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- Ce sera pas long, ils répondent pas.
Je vais aller les voir.
- Non, mais sincĂšrement, je...
Moi, je veux surtout pas
déranger. Je peux attendre.
- Je pense pas qu'ils voudraient
que je vous fasse attendre.
- Ben non, mais c'est moi qui débarque ici sans rendez-vous.
"Bonjour, je m'appelle Marc LabrĂšche !
"Je cherche de la représentation."
Non, c'est peut-ĂȘtre un peu intrusif.
- Non, non, non, pas du tout. Vous ĂȘtes Ă la bonne place.
- Non, mais je vais attendre.
Pis je te dis pas ça pour te dire comment faire ta job.
- Oh, ben, c'est une jobine.
- Non, mais quand mĂȘme, je veux pas avoir l'air de sous-estimer
mon privilĂšge d'homme blanc de 50 ans.
- OK. Ben, c'est super.
- Mais lĂ , je me plains pas d'ĂȘtre conscient
d'avoir un privilĂšge d'homme blanc de 50 ans.
Au contraire, moi, j'ai beaucoup de respect pour les féministes.
- Oui, moi aussi.
- Non, je dis ça
pis je devrais pas dire ça.
Je veux pas m'approprier ton combat.
- Non, non, pas de problĂšme. C'est Ă tout le monde.
- Pis si je m'explique beaucoup, je veux pas que tu penses
que je sous-estime ton intelligence.
- Ah, OK. Merci.
- Non, c'est parce que des fois,
quand on est
un personnage public,
les gens des fois,
ils nous prĂȘtent des intentions
qu'on n'avait pas au départ.
C'est pour ça que j'exprime ma pensée
au fur et Ă mesure que je parle.
Parce que je veux pas qu'il y ait de malentendus.
Pis lĂ , j'ai peut-ĂȘtre eu l'impression
qu'il y a eu un petit malentendu.
En tout cas, c'est pour ça que je suis ici.
Et c'est pour ça qu'à partir de maintenant,
je vais attendre comme ça, tranquille, en silence,
que quelqu'un soit disponible.
Mais... mais je vous remercie beaucoup.
Vous ĂȘtes vraiment trĂšs gentille.
Ah, merde ! Je l'ai encore fait.
- Quoi ?
- Ben, j'ai utilisé le terme "gentille"
parce que j'ai présumé que tu t'identifiais
Ă ton genre biologique.
Mais peut-ĂȘtre
que t'aimerais simplement
que je t'appelle "monsieur".
- Oui. Non, non.
Julie, c'est parfait.
- Julie, c'est parfait. Merci, Julie.
- Hum, hum.
Je... je vais aller les chercher.
- Merci !
(sonnerie de téléphone)
- Ah. Est-ce qu'on vous a répondu ?
- Oui. Ben, bonjour ! Je m'appelle Marc LabrĂšche.
Je cherche de la représentation.
- Absolument. Je peux vous offrir un café ?
- Vous en offrez Ă tout le monde
qui vient ici en général ?
- Ben... oui.
- Vous avez hésité, là .
- On en offre Ă tout le monde d'important.
- Non, c'est ça, c'est que je...
Non, je veux pas de privilĂšge, merci.
- Mais c'est juste un café.
- Oui, mais je veux pas... je veux pas ĂȘtre
Marc LabrĂšche qui a des choses gratuites
parce que c'est Marc LabrĂšche.
On est tous humains, on est tous égaux.
(petit rire)
- Mais en mĂȘme temps,
en faisant semblant que vous ĂȘtes pas Marc LabrĂšche,
pis en faisant semblant
qu'on est égaux,
ben, vous me mettez
dans une situation
quand mĂȘme... trĂšs inconfortable
parce que vous me forcez Ă essayer de vous accoter.
Pis ça, moi, je suis vraiment pas capable de faire ça.
Le rapport entre l'assistante groupie - ça, c'est moi -
pis la vedette, vous,
c'est vraiment quelque chose qui me rend plus Ă l'aise.
- Je vais prendre un café.
- Lait ? Sucre ?
- Ah, ben, pas compliqué. Lait sans lactose, en avez-vous ?
- Je vais en trouver, oui.
- Sucre de canne, en avez-vous ?
- Ăa aussi.
- Merci ! - Oui. Je reviens.
- OK, merci. - Oui, merci Ă vous.
- L'avocat dit que si Stéphan Allard
renonce à écrire son film,
la mise en demeure tombe pis c'est fini.
- Ăa, ça veut dire que le projet de StĂ©phan meurt.
- Ben, il est déjà mort.
- Il a une cause, le Philippe ?
- Il est convaincu qu'il en a une.
Il a trouvé un jeune avocat
pour le représenter gratuitement
parce que, supposément, il a une bonne cause.
- Ouais, une cause qui va faire jaser. Il veut de la publicité.
- C'est assez pour nous faire mal, ça.
- Peut-ĂȘtre que si on montre
à Stéphan qu'on veut se battre.
les reins assez solides
- On n'a pas
les reins assez solides
pour se lancer
dans cette bataille-lĂ .
- Ăa retomberait sur StĂ©phan, ça vaut pas la peine.
C'est fini. Je vais mettre fin au projet.
- (Arlette) : Désolée.
- Bon, je vais aller congédier Camille.
- C'est pas déjà fait, ça ?
- Excusez, c'est parce qu'il y a Marc LabrĂšche
qui attend à la réception.
Il cherche de la représentation.
- (Jean-Frédéric) : Marc LabrÚche ?
- Et voilĂ .
- Merci, c'est trĂšs gentil. Merci.
- Marc ! Comment ça va ?
- Oui ? Ben, ça pourrait aller mieux, mais je serais pas ici.
- Tu connais Jean-Frédéric ? - Ben oui, ben oui.
- Non, je pense pas.
- Chez Francis Reddy.
- Ah, peut-ĂȘtre.
- Gabriel.
- Oui, bonjour !
- Enchanté. - Enchanté.
- Alexandra.
- AllĂŽ ! Ăa fait vraiment plaisir.
- Je te présente Hubert,
notre nouveau président.
- Bonjour, Hubert ! Enchanté. - Enchanté. Vraiment.
- Hum, ben, c'est ça, j'aimerais
ça parler à quelqu'un.
- Jean-Frédéric,
tu peux peut-ĂȘtre
rencontrer Marc
Ă ton bureau.
- Ben oui, avec plaisir.
- (Alexandra) : Si jamais, je suis disponible aussi.
- TrĂšs, trĂšs bon.
- Oui, mais pourquoi Jean-Frédéric ?
- Jean-Frédéric ? - Mais quoi ?
des désaccords avec lui
C'est pas parce que j'ai
des désaccords avec lui
que je reconnais
pas son talent.
Non, non, c'est important, Marc.
Il faut qu'on mette toutes les chances de notre bord.
- Ben, c'est pour ça qu'on aurait peut-ĂȘtre aimĂ©
le rencontrer en équipe.
- Non, j'ai vraiment l'impression
qu'il va ĂȘtre plus Ă l'aise avec une personne.
- Et cette personne,
évidemment, c'est Jean-Frédéric.
- Mais quoi ?
- C'est pas vrai que c'est
le meilleur, Jean-Frédéric.
C'est une illusion d'optique.
Si tu connaissais vraiment bien Jean-Frédéric,
tu saurais que la meilleure maniĂšre
de t'assurer qu'il
signe Marc LabrĂšche,
donner d'emblée.
c'est pas de lui
donner d'emblée.
LĂ , c'est trop facile.
Il va s'écraser.
- Quoi ?
- Pas de danger que vous vous proposiez pour m'aider, hein !
Toi, ça fait 4 ans que tu me regardes faire ça
sans bouger le petit doigt.
T'es pas mal plus grand que moi.
- ArrĂȘte donc de chialer.
- Tu le sais que j'ai peur des hauteurs en plus.
Ce qui est plate quand tu mens Ă tout le monde pendant un an,
c'est que quand les gens s'en rendent compte,
ils se sentent ben niaiseux de pas s'en ĂȘtre aperçu.
Malheureusement, les gens aiment pas trop ça se sentir niaiseux.
- T'es juste jalouse. Camille a
gardé son secret en silence.
Elle s'est jamais plainte. C'est comme R-E-S-P-E-C-T.
- HĂ©, pis Marc Messier, lui ?
Il y a quelque chose de vrai dans cette histoire-lĂ ?
Ta mÚre a travaillé au bar Wawaron ?
- Non.
- Elle ment aussi bien que son pĂšre.
- Non, je m'excuse,
mais Jean-FrĂ©dĂ©ric masque peut-ĂȘtre des informations,
mais ne ment pas.
- Pff ! Ben oui !
- Pis en pensant, Camille, il a l'air ben Ă l'envers.
- Pour vrai ?
- Ben, il le dit pas comme ça, là ,
mais t'es pas la seule qui souffre de cette situation-lĂ .
Je suis sûre qu'il se sent vraiment poche
d'avoir été un pÚre manquant pis il avait pas besoin
que tu viennes lui rappeler constamment.
- Oui, oui, c'est correct, je suis au courant.
- Hé, là , là , est-ce qu'il pensait qu'on était des amies
pis il veut pas qu'on soit des amies ?
Parce que, je m'excuse, mais entre toi pis Jean-Frédéric,
je vais choisir Jean-Frédéric.
- Je peux lui dire qu'on n'est pas des amies, si tu veux.
- En mĂȘme temps, t'es quand mĂȘme sa fille.
Sûrement qu'il voudrait que je sois gentille avec toi.
Que je sois, genre, ta belle-mĂšre.
- Ark ! Oublie ça, là .
De toute façon, je classe des dossiers
avant de me faire mettre dehors.
Je retourne Ă Chicoutimi. Tout va ĂȘtre correct.
Vous allez ĂȘtre corrects,
toi pis Jean-Fred, OK.
- Elle arrive.
- Camille, dans mon bureau.
- Oui.
- Je pense que... je pense que je suis le prochain.
- Le... le prochain ?
- Gilbert Sicotte, Roseanne Barr.
La censure, les tĂȘtes qui roulent.
- Viens t'asseoir, Marc. Je vais fermer.
(raclement de gorge)
(soupir)
OK, OK, OK. Tiens.
- Hum.
- Qu'est-ce que t'as fait ? - Je sais pas.
Est-ce que j'ai...
est-ce que j'ai fait une joke déplacée ?
Est-ce que j'ai sacré de maniÚre excessive ?
Est-ce que... est-ce que j'ai fait
de l'appropriation culturelle ?
Je... j'en ai aucune idée.
Ben, en fait, oui, j'ai une idée, là .
DerniĂšrement, j'ai... j'ai
utilisé le terme "pùté chinois"
dans une émission en direct à la télé.
- OK, mais... c'est québécois, le pùté chinois.
C'est pas de
l'appropriation culturelle.
- Non, mais c'est raciste. ComplĂštement, lĂ .
Pùté chinois, je veux dire... On... Hé... Penses-y 2 minutes !
Imagine les Québéco-Chinois
devant leur téléviseur
qui m'entendent dire :
de pùté chinois !
"Pas encore le tabarnac
de pùté chinois !
"On va en revenir de ça un moment donné ?"
Ils doivent ĂȘtre tannĂ©s.
Hachis parmentier. C'est quoi, le problÚme, avec ça ?
Hachis parmentier. Hachis parmentier.
Il n'y en a pas de problĂšme, lĂ .
- OK, mais...
(raclement de gorge)
Est-ce qu'il y a eu des plaintes ?
- Non, mais il y a quelque chose de pas normal.
Quand j'arrive sur le plateau
de ma nouvelle télésérie, L'avenir...
- Oui.
- ... tout le monde arrĂȘte de parler.
deviennent faux. Ils sont fins.
Là , ça chuchote. Les gens
deviennent faux. Ils sont fins.
Ils sont super fins, mais ils sonnent faux.
Non, il y a sûrement quelque chose qu'ils me disent pas.
Pis ça, là ... ça, là , c'est en train
de me rendre complĂštement paranoĂŻaque.
- Je suis sûr que ç'a rien à voir avec le pùté chinois.
- Hachis parmentier.
Tu devrais commencer
Ă t'habituer tout de suite.
- Hachis. Je suis sûr que ç'a rien à voir avec ça.
- Ben, ça doit ĂȘtre quelque chose de grave
si personne ose m'en parler.
- Tu vois, Marc, c'est justement le genre de problĂšme
que je pourrais facilement t'aider à régler
si j'étais ton agent.
- Ouais, tu veux... tu veux devenir mon agent
avant de régler mon problÚme ?
- C'est... c'est juste que ça serait difficile pour moi
de parler aux gens
si je te représente pas officiellement.
- Mais tu veux parler Ă qui ?
- Aux gens.
- Ben non, tu peux pas aller parler aux gens.
Tu peux pas aller sur le plateau pis dire :
"Qu'est-ce qu'il y a de suspect
avec Marc LabrĂšche ?"
Non, non, non ! Hé, là , t'ouvres une porte à une dérape. C'est...
HĂ©, j'en ai fait, des jokes dans ma vie.
jokes, j'en ai fait dans ma vie !
Des sketchs, des parodies, des
jokes, j'en ai fait dans ma vie !
Fais juste compter le nombre de jokes
que j'ai pu faire dans ma vie.
Si tout le monde se met
Ă suranalyser les jokes hors contexte,
c'est sûr qu'on va me trouver coupable de quelque chose.
- OK, mais je fais comment pour trouver le problĂšme
si je peux pas parler aux gens ?
- Ben, je sais pas. Qu'est-ce que ça fait, un agent ?
- Camille, reste pas debout. Assis-toi, s'il te plaĂźt.
On sait toutes les deux trĂšs
bien ce qui s'en vient. J'ai...
Mon Dieu, excuse-moi, je sais pas ce que j'ai.
- Ăa va ?
- Oui.
à cause des événements des derniers jours,
je suis dans l'obligation de te...
Excuse-moi, je sais pas pourquoi je suis... Coudon !
- Euh, veux-tu que je le dise que tu veux me congédier ?
mais j'ai pas le choix.
- Non, je veux pas te congédier,
mais j'ai pas le choix.
(inspiration profonde)
OK. T'as pas agi dans l'intĂ©rĂȘt de l'agence
dans les derniers jours.
Je t'avais dit d'arrĂȘter d'encourager Philippe.
Je t'avais demandé de me dire la vérité
par rapport à toi pis Jean-Frédéric.
Je savais que tu cachais quelque chose.
Pis j'ai de la peine, mais pas au point de pleurer comme ça.
Je sais pas pourquoi je suis dans cet état-là en ce moment.
Ă'a pas rapport.
(sanglots)
- HĂ©, je m'excuse.
- T'as toujours été là pour moi.
T'as contribué à me donner une stabilité,
Ă faire de moi une personne moins pire probablement
parce que t'Ă©tais toi-mĂȘme...
Probablement parce que t'Ă©tais toi-mĂȘme
un minimum compétente pis...
Je sais pas pourquoi je pleure comme ça. Je sais pas.
- Hé, je suis désolée, hein !
- C'est correct. Tu peux t'en aller, Camille.
Ferme la porte, s'il te plaĂźt.
Non. ArrĂȘte. Va-t'en, s'il te plaĂźt.
(fredonnement)
T'as l'air trop en forme, c'est pas normal.
Qu'est-ce qui se passe ?
- Hé, c'est pour Julie. C'est du déca.
La caféine, c'est pas bon pour le bébé.
- C'est ta façon subtile de m'annoncer
qu'elle se fera pas avorter ?
- J'ai toujours voulu ĂȘtre pĂšre
pis Julie, je l'aime beaucoup comme ĂȘtre humain.
MĂȘme si notre couple marche pas,
je suis sûr qu'on va faire des trÚs bons parents.
- Considérant que c'est bientÎt la fin du monde
pis que faire des enfants, ça pollue,
faire des enfants quand tu le sens pas vraiment,
c'est comme un peu inutile, non ?
Tu sais, je veux dire, fais des enfants
si t'es vraiment pas capable de te retenir,
mais lĂ , par accident, dans des conditions moyennes, non.
- Je suis un homme sensible, heureux, dévoué, loyal.
Juste de m'avoir comme pĂšre,
on est pas mal au-dessus de la moyenne.
Pis je suis tanné de me faire sous-estimer, OK ?
Qu'on se le tienne pour dit. - OK.
- Réunion d'équipe maintenant, OK ? Go !
Si on trouve la rumeur
et on la désamorce,
on met la main
sur Marc LabrĂšche.
- Ăa finirait bien l'annĂ©e,
qui est difficile,
on se le cachera pas.
- Vous en voulez, lĂ , de notre aide
ou c'est encore le petit boys club qui mĂšne ?
- Qui on connaßt sur l'équipe de la nouvelle série de Marc ?
- La maquilleuse pis
le directeur photo.
- Non, attends, Marc a dit
de pas parler à son équipe.
- Mais il est complĂštement parano.
- Non, écoute, s'il apprend qu'on a parlé à son équipe,
il signera pas avec nous autres.
- Faut juste bien chercher. Pas trop proche, pas trop loin.
- Es-tu capable d'exister
sans mentir ?
Tu lui as dit que tu parlerais pas à son équipe.
On va se mettre à l'écoute
de la rumeur, des commĂšres.
- On sait mĂȘme pas ce qu'on cherche.
Si ça se trouve, c'est un truc à l'interne
ou une niaiserie d'équipe.
On perd notre temps si on cherche ailleurs.
- C'est pas une niaiserie. Il dit que c'est grave.
Faudrait qu'il soit au courant du problĂšme avant,
question de limiter les dégùts.
- Bon, on se met en mode salon de coiffure,
esthéticienne, acuponcteur,
tous les endroits que l'équipe fréquente.
- Massothérapie. - Ben oui.
On va aller se faire masser par le beau Gustave
qui, entendons-nous,
est le pire masseur en ville.
Comme si ça, ça allait...
- Ăa allait quoi ? Es-tu homophobe ?
- C'est toi qui l'as dit en premier
fait que c'est toi qui vas y aller.
Moi, je rencontre Simon-Olivier Fecteau ce midi.
(conversations en sourdine)
- J'ai la mĂȘme coiffeuse qu'Anne
Dorval. J'essaie de ce cÎté.
- Bon, Jean-Frédéric,
massage. Toi, tu...
- Hein ? Oui, oui.
- C'est comme si je peux faire le chemin
de ma boule de stress dans mon corps.
Je regarde le téléphone, je sens la boule monter
pis j'ai la bouche sĂšche pis j'ai mal au coeur.
- Ăa va bien aller. On a travaillĂ© toute la nuit.
On a trouvé un producteur,
on leur a envoyé le budget de Fabrice Henry ce matin.
On leur a montré qu'on était sérieux.
- C'est fou, hein ? Je te regarde pis je vois un golden retriever.
T'es comme confiant pis heureux
pis... pis ça me calme.
- Un golden retriever ?
- Ouais, j'ai commencé à faire ça
pour simplifier mon rapport aux gens.
Parce que, tu sais, je travaille
avec beaucoup de monde.
Pis je ne me souviens plus qui est comment.
Alors, je les identifie Ă un chien.
Pis j'ajuste mon comportement en fonction du chien.
Golden retriever, je suis pas sur mes gardes.
Toi, lĂ©vrier. T'es comme une belle bĂȘte.
Vague impression que tu pourrais courir vite.
- Ă mon avis, Gabriel a quand mĂȘme un peu de caniche royal.
- Mais non, caniche royal, es-tu fou ?
C'est le chien le plus intelligent, le caniche royal.
- Bon, OK, c'est l'heure.
Jérémie, tu nous connectes
à l'appel conférence,
s'il te plaĂźt.
(reniflement)
- AllĂŽ ?
- Oui. Oui, oui, je sors.
(coup au sol)
- T'es pas supposĂ©e ĂȘtre enceinte, toi ?
- Ouais, non, pas vrai...
- T'as menti Ă Gabriel ? Ouvre la porte.
- Non, je pense sérieusement que je l'étais.
En tout cas, j'espérais. Je viens juste de...
- T'espérais, mais t'as dit à Gabriel que t'étais enceinte !
Ouvre la porte, Julie !
- J'avais plein de signes.
J'étais en retard dans mes rÚgles pis ça m'arrive jamais.
Pis j'étais comme full émotive,
genre, je pleurais pour rien
pis... pis je regardais des vidéos d'animaux sur Internet
pis je pleurais.
Pis lĂ ... j'ai mal aux seins
pis ils sont plus gros que d'habitude.
Ma brassiÚre déborde. J'ai mal au coeur.
Regarde, je pensais vraiment que je l'étais, OK ?
J'ai fait plein de tests de grossesse,
ils étaient tous négatifs.
Je me disais : "Il est peut-ĂȘtre juste trop tĂŽt."
Regarde, j'en ai plein, j'en ai acheté plein !
Je suis vraiment triste.
Ăa va ?
- Là , écoute-moi ben, Julie, OK ? Tu dis rien à Gabriel.
Parce qu'il voulait vraiment s'en occuper de cet enfant-lĂ
mĂȘme si c'est n'importe quoi, votre amour.
Il voulait vraiment prendre soin de cet enfant-lĂ .
Fait que tant que c'est pas réglé
avec Simon-Olivier Fecteau, tu dis rien.
- Ouais, non, excusez. Je veux vraiment pas nuire Ă personne.
- OK fait que réponds au téléphone.
(sonnerie)
- Agence AMG, bonjour ! Oui.
- Oups !
- Vous allez voir, on a des idées pour réduire les coûts.
On pourrait ramener le tournage
ici. On a déjà nos équipes.
- Les premiers épisodes sont trop bons
pour les laisser aller, hein ?
- C'est sûr qu'on aime ça, travailler avec vous.
Merci pour vos informations, Gabriel.
On aurait pu perdre encore plus
de temps et d'argent.
On va regarder ça à nouveau et on vous rappelle.
- Super ! Merci. Ă trĂšs bientĂŽt.
- C'était quoi, l'affaire des informations ?
- Je... sais pas. J'ai pas...
- Tu leur as donné des informations ?
Ă propos du producteur ?
- Non, mais je... je leur ai parlé avant qu'on se parle.
On a parlé de la situation, de ce qui s'était passé.
- OK, mais c'était weird. "Merci pour vos informations" ?
- Non, mais c'est pas grave !
L'important, c'est qu'on avance.
C'est des bonnes nouvelles, ça.
- Je suis pas encore revenue
de leur séparation à Guillaume pis Mariloup.
- Mais voyons, franchement, ça fait longtemps de ça, là .
- Pis, mon Gustave,
qu'est-ce que tu contes de bon ?
C'est quoi, les potins ?
- Une Joannie, maquilleuse pour la télé,
qui vient réguliÚrement.
- ProblĂšme de consommation. - Hein ?
- Il y a ben des affaires qui se sont passées depuis, hein ?
Des humoristes, il y a des animateurs.
- Aucune idée. T'es mon premier
client depuis des mois.
- C'est pas vrai ?
- Est-ce qu'elle
vous aurait parlé
de ce qui se passe Ă sa job ?
- Joannie est en chicane avec sa soeur.
- Consommation de quoi ?
- De pot. Beaucoup de pot.
- Ah ouais, ben moi,
les humoristes, ils ne me font plus rire.
Je sais pas c'est quoi.
Je vais dire comme Pierre-Yves McSween :
"On en a vraiment besoin ?"
Lui ! Lui, je l'aime.
- J'ai pris un congé pour écrire.
D'ailleurs, lĂ , il faudrait que je te parle de mon roman,
ça ferait une trÚs belle série.
- Ah ouais ?
- Oh ! Je vois de l'amour dans votre carte Ă vous.
- Marc LabrĂšche sur le pot ?
- Ah, excuse, je pensais que tu parlais
de Marc Messier Ă Salut Bonjour l'autre fois.
- Il paraĂźt qu'il s'en va Ă TVA.
Hum, mais j'ai peur, lĂ ,
parce qu'il y a une rumeur qui dit qu'Ă TVA,
ils vont couper un de leurs nouveaux projets, il paraĂźt.
- Ah oui ?
(coups Ă une porte)
- Ăvidemment.
- Tu répondais pas à mes messages.
- Parce que je veux pas te parler.
- Est-ce que je peux entrer ?
Tu déménages ?
- Je retourne Ă Chicoutimi.
Nous deux, on va faire quoi ?
- Camille, tu peux pas faire ça.
Nous deux, on va faire quoi ?
- Il n'y en a pas de "nous deux".
Il Ă©tait oĂč le nous deux
quand tu m'as fait accroire que tout était correct,
que t'allais travailler
avec Stéphan Allard ?
- Ben, j'ai jamais dit ça, moi.
- Il Ă©tait oĂč quand tu t'es virĂ© de bord
pis t'as poursuivi mon pĂšre, mon agence ?
- Mais ça te concerne mĂȘme pas. Pourquoi tu le prends personnel ?
- J'ai perdu ma job Ă cause de toi.
- OK, fait que c'est ça, dans le fond, là .
Tu me croyais tant que ça t'enlevait rien,
mais astheure que t'as perdu ta job de marde...
- Ma job de marde ?
En plus, tu vas dénigrer la seule affaire
que j'ai faite dans ma vie.
- Camille, c'est une job d'assistante !
Ă part impressionner tes matantes
avec le fait que Marc Messier, il est smatte
pis que Laurence Leboeuf est donc plus belle en vrai,
pourquoi tu nous sacrifies pour ça ?
- Tu te penses tellement bon
avec ton idĂ©e que t'as mĂȘme pas Ă©crit,
qui est juste un fait vécu minable.
Ă ta place, je l'aurais pris en criss
la job de scénariste d'émission pour enfants.
- Ben, Ă ta place, je serais reconnaissante
que quelqu'un t'ait libérée de ta job de marde.
- OK, là , c'est assez ! Tu t'en vas, je suis tannée.
- Non. - Va-t'en.
Je t'haĂŻs.
- Moi, je t'adore.
- Non ! Non ! Non !
Alex, Netflix a annulé la...
Alex ?
(soupir)
Fuck.
(soupir)
As-tu vu Alexandra ?
- Ben non !
Hé, je viens d'apprendre que TVA se prépare à annuler une série.
C'est eux autres, le diffuseur
de la nouvelle série de Marc LabrÚche.
J'essaie d'appeler Ginette Ă TVA.
Pas moyen de rejoindre personne.
- Pour vrai, je pense pas
que TVA ferait ça
Ă Marc LabrĂšche quand mĂȘme.
- Ben, ça dépend c'est quoi, la rumeur, hein !
C'est peut-ĂȘtre plus grave qu'on pense.
- Ouais.
- Pis ? Avez-vous du nouveau ?
(soupir)
- J'ai... j'ai vu le montage des derniÚres émissions.
C'est une catastrophe.
Les producteurs veulent m'effacer doucement
de ma propre émission.
On me voit mĂȘme pas.
Je parle pis la caméra est
sur la personne Ă qui je parle.
On me voit jamais.
- C'est peut-ĂȘtre juste une impression.
- Non. Non. Non, c'est vrai de vrai.
- Mais voyons, pourquoi ils feraient ça ?
- Pour me couper au montage.
- C'est trÚs étrange
parce qu'il y a aucune information qui circule.
On a parlé à plein de monde.
- Pas Ă des journalistes ?
- Non, non. Des gens du milieu.
- Ouais parce qu'on peut ruiner
une réputation
juste avec des questions.
- Mais faudrait que tu nous laisses parler à ton équipe
parce que lĂ , en
plus, avec les rumeurs
que TVA veut
annuler une série.
- TVA veut annuler une série ?
- Non, il y a vraiment rien de confirmé.
(soupir)
- Je suis fini !
Hachis parmentier ! Pourquoi j'ai pas dit "hachis parmentier" ?
Que c'est qu'il y a de compliqué là -dedans ? Hachis parmentier !
- Non, je suis déjà à TVA.
5 minutes, c'est tout.
J'ai juste besoin de lui parler
5 minutes, c'est tout.
Non, non, non.
Non, j'ai pas le temps
d'attendre pour un rendez-vous,
j'ai juste besoin de lui parler
5 minutes, c'est tout.
Il faut absolument que je lui parle
de la série de Marc LabrÚche.
Oui. OK. Non, c'est beau, merci.
Ginette.
(sonnette)
- Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
- Hum...
(raclement de gorge)
Noémie m'a dit que... que tu...
Elle m'a dit que tu retournais vivre Ă Chicoutimi.
- Ben oui.
- C'est vite.
- Ben, fallait que
je prenne une décision.
- Je me suis dit que... que je passerais.
- Ouais, ben lĂ , c'est pas vraiment le bon moment.
- OK. Regarde...
je te comprends de retourner vivre avec ta mĂšre.
Ăa va bien aller.
- Merci.
- Pis je voulais te dire que...
je le sais que ç'a été tout croche cette année, mais...
je suis vraiment content
d'avoir eu la chance de te connaĂźtre un peu plus.
- Cool. Merci.
- Tu vas pas le laisser dire des affaires de mĂȘme.
- Oh my...
(rire)
- Je veux dire, tu l'as pas protégée.
(rire)
- Wow !
- Regarde, je m'excuse, moi, je sais c'est quoi, un pĂšre.
J'en ai un pis c'est pas ça pantoute.
- Va-t'en.
- Mais je viens de te protéger.
- Non, tu prends tes affaires, tu t'en vas.
(soupir)
- On a reçu un non officiel pour la série de Simon-Olivier.
Sauf que Gabriel est pas capable de lui dire.
Il repousse le problĂšme.
- Pourquoi il fait ça ?
- Parce qu'il fait tout le temps ça.
Pis tout le monde le sait qu'il fait tout le temps ça
pis tout le monde le laisse faire.
Il va finir par perdre pas juste la série,
mais Simon-Olivier aussi.
Pis ça sera pas de sa faute. C'est jamais de sa faute.
- Bon, lĂ ... merci.
- Bon, là , il y a quelqu'un qui a appelé ma maquilleuse
pour lui poser
des questions.
- Non, non, ça, c'est... ça, c'est pas nous.
- Ouais, mais lĂ , il y a quelqu'un qui enquĂȘte sur moi.
Qu'est-ce que vous avez fait ?
- Marc, c'est pas ta série qu'ils veulent annuler.
C'est une autre série parce que l'auteur est malade
ou quelque chose comme ça.
Sauf que le problĂšme, c'est que...
On dirait qu'il faut que je boive de l'eau, moi.
- Non, non, fais
juste le dire.
- Oui, vas-y, dis-le. Je suis prĂȘt, vas-y.
- C'est que...
(soupir)
Marc...
- Oui.
- T'as les dents jaunes.
- Hein ?
- Tout le monde sur le plateau s'est fait blanchir les dents.
ParaĂźt qu'il y a
quelqu'un de l'équipe
qui a un super
bon dentiste.
- Oui, il blanchit les dents sur un méchant temps.
C'est blanc bleu.
- Ben, c'est ça.
Fait qu'à l'écran, à cÎté d'eux autres,
t'as l'air d'avoir les dents jaunes.
(rires)
- HĂ©, c'est... c'est tout ?
Ăa fait des semaines que je capote,
que je ne comprends plus,
que je me remets en question pis c'était juste ça.
- C'est tellement niaiseux.
- Mais lĂ , je comprends pas
pourquoi personne m'en a parlé, par exemple.
C'est comme... Ăa, je comprends pas. Ăa, moi, je suis parlable.
Je veux dire, le monde m'aime.
- Ben oui, mais
ils t'aiment trop.
- S'ils sont pas capables de me dire
que j'ai l'air d'avoir les dents jaunes à l'écran,
ils seront jamais capables de rien me dire.
Ăa, ça veut dire qu'ils aiment pas
nécessairement ce que je fais, ça veut dire qu'ils...
Non, non, mais je suis entouré de yes men.
Ils font juste dire oui Ă tout ce que je dis.
- C'est parce qu'ils
te font confiance.
- Mais tout ce que tu fais est tellement bon, Marc.
- Mais je comprends pas que personne m'en ait parlé.
C'est comme ma famille.
Si ma famille me parle pas, qui va me parler ?
- C'est normal, ici aussi, on est comme une famille
pis il y a ben des affaires qu'on se dit pas.
- Ah oui ? Comme ? - Ben... Tiens, Gabriel, hein !
Il a les dents jaunes pis on lui en a jamais parlé.
- Ah, Arlette ! - J'ai pas les dents jaunes.
- Ben oui. - Ah, trop facile.
- Bon, OK. La maquilleuse,
c'est moi qui l'ai appelée.
J'ai paniqué, je voulais trouver une solution.
- Hé, on a dit qu'on faisait pas ça ! On l'a dit à Marc.
- HĂ©, c'est toi qui voulais le faire
depuis le début de toute façon, lùche-moi !
- Tu m'as pas laissé faire non plus.
- Parce que je suis tannée que tu manges la puck, OK ?
Pis regarde, on va se le dire,
honnĂȘtement, c'est Alexandra qui aurait mĂ©ritĂ©
d'avoir un client comme Marc.
Ben plus que toi pis Gabriel,
qui avez connu une trÚs mauvaise fin d'année, qu'on se le dise !
- Merci, Arlette.
- Alexandra, je suis désolée,
mais comme souvent, t'as "choké", hein !
tu vas pas au chemin.
Tu jappes fort, mais
tu vas pas au chemin.
- Ăa, c'est vrai. - HĂ©, c'est quoi, ton problĂšme ?
- (Marc) : J'aime ça, ça !
C'est pas facile de dire la vérité
comme tu viens de le faire.
- C'est pas la vérité pantoute.
- Moi, ça me donne envie de travailler avec toi.
- Si c'est le temps de dire des vérités, je vais y aller aussi !
Si vous permettez, Alex, j'ai l'impression
que t'es toujours prĂȘte Ă me sauter dans la face.
N'importe quand, pis peu importe les bons coups que je ferai,
ça compensera jamais
le fait que des fois,
j'ai pas le choix de vous jouer dans le dos.
- Ah, t'es plein de marde !
- Ce commentaire, on peut le faire Ă Arlette aussi.
Depuis que t'es rendue VP,
t'es pas mal moins une fille d'équipe.
au-dessus de l'équipe.
- HĂ©, je suis boss, je suis
au-dessus de l'équipe.
- HĂ©, non, mais attends, si toi,
t'es boss, lui, c'est qui ?
- Je suis le président. - Il est assez content, lui !
- Woh, je gÚre les problÚmes d'employés !
Je gĂšre le fait que toi, par exemple,
t'as perdu la confiance de ton assistant
pis maintenant, il insécurise tout le monde.
Je suis pas ici pour rien.
- Attends, Jérémie me joue dans le dos ?
- Ben, qu'est-ce que tu penses,
c'est à ça que ça sert
d'ĂȘtre bĂȘte avec
son assistant des fois.
C'est d'avoir son respect. - Que je te vois !
(exclamations entremĂȘlĂ©es)
- HĂ©...
qu'est-ce que tu voulais dire hier par caniche royal ?
- Ah, rien, c'est juste le premier chien qui m'est venu.
- Non, mais caniche royal,
genre, il se prend pour un autre,
ou il se fait passer pour un golden,
mais au fond, il est pas si fin que ça ?
- Euh, non, vraiment, c'était juste comme ça.
- Hé, je le sais que Gabriel a parlé à Netflix dans mon dos.
- Oui, mais il a juste fait une petite obsession
sur ton producteur.
Pis disons que ç'a pas vraiment aidé sa cause
auprÚs des Américains, c'est tout.
- OK, oui, mais pourquoi ?
- Ă cause de Sofia, j'imagine.
- C'est quoi, le rapport avec Sofia ?
- Ben, il avait un kick dessus.
- Sofia mon ex ?
- Tu peux pas juste décider qui fait quoi.
Tu peux pas nous mettre dans une case.
Parce que je sais pas si t'as remarqué,
mais moi aussi, j'en mĂšne large.
- Depuis 24 heures
fait que calme-toi.
- Un 24 heures dĂ©cisif. Je vais ĂȘtre papa.
J'ai des gens dans ma vie. Ma vie a un sens.
Et ça me pousse à me dépasser.
- Elle est mĂȘme pas enceinte, Julie. Elle voulait, mais non.
Fait que mets-toi ça
dans la tĂȘte. Elle l'est pas !
- C'est formidable ! L'histoire du faux bébé, j'adore ça.
- C'est qui, Julie ?
- C'est la réceptionniste, qu'est-ce que tu penses ?
- Il couche encore avec la réceptionniste ?
- Pourquoi t'es méchante avec moi ?
- Parce que moi,
je suis enceinte.
Moi, je suis enceinte, OK, pis j'ai les hormones dans le tapis !
- Ben voyons ! T'es enceinte de qui ?
- De personne, Arlette. - De Fabrice Henry !
- (Arlette) : Hein ?
- Ben voyons donc ! Tout le monde couche avec tout le monde, ici !
- Ah, regarde qui c'est qui parle !
Tu couches ben avec Noémie.
- Merci, Arlette. - Fait plaisir.
- Mais pourquoi
tu lui fais ça ?
- Toi, laisse faire !
- T'es pas enceinte ?
- J'avais vraiment hĂąte de te le dire,
mais Alexandra m'a dit d'attendre.
- Tu m'as menti.
- Non. Non, je pensais vraiment que je l'étais.
J'avais plein de signes. Je t'ai pas menti.
J'ai juste parlé un petit peu
vite. C'était de l'enthousiasme.
Je suis désolée.
On peut peut-ĂȘtre rĂ©essayer ?
On n'avait mĂȘme pas vraiment essayĂ©.
Moi, ça me tente en tout cas d'essayer.
- Gabriel ? Simon-Olivier t'attend dans ton bureau.
- (Jean-Frédéric) :
HĂ©, c'est beau, hein ?
Beau lavage de linge sale en famille. Bravo, les filles !
- Un, tu nous as jamais considérées comme ta famille,
deux, tu te sers de l'agence pour encadrer ta famille.
- Tu nous as amené tes
problĂšmes personnels ici.
T'as toujours
fait ça !
- J'ai toujours négligé ma famille au profit de l'agence,
pis je ne sais mĂȘme plus si
j'en ai une famille fait que...
- Oh, oh, oh, blĂąme pas l'agence
pour ton incapacité à vivre de l'intimité.
- Ben lĂ , Arlette, franchement !
capable de vivre de l'intimité.
Il y a personne ici qui est
capable de vivre de l'intimité.
- OK, moi, ça va faire. Le lavage de linge sale, ça fera.
Pis toi, dis surtout rien, hein ! HĂ©, on repassera.
- T'en voulais, de la vérité, Marc ? En voilà !
- Excuse-nous. Je sais pas ce qui se passe aujourd'hui.
- Papa.
- Oui ?
- Je voulais m'excuser avant de partir.
Je te comprends d'ĂȘtre fĂąchĂ©, j'ai pas Ă©tĂ© Ă la hauteur.
J'ai laissé mes émotions fucker mon jugement.
Pis toi, je t'admire parce que, justement,
tu laisses pas tes émotions fucker ton jugement.
Mais tu laisses pas tes émotions rien faire.
J'ai passé l'année à me demander
comment tu pouvais ĂȘtre aussi bon avec tes clients
pis aussi poche avec moi.
LĂ , j'ai finalement compris.
T'es en compĂ©tition avec toi-mĂȘme.
T'aimes rien, tu fais juste travailler.
Pis c'est pas que t'es pas généreux,
c'est que... t'es vide.
Mais si jamais tu veux
qu'on apprenne Ă se connaĂźtre pour vrai,
moi, j'ai pas peur du vide ni de la compétition.
- Je l'aime, elle.
- J'ai une bonne pis une mauvaise nouvelle.
Netflix dit non.
Mais TVA a besoin d'une série là , là .
Je leur ai envoyé les premiers épisodes. Ils capotent.
Ils veulent te rencontrer
pour peut-ĂȘtre, hum, revoir le budget pour la suite.
Mais ils trouvent tes trames super intéressantes.
Ils veulent négocier pour reprendre la série.
- Ben, c'est super.
Comme ça, t'avais un kick sur Sofia ?
- Euh... Hein ?
Je... Ăa...
Ăa fait longtemps, lĂ . Un petit kick de rien.
Pourquoi ? C'est... c'est elle qui t'en a...
- Ah, parce qu'elle le sait ? Vous en avez parlé ?
C'est quelque chose qui existe entre vous deux ?
- C'est vraiment des bonnes nouvelles, TVA.
Sofia pis moi, c'est... il s'est rien passé, là .
- Je te crois pas. T'es pas un bon menteur.
- Je te jure, il s'est jamais rien passé.
- Pis t'as dénoncé mon producteur,
t'as pris cette décision-là sans m'en parler.
- Oublie le producteur, OK ?
Avec TVA, la série va durer ben plus longtemps
pis ça va ĂȘtre tellement bon, lĂ !
Tu vas vendre le format partout à l'étranger, garanti !
- Je t'aimais parce que t'étais franc.
T'es devenu comme les autres.
- J'ai... j'ai su avant les Américains
que le producteur pigeait dans la caisse.
J'ai voulu les avertir pour limiter les dégùts.
- Pis tu leur en as parlé
alors qu'on aurait pu trouver une solution ensemble
avant que tu leur parles.
- Des fois, ma job, c'est de pas te dire des choses
pour te... te protéger.
- Hum.
Regarde... je vais y aller
tout seul au meeting Ă TVA.
Je m'en occupe.
Au pire, tu feras signer les contrats.
Si ça marche.
Ah.
Pis c'est mieux de marcher.
- OK.
- Alors donc, là , tous les membres de mon équipe
ont les dents d'un blanc
bleuté, mais pas moi.
Alors, Camille,
Ă ma place,
tu ferais quoi,
toi, avec mes dents ?
- Ă votre place, j'abuserais de mon pouvoir
pis je forcerais tout le monde
Ă revenir Ă une couleur de dents plus naturelle.
Mais moi, je dis ça parce que j'ai envie d'ĂȘtre boss.
J'ai envie d'ĂȘtre au top de la pyramide
pour une fois dans ma vie.
Mais je suis pas une référence,
surtout pas en ce moment.
- Donc, je blanchis.
- Pas nécessairement.
Les gens de votre équipe ont pas
été capables de vous en parler
parce qu'ils pensent que ça se fait pas,
demander Ă quelqu'un de se faire blanchir les dents.
Mais dans le fond, les gens de votre équipe
ont peut-ĂȘtre besoin que vous soyez la personne
qui ne se fait pas blanchir les dents.
Ils ont peut-ĂȘtre besoin de continuer
et d'admirer votre force de... de courage.
Fait que de dire non
Ă ceux qui voudraient que vous ayez les dents blanches,
c'est aussi ĂȘtre Ă l'Ă©coute de ça.
Pis si je peux vous donner un petit conseil, lĂ ,
faites des jokes avec vos dents jaunes.
Moi, je vous regarde à la télé des fois
pis c'est vrai que vous ĂȘtes drĂŽle.
Ăa va passer, je suis sĂ»re.
- Camille, on va faire des
grandes choses ensemble.
(petit rire)
- Comment ça ?
- Tu veux pas devenir l'agente de Marc LabrĂšche ?
- Ben, vite de mĂȘme, je pense pas, non.
- Hum-hum, mauvaise réponse.
On veut signer Marc LabrĂšche, tu deviens agente.
- Mais pas ici. Tout
le monde m'haït déjà .
- Ben, pas tout le monde.
Ah, pis de toute façon, c'est comme ça, hein !
Des fois, le monde nous haĂŻt avant de nous respecter.
Ils t'haĂŻront, c'est pas la fin du monde !
- Je sais pas si j'ai encore la force d'endurer tout ça.
Je veux juste aller
Ă Chicoutimi
pis que ma mÚre me fasse du pùté à la viande.
C'est ça que je veux.
- Pff ! Je vais t'en faire, moi, du pùté à la viande,
s'il y a rien que ça.
Regarde, moi, j'ai confiance
en toi. Alexandra, elle t'aime.
Elle t'a dĂ©fendue jusqu'oĂč elle pouvait.
Gabriel, lĂ , il s'en fout.
- Pis Jean-Frédéric ? Qu'est-ce que tu fais de Jean-Frédéric ?
- On va s'en occuper de Jean-Frédéric, laisse faire.
- OK.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Ăa va ?
- Les... les chicanes de famille,
ça... ça m'angoisse toujours un peu.
- Hum. Je comprends.
- Noémie. Noémie.
- Oui ?
- Je... je suis tanné de vivre dans le mensonge.
Le jeu, c'est excitant, c'est mĂȘme exaltant,
mais... mais c'est pas vrai.
Je... je veux ĂȘtre dans la vĂ©ritĂ©. Ăa ne se peut plus.
- Tu... tu veux qu'on dise Ă tout le monde
qu'on est ensemble ?
- Regarde, je pense que ça serait plus honnĂȘte
si... si on arrĂȘtait de coucher ensemble.
Regarde, j'ai beaucoup de désir pour toi, Noémie,
mais je pense que toi et moi, on le sait,
ça va toujours finir au mĂȘme point.
Tu vas toujours ĂȘtre plus amoureuse que moi.
Pis je veux pas ça.
(sonnerie de téléphone)
- (Julie) : AMG, bonjour ! Pas de
problĂšme, je te mets en ligne.
- T'as parlé de moi pis Sofia à Simon-Olivier.
Tu parles dans mon dos Ă Hubert.
Voyons donc, Jérémie, pourquoi tu me fais ça ?
- Tu mets la carriĂšre de nos clients en danger
parce que... parce que tu gĂšres mal ta vie affective.
- Je n'ai mĂȘme pas de vie affective !
- T'étais obsédé par le fait que Sofia
couchait peut-ĂȘtre avec le producteur Albin.
- Ăa fait des semaines que je me bats
pour la série de Simon-Olivier,
je n'en dors plus !
- Pourquoi tu me disais rien ?
- Tu me fais pas confiance, tu me regardes de haut,
t'attends de me prendre en défaut !
- Je suis désolé.
(soupir)
- C'est quoi, lĂ , va falloir que
je te mette dehors, c'est ça ?
- Je le faisais pour protéger nos clients.
- C'est mes clients, Jérémie.
Pis si tu m'aides pas Ă ĂȘtre au meilleur de mes capacitĂ©s,
tu les aides pas non plus.
- OK.
- Pense Ă ta vie, JĂ©rĂ©mie. Pense Ă ... Ă tes rĂȘves.
Pense Ă ce que tu veux. T'es libre, tu sais.
Reste pas ici si t'es pour devenir amer.
Pis moi, ben, je vais... je vais réfléchir de mon bord.
- Tout le monde est lĂ , tout le monde a un verre.
Deux grandes
nouvelles !
Marc LabrĂšche est maintenant client Ă l'agence AMG.
Bravo, bravo !
Et, et, et...
c'est Camille qui
va le représenter.
- Hein ? - Bravo, Camille !
Elle devient donc une
nouvelle agente chez AMG.
- (Jean-Frédéric) : Oh, bravo !
- Quand mĂȘme, on a le pardon facile.
- Quand on signe avec Marc LabrĂšche, oui.
- (Gabriel) : Bon ben, bravo, Camille !
- (Arlette) : Bravo, ma Camille !
- Martel. Oui, E-L.
Non, non, je vous ai dit
que c'était un rendez-vous d'urgence que je voulais.
Oui, je suis disponible vendredi. Ă quelle heure ?
OK. Parfait, c'est noté.
Je vous remercie, au revoir.
- Fait que... tu vas te faire...
- Faire quoi ?
- Tu vas te faire avorter ?
- Sais-tu c'est quoi,
les chances que je retombe enceinte par hasard ?
Zéro.
Aucune chance.
J'ai beau ĂȘtre pro-pro-pro-choix,
c'est ma seule chance, ça.
Je prenais rendez-vous chez la psy.
Ils ont peut-ĂȘtre des tests,
eux autres, qui vont m'indiquer
si je suis une assez bonne personne pour ĂȘtre mĂšre.
Peut-ĂȘtre qu'ils peuvent m'apprendre Ă ĂȘtre mĂšre.
- Tu vas ĂȘtre une bonne mĂšre.
Fais-toi-z-en pas.
- Je suis meilleur à la comptabilité
qu'Ă la gestion des agents pis des clients.
T'avais raison.
- Bravo !
Ă'a Ă©tĂ© moins long que j'imaginais
avant que tu t'en rendes compte.
- Mais je veux qu'on codirige l'agence pour vrai.
Je peux pas ĂȘtre ton patron, t'es meilleure que moi.
- OK.
- Et j'ai l'impression que tu m'en veux
parce que je te laisse pas indifférente.
Ăa aussi, ça nuit Ă notre bonne relation de travail.
- D'accord. Qu'est-ce que tu proposes ?
- J'arrĂȘte d'ĂȘtre ton boss, je deviens ton fiancĂ©.
(petit rire)
Et pis, mĂȘme si au dĂ©but,
ça te fait trop penser à ton histoire avec Michel,
je te promets que d'ici une couple de semaines,
tu n'y penseras mĂȘme plus.
- Hum.
- Hum, hum.
(raclement de gorge)
- T'admires ton nouveau royaume ?
Je suis fier de toi, ma fille.
Sous-titrage : MELS
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