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L'OEIL DU LABYRINTHE - MCMLXXII
"Un labyrinthe est construit pour confondre les âmes des hommes.
Son architecture rigoureuse répond à cette fonction". J.L.BORGES
Non, tu ne peux pas faire ça !
Luca n'est pas là, il doit être à la clinique. Y a pas de quoi !
Le docteur n'est pas arrivé, nous l'attendons depuis hier.
Julie, Luca n'est pas avec toi ? - Non, j'espérais qu'il serait ici.
Viens.
Je pensais que le congrés était une excuse pour être avec toi.
Non, il m'a dit qu'il voulait y aller seul.
Je suis un peu inquiète.
Beaucoup de malades l'attendent,
il a beaucoup de rendez-vous.
J'ai fait un cauchemar, un rêve.
Quelque chose de terrible lui est arrivé.
Tu dois savoir où il est, il te dit tout ce qu'il fait.
- Julie, je t'assure ... - Où est-il allé ?
Je ne sais pas, je croyais qu'il était avec toi.
Il devait aller à Maracudi, Aucun doute, Maracudi.
- Retourne dans ta chambre. - N'oubliez pas, Maracudi !
- C'est quoi, Maracaudi ? - Un mot inventé,
il aime inventer des mots.
Qui êtes-vous ? Comment êtes-vous entré ici ?
- Où est Luca Barnard ? - Je ne sais pas.
Où se cache t-il ?
- Que lui voulez-vous ? - Je pose les questions.
Eh bien, où est-il ?
Je ne sais pas, je le jure.
Pas la peine d'appeler les flics. Sinon, je vous flingue !
Maracudi ...
Luca !
Le plein, s'il vous plaît.
- Le niveau d'eau est bon ? - Oui, combien ?
3.000 lires.
- On se connaît, madame ? - Non !
Hé !
Vous le reconnaissez ?
Le monsieur a un accent. - Il était là y a 3 ou 4 jours.
- Non, je ne le reconnais pas. - Laissez-moi voir !
Désolé, je ne l'ai jamais vu.
Vous voulez un Fernet ?
Un Fernet, oui.
C'est moi, elle est là ? Laissez-moi lui parler.
Madame ?
Je voulais dire qu'il y a quelqu'un en ville
qui peut peut-être vous aider.
- Qui ça ? - Quelqu'un.
ça vous va ?
Allons-y.
- La maison ici, allez-y. - Hé, qui je demande, où je vais ?
Peu importe, premier étage, première porte à gauche.
Où courez-vous comme ça ?
Vous êtes effrayée, que vous arrive t-il ?
On a essayé de me tuer et on m'a volé mon sac à main.
Vous avez vu qui c'était ?
- Peut-être le type qui ma emmené. - Vous cherchez après qui ?
- Quelqu'un ... - Votre mari ?
Non, un psychiatre de Milan, il s'appelle Luca Bernard.
Pourquoi vous le cherchez dans cet endroit ?
Pourquoi ne pas aller à la police ?
Vous leur parlerez aussi de votre sac.
Non, je suis étrangère, mon visa a expiré.
ça me créerait des ennuis.
Je suis aussi presque un étranger, Aux USA pendant 25 ans.
- Y a un hôtel par ici ? - Un hôtel ?
Vous avez bien regardé cet endroit ?
Si vous voulez une chambre, je peux vous suggérer
une pension qui appartient à une de mes amies.
C'est pas grand chose mais à défaut d'autres choses. Venez !
C'est dans cet immeuble.
Ne commencez pas à penser à mal.
Personne n'essaie de vous tuer.
Des morceaux de cet immeuble tombent chaque jour !
- Pourquoi cet homme m'a emmené ? - Il est cinglé. On y est.
C'était à moi auparavant, c'est un orphelinat maintenant.
"ORPHELINAT POUR HOMMES"
Ne t'inquiète pas, elle sera bien avec moi,
c'est une belle jeune fille, n'est-ce pas ?
Saro ! Amenez ses bagages. Saro !
Mes bagages sont dans la voiture. - Donnez-lui les clés.
Tu réponds jamais ? Va avec Mr Frank.
Allons voir si on peut avoir quelques renseignements.
Au fait, comment vous appelez-vous ?
- Julie. - Joli nom.
Venez ! Laissez-la tranquille !
Melle, je vais vous montrer votre chambre.
Il y a 25 garçons ici alors j'ai pas mal de travail.
J'espère que vous serez bien installée ...
Les enfants aiment peindre.
La plupart n'ont pas de talent, 3 ou 4 d'entre-eux sont bons.
La semaine dernière, 3 peintures on été achetées.
Ils les ont apprécié.
Vous savez ce qu'ils ont payé ? 20.000 lires pour chaque peinture.
- Pour l'inspecteur. - J'avais oublié.
Excusez-moi, ça ne prendra qu'un moment.
Si vous voulez en acheter, je vous ferai un prix.
Excusez-moi, Mr Frank sera là dans une minute.
- J'ai un cadeau pour vous. - Pourquoi me le donner ?
Vous pourriez le vendre !
- Il est pour vous. - Bonjour.
Regardez, il était sur le pancher.
Vous avez une imagination fertile, je dois dire.
Vérifiez que rien n'a été volé.
L'argent est là.
La photo a disparu.
Celle du docteur que vous cherchiez ?
Oui, c'est ça.
Alors, c'est très important pour vous, hein ?
Oui.
Vous voulez savoir ?
J'ai beaucoup pensé à votre histoire !
- Pourquoi vous embêter ? - Parce que je vous aime bien.
Vous êtes gentille.
Ecoutez-moi, si votre petit ami était ici,
il serait sûrement dans la villa de Gerda Hartman.
Beaucoup d'écrivains, de peintres se retrouvent là-bas.
C'est une grande villa, près de la mer.
Le genre d'endroit qu'on trouve en Californie.
- J'ai connu ça un temps. - Montrez-moi où c'est.
Moi ? Non, je ne peux pas.
Je peux vous dire comment y aller.
Oui, je vous en prie.
Vous pouviez venir ici par la route, vous savez.
Je voulais nager, j'ai vu personne, ces gamins ont volé mes vêtements.
Une fille nue n'a pas à s'expliquer
surtout si elle est jeune et belle comme vous l'êtes..
Je m'appelle Gerda et ceci est ma villa.
Bonjour.
Pas la peine, ils ont des boules Quies, je vous présenterai.
Ils sont tous totalement déconnectés en ce moment.
Viens ici, salope !
Tue-moi demain, ce soir, je veux vivre.
- Défie- moi. - Donne-moi une demi-heure.
Je te tuerai sans pitié.
Laisse-loi une dernière prière !
Trop tard ... T'es qu'une vieille pétasse.
Tu t'es tapé Eugene, c'est écrit sur ta tronche.
Tu pourrais au moins dire si t'as aimé ça ou non ?
D'abord, j'ai pas couché avec lui, ensuite
c'est pas mon type !
Trois, même si c'était le cas, je ne te le dirais pas !
T'arrête de m'ennuyer ?
Tes pieds m'intéressent !
J'ai fini.
Louis, Louis, cigarette ?
Tu peux ouvrir la bouche.
Ou tu préfères que je la fume pour toi ?
Il a du sang azthèque dans les veines.
Il est magnifique, vous ne croyez pas ?
Oui.
Et ce Luca, Luca Bernard ...
Jamais vu, jamais entendu parler. Il n'est jamais venu ici,
ça, je peux vous l'assurer. Je ne le connais pas..
- Qui vous a dit de venir ici ? - Un homme du village.
Son nom est Frank et il a été très gentil.
Oh oui, il est très gentil.
Je sais que c'est une fripouille née.
Un ex-gangster qui a été éjecté des USA.
Désolée, j'ai l'impression d'être une resquilleuse. Je m'en vais.
Vous êtes folle, vous voulez conduire à cette heure ?
Attendez au moins jusqu'à demain.
- Vous devez partir maintenant ? - Non, pas vraiment.
Pourquoi être pressée alors ?
Un bel endroit, des gens sympathiques...
Elle ment, elle nous déteste tous.
Faites pas attention, il dit toujours le contraire de ce qu'il pense !
Vous dites que tout ce qu'on a dit à été enregistré ?
Ne vous inquiétez pas, je veux justes des bruits, pas des mots.
Je me fous de savoir de quoi vous parlez.
Je compose ma musique avec les sons de la nature.
Crickets, insectes, tonnerre, voix humaine.
Il compose avec succès dans les night-clubs excentriques.
Sa grande ambition est d'être joué à la Scala.
Thomas et Corine,
amants, un peu comme Abélard et Héloïse,
ou Tristan et Iseult,
Mimétistes, ils ont joué à Broadway à Greenwich Village.
Hors des sentiers battus à chaque saison.
Ils se sont engueulés, maintenant ils vont arranger ça au lit.
Il doit se battre avec elle sinon il ne fonctionne pas.
Certaines personnes ont besoin de plus que ça pour... bander.
J'en ai marre de tout ça, je vais me pieuter.
Moi aussi.
Ils vont vraiment se coucher,
séparément, je veux dire.
Que faites-vous ?
J'ai vu un livre avec une ancienne reliure.
Les Contes Drôlatiques ?
Oui, je crois.
J'ai exactement donné le même à Luca,
j'avais écris quelques mots sur la page de garde.
Impossible, ce livre appartenait à mon premier mari.
- Puis-je le voir ? - Non.
Je vous dis que ça ne peut pas être le vôtre.
Allô euh pronto ? C'est pour vous !
Pour moi ?
Allô ?
Quelqu'un du village qui veut savoir si vous êtes partie ?
Non, il n'y avait personne. C'était une erreur.
Je vais me coucher, je partirai demain.
Comme vous voulez !
Bonne nuit et merci pour tout.
Thomas, appelle les autres.
Excusez-moi, je pensais avoir entendu quelqu'un, veuillez éteindre.
Attendez une minute !
C'est vous qui m'avez emmené à cette maison ?
Non, madame.
- Bonjour. - Je pensais que vous étiez partie.
J'ai décidé de rester si l'invitation tient toujours.
Vous pouvez rester autant que vous voulez.
Hé, que fais-tu là ? Que veux-tu ?
- Je veux vous parler. - Pourquoi tu te caches ?
Mr Frank veut vous voir, il dit que c'est très important.
Il vous attend à l'orphelinat.
Reviens ici !
Voilà tout ce qui me reste. Une pièce, un sous-sol.
Dans un immeuble qui m'appartenait.
Vous ne m'avez pas fait venir pour parler de votre vie privée.
- Vous avez découvert quelque chose ? - Non, rien du tout.
Ceci est à vous ? - Oui ! - C'est lui, n'est-ce pas ?
- Où l'avez-vous retrouvé ? - Je l'ai volé à Antonio.
Le type qui vous l'a prise à cette maison abandonnée.
Etrange, non ?
Tout le monde semble étrange ici.
Essayez de les faire parler. Ils doivent savoir quelque chose.
Attention, ne faites pas confiance à ces personnes.
Spécialement Gerda.
Vous cassez pas, je ne fais confiance à personne.
Faites-moi confiance.
Si vous avez des ennuis, venez me voir.
Je suis votre seul allié ici.
- Je peux vous faire confiance ? - Sommes-nous alliés ? Embrassez-moi !
Non !
Salope ! Comment oses-tu et dans ma maison, salopa ...
Attends un instant.
Laisse-moi t'expliquer,
tu dois me faire confiance.
J'ai trouvé un admiratrice de mon travail.
C'est la main de Luca, je reconnais la cicatrice.
Et alors ? C'est un crime de faire des photos ?
Pourquoi me dites-vous qu'il n'était pas ici ?
Je l'ai connu il y à 3 ans à Tunis avant votre rencontre.
Je vois, désolée.
Frank, un gangster ? Mmm, avant, oui.
Un médiocre, surtout avec les femmes.
ça, je le sais.
- Il était l'amant de Gerda. - Qu'est-il arrivé ?
C'est là que je suis arrivé.
Si ça vous ennuie, pourquoi rester ici ?
Gerda est pas pire qu'une autre, c'est partout pareil.
Gerda apporte certains avantages.
Si elle vous garde, ça ne devrait pas être trop dur.
Non, je suis très cher.
- Louis ? - Hein ?
Vous avez menti, Luca était là ?
Oui, il était là.
Pourquoi personne ne veut l'admettre ?
J'en sais rien, c'est Gerda qui le voulait ainsi.
Je vois.
Je pensais qu'il s'amusait. On se connaissait depuis longtemps.
Quand j'ai réalisé ce qu'il voulait, c'était trop tard.
Il savait que j'étais vierge
et que j'avais un complexe, appelez ça comme vous voulez.
C'était la chose la plus importante dans ma vie.
C'est exactement pourquoi il est passé à l'acte.
De cette manière, en me forçant. Je le haïssais tant.
Je l'ai vu là, allongé,
j'ai pensé à le tuer.
Ensuite, je suis repartie à la villa.
Quand je suis arrivée, il était parti sans même dire au revoir.
Je n'ai plus jamais entendu parler de lui.
Je t'ai interdit de mettre les pieds dans cette maison !
Tu me stupéfies, Gerda,
tu ne me laisses même pas entrer dans ma propre maison.
ça l'était avant maintenant c'est la mienne.
Ici, les gens qui parlent trop ne sont pas les bienvenus.
Je peux te virer d'ici quand ça me chante !
Avec l'aide d'Antonio et de son arme,
ce serait pas sympa, Gerda, je t'ai apporté un cadeau.
ça veut dire quoi ? Tu sais que cette peinture idiote me porte sur les nerfs.
T'as pas bien regardé, Gerda. Regarde bien !
Qu'est-ce que ça veut dire ?
ça veut dire que le gamin a du talent.
Il ne peut peindre que ce qu'il voit, seulement ça !
Tu dois admettre qu'il a pas beaucoup d'imagination.
Tu as les mêmes invités depuis dix jours ?
Parlons franchement Frank, que veux-tu ?
C'est simple. Je veux revenir, pas dans ton lit, rassure-toi.
Ici, dans cette maison.
- Regarde ce panorama, hein ? - Que ferais-tu ici ?
Il n'y a plus de place pour toi ici.
Tu en trouveras,
on va rebosser ensemble.
Allô ?
Un appel de Milan, un moment, je vous prie.
- Allô ? - Allô ?
- Allô ? - Luca ?
Je ne t'entends pas. - Comment tu savais que j'étais là ?
Laisse-moi parler. J'ai essayé de te contacter sans te trouver.
Allô, tu m'entends ?
Luca, allô ?
Rappelle-moi maintenant, j'appellerai à la maison !
Allô, allô ?
La ligne est coupée, madame.
Allô, allô ?
Louis, je suis venue te dire au revoir.
Louis, ça va ?
Je vais bien, tu veux aller nager ?
Je dois retourner à Milan, Luca m'a appelé.
Luca a appelé ? C'est drôle.
Qu'est-ce qui est drôle ?
Attends !
- Va au garage avant de partir. - Pourquoi faire ?
Ecoute-moi, vas-y pendant qu'ils dorment tous.
Ne me pose pas de questions !
Ouvrez, laissez-moi sortir !
Laissez-moi sortir !
Je suis arrivé à temps. ça va mieux ? ça va aller !
De l'eau.
Merci.
La voiture de Luca était dans le garage, il n'est pas parti.
Je sais, c'était un piège, allez, reposez-vous !
Mes somnifères sont dans mon sac.
Enfermez-vous et n'ouvrez à personne !
Compris ? Personne !
Prends-toi un caniche, hein ?
Les chiens sont trop intelligents, je te préfère, toi ! Oh, arrête !
- Thomas, Eugene me caresse. - Eugene est un porc.
- Salut. - Salut ma chère.
"Allô, allô ?"
"Je ne t'entends pas. Laisse-moi parler."
"J'ai essayé de te contacter. Je ne pensais pas te trouver."
"Allô, tu m'entends ?"
Exactement ce qu'il vous a dit au téléphone ?
- Mot pour mot. - Voilà votre réponse.
Ils ont mixé une conversation avec quelqu'un d'autre
et ça fait l'affaire !
Eugene est passé maître dans ce genre de chose. Pas vrai, Eugene ?
Je ne sais pas de quoi vous parlez.
De cette bande que tu as truqué pour tromper Julie.
Pour la faire partir.
Tu avais peur qu'elle trouve quelque chose, hein ?
Puis, t'as changé d'avis.
Ce serait plus facile de la tuer.
Tu as préparé un piège dans le garage.
Complice avec Louis.
Peut-être que d'autres t'ont donné l'idée ?
Frank, tu es fou !
Je n'ai rien à voir là-dedans.
- Laisse-moi ! - Dis la vérité ou je te tue.
Frank, laissez-le !
Vous l'étranglez, arrêtez, je vous en prie !
D'accord, j'ai fait une fausse bande.
Mais je ne savais même pas la raison.
Gerda me l'a demandé.
Tu te caches toujours derrière les jupes de Gerda.
Ils essaient de me faire croire que j'ai tué Luca,
mais je sais qu'ils mentent. C'est pas vrai !
Cette nuit-là, nous étions assis dans le salon après le diner.
Luca était là, il jouait à un de ces jeux
où on doit dire la vérité si on pose une question.
Ses questions étaient particulièrement tordues.
Il était impossible de mentir.
Il était diabolique.
Il pouvait vous faire sortir vos secrets les plus intimes.
Tonya a été la première à craquer.
Il l'a forcé à avouer des choses qu'elle n'avait jamais dites.
Mais j'étais son cobaye préféré.
Comme psychiatre, il a vite compris
qu'il pouvait me faire parler.
Le jeu devînt une séance de thérapie en public.
J'étais son patient.
Et j'ai tout lâché.
Des choses que personne ne savait. Que j'avais enterré à jamais.
Comme les 3 années que j'ai passé dans un asile.
Là ou j'avais été interné.
Je ne lui ai jamais pardonné.
Personne ne savait.
Personne !
Je ne voulais pas mais soudainement,
j'ai perdu le contrôle. La seule chose
que je voyais
était ce petit visage, celui d'un enfant.
Souviens-toi Eugene, tu dois nous dire qui elle était.
Il y a pas de mal à ça.
Je sais parfaitement qui c'est, mais tu dois nous le dire.
- ALLEZ, EUGENE ! - C'était ma fille, Lucy !
Luca avait un drôle de sourire.
Les autres avaient quitté la pièce, dégoûtés !
Une rage est petit à petit montée en moi. Je ne pouvais plus le supporter.
Je ne savais plus ce que je faisais, je l'ai frappé.
Je ne me souviens plus de ce qui s'est passé.
J'ai dû faire une attaque. Je ne sais plus.
Je ne me rappelle plus rien de cette nuit-là.
Mais je suis certain d'une chose.
Je n'ai pas pu tuer Luca.
Comment en es-tu sûr, Eugene ?
Je l'ai vu le lendemain, par la fenêtre.
Il se rendait à la plage avec Thomas et Corine.
Tout le monde t'a vu aller à la plage avec Luca.
Il n'était pas avec toi et Corine quand vous êtes revenus.
Luca est revenu avec nous, je le jure.
Tu n'as pas à jurer, Thomas.
Dis la vérité, nous n'avons rien à cacher.
C'est vrai que nous sommes allés à la plage ensemble.
Thomas était devant. Luca était juste derrière moi.
Thomas y est allé seul et Luca m'a dit
qu'il préfèrait nager dans la grotte. Je lui ai dit d'y aller.
Pensant être seule, j'ai retiré mon maillot de bain. J'étais nue.
Mais Luca n'est jamais allé dans la grotte.
Il est revenu pour m'espionner.
Il me suivait, toujours en train de me surveiller.
Il a dû se dire que quelque chose n'allait pas, rien ne lui échappait.
Il y avait quelque chose de diabolique en lui.
Peut-être parce que c'était un psychiatre.
- Pourquoi «était» ? - J'ai dit ça ?
Répondez à la question !
C'est ce qu'on dit quand on parle du passé.
On le dit aussi quand quelqu'un est mort, par exemple.
Je ne sais pas, je vous dis tout ce que je sais si vous voulez écouter.
D'accord, allez-y !
C'est pas facile de dire ça.
Luca a découvert notre secret. Je suis un homme, physiquement.
Je ressens et vis comme une femme. Je ne suis pas un travesti.
Je suis une actrice. Je suis l'épouse de Thomas.
Une femme, une femme, pas un travesti.
Dans la fureur du moment,
Thomas a menacé Luca de le tuer s'il dévoilait notre secret.
Nos carrières auraient été ruinées par le scandale !
Tout aurait été fini. Luca se foutait de nos carrières.
Il a couru dans les rochers et nous ne l'avons pas revu.
Regardez ça !
Je l'ai trouvé dans les bois, on a essayé de se débarrasser de moi !
Venez à l'intérieur.
C'est ma faute.
Je ne vous laisserai plus seule. ça n'arrivera plus.
- Je vous le promets. - Non, je veux partir d'ici.
- Où voulez-vous aller ? - Je ne sais pas.
Je vais aller à la police.
Calmez-vous, vous êtes bouleversée.
Je garde la chemise. On peut essayer de vous tuer encore.
Faites-moi confiance, hein ?
Le tableau, ça veut dire quoi ?
Je l'ai trouvé dans la chambre de Gerda.
Je voulais vous le montrer mais c'était pas le bon moment.
Ne vous inquiétez pas.
Julie, je vous expliquerai tout.
Julie, je vous en prie, croyez-moi !
Laissez-moi !
C'était ici.
Arrête !
Si vous ne m'embrassez pas, je ne vous dirai rien.
Je te promets un baiser.
Après que tu me dises ce qui s'est passé.
D'ici, on peut voir les filles se dorer au soleil. Nues !
Tu as vu la personne qui a peint ce tableau ?
Et tu as reconnu la personne avec le couteau ?
Tu veux me dire qui c'était ?
Embrassez-moi d'abord.
Dis-moi qui c'était !
Dis-moi, je dois savoir.
Y en a marre, on va ensemble à la police.
Ils te feront parler !
Saro.
Reste tranquille, ne bouge pas !
Tranquille ! Je vais t'emmener à l'hôpital.
Y a rien de sérieux.
Saro !
Julie, ça va ? Tu te sens mieux ?
Louis, aide-moi ! C'était horrible !
Le pauvre garçon, c'était ma faute.
Allez, calme-toi.
- Tu cherches quoi ? - J'en sais rien.
J'ai l'impression que quelque chose manque.
Je ne sais pas quoi.
- Tu as décidé ? - Je dois partir d'ici.
Je ne peux plus rester, j'ai peur de tout et de tout le monde.
- De moi aussi ? - Non, pas toi.
Mais tu ne m'est d'aucun secours.
On est trop faibles, vaincus dès le départ.
Prends ceci.
- C'est quoi ? - Ce que c'est ! Un sucre !
Ferme les yeux, ouvre la bouche.
Quelles étranges couleurs !
Elles ont eu cet effet sur moi, au début.
Mais c'est différent, je ne pourrais pas vivre sans.
- Où t'as eu ça ? - Où je l'ai eu ?
Pourquoi crois-tu que je couche avec Gerda quand elle le désire ?
Son yacht est un vrai entrepôt.
La plus grande entreprise de drogue dans ce pays.
Les autres sont au courant ?
Tout le monde le sait.
Tous ces excentriques, ces acteurs, ces artistes.
Tous des cinglés de millionnaires.
Voilà l'image.
Qu'est-ce que Luca a à voir là-dedans ?
Tu sais pas, il t'a rien dit ?
Voyons, désolé d'être celui qui va te le dire.
Ton illustre petit ami était un revendeur.
Et très important.
Le complice no 1 de Gerda après le départ de Frank.
Il avait des contacts à Milan.
Un tordu, tu peux me croire.
Vous rêviez de mettre ce petit gars dans votre lit depuis le début ?
Comment ça a marché ?
A t-il oeuvré comme un homme ?
J'en doute !
C'est un nul à moins d'avoir sa dose d'acide.
Alors, on a honte, hein ?
Ne lui fait pas de mal. Laisse-la tranquille !
Très bien.
Je vais vous dire la vérité.
Personne n'a tué Luca, Julie.
Il a disparu de la villa vivant.
Personne ne l'a revu.
Réponds-moi, imbécile. Tu l'as vu partir ?
C'est vrai ou pas ?
Tu l'as vu s'en aller, réponds-moi ?
Je l'ai vu partir.
Bien sûr. Lève-toi et va dans ta chambre.
Je vais dans ma chambre.
Vous y croyez maintenant, On dirait pas !
Quelle importance ?
Qui vous croirait ? Quelle preuve avez-vous ?
Je veux juste qu'on me fiche la paix.
Je veux partir d'ici,
je ne veux jamais revoir aucun d'entre-vous.
Je le sais ma chère. Vous partirez demain matin.
Laisse tomber Gerda, c'est moi.
Tu m'as fait peur.
Je te fais peur, hein ?
Tu as peut-être raison.
- Que veux-tu, Frank ? - Parler affaire.
Je pensais que c'était fait, je vais me coucher.
L'ancien accord ne me convient pas.
J'ai l'avantage.
ça veut dire ?
Je suis pas le tueur. Je n'étais pas là.
Et ça, depuis que tu m'as viré.
Vous vous êtes tous mis d'accord pour vous débarrasser de lui.
Un de vous l'a tué.
Tu veux pas que les flics viennent fourrer leur nez.
- Sur ton yacht. - T'es pas marrant, Frank.
T'as pas l'ombre d'une preuve
sauf pour ce tableau qui ne signifie rien !
Pourquoi t'as si peur alors ?
T'as essayé de tuer la fille. C'est pas une preuve, ça ?
Personne n'a essayé de tuer Julie.
Puisque j'ai échoué dans le crime, rien ne m'empêche
d'aller voir la police avec ce tableau.
Ils m'ouvriront grands les bras.
Que peut-on attendre d'un médiocre maître-chanteur ?
Tu veux combien, Frank ?
- Combien ? - 70% ! Et c'est pas tout !
Dès maintenant, c'est moi qui va prendre les décisions.
- Comme au bon vieux temps. - Et pour Julie ?
- Elle sera mon invitée à ma villa. - Combien de temps ?
Aussi longtemps que nécessaire.
Puis je déciderai.
Qui va la persuader de la fermer ?
Avec l'aide de ton jeune ami, peut-être !
Fais gaffe Gerda, la jalousie est mauvaise conseillère.
Tu es responsable de la sécurité de Julie.
S'il lui arrive quoi que ce soit, tu sauras à quoi t'attendre.
ça ira, pendant mon absence.
Tu reviens quand ?
Je ne sais pas. Une semaine, peut-être deux.
- Frank, je te reverrai ? - Bien sûr, bien sûr.
Ce gamin Saro est toujours à la villa ?
Il partira avec Gerda sur le yacht.
En Grêce. Salut !
Julie, attention !
Laissez-moi !
Non, Louis !
Ne fais pas ça Louis, reviens, reviens !
Je l'ai vu aller à la police.
J'ai rien pu faire.
Que va t-on faire Frank, on fait quoi ?
Partez d'ici vite, il n'y a pas d'autre choix.
- Et toi ? - Moi ?
Je reste ici, je suis chez moi.
J'ai rien à voir dans cette histoire.
Et Gerda ?
Mieux vaut que la police ne la trouve pas ici.
Ils seront là dans une heure, partez vite sur le yacht.
Pas de temps à perdre.
Emmenez-le avec vous, je m'occupe du corps de Luca.
Tu auras ta villa, Frank. Tu es à nouveau le Maître !
Prête, Gerda ?
On doit le faire, tu sais ça ?
Vas-y, j'arrive.
Allez-y.
- Allez Julie, on y va. - Meurtrier ! Vous avez tué Luca.
Vous et moi sommes les seuls à connaître la vérité.
Mais nous ne le dirons à personne.
Alors, vous allez me tuer ? Allez-y, finissons-en !
Non, Julie, nous avons des choses plus intéressantes à faire.
Allez. Je vais vous montrer. - Je m'en vais d'ici.
Dégagez de là ! - C'est inutile, Julie !
Julie, c'était vous. Vous l'avez tué !
Il n'était pas que votre amant.
Il était mon médecin, le seul à pouvoir me guérir.
J'étais atteinte d'une terrible névrose.
Une obsession qui aurait pu me conduire dans un asile.
C'était mon père, mon père.
Il m'a aidé à revivre.
Il a été le seul homme à réussir.
Soudainement, il vous a laissé tomber.
Vous l'avez découvert et vous êtes venu le chercher.
Vous l'avez vu avant que les autres ne sachent que vous étiez là.
Je me suis rendu compte de ce qu'il était en réalité.
Que vous a t-il dit ?
Il m'a dit de partir.
Mon sauveur, mon idole, mon père.
Il ne voulait plus de moi.
Il disait qu'il se fichait de ce qui m'arriverait.
ça ne l'intéressait pas, je n'étais qu'un jouet pour lui.
Il avait remis les choses en ordre
maintenant, il me jetait et en cherchait une autre.
Je devais le tuer.
Vous êtes partie sans être vue.
En fait, j'étais...
Quelque chose n'allait pas chez moi.
J'étais sous l'influence de Luca.
Quand ton père a jeté ta mère hors de la maison
quand tu avais deux ans,
tu as eu cette envie compulsive de commettre des actes atroces, horribles.
Et à chaque fois que tu as eu
ce mécanisme de défense,
ta mémoire en a été comme effacée.
Une censure parallèle à un rideau
qui l'effaçait totalement de ta conscience.
Et quand vous êtes revenue à Milan,
vous aviez complètement oublié le meurtre.
Je n'avais aucune idée de ce que j'avais fait.
Quand je suis venu le chercher, j'étais sûre qu'il était vivant.
J'avais oublié ce qui s'était passé.
Vous êtes revenue ici comme si c'était la première fois ?
Toute trace de Luca avait disparu.
Et quand le corps a été découvert baignant dans son sang,
ayant peur des conséquences, Gerda et ses amis
commencèrent à se suspecter les uns, les autres.
Mais personne ne parla, ils avaient trop peur de la police.
Avec le yacht rempli de drogue. - Débarrassons-nous de lui !
Je savais que c'était vous qui l'aviez tué.
Quand j'ai vu le pantalon dans votre valise.
Il ressemblait à celui décrit dans le tableau.
Vous avez donc accumulé les preuves contre moi.
Oui, et vous avez utilisé
ce mécanisme pour tout détruire à nouveau.
Vous trouviez toujours une excuse pour ne pas aller à la police,
vous essayiez de cacher les preuves comme à la piscine.
Vous avez même tué une deuxième fois.
- C'est faux, ne dites pas ça ! - Oh oui, c'est vrai.
Saro, le gamin, vous l'avez tué.
Vous auriez pu le sauver si vous aviez voulu.
Vous n'aviez aucune intention d'aller à la police.
- La police ? - Comme je connaissais toute l'histoire,
je vous ai utilisé pour faire chanter les autres. Les virer.
Voilà pourquoi je vous ai protégé.
J'ai tué Antonio.
Ce type qui vous avait emmené dans cet endroit désert.
Pour l'empêcher de vous tuer.
Il était le tueur de la bande. Gerda lui donnait les ordres.
- Vous devriez me remercier. - Oui, je le sais.
Vous avez toujours voulu un homme qui vous possède, un maître.
Votre père. Luca.
Et maintenant, moi.
Oui, vous maintenant.
Essaie de chanter autre chose.
- Donne-moi une bière. - Oui Frank, tout de suite.
Eh bien, Julie, je meurs de soif !
Trad: Uncle Jack 2016 !
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