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Une tisane, un café ?
- Non, non, je m'en vais bientĂŽt, lĂ .
(sanglots)
- C'était nouveau, ton histoire d'amour ?
- Oui, c'était nouveau.
- On s'en était pas parlé.
C'était nouveau comme nouveau-nouveau ?
- Je le sais pas, lĂ . Un mois, 3 semaines... Je sais pas, lĂ .
- Juste 3 semaines ?
- Quoi, c'est pas assez ?
- C'est parce que c'est étonnant.
- C'est un coup de foudre, OK !
C'est un jeune comédien, pis c'est l'homme de ma vie.
Pis je l'ai eu juste pour 3 semaines. C'est tragique !
C'est pire que si j'avais passé
10 ans avec lui, OK !
Parce qu'au moins, au bout de 10 ans,
j'aurais eu le temps de me tanner !
(sanglots)
Le pire, lĂ , c'est que
c'était réciproque, OK !
Le coup de foudre, là , c'était réciproque !
Mais il avait peur d'ĂȘtre dans mon ombre,
pis il voulait avoir sa carriĂšre Ă lui.
Pis bla, bla, bla, bla, bla ! Pis tu sais, lĂ .
Pis les gars, là , ils voient toujours juste ça :
Pascale BussiÚres, la comédienne, la personne connue.
Osti que c'est lourd !
Des fois, là , j'aimerais ça
faire semblant de ne pas ĂȘtre Pascale BussiĂšres.
Comme ça, je pourrais tomber sur quelqu'un qui m'aime vraiment
pour qui je suis, vraiment.
- Ben, c'est absurde, voyons !
N'importe quel gars serait chanceux de t'avoir.
- Ben non, mais c'est ça.
Mais je peux pas ĂȘtre un trophĂ©e non plus.
(soupir)
(sonnerie de cellulaire)
Comment ça, ils ont changé
mon horaire pour Sketch up ?
- Ils ont juste décalé tes journées de tournage, hein !
Ils veulent que tu te reposes, que tu te changes les...
- Mais j'ai pas envie de me reposer ! C'est quoi, l'idée !
Je suis trĂšs capable de travailler, lĂ ! Hein !
Je ne veux pas me reposer.
La chose qui me ferait du bien, c'est travailler.
Ils peuvent pas faire ça en plus !
C'est quoi, le problĂšme ?
âȘ âȘ âȘ
- Bon, on annule le changement
d'horaire de Pascale BussiĂšres.
ça l'insécurise.
Pas une bonne idée du tout,
ça l'insécurise.
(soupir)
Ben non, ben non. C'est correct !
Ăcoute, donnez-lui du lousse un peu.
Elle est en peine d'amour, pauvre petite.
- Ăa va oĂč ?
- C'est pour la nouvelle comptable.
Mets-le sur mon bureau.
Ah ben, moi, l'horaire d'Ăric Bruneau,
je m'en tape complĂštement.
C'est pas mon problĂšme.
- Oh, excuse-moi.
(reniflement)
Ăa va ?
- Oui, oui, c'est juste mes allergies. C'est correct.
- C'est correct. T'as pas à ... Je comprends ça.
Quand j'ai commencé à travailler ici,
moi aussi, je pleurais en cachette.
- Ah oui ? Pourquoi ?
- Je le sais pas. C'était bizarre.
J'étais heureux, mais j'étais tendu.
Pis des fois, je trouvais
que les humains communiquaient pas vraiment ensemble.
Pis je me demandais à quoi ça
servait de répondre au téléphone
quand les machines le faisaient
vraiment trĂšs bien.
Fait que... je pleurais. Mais ç'a passé.
- Ah bon. Pis maintenant, t'es
capable de parler au téléphone ?
C'est correct ?
- Ouais, trĂšs correct.
- Ah.
- En passant, moi, c'est Thomas.
- Enchantée.
Pascale.
- Courage.
- Merci.
- Ouais, il y a de sérieuses options
pour le projet d'Yan England en Allemagne et au Luxembourg.
- Ah oui ?
- Oui.
Ăa augure plutĂŽt vachement bien.
- C'est pas parce qu'on fait un "coprod"
que c'est nécessairement meilleur.
- Bah, c'est sĂ»r, mais en mĂȘme temps, votre marchĂ© au QuĂ©bec,
il est pas trĂšs grand.
- Non, mais il est en pleine santé.
- Ah ! N'empĂȘche que Jean- FrĂ©dĂ©ric a signĂ© un gros contrat
avec Los Angeles.
Et l'autre type, le gars
un peu gamin avec ses lunettes ?
- Gabriel ? - Oui !
Il a signé un gros coup
pour son client avec la série en Hongrie.
- C'est quoi, votre point ?
- Vous n'ĂȘtes pas assez ambitieuse.
- Non, je pense que c'est juste qu'on a pas la mĂȘme approche.
Moi, je pense qu'on est mieux
de faire un excellent film
au Québec avec un petit budget,
pis on ira Ă l'international aprĂšs.
- Ăvidemment, et pis le monde entier dit :
"Wow ! Regardez ce qu'il a fait avec un budget minime.
Imaginez ce qu'il pourrait faire avec un vrai budget."
Et là , le Québec perd encore un réalisateur.
Dolan, Villeneuve, Vallée...
(soupir)
- J'ai pas vraiment de contact Ă l'international.
Je veux dire, j'ai... j'ai voulu aller Ă Los Angeles
quand j'ai su qu'il allait représenter
le Canada aux Oscars, mais ç'a pas fonctionné.
- Mais j'ai plein de contacts, moi !
On peut faire plein de choses ensemble.
Je vais vous faire rĂȘver,
Alexandra.
- Hé ! Il paraßt que t'as approuvé
un changement d'horaire de derniĂšre minute
pour Ăric Bruneau ?
- Euh, non.
- Ben oui, dans la série Sketch up.
- Ben lĂ , Ăric a un horaire tellement chargĂ©,
des changements derniĂšre
minute, pas sûr que ça se peut.
- Ben, moi, c'est ça qu'ils m'ont dit,
qu'ils venaient juste de bouger l'horaire
pis qu'ils voulaient pas le rebouger.
Sauf que là , moi, j'ai Pascale BussiÚres. Elle est déprimée.
Pis ça va ĂȘtre pire, si on lui donne trop de temps libres.
Bref, j'aimerais ça,
revenir Ă l'ancien horaire.
- OK, ben je vais en parler à Jérémie.
Il y a peut-ĂȘtre fait de quoi sans m'en parler.
- Ah ! OK, merci !
- Fait plaisir, Madame la Présidente.
- Ah ! Vice-présidente ! Fais-moi pas chier avec ça.
- Café ?
- HĂ© ! Merci.
(sonnerie de téléphone au loin)
- C'était vraiment bon, hein,
l'article sur le projet en anglais de Stéphan Allard.
- Ouais, ouais, c'était détaillé.
C'est rare qu'on parle autant de contenu.
- Je l'aime beaucoup, Stéphan.
Il était tellement bon dans son rÎle d'infirmier
dans Au secours de Béatrice.
- Ben oui.
- Il est vraiment drĂŽle pis touchant.
Ăa va ĂȘtre un bon film.
- Tant mieux.
- Ăa te va si je ferme la porte ?
- Oui, oui.
(soupir)
- Je m'excuse vraiment pour ce qui s'est passé.
- T'as pas Ă t'excuser.
(soupir)
- Si tu veux... je peux aller voir Arlette
pis lui dire que tout est ma faute.
- Mais pourquoi ce serait de ta faute ?
- Ben, c'est ma faute !
Je... je t'ai provoqué dans un moment de vulnérabilité.
- Ăa va, lĂ , je suis capable de contrĂŽler.
C'est pas parce qu'une fille me provoque
que je vais automatiquement baiser avec elle, j'assume.
- En tout cas, je voulais juste te dire que je comprends
si c'est mieux qu'on arrĂȘte de... baiser ensemble.
- Si tu veux qu'on arrĂȘte, on arrĂȘte.
- Hum, mais... mais... mais toi ?
- Non, c'est toi. Si tu veux qu'on arrĂȘte, on arrĂȘte.
On s'en fout de ce que je pense.
- Ah... mais, non... euh... c'est pas...
- Regarde, on va se concentrer sur le travail.
Pis les choses vont se rétablir comme avant, OK ?
- Oui. Ben oui.
- (murmurant) : Hop !
(léger brouhaha)
- Jérémie ? - Hum ?
- Est-ce que la coordo de Sketch up t'a appelé
pour l'horaire d'Ăric Bruneau ?
- C'est déjà tout réglé.
- Comment ça ?
- J'ai fait déplacer une voix
pis diminuer d'une heure
une répétition de théùtre
que j'ai jumelé avec un essayage de costume.
Pis j'ai déplacé une audition
qui était un peu inutile de toute façon.
Et j'ai pu accommoder le tournage.
- Mais tu peux pas faire ça !
Quand il y a des conflits d'horaire,
il faut que tu viennes m'en parler,
surtout des trucs comme ça à la derniÚre minute.
- C'est moi qui fais les horaires.
- Oui, mais c'est moi qui tranche
s'il y a des demandes particuliĂšres,
ou s'il faut prioriser un tournage ou pas.
LĂ , je veux que tu refuses le changement
pis qu'on revienne Ă ce qu'on avait avant.
- C'est parce que c'est un peu compliqué,
ce que tu me demandes de faire.
J'ai vraiment fait un miracle en ajustant l'horaire.
- Ben, je veux pas ĂȘtre plate, mais il fallait pas.
- T'es ben bĂȘte.
- Je suis pas bĂȘte. Juste, il fallait pas.
(soupir)
- Bon, Emmanuelle ne viendra plus aux réunions d'équipe.
Elle a décidé de s'occuper du volet administratif de l'agence.
(rire)
Donc, comme vice-présidente, ben c'est moi qui vais s'occuper...
- T'as pas Ă ĂȘtre gĂȘnĂ©e de dire vice-prĂ©sidente, Arlette.
On est contents pour toi.
- Bon, ben tant mieux.
- OK, je pense que je vais
pousser le projet de Yan England
en coproduction internationale.
- Pourquoi ?
- Parce que j'en ai parlé avec Fabrice Henry
qui veut travailler avec lui aussi.
Pis on pense que le projet peut ĂȘtre plus ambitieux.
- C'est quand mĂȘme triste de penser
qu'on n'a plus les moyens de nos ambitions au Québec !
- Mais ça se passe
sur une ferme Ă Oka.
C'est pas tellement de la
matiĂšre Ă coproduction.
Tu risques de ralentir
ton affaire.
- Je suis d'accord avec Arlette. Fabrice, c'est un beau parleur.
Il aime ça avoir
la mainmise sur les gens.
Il s'est essayé avec moi,
pis lĂ , c'est Ă ton tour.
- Il te tape sur les nerfs.
Ăa t'empĂȘche pas d'avoir un accent quand tu lui parles.
Je sais Ă qui j'ai affaire, merci.
- OK, ben pourquoi on fait une réunion ? Maudit niaisage !
De toute façon,
c'est facultatif, ça !
- T'as gagné le gros lot, hein, toi ?
Arlette qui investit dans ton agence,
qui fait la job Ă ta place.
- Pis elle est contente de le faire. C'est génial !
- Toi, t'es trop occupée sur tes sites de rencontre ?
- Non.
- Qu'est-ce que tu cachais sur ton ordi quand je suis arrivé ?
- Rien.
- Un nouveau chum ?
- Coudonc, t'es ben parano.
- Je suis pas parano. T'es allé sur une date.
Je veux savoir comment ç'a été, c'est tout.
- Mal. C'était plate. T'es content ?
- Non. Oui.
Si ça te rend heureuse, ça serait déjà beau, non ?
(soupir)
- Regarde qui parle.
- Tout ça, là , c'est un beau gùchis.
On s'entend que t'es pas plus heureuse que tu l'étais.
Que ce soit clair...
tu t'occupes pas de l'agence.
Tu fais quoi ?
Tu veux quoi ?
- Je le sais pas.
- Ben, ça commence à paraßtre un peu trop.
- C'est réglé. L'horaire
de Sketch up bougera pas.
- Super, merci.
- LĂ , est-ce que je peux aller aux toilettes ?
- Ben, tu peux toujours
aller aux toilettes.
- Ben, je ne le sais plus.
- OK, t'es fùché, là .
- Je trouve ça poche de me faire traiter
comme si j'avais fait une erreur.
Quand le reste du temps,
t'es content que je prenne des initiatives,
que je fasse la job Ă ta place.
- Ma job Ă ma place ?
- Le producteur en Hongrie,
les fois que tu veux pas parler Ă untel.
J'ai trouvé les médicaments à Mehdi.
- Ah, c'était toi, ça.
- Oui, c'était moi. Car je m'occupe de faire ta job sale.
- Ben, je voulais pas. - Mais lui, oui.
Tu vois, t'as eu le beau rĂŽle d'avoir raison tout le long
avec tes commentaires prudes sur le "dopage".
Mais si je lui avais pas trouvé ses pilules,
il t'en aurait voulu de pas l'avoir aidé.
Fait que... mes initiatives, ben elles t'aident beaucoup.
- Super ! C'est gentil. Merci beaucoup.
Mais Ă partir de maintenant,
j'aimerais que t'aies un peu moins d'initiative.
- Comment est-ce que je suis censé progresser
si je prends pas
plus d'initiatives ?
- Mais ça marche bien, nous deux.
On fait une belle équipe ! Qu'est-ce qu'il y a ?
- OK. Pis dans cette logique-là de belle équipe,
moi, je reste assistant jusqu'Ă la fin des temps ?
- Regarde, t'as de l'ambition, OK. Je comprends, c'est bon.
Mais lĂ , t'es mon assistant, fait que t'es mon assistant.
- OK.
- OK.
- Ben, c'est ça. Approuves-tu que j'aille aux toilettes ?
- Allez-y, mon brave.
- Merci, mon maĂźtre.
- Pis, qu'est-ce que t'as fait aujourd'hui ?
- Rien.
- As-tu hĂąte d'aller tourner demain ?
- Oh, mon Dieu, Arlette !
T'es-tu vraiment préparé
une liste de questions plates avant d'arriver ?
Qu'est-ce qu'on fait ici, là ? C'est quoi, ça ?
- Ben, on prend un verre, tu sais.
- Pourquoi ?
- Ben, parce que... je voulais pas te laisser toute seule.
Je voulais pas que tu déprimes.
- OK, c'est ça.
Là , tu voudrais qu'on passe un bon moment ensemble, c'est ça ?
Toi, t'es bonne lĂ -dedans, sortir avec tes amis,
pis avoir du fun, pis...
- OK, pas nécessairement.
- Ben, c'est ça.
Nos vies sont plates, on est toutes seules
pis on a passé notre vie
dans des relations qui aboutissent pas,
mais on peut faire semblant
qu'on a ben du fun, si tu veux.
Pourquoi pas.
HĂ© ! Tu devineras jamais qui
c'est que j'ai vu l'autre jour !
C'était comme la pire date de ma vie.
Je te le jure ! Envoye, devine.
- C'est correct. C'est correct.
- C'était tellement poche que c'était drÎle. Ha, ha !
Envoye, dis n'importe quoi. On a du fun.
- Ben, je le sais pas, moi.
- Jay Du Temple. Dis "Jay Du Temple."
- Jay Du Temple.
- Jay Du Temple, oui !
Hé ! Il m'a emmenée chez eux,
pis on a passé une heure à regarder
des osties de photos de Bali.
Je capotais ma vie. Une heure Ă regarder des photos.
Et lĂ , je pensais Ă toi.
Je me disais : "J'ai tellement
hùte de raconter ça à Arlette."
(rire)
- HĂ© ! Sais-tu que c'est assez violent
ce que tu viens de faire ?
- Je sais. Excuse-moi, je suis comme déprimée.
(soupir)
- OK, t'as raison, je suis toute seule.
Ăa m'empĂȘche pas de faire ma job.
- Ben justement, c'est peut-ĂȘtre ça, le problĂšme.
Il y a rien qui t'empĂȘche de pas ĂȘtre toute seule.
- C'est fou, mon gars, je "shake" encore, lĂ .
J'ai genre une boule dans le ventre
depuis que j'ai lu l'article.
- Bon, il arrive, lĂ .
- Je sais pas si c'est une bonne idée.
Je suis encore trop émotif.
- Non, non. Le plus tĂŽt, le mieux.
Il faut que tu dises quelque chose.
- AllĂŽ !
- HĂ©, allĂŽ ! Il faut qu'on se parle.
- J'ai eu ton texto.
- Je te présente
mon ami Philippe,
celui qui veut devenir scénariste.
- Enchanté.
- Philippe a vu l'article sur le projet de Stéphan Allard.
- Ouais.
- Stéphan lui a volé son idée.
- Ouais, fait que je pense
que mon assistant me trouve incompétent.
- Ăa, c'est ça qui est fou avec toi.
T'es tellement aimable
que mĂȘme les gens qui te trouvent incompĂ©tent t'aiment.
- Oh non, je pense pas qu'il m'aime.
Je suis plus devenu la chose qui l'empĂȘche d'ĂȘtre un agent.
- Il veut devenir agent ?
d'ĂȘtre mon assistant, ç'a l'air.
- En tout cas, il est tanné
d'ĂȘtre mon assistant, ç'a l'air.
- Mets-le Ă la porte.
- Ben lĂ , non, lĂ .
- S'il veut devenir agent, tu vas lui rendre service.
- Ouais, non, je pense pas qu'il a ce qu'il faut.
Il manque de compassion.
- Qu'est-ce que t'as contre les gens qui ont pas de compassion ?
(sonnerie de cellulaire)
(rire)
Il a pas de bon sens !
- C'est qui ?
- Hum ! Hum !
- C'est qui ?
- Fabrice Henry ! Voyons !
- Hé, c'est drÎle, à voir ta réaction,
j'aurais juré que c'était une fille qui t'écrivait.
- Hein ?
- Ben oui, t'as comme eu le petit air intéressé. Ouh...
- Non.
- Ben oui.
- Non.
- Peut-ĂȘtre l'alcool.
Combien de verres t'as bus depuis que t'es arrivée ?
- Je sais pas, trois, quatre, c'est pas ça.
- T'es peut-ĂȘtre encore hypnotisĂ©e ?
- Ah non, arrĂȘte, c'est pas ça ! Non.
- Non, non ! Je te jure, t'avais
vraiment l'air intéressée.
(soupir)
Oh, my God ! Oh, mon Dieu !
C'est pour ça
que tu t'es laissé embarquer dans une "coprod" avec.
Oh ! Ăa, c'est drĂŽle !
- T'es gossant.
(baiser)
- Fabrice Henry.
- ArrĂȘte, c'est toi qui es soĂ»l.
- âȘ Na, na, na, na, na, na âȘ - ArrĂȘte !
- StĂ©phan, il m'a enseignĂ© en juin Ă l'UQĂM.
Pis lĂ , je vois qui s'en va
écrire mon idée à L.A.
Je comprends pas.
- OK, avez-vous eu des échanges,
toi pis Stéphan, à propos de ton idée ?
- Ouais.
- Par écrit ?
- Pas vraiment.
En fait, aprĂšs le dernier cours,
on est tous allés prendre une biÚre, pis on a jasé.
On a veillé tard.
Je lui ai raconté que je voulais faire un film
sur un gars qui couche avec la blonde de son meilleur ami.
Cette fille-lĂ tombe enceinte, mais elle le dit pas.
- OK. Vous étiez soûls ?
- Ben, quand mĂȘme.
- OK. Qui d'autre était là ?
- Il y avait juste nous deux.
- Avais-tu commencé à l'écrire, ton idée ?
- Ouais. Ben en fait,
oui pis non.
Dans le sens oĂč je viens de finir mon bac.
Fait que ben plus non.
- OK. Fait que
t'as pas de preuve ?
- Non.
- Qu'est-ce que tu veux au juste, toi ?
- Qu'est-ce que je veux ? C'est mon idée.
Je veux ravoir mon idée.
- Désolé.
- Ben, de quoi, "désolé" ? C'est mon idée, là !
- Papa, come on, lĂ !
(applaudissements à la télé)
- On vote pour le plus beau ou celui qui chante le mieux ?
- Le plus beau, c'est celui qui chante le mieux.
- Marc-Antoine chante mieux que Christophe.
- Marc-Antoine est plus beau que Christophe.
- Hum... passe-moi ton cell, je vais voter 2 fois.
Comment ça marche, cette affaire-là , donc ?
- Il faut juste que tu...
- Oh ! C'est qui ça, Zach ?
- Ah non ! C'est... c'est... Zacharie Dumont.
- Ah oui ? Le fils de Jean- Frédéric ? T'as couché avec ?
Hé ! Jean-Frédéric comme
beau-pĂšre, ça va ĂȘtre beau, ça !
- Non, non.
- En tout cas, il est Ă la porte.
- Je me souviens clairement de lui avoir expliqué mon idée.
Il m'a dit que c'était une bonne idée, pis aprÚs ça, je sais pas,
on a parlé de plein d'autres affaires.
- C'est tellement horrible.
- Mais qu'est-ce q'il dit, lui ? L'as-tu confronté ?
- Stéphan, je veux dire, on se connaßt pas assez.
Pis je sais pas si c'est la bonne chose Ă faire.
- Il ferait mieux de trouver quelqu'un pour l'aider
avant de faire quoi que ce soit.
Parle donc Ă Alexandra.
- Ce serait pas mieux d'en parler à Jean-Frédéric ?
- On lui a parlé, il veut rien savoir.
Tu sais comment il est. Vous le savez, en fait.
Alexandra, je la connais, elle a un sens de la justice.
- Pis elle est plus efficace que Gabriel.
- Ouais, pis elle est avocate.
Donc, c'est vraiment la mieux placée pour aider
dans un dossier comme ça.
- Pourquoi tu veux que, je lui parle ? Appelle-la.
- Je l'ai quand mĂȘme laissĂ©e pour une autre agence.
Elle me doit pas de faveur.
- Elle t'aime, Alexandra.
Elle a jamais eu une assistante
qu'elle a gardée aussi longtemps que toi.
- Je veux juste parler Ă quelqu'un
pour savoir c'est quoi mes options.
Mais en mĂȘme temps, je veux pas...
Je comprends si t'es mal Ă l'aise.
- Fais juste lui poser la question au pire.
- Bonjour !
- Bonjour ! Vous ĂȘtes encore ici, Hubert ?
- Ben oui. Toujours dans les chiffres.
J'aime ça, les chiffres.
- Ben, on a engagé
une nouvelle comptable.
Emmanuelle vous l'a pas dit ?
- C'est ça, je supervise la nouvelle comptable.
- Je savais pas qu'on avait les moyens de payer 2 comptables.
- C'est du bénévolat.
- Ben, c'Ă©tait censĂ© ĂȘtre Emmanuelle qui s'en occupe, ça.
- Elle était contente de déléguer ça.
- Ouais, mais ce serait bon
qu'elle délÚgue pas tout le temps.
- HĂ© ! C'est drĂŽle,
c'est ça que je disais, la derniÚre fois qu'on s'est vus.
Pis vous m'avez viré de bord.
LĂ , j'accepte de l'aider, mais vous ĂȘtes pas plus contente.
Fait que vous ĂȘtes jamais contente, finalement, hein ?
- Ben non, non !
C'est juste que du bénévolat dans une entreprise privée,
c'est pas trĂšs viable comme systĂšme.
- Je suis juste un pÚre qui aide sa fille. Bonne journée !
- C'est ça.
- Arlette ! - Oui.
- Bonne nouvelle,
j'ai réussi à revenir à l'ancien horaire de Sketch up.
- Ah ! Merci ! - Cool !
- As-tu parlé à Alexandra ?
- Non.
- Qu'est-ce que t'attends ?
- Ben, je le sais pas, c'est pas de mes affaires.
- Un super beau gars t'offre la chance d'ĂȘtre une hĂ©roĂŻne
pis tu fais rien ?
- Ben, je veux pas ĂȘtre une hĂ©roĂŻne,
je veux juste faire ma job.
(âȘ fredonnement âȘ)
- Toi, Noémie... - Oui ?
-... cacherais-tu des choses à Jean-Frédéric ?
- Non !
- Pis si quelqu'un te dit :
"Je veux que tu passes un message à Jean-Frédéric."
Est-ce que tu filtres ?
- Mon Dieu, non, jamais.
- Hum. Tu vois.
- Alexandra ? - Hum ?
- Je me demandais, admettons, hypothétiquement,
que quelqu'un dit que quelqu'un
d'autre a volé son idée.
Qu'est-ce qui arrive ?
- J'ai pas volé le look de Pénélope McQuade.
ArrĂȘtez de me gosser avec ça.
- Ah non, non, c'est pas de ça que je parle.
- Non, c'est joke, Camille. Je veux dire, regarde-moi.
Ai-je l'air de... Je suis pas multicolore.
- Plus une idée de film.
(soupir)
- Qui ?
- Personne, un ami.
- Ah ! OK !
Le droit d'auteur pis la propriété intellectuelle,
c'est extrĂȘmement complexe et trĂšs, trĂšs Ă©motif.
plagiat vraiment trÚs évident,
Alors, Ă moins d'avoir un cas de
plagiat vraiment trÚs évident,
tu touches pas à ça.
C'est ben trop compliqué. C'est lourd.
- Mais légitime, des fois.
- Oui.
- OK, mon ami, c'est un projet
qui est juste en développement,
mais il s'est fait voler son idée.
- Bah, il peut poursuivre.
Des fois, juste le fait de menacer de poursuivre,
c'est assez pour que le projet soit avorté.
- OK. Est-ce que t'accepterais...
- Oh non ! Non ! Pas du tout.
Je veux pas le rencontrer, je veux pas qu'il me parle.
Je veux pas que tu m'en parles. Je veux rien savoir de lui.
D'ailleurs, il faut que
tu saches que ton ami,
dans les prochains mois, il va ĂȘtre trĂšs malheureux,
peu importe l'issue de son affaire, OK ?
C'est comme le cas de Robinson. Tu sais, lui...
Sais-tu c'est qui, Robinson ? Oh, mon Dieu !
Tu sais pas c'est qui Robinson ?
Tu me niaises, lĂ , Camille ?
Tu peux pas travailler ici si
tu sais pas c'est qui Robinson.
Va falloir que tu fasses tes recherches.
Voyons, c'est la base de la base.
En tout cas, lui, ç'a trÚs, trÚs
mal été. Pis là , ben c'est ça.
Moi, si j'étais toi,
j'éviterais mon ami pendant un an ou deux ou trois.
En tout cas, évite-le.
Ne lui parle plus, ça va te mettre dans le trouble.
Fais tes recherches !
- T'as une réunion d'équipe qui commence dans 5 minutes.
Il y a Marc Messier qui va t'appeler
pour te parler d'un gros, gros projet.
Il avait l'air ben énervé.
Tout est réglé pour le contrat de Stéphan Allard.
Et t'as reçu 2 billets
pour le Circo Del Mayo !
- OK, merci !
- Ben voyons ! C'est le Circo Del Mayo !
Tout le monde parle juste de ça ! Il paraßt que c'est incroyable !
Ils viennent du Mexique.
C'est comme le Cirque du Soleil fois mille.
- Ăa doit ĂȘtre intense, ça.
- Ils ont pris la peine
de faire venir les billets par messager Ă ton nom.
Ils veulent vraiment que tu y ailles.
Ils ont fait une série de 4 spectacles,
pis c'est le dernier ce soir.
On pourrait peut-ĂȘtre y aller ensemble ?
- Ouais, moi, le cirque...
- Ah, mais tu vas voir !
Il paraĂźt que c'est plus comme de la danse.
C'est super bon, ç'a l'air.
- Hum ?
- On en reparle ? OK ! Bon, j'ai mon meeting.
- OK.
(sonnerie de téléphone au loin)
- Pascale ?
- Ils m'ont mis dans le coma.
- Dans Sketch up ?
- Ouais, ils me trouvaient plate depuis que je suis déprimée.
Fait qu'ils m'ont mis dans le coma.
- Ah ! C'est original.
Un personnage dans le coma dans une comédie à sketchs.
- C'est tellement original.
Pis ils se trouvent tellement drĂŽles.
- Ben, ils font pas des jokes de coma, quand mĂȘme.
- Non, non, ils ont trouvé une espÚce de twist.
Parce que, écoute, je fais un personnage de nunuche
qui est tout le temps en train de faire des gaffes.
Fait que pendant que je suis dans mon coma,
mon aura de gaffeuse a été transmise
au monde qui s'occupe de moi.
Fait que les membres de la famille
pis les infirmiers qui viennent s'occuper de moi,
ben ils me font plein de gaffes dessus
pis ils me renversent plein d'affaires dessus.
Fait que j'ai passé la journée couchée dans un lit
Ă me faire renverser de l'eau dessus...
du jus d'orange dessus, du faux sang dessus
pis du faux pipi dessus.
Pis ils ont trouvé ça ben, ben, ben drÎle.
- OK, je vais les appeler.
- J'espĂšre que
tu vas les appeler.
Parce que sais-tu ce qui arrive aprĂšs le coma ? C'est la mort.
- Bon, écoutez, ça va faire, les jokes de coma, là ! Hein !
Il faudrait sortir de lĂ . Ben oui, elle est capable de jouer.
Donnez-lui le temps.
Ben, c'est sûr qu'elle sortira pas de sa déprime
si vous passez vos journées
Ă lui renverser des affaires dessus.
OK, merci.
Bon ! J'ai vraiment besoin d'aide, lĂ ,
avec Pascale BussiĂšres.
Ăa va pas bien du tout, lĂ .
Elle est déprimée
pis elle va perdre un contrat si ça continue.
- Mais qu'est-ce que
tu veux qu'on fasse ?
- Ben, si je le savais, hein ?
- Je pourrais aller manger au restaurant avec elle.
Ăa me ferait plaisir.
- Ah non, non !
M. Compassion, tu vas
la regarder pleurer
pis ça va ĂȘtre pire.
Non. Mais toi,
toi, par exemple,
t'en as pas de compassion, tu pourrais y aller.
- Non, moi, pas particuliĂšrement.
- Ben lĂ .
- De toute façon... Oh !
- Merci.
- Je peux pas parce que ce soir,
je vais voir le Circo Del Mayo avec Noémie.
- Le Circo Del Mayo ?
- Oui, oui, madame.
- Toi, lĂ , tu vas voir de la danse ?
- Oui. Ils insistent pour que j'y aille.
Ils m'ont mĂȘme envoyĂ© des billets par messager.
- C'est pas toi qu'ils veulent voir.
- Ben oui, les billets sont Ă mon nom.
- C'est un de mes amis qui dirige le Circo Del Mayo.
Pis il arrĂȘte pas de m'Ă©crire pour m'inviter.
Pis moi, ça me tente pas d'y aller. Je lui réponds pas.
Pis comme il sait pas qu'on est séparés,
ben il t'envoie des billets Ă ton nom.
Mais dans le fond, c'est moi qu'il veut voir.
- Ah lĂ , c'est
lourd, la gang.
- Ah ben, un ami, c'est super, ça, hein !
- Cela dit, c'est magnifique, ce qu'ils font.
- Bon, JF, toi, tu pourrais
l'emmener avec toi
au Circo Del Mayo, non ?
- Non, non. Non.
- (Emmanuelle) : Tout le monde doit faire un petit effort.
- (Arlette) : OK, c'est ça qu'on fait. J'écris à Pascale.
- Pourquoi tu y vas pas, toi, avec Pascale, hein ?
- Les billets sont Ă ton nom.
- Oh, as-tu vu ça ? Oh !
Hé, Noémie ! Bonne nouvelle ! Tu vas au cirque ce soir.
- C'est vrai ?
- Avec Pascale BussiĂšres.
- HĂ©, Tom ! Ăa te tente d'aller
voir le Circo Del Mayo ce soir ?
- Euh, OK, ouais.
- C'est Ă 20h00.
- On se rejoint lĂ -bas ?
- Tu y vas avec Pascale BussiĂšres.
- Hein ? Je suis content qu'on aille voir le cirque ensemble.
Je savais pas avec qui j'y allais.
- Comment ça, le cirque ?
Arlette m'a dit qu'on allait voir de la danse.
- Noémie m'a dit que c'était du cirque.
- Ben, je ne vais pas au cirque.
- Ben oui, tu viens voir du cirque.
- Non, mais j'haïs ça, le cirque.
- De toute façon, t'haïs
probablement tout en ce moment.
Fait que c'est parfait,
tu vas pas gaspiller une chose que t'aimes
que tu serais pas capable d'apprécier
à cause que t'es déprimée.
On va aller voir quelque chose que t'haĂŻs.
Tu vas haĂŻr ça, pis tout va ĂȘtre normal.
- C'est fou, mais on dirait
que ç'a du bon sens, ce que tu me dis là .
- Ah ouais, ç'a ben du bon sens.
J'ai beaucoup d'expĂ©rience lĂ -dedans, ĂȘtre dĂ©primĂ©.
- Qu'est-ce que tu fais ce soir ?
- C'est Ă moi que tu parles ?
- Ben oui.
- Euh... excuse-moi, je suis un peu étonné.
Je savais pas qu'on se tutoyait.
- Ben oui. Maintenant, on se tutoie.
- OK !
- Alors ?
- Ben, alors quoi, lĂ ?
- Ben, qu'est-ce que tu fais ce soir ?
- Rien.
- Est-ce que ça te tente qu'on soupe ensemble ?
- Je pensais que tu m'aimais pas.
- Hum, j'ai changé d'idée.
- Je le sais pas,
aller au restaurant sans que ça soit relié au travail.
(inspiration)
Bon, j'ai eu... 2, 3 amours dans ma vie,
2, 3 grands amours.
Ils étaient tous mariés de toute façon.
Alors, j'ai été...
patiente, dévouée, niaiseuse.
Je le sais pas comment ĂȘtre en couple avec quelqu'un.
- As-tu une blonde ?
- Hum... Je ne sais plus c'est quoi, la bonne réponse, là .
Serais-tu plus heureuse si je disais oui ?
Est-ce que ça te rassurerait si j'étais en couple ?
- Ce serait confortable, en tout cas.
- Ben, je suis célibataire depuis un an.
Mais j'ai eu beaucoup de femmes dans ma vie.
J'ai souvent été infidÚle.
Correct ? Est-ce que ça te rassure ?
- Sais-tu quoi ?
- Hum ?
- Oui. Comme ça, on est un peu dans la mĂȘme gang.
- Sais-tu quoi ?
Plus que tu penses.
- Alexandra veut pas s'en mĂȘler.
- (murmurant) : Oh man !
- C'est correct, je comprends.
- Elle dit que c'est une bataille complexe,
que ça rend tout le monde malheureux.
Peut-ĂȘtre que c'est mieux de te consacrer Ă l'Ă©criture
plutĂŽt que de perdre
comme des années à te battre.
- De toute façon,
c'est pas comme si j'avais tellement d'options.
- Voyons, on va pas
s'écraser, là .
Un gars se fait voler son idée,
il peut rien faire, rien dire.
C'est quoi, là ? C'est la Sibérie ?
- C'est compliqué, la... propriété intellectuelle.
- Fuck ! T'es pas tannée
que des gars comme papa gagnent tout le temps ?
- Papa ?
- Oui, papa !
Je l'ai dit Ă Philippe.
- Pis je vais pas le dire, lĂ . Promis.
- Non, mais Cam, trouves-tu
qu'il y a une injustice ?
- Oui, j'ai l'impression que oui.
- OK, pis on fera rien ?
- Je le sais
pas pour toi,
mais moi, je me sens pas bien avec ça.
- Zach, arrĂȘte, c'est pas ton combat.
C'est juste rushant comment la boule dans mon ventre,
elle veut pas partir.
- T'es tellement le plus mauvais spectateur. J'ai jamais vu ça !
Il applaudissait aux 2 secondes en soupirant.
Mais genre, un éléphant qui soupire !
- Non, mais c'était plate. J'haïssais ça.
Pis sérieux, on est vraiment
trop fin dans la vie, non ? Hein ?
On est respectueux. On dérange pas.
Mais si c'est plate, c'est plate, non ?
- Ouais, mais c'était pas si plate que ça.
C'est juste que les costumes étaient...
- Oh, mon Dieu ! Les costumes !
- La fille avec la roue sur la tĂȘte.
(rires)
Un vrai hamster, je te jure !
- Il y avait un hamster dedans.
Un vrai hamster, je te jure !
- Oui ! Un vrai !
- C'est sûrement une métaphore
des idĂ©es qui nous tournent dans la tĂȘte.
- Tu vois, c'est ça que je te dis. On est serviles.
Tu trouves des excuses plutĂŽt que d'avouer que c'est cave !
- Non, mais c'est vrai que, des fois,
ça ferait du bien de lancer des tomates.
- Ben...
- Vraiment.
Les toilettes sont... ?
- DeuxiĂšme porte.
- OK, je reviens, merci.
- Man, qu'est-ce
qui se passe, lĂ ?
- C'est fou, je capote !
C'est comme la plus belle fille du monde !
Pis elle me trouve drÎle, pis elle a un petit cÎté rock.
Elle a vraiment pas une vibe de comptable.
- Pourquoi elle aurait une vibe de comptable ?
- Ouais, non, t'as raison. C'est
un gros préjugé, mon affaire.
- Non, mais attends. C'est pas une comptable, lĂ .
- C'est pas la nouvelle comptable de l'agence ?
- Oh, man... C'est fucking Pascale BussiĂšres, man.
- Qui ça ?
- Fucking Pascale BussiĂšres !
C'est une des plus grandes actrices du Québec !
Elle a joué les plus grands rÎles.
Elle a fait les plus grands festivals.
Elle a des Génie, des Jutra, tout. C'est pas une comptable.
- Ben lĂ , je le savais pas, moi.
- T'étais pas supposé de te mettre à jour
avec les clients de l'agence pis la culture québécoise ?
- Ben oui, j'essaye, mais je suis juste rendu à Séraphin.
Sais-tu il y en a combien,
des SĂ©raphin ? Ăa ne finit plus.
Oh, mon Dieu ! Je me sens pas bien.
- Bon, ben moi, je vais aller me coucher, OK ?
- Quoi ? Non ! Tu fais toujours ça !
- Ben lĂ , t'es avec Pascale BussiĂšres. Assume, OK !
- Non. Non. Non, non.
- Oui.
- Non, non, non, non, non, non.
Non, non, non, non, non, non.
- C'est Pascale BussiĂšres, man.
- Reste !
- C'est fou ! Envoye !
- Qu'est-ce que je fais si je le crois,
si je pense vraiment qu'il a eu l'idée en premier ?
- Tu te bats, surtout si tu le trouves beau.
- Ben non, c'est pas une question de ça.
Pis je veux pas, pas écouter Alexandra pis Jean-Frédéric.
- Mais tu penses qu'ils sont devenus agents comment,
nos super boss ?
En tenant tĂȘte Ă tout le monde, en se battant,
en prouvant qu'ils avaient raison.
- Je veux pas devenir agente.
- Ben, tu veux pas coucher avec Zach,
tu veux pas devenir agente.
Coudonc, qu'est-ce que tu veux dans la vie ?
Ătre une NoĂ©mie ? Je pense pas.
- Fait que sinon... toi, qu'est- ce que t'aimes dans la vie ?
Comme dans les choses ordinaires.
- Ben voyons, t'es donc ben weird.
Es-tu mal Ă l'aise parce qu'on est tout seuls, lĂ ?
Voudrais-tu que je m'en aille ?
- Non, non. Reste. Reste tant que tu veux.
- Attends, mais il est arrivé quelque chose ?
Qu'est-ce qui s'est passé
pendant que j'étais aux toilettes ?
T'étais tout simple pis spontané.
Pis lĂ , on dirait que t'es comme... comme poche.
- Je sais pas t'es qui.
Je pensais que t'étais une comptable.
J'ai jamais vu tes films,
j'ai jamais... Je connais rien.
- Pourquoi t'étais gentil avec moi comme ça, d'abord ?
- Parce qu'on avait du fun, c'était facile.
- Ah, pis lĂ , ce n'est plus facile ?
(soupir)
- Je ne sais plus oĂč me mettre,
lĂ . Je n'ose plus rien dire.
Ah, je me doutais que t'étais trop belle pour moi,
mais on avait du fun.
J'ai mĂȘme failli t'embrasser en sortant du théùtre
tellement j'avais passé une belle soirée.
J'aurais dĂ» le faire, parce
que lĂ , il est comme trop tard.
T'es comme officiellement inaccessible.
- Bon, ben est-ce que tu aimerais que je m'en aille ?
- Non.
Ben, comme tu veux.
(sonnerie)
(coups Ă la porte)
- Eh boy !
- Ben, je l'ai finalement appelé, Juan.
Pis je suis allée voir son fameux Cinco Del Mayo.
Coudonc, tout a changé ici.
Pis j'aurais tellement pas dĂ» y aller.
J'aurais tellement pas dĂ».
Tu sais, Juan,
il est toujours dans 56 millions de projets comme ça.
Pis lĂ , il est directeur
d'une prestigieuse école de danse au Mexique, là .
- Il me semblait que c'était pas ce que tu voulais.
- J'haïs ça, l'agence ! Comprends-tu ?
J'haïs ça, l'agence. J'haïs ça, rien faire ici.
(sanglotant) : Pis... c'est comme, ça m'excite.
Tu sais, je veux dire,
c'est nouveau, tout ça, pis ça m'excite.
- Pis là , il faut que tu décides ça ce soir ?
T'es soûle, il est tard.
- Voyons !
Je le savais que j'aurais pas dĂ» aller voir ce show-lĂ .
Je voulais pas ĂȘtre tentĂ©e.
Je voulais pas retourner dans ce monde-lĂ .
Pis je me suis dit : "Sais-tu quoi ? Sais-tu quoi ?
"Pourquoi je résiste, hein ?
Pourquoi je résiste ?
Pourquoi je pars pas, là , comme ça ? Pourquoi j'y vais pas ?"
Ben, je pars demain matin !
(rire)
- Demain matin ? C'est pas un peu "rushé" ça ?
- Ben, il est comme ça, Juan. Tout se peut.
Pis contrairement Ă toi, il est
tout le temps de bonne humeur.
- Ah, super !
- Il m'a dit : "On part lĂ , lĂ ." Fait qu'on part.
- Fait qu'au fond...
(entrechoquement de bouteilles)
... c'est pour lui que tu pars.
(fermeture de porte du frigo)
Pas pour la job.
(sanglots)
- Mais la vérité, là ...
la vérité, là ...
c'est que je pars juste pour partir, comprends-tu ?
C'est ça, la vérité.
(sanglots)
Pis...
(sanglots)
... le plus fou, lĂ ,
c'est que j'ai comme besoin que tu me donnes la permission.
C'est fou, hein ? Ă'a pas de sens comme je suis pathĂ©tique.
Ă'a pas d'allure.
(sanglots d'Emmanuelle)
- Je veux te parler de Philippe, l'ami de Zach.
- Non, non, il est pas allé te voir toi aussi avec ça, là .
HĂ© ! Lui, lĂ , des fois !
- Moi aussi, je pense que Philippe dit la vérité.
(rire)
- L'Ăąge niaiseux.
Vous ĂȘtes tous les deux dans l'Ăąge niaiseux.
Un pied dans le monde adulte
et un pied dans un univers parallĂšle
oĂč vous avez des injustices Ă combattre
ou je sais pas trop quoi.
- Il t'a pas ému ? T'as pas senti
qu'il était comme en panique ?
- Oui et oui.
Sauf que moi, je laisse pas ma compassion ruiner ma vie.
Pis de toute façon, ma pauvre Camille,
tout le monde a des idées.
Ton voisin, le brigadier, mĂȘme NoĂ©mie a des idĂ©es de film.
- Pour vrai ?
- Je le sais pas, sûrement. Hein !
Ce que je veux dire, là , c'est qu'une idée, ça vaut rien.
C'est ce que tu fais avec qui compte.
- Je pense que
Philippe dit la vérité,
pis qu'il mĂ©rite d'ĂȘtre entendu.
Pis on est peut-ĂȘtre dans l'Ăąge niaiseux, moi pis Zach,
mais on veut pas le laisser tomber.
- OK, tu veux quoi de moi au juste ?
- Je suis tannée
de l'image que j'ai de toi.
Pis c'est pas juste moi, Zach aussi.
On te voit comme un homme
d'affaires sans scrupule
qui se fout de la justice.
Si t'aidais Philippe, on aurait l'impression
que tu fais la bonne chose pour une fois.
Ăa ferait du bien.
- OK, si je m'en occupe, tu ne t'en mĂȘles plus ?
- Promis.
- Deal.
- Ăa va bien.
On a 3 offres sur la table pour le projet d'England.
On n'a qu'Ă choisir.
Ăa va ? Ăa vous intĂ©resse toujours ?
- Oui, je suis enchantée.
- Ah ben, ça se voit pas, hein.
- Ben, va falloir s'habituer.
J'ai toujours cette face quand je suis contente.
- Ah ouais ? Ouais.
Ce sont de trĂšs belles offres.
Vous allez les présenter à Yan England ?
- Ah oui, quand mĂȘme, hein.
- Ah bon ! Enfin un petit sourire. Il était temps.
Ăa me fait plaisir, je prĂ©fĂšre ça.
- Oui, bonjour !
J'aurais besoin d'un
rendez-vous, s'il vous plaĂźt.
C'est urgent. Non ! Il faut que ça soit aujourd'hui.
Je ne me reconnais plus. Faites- vous des visites Ă domicile ?
- HĂ© !
- HĂ© ! Je voulais te remercier pour les billets.
- Hein !
- J'ai ri hier, lĂ . Beaucoup.
Non, j'étais au cirque pis je me disais :
"Ayoye, j'ai hùte de raconter ça à Arlette."
- Ben voyons, tu me niaises ?
- Hé ! Je te jure ! Craché, juré.
Tu peux les appeler, leur dire qu'ils me sortent du coma.
Je vais trĂšs bien.
Regarde, c'est vrai que je suis toujours
en train de chercher le coup de foudre,
que je suis impatiente, mais...
Pis c'était pas si grave
que ça, ma peine d'amour.
T'avais raison.
- Eh ben ! Le cirque, hein ? Ce que ça peut faire !
- Incroyable.
- Oh, mon Dieu !
Je vous remercie d'ĂȘtre venue
comme ça en urgence.
Je... je savais mĂȘme pas que ça existait,
des psychologues qui utilisent l'hypnose, c'est...
En fait, je suis pas trĂšs psy, vous comprenez.
Je pense que je suis trop intelligente pour ça.
C'est comme si je désamorce
systématiquement
toute forme de thérapie.
C'est vain, vraiment.
Donc, c'est ça, j'ai été... j'ai été hypnotisée
par des... comment on appelle ça ?
Des... vous savez, des Messmer,
des hypnotiseurs, en fait.
Et je pense qu'ils m'ont pas
complÚtement "déshypnotisée".
- Alexandra. - Oui ?
- Vous pouvez vous asseoir ?
- Oui, absolument. Je peux m'asseoir. Il y a rien lĂ .
Vous voyez. On est super bien assis, ici.
- On va parler, ça va bien aller.
- Hum, hum !
- (Arlette) :
Oh, ben je suis ben contente.
Hé, moi aussi, ça m'a fait du bien de souper,
nos conversations.
- Bon, ben tant mieux.
- Bon, Ă la prochaine, hein ?
- Oui.
- On se donne des nouvelles.
- Oui, ça marche. Bye.
- Je t'appelle un taxi, quelque chose ?
- Non, non, non, non.
J'attends un ami pis j'ai 2, 3 textos Ă envoyer.
Je vais m'asseoir 2 minutes.
- OK, bye, ma chouette.
- Bye, ciao !
AllĂŽ !
- AllĂŽ !
(clappement)
- J'ai vraiment aimé ça, notre soirée d'hier.
J'aimais ça que tu sois vrai avec moi.
- Moi, j'aimais ça quand t'étais comptable.
(petits rires)
- Je me suis mĂȘme dit que je pourrais genre te kidnapper
pis... te mettre dans une bulle.
Pis m'arranger pour que tu
sois jamais au courant de rien.
Comme ça, tu pourrais m'aimer d'un amour... pur.
- OK. Cool.
- Ben non, c'est une joke. Ha, ha !
- Ah, ben oui.
Mais je l'aurais fait.
- Non, mais je t'aimais quand t'étais libre pis rebelle.
Pis c'est comme pas Ă©vident d'ĂȘtre libre
quand tu vis dans une bulle.
- Pas si je choisis d'ĂȘtre dans la bulle.
- Ah...
- Qu'est-ce qui se passe, lĂ ?
- Je sais pas.
Mais c'est le fun.
- En fait, c'est comme si le
flou confortable de l'hypnose
m'empĂȘchait d'ĂȘtre moi dans mon rapport Ă la sĂ©duction : vorace !
Normalement, je suis une séductrice vorace.
LĂ , je... je suis.
Hrm, non ! Je suis molle.
Euh... j'admire les gens.
C'est pas normal que j'admire les gens.
C'est vraiment pas normal.
Je veux dire, je suis clairement encore sous hypnose.
- Non.
- Oui.
- Non. - Non ?
- Vous n'ĂȘtes plus du tout sous
hypnose. Vous avez un blocage.
Vous avez peur de tomber amoureuse
depuis votre derniĂšre relation.
Mécanisme de défense.
- OK, parfait ! Fait qu'est-ce que vous pouvez arranger ça ?
Est-ce que vous pouvez faire un petit truc ?
Me débloquer, quelque chose ?
Genre, au compte de trois, quand
je dirai le mot "débloquée",
vous serez débloquée.
Chou ! Trois.
- On parle d'un blocage
qui date sûrement de l'enfance.
Il y a pas de magie. Il faut une thérapie.
Une... longue thérapie.
- Ah ouais, hein ? Non. Ăa arrivera pas.
- HĂ© ! As-tu des nouvelles d'Emmanuelle ?
Je l'ai appelée, je l'ai textée toute la journée, rien.
- Elle est partie.
- Elle est partie oĂč ?
- Partie refaire sa vie au Mexique.
- Ben ! Tu me niaises, lĂ !
- Non.
- Ben, elle est partie quand ?
- LĂ , lĂ .
- Ben, elle a rien dit. Elle... Pis l'agence ?
- Elle reste propriétaire, mais elle est pas là .
Toi, t'es lĂ .
- Ben... voyons ! C'est déstabilisant !
Va falloir se réorganiser.
- Arlette, l'agence a survécu à la mort de Michel.
Je pense qu'elle va survivre au départ d'Emmanuelle.
(soupir)
- Ben, il faudrait qu'on le dise aux autres.
Peut-on juste...
attendre un peu ?
Il y a pas de rush.
- Ben oui, ben oui. Je m'excuse.
Il y a pas de rush.
- Mettons que c'est la fin du monde
pis il n'y a plus d'artistes,
pis il n'y a plus d'agents d'artistes...
que tout ce qu'on peut faire, il faut que ce soit utile...
tu ferais quoi, toi ?
- Aucune idée.
- Moi, je guetterais.
Je me mettrais dans une tour...
pis je guetterais.
- Tu ferais rien, finalement.
de passer des journées entiÚres
- Des fois, j'ai l'impression
de passer des journées entiÚres
Ă ne pas regarder dehors.
- Moi, lĂ ...
je ferais du sirop d'érable, hum !
Du sirop d'érable.
- Je suis pas sûr que c'est ben utile, moi, ça.
- Ben oui. C'est utile,
franchement ! Du sirop d'érable !
Hum ! C'est réconfortant !
(soupir)
- C'est rendu que tout le monde crie au scandale
dĂšs qu'il y a quelqu'un qui fait un pet de travers.
- Sauf que c'est trĂšs intellectuel, ce que tu dis.
Pour le commun des mortels, ça va rester un film de cul.
- Une paire de boules, c'est une paire de boules.
Sous-titrage : MELS
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