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Original subtitles

- Bonjour. Une ou deux personnes ? - Une personne.

- Je vous installe ici. - Merci.

T'es folle. Qu'est-ce que tu viens faire ici ?

Tu peux pas rester la. Tu sors tout de suite.

- Pourquoi tu t'enerves ? - Je suis avec ma femme.

J'ai vu. Je te fais pas une scene.

Tu le savais, que j'etais la ? Reponds-moi. C'est le hasard ?

Si je t'aimais pas, je serais partie.

Tu arretes.

Dis-moi que tu m'aimes.

Je t'aime. Mais maintenant, tu sors.

- Non. - Si, tu sors.

- On se voit demain, on parle. - C'est a toi de parler, pas a moi.

Je suis venue pour voir comment tu vas lui parler.

Dis-lui la verite, c'est tout.

Tu lui dis : "Tu vois, j'aime cette femme."

Et voila, je partirai.

Je cherche son regard, mais elle fuit, comme toi.

Elle me trouve vulgaire.

Je veux plus te voir.

- Je veux plus t'entendre. - Ne dis pas de betises.

- Viens t'asseoir a ma table. - Arrete. Tu vas trop loin.

Bon. Je vais sortir, parce que tu me fais de la peine.

Tu peux pas te passer de moi.

Tu reviendras.

Sinon, je viendrai te chercher.

Je viendrai te chercher, mon amour.

Je t'embrasse.

- Votre date de naissance ? - 22 octobre 1984.

- Mariee ? Celibataire ? - Divorcee.

Vous habitez...

97, rue Saint-Georges, a Toulon.

Je suis chargee de cette instruction par le procureur de la Republique

pour des faits d'abus de faiblesse sur la personne de M. Arnoid.

Vous etes libre de repondre ou pas.

J'ai deja repondu a la police.

Vous confirmez les declarations faites devant la police ?

Pierre ne s'est pas suicide a cause de moi.

Madame, on ne vous reproche pas un suicide,

on vous reproche un abus de faiblesse,

d'avoir extorque a M. Arnoid... - J'ai pas extorque.

- C'est pas ce que dit sa femme. - Evidemment, sa femme.

Sans les enfants, il serait parti.

J'aurais pu avoir un enfant aussi. Il voulait.

- Et pas vous ? - Je voulais qu'il la quitte avant.

Vous etiez jalouse ?

Vous voulez que je vous dise quoi ? Je sais pas.

Je ne veux rien, madame.

J'instruis une affaire.

Mme Arnoid et ses enfants se sont portes partie civile.

- Donc c'est moi qui l'ai tue ? - J'envisage de vous mettre en examen

car il apparait... - Sa femme lui pourrissait la vie.

Je termine. Les enqueteurs ont releve les cheques dont vous avez beneficie

sur votre compte personnel durant 3 ans. Au total : 210 000 E.

- Qu'avez-vous a dire ? - Il a revecu, avec moi.

210 000, et un appartement loue dont il s'est porte garant.

Et alors ? Je les ai voles ?

Il y a un rapport de police de 2009 vous concernant pour prostitution.

- Il vous a sortie de votre... - C'etait il y a 6 ans. J'ai paye.

- Vous frequentiez d'autres hommes ? - Ca vous regarde pas.

Si, madame, ca me regarde. Ca regarde le dossier.

C'etait un legume. Je l'ai rendu fort.

Il etait heureux, avec moi.

Oui. Et il s'est suicide.

Dans sa lettre, il dit qu'il est a bout...

C'est sa femme qui l'a ecrite. Il a jamais ecrit ca.

C'est lui. Ne m'interrompez pas.

Madame, ecoutez-moi. Vous etes dans le bureau du juge d'instruction.

Je pose des questions, vous repondez ou pas,

mais vous ne m'interrompez pas, sinon j'annule la seance

et j'en tire les consequences.

Plusieurs temoins disent que vous le persecutiez,

qu'il etait votre chose.

C'est moi qui etais sa chose. Il a tout eu de moi.

Sauf l'enfant.

Vous vouliez l'argent, pas l'enfant, alors vous accumulez.

- Vous avez peur de manquer ? - Non.

- Vous n'avez pas peur de manquer ? - Non.

Lors de la perquisition faite a votre domicile,

on a trouve 3 manteaux de fourrure. - Il les achetait pour lui.

Il aimait se montrer avec moi. J'ai rien demande.

- Les fourrures, c'est... - "C'est" ?

Vous pouviez dire que c'etait trop.

Ca ne vous est pas venu a l'esprit ?

Vous avez peur de manquer et vous vous fichez de ses enfants.

Votre amant avait des enfants de 12 ans, 10 ans, 6 ans.

Vous allez m'accuser de quoi ?

- Mais pourquoi les enfants ? - C'est moi qui pose les questions.

Ils se retrouvent prives de ce qui leur appartient.

Mais moi, j'ai eu un enfant.

Vous m'avez dit le contraire, tout a l'heure.

J'ai accouche, je suis partie.

Je comprends pas ce que vous me dites.

J'ai accouche, je suis partie.

Vous etes partie ?

Vous avez accouche sous X ?

Pourquoi ?

Ici, a Toulon ?

En 1998, a Frejus.

Et pourquoi a Frejus ?

Regardez-moi et repondez. A l'hopital ?

Une fille ?

Un garcon.

La date exacte ?

Je sais plus.

En septembre 1998.

En septembre 1998, vous aviez 14 ans.

De toute facon, vous avez depossede un homme et ses enfants.

Ce serait plus juste que je sois a la rue ?

- Ils seront jamais a la rue, eux. - Vous savez, vous ?

- Vous avez depossede des enfants. - Depossede ?

- Vous ne pensiez pas a eux. - Aux enfants des autres ?

Vous ne vous etes jamais preoccupee d'eux.

Moi, je devrais penser a eux ?

On va s'arreter la pour aujourd'hui.

J'envisage d'ordonner une expertise psychiatrique.

D'accord, je suis folle. C'est vrai. Je savais pas.

J'ai jamais dit ca. Vous avez des questions ?

Relisez le proces-verbal de votre audition avant de le signer.

Leo !

Leo !

- Tout va bien ? - Oui, ca va. J'ai pris la table.

- Vous partez a quelle heure ? - 19 h 30, quand ton pere arrive.

Pas plus tard, OK ?

On fait la surprise a Baptiste.

Bonsoir.

On a raison, de sortir, ca va etre quelque chose.

Tu sais s'il a prevenu les voisins ?

J'ai eu un curieux rendez-vous, aujourd'hui.

L'homme dit avoir rate sa carriere pour s'occuper de sa fille,

une violoniste douee a qui il reclame son du maintenant qu'elle a reussi.

- Tu te rends compte ? - Et alors ?

"Alors" quoi ?

Tu vas t'en occuper ?

C'est interessant, non ?

Rater sa vie pour ses enfants, c'est banal, mais pas exiger reparation.

J'ai mis en examen une femme, aujourd'hui.

Elle a accouche sous X le 20 septembre 1998.

A Frejus.

Ca arrive, les gens qui naissent le meme jour.

En 98, a Frejus, ils en ont eu 3, cette annee-la.

- C'est qui, cette fille ? - C'est une pute.

J'invente rien, c'est dans le dossier.

Condamnee pour prostitution. Enceinte a l'age de 13 ans.

- Vous allez boire tout ca ? - Ben, on est vingt.

- T'as prevenu les voisins ? - Oui. Vous rentrez pas avant 1 h.

- Je peux entrer ? - Oui.

T'as pas ete cool avec mes potes. Tu les as vires comme des voleurs.

- Qu'est-ce que t'as a ta bouche ? - J'ai quoi ?

Ca fait longtemps que t'es pas alle chez le dentiste.

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Ouvre.

- Qu'est-ce que tu fais ? - T'as les gencives irritees. Ouvre.

Voila. Tres bien.

Je te prends rendez-vous chez le dentiste.

Ca sert a rien, de toute facon.

- Vous etes seul, ce soir ? - Mon fils reste avec moi.

- Ce temoignage m'a... - C'etait fort.

C'est bien, de rester avec votre pere.

Je n'arrive pas a m'exprimer. Je me sens bete.

Justement. Pendant l'audience,

vous evoquez vos parents en disant : "papa, maman."

C'est une question de vocabulaire.

Je suggere de dire simplement : "mon pere, ma mere."

Vous avez une facon de parler de vos parents

qui neglige le fait que vous etes en public.

Et alors ?

A un president de cour d'assises, on ne dit pas "papa, maman".

Alors la, vous me demandez ca...

- Ca demande des efforts. - Il suffit de le faire.

J'ai pas compris ce que tu me disais. Boire, mais apres...

- Ca va pas ? - On parle d'autre chose.

Comme ca, c'est clair.

Comment elle s'appelle ?

- Juliette Larrain. - Elle vit a Toulon ?

Deja, toi, tu peux plus conduire cette instruction.

T'es impliquee, tu te deportes. Ca, c'est une chose.

Ensuite, je pense qu'il faut en parler a Leo.

C'est tellement plus simple, la verite.

Il y a rien de grave. Il connaitra sa mere.

Ou est le probleme ?

Les deux filiations sont dignes.

C'est une question de dignite. Voila pourquoi il faut lui en parler.

L'histoire d'un enfant adopte commence

le jour de son adoption et le jour de sa naissance.

Sa mere, c'est pas toi. Il le sait. Ca change rien.

Ben si, ca change tout. Tu comprends pas que ca change tout ?

- Juliette Larrain ? - Oui, c'est moi.

C'est qui ?

C'est qui ?

Tu te reveilles dans un autre pays. Je trouve ca extra.

Tu peux faire ce que tu veux. Cinema, piscine...

Conferenciers et chanteurs ringards : quelle tristesse !

J'etais comme toi, avant.

La boite de nuit apres diner, c'est un peu ringard, mais j'adore.

Ca change.

Tu peux bouquiner dans ta chambre. T'es sur le balcon, face a la mer.

Il y a 20 ans, de quoi on parlait, nous tous ?

On parlait de justice sociale, des droits de l'homme.

On revait d'un monde meilleur. Et maintenant,

on parle de croisieres.

Tu vas pas nous donner des lecons. On a fait cette croisiere, on a aime.

- On vous raconte. - C'est triste.

Arrete de dire que c'est triste. C'est pas triste. Je sais pas...

Ca nous plait, cette croisiere.

On dirait une vieille soixante-huitarde nostalgique.

En 68, j'etais encore dans le ventre de ma mere.

C'est un peu cliche, la croisiere. Mais rien que l'idee d'embarquer...

- Je suis pas contre. - On va se faire une croisiere.

- On ose le ridicule. - D'accord.

La journee, les iles, le soir, on danse.

Il faut dire des conneries ?

- On croit connaitre sa femme, et... - Et puis non.

J'aime quand tu t'enerves pour rien.

- Bonjour, Christine. - Bonjour, madame.

Je vais vous notifier les conclusions

de l'expertise psychiatrique du Dr Nora.

Ensuite, nous evoquerons les aspects de votre personnalite.

Le Dr Nora conclut de facon non peremptoire, mais c'est clair,

a un sentiment de perversion narcissique.

Il vous decrit comme centree sur vous-meme,

desireuse que le monde tourne autour de vous.

Vous concevez votre entourage comme vous etant asservi.

Il doit vous procurer un interet.

En gros, vous consommez.

Madame, ces conclusions sont calquees sur les charges du dossier.

Que pensez-vous de ces conclusions, madame ?

Vous parlez de quelqu'un que je connais pas.

Narcissique ? Perverse ?

Parce qu'on me regarde ? Il a trouve ca dans sa culotte ?

L'expert s'exprime dans un langage, vous en avez un autre.

Vous aimez qu'on vous regarde. On doit etre a votre service.

Vous aussi.

- Ne m'interrompez pas. - Vous m'interrogez, je reponds.

Il dit que je suis perverse ? J'en ai connu, moi.

Perverse, mais...

- Et comment vous decrivez-vous... - Je ne me decris pas.

- Je suis pas le centre du monde. - Vous contestez ces conclusions ?

Quelle a ete votre scolarite ?

Enceinte a 13 ans.

Mais vous avez quand meme voulu garder l'enfant. Pourquoi ?

- C'est mon histoire. - Et vos parents ?

Ils ont su tard, a 7 mois.

- Ils ont rien vu ? - Ca se voyait pas.

- Et le pere de l'enfant, c'est qui ? - Je sais pas.

- Comment ca ? - Je sais pas.

Vous ne voulez pas me repondre.

Le pere, vous l'avez revu ? Vous savez ou il est ?

- Quel rapport ? - Je pose les questions.

Je sais pas.

Et ni vous ni lui n'avez cherche a retrouver l'enfant ?

Non.

- C'etait votre premiere relation ? - Non.

Vous pensiez avoir fait une betise ?

Non.

Vous l'avez vecu comme un traumatisme ?

Non.

Mais vous n'avez plus voulu d'enfant.

J'ai pas rencontre l'homme avec qui... Je sais pas.

Si je le rencontre, peut-etre.

Ils sont pas assez bien pour vous. Pourtant, vous en consommez.

C'est dans le dossier.

Vous avez vecu de ca des annees.

Si vous revoyiez votre fils...

- Quel rapport ? - Que lui diriez-vous ?

- J'en sais rien ! - Repondez.

- Il est heureux ? - Pourquoi non ?

- Parce que je le suis pas. - Ah !

Votre fils ne peut pas etre heureux parce que vous n'etes pas heureuse ?

Vous vous rendez compte ?

Vous reportez votre faute sur l'autre.

Etre enceinte a 13 ans, c'est une faute ?

- C'est confus. - On a compris.

On a compris ce que l'expert psychiatrique dit de vous :

narcissisme pervers, votre fils ne peut pas etre heureux sans vous.

Vous etes folle.

Vous me notez ca immediatement.

Cet entretien est termine.

Vous avez des questions ?

On ne peut pas insulter un magistrat.

Vous devez informer votre cliente.

Vous avez des questions ? Non. Alors signez le proces-verbal.

Merci.

Quoi ? Je signe ?

Ou ?

Je peux vous parler ?

Je veux vous parler.

Je veux vous parler.

Baissez la vitre.

Je veux juste vous parler. Baissez la vitre !

- Salut, Olivier. Comment ca va ? - Comment vas-tu ?

Bien, merci. Je viens de me friter avec ta femme.

Elle m'a dit qu'elle t'avait dans un dossier.

- Elle t'a raconte ? - Non. Rien du tout.

- Elle t'a trouve un peu nerveux. - Ah bon ? Elle a dit ca ?

Sans s'attarder.

Ca veut dire qu'elle m'a fait chier.

- Le dossier est complique ? - Non, pas complique.

Rien de plus banal.

Elle est gonflee, quand meme.

- Salut. - Salut.

Merci d'etre venue.

Qu'est-ce que vous prenez ?

Un verre de blanc.

Un blanc.

J'ai eu du mal a avoir votre nom.

Vous etes un ami de la famille ?

De la famille, non. On se voyait en dehors.

Alors, c'etait vous.

C'est moi.

- Vous vouliez voir comment j'etais ? - Oui. Une curiosite.

On est devenus amis tardivement, et Pierre a toujours ete tres secret.

Je sais pas ou vous en etes, mais si je peux vous etre utile...

Sa femme a du vous dire que je leur ai tout pris.

Elle l'a dit.

Ils ont bloque mes comptes. J'ai plus rien. Je suis a la rue.

- Je viens d'un autre monde, moi. - Quel monde ?

Faites pas semblant.

Vous vous dites : "Qu'est-ce qu'il foutait avec elle ?"

Je voulais vous voir. Je voulais vous entendre.

Il faut voir pour savoir.

Sinon on se raconte des histoires.

Maintenant, je sais.

Aux jours meilleurs.

- Vous, vous faites quoi ? - Vous travaillez, en ce moment ?

Pas vraiment.

Travailler, ca aide a oublier.

Je suis d'une nature gaie, toujours.

J'ai pas de problemes dans la tete.

Je comprends.

Vous etes marie ?

Oui.

Je connais les hommes.

Ils veulent nous avoir, comme des animaux.

Le male ecarte les autres pour avoir les femelles. Il les veut toutes.

Elles sont d'accord. Vous etes un male, non ?

A ceci pres que je suis pas un animal.

Question sexe, on est pareils qu'eux.

Vous, c'est le contraire.

Vous avez ecarte une autre femme.

J'ai redonne du pouvoir a un homme.

Le vrai pouvoir de la femme, c'est de donner la vie, non ?

Oui.

Vous avez des enfants ?

Non.

- Vous n'en voulez pas ? - Je sais pas.

- Vous, vous avez des enfants ? - Oui, un enfant.

- Je vous ennuie pas plus longtemps. - Vous m'ennuyez pas.

Vous avez mon numero.

Vous voulez pas rester avec moi, reprendre un verre ?

Non.

Je prendrai de vos nouvelles.

- Tu t'en fous. - De quoi ?

Qu'il les ait tues.

Non. Ca me regarde pas.

Que je le croie ou pas change rien.

Tu le verrais a table avec nous, on dirait pas qu'il a tue quelqu'un.

Il est comme nous. Il a un fils de ton age,

c'est surement un bon pere, et il est aux assises pour meurtre.

Qu'est-ce qu'il fait, comme metier ?

Pharmacien.

Ses parents sont morts d'une injection de curare.

C'est lui. C'est evident.

Rien n'est jamais evident.

Et toi ? T'as envoye combien de personnes en taule, aujourd'hui ?

Qu'est-ce que t'as ? Tu nous cherches ?

Oui, je vous cherche.

Vous faites la gueule.

Vous devriez allumer la tele.

C'est nul, mais ca cause.

Maintenant, on va parler tous les deux.

Non.

Comment ca, "non" ? On peut plus parler ?

Je sais ce que tu vas dire. C'est non.

Ne rien dire a Leo est une connerie.

Le temps fera son travail. Mais avant tout, tu dois te deporter.

Deontologiquement, c'est pas possible. Tu le sais.

C'est tres grave, si tu poursuis.

Vous etes marrants, les magistrats. Vous vous prenez pour qui ?

Je connais ton discours.

Tu me mets, moi, dans une situation intenable.

Tu regles pas tes comptes avec moi. Tu vas perdre ton proces

alors tu deviens execrable. Tu fais toujours ca.

Tu te mets en faux.

Si t'etais pas ma femme, je te denoncerais.

- Vas-y, denonce-moi. - Le dossier est vide.

Quoi ?

Abus de faiblesse ? Mon cul.

T'as fouille dans mes affaires ? Tu fouilles dans mes affaires ?

Je voulais voir qui etait cette fille.

Elle est pas ce que tu dis. T'es jalouse.

- C'est infect, ce que tu fais. - Ce que tu fais, toi, est infect.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

Bonne nuit.

T'as fouille dans mes dossiers ?

- On arrete. C'est clos. - Non, on n'arrete pas.

C'est degueulasse. Et tu me parles de deontologie ?

On va allumer la tele.

C'est degueulasse, ce que tu fais.

- Je suis en retard ? - Je suis en avance.

- Je savais que vous appelleriez. - Je vous l'avais dit.

Par politesse ou par envie de me revoir ?

Un Perrier, s'il vous plait, madame.

Vous disiez que votre compte avait ete bloque.

Comme vous etes dans le besoin, je peux vous aider un peu.

Je vais pas vous dire non, vous savez.

Le temps de sortir de cette mauvaise passe.

Mais si j'etais pas baisable, vous seriez pas la.

J'ai pas d'arriere-pensee. Ne vous trompez pas.

Vous etes du genre fidele ?

Oui, oui.

Ca vous etonne, mais c'est la realite.

Pourquoi vous voulez m'aider ?

Pourquoi ?

Vous m'aidez, mais vous n'avez pas envie de moi ?

Vous m'offrez un autre coup ?

S'il vous plait, un autre.

- Voila. - Merci.

A bientot.

T'etais ou ? J'ai essaye de t'appeler.

J'ai ete retarde. Vous avez vu qui ?

Tout le monde.

Il reste la prof de francais. Ta preferee.

C'est ma matiere preferee. C'est la seule ou je peux t'aider.

C'est ca, oui.

C'est a qui ?

- C'est a nous. - D'accord.

Je vous en prie.

Alors, Leopold, rien de particulier a dire,

sinon des compliments.

Leopold est un excellent eleve.

Vous connaissez ses notes depuis le debut de l'annee.

Ses commentaires sont pertinents.

Il est tres sensible,

agreable en cours, et au contraire,

il faut qu'il continue a progresser, car il a les moyens pour reussir.

Et je crois que ses resultats dans les autres matieres

sont aussi bons.

Donc vraiment, pas d'inquietude a avoir.

Mlle Juliette Larrain, s'il vous plait.

J'ai revu la mere biologique de Leo.

Elle va etre en detention.

Voila.

Je te remercie de rien dire.

Normalement, je penserais comme toi.

Quand elle va sortir, tu fais quoi ?

Je veux qu'on vive comme avant.

Moi aussi.

Je voulais que tu le saches.

Je veux pas te mentir ni qu'un autre te l'apprenne.

Moi, j'aimerais pas duper mon fils.

Et la, tu me mets dans l'obligation de lui mentir.

On lui ment, tous les deux.

On a toujours voulu l'eviter.

Choque ! Choque ! Mais lache la voile !

Attention ! Lache la voile !

Ca me fait chier, ton truc.

Tu pouvais pas faire du rugby ?

Passe ca par-dessous.

Vous avez besoin d'aide ?

Ca va, merci. Non.

Tu l'as pas regardee ?

- Bon. Tu y es ? - Attends.

Merde ! Allez !

Voila. Maintenant, tu te tiens au truc en fer.

C'est bon ?

- Ca va ? - Oui. Et toi ?

On n'arrivera pas premiers.

Pour feter notre magnifique regate ?

Quinziemes sur seize, ca va.

Le 20 aout, ca fera 20 ans qu'on est maries.

Et t'as 18 ans en septembre.

20 ans, 18 ans, ca se fete.

Ce sera notre petite fete a nous. Rien que nous trois, en famille.

Alors voila,

c'est la surprise pour toi.

Pour ton pere aussi, car il le sait pas encore.

Vas-y, ouvre.

Une croisiere aux Canaries ?

On a dine chez des amis qui revenaient de croisiere.

Ta mere a gerbe sur les croisieres.

C'etait ringard, c'etait vieillot. Resultat :

voila.

Ce serait amusant, qu'on parte tous les trois.

Ca te plait, au moins ?

- Demande-lui si ca l'ennuie pas. - Pourquoi pas ?

Ca fait plaisir a maman. C'est combien de temps ?

Du 14 au 21. Sept jours.

Ni trop ni trop peu.

C'est cool.

Je vais me changer. Tu me commandes un steak ?

Je vais prendre une biere.

Je peux avoir une biere ?

T'aurais du m'en parler avant.

Si la mere de Leo etait pas reapparue, t'aurais jamais eu l'idee.

Il a bon dos, notre anniversaire de mariage.

Je te l'ai dit, je veux qu'on continue a vivre comme avant.

Cette femme,

tu peux pas l'enfermer. Tu vas la trainer devant les tribunaux.

Tu ne pourras jamais l'effacer.

Tu comprends ca ?

Si tu veux qu'on vive comme avant, tu peux pas effacer ce qui te gene.

On fait pas ca.

Ou alors, dans les reves.

Merci.

C'est trop. Donne-moi une petite.

T'as pris tes gelules ? Il faut que tu les prennes.

Je vais les prendre.

Salade ?

- Tu veux du vin ? - Non, merci.

Bonjour. C'est Juliette.

La juge m'a envoyee en prison. Je suis sortie depuis 2 jours.

Je sais pas si vous etes a Toulon.

J'aimerais bien vous parler.

Rappelez-moi.

Vous m'emmenez ou ?

De quoi vous avez ete privee ?

A votre avis ?

Je sais pas. De quoi vous avez envie ?

D'un verre de vin blanc devant la mer.

D'accord.

- Mon bienfaiteur. - Pas de photo.

- Je suis marie. - Je vous fais peur ?

Pourquoi vous voulez m'aider ?

Au debut, je me suis dit : "Ce type veut juste coucher avec moi."

Si c'est pas ca, c'est quoi ?

Parce que je vous aime bien.

C'est suffisant ?

Et ce qui vous arrive est injuste.

Avec Pierre, je me suis coupee du monde.

Une poule de luxe. On la met en cage et...

C'est vraiment une situation tres casse-couilles.

"Casse-couilles"...

"Casse-couilles."

Il faut que je me taise. Je suis trop nerveuse.

Non, non. Parlez.

J'aime bien vous ecouter.

Vous allez m'aider.

Vous voulez pas coucher avec moi, mais vous m'aidez ?

Je vous rappellerai plus tard.

- Bonjour. - Ca va ? T'as bien dormi ?

Ca va.

- Je te depose ? Je pars dans 3 min. - Je veux bien.

Si tu prends le bus, t'as 10 min pour manger.

- Si papa peut me deposer... - Tiens, prends ca.

Tu mangeras en route.

- Je te prends devant. - J'arrive.

Fallait que je vous voie. Ca va pas durer longtemps.

- Vous le connaissez ? - Ou vous avez eu ca ?

C'est le mari de votre juge. Pourquoi vous avez cette photo ?

Expliquez. Pourquoi vous avez cette photo ?

Le mari ?

Oui. C'est un confrere. Un avocat comme moi. Un type bien.

Vous le connaissez ?

Vous m'expliquez ?

Je l'ai connu.

Je voulais vous demander...

J'ai oublie de le faire hier.

J'aurai la parole, apres votre plaidoirie ?

Vous aurez la parole en dernier.

Le president de la cour demandera ce que vous souhaitez rajouter.

Je vais dire tout ce que j'ai sur le coeur.

A ce moment precis,

ce que les jures veulent entendre de l'accuse,

c'est le cri de votre innocence.

Le probleme n'est pas d'etre dans le pathetique, le lacrymal.

Venant de vous, ca sonnerait faux.

Mais il y a quand meme une verite, dans cette histoire.

Vous avez tue vos parents : oui ou non.

Alors, il faut leur dire.

Il faut leur dire.

Et aussi parler de votre fils.

Il a temoigne. Il sera la. Parlez de lui,

de sa souffrance,

de son amour pour vous, de sa confiance en vous.

Quand on est juge, un rien peut faire pencher la balance.

Et ce rien, ca peut etre une parole d'humanite.

Juste ca.

...pour decider selon votre intime conviction

de l'avenir d'un homme.

Mais ce n'est pas seulement de son avenir,

que vous allez decider.

C'est aussi de celui de son fils,

que vous avez vu deux fois a la barre, durant ce proces.

Declarer son pere coupable,

c'est aussi changer le destin de ce garcon de 18 ans.

Et probablement d'une autre generation, apres lui.

Je vous supplie de penser aussi a lui.

A la question posee : "L'accuse est-il coupable du meurtre

"de Jacques Caleda et Josephine Caleda ?",

les jures, a la majorite, ont repondu oui.

A la question de la premeditation,

les jures, a la majorite, ont repondu oui.

La cour vous condamne a 25 ans de reclusion.

- Ils l'emmenent maintenant ? - Oui.

- Tout de suite ? - Oui.

- Je peux aller lui parler ? - Seulement a la maison d'arret.

J'ai pas les cles de la voiture.

C'est lui qui les a.

Je peux pas la laisser sur le parking.

Je m'en occuperai.

- J'ai besoin des cles de la voiture. - Je vais m'en occuper.

C'est pas possible. Elles sont dans sa poche.

- Je vais lui telephoner. - Il pourra pas te repondre.

- Ce sera rapide. - Il pourra pas te repondre.

Allez, calme-toi.

Calme-toi.

- C'est pas possible. - Calme-toi.

Je suis gare juste en bas. Je vous attends.

- Vous etes bien gare ? - Oui.

Montez, je vous montre quelque chose.

Non, descendez. Je vous emmene boire un verre devant la mer.

Allez, montez. Ce sera pas long. Promis.

Entrez, je vous fais un cafe.

Non. Ca va aller, merci.

Si, si, entrez.

- Que voulez-vous me montrer ? - Installez-vous. J'arrive.

Tenez.

Vous etes belle.

L'objectif vous aime, comme on dit.

Vous parlez de moi et pas de lui ?

Si, si, si.

C'est emouvant.

Pourquoi vous me montrez ca ?

Parce qu'il etait votre ami.

Pour vous montrer qu'on etait heureux.

Que c'etait pas du bluff.

Que j'ai pas abuse de lui. Vous m'avez donne de l'argent.

Vous etes venu me chercher. Vous faites pas ca pour Pierre.

Vous faites ca pour qui ?

Ben quoi ?

Je refais un cafe. T'as pas bu l'autre.

Je te revois quand ?

Je pars samedi avec ma femme et mon fils, pour 8 jours.

Vous partez loin ?

On fait une croisiere.

J'adorerais partir en bateau comme ca.

Il faut que j'y aille.

Je t'appelle avant.

Juliette, c'est moi.

Juliette, j'ai oublie mon telephone.

Juliette, j'ai oublie mon portable.

Vous arretez de cogner, s'il vous plait.

T'es pas en train de me telephoner ?

Non, j'ai perdu mon telephone ou on me l'a vole.

J'ai vu ca tout a l'heure. J'en acheterai un demain.

Pourquoi t'as coupe ? On a du le retrouver.

Pourquoi il t'appellerait ? Quelqu'un fait mes contacts au hasard.

Les flics pourront peut-etre le localiser.

On va pas faire chier la terre entiere pour un telephone !

T'enerve pas.

- J'ai faim. On va diner en ville ? - Oui, si tu veux.

Tu la rentres au garage ?

Qu'est-ce que tu fais ?

Tu m'attends 5 minutes ? J'ai oublie quelque chose.

Viens pas me chercher chez moi.

Pourquoi t'es venu me chercher ?

Qu'est-ce que t'as cherche a faire ? Reponds sinon je raconte tout.

Tu crois me faire chanter aussi ? Moi ?

Ton telephone, il est ou ?

- Garde-le, je m'en fous. - Je le donne a ta femme ?

- Je l'ai perdu, tu l'as trouve. - Tu lui feras avaler ca ?

Que je l'ai trouve par hasard ?

Je pourrais inventer n'importe quoi.

Ta femme est comme toutes les femmes. Elle saura que tu l'as trompe.

Qu'est-ce que t'as cherche a faire avec moi ?

Tu as pas de preuve.

J'ai ton telephone.

Ta femme va plus m'emmerder.

Je suis avocat, et toi...

Je suis quoi ?

Vas-y, je suis quoi ?

On n'est pas du meme monde.

- M'oblige pas a dire des saloperies. - On s'expliquera devant un juge.

Tu peux rien.

- Tu peux me faire chier, c'est tout. - T'es un salaud.

- Si tu veux. - Pourquoi tu me donnes de l'argent ?

Mais pourquoi ? Merde ! Pourquoi tu veux pas repondre !

- Allez. - Lache-moi.

J'ai dit a mon avocat que j'avais trouve ton telephone dans ma chambre.

Il m'a repondu : "Il est fou."

Pourquoi t'es venu me chercher ? Pourquoi moi ?

A qui tu parlais ?

C'est rien. C'est une cliente.

Elle a perdu son proces. Elle m'en veut.

Et elle vient me faire chier chez moi.

- C'est quand meme beau, non ? - Ouais, c'est super beau.

On va au boire un verre avant diner. Tu viens ?

OK. Je m'habille et j'arrive.

J'arrive.

C'est votre premiere croisiere ?

Alors, bienvenue au club.

Nous, ca fait 20 ans, qu'on navigue.

Vous verrez, quand on y a goute, on peut plus s'en passer.

- Et vous ? - Moi, c'est la troisieme fois.

C'est vrai que j'aurais du mal a m'en passer.

C'est une nouvelle vie qui commence. Il y a 5 minutes,

je ne savais pas que je dinerais avec vous.

Et c'est comme ca qu'on fait des relations.

Apres, on se telephonera.

Je suis compositeur.

Je fais de la musique. C'est une passion.

Et vous ?

Je suis dans la magistrature.

Avocat.

Je suis institutrice, et mon mari chante dans les mariages.

Tu veux un cachet ? Quelque chose ?

T'as du manger une saloperie.

Je vais chercher un medecin.

- Bonsoir. - Bonsoir.

La cabine de Mlle Larrain, s'il vous plait.

C'est la cabine 7428, au pont 7.

Vous sortez, puis a droite, vous trouverez les ascenseurs

ou les escaliers.

- 7428 ? - Oui, voila.

- Merci. - Au revoir.

Juliette !

Robert De Niro.

Ca va ?

Ben oui.

Juliette !

Olivier, c'est moi.

Je vais sur le pont ou il y a la piscine. On se retrouve ?

A tout de suite.

Il y a plein de jeunes, la. Regarde.

Tu t'es pas promenee. Ca se voit.

Bonjour. On m'a demande de vous remettre ceci.

Merci.

C'est ton telephone, non ?

Si, regarde. C'est le tien.

Je comprends pas.

Tu l'as perdu a Toulon.

C'est quelqu'un qui doit te connaitre.

Sans doute, oui. Je comprends pas.

Quelqu'un qui aura pas ose.

C'est quelqu'un qui est sur le bateau.

Je comprends pas.

Vous voulez faire quoi, apres diner ? Vous avez vu la carte ?

J'ai vu un casino avec des machines a sous.

On pourrait aller jouer, non ?

Je vais aux chiottes. Je vous rejoins apres.

- Bon. Je vous laisse. - Tu vas ou ?

- Me promener. - Tu restes ici, s'il te plait.

- Tu restes ici. - Maman, arrete.

Tu sais qui est sur ce bateau ?

- Juliette Larrain. - T'es sure ?

C'est pas possible. Ce serait une drole de coincidence.

- Tu te fous de moi ? - Qu'est-ce qu'elle ferait ici ?

On te rapporte sur ce bateau ton telephone perdu a Toulon.

Arrete avec ca.

Si cette femme est la, c'est pas par hasard !

- Tu arretes. Stop. - Tu me dis pas stop.

Tu me dis pas ce que je dois dire ou ce que je dois pas dire.

Je dis ce que je veux, d'accord ? Et tu me mens pas.

- Tu m'humilies, quand tu me mens. - J'ignore d'ou vient ce telephone.

- Cette femme est la par hasard ? - J'en sais rien. Je la connais pas.

Je la connais pas.

D'accord ?

Tu l'as vu ?

Qui ca ?

Ben, Leo.

Non.

Tu l'as pas vu ?

La lumiere est eteinte dans sa chambre.

- Ca va mieux ? - Non.

Je pense qu'a Leo tout le temps.

Tu melanges tout.

Comment elle saurait qui est Leo ?

Arrete de dire n'importe quoi.

Le probleme, c'est pas Leo.

Le probleme, c'est elle.

Demain, on descend a Tanger.

Il faut foutre le camp.

Non. Demain, je vais aller la voir, moi.

Je vais lui demander ce qu'elle veut.

Pourquoi tu veux partir ?

Je la connais pas. Je sais pas a quoi elle ressemble.

Olivier, je sais pas ou t'es.

Appelle ou rejoins-moi a la piscine, s'il te plait. A tout de suite.

Vous etes pas alles en visite ?

La fille sur le transat, tu la connais ?

Oui. On s'est rencontres hier soir. On a bu un verre et danse un peu.

Qu'est-ce qu'elle t'a dit ?

Rien. On a bu un verre et on a danse. Voila.

T'as dormi ou ?

Dans ma chambre.

Et elle ?

- Maman, s'il te plait. - Elle a dormi avec toi ?

Mais qu'est-ce qu'il y a ?

Il est ou, papa ?

Je sais pas.

Je vais me baigner. A toute.

Pourquoi ton mari s'est fait passer pour un autre ?

Pourquoi il m'a donne de l'argent ?

Tu dis plus rien ?

Venez, je dois vous parler.

Je suis desolee.

Faut pas lui faire de mal.

Il sait rien. Il y est pour rien.

J'ai eu tort de pas vous le dire avant.

Si vous lui dites jamais, vous le sauvez.

A l'aeroport, s'il vous plait.

Sous-titrage : Eclair Media

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