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Vous avez dit quoi ?
Les vagins lui font peur.
De quel cours on parle ?
EPS.
OHIO - PRINTEMPS 1980
De quel vagin parle-t-il ?
Des vagins en général.
Alors... Attendez.
Tu es allé en sport ?
C'était un cours de premiers secours. Ils parlaient d'angines.
Alors il a confondu angine et vagin !
Il n'a pas encore eu de rapports sexuels.
Il n'en a jamais vu. On parle tout le temps de sexe.
- Surtout quand il conduit. - M. Smart...
C'est ma mère qui conduit, maintenant.
En cours d'histoire, Les a dû écrire une page sur la destinée manifeste.
Au lieu de ça, il a rendu une comédie musicale de neuf pages
sur Le Magicien d'Oz pendant la Révolution française. Il l'a appelée Les Magirables.
Pardon, j'essaie de comprendre.
Neuf pages ne valent pas mieux qu'une ?
Ce n'était pas le sujet.
Les, tu veux bien sortir ?
J'y peux rien si les vagins me font peur.
Tu n'en as pas encore vu !
C'est parce qu'il n'en a jamais vu.
M. Smart,
vous devriez envisager la possibilité que Les...
soit homosexuel.
C'est une déclaration étonnante.
Vous savez que je fais du théâtre ?
Je suis producteur régional. J'en vis.
Je ne vois pas le rapport avec...
Contentez-vous de m'écouter.
Le théâtre enseigne l'empathie.
On se fiche bien que les gens soient noirs ou blancs...
Nous aussi.
On se fiche bien qu'ils soient gay ou hétéros...
- Nous aussi. - Riches, pauvres, minces, gros...
Nous aussi !
On se fiche de qui ils aiment
ou avec qui ils couchent, Mme Franklin.
On veut juste qu'ils soient talentueux.
Chrétiens.
- Talentueux. - Chrétiens.
- Talentueux. - Chrétiens.
Tu sais, Les, j'ai toujours eu de la peine pour ceux
qui ne savaient pas m'apprécier.
Noël Coward, 1899-1973.
J'étais de Teddington, Middlesex.
As-tu déjà joué à Teddington, Middlesex ?
Pas encore.
Si c'est le cas, profites-en.
Ce que je veux dire, c'est que plus jeune, j'étais comme toi.
Toi et moi, on ne pense pas comme les autres.
J'aimerais réussir à m'intégrer, Noël. Mais je sais pas comment faire.
Ça ne m'a jamais dérangé.
C'est pas vrai.
Je me fichais de qui marquait des buts
ou de qui avait gagné la silver cup.
Je n'ai jamais appris à jouer au base-ball.
Mais j'ai souvent vu le rideau se lever !
Viens, Les. On va chercher ta mère et ton frère.
Je déteste ce collège, personne ne me comprend.
T'es juste bizarre. Ils n'y sont pour rien.
Attends d'être au lycée.
Tu y trouveras tes semblables.
Derrick aime le lycée.
Derrick aime appuyer sur le bouton dans l'ascenseur.
T'es plus compliqué que ton frère.
Tu es un artiste, comme moi.
Mais Derrick est populaire. Il a un prénom populaire.
Le mien ne ressemble à rien.
Les...
Si "crasse" était un prénom, j'y aurais eu droit.
Bien. À la fois fin et dramatique.
Tu seras heureux, c'est inévitable.
Tu étais populaire, au collège ?
Seulement cinq personnes sont populaires au collège, Crasse.
À ton âge, je savais déjà
que je voulais produire des shows à Broadway.
Qui veut faire ça, au collège ?
Moi aussi, j'étais bizarre.
Ça t'embête de ne pas encore avoir réussi ?
Les choses changent vite dans le show-business.
Ça peut toujours arriver, tu verras.
Allez.
Au début, moi aussi, j'avais peur des vagins.
T'en fais pas. Ils finiront par te plaire.
Tu dois parler à ton fils, Buddy.
C'est le nôtre, à ce que je sache.
Ernie Saracino veut arrêter.
Les.
Pourquoi moi, et pas Derrick ?
Il dit que Les s'incruste sur scène pendant le spectacle.
Je ne m'incruste pas.
Je lui ai dit que je devrais apparaître plus.
Tu n'es pas le metteur en scène. Tu peux pas...
C'est Un violon sur le toit.
Il y avait des enfants, à Anatevka.
Ernie Saracino est le meilleur réalisateur qu'on ait, et le moins cher.
On ne doit pas le perdre.
Il en a marre que tu embêtes tout le monde.
Derrick a presque perdu sa virginité.
- Hé ! - Presque ?
Comment ça "presque" ?
- Avec Annabeth Devine. - La ferme !
Ou plutôt Annabess. Elle zozote.
Invite-la à dîner. On aimerait tous la rencontrer.
Non.
Tu n'as pas honte de nous, quand même ?
Bien sûr que si.
Alors amène-la au théâtre, un matin.
Elle ne saura pas qu'on la regarde.
Je connais personne qui aime aller au théâtre.
Même moi, je veux pas aller au théâtre le matin.
Je préfère jouer au football.
- Ils font... - C'est juste une phase.
Je pourrais intégrer l'équipe.
J'y peux rien, il y a huit représentations par semaine.
- C'est comme ça. - Je ne ferai plus de comédies musicales.
T'es pas le seul ado à travailler dans l'entreprise familiale.
- Vous me payez même pas. - T'es pas si doué.
Invite-la à dîner.
Non, mieux,
on fait bientôt les auditions pour Un raisin au soleil.
Amène-la, elle va adorer.
Non, elle est normale.
Ça lui passera.
Nous logerons chez ton oncle Abram !
Nous logerons chez ton oncle Abrams !
Le monde entier a dû nous entendre !
Cesse de crier et prépare tes affaires.
Garde tes conseils, Golde.
On a un train et un bateau à prendre.
Les enfants, mettez vos affaires dans le chariot.
Travaille dur, Motel.
Et reviens-nous vite.
Vas-y ! Fais-le !
À quoi ça sert de passer inaperçu, dans la vie ?
Quelle scène veux-tu faire ?
J'ai promis de ne plus le faire.
Parfois, il faut savoir mentir.
J'aimerais vraiment faire la scène suivante.
Ils doivent quitter le village d'Anatevka.
Ils se tiennent par la main, en cercle,
puis ils partent chacun de leur côté.
C'est symbolique.
Génial !
Mais je sais pas comment entrer dans le cercle, ils se tiennent les mains.
Vas-y, tu trouveras bien.
Montre-leur ce que tu sais faire.
Ne t'en fais pas pour Ernie Saracino.
Que fera-t-il ?
Vas-y à fond.
Illumine la scène.
Vas-y !
Qu'est-ce que tu fous ?
Je quitte Anatevka !
La facture d'électricité nous plombe.
On peut stopper la clim, dans le théâtre.
Il y fait aussi froid que dans une morgue.
Le froid maintient le public attentif.
Et il nous maintient endettés.
Viens te coucher.
J'ai l'impression qu'on se dispute juste pour l'argent.
Je suis américaine, j'aime l'argent.
Sérieusement, tu sais ce qui me fait peur ?
Le silence ?
Écoute, on est riches de différentes manières.
Et j'ai des plans.
De grandes choses arrivent.
- J'ai vu le révérend Jackson. - Mace...
Des millions de gens trouvent du réconfort auprès de Dieu.
Il n'y a pas que moi.
Je ne veux pas être associé à ça.
J'ai été élevé par deux femmes aussi méchantes que pieuses...
Je ne suis pas l'une de tes vilaines tantes mortes, je suis ta femme.
Et si tu m'aimais, tu te montrerais plus ouvert.
Si tu m'aimais, tu n'essaierais pas de me changer.
C'est parce que je t'aime, Buddy.
Ça me briserait le cœur de te voir mourir sans aller vers Dieu.
Qui t'a dit que je partirai en premier ?
Honnêtement, je pensais t'avoir épuisé.
T'imaginer au purgatoire me terrifie.
- Bonne nuit. - Arrête de parler.
Arrête de toujours vouloir le dernier mot.
- D'accord. - Alors arrête de parler.
- Oui. - Je suis sérieuse.
- Je sais. - Tais-toi.
Je ne dis plus rien.
Il faut que je dorme.
Je dois me lever tôt pour préparer le petit déjeuner.
- Fais de beaux rêves. - Je savais que tu ferais ça !
Hé !
Non, mais sérieux ?
Vous êtes obligés de jouer si fort ?
Maman, je dois m'entraîner, si je veux que ça rende bien.
Ça ne rendra jamais bien, c'est de la cornemuse.
Cet instrument est une abomination.
On n'embête personne. On joue de la musique.
Ce n'est pas de la musique !
C'est déjà horrible sur scène.
Et c'est pire à l'extérieur.
Les, viens te préparer pour l'école.
Je te jure que je vais moi-même appeler la police.
Peux-tu au moins te réjouir
du fait qu'on puisse s'arrêter à tout moment ?
On reprend.
Fais de ton mieux aujourd'hui Maman
Je me demandais,
pourquoi tu fais pas de sport après les cours ?
Je bosse au théâtre de mes parents.
Au théâtre ?
C'est pas un truc de tarlouzes ?
Pas seulement.
T'en es une ?
En fait, t'es un garçon ou une fille ?
Tu sais que t'iras en enfer, petit pédé ?
Toi et tes potes pédés sidaïques, vous brûlerez tous en enfer.
Sodomie
Fellation
Cunnilingus
Pourquoi ces mots sont-ils grossiers ?
Hair, 1967.
Galt MacDermot, James Rado, Gerome Ragni, connard.
Dis-leur, Les.
C'est l'ère du Verseau.
Laisse entrer le soleil, idiot.
T'es vraiment trop bizarre.
Oui !
Merci Seigneur, pour ce repas que nous allons recevoir.
Amen.
J'ai une annonce à faire.
Deux mots.
Vous êtes prêts ?
C'étaient eux ?
Non.
New Jersey.
Oh, mon Dieu !
J'ai pas encore dit ce qu'il y a dans le New Jersey. Calme-toi, Lee.
Je te soutiens, c'est tout.
D'accord.
J'ai parlé à Ed Monroe.
Le Barn Theater, dans le New Jersey, est à nous, si on le veut.
C'est une décision familiale. Alors votons tous...
On n'ira pas dans le New Jersey.
C'est un bon théâtre ! Il y a 1 100 places.
- Combien ils paient ? - Eh bien...
Non, papa, je me plais ici.
J'aime mes amis, j'aime mon lycée.
J'ai une copine.
À quoi ça sert de faire des choses si on doit recommencer ?
C'est un théâtre d'été. On sera de retour à l'automne.
J'ai des projets pour cet été.
- Les. Tu peux... - Quoi ?
Je vous ai pas encore dit le plus intéressant.
Milwaukee !
Oh, mon Dieu !
Ed possède aussi le Players Theater, à Milwaukee.
Si ça marche bien cet été,
il nous proposera un contrat de cinq ans pour les deux théâtres.
On n'aura plus à faire de saisons !
Ça semble trop beau pour être vrai.
- Oui ! - Attendez.
Et si ça ne marche pas ?
Alors on sera dans la merde.
Si on décide d'aller à The Barn,
je devrai démissionner, et ils me remplaceront.
Et si on ne fait pas
assez de chiffre cet été, on se retrouvera avec...
rien.
Bien sûr, ça ne peut jamais être simple.
Je vote non. D'accord ?
Ça suffit.
Je veux juste jouer au football et perdre ma virginité.
Si c'est pas trop demander.
Et j'y arriverai jamais si je déménage constamment.
J'aime bien être ici.
S'il te plaît...
Les, tu votes quoi ?
Je vote...
pour qu'on quitte cette horrible ville.
Bon, on a un vote pour rester, et un pour partir.
- Petite merde. - Ne dis pas "merde" quand on mange.
Personne ne m'aime ici, d'accord ?
Tu peux jouer au football n'importe où.
Et tu peux trouver mieux qu'Annabeth Devine.
Je voulais pas te le dire,
mais dans les Marx Brothers, son préféré, c'est Curly.
J'en ai rien à foutre,
- de qui elle préfère. - Derrick.
Curly est dans Les Trois Stooges !
C'est assez révélateur.
Qu'en penses-tu, Mace ?
Ne te précipite pas.
Il s'agit juste de notre avenir.
Je sais ce que tu vas voter, et ce que tu veux que je vote.
Tu es adorable, quand tu me lances ce regard.
Je sais.
T'es qu'un menteur. Tu penses qu'à toi !
Non. C'est pas vrai.
Hier soir, j'ai veillé tard
en m'imaginant ce que ça doit faire d'être toi.
Mais c'était trop ennuyant.
- Cinq ans ? - Oui.
On pourrait avoir une vraie vie.
Oui !
Mais...
Petit con !
- Non, Derrick ! - Viens là !
J'ai peur d'être optimiste.
Ce pourrait être notre plus grande erreur.
Mais Milwaukee pourrait nous mener à de plus grandes villes.
Notre nom pourrait enfin être connu.
C'est ce qu'on voulait.
Mais si ça ne marche pas...
Chéri, on vivrait dans notre voiture.
Ça serait tomber bien bas, même pour nous.
Mace, ça pourrait être génial.
C'est comme ça que j'aime les choses. Géniales.
Oui !
Oui !
Derrick ?
Je sais que tu es contrarié.
Je suis pas contrarié.
J'irai pas.
Je reste ici, avec la famille d'Annabeth.
Ça n'arrivera pas.
J'ai trouvé un boulot à Foot Locker.
Je resterai chez eux, je payerai le loyer.
Je continuerai les cours, j'ai presque 18 ans.
- Tu as 16 ans. - Je suis heureux ici.
- Tu le seras aussi là-bas. - Je suis heureux ici.
Je déteste devoir dire tout le temps au revoir.
Tu n'auras plus à le faire pendant cinq ans.
Si on y arrive !
C'est votre rêve, à toi, Les, et maman.
Le théâtre, c'est sympa,
mais c'est des conneries. C'est pas la réalité.
La réalité est surfaite, Derrick.
J'ai une copine, ici.
Tu en auras des dizaines.
C'est la vie... On ne s'arrête pas à la première.
T'es en train de me dire de juste coucher ?
Oui.
J'aurais aimé qu'on me le dise.
Écoute, Derrick, tu es beau garçon...
Tu m'écoutes pas.
C'est pas ce qui m'intéresse.
Tu savais que les playmates de Playboy viennent presque toutes de Milwaukee ?
Papa, arrête d'inventer des trucs et de finir par croire que c'est vrai.
Derrick, il faut rêver pour réussir.
Tu dois rêver plus grand que tu ne l'es.
Tu dois trouver un travail que tu aimes,
puis mettre tout cet amour dans ton travail.
Qui préférerait travailler dans un Foot Locker que dans un théâtre ?
Moi !
Treize, quatorze. Tous les sacs sont là.
Ça va aller, Annabeth ?
D'accord.
Au revoir, Akron. Je ne reviendrai pas.
Il y a d'autres endroits que je préfère.
Allez, Derrick. On a de la route.
C'est quoi, l'adresse ?
On n'est pas tout à fait sûrs.
Tu te souviens de Dee Baskin, qui jouait Anybodys dans West Side Story ?
Dans la vraie vie aussi.
Elle travaille dans l'immobilier, dans le New Jersey.
On logera dans les maisons vides qu'elle a à vendre.
Les proprios le savent ?
Super, on est des squatteurs.
On est des entrepreneurs.
Je dirai à Annabeth d'envoyer ses lettres
à : "Maisons vides vendues par Dee Baskin."
Derrick, t'es beau gosse.
Tu resteras pas longtemps célibataire.
Je me fous d'être beau, d'accord ?
J'aimerais que vous arrêtiez avec ça.
Quoi ?
Mon Dieu, t'as du rouge à lèvres sur la figure !
Merde.
Il est parti ?
- Oui. - C'est bon.
Je suis le modèle même D'un major-général moderne
J'ai des connaissances honorables sur les plans végétal, animal et minéral
Je connais les rois d'Angleterre Ainsi que les plus grandes guerres
De Marathon à Waterloo En commençant par l'an zéro
Je connais les mathématiques De manière catégorique
Je comprends les équations À la fois simples et quadratiques
Je suis incollable Sur le théorème binomial
Oui.
Beaucoup de faits m'amusent Sur le carré de l'hypoténuse
Beaucoup de faits m'amusent
Sur le carré de l'hypoténuse
Maman !
Je suis bon en calcul intégral Et en calcul différentiel
Je connais les noms scientifiques Des plantes et animaux d'Afrique
Parce que sur les plans Végétal, animal et minéral
Je suis le modèle même D'un major-général moderne
Parce que sur les plans Végétal, animal et minéral
Il est le modèle même d'un major-général moderne
Derrick !
Derrick ?
Derrick ?
Mon Dieu.
Je connais l'histoire en bloc
Du roi Arthur à Caradoc
Je réponds par acrostiches J'ai un goût pour les paradoxes
Je cite en élégie Tous les crimes d'Héliogabale
Je peux plancher de manière iconique Sur les bizarreries paraboliques
NEW JERSEY - ÉTÉ
Je distingue les Raphael Des Gerard Dou et des Zoffany
Je connais le refrain croassant Des grenouilles d'Aristophane
Puis je peux fredonner une fugue
Dont j'ai entendu parler l'instant d'avant
D'avant ?
Je siffle tous les airs De ces idioties des Pinafores
Il siffle tous les airs De ces idioties des Pinafores
Il siffle tous les airs
De ces idioties des Pinafores
Pour mon savoir militaire Bien que je sois aventureux
Je n'ai connu Que le début de ce siècle
Mais sur les plans Végétal, animal et minéral
Je suis le modèle même D'un major-général moderne
Sur les plans Végétal, animal et minéral
Il est le modèle même D'un major-général moderne
C'est quoi, ça ?
Bravo !
C'est ton nouveau sourire ?
Je ne sais pas faire le visage impassible.
Le spectacle était super.
Oui, mais pas la maison.
Ed Monroe n'avait pas l'air content.
Que va-t-on lui dire ?
Ed ! Félicitations !
Belle production, Buddy.
Si vous êtes heureux, nous aussi.
Je ne le suis pas.
- Où était le public ? - Écoutez.
Attendez les critiques.
Le bouche-à-oreille va se propager. On vendra plus chaque soir.
On a intérêt, sinon, ça ne le fera pas.
On a compris, Ed.
On s'y attelle. Ne vous inquiétez pas.
Je vais te présenter Fred.
- Je le ramène. - Merci.
Je reviens.
Non.
La première fois que j'ai embrassé une fille,
elle a mis sa langue dans ma bouche, et l'a tournée...
J'ai cru qu'elle faisait une crise.
Ouah, Kyle.
On pourrait croire que t'as jamais été vierge.
Alors...
Comment tu fais pour être sexy ?
C'est une question de réflexion.
Quand je parle à une fille,
je ne me dis pas : "Comment l'impressionner ?"
"Que vais-je lui dire ?" Non.
Il faut juste penser à une chose, au moment où tu vas vers elle...
À quoi ?
Dis-toi : "J'ai un pénis de 30 cm."
"J'ai un pénis de 30 cm."
Et sois juste ce qu'elle attend de toi.
T'es acteur, tu peux le faire.
Et ça, c'est sexy.
Concentre-toi sur les filles banales,
qui te trouvent trop bien pour elles.
Le sexe flatté, c'est génial.
Essaie : "J'ai un pénis de 30 cm."
Vraiment ?
Oui, ça marche à chaque fois.
D'accord.
T'es vraiment un gamin bizarre, Les.
Merci.
C'était sympa, ce soir.
Comment peux-tu faire comme si de rien n'était ?
J'ai juste dit que c'était sympa.
Ed Monroe n'est pas content. On va tout perdre.
Tu te soucies de ta famille ?
- C'est comme ça, Macy. - Alors on fait quoi ?
On galère, tu te fais dessus. Ça marche, on continue.
C'est pas notre truc. C'est terrible.
Mais c'est à nous.
- Je vois pas ça comme ça. - Tu le vois comment ?
Je m'assure qu'on s'en sorte, par tous les moyens possibles,
pendant que tu nous promets ce grand avenir.
- D'accord. - C'est épuisant, Buddy.
Je me sens seule, ça fait de moi une mégère.
Macy, s'il te plaît. Ça va.
Je repousse les gens, et je ne leur en veux même pas.
Je te repousse même toi !
On va tout perdre,
et tu trouves que la soirée était sympa.
Ça serait bien que tu croies un peu plus en moi.
Juste un peu.
Tu crois tellement en ton Dieu invisible.
Je suis là, devant toi, et tu ne crois même pas en moi.
Parce que tu as promis qu'on y arriverait en cinq ans !
Souhaiter des choses, ça ne suffit pas.
C'est aussi mon rêve !
Je nous ai offert une grande vie !
Une vie unique.
Ne fais pas comme si c'était rien.
On ne s'en sort pas si mal.
Non, on s'en sort très mal !
On a des enfants.
T'as longtemps voulu attendre
pour ne pas faire les mêmes erreurs
que tes vilaines tantes,
mais tes erreurs sont tout aussi graves.
On vit au jour le jour,
dans les maisons vides de Dee Baskin.
C'est quoi, ton plan B ?
On ne vit pas au jour le jour.
On est riches de différentes manières,
mais la seule chose que tu vois, c'est ce qu'on n'a pas.
Si on ne remplit pas tous ces sièges,
je sais vraiment pas où on ira. Où va-t-on ?
Comme je l'ai toujours dit, soit on y va à fond, soit on n'y va pas.
Je ferai en sorte que ça marche.
D'accord ? Je le promets.
Allez, endors-toi.
Ta mère et moi, on répétait.
Je ne sais pas encore comment,
mais ta mère m'en voudra si elle sait que tu es encore debout.
T'avais quel âge quand t'as épousé maman ?
Tu sais que l'âge ne compte pas, dans cette maison.
Ta mère était vraiment amusante.
Si, vraiment.
Mais elle ne pouvait pas dire "je t'aime" à moins de le ressentir profondément.
Je pourrais le dire comme certains disent "enveloppe",
je suis très superficiel.
J'admire ça, chez elle.
Comment était ta mère ?
Je ne me souviens pas vraiment d'elle.
Elle est partie quand j'avais quatre ans, sans se retourner.
J'ai dû vivre avec mes tantes, Astrid et Reliance.
Mon Dieu.
Ta mère pourrait être n'importe où dans le monde,
sans que tu le saches.
Oui, les gens sont comme ça.
Mais c'est de leur faute.
Savoir bien traiter les gens est important.
Les, tu es doté d'une incroyable gentillesse.
Oui, je sais.
Astrid et Reliance ne m'ont rien appris sur l'amour.
C'est ta mère qui m'a tout appris.
Oui.
Et vous deux, les monstres.
Tu imagines la tête de ta mère quand l'argent arrivera ?
Ça sera quelque chose.
J'aimerais savoir comment y arriver.
On va y arriver.
Je sais.
Oui ?
- Salut. - Bonjour.
J'ai dit à Les que je lui apporterais ça.
Il t'a dit que je passerais ?
Non, bien sûr que non.
Des livres sur le jeu d'acteur.
J'ignore si je dois te remercier ou te les jeter au visage.
Tu sais quoi ? Tu laves, et j'essuie.
Puis j'irai aux répétitions.
Marché conclu.
Merci.
C'est quoi, ton histoire ?
Tu viens d'où ?
D'Arkansas City, au Kansas. Tu connais ?
Non. Et ça ne risque pas.
Qu'est-ce qu'on fait pour s'amuser, dans l'Arkansas ?
On pense surtout à comment en partir.
Mais avec le recul, j'étais heureuse, et je ne le savais même pas.
C'est peut-être ça, être jeune.
J'ai été la reine du festival d'Arkalala.
Je savais bien que je te connaissais.
On me surnommait Bigfoot,
car je faisais 1,80 m à 12 ans.
J'aurais mieux fait de me casser une jambe quand on m'a couronnée.
Ça semble être un honneur,
mais faut admettre qu'il y a peu de compétition dans l'Arkansas.
C'est là que t'as connu Buddy ?
Non, on s'est rencontrés à une soirée de théâtre.
Il croyait que je serais toujours aussi joyeuse que lors de cette fête.
Je l'ai laissé croire. On s'est mariés une semaine après.
Les projecteurs étaient sur lui partout où il allait.
Et il m'a choisie moi.
C'est parfois difficile
d'être toujours le "plus un" dans sa propre vie.
J'ai jamais eu l'impression d'être un "plus un".
Non.
- Quoi ? - Non.
Eh bien...
- Quoi ? - Rien.
Je ne le vois nulle part.
Non. Il n'est pas là.
Je dois y aller.
Aux répétitions.
Merci pour les livres.
Plus tard, quand Les sera au chômage,
on se rappellera de toi.
LA PAROLE DE DIEU EST PUISSANTE DIMANCHE 10H30
ÉGLISE LUTHÉRIENNE DU RÉDEMPTEUR
Merci pour la visite.
Je cherchais un lieu de culte agréable.
Vous êtes le bienvenu.
C'est gentil.
Combien de paroissiens avez-vous ?
Je dirais 120.
C'est un bon début.
Très bien.
Rabbi, combien y a-t-il de membres dans votre congrégation ?
L'architecture est spectaculaire.
En tant que nouveau membre de l'Église orthodoxe grecque de l'Ascension,
j'aimerais organiser une pièce de théâtre pour tous nos paroissiens.
Les catholiques pourraient venir voir nos productions à tarif réduit.
Vu que je suis maintenant l'un des vôtres.
Buddy, c'est horrible.
Combien d'églises as-tu rejointes ?
Onze.
C'est toi qui voulais que j'aille à l'église.
C'est un péché de mentir à un religieux !
Qui a menti ?
J'ai dit que je voulais les rejoindre, c'est fait.
Tu iras droit en enfer.
J'espère que tu le sais.
J'ai doublé notre nombre d'abonnés.
- Sérieux ? - Oui.
Je parie que je pourrais avoir un balcon plein d'épiscopaliens.
Oui !
La vache !
Je revois la femme que j'ai épousée.
Peut-être qu'on voit toujours les gens qu'on aime
tels qu'ils étaient quand on est tombé amoureux.
Je ne suis plus comme ça.
Non ?
Tu as dit : "La vache !"
Tu ne le vois pas, mais moi, si.
Tu as juste envie de le voir.
Je t'ai dit que j'y arriverai, Macy.
Tu es très sexy quand tu te mets en avant.
Tu ferais mieux de t'y habituer.
Qu'est-ce que tu fais ?
- Viens ici. - Quoi ?
On a le temps de faire ça vite fait.
Quoi ?
Allez, sur le plan de travail.
Éteignons la lumière, ça nous fera des économies.
Macy ! On n'a pas le temps.
- Cinq minutes. - Non.
Les pourrait arriver à tout moment
avec Fritzi, Sue, et le reste de la troupe.
Les n'est jamais à l'heure.
Oh, mon Dieu !
Tu es ma femme préférée !
Je vais acheter de la bière pour tout le monde.
Macy, c'est le meilleur brownie que j'aie jamais mangé.
Papa, on pourra faire On Borrowed Time, à Milwaukee ?
Si on va à Milwaukee.
Les, tu ne veux faire que des pièces
où tu as un rôle.
Tu dois auditionner, comme tout le monde.
Barbra Streisand m'a fait son brownie
quand j'étais dans la troupe de Funny Girl à Broadway.
Rien à voir avec celui-là.
Ils me font toujours auditionner. Je déteste le faire pour eux.
Kyle, tu es le premier
a ne pas avoir l'air impressionné
quand je parle de Barbra.
Ils disent la même chose après chaque audition.
Merci, Les. On t'appellera.
Et ils ne m'appellent jamais.
J'auditionne encore demain.
Pour le premier rôle de Brighton Beach Memoirs.
J'ai été la première remplaçante de la série originale.
Ça me rend vieille ?
Non, c'est l'âge que tu fais.
C'est mon bipeur.
Je dois vérifier mon répondeur.
- C'est peut-être ta chance. - Oui.
Macy, je peux utiliser le téléphone ?
- Bien sûr. - Merci.
Détends-toi, chéri. Il joue pour mon équipe, pas la tienne.
Voilà.
Les Smart.
C'est Lester.
Quand tu veux, Lester.
Oui.
Un...
Deux. Épaules ouvertes.
Sensation singulière Chaque petit pas qu'elle fait
Point et point. Pas.
Chapeau sur la tête. Trois, quatre.
Un.
Coude droit, en bas.
Combinaison brillante Chaque mouvement qu'elle fait
Pas, brosse, trois, quatre.
Un sourire et soudain plus personne
Pas, pointe, pas, en haut Pas, pas, doucement.
Tu sais que tu ne te sentiras jamais seul
Coup de pied, pas, brosse.
Avec tu-sais-qui
Cinq, six. Recule !
Oui, Tiffany, entre dans la lumière, pop, bien.
Et tu peux oublier le reste
Car cette fille n'a rien à envier
À personne, fils
Soupir
Sois plus attentionné
Dois-je vraiment le préciser
C'est la bonne
Quand ira-t-on à Milwaukee ?
On n'aurait pas déjà dû en parler ?
Derrick, que feras-tu quand l'argent arrivera ?
- Quand l'argent arrivera ? - Oui.
J'achèterai un abonnement pour voir tous les matchs de Green Bay.
Tout le monde les considère comme nuls, mais pas moi.
Que va-t-on faire si on ne va pas à Milwaukee ?
On finira bien par y aller. Tout va bien se passer.
On a au moins un autre endroit où aller ?
Dee Baskin finira bien par vendre la maison.
Non, on n'a que celle-là.
Mais plus le risque est grand, plus la récompense l'est.
Et plus la perte l'est.
Et comment on va faire, pour payer la nourriture ?
Les billets de théâtre.
Aie confiance, Derrick.
Demande-toi : "Pourquoi je ne serai pas un peu plus comme Les ?"
Car je suis moi.
Il est optimiste.
Il est persuadé qu'on finira par aller à Milwaukee.
- Pas vrai, Les ? - Non.
Merci.
Très drôle.
Attention au nid-de-poule.
Le nid-de-poule...
- Désolé. - Vraiment ?
Derrick ?
Je voudrais te parler de toutes ces filles que tu as embrassées, récemment.
Non.
Si. Ta mère et moi pensons que tu es un débauché.
C'est toi qui m'as dit de coucher.
C'est exactement ce que t'as dit.
"Profite de la vie." Tu aurais aimé qu'on te le dise.
Ça ne veut pas dire coucher avec toutes les filles de la région.
Il y a une différence entre un don juan et un pervers.
Attention au nid-de-poule.
Juste là.
- Il le fait exprès, papa. - La ferme !
Si tu n'utilises pas de préservatifs, ta mère t'émasculera.
Cette conversation s'est plutôt bien passée.
Derrick, tu peux me déposer au théâtre ?
ENTRÉE DES ARTISTES
Amuse-toi bien, Lester.
Les, chéri.
Comment savais-tu que je serais là ?
Tu as une sale mine, Les chéri. Qu'y a-t-il ?
J'attends juste de savoir si j'ai un rôle...
C'est une longue histoire,
et je ne sais pas comment ça va finir.
Champagne ?
Je voulais dire, pour moi.
En plus, Derrick s'en sort très bien,
et ça me fait penser...
Je ne sais pas quoi te dire.
J'ai été avec beaucoup d'hommes et beaucoup de femmes.
Et je suis sûre qu'il y a quelque chose de mieux.
Tu as entendu ça ?
Désolé.
J'ai rien vu.
Merde.
Les...
Les, attends, s'il te plaît ! Non...
Buddy ?
Que se passe-t-il ? Il y a un problème ?
Qu'est-ce que... Qui était-ce ?
On a Milwaukee.
Ils viennent de m'appeler.
Milwaukee !
Cinq ans !
On est en sécurité pour les cinq prochaines années !
Oh, mon Dieu !
On a besoin de champagne.
On va fêter ça. Tu sais pourquoi, Les ?
Ce n'est pas juste à cause de l'appel.
Les...
Je devrais déjà le dire aux autres, mais je peux pas attendre.
Tu as le rôle.
Quoi ?
Le rôle.
- Brighton Beach Memoirs. - Tu as le rôle.
Tu étais le meilleur candidat. Vraiment.
Et ce n'est pas du népotisme.
Voilà. Oui, c'est bien. Tu le mérites.
Je suis fier de toi.
Félicitations. Tu veux venir au magasin avec moi ?
Non, c'est bon.
Tu sais quoi ?
Ça va marquer un tournant pour notre famille.
Les...
Alcool...
Vous avez du bon champagne ?
Seulement du mauvais.
Un comédien sommeille en chacun.
Voilà.
CHAMPAGNE CANETONS SOLDES - 19 $
Non.
Non.
Bienvenue à tous dans la maison du Seigneur,
nous sommes réunis aujourd'hui pour vénérer le Christ crucifié
et pour rendre un dernier hommage
à notre frère Buddy Smart.
Seigneur, nous te remercions de lui avoir donné la vie,
et te demandons de lui accorder ta miséricorde
et de nous réconforter dans notre chagrin.
Dans la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ
et dans la communion du Saint-Esprit,
nous rendons gloire aujourd'hui
à la mémoire de notre frère Buddy.
Vous vous souvenez de M. Paterson ?
Toutes mes condoléances.
Docteur.
Toutes mes condoléances, les garçons.
Macy.
Il a vécu sa vie comme il le voulait.
C'est un cadeau. Personne ne pouvait dire à Buddy ce qu'il devait faire.
Moi si. Et je l'ai fait. Mais il ne m'écoutait pas.
Moi, je ne pouvais pas.
Dr Kannengiser, merci d'avoir fait tout ce chemin.
Je suis émue par le nombre de personnes qui sont venues.
J'aurais aimé que Buddy voie ça.
Il adorait faire salle comble.
Il a réussi.
Docteur... Qu'est-ce que vous ne pouviez pas dire à Buddy ?
De prendre sa retraite. À cause de son cœur.
Vous êtes chez les Smart.
Si vous cherchiez quelqu'un d'autre, désolé.
Si vous voulez laisser un message, écoutez d'abord ce poème.
Il était une fois, une femme du Kansas
dont les deux seins ne prenaient pas la même place
L'un d'eux était tout petit Il était tout riquiqui
Mais l'autre ne laissait personne de glace !
À vous.
GRATUIT !
Maman ?
Il t'a dit si je pourrais jouer au foot à Milwaukee ?
Il a dit que je pouvais.
Il a dit que si on y arrivait, on aurait des garanties,
et je n'aurais plus à travailler au théâtre.
Il l'avait promis.
Tu n'es plus obligé de travailler au théâtre.
Et le théâtre de Milwaukee ?
J'ai essayé, vraiment,
mais c'est votre père qui avait ce contrat, pas nous.
On n'ira pas à Milwaukee. On rentre à la maison.
- À la maison ? - Oui.
Tu pourras jouer au football au Kansas.
Mon frère a dit qu'on pouvait rester avec lui, à la ferme.
Dans sa ferme ?
On va vivre dans une ferme ?
On est des cow-boys, maintenant ?
Je ferai quoi, dans ce putain de Kansas ?
Commence par surveiller ton langage.
C'est physiquement impossible de surveiller un son.
On n'a pas le choix.
Tu pourrais même t'y plaire, Les.
Ce sera comme Le Magicien d'Oz.
Comme dans la partie en noir et blanc du Magicien d'Oz.
Personne ne veut vivre dans cette partie !
Garde l'esprit ouvert.
Le Kansas est connu pour ses tornades et pour être blanc.
On n'a nulle part où aller !
Je fais de mon mieux pour nous trois.
Tu vas devoir l'accepter, Les.
PUTAIN DE KANSAS - AUTOMNE
La devise du Kansas, c'est...
"Jusqu'aux étoiles, à travers les difficultés."
Vous avez tous eu votre part de difficultés.
Qu'aimez-vous faire pour vous amuser ?
Les aime le théâtre, comme son père.
Je ne m'y connais pas trop en théâtre,
mais on a une foire de la Renaissance
avec des costumes, des sirènes et des cracheurs de feu.
L'église fait une crèche vivante chaque année.
Ça ressemble un peu à du théâtre...
C'est même pas du théâtre amateur.
Et le football ?
On adore le football, au Kansas.
Et on est très nuls.
Mais on a des parcs nationaux, des forêts, et...
Macy, j'emmènerai les garçons chasser demain.
Vraiment ? Tu veux les armer ?
Les filles n'ont jamais voulu venir, mais tes garçons aimeront.
Je suis pas un tueur en série qui veut flinguer des trucs.
Mon père vient de mourir.
Les...
Je comprends, mais les gens d'ici pensent différemment.
Ici, le contrôle des armes, ça veut dire toucher ce que l'on vise.
Tout le monde aime les armes, ici.
- Tout le monde suivait Hitler, aussi. - Mon Dieu.
Tu crois vraiment que cette comparaison est juste ?
Je m'en fous, d'être juste.
- Les ! - Eh bien...
Comme tu veux.
Vous pouvez rester ou bien partir.
Personne ne vous retient prisonniers.
Mais tout le monde lave son assiette, sous ce toit.
Qu'est-ce qui n'était pas clair dans "on n'a nulle part où aller" ?
Ça va ?
Non.
Je ne suis plus vraiment moi, sans mon père.
Je ne trouverai jamais mes semblables au Kansas.
On vient seulement d'arriver.
C'est une opportunité.
Tu vas découvrir une nouvelle école, la semaine prochaine. Le lycée.
Essaie de t'intégrer.
Avoir une vie normale n'est pas un péché.
Les...
Laisse-moi t'expliquer.
- J'aimais ton père... - Laisse-moi.
Je ne veux plus penser à ça.
Mais pendant longtemps,
tout le monde me regardait comme si j'étais...
nulle, trop sérieuse, et inintéressante.
Mais je n'ai jamais été comme ça.
Même toi, tu me voyais comme ça.
Ton père a vu en moi quelqu'un qui n'existe plus.
Et je...
Je voulais juste qu'on me voie. Et Kyle m'a vue.
Avec son pénis ?
J'ai pris une très mauvaise décision,
et je l'ai fait délibérément.
J'aurais préféré que ce soit mon secret, et que tu ne le saches jamais.
Je suis désolée, Les.
Je t'aime, mon chéri.
Les, je peux te dire quelque chose ?
Le Kansas m'a vraiment inspiré.
Si tu regardes mes pièces, elles parlent de ma vie.
Le Kansas a fait de moi un véritable artiste.
Tu pourrais l'être, toi aussi.
Tu pourrais être aussi heureux que moi, si tu essayais.
Tu ne t'es pas suicidé ?
Eh bien...
- Joli T-shirt. - Merci.
Tu connais Dr. Feelgood ?
Pas mal. Meilleur que Girls, Girls, Girls.
- Alex. - Derrick.
- Johnny. - T'es nouveau ?
- Ouais. - Cool.
Sérieux ?
Ma mère, vous savez...
C'est mon frère, Les.
Yo.
Le club d'échecs de la salle 104 est annulé.
J'ai des hallucinations,
ou Selena Roach est devenue sexy pendant l'été ?
Regardez-la.
- Elle a l'air d'une traînée. - Carrément.
Oui, j'aime les traînées.
Elle est dans mon top 3.
Quand je veux me faire une fille, je ne pense qu'à un truc.
- De manière très claire. - Quoi ?
"J'ai un pénis de 30 cm."
Oui, regardez.
C'est pas vrai.
Qu'y a-t-il de si drôle ? Qu'est-ce qu'ils disent de moi ?
Mon frère te prend pour une chaudasse.
C'est le mec qui a une tronche d'acteur.
Oui, je le vois.
C'est pas trop mon genre.
Il aime quel genre de fille ?
Les nouvelles.
Je suis Les.
Selena.
Tu devrais pas boire comme ça.
J'utilise un verre.
- Je voulais dire... - Non.
Je devrais carrément boire, d'accord ?
J'ai suffisamment demandé à Buddy de prévoir un plan B.
Je n'ai aucun plan.
J'ai été une horrible épouse. Mes enfants sont malheureux.
Donne-moi une bonne raison de ne pas boire.
Je voulais dire que tu ne devrais pas boire seule.
Au temps pour moi.
Pourquoi tu as arrêté de me parler ?
Je crois qu'on parle, là.
T'as arrêté de répondre au téléphone, et aux lettres...
- Non. - Si.
T'as une sale tête.
Je me sens très mal, Walter.
Eh bien, tu...
Tu en as l'air.
Écoute...
Cette semaine, j'ai lu trois article sur...
les allergies alimentaires.
Trois, c'est pas une coïncidence.
Ça dit que ce qu'on mange agit directement sur ce qu'on ressent.
T'es peut être allergique à quelque chose.
Et ça te provoquerait...
Des sautes d'humeur, sans que tu t'en rendes compte.
C'est pas ça.
Il y a un homme à Enid, dans l'Oklahoma, qui a découpé sa femme et l'a foutue
dans un saladier parce qu'il était allergique aux produits laitiers.
Les trois articles parlaient de lui.
Walter...
Non, tout ce que je dis, c'est qu'à part Buddy...
L'incertitude ?
Les émotions accablantes ?
Eh bien ?
C'est peut-être à cause du thon.
Oui.
Contente que tu sèches avec moi.
Je sèche toujours l'EPS.
Depuis quand tu vis ici ?
Mon Dieu, trop longtemps.
Je sais ce que les gens vont dire avant qu'ils le disent.
Grave.
Je me barre à L.A. à la première occasion.
Si Debbie Gibson peut être une rock star...
Je me donne cinq ans pour percer à New York.
Je ferai une école d'art dramatique où on apprend à jouer...
mais aussi à devenir captivant, et riche.
Mon père a dit qu'ils en avaient à New York.
Attends, t'es gay ?
Quoi ?
Tous les acteurs sont un peu gay.
Tu veux toucher mes seins ?
Oui.
Sous le T-shirt.
Ton frère a l'air cool.
Il a une copine ?
Ça se dévisse pas, Les. Arrête.
J'ai vu Hair quand j'avais huit ans parce que...
mon père préférait que j'apprenne le sexe au théâtre
que dans la rue.
Les gens ici sont obsédés par le sexe.
Je suis un cursus en maths.
Mais tout le monde s'en fout.
Je sais ce qu'on dit sur moi.
Mais je ne fais rien de plus que les autres.
Rien qu'ils ne voudraient pas faire.
Exactement.
Grave.
On dirait que ça dérange les gens
que j'aie un cerveau et un vagin qui fonctionnent tous les deux.
Grave.
Grave.
Merci d'être venus.
- Pasteur Ellis, je suis Macy Smart. - Bonjour, Macy.
Il paraît que l'église cherche un comptable.
Oui, en fait,
Mlle Rowbottom nous a quittés pour se marier.
J'ai plus de 15 ans d'expérience en comptabilité avec mon mari.
- Et votre mari est... - Mort ? Oui.
Son numéro est sorti, comme on dit dans la compta.
Je vois.
Apparemment, je veux tout contrôler,
mais je ne contrôle rien dans ma vie.
Je suis aussi ennuyeuse et inintéressante,
donc je suis parfaite pour ce poste.
Je vais voir ce qu'on peut faire, Macy.
C'était genre comme ça, regardez... Double prise.
Triple prise.
C'était tellement... Mon Dieu.
C'était comme purger une peine de prison au théâtre.
Plus j'essayais de fuir, plus on me faisait jouer.
C'est trop chelou, mec.
Je sais, je rêvais de football et de plaquages,
et voilà ce qu'ils me faisaient faire.
Sur scène, devant tout le monde.
Huit fois par semaine. Le pas en trois temps !
C'était pas comme ça.
C'était vraiment super.
Sérieux. "Lune, dune, prune, thune" et ces conneries sur les sentiments ?
C'était ringard et gênant.
J'ai jamais dit à mes potes ce que je faisais,
car je m'en serais jamais remis.
C'était pas ringard.
C'était ringard à mort, Les.
T'étais juste pas doué.
Tout est différent, sur scène.
L'énergie, l'intensité.
On est connectés avec tout le public, on le réunit.
C'est tout sauf ringard.
- On était bons. - Non.
On était nuls, Les.
Papa t'a dit qu'on était bons, et tu l'as cru.
C'était rien de plus qu'une farce.
Et papa a choisi cette farce plutôt que nous.
Et il en est mort.
Il voulait être bon, mais il faut voir la vérité en face,
papa n'était qu'une farce.
C'était une putain de tragédie.
Retire ce que tu viens de dire !
Papa s'est donné à fond pour ce qu'il aimait, et c'est courageux.
On était spéciaux, mais pas toi.
Ce n'est pas de sa faute.
T'es qu'un connard tout ce qu'il y a de plus banal, Derrick.
Papa n'était pas tragique !
On était spéciaux.
Pourquoi vous vous êtes battus, avec Derrick ?
J'en parlerai pas avec toi.
D'accord.
Et pourquoi pas ?
Parce que t'as trompé papa.
C'est pour ça que vous vous êtes battus ?
Tu sais...
Je deviendrai célèbre.
Tout le monde regrettera de ne pas avoir été plus gentil avec moi.
Quand l'argent viendra...
Je ferai de Kyle mon assistant, et je le traiterai mal.
Quoi qu'il fasse, ça ne sera pas suffisant.
Et quand il sera temps de l'augmenter, je le virerai.
Tu veux bien me rejoindre
- dans la réalité ? - Non.
J'aime pas la réalité, c'est mieux dans ma tête.
Mais ce n'est pas réel.
- C'est mieux. - Non.
C'est plus courageux d'affronter les choses.
Les artistes aiment la vérité.
Tu n'es pas une artiste.
T'as réalisé aucun de tes rêves, et tu ne rêves plus.
C'est le contraire du courage.
On ne rêve pas quand on essaie de survivre.
C'est exactement ça.
Non, il faut regarder les faits en face et faire avec.
Rêver, c'est bien, mais ça peut aussi nous détruire.
J'essaie juste
de te protéger, Les.
C'est mon boulot.
- Tu me restreins. - Non.
Tu veux que je choisisse une petite vie pépère.
Chéri...
Je me donne cinq ans pour réussir à New York.
Je ne serai pas aussi simple et petit que toi.
J'irai chercher ce que je veux.
Et je rêve en grand, comme mon père.
Tu ne me pardonneras jamais, hein ?
Tu as tout ce qu'il te faut ?
Vraiment ?
Tu vois ce que je veux dire.
Ça va aller.
Vraiment ?
Tu vois ce que je veux dire. Entre.
Tu penses rester ?
Je ne sais plus quoi penser.
Je suis juste...
Je sais pas...
Je remets tout en question.
Oui.
Je ne peux même plus prier.
Pourquoi prier un Dieu qui a laissé Buddy mourir sans lui avoir donné la foi ?
Et Buddy savait qu'il était malade.
Il a fait semblant d'aller bien. Il ne l'a jamais dit.
Je ne connaissais pas bien Buddy, mais...
Il voulait peut-être pas t'inquiéter.
Il a été prévenu.
Buddy et ses grands rêves.
C'est ce qui l'a tué.
Je devais le savoir, au fond de moi, car je le suppliais...
Je sais pas comment lui pardonner.
Je peux même pas me pardonner.
Et je ne sais pas comment...
vivre ma vie sans Dieu, maintenant.
Quand on était petits...
J'ai toujours voulu te protéger.
Mais t'en as jamais eu besoin.
Qui aurait cru que je serais si nul ?
Non...
Qu'est-ce que Buddy dirait de tout ça ?
Que le spectacle continue.
Je sais ce que t'as entendu sur moi.
Et c'est pas vrai.
Ils disent tous l'avoir fait avec moi,
par peur d'être les seuls à ne pas l'avoir fait.
Tous.
Ça va.
Si je ne dis rien, c'est parce que...
ça vaut mieux quand ton nom signifie "cafard".
Je m'en fous, ça me dérange pas...
Je vais quitter la ville.
Je vais aller à L.A. et devenir chanteuse.
Ne pars pas, je viens d'arriver.
T'es bourré, pas vrai ?
Je suis pas bourré.
Vraiment ?
- Non, madame... - Si.
Non, je...
- D'accord. - Oui.
Je suis un peu bourré.
Du calme.
Oui, Los Angeles.
En fait, on vient de Milwaukee.
Mon père est dans l'industrie.
Il travaillait à l'usine de cosmétiques Maybelline
jusqu'à ce qu'elle ferme.
J'ai même pas eu droit à un rouge à lèvres.
Qu'est-ce que...
Tu savais que les playmates de Playboy viennent presque toutes de Milwaukee...
Merde.
Papa...
Qu'est-ce qu'il y a ?
Mon père me manque même pas.
Il me manque pas.
Putain.
Mon...
C'est juste que mon père...
Bon...
J'en ai toujours envie, donc...
Si tu veux, tu peux.
Oui.
Allez, Derrick. Arrête.
Je dois rentrer.
Il s'est passé quoi ?
Tu t'en souviens pas ?
De quoi ?
C'est pas grave, ramène-moi chez moi.
Attends. On n'a pas...
J'ai perdu ma virginité, et je m'en souviens même pas ?
T'étais puceau ?
Ça s'est pas vu ?
Tout va bien, Macy ?
Tout n'est que soleil et Père Noël. Pourquoi une telle question ?
Le lycée vient d'appeler.
Ils voudraient vous voir à 13 h pour parler de Les.
Eh bien...
il a du mal à s'adapter.
L'église a beaucoup de soutien, alors...
Vous n'êtes pas obligée de faire ça toute seule.
En fait... j'ai en quelque sorte pris congé de l'Église.
Vous travaillez littéralement pour une église.
Je ne travaille pas très dur.
Je voulais dire que je comprends à quel point c'est compliqué.
Donc si vous avez besoin d'aide,
l'église peut trouver un analyste.
J'ai pas besoin d'un psy.
J'affronte les choses comme elles viennent.
C'est comme ça que je fais.
Je reste en retrait, je ferme ma gueule,
et je fais ce que j'ai à faire.
Je suis bien trop sensible, et trop prudente.
En fait, je n'aime pas cette conversation.
J'ai le contrôle.
Et je m'en sors bien. Merci beaucoup.
Je parlais d'un analyste financier.
Pour la comptabilité, Macy.
Je vous laisse finir.
Il a dit quoi ?
Que Dieu n'existe pas.
C'était dans quel cours ?
EPS.
EPS ?
M. Gifford a dit
qu'il faudrait un acte divin pour que Les ait la moyenne en EPS
s'il continue comme ça.
Et il a répondu...
Son prof lui a-t-il demandé en quoi il croyait ?
J'aimerais le savoir.
C'est quand même assez osé.
En quoi crois-tu, si tu ne crois pas en Dieu ?
Je ne sais pas...
En moi, j'imagine.
Tu as 14 ans.
Je sais.
Je doute de moi toutes les 15 minutes !
C'est une déclaration extraordinaire
- pour un ado de 14 ans... - Mme Smart...
Qui pense comme ça à 14 ans ?
Vous ne comprenez pas...
Son père avait un problème avec Dieu. Les tient ça de lui.
Et il me déteste à mort en ce moment.
Mais Dieu te bénisse, Les. Pardonne-moi l'expression,
je sais ce que tu en penses, maintenant.
Mais c'est un peu comme retrouver une part de son père.
Vous ne comprenez pas, Mme Smart.
S'il continue comme ça, il y a de grands risques
que Les n'ait pas la moyenne en EPS.
Qu'il n'ait pas la moyenne en sport ! Réfléchissez à ce que vous dites.
Je crois qu'il s'en sortira autrement.
Il pourrait être la mascotte de l'équipe de foot.
C'est toujours...
- C'est quoi ? - Les Castors.
Habillez-le comme un castor.
Maman, tu es soûle ?
Ne me parle pas comme ça.
Fais attention !
Vous croyez vraiment...
Il ne s'agit pas de moi. C'est juste...
Tu dois sûrement aimer le saumon fumé au petit déjeuner.
Mais il n'y a pas de saumon, par ici.
Mais les toasts au bar...
c'est un mets que tu vas adorer.
Dis-moi... Tu aimes ton lycée ?
Personne ne me comprend, ici.
Tu crois que je cherche à ce qu'on me comprenne ?
Tu es qui tu es, c'est tout ce qui compte.
Peut-être qu'ils te comprendront un jour.
Certains finiront peut-être même à ton niveau.
Mais quand ce sera le cas,
tu t'en foutras toi aussi.
Pourquoi vous ne vous voyez plus ?
Toi et maman.
Parce qu'on est des idiots.
J'étais en colère
quand elle est partie avec ton père.
Elle était fiancée à mon meilleur ami,
et j'ai pas compris pourquoi elle nous avait tous tourné le dos
pour un gars qu'elle connaissait depuis une semaine.
Personne ne l'a vu venir.
On s'est disputés...
On a chacun mesuré la quantité exacte d'amour et d'affection
qu'on pensait que l'autre nous donnait, et on lui a rendu la somme exacte.
C'est débile.
Tu veux...
Tu veux du beurre ou du fromage à tartiner ?
Sur le bar ?
Oui.
Du beurre.
Je suis resté ici toute ma vie.
Foutu Kansas.
Elle a sans doute été plus maligne.
Tu devrais te réconcilier avec ton frère.
Elle est au fond du trou, et je sais pas comment l'aider.
TROIS SEMAINES PLUS TARD
Bon sang, vous feriez de mauvais espions.
Joyeux anniversaire !
Oui !
Encore un an de plus.
À la décomposition de mon corps et à la joie de vieillir seule.
Tiens, c'est arrivé par courrier il y a quelques jours.
Derrick...
Tu peux l'ouvrir ? Ta mère est coincée.
C'est une réplique de Ma Tante.
C'est juste une réplique de vie. Laisse tomber.
C'est une bible.
Elle doit venir de l'une des nombreuses églises du New Jersey.
Fais voir.
Jolie bible.
Je comprends pas.
Elle vient de qui ?
Buddy.
Fais voir le cachet postal.
Tu crois qu'il sera écrit "Royaume des Cieux" ?
Akron, Ohio. Elle a été postée de notre dernière adresse.
Je me souviens quand il l'a achetée.
Elle est gravée.
Et reliée en cuir, Ça a dû lui coûter de l'argent.
On est allés à la librairie.
Il l'a choisie au hasard.
Mais...
Ça lui a demandé un effort...
Ça le rendait vraiment heureux.
Alors...
Je veux dire que...
D'une certaine manière,
le fait qu'il m'offre ça...
Ça veut dire qu'il a fini par accepter Dieu ?
Peut-être même qu'il l'a fait pour moi.
Oui.
D'accord.
Attendez.
Allons à l'église. Tout de suite. On y va tous. Allez.
On va à l'église, maintenant ?
Il n'est peut-être pas au purgatoire.
Je peux me rattraper.
J'étais là, allongée,
à croire que Buddy était mort sans avoir trouvé la foi. J'avais tort.
Il avait foi en nous.
Pourquoi vous restez plantés là ?
- Bougez-vous ! - D'accord.
- À l'église ? - Allez !
- Allez ! - L'église...
Super. Joyeux anniversaire.
Alors...
Tu crois vraiment qu'il a rencontré Dieu, comme ça ?
Peut-être.
Dans quelle réalité ?
J'y crois pas.
Je vois pas ce qu'il y a de si génial, avec la réalité.
Moi, ça me fait rien du tout.
Comment t'as fait pour avoir le cachet d'Akron ?
Quoi ?
C'était du génie.
C'est pas moi.
Non ?
C'est pas moi.
J'ai convaincu Ernie Saracino.
Et voilà.
Ça l'a sortie du lit, non ?
Et alors ?
On va passer notre vie à faire comme si papa avait trouvé Dieu ?
Et alors, il n'y a rien de mal.
Ruth Gordon a dit : "Parfois, il faut savoir mentir."
Tu feins bien de ne pas me connaître, au lycée.
T'es en accord avec ce mensonge.
Écoute.
Tu iras à New York, et tu y seras à ta place.
Et tu connaîtras le succès.
Pas moi.
Moi, je dois m'intégrer ici et...
Je ne peux pas le faire avec toi.
Tu crois que je vais réussir ?
Je n'ai pas ton talent, Les.
J'ai même pas assez de talent pour le Kansas.
Papa pensait que ce que les gens n'aiment pas chez toi à l'école,
ils l'adoreront dans tes textes.
Il pensait que tu deviendrais auteur.
Et je n'aurais jamais vraiment appris à le connaître.
Parce que je suis un abruti.
Tu n'es pas qu'un abruti, Derrick.
Personne ne se résume à une chose.
Tu es aussi égoïste et malhonnête.
D'accord.
On se traite mal parce qu'on est une famille.
Et on sait qu'on peut.
Tu veux entendre un truc drôle ?
J'ai postulé pour l'équipe de football.
Et j'ai pas été pris.
Minuit, chrétiens
C'est l'heure solennelle
Où l'homme Dieu
Descendit jusqu'à nous,
Pour effacer
La tache originelle
Et de son père
Arrêter le courroux
Le monde entier
Tressaille d'espérance
À cette nuit
Qui lui donne un sauveur
Peuple
À genoux
Attends
Ta délivrance
Noël
Voici
Le Rédempteur
Noël
Voici
Le Rédempteur
- Merci. - Merci, Macy.
J'ai réfléchi.
Ne te dis pas que tu n'as que cinq ans pour réussir.
J'ai joué cette carte avec ton père, et ça nous a rendus malheureux.
C'est comme commencer une course avec 50 kilos en plus sur le dos.
Soit on y va à fond, soit on n'y va pas.
- Tu m'entends ? - Oui.
Et ne te mets pas trop à l'aise ici.
On s'en va.
Allez, on y va.
Tu veux faire une pause ?
Dis-moi si j'en fais trop, d'accord ?
Non, ça va.
Sérieux, Les, aide-moi.
Bon...
t'as toujours une sale tête.
Mais je me sens pas si mal.
Et de plus, j'ai un objectif.
On va vivre dans les maisons vides de Dee Baskin ?
J'ai négocié un meilleur accord.
Surtout après avoir appris que Joe Henley, qui remplace Buddy,
s'était planté à Milwaukee avec La Mort d'un commis voyageur.
Si on réussit notre coup à Milwaukee,
on fera une saison entière avec Neil Simon.
De l'argent à la banque.
Et si on ne réussit pas ?
On réussira.
J'ai plus d'un tour dans mon sac.
Le meilleur est à venir, les garçons. Je le sens au fond de moi.
C'est peut-être l'arthrite.
C'est bizarre de faire ça sans papa.
Ça nous rend à nouveau bizarres.
Derrick, active-toi. Nous mets pas en retard avec Monroe...
Sérieux ? Je suis le seul à bosser, ici.
Attention à ce que tu dis, ou tu feras des numéros de danse tout l'été.
Non, je ferai pas d'autre comédie musicale.
Pas en trois temps, sous les projecteurs.
Non, vous pouvez pas me forcer.
Je suis une femme de pouvoir. Je peux même te faire faire du mime.
Allons-y. Dites au revoir à Walter.
- Au revoir. - À plus.
Merci, Walter.
De rien.
- Allez, maman. - Oui, j'arrive.
Bon sang.
À 29 ans, j'ai intégré l'armée.
NEW JERSEY - ÉTÉ 1990
Je n'avais aucun talent particulier, mais ça ne m'a pas gênée.
Était-ce par devoir patriotique ?
J'avais 29 ans. J'étais célibataire.
J'étais là pour les garçons.
Garde cette énergie, n'oublie pas de sourire et de prendre du plaisir.
Vas-y.
Brille !
Tu peux les poser sur la table d'accessoires ?
Merci beaucoup.
Mettez-vous en place, et amusez-vous bien.
Amusez-vous.
Toi !
Tu as très bien joué dans ta seule scène.
Mais c'est fini pour toi.
Fais un pas de plus vers cette scène, et ce sera le dernier.
Maman, je suis loin de la scène.
Maman. On peut avoir les clés de la voiture ?
Si je les retrouve.
Allez !
Comment est la maison ?
Qu'est-ce que tu mijotes, Les ?
Je regarde, c'est tout.
Vas-y.
Traduit par Alexis Anceau
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