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Original subtitles

...

Protestations *- Explosions de colère,

devant le bureau du directeur.

Huées, insultes,

certains tentent même de forcer la porte.

*- Elles sont où, tes promesses ?

*- Les 1100 salariés de Perrin Industrie à Agen

viennent d'avoir la confirmation.

Leur usine, spécialisée dans la sous-traitance automobile,

fermera définitivement.

Tous se disent trahis.

La direction s'était engagée, il y a 2 ans,

à maintenir I'activité

en échange de la suppression de plusieurs primes

et d'un passage aux 40 h par semaine,

sans augmentation de salaire.

*- On a travaillé 40 h payées 35 h,

ça fait 2 ans qu'on marne comme des cons,

et voilà le résultat.

*- Des salariés écœurés.

Ils rappellent que I'entreprise,

filiale du groupe allemand Dimke,

a réalisé I'an dernier 17 millions d'euros de bénéfices.

Face à eux, dans la cohue,

le directeur du site invoque un manque de compétitivité.

*- Le secteur est devenu extrêmement concurrentiel.

Le site d'Agen

arrive malheureusement au bout de ses compétences

de compétitivité.

- Allez leur expliquer, aux gens !

Allez leur expliquer la non-compétitivité de I'industrie.

- Vous me parlez des salariés...

- Je vous parle de 1100 personnes.

Allez leur expliquer qu'une entreprise...

- Je vais pas leur demander de faire 50 h...

- Non, vous allez I'entendre !

...qui a fait 17 millions d'euros de bénéfices !

L'année dernière.

Allez leur expliquer qu'ils vont perdre leur travail

parce que I'usine n'est pas assez compétitive.

- Notre taux de marge, I'an passé, c'est 3,8 %.

Les objectifs du groupe,

en termes de marge, c'est 7 %.

Y a un moment où...

Je sais pas faire de bilan financier avec des taux de marge pareils.

- Il n'y a pas d'un côté, les salariés, de I'autre, la direction,

on est tous sur le même bateau.

Si on est dans le même bateau,

nous, on est dans les couchettes du bas avec les rats et la merde...

- Parlez comme il faut, s'il vous plaît.

- Vous allez pas me calmer, maintenant.

En plus, nous, on demande pas votre pitié,

on demande que vous respectiez votre parole d'il y a 2 ans.

On a respecté la nôtre, respectez la vôtre.

- Il n'est pas question de pitié vis-à-vis de quiconque.

Il est question... Reprenez les chiffres.

- Je demande que vous respectiez votre parole.

C'est simple.

- Il y a une chose sur laquelle on est tous d'accord,

c'est qu'on regrette tous la fermeture

du site.

La réalité du marché est extrêmement dure. Ni vous ni moi

n'y pouvons quelque chose.

- Moi, ce que je vois, ce qu'on voit tous,

c'est qu'on passe un accord, ou pas,

c'est exactement pareil.

- Si ! Quand ça vous arrange plus, quand c'est fini...

- Y a plus d'accord, c'est pareil !

Alors dites le contraire ! C'est pareil !

- C'est absolument pas la même chose.

- M. Borderie.

On a offert 5 h de travail par semaine, depuis 2 ans.

- Tout à fait.

- On a fait nos calculs, je vais pas les inventer,

ça fait 470 h, sur 2 ans.

D'accord ? On est 1100 salariés, d'accord ?

Quand on y donne une valeur,

c'est 4600 euros que chaque salarié a donnés à Perrin.

Le nombre de salariés, c'est 1100.

On arrive à I'addition suivante : 5 millions d'euros.

5 millions d'euros depuis 2 ans.

5 millions d'euros, c'est juste le salaire.

On ajoute à ça ce que vous appelez les cotisations,

les charges patronales, mais c'est des cotisations...

On ajoute 50 % de cotisations,

on est à 8 millions d'euros, d'accord ?

C'est pas fini !

Y a les primes, aussi.

On a accepté de s'asseoir sur nos primes, vous vous rappelez ?

On se rappelle. On a signé I'accord.

6 millions d'euros, les primes.

L'addition, c'est 14 millions d'euros.

C'est 14 millions d'euros

que les salariés ont offert à Perrin depuis 2 ans.

Ça, c'est les chiffres.

- On a I'impression que ces 14 millions, c'est un cadeau,

que ça aurait servi à enrichir I'entreprise, le groupe...

Ça n'a pas été, du tout,

14 millions d'euros

qui sont allés dans les poches de qui que ce soit.

À quoi il a servi, cet accord ?

À ce qu'on redevienne compétitifs et à ce qu'on ne ferme pas le site d'Agen.

- Donc faudrait qu'on vous remercie

q“ 9a “âme qtrauxourcrhux c'est ça 'z '?

- Ça ne devient pas très constructif.

C'est bien dommage car ce n'est I'intérêt d'aucun d'entre nous

de crisper la relation.

On est bien conscients

que ça ne s'est pas passé comme on aurait aimé.

C'est évidemment très décevant, le mot est bien faible.

Cette doxfleur, sachez-b,

c'est quelque chose qu'on ressent aussi, comme vous.

(ton moqueur) - Vous allez nous faire pleurer.

- Il s'agit pas de vous faire pleurer.

Ce que je veux rappeler,

ce que je veux rappeler,

c'est que nous sommes tous attachés à cette entreprise.

Il faut faire face.

Ne pas faire face, c'est être dans le déni,

ça va nous mener à rien de positif.

- Qui est dans le déni? C'est extraordinaire !

Les gens qui essayent de sauver leur boulot?

Ou ceux qui ont profité d'eux pendant des années

et qui ont empoché des millions d'euros ?

Qui est dans le déni? C'est extraordinaire !

- Ce qui compte,

c'est qu'on se mette tous ensemble autour de cette table...

- On est pas tous ensemble !

On est pas tous ensemble !

- On est dans le même bateau, je vous le redis !

- Je vous parle de I'accord signé en bas de page qu'on a passé entre nous.

Vous vous étiez engagé...

- M. Borderie !

Vous vous étiez engagé

à protéger notre emploi

pas 1 an, pas 2 ans, pas 3 ans, pas 4 ans, au moins 5 ans !

Au moins 5 ans !

On devait se revoir à I'issue de ces 5 ans,

pour voir si on maintenait ou pas I'accord pour continuer.

Nous, on tient nos promesses.

- Est-ce que vous tenez votre parole ?

- Non, je demande si vous tenez parole !

Ce que je vois, c'est qu'on a signé un accord,

on a tenu notre promesse et vous ne tenez pas votre parole.

Vous ne tenez pas votre parole, vous et le groupe !

- Je vous ai exposé le plus clairement possible la situation.

- C'est extrêmement simple.

Ou vous tenez votre parole

et on reprend le travail,

ou vous tenez pas votre parole, vous ne tenez pas I'accord passé,

et on bloque la production et le stock.

C'est sans appel.

Kiaxons à air comiîflmé Sifflets

Musique palpitante

...

- Avant de débriefer, Sébastien...

- C'est quoi, I'intérêt d'insulter la DRH ?

- Y a pas d'intérêt particulier.

Je m'adresse à elle, elle me répond pas.

- Les gens qui te répondent pas, tu les insultes ?

- Ne pas me répondre, c'est une insulte.

- Non, c'est pas une insulte.

- Je lui parle, elle me répond pas.

Elle a vu qui était le patron.

- Sébastien, t'es pas le patron.

- Elle a vu qui était le patron, elle m'a manqué de respect.

- "Elle a vu qui était le patron ?"

C'est toi, le patron ?

Elle m'a manqué de respect !

- Ils attendent de nous prendre pour des crétins !

- C'est ce qu'on fait !

On se prend la tête entre nous.

- Bats-toi intelligemment.

- Je vais pas me laisser marcher dessus.

Faut qu'elle arrête de prendre les gens de haut.

- Fais aller ton cerveau !

- Tu n'insultes pas les gens.

On a besoin de discuter.

- Je vais pas me laisser marcher dessus.

- Tu n'insultes pas la direction.

Arrête de répéter la même phrase !

- Qu'elle arrête de prendre les gens de haut.

Elle nous prend pour des merdes.

Elle prend personne pour des merdes. On discute !

- Tu prends sa défense !

- Écoute quand on te parle. On te connaît, écoute !

- Tout ce qu'on te demande...

- On te dit : "Pas d'insultes",

on ne veut pas passer pour des crétins.

- ON VEUT RENTRER !

*- Coup d'éclat, cet après-midi, à la mairie d'Agen.

Près de 400 salariés de Perrin Industrie, mobilisés

pour réclamer le soutien des pouvoirs publics.

*- On est là !

*- Après 2 semaines de blocage total de leur entreprise,

les syndicats demandent au maire,

un proche du président de la République,

son aide, pour obtenir une rencontre à I'Élysée.

*- On a besoin que le président de la République s'engage.

C'est la seule manière de se faire entendre par la direction.

*- Pas de réponse, pour I'instant, de I'Élysée ou du gouvernement.

Mais le maire promet de faire passer le message.

*- Mon combat, avant en tant que député,

maintenant en tant que maire,

c'est la sauvegarde de I'emploi dans notre ville.

*- Les salariés accentuent la pression également sur le terrain judiciaire

avec une plainte déposée devant le tribunal de grande instance.

*- Nous demandons au tribunal d'ordonner,

compte tenu du non-respect de I'accord,

la suspension de la décision

de fermer I'entreprise d'Agen.

Vous avez signé I'accord, respecté votre signature,

vous vous êtes engagés, vous I'avez fait, mais eux, non.

La justice est là pour dire :

"Non à la fermeture de I'entreprise."

Musique palpitante

...

- Après 23 jours de conflits, les syndicats de I'usine Perrin Industrie

seront reçus par le conseiller social de I'Élysée,

qui a été personnellement mandaté par le chef de I'État,

pour tenter de trouver une issue.

Une crise intervenue après I'annonce brutale de la fermeture

du site industriel d'Agen par le groupe allemand Dimke.

Protestations

...

(en chœur) - PERRIN, PERRIN, SOLIDARITÉ!

L'ÉTAT, PERRIN, SOLIDARITÉ 1

...

- Un petit rappel : dans la Constitution est inscrit la liberté d'entreprendre.

Cela veut dire qu'un patron peut ouvrir et fermer une entreprise.

Il y a des règles, mais il peut fermer une entreprise.

Deuxÿemement, vous paflez d' accord.

Lorsqu'il y a un accord, c'est entre les 2 parties.

Vous, vous avez respecté votre partie,

I'employeur I'a respectée un temps,

et là, considère qu'il ne peut plus continuer

à faire fonctionner cette entreprise.

Il rompt cet accord de maintien d'emplois.

- J'ai I'impression que rien n'engage notre direction.

Nous avons signé un accord, il y a 2 ans,

I'entreprise a perçu des aides de I'État,

tout en s'engageant à maintenir I'emploi.

En finalité, I'emploi n'a pas été garanti

et I'entreprise a perçu les aides.

- Je comprends.

Mais I'État ne peut pas tout.

- Donc personne ne peut nous aider ?

- Nous sommes dans un pays démocratique,

le président de la République, les forces politiques,

n'interviennent pas sur la justice, ce serait dommageable.

Il n'est pas possible que nous puissions intervenir auprès des juges,

car nous tenons à I'indépendance de la justice.

- Je me permets de rebondir, M. le conseiller,

sur ce que vous venez de dire par rapport à I'État.

Il ne peut pas tout,

mais je pense que, dans ce dossier,

I'État a une responsabilité morale.

Oui, parce que, aujourd'hui,

si personne n'empêche la fermeture de cette usine,

qu'est-ce que ça signifie ?

Même avec le meilleur plan social qui soit,

il va y avoir, dans 2 ans, compte tenu de I'état de notre région

qui est sinistrée sur le plan du marché de I'emploi,

il y aura plus de 50 %, au minimum,

50 % des gens qui vont être au RSA.

Il va y avoir des familles qui vont exploser,

ça, tout le monde le sait.

Ça se passe comme ça, il faut pas se voiler la face.

- C'est pas facile à comprendre,

vu votre situation,

mais un interventionnisme trop fort de I'État

serait aussi contre-productif.

Ça risquerait...

Je sais que c'est pas facile à entendre vu votre situation, je le comprends.

Ça enverrait un message négatif aux investisseurs,

aux investisseurs étrangers

et on a besoin d'eux aussi

pour créer de I'emploi, on en convient tous.

Je comprends votre situation

et je sais que c'est pas facile à entendre,

mais on peut pas faire du cas particulier de Perrin

un cas global.

- Dans cette situation particulière,

on ne peut pas tout à la place des employeurs.

- Ce qu'on entend,

c'est que vous nous (mes

qu'on ne peut pas intervenir auprès du tribunal,

qu'une entreprise peut ouvrir et fermer quand elle le veut,

ils peuvent demander des aides de I'État,

signer des accords avec nous,

et quand même fermer I'usine quand ça les arrange.

Donc, à un moment, concrètement,

on voit que, pour I'instant, vous ne pouvez rien pour nous.

- Ce que I'État peut faire, c'est vous apporter,

par la voix du président, un soutien.

Juste avant de venir à cette réunion,

ÿaipaflé au président de la République

qui est plus qu'au courant de votre situation.

Il y a un sommet franco-allemand dans 2 jours,

il prendra la parole pour indiquer

que vous avez raison sur le plan moral,

et que les patrons de Dimke doivent reconsidérer leur dossier.

Ce n'est pas une intervention de I'État auprès des tribunaux,

mais c'est un appui moral très fort.

Vous avez I'État avec vous.

L'État vous appuie dans vos démarches.

C'est un élément supplémentaire pour avoir gain de cause.

'Çava?

- Ettoi?

- Il y a tout, sauf le shampoing que tu m'as dit.

- Oh, c'est pas grave.

'Çava?

♪ ai mis le haut-parleur, papa est là.

*- Ah, bonjour, papa.

- Il est passé, il m'a fait des courses.

- Coucou, ma chérie, ça va ?

*- Ben, ça va... Ça va moyen, je trouve le temps un peu long.

Je me suis déplacée, ça m'a fait des contractions.

♪ aurais pas dû.

- Les mèdecms ont cm que tu devæs pas bouger.

Quand ils disent quelque chose, faut écouter.

Hem '?

Faut pas prendre de risques. Il reste encore 3 mois.

*- Je sais, mais je me sentais bien.

Mathis était pas là. Je suis allée acheter un truc.

- Ouais...

*- J'espère que ça a pas accéléré le truc.

- Tu fais comment quand il est pas là ?

*- Ben, quand il est pas là...

- Et pour les repas et tout ça ?

*- Il fait des tuppen/vares etj'ai le micro-onde dans ma chambre.

*- Visages fermés,

des salariés sous le choc.

Pour les employés

de Perrin Industrie, la décision du tribunal

est un nouveau coup dur.

*- Je sais que cette décision

est douloureuse.

*- La justice a rejeté leur demande d'annulation de fermeture du site.

Une décision immédiatement saluée par la direction.

*- C'est quand même un soulagement.

C'est une décision de justice qui va dans le bon sens.

C'est enfin la possibilité de dialoguer sereinement avec notre personnel,

ce qui était impossible, et de leur présenter

les mesures d'accompagnement.

*- La direction promet des primes de licenciement

(mes supra-hègafles

en complément des indemnités déjà prévues par la loi.

Une proposition déjà rejetée par les syndicats

qui refusent toujours I'idée de fermeture.

*- 1100 personnes dehors !

4000 personnes, c'est des familles entières !

Des enfants, des pères, des mères !

Elle est où, leur parole ?

*- Cette fermeture est-elle désormais inéluctable ?

Pour cet économiste, le principal problème du site d'Agen

n'est pas la compétitivité, mais plutôt la rentabilité.

*- Un actionnaire peut exiger la rentabilité de son entreprise,

de I'entreprise qu'il finance.

Dans le cas présent, on peut comprendre, supposer

que I'actionnaire n'a pas eu cette rentabilité suffisamment tôt

et de manière suffisamment forte

pour que le site perdure,

d'où sa décision, sans doute, de délocaliser.

*- Ce soir, les syndicats réclament une réunion

avec le P.D.G. du groupe Dimke,

propriétaire de I'usine.

- Je tenais à venir vous voir, j'ai appelé vos responsables

syndicaux, parce que...

j'imagine ce que ça a été pour vous,

le verdict du tribunal

et le fait que I'entreprise ait le droit...

de licencier. Donc,

je voulais vous dire que vous avez toujours notre soutien,

celui du président de la République

qui continue à indiquer, comme il I'a dit,

que I'entreprise est viable

et qui continue à apporter son soutien.

Et avant de venir, j'ai joint

le ministre du Travail

qui, de son côté aussi, a fait la même démarche

pourjoindre M. Hauser,

le patron de I'entreprise monde,

le patron allemand,

pour qu'il puisse vous recevoir et vous entendre.

Et à ce jour, M. Hauser n'a pas daigné lui répondre.

- Vous vous rendez compte

de ce qu'on entend, là ?

On entend qu'un P.D.G. aurait plus de pouvoir qu'un ministre.

C'est ce qu'on entend, non ?

- Il n'a pas plus de pouvoir. Ils ont des pouvoirs différents.

Un P.D.G. a des pouvoirs sur I'entreprise et un ministre,

sur le droit du travail.

C'est pas la même chose.

- Ah non, c'est plus que ça.

Non, ça veut dire, en gros,

qu'on a un P.D.G. qui a dit à un ministre:

"Allez vous faire foutre, je fais ce que je veux."

C'est ce que ça veut dire.

- Je comprends votre colère.

Mais simplement, le ministre du Travail n'a pas le pouvoir

de convoquer le patron allemand.

Le patron allemand, lui, a une stratégie :

celle d'éviter de se mêler des affaires françaises

et que les représentants de I'entreprise en France,

c'est-à-dire M. Borderie pour Agen,

et M. Censier pour Perrin Industrie France,

fassent le travail.

- Excusez-moi, M. Grosset.

Je me permets de vous poser la question comme elle me vient

à I'esprit à I'instant.

Finalement, à quoi vous servez ?

- Ben...

Si vous voulez, c'est normal qu'on échange,

on est là pour ça. Mais à quoi je sers ?

Je sers à faire le lien,

d'où ma présence aujourd'hui,

entre vous, la présidence et le ministère du Travail.

Et je sers à ce que votre parole soit entendue

et cela permet au président de la République

de maintenir publiquement

le soutien avec votre démarche et votre conflit.

- M. Grasset, ce qu'on vous explique là...

c'est que rien n'a bougé. Rien n'a bougé pour I'instant.

Nous, on veut un truc, c'est voir M. Hauser

parce que c'est le seul dans cette histoire qui a un pouvoir.

- Je comprends ce que vous dites, il ne vous a pas échappé

que le président qui vous soutient

et le ministre qui demande à M. Hauser un rendez-vous,

ont dit la même chose.

- Excusez-moi, M. Grosset.

La déclaration du président n'a servi à rien.

Ça devait avoir du poids, ça n'en a pas.

Ça devait inverser le rapport de force, ça ne I'a pas fait.

- C'est comme si je disais : "Votre mouvement ne sert à rien

"et I'arrêt du travail et blocage des stocks ne servent à rien."

- Ça sert à faire pression !

Ça sert pas à rien !

Monsieur, ça sert pas à rien.

- Donc vous voyez bien qu'on peut avoir

une démarche commune.

Vous, vous avez engagé un conflit du travail

et nous, nous engageons des démarches

pour que vous soyez reçus.

Vous avez quand même des gens comme le président...

- Vous n'arrêtez pas de dire :

"Le président ceci, le président cela."

Je suis désolé, tout ce que je vois,

c'est que ça fait un mois qu'on est en grève

et on s'est fait mettre par tout le monde.

- M. Amédéo, non, non... Excusez-moi, je ne vous...

On pourrait considérer que I'affaire

est perdue, c'est pas le cas.

Car, en se mouillant et en faisant ça, on s'expose,

vis-à-vis de tous, y compris de vous.

Alors je ne vous permets pas de dire ça.

- Vous vous rendez pas compte...

- M. Amédéo, je me rends compte, c'est pour cela que je suis ici.

- Je me trompe pas.

Je me trompe pas.

Deuxième chose, encore une fois, j'apporte notre soutien.

Si vous n'en voulez pas, on se retire.

Brouhaha

...

- Si, si, ça va être possible.

Mademoiselle, on a une demande...

On a une demande à remettre,

ça prendra 5 minutes, dans le calme.

Si vous pouvez lui dire qu'on est en bas.

On voudraitjuste remettre une demande.

5 minutes.

- M. le président est très occupé, il ne vous recevra pas.

Exciamations de mécontentement

Jingie de journal dînfonnations

...

*- Les infos avec Angélique Bouin.

*- Ils ne lâchent rien. Nouvelle action, ce matin,

des salariés de Perrin Industrie.

Ils sont 200 à 250 à avoir envahi le MEDEF,

siège du patronat à Paris.

En grève, les salariés d'Agen demandent à rencontrer

le président de I'organisation

pour qu'il fasse pression sur son alter ego allemand.

Leur objectif : que ce dernier convainque Martin Hauser,

le P.D.G. du groupe Dimke, leur maison mère,

à venir s'asseoir à la table des négociations.

- Écoutez-moi, je vous demande de quitter I'enceinte.

- Elle appelle !

- Oui?

- Mademoiselle.

Dites-lui... - Laissez-la parler.

- On a une demande à lui remettre.

Et après, on part. Ça durera 5 minutes.

- Oui, mais elle est en discussion.

- Très bien.

Je viens d'avoir la présidence, on va vous recevoir.

Cris de joie

Brouhaha

- Ça fait 20 min qu'on attend, c'est quoi, le truc ?

- Le président a été prévenu, il faut patienter.

- Ça fait 20 min, c'est ridicule.

Vous pouvez lui téléphoner ? Ils ont pas dû...

Vous pouvez téléphoner ?

- C'est pas mon rôle.

- Demandez aux demoiselles.

- Il a été prévenu.

- Ça fait 20 minutes.

- Il a été prévenu, donc il va arriver.

- C'est incroyable, ça...

...

Huées et sâfflets

...

- Faut calmer les gens.

Calmez-vous ! Oh !

Calmez-vous, calmez-vous.

Pas de provocations.

- Oh!Oh!

- Pas de provocations, les gars.

- Pas de provocations.

- Calme, calme.

Arrête ! Oh ! Arrête !

Arrête, arrête ! Arrête. Arrête.

Brouhaha

...

Oh ! S'il te plaît, arrête. Arrête.

Arrête. Arrête.

...

C'était pas prévu, ça ! C'était pas prévu.

C'est pas loyal, appelez-les. Ça va dégénérer.

Mademoiselle, je me calme.

Appelez-les. S'il vous plaît.

C'est comme ça qu'arrivent les problèmes.

C'est pas bien, c'est pas bien.

- On se calme. - Non, c'est pas bien !

Appiaudissements

...

- Bonjour.

- Bonjour. - Bonjour, monsieur.

Madame.

- On vient de la part du président.

Il nous a confié le soin de recueillir votre requête

et de lui transmettre. On vient à votre rencontre.

- Le président vient pas ? On veut voir le président.

- Je comprends bien, mais on est là pour le représenter

et entendre ce que vous avez à lui dire.

- Mais on veut voir le président, nous.

- Je comprends, mais c'est impossible. Il est pas là.

Huées

- Monsieur. Monsieur. On veut pas.

S'il vous plaît, oh ! Oh ! S'il vous plaît, ça va pas recommencer !

- On a vu son agenda, à 11h, il est ici.

Du coup, vous pouvez pas dire ça.

- Ça a changé récemment. C'est les aléas. - Bizarrement.

- Comme mon collègue a dit, le président n'est pas là.

C'est pas de la mauvaise volonté.

- Attendez, nous, ce qu'on veut, c'est très simple.

C'est que le patron des patrons, on lui remet ceci,

il téléphone à son homologue en Allemagne

et son homologue appelle le P.D.G. de Dimke pour qu'on le rencontre.

C'est ça qu'on veut. C'est simple.

C'est simple.

On fait ça, on s'en va. On vous libère la place.

- Attendez, il dit qu'il veut sauver I'emploi en France,

' il a une occasion de le faire, la.

' Là, il peut le faire, la.

- Justement, on est là pour récupérer les documents.

Contestations

- Oh, s'il vous plaît !

- On vous donnera pas les documents.

- Pourquoi ? - On veut lui donner.

- Il n'est pas là. - Il est Ià-haut, arrêtez.

Arrêtez de nous prendre pour des imbéciles !

Évidemment, tu penses.

On a fait 8 heures de route,

8 heures, 800 kilomètres,

on n'est pas à 3 heures près. Si ?

- NON!

- On est tranquilles, on bougera pas.

- On va I'attendre, on va patienter.

- C'est idiot, monsieur. - Ça sert à rien.

Ça sert à rien. - On perd du temps, c'est idiot.

C'est idiot.

- On vous donne notre parole.

Rires

- Eh, ça va. C'est bon.

Demandez-lui de descendre.

- On n'est pas contre vous, nous.

- Nous non plus.

- Il viendra pas.

È - A qui il téléphone, la ? - Je sais pas.

Je pense qu'il téléphone à la secrétaire du président.

- Mais y a pas..

On fait les choses dans I'ordre.

- On n'a pas dit le contraire.

- On n'a pas plus d'informations que vous. Il est pas là.

- Les dirigeants, ils sontjamais là.

- Ils sont très occupés, en déplacement.

- Nous aussi. - C'est pas de la mauvaise volonté.

- Qu'ils sauvent plutôt notre travail !

- Bravo ! - On n'entend rien.

- Mesdames et messieurs, nous allons transmettre votre visite...

- NON! - Nous ferons part de votre visite...

Nous ferons part de votre visite au président.

- Vous allez tranquillement repartir,

quitter les lieux, s'il vous plaît.

S'il vous plaît. - On ne partira pas.

- Quittez les lieux, on vous souhaite une bonne journée.

- On ne quittera pas les lieux. - Merci d'avance.

Huées et sâfflets

- Vous n'écoutez pas !

Vous n'écoutez pas. On ne quittera pas les lieux.

C'est idiot ! C'est complètement idiot !

...

- Mesdames et messieurs, reculez, s'il vous plaît.

Désapprobation généraiisée

La sortie est par là.

- On attend là, tranquillement. On attend là.

- Boucliers, en protection.

- Mais ça sert à rien ! - Non, non.

Vives contestations

- On attend là, monsieur.

On attend là. On attend là.

C'est bon, on attend là, on est tranquilles.

Calmez-vous, calmez-vous ! Oh !

Arrêtez.

Monsieur, s'il vous plaît. Stop.

Protestations

...

Ifs scandent "Les voyous, des!' pas nous- "

...

- Salauds !

...

Brouhaha

...

- Lâchez-la !

...

- Je vous ai invités à faire cette réunion parce que

on s'est toujours expliqués entre nous.

Moi, je pense que ça va pas du tout.

Vous avez fait des actions cette semaine,

vous avez trouvé

intéressant d'aller envahir le local du patronat français.

Franchement,

vous savez que nous continuons à vous soutenir, I'État, I'exécutif.

Mais c'est une image désastreuse que vous donnez.

- Rien ne bouge,

on essaie de se faire entendre.

Je suis désolé, M. Grosset.

- Il y a des actions à faire, mais là,

désolé, mais c'est de la gesticulation.

- Appelez ça "gesticulation" si vous voulez,

on a besoin d'avoir un dialogue avec quelqu'un de crédible,

un interlocuteur crédible. Pour I'instant, on n'a personne.

On n'a personne.

A été prise.

Vous voulez en faire fi, dans quel contexte ?

- "De justice" ? Vous trouvez

' que la justice est juste, la ? La décision est juste ?

- Écoutez, une décision a été prise,

nous sommes dans un HOUVGBU contexte.

Vous voulez faire fi de cette décision ?

- M. Grosset, je me permets d'intervenir.

Personne. Les salariés ne font pas fi de la décision de justice.

Ils n'ont simplement pas envie d'être pris

pour des variables d'ajustements de profit des actionnaires.

Ici, ce ne sont pas des pions qu'on va prendre

et qu'on va jeter comme ça arrange.

- On peut pas laisser dire ça. - Bien, excusez-moi.

Personne ne pense ça. ♪ ai d'ailleurs convié

les représentants de I'entreprise,

je propose qu'il puisse s'adresser aux syndicats.

M. Censier,

qui est P.D.G. du groupe Perrin France Industrie,

je propose que vous puissiez dialoguer avec les syndicats

et qu'on essaie de trouver une solution.

Je vous en prie, M. Censier.

- Je voulais vous dire que, la direction et moi, on vous entend.

Ce qu'il faut que vous entendiez aussi, c'est qu'une entreprise,

elle est pas isolée.

Elle est...

Elle do it évoluer dans un environnement.

Et il se trouve que I'environnement,

il peut être hostile.

Et le site d'Agen gravite dans un environnement hostile.

- C'est faux.

Non, c'est faux.

- Un groupe comme Dimke

se do it de fermer ce site.

- Pardon, mais nous savons tous que le site d'Agen est rentable,

il fait vivre 1100 familles, vous en faites quoi?

- Vous savez,

on a tous œuvré pour sauvegarder les emplois.

Et vous savez, quand on se lève le matin,

moi, M. Borderie,

le P.D.G. du groupe,

on se lève pas en se demandant combien d'emplois on va supprimer.

C'est tout I'inverse.

Ravis de savoir que votre priorité, c'est I'emploi.

Ce que j'aimerais que vous nous expliquiez,

si je peux me permettre...

- J'aimerais que vous nous expliquiez

pourquoi la direction nous dit depuis la signature de I'accord

et bien avant, ça fait une éternité que ça dure,

que I'entreprise est en difficulté ? Expliquez-le-nous.

- C'est le cas, elle est...

- Non, ça, c'est vous qui le dites.

- Non, je lis les chiffres.

- Attendez, des chiffres si vous en voulez,

je vais vous en donner.

Il se trouve qu'on a le compte rendu

des actionnaires, on se I'est procuré.

Vos actionnaires,

les actionnaires du groupe...

- Attendez, c'est pas "vos actionnaires".

- C'est pas les nôtres non plus !

- Ce ne sont pas les miens, je suis salarié.

- Je continue, s'il vous plaît.

Je continue.

Je dis que vos actionnaires ont eu une augmentation de plus de 25 %

de leurs dividendes I'an dernier.

Je vous parle pas de la rémunération du P.D.G.

du groupe allemand, qui a augmentée de 18 %.

Ce qui amène son salaire à 9 millions d'euros par an.

Vous vous rendez compte ?

- C'est différent,

vous mélangez tout. Vous parlez du site d'Agen,

des actionnaires, de la rémunération de M. Hauser.

- Je ne mélange pas tout.

Il y a un moment où les choses sont liées, M. Censier.

- Vous savez, le groupe Dimke, c'est une multitude d'entreprises.

Il y a le site d'Agen, y en a d'autres.

Il y a des entreprises qui se portent bien, d'autres moins.

Le site d'Agen met en danger le groupe.

- C'est pas le groupe qui est en danger, c'est les salariés.

Vous vous rendez compte que c'est 25 %

de plus pour les actionnaires ?

Nos experts nous 0m tous (m,

je les cite :

"Aucun actionnaire de I'industrie de la sous-traitance automobile

"ne touche ça. Personne."

- M. Amédéo. - Personne.

- On en a déjà parlé, mais...

les experts des syndicats éclairent ce qu'ils veulent.

- Non, mais attendez, on n'a plus le temps de jouer la mauvaise foi !

Les experts, ça vous dérange, parce qu'ils ont mis le doigt

où ça vous fait mal. Ça va, là maintenant.

On n'a plus le temps.

- Le problème est toujours le même.

La réalité, c'est que les actionnaires, ça n'est jamais assez.

Ils ne gagnentjamais assez.

Et pour gonfler leurs bénéfices, que font-ils ?

C'est très simple, ils ferment I'usine d'Agen

et ils la transportent en Roumanie

dans une usine du même groupe où le travail est payé 5 fois moins cher.

Je vous pose une question, M. Censier.

Nous, qu'est-ce qu'on devient? Qu'est-ce qu'on devient ?

Qu'est-ce que deviennent les salariés ?

- On fait que ça, vous écouter.

- On vous a proposé un plan, personne ne veut I'étudier.

- M. Censier, si je peux me permettre...

Excusez-moi, j'aimerais dire quelque chose.

Vos mesures, on n'en veut pas. Nous, on veut travailler.

On veut bosser. Pendant 2 ans, on a fait des efforts

et on est jetés des riens du tout.

Comment on va bouffer ? Nos gosses, comment ils vont bouffer ?

Vous savez que, dans la région, y a pas de boulot.

- Vous n'aurez qu'à déménager.

Rire outre' - C'est incroyable !

- Déménager ? Mais vous entendez ce qu'il dit?

Vous entendez ce que vous dites ? Pauvre con, va !

- Attendez !

- Vous entendez ce qu'il dit? - J'ai entendu.

Si personne ne hurle, c'est 10 fois mieux.

Donc je vous demande, à vous deux,

de remet ce que vous avez (m.

- Je peux retirer... Je retire.

- Si j'ai choqué, je m'en excuse.

- OK, on peut continuer la réunion.

Je reprends ce sur quoi on do it normalement discuter :

décision de justice,

il nous reste 2 mois,

certaines propositions n'aboutissent pas.

Je me retourne vers I'entreprise,

vous êtes décidés à faire quoi ?

- Écoutez, les propositions, on les a faites,

et depuis le début de nos négociations, de nos échanges,

on les a même construites en s'appliquant

à bien veiller à proposer des décisions équilibrées,

c'est-à-dire avec cet objectif

de ne pas se focaliser exclusivement sur la partie financière.

Et aussi à proposer des mesures d'accompagnement préparant I'avenir.

Pas du court terme, mais de la préparation aux actions...

- On peut se répéter les mêmes arguments,

vous voyez bien que tout est bloqué.

Si c'est bloqué, pouvez-vous, vous, représentants de I'entreprise,

faire en sorte que les salariés rencontrent le P.D.G. du groupe Dimke ?

- Je vous le demande.

- C'est une décision dans le cadre de la loi française.

- Il y a la loi française, il y a le jugement qui a été rend...

On sait tout ça. Je vous demande la chose suivante :

oui ou non, vous allez décrocher votre téléphone

pour appeler M. Hauser ?

Carje vous dis solennellement cette fois-ci,

aujourd'hui, quand on s'est réunis,

s'il n'y a pas de rencontre, un débouché qui reprend le dialogue,

ça va dégénérer. C'est ce que vous voulez ?

- Je suis

convaincu que la reprise du travail

est le préambule à la reprise des discussions.

- Mais bien sûr! - On ne reprendra pas le travail.

On ne reprendra pas le travail. On en a parlé 100 fois.

- J'ai compris. M. Borderie, écoutez-moi.

La reprise, c'est la possibilité d'un dialogue. Le dialogue, c'est :

vous décrochez votre téléphone,

vous joignez M. Hauser et les salariés le rencontrent.

Je fais cette demande très solennellement.

Voix mêiées

- Il fallait que ça tombe sur moi.

- Là, on a 1130. - C'est bien.

- Là, dans la boîte, y a 1130, entre les chèques et les billets.

- C'EST BIEN !

- "Hello les Perrin, we have the same assholes."

"Assholal" ?

- Ça veut dire trous du cul.

Rires - Je connais pas ce mot.

- From all of us, in Sunderland, to all of you, in Agen.

Alors, je répète.

"Nous avons les mêmes trous du cul, ici, ils sont partout,

"votre combat est le nôtre. Nous sommes tous Perrin.

"Voici notre collecte : 354 euros." Acclamations

"De nous tous à Sunderland, pour vous tous à Agen."

- "Ne lâchez rien, camarades, sans pommade.

"Enfoncez votre poing bien profond dans le cul de ces minables."

Rires

"Amis poètes,

"amis poètes, vous vous reconnaîtrez."

- "On en peut plus de vous, vos manières et votre violence,

"vous avez emmerdé

"les patrons pendant des années,

"tout ce qui vous arrive est bien fait pour vous."

Protestations

- On va la garder, celle-là. - On va I'encadrer.

- Oh, c'est dégueulasse.

- Quoi?

- Y en a un qui a envoyé de la merde.

- Oh!

- C'est de la merde.

- Ah ouais, ça pue !

C'est horrible ! Va-t'en !

- Je te montre. - C'est horrible.

Non, mais je sens.

- Oui, regarde, j'invente rien.

Je sais pas si tu vois bien.

Exciamations de dégoût

- C'est immonde.

- Je I'ai devant moi, je lui chie dessus.

Rires

- Y a I'adresse ?

- Je lui chie dessus.

- Ça vient d'où ? - Y a rien.

Musique douce

Musique douce

...

- Quel âge il a, I'aîné ? - 5 ans.

- 5 ans, et I'autre ?

- 2 ans et demi.

C' est assez compfiquè ...

Discussions mêiées

Ça fait longtemps qu'on se comprend plus.

Ça lui faitjuste...

- Mais là, il est pas admiratif? Il se dit pas que...

Que c'est beau ?

- Il voit juste qu'il do it tout gérer, maintenant, du coup...

Du coup, ça le fait chier.

...

C'est bon ? DONC comme VOUS le savez,

on devait se voir demain,

mais en fait, avec Laurent,

on a décidé d'avancer la réunion.

Y a des bruits de couloir qui deviennent un peu dérangeants.

On va demander directement :

Bruno, est-ce que c'est vrai que vous avez rencontré la direction

sur le sujet de la supra-légale ?

- C'est pas nous qui les avons sollicités,

ils ont demandé à nous rencontrer.

- Je demande pas qui est allé voir qui, mais vous les avez vus.

- Oui, on s'est pas cachés etj'étais pas tout seul.

- Vous êtes allés parler de la supra-légale, sans nous consulter ?

- Il est là, le problème.

- On sait très bien ce que t'allais nous dire.

- J'allais vous dire... Bah oui, ma réaction, tu la connais.

Je retourne pas ma veste, moi, dès qu'on me brandit un chèque.

- Si, si !

- Pas la peine de faire des grandes phrases.

- Je fais pas des grandes phrases.

Ça s'appelle "retourner sa veste".

Aller discuter avec la direction au moment où on en est,

c'est comme si tu disais que tu étais d'accord avec la fermeture.

Si ! Il est là, le problème !

Ça veut dire ça.

- À un moment donné, quand ça bloque, on change de stratégie.

Ça fait 2 mois qu'on bloque, 2 mois qu'on est dans la lutte,

pour quel résultat?

La direction française n'a pas changé de discours,

on demande de rencontrer la direction allemande

et elle refuse toujours.

C'est juste arrêter d'être con.

Contestations C'est 'yuste ça.

- Déjà, on se calme sur les mots.

Olivier, tu croyais quoi ?

Ça fait 2 mois, tu croyais qu'ils Iâcheraient en 2 semaines.

Là, maintenant, ils ont la pression,

ils commencent à lâcher et vous Craquez ?

- Mélanie. - Vous êtes sérieux ?

- Ils n'ont pas de pression. Ils s'en foutent.

- Mais non, c'est pas vrai !

- Ils s'en foutent pas, on a bloqué le stock,

je te rappelle, on a bloqué le site.

Les clients sont énervés, ils ne sont pas livrés.

C'est eux qui ont la pression.

Ça voudrait dire que tout ce qu'on a fait, ça n'a servi à rien.

C'est ça que ça veut dire. - Si!

- Non, ça veut dire que ça a servi à rien !

La preuve, vous êtes prêts à lâcher !

À quoi ?

- Ça a servi, au moins,

à augmenter la supra-légale.

- Ah d'accord. Tu sais quoi? Va plus vite !

Explique-nous que, depuis le début,

vous bloquez I'usine pour faire augmenter le chèque.

- Arrête de raconter n'importe quoi.

- Non. On a pas la même problématique.

Nous, on voudrait conserver notre boulot. C'est pas pareil.

- Il faut regarder

les choses en face.

Ça fait 2 mois qu'on est sur le pont, 2 mois.

2 mois qu'on se bat et les gens sont complètement épuisés.

Tu le vois, ça ?

- Je le vois complètement, comme toi !

- Et pris à la gorge financièrement.

- Je vois rien ?

T'es dans ton monde !

Avec tes œillères, ton fan-club.

- Reste tranquille.

- Oui, ton fan-club, tout à fait !

Puisque tu veux qu'on en parle, on va parler

de ce qui s'est passé dernièrement.

On va au MEDEF, qu'est-ce qui se passe ?

On s'est fait tabasser par les C.R.S., éjecter et à la sortie,

on est passés pour des casseurs.

Et aujourd'hui...

- Écoute !

Mais j'écoute, j'écoute !

- Sur internet, on est passes pour des provocateurs.

- Tout à fait ! Regarde internet !

- Les images de la télé ? Qu'est-ce que j'en ai à foutre ?

C'est ça, ton problème ?

- Cédric, le gars était dans les locaux.

Il voulait pas nous rencontrer et on provoque ?

Mais vous faites quoi, là ?

- Il veut pas nous rencontrer ! On aurait dû s'en aller...

Et là, on est passés pour des abrutis. - Mais arrête !

- Je me demande

qui passe pour un abruti, là !

- Cédric, il a raison.

Franchement, tu baisses d'un ton,

tu commences à me faire chier.

- Mais toi aussi, tu commences à me faire chier !

- On t'explique que les gens...

- Tu me fais chier à aller lécher le cul de la direction !

- On est en train de t'expliquer...

- Tu me fais chier.

Les gens tirent la langue.

C'est ce que Bruno et Cédric t'expliquent.

- Vous connaissez le montant de la supra-légale ?

- On s'en branle. - On en a rien à foutre.

- Oui.

- Peut-être que ça intéresse certains.

- C'était 17000, au départ.

Aujourd'hui, c'est 25000.

Je pense qu'il faut se battre pour la monter à 30000,

40000, voire plus.

- Tu vas faire quoi avec ?

- C'est pas le problème.

Je préfère partir avec un chèque que les mains vides.

Je préfère sauver les meubles que mettre le feu.

C'est mon avis !

- Certains n'ont même pas d'argent pour payer la cantine.

- C'est pour ça qu'on se bat !

Je te réponds, c'est pour ça qu'on se bat !

C'est justement pour la payer, cette putain de cantine !

Pas pendant 1 an ou 2 ans,

la payer tout le temps, c'est pour ça qu'on se bat.

- Tu t'en branles, toi.

Ta gamine, elle est grande, t'as plus de charges.

- N'importe quoi. Laurent proteste.

- Qu'est-ce que tu connais à ma vie ?

♪ ai racheté la part de la maison de mon ex, j'ai un créditjusque-Ià.

Tu veux ma place ?

Je te pose une question, tu la veux, ma place ?

- Tu fais le matador.

Tu passes au journal de 20 h. Tu vas écouter les gens ?

Non, t'écoutes personne.

- J'écoute tout le monde.

Je suis avec vous, j'entends les gens !

On est pas du même avis.

- Laissez-le parler.

- Je suis désolé, c'est ma 1 re réunion.

Je suis pas très crédible...

♪ étais pas aux précédentes.

Je suis cadre, contrairement à la majorité d'entre vous.

Proche de la direction.

Ce qui se passe, la division qu'on vit,

le fait qu'on se gueule dessus, c'est ce qu'ils cherchent.

Y a 2 ans, j'étais à la signature de I'accord.

- Bien sûr.

Y a 2 ans, le discours de la direction, c'était :

"Attendez un peu, ils vont se foutre sur la gueule."

Ils ont gagné. On y est.

La division, c'est leur stratégie.

C'est leur stratégie, y en a pas d'autre.

Il faut qu'on reste unis.

Si une entreprise peut aligner un gros chèque,

c'est qu'elle a la pression. Ça, c'est sûr.

Ils I'ont plus que vous. Et pourquoi ?

Les Allemands leur collent. Ils les appellent tous les jours.

S'ils alignent un chèque en plus, c'est qu'ils ont la pression.

Faut pas lâcher, il faut rester groupés.

- Dis-nous combien tu gagnes !

- Vas-y, réponds à la question.

- Arrête de le faire chier ! Pourquoi tu I'emmerdes ?

- Je lui pose une question simple !

- Mais ça change rien de savoir.

- Je lui pose une question simple !

Il est pas dans la même merde que nous.

♪ ai 25 ans de boîte !

Je gagne 1400 euros net. 3 gamins.

Je m'en sors comment ? Je vais tenir combien de temps ?

Lui, il a 3 fois mon salaire !

Protestations - C'est pas la question.

- Stop ! Stop ! Pardon...

On a un problème de stratégie.

Laurent expose son point de vue,

nous, on a un autre point de vue...

♪ ai envie de poser la question à Laurent directement.

Ton syndicat pèse combien ?

- C'est petit, ça ! - Combien ?

Mais non, c'est pas petit. Non, c'est pas nul !

' Ça Y est, On y arrive !

"Ton syndicat pèse combien ?"

Tu te rends compte de la question ?

- Ouais, et I'important, c'est que le syndicat

indépendant de Perrin Industrie,

qu'on représente avec Bruno et d'autres,

on est le plus représentatif.

Notre point de vue, faut I'entendre un peu plus que d'autres.

- Le plus représentatif de quoi ?

Le plus représentatif de quoi ?

Quand il faut prendre une décision, tu dois t'allier avec nous.

À I'heure actuelle, les syndicats, on s'en branle.

- Mélanie, tu peux pas dire ça.

On s'en branle pas.

- On se casse le cul pour que les gens votent aux élections.

- Elle peut dire ça car quand on sera au chômage,

on s'en foutra de savoir qui appartenait à quel syndicat.

- Ça, c'est sûr.

- Ça n'a aucune importance

de savoir s'il est plus représentatif ou moins que I'autre.

On a signé un accord avec la direction, il y a 2 ans,

ils nous ont trahis, on s'est fait enfler, tous ensemble,

tous ensemble !

Maintenant, c'est tous ensemble qu'on do it se battre.

Sinon, si I'usine est fermée, c'est terminé.

T'auras plus jamais de travail. Toi, non plus.

Plus jamais de travail.

T'as 55 ans ?

Alors, tu vas faire quoi ?

Tu vas toucher 12 mois de congés de reclassement,

2 ans de chômage, et encore, pas plein pot.

Et après ? Tu vas tenir 5 ans, 6 ans, 7 ans avant la retraite ?

Tu vas faire quoi, le matin ?

Tu vas faire quoi, avec ta carcasse ? Tu vas faire quoi ?

Y a plus un boulot à 50 km à la ronde.

Des gens retravailleront plus jamais.

C'est ça qu'il faut entendre.

Toi, tu viens me parler de ma fille, de ma femme...

Ma fille, elle a 21 ans !

La maison, je la vends quand je veux,

et après, je pars à la pêche,

je m'en lave les mains.

Je me bats pas juste pour ma gueule, mais pour tous !

Pour qu'on conserve notre travail.

Je me bats pour un chèque mais pas la supra-légale.

Un chèque qu'on touchera à la fin de chaque mois.

C'est pour ça que je me bats !

C'est pour ça que vous devez vous battre. On do it tous être ensemble !

Parce que quand I'usine fermera,

ça sera terminé ! Entendez-le, le mot !

Terminé !

...

Acciamations

...

- La mascotte !

Itlä ms'.

Rires

- Hé, dans la soirée, tu vas être emmerdé pour pisser.

- On va faire un jeu.

Tu vas dire... Mais il faut le dire vite.

Je vous dis la phrase doucement.

Celui qui arrive pas à la dire vite a un gage.

Écoutez.

"Nous ne nous

"désola..."

Merde.

_ T'as un gage !

_ T'as un gage !

- "Nous ne nous désolidariserons pas."

Dis-le vite !

I! n'y arrive pas,.

Dis-le vite ! f! réessaye.

Attends !

Méianie essaye et échoue.

- Vas-y, toi.

Eäe n'y arrive pas.

- À toi, vas-y.

Eiie échoue.

Allez, vas-y, à toi.

I: échoue.

Àtoi!

F! essaye fentement. Non, dis-le vite !

I: échoue.

- Laurent !

Laurent !

(Borderie et le Sipi arrivent.)

- Je te rappelle.

- Bonjour, messieurs dames.

Je suis là, ce matin, pour demander aux ouvriers qui font grève,

qui sont dans leur droit,

de me laisser un libre accès de I'usine et des ateliers.

♪ ai mandaté un huissier de justice qui va constater...

- À quoi vous jouez ?

- Je vous répète ma question calmement.

Je vous demande de laisser un libre accès

aux personnes souhaitant reprendre le travail.

Protestations - Non ! Hors de question !

- Vous êtes sérieux ? Vous foutez tout en I'air ?

- Mêle-toi de tes oignons, on dit qu'on veut laisser le choix aux gens.

- Elle a pas d'ordres à recevoir.

Elle a pas d'ordres à recevoir de toi.

- Un ton plus bas.

- Non, pas un ton plus bas.

C'est pas compliqué, personne rentrera.

On Svex DOgQ à q Llgi 7

Parce qu'on veut conserver notre boulot,

on s'expose à un renvoi pour faute lourde ?

- Il y a entrave à la liberté du travail.

Et ça, c'est un droit fondamental !

Parce qu'on veut garder notre boulot, y a une entrave ?

Vous avez pas tenu vos accords.

Si vous aviez tenu votre promesse, on en serait pas là.

♪ ai pas de leçons à recevoir de vous.

Et ni d'eux !

- On vous a déjà expliqué. Vous vous exposez à de lourdes sanctions.

- Quelles sanctions ? ♪ aimerais bien voir !

Quelles sanctions ? Quelles sanctions ?

- Y a une décision de justice, point barre.

Vous nous laissez un libre accès...

- NON! Contestations

- Arrête de faire ton héros !

Qu'il rentre chez lui ! Qu'il arrête de faire son héros.

Ras-Ie-bol !

- Toi, le héros, tu le fais pas.

- Mais, c'est bon...

Va lui sucer la bite, à ton Laurent.

- Pardon ? - Dégage !

Protestations

...

- Regarde où ça mène, tes conneries.

Cohue

...

- Vous faites chier avec votre grève.

- Mais c'est fini, non ?

...

- C'est fini !

Elle est fermée, cette usine !

- C'est à cause de vous !

- C'est terminé !

...

- Vous foutez en I'air tout ce qu'on a construit.

Ils attendent qu'on se foute sur la gueule !

On est en train de crever et on se fout sur la gueule.

Ils ont gagné !

Vous êtes contents ? T'es content ?

- Mais si !

Ils se régalent.

Ils t'ont filé une pelle pour creuser ta tombe.

- Tu crois qu'on est contents ? - Ils t'aident à creuser à ta tombe !

- On était pas ensemble ! - Mais t'es con ou quoi ?

Mais pas toi ! Pas toi !

Musique palpitante Protestations

I /

- Dégagez !

I /

- On est pas des voyous, nous !

I /

- Barrez-vous. - On lâche rien !

I /

...

Sifflets

- Bloque la machine ! Bloque la machine !

Un autre là. Bloque la bécane.

(en chœur) - AGEN ! MONTCEAU ! SOLIDARITÉ !

È - Qu'on bloque la bécane, la !

- Coupez les machines !

- AGEN, MONTCEAU, SOLIDARITÉ !

Sifflets Kiaxons à air comPVÎmé

- Elle est bloquée, ta machine ? Elle est où ?

- C'est marqué. L'affichage syndical, c'est marqué.

- Elles sont bloquées, les machines ? - C'est bloqué.

On leur explique. Ils sont pas au courant, les gars.

- Elle est bloquée, sa machine ? Bloque-la.

F! crfe.

- Oh!

- C'est bon, j'arrête.

C'est pas cool, ce que vous faites.

Protestations

- AGEN, MONTCEAU, SOLIDARITÉ !

*- AGEN, MONTCEAU, SOLIDARITÉ !

*- Ils ont parcouru 500 km

pour venir à Montceau-Ies-Mines.

Des grévistes de Perrin Industrie d'Agen

occupent cet autre site de I'entreprise.

Une démonstration de force

à 4 semaines de la fin des négociations

pour faire pression sur la direction allemande.

*- On est avec les ouvriers qui nous suivent.

On est avec nos collègues qui nous aident à siéger

et on bougera pas d'ici

tant qu'on aura pas ce rendez-vous avec les Allemands.

*- Réaction immédiate du directeur du site.

Selon lui, I'occupation ne fait qu'aggraver la situation.

*- Je pense qu'il y a une volonté de certains

de vouloir envenimer les choses

alors que la direction fait le maximum pour en sortir.

Les Allemands ne négocient pas sous la menace.

- D' accord.

- OK, donc ça sert à rien.

♪ ai fait ce qu'il fallait. Ils ne veulent pas vous rencontrer.

- Vous avez du pouvoir ?

- Non, je n'en ai pas.

- Si, vous en avez quand ça vous arrange.

Exclamations de désapprobation - Caflmez-vous.

- Les ordres viennent d'Allemagne.

On veut que vous leur demandiez de venir à la table.

Sans eux, on ne bougera pas d'ici.

- On ne leur impose rien. - On bougera pas.

- Vous ne négocierez rien comme ça.

- Mais on risque rien !

On n'a plus rien à perdre. - Partez.

Ce que vous faites est illégal.

Vous êtes dans un lieu privé.

C'est un lieu privé ici.

- Les ouvriers qui sont là pourront sortir.

Mars pas un pourra rentrer 'a parür de 14h.

Pas un ouvrier qui rentre. Pas un ouvrier !

- Comme vous voulez.

Vous n'avancerez rien, ça ne fera rien.

Ça ne fera rien avancer.

Vous n'avez pas à être ici.

Vous n'avez pas à être ici.

- On n'a rien à perdre, on a fait 600 bornes.

- Mais vous êtes en train de...

- On veut les Allemands à la table. On les veut à la table.

- Vous mélangez tout.

Ifs scandent 'Les Affemands, à {a tabfe- ”

...

- Vous entendez ça ? Vous les entendez ?

...

- M. Grosset...

Vous avez demandé à M. Censier

de demander aux Allemands de venir à la table.

Oui ou non ?

C'était pas une réunion en cachette. C'était à Paris.

On était 15 autour de la table.

C'est vous qui I'avez demandé.

Vous étiez là, rien n'a été fait.

Il n'a pas passé cet appel, rien n'a été fait.

Donc je vous le dis, c'est terminé.

On n'a plus confiance, terminé.

Entendez-b . . . Entendez-ha. Entendez ce que 3e vous dis.

On est aujourd'hui sur le site, on ne bougera pas.

Pas tam qu' on aura pas ce putam de rendez-vous.

Voilà, c'est clair.

Un signe d'apaisement?

C'est à nous d'en montrer un ?

Ça fait des mois que vous foutez le bordel.

Mais attendez, ça va pas la tête ?

Mais votre parole... Mais...

Si j'étais vulgaire, vous pourriez vous la mettre où je pense.

Je ne vous crois plus.

Je ne crois que ceux qui tiennent leur parole.

(Sa voix s'estompe.) Ni M. Borderie ni vous...

Musique douce

...

(En chœur) - Allez, Censier, montre-nous tes fesses

Allez, Censier, montre-nous ton cul

Ils continuent de chanter.

...

- Je viens de m'entretenir avec le DRH monde de Dimke

qui lui-même a eu M. Hauser.

C'était vraiment pas simple de I'avoir,

car en ce moment, il est aux États-Unis.

Et avec le décalage horaire, c'est compliqué.

Etdoncu.

Voilà, M. Hauser est prêt à envisager de vous rencontrer

pour échanger avec vous, à la condition qu'Agen reprenne le travail.

Rires moqueurs

- "Prêt à envisager" ? Prêt à envisager une solution, c'est ça ?

Donc en fait, il se fout de notre gueule, M. Hauser.

Il se fout de notre gueule.

Je vous rapporte ce qu'il m'a dit.

- Prenez votre téléphone, allez dans votre bureau, rappelez-le

et dites-lui que, sans déclaration officielle,

officielle,

comme quoi il désire nous rencontrer,

on ne bougera pas d'ici. Voilà.

- Attendez, je peux pas aller plus loin.

- Vous pouvez pas aller plus loin ? Nous non plus.

Et comme on peut pas aller plus loin, on va rester ici.

On va rester ici, on peut pas non plus.

- Faut un engagement...

- Et on a les gars de Montceau avec nous, tous les gars de Montceau.

- Justement, c'est pas la meilleure chose qu'ils font.

C'est pas la meilleure chose.

- Dites-leur : "C'est pas la meilleure chose que vous faites."

- Moi, je vous dis,

les salariés de Montceau devraient reprendre le travail.

Huées

Vous êtes en train de mettre I'entreprise en difficulté.

- Comme ça, il pourra vous virer aussi.

Et il aura une raison de fermer cette usine aussi.

- Attendez. - Vous pourrez fermer I'usine aussi.

- Attendez, s'il vous plaît.

- M. Grosset ! Je vous parle comme je veux !

Moi, je vous dis, on quittera pas...

On quittera pas les lieux tant qu'on aura pas une date...

une date, un lieu de rendez-vous et une heure précise.

On ne quittera pas les lieux.

Ça fait 3 mois que vous nous faites tourner en bourrique,

3 mois,

et que vous nous faites espérer des choses.

Je vous explique. Ici, à Montceau, ça reprendra pas le travail.

Il y a 200 collègues d'Agen qui vont venir

pour nous aider à tenir le siège.

Je m'en fous qu'on aille dans le mur!

On n'a plus rien à perdre !

On n'a plus rien à perdre, M. Grosset.

Musique intrigante

...

- Donc voilà,

il y a eu de nombreux appels téléphoniques

entre I'Allemagne et les États-Unis.

Et on me demande de vous dire que...

M. Hauser va rencontrer les représentants syndicaux

d'ici 8 jours à Paris.

Exciamations de joie

...

- Laissez-le parler ! Laissez-le parler !

Laissez-le parler !

- S'il vous plaît. S'il vous plaît.

S'il vous plaît, laissez-moi finir.

Et ce sera également en présence du conseiller social de I'Élysée.

...

(En chœur) - Tous ensemble ! Eh, eh !

Tous ensemble, tous ensemble ! Eh, eh !

Tous ensemble, tous ensemble ! Eh, eh !

- Je vous remercie.

Ils continuent de chanter.

...

- Tous ensemble !

Manifestations de joie

...

...

- Bon, merci d'être là.

Je vous présente M. Barral,

président du groupe Alcam.

Avant de lui passer le micro, j'ai 2 choses à vous dire.

On a enfin obtenu un rendez-vous avec le P.D.G. allemand.

Attendez... On a obtenu un rendez-vous

avec le type qui veut toujours nous foutre dehors.

C'est tout ce qu'on a obtenu. S'il vous plaît.

C'est une victoire, certes,

mais il faut aller plus loin.

Si on veut que le rendez-vous avec le P.D.G. allemand aboutisse

à quelque chose d'intéressant,

il faut arriver avec du biscuit.

On peut pas arriver les mains vides.

On a tous compris ici

que le P.D.G. allemand,

il va pas lâcher comme ça.

Si on arrive en lui disant: "C'est une honte de licencier

"du jour au lendemain",

il s'en fiche, le type. C'est pas son problème.

Donc il faut arriver avec du solide.

Et du solide, aujourd'hui, on en a.

Appiaudissements

...

Ce matin, avec les syndicats, on a rencontré

M. Barral qui a fait une proposition de reprise du site industriel.

Je vais lui passer la parole dans une seconde.

Je voudrais vous dire une chose importante.

Ce matin, j'ai eu au téléphone

le conseiller social de I'Élysée, de la présidence de la République.

Il m'a dit et il m'a certifié

que la proposition de M. Barral,

"ye reprends ses termes exacts,

était "archi-viable".

Voilà.

Cris de joie

...

- Juste vite fait,

je voulais vous avouer...

parce que j'ai un peu bu aussi...

Mais ça a été 3 mois très compliqués,

tout le monde le sait, tout le monde a sa famille...

C'est très fatigant au niveau familial,

au niveau de la lutte et tout ça.

Et je vous avouerai que j'ai voulu lâcher

souvent... - Non?

- Si. - Taisez-vous, oh !

- Putain, laissez-la parler !

- Voilà,

j'ai flanché à certains moments, j'y ai plus cru...

Et je voulais remercier Laurent, car dans ces moments-là,

il a été... Je vais pleurer.

Il a étéjuste... Applaudissements

- Bravo, Laurent!

Bravo, Laurent.

Pour Laurent, hip, hip, hip ! - HOURRA!

- Et pour Laurent, hip, hip, hip ! - HOURRA!

- Messieurs, il faudrait libérer la salle.

Je vous en prie,

merci.

Merci.

S'il vous plaît.

- Merci.

Bonjour à toutes et à tous.

Chacun connaît I'importance de ce jour.

Cette réunion est demandée depuis très longtemps.

Et nous sommes dans une situation que tous connaissent.

Nous avons 3 semaines avant la date finale des discussions.

Et je crois qu'il est très important qu'aujourd'hui,

nous puissions nous parler

etje le souhaite, déboucher.

C'est pourquoi, pour perdre le moins de temps possible,

je passe la parole à M. Peeters,

directeur administratif et financier du groupe Dimke.

Je vous en prie.

- Je m'exprime aujourd'hui au nom d'une personne,

M. Hauser,

qui est particulièrement, sincèrement, attaché à la qualité

d'un dialogue social, qui est, en Allemagne, une tradition.

Il est aujourd'hui devant vous et se réjouit que cette rencontre

ait pu avoir lieu.

Parce qu'il y a, me semble-t-il, une question essentielle, centrale,

une question peut-être qu'on se pose tous,

la question "Pourquoi ?".

Pourquoi cette fermeture,

qui peut paraître pour certains d'entre vous injuste,

voire pour d'autres

indécente ?

"Pourquoi?" La réponse à cette question

incontournable n'est pas dans mon dossier.

Elle n'est pas dans nos usines.

La réponse, elle est à I'extérieur de nos usines.

La réponse porte un nom, elle a un visage :

le marché à I'intérieur duquel je me bats, nous nous battons

tous les jours.

Ces décisions sont très difficiles à prendre.

Elles m'empêchent de dormir.

- Nous aussi, on dort mal.

- D'accord, restons sur votre exposé.

- Je le conçois, je pense que tout le monde dort mal.

Il me paraissait important de poser les questions sur la bonne échelle,

de me dire pourquoi,

avant de regarder ensemble dans la même direction,

pour des solutions d'avenir.

Je passe la parole à M. Hauser.

- Merci, M. Peeters.

Rebonjour, toutes et tous.

Je suis vraiment heureux d'être parmi vous.

Je suis heureux d'avoir I'opportunité de dialoguer avec vous.

Une petite chose que vous devez ignorer,

je suis très attaché à la France.

Ma mère est française. J'ai...

Dès que j'ai un peu de temps, je vais en Camargue où j'ai une maison

et j'entretiens des relations privilégiées

avec ce beau pays.

C'est d'ailleurs une des raisons

pour lesquelles je tenais à ce que le groupe Dimke,

dontj'ai la chance, I'honneur

et aussi la charge de présider,

investisse dans les 2 usines du groupe Perrin Industrie,

à savoir Montceau-les-Mines et Agen.

Enfin, cela étant dit,

en tant que chef d'entreprise, je dois avoir une vision globale des choses.

Et personne dans cette salle aujourd'hui

ne peut nier

que nous sommes confrontés à des graves difficultés,

une compétitivité qui fait vraiment défaut

dans le site d'Agen

qu'il faut et qu'il y a nécessité absolue de fermer.

- Si je peux me permettre, nous ne partageons pas cette analyse.

D'ailleurs, nous avons tenté en vain de vous faire entendre le message.

- Madame, ïentends ce que vous (mes.

Vous savez comme moi et tout le monde dans la salle

que la justice française n'a pas suivi les arguments

que vous avez développés avec les salariés dans cette affaire.

La fermeture du site d'Agen a été validée par la justice française

et vous êtes une femme de loi,

donc je suis confiant que vous respectez la loi.

- Certes, mais il s'agit

de dialogue social et il ne se fait pas devant les tribunaux.

Il se fait autour d'une table de réunion

entre la direction et les salariés.

Voilà. Et le dialogue social, sauf erreur,

les Allemands

y sont très attachés.

Ce que I'on voit, c'est que cette fermeture

définitive et brutale...

En îafl, dans ce cadre-b,

que cherche le groupe Dimke ?

Non pas à protéger ses salariés. Désolée, il ne cherche pas ça.

Mais à protéger les dividendes des actionnaires.

- Je me permets d'intervenir...

Ce que vous dites est une interprétation des chiffres.

Ça ne repose en rien sur des données objectives.

- J'entends vos points de vue, c'est intéressant.

Mais traitons le sujet, pour que tous en comprennent I'urgence.

D'autant plus que...

il y a un repreneur,

I'entreprise Alcam,

son président directeur général, M. Barral.

Et I'État soutient cette démarche courageuse,

mais une démarche raisonnée, étayée par qui ?

Par les experts de la Banque publique d'investissement.

Je crois qu'on se voit ici

dans une situation différente

et à partir de là, je me retourne du côté de I'entreprise,

quelles sont vos propositions ?

C'est I'objet de notre réunion.

- Nous avons analysé très attentivement

le projet d'Alcam.

C'est une certitude.

Effectivement, c'est une proposition étayée, très détaillée.

Néanmoins, nous considérons que I'approche stratégique d'Alcam

relève davantage de I'utopie

que d' un rèafisme... Chuchotements

- S'il vous plaît.

- Que d'un réalisme qui correspond aux exigences du marché aujourd'hui.

- Vous pouvez préciser ?

- Oui, bien entendu.

En réalité, la proposition de reprise faite par Alcam

ne comporte aucun élément sérieux permettant de garantir...

Laissez-moi terminer.

Permettant de garantir la viabilité du projet.

- Vous dites...

- Mais j'ai compris.

Le projet repose sur des hypothèses

économiques, financières et stratégiques erronées.

- Ça veut dire quoi?

Que Dïmke veut pas vendre 'a Ncam '? C'est ça que vous (mes '?

- C'est ce que vous dites ?

- Ce que je dis,

c'est que le projet aujourd'hui n'est intéressant pour personne.

Pourquoi il est inintéressant?

Parce qu'il repose sur... Il crée des illusions, en réalité.

- Vous trouvez plus intéressant pour un ouvrier

d'être au chômage que de travailler ? C'est ça ?

- Non, ce n'est pas la question.

- Si, la question, c'est ça. - Non.

- Gardez votre calme. - La question n'est pas là.

La vraie question, c'est : "Est-ce que la reprise est viable ?"

- Le sujet, c'est : les experts de I'État,

les experts de I'État pensent, et ils le disent,

que le projet est ultra-valable.

C'est pas nos experts qui nous diraient ce qu'on veut entendre.

C'est les experts de I'État qui disent qu'il est valable.

Donc même si M. Hauser, les Allemands pensent que le site n'est pas viable,

désolé, mais laissez au moins le soin à d'autres gens de penser le contraire

et d'amener une possibilité de sauver une région qui va crever.

C'est ça qu'on demande, c'est pour ça qu'on est là.

- Excusez-moi. On se place du point de vue

du droit.

Et le droit, la loi française, impose une exigence au groupe,

c'est de chercher un repreneur, c'est vrai.

Mais la loi française,

elle n'impose pas au groupe Dimke de vendre à celui qui veut acheter.

La seule obligation du groupe Dimke, c'est de chercher un repreneur

et c'est au groupe Dimke d'apprécier le projet industriel,

dans I'intérêt des actionnaires et des salariés.

- Pourquoi Dimke

ne veut pas vendre à Alcam ?

Car si le projet marche, qu'est-ce qui va se passer ?

Ils auront un concurrent direct sur le marché.

Et c'est ce qu'ils ne veulent pas.

- C'est votre analyse. Avec ma consœur, nous en avons une autre.

- Non, j'aimerais bien que M. Hauser,

qui est là, qu'il dise

qu'il ne veut pas vendre parce que si le projet marche,

il a un concurrent direct.

Je veux I'entendre.

- Gardons une certaine tenue,

- En quoi...

Non, mais y a pas...

La discussion a de la tenue. Elle en a.

Juste, je voudrais entendre M. Hauser, de sa bouche, nous dire

la vraie raison de pourquoi vous ne voulez pas vendre.

Vous voulez que je la donne, la raison ?

- Et moi?

Vous voulez pas vendre

parce que vous vous en foutez de nos emplois.

L'important, c'est votre bilan, vos actionnaires

et c'est vous en foutre encore plus dans les poches.

- Attention à ne pas glisser

dans I'insulte personnelle.

- Et du reste...

- J'ai pas insulté. ♪ ai pas dit de gros mot.

- Nous avons répondu aux autres sujets.

- S'il vous plaît, M. Hauser.

M. Amédéo ne vous a pas insulté.

Ce qu'il vous dit, c'est la réalité des faits.

En Angleterre, en Espagne, même en Allemagne,

3 usines bénéficiaires

ont fermé en 8 ans.

Et pendant ce temps-là, on a vu

le cours de I'action du groupe progresser de 38 %.

- Et vous savez que ce que je dis est vrai.

Sinon, vous auriez aucune raison de ne pas vendre.

Vous avez une raison de pas vendre ?

- M. Amédéo, vous faites des stratégies d'entreprise,

vous seriez un excellent chef d'entreprise.

- Oui, d'accord, alors si on fait de I'ironie...

Je fais pas le malin. Je fais pas le malin.

Ce que j'ai de mieux que vous, c'est des salariés,

des centaines avec moi, qui me soutiennent

et me font confiance pour les défendre.

♪ ai ça, moi. Pas vous.

- Il n'est pas seulement question

de centaines de salariés,

il est question de 140000 salariés du groupe Dimke dans le monde

don't j'ai la responsabilité.

Dont vous vous foutez !

Je vous parle de centaines que vous allez faire crever !

Voilà de quoi je parle !

- Refuser de voir la réalité de ce marché

revient en fait à vouloir un autre monde,

vivre dans un autre monde.

Ne m'en voulez pas, mais pour ma part,

je vis dans le monde qui nous entoure...

- Etj'applique les règles de ce monde.

Laissez-moi finir.

- Dans votre tour de cristal,

on vous a peut-être pas dit pourquoi on est là.

Je vais le faire, on vous a pas dit.

Vous croyez qu'on vient pour I'argent ?

On en a rien à foutre !

On veut des boulots, garder notre boulot.

Vous, vous avez votre boulot ? Vous I'avez ?

Vous, vous I'avez aussi ? Luiaussi?

Vous aimez le faire, votre travail ? Ça vous plaît ?

On veut pareil, se lever pour travailler !

C'est tout ce qu'on demande ! Surtout quand I'usine est rentable.

Je vous insulte ? ♪ ai dit un gros mot?

*- Y a pas de repreneurs, ils veulent rien vendre.

Ils nous I'ont mis à I'envers, depuis le début.

*- Des salariés révoltés contre leur direction

mais aussi contre la plupart des syndicats de I'entreprise

qui viennent d'accepter

les dernières propositions de primes supra-légales.

Conséquences :

les 1100 postes de I'entreprise seront bien supprimés.

Le P.D.G. est alors pris à partie dès la sortie de la réunion.

Les salariés furieux multiplient les injures.

Certains tentent de le frapper au visage.

Protestations

Une fois dehors, agrippé à son garde du corps,

il est projeté dans sa voiture au milieu d'un déchaînement de violence.

Cris, coups,

autour du véhicule, près d'une centaine de salariés de Perrin Industrie.

...

Portières bloquées, coups de pieds

et jets d'ordures sur le parebrise.

Jusqu'à retourner la berline.

...

Aussitôt, les coups de pieds reprennent sans retenue

alors que le dirigeant, son chauffeur et deux gardes du corps

sont encore à I'intérieur.

Il faut I'inteNention de plusieurs agents de sécurité,

aidés par quelques syndicalistes,

pour extraire Martin Hauser.

Visiblement blessé, le visage en sang, et sonné.

Il met de longues secondes à se relever.

Des scènes violentes qui choquentjusqu'au sommet de I'État.

*- Nous comprenons le désespoir et la colère des salariés,

mais nous n'acceptons pas la violence et les agressions.

C'est la raison pour laquelle le président et le ministre

se retirent de toutes les négociations

et de toutes les discussions.

*- Fermeté aussi de la direction de Dimke.

13 salariés participant à ces violences sont déjà renvoyés,

sans indemnités de licenciement.

L'entreprise écarte désormais toute discussion

pour améliorer le plan social.

- On est vraiment dans la merde.

On est vraiment dans la merde.

Si on est dans la merde, c'est parce qu'une poignée d'abrutis,

faut bien les appeler comme ils sont, des connards,

ont décidé de jouer les jusqu'au-boutistes.

Alors que nous, avec Bruno, avec Cédric,

ça fait des semaines

qu'on dit que la direction va pas bouger d'un poil,

mais eux, ils ont continué, droit dans le mur,

avec leurs idées.

Résultat, tout ça, c'est leur faute.

C'est avant tout

la responsabilité de Laurent.

Je suis désolé. Contestations

C'est avant tout sa responsabilité.

Ça fait des semaines qu'il envoie les gens dans le mur.

Des semaines qu'il chauffe ses gars.

Faut pas s'étonner.

Faut pas s'étonner du résultat.

- Ceux qui vont se faire virer, vous pouvez dire merci aux copains.

Vous allez partir mais avec zéro !

C'est pas avec un chèque de 25000, c'est avec zéro que vous partirez.

Pire encore ! Pire !

S'il maintient sa plainte, c'est la prison qui vous attend.

- On aurait pu partir avec 30000, voire 40000.

On va tous se retrouver à 25000 balles à cause de leurs conneries.

À cause de vos conneries, à cause de tes conneries.

- Déxà, vous vous détendez. D' accord '?

On est pas comme vous.

On a pas besoin d'un gars pour nous dire quoi faire.

On a nos convictions.

Vous arrêtez. Laurent ne nous a jamais demandé quoi que ce soit.

Détends-toi ! Détends-toi !

- Arrête tes conneries ! - Non, j'arrête pas.

- Il monte le bourrichon à tout le monde.

- Oh!Oh!

Laurent défend tout le monde depuis le début.

Les intérêts de tout le monde !

- Les tiens, les miens, les vôtres.

- C'est tes intérêts d'être licencié pour faute lourde ?

- Ça n'a rien à voir!

- Qu'est-ce que vous en avez à foutre ?

Tout ce qui vous importe, c'est votre putain de chèque.

- Les images tournent en boucle, comprenez ça.

- Avec ce qui a été fait, tout le monde est dans la merde.

- On est tous dans la merde ?

- Vous, nous, tout le monde.

- Vos potes aussi !

- Vos potes aussi !

Vous avez vu les images ? Ça tourne en boucle sur internet.

À la télé, dans les journaux, ça tourne en boucle.

Ça tourne en boucle !

Vous croyez que la direction va négocier ? Dans cette situation ?

C'est fini ! Cédric I'a dit.

On aurait pu arracher 40000 euros.

40000 euros !

On va repartir avec des miettes.

Ils nous avaient fait le tour au MEDEF.

Avec ce qui s'est passé là, c'est terminé.

- Vous étiez contents quand Laurent a amené tout le monde à I'Élysée !

- On parle pas de ça ! - C'est pas la question !

- Qu'est-ce qu'on va faire avec ces images ?

Avec ces images, on fait quoi ?

On fait quoi ?

- On parle de ce qui vient de se passer.

De ce qui s'est passé maintenant !

- Quand on se couche devant la direction, y a pas de souci.

On prend pas trop de risques !

- T'es une vraie connasse, ça m'énerve !

- Je t'emmerde, va te faire foutre !

- Tu passes ton temps à la ramener !

- Parce qu'on a raison !

- Tu commences vraiment à me gonfler.

Tu fermes ta gueule un peu... Protestations

Chaque fois, c'est la même chose !

T'as toujours les mêmes réflexions !

Toi, tu me lâches aussi !

- Sébastien ! Sébastien !

- STOP ! STOP !

- Tu veux qu'on passe pour des abrutis !

Tu veux qu'on passe pour des abrutis !

- Arrête ! Arrête !

...

Arrête !

- Retire ce que t'as dit ! Retire ce que t'as dit !

- Arrête !

- Tu fermes ta gueule ! - Arrête !

- C'est bon ! Stop !

- T'as pas eu assez d'idées lumineuses comme ça ?

- Stop I

- Je voudrais parler une seconde !

Je voudrais parler.

- Arrêtez, maintenant.

- Je voudrais parler une seconde.

- Laissez-le parler.

- J'ai à dire, ça fait 10 minutes qu'on parle de moi.

Je vais pas me laisser traîner dans la boue.

Je demande de pouvoir répondre.

- Laissez Laurent répondre ! - Écoutez.

- On laisse Laurent parler et après, qu'il se casse !

- Ça a I'avantage d'être clair.

Je vais parler et après, je me casse.

Je vais pas être long... Protestations

On demande {e sifence.

Je vais pas être long.

Aucun d'entre nous,

évidemment, aucun d'entre nous,

avait envie d'aller à cette réunion et que ça dégénère.

Personne. Ni moi, ni Mélanie, ni Teddy,

ni Seb, personne. Et Michel, non plus. Personne.

- Tu vas pas nous faire la victime !

- Je joue pas les victimes.

- Le mieux, ce serait que tu fermes ta gueule !

Cohue - Je joue pas les victimes.

Arrête de donner des leçons, Gilles.

T'es du genre à dire blanc devant et noir derrière.

Arrête de donner des leçons.

Cohue généraie

- Nous aussi, on vous encule !

- Ça me fait plaisir que tu m'encules.

- T'as pas été aussi fort devant les patrons et les flics.

- Oh, c'est bon !

Cohue - Personne n'avait I'intention...

que ça dégénère.

On est partis archi-confiants.

Tout le monde le sait très bien.

On s'est pas levés le matin en voulant que ça se passe comme ça.

Et ça a dérapé.

- Ouais, ça a dérapé, ouais.

C'est plus qu'un dérapage. Redescends.

- Si on était restés unis, ce serait pas arrivé.

- C'est notre faute ?

- Arrête !

- C'est notre faute ? D'accord, c'est notre faute !

- Sois tranquille, je prends toute la faute pour moi.

Je voudrais dire juste une chose...

- Ça sert à quoi? - Une chose !

À tous ceux qui ont discuté du chèque avec la direction,

on s'était promis qu'on resterait unis,

qu'on empêcherait la fermeture de cette usine.

On I'avait dit, et qu'on conservait notre boulot.

Je vais vous dire quelque chose.

Les mecs en face,

ils sont pas toujours d'accord, comme nous.

Ils se disputent, des fois.

Mais eux, quand il s'agit de défendre leurs intérêts,

ils sont comme ça, ils sont liés.

Ils se lâchent pas la main, ils défendent leur pognon.

Ils savent le défendre.

Vous voulez que je vous dise ?

Avec des types comme vous en face, ils sont tranquilles.

Et pendant très longtemps. Agitation

Huées

...

Musique mélancolique

Musique mélancolique

...

Ça va, ma chérie ?

Exciamation de surprise

Exciamation d'admiration

(' Ça va ?) (' Ça va ?)

(Ça va ?) (- Oui.)

...

(- C'est papy)

(- Je mets ça là. Tiens.)

(Bonjour)

(Bonjour)

(Bonjour)

Ça fait quelque chose de savoir que ça sort de toi.

Rires discrets

- Tu veux le prendre ? - Oui.

- Tu vas voir papy.

Allez. - Attends.

(- Tiens.)

Voilà. - Oh...

Mais c'est trop mignon.

- Ouais, il est très mignon.

- Il te ressemble.

- C'est ce qu'on disait, il ressemble beaucoup à Emma.

...

Tintement de bris de verre

...

Musique palpitante

...

* Protestations de Laurent

I /

...

Musique mélancolique

...

*- Il était la figure emblématique

du combat des salariés de Perrin Industrie.

Ce matin, Laurent Amédéo a mis fin à ses jours.

Il s'est immolé par le feu dans un lieu très symbolique,

devant le siège du groupe Dimke, en Allemagne.

Une mort violente

sur laquelle la direction allemande refuse de s'exprimer.

Le groupe {an nêanmoms un gesïe.

Il renonce au renvoi pour faute lourde des 13 salariés

poursuivis après les incidents de la semaine dernière.

Il annonce également la reprise des négociations avec les syndicats.

Musique triste

...

...

Musique calme

...

Sous-titrage : H IVENTY

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