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- Tiens.
- Ah ! Merci.
- Prends ça, là .
- Oh oui !
(raclement de gorge)
- Fait que qu'est-ce
qui s'est passé ?
- Hum ! J'ai dérapé.
J'ai fait une connerie.
Je me sens pas bien,
pis quand j'y pense, ben, j'ai mal au coeur.
- Euh, ben non, tu vas
pas commencer Ă me conter
tes histoires de brosse,
là , on fait pas ça.
- Branche-toi, c'est toi qui m'as demandé ce qui s'est passé.
- Avec mon audition.
- Ah !
mon message ?
- T'as pas vu
mon message ?
- Ben, c'est parce que tu m'as envoyé
une trentaine de textos, Maripier.
(soupir)
- J'ai vu
Julie Le Breton hier.
Elle a dĂ©jĂ
passé l'audition
pour le film sur la
vie de Julie Payette.
- OK.
- Ben, ça, ça veut dire
que les auditions
sont commencées,
comment ça j'ai
pas été "callée" ?
- Parce que c'est
pour Julie Payette,
pis que t'as pas
tout Ă fait son casting,
alors ils t'ont
pas appelée en audition,
- Ou tu m'as
pas proposée.
- Ben, honnĂȘtement,
t'es vraiment pas
la premiĂšre personne
Ă qui je pense
pour jouer Julie Payette
l'astronaute.
- Je savais que j'aurais pas dĂ» te prendre comme agente.
Fait que t'as fait
comme tous les autres,
tu m'as sacrée dans
la case de la belle fille,
fait que lĂ ,
si je reste avec toi,
je vais juste jouer des
pouliches pis des femmes fatales
qui font des faces
d'espionnes russes.
Je suis capable d'avoir
de la profondeur,
de dire des affaires
compliquées.
Ăa me tente de... ça me
tente de porter un sarrau
pis de parler de
mécanique quantique
en marchant vite dans
un corridor, genre.
- OK. Mais c'est pas toi, le problĂšme, lĂ .
- C'est quoi ?
- C'est juste que Julie Payette,
c'est une femme de 50 ans
qui a un physique... normal.
Je veux dire, pour
ne pas dire drabe.
Alex, je suis une actrice.
- Ouais, c'est parce que,
Alex, je suis une actrice.
Je suis capable
de me transformer.
- Oui, mais il y a
toujours ben des limites.
C'est pour ça que
ça existe, le casting.
- Sais-tu quoi ? Laisse
faire. Je vais m'arranger.
- OK, regarde. Tu veux une audition ?
Je vais t'avoir une audition.
- Oui, je veux
une audition.
- Parfait, tu vas avoir une audition.
- Aujourd'hui.
- Parfait.
- OK. Fait que dégrise
pis fais ta job.
- T'Ă©tais oĂč ?
- Euh... Chez moi.
- Faut que t'appelles
la directrice de casting
du film de Julie Payette,
que tu lui dises qu'on a
mentionné plusieurs fois
que Maripier Morin voulait ĂȘtre
vue pour jouer Julie Payette
pis qu'on comprend pas pourquoi ils lui donnent pas une chance.
Tu dis aussi qu'on
comprend pas pourquoi
ils font pas juste
la voir en casting
pis qu'on veut qu'elle
auditionne aujourd'hui.
- OK. Pis on avait parlé à qui pour ça ?
- Ă personne.
C'est un mensonge.
Durand-Brault qui réalise,
C'est juste que c'est Alexis
Durand-Brault qui réalise,
pis qu'est-ce que tu veux,
c'est un gros snob fini,
il veut pas lui voir la
face, Ă Maripier Morin.
Il faut que tu
sois convaincante.
- OK.
- Es-tu correcte
avec ça, mentir ?
Parce que je veux pas
que tu fasses quelque chose
qui est contre
nature non plus, lĂ .
Je veux dire, il faut
pas faire des choses
qui sont contre
nature pour soi.
AprÚs ça, on se sent pas
bien pis c'est pas bon.
Je le sais.
Je le fais.
- Ăa va, c'est pas la premiĂšre fois
que tu me demandes
de mentir, hein !
Je suis habituée.
Tu peux cracher
dans la poubelle.
Juste...
(soupir)
- Ah... Non, non.
C'est bon.
Fallait que j'avale.
Ăa nettoie l'intĂ©rieur.
- Euh, ça, c'est des documents de Fabrice Henry
pour le film de Yan England,
il veut savoir ce que t'en penses.
- Hum...
- T'as 2 conférences
téléphoniques ce matin.
Tu te souviens ?
- OK.
- Une avec le producteur
de Los Angeles
pis l'autre avec l'avocate
du syndicat des auteurs.
Veux-tu que je sois lĂ
pour prendre des notes ?
- Euh... Los Angeles,
oui, l'avocate, non.
- OK, parfait. Je nous installe dans ton bureau, ça te va ?
- OK. Noémie ?
- Oui ?
- J'aime vraiment notre
nouveau partenariat.
C'est clair,
c'est efficace.
(rire)
Une excellente conciliation
travail-sexualité.
- Ha ! Bon ! DĂ©pĂȘche-toi.
T'as une réunion
d'équipe dans 30 minutes,
tu vas ĂȘtre
en retard.
- Merci.
- Agence AMG, bonjour !
Euh, non, Gabriel est en réunion en ce moment.
- Ăcoute-moi, lĂ .
Non, écoute-moi.
Rassure-toi, on s'occupe
de ton retour, OK ?
Il est oĂč, Gabriel ?
- Aucune idée.
- Ăa sera pas long, OK ?
Alors, comme je te disais, tout va ĂȘtre correct...
- Oh, mon Dieu !
Merci d'ĂȘtre lĂ !
T'es mon ami, je suis
tellement contente de te voir !
- Ăa fait 3 messages
que je laisse Ă mon contact aux Ătats-Unis.
On s'est pas compris, je voulais
pas qu'il tire la plogue,
mais qu'il
change de producteur !
- S'il a tiré la plogue,
c'est qu'il était trop tard.
Ăa veut dire que le producteur
a flaubé tout le cash.
- Ils ont des épisodes de
tournés, ils vont pas les jeter.
Appelle Fabrice Henry.
- Non, non !
- On fait un match, on refait
la structure financiĂšre,
on arrive avec une proposition forte.
Ils auront pas le choix de reprendre la série tout de suite
avant de perdre les décors pis l'équipe.
- Non, moi, Fabrice, je peux pas, ça me... ça m'écoeure.
Pour vrai, non, beurk.
- Ben lĂ , que c'est qu'il y a, lĂ ?
- Ah... C'est
de ta faute, hein !
Je t'avais de pas me
laisser toute seule avec.
- Que c'est qui s'est passé ?
- Oh, mon Dieu !
J'ai couché avec Fabrice Henry.
- Ben non ! Ben non !
- Oh, mon Dieu,
je sais pas...
je sais pas ce qui
m'a pris, sérieusement !
Je le sais pas !
En plus de ça, non
seulement c'est un homme,
mais c'est un dragueur de
premier degré, mais dégueulasse !
Je suis complĂštement,
complĂštement,
dans le panneau.
complÚtement tombée
dans le panneau.
Pis je me sens tellement
dégueulasse, là ,
je peux pas te dire,
je me sens, ah...
Je me sens dégueulasse
de l'intérieur,
mais littéralement,
comprends-tu ?
Empoisonnée
de dedans, lĂ .
Pis lĂ , lui, il arrĂȘte
pas de me parler,
je n'ai plus le goût de
lui parler, mais lĂ , hop !
Un petit appel par ci pour
me parler de Yan England,
pis hop,
hop, hop !
Un petit courriel par lĂ ,
pis comprends-tu, moi, je...
Moi, je ne veux plus lui parler,
pis lui, il est lĂ , pis...
Je suis juste
comme : "Ah... OK."
S'il te plaĂźt, peux-tu t'occuper
de Yan England, s'il te plaĂźt ?
- Ben...
- Veux-tu t'en occuper ?
- Ben, je...
(coups Ă la porte)
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- AllĂŽ ?
- Euh...
J'ai des lettres.
- Mets-les
sur le bureau.
OK, bye !
Qu'est-ce qu'il y a, lĂ ?
(soupir)
- Ouais... Non, c'est...
- C'est quoi ?
- Ah ! C'est ça, l'affaire, là ...
Euh... Julie est enceinte.
- Attends, minute ! De toi ?
- Ben ouais.
(rire)
- Ah, mon Dieu ! Ah !
On est donc
ben caves !
- Ouais.
(rire)
- Oh, mon Dieu !
Merci tellement
d'ĂȘtre mon ami, lĂ !
(rire)
HĂ©, juste quand je pensais
que j'étais au plus bas,
comprends-tu, juste
quand je pensais, lĂ ,
que j'avais atteint
le bout du bout de la marde !
Non ! Il y a toi !
Il y a toi qui es lĂ !
Il y a toi qui es lĂ
pis qui m'accotes !
T'es ben plus cave
que moi ! Merci !
Merci tellement d'ĂȘtre mon ami !
- Je suis pas
plus cave, lĂ !
(sonnerie de téléphone)
- Elle est enceinte
de toi ! Ah, mon Dieu !
(rire)
AllĂŽ, Camille ! Oui.
Ben oui, évidemment, qu'il a
dit non, Alexis Durand-Brault,
parce que ça se prend pas
pour de la marde, ça,
Alexis Durand-Brault ! Hein ?
- AllĂŽ !
- Bonjour !
- Tu te rappelles
de Philippe ?
- Cute. TrĂšs cute.
- Ben, c'est ça, il y a comme du nouveau dans ce dossier-là .
- S'il veut la job
d'auteur de série jeunesse,
je vais lui refiler le contact,
mais j'ai pas besoin de le voir.
- Il y a quelque chose
qu'il aimerait vous dire,
à toi pis Stéphan.
- Camille, lĂ , lĂ , je n'en peux plus, OK ?
- Une derniĂšre rencontre,
s'il te plaĂźt !
- HĂ©, c'est quoi, lĂ ?
C'est quoi, la face, lĂ ?
C'est quoi, t'es
devenue un petit ange ?
Qu'est-ce
qui se passe ?
- Oui, je comprends que
le réalisateur a dit non,
mais c'est juste une audition.
Elle veut vraiment,
donnez-lui une chance.
OK. Ben oui, je comprends, c'est
pas de ta faute. Merci. Bye !
Arlette ? Arlette,
j'ai vraiment besoin
que tu me rendes
un service, s'il te plaĂźt.
qui veut absolument
Il y a Maripier Morin
qui veut absolument
jouer Julie Payette...
- Ah !
- ... dans le film
d'Alexis Durand-Brault.
Je sais ! Je sais,
c'est pas le bon casting.
Mais en tout cas, elle veut
absolument une audition,
pouvez-vous lui donner
juste une audition, Arlette ?
- Appelle la directrice de casting.
- Bonjour !
- Bonjour !
Je viens de raccrocher.
Ton réalisateur
veut rien savoir.
Peux-tu l'appeler,
s'il te plaĂźt ?
- Non, moi, j'appelle pas Alexis Durand-Brault, lĂ ,
pour me mĂȘler de son casting.
Un, franchement, je fais jamais ça. Surtout pas à lui.
C'est pas le genre Ă se faire dire quoi faire.
- Mais j'ai Maripier Morin
qui menace de me laisser
pas une audition.
si je lui trouve
pas une audition.
- Le monde aime pas qu'on leur impose des acteurs en audition.
Elle va faire une folle d'elle
pis elle va lui taper
sur les nerfs, Ă Alexis.
- Il y a des réalisateurs qui
trouveraient pas ça si pire.
Il y a des réalisateurs qui
seraient pas mal moins snobs.
Moi, je connais
un réalisateur
qui s'appelle Denys Arcand,
vois-tu c'est qui ?
Il a accepté
d'engager Maripier Morin
pour jouer son lead
dans son dernier film !
Fait que ton
Alexis Durand-Brault,
je trouve qu'il se prend
pas pour de la marde,
pis tout le monde ici
est d'accord avec moi.
Il y a personne qui
l'aime, ce gros tas-lĂ .
- Bravo, chérie, insulte-le, tu plaides ta cause.
- OK, OK, ben, t'as
raison, je m'excuse.
on l'aime tous.
Il est super, Alexis,
on l'aime tous.
Arlette,
s'il te plaĂźt.
- Ăa me tente pas fort, lĂ , mais OK. Mais je garantis rien.
- Merci. Arlette ? HĂ©, avoue
que tu le trouves cave.
- Ah !
- Je le savais.
- Pis, Arlette,
c'était super, l'Abitibi ?
- Ă'a changĂ© ma vie !
Si c'était pas que la série de Fecteau a été annulée,
je serais encore lĂ .
- "Annulée",
attends donc ! Ha !
Ils ont des problĂšmes,
mais ils ont pas
brûlé les épisodes
qu'ils ont dĂ©jĂ
tournĂ©s, quand mĂȘme !
- Ils ont renvoyé tout le monde,
faut quand mĂȘme pas rester dans le dĂ©ni !
- Combien de séries
ils ont récupérées
que les autres chaĂźnes
avaient "flushées" ?
propre sĂ©rie, quand mĂȘme, lĂ !
Ils vont pas laisser mourir leur
propre sĂ©rie, quand mĂȘme, lĂ !
- Ben, ça ressemble
pas mal à ça, là .
- J'attends de parler
au big boss d'Hollywood
avant de sauter
aux conclusions.
- Qu'est-ce qui t'empĂȘche
de leur parler lĂ , lĂ ?
- Ben... ils ont pas
encore retourné mon appel.
- Oh, la stratégie, toi ! Il attend le retour d'appel !
- Il attendit
Netflix et mourut.
(imitation de coup de feu)
- De toute façon,
Ă vous entendre,
il ne reste plus
rien Ă faire,
fait que qu'est-ce que
ça change dans vos vies
que je garde
espoir, hein ?
- Regarde, faut préparer l'aprÚs.
Ils vont tous revenir de Hongrie.
Pierre-Luc Brillant, Sofia,
Ătienne De PassillĂ©, Simon-Olivier...
Ils ont pas de job, lĂ , hein ! Le retour va ĂȘtre difficile.
- Hum, hum...
- HĂ©, excusez-moi,
lĂ , mais moi,
j'ai pas encore démissionné
de cette série-là .
- HĂ©, Alexis Durand-Brault,
avouez qu'il est lourd.
- HĂ© ! Tu la veux, ton audition ou tu la veux pas ?
(en anglais)
- J'ai déjà reçu un
appel d'un journaliste
qui a entendu parler que le
tournage de la série est annulé.
Faut préparer un
communiqué clair, sobre,
juste assez vague mais précis,
pis Ă©motif en mĂȘme temps,
parce que ça passe
mieux quand c'est émotif.
- Ben, comment ça, un communiqué ?
Il y a rien de définitif, là !
Si on annonce que la série est annulée,
on envoie le mauvais message !
- Par "mauvais message",
tu veux dire "la vérité" ?
(petit rire nerveux)
- Il y a rien de confirmé encore, c'est arrivé hier.
Sur le site Internet, ça dit encore que la série est à venir.
C'est pas mort ! Je peux pas croire que c'est mort !
tu devrais suggérer ça
- Attendre. C'est bien,
tu devrais suggérer ça
Ă Simon-Olivier Fecteau, hein,
qui envoie des courriels aux
15 minutes pour te parler !
Pourquoi tu lui réponds pas ?
- Je lui ai
parlé hier !
J'ai rien de nouveau Ă lui
dire, j'ai pas de nouvelles !
- Oui, mais lui, il veut te reparler,
il a besoin d'ĂȘtre rassurĂ©.
- Je veux parler
aux Américains avant.
- OK !
- Toi, là , ça doit t'arriver
de voir tes artistes comme une
équipe de hockey, des fois ?
- Non.
- Non, mais penses-y,
lĂ ! C'est pas fou.
Tu sais, mettons si t'as trop
de défenseurs, c'est pas idéal.
Hein ? Tous tes
défenseurs peuvent pas
en mĂȘme temps.
avoir de la job
en mĂȘme temps.
- As-tu bu beaucoup, toi, hier ?
(rire)
- Non !
- T'es pas claire.
- Non, mais
penses-y, lĂ !
Tu sais, des fois,
ils font ça au hockey,
ils échangent un joueur d'équipe
pour rééquilibrer les équipes.
- OK, lĂ .
- Bon, ben,
c'est ça !
Je pense que
nous autres aussi,
des fois, on
pourrait faire ça.
Comme par exemple, moi,
je pourrais t'échanger,
je sais pas, moi, Yan England
contre Marc-André Grondin.
- Euh... Un : non, on fera pas ça, des échanges.
Deux : j'ai rien Ă gagner, moi, lĂ -dedans.
c'est pas vrai.
- Ben non,
c'est pas vrai.
Il est trĂšs
enthousiaste, Yan England.
Je veux dire, il est tout
le temps de bonne humeur,
un vrai petit
rayon de soleil !
- C'est quoi, le problĂšme avec Yan England ?
- Pfft... Tu le sais ben, lĂ ,
Fabrice Henry, la coprod...
Ăa, c'est
pas pour moi.
- Ben lĂ , arrĂȘte !
C'est un super deal qu'il t'a eu, Fabrice.
OK, c'est laborieux, une coproduction,
surtout avec des Français, c'est interminable,
mais lĂ , Yan, il va avoir un gros budget
pour son prochain film,
une grosse sortie en Europe.
HĂ©, hĂ©, hĂ© ! Ăa va aller, Alex, lĂ !
Pis tu vas te mordre les doigts si moi, je reprends le dossier,
parce que la commission lĂ - dessus, lĂ , ça va ĂȘtre Ă©norme.
En euros !
Pis, regarde, oui, Fabrice, il a des défauts,
il a clairement, clairement des défauts,
mais il est efficace, OK ?
- Arlette !
- Ouais, écoute, je lui ai parlé, à Alexis Durand-Brault,
ça marchera pas.
Il a presque fait son choix,
il hésite entre 2 comédiennes,
fait que ça va ĂȘtre une perte de temps
s'il voyait Maripier Morin.
- Pour moi, c'est
pas une perte de temps,
parce que Maripier
y tient vraiment.
- Non, mais gÚre ta cliente, chérie,
moi, j'ai d'autres choses Ă faire.
tanné de travailler
Alexis est
tanné de travailler
avec du monde qui ont
pas de formation d'acteur,
il trouve
ça le ralenti.
- OK, il est pas capable de diriger,
fait qu'il a besoin de travailler avec de bons acteurs,
c'est ça, dans le fond, l'argument.
- Non, il travaille
beaucoup sur plein de projets,
ça lui prend un
systĂšme efficace,
pis il a le temps de coacher
des juniors sur son plateau.
Désolée.
- Oh, my fucking God !
Maripier ! AllĂŽ !
- Salut !
- HĂ© ! Oui !
- Regarde comment c'est beau !
- Wow !
- Non, mais avoue ! C'est pareil !
- Ouais.
- On ne le sait plus, tu sais. Suis-je Maripier Morin ?
- Maripier, Julie
Payette, on sait pas !
- On sait pas ! C'est comme un parfait mélange des deux.
Mon audition est Ă quelle heure ?
un conflit d'horaire.
- C'est ça, on a
un conflit d'horaire.
Ăa pourra pas...
Salut, Arlette, merci !
On pourra pas...
Ăa pourra pas marcher.
- Quoi, un conflit d'horaire ?
Ăa se rĂšgle, des conflits d'horaire !
- Non, pas tout le temps,
c'est ça, l'affaire.
- Non, c'est parce que t'es pessimiste,
on va regarder ça ensemble, je te rÚgle ça en 2 secondes.
Viens-t'en, ma belle.
- OK...
- Ils tournent ça quand,
le film de Julie Payette ?
- Non, mais on a des gros
problĂšmes d'horaire,
t'as tellement des beaux
projets qui s'en viennent,
on va pas
tout sacrifier
pour que tu puisses faire Julie Payette !
Qu'est-ce que tu fais, lĂ ?
- Je me tiens
comme un astronaute.
- Ăa se tient pas de mĂȘme.
- Qu'est-ce que t'en sais ?
- Il y a pas de
gravité dans l'espace.
- C'est parce que toutes les actrices qui jouent beaucoup
ont des horaires super
chargés, c'est comme ça.
Soit tu joues trop,
soit tu joues pas.
Je suis capable
d'en prendre,
t'as pas à décider que mon
horaire est trop chargé.
(grognement)
C'est quoi, lĂ ?
(soupir)
HĂ© ! Qu'est-ce qu'il y a ?
Qu'est-ce que
tu me dis pas ?
- Il est trop tard.
Il hésite entre 2 actrices. Il est trop tard.
- Ben, go !
S'il hésite entre 2 actrices,
convaincu complĂštement,
ça veut dire qu'il est pas
convaincu complĂštement,
donc que c'est le meilleur
moment de me voir en audition.
- Maripier, déjà qu'on insiste pour que tu fasses une audition
à laquelle t'as pas été convoquée,
s'il fallait en plus que tu te pointes lĂ -bas
pis que tu te plantes...
Pas par t'es pas bonne, t'es trĂšs bonne,
mais juste parce que t'as pas le casting qu'il faut
pour jouer Julie Payette,
ben, ça serait comme un échec de plus, de trop.
Pis des beaux rĂŽles de femme avec les cheveux frisĂ©s de mĂȘme,
il va en avoir plein.
- C'est lui
que je veux.
- Pourquoi ?
- Osti, faut tout
que je lui explique !
(soupir)
(soupir)
Parce que c'est
fucking Julie Payette.
- Hum, hum.
- LĂ , sais-tu les
nerfs que ça prend
pour faire ce
qu'elle a fait ?
Elle s'est ramassée
astronaute en chef.
Pis lĂ , elle occupe le poste
le plus prestigieux au Canada.
- Hum, hum.
- Il y a personne
qui dit Ă Julie Payette
de faire sa cute.
Il y a personne qui se met
en travers de son chemin
parce qu'elle
est trop forte.
Sauf que moi, ah...
Peu importe ce que je fais,
il y a du monde comme toi
qui me regarde
de haut,
qui sont
convaincus de savoir
ce qui est bon pour moi
dans la vie ou pas.
Pourquoi ?
Aucune osti d'idée.
(sonnerie de téléphone au loin)
- OK. T'as gagné
ton point.
Sauf qu'on a quand
mĂȘme un problĂšme;
c'est que le gros cave
d'Alexis Durand-Brault,
ben, il est snob, pis lui,
il veut pas en voir,
des acteurs qui ont pas fait d'école de théùtre.
Fait qu'on fait quoi, Maripier ? Dis-moi on fait quoi.
- On n'a pas
un problĂšme.
T'as un problĂšme,
ma petite chérie.
Parce que si tu t'écrases en
avant d'un argument aussi poche
que le fait que
j'ai pas fait d'école,
ben, je suis désolée, tu
mérites pas 15% de mon salaire.
Fait que lĂ ,
fais ta job.
- HĂ© ! Ăa va ?
- HĂ© ! Ha !
Ăa va, toi ?
- Ouais. Qu'est-ce que tu fais ?
- Euh... J'attends
un retour d'appel
pour la série de Fecteau.
- Ah. Pis t'es obligé de faire
ça en marchant sans arrĂȘt ?
- Ouais, ben, si je fais d'autres choses,
ben, je me mets Ă angoisser, fait que...
- Ben oui,
je comprends.
(petit rire)
Hum... Tu sais, je
voulais te dire, lĂ ...
On n'est pas obligé de reparler
de ce que je t'ai dit hier.
- Non. Ouais. Faudrait... faudrait, comme, en parler.
dans une période de stress,
- Non, mais avoir su que t'étais
dans une période de stress,
je te l'aurais
pas dit.
Je l'ai dit un peu
n'importe comment, trop vite.
Tu sais, on n'est
pas obligés d'en parler
pour une
couple de jours.
- Ben... Oui, ben, en fait,
c'est parce que je suis comme...
Je suis pas full capable de penser à ça.
- Oui, tant que les
Américains ont pas rappelé,
ben oui, je comprends,
je comprends ! Hum !
- C'est cave.
- Non, non. Ben non.
T'angoisses pour ton monde.
C'est important, c'est
une grosse affaire.
Tu sais, moi non plus, lĂ ,
je suis pas pressée de...
- Non ? OK.
- OK.
(raclement de gorge)
(soupir)
- OK...
- Je sais pas quoi faire
avec Maripier Morin.
Merci, Camille.
- Tu pourrais lui faire
faire une audition filmée
pis lui dire que le réalisateur l'a vue,
mais qu'elle a pas le rĂŽle.
- Bonne suggestion de
mensonge ici, Camille,
mais ça
marchera pas.
Maripier Morin
va s'arranger
pour savoir s'il l'a
vu ou non, son tape.
Je veux dire, elle
lĂąche pas le morceau, lĂ .
- Fabrice Henry non plus lĂąche pas trop le morceau.
Il trouve ton temps de réaction plus long que d'habitude,
et il espĂšre, je le cite :
"Que ta soirée d'hier n'affecte pas ton jugement professionnel."
- Hum, hum...
- Je pense vraiment que t'es pas supposée boire le rince-bouche.
- OK, Yan England avec le
contrat de Fabrice Henry
et Maripier Morin contre
Pat Huard pis Ălise Guilbault.
(rire)
- Non. Hum...
Pat Huard contre Yan England, Maripier Morin
et, euh... France Castel.
- Ben lĂ ! Trois contre un,
t'exagĂšres, lĂ !
Il est hot, Pat Huard,
mais t'exagÚres, sérieux.
- OK, OK, attends un peu.
- Ouais.
- Euh... Non. Ben non.
Ah ! Et Danielle Fichaud.
- Montre-moi ça.
Danielle Fichaud !
J'y avais pas pensé !
Danielle fucking Fichaud !
(raclement de gorge)
- Ăa va ?
- Hum, hum.
- C'était vraiment correct, le festival en Abitibi ?
- Hum, oui. C'est un trĂšs bel
évÚnement, trÚs bien organisé.
- OK.
Hum... T'as pas l'air vraiment, vraiment en forme.
- Ah ben, ça va, j'étais
contente de revenir.
Mais... LĂ , je sais pas
comment t'expliquer ça...
(soupir)
T'as contaminé
mon agence.
LĂ , je te vois...
Je n'ai plus la tĂȘte au
travail pis ça m'énerve.
- C'est pas obligĂ© d'ĂȘtre comme ça.
- Non.
Mais fais-toi-z-en pas,
lĂ , je vais me ressaisir,
pis je vais redevenir
indifférente trÚs bientÎt.
(clappement)
- Ben... Je suis quand mĂȘme content de te voir.
(en anglais)
Wow ! Ă'a bien Ă©tĂ©.
- Je clarifie les notes
pis je te les envoie.
- Ouais, parfait.
Hum... Cet aprĂšs-midi, j'ai un
rendez-vous un peu stressant.
J'aurais peut-ĂȘtre besoin de
toi aprĂšs si t'as 2 minutes.
- Oui. En soirée ?
- Ouais. Ouais.
Chez moi ?
- Parfait.
- Parfait !
Parfait !
- Maripier ? C'est Alex.
Peux-tu passer au bureau ?
J'ai les scĂšnes d'audition
de Julie Payette.
(soupir)
- Ăa va ?
- Oui, oui.
- T'es comme froide.
- Non.
- Là , je sais que c'est bizarre que j'aie couché avec elle
pis elle s'en souvient pas, lĂ ,
mais j'étais tellement saoul, moi aussi !
Pis elle était volontaire.
Dans le sens, elle avait bu, mais elle était consentante.
Pis jamais j'aurais fait ça,
coucher avec la blonde de mon meilleur ami Ă jeun.
- Il arrive.
(fermeture de porte)
- Salut !
- Merci d'accepter de
me rencontrer encore.
- Pas de trouble.
grande révélation. OK ?
- On s'attend Ă une
grande révélation. OK ?
(petit rire)
- Ayoye, on dirait
le mĂȘme bĂ©bĂ© !
- C'est pour ça que je veux raconter cette histoire-là .
C'est la mienne.
- Ben oui.
- Pis personne sait rien, lĂ ,
t'as jamais rien dit ?
- Non. Les parents
sont encore ensemble,
c'est une belle
petite famille normale.
- Ha ! Man,
c'est "fucké".
- Hum.
- Oui, mais ça change
rien. Ăa prouve rien.
- Ăa m'est arrivĂ©, OK ?
C'est mon histoire.
Décroche,
s'il te plaĂźt.
- OK, pis qu'est-ce que tu
vas faire avec ça, toi, hein ?
vas passer un test d'ADN,
Tu vas aller en cour, tu
vas passer un test d'ADN,
tu vas briser la famille
de ton meilleur ami
juste pour
prouver ton point ?
- Je vous le dis à vous autres, là . C'est ça que je fais.
- On peut juste s'entendre que c'est son histoire ?
- Ăa change rien.
- Attends, ben oui,
ça change quelque chose !
- Ben non, légalement,
ça change rien, OK ?
Pis ton
grand chum, lĂ ,
quand il va aller voir le
film de son meilleur ami,
tu penses pas qu'il va
comprendre quelque chose ?
Ă ton affaire ?
Hé... Y as-tu réfléchi,
Ă ton affaire ?
- Pas nécessairement, pas si c'est ben fait.
- HĂ©, toi, lĂ , pourquoi
tu prends sa défense ?
- Qu'est-ce qui se passe ?
Comment ça, l'audition est ici ?
- On fait pas l'audition tout de suite.
Je te présente Danielle Fichaud, elle va te coacher.
C'est la meilleure en ville.
- Salut !
- Salut, ça va bien ?
Euh, Alexandra,
excuse-moi,
je peux te parler
2 petites secondes ?
- Ăcoute, ça me bouleverse,
ce que tu racontes.
Je trouve ça "fucké", je trouve
ça tordu, raide, choquant...
- C'est pas pour rien que
j'en ai pas parlé avant.
- En mĂȘme temps,
si t'es prĂȘt
des émotions que t'as vécues,
à aller loin dans la vérité
des émotions que t'as vécues,
ça peut ĂȘtre hyper
nourrissant pour l'écriture.
- Il faut que j'écrive ce film-là ,
c'est la seule chose que je peux faire.
- Ah, pis moi, de mon cÎté,
je suis avancé,
le contrat est signé,
pis moi aussi,
je pense
que je peux apporter beaucoup Ă l'histoire,
fait que, tu sais, je suis
pas prĂȘt Ă laisser aller.
Non, non, attends, attends,
ce que je dis, c'est...
pourquoi on
l'écrirait pas ensemble ?
- Je trouve que c'est une excellente idée.
- Hein ? On finit d'écrire
le scénario ensemble,
nos 2 noms au générique,
on sépare l'argent.
Pis oui, c'est
ton histoire,
un gros contrat.
mais moi, je t'apporte
un gros contrat.
En début de carriÚre,
c'est pas rien.
- Hé, ça... ça,
c'est vraiment généreux,
c'est une belle
occasion tombée du ciel.
- Non, non, sérieux,
moi, j'y crois, lĂ .
- HĂ©, c'est super, non ?
- Ouais. Ouais ! Ben, je...
Je vais y penser, mais ouais !
- Hé... On devrait boire quelque chose, là , ç'a pas de bon sens !
- Il y a un restant de blanc dans le frigo.
- OK !
- T'as du champagne
lĂ -dedans, lĂ !
- C'est pas Ă moi Ă me
faire coacher, tabarnac !
C'est Durand-Brault
qui a des préjugés.
- Tu sais que j'ai toujours admiré ta détermination, OK ?
Sauf que lĂ , c'est pas
Durand-Brault, le problĂšme,
mĂȘme si c'est un gros cave.
Le problĂšme,
c'est que t'as choisi
quelque chose
de difficile.
Je vais t'aider, on a trouvé des scÚnes,
on va te faire un self-tape, mais faut te faire coacher.
S'il le faut, je vais me "pitcher"
devant le char Ă Durand-Brault pour qu'il regarde ton tape.
Sauf que lĂ , va falloir...
- Sauf que lĂ , faut que tu fasses ton bout.
On la travaille, l'audition ?
Parce que j'ai annulĂ© un cours pour ĂȘtre ici.
(soupir)
- Je pense que
j'ai de la biĂšre !
- Tu vas réveiller
ton coloc, lĂ !
- Ah...
T'as raison !
Je fĂȘterais jusqu'Ă demain matin
tellement je suis contente !
(rire)
- J'aime ça quand
t'es contente !
- Hum...
OK, on laisse faire la biĂšre, on va aller dans ma chambre.
(petits rires)
- Non, moi, je vais
dormir sur le sofa.
(petit rire)
- Tu me niaises ?
- Non. Je vais pas dans ton lit si t'as bu.
tant que ça, checke !
- J'ai mĂȘme pas bu
tant que ça, checke !
Hou !
- Ouais, non. Non. Pas si t'as bu.
- Ah...
(gémissement)
- Désolé.
- Franchement !
C'est correct de toute
façon, c'est super sexy.
Bonne nuit !
(petit rire)
- Commandant.
Vous le savez,
que je suis la meilleure
pour la mission spatiale.
- Trop dans ta tĂȘte.
- Commandant,
vous le savez,
pour la mission spatiale.
que je suis la meilleure
pour la mission spatiale.
- Expire !
(respiration profonde)
- Commandant,
vous le savez,
que je suis la meilleure
pour la mission spatiale.
- Ha ! Il y a pas le feu.
- Ah ouais ?
Parce que t'es vite pour
décider que je suis pas bonne.
Pourquoi tu me laisses
pas finir mon paragraphe ?
- Si je le sais, que t'es dans le champ
dĂšs que t'ouvres la bouche,
je te laisserai pas continuer pour rien.
T'es trop volontaire ! Sois toi-mĂȘme.
- Oui, c'est
parce que, Danielle,
dans la vie, lĂ ,
je suis volontaire.
Fait que si tu veux
que je sois moi-mĂȘme,
ĂȘtre volontaire.
ben, je vais
ĂȘtre volontaire.
- Non. T'es pas toi-mĂȘme, lĂ ,
il y a personne de volontaire de mĂȘme naturellement.
- Je te montre ç'a l'air de quoi
quand je suis trop volontaire ?
- Hum, hum !
- Parfait ! Je vais
te le montrer.
Commandant,
vous le savez,
que je suis la meilleure
pour la mission spatiale.
Trop tĂȘtue, oui,
mais vous le savez
que je vais aller
au bout des choses.
(rire)
- Essayes-tu de me faire peur ?
- Ben lĂ , peut-ĂȘtre que je suis
un petit peu exaspérée, je...
- Oh, ça va l'impressionner beaucoup, ça,
Alexis Durand-Brault, ta
petite exaspération d'actrice
qui pense que
le rĂŽle lui est dĂ».
- Sais-tu quoi ?
Laisse faire, je vais
m'arranger toute seule.
- C'est fini, lĂ ? T'abandonnes ?
- Ben, j'abandonne pas !
Mais lĂ , il est tard
pis ça ne finit plus
pis tu me rĂ©pĂštes la mĂȘme
affaire depuis tantĂŽt.
- Tu t'améliores pas, c'est normal que je me répÚte !
- Mais c'est parce que je le
comprends pas, ce que tu veux !
(sanglots)
- Mais toi, lĂ , qu'est-ce que tu veux ?
(sanglots)
- Je veux jouer
Julie Payette.
Je veux jouer
une femme forte.
(reniflement)
Je veux que le monde, il le
voie que je suis intelligente.
C'est pas compliqué,
me semble !
- Oui, mais là , Julie Payette, elle se résume pas à ça !
Tu sais, penses-tu qu'elle s'est pas faite sous-estimer,
juger, regarder de haut ?
LĂ , tu me la joues juste forte ! C'est plate.
Tu sais, ce qui la rend forte, lĂ , c'est qu'elle a eu mal.
Ce qui la rend forte, lĂ ,
c'est la mĂȘme chose qui risque de te rendre forte, toi.
Mais lĂ , tu t'entĂȘtes Ă jouer un rĂŽle qui est pas pour toi
parce que tu veux plaire.
Mais es-tu capable de le prendre, de pas plaire ?
Pis d'aller dans le fond de toi, lĂ ?
LĂ oĂč tu t'Ă©tais emprisonnĂ©e toi-mĂȘme dans une petite case
oĂč l'opinion du monde est tellement importante
que t'existes pas si tu joues pas Julie Payette !
Ben, sors de ta case,
pis on va pouvoir commencer Ă travailler pour vrai,
parce que lĂ , en ce moment, j'ai pas de matiĂšre.
- T'es pas fine.
- Regarde, lĂ , t'es dessus.
(reniflement)
- Ăa donne rien.
(soupir)
- Non, non, fais ton texte, lĂ !
- Quoi ?
- Regarde, t'es sur quelque chose, lĂ .
Garde cette émotion-là .
- J'arrĂȘte pas de repenser
à la soirée avec Fabrice.
C'est juste qu'au début,
c'était comme excitant,
parce que c'était comme
une transgression
sauf que lĂ , j'y pense, pis je
suis comme beurk, beurk, beurk !
m'écrire pis de m'appeler,
En plus, il arrĂȘte pas de
m'écrire pis de m'appeler,
pis je suis juste comme
beurk, beurk, beurk !
Si seulement je pouvais
inventer un genre de hashtag,
tu sais, qui... qui
décrit ce que je ressens
par rapport Ă la
soirée d'hier,.
- Ben là , c'est pas à ça que ça sert, les hashtags !
- Juste... J'ai pas voulu avoir
envie de coucher avec lui,
pis je sais
pas pourquoi
j'ai couché avec lui,
mais je voulais pas ça.
Mais... En tout cas.
Tu sais,
au moins, toi,
Julie va se faire avorter,
ça va ĂȘtre rĂ©glĂ©.
- Hé, woh, là , les grandes déclarations !
- Ben lĂ !
- Ben quoi ?
Je suis pas rendu lĂ dans ma tĂȘte !
- C'est pas parce
que t'es pas rendu lĂ
pas le faire.
qu'il faut
pas le faire.
Je veux dire, la vie
continue d'avancer.
Là , là , toi, ta priorité,
c'est le projet en Hongrie.
Pis dans 9 mois,
il va ĂȘtre trop tard
pour qu'elle se
fasse avorter.
- Non, mais lĂ , lĂ , comment tu parles...
Avorter ? Je... C'est un petit peu trop concret pour moi.
HĂ©, on peut parler de...
poussiÚre d'étoiles qui va s'envoler dans le...
Avorter, c'est un petit peu trop violent pour moi en ce moment.
- Hum ! Violent.
Pis j'imagine que
tu vas trouver ça
trop violent aussi,
l'avortement.
Genre, ça va te faire mal
physiquement, l'avortement ?
- Non, c'est pas parce que je vais pas le vivre physiquement
que je suis super à l'aise de vivre avec l'idée.
- En tout cas,
t'es ben Ă l'aise
de faire un enfant avec
une fille que t'aimes pas ?
- On s'est aimés beaucoup, Julie pis moi, hum !
Peut-ĂȘtre qu'on va ĂȘtre capables de recommencer.
- Tu sais trĂšs bien que c'est
pas comme ça que ça marche.
Pis d'ailleurs, c'est pour ça
qu'ils ont inventé l'avortement.
- PoussiÚre d'étoiles.
- Avortement.
Avortement.
(gazouillis d'oiseaux)
(soupir)
- (murmurant) : LĂ , as-tu le droit de venir dans mon lit ?
(petit rire)
- T'as Ă©crit Ă
Simon-Olivier Fecteau
Ă partir de
mon adresse courriel ?
- Fallait ben que
quelqu'un s'en occupe !
- Hé, Jérémie, je te
jure, à un moment donné,
faut arrĂȘter de faire
des affaires comme ça.
Ăa marche pas, lĂ !
Tu peux pas
t'exprimer en mon nom !
Tu peux pas prendre des
décisions sans m'en parler !
C'est moi, l'agent !
- C'est mes clients Ă moi aussi. Indirectement.
mal, je suis pas bien.
Pis quand on s'en occupe
mal, je suis pas bien.
Pis dorénavant,
si j'ai à choisir entre protéger
nos clients ou t'écouter,
je vais choisir
nos clients.
- J'ai jamais
compris c'était quoi,
cette chose en moi qui faisait
que je voulais
toujours aller plus loin.
Que j'en voulais
toujours plus.
Que quand j'arrivais au bout,
Ă la place de m'arrĂȘter,
je faisais le pas de trop.
Toujours entre l'ambition
pis l'autodestruction.
Commandant...
je suis la meilleure
Vous le savez, que
je suis la meilleure
pour la mission
spatiale.
Trop tĂȘtue, oui.
Mais vous le savez, que je
vais aller au bout des choses.
(ouverture de porte)
(raclement de gorge)
- HĂ©, allĂŽ !
- Bonjour ?
- AllĂŽ !
- Vous ĂȘtes Sofia,
c'est ça ?
- Oui. Je viens voir Gabriel.
- Oui ! Euh, Gabriel est
en ligne en ce moment.
Hum... Voulez-vous un
café, un verre d'eau ?
- Euh... C'est beau, je vais y aller moi-mĂȘme.
Je connais les airs.
- Je sais pas si ça t'intéresse,
mais Sofia est en bas.
- Je... je vous rappelle, merci.
Sofia ? Déjà ?
- Ouais, c'est super compliqué,
lĂ , les billets d'avion.
Bref, Simon-Olivier
a eu l'élégance
de laisser les acteurs
rentrer en premier.
Vas-tu descendre ou
tu veux que je lui dises
que t'as déménagé
au Costa Rica ?
- Non, non,
c'est beau, j'arrive.
Je... je vais juste finir ça.
- Mais ç'a été hyper étonnant.
On nous a juste dit que la série était finie,
2 heures aprĂšs il fallait que ma valise soit faite,
on nous a mis dans un avion sans aucune explication.
- Ah, mon Dieu !
- Aucune !
C'est rough, tu peux pas faire ça !
Je veux dire, c'est le métier le plus humain du monde,
pis là , on se fait déshumaniser ?
Là , je suis super décalage en plus.
- Oh, mais t'as l'air
vraiment bien, en tout cas.
- Pis c'est niaiseux,
mais quitter un personnage sans ĂȘtre allĂ© au bout de sa trame...
Je veux dire, je m'étais attachée à mon rÎle, là !
Pis lĂ , tout est mort.
- Ben, c'est horrible !
Les conséquences de cette
affaire-lĂ : horribles.
- Je peux pas croire qu'on va pas ĂȘtre dĂ©dommagĂ©s. Non ?
J'ai refusé des contrats pendant que j'étais là -bas !
LĂ , je me retrouve devant rien.
- Oh, mais ça va bien
aller, je suis pas inquiĂšte.
- Non, c'est
vraiment inacceptable !
On n'en a pas fait assez pour
vous soutenir lĂ -dedans,
toi, Simon-Olivier pis les autres acteurs de l'agence !
Je suis désolé.
- Ben voyons, t'es ben fin, toi !
Ăa va ?
- Ben, je suis pas fin, lĂ , c'est normal.
Je veux dire, c'est un clair
manque d'empathie de notre part !
C'est un de tes plus grands
rĂȘves qui a Ă©tĂ© parti en fumĂ©e !
Ăa se fait pas, ça !
- Gabriel !
- HĂ©, Sofia !
(rire)
- Je suis vraiment
contente de te voir !
- Ouais, moi aussi, je suis content.
Je veux juste te dire, on travaille vraiment fort
pour régler la situation en ce moment, hein !
- OK.
- Euh...
On... on va prendre un café ?
- OK !
Je me suis rendu
compte d'une chose
pendant que
j'étais là -bas.
Si tu prends pas soin
de ta vie personnelle,
tu peux pas
réussir dans la vie.
rattrape tout le temps.
Tu peux pas. Ăa te
rattrape tout le temps.
Je veux pas avoir mon nez
collé dans ma petite carriÚre,
je veux ĂȘtre heureuse, je veux
ĂȘtre en paix avec mes choix.
LĂ , j'ai juste l'impression que
je vais passer ma vie Ă me dire :
"J'aurais dĂ» ci,
j'aurais dû ça."
J'aurais juste dĂ»
suivre mon coeur.
Il s'est rien passé
avec Simon-Olivier.
C'était
vraiment fini.
- Ah, euh... Oui. Non.
Je veux dire, je... je l'aurais pas demandé, là , mais...
Ouais, non, j'avoue...
j'avoue que j'Ă©tais curieux quand mĂȘme, mais...
- Pis, ben, je sais qu'on s'est
laissés sur une drÎle de note,
toi et moi
vers la fin,
mais si ça te tente, on
pourrait peut-ĂȘtre juste...
- Ăcoute...
Sofia, t'es... t'es parfaite pour moi,
mais, euh...
(clappement)
Comment te dire ça ?
Je... je vais ĂȘtre papa.
(petit rire)
- Hein ?
- Oui. Oui, je... je vais ĂȘtre papa.
(rire)
Je vais ĂȘtre papa.
Je... je fuis l'idée depuis quelques jours,
mais lĂ , je te vois, pis je me dis :
"Fuck ! Je vais ĂȘtre papa !"
Je... C'est immense, ça me... ça me dépasse complÚtement.
Je... je suis désolé, je ne comprends plus rien, je...
Je vais ĂȘtre papa.
- Comment ça ?
Avec qui ?
- La réceptionniste.
(soupir)
- Arlette ! Arlette !
Au début,
je voulais juste
que Maripier ait
droit Ă une audition
parce que je voulais
pas la décevoir.
Finalement, elle s'est fait
coacher toute la nuit
par Danielle Fichaud,
elle vient de faire
un self-tape incroyable.
Arlette ! Elle avait raison !
Elle est Julie Payette !
- Le réalisateur
a fait son choix.
- Non ! Non, non, non ! Non, c'est qui ?
Est-ce que c'est une de tes actrices ?
Le contrat est signé ?
- Pas encore.
- OK, Arlette, s'il te plaĂźt.
Dis-le pas Ă ton actrice.
Fais-lui pas signer son contrat
jusqu'Ă ce qu'Alexis
voit le self-tape,
s'il te plaĂźt, s'il te plaĂźt !
- T'es sûre que tu veux pas
d'autres choses avec ça ?
- Arlette !
Il est oĂč, Alexis ?
- Aujourd'hui, il est en
tournage sur sa série de télé.
- J'ai besoin de son horaire. S'il te plaßt. Fais ça pour moi.
- Oui, je vais faire ça
pour toi, qui l'as insulté,
qui l'as traité
de tous les noms,
de prétentieux,
d'arrogant pis de tout !
faire ça pour toi !
Oui, je vais
faire ça pour toi !
- De quoi tu parles ? J'adore Alexis Durand-Brault !
Je l'adore !
- Ah ! Drama queen !
- Lieu de tournage,
vous pouvez pas rester lĂ .
- Je fais partie
de la production.
Il est oĂč, le rĂ©al ?
Faut que je lui parle.
- Ils s'en vont sur
une autre location...
- Alexis ! Excuse.
- Non, non.
- Je veux juste te....
- Non, non.
- HĂ© !
- Non, non, non, non.
- HĂ© ! Alexis, s'il te plaĂźt !
Regarde ! Regarde ici !
Regarde-moi !
Alexis ! HĂ© ! Regarde !
Faut que je te montre
quelque chose
qui va changer ta vie, Alexis.
Regarde ça, s'il te plaßt.
HĂ©, ta gueule, osti,
toi ! Va-t'en !
Alexis ! S'il te plaĂźt !
- Julie ? On va avoir un bébé.
- Euh, ben,
peut-ĂȘtre qu'on...
- Non. Non, non, non ! Oui !
(petit rire)
J'étais trop occupé par ma job.
J'ai pas vu l'essentiel. T'es enceinte !
(petits rires)
Je vais ĂȘtre papa ! J'assume !
Je... j'ai toujours voulu ĂȘtre papa.
(rire)
Des fois, on choisit pas tout dans la vie.
Pis on va fonder une famille, OK ?
Je prends mes responsabilités.
- T'es sûr ?
- Oui ! Oui !
(petits rires)
- OK ! Ha !
- Wouh !
(petit rire)
- Ăa va ?
- Je viens de faire
une folle de moi,
mais au moins, j'ai la conscience tranquille.
Toi, ça va, Camille ?
- Ah, euh...
il y a Fabrice Henry
qui s'inquiĂšte toujours
de pas te rejoindre.
- Hum, hum.
- Je lui ai dit
qu'il y a une urgence
Ă cause de la
série en Hongrie
ce soir par courriel,
pis que tu lui répondrais
ce soir par courriel,
comme il va ĂȘtre dans l'avion.
T'avais pas l'air de
vouloir lui parler.
- Oui, non, c'est ça, je veux pas lui parler.
Ăcoute, je viens d'avoir une excellente idĂ©e.
Dorénavant, c'est toi qui vas gérer Yan England.
- Ah... OK, merci.
Pourquoi ?
- Ben, t'es une
excellente assistante,
pis éventuellement, tu pourrais
faire une bonne agente.
Il faut que tu te pratiques, alors tu vas me consulter,
mais c'est toi qui vas
parler avec Fabrice Henry
pis qui vas gérer,
là , pff... tout ça, là .
- Wow, merci !
- OK, c'est la directrice de casting, il faut vraiment que...
- Ah oui ! Merci !
- Oui ?
- Donc ?
- Qu'est-ce qu'on peut
faire pour toi, Jérémie ?
- Je pense que par rapport à la série de Simon-Olivier Fecteau,
Gabriel a peut-ĂȘtre
fait une erreur.
Je me demande mĂȘme
s'il a pas contribuĂ© Ă
faire tomber la série, bon.
- OK, euh...
On t'écoute.
- Gabriel est amoureux
d'une de ses clientes.
Notre ancienne
réceptionniste, Sofia.
Il m'a demandĂ© d'enquĂȘter sur le producteur, Albin Meszaros.
Il voulait que je trouve
des photos sur Instagram
de Sofia et du producteur
parce qu'il était jaloux.
Pis, ben... je pense
qu'il l'a dénoncé,
pis que c'est aprÚs ça
qu'ils ont tiré la plogue.
(petit rire)
- Il y a des limites Ă
l'influence d'un agent. Hum ?
Ils ont pas tiré la plogue
pour faire plaisir Ă Gabriel.
- Non, mais c'est quand
mĂȘme tout croche, tu sais.
Il aurait dĂ»
nous en parler.
- Hum, ben, il
travaille Ă son rythme.
- On dirait juste que cette situation de crise lĂ
fait que
je me demande si...
des choses Ă m'apprendre.
si Gabriel a encore
des choses Ă m'apprendre.
Ce que j'essaye de dire, c'est que...
(clappement)
OK, je vais le dire.
Je serais capable d'ĂȘtre agent si jamais fallait le remplacer.
Je connais tous les dossiers par coeur.
J'aime les clients, pis j'aime
pas qu'on s'en occupe mal.
- Bon, on... Ouf ! Merci,
Jérémie, on va réfléchir à ça.
- Je sais que j'ai l'air de pas avoir d'émotions en ce moment,
parce que... ben,
parce que je suis comme ça,
mais je me sens
quand mĂȘme coupable.
vous disiez pas Ă Gabriel
Pis j'aimerais ça que
vous disiez pas Ă Gabriel
que je suis venu vous parler.
- Oh, mais j'aurais
jamais fait ça.
- Merci.
(sonnerie de téléphone)
- Oui ?
- Jean-Frédéric,
il y a quelqu'un ici
qui demande Ă te remettre
des papiers en main propre.
- En main propre ?
- Hum, hum.
- Ouais ?
- Vous ĂȘtes bien Jean-FrĂ©dĂ©ric ThĂ©riault ?
Agent et représentant de l'agence Michel Gallant ?
- Oui, oui, oui.
- Stéphane Tessier, huissier.
Je viens vous signifier
une déclaration introductive d'instance.
En ce...
- Ah, mon Dieu,
mon Dieu, Seigneur !
Ah !
- Avoue que ça marche !
- Ouais, c'est sûr...
- Je me pratique Ă marcher avec le costume.
- Wow ! OK, viens-t'en.
- C'est hot, hein ?
- Viens-t'en ! OK...
- Ah ! Checke ça !
Comme les photos
officielles.
- Oh...
- Ha ! Tu voulais
me parler ?
- OK, Maripier...
- Hum ?
- J'ai une bonne nouvelle,
mais c'est pas
la nouvelle que t'espérais.
Hum... Tu feras pas Julie Payette.
- Non ?
- Non.
Par contre, le réalisateur t'a vraiment aimée,
pis il veut t'offrir un autre rĂŽle.
C'est le rĂŽle d'une
jeune femme ambitieuse
qui est compétition
avec Julie Payette.
C'est pas... C'est
pas un aussi gros rĂŽle,
ç'a pas l'envergure de la femme
forte que tu voulais jouer...
- Je te gage que c'est genre
la belle fille un peu lisse
frustrée
d'ĂȘtre deuxiĂšme ?
- Je pense que oui.
- Est-ce qu'elle va
dans l'espace, elle ?
- Ben oui.
- Ah ouais ?
- Ben oui, c'est elle qui gĂšre le Bras canadien.
- Hein ?
- C'est elle qui l'a inventé.
- Hein !
- Je te jure.
Pis, tu sais, dans la station spatiale internationale, lĂ ,
elle a son propre département.
Genre, sa propre navette.
- OK, c'est malade, lĂ !
- Elle fait des marches Ă tous les jours dans l'espace.
- OK, fait qu'elle est fucking
plus hot que Julie Payette !
- Elle est belle, en plus.
- Crisse, en plus !
- OK, en 7 lettres :
"Ornement en forme de fleur".
- Euh...
- Fleuron !
- Ah ! Ben oui !
- Ăa marche, ouais.
Fleuron... OK, le prochain, c'est...
- CAMILLE !
Regarde ce
que t'as fait.
- Ah, c'est quoi ?
- Ton Philippe, lĂ ,
il poursuit Stéphan,
il me poursuit, moi, il
poursuit le producteur Ă L.A.
Il a envoyé une mise en demeure
au producteur
de Los Angeles, OK ?
Pis lĂ , le deal vient de tomber,
pis ça, c'est de ta faute !
- Ah, mon Dieu !
- Ăa se peut pas, ça...
- Mais toi, il fallait
que tu l'écoutes,
fallait que
tu l'encourages,
que tu l'écoutes se gratter le
bobo, un insignifiant pareil !
Comment t'as pu
ĂȘtre aussi niaiseuse ?
- Jean-Frédéric, calme-toi !
- Woh, woh !
- Laisse faire, OK ?
- Ben, voyons donc !
- Depuis la minute que t'es arrivée ici, tu me fais chier !
- Hé, hé, hé !
- Jusqu'oĂč tu vas aller ?
- Je peux
savoir pourquoi
tu t'en prends encore
Ă mon assistante ?
- Ton assistante,
lĂ , c'est ma fille ! OK ?
OK ? Dis-leur !
Dis-leur ! Hein ?
C'est ma fille ! Je
m'engueule avec ma fille !
- (Jérémie) : Quoi ?
(Il lance les papiers.)
- (Alexandra) :
Camille ?
- Je suis désolée.
- Oh ! Je...
Occupez-vous pas de moi, je vais
juste me faire un petit café.
(vibration de cellulaire)
- Ben, voyons donc...
- Oh, c'est
Netflix !
- Euh, les tasses ?
Merci.
(soupir)
le terme "pùté chinois"
- J'ai utilisé
le terme "pùté chinois"
dans une émission
en direct à la télé.
- OK ? Mais c'est québécois,
le pùté chinois, là .
C'est pas de
l'appropriation culturelle.
Sous-titrage : MELS
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