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Zulu
On entre.
- Tu fais quoi? Tu bosses de chez toi, maintenant?
- On nous a retiré l'affaire Herville.
J'ai un rapport de synthèse à finir. - Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Le tôlier a voulu qu'on bosse avec la financière,
et il nous a lâchés.
Et Roban aussi. C'est con, parce que...
On venait d'identifier ce type. Voilà.
Tu fais quoi ?
T'as repris le boulot? - Oui.
J'ai pas encore récupéré le droit d'exercer,
mais je vais bosser avec Edelman.
Dit comme ça, ça fait bizarre,
mais ça se passe plutôt pas mal.
- Cool.
- Je vais pas m'incruster chez toi. J'ai trouvé une solution.
- OK.
Comme tu veux.
- En tout cas, merci.
Générique de début
- Il y a que les originaux, là. Vous avez pas fait de photocopies ?
On a trois heures pour boucler la transmission à la Crim.
Je vais pas tout faire seul.
- Voilà le volet financier. T'en es où ?
- J'ai pas commencé. Je suis pas aidé.
- Vous vous êtes enfoncés tous seuls,
et on est tous dessaisis.
Je vais t'aider. File-moi tes codes d'accès
à votre procédure.
- Quoi, Berthaud ? Vous avez changé d'avis ?
Non ? Alors, laissez-nous !
Alors, c'est B, A,
underscore, L, V, P, 12-5.
-2 semaines, c'est chaud. - J'ai 400 heures à récupérer.
- Mais vous partez en même temps. - Y a plus rien à faire.
- Ouais...
- Lebrion s'est enfermé avec Beckriche.
- Il bosse avec son pote, et alors ?
- Il vient de lui filer les codes d'accès à la procédure.
- Et alors ?
Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
- Il y a un truc louche.
- T'es parano ! Ils sont dégoûtés d'avoir été dessaisis,
comme nous. C'est tout.
Allez...
- Je te paie pas pour que tu me rassures.
- Le conseiller de Solignac assure que ton nom n'a pas été cité.
La garde à vue a été levée. A priori, c'est bon.
-"A priori"... J'aime pas les a priori.
Je veux prendre aucun risque. Il faut être plus offensif que ça.
- Pour ça, il faudrait qu'on en sache plus
sur vos activités.
- Que voulez-vous savoir ?
Je fais de la gestion de patrimoine. Je place l'argent de mes clients
pour optimiser leur fiscalité. A ce titre, je peux
être amené à répondre à des besoins particuliers.
- Mais encore ?
- Des demandes importantes de liquidité.
Je fais appel à des gens qui savent faire ça.
- Vous pouvez être plus précis ?
Bon, ce cash, il vient d'où ?
- Elle est pire qu'un flic, ta nouvelle assistante.
- Elle a raison, on doit savoir d'où peuvent
venir les coups pour les parer.
- Un intermédiaire gère ça pour moi.
Je me contente de dire à mes clients
à qui adresser leur virement bancaire en compensation. Ca va ?
- OK. On bosse de notre côté et on revient vers toi
dès qu'on a du concret.
- Tu me feras ta note d'honoraires plus tard.
Je veux que ça aille vite, c'est tout.
Salut. - Salut.
La porte claque.
- C'est peut-être ton ami, mais il a pas tout dit.
Son nom a été cité dans l'enquête sur la mort d'Herville.
- De quoi tu parles ? Comment tu sais ça ?
- On s'en fout. Ce qui m'inquiète, c'est ce qu'il nous cache.
Apparemment,
l'enquête a mené les flics à un réseau de blanchiment,
et le nom de Cann est sorti. - Ta pote flic t'a dit ça ?
Parle ! T'en dis trop ou pas assez. - Je t'ai dit ce que je savais.
Si tu veux mon avis, Cann est mouillé avec ce réseau
et les flics sont sur lui, alors il a raison,
il faut être offensif.
- Et tu proposes quoi?
- Anticiper l'attaque de Roban contre lui.
- Comment ? On sait même pas de quoi il est accusé.
- Si l'affaire est inaccessible,
il faut s'attaquer au juge.
- Génial. C'est Roban, ça va être facile.
- Mais c'est nous
en face, non ?
- Le temps.
Une greffière m'a dit que Roban était proche de la retraite.
Il voudra boucler l'enquête, c'est dans sa nature.
Il voudra la clore avant le tomber de rideau.
- Surtout si on lui fait croire qu'il peut prendre un raccourci.
- Mon équipe va d'abord assimiler
toute la matière accumulée par le DPJ et la financière.
- Il faut aller plus vite.
Berthaud et Escoffier ont identifié David Cann.
Maintenant, il s'agit de comprendre son rôle
dans le réseau de blanchiment. Ca doit être notre priorité.
- Qu'attendez-vous de moi au juste ?
- Depuis l'arrestation de Solignac, on a un réseau
qui a été secoué. Il faut agir rapidement,
car le risque existe que le réseau se referme complètement.
- On peut pas aller trop vite et commettre des erreurs.
On sort tout juste du meurtre de Fouad Khelfa.
- Oui, évidemment.
Bon, surtout, tenez-moi informé.
J'ai l'habitude d'être au contact régulier
avec les policiers avec qui je travaille.
- Je vous tiendrai au courant.
Monsieur le Juge.
Brémont sort.
Musique intense
- Bon,
le message est clair : vous faites la gueule pour la dessaisie.
Je suis certain que la Crim
va résoudre l'affaire.
Personne n'oublie Herville. Personne.
Il faut avancer. On a une affaire de vol à la fausse qualité.
Apparemment, un couple sévit
dans notre secteur et se fait passer pour des agents EDF. Ils ciblent
les personnes âgées et isolées. Le commissariat est dépassé,
donc c'est pour nous. J'ai demandé
à ce qu'on nous envoie les dernières victimes.
Le but est d'arrêter l'hécatombe, OK ?
Allez, on s'y met.
Berthaud, je vous mets en appui sur cette affaire.
Avec JP et Nico en congés, on a besoin de vous.
Vous valez bien deux hommes, non ?
Propos indistincts
- C'est Rodrigues,
avec un "s", pas un "z".
C'est portugais, pas espagnol.
- Vous inquiétez pas, on a noté.
Il y a pas de faute.
Donc ils étaient deux, dans les 20-25 ans.
- Oui. Très beaux.
La fille m'a dit que le garçon était son stagiaire,
qu'ils travaillaient pour EDF.
Mais moi, je paie toujours, alors j'ai pas compris.
Mais elle m'a expliqué que c'est EDF qui me devait
de l'argent.
- D'accord. - Alors...
- Prenez votre temps.
- Ben, elle voulait ma carte bleue pour remettre l'argent dessus.
"Le trop-plein perçu", elle a dit.
C'est ça, le trop-plein.
- Du coup, Mme Rodrigues, ils sont partis
avec votre carte bleue, c'est ça ?
Mais pour le code...
- Vous avez donné votre code ?
Votre code, vous l'avez donné ? Oui ?
- Mes enfants vont encore dire que je suis...
- Non, Mme Rodrigues.
- Ils m'ont tout pris, j'ai plus rien sur mon compte.
- Vous inquiétez pas. - Toute ma retraite. 756 euros.
- Mme Rodrigues, c'est pas votre faute, d'accord ?
Regardez.
Je vais vous donner des formulaires.
Voilà. C'est des associations de victimes contre les escroqueries.
Vous les appelez et ils vont vous aider. D'accord ?
- Voilà. Vous allez me signer ça.
Mettez un petit gribouillis ici, en dessous.
- Attendez.
(C'est pour le taxi.)
(D'accord ?) - Merci.
(-De rien. Allez-y.)
l'ascenseur est au bout. Au revoir, Mme Rodrigues.
- Tes 20 balles pour le taxi, c'est limite.
- Faut vraiment
être une merde pour taper 800 balles à des petits vieux qui ont rien.
Faut choper ces connards. - Faut faire un tri dans tes vieux,
prendre que ceux qui ont toute leur tête.
Sinon, l'avocat n'en fera qu'une bouchée.
Déjà, ta madame Rodrigues, tu la vires de la procédure.
- De quoi ?
C'est la double-peine, ton truc. Les plus fragiles sont volés
et on prend pas leur plainte. - Tu l'ajouteras plus tard,
mais le proc' doit pouvoir s'appuyer sur du solide
pour obtenir la meilleure condamnation.
On veut qu'ils prennent un max, non ?
- Ouais. - Bon.
- En attendant, faut les arrêter.
- Justement, un boulot de flic, c'est sur le terrain. Allez.
A tous, enquête de voisinage.
On a une description des suspects, Ken et Barbie,
et un endroit qu'ils adorent: Pelleport.
- Laure, tu viens ?
Laure souffle.
- Bonjour. - Bonjour.
- Je suis de la police. Vous travaillez dans le quartier ?
- Oui, je bosse, là.
- On cherche un couple qui arnaque des vieux. Vous avez dû les voir.
- Euh... C'est la 1re fois que je viens ici, moi,
donc je connais pas vraiment les gens du quartier.
- Je vais vous montrer des photos au poste,
et vous me direz si vous les reconnaissez.
- C'est... Vous me reprochez quoi, là ?
- Rien, mais c'est important, c'est une enquête de police.
- Ca va prendre combien de temps ? - Ce sera pas long, tout ira bien.
Mettez ça dans le coffre.
- Tu l'embarques ?
- Ouais.
Il tracte dans le quartier. Il a sûrement vu quelque chose.
Tu me tiens au jus. - Ouais...
- Il y a tout qui s'allume quand on tape ton nom. C'est Noël.
- C'est fini, tout ça, je suis en réinsertion.
Je me tiens au carré, maintenant.
- On dit "à carreau". - Carreau, carré...
- Alors, trafic de stupéfiants,
usage de stupéfiants, trafic de stupéfiants... 6 condamnations.
Ca continue...
Bon, elle...
Tu la connais ? C'est Mme Rodrigues.
- Non. -48, rue du Docteur Potain.
- Je... je connais pas. Je vois pas ce que j'ai à voir...
C'est... C'est pas... C'est pas vers là où je tracte...
- Regarde bien.
Tu l'as forcément croisée. - Non ! Vous entendez
les mots qui sortent de ma bouche ? C'est une histoire de fou !
Vous entendez ? Je suis jamais... C'est la 1re fois que je viens là.
- D'accord, t'inquiète. T'as un téléphone ?
- Oui. - Très bien.
On va noter ton numéro ici.
Il y en a plus pour très longtemps.
Voilà. Tu vas signer ici,
et tu peux y aller.
L'homme signe.
Très bien. - Merci.
Soupir
- Ahmed.
- Tiens, ton non-lieu est arrivé.
- Et comment je récupère mon droit d'exercer ?
- J'ai transmis
toutes les pièces à la secrétaire du bâtonnier.
Mais sois patiente, la direction se réunit pas avant un mois.
Il manque un membre.
T'inquiète pas, je suis ça de près.
Tiens.
Ton acompte pour le dossier Cann. Je suis obligé de te payer
au black, je suis désolé.
Je vais m'occuper de ta protégée.
Lola Moriéja. - Moriera.
Ca t'ennuie pas d'aller la voir ?
Elle a renvoyé son avocate et je veux pas la faire attendre.
- Non, c'est ce qu'on avait dit.
Sonnerie SMS
Ca y est, Cann nous envoie le listing
qu'on lui a demandé.
- Ca m'a l'air parfait.
Il a mis des personnalités en vue, mais pas trop.
Il faut trouver la bonne personne pour appâter Roban.
- Il se méfie de tout le monde.
Il se méfierait même de son meilleur ami.
- J'ai une idée.
Laure frappe.
- Je crois que je tiens un truc.
Le tox fait des repérages pour les 2 autres.
- Ca sort d'où, ça ? - C'est un super poste d'observation,
son job. - Ah bon ?
Un peu léger comme argument. - C'est pas
avec son pauvre salaire qu'il paie sa conso. On perd rien
à le mettre sur écoute. - Mmh...
Attends.
Tu me prends pour un con, là ? Tu veux mettre le tôlier sur écoute.
- Putain, Gilou, on est dessaisis
à cause de lui. Et maintenant,
il file nos codes à Lebrion. Il est pas clair.
- Pas clair de quoi ? Beckriche nous a lâchés parce qu'on a déconné.
- Mais il file toutes nos infos à la financière !
- Concrètement, t'as quoi contre lui ?
- Je vais trouver. - T'as rien.
Alors t'inventes des trucs. Tu coules si tu veux, mais sans moi.
- Vous avez deux minutes ? Je dois vous parler.
- Quel culot.
Venir me trouver après ce que vous m'avez fait subir.
- J'ai appris que vous aviez ouvert un cabinet de conseil juridique.
- Et vous ? Ce séjour en prison, c'était comment?
- Un de mes clients pourrait avoir besoin de vous.
- Si c'est une codétenue,
je doute qu'elle puisse s'offrir mes services.
- Il s'agit de mener une opération particulière
auprès d'une de nos connaissances communes.
- Qui ça ?
- Un juge dont la probité vous a toujours exaspéré.
- Roban ?
La prison ne vous a pas calmée.
- Non, pas vraiment.
- Qu'attendez-vous de moi ?
- Vous allez lui proposer de l'aide
dans une affaire à laquelle il tient.
Il sera persuadé que vous n'agissez pas par altruisme.
- Envoyer son pire ennemi pour qu'il ne se méfie pas.
C'est vicieux.
Ca pourrait me plaire.
Gilles, on y va.
- Epluche tout ligne par ligne.
Si un achat paraît louche, appelle la victime.
Brémont frappe.
C'est toi qui prends la relève ? - Oui. Je peux te parler ?
- Ouais.
- Vous avez bien bossé, mais on comprend pas un truc.
- Ah ?
- Les Chinois, là, on pige pas.
Wei Xu, le type qui a la boutique à Aubervilliers,
Il fait quoi dans l'histoire ? C'est quoi son lien avec Wang ?
- C'est Laure qui a fait les PV
de renseignement, j'ai pas tout en tête.
- Je vais pas foutre la merde.
Parfois, dans les transmissions, on s'embrouille.
Ca va, Laure ?
- Non, ça va pas.
- Elle voit un psy ? Un médecin ?
- C'est pas mes oignons.
- Surtout, tu la charges pas. Demande-lui simplement pour le PV.
Salut.
- Brémont dit qu'il manque des PV sur le volet chinois.
Le lien entre Wei Xu et Wang.
- J'ai tout transmis.
Tu me crois pas ?
- Depuis quand tu fais des copies de tes dossiers ?
- On peut comparer mes copies avec ce qui a été transmis à la Crim
si tu veux.
Vas-y, je t'écoute.
- Alors, le 10 mars, 10 h 30 : PV, JP, surveillance.
- J'ai.
- Toujours le 10 mars...
On frappe.
- Euh, c'est Ken et Barbie.
On a une série d'achats avec la CB d'une victime.
Dans le 15e, Beaugrenelle. Avec un peu de chance,
ils ont encore les vidéos de surveillance. On y va ?
- Vas-y avec Tom. Vous me tenez au courant.
- Sérieux ? - Ouais, sérieux.
- OK.
- Next.
- Bonjour. - Bonjour.
Malheureusement, Joséphine n'a pas récupéré son droit d'exercer,
mais dès qu'elle le pourra, elle prendra le relais.
En attendant, pour vous défendre, j'ai besoin d'un maximum d'éléments.
Même des détails insignifiants.
Je vous écoute.
- Y a ce type qui s'est suicidé.
Les flics ont fouillé son ordi, et c'est comme ça
qu'ils sont remontés à nous.
Ils ont découvert notre combine,
les 40000 euros sur mon compte.
Apparemment, ils peuvent me charger pour escroquerie.
- Et chantage avec circonstances aggravantes.
- C'est pas moi qui ai flingué le type.
Je vois pas comment ils vont me foutre ça sur le dos.
Ca tient pas. Si ?
- On y reviendra.
On va reprendre depuis le début, d'accord ?
Comment a commencé cette histoire d'escroquerie sur Internet?
C'est vous ou votre complice qui a eu l'idée ?
- J'avais besoin d'argent.
Rire
- Il y a pas pire défense.
Tout le monde aime l'argent, mais tout le monde se retrouve pas
à chauffer des inconnus sur Internet.
C'est quoi, votre histoire ?
- Genre, mon enfance traumatisante, mmh ?
Mon oncle incestueux.
Comptez pas sur moi pour déballer ces conneries.
- Vous préférez
qu'on détaille comment vous allumez les hommes ? Si j'ai bien compris,
vous vous foutiez à poil devant l'écran.
- J'imaginais pas Joséphine bosser avec un type
comme vous. - Et vous imaginiez quoi?
- Je sais pas.
Un mec plus beau, plus jeune.
Un truc, quoi,
qui donne envie le matin, quand on va au boulot.
Elle mérite mieux que ça, Joséphine. Non ?
- On va passer notre temps à parler de Joséphine Karlsson, si?
- Je vous dirai rien sur moi.
- Ah...
Alors, je m'en vais.
Prendre une tôle en correctionnelle, ça a jamais été mon truc.
Il frappe.
- PV du 14 mars: Laure Berthaud, renseignement.
Laure pianote sur le clavier.
-14 mars ? - Ouais.
- J'ai rien. - T'es sûre ?
- Fais voir.
C'est le PV de renseignement sur le lien entre Wang
et Wei Xu, les parts de Wei Xu dans le restaurant de Wang.
Un truc cloche.
- Ca peut être un souci d'encodage. - Sauf que Lebrion s'est pointé
pile le jour de la transmission.
Il pique la version papier,
ensuite il accède au serveur grâce au code de Beckriche
et il détruit la version numérique. - Pourquoi piquer un PV ?
Quel intérêt? - Ben faut qu'on trouve.
Il y a des annexes ?
- Qu'est-ce que ça fout là, ça ? Un papier des douanes du Havre.
Un container de marchandises en provenance de Chine pour Wei Xu.
OK, il a été prohibé il y a deux mois.
T'appelles qui, là ? - Le Havre.
Laure compose le numéro.
Commandant Berthaud, 2e DPJ à Paris.
Je voudrais un renseignement sur un container, s'il vous plaît.
D'accord.
Allô ?
Sympa. Faut faire une demande sur leur site.
Il y a un délai de deux semaines minimum.
- C'est quoi, le lien entre le container et le blanchiment?
- Je sais pas. Si Lebrion voulait cacher ça à la Crim, ça vaut le coup
d'aller voir. - C'est qu'un document
des douanes, pas d'affolement. Tu vas où ?
- Au Havre.
On frappe.
- Oui.
- J'étais sûr de vous trouver là.
- Quelle surprise.
Qu'est-ce qui vous amène ?
- Je viens de voir le 1er vice-président.
J'ai voulu profiter de l'occasion pour vous saluer.
Profond soupir
j'avais oublié le charme suranné de ce bureau.
- J'en déduis que votre ancienne fonction ne vous manque pas.
- Et si je vous offrais un verre dans un endroit correct?
- Ce ne serait pas raisonnable.
- Vous êtes un ascète, Roban.
Malgré nos nombreuses divergences,
j'ai toujours respecté votre profonde dévotion.
A ce propos, le 1er vice-président m'a fait part de vos déboires
dans votre enquête sur un réseau de blanchiment d'argent.
- Que vous a-t-il dit?
- Oh, vous savez... Les magistrats sont de vraies pipelettes,
surtout lorsqu'il s'agit de faire état du malheur des autres.
En tout cas, ces médisances vont peut-être vous permettre d'avancer.
J'ai un client qui pourrait sans doute vous aider.
- Expliquez-moi ça.
- Mon client oeuvre
dans le secteur du BTP.
Il connaît le réseau sur lequel vous enquêtez.
Certains de ses concurrents en sont des utilisateurs réguliers.
Oui, il faut bien payer
cette main-d'oeuvre clandestine.
En tout cas, mon client voit dans votre enquête
une manière de faire tomber ses concurrents.
Inutile de vous dire qu'il est très motivé pour vous aider.
- Bien...
Je vais l'entendre comme témoin.
Quel est son nom ?
Malheureusement, il ne souhaite pas être entendu dans un cadre
officiel.
- Dans ce cas, je vais devoir me passer de son aide.
- Comme VOUS voudrez.
Sinon...
ce départ à la retraite, ça se prépare ?
Vous avez une idée
de comment vous allez meubler vos journées ?
Bénévolat, peut-être ?
J'imagine que l'idée de transmettre cette affaire
à votre successeur doit être pénible.
Bon, il ne me reste plus
qu'à vous souhaiter une bonne soirée.
- Merci.
Attendez !
Téléphone
- Ouais, Ali ?
*-C'est bon, on a chopé Ken et Barbie sur les caméras.
- Super, bien joué. Nous, on va voir un tonton dans une salle de shoot
à Gare du Nord. Il a peut-être des infos sur notre toxico.
*-T'y crois vraiment à cette piste ?
- Je sais pas, on vérifie.
*-OK. Tiens-moi au jus. - OK. A plus tard.
- Tu l'aimes bien, Ali.
- Oui. Beaucoup.
Il a une bonne tête, lui.
Tu vas où ? - Je vais au Havre.
- OK, grimpe. - Cool !
C'est sympa. Franchement, merci. Une heure que je poireaute !
- Qu'est-ce que tu fous là ? - C'est l'autre folle,
elle m'a planté. Putain, je le crois pas !
On s'est embrouillés, je suis parti pisser
et elle s'est barrée.
- Ta nana ? - Ouais. Elle fait la gueule
parce que je veux pas vivre avec elle. L'appart', les mômes,
les vacances en famille, je vois ça d'ici. J'ai que 30 ans !
- Si tu veux pas te caser, faut la quitter.
- T'as craqué, toi !
- Tu veux pas t'engager, qu'est-ce que tu fous avec elle ?
Elle va trouver un autre mec, c'est pas ça qui manque.
Un jour, tu vas la croiser au supermarché avec ses mômes.
Et là, tu vas la trouver très belle.
Et tu vas bien choper les boules.
- Attends...
On s'est embrouillés, je veux pas la quitter.
- Si tu restes avec elle, il faut la rendre heureuse. Tu comprends ?
- Ben...
Ouais.
Je crois, ouais.
Je te sens tendu, là. Il y a pas de bonnes vibes.
Je vais écouter un peu de musique. - Ouais, ça te fera du bien.
Rire
Ben quoi ? J'ai été cool, non ?
- J'ai rien dit.
- Oui, votre container est toujours en zone de contrôle.
Le propriétaire est pas venu le récupérer.
Faut voir ça avec le cibleur de la Celtic.
- D'accord. Il est où ?
- Ben, chez lui, je dirais.
Il commence à 6 h, demain.
Clochette
- Bonsoir. - Bonsoir.
Il vous reste des chambres ? - Bien sûr.
J'ai une belle chambre avec vue sur le port.
Les sanitaires sont tout neufs.
- Il nous en faut deux, les moins chères.
- Ah. Dans ce cas, j'en ai deux au deuxième.
On est à 150 en tout. - C'est cher.
- C'est bon, on prend ça.
- OK, merci.
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
Je suis là.
- OK. Moi, je suis là. Bonne nuit. - Bonne nuit.
Laure frappe.
- Gilou.
Gilou.
Elle soupire.
Tu...
Tu veux pas qu'on parle ?
- Pour cette affaire, j'ai encore l'espoir d'un truc.
Mais pour nous deux, j'ai pas la force.
- OK...
Bonne nuit. - Bonne nuit.
Brouhaha de la rue
- Ah, c'est ici.
Bips du code Déverrouillage de la porte
Détendez-vous, ce n'est qu'un dîner.
Sonnette
- Bonsoir, messieurs. - Bonsoir.
- Bonsoir et bienvenue. - Bonsoir, madame.
François Roban. - Bonsoir, Béatrice Solignac.
Ella, les manteaux, s'il vous plaît. Si vous voulez me suivre.
- Vous plaisantez ? On est chez Pierre Solignac!
- Qu'est-ce qui vous prend ?
(-Il a été entendu dans le cadre de mon affaire. Je peux pas.)
- Écoutez...
- Tenez. Je vais vous présenter à Pierre et à nos invités.
- Merci. - Je vous en prie, entrez.
Bien ! Monsieur Machard
et François Roban nous font l'honneur
d'être avec nous ce soir. - Bonsoir, messieurs.
- Bonsoir. - Ravi de vous accueillir.
Pierre Solignac. Très heureux.
On débouche une bouteille.
- Bien. Et maintenant, buvons !
Racontez-nous,
c'est vous qui avez fait tomber le Boucher de la Villette.
- Euh... Oui.
- Ca doit être fascinant d'être face à un homme tel que lui.
- Les grands meurtriers sont souvent
d'une banalité confondante.
- Ah, je suis surprise.
Une horloge sonne.
Ca va,
ça vous plaît? - Très bien.
- C'est succulent. - Merci beaucoup.
- David Cann
permet à ses clients un accès direct à un réseau de blanchiment
capable de fournir de grosses sommes en liquide.
- Si vous pensez m'apprendre quelque chose...
- Les virements
compensatoires de ces opérations sont adressés à une société fictive
immatriculée aux Bahamas.
Cann les répertorie dans un listing
détaillant l'ensemble des soi-disant opérations de placement
de ses clients dans cette société.
- Comment le savez-vous ?
- J'ai moi-même eu recours aux services de M. Cann.
Comme certains de mes concurrents qui figurent dans le listing.
- Je vois.
- La société en question s'appelle InvestCo.
- Allô ?
Oui, commissaire Brémont ? François Roban.
Je suis désolé de vous appeler si tard,
mais j'ai une bonne nouvelle. On va avancer sur l'affaire Cann.
- Gilbert m'a briefé. Voici le manifeste de votre container.
- C'est quoi ?
- Il y a toutes les infos : contenu, provenance, etc.
- Je peux le garder ? - Bien sûr.
- Pourquoi vous les avez contrôlés ?
- Je peux pas tout dire. Je l'ai passé au scan.
Il y avait que des bijoux fantaisie en provenance de Chine.
Le taux de nickel était trop élevé, il y avait des risques d'allergie.
- D'où la mention "prohibé"? - Oui. Le contenu va être incinéré.
- Ils s'emmerdent pas. Ils foutent des produits toxiques partout,
sans se poser de question.
- C'est par là. Juste après, zone Z3.
Voilà.
- Il y a un souci?
- Ben... Je comprends pas. Il devait être là.
- C'est une blague ?
Ca arrive souvent de vous faire braquer des containers ?
- Non. Franchement, je vois pas, là.
Marjorie pour Matéo.
*-Oui, Matéo ?
- J'ai un container qui a disparu en zone Z3, des bijoux fantaisie.
*-C'est le patron de la brigade financière qui l'a débloqué.
Ca pue le service rendu à un tonton.
Matéo ? - Je reviens. Quoi?
- J'y crois pas!
Putain !
Lebrion nous ment depuis le début, il connaît pas Wang et Wei Xu...
Mais quel enfoiré, putain !
Faut appeler la meuf de la brigade financière.
Elle t'a à la bonne, elle pourrait nous aider.
- Il nous a baladés comme des bleus.
- Monsieur le Juge. - Je vous laisse mener la danse.
- Commissaire Brémont, brigade criminelle.
M. Cann, je vous prie.
- Oui, David Cann. Que voulez-vous ?
- Commissaire Brémont, brigade criminelle. M. Cann, vous êtes placé
en garde à vue à partir de... -9h05.
-9h05, et ce pour une durée de 24 h
renouvelable une fois pour suspicion de blanchiment d'argent
et faux en écriture. Vous avez le droit...
- Oui, je connais mes droits.
Ne vous inquiétez pas, tout ira bien, retournez travailler.
- François Roban, juge d'instruction en charge de l'affaire.
Nous allons perquisitionner vos locaux.
- On va commencer par votre bureau.
- Suivez-moi.
- Euh... Madame ?
Pouvez-vous vérifier tous les dossiers, s'il vous plaît.
Commissaire.
Dites-moi,
ce nom ne m'est pas inconnu.
Tiens !
Une collectionneuse d'art, je la connais. Euh...
M. Cann, vous pouvez nous dire
à quoi correspond ce listing ?
- Non. Aucun commentaire.
- Nous aurons tout le loisir de commenter plus tard.
Bien, vous m'embarquez
tous les ordinateurs.
- Matthieu ! On embarque les ordinateurs. Tous.
- Rassurez-vous,
je ne collectionne pas les ordinateurs,
ils vous seront rendus après expertise.
- Commencez, on les attend pas.
- Ah ouais ? - Ouais.
- OK. Ken et Barbie sont encore plus cons qu'on le pensait.
Ils ont fait des achats en ligne avec la CB d'André Rossignol.
La plate-forme d'achat m'a confirmé l'adresse IP.
Ca correspond à un abonnement SFR dans le 12e,
au nom de Jennifer Ferrand.
On a vérifié le Facebook de la demoiselle.
Merci.
Et voilà.
Là, on reconnaît bien notre Barbie.
- Ces abrutis ont utilisé leur ordi personnel pour faire les achats ?
- Ouais, c'est des génies.
Lui, là, c'est Kylian, son copain. Il a une page Instagram
où on peut compter ses abdos. - D'accord...
- Et sinon.
J'ai vérifié sur un fichier de l'Urssaf.
Jennifer Ferrand a travaillé 6 mois pour une filiale d'EDF
en tant que chargée de clientèle avant d'être virée
pour faute grave, d'où son baratin bien ficelé.
- Désolé, on a eu une embrouille avec un tonton, il nous a baladés.
Il connaissait pas notre toxico.
- Je vous présente Jennifer et Kylian.
- Ah génial, tu les as identifiés. Bravo !
- Y a plus qu'à les serrer.
Vu leur profil, ça devrait être simple.
On a pas affaire à des caïds.
Vous essayez de me faire ça propre et dans les clous.
- On fait une perquise ?
- Non, sinon ils vont nous enfumer avec des explications à la con.
Vaut mieux les accrocher pour du recel.
Il nous faut un flag. Hein ?
Vibreur
- OK, ça marche. - Voilà. Ah, je reviens.
Salut. - Ca va ?
- Ouais.
- Alors, tu m'as intriguée.
C'est quoi, ton affaire urgente ? - Merci d'être venue, déjà.
Je t'ai pris des framboises.
On a découvert qu'un container avait été débloqué au Havre
par quelqu'un de chez vous.
De la marchandise chinoise pour un certain Wei Xu.
Ca te dit quelque chose ? - Non, rien.
- OK. Le truc, c'est que ce container qui a été débloqué,
ça a été fait en off, et je pense que c'est Lebrion.
Si c'est vrai, il nous a menti
quand il a dit qu'il connaissait pas ni Wang ni Wei Xu.
- Pourquoi il aurait menti ?
Justement, je me demande.
- T'es un acharné.
- Ca peut m'arriver. - Je vois ça.
Si c'est Stéphane, il est pas assez con
pour mettre ça sur l'ordi du bureau, on est tous en réseau.
Je peux fouiller dans son téléphone.
- Oh non. Je vais pas te mettre dans la merde.
- Il joue au squash les samedis.
Je t'envoie l'adresse et on s'y rejoint. C'est simple !
- C'est simple. - A demain.
- OK. Tiens, prends les framboises.
Ciao. - A bientôt.
Téléphone
- Oui, allô ?
*-Je suis à la Crim. J'ai parlé avec David.
Je crois que Roban a mordu. Les flics ont embarqué le listing.
- Et Cann, il tient le coup ?
*-Rincé, mais ça va. Tu peux aller sur mon ordinateur
et détruire le document qu'il nous a envoyé ?
- Oui, je le fais tout de suite.
Tonalité d'appel
Bonjour, Me Karlsson.
Je vous appelle à propos de ma réhabilitation.
Je comprends pas. La direction se réunit après-demain ?
*-Absolument,
mais les membres ne pourront pas statuer sur votre cas.
Me Edelman ne nous a toujours pas envoyé la copie de votre non-lieu,
et c'est pas faute de l'avoir relancé.
- Ca va ?
Salut. - Salut.
Je le sens pas du tout. - Comment ça ?
- Comment vous allez déverrouiller le téléphone ?
- Je connais son code, je gère.
- Vous avez un code universel ou une clé ?
- Oui, je vais trouver ça.
- Les vestiaires se trouvent...? - Derrière vous.
- OK. Merci.
(Il y a des casiers, là-bas.)
('Gilou !)
Bips du code
Déverrouillage
Tiens.
- Putain !
- Bon ben...
J'y vais. - Ouais. Merci, hein.
(Psst ! Viens !)
Lebrion a déjeuné avec Herville et Wang.
- C'est pas vrai ! Quand ?
- Avant que le container soit débloqué.
- Donc Herville a présenté Wang à Lebrion qui en a fait son tonton ?
- Wang appartient à un réseau de blanchiment, il a des infos,
il appelle Herville, son vieux pote, Herville lui présente Lebrion.
- Pourquoi Lebrion a caché ça ? - Je sais pas. Y a une couille.
Ca pue le mec qui a des trucs à se reprocher.
Chut.
Propos indistincts
- C'est Beckriche !
- Je sais que t'as eu pitié de moi,
mais je t'en veux pas. - Un petit peu.
- C'est bon de compter sur toi. - Tu peux.
Allez, je te paie un coup.
- Beckriche est mouillé, tu crois ? - J'en sais rien.
Dorénavant, on joue tous seuls.
Générique de fin
Sous-titrage : Lylo Media Group
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