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- C'est important de faire de la promotion,
pis je chiale pas, mais on m'offre...
Excuse-moi, 2 secondes.
On m'offre de jouer Marcel Barbeau dans un film sur sa vie.
On s'entend que c'est pas un projet comme les autres,
on s'entend que c'est un des
plus grands artistes au Québec,
un grand peintre abstrait, un signataire du Refus...
Peux-tu me laisser 2 minutes ?
Je parle avec mon agent, lĂ .
... un signataire du Refus global, J.-F. !
Tu sais, on est plus niveau Musée national des beaux-arts
que de niveau Salut Bonjour.
- Qu'est-ce que tu fais avec un suçon ?
- Quoi ?
- Ha ! T'as un suçon dans la bouche, c'est bizarre.
- Excuse-moi.
Laisse faire le suçon, je te parle d'un génie.
Pis tu sais, Gino, moi, je le trouve trĂšs sympathique
pis il est trÚs énergique,
mais, tu sais, son style,
c'est plus question-réponse, question-réponse.
- En général, ça fonctionne bien pour une entrevue.
- Oui, mais si tu veux atteindre
un autre niveau de la conversation,
des fois, il faut que tu sois plus créatif
que juste question-réponse.
- De quel niveau de conversation on parle, lĂ ?
- Le niveau, le niveau, le niveau !
J.-F., le niveau de la création !
Fais-moi pas dire des niaiseries, hein ?
Est-ce que je vais ĂȘtre obligĂ© de t'expliquer ça Ă matin ?
Je trouve juste que parler
d'un peintre aussi important que Marcel Barbeau
juste 2 minutes entre 3 commentaires
sur la game de hockey pis les partys de bureau,
c'est pas l'idéal.
- OK, euh, je comprends juste pas
ce que tu veux que je fasse, exactement.
- Regarde, tu vas aller voir Gino
pis tu vas lui demander de changer sa formule.
Je suis Marcel Barbeau.
Je suis pas Marc Messier, je suis Marcel Barbeau.
- Marc, c'est la premiĂšre fois que tu fais une biographie.
Pourquoi Marcel Barbeau ?
- Pourquoi Marcel Barbeau ? Pourquoi Marcel Barbeau ?
Pourquoi Marcel Barbeau ?
Pourquoi, virgule, Marcel Barbeau ?
Parce que c'est ça, hein :
si on met une virgule aprĂšs "pourquoi",
c'est comme si tu posais la question
Ă Marcel Barbeau lui-mĂȘme.
- Oui, mais Marcel Barbeau,
qui est décédé, malheureusement.
On ne pourra pas lui poser la question, hein.
- Tût ! Tût ! Tût ! Tût ! Tût !
Je suis Marcel Barbeau.
- Ah oui ?
- Pose-moi la question, Gino.
- OK, euh, M. Barbeau...
- Hum, hum ?
- Pourquoi est-ce que Marc Messier
a choisi de vous incarner dans un film biographique ?
- Incarner, c'est un peu rigide, comme mot.
C'est un peu trop immobile.
- OK ?
- Une expérimentation aboutie,
ça vaut pas la peine de la reprendre.
Ma position est plutĂŽt celle d'un chercheur, comprends-tu ?
Incarner, oui, mais pas dans l'absolu.
(rire)
- HĂ©, on peut revenir Ă Marc, lĂ ?
- Ah oui sérieux ?
- Ben...
- T'aimes mieux me parler Ă moi
que parler Ă Marcel Barbeau ?
- Ben lĂ ...
- Gino, c'est ton émission, fais ce que tu veux.
- T'es vraiment en forme Ă matin !
- Oh, je suis en forme ! Je suis en forme, certain !
Hé ! Quel beau décor ! Voyons donc, toi !
On voit pas ça souvent.
- Non.
- J.J. ! Hé, je le connais, lui ! Le caméraman, J.J. !
Hé, lui, ça fait longtemps qu'il est là !
- Ah oui, oui, oui.
- Lui, il en a vu, des faces !
HĂ© boy ! Des petites, des moyennes pis des grosses !
- (Gino) :
Bon...
- HĂ©, Gino, t'as encore ta chocolaterie ?
Il faut que je te dise ça.
Ăcoutez, mesdames et messieurs :
allez Ă sa chocolaterie.
Moi, je suis allĂ© avec ma famille. Ă'a Ă©tĂ© formidable !
Un petit peu déçu parce que t'étais pas là ,
mais là , j'ai expliqué à ma famille
que tu peux pas toujours ĂȘtre lĂ , hein ?
Tu sais, tu peux pas ĂȘtre en arriĂšre de chaque cornet.
- Non, effectivement ! Hé, Marc, c'était vraiment le fun !
Je pense qu'on va aller Ă une pause lĂ -dessus. Merci, Marc !
- Ben oui, allons Ă la pause !
(rires)
Oh, mon agent a pas l'air de bonne humeur !
- Hum ! Oh, est-ce que je suis en retard ?
- Non, pas encore.
Euh, Julie, c'était la derniÚre fois
qu'on couche ensemble, hein ?
- OK, comme tu veux.
- Là , je sens que tu me prends pas au sérieux, là .
- C'est juste que ça fait genre
3 fois qu'on couche ensemble
pis à chaque fois, t'as dit ça,
pis on a quand mĂȘme recouchĂ© ensemble aprĂšs, fait que...
- Oui, mais lĂ , c'est fini pour vrai, OK ?
- OK.
- Mais je sens quand mĂȘme dans ton OK
que tu me prends pas au sérieux.
- Regarde, je sais pas, je m'en fous ! On verra.
MĂȘme si on couchait ensemble une couple de fois,
c'est pas la fin du monde.
Je veux dire, c'est quand mĂȘme mieux que rien.
- Non, c'est mieux pas. C'est fini lĂ , lĂ .
- OK.
(bĂąillement)
- C'était quoi, ça ?
- Je te l'avais dit que ça me tentait pas de faire
question-réponse, question-réponse.
- Il y a quand mĂȘme des limites, lĂ .
T'avais l'air d'une parodie de Jean Leloup.
- Ben wÎ ! C'est pas fin, ça.
- Désolé, Marc, mais t'étais incompréhensible !
- HĂ©, c'est pas fin pour moi pis c'est pas fin pour Jean Leloup.
- Quand c'est rendu que Gino,
il doit mettre fin Ă une entrevue en vitesse,
ça va pas bien.
- Je le trouvais ben ordinaire,
moi, Gino, Ă matin.
- Des fleurs ?
- Oui. On a eu le financement de la chaßne Arté
pour le projet de Yan England.
- Wow ! Bravo, merci ! Incroyable !
- Ouais. Ben oui, j'ai parlé avec Yan, il va t'appeler.
- Oui.
- Il rentre avec moi sur Paris.
Ăa va ĂȘtre majeur, ce film !
- Hum ! Mais incroyable ! C'est vraiment super !
- Bon, ben, champagne ?
- Oui, non merci, il est 8h00 du matin.
- Ouais, bon ben, t'as raison, on va travailler.
On fĂȘtera ça ce soir.
- OK, non, je peux pas, ce soir non plus. Je suis trÚs occupée.
- Ben, demain, alors ?
- Sais-tu ? Je suis un peu superstitieuse.
Moi, tant que c'est pas signé, je...
- Dis donc, mais t'as une discipline de samouraĂŻ, toi !
Ăa me plaĂźt.
(petit rire)
Bon, dis donc, comment ça se passe,
la série de Simon-Olivier Fecteau en Hongrie ?
- Euh, bien, je pense, je sais pas, pourquoi ?
- Des rumeurs. - Han, han.
- Tu connais le producteur, Albin Meszaros ?
- Euh, ben, c'est-Ă -dire
que j'ai pas vraiment d'artistes sur le projet,
mais l'agence en a, oui, mais pourquoi ?
- Il paraßt qu'il dérape, le mec, là .
C'est dommage, ça, c'est un jeune brillant,
ben, surtout sur les ententes de contrats
entre les pays de l'Est, enfin...
- Hum, hum.
- Oui.
Enfin, le mec, tu sais, il a eu
un début de carriÚre un peu houleux, hein,
toujours Ă faire la fĂȘte en boĂźtes de nuit,
limite, un peu, tu vois...
genre de mec un peu extravagant, limite bipolaire,
tu vois le genre d'abruti, hein ?
Enfin, bref, il s'est repris et ses projets cartonnent,
alors évidemment,
Netflix l'adore,
mais s'il dérape à nouveau
et qu'il se met à se défoncer en tapant dans la caisse,
ça risque de faire beaucoup de tort à la série de Fecteau.
- Ah oui ?
- Oui.
- Ah, la vie !
J'ai jamais eu un bon feeling avec ce producteur-lĂ .
Il reste au Hilton
pendant que le reste de l'équipe
dort dans des chambres pleines de punaises.
C'est pas cool !
- En mĂȘme temps, c'est juste des rumeurs.
- Oui, mais c'est jamais bon signe, hein ?
- Mais peut-ĂȘtre qu'il fait la fĂȘte
pis que c'est sous contrĂŽle pareil ?
Est-ce que le tournage se passe bien ?
- Ben, aux derniĂšres nouvelles,
oui, mais on sait jamais.
- Hum !
- Pis lĂ , lĂ , il faut que je te le dise :
j'ai commencé à prendre du pot.
- Tu fumes du pot, toi ?
- Mais non, mais non, mais non, je fume pas, j'ai pas 15 ans.
Je prends des brownies, des capsules, des suçons.
Le suçon tantÎt, là , c'était un suçon au pot.
- Mais pourquoi tu fais ça, Marc ?
- Parce que je veux me rapprocher
de l'esprit de Marcel Barbeau.
Je fais du method acting.
Je joue pas, je suis Marcel Barbeau.
- Mais Marcel Barbeau, il fumait pas de pot ?
- Ben, j'imagine, il fumait pas de pot,
mais c'est pas important.
C'est un esprit libre !
Marcel Barbeau, il voyait pas
le monde pis la lumiĂšre comme nous autres,
comprends-tu, hein ?
C'était pas quelqu'un d'ordinaire,
pis il avait peur de rien.
Je veux me rapprocher de cet esprit-lĂ !
- En prenant du pot.
(soupir)
- Ăcoute, J.-F., ça fait des annĂ©es
que je fais de la promotion pis que je soigne mon image.
Je suis rendu quasiment une PME, comprends-tu ?
Pis je commence Ă ĂȘtre tannĂ© de ça.
Je veux me reconnecter sur ma fibre artistique.
Je veux prendre des risques.
- Ah, ça valait le coup de passer sa vie à bùtir
une des plus belles carriÚres d'acteur au Québec
pour finir stone Ă Salut Bonjour !
- Ah bon, OK, si tu veux pas comprendre.
- Non, mais est-ce que je peux
te laisser marcher tout seul sur la rue
ou tu vas traverser aux lumiĂšres rouges pour prendre des risques ?
- Je veux prendre des risques artistiques !
Je vais pas risquer de me faire
frapper sur un coin de rue.
Je suis pas un cave, lĂ !
Pis Marcel Barbeau, il est pas mort
en se faisant frapper sur un
coin de rue, Ă ce que je sache.
- LĂ , t'as une entrevue avec Alain Gravel dans une heure.
Je l'annule ?
- Non, non, non, non ! T'annules rien !
LĂ , je vais continuer Ă faire du method acting
pis je le ferai pas à moitié.
Je vais continuer Ă faire
mes entrevues stone, si je veux,
c'est correct, ça, hein ?
Pis bĂątir une carriĂšre, lĂ ,
comme tu dis, pendant des années,
est-ce que ça me donne le droit
de faire mes entrevues comme je veux ?
- Oui, parfaitement.
- Bon, ben, je te remercie.
- OK, on fait toujours ça à l'agence ?
- Oui, on fait ça à l'agence, si ça te dérange pas.
- Non.
- Pis lĂ , j'ai
un petit creux.
Ăa se peut, un petit creux ?
- Ben oui, évidemment, un petit creux.
- Bonjour !
Bienvenue chez AMG.
- Ăa se prend pas
pour de la marde ici.
- Si tu réponds à ses questions, tout devrait bien aller.
- C'est elle ?
- Oui.
- Philippe, t'as 5 minutes pour me dire
pourquoi mon assistante perdrait sa job pour toi.
- OK, ben, Camille, c'est une super bonne personne,
pis moi, je suis victime d'une injustice.
- Ah oui, mais Camille,
elle fait pas de travail communautaire,
pis ici, ben, on gÚre pas des cas désespérés.
- Mais c'est vrai qu'il a peut-ĂȘtre subi une injustice.
- De toute façon, j'en ai, des preuves.
J'ai un ancien collÚgue qui était là ,
le soir oĂč j'ai racontĂ© mon histoire Ă StĂ©phane,
qui est prĂȘt Ă tĂ©moigner,
pis j'ai un échange de courriels avec un ami en France
dans lequel je lui parle de mon idée.
- On le savait pas, ça. C'est nouveau ?
- J'ai pas
tout dit à Jean-Frédéric.
Je ne lui fais pas confiance.
Ă vous, je vous ferais confiance,
surtout que vous ĂȘtes avocate.
- Non, je ne suis plus avocate,
mais je te dirais de pas poursuivre, tu vas te ruiner.
- Je veux voir c'est quoi, mes options.
- Qu'est-ce que tu veux, au juste ?
- C'est pas compliqué : c'est écrire mon film.
Je veux que Stéphan Allard se retire du projet,
que si l'idée intéresse les producteurs,
c'est Ă moi que revient le contrat.
- Oublie ça, ils vont jamais signer
quelqu'un qui a pas d'expérience comme toi.
- J'ai rien Ă perdre, moi.
- C'est une perte de temps.
- Oui, mais... - On s'en fout, Camille !
L'idée est pas assez forte.
Starbuck, c'était assez fort,
De pÚre en flic, c'était assez fort,
mais ça, ça dépend, tu comprends ?
C'est comme Fugueuse.
Fugueuse, c'était bon, mais c'était pas bon
parce que l'idée était extraordinaire,
c'était bon parce que c'était bien fait
par des gens qui étaient compétents, tu comprends ?
Je veux dire, lĂ , tu vas pas
commencer à ... Tiens, jette ça.
Tu vas pas commencer Ă perdre ton jugement professionnel
juste parce qu'il y a un gars qui te tripe dessus, lĂ .
- Non, c'est pas ça qui se passe.
- LĂ , tu le largues, pis c'est un avertissement officiel.
- Tout le monde veut savoir si Marc Messier est correct.
La prod est inquiĂšte Ă savoir
si les assureurs ont demandé un 2e examen médical
pis Gino Chouinard se sent super mal.
- Qu'est-ce qu'il faisait lĂ , lui ?
- Ah, euh, ben, il avait rendez-vous avec Alexandra.
- Pourquoi tu m'as pas appelé ?
- Ben, parce que je me suis dit
que tu t'en venais, de toute façon,
que t'étais avec Marc.
- T'as pas rien Ă te dire, OK ? Tu m'appelles, c'est tout.
Franchement, Noémie ! Hé !
- Est-il souvent sur le plateau ? Non ?
Ben lĂ , fait-il sa job ou ben...
Il coupe ? Il coupe quoi ?
Comme des lieux de tournages ou...
Oui, ben, ça arrive, hein ?
OK. Super, on se tient au courant.
Quand est-ce qu'on a reçu
le dernier chĂšque
de Simon-Olivier Fecteau pis Sofia ?
- Euh, attends un peu... un mois.
- C'est long.
- Oui, mais c'est peut-ĂȘtre Ă cause de nous, lĂ .
On a eu des problÚmes avec la comptabilité.
- Pis pourquoi il y a 2 chĂšques ici, lĂ ?
- Euh, il y a un chĂšque qui a rebondi,
pis aprÚs ça, ils ont changé le numéro de la compagnie
pis tout est rentré dans l'ordre.
- AĂŻe ! AĂŻe ! AĂŻe !
- Y a-t-il quelque chose qui va pas ?
- Regarde la photo de Sofia sur son profil Facebook.
Plein de photos d'elles avec le producteur hongrois.
Sa face me revient pas, Ă lui.
Il a l'air sur le party pas mal.
- Ben, c'est une belle photo d'elle en maillot de bain.
- En maillot de bain sur un yacht.
Ă'a rien Ă voir avec le tournage de Simon-Olivier, ça.
- Elle est peut-ĂȘtre en vacances ?
- Ils sont en tournage d'une série.
Ils ont pas de temps libres.
- Un peu, quand mĂȘme.
(grognement)
- Je veux que tu me fasses
une recherche sur le producteur
sur les réseaux sociaux, OK ?
Pis pas juste sa page Ă lui.
Je veux que t'ailles voir la page des autres aussi.
- Et la page Facebook de Sofia ?
- Je veux savoir s'il travaille
ou s'il fait le party, pis avec qui.
- Tu veux que je détaille
l'emploi du temps du producteur
basé sur ce que son entourage met sur les médias sociaux ?
- Exactement. Merci !
- Est-ce que c'est juste moi
ou il veut que j'espionne le producteur hongrois
qui couche peut-ĂȘtre avec Sofia ?
- C'est pas juste toi.
- TĂąche inutile. Je fais des tĂąches inutiles.
- Je t'ai mis au courant des manigances de ton assistante
pour que tu la remettes Ă sa place,
pas pour que tu l'aides.
- Je l'aide pas, elle, je t'aide, toi.
Tu sous-estimes le danger
que t'as entre tes mains en ce moment.
Il a trouvé des témoins, tu le savais ?
- Ah, le cave !
- Oui, je sais, c'est ça, pis il est jeune,
pis il pense que son idée, c'est le bout de la marde,
pis il a pas d'expérience.
Fait que lĂ , il veut les poursuivre en cour.
Pis s'il fait ça pis ça se rend à L.A.,
tu vas perdre ton contrat, mĂȘme s'il a pas de cause.
- Il est tellement désagréable !
- Je sais, mais faut que tu fasses quelque chose.
Normalement, t'es plus stratégique que ça.
- Ăa, c'est le petit kit qu'ils m'ont vendu.
J'ai visité la serre,
la plantation.
Ăcoute, j'ai pas achetĂ©
ça dans la ruelle, là .
C'est devenu
trĂšs professionnel.
C'est comme un vignoble ou une serre,
sauf que c'est du cannabis.
- C'est vraiment hot !
- C'est vrai que ça fait chic.
- Regardez, ça, le petit suçon, là ,
ça, c'est comme un petit vin de semaine, genre, hein.
T'as le cÎté détente du pot sans le cÎté "buzzé".
Non, moi, depuis que je prends ça, je n'ai plus d'angoisse.
Tu sais comment j'étais hypocondriaque ?
Ben là , mon médecin m'appellerait
pour me dire
que j'ai le cancer,
je le croirais mĂȘme pas tellement je me sens bien.
- Les brownies ont l'air vraiment bons !
- Ăa, les brownies, lĂ ,
t'es plus dans l'ouverture, dans le cÎté "wow" de l'existence.
Ăcoute, je veux pas me vanter, lĂ ,
mais l'autre jour, j'ai pris un petit peu de brownies,
j'ai pris des pinceaux pis de la peinture,
pis je vais vous dire une chose :
pour un débutant, c'était pas plate comme résultat.
- Qu'est-ce qui
se passe, lĂ ?
- On jase, lĂ , OK ?
entrevue dans 2 minutes.
- Parce que t'as une
entrevue dans 2 minutes.
- Tu parles comme si j'étais en retard.
Je suis pas en retard. Deux minutes, c'est 2 minutes.
Il est sur les nerfs !
(petit rire)
- En fait... en fait, ce que je souhaite,
pis que je souhaite à tous les Québécois, ça, Alain,
c'est d'arrĂȘter de voir les zigzags d'une seule maniĂšre.
Oui, c'est ça, les zigzags.
Pense à ça, mon Alain, pense aux zigzags, OK ?
Bonne journée ! Merci ! Toi aussi. Bon !
- Super, super !
- Ă'a bien Ă©tĂ©.
- HĂ© ! "Pense aux zigzags, mon Alain ! Pense aux zigzags !"
- Quoi ? Que c'est qu'il y a ?
- Je vais envoyer un communiqué
pour commenter tes apparitions publiques.
On va dire que tu fais du method acting.
- Non, non, non, non, non, non, non, non !
Si tout le monde sait
que je fais de l'exploration de personnage,
ils vont s'adapter au personnage.
Ils ne vont plus me dévisager
ou mettre fin Ă l'entrevue, tu comprends ?
Ils vont tout juste trouver ça normal.
- Mais là , ils pensent que tu fais de la démence, Marc.
- Mais qu'est-ce que tu penses qu'il pensait,
le monde, de Marcel Barbeau, hein ?
Il choquait, il dérangeait.
Tout le monde pensait que c'était un marginal,
pis lui, il tenait son bout.
J'ai besoin de cette rĂ©action-lĂ
pour comprendre sa force.
- OK, mais lĂ , qu'est-ce
qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on dit ?
- On fait rien. On fait rien, c'est parfait comme ça.
- Ben, c'est excellent ! C'est excellent, lĂ !
(soupir)
- Juste dire que vos
2 faces en ce moment, lĂ ,
c'est trÚs déprimant.
- Juste dire que t'es conseils sur ma vie affective, lĂ ,
c'était vraiment de la m...
- Tu voulais du sexe, t'as eu du sexe.
- Mais oui, mais lĂ , c'est rendu que le gars me parle au minimum.
Il me texte juste pour avoir du sexe,
pis mĂȘme quand on a du sexe, il me parle au minimum.
T'as réduit ma relation au minimum.
- Mais oui, c'est parce que t'es trop fine.
- Tu penses ?
- Mais oui, il te prend pour acquis.
C'est comme avec Jean-Frédéric, ça.
Il est toujours de plus en plus bĂȘte avec toi.
Plus il est bĂȘte, plus t'es fine. C'est un cercle vicieux.
Si tu fais ça avec ton amant,
je suis désolé, là , mais ça durera pas.
Il faut que tu t'affirmes, Noémie. Culpabilise-le.
- Tu devrais le laisser aller, il te mérite pas.
- (Jérémie) : Aussi.
- Oui... t'as raison.
Je vais lui dire :
"Stop ! Respecte-moi !"
(soupir)
Je veux aller au restaurant.
- OK.
Quoi ? As-tu besoin d'argent ?
- Non. Je veux qu'on aille ensemble manger au restaurant.
Je pense que c'est normal dans une certaine dynamique
que 2 personnes mangent ensemble au restaurant.
- D'accord, alors mangeons ensemble au restaurant.
- Quand ?
- Quand tu veux.
- Ce soir.
- Ce soir.
Je peux m'occuper de la réservation, si tu veux.
- Excellent !
- TĂąche inutile, tĂąche inutile,
tĂąche tellement inutile.
- Coucou !
- Je peux pas te parler, je fais des tĂąches inutiles.
- Regarde ce qui est magiquement
tombé du kit de Marc Messier
pour atterrir dans mes affaires.
- Veux-tu ĂȘtre ma meilleure amie ?
(petit rire)
- C'est quoi, ces témoins-là ? Tu m'as jamais parlé de ça.
- C'est mĂȘme pas vrai.
- Tu peux pas faire ça.
- Mais je l'ai fait pour toi,
pour pas que tu sois dans la marde.
Plus j'Ă©tais crĂ©dible, moins ta boss allait ĂȘtre fĂąchĂ©e.
- OK, mais qu'est-ce que tu vas faire
s'il faut les sortir, les témoins ?
- Des faux courriels, ça s'arrange.
J'ai des amis qui vont m'aider. - Tu peux pas mentir.
- Stéphan Allard ment pas ?
- Je me fous de Stéphan Allard !
Moi, c'est toi que je crois.
Comment veux-tu que je te croie si tu mens ?
- T'es en train de me dire
que je peux mĂȘme pas me battre.
Stéphan Allard a la grosse machine avec lui.
Il peut mentir, il y a pas de problĂšme,
mais moi, j'ai rien pis je peux rien faire, right ?
- Tu fais ce que tu veux,
de toute façon, je peux pas t'aider.
- C'est pas vrai. HĂ©, tu me fais du bien, lĂ !
Ăa serait tellement compliquĂ© si t'Ă©tais pas lĂ .
- Oui, mais c'est ça, je... je ne peux plus t'aider.
- OK, fait qu'on arrĂȘte ? C'est fini, genre ?
- Je suis juste une assistance.
Je peux rien faire.
- Je te parle pas de ça.
Je suis pas cave, lĂ . Je le sais ben, qui se passe quelque chose.
- Peut-ĂȘtre.
- Fait que... t'as grandi Ă Vaudreuil
pis t'es venu à Montréal pour étudier, j'imagine ?
- Oui, oui, oui.
Hé, on va pas parler de ça ?
Je veux dire, on va pas faire mon CV.
- Ben, c'est pas... ton CV, lĂ , c'est juste...
- Hum ?
- Je veux dire, on se connaĂźt,
mais en mĂȘme temps, on se connaĂźt pas vraiment.
Je veux dire, il y a plein de choses de moi
que tu connais pas.
- Tu viens de Pointe-Claire, t'as une soeur.
Euh, t'as Ă©tudiĂ© pour ĂȘtre secrĂ©taire juridique,
t'aimais pas l'ambiance dans les bureaux d'avocats.
Dans tes loisirs, tu fais de la nage synchronisée.
Poum, poum ! Tu vois ?
- Tu me connais pas, t'as juste une bonne mémoire.
- Oh !
- Ăa, c'est toutes des affaires que je t'ai dites
quand tu m'as passée en entrevue il y a 5 ans.
En passant, la nage
synchronisée, c'était pas vrai.
- Ah non ?
- Je t'ai menti pour que tu t'intéresses à moi.
- C'est long, le service, hein ?
On va pas juste manger du pain, lĂ .
- Fait que tu fais juste regarder
des photos de filles qui
boivent du champagne en bikini ?
- Han, han.
- C'est vraiment cool !
- Au début, je trouvais ça redondant,
mais là , je suis vraiment en train de développer
une fascination pour le producteur.
Il vit sa vie comme s'il était
dans une vidéo de Daddy Yankee.
J'adore ça !
- Au début, je trouvais les filles belles,
mais elles sont comme en train de disparaĂźtre
tellement elles sont toutes pareilles.
- Hum, hum.
- C'est elle, Sofia ?
- Oui, madame, la raison pour laquelle
on fait des tĂąches inutiles en ce moment.
- Wow ! Elle, elle est belle.
- Hum, hum.
- On dirait que ça rend Gabriel plus beau
d'avoir comme sorti avec.
- Oui, il est sorti avec dans sa tĂȘte.
(rires)
- Gabou ?
Gabou ! Gabou !
Gabou, j'ai vraiment beaucoup
pensé à toi aujourd'hui.
T'as embelli.
Ta job, ça te fatigue
pis t'es stressé
pis ça te fait vieillir plus vite pis ça te va super bien.
Tu sais, avant, t'étais un peu comme Shrek, genre.
- Shrek, le bonhomme vert ?
- Oui, Shrek,
pis là , on dirait que tu t'es comme rapproché de Luc Picard,
pis je pense que c'est pour ça que t'es un meilleur amant.
T'es moins volontaire pis ça te va bien.
(rire)
- Oui, mais...
- J'aimerais ça, qu'on couche ensemble une derniÚre fois.
Mais juste une derniĂšre fois, lĂ ,
maintenant que j'ai réalisé que
t'étais comme Luc Picard, hum ?
- C'était le pire souper de toute ma vie.
- Je suis... je suis désolé.
- C'est tout ? MĂȘme lĂ , tu vas
pas faire plus d'efforts que ça ?
- C'était pas si pire.
- Oui, c'était si pire que ça.
On dirait que t'as fait exprĂšs.
On dirait que tu voulais que ce soit poche
pour ĂȘtre sĂ»r que je ne te redemande plus jamais
d'aller manger au resto.
Tu t'es habillé tout croche.
Je veux dire, Jean-Frédéric, je connais ta garde-robe par coeur.
MĂȘme en faisant aucun effort, tu...
tu peux pas faire pire que ça.
Tu refuses de parler de ce qui se passe entre nous,
tu fais comme si tu me demandais rien
pour ĂȘtre certain que je redemande rien en retour.
Mais tu vas me demander le plus de sexe que tu peux
parce que t'en as envie, parce que c'est bon.
Je comprends pas pourquoi on peut pas juste...
voir oĂč ça va ne mener.
- Je... je sais pas quoi te dire, lĂ , je...
(pépiements des oiseaux)
(soupir)
- Hum ! C'était tellement bon hier !
- Ben oui, c'est plate.
On dirait que ça s'améliore avec le temps.
- Gabriel, je pense qu'on devrait revenir ensemble.
- C'est pas ce qu'on avait dit.
En fait, c'est exactement le
contraire de ce qu'on avait dit.
- Non, mais avoue qu'hier, c'était comme vraiment hot.
- Oui, mais on n'est pas obligés
de prendre des grandes décisions tout de suite.
- De toute façon, c'est comme inévitable
qu'on revienne ensemble.
Tu sais, quand on s'est laissés,
t'as passé des mois à me dire que t'allais m'attendre.
- Oui, mais honnĂȘtement, lĂ ,
je ne t'attendais plus vraiment.
- Ben, c'est ça. C'est justement
ça, le "lùcher-prise".
Les choses t'arrivent quand t'arrĂȘtes de trop les vouloir.
- Hum.
- Hum ? C'est comme moi, lĂ ,
je vais pas attendre le grand amour toute ma vie.
Je veux dire, on est bien ensemble, on est bien.
Ăa s'arrĂȘte lĂ .
- Oui, je suis pas sûr, là , mais...
- Oui ?
- Oui, euh, non, finalement, c'est... c'est beau.
Ah, j'essaie de rejoindre Philippe par texto,
mais il répond pas.
- T'es allé te plaindre de moi à ma boss.
Est-ce qu'on peut commencer par parler de ça ?
- Ben oui, parce que j'ai bien fait,
parce qu'Alexandra m'a convaincu d'aider Philippe.
- Comment ça ? Elle veut mĂȘme pas que je l'aide, moi.
- Ben, je sais pas si t'as remarqué,
mais t'es juste une assistante,
alors que moi, je peux et je veux aider Philippe,
mais il répond pas à mes textos.
- Fabrice Henry avait raison. Le producteur dérape complÚtement.
Il fait toutes sortes de dépenses extravagantes.
Il a un chÚque qui a rebondi, il a changé de compagnie à numéro.
Je ne sais plus quoi faire, moi, lĂ !
- Faut que tu t'assures que
ton monde soit payé. Talonne-le.
- Non, mais ça va au-delà de ça.
Je veux pas que Simon-Olivier perdre sa série.
C'est énorme pour lui !
Pis mĂȘme si le producteur dĂ©rape,
bons, ç'a l'air, fait que...
ben, les premiers épisodes sont
bons, ç'a l'air, fait que...
Pis il y a plein de monde d'impliqué en plus.
- Oui, mais si le producteur
est en train de vider la caisse,
ça va péter.
- Ben justement, c'est
pour ça que les Américains,
il faut qu'ils changent
de producteur.
- OK, mais lĂ , quoi ?
Je peux pas les appeler
pour dire de congédier leur producteur
Ă cause de photos que t'as vues sur Instagram.
- Non, mais Fabrice Henry l'a dit, lui aussi.
- C'est des rumeurs. Parle au producteur.
- Il retourne pas mes appels.
- Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?
- Mais... peut-ĂȘtre que si je parlais
Ă Fabrice Henry moi-mĂȘme, je pourrais...
un 5 Ă 7, les trois ensemble.
Organise-nous donc
un 5 Ă 7, les trois ensemble.
- Ah non.
- S'il te plaßt, je suis coincé, là . Fais ça pour moi.
- Hum, hum. - Alex, come on !
- T'es dans ma bulle, arrĂȘte ! - Aide-moi.
- (Jean-Frédéric) : OK, regarde, t'as pas d'expérience.
La seule façon pour toi d'avoir une carriÚre,
c'est de prendre de l'expérience.
Moi, je peux te donner ça, OK ?
Je peux faire des appels,
dire que t'es un
excellent scénariste,
pis il y a des gens en séries jeunesse
qui vont te donner une chance.
- Tu sais mĂȘme pas si je suis un bon scĂ©nariste.
- Non, effectivement,
mais je suis prĂȘt Ă te donner le bĂ©nĂ©fice du doute.
- OK, fait que tu vas encore m'acheter, c'est ça ?
- Ăcoute, je te donne une chance, lĂ , OK,
pis cette chance-là vaut plus que toutes les idées
que personne te laissera jamais écrire.
Pourquoi ? Parce que t'existes pas.
- Ben, c'est gentil.
- Si on oublie la derniĂšre partie
de ce que Jean-Frédéric
vient de dire, lĂ ,
c'est vrai
qu'Ă partir du moment
oĂč les gens vont
connaßtre ton écriture,
ça va aller vite, tu vas te faire un nom.
Je pense que ça vaut
la peine de considérer.
- Mais je comprends pas pourquoi
il faut que je commence ma
carriĂšre en me faisant fourrer !
Je m'excuse de le dire
comme ça, mais c'est ça pareil.
- C'est pas une idée, c'est un sujet.
- Non, c'est une idée trÚs précise !
- HĂ©, toi, t'es vraiment un champion du monde, hein ?
Ăcoute-moi ben, lĂ .
T'es jeune, t'es immature, tu me donnes des brûlements d'estomac,
pis lĂ , t'es en train de faire une grosse gaffe, OK ?
- Ouais.
- Camille !
- (Camille) :
J'aime pas ça,
quand tu me parles sur ce ton-lĂ .
- T'as encouragé un petit prétentieux,
ça lui est montĂ© Ă la tĂȘte, pis lĂ , on est pris avec.
- Si tu l'avais écouté au départ, on n'en serait pas là .
- Il y a rien à écouter, Camille.
- Il a un sentiment de
trahison, il a une douleur.
- Une douleur ?
Il a un ego démesuré, OK, pis il pense que tout lui est dû.
Pis ça me fait penser à quelqu'un, ça, d'ailleurs.
- Moi, ça, là ? Tout m'est dû ? Ben oui.
- Hé, c'est quoi, ça, hein ?
C'est quoi, toute cette colĂšre-lĂ ? Ăa fait mal aux yeux.
- Pis parlant de faire mal aux yeux, c'est quoi, ce look-lĂ ?
- Ben, c'est quoi, tu penses ? C'est cool, hein ?
- Oui, c'est trĂšs, trĂšs cool, oui. Tu t'en venais ici ?
- Oui, ben, pas moi, Marcel Barbeau.
- Ah, ah...
(rire)
- Marc ?
Est-ce que t'es avec moi, lĂ , Marc ?
- Oui, oui, je t'écoute, je t'écoute.
- Les producteurs ne comprennent plus
ce que t'es en train de faire.
Les journalistes comprennent pas,
le grand public comprend pas, personne comprend.
- Comment tu parles
au monde, toi ?
- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ?
- Camille. Je te parle de Camille, lĂ .
- HĂ©, est-ce qu'on peut changer de sujet ?
- Tu sais, un gars s'en vient voir son agent,
peut-ĂȘtre son ami,
lĂ , on ne le sait plus.
- HĂ© lĂ , lĂ .
- Non, parce que c'est ambigu, lĂ .
Des fois, j'ai l'impression que tu me comprends pas.
Mais ça,
c'est un autre sujet.
Moi, je m'en viens ici pour te parler de... de...
de... de...
Pourquoi
je suis venu ici, lĂ ?
- C'est moi qui t'ai demandé de venir me voir.
- Exact !
Pourquoi ?
- C'est ce que j'essaie de t'expliquer depuis tantĂŽt.
Ăa ne marche plus, le method acting.
- Bon, bon, bon, bon, bon !
- Le monde est inquiet, Marc.
- Le monde est inquiet parce que le monde m'aime,
pis moi, je suis dépendant de cet amour-là !
Comprends-tu ?
Pis ça, ça me bloque dans ma démarche d'artiste libre !
Toi, tu peux pas comprendre ça
parce que toi, t'es habitué
que le monde t'aime pas.
Tu sais, tu t'engueules en pleine rue
avec cette pauvre petite fille-lĂ qui a pas de pĂšre,
pis ça te dĂ©range mĂȘme pas,
toi, qui es probablement une figure paternelle pour elle.
- Oui.
- Fuck, t'es son pĂšre !
Pis t'as jamais Ă©tĂ© Ă aucun de ses partys de fĂȘte,
aucun party de Noël, aucune rentrée scolaire,
pis tu te permets de l'engueuler ?
- Elle veut travailler dans une agence,
faut ben qu'elle apprenne.
- Pense Ă cette pauvre petite fille-lĂ
qui sait jamais quoi répondre quand le monde lui demande :
ton pĂšre, dans la vie ?"
"Qu'est-ce qu'il fait,
ton pĂšre, dans la vie ?"
- OK, c'est beau, je me sens assez coupable de mĂȘme, OK ?
- Je suis pas sûr de ça.
Camille !
Est-ce que je peux te parler 2 minutes ?
Jean-Frédéric a quelque chose à te dire.
- Excuse-moi. C'est bon ?
- Euh... pourquoi ?
- Jean-Frédéric
veut s'excuser
de t'avoir engueulée en pleine rue,
et puis il veut te dire que t'as droit Ă l'erreur.
Dis-lui.
- Non, non, mais c'est correct.
- T'as droit Ă l'erreur.
- Oui, t'as droit Ă l'erreur parce que si tu te trompes,
ton pÚre va te protéger.
- Pour vrai ?
- Ăa dĂ©pend.
- Euh...
- T'as pas de coeur.
- Non, non, non, j'ai pas de coeur, OK ?
OK, j'ai eu une enfance de marde,
je suis une mauvaise personne
et Camille ici présente a eu une enfance de marde
et elle me ressemble plus que mon fils, OK,
mais je suis fier d'elle.
Sauf que lĂ , elle a fait une erreur.
T'as fait une erreur
pis t'es en train de t'enliser dans ton erreur,
pis moi, bientÎt, je ne pourrai plus te protéger.
- Hé, J.-F., tu sais que t'es tordu, hein ? T'es fucké, man !
Je veux dire,
pire que je pensais.
- Oui, oui, pire que pire, Marc.
- Pis t'oses me reprocher mon comportement ?
Faut le faire, hein !
- Est-ce que je peux y aller ?
- Est-ce qu'elle peut y aller ?
- Oui, elle peut y aller.
- OK, tu peux y aller. - Merci !
- LĂ , elles viennent d'oĂč, les rumeurs, lĂ ?
- Ah, mais si on savait, ce serait pas des rumeurs.
- Non, mais tu dois bien connaĂźtre
quelqu'un qui le connaĂźt personnellement,
quelqu'un Ă qui je pourrais parler, non ?
- C'est quoi, ce besoin d'ĂȘtre rassurĂ© ?
- Je pense que c'est un producteur absent
potentiellement sur une dérape.
Peut-ĂȘtre que je me trompe, lĂ , mais...
- Ton job, c'est quoi ?
C'est pas de voir venir les crises
avant qu'elles se pointent,
de protéger tes clients ?
S'il faut que ça devienne évident pour tout le monde
qu'Albin dérape complÚtement,
il est peut-ĂȘtre dĂ©jĂ trop tard.
eh ben, il va ĂȘtre trop tard,
il est peut-ĂȘtre dĂ©jĂ trop tard.
S'il a vidé les caisses, Netflix
va faire stopper le tournage.
- Ben, c'est ça qu'il faut qu'il change de producteur.
- Mais justement, tu les appelles,
tu leur dis qu'Albin s'en fout plein les poches,
qu'il est peut-ĂȘtre temps de le changer.
Eux vont vérifier ça tranquilles.
Au pire, tu t'es trompé.
Ils penseront que c'est toi qui dérapes
Vous voulez trop vous faire aimer, les Québécois.
Engueule-les, t'as rien Ă perdre.
Qu'est-ce que t'as Ă perdre ?
- Pfft ! T'as raison.
- Bon, on va le boire, ce champagne, maintenant ?
- C'est moi qui vous invite.
Ăa va ĂȘtre sur mon bras, ça me fait plaisir !
Merci, t'as tellement raison !
Je vais appeler mon contact aux Ătats-Unis tout de suite.
- Fais ça au plus vite. - J'ai rien à perdre.
- Oh, hé ! Non, non !
Tu peux pas me laisser seule avec lui.
- Pourquoi ?
- Ben, parce qu'il flirte avec moi.
- Oui, pis ?
- Ben, ça me déstabilise, là .
- Hein ? Mais t'as pas fait une thérapie "d'hypnomachin",
de je sais pas quoi, lĂ ?
- Oui, oui, mais c'est juste que ç'a pas marché,
dans le sens oĂč, je veux dire, j'en avais pas besoin.
C'est juste que, dans le fond, j'étais pas hypnotisée.
Je t'ai menti, c'est ça.
Elle disait que j'avais besoin d'une psychothérapie.
- Mais pourquoi tu l'as pas faite ?
- Ben, parce que j'ai pas besoin de psychothérapie.
C'est juste lui qui me... il me donne envie de...
il me fait de l'effet, il me fait quelque chose.
- Hein ?
- Non, mais pas... pas comme les femmes me font d'effet,
il m'impressionne pis il m'Ă©nerve en mĂȘme temps.
ArrĂȘte, lĂ , c'est juste que j'ai
le goût de me battre avec lui.
Pas me battre, comme,
j'ai le goût de faire de la lutte gréco-romaine,
tu sais, comme, genre, ambiguïté,
on sait pas qui touche oĂč,
quoi, tout ça, tu sais, juste...
- Mais je sais pas quoi te dire, lĂ .
Pogne-toi la serveuse
comme tu fais d'habitude, hein ?
- La serveuse.
- Comme je t'ai dit, je ne peux plus t'aider.
Ăa compromet ma job.
Mais sinon...
oui, tu me fais un peu capoter,
pis j'aimerais ça qu'on se fréquente, si tu veux.
(petit rire)
- J'en ai une preuve que c'est mon idée.
Pis ça, c'est pas une preuve que j'ai inventée, là .
Ăa, c'est mon meilleur ami Miguel,
ça, c'est sa blonde, Olivia, pis ça, c'est leur enfant, Edouard.
- Non !
- Ouais. Edouard, c'est mon fils biologique.
Pis ça, il y a personne qui le sait, sauf toi.
- Mais pourquoi tu l'as pas dit avant ?
- Mais pourquoi tu penses, lĂ ? C'est pas...
Je veux dire, j'ai couché avec la blonde de mon meilleur ami.
Elle s'en rappelle pas tellement elle était saoule.
Moi, j'ai rien dit, pis là , ben, c'est Miguel qui élÚve mon fils.
C'est pas vraiment glorieux.
- Mais t'es sûr que c'est ton fils ?
Je veux dire, tu peux pas le savoir.
- Checke, ça, c'est moi au mĂȘme Ăąge.
Je veux dire, on est pareils.
- Oh oui, c'est clair.
- Tu comprends pourquoi je veux
raconter cette histoire-lĂ ?
- (Fabrice) : Alors, c'est bon ?
Tu vas survivre de passer un moment avec moi ?
- Oui, c'est juste que j'ai l'intention
de rentrer avec la serveuse,
fait que je voulais m'assurer
que Gabriel allait s'occuper de toi.
- Alors, d'un, je peux
m'occuper de moi tout seul,
et de deux, t'as aucune chance avec la serveuse.
Depuis tout Ă l'heure, elle regarde que moi.
- Un, non, deux, c'est moi qu'elle regarde.
- Excuse-moi, t'as une soeur qui s'appelle Léa ? Léa Seydoux, non ?
(rires)
Hein ? Non, parce que
tu pourrais jouer sa soeur,
tu pourrais jouer son double.
Je la connais. On travaille dans le cinéma, tous les deux.
- C'est atroce
ce que tu fais !
- Vous, mademoiselle, vous m'avez jamais dit ça,
que je ressemblais à Léa Seydoux.
- Non, parce que c'est pas vrai.
T'es beaucoup plus belle qu'elle.
- Ah !
(rire)
- On travaille vraiment bien, toi et moi, non ?
- Tu trouves ?
- Hein ? Elle est pour moi, Léa.
- Elle est pour moi.
(sonnerie)
- (Jérémie) : Mon Dieu,
qu'est-ce qui se passe ?
Hein ?
Ils tirent la plogue sur la
série de Simon-Olivier Fecteau.
- Non ?
- Ah, merde, merde, merde !
Qu'est-ce que t'as fait, Gabriel ?
- Oui ?
- Aurais-tu 2 minutes ?
- Euh, oui.
- Dans mon bureau maintenant.
- OK, c'est juste...
va juste peut-ĂȘtre falloir que je fasse un appel.
C'est pour moi ?
- Cadeau.
- Ben voyons !
(rire)
Ben, en quel honneur ?
(petit rire)
"Employée du mois".
(petit rire)
- T'es une excellente assistante, Noémie.
Ăa, je te l'ai pas assez dit dans les derniĂšres annĂ©es.
Tu me fais du bien, tu me rassures.
Juste la façon dont tu me regardes
comme si j'étais, je sais pas, moi, un demi-dieu.
Je peux pas perdre ça.
Je peux pas ĂȘtre avec une fille
qui veut pas que je sois en retard au restaurant,
qui veut savoir pourquoi je suis de mauvaise humeur,
qui m'en veut parce que je m'en fous,
de son souper de couple avec sa meilleure amie.
Ce que je veux dire, c'est que...
tu vas vouloir que je te parle de mon ex,
tu vas vouloir que je te parle de mon gars, mais moi, je...
j'ai rien Ă donner, rien.
Tout ce dont j'ai besoin,
c'est une assistante qui prend soin de moi.
- Je comprends.
Je suis lĂ .
- Merci !
- Pis j'aime ça, dans le fond, ĂȘtre ton assistante.
- Moi, j'aime ça, ĂȘtre ton patron.
Pis... pour le reste, je vais essayer de me contrĂŽler
pis je vais arrĂȘter de...
- Je veux pas que t'arrĂȘtes.
- Noémie...
je veux pas te faire de mal.
- C'est correct, j'ai... j'y ai pensé,
pis ça me va, d'ĂȘtre ton assistante
qui te fait des petits extras.
- Non, non, je peux pas te demander ça.
- Oui... tu peux.
(bips de cellulaire)
Oh, mon Dieu ! Marc Messier s'est évanoui au Restaurant B !
- OK.
- Mais c'était
Cécile de France.
Alors, Cécile, tu la connais,
comment elle est cool !
Allez, vas-y, fous-en partout, je te dirai rien.
Et elle va remettre le grand prix,
mais elle était furibarde sur Audrey Tautou !
- Furibarde !
- Et il y avait mĂȘme Bruel qui Ă©tait dans une allĂ©e,
qui avait dégueulé dans ses cheveux !
- Ăa se peut pas, ç'a aucun bon sens !
Ăa peut pas ĂȘtre dĂ©finitif.
Ils ont dit que c'était fini ?
Oh, mon Dieu ! Mais non,
mais... AĂŻe ! AĂŻe ! AĂŻe !
C'est vraiment décevant !
Ah, mais non, mais je comprends.
C'est vraiment décevant !
Je vais voir ce que je peux faire, OK ?
Ah, mais non, mais les premiers épisodes existent.
Ils vont pas juste rien faire avec, lĂ .
Mais oui, mais oui, vous
avez travaillé vraiment fort.
Je sais, je... Vraiment, je...
Ben non, c'est correct, c'est correct.
Pleure, je suis lĂ ,
je t'écoute.
Ah, veux-tu que je m'occupe
de ton billet d'avion ?
Ăa me ferait plaisir lĂ .
OK, OK, c'est beau, j'attends
de tes nouvelles. Parfait.
HĂ© lĂ lĂ ! Oui, OK, je t'embrasse.
Oui, pis... oui, moi aussi, j'ai hĂąte qu'on se voie, lĂ .
OK. Ah, pis Sofia, ça va... ça va bien aller, OK ?
Promis. Ciao !
- Bon ! Veux-tu qu'on s'en
occupe, de la chute de pression
ou ça fait partie du method acting, ça aussi ?
- Non, non, c'est correct.
Je vais slaquer sur le method acting
pis sur le suçon.
- C'est correct, lĂ .
de passer le stress.
Je sais que c'est une façon
de passer le stress.
- Ah oui ? Tu sais ça, toi ?
- Je te connais quand mĂȘme un peu.
Je veux dire, moi,
je te considĂšre comme un ami.
- Je suis stressé, hein ?
- Rarement vu de mĂȘme.
- Oui, c'est parce que j'ai peur,
pis le pot, c'était une façon d'avoir moins peur.
- T'as peur de quoi ?
- De Marcel Barbeau, du personnage.
Tu sais,
c'est casse-gueule.
Biographie, moi, j'ai jamais fait ça.
J'ai toujours joué
des personnages de fiction.
Tout Ă coup que je le comprends pas ?
Tout Ă coup je suis pas capable d'ĂȘtre un gĂ©nie ?
- T'as pas besoin d'ĂȘtre
un génie pour jouer un génie.
- Oh, je suis pas un génie, c'est ça.
- Ben lĂ ... - Non, mais c'est bon Ă savoir.
Tu sais, je vais arrĂȘter de me mettre de la pression pour rien.
- Regarde, t'es peut-ĂȘtre pas un gĂ©nie,
mais des fois, t'es génial.
Ăa, est-ce que c'est bon, ça ?
- Ăa, c'est... ça, c'est ta meilleure depuis longtemps.
J'arrĂȘte pas de dire Ă tout le monde
que t'es le meilleur en ville,
mais personne me croit.
- Mais voyons donc, qu'est-ce qui se passe ?
- Ben, rien, lĂ .
J'avais rien Ă faire, je trouvais le temps long,
fait que j'ai décidé de cuisiner.
Comme ça, on va avoir de la bouffe.
- Mais t'aimes pas ça, cuisiner.
- Hip ! Ha, ha ! Mais je te l'ai dit
que j'Ă©tais prĂȘte Ă faire des efforts.
- Oui, fais des efforts pour ĂȘtre heureuse,
pas pour faire des affaires que t'aimes pas.
- Je suis heureuse.
- Moi aussi, je...
j'ai envie d'ĂȘtre heureux,
pis je... je pense pas qu'on peut ĂȘtre heureux ensemble.
Je pense pas qu'on devrait revenir ensemble.
En fait, je pense qu'on n'aurait jamais dĂ» coucher ensemble.
Je suis... je suis désolé, je m'excuse.
- Je suis enceinte.
- T'as du chili dans les gamelles
et du vin dans les bidons !
J'en ai rien Ă foutre !
- Gros mononcle !
- Qu'est-ce que j'en ai Ă foutre ?
Bon, dis donc, ça va bientÎt fermer.
On se boit un petit dernier dans ma chambre, les cocottes ?
- Moi, je... moi, je viens si elle, elle vient.
- L'idée se travaille, je reviens.
- Oh !
- Je vous laisse discuter, hein ? Pas d'énervement.
Moi, je vais lĂ oĂč on...
- Si moi, je...
- Je viens. Dernier.
- OK. Rappelle-moi ton petit nom.
- Léa Seydoux.
- Oh !
- Sa soeur.
- C'est vrai que tu lui ressembles.
(rire)
Mais non, viens !
- OK.
- Viens.
- Ben, ça, ça veut dire que les auditions sont commencées.
Comment ça, j'ai pas été callée ?
- Parce que c'est
pour Julie Payette
pis que t'as pas
tout Ă fait son casting,
alors ils t'ont pas
appelée en audition.
- Ou tu m'as proposée.
Sous-titrage : MELS
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