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Ah, pas trop fatiguée, madame Denise ? Et nous en reste encore deux.
Les entreprises se promenaient avec tant de liquide, Mme Denis.
Ils sont acquis, ces casinos ? Vous, bien sûr.
On aurait pu envisager de dématérialiser une bonne partie de nos flux
financiers. Je crois que c 'est vous que je vais dématérialiser.
Vous me faites rire avec vos virements bancaires, vos cryptomanies.
Tout est virtuel aujourd 'hui.
Alors que ça, c 'est du concret.
On l 'a toujours fait comme ça.
Ça a toujours marché, non ? Je vous remercie.
Allez, mon chat, allez.
Allez, vite, vite, vite.
Attends, tu vas tout t 'allier.
Allez.
Je suis désolé, madame.
Capitaine, toujours en retard.
Je vais finir par vous verbaliser.
Vous auriez raison, mais avec tous ces travaux, j 'ai dû me garer au moins à
mètres. C 'est vrai, je vais écrire à la mairie. Allez, dis -le à mon amour.
T 'inquiète papa, je l 'ai pris.
T 'es trop fort, t 'es trop fort.
Tu passes une bonne journée.
Au revoir capitaine. Désolé.
Au revoir.
Ouais.
Non, non, je l 'ai déposé au moins un quart d 'heure déjà.
Je suis au boulot là, qu 'est -ce qu 'il y a ? Il pourra t 'appeler ce soir et
tu vérifieras comme ça, d 'accord ?
Bon, ça va, toi ? Attends, attends, attends. Je t 'ai juste demandé si ça
allait.
Oui, mais attends.
OK, mais moi aussi, je suis pressé.
OK, mais voilà.
Raccroche, alors. C 'est toi qui m 'appelles, je te signale.
Ouais, attends, excuse -moi.
Monsieur le commissaire.
Excusez -nous.
Je serais bien resté avec vous, mais j 'ai rendez -vous avec le préfet.
Ok. Le cadavre en bas du grand escalier, ça fait mauvais genre. C 'est
probablement un accident, je compte sur vous pour régler ça en deux coups de
cuir à peau.
Qu 'est -ce qu 'elle fait là, Kariski ? Elle n 'est pas censée être à Rouen.
Son poste n 'a pas été libéré, elle a un mois de carence.
Et le directeur interrégional la place ici en attendant.
Allez, on revient, ça va bien se passer.
Si vous le dites, ouais.
Salut Clément.
Salut. Ça fait tellement longtemps.
T 'as pas changé.
Bon, les amis, c 'est quand vous voulez.
Pardon, je veux pas gâcher vos retrouvailles, mais on a un mort ici.
Bon, la victime a environ 65 ans. Elle présente plusieurs fractures à cause de
la chute, probablement.
Un accident, tu crois ? C 'est ce qui a voulu faire croire le meurtrier, je
pense.
Il a jeté le corps de là -haut, sauf qu 'il n 'y a rien sur tout le parcours qui
justifie ce coup.
Il a été frappé avec un objet.
Je ne sais pas encore ce que c 'est, mais c 'est probablement ça qui l 'a
D 'accord.
Karim.
Ils n 'ont rien vu au camping, toi ? Non, rien. C 'est hors -saison, il est
fermé.
Par contre, j 'ai un monsieur qui était sur la plage la nuit du marte. Bonjour.
Vous étiez là à une heure aussi tardive ? Oui, j 'ai fait la fermeture du
casino. Et en rentrant chez moi, je n 'avais pas sommeil. Je suis sorti
les mouches.
Vous avez vu l 'homme tomber ? Vous l 'avez entendu crier ? Non, je l 'ai
comme ça.
Rien d 'autre ? J 'ai entendu un son étrange.
Quel genre de son ? Comme une cloche.
J 'ai vu une petite cloche qu 'on sonne.
Ça venait de là -haut.
Karim, tu vas voir, s 'il te plaît ? C 'est peut -être rien, mais je veux
ce que c 'est, ce son, d 'accord ? 139 mars, ça fait deux fois depuis ce matin.
Ouais, courage, jamais 203.
Merci.
J 'ai l 'impression de le connaître, ce gars.
Ah bon ? C 'est qui ?
Je ne sais pas, mais je sais où je l 'ai vu.
Un jeté de merveille qui est devenu un
amour fou.
Tu vois, toutes ces années,
je crois, on n 'a rien
fait.
Ah,
jouez le 7.
C 'est mon chiffre porte -bonheur.
Le lien ne va plus. Couteau 7.
Le 20 de septembre à Pérepasse. Rien au numéro.
Ah, on ne peut pas gagner à chaque fois.
13. Laurent.
L 'homme à la veste blanche, là, au blackjack, il triche et compte les
Foutez -le dehors.
Monsieur,
s 'il vous plaît. Quoi ? Vous allez me suivre.
Allez, allez, allez.
Dégage, dégage, dégage, dégage.
Clem.
Enfin.
Bonsoir, Denise.
Tu m 'as tellement manqué.
Comment c 'est possible ? Si longtemps sans y voir.
Tu sais comment c 'est possible. Tu le sais bien.
Tu as coupé les plans avec ton père. Je ne veux plus m 'en aider.
Mais c 'est cruel de me priver de toi et de ton fils.
Il me manque aussi beaucoup, tu sais.
Je sais, je sais, mais je... Je n 'ai pas envie que tu aies à choisir entre
père et moi. C 'est trop compliqué.
Je n 'étais pas là pour faire un PR étudié, pourquoi tu es là ? Je voulais
demander... Tu reconnais cet homme
? Il travaillait ici à l 'époque, non ? Il est mort ? Oui, c 'est pour ça que je
suis là.
Ça te parle ou pas ? Ça te dit quelque chose ? Il peut être bien, je ne sais
trop.
Tu sais...
T 'imagines le nombre de gens qui ont travaillé pour moi en un demi -siècle.
Je sais.
Je vais chercher, si je trouve quelque chose.
Ok, je dérange.
Je te présente ton père.
Allez, on va boire une coupe à ma santé.
Je peux pas, je peux pas, j 'ai pas du tout le temps. Ah ben si, si, si.
Ah si, maintenant, tu es là.
Je sais que c 'est très, très difficile pour toi, mais c 'est comme ça.
Rien de tel que le champagne pour les tendres.
Ah ! Tiens.
C 'est bien.
Tu as eu le courage de revenir.
Tu as peut -être enfin compris que de renouer avec la famille, ça te servira à
quelque chose.
Oh, tiens, tu sais, c 'est étrange.
Figure -toi que le casino est à la recherche d 'un nouveau directeur de la
sécurité.
Afflique à ce poste. Ce serait justifié, non ? Mais prends ton fils dans tes
bras.
T 'en es pas capable.
Il disparaît pendant cinq ans et on devrait tous se prosterner devant lui.
Décidément, tu perds la boule, maman.
Si tu préfères renoncer à tout ça, retourner à ta vie minable, bravo, mon
Continue à t 'enfoncer.
Pendant ce temps, ton demi -frère prend leurs lèvres et les ébrouille très bien.
Tant mieux pour lui.
Vraiment, c 'est super.
Bon, moi, je vais retourner à ma vie minable.
C 'est marrant, d 'ailleurs, que toi, tu parles de vie minable.
C 'est vraiment marrant.
On dirait que tu te regardes jamais dans un miroir, en fait.
Je m 'en vais.
Je ne perds pas la boule.
Plus jamais tu me parles comme ça. Plus jamais ! Pourquoi tu te mens ? Parce que
tout ça, c 'est moi qui le fais.
T 'as un peu tendance à l 'oublier.
Bonjour. T 'as vu papa, toi ? Tu le sais ? Je sais pas.
Regarde ta tronche.
Fais pas la gueule. Viens, on va boire un coup.
Ça me fait plaisir de te voir. C 'est tes potes, alors ? Je sais même pas
comment ils s 'appellent.
C 'est toi ? T 'en veux ? Non,
merci. Pas de peur.
Ça va, toi ? Super.
Je suis condamné à prendre la relève, donc tu vois, mes fesses.
Je sais, il m 'a dit, ouais.
C 'est vrai que tu t 'en sors très bien, d 'ailleurs.
Il t 'a dit ça ? Il m 'a dit ça.
Il t 'a dit aussi que je me tapais toutes les injonctions à lui et à Denis
non, évidemment.
Mais bon, ça va, vieillis.
Dieu soit loué.
Ta mère, comment elle va ?
Elle est égale à elle -même, tu la connais ? Club de bridge, club écaisse,
dîners à préparer.
Tu vas me faire plaisir, on va quand même boire un coup. Non, mais laisse
tomber, je me lève tôt demain.
Bah file, si tu te lèves tôt. T 'as de coucher ? On
s 'appelle. Oui, on s 'appelle.
Salut.
J 'ai Anna qui m 'a contacté.
Pour un logement.
Elle est de retour à Holgate, t 'es au courant ? Je sais.
Je sais parce qu 'on bosse ensemble.
Ah.
Bah oui, évidemment.
Salut, j 'y vais.
Alors,
quoi de neuf ?
37 disparitions inquiétantes il y a des années, mais rien sur ton mort.
Ah non, merde, mais t 'as referé sur le dernier mois ? 4 mecs, 2 meufs, mais
rien sur ton client. Bon, attends, montre -moi.
Remonte.
Attends, remonte.
Bah, c 'est lui.
Attends, là, il faut demander aux familles d 'envoyer des photos plus
Comment tu veux qu 'on le reconnaisse ?
Non mais sérieux, ça te va pas aux yeux, là ? Je serais à toi, j 'irais m 'en
acheter.
De quoi ? Bah des yeux, Karim.
Oui, Clément, c 'est bon, on l 'a retrouvé.
Il s 'appelle Philippe Rizzo.
Je t 'envoie son adresse.
Bonjour, capitaine.
La lieutenant Kareski est déjà là ? Oui, elle est là -haut. Ok, merci.
Ah, Karim.
Anna, elle est où ? Elle est dans la cuisine, je crois.
Ok, merci.
Je peux te parler ? Ah bah, salut.
Je
veux
savoir à quoi tu joues.
Je fais mon travail, je sais pas, il y a un problème ? Je te parle pas de ça.
De quoi tu me parles ? De mon frère.
T 'es allé le voir pour un appart ? Oui, et alors ? Je te préviens, si t
'essayes de me rendre jaloux, ça marche pas. J 'ai tourné la page.
Tant mieux, parce que j 'essaye rien du tout.
À part de me trouver un logement, parce que je vais pas dormir sur le trottoir.
Vous pouvez prendre un hôtel.
Mais tu te fiches de moi, Clément ? Quoi ? Avec ma paye de flic ? Vous avez été
augmenté ici ? Non, parce que moi, je gagne toujours la même chose, tu vois.
Alors vos hôtels à Oufgat, là, c 'est pas vraiment dans mes moyens.
Est -ce que c 'est ce que tu voulais me dire ? Ouais.
Karine, le son de cloche, t 'as trouvé quelque chose en haut des marches ? Non,
rien du tout.
On a quoi sur ce horizon ? Il était chef cuisinier, à la retraite depuis trois
ans. Pas de bagarre, pas d 'effraction, rien n 'a été volé.
Ok.
C 'est pas mal ici pour un chef cuistot, non ? Hein ? C 'est quoi, il était
étoilé ? Non, c 'était un petit restaurant, rien d 'extraordinaire.
Mais... Qu 'est -ce que tu fous à ce pal ? On avait rendez -vous, non ? Attends,
j 'arrive.
T 'as pas trouvé d 'adresse ? Ah non, c 'est là.
Là ? Comment ça ? Bah là, c 'est un immeuble qui appartient à la famille.
C 'est devenu ce qu 'il a rassé après la guerre.
Bon, l 'immeuble est moche, mais la vue est pas mal.
À l 'époque, ça valait pas grand -chose.
Ah.
Et là, maintenant, ça vous convient, là ? Oh là ! Maintenant, ça vaut des
pépettes.
Bienvenue chez toi.
Non, mais Guillaume, je t 'ai dit que je cherchais un petit studio. Je veux
dire, je ne vais jamais pouvoir me payer ce truc.
Mais de quoi tu parles ? Tu n 'auras rien à payer.
Cet appartement, je le loue de temps en temps pour des amis collectionneurs, des
fous du jeu.
C 'est tout. Tiens, t 'as vu ? Tu as le casino juste en face.
C 'est pas mal.
Il n 'y a personne.
Tonton profite.
Moi, ça me dépale. Au moins, tu pourras l 'aérer.
Si c 'est pour ton service, alors... Voilà.
Tout est simple avec vous.
De quoi ? Je ne sais pas quand la plupart des gens n 'ont absolument rien
d 'autres comme vous ont tout.
Il y a un prix à payer à ça, non ? Non.
Je peux te faire un petit café ? Bien sûr.
Là, tu fais comme chez toi.
Tu veux ? Non, je vais me prendre un petit whisky.
C 'est ce qu 'il faut, t 'imagines.
J 'ai mes munitions, comme on dit.
Ah, je vois ça.
Tu sais, j 'en connais des gens riffs, mais je crois pas qu 'ils pensent qu 'il
y a un... un revers de la médaille à tout ça.
Ah non ? Bon, en même temps, je te dis ça, mais j 'en sais rien.
Parce que vu de l 'extérieur, on pourrait se dire la même chose de nous,
pourtant... Et pourtant, quoi ? Bah, pourtant, le prix à payer est lourd.
Regarde la mère de Clément.
Elle se barre.
Elle abandonne tout, tout le monde, même son fils.
Puis après, il y a ma mère qui débarque.
Tu sais que les gens d 'ici appellent ma mère la petite jument ? La compare à la
mère de Clément. Elle était tellement belle, tellement formidable, tellement
drôle. Tellement tout, finalement.
Mais pourquoi tu restes ici, Guillaume ? Tire -toi.
Mais sauve ta peau.
T 'es comme mon frère, toi.
L 'argent, tu t 'en fous.
C 'est bien.
C 'est une chance.
Une chance de pas avoir d 'argent.
Ouais, c 'est sûr.
Toutes les filles que je fréquente ici sont bourrées de fric et pourtant elles
cherchent plus qu 'une chose, c 'est de se caser avec des mecs encore plus
friqués qu 'elles.
Elles se ressemblent toutes.
Tu aurais pu me marier à 100 fois depuis ton départ.
Toi, t 'es différente.
Mon frère a été fou de te perdre.
Merci. Faut que j 'y aille, du coup.
Attends, attends.
Tiens, déjà. Et le code en bas, c 'est 1934.
L 'année de naissance de Bardot. Tu vois, c 'est facile. Comme ça, au moins,
soir, tu rentres bourré.
Bardot, Google sur son téléphone et hop là.
T 'es sûre ? A plus.
Perdre son père, c 'est une douleur unique.
Vous le connaissez depuis longtemps.
Il a été mon employé au casino.
Mais il y a plus de 30 ans.
Je ne vais pas vous mentir, je ne me souviens pas de tous mes employés.
Mais lui, oui.
Alors vous devez le connaître mieux que moi.
En fait, on s 'est retrouvés récemment.
Je n 'ai pas grandi avec lui.
Il a quitté maman quand j 'avais 5 ans et après, je pense qu 'il a pas mal
bourlingué.
Pauvre petite.
C 'était pas un père modèle, mais depuis qu 'on a Renaud, il se rattrapait bien.
C 'est lui qui est revenu vers vous ? Oui.
Il vous a parlé de moi ? Bien sûr.
Madame Royan, le casino, la grande époque.
Tu es là, Denis ? Je n 'étais pas sûre de bien me souvenir.
Quand tu m 'as montré la photo au casino, je n 'ai pas reconnu Philippe
suite.
Philippe ? Tu l 'appelles par son prénom, maintenant ? Pourquoi est -ce
es à cran, comme ça ? Tu vois bien ? Je ne suis pas à cran. On n 'est pas en
train de parler de moi, là.
Clément, je voulais juste dire un mot gentil à sa famille.
C 'était un très bon employé.
On n 'a pas le droit de manifester sa sympathie à des gens qui sont dans la
peine. Si, ça on a le droit. Mais interférer dans une enquête de police,
'a pas le droit. Tu vois la nuance de la saisie ? Oui, mais ce n 'est pas de ma
faute si vous êtes aussi lent.
Au revoir Isabelle.
Au revoir Madame O 'Brien.
Ces derniers temps, vous n 'avez rien trouvé d 'anormal ?
Non.
Enfin, si.
C 'est un peu comme s 'il faisait le ménage dans sa vie.
C 'est d 'ailleurs comme ça qu 'on s 'est retrouvés.
On m 'a contactée après, je sais pas, 30 ans d 'absence.
Ça a dû vous faire bizarre de vouloir redémarquer dans votre vie comme ça, non
C 'est vrai.
Mais qu 'il ne fait pas d 'erreurs.
Et puis, il s 'était beaucoup rapproché de ma fille.
Comme pour attraper le temps perdu.
Et vous savez s 'il avait peur de quelque chose ?
Non.
En tout cas, il habitait un très, très bel endroit.
Il avait de l 'argent.
Et que vous lui dire ? Je veux rien dire du tout. Je pense juste que son appart
devait lui coûter une fortune.
Il m 'a dit qu 'il avait acheté une petite pièce à l 'époque où il
au casino.
Et puis, après, il l 'a acheté en bas, à côté. Il a fait les travaux lui -même.
Il a tout refait tout seul ? Oui.
Pourquoi ?
Non parce que c 'est plus vraiment du bricolage, c 'est carrément du travail d
'architecte.
Vous étiez où hier soir ? Vous êtes sérieux là ? Vous pensez que j 'aurais
tuer ? Non mais je venais de retrouver mon père, ma vie venait enfin de
pourquoi j 'aurais fait ça ?
Attention à pas faire de transfert.
C 'était vous de quoi ? Quel transfert ? Ouais.
Non, attends, on veut pas commencer à faire de la psychologie de comptoir, ça
va. Pardon ? Mais attends, Clément, tu peux pas nier que toi et Isabelle Rizot,
c 'est un peu la même histoire familiale, tu... Ouais, sauf que ma
elle a jamais repris contact.
Ok ? Bon, alors là, d 'accord, t 'as raison. Peut -être que si je me mets à
place, ma mère réapparaîtrait 35 ans après m 'avoir abandonnée, peut -être
'aurai envie de la tuer, ouais.
T 'es contente ? T 'as entendu ce que tu voulais entendre ? Mais non, mais
attends... Mais non, mais je voulais pas te laisser, Clément. C 'est juste que
je trouve qu 'il y a des similitudes. Attends, attends, écoute.
Ah non, tu vas pas changer de sujet. Mais non, non, non. Le type qui a
le corps, il a parlé d 'un son de cloche. C 'est incroyable, t 'as
ça. Écoute, je te dis.
Ah oui ?
Excusez -moi, on pourrait vous parler ? Maintenant ? Attendez, ce n 'était pas
une question en fait.
Une confrérie ? Exactement.
Une confrérie de charité. Il y en a plusieurs dans la région.
Ce n 'est pas aussi connu que la cidre ou l 'endouillette.
Et pourtant, c 'est une tout aussi vieille tradition de notre belle
Ah bon ? Et que vous faites exactement ? Nous prenons en charge les défunts à
leur domicile et leur décès. On peut s 'occuper des soins.
De la veillée, la mise en bière et tout ça jusqu 'aux obsèques.
Le cortège vers le cimetière aussi.
Exactement. Vous connaissez cet homme ? Oui, c 'est Philippe Rizzo. C 'est lui
qui normalement sonne la cloche en début de cortège.
La cloche ? Il fait partie de la confrérie aussi ? Oui, c 'est même un
anciens frères.
J 'ai dû le remplacer aujourd 'hui. Ça n 'arrive jamais.
Pourquoi vous me dites ça ?
Qu 'est -ce qui s 'est passé avec Philippe ? Il a été assassiné.
Quoi ?
Anna ? Anna, ici.
Ça va ? Ouais.
Tu promènes ? Tous les volets sont fermés.
Décidément, c 'est toujours pareil ici.
J 'ai pas de chance.
En saison, c 'est mort.
T 'as pas un chat ? T 'es à Deauville, pas loin ? T 'as envie de t 'encanailler
? Non.
Pas ton genre.
Pourquoi tu dis que t 'as pas de chance ? Parce qu 'il n 'y a pas que les
assassins qui retournent sur le lieu du crime, il y a moi aussi, apparemment.
Enfin, je veux dire, en tant que flic, quoi. Du coup, je... Non, je scrute, je
cherche si on n 'a pas loupé un truc.
Et alors, tu trouves quelque chose ? Ben non, non, j 'ai rien trouvé.
Assez -toi.
On est peut -être déjà avec moi ? Hubert, on a apporté un...
Pardon, madame.
Merci. Alors, t 'appartement, ça te plaît ?
Attends, je ne vais pas me plaindre.
Il est super bien.
Mais en vrai, tu sais, j 'ai ma nouvelle mutation qui est en bonne voie.
Je ne vais pas rester très longtemps, je pense.
C 'est moi, alors, finalement, qui n 'ai pas de chance.
Bonjour. Oui, c 'est beau ici.
Toi ? Rien.
Bah dis -nous un soir ensemble, tu privatises la terrasse 5 pour nous ? Tu
privatises la terrasse ? Ouais carrément, ouais.
Attends, tu connais le propriétaire des lieux, c 'est pas dommage de pas en
profiter. Ah non, je connais le petit -fils de la propriétaire des lieux, c
pas... Non, c 'est pas pareil.
Ah ! C 'est vrai, je dérange ? Non.
C 'est ta soeur ? Non, non merci.
T 'as trouvé quelque chose ? Ah bah non, non.
Bon,
on y va ?
Alex nous attend pour le coin. Ah ouais ? Bon, bah salut.
C 'est drôle quand même votre histoire de
confrérie. Enfin, je suis pas sûr que drôle soit le bon terme.
Non, pardon, je veux dire, c 'est intéressant.
Parce que j 'ai vérifié, les charitons utilisent un objet qui pourrait bien
l 'arme du crime.
D 'accord.
Regardez. Sympa la déco. Ah, Alex, à couche, s 'il te plaît.
Oui, bien sûr.
Regardez ce que tient cet homme dans la main.
C 'est ce qu 'on appelle une tortaire.
On verse un liquide inflammable dans la coupe et on y met le feu.
C 'est un flambeau, en fait.
Ok, ok. Et alors ? Regardez les inscriptions sur la coupe, là.
C 'est tout à fait le genre de symbole qu 'on va retrouver sur la tête du mort.
Pas en partie, hein.
C 'est pas de l 'imprimerie non plus, mais ça y ressemble.
On rajoutait les traces de brûlure et... Ok, donc tout nous ramène à la
confrérie, quoi.
Bah alors ? Bah tu fumes plus ? Ah bah non mais je fais toujours ma petite
pause. C 'est ma pause sucette maintenant.
Regarde derrière moi.
Ça fait une demi -heure qu 'elle est là.
Je suis allé la voir mais elle veut parler qu 'à Clément.
Vous revoilà vous.
Moi aussi je suis ravie de vous revoir Madame Royon.
On m 'a dit que vous attendiez Clément mais il est chez le procureur.
Ça va prendre un petit peu de temps, je peux peut -être vous aider moi.
Vous lui direz que, en discutant avec Isabelle Rizzo, j 'ai appris que son
l 'avait beaucoup aidée financièrement, grâce à un héritage qu 'il aurait fait
il y a longtemps.
D 'accord.
Et alors ? Alors, Philippe Rizzo n 'avait pas de famille.
Il m 'avait raconté son histoire. C 'est un enfant de la DAS. Donc, il a
forcément menti à sa fille sur la provenance de cet argent.
Bien. Merci beaucoup.
Je ne comprends pas très bien pourquoi vous impliquez autant dans cette
mais surtout que vous êtes très occupée, vous, non ? Cet homme a travaillé pour
moi. Il est mort tragiquement, laissant sa famille désemparée.
J 'ai proposé de les aider.
Au fil de la conversation, j 'apprends des choses que rapportent à mon petit
-fils. C 'est normal, non ? Non, ce n 'est pas vraiment normal, puisque vous n
'êtes pas auxiliaire de police, et il vous l 'a dit, Clément.
Vous ne devriez même pas vous mêler de cette affaire, mon frère.
Je fais ce que je veux, mademoiselle.
Ici, c 'est chez moi.
J 'ai peur.
T 'es toujours aussi tendu, toi.
Très drôle.
Si tu veux un truc amusant, on a une dame d 'un certain âge qui continue de
jouer les Sherlock alors que son petit -fils policier lui a formellement
interdit. On est en train de parler de Denise. Qu 'est -ce qu 'elle a fait ?
Déjà, elle n 'a pas voulu me parler à moi. Je trouve ça pas très classe.
Alors moi, elle a daigné m 'expliquer qu 'Isabelle Rizot lui avait confié que
son père l 'aidait en lui donnant de grosses sommes d 'argent.
Argent qu 'il aurait obtenu lors d 'un gros héritage, il y a longtemps, d 'où
son super appart, là.
Sauf que, toujours selon ta grand -mère, du coup, c 'était pas possible parce
que Philippe Rizot n 'avait pas de famille.
C 'est un enfant de la DAS.
Donc il aurait menti à sa fille sur la provenance de cet argent.
Tu vérifies ça, alors ? Déjà fait.
En venant, j 'ai appelé l 'état civil et Mme Royal nous a pas menti. Vous avez
bien lu le fixe.
Pas de famille, jamais adoptée, enfoyée jusqu 'à ses 18 ans.
Ok. Et la libye de sa fille, alors ? Là, je pense qu 'on peut applaudir
Vérificator. Vas -y.
Isabelle Rizot était bien au cinéma, on la voit sur les caméras de surveillance
avec sa fille.
Par contre, moi, ce qui me dérange, je vais te le dire, Clément, en fait, c
d 'avoir ta grand -mère sur notre chemin. Parce que là, vraiment, ça fait
fois, et je t 'assure, si t 'étais pas attachée à elle, tu trouverais ça aussi
bizarre. Attends, c 'est le grand truc de Denise, elle s 'est toujours mêlée de
tout, même quand ça la regarde pas, et elle a toujours fait ça, donc oublie.
C 'est bon.
J 'ai tout ce qu 'il nous faut.
Vous me suivez ? Oui, merci. Les confréries de charité datent du XIe
Enfin, elles se sont surtout développées lors de la grande épidémie de peste
noire.
Les cadavres restaient devant les maisons, jonchaient les sols.
Personne n 'osait s 'approcher pour leur donner une sépulture décente. Et puis,
des hommes, des laïcs, ont bravé le danger.
Ils se sont dévoués pour les enterrer au risque de succomber parfois eux -mêmes.
Les inhumations avaient lieu la nuit.
On a l 'humeur des torches.
Pire que le confinement.
Donc c 'était pour ça les torchères ? Bien sûr, elles ne servent plus à rien
aujourd 'hui, mais les charitons les conservent comme symbole en mémoire de
cette époque terrible.
Excusez -moi, mais c 'est qui ? C 'est lui.
C 'est le cloche -teu.
C 'est lui qui sonne la cloche pour avertir les passants que le cortège
Vous imaginez bien qu 'en période de peste, il fallait mieux l 'éviter.
La peste a disparu, mais les traditions demeurent.
Tu veux pas qu 'on prenne le café, là ? Encore ? Mais t 'en es pas, déjà, ton
dixième, là ? Non, mais on se pose, on va... Ah non, mais c 'est pas vrai.
Attends, excuse -moi, mais là, tu trouves ça normal ? Non, je trouve pas
normal, je sais pas ce qu 'elle fout, là.
C 'est rien, de toute façon, tu crois quoi ? C 'est quoi, le problème ? Tu
qu 'elle a poussé Rizzo et ses petites mains dans le vide, là ? Non, mais moi,
je crois rien, je suis flic.
Je me pose des questions, tu vois, je me laisse pas influencer par mes
sentiments.
Oui, ça, je me souviens bien de ça.
Effectivement, tu te laisses pas influencer par tes sentiments, c 'est
Ah non, mais... Je te laisse gérer ça en famille, du coup ? Comme d 'habitude ?
Non, mais...
Bon,
j 'espère que c 'est pas pour me parler de l 'enquête que t 'es là.
Si.
Et même, tu vas me remercier.
Je suis retournée chez la fille Rizzo pour lui apporter une pâte de fruits qu
'elle adore.
Laurent, vous pouvez raccompagner madame Monroyan chez elle, s 'il vous plaît.
Merci.
Voilà, très bien. Tu ne sauras rien de l 'énorme interrogation qu 'il y a eu
entre Philippe Rizzo et un homme une semaine avant sa mort.
Viens -en aux fêtes, s 'il te plaît.
Quand on s 'est croisés là -bas, toi et moi.
Il n 'y avait pas la fille d 'Isabelle.
Cette fois -ci, elle était là.
Une gamine adorable.
Attends.
Tu es allée interroger cette gamine ? Interroger ? Non.
J 'ai le droit de parler avec une petite fille de 8 ans.
Elle était gardée par Philippe Rizzo la semaine qui précédait sa mort.
Et elle a assisté à une énorme dispute entre lui et un homme.
Elle a eu très peur, elle était cachée derrière une porte.
Elle a entendu de quoi il parlait, tu penses ? Là, ça devient un petit peu
confus.
De confrérie, de vol, de réputation, elle n 'a pas su me dire.
En tout cas, le monsieur qui criait contre son grand -père était très en
Tu le reconnais, le monsieur qui s 'est disputé avec ton grand -père ? Oui.
Tu peux nous le montrer ?
Le numéro 3 ? Oui.
Je vous jure, c 'est pas moi, je l 'ai pas tué.
Un témoin vous a vu vous disputer avec Rizzo.
Une semaine après, il meurt.
Vous savez ce que vous risquez ? 30 ans si c 'est un meurtre et perpétuité si il
y a prémunitation.
Allez, pourquoi vous l 'avez tué ? Hein ? Pourquoi ? Alors si c 'est pas vous,
vous protégez quelqu 'un, vous protégez qui ?
La confrérie.
Je protège la réputation de la confrérie, rien d 'autre.
J 'ai tué personne, moi.
Philippe était malade.
Il avait un cancer de stade 4, il était condamné. Personne ne le savait à part
moi.
C 'est pour ça qu 'il faisait du ménage dans sa vie, qu 'il avait renoué avec sa
fille. C 'est même moi qui lui avais conseillé.
D 'accord. Et pourquoi cette dispute alors ?
Pâques m 'a trahi.
Il a trahi la confrérie.
Lors d 'une veillée funèbre, il y a eu un vol de bijoux.
La famille du dessin a accusé Philippe et un autre frère.
Un vol ? Oui.
Quand on est chariton, on entre dans la vie des gens, dans leur intimité, dans
un moment de grande faiblesse.
Et justement, parce que les familles sont vulnérables, que les frères de nos
confréries doivent être triés.
J 'étais très en colère. Je suis allé le voir, je lui ai parlé, mais lui m 'a
juré qu 'il n 'avait rien à voir avec ce vol. J 'ai insisté, mais il avait la
tête ailleurs, il était perturbé, il m 'a demandé de partir. Mais je vous jure,
je ne l 'ai pas tué.
C 'était qui l 'autre ?
L 'autre ? Vous avez dit qu 'il y avait un autre frère accusé du vol. C 'est qui
? C 'est quoi son nom ? Marin.
André Marin.
J 'ai aussi agné le vol.
Et qui est -ce qui les a accusés ? Nicolas Legrand.
Karim.
Tiens, tu me convoques Marin et Legrand. J 'aimerais bien qu 'ils soient dans
mon bureau plus vite.
Je m 'en occupe.
Ça m 'empêche. Ta grand -mère, elle a mis deux sur un sacré truc, là.
J 'en ferais bien passer, tu vois.
Commissaire Denise Royan, ça claque, non ? Faudrait que je m 'y habitue, on sait
jamais si elle prend de la place ou... Ouais, mais en même temps, c 'est vrai
'elle en sait des trucs sur cette enquête, hein.
Puis elle a toujours un coup d 'avance, c 'est marrant.
Enfin, en même temps, elle est quand même gentille, elle prévient toujours
petit -fils savant, donc ça va.
Bon, tu sais quoi ? Tu sais quoi ? Tu prends sa photo, d 'accord ? Voilà, tu
colles là.
Denise Royan, suspect numéro un.
Meurtrière en puissance, le monstre de la cocherie.
Voilà. Et tu sais quoi ? Va l 'arrêter, vas -y, parce que je sens qu 'elle est
en pleine récidive, là. Vas -y, vas -y, va au bout de ton idée, comme d
'habitude. Mais parfaitement, Clément, je vais aller au bout de mon idée.
Et toi, tu ne me parles plus comme ça.
Réseau.
Que je te raconte ce que je sais sur lui.
T 'en as mis du temps.
À quoi ? À admettre que je pouvais t 'aider.
Bon, ce Rizzo, alors ? Il s 'occupait de la sécurité ici.
Je l 'avais engagé dans les années 90.
Il n 'a jamais eu de problème.
Et puis, il a démissionné. Du jour au lendemain, on ne l 'a plus jamais revu.
OK. C 'est tout ? Non.
Son départ a coïncidé avec un vol dans les caisses du casino.
Je n 'ai jamais pu prouver que c 'était lui.
Et combien il t 'aurait volé ? 500 000 francs.
Ah ouais ? Je te rappelle qu 'à l 'époque c 'était une sacrée somme.
Donc ça veut dire qu 'il aurait commis au moins deux vols.
Hein ? Pourquoi tu dis ça ? Parce qu 'il a été accusé d 'avoir commis un autre
vol.
Aussi dans un casino ? Ailleurs ? Je ne peux pas te le dire ça.
Tu ne peux pas.
Ou tu veux pas ? Un peu des deux.
Un petit peu de logis à Nicolas Legrand pour l 'instant. Pourquoi je t 'ai mis
André Maranchon sur l 'interrogatoire ? Ok, merde.
On dit à Anna de me rejoindre quand tu la vois, ok ? Elle est déjà... Elle a
commencé.
Ah bon ? Ok, merci carrément.
Bien sûr que je suis le courant.
Legrand, il raconte n 'importe quoi.
Philippe et moi, on n 'a rien volé. Rien du tout.
D 'accord. Et alors, il parle de quoi quand il dit que des bijoux ont disparu
J 'en sais rien.
J 'en sais rien.
Si ça se trouve, c 'est eux qui les ont volés.
Allez savoir.
Comme par hasard, ça tombe sur nous.
Et vous, vous pensez que Legrand aurait pu tuer Rizzo ? Ça, c 'est sûr.
Sans hésitation.
Il est super agressif.
Quand il est venu à la confrérie pour se plaindre du vol, il a
menacé de... Enfin de...
Écoute, c 'est crédible.
Il a un casier judiciaire bien rempli, le grand. Violence volontaire, conduite
sans permis, refus d 'obtempérer.
Évidemment, il est introuvable.
Guillaume, regarde.
Clément est là.
Ça va et toi ? Assieds -toi.
Assieds -toi, Clément.
Eh bien, en fait, on est tous pareils.
Entre la famille, les amis, le travail, eh bien, on n 'arrive plus à se voir.
C 'est vrai. Et tu parles de quel travail ? Quel travail ? Oui.
Eh bien...
Figure -toi, mon petit chéri, que le club de bridge, le centre équestre et
toutes les associations que je parraine me prennent tout mon temps, comme toi,
avec les casinos.
Gérer trois casinos en même temps.
Je ne sais pas comment il y arrive.
C 'est parce que je suis très, très intelligent.
Maria,
Maria, servez les apéritifs et les petits fours.
Je les ai faits moi -même. Et le porto ? Vous n 'avez pas mis le porto ? Merci,
Maria.
Bon, eh bien, porto, champagne.
Pour moi, ce sera champagne.
Clément, mon chéri, tu es là. Merci.
Il est où, le petit Métis ? Tu ne peux pas venir avec lui.
C 'est exactement pour ce genre d 'amabilité que je ne suis pas venu avec.
C 'est fou, tu n 'as pas changé.
Ça fait cinq ans que je n 'ai pas mis des pieds ici et toi, en trois secondes,
tu me donnes envie de me casser.
Quoi ? Ce n 'est pas méchant.
C 'est un fait.
Ton fils est métis.
Maintenant, on n 'a plus le droit d 'appeler les choses par leur nom.
De peur d 'être taxé de fachos, voire d 'aller en prison.
Vous prononcez le mot nain.
Quelle horreur. Il faut dire homme de petite taille.
Homo. Quelle horreur. Il faut dire gay.
Rat. Quelle horreur. Il faut dire surmulo.
Il n 'y a même plus de vieux, mais des anciens.
Tout ça est d 'une hypocrisie.
À quelle époque ? Tu veux que je te dise ? C 'est toi qui as un problème, mon
garçon. Tu n 'as jamais assumé le fait de t 'être marié avec une noire.
Que veux -tu ? Mais dis -moi, comment il faut l 'appeler dans ton langage
politiquement correct ?
Non, c 'est bon, c 'est bon.
C 'est à cause de lui que j 'ai divorcé.
Elle ne sait supporter plus toutes ces réflexions.
Si elle s 'est tirée, c 'est à cause de lui. C 'est parce que c 'est un putain
de raciste.
Il est comme il aime et il t 'aime.
Le racisme, ce n 'est pas de la maladresse. D 'accord ? Tu ne t 'en
-être pas compte, mais en ne lui disant rien, tu entretiens ce truc -là.
Tu sais...
Combien j 'ai eu à lutter pour protéger notre clan.
On doit veiller les uns sur les autres.
Parce qu 'avec notre réussite, nous sommes l 'objet de convoitises, d 'amour
intéressé.
L 'histoire de ta mère en est bien la preuve. Attends, attends, attends. Qu
-ce que tu veux dire avec ma mère ? Qu 'elle était intéressée à notre pognon, c
'est quoi ? Non, pardonne -moi.
Ce n 'est pas du tout ce que je voulais dire. Excuse -moi.
Je veux dire que son départ précipité...
Ça fait souffrir tout le monde.
Tu es le premier, bien sûr.
Un enfant ne devrait pas être abandonné par sa mère.
Tu accepterais que je prenne Paul un après -midi avec moi ? Ça me permettrait
commencer à rattraper le temps perdu.
Je ne sais pas.
Ton fils a besoin d 'une famille.
Il a une famille.
Il m 'a moi et il a sa mère.
Je comprends.
Si tu savais ce que je t 'ai aimé depuis toujours.
T 'étais tellement, tellement beau, tellement gentil.
J 'étais heureuse de me promener avec toi.
Tu étais mon petit -fils.
Ma fierté.
Tu sais, j 'ai toujours essayé d 'arranger les choses.
Avec ta mère d 'abord et puis avec ta femme.
Dis -moi oui.
Dis -moi oui ou je prends un avocat.
Dis -moi oui.
Bon, oui, voilà, d 'accord.
D 'accord, mais ça sera en ma présence et je ne veux pas que Paul voit son
-père.
C 'est à ma parole.
Quoi ? Rizot est mort ? Je croyais que vous étiez là pour mon histoire
de conduite sans permis et délit de fuite.
C 'est pour ça que je me suis enfui.
Je suis désolé, monsieur Legrand, mais vous n 'êtes pas là pour ça.
Vous êtes là pour quelque chose d 'un peu plus grave.
Attendez. Je ne tuerai personne, moi.
C 'est vrai, j 'ai menacé Rizot.
Cette fois...
Il a procédé de la veillée pour voler les bijoux de ma mère.
D 'ailleurs, c 'est ma sœur qui a demandé à ce qu 'il vienne, c 'est pas
Oui, vous aviez tellement pas confiance que vous les avez directement accusés et
menacés. On a des témoins. Oui.
Et vous avez mis votre menace à exécution en tuant Rizzo.
Oh, on se calme, là.
Alors, accusés, oui, menacés, oui, mais pas tués. D 'accord, vous étiez où ? Le
soir du meurtre, vous étiez où ? Ben, aux urgences.
Je me suis planté un couteau à huile dans la main.
On n 'est pas très futés.
Il faut appeler les urgences, vérifier son histoire.
Ouais, bon.
Hein, Karim ? Vérifier ce qu 'il a dit, appeler les urgences ? Non, les gars, ne
me regardez pas comme ça. J 'en peux plus, moi, de vérifier les alibis à
fois.
Vérificateur, il fait grève aujourd 'hui, OK ? Et puis mon nom à moi, c 'est
Karim Alibi, c 'est Karim Habibi.
C 'est pour ça que j 'allais demander ma mutation à Rouen. Putain, t 'es pour
ces blagues de merde.
Bien, bien.
Bon, j 'ai un rendez -vous, moi. Il faut que j 'y aille.
Je vous laisse. T 'es avec mon frère ? Moi ? D 'ailleurs, à bébé.
Gilbert.
Je vous brûle le champagne, monsieur. Allez -y, on va faire la première.
C 'est dommage, j 'aurais bien passé la soirée avec toi.
Ah oui.
C 'était très beau.
C 'était la dernière fois.
C 'est terminé.
T 'es pas venue à la mairie ? Hein ?
J 'avais tout.
La robe.
Puis il y a ton père qui est venu me féliciter.
Il m 'a dit qu 'on pouvait se marier tant qu 'on voulait, mais ça marcherait
jamais.
Moi, la piquette de merde.
Puis toi, l 'aîné des royaumes, tu vois. Mais attends.
C 'était rien, ça.
C 'était rien, ça.
On sait comment il est. Je me suis pris la tête des milliers de fois avec lui
pour ça.
Mais là, ce jour -là, à ce moment -là, c 'était la fois de trop, tu vois.
Tu t 'es tirée, tu m 'as laissée tout seul.
Et toi ?
Toi, t 'as même pas eu le courage de venir me rechercher, toi.
Tremonde.
Tu m 'as laissé partir.
Puis maintenant t 'as un enfant.
Et puis c 'est pas avec moi que tu l 'as fait.
Allô ? Capitaine, c 'est Karim.
Ouais, Karim, dis -moi. J 'ai vérifié la libide Le Grand et il était bien à l
'hôpital.
Par contre, on a retrouvé les bijoux, soit disant volés, cachés dans sa
cheminée, pour pas que sa sœur en hérite. Ok, et tu m 'appelles la salle
pour ça ? Non, c 'est pas tout.
La femme d 'André Marin a appelé. Son mari a disparu.
Apparemment, son portable a brûlé pour la dernière fois près de l 'église Notre
-Dame de l 'Ascension.
C 'est sa caisse, tu crois ? Ouais, c 'est sa caisse.
On commence par l 'église ? Ouais.
Allez.
C 'est bon ?
C
'est pas un suicide.
Il y a des traces de défense sur les avant -bras, et puis t 'as vu son visage
Pour moi, il s 'est pris un méchant coup de poing.
Ok, donc on a deux victimes et pas de coupable.
Tu crois qu 'il a vu quelque chose, là ? Je vais lui demander.
Excusez -moi, monsieur, vous avez vu quelque chose ? C 'est -à -dire quoi, ça
Je ne sais pas ce qu 'il veut nous dire, mais il y a une croix au mur.
Une quoi ? La croix.
Il y en a une autre là.
Une troisième.
Il y en a partout. Il y en avait une là aussi avant, je pense.
Je peux déplacer les trucs ? Oui, viens.
Je lui pardonne le nom.
Regarde, j 'ai trouvé ça.
Trace de pneu ? C 'est peut -être la voiture du tueur.
J 'ai demandé à la PTS de faire un moulage, mais j 'y crois moyen. Je ne
pas s 'ils arriveront à trouver une correspondance.
Vous n 'avez vu qu 'un trou dans les murs de l 'église, mais en fait, il y en
plusieurs. Oui, on a vu qu 'il y en avait d 'autres.
Et c 'est quoi, alors ? Lors de la construction de l 'église, c 'est dans
trous que les bâtisseurs ont fixé les échafaudages.
Mais par la suite, ces trous ont été utilisés pour abriter des...
Des urnes funéraires.
Vous voulez dire qu 'il y a des morts dans les murs ? Exactement. Des morts du
Moyen -Âge.
Leurs cendres ont été déposées par respect dans les murs de l 'église.
D 'ailleurs, les emplacements où sont stockées les urnes sont marqués à la
peinture rouge.
D 'ailleurs, c 'est grâce à cette particularité que l 'église Notre -Dame
je ne sais combien de touristes. Mais les traces que tu as trouvées, ce sont
cendres humaines, en fait.
C 'est ça que Marin est venu chercher.
Une urne funéraire.
Sauf que quelqu 'un l 'a prise avant lui.
Salut.
Alors ? J 'en peux plus.
Je crois que t 'as raison, il va falloir que je m 'achète des yeux, là. Ah non,
mais t 'as quand même trouvé quelque chose sur Marin, quand même. Rassure
là. Ouais.
Marin, c 'est comme Rizzo.
Pas mal de fric, en fait.
Une belle baraque, pas mal d 'argent de côté.
Mais le problème, c 'est que c 'est pas grâce à son boulot que j 'ai eu tout ça.
Et là aussi, y a pas d 'héritage.
C 'est tout ?
Non, il y a autre chose.
Oui, Karim, vas -y, accouche. Qu 'est -ce qu 'il y a ? Il y a quoi ? Marin.
Oui ? Lui aussi, il a bossé au casino d 'Houlgate.
C 'est pas vrai.
Mais il y a combien de temps ? C 'était il y a 30 ans.
En même temps que Philippe Rizzo.
Bon, c 'est quoi ? Ma famille serait impliquée dans ses meurtres ? Hein ?
Putain, mais c 'est... Denise, elle a toujours soupçonné Rizzo de l 'avoir
Mais elle a jamais parlé d 'André Marin.
Jamais. Ah oui, mais s 'ils étaient deux à l 'avoir volé.
Et là, aujourd 'hui, ils sont morts tous les deux. Enfin, quand même, ça fait un
sacré hasard, Clément, je ne sais pas, mais... Bonjour.
Bonjour, commissaire.
Je vous présente Lila. Elle est stagiaire chez nous depuis 4 mois. Elle
tout juste de l 'école.
Elle a quelque chose qui pourrait vous intéresser. Quand j 'ai vu la photo de
Rizzo sur le tableau de la salle de briefing, je l 'ai reconnue.
24 heures avant sa mort, il est venu au commissariat et il a demandé à vous
parler, capitaine. Rien qu 'à vous.
J 'étais à l 'accueil ce jour -là, mais vous étiez absent.
Il a demandé à me parler, il me connaissait, il t 'a dit quelque chose ?
pas, ça avait l 'air très important, il a insisté, donc je lui ai proposé de
laisser ses coordonnées, mais il est parti sans rien dire.
Rizzo me connaissait, et il voulait me dire quelque chose, en fait.
Putain !
Quel
amour, ton fils !
Je suis si heureuse, merci.
Dis -moi, André Marin, tu connais ? Jamais entendu
parler. T 'es sûre ? Enfin, réfléchis quand même.
Je suis pas gâtée.
Allô ?
Oui Clément, il faut que je te vois tout de suite, c 'est urgent.
Je peux pas en parler au téléphone.
Non mais je suis avec mon fils, je viens cet après -midi, d 'accord ? Écoute, si
c 'était pas important, je t 'appellerai pas.
Bon,
je vais me débrouiller.
Mais t 'es là ? Putain, ça fait des minutes que je te cherche partout là, qu
'est -ce qui se passe ? Tu veux pas t 'asseoir ? Bon attends, vas -y, j 'ai
laissé Paul avec ma grand -mère, je suis pas serein, donc dis -moi ce qu 'il y
a, qu 'est -ce qui se passe ? Bon écoute Clément, ça fait longtemps qu 'on se
connaît tous les deux.
Oui, ça va, t 'es bizarre, qu 'est -ce qu 'il y a ? Vas -y, dis -moi.
Assieds -toi quand même.
Voilà, alors, vas -y, dis -moi.
L 'analyse des cendres que t 'as récupérées dans l 'église, elles
tomber.
Je sais, ça, c 'est des cendres humaines du Moyen -Âge, je sais. Et alors ? C
'est ça, c 'est des cendres humaines, t 'as raison.
Mais pas du Moyen -Âge.
De quand, alors ? Écoute, je sais que ça paraît dingue.
Mais la personne dont les cendres étaient dans l 'urne, celle qui a été
incinérée...
Elle possède un ADN à moitié identique au... J 'ai pas compris.
À moitié identique au tien.
L 'ADN des flics est enregistré au FNAG.
Parce que ça arrive souvent que vous polluiez les scènes de crime, alors pour
éviter de perdre du temps et d 'écarter votre avis... Je sais ça, je sais.
Quand j 'ai comparé l 'ADN des cendres, il a matché avec le tien.
Ça veut dire quoi pour moi qui est ? Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ces
cendres sont forcément celles de ton père ou de ta mère.
Clément.
Ta mère t 'a pas abandonné, Clément.
Elle a pas refait sa vie sans toi.
Elle est morte.
Et je pense qu 'elle a été assassinée.
Ah bah Clément, ça va ? Qu 'est -ce qui se passe ? Rien, rien.
Je me demande si c 'est un truc. Clément, tu peux me parler ? On est
Non, justement, on n 'est pas ensemble.
Tu ne peux pas être avec un type comme moi.
Quoi ? Je t 'ai demandé de me laisser une seconde chance, mais il ne faut pas
que tu le fasses.
Parce que je ne la mérite pas.
T 'as raison, je suis sûrement comme eux.
Clément, oh, moi j 'ai jamais dit que t 'étais comme eux.
Je pense que t 'es complètement différent d 'eux.
Ils ont tué ma mère.
Comment c 'est possible de faire un truc pareil ?
Je suis avec toi, ok ? Je vais t 'aider.
Viens, on sort d 'ici.
Je peux te parler de quelque chose ?
J 'ai découvert des nouveaux éléments.
Tu sais, quand on s 'est rendu compte que Rizzo et Marin avaient travaillé
ensemble à la même période au casino d 'Houlgat.
J 'ai fouillé et j 'ai découvert des photos d 'Arcide.
En fait, à l 'époque, il y avait une rumeur qui courait comme quoi Denise
entretenait une relation avec lui.
Avec Rizzo, c 'était son employé, son protecteur.
C 'était un peu les Stéphanie de Monaco et Daniel du Cruel de l 'époque, tu
vois.
Désolée pour mon enfance, moi, je... On m 'a raconté que ce qu 'il arrangait, en
fait. C 'était les fake posts, putain.
Tu pouvais pas savoir.
Tu l 'appelles ?
Mais elle décroche. Non, c 'est la tondeur.
Viens, on y va.
De toute façon, Denise a toujours pensé que ma mère était qu 'une arriviste.
Qu 'elle avait épousé mon père que pour son fric.
C 'est pour ça, c 'est pour ça qu 'elle l 'a fait tuer.
C 'est Rizzo et Marie qui ont fait le coup, bah oui, c 'est comme ça qu 'ils
eu l 'argent.
Elle les a payés pour faire le sale boulot, évidemment, parce que chez les
royaumes, ça n 'est pas les mains.
Et Rizzo, sur le point de mourir, est venue te voir au commissariat pour que
saches la vérité, en fait.
Ouais.
Sauf que lui s 'est fait buter par Marin pour pas qu 'il parle.
Ce que je comprends pas, c 'est ce qu 'elle cherche à faire avec Paul.
Je sais pas.
Je sais pas, elle doit vouloir l 'utiliser pour m 'atteindre ou j 'en
De toute façon, depuis que je lui ai montré la photo de Rizzo, elle a pas
de me mentir, de me manipuler.
Mais enfin, mon petit Clément, on n 'entre pas chez les gens comme ça.
Madame, laissez -nous travailler, sinon je vous embarque pour obstruction, ça va
? Paul ! Il est où ?
Il est où ? Mais qu 'est -ce qu 'il se passe, là ? Paul ! Mais qu 'est -ce qu
'il crie comme ça ? C 'est toi, Clément ? Mais qu 'est -ce qu 'il y a ? Qu 'est
-ce qu 'il se passe ? Il est là, Paul ? Mais oui, il est là ! Viens, viens,
viens, mon chat.
Mais c 'est quoi, ça, eux, là ?
Je t 'avais dit que je voulais pas que tu l 'emmènes ici. Je voulais pas qu 'il
le voie, putain. Il est tombé, maman. Il va pas bien. Il a besoin de frapper sur
quelqu 'un. Après, c 'est idéal pour ça. Mais pourquoi tu t 'énerves comme ça ?
Je vais arriver pas à le joindre, c 'est tout.
Tout va bien.
Non, tout ne va pas bien, Denise. Ça va pas bien !
Tu vas pas partir comme ça ? Clément ? Alors, vous, vous êtes
convoqués au commissariat, mais officiellement, cette fois.
On a des questions à vous poser dans l 'affaire des meurtres de M.
Marin, M. Rizot.
Ah, et un conseil, Mme Royan. Soyez à l 'heure si vous ne voulez pas passer en
garde à vue.
Attention. Je vous accompagne, Mme Denise.
Très bien, commissaire.
J 'en ai pas pour longtemps.
Non, et ça, c 'est pas toi qui décides.
Tu me déçois, Clément.
T 'es lâche, finalement.
Comme ton père, tiens.
T 'as même pas eu le courage de me la donner toi -même, ta petite convocation.
Même avec moi, ta grand -mère, tu te comportes comme un petit flic.
Minable.
Si tu cherches à me vexer, ça marche pas du tout.
Pourquoi tu m 'as menti ?
Rizzo et toi, vous étiez amants.
C 'était l 'amour fou.
Je sais pas aussi... Une passion comme ça, ça s 'oublie pas.
Je n 'ai pas à me justifier.
Tu veux que je te dise le nombre d 'hommes qui ont compté pour moi, qui ont
amoureux de moi ? Les magnifiques, célèbres.
Les femmes aussi.
C 'est ma vie.
Mais tu ne peux pas comprendre.
Pourquoi ? Qu 'est -ce que je ne peux pas comprendre ? Il y a combien de
qui ont compté pour toi ? Une ? Deux ?
T 'as choisi de ne pas vivre, Clément, et moi j 'ai choisi le contraire.
Alors oui, j 'ai couché avec Filippo.
Et puis je l 'ai oublié.
Il y a très peu de gens qu 'on n 'oublie pas, tu sais.
La plupart.
Tu vas faire quoi ? Tu vas me mettre en prison pour ça ?
Je ne sais pas.
C 'est toi, Denise, merde !
Putain
! Tu mens, tu manipules, tu truques, tout, c 'est...
Regarde -toi, ils te parlent de trois victimes.
Hein ? Trois victimes, et toi, t 'es là, tu crânes avec tes conquêtes.
Attendez, attendez, capitaine.
Vous parlez de trois meurtres.
Mais dans le dossier auquel j 'ai eu accès, il n 'y en a que deux. Non,
Monsieur Rizot est marin. Oui, je sais.
Il y aurait une troisième victime ? Je ne peux pas défendre correctement ma
cliente si vous cachez les informations.
Je te supplie de me croire.
Mais croire quoi ? Quelle version ? Quand tu es venu me voir au cas d
pour me demander si je connaissais Philippe Rizot.
Ça m 'a fait un choc.
Cette histoire était très ancienne.
Puis en apprenant qu 'il était mort, c 'est comme si tout d 'un coup, je
conscience que cette aventure avait été plus importante, enfin
je veux dire, plus importante que ce que je pensais à l 'époque.
C 'était la fin d 'une vie.
Comme mesure qui a vraiment compté, qui t 'a vraiment aimé.
On n 'a plus besoin de se mentir pour aller de l 'avant.
Tu comprends, on n 'était pas du même monde, Ritsu et moi.
Je n 'ai jamais pu assumer.
Et un jour, il est parti.
L 'argent alors ? Tu m 'as dit qu 'il t 'avait volé de l 'argent avant de partir
du casino.
Pour une simple coïncidence, on n 'a jamais pu le prouver.
Pourquoi tu l 'as tué si tu l 'aimais alors ? Mais je ne l 'ai pas tué ! Bon,
pense qu 'on va s 'arrêter là.
Écoutez, c 'est simple, capitaine. Soit vous avez des indices matériels qui
relient ma cliente au meurtre, soit vous n 'en avez pas.
Madame Royan, allons -y.
On va trouver, t 'inquiète.
Je suis désolé, t 'avais raison, j 'aurais dû t 'écouter.
Non, mais elle est beaucoup trop forte pour craquer et avouer quoi que ce soit,
mais on va la piéger.
Elle va finir par commettre une erreur.
Tu sais quoi, je vais la filer.
Toi, tu te reposes.
Et
bonjour,
monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli.
Que vous me semblez beau.
Sans mentir, si votre ramage se rapporte à votre plumage, vous êtes le
phénix des hôtes de Fibonacci.
Un appel de mon fils.
J 'avoue avoir été surpris.
Chose à peine de demander la raison de ta visite.
Entre.
J 'ai un excellent whisky.
Tu en veux ? Non, merci.
T 'as toujours refusé de venir t 'aider ici avec moi.
Tu as probablement raison.
Tu te protèges, tu protèges les tiens.
De toute façon, t 'es Guillaume.
Pourquoi t 'aurais besoin de moi ? Guillaume, je l 'ébrouille bien, mais je
'en veux pas.
Je voulais te dire, je suis désolé d 'avoir débarqué comme ça.
C 'était pas contre toi, c 'était contre Denise.
Elle se mêle de mon enquête depuis le début, c 'est compliqué.
Tu parles de la mort de Cerizo ? Il faut toujours qu 'elle fourre son nez
partout.
Personne n 'a encore réussi à l 'en empêcher.
Tout ça, ça me ramène à ma mère.
À son abandon.
Je comprends.
Tu crois pas qu 'il prétend qu 'on parle d 'elle, toi et moi ? Hein ?
Ça va peut -être te surprendre.
Mais je suis encore amoureux d 'elle, Florey.
En fait, je n 'ai jamais aimé qu 'elle.
Quand elle est partie, aussi riche et puissant que je suis, j 'ai été anéanti.
Le jour où elle est partie, est -ce que tu étais avec elle ? Tu l 'as vue ?
Elle a porté quelque chose avec elle ?
Pourquoi tu me demandes ça ? Parce que j 'en ai besoin.
Parce que je... Je sais rien de toute cette histoire, en fait.
J 'ai presque plus de souvenirs d 'elle. Mais c 'était il y a plus de 25 ans.
T 'avais pas 8 ans.
Ce jour -là, quand on est rentrés de notre promenade, elle était déjà partie.
J 'ai jamais compris comment elle a pu nous faire ça.
Surtout à toi.
Le type avec qui il est parti, tu le connaissais ? Non, même pas.
Je souhaite à aucun homme de vivre ça.
Enfin, surtout à aucun enfant.
J 'imagine très bien combien t 'as dû souffrir.
Alors oui, bien sûr, on dit de moi que je suis un homme sans cœur, mais... Les
événements, quelquefois, la vie te fait jouer une partition qui n 'est pas la
tienne.
Pourquoi ? Pour se protéger, par exemple.
Avoir Denise comme mère.
Mais bon, soit... Je me fais vieux, j 'ai bientôt crevé. Il n 'y aura personne
pour malgré tout. C 'est très bien comme ça.
Alors, à quoi bon ? Ben oui, c 'est ça.
À quoi bon ? Alors ?
Oui, et ? Lui aussi, c 'est une victime de Denise.
L 'avoir comme grand -mère, ça va, mais... Comme mère... Capitaine, je
un peu sur ta grand -mère. Un témoin m 'a même raconté qu 'une altercation
aurait éclaté entre elle et ta mère.
Denise l 'aurait giflé en public.
Essayez d 'établir un lien entre Denise et les deux morts.
Il doit certainement y avoir des preuves d 'une rencontre, d 'un appel, je sais
pas.
En revanche, on a réussi à intercepter un appel entre Denise et son banquier.
Ils ont rendez -vous dans une demi -heure. Ça avait l 'air assez urgent.
veut récupérer un truc dans son coffre. C 'est sûrement une preuve qu 'il a relé
au merde.
Et elle veut le... Elle veut sûrement la détruire. Je te laisse.
Merde !
Arrête
! Reste dans ta voiture, bouge pas, bouge pas
! Sors, Donnide ! Non mais qu 'est -ce que tu veux encore ? Donne -moi ce que t
'es allé chercher dans ton coffre.
Qu 'est -ce qui t 'arrive ? Attends, attends, attends, arrête de jouer avec
Bouge pas, toi.
Tu crois quoi ? Qu 'il y a que chez toi qu 'on tue ? Hein ? T 'as toujours dit
que c 'était ton sang qui coulait dans mes veines. Est -ce que tu veux qu 'on
vérifie ? Non, mais attends ! Est -ce que tu veux qu 'on vérifie, putain ?
mais c 'est complètement faux.
Marin et Rizzo, tu les as payés pour faire le sale boulot et après tu les as
butés pour pas qu 'ils parlent. Dis que c 'est vrai.
Mais t 'es complètement fou. Dis -le à un bordel ! T 'es complètement fou !
Denis, tu me donnes ce que t 'es allé chercher à la banque.
Dépêche -toi.
Calmez -vous, cher royaume. Bouge pas, toi, bouge pas, bouge pas.
Je l 'avais offerte à ta mère.
Je te jure que j 'avais fini par l 'accepter dans la famille.
En gage de ma bonne foi.
Elle l 'adorait.
C 'est le seul bijou qu 'elle portait.
Et moi, ce matin, j 'ai été le récupérer à la banque pour te l 'offrir. Parce
que je pensais que ça ferait plaisir.
Pauvre con ! Je
ne
suis plus la femme que tu crois.
Je suis fatiguée de me battre.
Toujours...
Lutter pour préserver ce que j 'ai construit.
Parce que moi, je suis né pauvre.
J 'ai grandi sans rien.
Et tous ces gens qui me jalousent, ils ont essayé de prendre ma place.
Décroche.
Oui, Anna.
Oui, j 'ai eu les résultats d 'analyse, tu sais, des trades de pneus laissés à l
'église. C 'est des pneus hyper particuliers de voitures de collection.
C 'est ta grand -mère qui était à l 'église.
Ok, ok.
Bon, maintenant, Denise, t 'arrêtes de foutre de ma gueule, tu me dis la
Jeudi, le jour de la mort de Marin, toi et Laurent, vous étiez où ? Jeudi ?
On n 'est pas sortis, jeudi ? Jeudi, c 'est mon jour de congé.
Qui a pris la bagnole, alors ? Ben... Guillaume, qui d 'autre ?
Pourquoi ?
Descends, Lyon.
Alors, ça y est ? Super flic vient de prouver son super méchant. C 'est bien,
bravo.
Toutes mes félicitations, Clément. Comme ça, au moins, tu prouves à tout le
monde que je suis le raté de la famille.
Bravo.
Lyon, c 'est dans ton intérêt. Tu descends, s 'il te plaît.
Regardez -le, là.
Regardez -le. C 'est Clément, c 'est mon frère. Vous le connaissez pas ? Il est
beau, non ? Il est beau, mon frère. Il est génial. Tout le monde l 'aime.
Même papa.
Je vous ai entendu déplaterer sur mon compte tout à l 'heure, tu m 'as pas
défendu.
En fait, tu passes ton temps à le critiquer, mais t 'aimes ça être le fils
préféré.
Je te le redis une dernière fois.
D 'accord, c 'est un ordre.
Tu descends, Guillaume, s 'il te plaît ! Tu me l 'as déjà dit, ça.
Descends, merde !
Descends, merde !
Marin faisait chanter papa.
Comment ? J 'ai surpris que de leur conversation, Marin lui réclamait de l
'argent en échange de son silence.
Bon, il avait visiblement un secret de route.
Moi, j 'écrirais une histoire de... corruption avec la mairie pour rendre
permis de construire ou des autorisations de jeu, ce genre de trucs.
Évidemment, papa...
a refusé de me donner la raison de ce chantage et il m 'a dit qu 'il réglerait
ça lui -même.
Mais pourquoi tu l 'as fait à sa place ? Pourquoi t 'es allé tuer Marin ?
Pourquoi tu lui demandes pas, lui ? Quoi ? Ton Clément, il sait ce que c 'est
que d 'exister aux yeux des autres.
Hein, Clément ? Qu 'est -ce qu 'il a dit, papa ? Moi, t 'es pas pareil ?
Ouais.
T 'en fais pas, Marin.
J 'avais pas besoin de vous entendre pour savoir comment il me considère.
C 'est pour ça que t 'as rendu service à ton père.
T 'y allais tuer le mec qui le faisait chanter juste pour exister à ses yeux,
mais... Tu trouves ça con comme idée ? Mais Guillaume... J 'ai rien trouvé de
mieux.
Peut -être que tu dis que c 'est toi pour le protéger.
Mais y a plus rien de protégé.
Ça devait pas se terminer comme ça. Là -bas, je devais juste déposer une
mallette avec de l 'argent.
à l 'église.
Une fois que je suis arrivé, il était là, debout devant moi, avec une urne.
Je n 'ai pas compris l 'urne.
Je lui ai demandé qu 'il s 'explique.
Je voulais juste qu 'il me dise la vérité.
Je voulais connaître leurs secrets.
Tes secrets qui nous tuent tous, finalement.
Et... Et alors ? Alors il...
Il
m 'a dit comment ta mère est morte ce jour -là.
Ce soir, ta mère a annoncé à papa qu 'elle voulait le quitter.
Et tu connais papa.
Orgueilleux, fou furieux et... À le coller dans, j 'imagine.
Il l 'a... Il l 'a attrapé et il l 'a serré tellement fort qu 'il lui a brisé
les cervicales et elle est morte sur le coup.
Le chef de la sécurité qui avait entendu la dispute est arrivé, mais c 'était
trop tard.
J 'ai pris soin.
C 'était lui à l 'époque.
Enfin, c 'était surtout l 'amant de Denise.
Et il l 'aimait, alors, pour la protéger, il lui a rien dit.
Denise est au courant de rien.
Elle doit tout garder pour lui.
Après, il s 'est débarrassé du corps avec un collègue, André Marin.
Ils l 'ont brûlé et ils ont mis les cendres dans une urne.
Fils de prison voulait prévenir ton frère, mais il n 'a pas eu le temps.
J 'ai essayé de l 'inditionner, mais c 'est lui qui a tué Rizzo, c 'est pas
Après, j 'ai paniqué, alors j 'ai accroché le corps à la poutre pour faire
croire à un...
Ta mère disait toujours à papa que ce qu 'elle préférait à Houlgat, c 'était la
mer, alors... Elle n 'a pas cru faire cette question.
Merci, monsieur, mille fois pour votre temps.
Et Guillaume ? Il vient, j 'espère ? Je ne sais pas, oui, mon fils. Aucune
nouvelle de la journée, même pas un petit coup de fil à sa maman. La petite,
non. Et quel homme charmant.
Je vous le volerai bien.
On me l 'a répété souvent, ça, oui, je sais. Je suis très, très fière de lui.
Même si, je pense que nous l 'avons gâté parfois un petit peu trop souvent. N
'est -ce pas, chérie ?
Clément, mais entrez, je vous... Qu 'est -ce qui se passe, là ? Clément, qu 'est
-ce qui se passe ? Allez, vas -y, embarquez -moi, qu 'on en finisse une
fois pour toutes. Non, mais qu 'est -ce que c 'est que cette histoire ? Clément,
Clément, enfin, on n 'arrête pas son papa comme ça.
S 'il te plaît, tais -toi ! J 'en peux plus t 'entendre, depuis des années.
T 'es un cauchemar.
Ta mère... Je l 'aimais plus que tout.
C 'est toujours ce que disent les hommes qui tuent leurs femmes.
Ça s 'appelle un féminicide.
Un fils et un petit -fils sont en prison.
Qu 'est -ce qui pouvait m 'arriver de pire ? Heureusement que je t 'ai, toi,
Clément.
Tu sais, je... Je sais que tu m 'aimes.
Moi aussi, je t 'ai toujours aimé.
T 'as toujours été là pour moi, t 'as toujours tout fait pour moi.
Tout ça, c 'est quand même un peu de ta faute, tu crois pas ? Hein ?
Je te rappelle que je suis une victime dans tout ça.
Tu te rends compte que mon propre fils a volé l 'argent du casino.
Pour acheter le silence de Rizzo et de Marin.
Oui, ton argent.
Encore et toujours ton argent.
Clément.
Clément.
Je remplis les papiers pour ma mutation.
Tu signes où le gâte ?
Tiens, je...
Je voulais te donner ça.
Qu 'est -ce que c 'est ? Pourquoi tu veux me donner ça
? Parce que... Parce que je veux que tu l 'apportes.
Et que tu iras bien.
Qu 'est -ce que t 'es en train de me dire, Clément ? Dis -moi.
Je voudrais partir avec toi.
Je veux rester avec toi, je veux pas te quitter.
Je veux qu 'on reste ensemble.
Denis, noir ou rouge ? Noir.
17 noirs impérément.
Et voilà !
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