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Zulu
---
Frottement de pages
---
Une femme chantonne.
---
* Cry To Me (Bert Russell)
Elle chante.
---
Elle chantonne.
---
(En anglais)
Je lis TolstoĂŻ depuis un mois pour vous impressionner,
mais je relis sans cesse la mĂŞme page tant vous me captivez.
J'espère que vous me remarquerez.
Vous portiez une robe bordeaux
et lisiez Fierce Attachement de Vivian Gornick au 1er étage.
Je regrette de n'avoir osé vous parler.
Ta peau blanche, ta bouche, tes chaussures m'obsèdent.
Moi : brune, grande, gourmande.
Et toi ?
...
Grincements
---
Gémissement
C'est quoi, ce parasite ? Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
T'as mis ton pyjama dans la machine ?
- Ouais.
- Oh, ça, c'est un coussin très confortable.
Hum, il est bien moelleux.
Elle est oĂą, ta maman ?
- Elle dort. Y a un Jules dans son lit.
- Comment tu sais qu'il y en a pas dans mon lit ?
- J'en ai jamais vu.
- Oh ! Alors lĂ ...
Peut-être qu'il est caché sous le lit. Il rit.
- Coucou.
- Coucou.
Tom, mon fils, et Agathe,
ma sœur.
VoilĂ , lui, c'est...
Raphaël. - Gabriel.
- Salut.
- Salut, mon chouchou.
Je suis Ă la bourre, j'ouvre la piscine Ă 8 h.
- Je veux bien un thé vert.
Je suis intolérant au café.
Pardon...
- Salut, mon zèbre. Je te prends au goûter.
- À plus.
- Salut, euh, Raphaël. - Gabriel.
Claquement de porte
Bon...
Petit souci de mémoire. Elle rit.
Conversations en anglais en fond
---
- T'es lent. Qu'est-ce que t'es lent...
(- Ce que t'es lente, bon Dieu.)
Oh !
- Ça va ?
(Putain, pardon.)
- Elle est maboule. Elle rit.
Mon secret, les oignons marinés. Vibreur
Regarde. Je te mens pas, c'est encore elle.
Non, je peux plus. Je peux plus.
- Tu connais le concept de "breadcrumber"?
(accent anglais) - Breadcrumber ? Non.
- C'est inventé pour toi sur mesure. - C'est quoi ?
Vibreur Tu files des miettes d'attention
pour laisser l'espoir d'une relation sans vouloir d'histoire.
Le spécialiste de la marinade.
Les meufs, les oignons...
Tu vois ?
Tu les gardes toutes sous le coude.
- Ça va ? - Au cas où.
- C'est bon. T'y connais rien, toi.
Ta relation la plus longue, c'est avec ton sandwich.
Quelle vulgarité. C'est indécent, madame.
T'as un bout de sauce. C'est bien dégueulasse.
Non, non !
ArrĂŞte, arrĂŞte !
- Ah ! Oh, putain.
- Ça va ? - Ça va...
Rires
- Attends.
---
T'as ken quand, la dernière fois ? - Parle français, s'il te plaît.
- Allez, dis-moi la vérité.
- Ta gueule.
- T'attends quoi, en fait ?
Mark Darcy ?
T'as pas peur qu'il vienne jamais ?
- J'ai pas peur. - Si, t'as peur.
T'as peur de souffrir, des histoires, des coups d'un soir.
T'as peur des applications.
T'as peur. Tu vis pas, tu te planques.
- Non, c'est juste que le...
le sexe ubérisé, c'est pas ma came.
J'aime pas l'électro.
Je veux pas liker des mecs
ni les entendre partir sur la pointe des pieds le matin.
Je vis pas dans le bon siècle. - Hum.
...
- Agathe ? - Oui.
- Lâche prise.
Je suis pas sûre de réussir à écrire à un mort.
- Personne te force Ă venir.
Tu ponds du Arlequin à la chaîne depuis 2 ans.
Ce serait bien d'explorer autre chose.
C'est important de vivre en phase avec son époque.
Musique douce en fond
---
- Excusez... Pardon...
C'est possible d'avoir la version avec un homme ?
- Je vais voir ça, madame. - Merci.
---
- Cadeau de la maison. - Merci.
---
- VoilĂ . - Merci.
---
Musique romantique
---
- Mets tes chaussettes vertes.
- Félix ronfle sur le canapé !
- Encore ?
Réveille-le, qu'il te fasse des tartines.
- Oh, il pue des pieds !
- Je sais, mais il est gentil.
(- HĂ©...)
Il souffle.
(Oh ?)
- AĂŻe !
- Pardon, pardon, pardon.
- Qu'est-ce que tu fous encore lĂ ?
- HĂ©, Bukowski, on commencerait pas par une douche ?
Hein ? - Ça va, franchement, t'exagères.
Oh...
Attends, t'as lu ? Mais c'est pas fini !
Ça se fait pas ! - Arrête.
C'est bien.
C'est très bien, même.
Bon, c'est un peu chelou comme toi, mais c'est aussi...
c'est touchant.
Vraiment, c'est pas mal.
Il se passe quoi, ensuite ?
- Je sais pas, comme d'habitude.
C'est la énième histoire que je commence sans la finir.
- LĂ , tu vas finir. Je veux savoir ce qui se passe.
OK ?
Ça te va bien d'écrire en anglais.
Oh, c'est bien.
(En anglais)
- VoilĂ , Raison et Sentiments.
- Merci. - Mon préféré.
La meilleure façon de découvrir Jane Austen.
- Merci. - De rien. N'hésitez pas, si besoin.
- OK.
- T'as un Jane Austen Ă conseiller tout le temps ?
- Ouais.
- Tu me conseillerais quoi ?
- Mansfield Park.
Henry Crawford, c'est toi. - Pourquoi ?
- Un menteur et un séducteur. Rires
Un Casanova d'opérette pris à son jeu quand il tombe amoureux.
- OK. Toi, tu serais qui ?
- Anne Elliot dans Persuasion.
- Anne Elliot...
Pourquoi ?
- Parce que c'est une vieille fille
qui s'est fanée comme une fleur en manque d'eau.
Elle est consciencieusement passée à côté de sa vie.
Fantaisie en fa mineur D. 940 (Franz Schubert)
---
- Pour une fleur fanée, tu sens bon.
Rires
---
...
C'est quoi ?
La Jane Austen Residency m'invite 15 jours
dans sa résidence d'écrivains en Angleterre.
Ils ont aimé les 1ers chapitres
de mon roman.
Putain, t'as pas fait ça !
T'avais besoin d'un coup de pied au cul.
Merci.
Mais je peux pas.
- Pourquoi ? - Tu le sais.
- Tu vas te défiler ? - J'y vais à vélo ?
- Très bien !
Appelle Mona, on va faire la fĂŞte.
- Non, laisse tomber. N'insiste pas.
- Oh, tu m'énerves...
- Quoi ? - Je veux te mordre.
- AĂŻe !
- Je peux vous aider ?
Ronflements
---
Non...
Il rit.
Ça va, chouchou ? - Ouais.
- Bien dormi ? - Ouais.
Notes de piano désaccordées
---
- La résidence commence quand ?
- Tom, on va au Jardin des Plantes ?
- Yes ! Je vais m'habiller.
- Je peux dire un truc ? - Non.
- Je vais quand mĂŞme le dire.
Elle commence dans trois jours.
Je peux récupérer ses shifts. On est bien.
Hum ?
- Tu vas passer ta vie à faire du vélo à Paris ?
À répéter que tu veux écrire, que t'es bloquée.
- Laissez-moi tranquille ! Je peux pas y aller, d'accord ?
Je peux pas remonter dans une voiture.
C'est clair ?
Claquement de porte
AĂŻe !
- Qu'est-ce que tu fous lĂ ?
- Bah, je mange, j'ai faim.
- Ah ouais ?
Crise de spaghettis Ă 2 h du mat' ?
Tu veux pas faire comme Duras ?
Boire du whisky, prendre des médocs, un truc avec du panache.
- Sympa. Merci.
- Ça va.
Qu'est-ce qui t'arrive, putain ?
- Je vous déçois, mais c'est au-dessus de mes forces, ce voyage.
T'es complètement malade !
Elle rit.
Y en a marre de tes conneries.
Tu t'interdis tout depuis l'accident.
T'es jamais retournée à la Bergeronette.
Ça m'amuse pas de passer mes vacances seule avec Tom depuis qu'il est né.
Pardon.
- Ça va ?
- Je fais une crise d'angoisse.
- Respire, respire, respire.
- Je peux pas. - Vas-y, inspire.
Il souffle.
- Donne-moi une cigarette. - Ça a été chaud d'arrêter.
- Donne-moi une putain de clope ! - Attends.
Elle souffle.
Tiens, voilĂ .
- Tiens. - Donne-m'en une.
Tu fais quoi ? ArrĂŞte...
Agathe, t'es chiante, lĂ .
- Excusez-moi. Un individu dangereux s'est glissé parmi vous.
- Ça va, ça va.
Tu crois que je fais le poids face à des gens publiés ?
- Oui, t'as juste le syndrome de l'imposteur.
- J'ai pas le syndrome. Je suis une imposture.
*- Au fond du cœur Une drôle de chanson sicilienne
Que tu sais par cœur Car ma vie ressemble à la tienne
Je t'aime plus fort Que les volcans de l'Italie
Quand résonne encore le bruit
- Tu te rappelles ?
*- Oh
Je t'aime Ă l'italienne
Oh
Je t'aime Ă l'italienne
J'ai le cœur qui bouge
Je parle avec les mains
Et je vois tout rouge
- SI TU PARLES À QUELQU'UN
QUAND LE VENT DU SUD ME JOUE LA "MUSICA"
JE CHANTE AVEC LUI RIEN QUE POUR TOI
OH
JE T'AIME À L'ITALIENNE
OH
JE T'AIME À L'ITALIENNE
- Notre histoire d'amour Ressemble Ă la Dolce Vita
J'ai loué pour un soir Tous les violons de la Scala
- C'est bon de voir la mer.
T'avais raison.
La Bergeronette me manque.
- Je sais.
Tiens...
T'en prends un en montant sur le bateau. La moitié.
L'autre moitié avant de dormir.
Ça ira mieux, OK ?
Ouais ?
- Je risque pas un choc anaphylactique ou un œdème...
Mélodie hongroise D. 817 (Franz Schubert)
---
C'est moi.
Agathe Robinson, c'est moi.
- Je vous pensais plus âgée.
J'attendais une vieille dame.
Je suis Oliver Lowe. Je vais vous conduire.
- C'est votre voiture ?
- Oui.
- Je dois vous prévenir
que je ne suis pas très à l'aise en voiture.
Ça me fait paniquer.
Pardon, j'ai la tĂŞte qui tourne.
- Ça va ?
Elle vomit.
Oh...
- Je suis désolée.
- C'est rien.
Ça arrive. - Jolies chaussures, au fait.
- Merci.
Merci. Euh...
- Je vais mieux. On peut y aller.
Vous travaillez pour la résidence depuis longtemps ?
- Je suis l'arrière-arrière-arrière- petit-neveu de Jane Austen.
- Ouah !
- Mes parents gèrent la résidence,
mais je ne fais pas partie du fan-club.
Je dépanne juste car mon père a perdu son permis.
- OK.
Et vous faites quoi dans la vie ?
- J'enseigne la littérature à King's.
Elle rit.
- Désolée.
Vous enseignez la littérature,
mais vous méprisez Jane Austen ?
- Je trouve son œuvre surestimée.
Son registre est très limité comparé à Dickens ou Shakespeare.
- Vous savez où est le problème ?
- Quoi ?
- Jusqu'Ă Jane Austen,
les personnages féminins étaient écrits par des hommes.
Elles étaient soit idéalisées, soit diaboliques.
Jane Austen en a fait des ĂŞtres humains, c'est tout.
MĂŞme capables d'avoir de l'humour.
Le moteur s'étouffe.
---
- Attendez.
---
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Rien, rien.
C'est...
La voiture ne démarre pas.
Putain de bagnole !
Ah !
Téléphone
- AllĂ´ ?
Non, pas du tout. Je sais pas oĂą on est.
On est tombés en panne dans une forêt.
En plus, je suis coincée
avec l'arrière-arrière-arrière- petit-neveu de Jane Austen.
Non, insupportable. Il se la pète énormément.
Méga balai dans le cul.
J'ai jamais vu ça, c'est...
En plus, j'ai vomi sur ses chaussures.
AllĂ´ ? Mona ?
Merde, j'ai plus de batterie...
- Fuck.
Fuck it.
Je parle français, vous savez ?
(- Merde...)
Je suis désolée.
- J'ai vécu avec une Française pendant cinq ans.
Une des pires erreurs de ma vie.
Elle vous a larguée,
alors vous êtes désagréable avec les Françaises ?
Vous savez pas du tout réparer votre voiture ?
- Absolument pas.
- OK. Vous avez du réseau ?
- Aucun.
Elle souffle. - OK...
OK et on est loin du prochain village ?
- Environ 20 miles.
Il va faire noir, lĂ .
- OK, OK et donc, on fait quoi ?
- On attend.
- Et l'autre option ?
- On décidera lequel mange l'autre pour survivre.
- OK...
- C'est quoi, votre problème avec les voitures ?
- Euh...
J'ai eu un accident avec mes parents.
Mon père a eu un AVC, il a perdu le contrôle.
Ils sont morts sur le coup.
J'étais à l'arrière, j'ai morflé, mais je m'en suis sortie.
- Je suis désolé.
- C'est comme ça.
- Si vous avez froid...
C'est pas grand-chose, mais...
- Merci.
- Faut essayer de dormir un peu.
- Ouais.
Il soupire.
Il ronfle.
---
Elle souffle.
Elle sifflote "La Marseillaise".
---
- Vous sifflez "La Marseillaise", lĂ ?
Je rĂŞve !
Musique douce
---
Merci. - Je t'en prie.
- Ça vous amuse, hein ?
- Un peu.
Bienvenue Ă la Jane Austen Residency.
- Merci.
...
- Oh !
Vous faites incroyablement jeune !
Je vous croyais bien plus âgée.
- Vous parlez français ? - Oui.
J'adore.
Je suis désolée pour hier soir. Oh !
Mon fils Oliver s'obstine Ă conduire cette vieille voiture.
Donnez-moi votre manteau. VoilĂ .
Ça y est.
- Merci.
Je dois avouer, j'ai pas mangé depuis un moment, je suis affamée.
- Ma chère,
j'ai préparé un petit-déjeuner anglais digne de ce nom.
Vous êtes libre d'écrire où bon vous semble.
De vous promener dans le parc...
Et nous organisons toujours un bal
au début de l'automne.
- Un bal. - Oui.
Et une lecture publique de vos travaux en cours.
- Euh, la lecture publique, c'est...
obligatoire ?
- Oui, ma chère, mais c'est très bon enfant.
Vous verrez.
J'espère que vous serez inspirée, ici.
Votre agent a dit qu'il vous fallait du calme.
À cause de votre âge.
- Mon agent ?
Oh...
...
Elle hurle.
Je croyais que c'était la salle de bain.
- Direct, comme approche.
- Je vous serais reconnaissante de verrouiller aussi.
Cliquetis
Merci !
Oh lĂ lĂ ...
Musique douce
---
(En anglais)
- Le meurtre est la conclusion logique des révolutions.
Qui ignore le désir de meurtre peut arguer d'opinions subversives,
il n'en reste pas moins un conformiste.
---
- Le féminisme marxiste des discours de Clara Zetkin
dénonce la manipulation des femmes en tant que force ouvrière
et non en tant qu'ĂŞtres individuels et pensants.
---
(En français)
- Couche-moi sur le papier
Recouvre-moi
Avale mon visage
Éteins ma voix Entends mon murmure
Écoute mon cri...
---
Brouhaha
---
Tintements
- Mes amis,
nous sommes au complet
pour lancer la résidence.
Cheryl, Olympia, Sybil,
c'est une joie de vous retrouver.
Et bienvenue Ă notre nouvelle recrue.
- BIENVENUE.
- Enchantée, Agathe.
- Well...
De grands livres ont été écrits ici.
Sans oublier les jardins magnifiques.
- On est Ă votre disposition.
On vous souhaite d'être inspirés et on a hâte de vous lire.
- Merci, chéri.
- Qu'est-ce qui lui arrive ?
- Je sais pas.
Il refuse de voir un médecin, mais...
je pense qu'on devra bientĂ´t affronter la situation.
Vous avez
retrouvé votre salle de bain ?
Fantaisie en fa mineur D. 940 (Franz Schubert)
---
Il chantonne la mélodie.
- Continuez, je vous prie, c'est beau.
- Je suis désolée.
Je ne voulais pas déranger. Je ne vous avais pas vu.
- J'adore être dérangé.
Les gens n'osent plus, c'est dommage.
- Votre maison est magnifique. Vous avez toujours vécu là ?
- J'y suis né.
Mes parents en ont fait une résidence d'auteurs,
une fois Ă la retraite.
Comment se fait-il que vous parliez si bien anglais ?
- Ah...
Mon père est...
Il est né à Bristol, il nous a toujours parlé anglais.
Vous me faites penser Ă lui, d'ailleurs.
Une cloche sonne.
---
Putain, mais je suis oĂą ?
Pourquoi ça marche pas ?
...
- Le chemin de la maison, c'est par lĂ .
- Je sais. Merci.
Notification
*- Oh
Je t'aime Ă l'italienne
Oh
Je t'aime Ă l'italienne
J'ai le cœur qui bouge
Je parle avec les mains
Et je vois tout rouge Si tu parles Ă quelqu'un
Elle gémit.
---
- Bonjour, vous. Qu'est-ce que vous faites lĂ ?
Elle crie.
Putain de merde !
C'est quoi, ton problème ?
Non ! T'approche pas !
...
Hey...
Je suis allongée sur mon lit et je pense à toi.
Je pense à quand on s'est embrassés,
Ă ta langue dans ma bouche,
Ă ta langue dans ma...
- À table !
Notification d'envoi
- "Ă€ ta langue dans ma..."
Putain !
Oh non !
Putain, putain, putain.
Brouhaha
---
- Bonne soirée.
- BONNE SOIRÉE.
- Comment vous avez eu cette idée ?
- Quelle idée ?
- De votre roman.
La femme qui tombe amoureuse de l'homme dans le fond
de son verre de saké. - Ah...
Dans un resto Ă Belleville oĂą je vais tout le temps.
Vous trouvez ça sans doute ridicule.
- Non, ça m'intrigue.
Vous avancez ?
- Euh... Ouais, beaucoup.
J'écris tout le temps, je suis très inspirée, ici.
Brouhaha
- Qu'en pensez-vous, Agathe ?
- Moi ?
Euh...
Je crois que certains livres font partie de nos vies.
Ils pénètrent notre intimité
et s'y installent pour toujours.
Ils nous aident à vivre, nous révèlent à nous-mêmes.
On dit que la littérature est une ambulance
qui fonce dans la nuit pour nous sauver.
- Ce n'est pas son rĂ´le !
- Pourquoi pas ?
Un auteur ne doit pas forcément être engagé.
Son rĂ´le, c'est avant tout de raconter une bonne histoire.
- Pardon, Agathe. C'est très touchant,
mais au XVIIIe siècle,
les philosophes ont préparé la Révolution de 1789.
Au XIXe, le roman dénonçait l'injustice sociale.
- Oui.
- Dickens s'engageait contre la pauvreté
et Virginia Woolf pour le féminisme.
- C'est très vrai.
Mais moi, ce que je demande
aux écrivains, aux peintres, aux musiciens,
c'est cette lueur poétique que je ne vois pas dans la vie.
J'attends que la littérature me rappelle que je suis humaine,
qu'elle m'aide Ă affronter mes peurs, ma tristesse,
mes galères...
- C'est ridicule, Oliver !
N'est-ce pas ?
Dans l'histoire de la littérature,
le jeu entre littéral et figuré a donné lieu
à toutes sortes d'inventions sémantiques...
- Papa !
On n'arrose pas les invités !
- Excusez-moi.
Incroyable !
Tonalité
*- Mona n'est pas lĂ . Laissez un message.
- Coucou, c'est moi.
J'espère que vous allez bien, tous les deux.
Rappelez-moi quand vous pouvez.
Tom, je me suis pris un mollard de lama en pleine tronche.
T'aurais adoré voir ça.
Vous me manquez. Encore huit dodos.
Gros bisous.
- Œufs brouillés, pancakes,
crumpets, haricots, scones...
Un toast, peut-ĂŞtre ?
- Merci.
- J'espère que ça vous convient ?
Il y a de la confiture maison.
Parfait.
- Vous pouvez dire Ă votre mari
de cesser de déclamer sa poésie nu dans le jardin ?
C'est très perturbant.
Poésie déclamée en anglais
---
Bourdonnement
---
Musique douce
---
- Bonjour.
- Bonjour.
Couinement de jouet
- Merde...
- Vous avez des enfants ?
- Euh, c'est pour mon neveu, Tom.
Je vis avec lui depuis qu'il est né.
Ma sœur a découvert sa grossesse quand mes parents sont morts.
On a décidé de vivre à trois.
- Il a quel âge ? - Six ans.
- J'ai vu
une vieille édition illustrée du Voyage de Nils Holgersson.
Il connaît ? - Non, je crois pas.
C'est une bonne idée.
- Vous, vous voulez pas avoir d'enfants Ă vous,
avec votre compagnon ?
Pardon.
Ça ne me regarde pas.
- J'ai pas couché avec un mec depuis deux ans.
Je fantasme sur mon verre de saké et j'embrasse mon meilleur ami.
- La fac m'a suspendu pour avoir tout cassé en salle des profs.
La femme que j'aimais
m'a trompé avec la quasi-totalité de mes collègues.
Hommes, femmes, tout le monde.
- Je suis très bonne en foirade.
Palme d'Or de la lose.
Turner Prize du radeau à la dérive.
Je suis retourné vivre chez mes parents, mon père se balade
le cul Ă l'air.
J'arrive Ă dormir
parce que je suis sous Tramadol.
Musique douce
---
- Oui, tu es charmant.
Très charmant.
- Bonjour.
- Bonjour, Agathe.
Ai-je pris mon petit-déjeuner ?
Je me rappelle plus. - Oui, ce matin.
- Ah...
Ah, mais vous ĂŞtes...
vraiment ravissante. - Merci.
- Je vais vous écrire un poème.
- Je vous ramène dans votre chambre.
- D'accord.
- Vous allez mettre un bas de pyjama.
- Euh...
Je prends le relais.
- D'accord.
- Merci.
Bonne nuit, Agathe.
- Bonne nuit.
Musique douce
---
Tonalité
*- Vous n'avez aucun nouveau message.
Félix n'a pas cherché à vous joindre
et vous n'avez toujours pas écrit une ligne.
Vous perdez votre temps dans cette résidence
et vous nous faites perdre le nĂ´tre.
Elle souffle.
Elle grommelle.
Claquement de porte
Clochette
- Ah.
- Bonjour.
- Je les ai bien cuits.
J'ai compris que vous les aimiez un peu croquants.
- C'est gentil.
Je goûte.
- Ça avance ?
- Hum !
- Trop bon.
- L'histoire d'amour avance ?
J'ai tellement hâte d'entendre votre lecture.
Allez, je ne vous dérange pas plus longtemps.
Je file
m'occuper de Todd.
- Vous êtes jamais fatiguée ? Vous en faites tant.
- Wordsworth parlait des...
"petits gestes anonymes et oubliés
"emplis de gentillesse et d'amour"
qui sont la meilleure partie de la vie.
- C'est beau.
- C'est mon bonheur de voir la maison
pleine de vie. Ces écrivains qui viennent...
C'est comme une famille, vous savez.
Vous en faites partie, maintenant.
Et notre Oliver est revenu, en plus !
Il a l'air mieux.
Je le trouve plus...
Je sais pas.
À plus tard. - À plus tard.
Fantaisie en fa mineur D. 940 (Franz Schubert)
- "La vie est un grand éveil.
"Pourquoi la mort ne le serait-elle pas aussi ?
---
"Mensonges, énergie, passion,
"voilà ce que célèbre la vie.
"Mais tout peut s'évanouir si l'humanité ferme les yeux."
- Je suis devenue experte en I Ching, un art divinatoire.
Et puis j'ai eu cet amant Ă Shanghai. - Shanghai ?
Rires
- Vous complotez quoi ? Je peux jouer ?
- Bon, bah Ă toi.
- Je dois faire quoi ?
- Formule une question et écris-la sur le papier.
- OK.
- Alors...
"Félix est-il amoureux de moi ? A-t-on eu
"peur de nos sentiments
"ces dernières années ?"
Non, une seule question.
Faut choisir. - OK.
- Lance les pièces trois fois.
Cliquetis
Hum...
---
Hum...
---
- Ah... Hum, hum.
Elle souffle.
- Quoi ?
- "Obstruction."
- Hein ? - C'est un blocage.
Une désunion entre le yin et le yang.
Il faut trouver une autre alternative.
"La situation de repli est Ă envisager.
"De nombreuses désillusions vont survenir avec le temps
"dans votre relation amoureuse."
Désolée.
- OK, on peut le refaire ?
- Non.
- Allez... - Non.
- Je déteste les trucs comme ça. Je vais fumer.
Tonalité
---
*- AllĂ´ ? AllĂ´, allĂ´ !
Agathe ?
- T'es avec du monde ?
*- Ouais. J'entends pas, tu m'entends ?
- Oui, je t'entends, moi.
Ça va, t'as eu mes messages ?
*- Oui, pardon, j'ai pas pu te rappeler.
J'étais vachement occupé à la librairie.
- Félix ?
*- Hum, hum ?
- T'es pas en train de me ghoster ou de me breadcrumber ?
Juste, détruis pas tout, d'accord ?
*- Écoute, je t'entends très mal.
Tu dis quoi ? - Laisse tomber. Je t'embrasse, salut.
*- J'entends rien.
Elle souffle.
Sanglots
---
---
- Salut.
---
Viens avec nous,
je t'offre un verre au pub.
Pas besoin de parler, on peut juste se soûler.
- Je ne bois pas d'alcool.
- Évidemment.
- Je viens de faire une FIV.
Ma cinquième.
Les hormones me flinguent.
Tu m'offres une cigarette ?
- Salut.
Vous ĂŞtes lĂ .
Si on faisait un tour au pub ?
- Il faut que je me change.
- Je dois me remaquiller.
- T'as pas besoin.
Elles chantent "Let Me Call You Sweetheart".
---
Acclamations
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* Baby Don't Walk Away
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- Vous partez déjà ?
- Ça dépend, vous jouez aux fléchettes ?
- Non.
Kisses Left Unkissed (Andrea Litkei)
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Ah, ah...
Je préférerais que vous soyez consciente.
- MĂŞme pour un petit cunni ?
- Quoi ?
...
Musique douce
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- HĂ©...
C'est moi.
Oh ?
Il rit.
Oh, t'as une de ces tronches...
Agathe... - Oh !
- Quel accueil, sympa.
T'as appelé, j'étais sur le ferry. J'avais peur que t'entendes.
Je viens te déconcentrer et t'accompagner au bal.
- Pourquoi tu m'as pas répondu ?
- Il était beau, le message. Il rit.
J'ai adoré, merci. Merci beaucoup.
J'avais besoin de temps pour atterrir.
Depuis qu'on s'est embrassés, je pense qu'à toi.
Le revirement de situation fait peur. On frappe.
Oui ?
Bonjour !
- Euh...
Votre petit-déjeuner, Miss Robinson. Je le pose sur la table ?
- Non, non.
Que nenni, mon ami.
Je m'en occupe, merci.
C'est quoi, votre petit nom ? - Oliver.
- Oliver, c'est joli !
Merci, Oliver. Bonne journée.
Y en a pour deux. Super ! Ciao.
On a perdu 10 ans. Plus une seconde de plus.
Embrasse-moi. Tu m'as manqué.
Ça va ?
Elle vomit. Oh non...
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T'as besoin d'un truc ?
- Surtout pas. Reste oĂą tu es.
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- Regarde, tu vas mettre ça.
- D'accord.
Rires
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- Du coup, qu'est-ce que t'as fait ?
T'as couché avec les deux ?
- Bah non, aucun.
C'est Oliver qui m'a bordée,
mais c'est Félix qui m'a réveillée.
C'était très bizarre, mais...
pas désagréable, je dois dire.
Je suis soulagée qu'il soit venu. - Soulagée ? Ah ouais.
Ça fait vachement rêver, ton truc.
Mélodie hongroise D. 817 (Franz Schubert)
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- Merci.
Mesdames.
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T'es belle. - Merci.
Amour et Printemps (Emile Waldteufel)
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- Oh !
- Madame. - Monsieur.
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Beth, j'ai le tournis. Dansez avec Félix.
- Avec plaisir.
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- J'arrive.
Monsieur ?
Pardon, je peux prendre un verre ?
Excusez-moi.
Pardon...
C'est un malade ?
Roses du Sud (Johann Strauss)
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Musique douce
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- Agathe ?
Agathe ?
HĂ©...
Vous êtes très bon danseur, monsieur.
Ă€ nous ?
- Oui.
Roses du Sud (Johann Strauss)
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...
Rires
Gémissements
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Non, tourne !
Rires
AĂŻe !
Fais pas ça !
Ça fait mal, la peau des tétons.
J'ai des plaques rouges, après.
Ça, on fait plus. - OK, d'accord.
- Non, vraiment. - Ça va, j'ai compris.
Quand je pense que cette maison a été bâtie y a 300 ans.
T'as vu l'épaisseur des murs ?
- Ouais...
J'ai vu, ouais.
La température est bonne.
- Euh, ouais, très bonne.
J'ouvre plus la fenĂŞtre ?
- Non, c'est bien, comme ça.
Petit courant d'air, c'est agréable.
- Félix... - Hum ?
S'il s'est jamais rien passé entre nous, c'est peut-être pour une raison.
- Quoi, c'était pas bien ?
- Mais non, c'est pas ça, le problème.
C'est juste que quand on est l'un à côté de l'autre,
j'ai envie de bouffer un kebab en regardant des séries.
- Oui, on se connaît par cœur.
Ça va prendre un peu de temps pour...
changer de registre. C'est normal.
- T'es sérieux ? - Oui, c'est normal.
Avec toi, j'ai comme trouvé ma flamme double.
- Non, putain. Pas ça...
Tu cites Octavio Paz Ă toutes les meufs avec qui tu couches.
Me dis pas ces conneries Ă moi.
- Je dis juste que toi et moi, c'est une évidence qu'on n'a pas vue.
Donc, ça fait peur. C'est normal.
- De quoi on aurait peur ?
Écoute...
- On a surtout peur de finir seuls, non ?
- Non.
J'ai toujours voulu coucher avec toi.
- Tu veux coucher avec tout le monde.
Je t'adore.
Mais je ressens pas...
cette petite chimie qui s'explique pas.
- OK...
T'envoies tout chier. T'annules tout sans nous laisser de chance.
- Pardon.
C'est pas ça.
Tu fais quoi ? - Un tour.
- Je viens avec toi. - Non. Je vais faire un tour.
Claquement de porte
Sonate en la majeur D. 959 (Franz Schubert)
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- Tu m'en veux ? - Non.
- T'es sûr ? - Oui.
- OK.
- Je reste pas pour la lecture ? - Non.
C'est plus stressant quand il y a des gens qu'on aime.
On se voit vite Ă Paris. - Oui.
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- Avant de mourir, on ne fait que vivre.
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Elle souffle.
- Évidemment, putain...
C'est toi qui m'avais craché dessus ? Petit hennissement
- Vous nous quittez déjà ?
Ne me dites pas que vous partez Ă cause de la lecture.
- Beth...
Je suis désolée.
Je vous ai menti.
J'ai rien écrit. Absolument rien du tout.
Je suis pas faite pour ça. Faut juste que je l'accepte.
- Vous auriez dĂ» nous dire si vous aviez un passage Ă vide.
C'est arrivé à tant d'autres résidents avant vous.
Nous avons adoré les premiers chapitres de votre roman.
Demandez Ă Oliver.
Pour lui, c'était les premiers chapitres les plus prometteurs
qu'il ait lus depuis des années.
- Merci pour votre gentillesse.
Je vous oublierai jamais.
Je suis désolée.
- Y a pas de bus, le dimanche.
*- Mon ex s'est suicidé quand je l'ai trompé et quitté.
J'en suis responsable, indirectement.
Je l'ai détruit.
Je suis un être épouvantable.
Je ne sais pas comment continuer Ă vivre ma vie.
- Vous avez déjà eu l'impression d'être fait pour quelque chose
ou pour quelqu'un ?
Que c'était juste une question de chance
ou de temps ?
- Vous parlez de quoi ? D'écriture ou de votre mec ?
- C'est pas mon mec.
Et désolée pour ce qui s'est passé.
Je parlais d'écriture.
J'ai toujours inventé des excuses.
Je croyais qu'il fallait des conditions parfaites pour écrire.
Qu'il fallait vivre des choses intéressantes pour écrire.
Mais tout ça, c'est des conneries.
Au moins, je suis fixée.
- L'écriture, c'est comme... le lierre.
Comme les mauvaises herbes, ça a besoin de ruines pour exister.
Cherchez vos ruines.
- Tramadol et Lexomil sont sur un bateau. Qui tombe Ă l'eau ?
- Quoi ?
- Non, rien, laissez tomber.
Salut.
Musique douce
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...
Tonalité
*- T'es Ă la Bergeronette?
- Ouais.
ArrĂŞte de tout le temps cacher le trousseau sous les pots.
C'est le premier endroit oĂą cherchent les voleurs.
Autant laisser la porte ouverte.
*- Agathe ?
- Quoi ? * - T'es vraiment chiante.
- OK.
- Ça va ?
- Bah, c'est une grande joie
et une grande tristesse.
- Je sais, mon chat.
Ça passera, tu verras.
- Tu te rappelles ce que disait papa ?
"La littérature est le seul remède contre le désordre phénoménal
"de la pensée des sentiments."
- J'ai jamais rien pigé à ses histoires.
Il était un peu écrasé, papa, avec ses conneries littéraires.
Il serait temps que tu l'envoies chier, lui aussi, non ?
- Il est mort, Mona.
- Bah oui, raison de plus.
...
Musique douce
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...
Cliquetis de clés
Propos indistincts
- Salut ! - Ça va ?
OK.
*- La pénétration est très douloureuse...
- Ça a changé, Le Roi Lion.
- Excusez-moi. Pardon. Excusez-moi, merci.
- T'as reçu une lettre. Je l'ai mise sur le frigo.
*- Les poils sur le pénis des mâles sont durs comme des épines,
mais nécessaire pour déclencher l'ovulation de la femelle.
- Alors ? - C'est quoi ?
- C'est un éditeur anglais. Il a aimé mon roman.
- TROP BIEN !
- Te suicide pas de bonheur.
Souris. Bravo, bravo, bravo.
- Bravo.
(En anglais)
- Agathe,
en vain ai-je lutté.
Rien n'y fait.
Je ne puis réprimer mes sentiments.
Laissez-moi vous dire l'ardeur
avec laquelle je vous admire et je vous aime.
Y a une citation de Jane Austen sur le miroir.
- OK.
- Avec mon prénom.
- Super. - Qui m'aurait fait cette blague ?
- Me regarde pas comme ça. Je sais pas, moi.
T'es bizarre.
Applaudissements
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- Merci.
- Nous allons entendre le dernier poème de la soirée.
Path de Jack Hirschman.
- Chemin.
Va vers ton cœur brisé.
Si tu crois que tu n'en as pas,
cherche-le.
Pour le trouver,
sois sincère.
Découvre la sincérité de tes désirs en laissant la vie entrer,
car tu n'arriveras Ă rien
si tu t'y prends autrement.
Même si tu essayes de te défiler,
laisse la vie te saisir
et t'ouvrir comme une missive
qui contiendrait un verdict
attendu toute ta vie,
alors que tu n'es coupable de rien.
Laisse la vie te capturer.
Laisse-la te briser le cœur.
Un cœur brisé, c'est le début
de toute perception véritable.
Ton humilité
écoute derrière les portes.
Regarde ces portes s'ouvrir.
Sens tes mains se poser sur tes hanches,
ta bouche s'ouvrir comme un ventre qui enfante ta voix
pour la première fois.
Va, chante et virevolte
dans la gloire et l'extase
d'ĂŞtre en vie.
Écris ton poème.
Applaudissements
---
- Pardon.
September Fields (Frazey Fords)
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Sous-titrage TITRAFILM
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