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- La meilleure perfo de ma vie, je jure.
- Wow !
- Je jure, c'était fou.
- Excellent, c'est pour ça que...
- C'est pas un sujet facile, hein !
La consommation, c'est assez délicat, on se le dit.
Tu veux pas avoir l'air du gars
qui est un trop straight edge.
De nos jours, le vin, c'est bon, un batte, c'est légal.
J'ai pas envie
d'être le gars plate.
Quand tu consommes pas comme moi, fuck all,
les gens pensent que t'essaies de les niaiser
pis que tu te fous d'eux, ils se sentent menacés.
- Ah oui, non, non, c'est complètement à contre-courant.
- Je suis à contre-courant.
C'est ça que j'aime.
Je suis dans le bar, je fais des jokes sur les gens qui boivent
pis ils boivent pis ils rient d'eux autres.
Je sais pas si tu comprends ? Faut le faire !
- Ouais, as-tu pensé
à une manière de traduire "straight edge" ?
- Ouais, pur à cuire.
- Pur à cuire ? - Pur à cuire.
Parce que c'est comme...
C'est dur à cuire, mais pur
parce que je consomme pas.
- Ah ! Ben oui, ben oui, pur à cuire.
- En plus, Gad Elmaleh était dans la salle pis il a adoré ça.
- C'est pour ça que je voulais te voir.
- Je t'ai pas dit ?
J'ai une blonde maintenant.
Je suis amoureux, je vois une fille.
Je vais te montrer. Elle est malade, "checke" !
On fait un beau couple ? - Félicitations ! Oui.
- C'était la première fois qu'elle venait me voir. Mon gars, j'étais stressé !
- Gad te veut pour sa première partie à New York.
- Quoi ? - Il veut que tu fasses sa première partie.
- Tu me niaises ?
C'est quoi, c'est une joke ?
Il y a une nouvelle émission :
on cache des caméras
pis on niaise nos vedettes ?
- Non, non, il y a pas de caméras.
Je te jure, Gad Elmaleh veut que tu fasses
sa première partie à New York.
- T'es pas sérieux ? Pas sérieux ? Non !
- Oui ! Ha ! Ha !
- Man, c'est fou ! C'est ben fou !
- Oui, oui. Il est à Montréal pour 48 heures.
Il veut qu'on organise une rencontre là, là.
Il veut voir ton numéro au complet.
- Ben, il l'a vu au complet.
- Il m'a dit qu'il a juste vu 5 minutes.
- Non, non, il l'a vu au complet.
- Il a dit que tu avais dit que ça durait 45 minutes.
- Non, c'est 5 minutes, le
numéro. Il l'a vu au complet.
- Ah, ben... il a pensé 45.
On va lui dire que t'es pas prêt.
- Ben non, on peut pas lui dire ça !
- Prends le temps de l'écrire.
Au pire, on ira le voir à Paris.
- C'est pas de même que ça marche, OK ?
Lui, il débarque ici, il a un coup de coeur.
Si dans 2 semaines, il prend pas moi,
il va prendre quelque d'autre; je veux pas manquer ça.
C'est quand même la première de Gad Elmaleh à New York.
- T'as pas de numéro.
- Oui, mais je vais en écrire un numéro.
- T'as 48 heures, t'as pas le temps.
- Ça va, là, je suis full inspiré.
- Tu viens de dire que ç'a été
difficile d'écrire ce numéro-là.
- Oui, OK, ç'a été difficile au début,
sauf que là, je suis quand même inspiré.
Là, je suis sur une strike, OK ?
Mes premières 5 minutes sont super bonnes.
J'ai juste à en rajouter 40 pis c'est réglé, OK ?
En plus, c'est 48 heures.
Je sais pas si tu le sais,
mais ça fait plus qu'une heure par minute.
- T'es sûr ? - Oui, je suis sûr.
Regarde, j'ai une... Là, j'ai une joke.
Là, j'ai une super bonne joke que je viens d'avoir.
Je peux te régler ça tout de suite.
Crime, tu sais quoi ? 24 heures pis c'est réglé.
Même pas besoin de 48 heures.
- OK.
- J'ai réussi à annuler tous
tes rendez-vous pour la journée
pis il y a une réunion d'équipe
qui commence dans 2 minutes.
Tout le monde t'attend dans la salle de conférence.
- Je m'en fous, j'y vais pas.
- Euh... OK. Je... je leur dis quoi ?
- Dis-leur que je suis en vacances.
- Mais... des vacances, ça se planifie normalement.
- Dis-leur que je suis... en choc post-traumatique.
- OK, par rapport à quoi ?
- Par rapport à la vie.
- OK, la vie comme... en général ?
- Exactement.
L'échec général de ma vie m'a mis en choc post-traumatique.
Je t'ai échappée !
Je t'ai échappée, excuse-moi.
- OK.
- Bon, Éric de la comptabilité est en congé maladie.
- Ben oui, il a fait un burn-out
sans que personne s'en rende compte.
Pis on a beaucoup d'erreurs sur la facturation.
- Bref, si, à temps perdu, vous pouviez faire
une petite vérification.
- On n'a pas de ça, du temps perdu.
- Pouvez-vous juste vérifier ?
- Je suis désolée, tout le monde.
Je viens d'appeler Jean- Frédéric. Il a une labyrinthite.
Il peut pas sortir de chez lui, donc il m'a demandé
de venir à la réunion pis de prendre des notes,
pis lui va travailler de la maison.
- OK pis une labyrinthite,
c'est grave, ça, Noémie ?
tu fais assise là ?
Qu'est-ce que
tu fais assise là ?
- Bon, alors c'est Hubert Dumont, mon père,
qui va venir nous donner un
petit coup de main avec tout ça.
- Ben, c'est super ! AMG est
devenu une entreprise familiale.
- C'est un excellent gestionnaire, mon père.
- Oui, mais faudrait quand même
trouver un autre comptable.
- Qui fait
pas d'erreurs.
- J'espère qu'on
va être capable
de débloquer un
budget de dépenses.
D'ailleurs, merci
de l'avoir ignoré,
mais Yan England va représenter
le Canada aux Oscars
pour meilleur
film étranger.
- Oui, c'est vrai. Bravo !
- Bravo !
- Je vais profiter de l'occasion pour ouvrir des portes
pis j'aimerais m'y
prendre à l'avance,
pas attendre qu'on
soit aux Oscars.
- Oui, mais c'est pas l'idéal...
- Je vais avoir besoin d'un budget pour l'hébergement,
je vais avoir besoin d'un budget pour les déplacements,
probablement d'une petite caisse aussi
pour tout ce qui est nourriture, tout ça.
- Mais t'as pas des amis chez qui tu peux habiter ?
- J'ai pas d'amis
à Montréal,
je vois pas pourquoi
j'en aurais à LA.
- Écoute, je regarde les états financiers puis on en reparle.
- Si tu veux, on en reparle, mais j'ai l'intention d'y aller.
- On en reparle.
- Il est pas question
que j'y aille pas.
- C'est ça, on en reparle. - Parfait.
- Euh, c'est fini ? - Ben oui !
tellement pur...
- As-tu déjà été
tellement pur...
C'est deux... c'est
2 purs à cuire qui ch...
C'est un pur à
cuire qui cherche...
OK, avez-vous déjà remarqué que dans la vie,
il y a des purs à cuire pis t'as des durs à cuire ?
Tu sais, admettons que t'es super...
Excuse-moi, je peux prendre
la même chose, s'il te plaît ?
- Ah, Stéphan. Ça va ?
- Salut, Noémie ! Oui, ça va.
- T'as pas eu mon message ?
- Ah, ouais, non, en fait,
j'essaie de prendre un break d'Internet de ce temps-ci
parce que là, les messages, les messages,
un moment donné, ça ne finit plus.
- Ouais, je comprends.
Mais je t'avais aussi laissé un message vocal,
mais c'est pas grave.
C'était juste pour te dire
que, malheureusement, Jean-Frédéric,
il est absent pour la journée.
Labyrinthite, c'est effrayant !
Une grosse, grosse labyrinthite.
Pis, hum, tu t'es présenté pour rien, je suis désolée.
- Ah, OK. Non, non, pas plus grave.
Je... j'étais dans le coin de toute façon.
- Mais ce que je te disais dans le message...
ben, dans les messages plutôt,
c'est qu'on peut déplacer le rendez-vous
à plus tard cette semaine si tu veux.
- Non. Non, non. Pas d'urgence.
J'étais juste venu dire à Jean-Frédéric que j'ai décidé
de pas écrire Les petits mensonges 2 finalement.
- Hein ? Mais attends, attends !
C'est... c'est un gros contrat, ça.
Surtout considérant le succès du premier. Je comprends pas.
- Ouais, ouais...
Ouais, je sais, mais c'est...
c'est ça qui est bizarre justement.
C'est que j'ai réécouté le premier,
comme, plusieurs fois pour me motiver
pis je me suis rendu compte que c'est... c'est vraiment pas bon.
- Mais voyons donc !
Ben non, c'est super bon, Les petits mensonges !
- C'est fin, là, mais considérant
que c'est un peu ta job de dire ce genre d'affaires là,
ç'a pas beaucoup de valeur.
- Mais c'est pas juste moi qui pense ça.
Les critiques... les critiques étaient super bonnes !
- Tu diras à Jean-Frédéric que je suis passé.
- Oui, hum, Stéphan Allard vient de passer à l'agence.
Ben, c'est parce qu'il dit
qu'il ne veut plus écrire
Les petits mensonges 2.
Ben, je pense qu'il est comme en dépression ou quelque chose.
Il dit que le premier film était pas bon.
Pis... pis il y a comme
plus rien qui lui tente.
- Il a raison, c'était pas bon,
Les petits mensonges.
- Hein ? Mais voyons, ça... ç'a été un énorme succès.
- Ça veut rien dire, ça.
Dis-lui que je lui fais confiance,
pis s'il le sent pas,
il le sent pas
pis on résiliera le contrat.
- Ha ! Mais... c'est un gros contrat, non ?
- Bon, Noémie, faut que je te laisse,
j'ai une autre ligne, OK ? Bye !
Eurk !
- ... dans l'huile jusqu'à
ce qu'il soit croustillant.
(sonnerie)
- Shit.
(raclement de gorge)
Oui, allô ? Hé, ça va, ma belle ?
Oui, non, je suis encore en train d'écrire.
Ça avance, une bonne vitesse, là. Ça va... ça va super bien.
Oui, ben, de toute façon, tu t'en fous un peu, toi, non ?
Tu sais, mettons, si je perds toute mon inspiration
pis que... pis que je deviens, je sais pas, moi,
plombier, ou pire, conseiller en orientation,
tu... tu vas quand même rester avec moi, non ?
OK, t'es avec moi parce que je suis une vedette ?
Ha ! T'es drôle. T'es drôle quand tu dis des trucs comme ça.
Ben, écoute, hé, je viens d'avoir un flash.
Faut que je te laisse, sinon je vais l'oublier.
OK. Alright, bye ! Oui, moi aussi.
- Je comprends pas pourquoi faut que t'ailles chez Jean-Frédéric.
- Il a des dossiers dont il a besoin.
Il veut avancer pendant qu'il est malade.
- Envoie un courrier.
- C'est des dossiers très importants.
C'est mieux si c'est moi qui y vais.
- Je peux y aller, si tu veux. J'ai rien à faire.
- Non, non. C'est... c'est important que ce soit moi.
- Comment ça t'as rien à faire ?
- Alexandra est fâchée contre moi
à cause d'une erreur que j'ai faite
fait qu'elle m'utilise le moins possible.
- Ouf ! Elle se détache
émotivement. Ça achève.
- Bon, ben, si on se revoit pas, bye !
- Mais Fabrice, je te dis
que c'est pas moi
qui s'occupe de Yan England, c'est Alexandra.
Je vais t'organiser une rencontre avec elle.
Oui, oui.
Oui, elle est belle, mais elle est pas dans ton équipe.
Non. Non, je vais pas te donner
le numéro de Yan England.
Tu crois qu'on est quoi, nous, les agents, une parure ?
Non, tu vas voir, elle est super gentille, OK ? OK, bye !
Faut que t'organises une rencontre
entre Fabrice Henry,
le producteur, pis Alexandra.
- OK. J'ai dit à tout le monde que t'avais une labyrinthite.
- Excellent.
- Euh, il y a un problème de comptabilité au bureau
pis Emmanuelle a demandé à son père de venir l'aider.
- Ah, très content
d'avoir une labyrinthite.
- Ah, il y a aussi Stéphan Allard
qui a pas du tout l'air d'aller.
Tous les deux, en fait,
vous avez l'air complètement déprimés.
C'est... c'est très déstabilisant.
- Je suis pas déprimé, je suis libéré.
Ça fait 20 ans que je travaille dans ce milieu-là,
ça fait 20 ans que je me force à dire
que des choses sont bonnes alors que c'est pourri.
Là, je peux enfin dire
que Les petits mensonges, c'était pas bon.
C'est juste qu'il y avait un gros budget de promo.
- Ben voyons, j'ai aimé ça pour vrai, moi !
- Ben, c'est... c'est correct, là.
- Bon, ça, c'est les dossiers
sur lesquels j'ai travaillé aujourd'hui.
Il y a une couple de trucs à signer,
mais je peux repasser demain si tu...
- Non, je vais signer ici. Je
voulais pas t'insulter, Noémie.
- C'est correct.
- Ça prouve que je peux pas dire
ce que je veux si tu capotes.
- Je capote pas, mais je... je suis sincère dans mon travail.
Je fais pas semblant d'aimer les
choses. Je les aime pour vrai.
Faut que tu signes ici.
- Je trouve pas que c'était
particulièrement une bonne idée
qu'on s'embrasse l'autre soir.
- Non ?
- Non. Mais j'ai quand même le goût de recommencer.
- Chut, chut, chut, chut.
(petit rire)
- Ah, Noémie.
(expiration)
(petit rire)
Ouf !
(petit rire)
- Il est quelle heure ? Oh, c'est pas mal ça qui est ça.
- Hum, va falloir que je retourne au bureau, je pense.
- Ouais, je pense que c'est mieux
s'il y en a un des deux qui est là.
- À moins que... t'avais besoin
d'autre chose ?
- Non, non, ça va. C'est gentil d'être passée.
- Bon, ben, je te donne des nouvelles de...
- Non, mais écoute... t'inquiète pas,
c'est moi qui ai une labyrinthite.
Faut que je me repose.
- Ben oui. Ha ! Euh... OK. Bon, ben...
Bye !
- Oublie pas les dossiers.
- Oui.
- T'as déjà fini ? - Non, j'ai même pas commencé.
Crime, j'arrive pas à me concentrer, j'ai pas le focus.
On dirait que tout me dérange.
Je suis là assis dans le café
pis je regarde le barista.
J'ai passé une heure à regarder
les photos de mon ex
qui est à Cuba en 2008.
Je ne sais plus quoi faire !
J'ai googlé toutes les questions qui me passaient par la tête.
Savais-tu, toi, que le Surinam, c'est en Amérique du Sud ?
Je ne sais plus, moi. Je ne sais plus quoi faire.
J'ai mangé. Peut-être si je fais une sieste ?
Mais en même temps, j'ai pas
le temps de faire une sieste.
Crime, aide-moi,
fais quelque chose !
- On va t'installer ici. Peux-tu m'aider, Jérémie, s'il te plaît ?
- Ouais. - Parfait.
Là, là, il y a pas d'Internet, on garde ton cellulaire,
t'auras pas de distractions.
- Génial ! - Rien.
- Je vais t'apporter du thé blanc sans théine,
des collations sans sucre.
- Merci.
- Fait que tu penses à rien, OK ?
Tu fais juste écrire. Nous autres, on s'occupe de tout.
Si t'as besoin de quoi que ce soit, tu viens nous voir.
C'est possible d'avoir quelque chose comme du Ritalin ? - Hein ?
- Du Ritalin. C'est malade pour la concentration.
- Ritalin ? Parfait, je m'en occupe.
- Wô, wô, wô ! Qu'est-ce qui se passe avec monsieur pur à cuire ?
- Ben... ben oui, mais je veux dire...
- Si tu prends des médicaments sans prescription,
c'est comme si tu prenais de la drogue.
C'est pas une drogue, drogue.
- Mon neveu de 13 ans en prend.
C'est pas une drogue, drogue.
C'est pas le fun, c'est juste que ça marche.
- Mais il a une prescription.
- Attends, on te niaise. Je veux
pas réellement du Ritalin.
C'est une joke. Ça va, j'en ai pris quand j'étais plus jeune.
Pis oui, ça marche, tu travailles vraiment plus.
Mais regarde, là, je suis plus mature.
- Plus mature ? Pis pur à cuire.
- Oui, pur à cuire. Pur à cuire.
- Pur à cuire.
- C'est ça, pur à cuire. Oui.
- Yes !
- OK.
- T'as des factures corrigées
qui se sont jamais rendues
au producteur ou au client.
Pis t'as une version qui est archivée
pis d'autres qui sont encore dans les courriels.
En tout cas, faut vérifier tout ça.
- OK.
T'es rendue où ?
- Ben, j'ai rien fait, je t'attendais.
Je suis tellement contente que tu sois là.
Ouch ! Ça va se régler vite ?
- Ben, ça dépend de l'ampleur du gâchis !
- Parce que j'ai comme besoin de liquidité.
Penses-tu que la banque me ferait un prêt ?
- Comment, t'as besoin de liquidité ?
- Ben, ça coûte cher, un divorce.
- Hé, écoute, tu viens de t'acheter une grosse business.
J'espère que tu t'attends pas
à te payer un salaire tout de suite.
- Ben, j'ai besoin d'argent pour vivre.
- Occupe-toi de tes affaires comme du monde d'abord !
Je veux dire, ça fait combien de temps que t'es ici
pis tu t'es pas rendu compte que ta comptabilité est tout croche ?
C'est la première chose que t'aurais dû vérifier.
- Je te laisse regarder tout ça. - Attends, OK, là ?
Je veux dire, je... j'ai besoin qu'on m'explique votre système.
Je suis bon, mais je vais pas tout deviner quand même !
- Arlette, j'aurais un service à te demander.
Mon père est à la comptabilité.
Faudrait qu'on lui explique notre système.
Penses-tu que tu pourrais lui donner un petit coup de main ?
- Ah, j'ai du travail.
- Non, je sais, je le ferais moi-même,
mais je connais pas le système aussi bien que toi.
Pis je me dis que je voudrais pas
qu'on fasse tout ce travail-là
pis qu'on laisse passer
d'autres erreurs, tu comprends ?
Je serais vraiment plus à l'aise
si c'était toi qui le faisais.
- Il est là, là ? - Ouais, il vient d'arriver.
- Super ! Je termine ça pis j'arrive.
- OK, super.
- Jean-Fred, rappelle-moi, j'haïs que tu gères mon horaire.
C'est quoi, le courriel de groupe à Fabrice Henry ?
- Il veut rencontrer Yan England.
- Tout le monde veut rencontrer Yan.
Sauf que là, avec ta réponse,
c'est comme si j'avais accepté de le rencontrer.
- C'est un super producteur, Fabrice Henry !
- Je sais très bien c'est qui, Fabrice Henry.
Grand fendant pis désagréable.
Pourquoi j'imposerais ça à mon étoile montante ?
- Je peux annuler le rendez-vous si tu veux,
faire comme si j'avais fait une erreur de courriel.
- Oui, excellente
stratégie, Camille.
Ça me fait penser
à une autre fois
où t'as eu une super stratégie.
Tu sais, la fois où t'as saboté
mon rendez-vous avec Sophie Dupuis ?
- Ouh ! - Ta gueule, toi. Ta gueule.
- T'avais dit que tu t'en occuperais
s'il y avait des problèmes avec Alex.
- OK, tu m'appelles pour m'engueuler ?
- T'avais dit que tu t'en occuperais !
- Mais j'ai un divorce à m'occuper,
j'ai une agence que j'ai pas pu acheter à m'occuper
pis d'autres
affaires plates
depuis quelques mois.
qui m'arrivent
depuis quelques mois.
Ben, t'es au courant, hein !
C'est un peu depuis que t'es dans ma vie
que ça m'arrive, tout ça.
Là, en plus, je suis malade.
- OK, c'est correct, c'est de ma faute, j'ai compris.
Cave !
- J'arrive en renfort.
- Oh, Emmanuelle a déjà trouvé à déléguer, tiens !
- Elle est dépassée, la pauvre.
- Ben, je la comprends, votre système de facturation
est complètement inadapté à votre chiffre d'affaires.
Va falloir qu'elle s'en occupe.
- Ou qu'on engage un nouveau comptable.
- Non, non. La vérité, c'est qu'elle est paresseuse.
Tout ce qui lui vient facilement, pas de problème,
elle va devenir une star internationale.
Mais demande-lui de s'appliquer
à quelque chose qui l'intéresse
pas parce qu'il faut le faire,
oublie ça, elle fera rien.
- Ah, c'est rassurant d'entendre ça.
- Non, mais as-tu vu le fouillis ? C'est son agence.
- Bon, bon, bon, on va commencer par le commencement.
Si vous voulez bien,
je vais vous montrer le système comptable.
- Mehdi. - Oui ?
- Ça va ? - Oui, oui, ça va.
Tranquille, tranquille, mais ça avance.
- Cool ! Moi, je vais... je vais y aller.
Fait que si t'as besoin de quoi que ce soit,
tu peux demander à Jérémie, c'est bon ?
- Cool, parfait.
- Parfait, super. Lâche pas !
- Yeah ! - Tu vas y arriver.
(fermeture de porte)
- Hé ! J'ai besoin d'aide.
le travail de Yan England.
- Donc, vous aimez beaucoup
le travail de Yan England.
- Absolument. Je suis son plus grand fan.
Je suis sûr qu'on pourrait faire
de grandes choses ensemble.
- Mais comme quoi ? Qu'est-ce que vous aimez de son travail ?
- Son intelligence, sa sensibilité,
son regard juste sur les enjeux actuels.
- Oui, oui,
donc vous dites
la même chose que
tout le monde, c'est ça ?
- Pourquoi j'ai... j'ai l'impression
de passer un test là ?
- Pardon.
- Enfin, j'ai quand même une petite feuille de route déjà.
Je suis pas le dernier de la classe.
de faire des pirouettes
Il me semble que j'ai pas besoin
de faire des pirouettes
pour un rendez-vous avec Yan England.
- Tous les producteurs veulent travailler avec Yan England.
J'ai pas le choix d'être protectrice.
- Vous savez quoi ? - Quoi ?
- Je suis content.
Jean-Frédéric m'avait dit
que vous étiez gentille.
Mais je n'en ai rien à foutre de la gentillesse des gens.
Je préfère quelqu'un comme vous qui va me regarder de haut,
mais qui va livrer la marchandise au final,
alors bravo.
- Bravo pour... ? - Ben, vous avez gagné.
Normalement,
je serais parti par principe.
Mais là, je suis encore là face à vous
à vouloir faire affaire avec vous.
J'ai pas d'orgueil.
C'est merveilleux.
- C'est vrai que c'est bien.
- Alors, je vais vous attendre,
vous et votre merveilleux
Yan England.
Et en attendant, pour me désennuyer,
ben, je vais reprendre des petits projets
avec Marion Cotillard, Dany Boon et cet abruti de Jean Dujardin.
- On se désennuie
comme on peut, non ?
- C'est pas faux.
- Santé !
- Hé ! Salut ! - Salut !
- Ah, merci, t'es super fin.
- Dis-lui de prendre de l'eau,
ça peut rendre la bouche sèche.
- OK. Hé ! T'es vraiment mon neveu préféré.
- Bye !
- Ah, thanks !
Ah, pis en passant, tu sais...
j'ai pas besoin de ça, moi, pour écrire des jokes, hein ?
- Non, non.
- Non, non, les jokes, je les ai en moi,
je suis quand même bon dans ce que je fais.
C'est juste que, tu sais, j'ai besoin
d'un petit boost d'énergie, tu comprends ?
Pis on va se le dire,
Hendrix, hein,
il a pas écrit Voodoo Child sur l'aspirine, hein !
Alright, cool !
- Hé, bon voyage !
- Merci.
- Ah, pis bois de l'eau. - OK.
(fermeture de porte)
OK, quand est-ce que ça kick in, ça ? Alright.
OK ! OK, je le sens. C'est là,
là. Oh que ça kick in !
- Allô, mon petit bébé ! Mon petit bébé à matante !
Comment ça va, mon petit bébé ?
Oh, ben oui, c'est Madame Craquelin
te manger le bedon !
qui s'en vient
te manger le bedon !
Je vais manger ton bedon
pis je vais manger
tes toutes petites mains.
Ben oui, les petites mains, pis je vais manger tes petits pieds.
Oh oui parce que t'es
un petit poulet.
Je vais tout, tout, tout te croquer partout, mon petit bébé !
Oui !
Hein ? Ah, excuse !
Non, je pensais que le téléphone était encore
sur l'oreille de la petite.
Ouais. OK. Bye !
(reniflement, sanglot)
Ben voyons, là !
- Ça va ?
- Hum, hum. Excusez. Ouf !
C'est parce que je m'ennuie de la petite
pis je trouve ça plate ici.
J'ai rien à faire.
- Bon, ben, pourquoi t'en profites pas
pour retourner à Vancouver, hein ?
C'est important, là, ta nièce.
- Non, je retournerai
pas à Vancouver.
C'est pas pour rien que je suis revenue.
Ma soeur, ma propre soeur médecin pis son chum médecin,
quand je
lui ai dit :
"Tu sais, j'adore ça, m'occuper de la petite.
"Je le fais à temps plein, je suis dévouée
"pis je veux
continuer de le faire,
peut-être bien
"mais ça serait
peut-être bien
"que je sois un petit
peu payée, tu sais."
Mais elle
m'a répondu :
"Ben oui, il y a pas de problème, on comprend."
- Ben oui, ben oui, c'est normal.
- Ben oui.
- Sauf que là,
le lendemain,
elle est venue me
voir pour me dire :
"On en a parlé,
mon chum pis moi,
"pis tant qu'à
engager quelqu'un,
"on aime autant mieux engager quelqu'un qui a de l'expérience
"pis qui parle
espagnol."
Elle a 6 mois, la petite, lâchez-moi avec votre espagnol !
Regarde, je suis tellement incompétente
que je suis même pas capable de m'occuper de ma propre nièce.
Tu sais, je suis à ce niveau-là d'incompétence.
- Ben non, ben non.
- Ça fait partie de ton charme de toute façon.
- Hé, lâche-moi avec le charme, là !
On oublie ça, là, mon charme.
De toute façon, toi,
depuis que je suis revenue,
tu t'en fous pas
mal de mon charme.
- Tu sais comment je suis, j'ai besoin de temps.
- OK, vous allez pas avoir cette
conversation-là devant moi.
- Il y a pas de conversation. Faut que je me reprenne en main.
Je pense que j'ai
besoin de temps.
Je vais prendre
la chambre, OK ?
(soupir de Julie)
- Est-ce que je viens de me faire rejeter ?
- Ouais pis tu viens de te faire voler ta chambre aussi.
- Mais c'est moi qui voulais la laisser en premier.
- Bon, ben, au moins, c'est fait.
- Pourquoi ça me fait de quoi quand même
même si je ne voulais plus rien savoir d'elle ?
- Pourquoi je suis quand même
un petit peu content qu'elle ne t'aime plus
même si je ne veux plus rien savoir d'elle ?
- C'est vraiment mal fait, les histoires d'amour, sérieux !
- Sérieux.
- Pis ta labyrinthite ?
- Ouais, ça va bien.
- T'as pas vraiment l'air malade.
- Non.
Je suis bon avec la maladie, moi.
- Si t'avais besoin de vacances,
t'avais juste à me le dire.
- Es-tu venue pour prendre des nouvelles de moi ?
- Non. - Ah ok.
- Faut régler la question de la maison.
- Ouais.
- As-tu trouvé quelque chose ?
- Non.
- As-tu commencé à chercher ?
- Non, mais je pourrais racheter ta part.
- Ben voyons, c'est ma maison. Je passe tout mon temps ici.
Non, non, mais avoue
que je passe quand même
dans cette maison-là que toi.
beaucoup plus de temps
dans cette maison-là que toi.
- Fallait que je travaille pour payer ma part, moi.
Mais si jamais tu veux racheter la maison
avec l'argent de ton papa,
je vais te la vendre.
Mais c'est pas vrai que tu vas vivre sur mon bras
parce que madame a décidé de se payer mon agence toute seule.
- Ç'a jamais été ton agence.
- J'ai confirmé ton lunch avec France Castel,
j'ai fait réserver ta table préférée au Leméac.
C'est la première de Céline Bonnier.
Je lui ai envoyé les mêmes fleurs que d'habitude.
Pis j'ai fait un petit ménage dans ta boîte de courriels.
- C'est super.
- Aussi, j'ai vu que Fabrice Henry t'a réécrit
pour avoir une rencontre avec Yan England.
Ç'a bien été hier soir ?
- Si tu veux tout savoir, Camille,
je sais pas quoi penser de Fabrice...
- Henry.
- Henry, oui.
- Justement, je me disais qu'un bon test pour savoir
si quelqu'un veut vraiment
travailler avec Yan England
parce qu'il aime le travail de Yan England,
ou s'il est juste opportuniste
parce que Yan England s'en va aux Oscars,
ce serait d'envoyer un scénario de Yan England au producteur,
que c'est un scénario
mais en disant
que c'est un scénario
d'un scénariste pas connu.
Pis là, s'il reconnaît pas l'écriture de Yan England,
ou s'il aime pas le scénario,
ben, ça veut dire que c'est juste un opportuniste.
- Tu vois, c'est ça, le problème
quand je te fais pas confiance, Camille.
Je sais pas si ton idée est mauvaise
parce que je te fais pas confiance
ou si c'est juste une idée de marde.
- Je dirais que c'est parce que tu me fais pas confiance.
Je suis sûre que c'est une très bonne idée.
- Ah oui, hein ?
- Oui, je l'ai déjà fait quand j'étais au secondaire.
J'écrivais des poèmes pis il y a un gars
qui disait qu'il aimait mes poèmes,
mais je savais pas s'il me niaisait ou si c'était vrai
pis je l'ai testé comme ça.
- Hum, c'est passionnant.
Merci beaucoup, Camille.
- OK.
- Ferme la porte, s'il te plaît. - Oui.
(fermeture de porte)
- Fabrice ? Oui.
Bon, écoute-moi, je... je peux pas bouger
par rapport à Yan England,
mais j'aurais un truc que je...
ben, que je veux bien te faire lire si... si tu veux.
- C'est ça qui est le fun,
c'est qu'aujourd'hui, c'est facile de remplacer l'alcool
par d'autres breuvages qui te donnent l'air aussi cool.
Je vais jamais dans un party
sans mon kombucha au gingembre.
Parce que c'est aussi cher que de la bière,
ça pétille comme de la bière, ç'a la couleur de la bière
pis si t'en abuses, t'en vomis comme de la bière.
Voyons, c'est ça, le punch ?
Crime, me semblait que c'était meilleur tantôt.
On dirait que ce n'est plus drôle.
- Non, non, ça peut faire rire.
- Mais t'as pas ri, toi.
- Je connais pas beaucoup
le kombucha.
- De quoi, tu connais pas le kombucha ?
Juste dis-le que c'est pas drôle, crime !
- Mehdi ! - Quoi ?
- C'est quoi, ça ?
- Je sais pas. Je sais pas c'est quoi.
- C'est comme, genre, du... du Ritalin, ça !
- Ben non, c'est pas du Ritalin. - Ah, Mehdi, fuck !
- OK, quoi, qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
Je suis désolé, crime !
- J'en reviens pas, là !
- J'écris depuis tantôt en plus pis ça donne rien.
Je comprends pas.
- C'est pour ça que ça marche pas !
- Je sais, mais regarde...
Arrête de me juger, j'ai besoin d'aide !
- Non, je te juge pas,
je suis juste... je suis juste vraiment déçu.
- T'es déçu ? Mais dis pas ça, crime !
Il y a pas quelque chose de bon
dans ce que j'ai fait, non ?
- Je... je sais pas, Mehdi. Je sais pas. Je...
C'est pas bon, ça. C'est de la drogue.
- Bonjour ! - Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je suis venue rencontrer Alexandra Martel.
Je veux lui demander d'être mon agente.
- Ça marche pas comme ça.
- C'est pas parce que les gens osent pas
que c'est pas une bonne idée.
- Julie, s'il te plaît, arrête.
- Fais comme si tu me connaissais pas.
Je suis une comédienne qui vient rencontrer une agente.
- Pourquoi t'es toujours en
train de demander quelque chose ?
Pourquoi tout tourne toujours autour de toi ?
- Oh, t'es fâché à cause d'hier. - Non, mais c'est ma job.
- Ta job, c'est de m'annoncer à Alexandra Martel.
- Tu m'épuises ! - Elle est là ou pas ?
- Alexandra est occupée. Je peux vous aider ?
- Bonjour ! Je me cherche de la représentation.
J'étais représentée par Gabriel avant
et j'ai pris quelques années
sabbatiques pour me ressourcer.
- C'est toi, l'ex de Gab ?
- Oui.
- Ben oui, tout s'explique.
Fait que... la fameuse Julie.
- Oh, ben là, fameuse, je sais pas, là !
- Gabriel m'a beaucoup parlé de toi.
- Ah, ben tant mieux !
- Hum, ça lui a pris du temps avant de s'en remettre, hein !
- Mais moi aussi. Je l'aime tellement, Gabou.
- Gabou.
- La preuve, j'habite
encore chez lui.
- Avec ton nouveau chum.
- Ouais, mais c'est beau quand même, hein,
qu'on soit capables d'être aussi proches.
- Oui, c'est beau.
C'est tellement beau.
Pis ça t'intéressait pas
que Gabou prenne soin de ta carrière ?
- Ben, je l'aime
vraiment beaucoup, Gabou,
mais j'ai pas l'impression qu'il puisse créer une carrière.
Tu sais, moi, je cherche quelqu'un
qui va m'amener de là à là.
- Là ! Oui. - Ouais.
Pis j'ai l'impression d'être un bon défi
pour une agent de talent comme toi.
(petit rire)
- Pis le fait que lui, il te connaisse très bien, ça te...
- Oui. Oui, oui. Si je peux me permettre ?
- Oui, je t'en prie, permets-toi.
- Gabriel a des gros enjeux
personnels à régler.
Je pense qu'il veut trop que le monde l'aime.
Ça date de son enfance, pis moi, je lui ai dit souvent :
"Va voir un psy", mais tu sais...
Non, je veux vraiment
quelqu'un comme toi.
Je... je veux quelqu'un
qui a besoin de personne, qui a besoin de rien.
Fait que, comme ça, moi, je peux avoir plus de besoins.
(rires)
- Wow !
Fait que, autrement dit,
toi, t'as beaucoup à prendre et très peu à donner.
- Je me vois un peu comme une forêt vierge,
dans le sens où j'ai beaucoup de ressources
pis j'attends juste que quelqu'un vienne les exploiter.
- T'es merveilleuse.
- J'ai réalisé que j'ai oublié de te faire signer un contrat
quand je suis venue te... voir.
Hum, les producteurs le voudraient assez rapidement,
donc je peux peut-être passer sur l'heure du lunch ?
- Oui, oui, je... OK.
- OK. À tout de suite !
- Tu sais qu'il te fait déplacer pour rien ?
Noémie, tu sais que tout le monde accepte
les signatures
électroniques maintenant.
- C'est important pour lui, une signature originale.
Je sais pas, vieille école.
- Arlette peut le faire.
En cas d'absence prolongée ou de maladie,
chaque agent a un collègue qui peut signer à sa place.
Pour Gabriel, c'est Alexandra.
Pour Jean-Frédéric, c'est Arlette.
- Il aime ça, signer avec son crayon chanceux.
- C'est Élise Guilbault qui joue dans un film de Léa Pool.
Pas besoin d'être chanceux.
- Regarde, Jérémie, s'il veut me voir, il veut me voir.
- Tu sais qu'il couchera pas avec toi, hein ?
Je veux dire, il est entouré par les plus belles femmes
pis probablement que 95% de ces femmes-là coucheraient avec lui.
Fait que même s'il est célibataire,
t'es pas mal en bas de la liste.
- Tu sais, il y a beaucoup de choses
qui existeraient pas, mettons, ou qui n'existeraient plus
si les gens étaient jamais saouls.
Tu sais, le karaoké, par exemple.
Personne irait chanter Un-Break
My Heart à jeun. Personne !
Il faut vraiment ne plus avoir d'inhibition
pour monter sur une scène, se prendre pour Toni Braxton
pis finalement se rendre compte, ben, que tu connais pas le...
que tu connais pas
le refrain de la tou...
OK, ma vie est finie. Je suis fait !
- Non, c'est juste un contrat, Mehdi, OK ? Ça va bien aller.
- Oui, mais c'est le plus gros contrat de ma vie !
- Regarde... Tiens, lève-toi, fais une sieste.
Fais un petit power nap de 15 minutes.
- Hein ?
- Ça va calmer les effets du médicament.
Ça va bien aller, OK ?
- OK, ça va.
- On va trouver une solution. - OK.
- Installe-toi comme du monde.
- Aide-moi à dormir. Je sais pas, chante-moi une toune.
- Euh...
- Chante-moi Un-Break My Heart.
- ♪♪ Un-break my heart ♪
- (ensemble) : ♪ Say you'll love me again ♪
♪ Under the... ♪♪
- Excuse-moi, hein, je suis vraiment désolée
de te déranger 2 fois pour la même signature.
- Ben non, ben non, c'est correct, voyons.
Tiens, je vais...
- Ah, merci.
Je sais ben pas...
où j'avais la tête.
- Oui.
- Donc, c'est ça, il y a plusieurs dossiers ici.
Faudrait que tu viennes signer.
- Faut je...
(raclement de gorge)
Faut que je signe ?
- Ton ex m'a demandé de la représenter.
- Non, tu fais pas ça ! - Elle est vraiment drôle.
- OK, là, c'est quoi, qu'est-ce qu'elle t'a dit ?
- Ben non, mais rien, c'est juste que...
"Checke", est-ce que c'est vrai qu'elle est flexible ?
Parce que c'est écrit dans ses aptitudes connexes.
Elle a plein d'aptitudes connexes, d'ailleurs.
Genre, une demi-page. Genre, nage en eau vive.
Elle pourrait faire la suite de Titanic.
- OK, arrête là, t'es pas fine.
- OK, t'as raison. T'as raison.
En plus, elle a fait plein de formations à Vancouver
pis je trouve ça quand même impressionnant.
- Des niaiseries, genre, de formations
de bien-être, je sais pas quoi.
- Tu sais que c'est pas parce que
toi, tu fais pas de formations pour ton travail,
que les gens qui en font sont caves.
- C'est pas ça que j'ai dit. Arrête.
- Mais c'est bien, les gens qui apprennent quand même.
- Mais là, tu vas pas la représenter pour vrai, là ?
- Ben, pourquoi pas ? J'ai envie de...
Ben non, je vais pas la représenter !
Mais regarde, elle propose une formation de déblocage.
Ça serait bon pour toi, ça.
Juste ici, là, t'es bloqué, tendu.
Ton plexus, il est crispé.
- Non, tout va très bien. Ça va très, très bien.
- Je le sens. Tu fais de la fièvre.
(soupir)
- Hé, mais attends ! Elle est où ?
- Qui ça ? - Mon ex.
- Elle ?
- Oui.
- La fille qui fait de la nage en eau vive ?
- Oui, celle-là ! Elle est où ?
Julie !
Julie, Julie, Julie !
Euh, j'ai besoin de ton aide.
(soupir)
- On est bien, hein ?
(vibration de cellulaire)
- Ah. Tu peux le prendre, c'est le tien.
- Ah, t'es sûr ? Je voudrais pas gâcher le moment.
- Non, non, moi, je suis en congé, mais pas toi.
- OK. C'est Stéphan Allard. Qu'est-ce que je dis ?
- Je vais le rejoindre à l'agence dans une heure.
- T'es sûr que tu n'es plus malade ?
- Regarde, ça va, ça va, ça va. OK.
- Allô, Stéphan ! Oui.
Toi, serais-tu disponible
pour rejoindre Jean-Frédéric à l'agence
dans, disons, une heure ?
(fermeture de porte)
Merveilleux.
(soupir)
(vibration de lèvres, soupir)
(vibration de lèvres)
- OK, mais qu'est-ce qui se passe là ?
- J'attends que tu t'ouvres. - De quoi ?
- T'es pas disponible, t'es pas avec moi.
- OK, pis je suis où d'abord ?
- Les humains, on est
comme des huîtres.
On a tous une petite perle en nous.
Des fois, on s'ouvre pis on la partage
pis des fois, on se referme pis on la protège.
Mais c'est normal, on peut pas être vulnérable
avec tout le monde, c'est trop dangereux.
Sauf que dans la création, faut être ouvert.
- OK, pis... pis comment je fais, moi, pour m'ouvrir ?
- Ben, si t'es prêt,
il y a plusieurs exercices qu'on peut faire.
- OK, le plus rapide, mettons ?
- On peut créer dans l'urgence,
mais on peut pas créer sous pression.
- OK, mais c'est quoi, la différence ?
- Assis-toi ici, au milieu de la pièce.
- Là, là ? - Oui, par terre.
(soupir)
Imagine que t'es au milieu de l'océan.
T'es sur un radeau pis faut que tu rames
jusqu'à la rive la plus proche si tu veux survivre.
- OK, je comprends.
Si je suis dans l'urgence,
je peux peut-être produire,
mais si je rame mal, ça se peut
que je me rende pas de l'autre bord pis que je...
- C'est ça.
- Je comprends l'urgence d'aller de l'autre bord.
Mais si je travaille sous pression,
ben, je vais couler, c'est ça ?
- Exactement. T'es très intelligent, Mehdi.
- Merci. - T'es très rationnel.
Tout se passe ici.
Moi, j'aimerais voir ce qui se passe ici.
- OK, pis comment je fais pour montrer ça ?
- Accepte de ramer jusqu'à la rive !
- C'est pas vrai, ça. Faut que je rame ?
- Vas-y, Mehdi, rame !
Rame ! - Avec quoi ?
- Utilise ton imagination ! - Oui, mais là...
- C'est bon, ça, c'est un bon début. C'est un bon début.
- J'ai fini par faire
le tour des factures
des dernières semaines.
C'est surtout des
petits montants,
mais c'est sur pratiquement
tous les contrats,
alors ça
monte vite.
- On parle de combien ?
- Un peu moins de 100 000$. - 100 000$ ?
- C'est sur beaucoup de factures différentes.
Ça va être compliqué à récupérer.
On va faire les ajustements, on va y arriver,
mais ça va prendre
du temps.
C'est beaucoup
de travail.
T'auras pas de
liquidité pour un bout.
- C'est beau, papa, j'ai compris.
- Écoute, t'as voulu t'embarquer là-dedans.
Une business, c'est une business !
- C'est beau. Je te remercie, papa.
- Ha ! Non, mais elle a pas les nerfs pour ça.
- C'est fou, hein !
Malgré toute l'admiration que vous avez pour elle,
on sent que vous avez pas confiance au fond.
- Non, mais elle a pas besoin d'être bonne dans tout.
- C'est donc choquant quand la ballerine décide
de sortir de sa petite boîte à musique
pis de se prendre en main.
On aimait mieux quand elle était fragile.
C'était plus beau, hein ?
(soupir)
- Ça m'a fait plaisir de régler
vos problèmes de comptabilité.
- Tu sais, moi, je... je suis un acteur dans la vie.
Quand j'écris, c'est pour le fun.
C'est... c'est cool, là,
que ça ait marché, Les petits mensonges 1, mais je...
J'ai pas besoin d'écrire à tout prix, tu comprends ?
j'ai l'impression de me répéter.
Là, Les petits mensonges 2,
j'ai l'impression de me répéter.
Regarde, ça me tente pas, OK ?
(petit rire)
- Je te comprends.
- Mais j'ai... j'ai une autre idée
que j'aimerais ça écrire par contre.
Je... je peux te "pitcher" ça ?
- Ben oui, je t'écoute.
- C'est... c'est l'histoire d'un gars
qui couche avec la blonde de son meilleur ami
un jour qu'ils sont sur une méchante brosse, OK.
Mais le lendemain, la fille, elle ne s'en souvient plus.
Fait que lui, il décide de pas faire de vague avec ça.
Sauf que 9 mois plus tard,
la fille accouche d'un bébé qui est pas celui de son chum.
Pis le gars, pour pas briser la
famille, décide de rien dire.
- Hé, te souviens-tu
que j'ai un contact à LA qui fait des movie of the week ?
C'est juste des scénarios comme ça qu'il cherche.
- Ben là, movie of the week, je suis pas sûr.
- Hé, il y a aucun jugement dans ce que je dis, là.
C'est juste que c'est de l'argent vite fait.
Beaucoup d'argent rapide, no stress.
- Ah ouais ?
- Ah oui, oui, fais-moi confiance.
Mais si tu veux, j'appelle mon contact
pis on s'en va tous les deux à LA.
On va "pitcher" ça au studio.
- En avion pis tout ?
- Oui, oui, un avion, tout. Hein ?
- Une tempête, Mehdi. Je sens pas la tempête !
Fais-moi voir les éclairs, le tonnerre, les eaux déchaînées !
- Hé, ça va...
- Non, ralentis pas, Mehdi !
T'es un explorateur, t'es dans Cast Away, Mehdi !
Ça y va, lâche pas ! C'est ça !
- OK, OK, ça va, je la vois, la rive !
OK, c'est beau, regarde, on est arrivés à la rive.
Là, c'est beau, on est arrivés.
C'est là, là, c'est bon.
- Non, tu peux pas. Ça marche pas comme ça.
- Oui, ça marche de même !
Je les vois, il y a 3, 4 Iroquois
qui se cachent derrière les arbres.
Je suis arrivé, c'est clair ?
Ça fait une heure que je rame comme un cave ici !
- Je t'aide à trouver ta vérité. - Ma vérité ?
Tu veux que je te le dise, moi,
c'est quoi, ma vérité ?
C'est qu'il me reste 2 heures pour écrire un texte. C'est ça.
Pis ni toi, ni Gabriel, ni
la médication, ça va m'aider.
Tu sais quoi ? En plus, je me fais chier !
Je n'aime même plus ça, écrire.
Je veux tellement être bon que je me fais chier !
Tu sais ce que je vais faire ? Je vais m'en foutre de ton radeau.
Je vais m'en foutre de la médication.
Pis fuck Gad Elmaleh ! Qu'est-ce
que tu veux que je te dise ?
C'est qui, Gad Elmaleh ? Il veut un texte en 48 heures !
Tu sais qu'est-ce que je vais faire, moi ?
Je vais écrire ce que je veux
parce que c'est ça que j'aime faire, écrire !
Fait que je vais écrire ce que j'aime, c'est bon ?
- Bravo, Mehdi ! C'est exactement ça !
- C'est ça, hein ? - C'est ça, là !
- OK, je viens de comprendre ce que tu veux dire.
OK, je l'ai. OK, sors, sors !
Prends-toi un kayak pis va-t'en.
OK. OK.
- Je suis désolée, Alexandra.
Avec les problèmes de comptabilité,
on peut pas te payer un voyage à Los Angeles.
- Ben non, tout est planifié, faut que j'y aille.
- Non, non, je suis vraiment désolée, je peux rien faire.
- Tu peux rien faire ?
- Hé, bonne nouvelle, je m'en vais à Los Angel
pour essayer de décrocher un contrat pour Stéphan Allard.
Très bon feeling. - Tu me fucking niaises ?
- Moi aussi, je t'aime !
- Je venais de dire à tout le monde
qu'on coupait les dépenses.
- J'étais pas au courant.
- Je devrais annuler ton voyage.
- Les deals de dernière minute comme ça,
c'est pas remboursable.
- Tu m'humilies devant toute l'équipe.
- Los Angel, c'est une bonne
idée, OK ? Les astres s'alignent.
Pis si toi, t'es pas capable de mettre ton pied par terre
pour pas perdre la face devant tout le monde,
ben, c'est ton problème, c'est pas le mien.
J'aurais aimé ça que ça soit mon problème,
notre problème, notre agence, notre maison,
mais ç'a l'air que c'est pas possible.
- Tu peux la garder, la maison.
Rachète-moi donc ma part.
- Parfait.
Fait que comme ça, tu seras pas à la maison
quand je vais revenir de Los Angel ?
Excellent. Ciao !
- (Camille) : Tu voulais me voir ?
- Annule toutes les réservations
que j'avais pour LA.
Avion, hôtel, resto. T'annules tout.
Pour les rendez-vous que j'avais en personne,
ben, arrange-toi pour que je les fasse par Skype.
- OK, parfait.
- Je me suis encore fait avoir par Jean-Fred.
Fait que là, Camille, t'as 30 secondes pour me dire
c'était quoi, vos manigances, la dernière fois
parce que sinon, je te jure que
je vais te mettre à la porte.
- T'as raison,
Jean-Frédéric m'a demandé
de l'aider à cacher son mensonge à Macha Grenon
pis j'ai accepté.
- Pourquoi ?
- J'ai eu de la compassion pour lui.
Je le connais pas beaucoup,
pas du tout en fait.
On se parle jamais, on se croise comme ça à l'agence.
Pis... un soir, il était tard. J'avais oublié mon cell.
Il était tombé dans les toilettes en fait.
Pis... j'ai entendu pleurer dans l'agence. J'ai cherché.
Il était, comme, tellement malheureux. Il pleurait.
Il avait bu, je pense,
pis il s'en allait conduire sa voiture dans un geste...
Je le connais vraiment pas, je peux pas présumer,
mais ça m'a semblé une mauvaise
idée qu'il conduise sa voiture
dans l'état dans lequel il était.
Comme si...
il avait envie de...
d'avoir un accident, en fait.
Comme s'il était prêt à...
provoquer quelque chose.
(rire)
- Es-tu en train de me dire
que Jean-Fred a voulu
s'enlever la vie
pour une affaire de scénario avec Macha Grenon ?
- Non, non, c'était un peu avant ça.
Quand il s'est séparé
d'avec sa femme.
Après ça, quand il m'a demandé de l'aide,
comme c'était un peu une niaiserie, mais que je me disais
que ça ferait peut-être une différence dans sa vie,
ben, j'ai accepté de l'aider.
- Ah OK, ne fais plus jamais ça, Camille, OK ?
Pis de toute façon, ce gars-là, il se tuera jamais.
Il est ben trop têtu pour ça.
- OK.
- Hé, pis en passant, ç'a marché,
ton affaire avec Fabrice Henry.
Depuis que je lui ai envoyé le scénario, plus de nouvelles.
- Excellent.
- La vérité, c'est que si je consomme pas,
c'est peut-être parce que
j'ai peur de tout.
Non, mais ça parait pas,
mais je suis fucking anxieux !
Pis même mon médecin me l'a dit :
"C'est pas les cigarettes qui vont te sauver,
"c'est pas l'alcool qui va te sauver,
"c'est pas la drogue qui va te sauver,
"c'est... les anxiolytiques, eh oui !"
Et depuis que je prends rien, ça va vraiment mieux.
- Ah, wow ! - Oui ?
- C'est... c'est brillant. Tu
boucles ta boucle parfaitement.
C'est intelligent, drôle, critique. Wow ! Bravo !
- Tu te rends compte, j'ai écrit ça en 2 heures ?
- C'est un miracle. - Ç'a pas de bon sens.
C'est l'enfer ! Je n'aurai plus de discipline.
Je veux dire, si je suis capable
d'écrire un texte de 40 minutes en 2 heures,
c'est sûr que je vais tout faire
dernière minute maintenant.
- Ah, moi, je pense que tu vas être correct.
- Hé, merci pour vrai, c'est vraiment gentil.
Je vais me pogner un bureau ici.
Il y a pas de la place ?
- Ben, on n'a pas beaucoup de place, hein !
façon, je m'en vais à New York !
- Je te niaise, là. De toute
façon, je m'en vais à New York !
(exclamations)
- Alexandra !
C'est vrai que c'est du génie.
Je l'ai googlée, Gabrielle Chapdelaine.
Elle faisait la lecture d'une de ses pièces
au Jamais lu cet après-midi.
Je suis allé la voir.
Je voulais entendre un peu plus de son travail.
- Impressionnant.
- Et comme j'ai aimé la pièce,
je suis directement allé lui parler.
Et vous savez quoi ?
- Hum ?
- Elle n'a jamais écrit ce scénario.
- Je suis démasquée.
- J'ai quand même échoué votre test.
Il m'a fallu l'indice
que ce n'était pas Gabrielle Chapdelaine
qui avait écrit ce scénario
pour comprendre que c'était Yan England.
- Pas mal.
Je vais vous avoir un rendez-vous avec Yan.
- Et avec Gabrielle Chapdelaine.
ce qui me touche chez toi ?
Tu sais quoi, Alexandra ? Tu sais
ce qui me touche chez toi ?
C'est que tu crois que t'es au top
et tu joues ton jeu comme si tu l'étais.
Et tu le joues bien. Mais t'as encore rien vu.
On va faire de très grandes choses ensemble.
À la tienne.
Sous-titrage : MELS
- T'étais où ? - Il faisait des photocopies.
- Dans le milieu de la nuit ? - Oui.
- T'es tellement travaillant.
- Oui, c'est beau.
- T'es bon dans ce que tu fais.
- OK. Gabriel !
- T'es le meilleur agent en ville.
- OK, on va aller dans le sofa.
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