All language subtitles for Le professionnel (Lautner, Georges 1981)_BDRip.1080p.x264_FR

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Original subtitles

Il appara�t donc clairement qu'en d�barquant

le 14 mai au Malagawi,

l'accus�, Josselin Beaumont,

avait l'intention d'attenter � la vie du colonel Njala

pr�sident � vie de la R�publique malagawienne.

M. le Pr�sident, c'est � peine croyable.

l'accus� se vante d'avoir agi de sa propre initiative.

Vous reconnaissez �tre venu au Malagawi

� la seule fin d'assassiner le pr�sident Njala ?

Oui, M. le Pr�sident.

Et vous reconnaissez ce qu'un tel crime peut avoir d'abject ?

Oui, M. le Pr�sident.

Vous reconnaissez n'avoir �t� l'objet d'aucune manipulation politique ?

Vous vous rendez compte, Josselin Beaumont,

que je vais �tre oblig� de requ�rir un ch�timent exemplaire ?

Accus�, r�pondez � M. le Procureur.

Accus�, levez-vous !

L'accus� est indispos� par la chaleur.

La s�ance est suspendue.

Non, non !

Non, j'en peux plus !

Vous allez me rendre dingue avec vos trucs !

Allons, qu'est-ce qui te prend ?

Viens.

Qu'est-que ces caprices ?

Je veux plus de �a.

Eh bien voil� !

Sois raisonnable, viens.

Tr�s bien,

rhabillez-le.

Maintenant, l�chez-le.

Eh bien, M. Beaumont...

Parfait, impeccable.

Reprenons o� nous en �tions.

Je vais �tre oblig� de requ�rir un ch�timent exemplaire.

Oui, M. le Pr�sident.

Eh bien, voil� !

Vous �tes conscient de m�riter un ch�timent exemplaire ?

Oui, M. le Pr�sident.

Vous m'en ferez trois copies : une pour l'�lys�e,

une pour Matignon et une pour le colonel Martin,

comme �a tous nos amis se le repasseront de temps en temps.

Bien, M. le Pr�sident.

...o� se d�roule actuellement le proc�s de Joss Beaumont.

Seule la gr�ce pr�sidentielle

semble pouvoir �pargner au terroriste Josselin Beaumont

la peine capitale.

On s'en remet encore � l'infinie bont� de Son Excellence.

Pour que la France soit un pays ami,

il faut que Beaumont soit un malade.

Nous allons donc le r��duquer.

Allez, debout !

Debout !

Chien !

Vite, sortez de l� ! Ils viennent !

Les m�chants soldats arrivent. Sortez, sortez !

Ne restez pas ici !

D�p�che-toi, les voil�.

- �a y est ? - Presque.

Ils se rapprochent de plus en plus.

Tire pas. On va foutre le camp par derri�re.

D'accord.

Non !

Je vais mourir ?

Oui... t'as peur ?

Non, pourquoi ?

Parce que moi, j'aurais peur.

Parce que toi, tu irais en enfer.

C'est quoi "Ludo Koda" ?

C'est la signature.

Ah bon.

Capitaine Valera.

Si vous pouviez monter une seconde. Il y a un t�l�gramme bizarre.

J'y comprends rien du tout.

�a correspond � aucun des codes en vigueur.

�a a �t� post� o� ?

Au coin de la rue.

�a ressemble aux grilles qu'on utilisait en Afrique.

C'est pas d'hier !

Vous savez depuis combien de temps on n'utilise plus ce code ?

Deux ans, mon capitaine.

Qui est-ce qui peut utiliser un code vieux de deux ans ?

Un type qui a disparu depuis deux ans.

Pour en savoir plus, on va le passer � la b�cane.

All� ?

All�, Alice ?

�douard.

Je te d�range pas ? T'�tais pas dans ton bain ?

Non, je viens juste d'arriver.

Tr�s bien. Tu ne te d�shabilles pas, tu sautes dans un taxi et rappliques.

Alice, tu m'as entendu ?

Oui, �douard.

Tu rappliques tout de suite !

Pourquoi ? Qu'est-ce qui vous arrive ?

Rien de bon. D�p�che-toi.

Oui.

Joss Beaumont au colonel Martin.

Tu appelles le colonel.

- L'appeler o� ? - Partout, tout de suite !

Il n'y a pas de quoi rire !

Joss Beaumont est de retour. Bravo, il est tr�s fort !

Et qu'est-ce qu'il dit, ce t�l�gramme ?

Une seconde.

Il dit que le contrat sera ex�cut� entre le 12 et le 15.

Le contrat entre le 12...

Le 12, c'est dans une heure.

Et je vous rappelle que du 12 au 15,

le pr�sident Njala est l'h�te de la France.

Voil� pourquoi nous n'avions aucune nouvelle de Beaumont depuis son �vasion.

Je vous rejoins tout de suite.

Vous me convoquez imm�diatement Rosen de la section sp�ciale.

Et dites � Alice Ancelin de rester, �a peut �tre utile.

Vous me convoquez aussi le gars de l'�cole de flinguage.

Il peut nous aider � retrouver Beaumont.

Comment s'appelle-t-il d�j�, l'abruti ?

L'instructeur Picard.

C'est �a, Picard.

Et surtout, vous allez me chercher le ministre.

Je veux �tre couvert.

Entendu, mon colonel.

- Capitaine Valera ! - Oui ?

Vous me mettez imm�diatement une surveillance chez la femme de Joss Beaumont.

Il serait dingo d'y aller.

Et le t�l�gramme, c'est pas dingo ?

Bien, mon colonel.

Faut peut-�tre pr�venir sa femme.

Qu'est-ce que tu crois que je suis en train de faire ?

Quelqu'un l'appelle en ce moment.

All�, service des �coutes ?

Tu peux peut-�tre leur laisser deux minutes ?

Jeanne, ma ch�rie, tu vas �tre sur �coute dans tr�s peu de temps.

Je pourrai plus te parler.

Non, Joss, ne raccroche pas !

Je t'en prie, Joss, viens !

Ils vont probablement venir chez toi.

D�s qu'ils seront partis, tu baisses le store du salon.

Je passerai te voir dans la nuit.

Qu'est-ce que c'est ?

Je suis pas habill�. Je suis all� le mois dernier � la douche.

Bon d'accord, o� est le fourgon ?

C'est pas la police ?

Quelle heure il est ?

Qu'est-ce que vous voulez en �change ?

- Un associ�. - Quoi ?

Un associ� pour monter une affaire.

Vous vous rendez compte, Josselin Beaumont,

que je vais �tre oblig� de requ�rir un ch�timent exemplaire ?

Josselin Beaumont, vous �tes un monstre.

�videmment.

Vous reconnaissez n'avoir �t� l'objet d'aucune manipulation politique ?

Oui, M. le Pr�sident.

Josselin Beaumont,

vous reconnaissez l'abomination de votre projet ?

Messieurs.

Bonjour, Martin.

Je vous remercie, M. le ministre, d'avoir bien voulu venir.

Faut que je r�cup�re un peu.

Vous avez du caf� ?

Bien s�r.

Alice.

Tout de suite, M. le ministre.

Je pensais disposer d'une longue nuit.

Je dors mal en ce moment.

J'ai pris un Mogadon.

Je vous ai demand� du caf� ?

Le voil�, M. le ministre.

Merci.

Alors, je vous �coute, colonel Martin.

Josselin Beaumont est � Paris.

Qui �a ?

Le commandant Josselin Beaumont,

un agent du Service action.

Il est revenu apr�s deux ans de captivit�.

Son retour nous pose un probl�me.

Pourquoi ?

Il veut assassiner le pr�sident Njala.

Njala ?

Assassiner Njala, mais pourquoi ?

C'est pas simple � expliquer...

Voil�, nous l'avions... comment dirais-je ?

Nous l'avions charg� de cette mission, il y a deux ans.

Qui �a, nous ?

Votre pr�d�cesseur, M. le ministre.

- Marchandeau ? - Oui.

Philippe Marchandeau ?

Oui, M. le ministre.

Je pourrais vous expliquer les motivations politiques de M. Marchandeau.

Ce n'est pas utile. Que s'est-il pass� exactement ?

Eh bien, nous avons envoy� le commandant Beaumont en Afrique.

Vous me l'avez d�j� dit.

Voulez-vous �tre gentille de me donner un peu de caf�, Mlle ?

Je vous �coute.

Lorsqu'il a d�barqu� au Malagawi,

la situation politique n'�tait plus la m�me.

Il n'�tait plus question d'ex�cuter Njala.

Surtout plus !

Donc, vous avez rappel� Beaumont ?

- Non, M. le ministre. - Pourquoi ?

Vous voulez du cognac dans votre caf� ?

Je vous demande pourquoi vous n'avez pas rappel� Beaumont.

Eh bien, parce qu'on a jug� opportun en haut lieu

de signaler la pr�sence de Beaumont au pr�sident Njala.

Vous l'avez vendu.

Non, pas vendu, M. le ministre.

Donn�.

C'est gratuit, la raison d'�tat. Enfin, souvent.

Je vous pr�sente mon associ�.

Il va vous expliquer notre affaire.

On va aller se balader ensemble et je vous dirai de quoi il retourne.

- �a rapporte quoi ? - C'est vrai.

Demande � mon associ�.

Ne vous inqui�tez pas. Vous le regretterez pas. M. est honn�te.

- On y va ? - Ouais, d'accord.

Allez, en route.

Eh doucement. On n'est pas aux pi�ces.

J'aimerais bien savoir pourquoi il a envoy� ce message.

Pourquoi ?

Regardez-nous, M. le ministre. C'est notre premi�re nuit blanche.

Il y en aura d'autres.

Et que comptez-vous faire ?

Le n�cessaire.

Ah, �a va pas �tre de la soie !

Instructeur Picard, c'est lui qui a form� Beaumont.

Le chiendent, voyez-vous, c'est que Beaumont conna�t tous les coups.

Et pourquoi ? Parce que nous les lui avons appris.

Coup par coup, malice par malice.

Mon meilleur souvenir d'instructeur.

Si j'avais un fils, j'aimerais qu'il lui ressemble.

C'est tr�s touchant.

Mais �a n'arrange pas nos affaires.

S'il est si dou� que �a, il va pas �tre facile � arr�ter.

Il va quand m�me �tre oblig� de se d�placer, prendre des contacts.

Pas fatalement.

Je lui ai appris � �voluer sans contact.

� op�rer en terre br�l�e.

Pour tout arranger, il a les blancs.

C'est un terme d'�chec.

Les blancs ont le b�n�fice de l'offensive.

Il aura toujours un coup d'avance.

Il va nous faire des trucs impossibles. Il improvisera sans arr�t.

Il nous tournera autour. Il va nous rendre fous.

Il viendra pas, Beaumont.

On va poireauter toute la nuit pour rien.

Si t'�tais en cavale, t'irais chez ta femme ?

- Non, j'irais chez la tienne. - Tr�s dr�le.

Allez-y !

Salaud !

- C'est quoi ? - Des clodos.

Ils ont l'air compl�tement poivr�s.

Allez-y, bon dieu de merde !

Ils m'ont piqu� mon pinard !

Mon pinard !

Suivez-moi !

Tirez-vous de l�, bande de nases. Cassez-vous !

Tu peux pas m'aider, esp�ce de con ?

Je peux pas, je suis coinc�.

- Allez, cassez-vous ! D�gagez ! - Foutez le camp !

- Qu'est-ce que c'est que �a encore ? - C'est mon petit r�veil.

D�gage !

Il �tait un petit navire

Oh, mon petit r�veil !

Peut-�tre le moment de se boire un caf�, non ?

Ouais, t'as raison.

Qu'est-ce que c'est que ce quartier de merde ?

C'est un quartier de merde, comme tous les quartiers.

M�me si tu fous du gazon, ce sera toujours un quartier de merde.

Et �a pue la vinasse. Merde !

Messieurs, je vous trouve bien pessimistes.

Ce Beaumont a tout de m�me subi d'abord un lavage de cerveau,

puis deux ans dans les bagnes malagawiens

et les fatigues d'une �vasion extravagante.

Il est probable qu'il est tr�s affaibli.

Affaibli ? Pensez donc !

Le r�gime Biribi a d� au contraire le galvaniser !

Il doit �tre au top niveau !

Je vais vous dire une bonne chose, M. le ministre.

S'il n'y a pas de friture sur la ligne...

je veux dire, si les politicards ne le balancent pas une fois de plus,

Alors vraoum ! Plus de n�gro !

- �a va Picard, merci. - Attendez, j'ai pas fini.

Je vous remercie, Picard !

Messieurs, apr�s ce brillant expos�, je peux vous dire ceci :

si plus de n�gro, plus de service.

Et plus de ministre. Vraoum ! Tout le monde saute !

Non, on va l'arr�ter.

- Le stopper. - Le stopper ?

Qui le stoppera ?

Moi.

Commissaire Rosen de la brigade d'intervention.

Joss... C'est toi, Joss ?

Deux ans !

J'ai failli devenir folle � t'attendre.

Jeanne, je t'ai fait d�j� assez de mal.

Je voudrais pas en plus te passer des puces.

Le type qui m'a refil� ce manteau n'a pas d� voir un bout de savon depuis des ann�es.

Une minute de tendresse, des heures � se gratter.

Tu as pr�venu Alice Ancelin de ton retour ?

Oublie Alice Ancelin, �a fait deux ans.

Il y a prescription maintenant.

Je n'oublie pas. Je suis s�re qu'elle non plus.

C'est pr�s de toi que je suis, en ce moment, non ?

Deux minutes apr�s ton coup de fil, le Service m'a appel�e.

Valera.

Il m'a parl� du t�legramme.

Pourquoi n'es-tu pas venu avant de l'envoyer ?

C'est ce t�l�gramme qui a d�clench� ma mise sur �coute,

la fouille de l'appartement et les barrages en bas.

Pourquoi t'as fait �a, Joss ?

T'es venu ici pour me voir ou pour jouer avec eux ?

Ta visite, c'est de la tendresse ou de la provocation ?

Valera m'a dit que tu voulais tuer Njala, que t'�tais devenu fou !

Je pourrai pas te perdre une deuxi�me fois, Joss. Je t'aime.

Je ne les aime pas, Jeanne.

Ils ont tu� un petit soldat, le commandant Josselin Beaumont,

abattu dans un guet-apens.

Tu penses bien qu'avant de m'envoyer l�-bas, il a fallu m'expliquer beaucoup de choses,

avant que je glisse un fusil � lunette dans mes bagages.

Notamment qu'Njala �tait une ordure, que c'�tait une question d'honneur que de l'abattre.

� l'�poque, j'avais des id�es sottes sur l'honneur, la n�cessit� de vivre debout.

J'aurais d� avoir les yeux bleus.

Je les hais, Jeanne. Je vais leur en faire baver.

Au d�but, Valera est venu tous les dimanches.

Puis un dimanche sur deux, puis un sur trois.

Un soir il est venu et m'a dit "je d�missionne".

Les journaux venaient d'annoncer ton proc�s et ta condamnation.

Sa d�mission a �t� refus�, mais il l'a donn�e.

Ouais, il l'a donn�e.

� quelle heure il sort les poubelles, le concierge ?

Vers 7h30.

Tu vas aller mettre les v�tements et le r�veil du clochard sur le dessus de la poubelle.

- Bien en �vidence. - Pourquoi, qu'est-ce que tu fais ?

Je m'en vais.

Tu vas certainement avoir de la visite.

Dans le meilleur des cas, Martin. Dans le pire, Rosen.

C'est un salaud mais un super flic. Il va s�rement t'emmerder.

Et apr�s ?

Apr�s, il s'en ira.

Non, je te parle de nous deux.

�coute, Jeanne,

pour l'instant, y a Njala, Rosen, Martin...

Il y a nous quatre, nous six, nous douze.

Tant qu'il y aura tout ce monde-l�,

il ne pourra pas y avoir de nous deux.

All�.

�douard ?

Joss.

Je suis chez Jeanne,

mais je vais pas tarder � filer car je crains un d�barquement de Rosen.

Pourquoi Rosen ?

Comme si tu le savais pas. Ce serait pas mal si tu venais.

Pourquoi tu appelles ? Tu sais bien qu'on est sur �coute.

On n'a plus le droit de mettre les gens sur �coute !

Le bruit que tu viens d'entendre, c'est les oiseaux qui se posent sur le fil.

Allez sois gentil, viens vite.

Le concierge sortait les poubelles. J'ai juste eu le temps de poser tes frusques.

Joss ?

Joss ?

Alors, M. l'auxiliaire, on fait les poubelles ?

Appelle Rosen, qu'il vienne imm�diatement. Beaumont a r�ussi � passer.

Pr�viens aussi les autres. Demande-leur s'ils ont rien vu dans leur coin.

- Comment il a fait ? - Le clochard !

O� il est ?

Je te demanderai pas cinquante fois !

Il est pas l�.

Joue pas les innocentes. Nous prends pas pour des cons !

Alors, j'ai retrouv� les fringues dans la poubelle, et le r�veil.

Je l'ai reconnu, ce r�veil.

Alors pour la derni�re fois, o� il est parti ?

Vous avez eu tort de ne pas vouloir parler.

Parce que tout � l'heure avec Rosen, vous allez passer un moment plus d�sagr�able.

De toute fa�on, vous ne le rattraperez pas.

Salope !

Farges, Rosen arrive, je vais le chercher.

C'est au sixi�me �tage.

M. le commissaire, bonjour.

Bonjour, M. le commissaire. Farges vous attend l�-haut.

Bravo, Farges. Mes f�licitations.

Il est venu, il est reparti, et tout �a sous votre nez.

Dans le fond, voyez, je vous comprends tr�s bien.

Vous attendiez un officier solitaire, traqu�.

Et vous voyez arriver une bande de clochards qui braillent et qui chantent.

Bien s�r, �a n'a aucun rapport.

Vous avez certainement raison, inspecteur Farges...

Inspecteur auxiliaire Farges.

Maintenant, tirez-vous et levez tous les barrages.

Il reviendra pas.

Tr�s dr�le, le r�veil dans la poubelle.

Mais maintenant, vous allez me dire quand il est parti.

Qui �a ?

Mme Beaumont, s'il vous pla�t. Quand est-il parti ?

Je ne sais pas.

O� est-il maintenant ?

Je ne sais pas.

Quand devez-vous le revoir ?

Je ne sais pas.

Je sens que je vais perdre patience.

Ne vous emportez pas, commissaire. �a ne sert � rien.

Elle le prot�ge, c'est plus fort qu'elle.

C'est l'amour, la passion !

C'est la faute � personne.

Vous avez sans doute raison, sergent.

J'ai tort de m'emporter.

Je vous prie de m'excuser, madame.

Vous voyez, il s'excuse.

Il est comme �a.

Vous lui diriez la v�rit�, vous deviendriez peut-�tre amis.

Mais � moi, tu vas dire la v�rit�, j'en suis s�re.

Tu le revois quand, Beaumont ?

Je ne suis pas s�r que votre gentillesse soit tr�s payante, sergent.

Mais si, on va tr�s bien s'entendre toutes les deux.

� moi, tu vas dire la v�rit�. Toute la v�rit�.

Toute la v�rit�.

Tu sais que t'es bien foutue.

Il a d� �tre dr�lement content de te revoir, Beaumont, apr�s deux ans.

Tu as les yeux cern�s, madame. Vous avez d� en faire des trucs cette nuit.

Des trucs, vraiment. Des trucs !

Apr�s une nuit pareille, t'as pas envie de prendre une douche ?

- Une douche bien chaude ? - Non.

Une bonne douche chaude d'abord, et puis tr�s froide.

- Et puis tr�s chaude. - Non.

Tu vas voir ce que je peux faire avec un savon.

Je vous en prie, cessez ce jeu.

Mme Beaumont, je ne peux pas rester en pr�sence d'une femme nue.

Ce serait parfaitement incorrect et tout � fait contraire au r�glement.

Sergent, occupez-vous de Mme Beaumont.

Si c'est un ordre, commissaire.

Pas la peine de gueuler.

Rosen se fiche de ce que je peux bien faire pourvu que je te fasse parler.

Si �a peut aider � capter cet enfoir� de Beaumont, �a lui sera �gal que je te viole.

Tu vas voir, c'est vachement tonique.

�a fait circuler le sang.

Ils font �a en Su�de, et apr�s ils se fouettent.

Tu veux pas que je te fouette ? Qu'est-ce que t'es mignonne !

Bien.

Ah, elle trempe.

Tu savais qu'il �tait l� et qu'il nous attendait, hein ?

Je l'aurais, tu entends ?

Oh, �douard !

Tu vois, Rosen, maintenant je sais comment on retrouvera Joss Beaumont.

En te collant au cul, mon grand.

Parce que le jour o� tu prendras une balle dans la t�te,

Joss sera tout � c�t�.

Malin, y a plus de caf� maintenant.

Laisse.

C'est pour moi.

Je voulais pas la gifler, je te jure.

C'est Rosen qui me l'a demand�.

Moi non plus, je voulais pas te gifler. C'est ma femme qui me l'a demand�.

Vous �tes vache, commandant. C'est le boulot. J'aime pas donner des baffes.

T'as raison. Le boulot, c'est le boulot.

Le croissant, c'est pour mon ami.

Il restera trois jours.

C'est long. C'est tr�s long.

Pas pour nous.

Nous esp�rons bien lui �changer une partie de son sous-sol contre une usine nucl�aire clef en main.

Pour le convaincre, trois jours, c'est court.

Oui mais pour le tuer, c'est amplement suffisant.

- Excellence, je voulais pas vous d�ranger... - Tu as bien fait, Arthur.

Martin, le colonel de la s�curit�, voudrait voir Votre Excellence.

Je le recevrai apr�s le d�ner, ou peut-�tre demain.

Excellence, demain vous avez rendez-vous avec M. le pr�sident du Conseil.

Nous avons une journ�e charg�e. - Eh bien alors, jamais.

Excellence, �a doit �tre urgent. Il attend depuis plus d'une heure.

Ils m'ont fait attendre 15 ans, Arthur.

Et la majeure partie du temps en prison.

Une petite heure n'a pas d� lui faire de mal.

Messieurs, Son Excellence va vous recevoir.

Par ici, s'il vous pla�t.

En ce qui concerne ma protection, comment comptez-vous vous y prendre ?

Nous comprenons tous les agr�ments que pr�sente un palace

et toutes les commodit�s qu'offre ce quartier.

Mais malheureusement, il n'en est pas de m�me pour la s�curit�.

Trop d'entr�es, trop de sorties. Une client�le de marque qu'il est impossible de contr�ler.

Du point de vue de la s�curit�, c'est d�sastreux.

J'essaie de vous suivre, messieurs.

Vous n'auriez pas en t�te de m'enfermer dans mon ambassade ?

Absolument pas, M. le Pr�sident.

L'id�e ne nous a m�me pas effleur�.

- Son Excellence ne d�sire rien d'autre ? - Non merci.

Vous envisagiez de me mettre o� ?

Dieu merci, la R�publique ne manque pas de ch�teaux.

� moins que vous ne parliez du palais du s�nat au Luxembourg,

je vois se profiler une de vos grandes glaci�res campagnardes o� vos rois mouraient d'ennui.

Oh, pardon !

Je te croyais seul.

Mlle Frederiksen.

Mademoiselle.

Doris, ma fleur,

que pensez-vous de la campagne fran�aise ?

Beurk !

Ce que la prudence me dictait, la galanterie me l'interdit.

Au revoir, messieurs.

- Bonne soir�e. - � toi aussi. - Merci.

Merde, encore une !

C'est quoi la premi�re question ?

Doris Frederiksen.

Nous sommes fid�les depuis plusieurs ann�es � Son Excellence,

mais nous menons depuis quelque temps une aventure italienne accaparante.

Gagn� ! Avec qui ?

Volfoni Salvatore des g�latines et boissons gazeuses.

Tu le gagnes ! O� �a ?

� l'h�tel Hilton. Je peux m�me vous dire o� joindre Mlle Doris Frederiksen.

Perdu ! 2250563, Mme Claude.

Quand on perd la troisi�me question, on perd tout.

Bravo quand m�me.

Ne quittez pas, je vais vous la passer.

- C'est madame. - Mme qui ?

- Madame. - Ah oui.

- All� ? - All�, Doris ?

- Oui. C'est vous, madame ? - De 4 � 5 demain, �a va ?

�a d�pend pour qui. J'ai le n�gro � 7h.

Salvatore Volfoni.

Ah, Salvatore, c'est autre chose. Au Hilton, toujours ?

Appartement 1056.

Claude, tu transmets au commissaire Rosen.

- Doris Frederiksen ? - Oui ?

Commissaire Rosen, de la brigade sauvage.

Il y a menace d'attentat sur le pr�sident Njala. Je tenais � vous pr�venir.

Et en quoi �a me concerne ?

Disons que vous �tes le point faible du pr�sident.

C'est par vous que le tueur va tenter d'agir.

S'il vous contacte, essayez de le retenir et pr�venez-moi imm�diatement � ce num�ro.

Deux de mes hommes vont vous suivre pendant quelques jours.

Vous ne me donnez pas mon avis ?

Ton avis, je m'en branle.

Et si je refuse ?

Si tu refuses, t'auras un accident.

Un accident d'ascenseur, par exemple.

La cr�maill�re qui p�te,

et on te retrouve six �tages plus bas avec tes talons aiguilles dans la bouche.

� bient�t, mademoiselle.

Oui ?

M. Volfoni, eau gazeuse et g�latine ?

Oui.

Joss Beaumont, espionnage et ch�taigne !

�a vous amuse de me suivre comme �a ?

On ne s'amuse pas, on bosse.

- Vous allez o� ? - Bosser.

� partir d'ici, c'est priv�.

- Qui c'est ? - C'est Doris.

J'arrive. On reste bien sage, hein ?

Excusez-moi, j'ai d� me tromper de chambre. C'est pas le 1056 ?

Si, c'est moi qui m'excuse.

Je d�barque sans pr�venir, impromptu. Pour un peu, sans g�ne.

Salvatore ne m'avait pas pr�venue qu'on serait trois.

- J'ai rien contre, mais... - Trois ?

Ah, ce cher Salvatore. Mais o� avais-je la t�te ?

Si, il est dans le placard. Sous les cravates.

- Quel placard ? - J'aurais d� dire la penderie. C'est une suite.

Je ne mens jamais.

J'esp�re qu'il va pas trop se friper. J'ai oubli� de le mettre sur un cintre.

Vous trouvez que c'est un genre, d'enfermer les gens dans des placards ?

J'avais besoin de vous voir seule, personnellement.

On m'a beaucoup parl� de vous.

- Qui �a ? - Le n�gre.

Vous ne seriez pas le malfaisant dont le furieux m'a parl� ?

Le furieux vous a pas dit :

"Je m'appelle Rosen, de la brigade sauvage. Et je vais te faire bouffer tes chaussures" ?

Il a pas dit mes chaussures, il a dit mes godasses.

- Que me veut-il, cet ostrogoth ? - Rosen ?

Ce qu'il aimerait bien, c'est me tuer.

Mais il faut me mettre la main dessus et pour �a, il compte sur vous.

Qu'avez-vous dans la t�te ? Vous voulez vraiment tuer Njala ?

- �a vous ferait beaucoup de peine ? - Non. Il ne s'agit pas de �a.

Mais si vous mettez la moiti� de mes michetons au placard et que vous butez l'autre moiti�,

je vais me retrouver � poil !

- Enfin, c'est une image. - On va faire un march�, tous les deux.

Je vous laisse Njala un bout de temps, le temps que vous lui preniez un max de fric,

en �change de quoi, vous allez me rendre un service.

Un service ?

Oui, vous allez dire � Rosen que je vous ai pos� un tas de questions

sur la s�curit� d'Njala.

Le nombre de ses gardes du corps, l'emplacement de son lit,

ses habitudes, tout �a, quoi.

Qu'est-ce que �a vous rapporte ?

�a emp�chera Rosen de dormir.

Et dans sa sp�cialit�, quand on dort plus, on a les mains qui tremblent,

la vue qui se brouille,

disons que �a me rend service.

Il m'a demand� de vous retenir et de lui t�l�phoner.

�a vous amuse ?

Non, j'�tais en train de penser que je ne d�testerais pas vous retenir.

Mais sans lui t�l�phoner.

O� il est, ce fou ? Les espions, les ch�taignes...

Les affaires reprennent.

Je ne dirai rien.

Je n'ameuterai pas l'h�tel, je ne poserai pas de question, mais dehors !

Que faites-vous l� ?

C'est moi le responsable, et je m'en vais.

Pierrot a rejoint Colombine,

Harlequin dispara�t sur la pointe des pieds.

Tu vas pas sortir comme �a. Y a 2 flics dehors. T'es cingl�, ils vont te tomber dessus.

Aucune importance.

J'ai ce qu'ils appellent l'avantage de la surprise.

Et un couscous poulet, un !

Mme Beaumont d'abord, et la pute pr�sidentielle apr�s.

D'ici peu de temps, nous serons les seuls � Paris � ne pas avoir rencontr� Beaumont.

Je vous f�licite, messieurs !

Excusez-moi, colonel.

Je ne peux pas surveiller en m�me temps Mme Beaumont, les passes de la pute,

et les 5 km de couloir de l'Intercontinental.

L'Intercontinental n'est plus au programme.

Nous allons d�m�nager le pr�sident.

Vous savez comment il a accueilli ce projet ?

Parce que c'�tait le n�tre. Maintenant, c'est celui de l'�lys�e.

Vous allez le mettre o� ?

� la campagne, au ch�teau de la Ferri�re.

Deux enceintes, un b�timent principal, un �tage,

et le pavillon, imprenable !

- Et Beaumont ? - Quoi ?

On le stoppe ou on le stoppe plus ?

�videmment, on le stoppe !

Pourquoi vous me demandez �a ?

Ce n'est pas � vous que je demande, mon colonel.

C'est � Valera.

T'es vraiment pourri dans ta t�te, Rosen !

Parce que je crois deviner o� tu veux en venir.

Mais que reprochez-vous au capitaine Valera ?

Je ne lui reproche rien, colonel.

Je voudrais simplement qu'il nous dise de quel bord il est.

Le n�tre ou celui de Beaumont ? Ma question n'a rien d'extraordinaire.

Si j'ai bonne m�moire, vous �tiez follement copains, Joss et toi.

Et �a veut dire quoi ?

�a veut dire simplement que si quelqu'un de confiance,

Valera par exemple, donnait rendez-vous � Beaumont,

je viendrais � leur rendez-vous.

C'est pas une bonne id�e ?

T'es encore plus pourri que je pensais.

Les trucs exp�ditifs n'ayant pas fonctionn�.

j'essaye autre chose.

Les autres pi�ges n'ayant pas fonctionn�, vous en inventez un autre,

un peu plus d�gueulasse de pr�f�rence.

Non, Alice.

Une entrevue n'est pas forc�ment un pi�ge.

Capitaine, je crois que le commissaire Rosen n'a pas tout � fait tort.

En tous cas, si quelqu'un doit rencontrer Beaumont,

�a ne peut �tre que vous.

D'accord, je vais essayer de contacter Joss.

Mais je veux que vous m'assuriez d'une chose.

Laissez-moi le temps de le convaincre.

En tous cas, d'essayer.

Bien s�r qu'on te laissera le temps, �douard.

N'est-ce pas, colonel ?

�videmment !

�douard, comment peux-tu dire �a ?

Tu les connais. Tu sais tr�s bien qu'ils veulent le tuer.

C'est leur seul but, leur seul envie.

C'est parce que je le sais que je veux le voir.

Il va trop loin, Jeanne.

Faut qu'il arr�te ses conneries.

Si j'arrive pas � lui faire comprendre ce soir,

apr�s, il sera trop tard.

Bon, je ne peux rien te promettre

mais si Joss m'appelle, je lui ferai ta commission.

Mais avant, jure-moi que Joss ne risque rien chez toi.

Je te le jure.

C'est bien, Valera.

�douard, c'est m�me tr�s bien.

Tu sais que t'es mignon quand tu fais semblant de dormir ?

Je fais pas semblant de dormir. Pourquoi tu dis �a ?

Deux ans, �douard.

Quoi, deux ans ?

Tu vas me demander "y a combien de temps qu'on s'est vus ?"

moi je te dis "deux ans".

Je sais bien qu'il y a deux ans.

Pourquoi tu te marres ?

Parce que je pensais � la t�te de Martin

s'il nous voyait l� tous les deux.

C'est vrai que tu pourrais lui foutre ta d�mission.

Comme il accepte pas, c'est pas grave.

- C'est Jeanne qui t'a parl� de ma d�mission ? - Oui.

M�me que �a l'avait impressionn�e.

Remarque, c'est normal.

Je te vois en train de lui dire :

"Jeanne, ce matin, j'ai d�missionn�."

Comme tu m'avais dit un peu avant :

"Joss, j'aimerais partir � ta place."

Tu sais que t'as le sens de ces sc�nes-l�, toi ?

- T'as du caf� ? - Il est pr�t. Je vais le chercher.

En parlant de Jeanne,

tu crois vraiment que c'�tait utile d'aller chez elle ?

Chez elle, t'es marrant ! C'est chez moi aussi.

Tiens, le "Condor Interceptor".

- C'est pas celui que je t'avais ramen� d'Hong Kong ? - Si, si.

C'est pas avec tes robots que tu me faisais le plus chier,

c'est avec tes piles.

Les piles allemandes n'allaient pas sur les robots japonais.

Je sais m�me pas si les piles bretonnes allaient sur les robots auvergnats.

Comment va Alice ?

Bien, pourquoi ?

C'est elle qui a d�chiffr� mon t�l�gramme ?

Ouais.

Elle a d� se marrer !?

Pas tellement, non.

Elle aurait pr�f�r� avoir de tes nouvelles autrement.

Moi aussi. Tout le monde.

�a t'en fait combien ?

Des robots, �a t'en fait combien maintenant ?

Une centaine. 150, peut-�tre.

Une petite arm�e, en somme.

Et des flics tout autour, il y en a combien ?

Une petite arm�e aussi ?

Je sais pas, mais il y en a pas mal.

On en a mis sur les toits,

dans la voiture banalis�e, il y a Louviers et Farges.

Tu l'as arrang�, celui-l�.

� l'arri�re, il y a Ropert, Dugoineau et Perrin.

Et en bas de l'immeuble � c�t�, Vittoret et Goulet.

Au bistro, Martin et Michalon.

Si tu les as vu, pourquoi t'es mont� ?

Mais parce que tu m'as invit�, �douard.

J'ai souhait� te rencontrer pour que tu t'arr�tes tant qu'il en est encore temps, Joss.

Ils vont t'abattre comme un chien.

Et tout �a n'a plus aucun sens.

Depuis deux ans, les choses ont compl�tement chang�.

La politique, les circonstances ont chang�.

Oui, moi aussi. Tout a chang�.

Sauf Njala et le Service.

Si c'�tait bien de tuer Njala hier, c'est bien de le tuer aujourd'hui.

C'�tait peut-�tre pas bien de le tuer hier.

Alors fallait pas me convaincre que �a l'�tait.

Je comprends plus ton ent�tement, Joss.

C'est � se demander � qui tu en veux le plus.

� Njala ou au Service ?

Devine.

Bon, c'est pas le tout. Je sors comment d'ici ?

En dehors des pieds devant, bien s�r.

Faudrait me donner le mot de passe maintenant que t'as mis des cadenas partout.

Mais Joss, t'as pas compris que c'est fini, cuit, rap� ? !?

Non, mon cher �douard. C'est pas fini, c'est d�pass�.

Qu'est-ce que c'est que �a ?

La presse d�mocratique.

Il y a deux ans qu'ils avaient pas parl� de moi.

Alors, je leur ai fait miroiter une suite.

Qu'est-ce que tu leur as dit ? Qu'est-ce que tu leur as racont� ?

Qu'ils allaient assister en direct � l'ex�cution d'un agent des services secrets.

Ils m'ont paru em-bal-l� !

T'es compl�tement cingl� ! C'est contraire � toutes les r�gles !

C'est une r�gle du Service de balancer un de ses agents ?

Le coup de t�l�phone de ce matin � Jeanne, c'est dans les r�gles ?

Messieurs, merci d'�tre � l'heure !

Messieurs les journalistes, je tiens � vous informer

que je suis en parfait �tat de sant�.

Je rentre de vacances,

je n'ai que des amis,

je n'ai donc aucune raison de me suicider.

Je dis �a au cas o� vous me retrouveriez allong� sur une carpette.

Messieurs, j'ai juste 2 �tages � descendre avant d'arriver � vos micros. � tout de suite !

Pourquoi tu fais �a ?

Parce que je vais �tre oblig� de faire 3 m. en te tournant le dos.

Joss !

Le salaud !

Allez bloquer la porte.

Si la lumi�re vous g�ne, faites-la �teindre.

Qu'est-ce que vous pr�f�rez, mon colonel ?

Ou je sors par devant

et je r�ponds aux questions que tout le monde se pose.

Ou je sors par derri�re et vous rappelez vos hommes.

Vous sortez par derri�re.

Dans ce cas, je veux une voiture et personne autour, vu ?

Vous rappelez Ropert, Dugoineau, et Perrin.

Louviers, vous amenez une voiture dans la rue derri�re.

Eh bien voil�, c'est mieux comme �a.

Je n'ai jamais eu confiance en la force de persuasion d'�douard.

Juste une �raflure.

C'est rien mais �a saigne beaucoup.

C'est gentil de m'avoir envoy� des fleurs.

Tu vois, Alice, j'ai couru et couru,

couru avec une id�e qu'il fallait pas que je perde en route.

D�s que j'arrivais � Paris, je connaissais tous les sortil�ges.

Le sourire du colonel Martin, la poign�e de main de Valera.

- Tu l'appelles plus �douard ? - Non, je l'appelle plus �douard.

La poign�e de main de Valera, l'irr�prochable Jeanne,

la merveilleuse Alice,

bref, toutes les raisons pour ne pas faire ce que j'avais � faire.

C'est pour �a que j'ai envoy� le t�l�gramme.

Pour que toutes ces raisons-l� n'existent plus.

Que ma folie soit irr�m�diable.

Mais on peut toujours changer d'avis.

Voil� justement. M�me si je changeais d'avis,

�a servirait � rien.

La machine est emball�e.

Il n'y a plus que des cris, des ordres, des cibles.

Et des cibles, il n'y en a que deux : Njala et moi.

Je pr�f�rerais qu'il n'y en ait qu'une, je ne te le cache pas.

Tout � l'heure la porte. Maintenant la fen�tre.

Tu penses pas que quelqu'un aurait la t�te assez pourrie pour venir te chercher ici !

Des t�tes pourries, j'en connais deux : Rosen et Farges.

Surtout Rosen.

Et si on partait toi et moi, il trouverait qui, Rosen ?

C'est une fa�on de voir les choses.

On peut faire des projets, prendre des avions, louer des parasols.

Malheureusement, on est le 15.

J'ai rendez-vous dans un palace parisien pour tuer un pr�sident.

Tu as raison, on est le 15.

Seulement, tu joues plus avec un coup d'avance, Joss.

T'aurais plut�t un coup de retard.

Ton pr�sident n'est plus dans son palace.

Il est au ch�teau de la Ferri�re, � 10 km de Rambouillet, Yvelines.

� l'heure qu'il est, ils doivent creuser des tranch�es et installer des sacs de sable.

Qu'est-ce qu'il y a ? T'as l'air �tonn�.

Tu croyais qu'ils allaient te pr�venir ?

Ils sont nombreux l�-bas ?

Eh ben, des CRS, des gendarmes, les rombiers de Rosen,

- Et puis aussi un pilote. - Un pilote ?

Parce qu'on envisage de faire venir Mlle Doris Andersen

Frederiksen.

C'est �a, de faire venir Mlle Frederiksen en h�licopt�re.

Eh ben voil�,

c'est par �a qu'il fallait commencer, ma petite Alice.

L'h�licopt�re !

Je suis s�r de l'avoir touch�.

J'en suis s�r !

O� il peut aller ? � l'hosto, je le saurais.

Chez sa femme, je l'aurais su.

Chez des amis, il n'en a plus.

�coutez, vous vous occupez de Beaumont et je veille sur le pr�sident.

Farges et Valera sont d�j� au ch�teau sur place.

Je vais partir les rejoindre.

Pauvre Valera, il me fait de la peine.

Mon colonel, Mlle Ancelin s'est excus�e. Elle ne viendra pas aujourd'hui.

Qu'est-ce qu'elle a ?

Elle se sent pas bien. Elle est fatigu�e.

Surmen�e, peut-�tre ?

Rosen.

Je t'avais dit que je serai toujours derri�re toi.

Excuse me, gentlemen.

Le docteur Touchard, s'il vous pla�t ?

J'ai regard� sur la... liste de la concierge...

J'�tais venu apporter...

C'est pour �a que je vous demandais le renseignement.

Excusez-moi.

Aucun papier d'identit�.

All�, all� ? Aucun papier d'identit�.

Juste une plaque matricule au nom de Beaumont Josselin.

D'apr�s les premi�res constatations, l'officier aurait �t� tu� par balles.

Oh, merde !

Il portait autour du cou la plaque matricule n� 322460,

au nom de Beaumont Josselin.

D'apr�s les premi�res constatations de police, l'officier aurait �t� tu� par balles.

Je ne comprends pas dans quel traquenard il a pu tomber.

Parce que mano a mano, c'est impensable.

Tu� par balles...

Celui qu'a fait �a, j'aimerais qu'on me le pr�sente.

Le rapport ne dit rien d'autre ?

Le corps est � l'institut m�dico-l�gal.

� ce sujet, vous direz au colonel Martin que pour l'identification du corps, j'irai pas.

Qu'il se d�merde ! Il conna�t mes sentiments !

Calmez-vous. Je lui dirai.

Nous savions, n'est-ce pas, que tout �a finirait mal.

Mais pourquoi s'est-il ent�t� ?

Bon, Farges, vous filez � Paris.

Vous allez � la morgue et vous identifiez Beaumont.

Oui, qu'est-ce qu'il y a ?

Voil�, Son Excellence aimerait savoir

si toutes les dispositions concernant l'h�licopt�re de Mlle Frederiksen ont �t� prises ?

Mais qu'est-ce qu'il vient me faire chier avec sa pute, celui-l� !

Oui, tout est pr�t. Il a qu'� siffler, elle atterrira sur le gazon.

Voil�, content, Arthur ?

Oui, content.

Tout cela n'est-il pas devenu un peu excessif ?

Nous allons renvoyer tous ces gens dans leur caserne.

Pour la garde du baisodrome, le service d'ordre normal sera amplement suffisant.

Nom de dieu !

All� ?

Passez-moi imm�diatement le colonel Martin !

All�, colonel ?

All�, Farges, all�, Farges ?

C'est moi que t'as vu sur la table.

All� ?

Colonel, j'ai pu identifier Beaumont. C'�tait bien lui.

Que se passe-t-il, Farges ? Vous avez une dr�le de voix.

Je l'aimais bien, Beaumont.

Bon, � tout de suite.

Allez, en route !

Oui, je ne croyais pas Rosen quand il me disait qu'il avait touch� Beaumont.

C'est un dr�le de flic, Rosen.

Un sale con, mais un flic maousse !

Bon, vous me retrouvez au bureau. Je vais annoncer la bonne nouvelle � Son Excellence.

Il arrive � quelle heure, l'h�lico de la demoiselle ?

15h30, pourquoi ?

Parce qu'on va se r�gler l�-dessus.

Relax, auxiliaire, relax, c'est bon de rouler.

Respire � fond, �a sent le printemps.

Quand on va passer le portail,

essaye d'avoir l'air aussi con que nature.

Tu m'entends ? Naturel !

Le colonel renvoie ses bidasses. La voie est libre.

N'oublie pas ce que je t'ai dit : naturel.

L� tu forces, tu fais sympa.

Merci.

Tu t'arr�teras devant le perron.

O� sont les appartements de Son Excellence ?

Tu veux finir au frigo, comme Rosen ?

O� sont les appartements d'Njala ?

Au premier, en face de l'escalier. Les grandes fen�tres.

L'h�lico, il se pose devant ou derri�re ?

L�, sur la pelouse.

Attends.

Salut.

Maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?

Mes respects, mon colonel.

Beaumont.

Et c'�tait qui � la morgue ?

Rosen, d��u ?

D��u par Rosen, oui beaucoup.

Je venais justement de dire que c'�tait un flic extra.

On est tous des types extras.

Vous allez me donner votre arme, en la tenant � deux doigts, comme � la t�l�.

Vous savez pas la joie que �a me procure

de vous voir si bien plac� pour le dernier acte.

C'est Njala qui vous a donn� des places ? On va aller le remercier.

Passez devant.

Vous pouvez disposer, colonel. Vous avez du pain sur la planche.

�couter les explications de Farges, mettre vos tireurs d'�lite sur les toits.

Bref, le branle-bas habituel avant le d�sastre.

Pr�venez le ministre que lorsque vos conneries seront bien au point...

Entrez.

Je serais bien rest� � bavarder encore un peu,

mais on ne fait pas attendre Son Excellence !

N'allume pas et surtout ne parle pas, Arthur !

C'est pas Arthur.

Que puis-je faire pour vous, commandant Beaumont ?

Ouvrir les rideaux, allumer la lampe,

et mourir, M. le Pr�sident.

Je vois un coin de bureau.

Je devine une silhouette.

Ils viennent d'allumer une lampe. C'est un signal ou quoi ?

S�rement une astuce du pr�sident pour amener ce cr�tin en pleine lumi�re.

Je vais le tirer comme un �uf sur un jet d'eau.

Farges, vous l'avez soi-disant vu � la morgue.

En somme, vous �tes le dernier � l'avoir vu mort.

Quand j'ai dit �a, j'avais un flingue l�. Vous savez ce que c'est ?

C'est pas des compte-rendus, des rapports, de l'informatique, mais un flingue !

Les rideaux sont ouverts. Vous apercevez quelque chose ?

Si le flingue de Beaumont se pointe entre les rideaux, je tire.

Il me reste combien de temps ?

� vous, 10 minutes tout au plus.

Sinc�rement, je vois aucune raison pour que vous viviez plus longtemps.

Mon pays a besoin de moi.

Aucun pays n'a besoin d'un tyran.

L'annonce de votre mort donnera lieu � des r�jouissances populaires.

On dansera dans les rues.

On br�lera votre effigie sous le cocotier de la libert�.

Bref, vous laisserez aucun regrets.

Moi j'en ai un, celui de ne pas vous avoir tu�.

Vraiment, je le regrette.

Et pourquoi, je me le demande.

Vos convictions religieuses, peut-�tre ?

Non, je vous ai s�rement gard� dans l'intention de vous �changer un jour.

Mais contre quoi ?

Vous ne repr�sentez aucune valeur.

C'est ce qui vous a �gar� jusqu'� pr�sent.

Ces notions de valeurs.

Le bien, le mal, le bon ou le mauvais.

Bref, des id�es g�n�rales.

Maintenant qu'on est l�, tous les deux,

on s'achemine vers des solutions simples.

Malheureusement pour vous, d�finitives.

Alors, qu'est-ce que vous attendez ?

L'h�lico.

Je ne vous demande pas de noter mon appel, je vous demande de me passer M. le Ministre.

Je vous demande le ministre, Mlle !

Vous �tes vraiment extraordinaire !

Il vous aura fallu 3 r�volutions et 5 r�publiques pour parvenir � une caricature de d�mocratie.

Et vous voudriez que j'y arrive du premier coup ?

Je m'en fous.

Toutes ces salades sur l'�thique, la morale et l'histoire compar�e.

J'en ai rien � foutre.

Tu vois ?

M�me malin comme un singe, �a veut plus rien dire !

Appelle-les.

Qu'est-ce qui se passe ?

Je sais pas, je comprends pas. �a a boug�.

Oui.

Capitaine, c'est le pr�sident Njala.

All� ?

Quand nous sortirons, nous ne voulons voir personne.

Ni dans l'escalier, ni sur le vestibule, ni sur les pelouses.

- Et l'h�lico attend, pr�t � partir. - Et l'h�lico attend, pr�t � partir.

Passez-moi Beaumont.

Il veut vous parler.

All� ?

All�, Joss.

Nous n'aurons peut-�tre plus l'occasion de nous voir.

Pourquoi ? Invite-moi chez toi, c'est toujours un plaisir.

Peut-on esp�rer te dire quelque chose qui te fasse changer d'avis ?

Je ne vois pas quoi.

Mais je te promets d'y r�fl�chir.

Allons-y, finissons-en.

En finir, oui.

Mais j'ai jamais eu l'intention de vous tuer.

Et �a, �a marche avec des amorces, peut-�tre ?

�a, c'est vide, M. le Pr�sident.

Je vois son revolver.

Alors l�, je comprends plus.

Vous allez comprendre tr�s vite, M. le Pr�sident.

Expliquez-moi...

Je l'ai eu !

Je vous dis que je l'ai eu !

Une seconde, M. le Ministre.

Que personne ne bouge. On attend les ordres.

All�, M. le Ministre ?

Le pr�sident Njala est mort.

Non, l'inspecteur auxiliaire Farges.

Non, c'est pas une bavure. C'est une machination.

Chacun reste � son poste et attend les ordres.

- Sommes-nous sur �coute ? - Bien s�r, M. le Ministre !

Surtout ne tirez pas !

Personne ne bouge sans ordre !

Mais j'attends vos ordres.

Il y a un h�licopt�re pr�t � d�coller

et Beaumont va le prendre.

Oui, bien s�r. Alors, qu'est-ce que je fais ?

Colonel, faites ce que vous croyez n�cessaire.

Mais je ne crois plus rien, M. le Ministre !

J'exp�die les affaires courantes.

Ma d�mission sera sur votre bureau avant 18h.

Alors, qu'est-ce qu'on fait, M. le Ministre ?

Qu'est-ce qu'il y a � faire ?

Le tuer ou le laisser partir, mais c'est vous qui d�cidez !

Qu'est-ce qui se passe ici ?

Rosen est mort.

Njala est mort.

Quant � moi, �a se d�cide en ce moment.

- Je te ram�ne � Paris ? - Non.

Mais je serais vous, je resterai pas dans la ligne de tir.

M. le Ministre, c'est une question de secondes.

Il y a l'aspect criminel de l'affaire, mais il y a aussi son aspect politique.

Apr�s les d�clarations que Beaumont a fait � la presse.

Mais bordel de merde, qu'est-ce que je fais ?

Il faut le stopper.

C'est un ordre ?

Je vous donne l'ordre de le stopper.

Faut le stopper, Farges.

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