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Qu'y a-t-il ?
Allez, crache le morceau.
Depuis que t'es assise, tu fais ton petit numéro.
- Laissez-moi. - T'es pressée ?
- Laissez-moi ou... - Ou quoi ?
Je me jette par terre sur le pop-corn.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Je croyais avoir tout vu en matière de mendicité.
Tu es journaliste et tu cherches un sujet ?
Si c'est le cas. je peux te tuyauter sur ces pigeons.
Lui, là,
c'est Oliver Twist. Il en redemande toujours.
Et le petit, là...
Attends. Tu as vraiment faim ?
- Je n'ai pas mangé depuis 2 jours. - Pourquoi ?
Je n’ai pas d'argent.
Les pigeons non plus, mais ils mangent.
J'aimerais être un pigeon, on leur jette des miettes.
Si t'étais aussi futée, t'aurais pas faim.
Viens, on va manger.
Tu dévores, pour un petit gabarit.
T'avais vraiment faim.
Ne va pas croire que j’ai gobé tes salades.
Aucune femme ne peut mourir de faim.
- Pourquoi pas ? - Parce que sont des femmes.
Avez-vous déjà été au chômage pendant un an ?
J'ai jamais eu de travail.
Les femmes peuvent éviter le chômage.
T'y as déjà pensé ?
Oui.
Et ?
Je n'ai pas pu.
Le fleuve, ça serait mieux ?
Ça aussi, j'y ai pensé.
J'y suis allée cet après-midi, mais...
j’ai eu peur.
Où tu iras si tu as peur de tout ?
Nulle part, j'imagine.
Vous ne mangez pas.
Non, j’ai pas faim.
Vous avez déjà eu faim ?
Personne n'a à avoir faim.
C'est facile à dire, vous êtes riche.
- Appelez le directeur. - Un problème ?
Non, tout-va bien. Je veux juste lui parler.
Bien, monsieur.
Tu devrais pas sauter de repas.
Je n'ai jamais aussi bien mangé. Je me sens mieux.
Et ça te réussit.
Si tu t'étoffais un peu plus,
tu serais pas mal.
Tu vois une femme doit sortir
On ne choisit pas comme on est.
Pourquoi ?
Vous désirez me voir ?
Asseyez-vous.
Vous saviez que notre pays comptait 12 millions de chômeurs ?
Et beaucoup meurent de faim.
Prenez cette jeune femme.
Il y a une heure,
elle mourait de faim, alors je l'ai emmenée ici.
Elle dit qu'elle a jamais aussi bien mangé.
Heureux de l'entendre.
Merci.
Le plus drôle, c'est qu'elle a pas un sou.
Et moi non plus.
Alors c’est vous qui régalez.
Alors...
Il y a plusieurs solutions.
Vous pouvez appeler les flics et on ira en taule.
On sera nourris par l’État pendant 30 jours minimum.
Plus on sera nourris, plus vous paierez d'impôts.
- Est-ce que... - J'ai pas fini.
Ce restaurant
jette en une semaine de quoi nourrir mille personne.
Alors vous pouvez régaler de temps-en temps.
J'ai tort ? Voilà ce que je vais faire.
Je vais demander à vos clients, ici même.
si vous avez raison de laisser des gens mourir de faim.
S'ils disent oui, je reconnaîtrai mes torts.
Mesdames et messieurs.
Selon les journaux, les banques regorgent d'or.
Les greniers débordent de blé.
Pourtant, il y a 12 millions de chômeurs.
Débarrassez le plancher.
On se calme, vous voulez ?
L'affaire est close.
Allez, viens... Bidule.
Rien ne vaut une promenade après dîner.
Où est-ce que tu habites ? Je te ramène chez toi.
Je n'ai pas de chez-moi.
Attends une minute. T'as rien, alors.
Où voulais-tu passer la nuit ?
- Aucune idée - T'as un sac ?
Faut que tu t'en trouves un.
Tu vas à l'hôtel et tu paies pas la note.
- Et après ? - Tu enchaînes les hôtels.
- Je peux pas faire ça. - Pourquoi ?
J'aurais peur. Vous enchaînez les hôtels, vous ?
Non, j'ai pas besoin d'aller à l'hôtel.
- Que faites-vous dans la vie ? - Je vis.
Ferme les yeux.
Allez.
Ouvre-les.
Café Gilsey
Joli, non ?
- Oui. - Je trouve aussi.
Pour 2 $, je dois aller et venir et faire clignoter.
C'est votre métier ?
Non, je remplace un ami pendant son soir de congé.
- Vous devez aller et venir ? - C'est tout.
Je peux vous accompagner ?
Oui, c'est un pays libre.
Il faut que je te trouve un endroit où dormir.
Comment tu t'appelles ?
Trina.
- Et vous ? - Bill.
On y est. Vagabond-ville. Une communauté en expansion.
Il y a plus de chômeurs ici que n'importe où ailleurs.
La ville nous a cédé le terrain.
Un de ces jours, j'écrirai sur cet endroit.
Ça te plaît ?
C'est sensass.
J'ignorais que cet endroit existait.
On tient à notre intimité.
Pas de loyer, pas d'impôts. Eau courante dans le fleuve.
Et le voisinage est calme selon le point de vue.
Tu entends ? J'aime entendre siffler les trains.
Ils rappellent d'autres endroits. T'aimes pas ?
Ça fait peur.
"Hors de mon chemin, j'arrive !" Voilà ce qu'ils disent.
Comme une invitation au voyage.
Allez, viens.
- Salut, Frank - Bonsoir, Bill.
Où est votre maison ?
Je dors à la belle étoile.
Et quand il pleut, je peux dormir chez qui je veux.
- Ils sont sympas. - Y a pas mieux.
Les miséreux, eux, sont humains.
On s'entend bien, on est une grande famille.
Allez, du balai !
J'ai pas de quoi te payer.
Je récupérerai mon argent.
Tu veux m'attaquer ?
Je me suis jamais laissé faire.
Je paierai.
T'as déjà eu l'argent, mais tu veux pas me rembourser.
Sale rat !
Dégage avant que je t'en foute une.
Arrête. Que se passe-t-il ?
Tu m'imagines jouer le mari
T'as entendu comment elle me parle ?
Qu'y a-t-il Flossie ?
Il me doit de l'argent.
Des cacahuètes,
Elle m'a mis sur la paille.
- Et si je paye pas... - Tu dois payer !
J’ai pas de quoi la payer.
J’ai eu ma paye, ce soir.
Tiens, Flossie.
Allez, file.
T'es mon débiteur.
T'aurais pas dû la payer.
Elle va tout dépenser à boire.
C'est son affaire. Tu me dois 2 $.
C'est des chamailleries Au fond, ils s'adorent.
Je voulais demander à Flossie de t'héberger ce soir.
Mais si elle boit, elle sera invivable
- Je dormirai dehors. - Il faut de l'entraînement
J'ai une idée. Suis-moi.
Quelles nouvelles, Ira ?
"Quand il vit la foule, il monta sur la montagne.
"Ses disciples s'approchèrent de lui et il leur enseigna :
"Heureux les pauvres en esprit
"car le royaume des cieux est à eux."
Voilà la bonne nouvelle.
C'est la Bible que j'ai piquée à l'hôtel.
La bonne parole est gratuite.
J'aimerais que tu la lises, William.
Je l'ai lue. Je l'ai parcourue, un soir.
C'est répétitif, mais c'est pas mal
je te présente Bidule.
L'ex-pasteur est veilleur de nuit.
- Comment allez-vous ? - Bien, merci
Sauf qu’elle a nulle part où dormir.
Elle pourrait passer la nuit ici.
Bienvenue.
- Tu pars quand ? - 23h30.
Elle viendra à minuit.
Merci, du fond du cœur.
Mais non. Allez, viens
J'aime dormir sur cette péniche, à l'air.
Comme ça. vous êtes bercé par l'eau. Un peu comme un berceau.
Regardez les bateaux à voiles, là-bas.
Ils ont l'air si paisibles.
Ils sont là depuis des années, à pourrir.
Voilà ce qui arrive quand on se pose.
C'est reposant.
Les cimetières aussi sont reposants.
Où êtes-vous ?
Où ça ?
Ici.
Que faites-vous ?
Je me dévêts.
Pourquoi ?
Elle est bonne. Viens.
Je n'ai pas de maillot de bain.
Tu veux que je te jette toute habillée ?
- On fait la course. - Jusqu'où ?
- Jusqu'à la lune - D'accord.
D'où te vient ton énergie ? Dès que je te vois, tu bosses.
Bill est exigeant. Il veut que tout soit propre.
C'est l'homme le plus propre du monde.
Un jour, il m’achètera une machine à laver.
Mais la priorité, c’est le fourneau.
Et le vôtre ?
Pas idéal, pour le ragoût.
Avec, un vrai, je cuisinerai mieux. Il va m'en acheter un.
- Quand ? - Des qu'il aura de l'argent.
Depuis quand un va-nu-pieds a de l’argent ?
C'est quoi ?
Un gars qui tient pas en place, sauf derrière les barreaux.
Ce n'est pas un va-nu-pieds Il peut gagner de l'argent.
Il a de la personnalité, il est différent.
Alors pourquoi tu vis dans ce taudis ?
Comment peux-tu dire ça ? Pour moi, ce n'est pas un taudis.
C'est plutôt...
Comment s'appelle l'endroit où le piéton ne craint rien ?
Un refuge.
Un refuge. Exactement.
Pour moi, cet endroit est un refuge.
Un peu comme une clairière dans la forêt.
où tout est calme, tranquille et paisible.
La seule chose que je déteste, c'est les trams qui sifflent.
Ils t'empoisonnent l'existence.
C'est quoi ?
Une idée de Bill.
Il ne peut pas dormir avec un toit sur la tête
C'est très bien pour lui.
Et pour toi ?
Un de ces jours, tu attraperas un rhume.
Moi, j’en ai un depuis que je suis ici.
T'aurais rien contre le rhume, par hasard ?
Un peu de scotch ou de bourbon ?
- Ou un peu de gin ? - Non.
Il te donne quoi ?
Il me donne tout. Tout ce qu'on peut désirer.
Sauf le fourneau.
5 $ comptant et 2 $ par mois
Pourquoi t'es sortie ?
J'admirais le fourneau. Celui-là.
Il est beau, hein ? Il ne coûte que 5 $.
Enfin, 5 $ comptant et 2 $ par mois pendant 12 mois, sans intérêts.
Sans intérêts, ça me va. Je veux pas acheter à tempérament.
Dans un an, il sera à nous.
Tu crois que je serai encore là ?
Je reste jamais dans une ville plus de 30 jours.
C'est un fourneau magnifique.
Oublie.
On peut prendre plus petit. 2 $ comptant et 1 $ par mois.
Oublie.
On mange quoi, ce soir ?
Du ragoût.
C'est une blague ?
Rentre.
Bill...
Rentre à la maison.
Bragg !
Je te cherchais Et mes 2 $ ?
Ça fait qu'une semaine...
Je suis pas Flossie, on me fait pas attendre.
Te faire attendre ?
Je bosse dur pour te rembourser D'ailleurs, je bosse, là.
On dirait pas. Tu fais quoi ?
Je notifie une assignation. Enfin, j'essaie.
D'habitude, c'est 2 $ Mais vu la difficulté, c'est 10 $.
Fais-le et encaisse.
A ton avis, qu'est-ce que je fais depuis 3 jours ?
C'est pour une chanteuse, on peut pas l'approcher.
- Comment ça ? - Elle a un garde du corps.
Tu dois faire quoi ?
Remettre l'assignation en mains propres.
Montre.
On te donne 10 $ pour filer ça ?
- En liquide. - Et tu le fais pas ?
Je suis le 3e qui essaie, cette semaine.
10 $ ?
Si je le fais à ta place, tu partages ?
On peut pas l'approcher. Elle est entourée de gorilles.
Tu partages ?
Oui, mais on peut pas l'approcher.
Fay La Rue et ses jazbos
C'est super, sensass. extra
L'inattendu est toujours du meilleur effet
Alors essaie de comprendre
Et arrête de faire des promesses, chéri
Fais-moi une grosse surprise
Fais ce que dit ta mère, chéri
Embrasse-moi et ensuite, embrasse-moi
De nouveau
L'amour que tu me donnes
Me comble de bonheur
J'ai l'habitude d'être dorlotée
Mais quand tu le fais
Surprise
Approche, chéri
Dis-moi ce que j'ai envie d'entendre
Tu ne me feras jamais plus plaisir
Qu'en me disant tous ces pieux mensonges
Ô chéri
Tu me laisses imaginer des choses
Je t'en prie, laisse-moi fermer les yeux
Et quand je les ouvrirai, je pourrai m'écrier
Surprise !
Surprise !
Surprise.
- Qu'est-ce ? - Une assignation.
Et j'ai des témoins.
Joli petit numéro, ma belle.
Où vous allez ?
- Acheter un fourneau. - Un brancard, plutôt
Surprise.
C'est quoi ?
Ira me l'a donnée pour la lire quand j'aurai le temps.
Il y a un passage intéressant
J'aimerais avoir un fourneau.
Là. Le cantique des cantiques.
Écoute.
Ses joues sont comme un parterre d'aromates.
C'est dur de cuisiner avec ce feu.
Ses lèvres sont des lis, D'où découle la myrrhe.
Impossible d'avoir la bonne température.
Que tu es belle et agréable, au milieu des délices!
Tu fais pas assez femme pour moi.
Le ragoût va être bon.
Regarde-toi.
Maigre comme un clou.
J’ai mis les patates trop tôt.
J'aimerais avoir une femme. Une femme avec des formes.
Oui. c'est ça. J'ai mis les patates trop tôt.
Qui veut d'un tas d'os ? Voilà ce que t’es.
- Tu le sais ? - Oui. mais je suis jeune
- Ça fait aucune différence. - Peut-être que si.
Je finirai par grossir.
T'auras jamais l'air d'une femme. T'es pas née comme ça.
Peu importe, tu es bon avec moi.
C'est faux, te mets pas ça dans le crâne.
Si on est trop bon, elles en profitent.
T'as intérêt à oublier ça ou je te donne une correction.
Rien ne vaut une bonne correction.
Approche.
Qu'as-tu au front ?
T'occupe pas de mon front.
Petit bidule.
Vous, les pépées, vous imaginez des trucs.
Retourne à tes fourneaux.
Si le ragoût est brûlé, je te le jette à la figure.
Vous voulez le casser ?
Non, on regardait, c'est tout.
Hé, idiote.
Restaurant Gotham On en fait qu'une bouchée.
A mon pote Joey
Salut, petit.
Ou t'étais passé, l’Échassier ? Je te croyais mort.
- Où jouent les Yanks ? - A Chicago.
Tu voulais que Babe Ruth te dédicace une balle, hein ?
Je lui ai demandé de le faire.
Et il a accepté ?
Ferme les yeux.
Fais pas le malin, ferme-les.
Ouvre-les.
Ça alors ! Merci, l’Échassier.
Merci.
J'ai dû aller jusqu'à Chicago pour voir Babe.
En train ?
Oui, j'ai voyagé sur le système de freinage.
Il a écrit ça lui-même ?
Bien sûr, en personne.
Merci, l’Échassier
- C'est bon ? - Oui.
Parfait.
Vous ici ?
Salut.
Eh bien, mon grand, vous avez une assignation pour moi ?
Pas aujourd'hui.
J'ai appelé l’avocat pour revoir celui qui m’avait remis les papiers.
Il m'a envoyé un certain Bragg
Il vous a fait la commission ?
- Vous n'êtes pas venu. - J'étais occupé.
A monter sur des échasses ? A quoi ça rime, tout ça ?
Je vais vous expliquer.
Une amie a acheté un fourneau à crédit il y a un mois.
Aujourd'hui, on est le 1er.
Je gagne 1 $ de l'heure pour ce boulot.
Et il m'en faut 2. Je continue de raconter ma vie ?
Avec grand plaisir.
Que faites-vous plus tard ?
Ce qui me plaira.
J'occupe la suite 1242 au Towers.
Le numéro est sur la porte.
Où est Bill ?
Sorti.
- Où ? - Je l'ignore.
T'as un drôle de bonhomme.
Il me convient.
Et toi, tu lui conviens ?
On dirait pas, vu qu'il arrête pas de dire que t'es maigre
- Je suis maigre - C'est pas vrai.
T'es mince, mais pas maigre.
Je sais de quoi je parle.
Je me souviens du soir où tu es arrivée.
Je t'ai regardé de mon coin.
Vaut mieux pas que Bill le sache.
Ça pourrait l'énerver. Il risquerait de te casser en deux.
Il le fera pas, il est trop occupé.
A quoi faire ?
Je sais juste qu'une actrice blonde le cherchait.
Et alors ?
Il peut voir d'autres femmes ?
Il peut en voir quarante, il est avec moi.
D'ailleurs, je te crois pas. Bill m'en aurait parlé.
S'il t'en parle, tu sais où me trouver.
Même s'il restait que toi sur terre, je serais jamais-avec toi.
Sensass, ça me donne un but. Chaque homme est différent.
Moi, ma devise, c'est de prendre mon temps.
Je ne t'écoute plus.
T'es pas maigre.
Juste mince. Avec de douces courbes.
Fous le camps Bragg. Et ne reviens plus.
Très bien.
Je suis pas pressé.
En me remettant cette assignation,
vous m'embarquez dans un procès pour détournement d'affection.
Pourquoi vous détournez de l'affection ?
Un bienfaiteur m'a financée, il fallait bien une compensation.
Je dois vous financer ?
Vous n’êtes pas bienfaiteur.
Pourquoi je suis là ?
Pour faire connaissance.
Vous avez ridiculisé les lavettes qui devaient me protéger.
Des minus.
Je les ai congédiés. Je cherche un autre garde du corps.
Vous êtes du genre à vous débrouiller seule.
C'est vrai.
Il va pleuvoir et il n'y a que 5 spectacles.
N'ayez pas-peur de moi, je ne cache rien.
J’ai déjà tout vu.
- Quel âge avez-vous ? - L'âge de la lucidité.
Je ne serai peut-être plus ici quand le procès s'ouvrira.
Je serai à Londres.
Londres ? Autant rester ici. Vous êtes déjà allée en Italie ?
- Non, et vous ? - Je vais y aller.
C'est l'endroit rêvé, on navigue et on joue de la guitare.
Un jour, j'ai rencontré une Italienne.
Elle savait y faire.
Depuis, je rêve d'aller en Italie. Le pays idéal pour un homme.
Vous devez vous y connaître, en femmes.
Je sais juste une chose.
- Laquelle ? - C'est des femelles.
- C'est un compliment ? - Un fait.
Tu es un drôle d'hurluberlu. Je t'aime de plus en plus.
Tu me fais de l'effet.
Tu as peur que je te fasse de la peine ?
Tu es un drôle de Lou stique.
Sans blague.
Je vais réchauffé ton dîner.
J’ai déjà mangé.
Il a fait chaud aujourd'hui.
Pourquoi tu gueules pas parce que je rentre tard ?
Tu as le droit de rentrer tard.
J'aurais dû appeler.
On n'a pas le téléphone.
Je dois m'excuser de rentrer tard ?
Écoute.
Tu n'as pas à me faire d'excuses. Tu fais ce que tu veux.
- Et comment ! - Évidemment.
Tu as payé la traite ?
Voilà le reçu.
C'est facile, tu vois. Dans 9 mois, le fourneau est à nous.
Tu dois être fatigué.
Allez, allonge-toi.
Espèce d'empoté.
J'avais un truc dans l'œil.
T'as pas la tête au jeu, tu regardes les trains.
Écoute. Red. je...
T'as changé, ces derniers temps. Tu nous fais perdre.
J'ai une 2e chance ?
Non, donne-moi ton gant. Va-t'en.
Slats.
- Écoute... - Allez, dégage.
Venez, les gars.
Ça va. Ira ?
Pas mal.
Saleté de chiendent, ça repousse trop vite.
Tout est en train de crever.
Faut leur laisser le temps de pousser.
Y a rien qui presse.
C’est quoi, cette fleur fatiguée ?
Celle-là ? C'est un zinnia.
C'est que des zinnias.
Combien t'en veux ?
Rien. Je veux pas vendre.
Je te donne 10 cents.
Je préfère les garder.
Je vais attendre qu'elles s'étoffent un peu.
Après, tu pourras les avoir.
A plus tard, Ira.
Tu sais, les voisins vont jaser.
Qu'ils jasent.
Plus elle passera du temps ici, moins elle s'attirera d'ennuis.
Et le vin de pissenlit que tu fais ?
Plus elle boira du vin de pissenlit,
moins elle boira de gin.
Pourquoi tu voudrais qu'elle change ?
Une hache devient pas un canif.
Ça me semble sot.
"Dieu a choisi les choses sottes du monde
"pour faire honte aux hommes sages.
"Et il a choisi les choses faibles du monde
"pour faire honte aux choses fortes."
C'est dans la Bible que tu m'as donnée.
Corinthiens, 1 26.
Attends, je vais te montrer.
Arrête de chanter.
Pourquoi tu chantes ?
J'y peux rien si je suis heureuse.
- Qu'est-ce qui te rend heureuse ? - Tout.
Tout... C'est Bill. Tu l'as dans la peau, hein ?
Il est bon avec moi.
Il s'est pas encore lassé.
Mais ça viendra.
Au premier faux pas, tu prendras la porte. La porte.
T'as devant toi une femme qui sait de quoi elle parle.
Crois-moi.
Ça ne sera pas pareil avec moi.
Tu connais pas les hommes. Tu verras...
Si Bill se lasse de moi, je...
S'il se lasse...
Ça arrivera pas.
Y a pas de salut. C'est des conneries !
C'est les boss avec leurs argent qui donnent du travail.
Pourquoi ?
Pour qu'on reste sous leur contrôle !
Pourquoi certains ont tout et nous rien ?
Peut-être qu'ils sont plus malins que nous.
Plus malin ? Ils ont juste les bons atouts.
Ils ont leurs connections.
Ils nous disent de chercher du travail.
Quel travail ?
Il n'y en a pas.
Regardez-moi. Je suis toujours vaillant.
Un des meilleurs emballeur de jouet.
C'est quoi un emballeur de jouet ?
J'emballe et j'expédie des jouets.
Je suis le meilleur du métier.
J'ai travaillé pour Star & Lee où Arrow travaille.
Demandez-lui.
2 ans et ils m'ont viré.
Que croyez-vous ? Il faut faire du chiffre à Wall Street.
Ils m'ont viré sans préavis.
Tu verras un jour.
Pourquoi faire ?
Surtout quand il y a tant d'occasions pour une fille à se faire remarquer.
Comment ça ?
Tu es jeune et jolie. Bien roulée.
Non. Je suis pas bien roulée.
Je suis trop maigre.
- Qui dis ça ? - Bill.
Bien sûr... N'espère jamais qu'un homme dise du bien de toi.
Ils ont peur que tu partes parce que tu es trop bien pour eux.
Tu es plutôt bien roulée.
Presque aussi belle que moi à ton âge.
C'est la vie...
... et voilà.
Tout ce que tu as à faire, c'est...
Tu peux les mater !
Et pourtant...
Je suis une vieille peau maintenant.
J'étais comme toi avant.
Ne deviens pas comme moi.
Ne crois pas ce que j'ai dit.
Je meurs de faim. Et ils exploitent toujours les ouvriers.
Jusqu'au sang. C'est de l'esclavage.
Je vous le dis !...
Ne fais jamais de discours à l'heure de la soupe, Bragg.
Ouais, t'as raison.
Si ils avaient un cerveau à la place du ventre,
Ce serait différent. J'en ai marre.
- Je partirai d'ici quand j'aurais de l'argent. - Jamais.
Tu crois ça ?
Je t’ai donné 50 % pour l'assignation, pas vrai ?
Ça te dirait, 50 % d'un autre boulot ?
Ta part serait de 5 000 $ au lieu de 5.
Quel boulot ?
A l'usine de jouets, ils m'ont viré.
Mais ils ont gardé Ira qui pionce tout le temps.
Ils m'ont ôté le pain de la bouche, alors ils vont payer.
Ils ont un truc en ferraille qu'on appelle coffre-fort.
Je connais l'usine comme ma poche.
Le vendredi, ils ont 10 000 $ jusqu'au samedi midi.
Ça serait fastoche de faire ça à deux.
5 000 $ par tête de pipe Qu'est-ce que t'en dis ?
Pourquoi j'aurais besoin de 5 000 $ ?
Et si j’en avais besoin, j'irais les gagner.
Paraît que tu rôdes vers chez nous et Trina aime pas ça.
Je lui ai promis de t'en parler.
Y a qu'un truc que tu comprends.
Ça.
- Ça fait mal ? - Pas quand c'est un jeu.
Et si je cogne plus fort ?
Tu es bien avec moi, hein ?
Pas des masses, t'es trop maigre.
Lâche-moi.
Tu en as marre ?
Lâche-moi ou je t'en mets une.
Grands dieux.
Il est si fort.
Bill ne sent pas sa force.
J'ai des bleus sur les bras et les jambes.
Sers-moi à manger, je crève la dalle.
A vos ordres.
Ça va, Flossie ?
Mieux, oui.
Tiens.
Flossie !
Le dîner est prêt.
J'ai pas faim, merci.
Qu'est-ce que ça veut dire ?
C'est bizarre d'avoir ça dans sa soupe.
Qu'est-ce que je vais trouver, encore ? Des godillots ?
Tu as cueilli cette fleur pour moi.
- Je l'ai trouvée dans la soupe. - C'est quoi ?
Tu sais pas ce que c'est ? Tu blagues ?
T'es idiote C'est un... eczéma.
Un zinnia.
En tout cas, c'est joli.
Jette-le, il est moche.
Je te dis de le jeter !
Je t'en offrirai des beaux. Celui-là, il sent rien.
Non, Bill.
Vois-tu, Bill...
- C'est quoi ? - Ce que je te dois.
Je t’ai acheté une fleur, t'as oublié ?
Je t’ai rien vendu.
C'était pour moi. Elle est très jolie.
J'en planterai si Bill reste ici.
On verra.
Arrête de cueillir mes fleurs.
Heureusement, c'était pour Trina.
Mais ne le refais plus.
Tiens, prends.
Je ne suis pas fleuriste.
Dieu ne voulait pas qu'on vende les fleurs.
C'est Susan qui me l'a dit et elle était proche de Dieu.
Ah bon ?
Oui, Susan a toujours marché aux côtés de Dieu.
Si quelqu'un est avec Lui, c'est elle.
Parmi les saints, à Ses côtés.
Elle a eu une belle vie.
A toujours chanter Ses louanges, à proclamer Sa gloire.
Vous très proche de Dieu n'est-ce pas ?
Pas autant que j'aimerais.
Vous pourriez en être proche aussi.
Moi ? Non. Je ne cherche pas de protection.
Je ne crois pas à ces trucs.
Je laisse ça à la petite.
Elle est aussi proche de Dieu.
Comment puis-je être proche de Dieu avec toi ?
Et toi Flossie ?
Si on peut bien faire du vin avec des pissenlits.
Alors je peux tout croire.
Viens, Ira. J'ai la gorge sèche.
Ce n'est pas grave, pour la fleur.
Je te ressers ?
Non, j’ai pas faim.
Pourquoi c'est toujours fermé ?
J'ai cru qu'il allait pleuvoir.
Et s'il pleut, ça peut pas faire de mal. Allez, ouvre.
Pourquoi tu regardes toujours par ce trou ?
Pourquoi ?
Quand on est mort, on a un bout de terre.
Quand on est vivant, on veut un bout de ciel.
C’est tout ce que j’ai, dans la vie, ce ciel bleu.
- Ce qu'a dit Ira... - Quoi donc ?
Je me suis dit que...
il ne peut pas y avoir plus beau paradis qu'ici.
Quand c'est calme et qu'on est proches.
Je l'avais jamais remarqué, mais t'as les yeux couleur ciel.
T'as du bleu dans les yeux.
Mais ça empêchera pas une chiquenaude.
Viens par ici.
T'es une chouette fille, je t’aime beaucoup.
C'est vrai ?
Mais t'emballe pas pour autant.
Le cœur, c'est comme les femmes, faut pas s'y fier.
Je peux être enjoué aujourd'hui et changer d'avis demain.
Je nie suis déjà brouillé avec des femmes.
Tu as dû en connaître beaucoup.
Des plus jolies. Plus grandes, plus en chair.
Plus en chair, oui.
Mais pas plus jolies.
T'es pas si mal.
Un peu plus grosse, t'aurais toutes les qualités.
Tu me plais bien, aujourd'hui.
C’est vrai, Bill ?
Mais peut-être pas demain.
Alors faut que tu fasses gaffe.
Te fais pas trop d'illusions.
Et si on ne peut pas s'en empêcher ?
C'est la vie.
Faudra encaisser et en rire.
- Tu vas... - Quoi ?
Il faudra que j’encaisse.
Non, je parle pas de toi.
Je dis ça de manière générale.
Je parle pas de toi. Pour le moment.
Mais un jour, ça risque de t'arriver.
Va savoir.
Et si je me réveillais un matin avec un goût d'amertume ?
Le matin, les femmes sont moins bien.
Je pourrais très bien te repousser et me faire la malle, ou pas.
Mais ça ne sera peut-être pas pour demain, ni de sitôt.
On peut pas savoir.
L'homme est imprévisible.
Il se réveille un matin et il met les voiles.
Tous les hommes ne font pas ça.
Parce qu'ils ont pas envie ou qu'ils peuvent pas partir.
Pourquoi ?
Ils peuvent avoir un tas de raisons.
Tu aimes les enfants ?
Qu'est-ce que ça peut faire ?
Il vaudrait mieux que tu les aimes.
Pourquoi ?
Tu vas être papa.
Je le sais depuis longtemps.
Je croyais avoir peur de te le dire Mais en fait, non.
Ne dis rien, je n'ai pas terminé.
Il faut que tu saches...
C'est ton enfant et le mien. Mais j’accepte tous les reproches.
Je voulais te le cacher, mais tu l’aurais su.
Je n’aurais pas pu garder ça pour moi.
Un homme ne peut pas comprendre ça.
S’il te plaît...
Me regarde pas comme ça, je n’ai pas peur de toi.
J'ai beaucoup changé Avant, j'étais seule.
Puis on a été deux. Et maintenant, on est trois.
Tu ne pourras jamais me quitter. Même si tu pars, je te tiens.
Où que tu ailles, je te tiens. Tu es prisonnier.
Tu te rends compte ? Dans 2 semaines on part en croisière.
- Qu'est-ce que t'en dis chéri ? - Super. Mais je ne peux pas.
Tu plaisantes ?
Je t'avais prévenu que je peux changer d'avis sans raison.
Oui. Mais tout est arrangé.
Même ton passeport.
Désolé. Je ne peux pas venir.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je suis dans la mouise.
Quel genre ?
C'est personnel.
Allez dis-moi.
Non. C'est entre moi et quelqu'un d'autre.
Je suis au régime. Plus de femmes pour me troubler.
Cela vaut pour toutes.
Je sais exactement de quoi il s'agit.
C'est une fille !
Tu es voyante.
C'est ça. N'est-ce pas ?
Oublie-moi quelques mois.
Et je ne serai plus là.
Tu as un vélo ?
Une moto.
J'ai des contacts. Je ne suis pas aveugle.
- Miss Ruth ? - Oui.
Chéri. Ce problème peut être réglé.
Il y a toujours des solutions.
Si c'est de l'argent. J'en ai plein. L'argent règle tout.
Tu peux compter sur moi pour tes besoins.
Tu rêves de voyager !
Tu es comme moi.
On fera l'Europe d'une traite. Et on partira ailleurs.
Miss Ruth.
Je dois partir. Mais je reviens tout de suite.
Reste là. Je dois te parler.
Ne pars pas.
"Dire bonjour c'est facile, mais c'est dure de dire adieu"
"Adieu"
Parfait.
Ça ira.
Flossie m'a dit que je te trouverais ici.
Je fais les courses pour le dîner.
- Pour qui ? - Toi.
Tu sais si je serai là ?
Au cas où.
Et si je reviens plus ?
Je me retrouverai seule, comme avant notre rencontre.
Mais ça ne sera plus pareil, j'attends un heureux événement.
Oui, effectivement.
Avec mon fils, je ne serai pas seule.
- Pourquoi ce serait un garçon ? - J'ai prié.
Tu croyais pas à tout ça.
- Si - Tu disais que non
J'ai menti.
J'avais peur que tu te fâches
Mais tu es fâché, la.
Pourquoi ? C'est ton problème.
Oui. c'est mon problème.
Mais je vais me débrouiller, maintenant
Je vais mettre mon fils au monde et l'aimer pour l'éternité.
- Mais moi... - Toi aussi, pour l'éternité.
Ça va sans dire.
Mais tu es un homme libre, libre comme l'air.
Je m'en souviens.
Je dois partir Ira m'attends.
Ira ?
Oui. Comme dans la Bible.
Garçon ou fille, cet enfant doit avoir un nom.
Donne-moi le panier. Je vais le porter.
"Ce que Dieu a mis sous le même joug,
"que l'homme ne le sépare pas."
Voilà, c'est terminé.
Ça aurait été bien mieux sans ce pétard.
Je suis désolé.
Je partais travailler
quand Bill m'a demandé de faire la cérémonie.
On est pas à l'église,
mais les mots sont les mêmes, quel que soit le prêcheur.
Et aux yeux de Dieu, vous êtes mari et femme.
Mari et femme.
Merci pour la robe, Ira.
Je te la rends demain.
Non, Trina. Garde-la.
Dans celte robe, tu ressembles à Susan il y a 40 ans.
Elle est restée longtemps dans ma malle.
Elle n'est plus d'aucune utilité, n'étant plus à la-mode.
Mais elle te va bien.
C'est mon cadeau de mariage.
Faut que je file.
Croyez-le ou non.
J'étais là autrefois.
Et j'ai entendu les mêmes paroles.
Et j'y ai cru.
Que Dieu ai joins...
De l'artisanat.
Peux-tu y croire ?
J'ai oublié d'arroser ça !
A l'espoir.
Allez, réveille-toi, Bragg.
- Qu'y a-t-il ? - Écoute-moi.
Faut que je me barre d'ici. Ce soir.
Mais faut que je laisse de l'oseille,
de quoi entretenir deux personnes.
Oui, pour un bon moment.
Il me faut plein d'oseille
J'ai pas un rond, Bill.
Non, mais tu sais où en trouver.
Allez, lève-toi.
Tu vois ?
On peut l'ouvrir à la lime à ongles
Qu’est-ce que tu fabriques ?
Regarde ce truc. Je vais le remonter, pour voir.
On est là pour péter ce truc ou pour s'amuser ? Viens.
- Donne - Tu veux réveiller le vieux ?
Si ce truc le réveille, imagine l'explosion.
On l'a enfermé. Quand il arrivera, on sera loin.
Pose ça et viens m’aider.
S'il se réveille, on est mal barrés sans flingue
Tu devrais aller l'assommer, comme je te l'ai dit.
Je préférerais qu’il soit ligoté.
Il ferait pas de mal à une mouche.
Ouvre la fenêtre.
Pourquoi ? On est au 3e.
Il y a un escalier de secours.
C’est une belle nuit.
On voit le fleuve.
La lune se reflète bien dans l'eau.
Quand je vais filer d'ici, je prendrai peut-être la mer.
Peut-être sur un cargo.
T'as déjà senti l'odeur des navires qui viennent de Chine ?
Je me demande ce que Bidule fabrique.
Je vais lui ramener ce truc. Elle le donnera au petit.
Ça va aller, avec l'oseille que je lui donnerai.
- Tu t'en sors ? - Donne-moi 60 secondes.
Gaffe !
Eh oui, c'est moi.
Le type que tu as marié il y a quelques heures
Et ce n'est pas mon voyage de noce.
Pour quelqu'un qui lit la Bible, tu tires bien, dis donc.
T'aurais pu me tuer.
C'est bien fait pour toi, ça t'apprendra à vouloir nous voler.
C'est un sale boulot, hein ?
Si t'étais dans le besoin, tu dirais pas ça.
Qui est le fuyard ?
Je sais pas, je l'avais jamais vu.
Donne-moi ça et rends-toi. La police sera indulgente avec toi.
Ils ont que faire de moi.
Qu’est-ce que t'espérais trouver ?
- Des pommes - Des nèfles, oui.
T'aurais rien trouvé dans ce vieux machin.
L’argent est dans le coffre du bureau.
- T'as la combinaison ? - Je sais rien.
- Et avec l'aide du flingue ? - Essaie.
Si t'as le cran de me tuer de sang-froid,
j'aurai le cran d'encaisser le coup.
J’en doute pas.
Je te ferai pas de mal.
Si je te flingue, que deviendront tes fleurs ?
Quoi ? C'est quoi, ce regard ?
Je te déçois ?
C'est pas à toi que je pense, c'est à ta femme.
Ta femme, Trina.
La fille qui croit en toi.
La fille qui t'a épousé il y a quelques heures.
C'est quoi ?
- C'est quoi ? - Quelqu'un a déclenché l'alarme.
La police va débarquer dans 5 minutes.
Qu'est-ce que t'attends ? Va-t'en avant que la police arrive.
Trina.
Que veux-tu ?
J’ai une mauvaise nouvelle.
Bill a des ennuis.
Que lui est-il arrivé ?
Viens Je voudrais pas qu'on nous entende.
Qu’y a-t-il ?
Qu'y a-t-il, Bragg ?
Ton jules s'est fait choper en train de dévaliser un coffre.
Tu plaisantes.
Bill ne ferait jamais ça, ce n'est pas un voleur.
Il s'est fait choper parce que c'est pas un pro.
Et il s'est fait tirer dessus.
Pas si vite, poupée.
T'en fais pas, j'ai pas fini.
Y a pas lieu de s'inquiéter.
Il sera absent un bon moment. Mais moi, je suis là.
Je serai toujours là pour veiller sur toi.
Laisse-moi partir.
Évidemment...
Rien ne presse.
Je bouge pas.
Bill en taule, t'auras besoin d'un homme.
Tu devrais l'oublier pendant un temps.
Il est parti.
Si je te le dis.
Tu mens, il est pas parti.
Il est rentré, je l'ai vu dans votre cabane.
C'est rien.
C'est gentil de ta part de proposer de veiller sur Trina.
J'aurais pas cru ça de toi.
C'est une créature sans défense, il lui faut un homme.
Bien sûr. Quel est le problème avec Bill ?
Il a fait un cambriolage, non ?
Il s'est enfui.
Les flics le retrouveront.
Comment tu le sais ?
J'ai un pressentiment.
C'est rien, je te dis. C'est juste une égratignure
C'est pas toi qui t'es fait trouer.
J'aurais préféré.
Pourquoi tu as fait ça ?
Je pouvais pas te laisser sans le sou.
L'oseille t'aurait été utile, mais j’ai échoué.
Tant mieux. De toute façon, j'aurais rendu l’argent.
Comment tu t'en sortiras ? Faut du fric, avec un gosse.
Un dur comme toi a peur d'un être qui n'est pas encore né ?
Si j'avais su, je ne t'aurais jamais rien dit.
Je serais partie toute seule.
Tu es un couard.
- Un couard - Oui.
Avoir peur d'un bébé...
Il n'y a pas plus naturel au monde.
Il en naît tous les jours.
Mais les garçons ne grandissent pas.
Ils ont toujours la tête dans les nuages
et écoutent siffler les trains.
Voilà. Ça te va ?
Bill.
Il y a une chanson
qui dit que les oiseaux doivent être libres.
Vouloir voler de l'argent alors que tu n'en as pas besoin...
- C'était pas pour moi - Pour moi, je sais.
Mais je n'en ai pas besoin.
Je n'ai besoin de rien, même pas de toi.
Si au moins, tu me disais que tu m'aimes.
Tu ne l'as jamais dit et je ne t'en veux pas.
Je sais ce que j'ai fait.
J'ai semé la pagaille dans ta vie et ce n'est pas ce que je voulais.
Je te le jure.
Tu peux partir autant de temps que tu veux.
Tu reviendras peut-être un jour.
Pas pour de bon. mais pour nous rendre visite.
Quand tu te sentiras seul
et que tu voudras voir à quoi ressemble ton fils.
Même les oiseaux doivent se poser.
Ils se fatiguent et doivent rentrer chez eux.
Ils ont un nid, non ?
Mon chéri.
Je t'en prie, ne pleure pas.
Je ferais tout pour toi.
Je veux que tu sois heureux, que tu te sentes bien.
J'abandonnerai le bébé si ça peut te rendre heureux
Mon chéri...
Excusez.
Bragg m’a dit que t'avais l'arme d'Ira. Donne-la-moi.
Pourquoi ?
Si les flics te trouvent avec ce flingue,
ça jouera contre toi.
Pourquoi les flics viendraient ?
Ils ont été rancardés par un de mes amis, un mouchard.
Donne-moi ce revolver.
Ton train t'attend, va le prendre.
Pourquoi ?
Faut partir avant que les flics débarquent.
Non, je reste.
Paraît que t'as fait ça pour que Trina ait de l'argent
et pour pouvoir partir.
Si tu restes ici, tu vas en taule.
C'est pas du tout logique.
Peut-être bien.
Mais je quitte pas Bidule.
Pauvre abruti.
Pars avec elle. T’y avais pas pensé ?
Non.
Traînez pas.
Alors ?
Je l'ai convaincu. Il prend le prochain tram.
- Tant mieux - Trina part avec lui.
J'avais pas demandé de lui dire de partir.
Non, c'est moi qui ai eu l'idée.
Bill s'en tirera pas, je sais des trucs sur lui.
Ils les pinceront avant qu'ils partent.
Seulement si tu parles.
Je parlerai, pour notre bien à tous.
On veut pas de quelqu'un qui attire les flics.
C'est un criminel.
Et je pense à elle. Quelle vie elle aura avec Bill ?
Je vais prévenir les flics.
Tu diras rien du tout.
Pour la bonne raison que les morts parlent pas.
Pointe pas cette arme sur moi, t'es ivre
Si on devait chercher dans tout le pays,
dans le monde entier,
on trouverait personne d'aussi inutile et de raté
que nous deux.
Tu commettrais un meurtre ?
C’est pas un meurtre.
C'est un coup de balai.
Arrête de trembler, Bragg
Ça fera pas mal.
Tu seras enfin à ta place. Moi...
Je suis saoule. Je suis irresponsable.
Flossie.
Il va me manquer.
C’était un beau fourneau.
Tu en auras un autre à crédit. Un plus performant.
Août, septembre, octobre, novembre, décembre.
Décembre.
Décembre. Bidule ?
Ça sera un cadeau de Noël ?
T'as plus à t’inquiéter pour ça, Bidule.
Adaptation. Olivier Delebarre Séquences restaurées : JF STURM 2024
Sous-titrage DUBBING BROTHERS
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