des œuvres d 'art volées à des

familles juives. Bien sûr, elles ne lui appartiennent pas, mais le gouvernement

tergiverte pour ne pas les rendre en espérant la mort des uns ou une absence

preuve des autres. Alors, mademoiselle, s 'il vous plaît, allez -y, entrez.

Bon, laissez entrer cette jeune femme.

Sachez quand même, monsieur Hurtado, que je viens de rendre trois tableaux aux

héritiers d 'Alphonse Kahn, dont vous savez pertinemment depuis 50 ans d 'où

proviennent. Non ! Les tableaux ont changé de nom durant leur séjour en

Allemagne. Ils nous avourent du mal à avoir des certitudes. C 'est de la pure

hypocrisie. Ces œuvres d 'art étaient notoirement connues. Elles figuraient

de nombreux catalogues de vente. Un expert tel que vous en a pour moins d

heure pour déterminer leur provenance.

Ça suffit, vous n 'y connaissez rien.

Ah, parce que vous, M. Goldman, vous croyez y connaître quelque chose ?

Parfaitement. Est -ce que vous savez pourquoi on vous a nommé à ce poste ?

Pardon ? Eh bien, c 'est parce que vous portez un nom juif et que le

gouvernement français a besoin de bons petits juifs bien gentils pour faire le

sale boulot ! Écoutez, M.

Orsado, essayez de garder votre calme.

Je peux vous parler ? Vous écoutez, oui.

Bon, écoutez, si vous voulez, on peut se mettre plus ou moins par là.

Oui.

Ça a le mérite d 'être joli.

Merci. Oui, oui, ça va.

Je n 'ai pas beaucoup de temps.

Je vous préviens.

Alors.

Vous voulez voir la photo ? Non, non, je vous fais confiance.

Vous savez, je me suis beaucoup intéressé au cas de Klaus Vogel.

Qu 'est -ce que vous savez sur lui ? À part qu 'il a été l 'amant de ma grand

-mère. Ah bon ? Oui, en fait, Klaus est un génie de la famille.

Il a été résistant pendant la guerre. Oui, ça c 'est ce que l 'histoire

officielle a retenu.

Ça vous ennuie si je mange un sandwich ? Parce que j 'ai très peu de temps.

On se met là ? Oui.

Klaus Bruegel a été résistant, c 'est vrai. Mais ce que l 'on sait moins, c

qu 'il a été arrêté par la Gestapo, puis libéré.

Et alors ? Et alors, les résistants ne ressortaient jamais vivants des mains de

la Gestapo.

Sauf s 'ils avaient trahi.

Voilà. Klaus Vogel est devenu un agent de la Gestapo. Et d 'après les dates que

vous me donnez, cet événement se situe peu avant l 'arrestation de votre grand

-père et son exécution.

Donc c 'est lui qui aurait dénoncé mon grand -père ? J 'en sais rien, je me fie

aux dates.

D 'après ce que vous m 'avez raconté... Donc il aurait dénoncé mon grand -père

et séduit ma grand -mère pour savoir où étaient cachés les tableaux et les

livres d 'inventaire ? Si vous me dites que votre grand -oncle a été nommé

exécuteur testamentaire, il faudrait que vous retrouviez des preuves.

de la vente des œuvres de votre famille par Raoul Stegman.

Si vous y arrivez, vous arriverez au bout du puzzle.

Vous pourrez inculper votre grand -oncle.

Moi, je suis prêt à vous aider, Esther.

Cette histoire mérite d 'être révélée. Vraiment, je suis prêt à vous aider.

Melchior, c 'est moi.

Écoute, je voudrais savoir si en fouillant dans vos archives, tu pouvais

le nom de Raoul associé à une vente qui date du début des années 80.

Je parle bien de Raoul Stegman, mon oncle.

Bon, rappelle -moi.

Je peux savoir ce qui se passe, là ? T

'es mise à pied.

Pardon ? Pour quelques semaines, je sais pas combien de temps exactement, peut

-être plusieurs mois.

Je sais pas ce qui se passe, je sais pas ce que tu fous.

On m 'a apporté la preuve que t 'étais pas chez toi cette semaine à soigner une

sciatique. La preuve ? Des photos.

Tu me fais suivre ? Mais c 'était pas à mon initiative, Esther.

Je peux pas t 'en dire plus.

Attends, ça veut rien dire, je peux pas t 'en dire plus.

J 'arrive à mon bureau qui est vidé, tu me dis que je suis mise à pied, tu me

parles de photos et tu peux pas m 'en dire plus ? Quoi, les ordres viennent d

'en haut, peut -être ? Pourquoi la direction voudrait me virer ? Je peux

voir les photos ? Je les ai pas sur moi, Esther.

C 'est ça, ta preuve ? C 'est ça, ta photo ?

Je vais vous attaquer au prix d 'un an.

C 'est ton droit.

On a quelqu 'un qui déposera contre toi.

Comme je te disais, je sais pas ce que tu fous.

Je sais juste que t 'es dans la merde, Esther.

Il se passe que je suis mise à pied.

Qu 'on m 'a pris en photo à mon insu pour justifier de cette mise à pied. Et

si jamais je dépose plainte contre le journal, quelqu 'un va témoigner contre

moi.

C 'est toi ? Ils m 'ont fait signer un truc.

Mais qui, il ? Virginie, un type de la direction, je crois.

Je devais dire que je t 'avais couverte, que je savais que tu faisais semblant d

'être malade pour pas venir travailler.

Mais comment il le savait ? Il savait quoi ? T 'as bien dû le dire à quelqu

Non, personne, je te jure.

Peut -être à mon mec.

Ton mec ? Attends, le mec pour lequel je te couvre ? Travaille au journal, ton

mec ? Sophie, je te parle, il travaille au journal, ton mec ? Oui, oui.

Il m 'a juré qu 'il dirait rien.

Il ne faut jamais faire confiance à un mec marié.

Je t 'aimais, Marie -Catherine.

Je suis là, Esther.

Un mois de temps de frire, cette fois.

Ça va, j 'ai des miennes.

Les light.

Celles qui vous font tousser.

T 'es en forme.

Le sosie de ta grand -mère, au même âge.

J 'aimais beaucoup ta grand -mère, tu sais.

J 'ai cru comprendre.

Aussi agréable soit -elle, je ne connais toujours pas le motif de ta visite, ma

belle.

Vous vous souvenez que je fais des recherches sur la famille en ce moment ?

sûr.

Tu m 'en parlais au mariage de ton père, avant de te dérober.

Vous vous souvenez alors d 'avoir dit n 'être au courant de rien qui puisse m

'aider ? C 'est possible.

Je ne me souviens plus très bien.

À mon âge, c 'est... Vous auriez pu me dire pourtant que ma grand -mère vous

avait nommé exécuteur testamentaire de la famille.

Ta grand -mère me faisait confiance.

Et pourquoi vous ne me l 'avez pas dit ? Je ne vois pas en quoi cette

information puisse être utile.

Ah, mais si, Raoul.

C 'est utile.

C 'est très utile, même.

Ça signifie que vous pouvez me dire où sont passés les tableaux de mon grand

-père.

Ça signifie que vous pouvez me dire où sont passés les 400 objets que j 'ai pu

répertorier.

Et encore, j 'ai pas fini.

Tu as dû te tromper dans tes calculs.

Je me souviens d 'une soixantaine d 'objets.

Tous les gays au musée d 'Orsay, selon les souhaits de ta grand -mère.

Whisky ? Non, merci.

D 'accord.

Une jeune femme doit boire.

Pas trop, mais un peu.

Je me méfie des gens qui ne boivent pas.

Les gens aujourd 'hui ont un peu trop tendance à refuser les plaisirs.

Qu 'en penses -tu ? Elle bête de con cette vente au musée d 'Orsay.

Oh, ça remonte.

Vraiment, je ne sais plus.

Mais en tant qu 'exécuteur testamentaire, vous devez bien avoir des

actes.

Sûrement.

Faudrait que je fouille.

Ça doit être du début des années 80.

Non ? J 'ai appris que tu avais des

problèmes à ton travail.

C 'est du moins ce que j 'ai entendu dire.

Qui vous a dit ça ? J 'ai...

Je connais des gens, des gens pâles.

Ils savent parfois que je suis ton grand -oncle.

Alors ils me disent que ma petite nièce a des problèmes à son travail.

Qu 'elle serait sur le point de se faire licencier. Temporairement mise à pied.

C 'est mieux.

C 'est arrivé ce matin ? Comment vous le savez ?

L 'actionnaire principal du journal où tu travailles.

Jean -François Schroeder.

On s 'est connus après la guerre.

On fréquentait les mêmes gens.

Si tu veux, je peux lui parler de ton cas.

De te faire réintégrer.

Il me doit quelques services.

Ça ne doit pas être trop compliqué pour lui.

C 'est vous, les photos.

Comment ? C 'est vous qui m 'avez fait mettre à pied.

Qui me faites suivre.

Parce que vous savez très bien sur quoi j 'enquête.

Parce que vous savez très bien ce que vous risquez si je découvre la vérité.

Risquer quoi ? Qu 'est -ce que tu racontes, ma pauvre Esther ?

Si tu donnais une bien grande importance que de croire que je passe mon temps à

te survivre. À me mettre des bâtons dans les roues.

Mais qu 'est -ce que tu cherches ? Je vais le mensonge.

Parce que tu crois que pour survivre, il ne faut pas mentir ?

Ne

te fais pas... que tu n 'es.

Je vais te demander de sortir maintenant.

Au revoir Esther.

Ça devrait aller.

Enfin, venez à 15 heures, comme ça, on est sûr.

Ah non, mais il est certifié.

Aucun problème.

Non, mais il vient de la collection Wittgenstein.

Très bien.

Bon, je compte sur vous. À tout à l 'heure.

Oui.

J 'ai pas le temps, là.

OK, à tout à l 'heure.

C 'est impossible de te joindre.

Mais je suis au téléphone tout le temps, j 'ai une vente à 14h, putain.

T 'as fait ce que je t 'ai demandé ? De quoi tu parles ? Tu te fous de moi ?

Mais je suis débordé, et c 'est à dire merde.

Une bande qui date du début des années 80, associée au nom de Raoul.

Je bougerai pas d 'ici tant que t 'auras rien fait.

Y 'a rien de plus important pour moi en ce moment.

Ouais bah le plus important c 'est que tu trouves du boulot.

Enfin ça va, je suis pas virée, je suis juste mise à pied.

Il te suffit de demander aux archives.

Mais tu sais même pas si cette vente, elle a eu lieu ! C 'est des

de clothes, putain ! Ils ont pas que ça à foutre, aux archives !

Je te jure de rendre ta journée infernale si tu leur demandes pas.

C 'est déjà fait.

Oui, bonjour, Anne -Laure, c 'est Melchior.

Non, mais j 'aurais besoin que vous me trouviez un catalogue ancien datant du

début des années 80 où figurait le nom de Raoul Stegman.

Non, je n 'ai pas d 'autres informations.

Non, non, je ne connais pas la date exacte.

Oui, je sais que c 'est un travail dantesque, mais elle est très

Bon, écoutez, je vous jure que si vous me le trouvez d 'ici deux jours, je

de vous pour une augmentation.

Très bien, merci.

Au revoir, Laure.

Bon, maintenant, dehors.

On parlera de tout ça à la maison.

Tu penses qu 'elle en aura pour combien de temps ? Non, dehors !

Oui.

Mais je sais pas moi, démerdez -vous.

Bon ok.

C 'est ça.

Comme vous le savez, ça fait quelques années que je travaille avec votre

Gérald à New York.

Les quelques familles juives qui sont parties récemment ont été obligées de

vendre avant.

Alors je m 'en suis occupé et j 'ai tout vendu à des prix normaux.

La situation s 'aggrave. Vraiment depuis la nuit de Crystal, les juifs prennent

la suite.

Et s 'ils le vendent, ils sont obligés de brader à à peine 10 % du marché.

À peine, à peine.

Je crois absolument que nous montions un réseau par la suite.

C 'est la seule cyber qui nous aide.

Est -ce que vous avez des liens avec des galeries azuriques ou à Genève ?

Oui, bien sûr.

Et ça serait possible ? Difficile, mais jouable.

Quand ? Quand vous le souhaitez.

Merci, Jean.

Je savais que je pouvais compter sur vous.

Qu 'est -ce qu 'elle a, maman ? Soit elle me trompe, soit elle part

ouvrir. Ne te trompe pas ! Est -ce que tu l 'as ça ?

Bonjour ! Bonjour !

Bonjour, je cherche une tombe. Quel nom ? Tegman Jeanne.

Je vais regarder.

Allez.

C 'est dans la partie la plus récente, vous verrez par là.

Dans le carré juif, secteur 12, tourne 26.

Voilà, avec Jean Stegman.

Avec Jean Stegman ? Vous êtes sûr ? C 'est vrai.

C 'est un monsieur, Stegman Simon, qui a fait transférer les restes en

provenance du Mont -Valérien le 12 décembre 2002.

Et il l 'a mis avec Stegman Jeanne, décédé le 4 janvier 2002.

Cette blessure, où meurt la mer comme un chagrin

de chair, où va la vie germer dans le désert,

qui fait de sang la blancheur des berceaux,

qui se referme au marbre du tombeau.

Cette blessure d 'où je viens ?

Cette blessure

où va ma lèvre à l 'aube de l 'amour ?

Où bat ta fièvre un peu comme un tambour ?

D 'où part ta vigne à n 'y pressant des doigts ?

Oui, je te

remercie.

Comme une cicatrice de la nuit Et qui n 'en finit pas

de se rouvrir Sous des lames qu 'affile le

désir Cette blessure

Comme un soleil sous la mélancolie

Comme un jardin qu 'on n 'ouvre que la nuit.

Comme un parfum qui traîne à la marée.

Comme un sourire sur ma destinée.

Cette blessure d 'où je viens.

Cette blessure.

drapé de soie sous son triangle noir, où vont des

géomètres de hasard, bâtir de rien des

chagrins à citer, en y creusant parfois pour le

péché.

Cette blessure qu 'on voudrait coudre au milieu du

désir, comme une couture sur le plaisir,

qu 'on voudrait voir se fermera jamais,

comme une porte ouverte sur la main.

Je savais sans savoir.

Tu as une cigarette ? Tu te remets à fumer ? Oui, le gros.

Tu veux un café ? Oui, je veux bien.

Un sucre ? Toujours ? Oui.

D 'où il vient, ce film ? De Claude.

Ta mère lui a donné un peu avant sa mort.

Pourquoi à lui et pas à moi ? Peut -être parce qu 'elle savait qu 'il ne

pourrait pas les voir alors que toi, oui.

De toute façon, dans cette famille, c 'est comme si tout avait été organisé

que les mémoires disparaissent.

Tu dis qu 'on aurait pu faire équipe, toi et moi.

Mais moi, je m 'en fous de faire équipe avec toi.

Je veux pas être ta coéquipière ou ton amie.

Je veux juste être ta fille.

Que tu me parles comme à ta fille.

Que tu m 'expliques.

Que je t 'explique quoi ? Que le passé est tellement moche que j 'ai préféré l

'oublier.

Tu veux mettre à jour l 'histoire pour avancer alors que moi je... Je voudrais

'en débarrasser, passer à autre chose.

Klaus a fait de lui ta mère pour s 'accaparer avec Raoul les biens de l

'héritage.

C 'est comme ça que Raoul a fait fortune.

En vendant les tableaux et les objets qui te revenaient de toi.

Ils ont tout pris.

On n 'a rien eu.

Faut qu 'on se perde, non ?

On ne compte pas.

C 'est con.

Ok.

La collection privée de M. Engelstegmann.

comprenons.

Merci. On aurait plutôt remercié Anne -Laure.

Deux jours de recherche.

C 'est pas tout.

En continuant les recherches sur le tableau, on a trouvé un bond de

signé par un haut gradé nazi et authentifié par un expert.

Tu veux savoir le nom de l 'expert ? Oui.

Klaus Vogel.

Qui confiait provisoirement le tableau à un certain Raoul Stegman, antiquaire.

Est -ce que tu dis ça ? Que tu dois faire erreur.

Raoul n 'avait pas plus le droit que mon grand -père d 'avoir des tableaux

pendant la guerre.

Si, parce que le bond date de l 'onglet 42.

Et à cette époque, Raoul était considéré comme citoyen britannique, ce qui l

'autorisait à avoir une collection.

Parce qu 'il était anglais avant les juifs.

La vache.

Comme tu dis.

Je suppose que... Tu dors dans le salon ? Ouais.

Avec toi.

Je ne veux pas te voir.

Je ne t 'ai pas autorisé à entrer.

Qu 'est -ce que tu cherches ? Rien.

Ne me prends pas pour un imbécile.

Je ne te prends certainement pas pour un imbécile, mais pour un salaud, oui.

Merci.

C 'est pour l 'argent que tu fais ça ?

Oh non, pour l 'argent, il est trop tard.

Je n 'en aurai plus besoin.

De toute façon, c 'est la petite qui m 'a demandé.

Pourquoi alors ? Pour rétablir la vérité. Je sais que c 'est une notion

'est étrangère. Tu me hais ! Ah oui, je hais ton visage impassible,

ton calme, ton seigne.

Tu as prétendu réussite. Tu es tout ce que je l 'ai.

Moi, je ne te hais pas.

Tu hais tout le monde.

Tu prétends le contraire, mais tu haïssais Jean. Je le sais. Tu haïssais

réussite. Une réussite qui ne devait à rien à personne.

Alors, tu as voulu la lui voler.

Et tu l 'as fait avec Klaus pour Jeanne. Elle était trop

belle, Jeanne, non ? Elle était belle.

À quoi ça sert de remuer le passé ? Je connais ton

discours et parle -le -moi.

Il faudrait qu 'on signe les familles, ne pas raviver les plaies, la France ne

doit pas être gouvernée par la haine. Et puis, la meilleure, sait -on

dans quel camp on se serait retrouvé à l 'époque ? Mais quel baratin !

C 'est comme cela que nous avons sauvé la France.

Tu as sauvé ta peau ? Oui.

en volant aux héritiers de Jean ce que les nazis avaient volé la première fois.

Ah, tu n 'as pas changé, mon pauvre. Mais tu ne sais pas, tu

as oublié que les temps, eux, ont changé.

Et que tout ça, c 'est fini.

On saura et on te jugera.

Tant pis pour toi.

Bonjour, j 'aimerais parler à Raoul. Monsieur Tegman est absent, il est en

déplacement. Ah bon ? Et où ça ? Je continue de vous communiquer cette

information. Au revoir, madame.

Oui, papa.

T 'as eu mon message ?

C 'est pas vrai ? C 'est arrivé quand ?

Toi,

mon cher Claude, tu as toujours aimé les êtres humains et la beauté des choses.

La beauté de la nature qui a été reconstituée par des peintres de génie.

aimais. Tu as toujours pensé, d 'ailleurs, toute ta vie, que la beauté

améliorer l 'homme et l 'humanité en général.

Alors je te le dis avec un grand respect et une grande admiration.

Adieu, Claude.

... ... ...

...

Sous -titrage Société Radio -Canada

Vous avez fait vite pour revenir de voyage, Raoul ? Je sais tout.

Qu 'est -ce que tu fais ? C 'est bien que vous ayez voulu aimer ma famille.

Comment vous avez fait ? Votre histoire de nationalité anglaise pendant la

guerre.

Je sais tout.

Ça vous épatte, hein, mon oncle ?

Ce n 'est pas l 'endroit. Un peu de dignité, Esther.

Vous, vous me parlez de dignité ? Vous, le voleur ? Vous qui vous êtes accaparé

les biens des morts ? Vous me parlez de dignité ? Et toi ? Ne vous oubliez pas,

Claude. Je reviendrai à vous.

Écoutez -moi bien, messieurs, dames.

Vous qui, par la voix basse de la prétendue collaboration de Claude

Tout en venant à son enterrement, je vous présente un grand résistant.

Si grand, qui s 'est servi de sa position pour vendre dans le plus grand

la collection d 'œuvres d 'art de sa famille.

Et qui s 'est fait passer pour un généreux mécène, en en donnant une

partie à un musée, pour mieux dissimuler ses malversations.

Du délire, ma petite Esther.

Des œuvres qui n 'étaient pas à lui, qui ne connaissaient pas.

Parce que c 'était mon grand -père qui les avait achetés.

Mon grand -père.

C 'est suivi par les nazis.

Curieusement, avant tout le monde.

Si je suis en vie, c 'est grâce à Raoul.

Vous ne savez rien.

Raoul a été un grand résistant, lui.

Ça ne l 'a pas empêché de détourner un héritage et d 'essayer de faire

disparaître le prénom de mon grand -père.

Tu n 'as aucune preuve de ce que tu avances. Non, je n 'ai pas une preuve. J

des dizaines de preuves.

C 'est même un livre qui va être écrit en votre honneur par l 'acteur Hurtado.

Vous êtes un bel exemple pour les historiens. Vous aussi, Klaus.

Bien, Klaus.

Bien.

Sortons d 'ici. Klaus Vogel, agent de la Gestapo, qui a dénoncé le cousin de

Raoul. Klaus Vogel, agent de la Gestapo.

Hein ? Klaus Vogel, agent de la Gestapo.

Non ! Les nazis ne vieillissent pas, ça conserve ! C 'est ça pour une fouteuse

de merde, hein ? Allez, viens ici.

150.

155. 155 000 au deuxième rang. 160 000 au téléphone.

160 000.

175 000. 170.

Ici au premier rang.

170.

175 au téléphone.

180. 180.

180. 190 000 ici au premier rang. 190 000.

190 000. Rien au téléphone.

Non. 190 000. J 'adjuge. 190 000.

Adjugé. Numéro 323.

Monsieur bienvenu de la maison, c 'est Melchior qui t 'a appris à être si

vehement ? C 'est pas toi en tout cas.

C 'est vrai pour le livre ? Oui, c 'est vrai.

Quitte à rien récupérer autant que tout le monde sache pourquoi.

Tu aurais pu me demander mon autorisation.

Je l 'aurais donnée de toute façon.

Je suis fier de toi, ma fille.

Les parents aussi nous l 'auraient été.

Tu crois ? Pourquoi il n 'est pas venu, Melchior, en fait ? Il avait un

truc, une honte. Il pouvait pas se libérer.

Papa ? Oui ? Quoi ?

Je sais que... t 'as fait rapatrier

le corps de ton père pour qu 'il soit avec nous.

C 'est vrai que t 'as de la mémoire.

Nous passons au lot suivant, le 142.

Une toile de Jacques -Laurent Agathe, un élève de David et de Horace Vernet.

Ce tableau, à la demande de notre maison, est retiré de la vente. Mais

? C 'était le clou de la vente ! Madame, je vous comprends, mais nous avons

décidé de retirer ce tableau car, disons qu 'il est passé entre de curieuses

mains durant la Seconde Guerre mondiale.

Enfin, ce n 'est pas le premier.

Vous avez raison, mais désormais, nous ne vendrons plus d 'œuvres dont nous

pouvons penser qu 'elles ont été acquises de façon frauduleuse auprès de

familles juives ou de collectionneurs juifs.

Nous la voulions pour notre musée.

Peut -être, mais nous tiendrons cette ligne.

Vous pouvez la remporter.

Merci.

Les héritiers de nos tableaux ont d 'ailleurs très bien compris la

Ils ont décidé de leur propre initiative.

de le restituer aux héritiers des anciens propriétaires. Ils trouvaient

naturel.

L 'eau suivante, le numéro 143, une huile sur toile de Gaspard Fetter.

par Jambé -Mio d 'Aquitaine.

Tu sais que c 'est demain que sort le livre sur Tadou ? C 'est vrai.

J 'y ai pensé aussi.

La famille se réduit.

Tu vas pas me dire que ça te fait de la peine ? C 'était mon oncle.

Tu sais, on n 'est pas obligé d 'être attristé par la mort des salauds.

Il y a autre chose aussi. J 'ai eu un coup de fil d 'un certain Philippe

qui travaille au musée national.

Il m 'a dit qu 'il appelait de ta part et qu 'il...

Trois toiles.

Des toiles du 18ème qui auraient appartenu à ton grand -père, à Jean.

Il m 'a expliqué qu 'il avait maintenant des preuves qu 'elles étaient à lui.

Tu es toujours là ? Esther ?

Esther, tu m 'entends, Esther ?

Musique de

la

Marseillaise

... ... ...

...

Sous -titrage ST' 501

Sous -titrage ST' 501

Sous -titrage MFP. ... ...

...

...

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