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...
-Maman !
Maman !
Musique de l'ambiance
...
-Sans famille, c'est Rémi, Rémi, au hasard des chemins.
Sans famille, la vie n'est pas toujours gaie pour un gamin.
Quand il marche, il rencontre quelquefois de bons amis.
Patriarches ou bien de pauvres petits perdus comme lui.
Sera-t-il toujours sur terre,
solitaire, sans bonheur ?
Que destin saura-t-il faire
pour lui plaire une âme seule ?
Sans famille, sous la neige bleue ou sous le grand soleil,
ses yeux brillent, larmes d'espoir ou de chagrin s'emparent.
...
-Maman !
...
Maman !
...
Maman !
Viens vite !
-Qu'est-ce que t'as, Rémi ?
-Il y a un bonhomme à la maison. Il veut te parler.
...
-Sera-t-il toujours sur terre,
solitaire, sans bonheur ?
Que destin saura-t-il faire
pour lui plaire une âme seule ?
Sans famille, sous la neige bleue ou sous le grand soleil,
ses yeux brillent, larmes d'espoir ou de chagrin s'emparent.
...
-Mais qu'est-ce qu'il t'a dit ?
-Il m'a rien dit. Il m'a dit qu'il voulait te voir.
-C'est vous, la mère Berberin ? -Oui, c'est pourquoi ?
-Bah voilà, c'est pour votre mari. -C'est un malheur.
-Je sais pas trop quoi vous dire.
Il a eu un accident sur le chantier.
Il y a un échafaudage qui s'est effondré.
Enfin, on sait pas trop comment.
Lui, il travaillait juste en dessous.
-Oh, mon Dieu ! -Oh non, il s'en tirera.
Il est vivant, c'est le principal.
Mais c'est pour ses jambes.
Pour le moment, il est à l'hôpital.
Comme je rentrais au pays, il m'a demandé de vous annoncer ça.
-Faut que j'aille le voir. -C'est pas la peine.
Il aura besoin d'argent pour son procès.
-Son procès ? -Contre le patron.
Ils veulent rien lui payer. Ils ont dit que c'était de votre faute.
Lui, il s'était mis où on lui avait dit de se mettre.
Allez, prouvez ça.
...
...
-Mais des sous, on en a pas ?
Un maman.
-Tu sais, Rémy, ton père, ça va faire 10 ans qu'il est parti.
C'est pas parce qu'il est jamais venu nous voir
qu'il pensait pas à nous.
Il nous a toujours envoyé de l'argent
pour pas qu'on vive dans la misère.
...
Alors, maintenant, c'est lui qui a besoin de nous.
Tu comprends ?
-Oui, maman.
-Alors, des sous, faut qu'on en trouve.
...
-Vous en avez pas d'autres ? -Bah non.
...
-Ça va pas vous faire défaut ?
-Un fois.
...
-C'est que je pourrais jamais la revendre.
C'est une vache de pauvre. -C'est pas vrai !
-Ah, si c'est toi qui le dis, mon petit gars !
...
Enfin, c'est bien pour vous rendre service.
...
-Vous pouvez pas m'en vouloir, mais je pouvais pas vous en donner plus.
...
Allez, à la prochaine, et bon courage.
Allez, hu !
...
-Elle s'appelle Laroussette.
...
-C'est quand qu'il va revenir, papa ?
-Ça, je sais pas.
Faut d'abord qu'on le soigne.
Il faut qu'il gagne son procès.
Après ça, on verra.
...
...
-Parfois, on est heureux sans le savoir
...
Tout est simple, calme et tranquille
...
Quand rien ne peut vous décevoir
...
Dans un jardin
...
Loin de la ville
...
Si l'ombre du malheur
... Soudain vous guette
...
On n'en sait rien
...
On n'en sait rien
...
Chaque jour
...
Est un jour de fête
...
Sans le savoir
...
On se sent bien
...
...
-Rémi !
Rémi, viens voir.
...
-T'as de la farine ? Où tu l'as eue ?
-J'ai emprunté à la mère Cassagne.
-Regarde sur la huche.
...
Qu'est-ce que tu vois ?
-Des pommes, des oeufs, du lait, du sucre, du beurre.
C'est pour quoi faire ?
-Devine ce qu'on peut faire avec tout ça.
-Je ne sais pas.
-Recherche bien.
-Des galettes ?
-Non.
-Des crêpes !
Oh, maman !
-Allez, tu vas me faire une bonne flambée.
Monte vite, cherche du petit bois.
...
Qui c'est ?
...
C'est toi ?
...
-Basile.
Me voilà.
J'y croyais plus, Jérôme.
J'y croyais plus.
...
Jérôme.
...
-J'en peux plus.
15 jours que je marche.
-Et ta jambe ?
-J'ai la patte raide.
Ils veulent plus de moi sur le chantier.
-Viens vers toi.
...
-Ca fait rien.
...
Ca fait plaisir d'être là.
...
Qui c'est, celui-là ?
...
Réponds-moi, qui c'est ?
...
-Foche-toi pas, Jérôme.
...
C'est Rémi.
-Rémi ?
...
Mais tu m'avais dit que... -J'en peux plus.
J'en peux plus.
-Alors, tu m'as pas écoutée.
...
-Tu dois avoir faim.
-J'ai rien dans le ventre depuis hier.
-Y a quoi pour souper ?
-Pas grand-chose. On t'attendait pas.
...
-Et ça ?
-Oui.
Je peux te faire une omelette.
Et puis, y a la soupe.
-Au lieu de rester plantée là,
mets-donc les assiettes.
-Oui.
...
-Qu'en pensais-tu ?
-Perdue.
En un seau.
...
Les salauds.
...
-T'as pas faim ?
...
C'est moi qui te coupe l'appétit ?
-Je lui avais promis des crêpes.
-Ca fait rien, maman.
Ca fait rien.
-Allez, finis ton assiette et va te coucher.
...
-Ca lui fait quel âge ?
-Il a passé 11 ans.
-Il a pas l'air costaud pour son âge.
-T'es pas juste, Jérôme.
Il est très bien planté, ce gamin.
Jamais malade, jamais rien.
Il est si gentil.
-Gentil, gentil.
C'est pas ça qui va lui donner à manger.
-Tu vas le réveiller.
-Pourquoi t'as pas fait ce que je t'avais dit ?
-J'ai pas eu le courage.
C'est facile à dire, on mène le à l'hospice.
Mais le faire, c'est autre chose.
-Ce gamin, il est pas à nous.
T'es pas sa mère, je suis pas son père.
-Tais-toi, je te dis.
-Il faudrait qu'ils l'apprennent.
...
-Mon pauvre Jérôme.
Comme ça, t'as changé la ville.
Avant, t'aurais jamais parlé comme ça.
...
-T'as pas une goutte ?
-Non.
-Bon.
Eh bien, je vais jusqu'au bout, boire le canot.
...
Il fera jour.
...
-Maman !
Maman !
...
-Tu dormais pas, toi ?
...
-Maman, c'est pas vrai, ce qu'il a dit.
T'es... t'es ma maman.
-Oh, tu sais, mon Rémi,
il y a longtemps que je voulais t'en parler.
Mais c'est pareil.
T'es mon petit garçon à moi, pareil.
Comme si je t'avais fait.
-Pourquoi tu m'as menti ?
Qui c'est, alors, ma vraie maman ?
-On ne sait rien.
On la connaît pas.
C'est Jérôme qui t'a trouvée
un matin à Paris, en allant au travail.
Il a entendu un bébé qui pleurait.
C'était toi.
...
Alors, voilà, on t'a gardée.
-Mais pourquoi il m'a gardée ?
Pourquoi il m'a gardée ?
Ah !
-Je te raconterai ça une autre fois.
Il est tard.
-Maman,
je veux pas aller à l'hospice.
-Non.
Non, mon Rémi.
Tant que maman Barberin sera là,
t'iras pas à l'hospice.
...
...
-Alors, Rémi, tu viens ?
-Mais où on va ?
-Tu verras bien. Amène-toi.
-Où est maman Barberin ?
-On la voit. Avance.
Avance, mes verts-cubes !
Tu me t'enlèches, moi !
...
-Allez, l'emmène.
...
Allez, hop !
...
-De l'argent, de l'argent !
Mon ami, de l'argent, qui vous en donne ?
Parce qu'enfin,
cette enfant, c'est vous qui avez décidé de le garder.
Vous doutez que ça vous ferait une bouche de plus à nourrir.
-Oui, mais je croyais qu'un jour ou l'autre, on allait me le réclamer.
Le commissaire a dit que c'était peut-être un enfant volé.
Alors, s'il y en a un qui voulait bien se charger du bébé,
il y aurait une grosse récompense à l'appui.
-Une grosse récompense ? -Oui.
Vu que les parents, c'était comme des rupins.
Il avait des langes de dentelle et tout ça.
Dame, j'ai dit que j'étais preneur.
-Vous n'en avez jamais vu la couleur.
Tiens, petit, tu vas aller jouer dans la cour ?
Il y a du soleil, viens.
Tu nous attends là-bas.
Écoutez, vous avez adopté l'enfant.
Si vous n'en voulez plus,
il n'y a aucune loi qui vous force à le garder.
-Mais c'est pas ça. On veut bien le garder avec ma femme.
Mais c'est ce qui m'a coûté pendant 11 ans.
-Mon cher monsieur, vous êtes libre de choisir.
Soit vous gardez l'enfant, soit vous nous le confiez à l'hospice.
Mais vous n'aurez pas un sou.
-Mais ces gamins, je les nourris, je les ai habillés.
Ce serait normal qu'on me donne quelque chose.
-C'est juste, non ?
-Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
-Faites un procès à l'administration.
(Le bébé pleure.)
(Le bébé pleure.)
(Rires)
(Le bébé pleure.)
-Tu pleures ?
Pourquoi tu pleures ?
-Maman a dit...
-Ta maman, elle est partie.
Tiens, tu veux que je te raconte une histoire ?
Hein ? Ouais ?
Allez, regarde.
"Il était une fois, une princesse,
dans son jardin merveilleux.
Elle cueillait une fleur.
(Il inspire.)
Quand, tout à coup,
(Il imite le bruit d'un monstre.)
un monstre surgit.
Il avait plein d'écailles.
Il crachait du feu par la bouche.
C'était laid.
La princesse criait, "Au secours !"
Mais le prince qui passait par là...
(Il imite le bruit d'un monstre.)
Il descend de son cheval,
prend une flèche...
(Il inspire.)
et tire.
Le monstre reçoit la flèche.
(Il imite le bruit d'un monstre.)
"Je meurs !
(Il imite le bruit d'un monstre.)
"Qu'est-ce que tu fais là, toi ?
"Allez, viens."
"On s'en va ? On part à la maison ?"
T'aimes ça, l'agneau, toi ?
Pas trop.
Tu peux pas comprendre ça, toi.
Tes parents, c'est des rubans.
C'est à cause de ces gens-là que je peux plus travailler.
Je comprends, mais c'est pas contre toi.
Hier, quand je t'ai vu, j'étais surpris, c'est tout.
C'est normal, non ? On se met à ma place.
Voilà.
Encore, si t'étais mon fils, je dis pas.
Mais là, je peux pas.
C'est tout.
Je peux pas ?
On n'a pas de quoi.
Bah, qu'est-ce qui te regarde ?
Oh...
C'est quoi, ce singe ?
Le célèbre Jolicoeur.
Le général Jolicoeur.
Qui a conquis les Indes,
la Sibérie et la Patagonie à lui tout seul.
Ça, c'est mon capi, mon chien sauteur.
Deux mètres de haut.
Ça, c'est Dolce.
Dolce, la plus belle, mais paresseuse.
Et Zerbino. Ah, Zerbino.
Mon petit Zerbino, le roi de la valse.
Bien connu, tous les trois, dans toutes les courbes d'Europe.
Sans compter les basse-courbes.
C'est lui qui vous gêne ?
Vous en avez assez qui mange votre pain, c'est ça ?
Bah oui, parce que...
Petit.
Tu sais marcher ?
Viens voir. Allez, sois. Sois !
Sois !
C'est pas grave.
Oh, mais ça veut rien dire. Il est costaud.
Pauvre Rémi.
Assieds-toi. Ouvre la bouche.
- Fais ce qu'il te dit. - Fais voir les dents.
- Il va pas te manger. - Fais voir les dents.
Regarde l'oeil.
La gauche.
La gauche.
- Vendez-le-moi. - Quoi ?
Vendez-le-moi.
Mais qui me dit que vous avez de l'argent ?
Rien dans les mains.
Rien dans les poches.
...
Un.
...
Deux.
...
Trois.
...
Et quatre.
- C'est assez ? - Oh, ça suffit.
Ça suffit.
...
Bravo.
Zorica !
...
Tu te lèves.
Tu peux pas être à pied comme la boursine.
Déjà fatigué ? Ça promet.
...
C'est ta maison ?
...
Rémi !
...
Maman !
Tu t'esquintes la voix, tu pourras jamais chanter.
Elle t'entend pas.
...
Rémi, retourne !
Retourne !
Arrête ça !
Maman !
Au secours, monsieur !
Je veux voir !
...
Capitaine !
Allez.
...
Tu t'es fait mal ?
On fait le même chemin.
Autant faire la route ensemble.
Allez, donne.
...
- Trache et dolce, Zerbino !
...
- Avant, j'avais un autre gamin.
- Qui ? - Le petit Francesco.
...
Un jour, il a voulu se sauver.
...
Et Capitaine l'a mordu si fort qu'il pouvait plus marcher.
...
J'ai été obligé de l'abandonner dans la forêt.
Et maintenant, tu sais, je crois bien que...
le loup, il a mangé.
Allez, joli cœur.
- Si les loups mangent, vous aurez perdu votre argent.
- Oh !
...
Toi, tu sais que tu me plais.
Mi piace.
...
Allez, viens, va.
...
Allez, putain !
Ai finito !
...
...
Allez, viens, Rémi, va.
...
C'est bientôt la prochaine ralle.
...
- Et alors ?
...
Tu sais la lire, Rémi ?
...
Eh bien, Capitaine, lui, il sait.
Regarde.
Capitaine.
...
Ecoute-moi, Capitaine.
Qu'est-ce qu'il y a ?
...
Un.
...
Deux.
...
Trois.
...
Quatre.
...
Sept et...
Tu vois ?
...
Il est sept heures.
...
...
...
Oh, pauvres pauvres.
...
...
...
Ah !
...
Tu ne peux pas le dire avant.
...
Mais pourquoi ? Tu as peur de moi ?
...
Regarde-moi.
...
...
...
...
...
...
...
...
...
Rémi.
...
Ah, c'est les sabots qui te font mal.
...
Rémi, la cause importante dans notre métier,
c'est les pieds.
Ben oui.
Les pieds.
...
Tu es quoi ?
Un artiste, non ?
...
Un saltembanque.
...
Tu es le rêve, la poésie.
Il faut attirer l'œil.
Sinon, qui nous regarde ? Personne.
Les gens, ils passent sans nous voir.
Voilà.
Tu es beau comme un coq.
...
...
Tu vois ?
Tourne.
...
Maintenant, marche un peu.
...
Les chaussures, pas mal, non ?
Ça va ?
Bon.
Maintenant, on va essayer de trouver un sac pour toi.
...
...
...
...
...
...
Rémi, ça donne, là-dedans ?
N'aie pas peur, j'ai l'œil.
Vous me l'avez vendu ?
Le général, jamais.
...
...
...
...
...
C'est combien, cette merveille ?
Pas lourd, c'est une vieillerie.
...
Rémi,
s'il te plaît,
...
...
c'est pour toi.
...
...
J'aimerais retrouver pour la vie
J'aimerais retrouver l'Italie
Son ciel pur, sa mer et ses chansons
Dont l'odeur me donne le frisson
J'aimerais garder dans ma mémoire
Les replis de ces belles histoires
Qu'on raconte pendant les nuits d'été
...
...
Tu entends le vent ?
...
...
Tu entends le bruit des feuilles ?
...
C'est pas l'arbre qui bouge.
...
C'est le vent qui le fait bouger.
Si l'arbre essayait de bouger, ça donne quoi ?
Tiens, écoute.
...
Tu vois ?
...
Des craquements sinistres, affreux.
...
C'est pareil quand tu joues la musique.
Si tu essayes de jouer la musique, ça donne rien.
Il faut laisser faire le vent.
...
...
...
Le vent, il passe dans les cordes.
Tu sais chanter, Rémi ?
- Non, pas trop.
- Alors, écoute.
Écoute et tu répètes après moi.
Écoute bien.
...
J'aimerais retrouver pour la vie
...
J'aimerais retrouver pour la vie
- Un petit peu plus à droite.
- Tu sais pas chanter.
...
La voix, tu comprends, c'est comme une source d'eau.
Très pure.
Ça fait rien.
Je vais t'apprendre.
Allez.
On y va. La route est longue.
Capi, dolce, serbino.
Allez, général, andiamo.
Viens d'ailleurs.
Et quoi que me dis-tu ?
Viens.
Allez, salte !
Allez, salte !
Au début, tu vas juste faire le comédien.
- J'ai jamais fait ça.
- Tu feras celui qui est plus bête que les bêtes.
Tu fais celui qui sait rien faire.
- Je vais avoir l'air ridicule ?
- C'est des sordettes.
Ça nous fait vivre.
Tiens, tu regardes et tu fais après exactement comme moi.
Hein ?
Alors, tu fais l'étonnement.
...
La peur.
...
Et la joie, elle monte.
La joie, elle part des tripes.
Tu la sens monter. Elle monte.
Tu es heureux.
Le bonheur !
Ça explose !
Plus fort !
Voilà !
C'est le plus beau métier du monde.
Tiens. Tiens, joli cœur.
Maintenant, moi, je vais t'apprendre la parade.
Alors, tu te mets là et tu me regardes.
La parade.
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
je vais avoir l'insigne honneur de vous présenter
pour la première fois en France
notre célèbre troupe.
Et tout d'abord, honneur aux dames.
Mademoiselle Dolce !
Oh ! Oh !
La plus belle, mais la plus dolente et la plus paresseuse.
Et voici le signeur Capi.
Le signeur Capi, un chien unique au monde.
Un chien qui saute 2 mètres en hauteur dans un cerceau.
Et voici, Mesdames et Messieurs, une attraction exceptionnelle.
Le signeur Zerbino.
Zerbino, le roi de la valse.
La même danse avec l'impératrice d'Autriche.
Si quelqu'un dans l'assistance veut apprendre la valse,
M. Zerbino est à sa disposition.
Quelqu'un dans l'assistance ? Personne ?
Ah, Monsieur !
Est-ce que vous voulez apprendre la valse avec Zerbino ?
Non, non.
Vous allez apprendre la valse avec Zerbino.
- Monsieur comment ? - Rémi.
M. Rémi, vous allez apprendre la valse.
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
je demande un encouragement pour le signeur Rémi.
M. Zerbino, s'il vous plaît.
Allez, M. Rémi.
Et en valse, M. Rémi.
Gira, gira, gira.
Bravo, Zerbino. Bravo.
Bravo, petit Rémi. Bravo, bravo.
Plus vite.
Vous faites des progrès immenses, M. Rémi.
Ah, c'était très bien, M. Rémi.
Vous faites des progrès fabuleux, fabuleux.
C'est la valse, elle peut tourner la tête.
Continuez. C'est très bien, très bien.
Mesdames et Messieurs,
je demande un encouragement pour le petit Rémi.
(applaudissements)
- C'est la cranche qui est là.
Vous avez des allumettes ? - Oui, pourquoi ?
- Pour mes données, c'est papa qui l'a dit.
Mais oui, faut pas mettre le feu à la cranche, père dit.
- Tiens, ma belle.
(bruit de pas)
(bruit de pas)
(bruit de pas)
(bruit de pas)
- Au revoir. Bonne nuit.
Il fait sombre.
- Hé, Rémi.
Viens, on va faire un jeu, tous les deux. Viens.
Viens.
Alors, regarde bien là-bas.
Je te fais la lumière, moi.
Regarde bien là-bas. Qu'est-ce que tu vois ?
- De noir. - Bon.
Alors, imagine...
une petite bougie...
avec une petite flamme qui brûle.
Tu la vois ? - Oui.
- Ah, ne ment pas, hein ? Un comédien, ça ment jamais.
Y a pas pire honte pour un comédien.
Si tu vois rien, tu dis "je vois rien", mais tu fais pas semblant.
Allez, on recommence. Alors, fixe bien là-bas.
Ouvre les yeux. Grand !
Le plus fort possible. Très grand.
Qu'est-ce que tu vois ?
- Pas rien du tout.
- Bon. Maintenant...
ça va venir tout seul.
Une petite flamme...
toute brillante.
Ça éclaire pas beaucoup, mais quand même.
Tu la vois ?
- Oh, elle est toute jaune.
- Bon.
Maintenant...
essaye de voir...
un feu.
Un beau feu qui craque, qui pétille.
Tu l'entends, le feu qui pétille ?
Ça chauffe, hein ?
- Ah ! Ça brûle !
- Toi, tu as le don.
Tu iras loin.
Très loin.
(Musique)
- Il marche, il marche toujours
Cela va faire un mois
Qu'il marche sur les routes
Ils ne font pas de longs séjours
Il faut toujours marcher
Marcher goutte que goutte
Aussi loin, aussi loin
Il faut toujours marcher
Aussi loin que les regards portent
On ne voit que chants dénudés
Pas de maison, aucune porte
Ne s'ouvre pour les aider
(Musique)
(...)
(...)
- Je sais pas comment elle doit faire pour le labo.
- Qui ?
- La mère Barbara.
- Elle te manque, hein ?
- Peut-être qu'elle m'a oubliée.
- Toi, on t'oublie pas.
- J'aimerais retrouver pour la vie
J'aimerais retrouver l'Italie
Son ciel pur, sa mer et ses chansons
Dont l'odeur me donne le frisson
- Ah, ça brûle les doigts.
- Rémi, c'est le métier.
Rentre. Maintenant, tu chantes, toi.
Tu prends ta première note. Vas-y.
Vas-y, chante.
- J'aimerais garder dans ma mémoire
Les reflets de ces belles histoires
Qu'on raconte pendant les nuits d'été
En Italie, mon pays de l'amour
Mon pays...
- Là, tu arrêtes et tu prends ta respiration.
- Enchantée...
- Et tu tiens, tu tiens, tu tiens.
Bravo. Bravo. Tu fais des progrès magnifiques.
...
- Les paysans chantent, chantent
Un jour par-ici, un jour par-là
Un jour diable, un jour les anges
Un jour en course, un jour au pas
Près d'une église, après la messe
À la fontaine, on boit
L'eau claire d'un bas livresse
On la boit aussi quand il peut
...
...
- Bravo. Bravo, fils. Merci.
...
Allez, salte !
Salte, salte, salte !
Bravo, bravo. Salotez, salotez.
Bravo, bravo.
- Vitez. Vous pouvez pas rester là.
Il faut circuler.
- L'illustre représentant de l'autorité
peut-il me montrer un règlement
par lequel il est interdit à de pauvres baladins
d'exercer leur chétive activité sur la place publique ?
- Si, vous gênez les gens.
- Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,
j'attire votre attention.
Est-ce que je gêne l'honorable société ?
- Non.
- Je gêne vraiment pas ?
- D'abord, vos chiens, votre singe,
il faut museler tout ça. C'est la loi.
- Jamais !
- On musèle pas la poésie.
- Ça suffit comme ça.
- Faites ce que je vous ai dit.
- Vous venez avec nous.
On encourage le brave gendarme.
(applaudissements)
Ah, quel succès !
Mais quel succès !
La célèbre troupe Vitalis, mesdames et messieurs,
contre un singe, ça va.
Des chiens, ça va.
Maintenant, j'ai l'honneur et l'avantage
d'avoir un gendarme, ça va.
(applaudissements)
- Général, qu'est-ce que tu en penses ?
Répète.
Quoi ?
(soupir)
Il dit, il faut aussi lui mettre la muselière.
(rire)
(coups de feu)
- Silence !
(tocs de feu)
Silence ou je fais évacuer la salle.
- Accusé, vous avez quelque chose à dire pour votre défense ?
- M. le juge, pour nous autres saletiers,
pour nous autres saletimbanks,
il y a une loi.
Quand on a l'honneur de tenir son public,
on n'a pas le droit de le décevoir.
- Mais vous reconnaissez avoir ridiculisé
et insulté un gardien de la force publique ?
Nous vous condamnons à deux mois de prison ferme
et à 100 francs d'amende.
- Gendarme, emmenez le condamné.
Affaire suivante.
(coups de feu)
- Deux mois. C'est vite passé.
- Mais qu'est-ce que je vais faire, moi ?
- Le spectacle continue.
Tu es un vrai comédien, maintenant.
Tu es le chef et je te confie la troupe.
- Allez, allez. Terminé.
- Quand je sors tiré, viens me chercher.
Je compte sur toi, hein !
(musique douce)
...
- Son maître est en prison
pour combien de saisons ?
C'est dur tout seul
de faire la chaloupe.
De nourrir tout le monde
avec si peu d'argent.
De servir les braves gens
qui, parfois, devant eux,
s'attrombent.
Pour leur faire gagner
leur soupe.
- Qu'est-ce que tu dis, joli coeur ? T'as faim ?
Y a pas que toi qui as faim.
- T'as de la chance, toi. T'as la belle vie.
Tu te promènes.
Voilà. Ça fait 10 sous. Bon poids.
- Y a pas le compte.
- C'est tout ce que j'ai.
- Attends.
...
Voilà. Oh, le voleur !
Regarde ton chien ! - Zerbino !
Alors, Zerbino !
Sale chien ! T'as pas honte ?
- Qu'est-ce que tu veux que je fasse, maintenant ?
Ça vaut 4 sous, une brioche. - Oui, mais je les sais pas.
- Fiche-le quand on va. T'as de la chance que j'appelle
par les gendarmes. - Merci, madame.
- Rends-moi la brioche, quand même !
...
- Allez.
...
...
Je crois qu'il y a un voleur parmi nous.
Qui se montre ?
Allez, j'attends.
...
Allez, allez, qui se montre ? J'attends.
J'attends.
...
Zerbino, allez, au coin !
Allez, au coin !
Reste là-bas, au fond de la cabane.
Voilà.
Bon, allez, maintenant.
On va donner à manger. Tiens, Capi.
...
Tiens, toi.
...
Allez, Zerbino. Allez, viens, Zerbino.
Viens.
Tiens, Zerbino. T'as de la chance que j'ai pas faim.
Zerbino, viens par là.
Tiens, tiens, tiens.
Vous allez voir maintenant le plus célèbre chien au monde !
Il m'a sauté 2 m de hauteur !
Capi, allez, Capi, saute !
- Il sait rien foutre, ton chien. Qu'est-ce que c'est que ça ?
- Allez, saute, Capi ! - C'est très bien sauté !
- Allez, Capi ! - Regarde-le !
- T'as pas vu, ton chien ? Il fait n'importe quoi !
Allez, va-t'en, sale brumien !
Retourne dans ton pays ! Va-t'en !
- Allez, fous le camp ! On est chez nous, ici !
Allez, fous le camp !
- Allez, va-t'en !
...
Allez, dépêche-toi !
Allez, dépêche-toi !
Allez, va-t'en !
...
- Vite, le chien !
...
- Tout le temps !
...
- Allez, vite, le chien ! Vite !
...
...
- T'aurais pas vu un petit bohémien avec des chiens et un singe ?
- Non, non, j'ai rien vu.
...
- Ils sont partis. Tu peux sortir.
- Allez, les chiens, on y va.
...
- Merci, monsieur.
- Oh, le gamin ! Attends.
...
- Oh !
...
Oh ! Oh, merci beaucoup !
- Tu me donnes un peu le petit singe dans les mains ?
- Je peux pas. Il mord les gens qui connaissent pas.
- Non, monsieur Arthur, non. Ça, toutes sortes de maladies, ces bêtes-là.
Qu'est-ce qu'elle va dire, autre moment ?
- De toute façon, je suis déjà malade, alors.
- Quel enfant gâté, vous faites !
- Mamie, mamie ! Come and see the monkey, quick !
Allez, sautez !
Allez, sautez !
Allez, bravo, joli chien ! Encore !
Salto !
Allez, encore une fois ! Salto !
...
- Saluté !
- Voilà !
- Merci, monsieur. Merci, madame.
- Mamie ! - Yes, darling.
- Ils peuvent rester encore un peu avec nous ?
- Je ne sais pas.
- Ils peuvent descendre un peu plus loin, sur le canal.
Ça nous dérange pas.
- Mais ça dépend où vous allez. - Au moins, n'importe où.
Quand je trouve un endroit qui me plaît, je m'arrête.
- Vous, vous aurez des amusements ? - Oui, oui, oui !
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
- Arthur ! Ton médicament.
- Hmm ! Hello !
- Mamie ! - Yes, darling.
- Ils peuvent rester avec nous, s'il vous plaît ?
...
- C'est d'accord.
...
...
...
...
...
...
...
...
- Tu dors ? - Ben non.
Et toi ? - Moi non plus.
Je suis content que tu sois là.
- Moi aussi, je suis content. Bon, faut qu'on dorme.
- Mamie, j'ai oublié que... Il va pas s'enrhumer ?
- Non, t'inquiète pas.
Mais comment ça se fait que t'arrives jamais à t'endormir ?
- C'est toujours comme ça, le soir. J'ai toujours peur.
- T'as peur de quoi ? - De mourir pendant la nuit.
Et puis que je m'en rende pas compte. - Mais pourquoi tu veux mourir ?
Y a pas de raison que tu meurs. - Si, ma mère, elle veut pas me le dire.
Mais j'suis très malade, tu sais. - T'as pas l'air.
- Non, ça se voit pas. Mais j'suis très malade quand même.
Et c'est au cœur. C'est pour ça que je pleure tous les jours du médicament.
- C'est nuit. Va, tu peux dormir. J'suis là.
Et puis si je vois que tu meurs, je te réveillerai.
- Mais vous savez, c'est un travail que je vous demande.
Vous seriez payée.
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
- Mais tu... Tu n'as pas de parents ?
- Ah si, j'ai mère Barbarin.
Elle habite à Chavannan.
Ah, elle a une belle maison.
- Et tu as un papa ?
- Non. Il est mort.
Il était maçon et il est tombé d'un toit.
...
- Mais pourquoi tu n'es pas restée à... Comment tu dis ?
- À Chavannan ?
Ben, c'est moi.
Maman Barbarin, elle a demandé à Vitalis,
quoi, mon maître, de m'expliquer le métier de saletimbanque.
...
...
- Tu sais, j'avais un petit garçon, de ton âge.
- Il est en Angleterre ?
...
...
- Il est mort ?
- Oui. Oui, il est mort.
...
Alors, maintenant, je n'ai plus qu'Arthur.
- Ben, moi, je trouve qu'Arthur, il change beaucoup en ce moment.
- Oui. Oui, c'est vrai.
Depuis que tu es là.
...
- Tu sais, Jérémie, j'ai envie d'écrire à ton maître.
- Pourquoi faire ? - Pour lui dire que je te garde avec moi.
- Oh non, madame ! C'est pas possible ! Il faut pas !
Oh non, il faut pas !
...
Vous comprenez ?
Il est pas allé voir sa famille.
...
- Il est en prison.
...
...
...
...
- Tu n'as pas vu un petit garçon avec un singe ?
Ton âge ?
- Ah non, je n'ai rien vu.
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
- Rémi !
...
...
...
Ah, tu as pris du lard, voleur de chiens !
Porca di miseria !
Honte à toi, enfant du malheur !
Je t'ai attendu à la porte de la prison.
Je t'ai attendu toute la nuit.
Tu m'avais oublié, hein ?
C'est ça ?
Tu me reconnais, au moins ? - Je croyais que...
C'est passé si vite ! - Pas pour moi !
J'ai compté les jours, les heures.
Et toi, tu es là ! Tu te prélases comme...
Je trouve pas le mot ! - Je vous jure !
Je croyais qu'il y avait encore du temps.
Je vous jure que j'allais venir. - C'est parce que ta madame m'a écrit.
Regarde ! En arrivant à l'auberge, je trouve ça.
Il paraît que c'est fini !
Maintenant, tu es en deux bonnes mains.
Et nous deux, il faut plus qu'on se revoie jamais.
Dis, tu réponds quand je te parle ?
Je te fais honte, hein ? Ah, c'est ça !
Tu as honte de moi, hein ?
C'est pas la peine que je me présente, hein ?
Vous devinez qui je suis ? Le montreur de chiens !
Qui a perdu ses chiens ? - J'allais vous les rendre.
Rémi aussi, vous alliez me les rendre ?
Surtout que vous êtes assez bonne pour m'écrire ou vous joindre,
au cas où la somme, elle combient pas, hein ?
Moi, quand je vole un enfant,
j'ai au moins la politesse de disparaître.
Mais vous, vous, avec vos sous, vous vous croyez tout permis.
Seulement, voilà la somme.
La somme, elle combien pas ?
Combien voulez-vous ? - Je veux Rémi.
Écoutez, soyez raisonnable.
Cet enfant, je peux lui donner une éducation.
Il a la chance de pouvoir devenir un... - Un domestique !
Un canari en cache ! - Fils de...
Je n'ai jamais traité Rémi comme un domestique.
Mais qui êtes-vous à la fin pour me parler sur ce temps ?
Et vous, qui vous êtes,
avec vos airs de grande dame,
vous sentez la mort.
Tout votre bateau, il pue la mort,
avec ses chevaux qui le tirent comme un corbillard.
Rémi, lui, il est vivant.
Vous m'entendez ?
Vivant !
Vivant !
Tu te rends compte ? Il est sorti de prison.
Et moi, j'étais même pas là. - Tu regrettes pas d'être parti avec lui.
Oh ! Dis, t'as entendu ?
Non. - Écoute, t'entends pas un violon ?
Non, j'entends rien.
Si, écoute bien. - Mais tu rêves.
Oh non, je suis sûre que c'est lui.
Oh !
Tu sais, Rémi, moi, à ta place, je ferais pareil. Vas-y.
Oh, Arthur, je t'oublierai jamais.
Moi non plus, je t'oublierai jamais.
Mais dis, tu vas pas mourir ? Tu me le jures ?
Bien sûr. - Tu sais, tu diras à ta maman.
Tu lui diras... - Pas vite, Rémi. Pas vite.
Merci, Arthur. Merci.
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Bouh ! Bouh !)
Ah, ma chien, qui est seul, ma chien ? Qui est seul, ma chien ?
Qui est seul, ma chien ? Allez, qui est seul ?
Hé, vous abandonnez pas le Père Vitalis.
Allez, allez, saute.
Tu sais toujours sauter, toi. Comment il va, joli cœur ?
Hé, je suis un vieil égoïste.
Allez, andiamo.
(Bruits de pas)
(Bruits de pas)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
(Musique douce)
-Rémi, la neige, elle recommence.
On va aller passer l'hiver à la ville, tous les deux.
-On sera bien.
Ouf, un frais dosail.
(Bruits de pas)
-Qu'est-ce qui arrive ?
Tu as changé.
On se parle plus jamais.
Nous deux, on est comme des étrangers.
-Vous aussi, vous avez changé.
-Ouais, tu sais, la prison, ça n'arrange pas les gens.
-Ou alors c'est moi ?
Je vous vois plus pareil.
Avant, vous...
Vous étiez tout pour moi.
Vous étiez le bon Dieu avec votre violon.
-Et maintenant ?
-Et maintenant ?
-Je suis un homme comme tout le monde.
-Ben oui, c'est ça.
-Oui, c'est ça.
(Musique douce)
(Bruits de pas)
-C'est les loups ?
-Non, ça, c'est le vent.
C'est le vent, ça.
(Musique douce)
Dépêche, Rémi.
(Bruits de pas)
Je sais, c'est dur, mais on arrive.
(Musique douce)
(Bruits de pas)
(Musique douce)
(Bruits de pas)
(Musique douce)
(Bruits de pas)
(Bruits de pas)
(Bruits de pas)
-C'est encore loin, la ville ?
-Hein ? -C'est encore loin, la ville ?
Avec toute cette neige, je sais plus.
-Alors, on est perdus ?
-Je sais pas, je sais plus. Je sais plus où est la route.
Allez, courage, hein ? Avance.
(Bruit de pas)
(Musique douce)
(Bruits de pas)
(Musique douce)
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
-Oh, Rémi, regarde la cabane.
Allez vite, les chiens.
Allez, avance. Rentre vite, il te chauffe.
Allez.
Allez, rentrez, bon.
Ah, dis.
Tu vas pas tomber malade, petit bonhomme ?
Dis.
-Tu crois qu'il a froid ?
-Non, Rémi. C'est pas un climat pour lui, ça.
(Bruit de pas)
-Ecoute, écoute.
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
-Tu crois qu'ils vont venir ? -Non.
Pas avec le feu. Les loups, ça a peur du feu.
Ils vont roder autour de la cabane toute la nuit.
Mais quand le jour vient, les loups, ils partent.
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
-Rémi.
Rémi. Rémi.
-Qu'est-ce qu'il y a ? -C'est ton tour, maintenant.
-Il fait froid.
-Je sais, il fait froid. Allez, réveille-toi.
Allez.
Ça va ? -Oui.
-Fais attention, le feu, il s'éteint pas.
-D'accord. -Allez.
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
-T'as froid, toi aussi, hein ?
Allez, on partage ?
On dort ensemble ? Allez.
Viens, va. Tiens.
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
(Bruit de pas)
-Et toi, tu t'es endormie ? -Non.
-Tu t'es pas endormie, menteur ? Dolce et Zerbine, où sont-ils ?
-Je sais pas. -Je sais pas.
Viens avec moi, prends ça pour allumer.
Viens.
-Dolce ! Zerbine !
(Cri de la foule)
Dolce ! Zerbine !
-Il faut les retrouver. -Dolce !
(Bruit de pas)
-Viens. Dolce et Zerbine !
(Cri de la foule)
Pourquoi tu les as mises en tire aussi ?
-Regardez, maître.
-Oh, la camisole.
-Il faut les sauver, maître. Il faut les sauver.
-C'est trop tard.
(Bruit de pas)
-C'est foutu.
Il n'y a plus qu'à attendre le jour.
(Bruit de pas)
(Musique)
(Musique)
(Musique)
(Musique)
-Jolicoeur ! Jolicoeur !
Viens, hein ! -Jolicoeur !
-Viens, Jolicoeur !
(Musique)
-Oh, regarde ! Il est par là !
(Musique)
(Cri de la foule)
-N'aie pas peur. Allez, viens, Némi. Vite !
Et ne les fais pas, hein !
(Cri de la foule)
-Attention, ne les fais pas.
La tâche ! La tâche a pris la blanche. Casse la blanche.
Basse-moi la tâche.
Je la tiens. Viens, Jolicoeur. Viens, vite.
Viens, mon Jolicoeur. Viens.
N'aie pas peur. Viens là.
N'aie pas peur. Viens au chaud.
Allez, n'aie pas peur. C'est moi, c'est Vitali.
Tu es brave. Il est là, ton maître.
Il est là.
Allez, Jolicoeur, va. On va te mettre au chaud, on va te soigner.
(Cloche)
Attends-moi, Némi. Je n'ai plus ton âge, tu sais. Allez, file.
(Cloche)
(Cloche)
(Cloche)
Pardon, monsieur. Est-ce que nous pouvons avoir
une grande chambre bien chauffée ?
-On a de quoi payer ?
(Bourdonnement)
-Elle ne marche pas ? -Si, elle marche.
(Bourdonnement)
(Cloche)
-Vous n'avez pas d'autre bagage ? -Non, vous voyez bien.
-Ligette. -Oui ?
-Mène-les à la chambre du Laufin. -La belle chambre ?
-A la chambre du Laufin, j'ai dit. -Ah !
-Némi, tu mets tout de suite Jolicoeur au chaud. Moi, je vais chercher un docteur.
-Allez, oui.
-Viens, Jolicoeur. -Allez.
-Je vais te mettre bien au chaud.
-Oui.
-Mets-toi là. N'aies pas peur.
Viens.
Ca passera.
Tu pourras te mettre avec nous.
-Non. -C'est pas le moment de nous lâcher.
-Jolicoeur, j'ai encore besoin de toi.
(Il toque.)
Oui ? Entrez.
(Il toque.)
-T'as mis ça dans le lit ? Il va être content, le patron.
Tiens.
Merci.
-Jolicoeur. -T'as pas de puce, au moins, ta bestiole ?
-Non. Allez, viens. Tiens, bois ça.
-C'est pas brillant, dis donc. -Tu veux pas ?
-Si, c'est Vitalis qui l'a dit. Faut que tu boives.
-Bien chaud.
-Tiens.
-Voilà le docteur.
-Tiens. Tiens, Jolicoeur.
Tiens, bois.
-Tu vois, c'est bon.
-Alors, où il est, notre petit malade ? -Il est là-bas, docteur.
-Ah ben ! C'est ça, votre enfant en train d'agoniser ?
-Non, c'est pas lui, c'est le singe.
-Parce que...
j'ai jamais soigné de singe, moi.
-Docteur, si je vous avais dit c'est un singe,
vous seriez pas venu.
-Non, je ne veux pas. Il y a des vétérinaires pour ça.
-Docteur, je vous en supplie, faites quelque chose. Soigne-le.
Je vous prie.
-Tourne-toi. Voilà.
(Il sonne.)
(Il sonne.)
-Il va pas me mordre, moi. -Non, il est brave.
Rémi, tu tiens la patte.
-Mais c'est que...
il brûle de fièvre.
(Il toque.)
(Il toque.)
(Il toque.)
(Il toque.)
(Il toque.)
-C'est une fruction de poitrine. -Et c'est grave ?
-Oui.
Très grave, oui. Très grave.
Bon. Je vais lui faire une...
une cignée.
-Combien je vous dois, docteur ? -J'ai pas l'habitude de me faire payer.
-Je vais me faire payer quand je sois un singe. Au revoir, monsieur.
(Il toque.)
(Il toque.)
-Ecoute-moi bien, joli cœur.
Avec Rémi, on va donner une représentation.
Tu bouges pas, surtout. -Allez, reste là.
Tu crois qu'il veut venir avec nous ? -Non, tu sais.
Tu sais, tu es malade.
Tu peux pas venir, petit bonhomme.
Tu vas mourir, tu comprends ? Mourir.
Allez, tu restes là, bien sage.
Bon, allez, Rémi. Viens, plus vite on y va, plus vite c'est fait.
Allez, Capille, au travail.
Joli cœur.
Courage.
(Il toque.)
(Musique douce)
(Il toque.)
(Musique douce)
(Il toque.)
(Musique douce)
(Il toque.)
(Musique douce)
(Il toque.)
(Il chante.)
(Il chante.)
(Il chante.)
(Il chante.)
(Il chante.)
(Il chante.)
(Il chante.)
(Il chante.)
(Il chante.)
(Il chante.)
(Il chante.)
(Il chante.)
(Il chante.)
(Il chante.)
(Il chante.)
(Il chante.)
(Il chante.)
(Il chante.)
(Il applaudit.)
(Il applaudit.)
Le spectacle est terminé.
Les chandelles tirent à leur fin.
Il ne faut pas abuser de leur patience, ni de la vôtre.
J'espère que vous êtes contents et que vous en avez eu pour votre argent.
Attendez !
Écoutez-moi avant de partir.
Vous allez rentrer chez vous, bien au chaud.
Vous allez parler du vieux fou, du gamin,
du chien savant.
Et vous ne parlerez pas du singe,
parce que le singe, vous ne l'avez pas vu.
Et pourtant, il est là.
Il n'y a que lui ici.
Il prend toute la place, le général Jolicoeur,
qui a conquis les Indes à lui tout seul.
C'est pourquoi je vous demande de l'applaudir très fort,
de l'applaudir à vous en écorcher les mains,
de l'applaudir à vous crever les tympans !
Vous m'entendez ?
(Il applaudit.)
(Il applaudit.)
(Il applaudit.)
(Il applaudit.)
(Il applaudit.)
Jolicoeur ! Applaudissez Jolicoeur !
(Il applaudit.)
(Il applaudit.)
-Attendez-moi une seconde. -Oui, madame la comtesse.
-Pardonnez-moi de vous déranger. Je voulais seulement vous féliciter.
Vous avez merveilleusement chanté.
-Je vous remercie. -Vous êtes italien, n'est-ce pas ?
-Oui, madame.
-Savez-vous qui était Carlo Balsani ?
-Non, je connais pas.
-Pour moi, c'était la plus belle voix de toute l'Italie.
Nous l'avons souvent applaudie à Lascalla avec mon mari.
-C'est bien possible.
-Quand je vous ai entendue tout à l'heure, j'ai cru que c'était lui.
Ça m'a tout de suite frappée.
-Eh bien, vous faites erreur.
Excusez-moi, madame, je suis pressé.
...
-Passez-moi un petit... Attends, attends une seconde.
...
-Merci beaucoup, madame. Merci.
Merci.
...
Regarde, t'as vu ce qu'elle m'a donné ?
Un Louis d'Or.
-Il est mort, Carlo Balsani.
Ça fait longtemps.
...
-Jolicoeur.
...
Jolicoeur.
...
-Oh, il est beau.
...
Pourquoi il s'est passé tout comme ça ?
...
Pourquoi ?
...
Pourquoi ?
...
...
...
...
...
...
...
-C'est où, papa ?
-Je suis fatigué.
Je pense que nous ne pouvons plus aller loin ensemble.
...
-Je ne comprends pas.
...
-Ah, oui.
Je crois que c'est ici.
On va se séparer.
-Pourquoi ?
Un vitalisme, pourquoi ?
Pourquoi ?
...
-Il n'y a plus les chiens.
Comment tu veux faire une troupe
avec celui-là qui fait que planicher,
chercher les deux autres ?
-Mais j'ai marre, quand même.
-Ah !
Si tu jouais un peu mieux, peut-être.
Ou alors, si j'étais aveugle,
où m'enjouerais-je ?
Les gens prennent pitié.
-Vous n'allez pas m'abandonner ?
Hein ?
...
-Juste pour la mauvaise saison.
Je vais acheter deux chiens.
Je vais les dresser.
Et au printemps,
on reprend la route tous les deux.
En Italie,
en Bavière,
partout où tu verras.
En Patagonie.
...
Tu veux ?
...
On va en Patagonie tous les deux.
...
Allez.
...
-Pardon, monsieur.
Vincilioni est chez lui ?
-Vincilioni ?
Je m'étonnerais.
-Il habite toujours ici ?
-Oh non, il y a un bout de temps.
-Vous savez où on peut le trouver ?
-Au cimetière.
...
-A quoi ça sert d'y aller s'il n'est pas là ?
-Va en tomber la vieille montre.
...
...
...
-Ah, pauvre gosse.
...
Attends, je vais t'aider.
-C'est pas la peine, je m'entraîne.
-Ah bon.
Et ton patron, il est là ?
-Non, il est pas là, il est sorti.
Il va bientôt revenir.
En attendant, assieds-vous.
-Grazie.
...
-Ricardo, regarde.
-C'est quoi, ce godillot ?
-Il me manque 3 sous.
Le patron ne me dira rien.
-Tu lui payeras 3 sous, 3 coups de fouet.
...
-Ah, signor Vitalis.
Quel bon vent vous amène.
...
-Je suis venu voir Vincenzo et Ronnie.
-Ah, le pauvre vieux.
Vous êtes au courant ?
On l'a retrouvé sur le pavé.
Il était pas beau à voir, je vous dis.
Allumette !
...
Elle sent le souffle, animal.
...
-Et on sait qui a fait le coup ?
-Pas de danger, on ne le saura jamais.
-Mais dites-moi,
ça fait des années qu'on ne s'est pas vus.
Vous n'avez pas changé du tout.
...
-Vincenzo et Ronnie, vous aimez beaucoup.
Allumette !
...
...
-C'est quoi, ce garçon ?
-Ah !
...
C'est le petit Rémi.
-Bonjour, Rémi.
...
T'en as une belle heure.
-Ça marche toujours, les enfants, ici ?
-Oui, forcément.
On s'y attache, à ces gosses.
J'ai essayé de reprendre l'affaire de mon mieux.
Ça rapporte pas lourd.
-Vous pouvez prendre Rémi pour l'hiver ?
-Il joue bien ?
...
-Pas mal.
-Il en aura deux pour former un petit musicien.
Et vous en demandez cher ?
-Mais dites-moi,
il me revient quelque chose.
-Mais oui !
Mais oui !
Ah, c'est ça !
Je me disais bien !
...
Vous aviez une grosse dette envers Vincenzo et Ronnie.
-Comment ça, une dette ?
-Le petit Francesco, ça ne vous dit rien ?
Il y a trois ans,
Vincenzo et Ronnie vous allouaient un enfant.
Où il est ?
-Vous le savez.
Il est mort. Il est tombé dans la pluie,
je l'ai dit à Vincenzo et Ronnie.
Je suis pas lié, moi !
-Le 7 mai 1876,
le seigneur Vitalis, c'est bien vous,
le seigneur Vitalis a pris en location
le petit Francesco Benedetti.
Pour six mois.
Et les six mois sont passés.
-Viens, l'ami.
-Non, non ! Assieds-toi.
Assieds-toi.
Allez, Vitalis.
Tu sais, c'est plus comme avant.
Tout a bien changé.
Des gens comme Vincenzo et Ronnie,
ça n'existe plus, c'est fini.
Et toi, c'est pareil.
Si t'as déjà un pied dans la tombe,
faudrait pas trop te pousser.
Tu sais, ça intéresserait sûrement la police
de savoir comment le petit Francesco et moi...
Peut-être bien que quelqu'un l'a poussé.
Ha, ha !
Eh ben, vieille bourrique !
Ah !
On t'a arraché la langue ?
Tu comprends ce que je veux dire ?
-Comme là.
-Tiens, tu vois, Rémi ?
Il comprend.
Ricardo !
Apporte-moi une bonne assiette de soupe,
le vieux a faim.
-Oui, oui, patron, tout de suite.
-La route a été longue.
Dépêche-toi.
Là.
Allez, bois ta soupe.
Tu veux pas de cuillère ?
Ça fait rien. Tiens.
Eh ben, t'as pas faim ?
Eh ben, bois ta soupe, là.
Voilà, bois, bois, bois.
Ha, ha !
Tu vois ?
Tu vois, Rémi, il aime ça, la bonne soupe.
Ha, ha !
Encore ? Tiens.
Ha, ha !
Voilà.
Là.
Tiens.
Tu pourras prendre l'arpe, elle vaut pas un clou.
Là.
Et si jamais tu passes par là,
tu peux toujours monter.
Ça nous fera plaisir, pas vrai, Rémi ?
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Il y aura toujours une bonne assiette de soupe
pour un vieil ami de Vance et Léonie.
Levez le doigt ! Plus haut !
Plus haut que ça !
Allez, Capitaine, viens.
(musique douce)
(musique douce)
(musique douce)
(musique douce)
(cris de bébé)
(cris de bébé)
- Vas-y de tout ton coeur, mon mignon.
C'est pour ton pain que tu travailles.
Voilà un enfant qui a bon coeur.
C'est pas comme vous, là, qui ricanez.
Vous devriez prendre exemple sur lui.
Assez !
Pietro !
Pietro !
Tu sais que ça me fait du mal de ne t'entendre crier.
Le fouet te déchire la peau.
Et tes cris m'arrachent les oreilles.
Alors maintenant, pour chaque cri, un coup de fois en plus.
Ça te paraît juste, non ?
Si seulement t'avais un peu de tendresse pour moi,
tu t'amuserais pas à me rendre malade de chagrin.
Allez, vas-y, Mathieu.
(coups de pieds)
(coups de pieds)
(soupir)
Gabi...
Tu vois, regarde.
Avec ça, demain, on peut aller chercher Rémi.
Tu es contente ?
Moi aussi, je suis content, tu sais.
(coups de pieds)
(musique douce)
(musique douce)
(musique douce)
(musique douce)
(musique douce)
(musique douce)
(musique douce)
(musique douce)
T'as pas sommeil, Rémi ?
Viens près de moi, maman.
Viens.
(coups de pieds)
(coups de pieds)
(coups de pieds)
Mathieu...
Tu peux aller te coucher. Ce soir, j'ai pas besoin de toi.
(soupir)
(coups de pieds)
Viens, Rémi.
Viens t'asseoir, là.
(coups de pieds)
Tu sais...
(coups de pieds)
(coups de pieds)
(coups de pieds)
(coups de pieds)
(coups de pieds)
Tu sais, Rémi...
Je me sens très seul.
Oui, tu me diras...
Y a tous les enfants.
Puis dans la journée, je vois plein de gens.
N'empêche que je me sens...
bien seul.
C'est votre faute.
Ma faute?
Ben oui, si vous étiez pas si méchant.
Tu sais...
J'ai des raisons d'être méchant.
C'est la vie qui est dure, c'est pas moi.
Des gamins, depuis le temps,
j'en ai maté de toutes les sortes.
Et après, ils deviennent doux comme des agneaux.
Là, c'est fini. Ils me dégoûtent.
Ce que j'aime, c'est au début,
quand ils résistent.
Et toi, je sens qu'avec toi,
ça va pas être facile.
C'est pourquoi je voulais te parler.
S'il m'arrive un jour d'être dur avec toi,
je t'aime beaucoup, Rémi.
Je veux que tu le saches.
Ah...
C'est vrai que t'es très beau.
Quand je t'ai vu, je t'ai trouvé très beau.
Tu as aussi le beau, mais c'est pas pareil.
Avec lui, je peux faire tout ce que je veux.
Tiens, je vais te faire une confidence.
Tu sais qui a tué...
Vincenzo Leone? Tu crois que c'est moi?
Non. C'est Mathia.
Ah! Tu vois, je te fais confiance, hein?
Ah!
Ah!
Tu le sais pas encore,
mais toi aussi, un jour, tu vas venir me manger dans la main.
À votre bon cœur, s'il vous plaît. Merci.
Un petit saut, s'il vous plaît.
Rémi! Rémi, réveille-toi!
Ah!
Où sont les autres?
Ils travaillent. Il est 6 heures.
T'as dormi toute la journée.
6 heures du soir?
La gyrofolie a dit de pas te réveiller.
Demain, tu devras travailler comme tout le monde.
Et toi?
Je ramène pas assez d'argent.
Je garde la maison, je fais le ménage,
je prépare la soupe.
Viens, viens m'aider.
Pourquoi elle est fermée avec un canal à marmite?
Oh! Le vieux a pas confiance.
Il a peur que je vole du bouillon quand il est pas là.
Pourquoi tu te sauves pas?
Tu veux que j'aille?
T'as pas de parents?
C'est eux qui m'ont loué au vieux.
T'as de la chance.
La gyrofolie, tu lui as tapé dans l'oeil.
Pourquoi il va pas être content?
T'as pas vu? C'est son petit chouchou.
Chut! Surtout, je t'ai rien dit.
Salut! Salut! Salut le nouveau!
Alors, t'as tes sous aujourd'hui?
Oui, aujourd'hui, ça va.
J'ai vu le vieux qui était avec toi hier soir.
Il a l'air de tourner autour de la maison.
Vas-y, vas-y, départ!
T'es pas fou, non, si la gyrofolie te voyait?
Alors, t'es venu chercher ta bonne soupe?
Y a combien?
Y a pas assez.
Aussi largement.
Bon, tu pourras passer prendre le gamin demain matin.
Comme ça, au moins, cette nuit, il aura pas froid.
Bonjour, les enfants!
Ça va? La vie est belle?
Chapeau!
Pas à toi, peau de colle!
Rémi!
Maman mignonne, tu sais pas comment on fait.
On fait comme on veut.
On fait comme on veut.
On fait comme on veut.
On fait comme on veut.
Maman mignonne, tu sais pas où le mettre?
Ma fille, montre-lui comment on fait.
Assez, hein? Assez!
Assez! Debout, toi!
Debout, hein? Ordure!
T'es un plus petit que toi, t'as pas peur, hein? Ordure!
Mais devant moi, tu rompes comme un ver de terre!
Debout! Regardez-le!
Regardez-le, viens! Approchez!
Approchez!
C'est lui! C'est lui qui vous donnait du fouet!
Et bien, maintenant, vous allez pouvoir lui faire payer!
Chacun 10 coups! On verra ce qu'il en reste!
Rémi, le fouet!
Le fouet!
Eh bien, donne!
Donne le fouet!
Bon, qui veut commencer?
Toi?
Toi?
Toi?
Alors, toi, Rémi!
Tu comprends, moi, je peux pas. Ça me fait trop mal au cœur.
Vas-y!
Alors, je deviens sourd, j'entends rien!
Tiens sourd, j'entends rien!
Alors, tu fais ton ménage?
Donne-moi les lanières!
Donne-moi les lanières!
Je vais te saigner comme un porc, p'tit ordure!
Je vais te saigner comme un porc, p'tit ordure!
Je vais te saigner comme un porc, p'tit ordure!
Je vais te saigner comme un porc, p'tit ordure!
Je vais te saigner comme un porc, p'tit ordure!
Oh mon gord!
Oh, Métalliste! Métalliste!
Tu sais où tu vas? Qu'est-ce qui t'arrive? Réponds-moi!
Vite, vite, Panto, il va me tuer!
Tiens, prends ça! Allez, passe!
Passe!
Je t'imaginais, je t'avais oublié ou quoi?
T'es prêt à attendre demain?
Si jamais il te retrouve, je donne pas cher de ta peau.
Ce qu'il faut surtout, c'est sortir de cette ville.
Mais où on va?
Je vais te montrer une carrière dans le temps que j'y ai couché.
Il fait froid.
Non, marchons, ça ira mieux. Allez, en avant, mes enfants!
Allez, on y va!
...
...
Allez!
Je m'arrête là, j'en peux plus.
Non, reste pas là.
Avec ce froid, si on s'arrête, on se relève jamais.
Allez, on y est presque, viens!
...
Allez, j'arrive.
...
Ouvrez!
Ouvrez!
...
Y a personne.
Allez, viens!
Allez, debout!
Viens, Vitalis!
Allez!
...
Ouvrez!
Ouvrez!
...
Vitalis!
C'est fini, Rémy.
Prends le chien, il te tiendra chaud.
...
C'est ma faute.
...
J'aurais dû te laisser sur le bateau.
Faut pas rester là.
Vous avez dit, si on s'arrête, on peut plus se relever.
C'est tout l'automne.
On a beau s'imaginer qu'il fait chaud,
ça sert à rien.
Mais si, maître, il faut essayer.
...
Un beau feu qui pétille,
avec de belles flammes, toutes jaunes.
Ça réchauffe.
Dites, vous le voyez?
Vous le voyez?
Qu'est-ce que vous regardez?
Y a des tas.
Mais quoi?
...
Les loups.
Mais quels loups?
Y a pas de loups dans les villes.
Ah, si.
Des loups blancs.
...
Des loups blancs.
...
...
...
...
...
...
Sans famille,
c'est remis, remis au hasard,
des chemins.
Sans famille,
la vie n'est pas toujours gaie,
pour un gamin.
Quand il marche,
il rencontre quelquefois
de bons amis.
Patriarches,
ou bien de pauvres petits,
perdus comme lui,
vivra-t-il toujours
sur terre,
solitaire,
sans bonheur?
Qu'un destin saura-t-il faire
pour lui plaire
une âme seule?
Sans famille,
sous la neige bleue
ou sous le grand soleil,
ses yeux brillent,
larmes d'espoir ou de chagrin,
sans pareil.
...
...
Sous-titrage Société Radio-Canada
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