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Musique grandiose
Crépitement de flash
- C'est ça, Samy ! C'est exactement ça !
- C'est vrai ? - Très bien, très bien !
Baisse.
Baisse le menton. Tu savais
que le profil gauche était bien plus sexy
que le droit ? - Ah bon ?
- Oui, je te le dis.
- En tout cas, t'as le glow.
Cette lumière
te traverse le visage.
Voilà. Bouge ton visage, là ! Montre-moi un peu qui tu es !
Oui, comme ça ! Très bien ! - Non, mais j'y crois pas.
- - On arrête, on arrête. - - Oh non !
Oh ben non ! - C'est pas pour moi,
les applis de rencontre. Déjà, je suis timide.
- On s'inscrit ensemble,
on swipe ensemble, on date ensemble.
J'ai lu des témoignages.
Ils disent qu'on peut se faire
plein de potes, et surtout,
tu n'es pas à l'abri de trouver le grand amour.
Ah ouais. Moi non plus, d'ailleurs.
- Bon, attends.
Profil. Alors, passions, qu'est-ce que je mets ?
Si je mets la vérité, c'est serial killer.
Ca peut faire peur. - T'aimes quoi d'autre ?
- J'aime quand c'est propre.
Je m'entends, je suis ringard.
- Non, Samy, t'es pas... - Si, si.
- T'es un mec super, Samy. Tu crois
que tu serais mon meilleur ami si t'étais pas super ?
Puis, ça fait une expérience ! Moi, j'en veux plein.
- Fais voir les photos. - Tiens.
- Je suis même pas photogénique.
- On va pas mettre de photo. Imagine si un suspect
tombe dessus.
Bon.
A 3, on clique ?
- OK. - Allez !
1, 2,
3 !
T'as vu l'heure qu'il est ? - Oh !
- On va être en retard !
Je m'habille et je te rejoins en bas.
OK ?
Musique trépidante
Charlie crie de joie.
Générique
♪Notifications - T'as déjà des matchs, toi ?
♪...
- Elle est belle, cette chemise. - C'est gentil.
Je cherche à faire évoluer mon style,
à trouver un truc plus crédible. - Arrête,
Samy. Tu es crédible.
Chris, ça va ?
- Ouais, ça va.
Elle est bien, ta chemise.
Allez ! - C'est gentil, merci.
- Je savais que tu me faisais penser à quelqu'un.
(- Ah non, pas du tout !
(Non, non !)
- Donc, la victime ?
- La victime, Lou Berger, a 20 ans.
- 20 ans ? - Oui, le room service
l'a trouvée ce matin.
- Une touriste ?
- Non, mannequin. Elle participait à un concours
- qui devait avoir lieu aujourd'hui. - Bip d'ascenseur
Vas-y.
Musique énigmatique
Docteur.
Crépitement de flash
- Elle est magnifique.
Elle est si jeune.
- A peine 5 ans de plus que Jules.
On a une idée de la cause
de la mort ? - Cyanose, pétéchies.
C'est une mort par asphyxie.
Je dirais qu'elle a été tuée entre 3h et 4h du matin.
Je ne vous dérange pas ?
- Non, non, je vous remercie.
- Etouffée par quoi ? - Je l'ignore,
Simon. - "Samy".
- Comment voulez-vous que je le sache ?
Je suis légiste, pas devin.
Charlie renifle.
Fleur d'oranger, miel. Fais passer.
- -
Sérum
de nuit. Oui.
Je sais parce que j'ai déjà testé
en échantillon, hein.
C'est très, très cher, mais dément.
Oui, oui. Lou en a sur le visage
et il y en a sur ce coussin aussi.
C'est l'arme du crime.
- Il y a des résidus de corps gras. Là, là, là.
Je vais lancer les analyses, mais ça pourrait coller.
- Très bien. La porte n'a pas été forcée,
le meurtrier avait un pass.
- Ou elle le connaissait et elle a ouvert.
- Elle s'est forcément débattue pour éviter l'asphyxie.
Une fois morte,
on a pris soin de la réinstaller.
Vous avez remarqué ?
- Quoi donc ? - Il y a pas trace de rouge à lèvres
sur le coussin.
- - Ah oui. - - Ca veut dire qu'on l'a maquillée
après sa mort.
Pourquoi il l'a maquillée après sa mort ?
- Le meurtrier l'a réifiée. Enfin, il en a fait un objet.
- T'as fait les Dicos d'or, toi. - Ouais.
- Il est où, ce concours ?
- Les Dicos d'or, en Haute-Savoie. - Non, le concours de mannequins.
- Dans une salle de spectacle à 100 mètres d'ici.
Vous allez aller voir les mannequins.
Je m'occupe du personnel de l'hôtel. - OK.
♪Musique électro-pop
- Ouais, super, ma chérie ! Ouais, comme ça !
♪...
Oui !
♪...
Bien !
♪...
Approche-toi. Ouais, voilà.
T'es super belle. Ouais.
Vas-y, baby !
♪...
- OK ! Bon, on essaye le finale ?
Bruno, je ne vois rien.
Bouge, mon poussin.
Ah ! Zoé, chérie,
tu peux essayer légèreté, aérienne,
hein ? Tu peux essayer bulle de savon ?
Merci.
Lou ?
Lou !
Qu'est-ce qu'elle fiche ?
Tant pis. - Non, non...
- Qu'est-ce que c'est ? Le concours
est interdit au public, mademoiselle.
- Holmes. Charlie.
- On est de la police. - Voilà.
- Ca va aller, maman ? Tu veux un peu d'eau ?
- La dernière fois que vous avez vu Lou,
c'était quand ? - Hier, à 18h, à la répète lumières.
Ensuite, toutes les filles sont rentrées
à l'hôtel.
- Je les loge ensemble, c'est pratique.
Certaines habitent loin.
- J'adore cette odeur. - Hmm ?
- Qu'est-ce que c'est, votre parfum ? - Cadeau de mon fils
pour la fête des mères.
C'est un jus spécial créé pour moi.
- Hmm.
Très chic, très vous.
Elle rit.
Elégant et acide.
Vous la connaissez bien, votre maman.
- Heureusement.
On passe notre vie
ensemble. On dirige
l'agence... - Je dirige l'agence.
Bruno voulait être photoreporter,
mais il a peur de l'avion.
Il travaille avec moi sur les shootings.
- Donc,
la lauréate devient l'égérie des cosmétiques Sentalia
si elle gagne le concours ? J'adore cette marque.
- Comment ça se passe
entre les candidates ?
Il y a des tensions ? - Le mannequinat,
ça n'est pas pour les petites natures.
- Vous la connaissiez bien,
- Lou ? - Bruno hésite.
- Pas plus que les autres.
- En bégayant - Mais c'est vrai que ça...
Ca fait un choc quand même.
- Ah. Oui, j'imagine
que quand on les photographie comme ça,
toute la journée, ça crée une proximité
et des liens. Il faut les mettre en confiance.
C'est pas facile.
- Vous avez rien remarqué ? - Vraiment, non.
- Ce que j'ai remarqué,
c'est que votre collègue marche sans délicatesse.
Qu'elle change de talons.
Ca la porterait davantage.
Musique mutine
- Mais le concours, il est annulé annulé ?
- Le contrat, c'est dead ?
- C'est un serial killer qui vise
des filles comme nous ? Je veux dire, belles.
- Lou ? Bah, rien.
Je la connaissais peu.
- On se côtoyait aux concours. - Sympa.
Super mensurations, - Beau sourire, dents parfaites.
- Quel boulard !
Elle se prenait trop pour la queen.
- Elle était sûre de gagner.
- Marie aussi, elle aurait pu gagner. Enfin, moi aussi.
- Mais ce soir-là, j'ai pris un somnifère.
- J'étais un peu sur Instagram. - 2-3 heures.
- J'ai rien entendu,
j'avais les bouchons d'oreilles.
- Sublime jeune femme. Elle aurait pu être
sur tous les abribus.
Le visage de Sentalia.
- Voix sanglotante - Merci.
Charlie se mouche.
On peut pas dire qu'elle ait eu une vie heureuse.
Ses parents sont morts
dans un crash sur la route. Sa tante l'a élevée.
- Et la patronne de l'agence et son fils,
ils sont comment ? - Une lionne et son petit.
Elle le couve.
Il est complètement étouffé, le pauvre.
- Elle est même castratrice. Elle juge tout,
même la démarche de Charlie.
- Quoi ? Elle a quoi, ta démarche ?
Elle est très bien ! - Merci.
- C'est patriarcal,
ces concours ! - S'il vous plaît !
On s'est pas très bien compris.
Au niveau alibis, ils sont comment ? - AH !
- Merci. - Ils sont clean.
Lui, il est allé au vernissage de sa femme,
puis ils sont rentrés.
Victoria a passé la nuit chez elle. Sa gouvernante
a confirmé. - Les candidates ?
Leurs alibis. - Oui.
Elles disent qu'elles ont pas bougé de leur chambre.
- On n'a pas de caméra
pour vérifier.
Musique intrigante
- Et la femme de chambre ?
Celle qui a perdu son badge. - Charlock, de quoi tu parles ?
C'est moi qui ai interrogé le personnel de l'hôtel.
- Elle bloquait la porte avec son pied.
Soit elle a perdu son badge, soit on lui a volé.
- Tu pouvais pas
le dire avant ?
Je rappelle le directeur de l'hôtel.
Monsieur le directeur ? Commandant Hervieu.
Voilà, j'ai une petite question à vous poser.
- Il s'est encore levé du bon pied, lui.
- Non, mais il va pas bien. Il va pas bien du tout en ce moment.
C'est pas contre moi.
C'est sûr.
(- Pourquoi tu le défends ?) - Mais non.
- Bon, une femme de chambre
a perdu un badge.
Le tueur a pu venir de l'extérieur.
On a des caméras des alentours ? - Oui.
Je vous montre autour de la salle de spectacle
et dans les rues
près de l'hôtel.
Là, c'est Lou, et à côté, c'est sa tante,
Isabelle Goussard.
Elle l'a rejointe aux répètes.
- C'était la dernière fois.
- J'ai d'autres images de la seule caméra
à côté de l'hôtel.
Musique énigmatique
On la perd,
mais elle a pas pu aller bien loin, parce qu'on la retrouve
20 minutes plus tard.
- Jess, mets sur pause, là.
Arrête l'image. - Oui.
- Là, vous voyez ? Son collier.
Elle a pas
son collier.
- Elle s'est fait voler ? Ca pourrait expliquer
sa mort, mais...
Ca rappelle l'affaire du diadème de béryls.
C'est lorsque Sherlock avait réussi à réunir les pierres
pour rendre le bijou.
- Impossible. Regarde.
Elle a encore son sac.
- Par contre... - ♪Notification
Elle a l'air vraiment pas bien.
- La tante est rentrée.
Charlie. - Hein ?
- Il faut prévenir la tante.
- Encore moi ?
Musique intrigante
- Cette nuit, j'étais de garde.
Je travaillais à la maternité Bretéché.
D'ailleurs, on a eu une belle petite.
4,5 kilos.
Pendant ce temps-là, ma petite Lou...
- Vous vous êtes vues hier. Est-ce qu'elle vous a dit
quelque chose ?
- Non, c'était notre rituel.
Lou se mettait toujours la pression avant les concours.
Je suis allée la rassurer avant de prendre mon service.
Je pouvais pas savoir.
Charlie s'éclaircit la voix.
- Ce collier,
vous savez d'où il vient ?
- Ca me dit rien. - Le cadeau d'un amoureux ?
- Lou avait pas d'amoureux.
Elle savait comment y arriver et que ça impliquait des sacrifices.
J'étais pareille à son âge.
- Oui. Vous vous êtes sacrifiée pour elle.
Ca, c'est beau.
- Elle n'avait plus que moi.
- - Elle a commencé tôt ? - - Elle m'a demandé
de l'inscrire, à 8 ans.
- C'est quand même assez dingue en termes
d'hygiène de vie, je veux dire, et puis d'investissement.
Vous avez dû beaucoup l'aider pour qu'elle réussisse aussi bien.
- Je l'ai accompagnée partout :
à ses cours de danse,
ses cours de sport, de maintien, tous les rendez-vous,
les diététiciens.
- Elle était pas toute seule à concourir, finalement.
Vous étiez deux.
- Oui, mais c'était que du bonheur.
Lou disait qu'elle voulait m'offrir une villa
avec piscine quand elle aurait réussi.
C'était son rêve.
C'était notre rêve.
Ma petite poupée.
Musique intrigante
- Oh !
Qu'est-ce qu'elle était sérieuse ! Il y a rien qui dépasse.
Ca m'angoisse.
- Moi, ça me détend. C'est tellement rare,
les chambres bien rangées.
- Il y a pas un photomaton avec ses copines,
pas un tee-shirt qui traîne.
A 20 ans, c'est pas normal de penser qu'au boulot, si ?
Bon.
Oh là là !
Il y a les mêmes chez mon dentiste.
Joli.
Très mignon.
Faut trouver sa planque.
Tout le monde a une planque.
Oh... Qu'est-ce que j'ai pu planter des trucs
chez papou !
Samy ricane.
Et toi, ta planque,
c'était quoi ? - J'en avais pas.
- Samy, on a tous une planque. Dis.
- Non. - Ca sortira pas d'ici, juré.
- Sous mon lit.
- Ah ouais ? Tu planquais quoi ?
- Ah, non.
- Oh, mon coquin ! Des magazines pornographiques ?
- De légiste,
j'avais peur qu'on me prenne pour un fou.
Ah...
La boîte à malices.
- Ouvre, ouvre.
- Bon, là, c'est des tampons.
- Eh oui, on peut pas toujours avoir bon du premier coup.
Charlie soupire.
Ah, Samy, viens voir !
- Il y a un mot de passe
à craquer. - Ca peut être quoi ?
- Date de naissance ?
- Ca va être long, je suis pas Lisbeth Salander.
- Qui ça ?
- La hackeuse dans...
Laisse tomber.
- OK. - Tiens, va là.
- Je vous entends respirer.
Bougez.
Notification
(Merci.)
- T'as plein de matchs !
- - Je comprends pas, c'est dingue ! - - Chrystel ?
Une fille ? Tu matches les filles aussi ?
Ca me dérange pas mais... - Non, c'est un prénom mixte.
Oh... Il m'envoie des poèmes de Rimbaud,
il pleure devant "Titanic". C'est mon âme soeur, c'est sûr.
Et toi, t'as des matchs ?
- Ecoute... Pas beaucoup.
Mais je crois que j'ai des problèmes de réseaux.
Là... Là, je suis en 5G. Mais si je me colle au mur en béton,
souvent, j'ai remarqué...
Je suis en 5G aussi.
- J'ai eu la clinique.
La tante était bien de garde toute la nuit.
- Yes !
Ca y est !
- Alors ?
Attends, je la reconnais,
c'est une des candidates,
Marion, on l'a interrogée.
- "Abonne-toi."
- Non. - "Abandonne."
(Pas "abonne-toi".)
Musique de tension
- Ah, oui.
Lou vous faisait chanter avec ces photos
pour que vous abandonniez.
Vous avez pas aimé.
Alors, vous l'avez tuée.
- Je sais pas
de quoi vous parlez. Ces photos sont vieilles
et ont jamais été publiées. - Non.
Non...
On les a retrouvées sur une clé USB chez elle.
Quelle était votre relation ?
Quelle était votre relation
avec Lou ?
♪Très bien. Personne peut témoigner
que vous avez passé la nuit dans votre chambre. Vous êtes...
suspecte.
- Je l'ai pas tuée.
- Marion...
Quelqu'un vous veut du mal. Nous, on veut vous aider
et il faut nous parler.
- Elle l'a carrément sorti de la salle ?
- Elle est comme ça, Charlie. Et c'est que le début !
♪-On est mieux, toutes les deux.
Fille
ou garçon ?
Votre enfant.
Thaïs ?
Thomas ?
Et le pansement,
c'est pour les mômes.
- Timothée.
Il a 2 ans.
- Vous l'élevez seule ?
- C'est pas facile, mais je m'en sors.
- Il est où, le papa ?
- Avec lui...
C'est un vrai cauchemar.
Je veux pas perdre la garde.
- Je comprends.
Vous craignez qu'il utilise ces images
contre vous ? Parce que, ces menaces...
Vous les avez reçues.
- Ca m'a fait flipper.
J'ai failli abandonner le concours.
Il y a un gros contrat à la clé.
Moi, j'ai besoin de cet argent.
- Marion...
Pourquoi ces photos étaient chez Lou ?
Vous pouvez me parler.
Il faut nous aider.
- C'est moi qui lui en ai parlé.
Je vous ai menti.
On était amies.
Elle m'a proposé
de les planquer et m'a convaincue de continuer.
Mais franchement,
j'aurais mieux fait de pas l'écouter.
- Pourquoi ça ?
- Hier soir, après la répète, j'ai trouvé ça
dans ma trousse à maquillage.
- Donc, quelqu'un a continué
à menacer Marion au risque
- de se faire choper dans les loges. - - Je l'envoie au labo
pour les empreintes. - OK.
- Hmm...
Oui... Hmm...
Ecriture propre,
mais papier déchiré.
On sent la... rage contenue.
Tiens, un peu comme toi, Chris,
avec ton "Lu et approuvé".
- Tu fais quoi ? C'est mon jugement.
- Ah, putain... Je suis désolée.
- Voilà !
C'est mon jugement de divorce !
C'est bon ? Ca va ? Tout le monde est au courant ?
On passe à autre chose ?
Merci.
- Tout ça pour dire que...
le corbeau
de Marion
et le meurtrier de Lou...
c'est...
la même personne.
- Sauf si Marion nous balade. Elle reste suspecte.
- Non, je crois pas qu'elle l'ait maquillée post mortem.
- C'est peut-être un truc de filles.
- - Non... - - Quoi ?
Ah, OK. Non, pardon. J'ai rien dit. "Un truc de taré".
C'est pas pour ça qu'elle est innocente.
C'est notre seule piste.
Fin de journée pour moi.
Merci.
- Bah...
Mais qu'est-ce que tu fais ?
- La mannequin.
Regarde ça,
- ce port de tête. Hein ? - - Ah, oui, c'est bien.
- T'en dis quoi ?
T'as vu les talons ?
- Tiens, pour ton mémoire. - Cri de surprise
Hop ! Seulement si tu me le fais lire.
- Oui.
C'est les originaux de Watson ? Génial !
- J'ai mal partout,
aux mollets, aux pieds.
Sourire, rentrer le ventre en même temps...
Allonger le cou, faire des petits pas... Quel enfer !
Pourtant...
Sur l'Insta de Lou, regarde,
elle ne poste que des photos de paysages, pas une photo d'elle.
C'est étrange pour une fille
qui enchaînait les concours de beauté.
- Hmm...
- En revanche, sur le feed des autres candidates,
c'est une autre histoire. - Pour me détendre,
avant les concours, je regardais des photos de la NASA.
- Non, Lou, c'est autre chose.
C'est plus que ça.
C'était sa fenêtre de liberté,
ces paysages, son horizon.
Oui...
C'est ça.
(Sa liberté.)
"Homme libre,
"toujours tu chériras la mer !"
Premier prix de récitation
en 6e. Papou a jamais été aussi fier.
Tu notes, pour ton mémoire ? - Bien sûr.
- "Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
La suite, je l'ai plus.
Musique sautillante
- Comme on a tous le cerveau en marmelade,
j'ai apporté du banana bread.
- C'est ça que j'ai senti en arrivant ?
- Spécialité de Vince.
Joli couvre-chef, Vatel.
- Merci, patronne.
- Un truc cloche
avec Marion : elle reçoit de grosses sommes
venant de créditeurs variés.
- - Causette s'est foutue de nous. - - Ah bon ?
Elle avait l'air sincère.
Je comprends pas.
- Argh...
- Je vais lui parler. - Oublie. J'envoie une équipe
chez elle. - Ah, OK.
- Hmm...
T'es sûre qu'on va la trouver ici ?
- T'as pas remarqué ?
Ses baskets sont vertes, elle court dans l'herbe
et elle a mal aux genoux et aux tibias comme les joggeurs.
- Ici, c'est le parc le plus proche de chez elle ?
- Oh !
Ouh là là, vous courez vite.
Je déteste le running, surtout toute seule.
C'est plus sympa à deux, quand même.
Je suis pas en train de faire votre procès.
Je veux juste comprendre ce qui est arrivé à Lou.
- C'est votre collègue aussi, il m'a fait peur.
- Lui ? - Moi ?
- Non, pas vous.
Votre collègue, le cow-boy aux yeux bleus.
- Ce qui compte, c'est de pas perdre la garde de votre fils
mais si vous nous cachez des choses,
le cow-boy aux yeux bleus,
il va vous mettre en garde à vue.
Hmm.
Il faut nous parler, Marion.
Alors, d'où venait cet argent ?
Vous voulez
retrouver le meurtrier de Lou ?
Nous aussi.
Musique mélancolique
Vous voyez, ça ?
Le mec qui me mate ?
C'est comme ça
tout le temps. Lou disait
que c'était notre pouvoir.
Mais moi, je suis pas aussi forte qu'elle.
- OK.
Comment vous usiez de ce pouvoir ?
C'était quoi, votre secret ?
- On faisait de l'escorting toutes les deux.
Juste des dîners et des soirées.
Bon, je sais l'image
que ça vous donne, là... - Non.
Vous avez proposé ce plan à Lou ?
- Elle courait après la thune. J'ai juste
voulu l'aider.
Elle est morte à cause de moi ?
J'aurais jamais dû l'embarquer... - Marion,
vous avez voulu
aider une amie. Elle vous l'a demandé.
- Vous savez pourquoi
Lou avait besoin d'argent ?
- Je sais pas. Je lui ai pas demandé.
Elle non plus posait pas de questions.
C'est pour ça que je l'aimais bien.
- Et les clients...
vous les trouviez sur Internet ou dans...
- Un club privé un peu chic,
le Spark, rue Gambetta. - D'après Marion,
il s'agit juste de tenir compagnie.
- Et si l'un d'eux voulait plus ?
Lou a refusé et le mec l'a pas supporté.
(Merde.)
Chris soupire.
Choc Gémissements
Oh ! Ca va ? - Pardon.
- Merci.
Un portable vibre.
Oui, madame la proviseure ? Merci de me rappeler.
Oui, c'est un peu compliqué en ce moment...
- Excuse-moi.
- Ah, pardon.
- Ca va ?
T'as l'air bizarre.
- Non... Oui, ça va. C'est Chris.
Il est un peu perdu, en ce moment.
Notification
Ah là là, c'est mon match,
Chrystel ! Qu'est-ce qu'il est romantique. Regarde.
- C'est vraiment pas une fille ?
Ma tante s'appelle Christelle et aime "Titanic".
- Je sais pas, c'est peut-être ta tante.
Viens, on va au club. - Ah bon ?
Musique latine lounge
- Bonjour. - Bonjour.
- Bonjour.
- Tout est là.
- Tout quoi ?
- Vous êtes flics.
- Ca se voit tant que ça ?
- Vous, non. Mais eux, un peu.
- Bon, on n'est pas là pour un contrôle.
Vous la connaissez ? - Ouais. Elle vient souvent.
Elle a fait quelque chose ?
- Ce qu'on sait,
c'est qu'elle est escort.
- Vous en savez plus que moi.
- Coucou ! Coucou, bonjour.
Excusez-moi. Excusez-moi.
- Bonjour. - Bonjour.
Petite question :
c'est Lou qui vous a offert ce bracelet ?
Je reconnais les petits coquillages.
- Un soir, elle se sentait pas bien.
Rien de grave.
Elle avait pas assez mangé ou un truc comme ça.
Donc, je l'ai ramenée ici
pour qu'elle reprenne
ses esprits.
Et...
Elle est morte, j'y crois pas.
Musique douce intrigante
- Elle était comment ?
- C'était pas quelqu'un de...
Comment dire ?
Prétentieux.
Elle venait avant la fermeture et on parlait,
tout simplement.
- De quoi ?
- Des tortues de mer.
Je sais que c'est bizarre,
mais elle en connaissait un rayon là-dessus.
Je lui ai dit que chez moi, au Sénégal, on avait un village
de tortues.
Elle rêvait de venir pour voir ça.
- Il est à vous, ce casier ?
Dedans, il y a ses affaires ?
Les vôtres sont sur la chaise.
Vous lui rendiez service,
et c'est normal, entre amis.
- Je vais avoir des problèmes
avec mon patron. - On lui dira rien.
Vous me l'ouvrez ?
- Elle se faisait payer en cash. C'est pour ça qu'on a rien vu.
- Maths, chimie... Pourquoi elle cachait ça dans son casier ?
- Attends.
Un diabolo menthe
au café le Parvis à Cherbourg.
Samy, regarde la date.
- 23 mai. C'est vendredi dernier !
- Oui. - Et ?
- Juste avant la fête des mères.
Elle y est pas allée seule, à Cherbourg.
Musique intrigante
- Lève la jambe. Ouais, comme ça.
Regarde-moi. Lève le bras.
J'adore ! Super !
C'est ça, t'es une Amazone !
T'es une guerrière !
Tu chevauches ton destrier !
Ouais ! J'adore ! C'est quoi, ce bordel ?
J'avais privatisé le manège !
- Coucou ! Bonjour ! C'est la police !
Je suis avec mon mérou.
"Bonjour. C'est moi Jojo le mérou."
- Bon, break. Raccord maquillage.
Je sors pas avec
les filles du concours.
- Vous avez quand même emmené Lou à Cherbourg.
Et vous avez ramené
un parfum à votre mère.
C'est un jus spécial créé pour moi.
- Vous étiez là-bas le même week-end.
- J'ai vu
votre réaction à sa mort.
Vous aviez une relation avec Lou ?
- Euh... on peut aller plus loin, là ?
♪Barrissement
- Vous avez pris une chambre
à l'hôtel Castelbrac avec la carte
de l'agence. Le réceptionniste
a reconnu Lou sur une photo.
Vous n'êtes pas passés inaperçus.
- Je l'ai emmenée en week-end. Dès qu'on est arrivés,
elle a disparu pendant 4 heures.
Une fois revenue, elle m'a dit qu'elle devait rentrer.
- Donc vous êtes revenu à Nantes vous aussi.
- Oui. J'avais dit à ma femme que j'étais en shooting sur 2 jours,
j'ai dû aller chez un pote.
- C'est le collier de Lou, ça !
- Quoi ? - C'est le collier de Lou.
- Vous voulez la séduire,
vous la prenez pour une fille facile,
vous lui offrez des bijoux,
vous l'emmenez en week-end, et là, rien.
Eh oui, il se passe rien. Et ça, ça vous a mis en colère.
- Vous lui avez donné rendez-vous, vous avez repris le collier,
vous la laissez repartir, entrez dans sa chambre,
et là, vous la tuez.
- Je l'ai vue, mais juste 5 minutes.
C'est elle qui m'a rendu
le collier, c'est un bijou de famille.
Je l'ai pas tuée ! - Un bijou de famille ?
On a des charges contre vous.
Vous devez nous suivre.
Ils rient.
- Lou a suivi les cours Lieutaud
pendant un an. - Hmm ?
- Une prépa aux concours scientifiques.
Elle a rendu tous ses devoirs : 18 de moyenne.
- C'est une prépa qui coûte cher.
Là-bas, les profs
sont mieux payés que nous !
- Vous voulez être augmenté ?
- C'est pas ce que je voulais dire.
- Votre salaire d'adjoint, c'est pas terrible.
Prenez un jus vert. - Merci, patronne.
- Elle était maligne. Lou. Elle avait
tout compris
au règne des apparences.
Mannequin, escort... Son physique,
elle s'en servait pour financer ses études.
Oh ! Non ! Vince !
Vince, tu me ferais un smoothie banane ?
- - Je te fais ça. - - Chapeau bas.
C'est la crème de la crème, ce que tu nous apportes.
Je vais appeler le proc. - Merci, merci.
Elle rit.
- Euh... y a quoi dans son jus, là ?
- Elle a rencontré quelqu'un.
- Mais non.
- Vous avez pas vu ?
Elle se maquille,
elle se pomponne. - On le connaît ?
- Je parie que c'est l'avocat de la semaine dernière.
Mais si, il est resté longtemps
- dans son bureau. - - Ils arrêtaient pas
de se marrer. Ou c'est peut-être le proc.
Elle a foncé l'appeler.
- Victoria est revenue à l'hôtel la nuit du meurtre.
- Mais comment ?
- En taxi. Soit sa gouvernante la couvre,
soit elle dormait quand sa patronne est ressortie.
- C'est elle que Lou a rejointe.
C'est à elle qu'elle a rendu le collier !
- On l'a interpellée.
- Non, Chris ! - Ah ! C'est pas bon, hein.
- T'es sûr que c'est le proc ? - Je suis sûr de rien.
- - Mon fils a été arrêté. - - Il s'est accusé à votre place.
Il est soupçonné du meurtre de Lou.
- Un bijou de famille,
ça s'offre pas à n'importe qui.
Alors, vous avez pris les choses en main, comme d'habitude.
- Vous avez voulu protéger votre fils,
empêcher Lou de briser son mariage,
mais surtout la réputation de votre agence.
Alors, vous avez fait d'une pierre deux coups.
- C'est n'importe quoi. Pour qui me prenez-vous ?
En revanche, je lui ai proposé un marché.
Je la favorisais
pour le concours si elle arrêtait de voir mon fils.
- Et elle a accepté ?
Elle ricane.
- Elle m'a rendu le collier.
- Pourtant, on l'a retrouvé dans les affaires de votre fils.
- C'est un sentimental.
- Lou a refusé le marché.
Vous vous êtes disputées.
Sur les dernières images qu'on a d'elle,
elle a l'air bouleversée.
- Elle était très sûre d'elle quand je l'ai quittée, cette garce.
Mais oui, elle a refusé mon offre.
Elle m'a même balancé mon collier au visage,
en me disant de ne pas m'inquiéter pour mon fils,
qu'elle partait, qu'elle abandonnait
le concours. Vous imaginez ?
- Et vous savez où elle voulait aller ?
- Cherbourg.
Drôle de destination pour un nouveau départ,
si vous voulez mon avis.
- La mère et le fils mentent.
On va les attendrir jusqu'à ce qu'ils parlent.
Charlie ?
On te dérange, là ?
Oh oh !
- Intechmer !
Une école spécialisée
dans les métiers de la mer.
C'est pour aller là-bas
que Lou faisait une mise à niveau scientifique.
Ses bracelets en coquillage, les magazines,
ses discussions
avec Bakary
sur les tortues de mer. La mer était sa passion.
- L'école est à Cherbourg.
- Mais oui, c'est ça !
L'examen oral, c'était
vendredi dernier. Bruno lui servait de taxi.
- Pourquoi le cacher ?
Même sa tante l'ignorait.
- Peut-être par superstition. Moi, avant les concours,
je disais... - Merde !
Merde, le concours.
- Chris ?
- Les résultats du concours de commissaire viennent de tomber.
Ma femme...
Ma femme... Enfin, mon ex...
Mon ex l'a eu.
- C'est super. - Hmm.
- Ah... T'as peur qu'elle déménage ?
- Avec les enfants, oui.
- Mais... vous avez pas la garde partagée ?
- Et si elle est nommée à Strasbourg ou Marseille ?
J'ai pas envie d'être un père du week-end.
- Tu devrais lui parler.
C'est normal au début d'une séparation...
- Charlie, merci.
Musique mystérieuse
- Merci d'être venue.
Et de m'avoir empêchée de me rendre.
- Je suis venue parce que j'ai besoin
de comprendre, pas parce que je t'ai pardonnée.
- Je sais.
Et je suis désolée.
- Pourquoi tu m'as fait croire que je t'avais tuée ?
- Tu sais, j'ai grandi dans la haine.
C'est dur de s'en sortir.
Ces quelques mois à essayer de disparaître, et puis...
ta réaction,
de me protéger, de pas me dénoncer...
J'en veux plus, de ma vie d'avant.
De ma famille toxique.
Je veux vivre.
Comme toi.
Sans colère.
Alors je sais pas du tout ce que je vais faire mais...
Au moins, je serai libre.
Musique intense
Si jamais tu me pardonnes, un jour,
sache que maintenant,
c'est toi, ma famille.
Une horloge sonne.
- Charlie ? Qu'est-ce que tu fais ?
- Océanographie. Aquaculture.
Cette école est très pointue.
Lou s'était donné tellement de mal pour pouvoir
y entrer. Ca me brise le coeur.
Mais elle n'en a parlé à personne !
Mais à personne ! Ni à sa tante
ni à son amie Marion.
- Pourquoi ? - - Qu'est-ce que c'est que ce bazar ?
Tu dors pas, ma Chacha ?
- Ca va, papou, t'inquiète pas.
Je... Je cogite.
Je réfléchis. - Oui. Ben te couche pas trop tard.
- En tout cas, très joli pyjama.
M. Holmes.
- Je t'en foutrai, moi, des pyjamas...
George remonte à l'étage.
- C'est vrai,
il a du style, comme ça, non ?
- Toi aussi, t'as du style, Samy. Ton style,
mais t'as du style. Tu vois pas
la chance que vous avez, hein.
Nous, les femmes, toute notre vie, on nous a dit comment s'habiller,
ne pas s'habiller, se coiffer...
Lou, c'est... C'était pareil.
Toute sa vie, on l'a prise pour une poupée.
Musique troublante
Elle joue en pizzicato
Elle reprend avec plus d'intensité.
- Petite poupée !
C'était notre rêve à toutes les 2.
La musique s'évanouit.
- Devenir mannequin, c'était pas le rêve de Lou mais de sa tante.
Elle lui a caché pour pas la blesser.
Comment j'ai pu me tromper autant ? Dans la vidéo, elles se disputent.
Lou venait de trouver le mot dans la trousse de Marion.
Elle a reconnu l'écriture de sa tante.
Elle a vrillé,
elle décide d'arrêter le concours. Sa tante la tue.
Elémentaire, mon cher Samy !
- Mais elle a un alibi.
Il n'y a eu qu'une naissance
ce soir-là. Il est possible
qu'elle ait quitté la maternité
en racontant qu'elle allait en salle de repos.
Vibrations dans la voiture.
- Oh non, c'est pas le moment ! Il faut qu'on aille chez la tante !
- Oh merde !
- On a crevé ? - Oui, on a crevé.
Monsieur ?
Stop ! Police !
Merci.
- Charlie, tu vas où ?
Préviens Chris !
La motocyclette s'éloigne.
- Le mot dans la trousse de Marion vient de chez Lou.
Elle la faisait bien chanter.
- Non, c'est la tante !
- Bouge pas, je viens.
- J'ai tout préparé avec les pompes funèbres.
J'ai dû faire une retouche sur la robe mais ma petite Lou
va être magnifique. - Comme elle l'a toujours été,
parce que vous étiez là pour...
la maquiller, la coacher,
votre petite poupée. Sauf qu'elle s'est
rebellée quand vous avez menacé son amie Marion.
- De quoi vous parlez ?
Musique de tension
- Elle a fini par venir vous dire pour l'école.
Elle allait vous quitter.
Abandonner votre rêve pour vivre le sien.
Vous avez pas supporté. Vous l'avez tuée.
Ensuite, vous l'avez maquillée pour qu'elle reste
à jamais votre petite poupée.
- Elle m'a trahie ! Je lui ai consacré toute ma vie !
Charlie crie.
- Police !
Lâchez ça !
Lâchez ça !
Déclic
Samy ? - Oui ? Merci.
- Charlie ? C'est fini.
Charlie ?
Elle gémit.
Tout va bien.
Charlie sanglote.
Attends.
Billon appelle.
Je dois répondre. Tu peux me lâcher ?
♪-Allô ? - Patronne ?
♪-Il se passe quoi ? - On gère la situation.
Pas de problème.
Musique techno douce
- Excusez-moi,
je peux avoir un verre de vin blanc ?
♪Notification
Oh ! - Ben...
- - Chris ! - - Charlie.
- C'est dingue, que fais-tu là ? - Ben rien, je...
Ca va ?
- Ca va. - Tu fais quoi ?
- Euh... - Ah oui, attends.
T'es coincée, bouge pas. Voilà.
Voilà. - Merci, merci beaucoup.
Ben voilà.
Musique dynamique
- BONNE SOIREE. - Toi aussi.
♪Notification
Charline. Charline ? C'est toi ?
C'est un pseudo. Chrys... tel ?
- Euh, oui.
- C'est un pseudo ?
- Non, non, c'est...
C'est mon vrai prénom.
T'en parles à personne ? - Non, non.
Motus et bouche cousue.
Une bombe. Une tombe !
J'y vais. - Ah non, euh...
Tu...
On se boit un verre ? T'as le temps ?
Ca me ferait plaisir.
- OK.
SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA
...
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