Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Vo�c� Ph�lade Iph�e,
une v�lle pa�s�ble et agr�able,
berceau de la l�bert� en Am�r�que.
Sans voulo�r veKer d'autres grandes c�t�s,
elle est � l'or�g�ne de la grande trad�t�on colon�ale.
Avec ses gratte-c�el et ses rues an�m�es, elle est devenue une grande m�tropole,
ce qu� �tonnera�t s�rement son fondateur, W�ll�am Penn
qu� l'ava�t bapt�s�e Ia v�lle de l'amour fraternel.
Et vo�c�Ab�ga�l Budell. Elle poss�de presque tout, �c�,
et r�gne sur la v�lle avec, d�r�ons-nous, une d�vot�on sororale.
Elle est une �nsp�rat�on pour beaucoup de gens, et ��uste t�tre,
car elle a contr�bu� au d�veloppement des arts et de la mus�que
et elle n'a pas d�t son dern�er mot.
Asseyez-vous.
Excellent, messieurs. Merci.
- Jose. - Pemberton.
Vous n'apprendrez jamais.
Mme Budell dit que c'est important.
Elle croit que tout ce qui est important pour elle l'est pour les autres.
- Elle sait que nous r�p�tons ? - Oh, oui.
, Mais elle veut vous voir tout de suite ce matin.
Je la verrai cet apr�s-midi � 1 5 h.
Elle ne sera pas contente. Elle a dit : ''Ce matin.''
Elle ne sera pas contente ? Alors dites-lui...
Peu importe. Je lui dirai moi-m�me.
Bonjour, monsieur.
- Encore une audition, Hutchins ? - Je ne saurais le dire, monsieur.
- Apportez-moi du th�. - Oui.
- Bonjour, Abigail. - Vous voil� enfin.
Ce retard est volontaire. Vous comprendrez peut-�tre enfin
que je n'aime pas interrompre une r�p�tition.
J'�tais impatiente d'avoir votre avis sur la voix d'une jeune fille.
- Que faites-vous ? - Je me rembourse un pari.
Je savais que c'�tait une audition.
Je veux savoir si elle a une voix d'op�ra.
Nous avons un orchestre symphonique, pas un op�ra.
La prochaine fois, vous voudrez savoir si c,a va pour la t�l�vision.
Cette fois, c'est sp�cial. C'est ma petite-fille.
La petite maigrichonne aux grands yeux implorants ?
Ce n'est plus une petite fille aux yeux implorants.
Elle a �tudi� avec Rachere � Milan.
Tout le monde a �tudi� avec Rachere � Milan.
Comme si le contre-ut suffisait pour une carri�re � l'op�ra.
- Mme Bouget, voici M. Iturbi. - Enchant�.
- Ma petite-fille, Prudence. - Bonjour, Prudence.
Vous avez chang�. On ne s'est pas vus depuis quand ?
Cinq ans, M. Iturbi.
- Et vous avez �tudi� ? - Oui. A Paris, Milan, Florence.
Les maestros disent qu'elle a une belle voix.
Evidemment. Qu'allez-vous chanter ?
Vous �tes ambitieuse. Allez-y.
J'ai peur, Mme Bouget.
Peur ? Et moi donc je dois jouer du piano dev'ant lui.
Bien, bien. Assez.
Vous avez vu quelque chose au plafond ? Une tache ?
- Pour qui chantez-vous ? - Pour vous.
Alors chantez pour moi. Je suis l�, devant vous.
Je vous en prie.
Maintenant. Regardez-moi !
Allez.
Maintenant.
Je ne suis pas venu faire le soliste, Mlle Budell.
Pardon, M. Iturbi mais je ne peux pas ch'anter.
- Pourquoi ? - Vous me rendez nerveuse.
Bien. Vous �tes cens�e l'�tre. C, a vous passera en chantant.
Je ne peux pas.
Etes-vous une amatrice qui chante sous la douche ?
Duss�-je ne plus jamais chanter, je ne chanterai pas pour vous, esp�ce de...
Mes excuses, madame.
Grand-m�re pardonnez cet acc�s 'd'humeur.
C'est ce que vous avez fait de mieux pendant l'audition.
Procurez-vous un nouveau piano. Elle me pla�t.
Je savais que c, a vous int�resserait.
Elle a une tr�s jolie voix. Bien s�r, il faut la travailler.
Mais cette intensit� me pla�t.
Mais elle veut chanter de l'op�ra.
Vous croyez que je ne comprends pas ?
La question est simple, Jose.
Pas si simple, mon amie.
Vous voulez savoir si Prudence pourra vivre votre r�ve � votre place.
Peu importe. Le peut-elle ?
- Le veut-elle ? - Bien s�r qu'elle le veut.
Elle �tudie tr�s dur depuis l'�ge de 1 5 ans.
Bien s�r, qu'elle le veut.
, Je connaissais un homme en Espagne.
ll r�vait d'�tre un grand tor�ador, un torero.
Mais il perdit une jambe et son r�ve s'�croula.
Alors, il voulut que son fils soit un grand torero.
L'enfant travailla avec les meilleurs dans l'ar�ne.
Puis vint le grand jour � Madrid.
Le fils allait faire la gloire de leur nom et serait un grand tor�ador.
Mais le taureau fut plus fort que le garc,on et le r�ve s'�croula.
Asseyez-vous, cher ami all�gorique, et �coutez-moi.
Une jeune fille de Philadelphie avait une jolie voix,
mais sa grand-m�re refusait qu'elle chante en public.
Cette jeune fille � la jolie voix est � son tour grand-m�re
et aime que les choses se fassent.
Plus on lui r�siste, plus elle s'acharne.
Elle a d�cid� que Philadelphie aurait une autre compagnie d'op�ra...
- Abigail, une autre compagnie ? - Oui, le nouvel op�ra municipal.
Tout comme elle avait voulu un orchestre symphonique
et engag� un homme capricieux, un certain Iturbi, pour le diriger.
Mais cet op�ra vous co�tera une fortune.
J'ai une fortune.
J'ai �galement engag� un t�nor, Guido Russino Betelli.
Betelli chanterait avec une inconnue ? Je le croirai quand je le verrai.
Vous serez forc� de croire des tas de choses.
Hutchins.
Quel dommage.
� L'ANTENNE
Vous lancez un nouvel op�ra municipal, Mme Budell.
Dans quel but ?
De pr�senter des op�ras, jeune homme.
- Oui, je sais. - Alors pourquoi demandez-vous ?
Enfin, pourquoi une autre compagnie ?
''Ma petite-fille a une voix magnifique.
Si l'op�ra municipal r�ussit,
il inspirera d'autres villes � avoir leur propre compagnie.''
Les op�ras perdent beaucoup d'argent.
Le mien n'en perdra pas.
Non, sans doute pas.
''J'aimerais que les citoyens consid�rent cet op�ra comme le leur.
M. Iturbi et moi ferons de notre mieux pour que ce soit un bon op�ra.''
Tr�s int�ressant, Mme Budell. Il reste quelques minutes.
Parlez-nous un peu plus de vos plans.
Je n'ai rien � ajouter. Que le type au juke-box mette un disque.
, Merci d'avoir �cout� si vous avez �cout�.
Merci, Mme Budell.
Nous vous proposons un interm�de musical de cinq minutes.
Abigail Budell Remet C, a Avec Le Nouvel Op�ra Municipal
Anton Nolard Vient Pour L'Op�ra D'Abigail
ZACOPOTE DERNIER vENu � L'oP�RA
GUIDO BETELLl ARRIVE LE c�LjBRE T�NoR ENGAG�
- Dites � M. Betelli que nous attendons. - Je lui dirai.
- Qui �tait-ce ? - Ils sont pr�ts, monsieur.
Betelli n'est pas pr�t.
- O� est-il ? - Ici.
Non, arr�tez. Je vous en prie.
Oui, S�gnor Betelli ?
C'est impossible.
Cette soprano, elle chante mon signal au mur.
C'est la nervosit�, j'en suis s�r.
Je suis Betelli, vous n'�tes rien.
, Vous devriez m'embrasser la main
rien que parce que je suis sur sc�ne quand vous chantez.
- C, a devrait vous inspirer. - Je suis inspir�e, S�gnor Betelli.
Dans ce cas, pourquoi m'avez-vous tourn� le dos ?
Parce que je suis nerveuse.
- Maestro, pouvons-nous reprendre ? - Messieurs ?
Non ! Arr�tez ! Maestro !
O� est cet abruti de directeur ?
Du bruit !
Je suis l�, l'abruti de... directeur. M. Pemberton.
Ce bruit. Faites arr�ter ce bruit !
C'est une ambulance. Il y a un malade. Ils doivent faire vite.
lls lancent leur... quand quelqu'un est malade.
C'est vrai, quelqu'un est malade.
C'est moi, le malade !
Du bruit, des amateurs, vous.
Vous avez fait en sorte que je chante faux.
Vous voulez que Betelli chante en criant ?
D�sol�e, M. Betelli je n'ai pas entendu'.
Ah ! Vous �tes sourde ?
C'est bien ce que je pensais.
Un directeur stupide, une soprano sourde, des gens malades qui hurlent.
C'est trop dans une journ�e, maestro.
Ce sera tout pour aujourd'hui. Merci.
Je vous revois demain � 10 h.
Je suis vraiment d�sol�e, M. Iturbi.
Je vous verrai dans mon bureau.
Jose, qu'est-ce qu'elle a ?
Le torero, vous avez oubli� ?
ll est c�l�bre.
Certaines c�l�brit�s se croient autoris�es � hurler.
Mais vous avez eu tort. C'est pour c,a que je n'ai pas protest�.
A l'op�ra, dans la vie,
on regarde les gens, quand on leur dit qu'on les aime.
- Je... - Vous �tiez nerveuse, je sais.
Ce n'est pas une excuse.
Je n'�tais pas nerveuse. J'avais peur.
Peur de quoi ?
Peur de rire.
, Vous trouvez c,a dr�le une sc�ne d'amour ?
- Les paroles. - Ridicule. C'est classique.
Essayez de dire au S�gnor Betelli :
''Je v�vra� de soup�rs et de pr��res Jusqu'� votre retour
Permettez-mo� de vous d�re Que�e vous a�mera� tou�ours''
Regardez Betelli et chantez c,a, pour voir.
Betelli est un grand artiste. Oubliez le sens des paroles.
- J'ai essay�, mais... - Ecoutez, Prudence.
Les grands t�nors sont rarement
de beaux jeunes hommes qui ressentent ce qu'ils chantent.
Si jamais vous en trouvez un, pr�venez-moi.
Merci, M. Iturbi. Au revoir.
lturbi est si s�r de lui, si affirmatif. J'aimerais lui montrer qu'il a tort.
C'est un t�nor.
Oh, non, pas chez moi.
- Merci, Artie, merci. - Bonjour.
- Au revoir. - Attendez.
Signez. La chanson est gratuite.
- Vous avez une voix magnifique. - Merci.
- Vous devriez en faire quelque chose. - J'ai ferm� un op�ra � New York.
Je ne plaisante pas. Je chantais Ie ''Ch%ur des soldats'' dans Carmen.
Huit semaines pour avoir le r�le et j'ai chant� trois fois :
C'�tait 38 $ dans mes poches.
Le lendemain, l'op�ra fermait.
Je ne comprends pas comment ils ont su que c'�tait moi.
- Alors, vous avez �tudi� ? - Depuis l'�ge de huit ans.
- En Italie ? - Little Italy, avec papa. T�te dure.
- Puis deux ans � Boston avec Perenti. - Et ensuite ?
J'ai eu faim et suis devenu raisonnable.
Je suis rentr� � Philly et j'ai emprunt� pour acheter un camion.
Vous avez renonc� � chanter ?
Je ne sais pas si c'est moi ou le chant qui a renonc�.
Dites, c,a vous plairait de chanter pour Jose Iturbi ?
Et comment ! Et lui, c,a lui plairait ?
Beaucoup, je pense.
, Vous �tes merveilleuse mais c'est mon crayon.
- O� puis-je vous trouver ? - Chez ma m�re.
Chez Mama Donnetti sur Center Street. Ravioli, spumoni, minestrone...
- Donnetti ? - Johnny Donnetti.
- Je suis Prudence Budell. - Prudence Budell.
J'y vais, sinon c,a vous co�tera des heures sup.
D�sol� pour le klaxon, mais il est midi.
Notre carnet mondain est encore bien rempli.
, On doit livrer une cuisini�re aller chercher une chaudi�re
et voir un mec pour un lingot de fonte, Ie tout avant 14 h.
- Elle m'a fait tout un baratin. - Int�ressant, le t�te-�-t�te ?
Elle veut faire venir Iturbi pour m'accompagner au piano.
J'esp�re que ce sera jeudi. Mon domestique a cong�, ce jour-l�.
C'est ici.
- Il est serveur ? - Non.
ll est camionneur.
Vous devenez aussi enquiquinante que votre grand-m�re.
- Attendez de l'avoir entendu chanter. - Bonsoir. Suivez-moi, je vous prie.
ll a une voix superbe. C'est un talent gaspill�.
C'est une...
- N'oubliez pas votre courtoisie. - Mais...
Vous avez beaucoup d'oreille.
Bravo, bravo.
Et beaucoup de go�t.
- C'est une erreur. - Je suis d'accord.
Bravo, bravo.
Vous en faites un peu trop, non ?
- Oui. - Johnny est jeune et...
Graz�e tanto, maestro. Et merci � vous.
Je m'appelle Adriano Donnetti. Je chantais � La Scala.
- Remarquable. - Merci.
- Merci, M. Donnetti. - Merci.
- Johnny n'est pas l� ? - Non, pas ce soir.
- O� pouvons-nous le trouver ? - Au garage, avec les camions.
ll est tard. Il faut rentrer.
- Vous ne mangez pas ? - Pas ce soir. Un autre jour.
- Dommage. Merci, maestro. - D�sol�. Bonsoir. Bonsoir.
Revenez quand vous aurez faim.
C'est bon, tu peux y aller !
Transports Canford's G.l., dispatcher de nuit.
Bonsoir. C'est Mary � l'appareil.
C, a p�se combien ? D'accord, on passe de suite.
Tommy, c'est ton tour. Cinq meubles � prendre au dock de fret D.
- Tu auras besoin d'aide. - Merci.
- Salut, Mary. - Salut.
Assieds-toi.
On va chanter ''Sheltering Palms'' pour Mary.
Chouette.
A l'abr� de la palmera�e
Attends-mo�, ch�r�e Attends-mo�, ch�r�e
N'oubl�e pas, ch�r�e Que nous avons rendez-vous
Souv�ens-to�, au sole�l couchant Vers hu�t heures
Oh, ma ch�r�e, mon amour br�lant Br�lant, br�lant
Non.
Mon c%ur est �mpat�ent Impat�ent, �mpat�ent
De te retrouver � l'abr� de la palmera�e
Oh, ch�r�e, attends
A l'abr� de la palmera�e
Attends-mo�
- Merci, les gars. - Merci.
- Merci beaucoup. - Merci.
- Artie, c'est Jose Iturbi. - Dans ce cas...
ll faut le jouer, jeune homme, pas le battre � mort.
Nous cherchons Johnny Donnetti.
- Il est en livraison. - Il est sorti ? Bien.
ll sera de retour tr�s vite. Je...
Asseyez-vous, maestro.
Non, merci. Dites-lui de passer me voir demain.
- Il ne viendra pas. - Quoi ?
Enfin, il n'a pas le temps. Peut-�tre...
ll a un horaire charg�, demain.
S'il est si occup�, oublions tout cela.
Vous avez de la chance. Voil� votre homme.
Je reviens avec la proie.
Johnny, Iturbi est l�.
- Seul ou avec l'orchestre ? - Avec la nana.
- Avec la fille Budell ? - Oui.
- Viens, ils t'attendent. - Je sais.
Tu veux dire que les gars attendent pour rire de moi.
Je te jure que c'est vrai.
ll est l� avec Mary et toute la bande. Viens.
Je vais me doucher.
Dis-lui de venir avec son orchestre.
, Ecoute, tu vas entrer l�-dedans ils t'attendent.
- C'est ton heure de gloire. - Arr�te !
- Je vais te tuer. - Mais allez !
- Veux-tu... ? H� ! - Ecoute, je suis fatigu�...
Je croyais que tu plaisantais.
M. Donnetti, M. Iturbi.
Vous n'�tes pas facile � trouver.
Pardon, maestro. Je croyais qu'Artie plaisantait.
- Je suis venu vous entendre chanter. - Vraiment ?
- Que voulez-vous entendre ? - Ce que vous voulez.
Que diriez-vous de ''Una furt�va lagr�ma'' ?
- Seulement la derni�re partie, alors. - D'accord.
Debout.
- Pr�t ? - Oui.
Bien.
- Merci, maestro. - Je vous en prie.
- C'�tait magnifique, Johnny ! - Formidable, Johnny.
- Magnifique. - J'ai raison ?
C'est une agr�able surprise.
ll a une voix riche et chaude et une belle pr�sence.
Pouvez-vous l'engager ?
Si vous songez � l'op�ra, pas question.
On ne peut pas avoir deux d�butants.
Je vous demande pardon, M. Donnetti n'est pas un d�butant.
, La voix est une chose
mais sur sc�ne, qui sait s'il n'est pas timide et emp�tr� ?
- Il semblait parfaitement � l'aise. - C'est vrai.
ll est entour� d'amis, c'est facile.
Mais devant un vrai public, c'est diff�rent.
- Parlez-lui. - D'accord.
M. Donnetti avez-vous d�j� particip� �' un concert ?
A l'arm�e, oui. Des spectacles, des trucs du genre.
ll les a sci�s. C'�tait l'ovation debout.
lls �taient debout, c'est vrai. Il n'y avait pas souvent de fauteuils.
Vous pourriez le pr�senter Iors d'un concert.
Pour voir s'il se d�brouille bien en public.
lls seront fascin�s. Garanti.
Vraiment ? Bien.
C'est un enfant de Philadelphie, un talent local.
- C, a plaira � Abigail. - C'est vrai.
- C, a devrait pouvoir se faire. - C'est formidable.
Veuillez m'excuser.
- Vous avez un manager ? - Je suis son manager. Pardon.
Je m'appelle Glenson. A.G., Arthur Geoffrey Glenson.
Vous avez un manager. Bien, M. Ie manager,
j'attends votre artiste au New Symphony Hall, samedi � 10 h.
- Mon artiste y sera. - Au revoir. Prudence.
Attendez, j'ai encore une petite question � poser.
Pour ce d�but, c'est nous qui payons ou c'est vous qui payez ?
C'est un bon manager. C'est nous qui vous payons.
- Et vous nous donnez combien ? - Vous aurez 200 $.
Et 50 $ pour le concert.
Cela est tout � fait satisfaisant.
C'est quatre nouveaux pneus pour mon camion. Merci, maestro.
Remerciez-la.
Mlle Budell... Je t�cherai de ne pas vous faire honte.
Mais non, Johnny. J'en suis s�re.
J'y vais pour �viter que M. Iturbi vous fasse payer des heures sup.
Au revoir, messieurs.
- Au revoir. - Au revoir.
Ciao, Jose.
Ciao.
M. Donnetti, c'est parti !
- Bravo, Johnny. - Bien, bien.
Non, pas pendant qu'il joue.
Mais j'ai appel�. Il a dit de monter.
Je suis Donnetti.
- Le p�re de Johnny Donnetti. - Et la maman.
- Oh, entrez, je vous prie. - Merci.
M. Iturbi.
Bonsoir, M. Donnetti.
- Mme Donnetti. - Maestro.
Maestro, c'est difficile, six �tages. Mon souffle...
- Vous �tes mont� � pieds ? - Six �tages.
- Maman n'aime pas l'ascenseur. - Non.
Nous voulons vous remercier pour notre fils.
Et quand maman remercie quelqu'un,
elle le fait avec un minestrone.
Non. Un minestrone ?
Johnny ?
- Je peux vous aider ? - Je cherche Johnny Donnetti.
H�, Donnetti il y a une fille qui te c'herche !
Je charge au 14 !
- C'est juste l�, mademoiselle. - Merci.
Coinc�e, hein ? C'est arriv� � ma petite s%ur.
Je ne regardais pas et j'ai march� sur la grille.
Attendez. Ne posez pas le pied, vous saliriez vos bas.
Et voil�.
Que faites-vous dans le quartier ?
C'est M. Iturbi qui m'envoie.
Pas pour annuler le concert, j'esp�re.
Au contraire.
Tant mieux. Mon p�re est si excit� qu'il n'en a pas dormi de la nuit.
Mon manager, Artie, est parti me chercher un costume de sc�ne.
Johnny !
Johnny !
Vous avez failli vous retrouver � Pennsylvania Station.
M. Iturbi vous demande de commencer � r�p�ter ceci.
Je commencerai apr�s ma livraison.
M. Iturbi a dit...
Bon�our.
O� est Prudence ? Et arr�tez de m�cher ce chewing-gum.
- Bonsoir. - Bonsoir.
Je pensais que ce serait facile, mais tous ces gens...
Rappelez-vous � quel point c'est important pour vous et M. Iturbi...
Et pour tout le monde.
Et ne vous en faites pas pour la nervosit�.
- C'est normal. - Merci.
Mesdames et messieurs j'ai une surprise pour vou's.
Un jeune homme avec une magnifique voix de t�nor.
Un enfant de Philadelphie, John Donnetti,
qui chantera pour vous ''Celeste Aida'' de Verdi.
Mesdames et messieurs je vous pr�sente Monsieur Don' netti.
On �coute le camionneur d'lturbi ou on part avant le d�but de l'agonie ?
Nous restons.
Bravo ! Bravo ! Bravo !
Bravo ! Bravo !
Je suis son manager.
Entrez.
Merci, Prudence.
Quel magnifique t�nor, pas vrai ?
Oui, et je suis si heureuse pour toi.
- Pour moi ? Pourquoi ? - C, a prouve que j'ai raison.
Quoi qu'il pr�tende, Iturbi s'int�resse vraiment aux jeunes artistes.
Oui, je vois tr�s bien.
Tu as vu, ce soir, avec ce...
- Donnetti. - Oui.
- Tu sais o� il l'a trouv� ? - Oui, je sais.
ll est camionneur.
S'il obtient ce r�sultat avec lui en si peu de temps, imagine avec toi.
Oui, c'est vrai. Bonsoir, grand-m�re.
Bonsoir.
Merci pour le th�, Prudence.
Et quand�e leur a� d�t
Comb�en tu �ta�s�ol�e
lls ne m'ont pas cru
lls ne m'ont pas cru
Tes l�vres, tes yeuK Tes�oues, tes cheveuK
Sont d'une classe � part
Tu es la plus belle f�lle
Qu�pu�sse se trouver
Et quand�e leur d�ra�
Et�e va�s leur d�re
Qu'un�our
Tu seras � mo�
lls ne cro�ront�ama�s
lls ne cro�ront�ama�s
Que dans ce vaste monde
C'est mo� que tu as cho�s�
Et quand�e leur a� d�t
Comb�en tu �ta�s merve�lleuK
lls ne m'ont pas crue
lls ne m'ont pas crue
Tes l�vres, tes yeuK Tes�oues, tes cheveuK
Sont d'une classe � part
Tu es la plus belle
Qu�pu�sse se trouver
Et quand�e leur d�ra�
Et�e va�s leur d�re
Qu'un�our
Tu seras � mo�
lls ne cro�ront�ama�s
lls ne cro�ront�ama�s
Que dans ce vaste monde
C'est mo� que tu as cho�s�
- C'�tait comment ? - Merveilleux.
, Ils �taient tous en tenue de soir�e Ies Budell dans leur loge.
Tous ceux qui comptent � Philadelphie �taient l�.
lls l'ont ador�.
Bonjour, bonjour, bonjour.
Au boulot, esclaves. Tous dans vos camions.
Je sais ce que c,a veut dire, travailler pour vivre.
J'ai �t� camionneur, � l'�poque.
Une �poque r�volue, j'esp�re.
- Tu as vu ? - La fleur � la boutonni�re.
ll est pr�t � faire la une.
C'est bon, c,a suffit. Tout le monde au boulot.
- O� est Johnny ? - Il dort.
Le p�re Donnetti a failli m'assassiner quand j'ai voulu r�veiller l'artiste.
Artie, qu'est-ce que tu penses d'hier soir ?
C'est parti. Il va �tre une star.
Vous le serez tous les deux.
Tu te souviens comme il �tait fou quand tu me l'as pr�sent� ?
Oui, � l'USO de Paris.
Toi aussi, tu as un peu perdu la t�te, ce soir-l�, non ?
Je crois, oui.
Je ne peux pas plus me r�jouir pour toi, sauf si c'�tait moi, l'�lu.
''Sa voix est riche et chaque tonalit� est juste.''
Qu'il essaie faust et on verra si elle sonne juste, sa voix !
Continuez.
- ''ll a une belle pr�sence.'' - Qu'est-ce que c,a veut dire ?
Qu'il est tr�s bien sur sc�ne. Qu'il fait plaisir � voir.
Continuez.
''Le public de Donnetti l'a acclam� et...''
- Qu'y a-t-il ? - Ils sont pr�ts pour la r�p�tition.
Betelli viendra quand il sera pr�t !
Continuez.
''Guido Betelli assistait au concert.
Philadelphie a de la chance d'avoir deux grands t�nors.''
Deux grands t�nors ?
Pas question que je continue � entendre ces b�tises !
Deux grands t�nors ?
ll n'y a qu'un Betelli ! Ne l'oubliez pas !
Bonjour.
Nous allons commencer avec le duo.
- M. Betelli, vous arrivez par la gauche. - Oui, je sais.
Messieurs.
- Non, je vous en prie. Arr�tez. - Quoi encore ?
Vous devez me regarder.
Ce n'est pas au camionneur que vous chantez.
Et les musiciens ne jouent pas pour ce camionneur.
Ne l'oubliez pas.
Vous devez me regarder dans les yeux.
Ces paroles veulent dire
- que vous m'aimerez toujours. - M. Betelli.
- S�gnor Betelli. - Je vous aimerai toujours !
S�gnor Betelli.
- Je vous aimerai toujours ! - M. Betelli !
- S�gnor Betelli. - Oui, maestro, je suis pr�t.
Ah, vous �tes pr�t ? Pas moi.
- Pemberton. - Oui ?
Dites � l'orchestre d'aller en griller une.
- M. Iturbi... - D�tendez-vous.
Abigail, puis-je vous voir un instant ?
M. Pemberton !
S�gnor.
Je suis venu pour la r�p�tition. Je veux r�p�ter.
- C'est dans le contrat. - M. Iturbi n'est pas dans le contrat.
Je veux r�p�ter.
Vraiment ? Alors restez, mon vieux. Nous allons r�p�ter.
- Avec vous ? - Certainement.
ldiot. Me voil� insult�.
Directeur incomp�tent !
M. Pemberton ?
M. Pemberton.
M. Pemberton.
- Pemberton. - Oui ?
M. Betelli est tr�s contrari�.
ll faudrait faire quelque chose. Tout de suite.
lls sont fascin�s par ce camionneur.
Pour Betelli ils jouent comme pour u' n bapt�me.
- Mais ils viendront � moi. - Oui, s�gnor.
- Ils verront que... - Les voil�, s�gnor.
Partez. Je ne veux voir personne.
J'ai dit ; ''Partez !.''
Vous entendez ? Je ne veux voir...
Vous �tes incroyablement calme, s�gnor.
Calme ? Je ne suis pas calme !
- Si, vous �tes calme. - Non, je ne le suis pas !
Si, vous l'�tes.
S'il m'arrivait une telle trag�die, si j'�tais le grand Betelli...
Je casserais tout.
Comme c,a. Comme c,a.
J'arracherai les tentures.
Je les pi�tinerais, je danserais dessus, je les �crabouillerais du talon.
Je serais excit�. J'aurais besoin d'air.
J'aurais un sursaut d'humeur. Un sursaut d'humeur !
C, a me sortirait par les oreilles, par le nez.
Je ferais de la destruction mon monument.
Qu'ils osent encore insulter un grand artiste.
Dehors ! Dehors !
Je balancerais ceci dans le passage.
- Vous m'aidez ? - Bien s�r.
Merci.
Un, deux...
Bien fait.
, Je laisserais tout sens dessus dessous Ie cauchemar !
D�gage, mendiant !
Une illustration sordide de mon ch�timent.
Qu'ils osent faire c,a au grand Betelli.
Au magnifique Betelli.
B-E-T-T-l. Comment osent-ils ?
Pour qui se prennent-ils ?
- Je ne ferais pas c,a. - Taisez-vous.
Le grand Betelli.
- C, a, c,a me pla�t. - Vraiment ?
Et la note finale...
- Non, non. - Quoi ?
- Casser un miroir porte malheur. - Longtemps ?
Sept ans.
Ce serait mon dernier coup avant de d�missionner.
- Je d�missionne. - Bien.
- Et je d�chirerais le contrat. - Je vais le d�chirer.
Maintenant ? Tout de suite ? Sans attendre ?
- J'en ai marre de Philadelphie. - Oui.
- Marre de l'amour fraternel. - Oui.
- Marre des amateurs. - Oui.
- Des journaux. - Oui.
- Et j'en ai marre de vous ! - Oui.
- Sortez ! Sortez ! - Oui.
Sortez !
Vous �tes un grand artiste.
Regardez ce que vous avez fait. C'est grandiose.
S�gnor, je vous salue.
- Betelli... - Betelli m'�nerve.
- Il est insupportable. - Allons, Jose.
- Il est tr�s gentil. - Quoi ?
ll vient de d�chirer son contrat.
Bien. Engagez Melchior.
Melchior est pris pour la saison.
- Et Lenetti ? - Lenetti est en tourn�e.
Johnny Donnetti est libre.
- Mais oui, et Donnetti ? - Ridicule.
ll a rec,u une bonne formation. Il a une voix magnifique.
ll a une belle pr�sence sur sc�ne, il est jeune et il vient de Philadelphie.
ll vient de Philadelphie.
C, a va pour les avocats et les fabricants de pur�e,
mais c,a ne suffit pas pour devenir chanteur d'op�ra
et j'adore la pur�e.
- Reconnaissez qu'il a une belle voix. - Oui, il est dou�.
Pour deux solos, six minutes. Un op�ra dure deux heures.
- Il a besoin de r�p�titions. - R�p�tez avec lui.
Je suis d�j� occup� avec vous.
- Prenez-nous tous les deux. - Pourquoi pas ?
Vous ne voulez pas commencer Ie deuxi�me acte ?
Prudence, demande-leur de nous apporter du th�.
Abigail, avant que vous me fassiez votre num�ro de charme, je...
ll n'y aura pas de num�ro de charme. Asseyez-vous.
Comment avez-vous fait ?
C, a a �t� assez facile.
Jose n'arr�tait pas de dire : ''Non, non, non.''
Apr�s un moment, il a chang� d'avis.
Puis-je l'annoncer � Johnny ?
Pourquoi pas ? C'est toi qui es amoureuse de lui.
- Je suis amoureuse de lui ? - R�p�te un peu.
Je suis amoureuse de lui.
La chanteuse d'op�ra tombe forc�ment amoureuse du t�nor
du compositeur, du baryton ou du chef d'orchestre.
Je suis contente que tu aies choisi le t�nor.
Nous avons besoin d'un t�nor.
- Grand-m�re, vous �tes... - Une femme pratique.
- Johnny Donnetti est l� ? - Non, je ne crois...
- Oh, bonjour, Mlle Budell. - Bonjour.
ll travaillait hier soir. Il n'est pas encore r�veill�.
En g�n�ral, il m'appelle d�s son r�veil.
Asseyez-vous, je vous prie.
Les gars mettent de la graisse partout.
Vos chauffeurs sont-ils tous aussi originaux que Johnny ?
Non. Ils ont cass� le moule apr�s l'avoir fabriqu�.
Sans doute.
ll a cr�� tout un �moi dans mon quartier, l'autre soir.
ll s'est point� avec des musiciens et on a chant� en duo. A minuit.
C'est Johnny tout crach�.
Attendez que je vous raconte son aventure � Wiesbaden.
Mon commandant avait la grippe
et j'ai commis l'erreur d'en parler � Johnny.
ll s'est ramen� en ambulance avec un ch%ur et ils ont chant�
''l've Been Working on the Railroad'' jusqu'� l'arriv�e de la police militaire.
lls ont termin� le dernier refrain au trou.
C'est tout � fait lui.
Ma vie ne sera pas ennuyeuse, avec lui.
ll ne dira rien mais il est vous est reco'nnaissant.
Nous vous sommes tous deux tr�s reconnaissants.
Merci, mais c'est plut�t ma grand-m�re et M. Iturbi qu'il faut remercier.
Oh, non. C'est gr�ce � vous.
lls souhaitent le voir chanter dans leur nouvel op�ra.
Op�ra ?
ll en a toujours r�v�.
ll disait souvent qu'un jour, il chanterait � l'op�ra.
Peu importe le nombre de spectateurs, mais qu'il chanterait pour moi.
ll sera vraiment sci�.
Mlle Budell vous permettez que je'le lui dise ?
Bien s�r. C'est � vous de le lui dire.
Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'h�sitez pas � nous appeler.
Merci. Au revoir.
''Mon cher Johnny,
j'aime la musique depuis de nombreuses ann�es.
Pouvez-vous m'envoyer une photo de vous par retour du courrier ?
Et �crivez-moi quelque chose de personnel, quelque chose que...''
J'ai une nouvelle pour toi. Tu sais qui vient de partir ?
La fille Budell et sa grand-m�re. Elles viennent de partir en voiture.
- C'est c,a, ta nouvelle ? - Non, Johnny.
- Tu vas chanter � l'op�ra. - Quoi ?
M. Iturbi veut que tu chantes � l'op�ra. C'est ce qu'elles ont dit.
Enfin, elle, la fille Budell.
Tout est arrang�. Ils veulent te voir.
Johnny, tu vas �tre une star de l'op�ra.
Mon fils. Je le savais. Je le savais, maman !
C'est une grande nouvelle !
C'est formidable. Au revoir. Je retourne au bureau.
- Au revoir. - Je dois y croire.
Je ne le croyais pas pour Iturbi et il a jou� pour moi.
Tu vois, mon Johnny,
tout ce travail, ces �tudes finalement, c,a avait un sens'.
Oui, papa. Tous ces projets qu'on pourra r�aliser.
Donna, tu pourras �tudier et devenir une grande cr�atrice de mode.
- Je ne sais pas quoi dire. - Ne dis rien.
Et maman, fini, la vaisselle. Fini, la cuisine, le restaurant.
- Maman sera une grande dame. - Je suis si heureuse pour toi.
Johnny, regarde. Elles pleurent.
Qu'est-ce qui vous prend ? Vous pleurez quand il faut se r�jouir.
- D�sol� de vous d�ranger... - C'est ma faute.
ll fallait que je vous dise merci.
- C'est grand-m�re et M. Iturbi... - Oui, mais c'est vous, ma bonne �toile.
Le jour o� j'ai transport� ce truc, vous avez chang� ma vie.
Mme Bouget et moi sommes en pleine r�p�tition.
- C'est exact. - J'y vais, j'y vais.
Je voulais vous remercier. Et papa et maman vous remercient,
ainsi que Rosina, Donna et Peanuts.
Et comme je m'en vais, Mme Bouget va me remercier.
Oui, moi aussi.
Prudence, qu'y a-t-il ?
Rien. Recommenc,ons.
- Ne fais plus jamais c,a. - Pourquoi ?
Tu pourrais tomber et t'ab�mer les amygdales.
CAMlON � vENDRE
DEMANDEZ JOHNNY DONNETTl OU SON MANAGER
BETELLI QuITTE L'oP�RA
Abigail Engage Un Enfant Du Pays Les R�p�titions Commencent
C'�tait bien mais nous allons le'refaire.
- Oui. - Souriez. Allons, souriez.
C'est mieux. Et d�tendez-vous, marchez.
On le refait ?
- Oui, maestro. - C'est bien.
Messieurs, depuis le d�but.
Ross�gnol, oh, ross�gnol
Comme ton chant est douK
Oh, ross�gnol
O� t'envoles-tu ?
Oh, d�s-mo�
O� chantes-tu
Au po�nt du�our ?
Ross�gnol, oh, ross�gnol
O� chantes-tu au po�nt du�our ?
Ross�gnol
Ross�gnol
Envole-to� vers lu�
Va v�te le retrouver
Bravo. Tr�s bien. Tr�s bien. Messieurs, je vous en prie.
Comment allez-vous, Mlle Budell ?
- Salut, Artie. - Touche.
- Il ne manque que ta signature. - Quoi ?
Ton contrat.
- Mon contrat ? - Oui !
- Ce soir, on f�te ! - Et quelle f�te !
Un instant. Avant d'organiser une f�te,
tu devrais lire ce qu'il y a dans ton contrat.
Laisse c,a � papa.
- Qui est l� ? - Johnny.
Je ne peux pas vous recevoir.
Nous organisons une grande f�te, ce soir.
Maman, papa, Rosina, Donna, Peanuts et moi-m�me
voulons inviter celle � qui je dois tout cela.
La signature de mon contrat. Je passe vous prendre � quelle heure ?
D�sol�e, mais je sors, ce soir.
, Vous sortez tous les soirs en ce moment.
Vous croyez que c'est bien pour votre carri�re ou la mienne ?
Ne vous en faites pas pour votre carri�re.
Allons. Il ne faut pas faire attendre le maestro.
Vous aussi.
Prudence, essayez de venir. M�me tard.
ll y aura de la lumi�re � la fen�tre pour vous.
Signe avant que papa ne l'use trop.
- Tu l'as lu, papa ? - Chaque mot. C'est formidable.
Tu es un artiste, maintenant. C'est �crit l�.
- Et c,a dit quoi d'autre ? - C'est tout ce qui compte, non ?
- Bien s�r que si. - Bien s�r.
Fermeture Exceptionnelle SOlR�E SP�CIALE
ll est tro�s heures du mat�n
Nous avons dans� toute la nu�t
le�our b�ent�t se l�vera
Accorde-mo� une dern��re valse
Je pourra�s cont�nuer � danser
Eternellement, ma ch�re, avec to�
Oh, quelle f�te. C'est grandiose.
Je suis prodigieusement heureux.
Je suis heureux pour Giovanni.
Traduit, c,a donne Johnny. Toi.
Et je suis heureux pour toi.
Je suis heureux pour maman et papa.
Mais je suis d�sol� pour moi. Pas trop, juste un peu.
Regarde-le pleurer sur sa bi�re.
Vous voulez que je vous dise pourquoi je suis d�sol� ?
Je ne vous le dirai pas. Je ne le dirai � personne.
C'est top secret. C'est ma bombe atomique.
C, a restera enferm� au fond de mon c%ur.
''Au fond de mon c%ur''. Bon titre, pour une chanson.
Je demanderai � Jose de composer la musique.
ll doit passer plus tard.
Bien. J'en deviserai avec lui � son arriv�e.
- Et Mlle Budell ? - Elle ne viendra pas. Elle avait rendez-vous.
Je ne t'emb�terai pas avec mes histoires, si tu danses avec moi.
O.K.
Quelle heure est-il, Louie ?
Minuit cinq.
Elle est s�rement chez elle.
Tu veux quelque chose, Johnny ?
Salut, les gars. Vous arrivez juste � temps. Suivez-moi.
lls me d�sent que tu es �naccess�ble
Je sa�s, �e sa�s, �e sa�s
Alors�e r�ve Ma�s c'est de la fol�e
Je sa�s, �e sa�s, �e sa�s
lls me d�sent que�e n'a� aucune chance
Et que�e su�s fou
De te d�s�rer
Ma�s�e sa�s
Qu'un�our tu m'a�meras
Je le sa�s
Je le sa�s
Je le sa�s
lls me d�sent que�e n'a� aucune chance
Et que�e su�s fou
De te d�s�rer
Ma�s�e sa�s
Qu'un�our tu m'a�meras
Je le sa�s
Je le sa�s
Je le sa�s
- C'�tait tr�s beau, monsieur. - Merci.
Mlle Budell n'est pas l� ?
Mais si, monsieur. Elle s'est couch�e t�t.
- Elle n'est pas sortie ? - Non.
Elle est mont�e dans sa chambre apr�s le d�ner.
- Elle est l�-haut ? - Oui.
C'est plus facile.
Tu devrais descendre
lui dire bonsoir pour que c,a s'arr�te.
Non, grand-m�re, je ne descendrai pas.
Que se passe-t-il ?
J'en ai assez qu'on se moque de moi.
Je te croyais amoureuse de lui.
Je l'�tais, mais j'ai appris qu'il en �pousait une autre.
- Quand l'as-tu appris ? - Le jour o� je suis pass�e au garage.
Elle travaille l�-bas.
Dans ce cas, il faut lui dire.
Je ne veux plus le revoir, je ne veux plus lui parler.
Je chanterai avec lui, mais c'est tout.
ll ne m'utilisera plus. C'�tait la derni�re fois.
Va dormir, ma ch�rie. Je m'en charge.
Et que�e su�s fou de te d�s�rer
Ma�s�e sa�s
Qu'un�our tu m'a�meras
Je le sa�s, �e le sa�s
Je le sa�s
Bonsoir, Mme Budell.
- C'est fini, la s�r�nade ? - Je ne vous r�veille pas, j'esp�re ?
Si vous avez fini partez, je vous pri'e.
- Vous m'en voulez ? - Partez, je vous prie.
Quoi ? Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Vous. - Moi ?
- Il vaut mieux que je parle � Prudence. - Inutile.
C'est Prudence qui m'envoie.
- Pour me demander de partir ? - Exactement.
Vous en �tes s�re ?
Prudence est au courant de vos projets de mariage.
- Quoi ? - Votre fianc�e lui a tout dit.
- Partez et ne faites pas d'histoires. - Je n'en ferai pas.
Hutchins, conduisez M. Donnetti.
Ce ne sera pas n�cessaire. Bonsoir, Mme Budell.
Tu permets, Artie ?
Mary, tu as le projet de m'�pouser ?
C'est une fac,on un peu particuli�re de me demander en mariage.
Mais tu n'as jamais fait les choses comme les autres.
ll y a si longtemps que je veux t'�pouser, Johnny.
Que faites-vous l�, tous les deux ?
On f�te. Il faut se m�ler aux autres.
Oh, maman, maman. Nous allons...
Maman ?
- Vous allez �pouser mon fils ? - Oui.
Je suis si heureuse pour toi. Et pour vous aussi.
Nous allons le dire � tout le monde. A tout le monde.
Nous f�tons deux choses, ce soir.
Venez, vous deux. Suivez-moi.
Silence, tout le monde. Silence.
Arr�tez la musique. Du vin pour tout le monde.
- Bonsoir, maestro. - Bonsoir.
- Vous arrivez � temps. - Que se passe-t-il, ici ?
- On me raconte ? - Du vin.
- C'est une occasion sp�ciale. - Buvez, c,a porte chance.
Johnny et Mary vont se marier.
- F�licitations ! - F�licitations, Johnny.
- Salut, Artie. - Salut.
- Bonjour, maestro. - Bonjour.
- Bonjour, Mme Budell. - Bonjour.
Je d�sire vous parler en priv�.
Je n'ai pas le temps. La r�p�tition commence � 10 h.
Je ne r�p�terai pas.
- Comment c,a ? - J'ai rachet� mon camion, ce matin.
C, a n'int�resse s�rement pas ma grand-m�re.
Vous ne comprenez pas.
- Je d�missionne. - Vous ne pouvez pas.
Je croyais que vous aimiez ma fac,on de chanter.
Si ce n'est pas le cas, c, a ne m'int�resse pas.
Vous comprenez, n'est-ce pas ?
M. Donnetti, je voudrais vous dire...
Vous le direz � votre grand-m�re.
Merci, maestro.
Viens, l'ami. On a beaucoup � faire.
- M. Pemberton. - Oui ?
Si vous avez besoin de d�m�nageurs pour un piano, appelez-nous.
Remettons l'op�ra. C'est possible, non ?
Non, grand-m�re, je vous en prie.
- On ne peut pas continuer sans t�nor. - Trouvez-en un.
C'est presque impossible. La saison est bien avanc�e.
ll reste peu de temps pour r�p�ter.
Nous ne pouvons pas reporter l'ouverture.
Pourquoi tant de d�termination ?
Prouvons-lui qu'on peut se passer de lui.
- Prenez n'importe qui. - N'importe qui ?
- Oui. - Je vais essayer.
Appelez Guido Betelli.
Merci, messieurs. Je vous revois demain matin.
Merci. C'est tout pour aujourd'hui.
Bella. C, a veut dire belle.
Mais vous ne r�fl�chissez pas. Vous avez d�tourn� la t�te trois fois.
Je suis d�sol�e.
Savez-vous pourquoi vous ne me regardiez pas en chantant ?
Non, s�gnor, non.
Je vous aiderai durant la cadence.
Je tournerai autour de vous de mani�re � toujours �tre devant vous.
S�gnor Betelli, faites tout ce que vous voulez.
Merci.
Techniquement, c'est parfait, mais vous savez tr�s bien ce qui manque.
Elle oubliera Johnny.
C'est ce que vous croyez. Vous �tes optimiste.
Je connais les femmes de ma famille.
- T�tues, n'est-ce pas ? - Fermes.
Entrez.
Vous avez aim� la r�p�tition ?
- C'�tait tr�s bien. - Merci.
Nous parlions de vous.
- Betelli m'aide beaucoup. - On dirait, oui.
Maintenant, je vois la diff�rence entre l'amateur et le vieux routier.
Tr�s vieux, oui.
- Betelli est parfait dans les transitions. - Je sais.
- Il est si s�r de lui. - En effet.
Sa voix est si juste que c'est merveilleux de travailler avec lui.
- Vous �tes enrhum�e ? - Je ne crois pas.
Demandez � Mme Bouget de vaporiser votre gorge.
Vous vous rappelez l'histoire du torero ?
Elle l'aime encore.
Vous en avez un dans votre famille.
J'ai consacr� ma vie � son bonheur.
ll y a de plus en plus de gens enrhum�s, par ici.
- Bonsoir. - O� est Mlle Prudence ?
Elle s'est retir�e dans sa chambre avec la migraine.
- Elle ne d�nera pas, ce soir. - Oh que si.
- M. Iturbi d�ne avec nous. - Bien, madame.
J'ai quelque chose � te dire.
J'annule la premi�re � l'op�ra.
- Betelli en a assez ? - Non, mais toi, oui.
Tu en as assez de l'op�ra, assez de moi.
- Pas du tout. - Tu te racontes des histoires.
- Tu ne veux pas continuer. - Si, je veux.
C'est mon d�sir le plus cher.
Pour te venger de ce Donnetti.
- En partie, oui. - C'est l'unique raison.
Non. Il y en a une autre.
Je veux prouver que vous aviez raison de croire que j'�tais faite pour l'op�ra.
Je veux terminer ce que j'ai commenc�.
Moi aussi, je suis une Budell, ne l'oubliez pas.
T�tue, n'est-ce pas ?
Bon, j'abandonne.
Que voulez-vous ?
M. Iturbi ne pourra pas d�ner avec vous.
Tr�s bien. Faites monter un plateau. J'ai une migraine atroce.
Moi aussi, je commence � en avoir une.
Rien.
Non, rien. Rien.
A d'autres. Je te connais trop bien.
Quand mon fr�re fait cette t�te en jouant, je sais que c,a ne va pas.
Je t'en prie, Amparo.
S�rieux ? C'est un �chec.
D'abord, Abigail qu�ere assolutamente tener una opera.
Prudence d�couvre Johnny et tout est parfait.
Et soudain, sans pr�venir, Johnny ne veut plus chanter.
ll veut retrouver son camion. G�nial.
- Allez, finissons. - Attends, Jose.
Tu as toujours trouv� une solution.
- Jason. - Oui, monsieur.
Mon manteau et la soupi�re Donnetti.
- Oui, monsieur. - Merci, Amparo.
- Bonsoir, papa. - Bonsoir, maestro.
ll y a un moment que je veux vous la rapporter.
Je vous remets du minestrone ?
- Ce serait bien. - Il n'est pas bon.
- Il y a un probl�me ? - Maman. C'est c,a, le probl�me.
Elle ne cuisine plus ?
Oui, mais quand elle est inqui�te, Ie minestrone n'est pas bon.
- Pourquoi est-elle inqui�te ? - Rosina.
- Qu'est-ce qu'elle a, Rosina ? - Rosina s'inqui�te pour Donna.
- Qu'est-ce qu'elle a, Donna ? - Donna s'inqui�te pour Artie.
Artie ? Qu'est-ce qu'il a, Artie ?
Artie s'inqui�te pour Mary.
Ah, Mary... La petite amie de Johnny ?
ll y a un probl�me ?
- Mary s'inqui�te pour Johnny. - Qu'est-ce qu'il a, Johnny ?
Johnny, il s'inqui�te pour Mlle Budell.
- C, a lui manque, l'op�ra ? - Non, pas l'op�ra.
ll �pouse la fille dont il n'est pas amoureux.
ll sourit, mais c'est du toc.
Tout le monde est malheureux.
- Johnny est par l� ? - A la cuisine.
- Je vais voir maman. - Oui. Elle est aussi dans la cuisine.
- Maestro. - Oui ?
Ne prenez pas de minestrone.
- Un cigare, s'il vous pla�t. - D'accord, mais ils sont infects.
- Bonsoir. - Oh, bonsoir.
Bonsoir, maman. J'ai rapport� la soupi�re.
- Il ne fallait pas, maestro. - Mais voyons.
C'�tait exquis.
C, a sent bon.
- Vous savez faire la soupe au riz ? - Non, maestro.
- Bon. D'abord, le riz sauvage. - Le riz sauvage.
- Ensuite, du bouillon... - Vous �tes f�ch� contre moi ?
- Pas du tout, Johnny. Ensuite... - Mais vous m'ignorez.
Johnny, vous avez quitt� l'op�ra et nous n'avons rien � nous dire.
- On pr�pare des aiguillettes de... - Vous savez pourquoi ?
Parce que vous n'avez pas su appr�cier ce que vous aviez.
Vous aviez un talent et la possibilit� d'exploiter ce talent.
Vous auriez mis de la joie en ce monde.
Vous auriez rendu des gens heureux.
Mais vous n'avez pens� qu'� votre petite personne.
Vous auriez pu faciliter l'existence de votre m�re.
Les r�ves de votre p�re se seraient r�alis�s
ainsi que ceux de vos s%urs.
Mais non. Vous vouliez avant tout faire ce qui vous plaisait.
Tr�s bien, vous l'avez fait. Oublions tout c,a.
- Attendez... - Le poulet...
- Et ma version de l'histoire ? - Eh bien ?
Je n'ai rien demand�. Je n'ai voulu tromper personne.
C, a roulait, je n'emb�tais personne.
Je m'amusais bien.
J'avais un camion une fille dont je pensais �tre'amoureux.
J'ai �t� propuls� au sommet, puis jet�.
- Vous croyez que c'est facile ? - Vous avez d�missionn�.
Apr�s que la vieille m'ait trait� de vaurien, �videmment !
Pas question que je revoie l'une ou l'autre des Budell.
Pardon, Johnny. Je n'avais pas compris c,a.
Je promets de revenir bien vite. Et on fera cette soupe au riz.
- C, a vous va ? - Bien s�r, maestro.
Merci.
Bonsoir.
Je suis si content que vous soyez venu.
Moi aussi, papa.
ll m'a vraiment vex�.
Johnny, allons marcher un peu.
Tu veux encore voir ces vitrines de meubles
la cuisine mod�le ?
On ne fera pas de l�che-vitrine, ce soir.
On fera le tour du p�t� de maisons
et on parlera de nous.
Pauvre Mary.
- Je crois que,je vais pleurer. - Dans ce cas
gardez-m'en quelques larmes, si vous en avez de trop.
Vous �tes triste pour Mary aussi.
Je suis triste pour tout le monde.
J'ai vu ce qu'elle a fait.
Elle va lui rendre la bague.
- Sauf si elle change d'avis. - Vous croyez qu'elle ne le fera pas ?
C'est ce qui m'inqui�te.
Mais o� est pass� Johnny ?
lls sont sortis prendre l'air.
Tu crois que c'est gentil, ce qu'il a dit devant Mary ?
ll n'y peut rien. Il a une grande gueule.
- Il le tient de sa m�re. - De moi ?
Tu entends ce qu'il dit ?
Le soir de la f�te, tu as dit : ''Arr�tez la musique.''
Tu ne donnes pas des maisons, des frigos ou des avions, non.
Tu donnes Johnny � Mary alors qu'il est amoureux de Mlle Budell.
- Et qu'Artie est amoureux de Mary, vrai ? - Vrai.
- J'ai fait c,a ? J'ai fait c,a ? - Tu as fait c,a.
Mais le pire, c'est Johnny,. Quand M. Iturbi est venu
Johnny lui a parl� comme � un m�cano.
ll faut que je lui parle.
Je vais lui apprendre la courtoisie. Je vais...
- Allez le chercher. - Mais il est avec Mary.
Ramenez-le-moi.
- Papa, je ne pense pas... - Non, �coute-moi, pour une fois.
Laisse-moi t'expliquer, pour une fois.
- Ramenez-moi Johnny. - Et je fais quoi de Mary ?
Si vous ne savez pas, vous �tes plus b�te que maman.
- Allez, filez. - O.K. papa. J'ai pig� !
C, a ne me pla�t pas.
Je me fiche que c,a te plaise ou pas.
Comment sais-tu qu'il aime Mlle Budell ?
Je ne suis pas aveugle comme toi.
Je t'interdis de dire que je suis aveugle.
- Il d�teste Mlle Budell. - Il ne la d�teste pas.
- Il ne veut pas lui parler. - Si.
- Il ne veut pas la voir. - Si.
- Il ne veut pas l'entendre chanter. - Oh que si !
Le NOUVEL OP�RA MUNICIPAL PRINCESSE
Comment va notre star ?
Elle se porte � merveille, Ie maintien est parfait.
Ce sera un d�sastre, ce soir.
- Ne vous inqui�tez pas. Tout ira bien. - Vous le savez aussi bien que moi.
Elle est de glace. Pas de trac, pas de crise, pas de saute d'humeur.
Et c'est un soir de premi�re.
Elle chantera comme une d�butante et ce sera la honte.
Non.
- C, a va ? - Elles sont magnifiques.
- Vous avez la carte ? - Bien s�r. La voil�.
Non. Dans la bo�te.
Attendez ici.
Un instant.
- Prudence, c'est moi. - Entrez.
Comment vous sentez-vous ?
- Bien. - Formidable.
Vous connaissez bien le r�le. Vous �tes en voix.
Tout ira bien, ce soir.
Surtout avec Betelli.
Ne vous inqui�tez pas.
Non, si vous pouvez le regarder sans rire.
C'est fini, tout c,a.
Entrez.
- Pour vous. Elles viennent d'arriver. - Merci.
- Merci. - Et bonne chance.
- Oh, des roses. - Magnifiques.
''Avec mes meilleurs v%ux de r�ussite.''
- Qui peut bien m'envoyer c,a ? - Regardez derri�re.
''Vous en aurez besoin, ce soir. Johnny Donnetti.''
Quel culot ! Comment ose-t-il me faire c,a ?
- Tr�s peu professionnel. - Comment ose-t-il envoyer des roses ?
- Allons, allons. - Il veut me contrarier.
Je ne veux pas de ses fleurs ! Il sait ce que je pense de lui !
S'il �tait l�, je prendrais ces fleurs
et je les lui balancerais � la t�te !
Je suis d�sol�. Ne vous �nervez pas. Je...
Je le d�teste ! Je le d�teste ! Je le d�teste !
- Pourvu qu'on respecte le lever de rideau. - Nous avons encore une demi-heure.
Regardez-moi c,a.
Johnny, quel plaisir de vous voir.
Papa m'envoie vous souhaiter bonne chance ainsi qu'� Mlle Budell.
Je vois. Merci.
Mais vous ne pouvez pas Ia voir maintenant.
Elle est trop contrari�e. C, a ne serait pas bien.
- Bien. On l'a eu. - C, a n'a pas �t� sans peine, petit.
- Mille excuses. - D�sol�.
- C, a va. Tout va bien. - Tenez. D�sol�.
ll n'y a pas de quoi. Merci beaucoup.
- Et voil�. Voil�. - Merci, merci.
Vous appelez c,a un costume ? Sortez ! Sortez ! Sortez !
J'attends ici.
- Qu'est-ce qui ne va pas, s�gnor ? - Ce qui ne va pas ?
C'est ce costume qui ne va pas.
Mais c'est scandaleux. Scandaleux.
- C, a ne va pas du tout. - On me prend pour quoi ?
- Pour un petit minus ? - Vous �tes un grand minus.
- Oui. - Je ne le porterai pas.
- Oui. - Croyez-moi sur parole.
- Je ne le porterai pas. - Oui.
Je ne peux pas porter ces hardes !
Je ne les porterai pas, vous m'entendez ?
Je n'en supporterai pas davantage ! C, a suffit !
Vous m'entendez ? C, a suffit !
Vous �tes incroyablement calme.
Calme ? Je ne suis pas calme !
On ne respecte pas Betelli, ici.
- Ne soyez pas f�ch�. - Je le suis.
- Vous ne l'�tes pas. - Si.
Mais ils le seront, eux aussi. Je n'y vais pas.
Qu'ils commencent sans moi et qu'ils attendent.
S'il m'arrivait une trag�die pareille, si j'�tais le grand Betelli,
je casserais tout, comme c,a. Allez-y.
Tr�s bien. Les tentures, maintenant.
Bravo. Pi�tinez-les.
Dansez. Ecrabouillez-les.
Vous �tes excit�. Vous avez besoin d'air.
Je ferais de la destruction mon monument.
Qu'ils osent encore insulter un grand artiste.
Et c,a, dans le passage.
J'ai r�ussi!.
l'amour est mus�que
Qu'�l est d�v�n, cet a�r �nt�me
Un psaume pour l'�tern�t�
Partout dans les vents pr�ntan�ers
Sous l'orage ou en ple�n �t�
ll na�t pour to� avec le�our
Car �l chante tou�ours
ll charme ton c%ur D'une enchanteresse m�lod�e
Amour, �e su�s � to�
Oh, tente-mo� avec tes nectars
Ton chant est � mo�
Alors t�re-mo� de ce somme�l �nnocent
Qu'�l est douK, ton refra�n
Un chant s� d�l�cat, s� nouveau
Je t'abandonnera�
Mon �me, mon corps, tout
Ecoutez les amants se rendre
l'amour �cla�re la route
De ces deuK �tres
Br�lle, telle une �to�le
Dans leur nu�t, pour tou�ours
Qu'�ls sont douK, ces chants d'amour
Chers au c%ur sol�ta�re
Donne-mo� ta chanson
Je d�s�re ta m�lod�e
Qu'elle est douce, la mus�que
Elle n'est pas pour le sol�ta�re
la mus�que est � mo�
Car ton chant s'est abandonn� � mo�
Que�e t'embrasse, ch�r�
S�du�t par ta gr�ce, ch�r�e
Que d�s�rer de plus
De plus au monde ?
Qu'�ls sont douK, les chants d'amour
Chers au c%ur sol�ta�re
Donne-mo� ta chanson
Je d�s�re ta m�lod�e
Qu'elle est douce, la mus�que
Elle n'est pas pour le sol�ta�re
la mus�que est � mo�
Car ton chant s'est abandonn� � mo�
C'est le c�el qu� t'a cr��e
ll m'a d�t que�e te trouvera�s
Nous serons perdus dans cette chanson
Nous serons un�s dans le fr�sson
Je sera� � to�pour tou�ours
A to�pour tou�ours
Jusqu'� l'aube et dans les songes
A�mer ou mour�r
Je do�s t'a�mer ou mour�r
Ange supr�me, ange d�v�n
Tu es ma v�e
Et pour tou�ours � mo�
A�mer ou mour�r
Je do�s t'a�mer ou mour�r
C'est le chant de la magn�f�cence
Ange de l'amour, abandonne-to�
Pr�ons le c�el qu'�ls s'a�ment �ternellement Et ne renoncent�ama�s � leurpromesse
Ce r�ve s� cher, s� r�el
Seulement to�
Seuls
[FRENCH]
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.