All language subtitles for Gaspard.Va.Au.Mariage.2018.FRENCH.720p.WEB.x264-worldmkv

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Original subtitles

Je peux en avoir ?

- Vous savez ce qui se passe ? - Non.

Par ailleurs, nous nous insurgeons contre l'absence d'information

au sujet du convoi qui traversera la région mercredi prochain.

Ce que l'on sait, c'est que...

Pardon.

Ça va ?

Elle se sent pas bien. Qui a la clef ?

C'est lui lĂ , c'est Michel.

- En fait, je ne suis pas avec eux. - Avec qui ?

Les gars qui s'enchaĂźnent.

Ils étaient sur la route et ils distribuaient des croissants.

J'en ai pris un et je les ai suivi.

AprÚs, ils se sont menottés et j'ai fait comme eux.

- Vous voulez boire quoi ? - Une biĂšre.

Deux biĂšres, s'il vous plaĂźt.

Vous l'avez fait par curiosité ?

Ouais, c'est ça. Si on veut.

Vous ĂȘtes un peu barge, quand mĂȘme, non ?

J'avais la dalle. Je vois pas ce qu'il y a de barge.

Vous les connaissez pas. Vous leur faites confiance.

J'ai pas compris. Quoi ?

Merde !

Pourquoi vous m'avez retenue ?

Vous alliez vous fracassez.

- OĂč va ce train ? - Limoges.

À Limoges ??? Je n'ai rien à y faire.

- Vous allez oĂč ? - Je vais Ă  Biarritz.

Il s'est barré.

Vous avez des trucs importants Ă  faire Ă  Biarritz ?

Ouais. Plus ou moins.

Je vais rejoindre une amie.

Ça peut pas attendre deux-trois jours ?

Pourquoi ?

Je veux vous proposer quelque chose.

Quoi ?

VoilĂ  :

Je veux que vous veniez avec moi chez mon pĂšre.

Vous m'accompagnez, vous restez un peu, vous repartirez plus tard.

Qu'est-ce que je vais faire chez votre pĂšre ?

Il se marie. Enfin, il se remarie.

Je voudrais quelqu'un avec moi.

Ça se fait, non ?

De ne pas vouloir ĂȘtre seul Ă  un mariage ?

Vous avez personne pour faire ça ?

Ben non. Pas lĂ  tout de suite.

Je n'y avais pas pensé avant. C'est en vous voyant, comme ça...

J'ai l'impression que vous pouvez faire l'affaire.

- Vous voulez que je fasse escort, en fait ? - Mais non.

Enfin si vous trouvez ça amusant de le prendre comme ça, ça me choque pas

- Ça vous choque ? - Non.

Je vous préviens que je ne veux pas coucher avec vous.

Ah mais non. Heureusement. Quelle horreur.

- Je préfÚre que ce soit clair. - Mais c'est clair.

Mais pour votre famille... On va se faire griller direct.

Ça va pas le faire. Ça va se voir.

Ça se verra pas.

- Je m'appelle Gaspard. - Laura.

Alors, c'est ok, Laura ?

Je ne sais pas encore.

Vous me devez bien ça. Je vous ai sauvé en pleine crise d'hypoglycémie.

Je vous ai rien demandé. Je ne vous dois rien.

Alors faites-le par jeu.

Vous ĂȘtes joueuse, non ?

Je vous donne 50 € par jour.

Si vous restez trois-quatre jours, ça vous fait un peu d'argent.

Pourquoi pas ?

Super.

- Vous n'avez pas peur des animaux ? - Non. J'ai eu trois chats.

C'est complĂštement dingue.

Tu te rends compte de la chance que t'as eue ?

Si on veut.

Grandir dans un zoo, attend !

Ah, qu'est-ce qui t'est arrivé ?

Mon train a été attaqué. Je vous raconterai.

- Bonjour. Laura. - Virgile.

Je suis coincée. Je peux pas venir.

Je peux embrasser la mariée ?

VoilĂ . C'est Laura.

Comme ça ? Sans prévenir ?

Ouais.

Ça ne m'Ă©tonne pas de toi.

- Bonjour, Laura ! - Bonjour. Je ne vous serre pas la main. - Ben non.

Pourquoi étiez-vous en train de le fister ?

C'est pour analyser ses selles.

Rien de sale. C'est pour son bien.

Ah d'accord.

Un caribou Ă  deux tĂȘtes vient de naĂźtre. Tu veux le voir ?

- Okay, ouais. - Tu m'aides, toi ?

On vous rejoint.

Tu peux me tenir ça ?

- T'es avec elle depuis longtemps ? - Assez, ouais.

- Tu comptes pas, quoi ? - VoilĂ 

C'est bien.

- Il est comment ? - C'était horrible !

Tu veux le voir ?

AprĂšs.

Ça se passe bien ?

Tu me trouves crédible ?

Bien sûr.

T'as pas peur que je me fasse piéger ?

Pourquoi tu te ferais piéger ?

Je ne sais rien sur toi. Les vrais couples connaissent des détails l'un sur l'autre.

Comme quoi ?

Comme par exemple la musique que t'écoute...

...ton morceau préféré dans le poulet...

Pas besoin de savoir ce genre de trucs.

Ça va aller ? Tu veux savoir d'autres choses, à part le poulet ?

Non.

Si. OĂč est ta mĂšre ?

Morte quand j'étais enfant.

Tuée par un tigre.

Je ne te crois pas.

Je te le jure.

Merde. Je suis désolée.

Gaspard.

Ça va se savoir que j'ai rien à faire avec toi.

Il s'est jamais rien passé dans ma vie et ta mÚre s'est faite manger par un tigre.

Ça n'a rien d'original pour moi.

C'est comme si elle était morte dans un accident de voiture.

J'aurais bien aimé qu'il m'arrive un truc comme ça.

Les vrais couples ne sont jamais d'accord sur rien.

« - Les vacances à Royan il y a deux ans. - Non, il y a trois ans »

C'est ça qui fait vrai.

On va devoir s'embrasser devant les autres ?

Non, c'est pas utile.

Mais si on est obligés, tu vois ?

J'ai pas envie d'ĂȘtre surprise. Je prĂ©fĂšrerais l'avoir fait avant.

LĂ  maintenant ?

Tu vois. Ça y est, c'est fait. Je prĂ©fĂšre comme ça.

- T'étais pas censé arriver ce matin ? - Si.

Je te prĂ©sente Laura. Coline, ma sƓur.

- Bonjour. - Salut.

- Il n'y en a plus que quatre ? - Ouais.

On a pas pu remplacer ceux qui sont morts.

- Pourquoi ? - Pas eu le temps ni l'argent.

Ce sont des pingouins ?

Des manchots.

C'est quoi la différence ?

Les pingouins peuvent voler. Ils s'évadent et on doit leur courir aprÚs.

Les manchots volent pas.

- Ils font des trucs beaucoup plus marrants. - Comme quoi ?

Ils savent prédir l'avenir.

Ah oui, vraiment ?

Demande Ă  Gaspard. Vrai ou faux ?

Vrai.

Le manchot va répondre à une question que tu te poses.

Il y a quelque chose que tu aimerais savoir ?

- Ouais. - Quoi ?

J'aimerais savoir si tu m'aimes pour de vrai.

Bon.

Alors si le manchot choisit ton éperlan à gauche

Ça veut dire oui, je t'aime pour de vrai.

S'il chosit celui à droite, ça veut dire non.

- Comment il s'appelle, celui-lĂ  ? - Findus

Tu vas les jeter dans l'eau, ok ?

3... 2... 1...

Il a pris lequel ?

Celui de droite. Celui du non.

Ah ben sympa !

Je suis sûr que ton truc pourrait marcher.

Le manchot-oracle.

Peut-ĂȘtre.

C'est sûr.

Tous les zoos ont besoin d'un animal vedette.

On aurait « Findus le ProphÚte ».

- Sauf que Findus est un charlatan. - T'en sais rien.

Tu dis ça parce que sa réponse ne t'a pas plue.

Ce n'est peut-ĂȘtre pas l'homme de ta vie. Enfin excuse-moi.

Laura, tu sais comme la maman manchot fait pour nourrir ses petits ?

Non.

- On lui montre, Gaspard ? - On peut pas faire ça, non.

Et pourquoi ? Elle ne sait pas.

C'est pour l'instruire.

Elle fait comme ça.

- Bon, on parle du mariage. T'es prĂȘt ? - Quoi ?

Peggy veut plus se marier.

Putain, j'en étais sûr.

- Qu'est-ce qui se passe ? Elle panique ? - Peggy ? Paniquer ? Non.

- Elle a changé d'avis comme ça ? - Ouais.

- Il s'est passĂ© un truc, c'est obligĂ© ! - Je ne sais pas. Peut-ĂȘtre.

Quelle merde !

Elle va se barrer ?

J'espĂšre pas. Putain, t'imagines ?

DĂ©jĂ  que papa me prend la tĂȘte, si en plus il se fait larguer.

- Il n'y a plus de fĂȘte ? - Ben non, obligĂ©.

À une semaine de la noce, ça va nous coĂ»ter un max de fric.

- Tu ne veux pas te marier ? - Moi ?

Je dis ça au cas oĂč. Il y a tout. Tu n'as plus qu'Ă  sauter dans le costume.

- Qu'est-ce que papa va faire ? - Je ne sais pas.

Il fait un eczéma.

- Tu crois que ça a un rapport ? - Un eczéma ?

Oui, il a des petits bouts de peau morte qui se barrent.

C'est une réaction, tu ne crois pas ?

Quelle merde !

Déjà le mariage ne m'éclatait pas. Alors un mariage annulé !

- T'as pas eu le temps de me prévenir avant ? - Non, elle l'a annoncée ce matin à papa.

C'est ça, prends-moi pour un con ! Tu l'as su quand ?

D'accord. Je l'ai su mercredi. Qu'est-ce que ça change ?

Je ne sais pas.

Je ne serais pas venu, déjà.

C'est pour ça que je ne te l'ai pas dit.

J'avais envie de te voir.

Faut quand mĂȘme faire gaffe parce que les onagres rentrent dedans

et vont bouffer tout le foin. Donc aprĂšs les Cervicapres n'ont plus rien.

- Donc il faut vraiment la remettre demain ? - Et il faudra peut-ĂȘtre la bloquer

trouver une solution pour la bloquer parce que le maloningre pousse dessus.

Mais il font quoi Ă  la technique.

Ça fait plusieurs fois qu'on leur dit.

Comment on peut faire alors ? Il faut baisser le cran intermédiaire ?

Ou alors bloquer la trappe pour qu'il ne puisse pas la lever.

Coline, Il faut nettoyer les vers de farine en cuisine demain.

- D'accord ? - D'accord.

- Ça va pas te prendre trop longtemps. - Oui, mais je l'ai fait la semaine derniùre.

C'est quoi le manteau de Coline ?

Une peau d'ourse.

Une vraie ourse qui est morte quand elle était petite.

Et alors ?

Alors, voilĂ , c'est tout.

T'avais pas d'ours en peluche quand tu étais petite ?

Non, j'avais un kiki.

Nous, on avait des vrais ours.

Et donc...

...elle en a fait un manteau, quoi. - Ouais

- Mais elle le porte toute la journée ? - Ouais.

Les visiteurs aiment bien.

Les enfants la connaissent.

Mais ce n'est pas que le manteau.

Coline considĂšre qu'elle est une ourse.

Qu'une part d'elle-mĂȘme est une ourse. - Non, tu plaisantes ?

Non c'est sérieux. Elle sait trÚs bien qu'elle n'est pas une ourse.

Et en fait...

je voulais te poser une question.

T'es pédé ?

- Pourquoi tu me demandes ça ? - Je ne sais pas. Je me dis que...

si t'as besoin de moi pour jouer ta copine, c'est pour montrer à ta famille que tu es hétéro.

Non, je ne suis pas pédé.

J'aime les filles.

Mais ne t'inquiÚte pas. Je vais dormir à cÎté du lit.

Non ça ne me dérange pas. Tu peux dormir avec moi.

Bien sûr... sauf si t'as peur que ça te fasse un truc.

Ça ne me fera rien. Ne t'inquiùte pas.

À demain. Bonne nuit.

- Tu veux ? - Ouais.

Alors, ça te fait quelque chose ?

Ça va.

T'as besoin de moi combien de temps ?

Le plus possible.

Je peux rester jusqu'Ă  vendredi. Samedi il faut que je sois Ă  Biarritz.

Tu me trouves bien gaulée ?

Ça va.

Tu vas tout le temps dire « ça va » ?

Je te trouve assez bien gaulée.

Tu trouves pas que j'ai un peu trop d'épaule ?

J'aime bien.

Ça fait 66.

Note-le parce qu'il ne l'a pas pris en compte.

AprĂšs t'as des bananes de Cavendish

à 1,10 €.

200 kg de raisins

à 2,50 €.

- Il est oĂč ? - En bas.

Vous venez avec moi ?

Bonjour, mon fils.

Quoi ? Tu trouves que j'ai vieilli ?

Je ne sais pas. Non.

Je me demandais si j'allais te revoir un jour.

Je suis lĂ .

Alors c'est le bonheur.

Qu'est-ce que tu fais ?

Je soigne mon eczéma.

Papa, qu'est-ce qui s'est passé avec Peggy ?

Quand ça ?

- Je croyais qu'elle était d'accord pour se marier. - Ah, ça.

- C'est rien. Des broutilles. - Des broutilles ?

Quel genre de broutilles, exactement ?

Un petit malentendu...

...avec Francine. - Avec Francine ?

T'as remis le couvert avec Francine ?

Oui, enfin non.

C'est plus compliqué que ça.

Ce sont des garras rufas.

Papa ? Papa ?

Qu'est-ce qui s'est passé exactement avec Peggy ?

J'étais allé voir Francine, pour rompre définitivement avec elle.

Je voulais mettre les choses au clair pour pouvoir épouser proprement Peggy.

Puis elle m'a demandé un dernier baiser.

Je n'allais pas lui refuser ça, quand mĂȘme ? Ça se fait pas.

C'est sûrement pas à cause d'un bisou que Peggy ne veut plus se marrier.

Un baiser entraĂźne une caresse, qui en entraĂźne une autre.

Il l'a niquée.

Bref, Francine a voulu faire l'amour une toute derniĂšre fois.

Pendant qu'on était en train de baiser, je me suis senti trÚs faible d'un seul coup.

C'est lĂ  que j'ai fais mon malaise. - Attends !

Tu veux dire que quand tu as fait ton malaise,

tu ne réparais pas la toiture du bùtiment des girafes,

tu couchais avec Francine ?

Papa, tu ne t'en sors pas si mal.

Peggy aurait pu te décapiter pour ça.

Oui, je sais. Mais je ne vais pas me laisser faire.

Justement, je voulais vous en parler.

On va faire comme s'il ne s'était rien passé.

J'ai rien annulé du tout.

On maintient la mairie, la fĂȘte, les invitĂ©s, tout le mariage.

Mais sans le dire Ă  Peggy. J'ai besoin de vous.

Peggy ne veut plus t'épouser parce que tu t'es foutu d'elle

et ton idée est de faire comme si rien ne s'était passé ?

Je viens de dire que j'avais besoin de vous.

Est-ce qu'on peut compter les uns sur les autres dans cette famille ?

Évidemment, il y a comme un choc.

Elle me fait la gueule. C'est pas marrant.

Mais... je crois que je ne dois pas laisser passer l'occasion.

Je suis sûr qu'au fond d'elle, elle a envie de se marier avec moi.

Je l'ai bien vu dans ses yeux. Je sais.

C'est maintenant ou jamais.

Alors... qu'est-ce que vous en pensez ?

Coline ?

C'est n'importe quoi et en mĂȘme temps c'est gonflĂ©.

Mais t'as pas le choix. T'es obligé de mettre le paquet.

Évidemment.

Attends. Qu'est-ce que t'entends par « mettre le paquet » ?

Un beau mariage, quoi.

Un orchestre, un feu d'artifice...

des montgolfiĂšres, des clowns.

Pour quoi faire, des clowns ?

Pour faire rire !

C'est un mariage, putain !

Faut que ce soit gai !

Évidemment, tu n'as aucun humour !

Non, j'ai pas d'humour. Je suis sérieux. Heureusement.

Tu parles ! C'est Coline qui est sérieuse.

Non, elle est compétente.

Le sĂ©rieux et la compĂ©tence, ce n'est pas la mĂȘme chose.

Demande-lui comment tu vas faire pour payer tes feux d'artifice si elle est compétente.

T'as plus un rond, papa !

Papa, quand je te disais qu'il fallait mettre le paquet...

...je ne parlais pas d'épater la galerie.

Ce que je voulais dire, c'est que tu avais quelque chose pour te racheter...

...toi, personnellement, tu comprends ? - Bien sûr que je vais me racheter.

Je ne fais que ça, mĂȘme !

Papa, c'est vraiment fini avec Francine ?

Et avec les autres ? Celles d'avant ? Toutes tes ex ?

C'est vraiment clair dans leurs tĂȘtes ?

Oui, j'en sais rien. Ne me harcĂšle pas.

Je viens de te dire que j'allais me racheter.

Papa, il faut que tu finisses ce que t'as commencé avec tes ex

comme avec Francine.

Faut les quitter.

Mais sans les tringler, papa !

Ouais, genre par téléphone, par texto.

Pas par tĂ©lĂ©phone, quand mĂȘme.

Bien sûr que si !

Gaspard, c'est ok pour toi ?

Papa, les femmes ne sont pas des fauves. Elles ne se dressent pas.

Je ne te demande pas ton avis sur les femmes.

Je veux juste savoir si je peux compter sur toi pour le mariage. Alors ?

Oui. Ok. C'est bon.

Je suis sûr que vous pensiez que j'allais me laisser abattre

Hein, bande de petits cons !

Invention n°1 :

le bébé-serpillÚre.

T'as changé leur eau ?

C'est bon. C'est fait.

...tu peux venir s'il te plaĂźt ? - J'arrive dans dix minutes.

Tenez, venez voir. Ça a grattĂ© ici aussi.

Des sangliers essayent de rentrer toutes les nuits

et cet hiver, des renards sont passés.

Les enclos là-bas sont abßmés.

Faudrait vraiment refaire l'enceinte, mais entiĂšrement.

Ouais, et couler tous les grillages dans du béton aussi.

Pourquoi tu ne dégages pas des fonds ? Je ne comprends pas.

C'est essentiel, non ?

On a pas les moyens, mais laisse tomber...

on va mettre des sardines, rajouter une piÚce et ça ira trÚs bien;

Vas-y, tire.

On redresse.

- Ouais - C'est bon.

C'est vrai que tu ne serais pas venu si je t'avais dit que le mariage était annulé ?

Ouais, c'est vrai.

C'est fou, ça.

Pourquoi tu ne viens plus ? C'est Ă  cause de papa ?

Non.

Et ça ne te manque pas ?

De quoi ?

Je ne sais pas. Tout.

L'espace,

le vent,

le parc. - Je suis bien Ă  la ville, tu sais.

Et nous... on compte pas ?

J'ai pas besoin de vous voir tout le temps.

Et les touristes, hein ?

Gaspard, regarde-moi.

Les touristes hollandaises

les Hilde, les Saskia, les Famke...

Famke.

C'était laquelle, déjà, Famke ?

Celle qui t'a dépucelé ?

J'ai pas niqué Famke. C'est toi.

Tu ne t'en souviens pas ? Mais si !

- C'est moi ? - Mais oui.

Virgile ?

Regarde ce qu'on a trouvé.

- C'est pas des gosses qui ont fait ça. - Ah non, je ne pense pas.

- Je vais l'emmener à l'incinérateur. - Non, il faut que je l'autopsie.

On ne sait jamais.

Je pense que c'est des chiens.

- « Des » ? - Ouais, j'ai vu des traces.

Il y en a deux, peut-ĂȘtre trois. Je ne sais pas.

Ah, venez par ici. Aidez-moi.

Merde !

Ça fait dix ans que je n'ai pas ratĂ© une mayonnaise !

Je ne sais pas ce que j'ai en ce moment. Je rate tout ce que je fais.

- Vous savez faire la mayonnaise ? - Non.

- Bon, tant pis. Bonjour. - Bonjour.

Je suis Laura. - Vous ĂȘtes venue avec Gaspard ?

- Vous étiez prévue au mariage ? - Non, pas du tout.

Excusez-moi. Ça peut paraütre blessant, mais...

c'est juste que j'oublie les choses parfois

j'ai fait un malaise cet été, en réparant le toit du bùtiment des girafes

avec le mariage, je m'embrouille

et on ne se connaßt pas, évidemment ? - Non. On ne s'est jamais vus.

Est-ce que vous savez oĂč est Gaspard ?

Il fait le tour du zoo avec Peggy et Virgile. Ils contrĂŽlent les clĂŽtures.

Vous voulez un thé ? - Un café ?

C'est vos enfants ? - Ouais.

The last of the Mohicans.

Le dernier des Mohicans. - Pourquoi vous dites ça ?

Parce que les zoos sont bientĂŽt finis. C'est mort.

Il n'y a pas que les zoos. Ça va ĂȘtre remplacĂ© par autre chose.

- C'est l'ourse du manteau ? - Ouais.

Mais Coline a quel Ăąge, lĂ  ?

Je ne sais pas. Deux-trois ans !?

Coline est techniquement forte.

Elle repĂšre bien les animaux qui sont malades.

De mes trois enfants, c'est elle qui me ressemble le plus.

- Ah, vraiment ? - Ouais, avec mes défauts.

Virgile ressemble à sa mÚre pour certains cÎtés. Il est plus gestionnaire.

C'est bien aussi.

Et Gaspard ?

Gaspart, c'est encore autre chose. C'était le plus prometteur.

Tiens, bonne idée. Je vais vous montrer. Venez avec moi.

Il avait huit ans quand il a inventé ça.

Je ne sais plus comment ça s'appelait. Le champi-quelque chose.

Le para-quelque chose, peut-ĂȘtre.

Alors.

Attention.

J'espÚre que ça va marcher.

Génial, hein ? - Oui, mais ça sert à quoi ?

Pour rĂ©cupĂ©rer le bouchon. Ça sert pas Ă  grand-choses.

C'est juste joli. Vous n'aimez pas ? - Ah si, j'adore.

Gaspard a inventé beaucoup de trucs comme ça ? - Plein, plein.

Mais il a inventé celui-là pour moi.

Pourquoi je ne vois plus Gaspard. Vous le savez ?

Parce que c'est ma faute. On est tout le temps collés.

Alors ça va.

Tu peux y aller, si tu veux. Je peux finir ici.

- Tu es sûr que ça ira ? - Oui, oui .

Tu ne voulais pas passer voir ta sƓur aujourd'hui ?

- Euh, ouais. - Bien, va, va !

Prends ton temps. Prends ton aprĂšs-midi.

Bon, ben okay. Merci.

Cécile ?

C'est Maxime.

Tu vas bien ?

Écoute, CĂ©cile. Tu sais que je t'aime beaucoup, mais...

je ne sais pas comment le dire bien...

disons que je préfÚre qu'on ne soit plus du tout en contact. Voilà.

Je vais me marier avec Peggy.

Oui, merci. C'est gentil.

D'accord, heu...

Efface mon numéro. Moi, j'efface le tien. C'est mieux.

Jamais de la vie, Isabelle.

Tu sais trÚs bien qu'il n'a jamais été question qu'on fasse un enfant.

Florence ? Qui est Florence ? Quelle Florence ?

Ah, Florence, la ville !?

Firenze, si !

Moi j'ai dit que je te ferais découvrir Florence ?

Mais j'ai jamais mis les pieds Ă  Florence.

Comment ?

Oui, oui, oui. Va te faire foutre, oui.

Cette musique est bien, papa. C'est ce qu'il faut.

Non, non. Pas du tout.

C'est sympa, mais on ne peut pas commencer comme ça.

C'est mon mariage, pas le vĂŽtre.

En tous cas, avec mon malaise, il faut quelque chose de...

...plus lent, quoi.

J'ai une autre idée, alors.

Qu'est-ce que vous faites ?

On choisit la chanson pour ouvrir le bal.

LĂ , c'est un peu juste.

On a encore le temps de la faire reprendre.

Mais ce n'est pas moi qui me marie.

Vous savez ça ? - Mais vous faites Ă  peu prĂšs la mĂȘme taille.

Oui, mais Peggy est quand mĂȘme beaucoup plus fluette.

Je suis un peu plus carrée. - C'est difficile d'imaginer comme ça.

Tu chantes quoi ?

Je ne sais pas. C'était à la radio tout à l'heure.

Tu fais une tchoutchouka !

Ouais. Ça te plaüt ? - Grave !

Tu veux que je t'écrase de l'ail ? - Ouais.

T'as fait quoi aujourd'hui ?

J'étais avec Laurent à l'enclos des hippopotames, tu sais ?

Oui, je sais.

Ton portable ne marche plus ? J'ai essayé de te joindre toute la journée.

Non, il déconne en ce moment.

Je ne sais pas ce qu'il a. Il ne sonne plus.

En tous cas, il ne déconne pas pour tout le monde.

Non mais vas-y, décroche.

Ça doit ĂȘtre Ève. Ou une autre.

- Peggy ! - Non, ça va. Stop ! ArrĂȘte !

Il y a des chats qui peuvent vivre jusqu'Ă  quinze ans.

On les appelle des « chats-Janus ».

- Ah bon. - Comme le dieu de la mythologie romaine.

Il regarde dans deux directions opposées.

Comment vous ĂȘtes-vous rencontrĂ©s avec Gaspard ?

Dans le train.

Quel train ?

Le train pour Bruxelles.

On s'est retrouvés coincés dans un wagon... - Tu permets que je discute avec elle ?

Je mourrais de soif et ton frĂšre est venu m'apporter de l'eau.

- C'est drĂŽlement romantique. Il t'a emmenĂ© oĂč le premier soir ?

Le premier soir ? Il m'a emmené dans un bar.

T'as rien trouvé de plus original ?

C'était hyper-original. C'était un ice-bar.

C'est quoi ça ?

C'est un bar sauf que tout est en glace.

Un peu comme dans un igloo.

On nous donne des doudounes à l'entrée. C'est vraiment génial.

Ça t'aurait beaucoup plu, avec ta fourrure.

Je ne suis pas une ourse polaire, au cas oĂč tu ne l'aurais pas remarquĂ©.

C'est quand mĂȘme une drĂŽle d'idĂ©e pour un premier rendez-vous.

Moi je ne trouve pas. J'ai adoré.

Je kiffe le froid.

- Tu connais la région, Laura ? - Non.

Je connais un peu plus bas vers le Pays Basque.

Je vais faire l'arriĂšre-saison lĂ -bas.

Tu vas faire quoi ?

Je vais vendre des tatouages éphémÚres avec une copine.

C'est bien ça, les tatouages. Il faudra nous le montrer.

Quoi ? J'ai toujours eu envie de me faire tatouer. J'ai jamais osé.

Tu trouves que je n'ai plus l'ùge, c'est ça ? - Non, pas du tout.

J'ai rien dit.

À qui tu vas vendre ça ?

Aux gens qui seront lĂ .

Aux touristes.

Tu vas sonner dans les campings ?

Coline, c'est quoi, cette agressivité ?

C'est pas dans les campings. On fait les marchés.

En août, tu fais les --------- aussi ?

Ça m'arrive. Pas cette annĂ©e, mais ça m'arrive.

Elle sort la tĂȘte, elle dĂ©couvre le monde, elle se bouge, tu vois ?

C'est sĂ»r, dessiner des tĂȘtes de morts sur des gros mollets de touristes.

Ça s'appelle dĂ©couvrir le monde. - Tu ne travailles pas pour les touristes, toi ?

C'est émouvant. Regardez comme il l'a défend.

Il est accro, ma parole ! - Réponds-moi.

Tu n'as jamais vendu de peluche aux touristes ? Je me souviens mal.

- Je ne fais plus ça. - Mais tu l'as fait.

J'avais quinze ans. Tu me confonds avec une gamine de quinze ans.

Je ne fais plus ça maintenant. - Ah bon, et tu fais quoi ?

Je travaille tous les matins Ă  la cuisine.

On prépare 600 kg de nourriture par jour, figure-toi.

Formidable.

Mais ne dis pas que tu n'as jamais vendu de peluches aux touristes.

Déguisée en grizzly, en plus.

J'ai jamais...

...Ă©tĂ© DÉ-GUI-SÉE ! - On ne joue pas avec la nourriture.

Ça va aller. Ne t'inquiùte pas.

Ça va ?

Invention n°27

Des chaussures pour ne pas perdre les enfants dans la rue.

Invention n°42.

Le tube pour fumer Ă  deux.

La planche Ă  pain-mangeoir Ă  oiseaux.

Il y avait une installation de malade. T'avais mis un tube qui menait dehors.

T'es sûre que tu ne peux pas rester jusqu'au mariage ?

Impossible. MĂȘme si je voulais, je ne pourrais pas.

Le protĂšge-shampooing.

- C'est toi qui a fait ces classeurs ? - Non.

C'est qui, c'est ta mĂšre ?

- Non, c'est Coline. - Oh, c'est Coline ?

Attends, mais c'est un travail de dingue !

Une centaine d'inventions, une numérotation, un index par genre, c'est fou !

- Tu peux remettre ça à sa place ? - Elle a un mec, ta sƓur ?

Non.

Tu es sûr ?

Elle a jamais eu de mec.

Elle a jamais couché avec personne, quoi ?

Les garçons ne l'intéressent pas.

Mais pourquoi ? Elle est trĂšs jolie.

C'est quoi le problĂšme, Ă  part sa peau d'ourse ?

- Elle dit que c'est parce qu'elle pue. - Elle pue ?

Ne me dis pas que tu n'as pas remarqué.

Et pourquoi elle pue ?

Elle ne se lave pas ? - Évidemment qu'elle se lave. Qu'est-ce que tu crois ?

C'est Ă  cause de sa peau d'ourse. - Elle a qu'Ă  l'enlever, sa pelure.

Ça ne change rien.

C'est incrusté.

MĂȘme aprĂšs la douche, ça pue.

Ça sent fort, quoi. C'est pas trĂšs fĂ©minin.

Je suis sûre qu'il y a des hommes excités par ce genre d'odeur. Un éboueur ?

Toi, tu sens bon.

Tu sens le gùteau. - C'est une bonne idée, un éboueur.

ArrĂȘt, s'il te plaĂźt.

- J'ai envie de te sentir. - Eh ben non !

- T'es censĂ©e ĂȘtre ma petite-amie. - Ouais, mais je ne suis pas payĂ©e pour ça.

Okay, combien tu veux ?

20 €. - Ah non, 20 €, oublie !

Pour 20 €, je voudrais sentir tes seins.

Non, mĂȘme pas en rĂȘve. - Ton dĂ©colletĂ© ?

Non, trop sexy. Ça vaut plus cher.

- Tes pieds ? - Non, trop sale.

- Ton jarret ? - C'est quoi, mon jarret ?

C'est lĂ .

Ça va, tu en as eu pour ton argent.

- Qu'est-ce que tu fais ? - J'ai envie de faire la sieste.

Seule, de préférence.

Tu veux bien sortir s'il te plaßt. - Je suis surexcité. Comment je vais faire ?

Tu vas bien trouver une solution. T'es ingénieux.

- Je suis dans mon bain. - Mais ouvre !

Ouvre, putain ! J'ai un bout de piquant qui ressort.

Ça me brĂ»le.

T'étais en train de te branler ?

Tu me fais une place ?

- J'ai envie d'ĂȘtre seul. - Je comprends.

Allez.

C'est froid.

Tu te souviens de ce truc de maman ? La toilette de l'ourson.

Il faut bien nettoyer.

Entre les orteils.

- Tout propre. - Allez arrĂȘte.

Tu ne vas pas faire ça maintenant ? - Pourquoi pas ?

J'aimerais bien que tu m'expliques depuis quand les ourses ont besoin de se raser.

J'ai besoin de me sentir toute lisse dans mon dos.

Je te préviens.

Si tu fous des poils dans mon bain, je pisse dans l'eau.

Qu'est-ce qui t'a pris, tout Ă  l'heure, Ă  table ?

Avec Laura ?

Ben quoi ? Je l'ai trop bousculée ?

Laisse-la tranquille.

- Bon alors, t'es amoureux ou pas ? - Bien sûr.

Ça se voit pas ?

Je ne sais pas. Tu me demandes ça ?

On a l'impression que t'as besoin de moi pour savoir si t'es amoureux.

Tu fais chier, hein !

Et elle, comment tu la trouves ?

Une pùquerette déguisée en piÚge à loup.

MĂȘme si elle se donne des airs de piĂšge Ă  loup, c'est une toute petite pĂąquerette Ă  l'intĂ©rieur.

Pourquoi est-ce que Virgile m'a laissé 2 000 messages cette année ?

Je ne sais pas. Ils disaient quoi ?

Que t'avais pris des kilos cet été, à force de bouffer des myrtilles et des fruits secs.

Ensuite t'avais passé l'hiver à somnoler.

J'y peux rien. Virgile cavale toute l'année.

J'ai besoin de me poser l'hiver. - ArrĂȘte ça, Coline !

Ne me fais pas croire que tu as réellement besoin d'hiberner.

Tu ne crois pas que tu vas trop loin, maintenant ?

Il est temps que tu t'arrĂȘtes avec cette histoire d'ourse.

Non.

Si Virgile te laisse des milliers de messages, c'est pour que tu t'inquiĂštes et rappliques ici.

Pourquoi il ferait ça ?

Je ne sais pas. Tu n'as qu'Ă  lui demander.

Qu'est-ce que tu fous ?

Je remplace Coline ce matin, ça te dérange pas ?

Non, ça va.

C'est quoi le nom de ce truc, déjà ?

- Un gombo. - Ah voilà. C'est ça. Les gombos.

Les gombis.

Un gombo, des gombis.

Ouais, ça va, je sais.

Mais non, je déconne.

On dit : « des gombos »

C'est pas italien, tu sais ? C'est africain.

Ne la ramĂšne pas trop avec ta science, toi.

Je ne ramĂšne pas ma science.

Savoir tout ça et ĂȘtre serveur dans un moules-frites Ă  Bruxelles !

Excuse-moi mais ça s'appelle rater sa vie.

EnlÚve le chapeau de maman, pitié !

T'as trouvĂ© ça oĂč ?

Dans la chambre.

En fait, je ne bosse plus au resto.

- Ah bon ? Tu fais quoi, maintenant ? - Je répare des ascenseurs.

- ArrĂȘte tes conneries ! - C'est pas des conneries.

Qu'est-ce que tu connais aux ascenseurs ?

J'ai appris. Ce n'est pas compliqué.

CĂąble, treuil, tambour.

Un peu d'électronique. - Et ça t'intéresses ?

- Pas vraiment. - Tu te fous de nous ?

T'es fait pour le zoo et au lieu de ça, tu gùches ta vie pour des ascenseurs.

Tu devrais ĂȘtre ici Ă  ma place.

- Tu t'en sors trĂšs bien. - C'est pas naturel pour moi.

Pour toi, c'est naturel. Les gombos, putain !

Comment tu veux que je me rappelle de ça, moi ?

Tu sais Ă  qui tu me fais penser ? - Non.

- À Babou. - Allons bon.

Ce con d'orang-outan.

Toujours de mauvaise humeur, toujours Ă  se planquer des visiteurs.

Les autres orang-outans faisaient des pirouettes mais les gens voulaient voir Babou.

- Babou était trÚs sympa. - Non, c'était un enculé de macaque !

Les gens l'aimaient et ce n'était pas mérité.

C'est exactement comme toi.

Je n'aimais pas ce singe.

Et toi non plus, je ne t'aime pas.

Tiens, tu m'aides, s'il te plaĂźt ?

T'es de mauvaise humeur, ou je me trompe ?

J'ai autre chose à te dire de désagréable.

Vas-y, balance.

On va vendre le zoo.

Comment ça ?

On a plus les moyens, t'avais pas compris ?

- Compris quoi ? - Que je t'ai fait venir ici pour ça.

Une autorisation de cession à te faire signer. J'ai déjà commencé la négo avec les banques.

Vas-y ! Demande-moi, qu'on en finisse.

Okay, qui va racheter le zoo ?

Il n'y a pas d'acquéreur.

Ne t'inquiÚte pas. Je vais dispatcher les animaux dans des zoos à l'étranger.

Et Coline ?

Elle ne le sait pas encore.

On essaie de le lui faire comprendre.

On y va petit Ă  petit. On fait attention Ă  elle.

T'es vraiment un salaud !

- Je pensais que tu t'inquiétais pour Coline. - Moi, je ne suis pas inquiet ?

Mais t'es oĂč, toi, putain ! Je suis lĂ  tous les jours !

Alors dis-lui.

Sinon elle va le sentir, c'est obligé.

Coline ?

Coline, il y a un fauve.

Il y a un fauve dans le jardin.

- Un fauve ? - Oui, un tigre, je crois.

Grand comme ça. - C'est rien. C'est Alastar. C'est un bébé.

Mon pĂšre le laisse se promener de temps en temps. Tu ne crains rien.

Ah bon ?

T'as flippé ?

Pour un bébé ?

Pas du tout. Mais c'est un tigre, quoi.

Ta mÚre a été tuée par un tigre, non ?

Ouais, t'as flippé, quoi.

Mais non, pas du tout. ArrĂȘte de me parler comme ça !

Comment je te parle ?

- Tu me parles comme si j'étais pas une dure. - Je ne sais pas moi. C'est Gaspard.

Il dit que tu es une pĂąquerette.

Une pĂąquerette ?

Il a dit que j'étais une pùquerette ?

Une trouillarde, quoi.

Ne te prends pas la tĂȘte. C'est peut-ĂȘtre juste parce que tu as peur des animaux.

Moi j'ai peur des animaux ?

Avance.

Jette les poussins loin.

N'aies pas peur.

Jette les poussins. T'es trop prĂšs. Plus loin.

Jette-les, jette-les.

Éloigne-toi.

Jette les poussins loin.

J'en ai plus. J'ai tout donné.

Tu peux m'ouvrir ?

Ouvre-moi la porte.

Allez ! Ouvre-la, ouvre-la !

- Calme-toi. - Ouvre !

Je croyais que t'étais une dure.

Ouvre cette porte !

Ouvre la porte, putain !

Tu vas oĂč ?

Je pars Ă  Biarritz.

À Biarritz ? À pieds ?

- En stop. - Pourquoi Gaspard ne t'emmĂšne pas ?

Allez viens ! Je t'emmĂšne Ă  la station-service.

Je peux vous en prendre une ?

- Faut que je fume. - Tu ne veux pas me tutoyer ?

Non.

Vous ne trouvez pas que Coline a un rapport spécial avec Gaspard ?

Non.

Elle est raide dingue amoureuse de lui, quoi. Ça crùve les yeux.

Ben c'est sa petite sƓur.

Et alors ?

Et alors toutes les petites sƓurs sont amoureuses de leur grand frùre.

On voit que ce ne sont pas vos enfants, hein ?

Je ne vous pensais pas si égoïste.

Moi je te pensais pas si puritaine.

C'est pas puritain, c'est la nature.

Est-ce que les animaux s'accouplent avec un membre de leur famille ?

Tu sais, je connais les animaux un peu plus que toi.

Et franchement c'est pas toujours joli-joli.

J'ai vu des papas-lions mettrent Ă  mort leur petit.

J'ai vu des bébés-koalas manger la merde du trou du cul de leur maman.

Il ne faut pas croire. Ils sont mignons.

Alors tu vois, si Coline est amoureuse de son grand frÚre, je ne pense pas que ça menace l'espÚce.

Mais c'est pas vrai que les petites sƓurs sont tout le temps amoureuses de leur grand-frùre.

J'ai eu deux grand-frĂšres. Je sais ce que c'est.

Tu ne les admirais pas, petite ? Ils n'étaient pas un peu tes idoles ?

Et alors ?

C'est exactement pareil. Tu les aimais.

Mais ça ne m'a pas empĂȘchĂ©e d'avoir une vie normale.

Pour nous, Coline a une vie normale.

Elle vit sous une peau de bĂȘte. Elle a pas de mec.

Ça te gĂȘne qu'elle n'ait pas de mec.

Coline est trĂšs jolie. Elle devrait avoir tous les mecs Ă  ses pieds.

T'as pas à t'inquiéter pour elle.

Il est quelle heure ?

- Sept heures. - Déjà ?

Je te laisse ici ou je te ramĂšne ?

Invention n°63.

Un tableau pour se faire gratter le dos.

Ça doit faire mal lĂ , quand mĂȘme.

La peau est toute fine.

Ça veut rien dire.

Ça va faire mal à des gens, d'autres ne vont rien sentir.

T'es douillet ?

Un peu.

Qu'est-ce que tu fais lĂ  ? Il y a un problĂšme ?

Non.

Je passais lĂ  par hasard.

D'accord.

Ça va ?

Bonjour.

C'est quoi, ça ?

Ça ? C'est rien.

Tu ne veux pas une couverture ?

Non.

Laura. Ma mÚre n'a pas été mangée par un tigre.

Un tigre a planté ses griffes dans sa jambre et ça lui a sectionné l'artÚre fémorale.

C'est horrible.

Désolée pour ta mÚre, mais je ne veux plus entendre des trucs comme ça.

Je ne suis pas bien, et j'ai envie d'aller bien.

J'ai vraiment envie de prendre le train demain et d'aller retrouver ma copine Chloé.

Tu reconnais ça ?

C'est le nettoyeur de nombril. Invention n°143.

C'est hyper-pratique. J'ai toujours des mimis qui s'agglutinent dans le nombril.

- Surtout avec les t-shirts neufs. - Des mimis ?

C'est comme ça que j'appelait ça quand j'étais petite.

C'est toi qui l'a inventé.

C'est génial.

T'es génial.

Si j'en crois les classeurs de ta sƓur, tu avais sept ans.

À huit ans, tu as inventĂ© les parachutes pour les bouchons de champagne.

À neuf ans, des parapluies sans poignĂ©e.

À dix ans, des calendriers en papier-bulle.

Et alors ?

Maintenant tu répares des ascenseurs. C'est nul, putain !

Et ta sƓur, elle ne va plus avoir envie de toi.

Parce que t'es un raté.

Ça sert Ă  rien de faire semblant d'avoir une fiancĂ©e.

C'est un animal, ta sƓur. Elle sent tout.

Elle sait que c'est bidon.

Ce qu'il faut...

...c'est que je sois Ă  toi pour de vrai.

Faut que tu me baises vraiment, que tu me baises Ă  fond.

Elle te veut, mais moi aussi je te veux.

Ça m'a plu l'autre jour quand t'as voulu me sentir. Ça m'a excitĂ©e.

Je veux que tu me sentes, maintenant.

Vraiment.

Gaspard ? Gaspard ?

Ils l'ont pris au jarret, comme les fauves.

Ils ont dû le courser pour l'essoufler, l'épuiser.

Puis ils l'ont dépecé.

Regarde. Il y a des empreintes de canidés partout.

D'aprÚs les traces, ils doivent faire quinze-vingt kg. C'est pas énorme.

J'ai vu des empreintes prĂšs des onagres.

Il n'y a que par lĂ  qu'ils ont pu entrer.

Ou par ici. Ou par lĂ .

Ton zoo est un gruyĂšre, papa.

- Combien ils étaient ? - Trois. Il y a trois sortes d'empreintes.

Tu crois qu'ils sont encore dans le zoo ?

Non. Ils sont trop malins.

Une sale race.

Sales bĂątards !

C'est pas de la faute des chiens, Coline.

Ça va, là ! Pas de ce discours-là.

Si c'est arrivé, c'est parce qu'on s'occupe mal du zoo.

Coline. ArrĂȘte-toi. Écoute-moi, s'il te plaĂźt.

Tu crois que je ne te vois pas venir ?

Tu crois que je ne vous vois pas tous venir ?

De quoi tu parles ?

Vas-y. Dis-le moi.

Comment t'as prévu de me dire ça ? - Coline !

Tu vends le zoo, c'est ça ?

Vous ĂȘtes pathĂ©tiques.

Vous ĂȘtes tristes.

Vous ĂȘtes d'une tristesse.

C'est facile pour vous.

Vous pouvez faire ce que vous voulez.

- Toi aussi, putain. - Non.

Je ne suis pas comme vous.

S'il n'y a plus de zoo, j'ai rien.

J'ai personne.

Eh, Coline.

Allez viens. On va pas t'abandonner.

C'est toi qui dit que c'est une femelle ?

Oui.

Ben c'est un mĂąle.

Il faut que tu revoies tes notions d'anatomie.

Bonne idée.

Il faut que je te montre quelque chose.

Rassure-moi. C'est un faux ?

Non, c'est un vrai.

Ton animal préféré et ton prénom.

C'est adorable.

Mais si jamais on se sépare, t'es foutu.

On ne va pas se séparer. On va se marier.

Comme ça, ce sera vraiment pour la vie.

On se marie. Allez ! Allez !

Dis oui, Peggy. On essaye.

T'as vu ? J'ai changé.

Mais je n'ai pas envie que tu changes.

Je veux que tu sois toi-mĂȘme.

Et puis, tu sors d'oĂč cette idĂ©e de mariage ?

J'ai envie d'ĂȘtre un peu comme tout le monde, pour changer.

Comme tout le monde ? Pour quoi faire ?

Je ne sais pas.

Pour qu'on soit bien.

Mais je n'ai pas spĂ©cialement envie d'ĂȘtre bien.

On est pas comme tout le monde, mais ça va.

Je t'aime.

J'ai peur.

De quoi t'as peur ?

- J'ai pas envie que ça s'arrĂȘte. - Que quoi s'arrĂȘte ? Nous ?

Tout. Le zoo. Tout.

On a raté le troisiÚme.

Vas-y. Attends. Écarte-toi.

Prends aucun risque. Je vais le flécher.

Et alors ?

On en a vu deux lĂ -haut.

Poussez-vous.

- Coline, tu fais quoi ? - Poussez-vous !

Coline, laisse ce fusil !

Attends, fais voir. EnlĂšve ta main.

- Coline, laisse ce fusil ! - Coline.

Qu'est-ce que tu fais, lĂ  ?

Coline.

T'es complĂštement con.

Putain, mais il a cru quoi ?

- Que j'allais buter sa meuf ? - Tu vas juste t'endormir.

Ça saigne.

C'est normal. C'est rien. Tu vas juste t'endormir.

- Je ne sens plus ma jambe. - C'est pas grave. C'est normal.

- Laisse-toi aller. - J'ai peur.

Peggy reste avec elle. Elle va dormir quelques heures.

Vous buvez quoi ? - C'est de la pomme, je crois.

J'en veux bien un.

Vous dormez pas ?

Putain, j'ai une de ces soifs !

- Tu veux boire quoi ? - De l'eau. File la bouteille.

Regarde.

T'as mal ?

Pas trop.

C'est beau, hein ?

- T'es en panne d'essence. - C'est Ă  moi ?

Tiens. T'es crevé.

- Ah non je peux pas. - Si. Tu peux.

Pardon papa. Tu dormais pas ? On fait trop de bruit ?

Laura. Je voudrais parler Ă  mes enfants.

Ça ne vous embĂȘte pas ? - Non.

Vous savez à quoi ça sert, finalement, un zoo ?

Un zoo, c'est de la culture.

Un zoo, c'est de l'histoire.

C'est notre lien avec l'histoire naturelle, avec la sélection naturelle.

C'est l'histoire des formes.

Les animaux, on ne les installe pas dans le parc au hasard.

Un zoo.

Le circuit que les gens font dans un zoo, ça doit raconter une histoire.

Mais tout ça, c'est fini.

Je le vois bien tous les jours.

Les gens ne sont pas aussi contents qu'avant, de voir des animaux en cage.

Ils ne jubilent plus.

Ils sont critiques.

L'histoire qu'on leur raconte, ils ne l'écoutent plus.

Ils ne la comprennent plus.

Pour eux, maintenant, c'est juste une histoire d'animaux captifs, c'est tout.

Est-ce qu'ils ont raison ? Moi je pense que non, mais...

...je ne suis qu'une vieille baderne.

Bref.

C'est fini pour nous.

On bĂąche.

On dégonfle la plage.

On va donner les bĂȘtes. On va vendre le parc et la maison.

Et ça ira comme ça.

Tout le monde va vivre sa vie.

Vous avez toujours été des enfants combatifs.

Et puis vous ĂȘtes lĂ  les uns pour les autres.

Je sais que ça ira.

Je sais que ça ira.

Et Peggy ne veut pas m'épouser.

Alors, il n'y aura pas de mariage, quoi.

Merci, René.

C'est chouette.

C'est un grille-pain que je voulais.

Ouais, je sais.

Il était pour moi, ce cadeau, normalement.

Je sais. Je te ferai des tartines chez moi.

C'est mon punching-ball.

Qui c'est qui est « en personne » ?

C'est personne ? Bon.

Attends. Il y a un mot, regarde.

C'est un okapi.

3...2...1...

Ça va, tata.

Mon frĂšre.

Il y a peu de gens qui ont été aimés, dorlotés, choyés, chouchoutés autant que moi.

J'imagine que je l'ai cherché, que je le voulais plus que tout.

Il paraßt que dans nos actes se cachent toujours le désir d'un enfant...

qui cherche Ă  ĂȘtre aimĂ© de sa famille

C'est la seule excuse que je peux avancer pour que tu me pardonnes d'avoir été le préféré.

Tu as pris une décision

Épouser cette tatoueuse qui est vĂ©gĂ©tarienne

et déteste les zoos parce qu'elle ne supporte pas qu'on emmerde les animaux.

C'est Coline qui me l'a dit.

C'est une bonne décision.

J'en ai pris une, moi aussi.

J'ai décidé de ne pas aller à ton mariage

et Ă  la place, je vais suivre cette fille que je viens Ă  peine de rencontrer.

Mon frĂšre.

Je crois que toi et moi sommes en passe d'ĂȘtre sauvĂ©s.

car le plus difficile dans la vie,

c'est de trouver quelque part dans le monde quelqu'un qu'on aime plus que sa famille.

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