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Quand on sort de ce stage, y a pas de travail à la clé.
- J'ai vu que vous n'aviez jamais bossé dans le bâtiment...
Non. Je dis juste qu'il faut prévenir les gens.
Prévenez les gens. Dites-leur...
N'envoyez pas les gens faire un stage
si vous savez qu'il n'y a rien à l'arrivée.
On fait pas n'importe quoi avec les gens, on les traite bien.
Vous comprenez ?
Je suis là, dans votre bureau,
et j'ai l'impression de venir indéfiniment...
- Je vais vous dire franchement,
la formation de grutier, vu votre profil...
Je ne vous y aurais pas poussé. Oui, mais je l'ai faite.
- Voilà, donc faut faire avec... Je l'ai faite.
Quand on...
Si on n'a pas travaillé au sol, on peut pas être pris à la grue.
Mais ça, on nous le dit pas !
Donc on s'est retrouvés... Sur un groupe de 15,
13 personnes n'avaient jamais mis les pieds sur un chantier.
Et pour eux, ça a servi à rien.
Donc dites aux gens qu'il n'y aura rien à l'arrivée
ou envoyez-les vers quelque chose d'utile, qui sert.
Pour moi, c'est des choses qu'on aurait dû vous dire avant.
Maintenant, c'est fait, voilà...
Maintenant, je pense qu'il va falloir faire autrement...
Vous avez bien fait le tour des boîtes qui cherchaient des grutiers ?
Contacté toutes les boîtes
du coin ? Oui, mais j'ai perdu 4 mois.
Entre la formation, les C.V. que j'ai envoyés,
j'ai perdu 4 mois. Donc j'arrive à...
- Je vais vous dire... Je vous écoute.
- Après, là, l'objectif,
c'est de repartir sur de la recherche d'emploi.
Vous avez cette formation... Dans 9 mois, je suis à L'ASS.
Je vais toucher 500 euros par mois. Je fais comment avec ça ?
Je les paie comment, toutes mes factures ?
Comment je fais pour vivre ?
C'est dans 9 mois. C'est là.
- Ecoutez, tout ce que je peux faire, c'est reprendre votre C.V.,
voir quelles sont les entreprises qu'on peut contacter...
Repartir au départ, quoi. - Oui. Je vais pas vous mentir...
Tout ce que j'ai fait sert à rien ? - Ben...
Votre formation, il aurait fallu ne pas aller là-dessus...
Mais il aurait fallu qu'on me le dise.
Mme Rouault... Personne ne me dit rien !
En fait, vous envoyez des gens...
Vous vous foutez de la gueule du monde. Pas vous personnellement...
Alors, évidemment, on est payé pendant la formation.
Mais tout le monde touche son fric. Le formateur et...
Et à l'arrivée,
j'ai pas de travail.
Je perds mon temps. - Ben, là, sur cette formation...
Clairement, cette formation, tout le monde ne doit pas la faire.
Il y a d'autres formations pour des personnes comme vous,
qui veulent changer... Je vous écoute.
- Par exemple, on en a une plutôt sur du magasinage,
pour être cariste.
Mais ça suppose une formation. On ne prend pas des caristes...
Non, mais si à la fin, on me dit qu'on prendra pas les gens
parce que si on n'a pas travaillé sur une machine je-sais-pas-quoi,
on pourra pas être pris, ça sert à rien !
- Mais après... Ça fait 15 mois que ça dure.
- Après, ce sont les employeurs qui décident de recruter, pas nous.
Nous,
on essaie de cibler des formations où des emplois...
Là, honnêtement... - Je suis pas le premier !
J'étais pas seul, sur le stage de grutier,
on était 15 !
Il y en a 13 qui sont revenus, pour qui ça n'a servi à rien !
Je suis pas le premier!
Je finirai après. Commence avec ça, tant que c'est chaud.
Je pourrais avoir du sel, s'il te plaît?
Il est là.
Tiens. Merci.
Doucement.
Bon appétit.
Karäne fait couler de l'eau.
Tu sais, dans un verre d'eau comme ça,
dans un verre d'eau vide,
tu sais combien on peut mettre de gouttes d'eau ?
Des gouttes d'eau ou une goutte d'eau ?
Combien tu peux mettre de gouttes d'eau dans un verre vide ?
Non.
Ben...
Ou si, comme ça.
Non !
Matthieu rit.
Non, mais combien ?
Ben, je sais pas, plein. Plein.
Plein de gouttes d'eau. Non.
Non !
- C'est une devinette ? Oui !
Attends. Mettre des gouttes d'eau dans un verre vide, c'est ça ?
Tu le mets dehors quand il pleut? Ça y est, zéro. Zéro.
Zéro parce que c'est un verre vide ? Non, c'est un camarade
qui m'a raconté ça tout à l'heure, à l'école.
Ben, je te dis, zéro ? Non.
Je comprends pas son truc ! Combien tu peux mettre...
Combien ? Oui.
De gouttes d'eau dans un verre vide.
- Une seule ! T'en mets une, il est plus vide.
Ben, voilà !
Karine rit.
- Les différents éléments recueillis dans les comités d'entreprise
montrent que la boîte était viable.
Donc le licenciement économique qu'on a subi, on le conteste.
Vous avez les éléments pour le prouver ?
- Oui. De toute façon, même en réunion de CE,
on avait fait des rapports d'expertise qui sont clairs.
Il n'y avait pas de raison. L'entreprise fait des bénéfices.
C'est dans les rapports d'experts qu'ont les avocats.
Nos rapports, qu'on avait faits en CE, et ceux de la direction.
Les avocats disent que même les rapports de la direction
sont en quelques points bénéfiques pour nous.
Donc c'est assez avantageux. - Je dis simplement,
si je peux me permettre, sans du tout vous juger...
Je sais que vous êtes plus au fait que moi dans cette histoire.
Moi... - T'es pas moins.
Non, mais entends ce que je dis. - Mais t'es pas moins.
Non, je veux juste dire... J'ai une impression de tourner en rond,
qu'il faut passer à autre chose.
Je sais pas si tout ça peut servir à quelque chose.
Et c'est vrai que... Voilà.
Pour tout ça, je suis...
- Passer à autre chose, c'est quoi ? Je suis fatigué.
Je suis fatigué. Je suis fatigué.
Voilà... - On est tous fatigués.
J'ai envie de couper les ponts. J'en ai jusque-là, de Perrin.
Thierry a raison. Ça me fait autant chier que toi.
J'en ai chié autant que toi. Moi aussi, j'ai perdu mon boulot
et moi aussi, j'en ai bavé derrière.
Pour faire son deuil, il faut réussir à faire condamner
les bourreaux qui nous ont mis dans cette situation.
C'est la meilleure solution. - Je dis juste
que moi, j'aimerais passer à autre chose.
Tu as compris ce que je te dis ?
- Je comprendrais si t'avais déjà un travail, mais t'en as pas.
T'as pas gagné au loto.
C'est pas une procédure qui va pas bouffer ta vie.
J'en cherche du travail. - Mais on en cherche tous.
Mais d'accord.
- Ça t'empêchera pas de continuer à chercher.
C'est pas une question de temps. C'est un investissement.
Même si ton énergie, tu pourrais la mettre ailleurs.
Mais c'est pas ça. Je t'explique. Moi, moralement, ça y est.
J'ai morflé, j'ai assez payé, c'est bon. J'ai perdu un boulot.
Perrin, je te dis, j'en ai marre. - Tu parlais de...
Je finis juste.
Rentrer dans une procédure, c'est comme si je revivais tout.
J'ai pas peur. J'étais là pendant les combats.
Non, mais personne dit ça...
- Réponds à ma question.
Mais bien entendu que t'étais là...
Pourquoi on vous a fait venir ? C'est parce que, justement...
Ecoutez. Franchement, les mecs, je vais vous dire.
Nous, on a besoin... Demain, on réunit 700...
Demain ou j'en sais rien, on décidera.
On va réunir 750 mecs. - Enfin, s'ils viennent.
Arrête d'être négatif.
- Faut pas dire ça ! Respecte le combat qu'il y a eu.
Pardon, je vais le dire autrement.
- Je laisserai pas tomber les 750 mecs.
Moi, j'ai envie qu'on aille au bout et qu'on fasse
ce qu'on a toujours dit.
Qu'on les ferait chier jusqu'au bout et qu'on les ferait condamner.
C'est tout ce que je veux. Point.
Moi, je n'ai pas changé d'avis. C'est tout.
Me dites pas que... - Chacun choisit
ce qu'il veut faire. Moi, pour ma santé mentale,
je préfère tirer un trait, passer à autre chose.
Est-ce que tu peux entendre ça ?
Est-ce que ça fait de moi un lâche ?
I! pousse un long soupir.
Sonnerie d'appel' sur Skype
- Bonjour. Bonjour.
Pardon. - Je vous en prie.
Oui.
- Bien.
D'abord, je voulais vous remercier
d'avoir accepté de faire cet entretien sur Skype.
Mais je vous en prie.
- Ecoutez, nous, on recherche des programmateurs de machines-outils.
J'ai eu votre C. V. par Pôle emploi.
Sur quelles machines avez-vous travaillé ?
J'ai travaillé sur des Cornwell, au début.
Et après, sur Kieran.
- Et la version de l'lMH, c'était la 7 ou la 8 ?
C'était la 7.
On a travaillé sur la 7 jusqu'à la fermeture de l'usine,
donc j'ai pas eu l'occasion de travailler sur la 8.
- Et vous n'avez pas eu envie de vous renseigner
sur la 8, pendant que... Ah, si !
Si, mais la 8...
Enfin, je sais qu'il y a des différences...
Elle a...
C'est un système intégré qui marche sur Profibus et...
Mais c'est difficile d'avoir accès aux documents techniques
quand on n'est pas sur les machines.
Or, moi, j'ai travaillé uniquement sur la 7.
Mais je pourrais m'adapter très facilement.
- D'accord.
Euh...
Il y a quand même un point important que je dois aborder avec vous.
Pensez-vous que vous seriez d'accord pour accepter une fonction
en dessous de celle que vous occupiez précédemment ?
Oui, je pense.
- Vous pensez ou vous êtes sûr ? Non, je suis sûr. Sûr.
Non, bien sûr. Bien sûr.
- Vous comprenez bien que ça signifie un salaire en dessous, aussi ?
Oui, je sais.
Mais...
Non, ça me convient parfaitement. - D'accord.
Vous êtes disponible de suite ? Oui.
- Bon.
Ah si, il y a quelque chose que je voudrais vous dire,
sans vouloir vous mettre dans l'embarras.
Je trouve que la rédaction de votre C. V. est...
Vous pourriez avoir un meilleur C. V. dans sa rédaction.
Ah ? Euh...
- Vraiment, je ne veux pas vous donner de leçon...
Non, non, mais...
- Ecoutez, je dis ça pour vous.
C'est important, un C. V. bien rédigé.
La façon dont vous parlez de vous... Il est pas clair, voilà.
Ah bon ? Ben, c'est la 1re fois qu'on me dit ça.
J'ai peut-être du mal à...
Non, j'avais l'impression qu'il était assez clair...
Au contraire.
- C'est pas mon opinion. Non, mais d'accord.
- J'insiste pas, je ne suis pas là pour vous donner un cours de rédaction.
Euh...
Bon. Voilà, écoutez... Je vais le changer, de toute façon.
- Et est-ce que vous êtes flexible, au niveau des horaires ?
C'est important pour nous. Oui, très flexible.
- Très flexible. Oui, enfin, je...
- Ben, écoutez, voilà. Je vais faire mon petit tour.
J'ai d'autres candidats a' voir.
Je pense que vous aurez une réponse maximum d'ici deux semaines.
D'accord ? Très bien.
Et c'est vous qui me contactez ? C'est moi qui vous contacte ?
Je me permettrai de vous rappeler ? - Non, surtout pas. Ni l'un ni l'autre.
On vous enverra un mail. Ah, d'accord. Entendu.
- Comme ça, c'est bien plus simple.
Euh...
Si, une dernière chose importante. Je veux être honnête avec vous,
il y a très peu de chances que vous soyez pris.
Je dis pas qu'il y a pas de chance du tout,
mais il y a très peu de chances. D'accord.
- C'était important pour moi de vous le dire.
Bonne journée. Merci, vous aussi.
- Au revoir. Au revoir, monsieur.
1, 2, 3, 4. Attention si vous êtes en avance.
1,2, 3, 4.
1, 2, 3. Voilà, c'est le n°1 qui est derrière.
Juste après 4, je vais en arrière.
3, 4.
Et l'autre pied reste devant.
Voilà, laisse l'autre pied devant.
F! compte {es temps.
C'est pas mal du tout, au niveau du rythme.
C'est la rythmique rock'n'roll.
Un temps sur deux qui est plus accentué.
Encore un matin (Jean-Jacques Goldman)
Le professeur compte {es temps.
Attends un petit peu, Thierry, je vais annoncer les figures.
1, 2, 3, 4. 1, 2, passage de la femme.
Passage de l'homme.
Sur place.
Encore une fois.
Passage de la femme, passage de l'homme.
Et sur place.
F! compte {es temps.
Maintenant, on fait un tour avec les deux mains vers le bas.
Allez-y. Et hop !
Encore une fois. Et hop !
Et sur place.
1,2, 3, 4.
Encore une fois, dans les deux sens.
Deux fois de suite. Voilà.
C'est ça g
f! compte {es temps.
Cette fois, on va enchaîner "enroule, déroule, passage". Allez-y.
Déroule.
Et passe...
Voilà !
F! compte {es temps.
Parfait, le rythme est bon.
Continuez.
Bien. Voilà, bien reparti.
F! compte {es temps.
Et passe tout de suite. Voilà, c'est ça.
Voilà, parfait.
Eh ben, voilà !
Je voudrais voir l'élasticité. On va faire les deux.
Alors, je fais la danseuse, pour sentir comment ça se passe.
F! compte {es temps.
Voilà. Lève la tête.
Voilà, relâche les bras. C'est ça.
Voilà, il faut juste que les bras se déplient.
C'est tout. Voilà.
Ecarte-toi un tout petit peu parce qu'on va faire une figure.
C'est lui qui dit.
Vas-Y.
il compte les temps.
C'est ça.
Tu peux passer en dessous. Voilà, c'est ça.
Encore.
L'enroulé.
Tu me raccompagnes. Tu passes derrière.
Voilà, c'est ça.
D'accord.
Voilà, refaites ça tous les deux.
il compte les temps.
T'es un tout petit peu décalé.
Attends, c'est la musique qui va nous dire le départ.
il compte les temps.
C'est ça.
Est-ce que vous avez envisagé le financement de ses études ?
- La bonne nouvelle, c'est qu'ils nous ont dit
que le logement était pris en charge entièrement.
- Le logement ? Pourquoi ? Ce ne sera pas dans le secteur ?
Non, c'est à environ 150 km d'ici. - D'accord.
Donc le logement est pris entièrement en charge.
Par contre, Matthieu a besoin d'une assistante de vie.
Et alors ça, ce n'est que partiellement pris en charge par eux
et l'autre bout, c'est...
C'est nous. C'est vous.
Et ça représente quoi, comme charge supplémentaire ?
- C'est environ 300 euros. 300 euros ?
- Oui. D'accord.
Donc 300 euros qu'il va falloir assurer d'ici quelques mois...
- On a envie
qu'il continue ses études. - Je le comprends tout à fait.
Il se bat... - C'est votre priorité. J'entends bien.
Oui, c'est ma priorité. - C'est normal.
Alors, justement, j'ai constaté,
depuis que vos revenus ont baissé,
que vous avez tendance à prendre sur votre épargne
pour faire des versements sur votre compte de dépôt
pour éviter d'être dans le rouge à la fin du mois.
C'est le cas.
Est-ce que vous avez eu des dépenses imprévues dernièrement?
- Non, on fait attention.
Vous faites attention ? - Oui.
Est-ce que vous avez envisagé
la vente, peut-être, de l'appartement?
Euh...
Pour rembourser le capital restant dû que vous avez
et récupérer surtout un pécule
afin de constituer une épargne de précaution ?
- Oui, mais c'est non.
C'est non ? Pour quelle raison ?
- On en a parlé avec ma femme... Oui ?
Et...
Alors, là...
D'abord, il ne reste plus que 5 ans...
- De remboursement, oui. Oui, de remboursement.
Et ce serait comme si tout ce qu'on avait fait
n'avait servi à rien. - Oui, je comprends...
C'est la seule chose qui nous appartienne.
Et donc...
- Alors, ce serait juste une situation...
temporaire. Oui, mais c'est non.
- Vous vendez, vous récupérez évidemment un capital.
Euh...
Ça vous permet d'être en location
avec un loyer inférieur à ce que vous payez aujourd'hui en crédit.
Et lorsque vous retrouvez une situation stable,
vous pouvez acquérir un nouveau bien. Je sais pas si c'est possible.
- Si, bien sûr. Non.
Si je le vends, je ne sais pas si on pourra racheter.
Et si on peut pas racheter, on est locataires.
Et à mon âge, être locataire, c'est non.
- D'accord. Donc vous avez... C'est la dernière solution.
- Bon... On l'a pas envisagée.
- Vous y avez réfléchi mais vous n'avez pas opté pour ça.
Mais est-ce que vous avez aussi envisagé
une situation évidemment moins agréable à envisager...
Demain, qu'est-ce qui se passe si vous n'êtes plus là ?
Ça veut dire...
Il y a un décès. Voilà.
Avez-vous prévu quelque chose, mis quelque chose en place ?
Je parle de contrats prévoyance, de contrats d'assurance décès
qui prévoient le versement d'un capital
à vos proches, à ceux que vous aimez,
pour les protéger. - Non.
Voilà.
Euh...
Moi, je pense que c'est une solution qui serait quand même à envisager...
Lorsqu'on n'a pas suffisamment d'épargne de côté,
je pense qu'une assurance décès vous permettrait
d'aborder l'avenir plus sereinement.
D'accord ?
C'est une dépense utile.
C'est une dépense qui vous permettrait d'assurer l'avenir
de ceux que vous aimez, tout simplement.
Une protection supplémentaire.
Aujourd'hui, on est dans une situation un peu précaire.
Et aujourd'hui, je pense que ça pourrait...
vous rassurer sur l'avenir.
Coup de klaxon
(Tant pis.)
- Tiens, regarde, ils sont arrivés. Oui.
Bonjour. BONJOUR.
Bonjour.
Ma femme, Karine. Enchanté. Mon épouse.
Vous êtes là depuis longtemps ?
- Un quart d'heure.
Alors, voilà, c'est celui-là.
Faites attention parce que ça glisse, là.
Je passe devant ?
Il y a une parabole ?
- Oui.
C'est relié à l'extérieur, directement ? - A la parabole.
- Là, il y a des étagères. Un placard dans l'entrée.
Ici, on a le coin cuisine et salle à manger.
- On a mis une table avec 4 chaises mais c'était un modèle anglais,
le mobile home, donc il y avait une banquette ici.
Mais c'était pas pratique.
- On trouvait ça plus convivial, la table et les chaises.
C'est plus pratique, aussi.
- Et on peut l'utiliser dehors, aussi. Oui, si besoin.
Et pour nettoyer, tu mets les chaises sur la table,
tandis que la banquette, c'est fixe...
Non, ça me plaît bien comme ça.
Et là, c'est... - La cuisine. Allez-y.
Il y a beaucoup de rangements, c'est très pratique.
Et là. Tiroirs, petits placards.
- Des rangements sous l'évier.
C'est pas trop haut, pour toi, ça ? On verra.
La femme rit.
On te mettra un petit tabouret. - Non, ça va.
L'eau chaude.
Il y a un chauffe-eau qui est relié à une bouteille de gaz.
Il y a aussi une bouteille de gaz pour la gazinière.
Un petit four. Oui.
Il est mignon, le four.
Il est sympa.
Ça va, il est en bon état.
Il y a une supérette dans le coin, où ils vendent du gaz ?
- A l'extérieur du camping.
- Il faut aller à l'extérieur ? - Oui, mais il y a 500 m.
Allez, je vous emmène. La partie nuit.
- Oui.
Alors, je vais vous laisser passer.
- Tu viens de ce côté, Titi ? Je fais comme ça.
- Vous pouvez l'ouvrir. Tu la tiens, chéri ?
- C'est la cabine de douche, en fait.
Douche, lavabo. - Des petits rangements.
- Oui, là aussi, ici.
Le radiateur.
Il est de quelle année, le mobile home ? Il a 16 ans.
Nous, on l'a depuis... - 10 ans.
Mais il a 16 ans.
Parce que quand je vois la petite armoire, là...
Il fait bien les 16 ans. Oui, c'est vrai !
- Et la vitre ici... Non, mais on va la changer.
Oui, ça, c'est rien... Je vais réparer ça.
- Ici, les toilettes. C'est pareil, vous pouvez ouvrir.
Toutes les portes s'ouvrent complètement.
Voix étouffées
On approche.
- Bon.
On est intéressés mais il faudrait baisser un peu le prix.
Il est un peu cher.
Qu'est-ce que vous pouvez faire ?
Jusqu'où vous pouvez aller ?
Ben...
Là, on est déjà en dessous du prix du marché.
- Mais en même temps, si vous faites un petit geste...
- Pour moi, ça vaut 6000 euros.
6000 euros ?
- Ah, mais non...
Non, non.
Non, entre 7000 et 6000, il y a 1000 euros.
Ça va pas être possible pour nous.
Oui, mais sur votre annonce, vous annoncez 35 m2.
Je viens de tout mesurer, il y en a 33.
Oui...
Il a pas rétréci, le mobile home.
Non, c'est 35.
On peut reprendre les mesures si vous voulez...
On s'était mis d'accord sur 7000 euros. On a fait le voyage en voiture.
Non, non, je peux...
Ben, non, enfin...
- Voilà, on peut faire une petite...
Il a été estimé à 7500, on l'a déjà bien baissé.
7000 euros, c'est la fourchette haute. Non, non.
J'avais pas discuté au téléphone mais j'avais pas vu le mobile home.
J'allais pas discuter du prix avant de le voir.
D'accord, mais je vous l'ai décrit, je vous ai expliqué comment c'était.
Non, on peut parler de 100, 200 euros éventuellement.
Je vous propose 6900. Voilà, je peux descendre de...
Moi, je peux monter à 6200. Ah, non.
Ah, mais non. Non, non.
Ecoutez, j'ai regardé l'argus. Si vous voulez, on regarde ensemble.
On regarde l'argus, et puis... Non, mais j'ai pas besoin.
Ça a été fait pour fixer le prix. On l'a fait.
Un mobile home comme ça, décemment, c'est entre 7500 et 8000 euros.
Je vous dis, on est déjà en dessous du marché.
Il y a une petite terrasse,
l'isolation a été refaite...
Je vous ai parlé du chauffe-eau tout à l'heure...
Non. Il a 16 ans.
Regardez le lino, il est pas parfait.
Moi, je peux monter à 6300, mais à un moment donné...
Il y a quand même quelques petites choses à changer.
Et puis, on n'a pas d'accès direct à la plage,
donc on peut revoir le prix.
Aucun mobile home d'ici, vous n'auriez accès à la plage.
Non, je vous dis, vraiment, 6900...
Et vraiment, c'est un prix...
C'est en dessous du marché. Je peux pas descendre plus.
- De toute façon, à 6900, vous le vendrez pas.
J'y crois pas.
Moi qui ai fait le tour, à 6900, il partira pas.
C'est à vous de voir. - Non, je vous assure.
Enfin...
- 6300, je veux bien.
Vous voyez, j'ai fait un effort, je veux bien monter à 6300.
Je vous le paie cash. Non, mais c'est pas la question.
On avait pris un engagement au téléphone,
on s'est déplacés, on est venus en voiture...
- Justement, nous aussi. On a vu. 6300...
On s'assoit, on fait les papiers, je vous fais votre chèque
et votre problème est réglé, il est vendu.
Nous, on est contents.
Non, mais franchement, monsieur, je ne suis pas là pour faire la manche.
On y tient, à ce mobile home.
On le vend pour des raisons qui nous sont...
personnelles.
Il est en dessous du marché parce qu'on a besoin de le vendre.
On se parle au téléphone. Vous me dites d'accord pour 7000.
Je veux bien descendre à 6900, voire 6800.
En dessous, c'est pas possible. - Je vois bien,
vous ne voulez pas baisser le prix parce que vous mettez de l'émotion.
Vous avez certainement vécu plein de choses dans ce mobile home,
mais il en vaut pas plus que 6300.
Vous le vendrez pas plus que 6300.
Mais en même temps, on est vraiment intéressés,
donc c'est du win-win.
- Vous repartez avec le chèque.
C'est pas la question. Je ne fais pas la manche, monsieur.
Nous, on vend notre mobile home... - Vous ne faites pas la manche,
mais ça vous permet d'aller faire vos futurs projets...
Vous savez ce qu'on va faire ? On va arrêter là.
C'est une transaction. Si on peut pas discuter du prix...
Non, c'est pas... Attends, chérie, deux minutes.
Là n'est pas la question. A un moment, on avait un engagement.
Je veux bien faire un effort. 6300, il n'en est pas question.
Je vous ai proposé 6900. On arrête là, c'est bon.
J'ai plus envie de vendre, maintenant. C'est bon.
- Je vous propose une situation concrète.
Imaginez que votre supérieur hiérarchique,
vous lui fassiez une suggestion, une proposition,
et que ce dernier ne la prenne pas en compte.
Vous réagissez comment ? Je réagis bien.
J'essaie de lui expliquer pourquoi je pense comme ça.
Et...
Je pense que j'ïnsisterais un petit peu.
- Sauf que dans la situation, il ne veut rien entendre.
Comment vous réagissez ?
- Je lui demanderais de m'expliquer pourquoi,
pour comprendre.
- Je vous remercie beaucoup, M. Taugourdeau.
- Donc là, vous avez eu l'occasion de voir la prestation de Thierry.
J'imagine que vous avez déjà une première impression
par rapport à la vidéo.
Mais on va d'abord utiliser la grille que je vous ai donnée
et on va rester sur ces différents points.
Le premier, c'est la posture générale.
Que pensez-vous de la posture de Thierry ?
- Pas très dynamique, franchement. Un peu enfoncé dans sa chaise.
- Oui, tout à fait. Qui d'autre partage ce point?
- Je partage également ce point de vue.
Je pense aussi que la chemise ouverte...
Je sais pas pour quel poste vous postulez,
mais je trouve que ça fait un peu plagiste...
- Effectivement.
Thierry, c'est vrai que vous étiez avachi dans la chaise.
La posture générale, ça renvoie tout simplement
à l'image que vous renvoyez pour ce qui est du non-verbal.
On sait que ça participe à 55 % de cette image.
Et l'idée, c'est de montrer au recruteur
que vous avez envie d'être là,
et d'ouvrir la porte au recruteur, si je peux m'exprimer ainsi.
J'ignore si vous comprenez ce que je veux dire.
Donc ça, c'est quelque chose de très important.
Pour ce qui est de l'amabilité, vous en pensez quoi ?
- Un peu froid, je trouve. Distant. Pas très souriant.
- Tout à fait, très bien.
- Si je peux rajouter un truc... Quand vous lui avez dit bonjour,
il n'a pas redit bonjour derrière.
Ça fait partie des trucs... - Très bien.
Est-ce que dans la vraie vie, vous avez envie de discuter
avec le Thierry qu'on voit dans la vidéo ?
- Ah, moi, non.
Rires étouffés
- C'est vrai.
L'amabilité, c'est vraiment quelque chose de très utile
dans un entretien.
L'idée ici est de faire passer un bon feeling avec le recruteur.
Pendant l'entretien, le recruteur essaie de vous projeter sur le poste,
sur la façon dont vous allez vous comporter
pendant la prise de poste dans l'entreprise.
Et c'est très important,
de montrer cette amabilité pendant l'entretien.
J'ignore ce que vous en pensez. Oui, je suis...
Je suis d'accord. - Bien. D'accord.
Pour ce qui est du regard, quel est votre avis ?
- Il cherche... - Pensif.
On dirait qu'il n'est pas là, même s'il passe un entretien.
- D'accord.
- Il a le regard parfois fuyant. On a l'impression
qu'il ne s'ouvre pas forcément.
Il est un peu en recul, il répond juste aux questions.
On dirait qu'il ne s'investit pas dans l'entretien.
Il ne montre pas
qu'il est là. - OK.
La puissance de la voix ?
Allez-y. - Je pense qu'elle est correcte.
- Vous entendiez ou pas ? - Oui, on entendait bien.
- Oui, on l'entendait.
- Je suis d'accord. La voix, c'était correct.
Pas trop fort.
A des moments, ça descend bas, mais on l'entend.
- Très bien.
- Moi, j'ai trouvé qu'on l'entendait pas très bien.
- On ne l'entendait pas bien ? A la fin des phrases, ça baissait.
- D'accord. - A des moments, ça baissait.
- D'accord. Donc, là, vous parlez plus du rythme de la parole.
Justement, qu'est-ce que vous en pensez ?
Oui ? - C'est mou.
C'est... Voilà, c'est mou. - D'accord.
Petits rires
Oui, allez-y. - Il répond trop vite aux questions.
Il prend pas le temps de réfléchir. - D'accord. Merci.
- Il développe peut-être pas assez.
Petits crépitements de
informations à {a radio
Brouhaha
Appel au talkie-walkie
Oui, j'écoute.
Propos inaudibles
Reçu.
- Vous êtes majeur ?
Oui.
- Vous avez une pièce d'identité qui le prouve ?
Un papier avec votre nom ? - Non, j'ai pas de pièce d'identité.
- Il me faut une pièce d'identité, monsieur.
Quelque chose qui prouve votre identité.
S'il vous plaît.
Si vous voulez que ça aille vite,
mettez ce que vous avez dans vos poches sur la table.
- Je comprends pas ce que vous dites. - Pourtant, je parle français.
Je vous demande de vider vos poches
et de poser ça sur la table. Je vais le faire...
Merci.
Mon téléphone
et mon chargeur de téléphone.
- Ça, ça vient de chez nous.
Ah ouais ? - Oui, monsieur.
Ah bon ? Et depuis quand ?
Vous avez été filmé dans le magasin.
On vous a vu ouvrir la boîte, la jeter en rayon
et mettre cet article dans votre poche. Ah, OK.
Et le téléphone aussi ? Ah non. Le téléphone,
il est à vous. Vous avez une pièce d'identité ?
- Non. - Non, monsieur, laissez ça ici.
Mais qu'est-ce que tu me racontes ?
Il est sérieux, lui ?
- S'il vous plaît, une pièce d'identité.
OK. Euh...
Si vous voulez que ça aille vite, sortez les papiers, on remplit ça,
vous payez, vous repartez et ça s'arrête là.
Je repars, de quoi? Déjà, vous avez pris mon chargeur.
C'est pas votre chargeur. Il vient du magasin.
Et la preuve, elle est où ?
Calmez-vous, s'il vous plaît.
Vous avez été filmé. D'accord. Ben, ramène-moi la preuve.
- C'est le 17 qui va s'en occuper. OK, appelle, j'en ai rien à foutre !
- Je vous demande gentiment une pièce d'identité.
Elle vous vouvoie, vous la vouvoyez. On va faire les choses normalement.
Reposez votre portable et obéissez-lui.
- S'il vous plaît, monsieur, ça va aller vite.
Allez, une pièce d'identité, que je puisse remplir mon document.
Moi, j'ai tout mon temps, monsieur. C'est quand vous voulez.
I! souffle-
Vous voulez que je vous dise la vérité ? - Allez-y.
J'ai pris ce chargeur. C'est vrai, je l'ai volé.
Mais vous savez pourquoi ? Non.
Il y a quelqu'un dehors qui m'a dit:
"Tu rentres dans le magasin et tu me prends un chargeur,
"sinon je te pète ta gueule." - OK, et où est ce monsieur ?
Il doit être devant le magasin.
Il a dit qu'il ma péterait la gueule, donc je l'ai pris.
Là, vous êtes en train de me mettre dans la merde.
- Attendez... J'ai pas de quoi payer.
- On vous a pas mis le couteau sous la gorge.
Bref, on fait comment ?
F! soupire.
Vous comprenez
ma situation ? - Oui, mais c'est pas notre problème.
- Ah oui ? En fait, vous en avez rien à foutre !
Un mec me pète la gueule, vous en avez rien à foutre ?
- Calmez-vous. On vous parle gentiment.
Faisons ça rapidement. Donnez-nous une pièce d'identité.
Vous payez... Tiens !
Non, monsieur, vous ne me tutoyez pas.
Vous me vouvoyez, s'il vous plaît. - (C'est bon, t'es contente ?)
Il coûte combien,
le chargeur ? Ça me casse les couilles.
- Tu peux aller chercher la boîte ? Scanne-la et ramène-moi le ticket.
Tiens.
Par contre, je veux la boîte. - Vous n'avez pas d'ordre à donner.
Vous n'avez rien à vouloir. Ah si, je suis client,
donc je suis le roi. Le client est roi.
Vous n'avez pas d'ordre à donner et vous n'êtes pas roi ici.
Madame, le client est roi ou pas ? - Non, pas pour l'instant.
- S'il vous plaît !
S'il vous plaît, je souhaiterais un peu de silence.
Vous êtes réunis aujourd'hui. Vous savez pourquoi.
Je demande à Gisèle de s'avancer.
Voilà, ma Gisèle. Ma grande amie.
Voilà, Gisèle,
à l'occasion de ton départ à la retraite,
on a décidé
de te faire une petite chorale.
Voilà.
' Donc je demande a mes collègues de venir auprès de moi.
Merci, merci.
Merci bien.
Alors, attends...
Si j'ai pas mes yeux, ça va plus...
Pardon.
Alors...
1,2,3.
Elle vend du boudin noir, du lard, du saucisson
Sur les pâtés, elle a toujours une opinion
Elle compte pas ses heures, elle a un si gros cœur
Derrière son rayon, elle respire le bonheur
Si on fait bien les comptes, ça fait plus de trente ans
Que t'aimes ton métier
Que t'aimes tes clients
Alors regarde, regarde un peu
On est là, Gisèle, pour te dire un adieu
Alors regarde, regarde un peu
Tu verras des gens qui t'aiment, et pas qu'un peu
C'est bientôt le départ Bientôt, tu te fais la belle
Ça va nous faire bizarre de plus te voir, Gisèle
Les jours et les années vont doucement passer
Mais tu peux être sûre qu'on va pas t'oublier
Alors regarde, regarde un peu
On est là, Gisèle, pour te dire un adieu
Alors regarde, regarde un peu
Tu verras des gens qui t'aiment, et pas qu'un peu
Applaudissements
Bon. Je vais dire un petit mot pour Gisèle.
Gisèle,
que je connais bien moins bien que la plupart d'entre vous ici,
je voudrais vous dire ce que je crois
tout le monde ressent.
Gisèle Gerwig,
on a pas besoin de travailler avec vous très longtemps pour vous apprécier.
Je suis parmi vous depuis 6 mois maintenant,
mais je sais que vous en savez beaucoup plus que moi sur ce magasin.
Et vous pourriez m'en apprendre beaucoup.
Toujours à l'heure.
Toujours prête à donner un petit coup de main.
Toujours souriante.
Toujours de bon conseil pour les clients.
C'est important.
Parce que c'est ça, notre mission. Le service au client.
Et vous avez su l'incarner pendant 32 ans, Gisèle.
32 ans.
D'abord à la caisse, pendant une douzaine d'années,
et puis au rayon charcuterie, où vous officiez depuis 20 ans.
Alors, vous allez partir,
mais sachez, chère Gisèle, que nous serons toujours heureux
de vous voir revenir nous faire
un petit coucou.
Et du fond du cœur, encore un grand merci.
Applaudissements
- Là, c'est bon.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Tu vas voir.
Qu'est-ce que tu mets ?
Prêt ?
Ça.
Stay (Maurice Williams & The Zodiacs)
Matthieu tape dans ses mains.
Ouais !
Je peux danser avec vous ?
Allez, viens.
Ah non...
Vas-y, danse avec ta mère.
A toi.
- Caméra 22.
C'est tout ce qui est collants,
sous-vêtements...
Y a rien qui t'interpelle ?
- Euh, non...
- Le sac de la dame est ouvert et à portée de main,
donc elle peut mettre tous les produits qu'elle veut.
Ils font mine de s'intéresser à un produit
et ensuite, ils le glissent dans le sac.
Faut que tu te dises que le voleur
n'a pas d'âge, n'a pas de couleur.
Tout le monde est susceptible de voler.
Y a des vieux, y a des jeunes...
Regarde bien.
Elle a toujours son produit à la main.
Elle l'a pas posé dans son Caddie. Faut se méfier.
Donc là, ça a l'air d'être bon.
Mais pendant ce temps-là, il se passe...
Il se passe plein de trucs sur les autres écrans.
En fait, t'as à peu près 80 caméras sur le site.
Tu pourras te familiariser. T'as quelque temps pour le faire.
Si tu veux zapper, t'appuies juste le numéro de la caméra.
Là, je te mets sur la 32. Et t'appuies sur CAM.
C'est celle du rail.
Celle qui te permet de contrôler tous les rayons.
Avec les travaux dans le magasin, la visibilité est nulle.
Là, on est au rayon vin.
Ah, les amoureux...
C'est pas pour ça qu'ils volent pas.
Donc la 54, c'est tout ce qui est jeux vidéo.
Et les CD. Faut faire attention.
Caméra 35.
Il garde le produit dans les mains.
C'est pas normal.
Donc faut veiller à ce qu'il ne le décoque pas plus loin.
Tu vois, il l'a toujours dans les mains.
Super.
Caméra 18,
c'est les caisses.
Donc au niveau des hôtesses,
tu zoomes bien pour voir si elles scannent tous les articles.
Qu'elles laissent pas passer un Caddie avec des choses dedans.
Ça peut arriver.
Parce qu'en fait, le directeur essaie d'augmenter le chiffre d'affaires.
il se racle la gorge.
Vu qu'il n'y a pas eu beaucoup de départs en préretraite,
il essaie de virer du personnel.
Donc s'il y a un souci, t'hésites pas,
tu préviens l'agent en bout de caisse
pour qu'il procède à une interpellation.
Donne-moi la douche.
Donne ta main.
- Merci d'être venus. Merci de nous recevoir.
- J'ai souhaité que nous nous rencontrions
pour faire le point sur l'orientation de Matthieu.
Le projet de Matthieu est un projet
qui est ambitieux, mais qui est très réaliste.
Euh...
Mais si on a besoin de se voir, c'est parce qu'en ce moment,
il y a une petite baisse de l'implication de Matthieu,
une petite baisse des résultats.
Et qui pourrait, à terme, si les choses ne s'arrangeaient pas,
compromettre son orientation.
Alors, que je sois clair par rapport à cela,
parce que je veux pas non plus
donner une image trop aggravée de la situation.
Matthieu a eu une bonne année de première,
de bons résultats.
C'est pour ça qu'à l'issue de cette année de première,
Matthieu parlait déjà du génie biologique,
de L'IUT, hein ? Oui.
- C'est un projet que vous avez mûri, c'est très bien.
C'est très construit.
Nous l'avons validé, à la fin de l'année de première,
comme étant un projet cohérent.
En revanche, les résultats du 1er trimestre de la terminale
ne sont pas
aussi bons qu'ils devraient être.
Je vous rappelle que c'est une filière exigeante, qui est sélective.
Euh...
Pour ce 1er trimestre, c'est un peu en-deçà.
Que pouvez-vous nous dire, Matthieu, de la situation ?
Euh...
Je sais pas,
peut-être trop de pression.
Parce que comme j'ai vraiment envie de rentrer dans cet IUT,
je me suis mis la pression.
Et puis, aussi...
Malheureusement, j'ai raté le contrôle surprise en SVT-biologie.
J'ai vraiment loupé ce contrôle surprise.
Parce que comme je savais qu'il y avait un autre contrôle
la semaine prochaine
et que la prof m'a dit que c'était important pour L'IUT,
j'ai travaillé, travaillé, travaillé dessus
et malheureusement, j'ai... - Oui, enfin,
là, vous avez une petite baisse,
donc c'est pour cela qu'il était important qu'on se voie,
que nous en discutions et que je vous alerte.
Pour qu'au 2nd trimestre, et nous en sommes persuadés,
on retrouve le niveau d'exigence qu'aura L'IUT, pour rentrer.
- Peut-être que tu te mets trop la pression
avant les examens. - Ça joue.
A la maison, j'ai l'impression que...
Il travaille.
Il est tout à fait au niveau. Mais souvent,
la note n'est pas en rapport avec le travail qu'il a fourni.
- Il faut vous mobiliser,
que vous ayez conscience que vous en êtes capable,
Alors continuez à travailler, mais ne vous dispersez pas.
Vous dites : "Je bosse, je bosse, je bosse..."
Alors soit c'est pas très efficace, soit quelque chose vous préoccupe.
Enfin, peu importe. Mais l'objectif, c'est L'IUT.
Brouhaha
Rentrez là, monsieur.
Bon.
Vous savez pourquoi vous êtes ici ? - Pas du tout.
Vous savez pas pourquoi vous êtes ici ?
Vous avez oublié de régler un produit. Non, ils sont là.
Si, vous avez oublié de régler un produit.
Quel produit? Ah ça, c'est vous qui savez.
Non, tout ce que j'ai est ici.
Vous sortez le produit.
Il est dans votre poche.
- Vous avez été filmé, monsieur. Le produit n'est pas là,
il est sur vous.
Oh, ben, j'ai pris ça...
- Tu vas scanner ça ? Mais c'est accidentel...
Oui, oui.
Laissez ça là, monsieur.
Vous avez des papiers d'identité ?
J'ai fait ça machinalement...
C'est une bonne adresse, ça ? Oui, c'est la bonne.
Monsieur Derval...
Mon collègue va revenir avec le produit, le scanner,
vous n'aurez qu'à le payer et puis voilà, on en restera là.
- Mais je peux...
Je peux pas le Payer-
Vous n'avez pas d'argent sur vous ? Ah non...
Je termine ça.
C'est bien ça ? Oui.
Je dois signer quelque chose ? Oui, ici.
Bon, monsieur...
Vous n'avez pas d'argent sur vous ? Non. Non.
Non, c'est tout ce que j'ai...
J'avais assez pour régler les articles que j'ai réglés, mais...
Et chez vous ?
Non, c'est tout ce qui me reste pour le mois...
Vous n'avez rien chez vous ? - Non.
Si vous laissez votre carte d'identité, que vous allez chez vous
et que vous ramenez la somme... Non...
- Mettez-vous au fond, monsieur.
Ça vous fait 15,75 euros.
J'ai... - Le monsieur n'a pas de quoi payer.
J'ai pas de quoi payer. - Je lui ai proposé d'aller chez lui.
Vous pouvez pas les remettre
en rayon ? Impossible, c'est un produit frais.
- Zadi en code V. Zadi en code V.
Oui, j'écoute ?
- Zadi en code V. Zadi en code V.
Euh...
Vous n'avez pas un proche, monsieur, qui pourrait vous aider ?
Non.
- Et un ami quelconque ? Non...
Non, j'ai personne qui peut... Ben, c'est le 17.
Ben... C'est la première fois que ça m'arrive.
Non, j'ai jamais fait...
Ça s'est jamais produit. Si vous payez, on en reste là.
- Je peux vous régler plus tard mais là, j'ai pas d'argent.
- Alors c'est le 17.
Bon.
Ben, fais le 17, alors.
Il n'y a pas moyen de s'arranger ?
- Non, monsieur.
Moi, je vous dis.
Vous payez et on en reste là. C'est le plus simple.
- Non, mais si je pouvais régler, je vous le réglerais...
C'est pas de la mauvaise volonté que je fais...
Si je pouvais régler, je vous le réglerais.
Thierry soupire.
- Vous avez votre contrat de travail ? Oui.
- Je vais vous le prendre.
Voilà. Merci.
D'accord.
Donc la période d'essai est passée.
C'est ce que vous m'aviez indiqué. C'est bon.
OK. Bon, c'est parfait.
Je le garde, je ferai des photocopies tout à l'heure.
Donc là, on part sur un crédit de 2000 euros ?
C'est ça.
- Vous avez trouvé une bonne voiture d'occasion ?
Oui, je crois que j'en ai repéré une.
- Je vous dis ça parce que je peux vous proposer
un crédit jusqu'à 3 500. Non.
- D'accord. Non.
- Donc 2000 euros sur 3 ans...
Avec l'assurance, ça nous fera des mensualités de 60 euros environ.
Ça vous convient ? Oui, très bien.
il se racle la gorge.
Oui, ça va.
- Ça se passe bien ? Oui, très bien.
- Tu retournes à ton poste, Samuel. - OK.
- Bon, qu'est-ce qui se passe ? (Je sais pas.)
- Vous savez pas ? Non.
- Mme Anselmi,
vous avez ramassé les tickets de réduction ?
- Ben, non, je les ai jetés, comme d'habitude.
Non, Mme Anselmi, vous ne les avez pas jetés.
Vous les avez ramassés.
Non, je les ai jetés dans mon panier, sous la caisse.
Le directeur soupire.
- Thierry, demandez à Samuel de vérifier ce qu'il y a dans sa poubelle.
Thierry pour Samuel ?
- Transmets, Thierry.
Tu peux aller voir dans la poubelle de Françoise
s'il y a des coupons de réduction ?
- OK, reçu. Bien.
il se racle la gorge.
F! soupire.
- Samuel pour Thierry ?
Oui.
- Ben, j'ai rien vu... J'ai rien vu dans la poubelle.
Merci.
- Alors, ils sont où, ces coupons ?
Ben, je les ai avec moi.
J'avoue.
Ils sont là.
Mais je vous assure, c'est la première fois.
- C'est pas la première fois, vous avez été filmée.
Jean-Eddy, vous confirmez ? Oui, monsieur.
Thierry, vous confirmez ? - Oui.
- C'est pas la première fois, Mme Anselmi.
Comment ça se fait?
Vous savez que c'est interdit. Oui, je sais.
Je sais parfaitement que c'est interdit.
- Alors ?
Vous me connaissez depuis tout ce temps-là.
Je suis sérieuse dans mon travail.
Raclement de gorge
- C'est de la démarque.
Je sais bien... - C'est du vol.
Vous ne volez pas le magasin mais la prime de Thierry,
celle de Jean-Eddy, celle de tous les collègues.
Vous êtes consciente de ça ? (- Oui.)
Oui.
- Alors ?
- On peut trouver un arrangement.
- Là, franchement, je vois pas bien lequel.
Quel arrangement? Qu'est-ce que je peux faire ?
Vous avez une idée ?
- Vous donnez ma prime.
Vous me supprimez ma prime.
- Et qu'est-ce qu'ils vont dire, vos collègues ?
Qu'est-ce qu'ils vont se dire ?
Qu'on peut ramasser des coupons de réduction
et retrouver son poste, tranquille.
Je vous ai expliqué.
Vous connaissez mon sérieux.
On peut s'arranger.
Le problème qu'on a entre nous, maintenant, Mme Anselmi,
c'est la confiance.
Y a plus de confiance.
Je peux pas travailler
avec des gens en qui je n'ai pas confiance.
Mais vous l'avez, ma confiance. - Mais moi, vous n'avez pas la mienne.
Vous n'avez pas la mienne.
Vous l'aviez.
Mais c'est fini, maintenant.
Thierry pousse un long soupir.
Raclement de gorge
Sonnerie de téléphone
- Oui?
Non, pas tout de suite.
F! raccroche.
Mélodie de Noël
- Bonjour.
- Vous fermez la porte ?
Bonjour à toutes, bonjour à tous. - BONJOUR.
Merci d'être venus pour cette réunion,
que j'aurais préféré ne pas faire, très sincèrement.
Il nous arrive quelque chose de tout à fait exceptionnel
qui nous concerne tous.
Moi, le premier.
Et j'ai demandé à un directeur des ressources humaines du groupe
de venir avec moi aujourd'hui,
parce que je voudrais qu'on échange
sur ce qui s'est passé.
Et si possible répondre à vos éventuelles questions.
Voilà. C'est M. Draux. Je vais le laisser se présenter.
Bonjour à tous.
Je suis M. Draux, le directeur des ressources humaines du groupe.
J'interviens à la demande de M. Ouhib et de la direction du groupe.
Je vais aller droit au but.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Vous avez une de vos collègues, Mme Anselmi,
qui s'est donné la mort ici, sur votre lieu de travail.
M. Ouhib a précisé que c'était...
une personne qui était là depuis plus de 20 ans.
Vous la connaissiez certainement tous.
Elle était appréciée par vous-mêmes, par le public...
Elle faisait bien son travail.
Peut-être que certains d'entre vous l'avez côtoyée.
Vous avez peut-être pris un café, un repas.
Peut-être que vous la voyiez en dehors du travail.
Mais ce n'est pas pour autant que vous la connaissiez.
Entendez bien ce que je vais vous dire.
Personne ici ne doit avoir la culpabilité de son geste.
Certes, elle s'est donné la mort ici,
sur son lieu de travail,
après avoir quitté le groupe,
mais la vie de Mme Anselmi ne se résumait pas à son travail.
La vie, c'est beaucoup de choses. Elle avait une famille.
Elle avait un fils, des frères, des sœurs, des amis...
Elle avait des joies, des peines, des projets, des déceptions.
Le travail, c'était une partie de sa vie,
mais il y a beaucoup de choses autour.
Euh...
Quand votre porte est fermée,
on ne sait pas ce qui se passe derrière.
Là, on vient d'apprendre avec M. Ouhib que Mme Anselmi avait un fils
qui se droguait.
C'est quelque chose qui est très, très lourd.
Elle avait notamment des gros problèmes financiers
parce qu'elle subvenait à ses besoins.
Euh...
Donc vous voyez bien que...
Il y a beaucoup de choses qui peuvent expliquer son geste,
mais elle seule connaît les véritables raisons.
Elle seule.
Personne ici ne doit se sentir responsable de quoi que ce soit.
- Mesdames, messieurs, je vous invite à présent à vous lever.
Musique triste à l'orgue
La musique s'arrête.
- Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
Le Seigneur soit avec vous.
Bips des codes-barres
Brouhaha
- Tu le prends, celui-là ? - Ben, oui.
Brouhaha
Tu te mets derrière, s'il te plaît?
Vas-y, mets-toi derrière.
Euh...
T'as ta carte Malin sur toi ? Non.
Non ? T'es sûre ? Oui.
Tu sais pourquoi on est là, de toute façon. T'as un doute.
Non ? Non, je vois pas.
Je vais pas tourner autour du pot.
Je t'ai vue passer ta carte de fidélité en caisse
au moment où tu avais des clients qui ne l'avaient pas.
Et avec cette carte, t'as récupéré des points.
Voilà.
C'est pas possible, j'ai pas de carte. - Non, ne me dis pas ça.
Puisque moi, je t'ai vue.
Thierry t'a vue par le biais de la vidéo.
On a toutes les preuves.
Tu sais très bien comment ça se passe.
Tu sais très bien comment ça s'appelle.
Tu le sais ou pas ?
Donne-moi ta carte Malin, s'il te plaît.
Elle est dans mon casier.
Tu me facilites pas la tâche, là.
- Donne ta carte, c'est plus simple.
- Pourquoi t'as fait ça ?
Là, je comprends pas ton geste.
- Les points étaient multipliés par 10. - Ah ouais ?
Enfin, là, c'est les problèmes qui vont être multipliés par 10.
Donc je vais aller contrôler ta carte.
On va voir combien de fois tu l'as passée
et puis, après, on verra ça avec la direction.
C'est juste des points, j'ai rien volé.
Je suis obligée de contrôler.
- Vous n'allez pas me dénoncer pour une carte de fidélité.
(Je sais pas.)
Brouhaha
Musique triste
Sous-titrage TITRA FILM Paris
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