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(profonde expiration)
- Un cadeau pour le meilleur agent du monde.
- Ben, lĂ , un cadeau.
C'est toi qui as reçu un Gémeaux,
c'est Ă toi qu'on devrait faire des cadeaux.
- Non, non, mais justement, je l'ai eu, mon cadeau.
Là , ça, c'est pour toi.
Hein, je te l'ai dit, tu le sais depuis le début,
j'y serais jamais
arrivé sans toi.
Merci, Gabriel !
- Ăa fait plaisir !
- Pis je m'excuse tellement
de t'avoir oublié dans mes remerciements d'hier.
- Oh, hé, franchement, t'étais pas obligé.
- Non, non, je voulais te remercier.
Ton nom était sur ma liste, regarde.
- Non, je m'attendais pas Ă ...
- Mes yeux ont comme juste glissé par-dessus,
je comprends pas ce qui est arrivé.
Je te le dis, j'en ai pas dormi de la nuit.
Je me sens tellement mal.
- Non, non, t'avais tellement de monde Ă remercier,
de toute façon.
Une balle des Expos ?
- SignĂ©e par Vladimir Guerrero lui-mĂȘme.
- Vlad ?
(petit rire)
Ben lĂ , c'est trop, lĂ !
- Hé, non, je te dis, j'ai capoté quand je l'ai vue.
Je voulais me l'acheter pour moi pis lĂ , j'ai eu un flash,
je me suis dit : "Non, non. Ăa, lĂ , c'est pour mon agent."
- HĂ©, c'est... c'est... c'est
vraiment gentil, lĂ , je...
- Comme ça, on a chacun notre trophée.
- HĂ©, je... je... je sais pas quoi te dire, lĂ .
Merci !
- Je vais te dire qu'ils sont rares, les moments,
dans la vie d'un pigiste oĂč tu peux te dire :
"Ăa va bien aller, c'est correct,
"j'aurai pas besoin de retourner
travailler comme serveur demain matin."
- Ben lĂ , franchement !
- Non, non, il y a pas de "franchement".
C'est un métier ingrat.
Tu peux devenir has been ben vite.
Mais là , le trophée...
c'est un beau moment de...
"Ăa va bien aller."
Ăa fait que, il est oĂč ?
- Hum ?
- Mon Gémeaux,
c'est toi qui l'as.
- Ben non.
- Gabriel, niaise-moi pas, lĂ .
C'est pas drĂŽle, ces jokes-lĂ .
Tu le sais, ça me stresse.
- Ben là , c'est pas une joke, je l'ai pas, ton Gémeaux.
âȘ âȘ âȘ
- En tout cas, t'étais super belle. Hyper chic.
- T'es fine. - Ben non, c'est vrai.
Vous ĂȘtes dans tous les palmarĂšs
des couples préférés des Québécois.
C'est bon pour l'audition que tu viens de passer, ça.
- Je veux pas parler de ça aujourd'hui.
Advienne que pourra.
LĂ , je suis juste dans le bonheur
d'avoir passé une si belle soirée.
C'était tellement émouvant !
Pis tu sais, j'admire tellement
les autres actrices.
On est toutes des amies.
Pis des fois, tu sais, il y en a une qui a le rĂŽle pis on se dit :
"Ben, je l'aurais pas joué comme ça."
Mais en mĂȘme temps, t'apprends sur ton mĂ©tier.
- Gabriel a pas mon trophée.
- Ben voyons donc ! Je te l'ai redonné hier soir.
- Oui, oui, oui, aprĂšs le shooting photo,
Gabriel te l'a laissé, aprÚs,
tu me l'as laissé pour aller aux toilettes,
en me disant
mais tu l'as repris
en me disant
que tu voulais
le vendre Ă Ăric Bruneau.
- Ben là , c'était une blague.
- Je te l'ai dit, mon amour, de ralentir sur le campagne.
- Je te l'ai pas redonné ?
- Non.
- Ben lĂ , j'ai dĂ» l'oublier quelque part.
- Ben oui, tu sais ben
qu'il doit ĂȘtre quelque part au Théùtre Maisonneuve.
- Ah oui, pis il y a
mon nom dessus, hein ?
La personne qui va le retrouver, elle va me le rapporter.
- Ouais, non, c'est ça, l'affaire,
il y a pas ton nom dessus.
C'est genre une plaque
qu'ils rajoutent aprĂšs.
- Ah... - OK.
OK.
Faut que j'aille aux toilettes.
- Je vais...
- Les journées postgala, c'est super délicat.
Par exemple, normalement, dans un monde normal,
un nommé qui a pas gagné deviendrait un perdant.
Mais comme on vit pas normalement
dans un monde normal,
le mot "perdant" n'existe plus.
Tu restes un nommé pour toujours.
- OK.
- Sur les C.V., on essaie de faire en sorte
que ce soit le plus ambigu possible
entre les nominations pis les prix.
C'est égal.
(sonnerie)
Ce sera pas long.
Oui, bonjour, M. Ăric Bruneau.
Vous savez que j'ai misé toute ma paie sur vous hier, hein ?
Ben, je devrais pas vous dire ça
parce que Vincent-Guillaume est Ă l'agence aussi,
mais honnĂȘtement, c'est une aberration
que vous ayez pas gagné.
Mais je sais que vous appelez pas pour parler de ça,
mais fallait que je vous le dise.
OK, je lui fais le message.
Bonne journée !
- C'est qui, Ăric Bruneau ?
- Ha, ha, ha ! TrĂšs drĂŽle !
Tu me niaises ? - Non.
- Mensonges, Blue Moon, Trop ?
- Non.
- Sais-tu c'est qui, je sais pas, moi,
Patrice Robitaille ?
Julie Le Breton, HélÚne Florent, Rémy Girard ?
OK, t'aimes pas vraiment la culture québécoise finalement.
- Oh, non, non, non, j'adore le Québec, ben l'histoire.
Je trouve que Pierre Bourgault est sous-estimé
pis René Lévesque surestimé.
- Ah.
Ben, ça te sert pas à grand-chose
parce qu'ils sont comme pas Ă l'agence.
(sonnerie plus loin)
- Ouais. Ăa va ĂȘtre bon.
- En tout cas, pour le "ça va bien aller", on repassera.
- HĂ©, on va le retrouver.
Pis il y a rien qui change.
T'es quand mĂȘme le gagnant.
- Sauf que je l'ai pas, mon trophée.
- Tu l'as pas physiquement,
mais c'est quand mĂȘme toi, le laurĂ©at.
- Perdre un trophée, c'est comme...
casser un miroir.
- Non, c'est de la superstition,
tout ça, là , hein ?
- Hilary Swank, elle a disparu d'Hollywood
aprÚs avoir gagné l'Oscar pour Million Dollar Baby.
Sais-tu pourquoi ? - Hum, non, non. Non.
- Parce qu'elle s'est fait voler
son Oscar aprÚs la cérémonie.
On l'a jamais retrouvé.
- Jamais entendu parler de ça.
- Perdre un trophée, c'est une malédiction.
- Il connaĂźt personne.
Genre, il pourrait avoir Claude Legault devant lui,
pis il penserait que c'est un livreur de pizza.
- Ben lĂ , il peut pas
pas connaĂźtre Claude Legault, quand mĂȘme.
- Il connaĂźt pas Julie Le Breton.
- Le pire, lĂ , c'est qu'il est ici
juste parce que c'est le coloc de Gabriel.
- Pis Emmanuelle est juste lĂ
parce que c'est l'ex de Jean-Frédéric.
- Mais c'est un peu grave, non ?
Il va finir par faire une gaffe.
- Va falloir que tu parles Ă Emmanuelle.
- Oh, non, non, je peux pas faire ça.
- Tu vas lui rendre service.
Sinon, il va se mettre dans la merde.
- Il va nous mettre dans la merde.
S'il reconnaßt pas, genre, Michel CÎté, on fait quoi ?
(rires)
- Regarde.
- Oh non, c'est bon, c'est bon.
- Ben enfin, je pensais qu'on fĂȘtait notre nouveau projet.
- Oui, mais il est 10h00 du matin.
- Eh ben, dans mon corps, il est pas 10h00.
Je suis en plein décalage horaire, en plus.
Quoi ? Tu vas pas me faire croire
que t'es pressé de rentrer au bureau ?
Travailler pour ton ex-femme.
- C'est plus compliqué que ça.
- Mais arrĂȘte, qu'est-ce qui est compliquĂ© ?
Tu vas enfin pouvoir t'amuser un peu. "Touc-touc !"
Une de perdue, dix de retrouvées, merde !
- Est-ce qu'on peut changer de sujet ?
S'il te plaĂźt ? - Absolument.
Tu veux qu'on parle business ? Eh ben, on va parler business.
Il y a une actrice avec qui je travaille,
superbe fille.
Eh bien, il se trouve qu'elle recherche justement
de la représentation sur l'Amérique du Nord.
- Ah oui ? - Tu dois absolument la rencontrer.
- Ah oui ? - Ah oui, ça te plairait bien.
Oui, mon cochon.
(petit rire)
HĂ©, superbe fille, je te dis.
Et puis en plus, une bonne amie Ă moi.
- Ăvidemment !
- Et oui ! - Ben oui.
Tu vas voir que tu vas encore me remercier. Allez !
- Excuse-moi.
- Oui, Camille ?
- Il y avait juste un petit truc
dont je voulais peut-ĂȘtre te parler,
mais je suis pas sûre que c'est important,
fait que je me suis dit que je te le mentionnerais.
Si tu veux.
- Tu veux le dire ou tu veux pas le dire ?
HélÚne Florent ?
- Non.
- Mitsou ?
- Ouais.
- Sarah-Jeanne Labrosse ?
- Non.
- Claude Legault ?
- Ouais.
- T'es sûr ?
- Non.
- HĂ©, tu sais que c'est inacceptable ?
Je veux que tu voies
ce qui se fait au Québec.
Que t'aies des alertes de Hollywood PQ, de Monde de star.
Que tu lises le 7 jours, Ăcho vedettes,
pis La semaine, pis tout ça.
- Ouais, OK.
- En attendant, traite tout le monde
comme si c'était la reine d'Angleterre.
Tu sais c'est qui, la reine d'Angleterre ?
- Oui, oui. Je tripe, lĂ , mais oui.
(petit rire)
- OK, il tripe pas.
- Il faut chaud. Oh...
- Wow ! En quel honneur ?
- Merci !
- Lendemain de gala, on fĂȘte les gagnants, les nommĂ©s
pis vous aussi,
finalement.
Il y a des
collations, si tu veux !
- Non, non, pas de sucre !
- Oh, je suis
tellement désolé,
madame la présidente
d'expérience, wouh !
- Ăa va, Jean-FrĂ©dĂ©ric ?
- Super ! Surtout quand on m'offre des mimosas le matin.
- Oui, on trouvait que tu commençais à boire trop tard.
(rires)
- T'Ă©tais oĂč, cette nuit ? - Nulle part.
- Il paraßt que le party aprÚs le gala était quelque chose.
- Je suis pas allé.
(rire)
Donc, de quoi parle-t-on, madame la présidente ?
- On t'attendait, lĂ . - OK.
- On est l'agence qui a gagné le plus de Gémeaux
pour la 7e année consécutive.
- Wouh ! Wouh ! Wouh !
(rire)
Bravo !
Sauf qu'il faudrait se rappeler que c'est l'année
oĂč on en a le moins depuis quand mĂȘme longtemps.
- Hum, surtout toi, t'en as pas eu pantoute.
- Ouais, mais au moins,
il y a personne qui a oublié de me remercier.
(rires)
- Je suis au-dessus de ces affaires-lĂ .
- Moi aussi, je suis au-dessus de ces affaires-lĂ .
- C'est pour ça que t'es aussi de bonne humeur ?
- Exactement,
madame.
Donc, ce que... je... madame la présidente,
quel est l'ordre du
jour, s'il vous plaĂźt ?
- C'était juste comme
une petite fĂȘte.
Juste une fĂȘte.
- J'ai appelé Wyatt, rien. L'organisation du gala non plus.
La SPVM a pas eu de signalement,
mais sont surpris de savoir
que le trophée pÚse 17 lb.
- 17 lb ?
- Hum, hum.
- J'ai appelé les compagnies de taxi, rien.
- Dans les pawn shops non plus.
- Il reste quoi ?
- J'ai mis une alerte sur tous les sites de petites annonces.
(sonnerie)
- Hein ? Ah non...
Bon, on a eu des nouvelles de la série Deux policiers, la nuit.
Ils prendront pas Gabriel Sabourin, finalement.
- Comment ça ?
Ăa fait 2 semaines qu'on nĂ©gocie, tout Ă©tait rĂ©glĂ©.
- Ils tirent la plogue.
(rĂąlement)
- à qui t'a parlé ?
- Personne. Un petit courriel de rien.
- Ă'a aucun sens.
- Ăa, lĂ , ça doit ĂȘtre Ă cause de la malĂ©diction du trophĂ©e.
- OK, t'es pas drÎle. - Non, je suis sérieux.
- Non, tu l'es pas.
- Si tu crois pas aux malédictions,
tu peux pas croire en la magie.
Pis si tu crois pas en la magie,
ben, ça explique pourquoi
ta vie est triste.
- Merci, Jérémie, c'est tout ?
- Non, j'ai aussi une bonne nouvelle.
On a eu une demande pour lui
pour enregistrer le livre audio
du roman C'est le coeur qui meurt en dernier
pour les aveugles.
(soupir)
- C'est gratis, Jérémie.
C'est du bénévolat.
(profonde inspiration)
- Ben, c'est beau, le bénévolat.
OK, j'y vais.
- Vous vouliez me voir ?
- Ferme la porte,
assieds-toi.
Qu'est-ce que Jean-Frédéric a à son horaire, cet aprÚs-midi ?
- Deux rendez-vous téléphoniques
pis une rencontre.
- Avec ?
- Je... Faudrait que je regarde dans l'agenda.
- J'ai toujours trouvé Jean-Frédéric
vraiment chanceux de t'avoir.
T'es trÚs dévouée, t'es loyale.
- Merci !
demandé, euh, je sais pas, moi,
- Pis je me suis toujours
demandé, euh, je sais pas, moi,
as-tu une famille, as-tu un chum ?
Ou mĂȘme juste des amis ?
- Oui.
Ben, oui, lĂ , comme... normal, comme tout le monde.
- Parce que quand je posais la question à Jean-Frédéric,
il disait qu'il le savait pas pis qu'il s'en foutait.
- Ben, c'est normal.
Il... il est pas là pour s'intéresser à ma vie.
- Ben, oui, oui, quand mĂȘme, un peu.
Il pourrait s'intéresser à toi.
Annule tous ses rendez-vous pour l'aprĂšs-midi.
Il a trop bu.
- Ah, je peux pas faire ça. - Ben oui, tu peux.
T'annules, tu dis qu'il est malade.
- Je pense pas que ce soit
nécessaire. Je veux dire, il...
- Penses-tu que tu le connais mieux que moi ?
- Non.
- Ben, ça se pourrait.
- Non, non. Non. Pas du tout.
- Annule ses rendez-vous.
- OK.
- Camille, j'ai vu que j'avais un rendez-vous Ă mon agenda
avec CybĂšle aujourd'hui.
- C'est celui que tu m'as fait reporter
la semaine passée.
- Non, annule, annule. - Encore ?
- Oui, oui, encore.
Annule, annule, je veux pas la voir.
- Je la remets Ă quand ?
- Dans 2 semaines.
- Pis si Coeur de Pirate appelle,
dis-lui que je suis Ă
l'extérieur de la ville un mois.
Je peux lui parler au téléphone,
par exemple, mais je veux pas la voir.
Quoi ? Je suis en cure.
Je ne veux plus voir
des belles filles lesbiennes pis queers
qui me rappellent que je suis en vie,
je veux juste ĂȘtre en dĂ©ni, mais conscient, tu comprends ?
- Vous lui avez fait passer
pas une, mais 2 auditions.
On parle de Gabriel Sabourin,
un acteur qui a gagné 2 Gémeaux, que tout le monde adore.
Mais vous prenez la peine de lui faire passer 2 auditions.
Il y en a pas,
de problĂšme, il y va.
Il réussit à vous convaincre
qu'il est parfait pour le rĂŽle,
tout roule pis lĂ , bang !
Vous changez d'idée à la derniÚre minute.
C'est un petit peu violent, lĂ , c'est du gros n'importe quoi.
Comment ça, Salomé Corbo est pas à l'aise
de jouer partner avec lui ?
Je veux dire, on l'adore, Salomé Corbo, là .
Mais c'est pas la productrice du show, Ă ce que je sache !
elle lui fait pas confiance ?
Non, non, mais... comment ça,
elle lui fait pas confiance ?
On parle de Gabriel Sabourin.
Un des gars les plus aimables
de la Terre !
- HĂ©, Gabriel !
- Non, non, non,
il y a rien qu'on peut faire,
j'accepte pas ça.
Non, Marie-Claude, pas bye ! Non, non, non, attends !
- Regarde, c'est Gabriel pis Salomé Corbo.
âȘ Baby âȘ
- Qu'est-ce qu'il y a, lĂ ?
- Tu vas comprendre.
âȘ Ă Paradis City
Ă Paradis City âȘ
(applaudissements rythmés)
(rire et exclamations du public)
- Ben oui. Il l'a échappée.
- Euh, c'est... c'est ça, c'est une drÎle d'affaire.
Il y a une panne d'électricité un peu partout dans la ville.
- Hein ?
- Oui.
Pis Laurence Leboeuf avait oublié
de recharger son cellulaire
pis Marc Messier avait pas chargé son auto hier soir,
donc lĂ ,
elle est Ă sec.
Pis c'est ça, tous tes rendez-vous de la journée
sont annulés.
- Pis la réunion avec
10e Avenue Production, c'est... ?
- MĂȘme affaire.
- Ben là , c'est à Québec, ça.
(soupir)
- C'est Emmanuelle qui m'a dit
d'annuler tous tes rendez-vous pour la journée.
Elle m'a convaincue que c'était pour ton bien
pis tu la connais, elle a l'air tellement sûre d'elle.
Je voulais pas avoir l'air de pas respecter votre relation,
pis j'aurais pas dû l'écouter.
Je sais pas pourquoi je l'ai écoutée, elle, plutÎt que toi.
Je m'excuse, je...
- Ben non, c'est correct.
C'est ta patronne.
Faut que tu l'écoutes.
Hein ? - Ah oui ?
- Ben oui.
- OK.
- Comme ça, la madame a décidé d'annuler mes rendez-vous.
- Je t'ai donné l'aprÚs-midi off, va te coucher.
- Toi, tu vas me parler
comme si j'étais un employé maintenant ?
On va avoir du fun, tous les deux.
- T'es vraiment pas en état
de représenter l'agence en ce moment.
- C'est pas la premiĂšre fois
que je prends un verre sur le dĂźner,
ça m'a jamais empĂȘchĂ© de finir ma journĂ©e, OK ?
- Il est mĂȘme pas 11h30.
- Tu sais trĂšs bien ce que je veux dire.
- Tu sais, des fois,
quand t'as trop de frustrations dans la vie,
pis que tu bois trop pis que tu deviens pas le fun ?
- Oui, oui, oui, oui.
- Ben lĂ , c'est une de ces fois-lĂ .
- Nope.
- Je te connais, tu pourrais
exploser d'une minute Ă l'autre.
- Tu veux que j'explose.
Tu veux que j'explose devant toute l'agence
pour que tout le monde m'haïsse pis qu'ils te prennent en pitié.
- Je veux juste que t'ailles te coucher.
(sonnerie)
(petit rire)
- C'est Ă quel sujet ?
- Yana Doubrovski.
Oui, elle me montre ta carte d'affaires.
OK.
Il s'en vient, juste un moment.
- C'est rare que tu prends du dessert, quand mĂȘme.
- C'est vraiment bon. Veux-tu goûter ?
- Bon, hé, le v'là !
- Je vous attrape au bon moment.
- J'étais tout énervé quand j'ai reçu ton texto.
- J'ai pas de nouvelles du trophée.
Mais j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
- Commence par la mauvaise. - La bonne.
- Je pourrais peut-ĂȘtre les dire les deux en mĂȘme temps.
OK, non, c'est une blague. Hum...
La mauvaise nouvelle,
c'est que ton rĂŽle dans Deux policiers, la nuit,
ben, tu ne l'as plus.
- Ben oui.
- Non !
- Mais la bonne nouvelle,
c'est que le public t'adore, hein, comme on le sait,
et on te demande d'accepter de faire le livre audio
de C'est le coeur qui meurt en dernier.
- Super...
- Ben là , c'est du bénévolat.
Ils prennent n'importe qui pour faire ça !
- Je veux pas ĂȘtre
superstitieux, mais on...
on voit ce qui se passe.
- Ă'a aucun rapport avec le trophĂ©e, OK ?
C'est Salomé Corbo
qui pense que vous ĂȘtes peut-ĂȘtre pas
le meilleur duo à l'écran.
Pis comme vous allez ĂȘtre appelĂ©s
Ă faire des cascades vous-mĂȘmes,
ben, elle serait plus Ă l'aise
de le faire avec quelqu'un d'autre.
- Franchement !
- Je la comprends.
- Ben lĂ , non !
- Ben, c'est quand mĂȘme moi
qui l'a échappée en direct à la télé.
- Ben oui, mais c'était pas de ta faute, mon amour !
Tu sais, Salomé Corbo, elle mesure combien ?
Pis elle joue une gardienne de prison, on s'entend que...
Pis toi, ben...
On te regarde, je veux dire...
T'es un intellectuel,
mon amour.
C'était clair que t'allais l'échapper.
- Si je suis un intellectuel tant que ça,
peut-ĂȘtre que je devrais pas jouer le rĂŽle d'un policier.
- Non, non, t'es un grand acteur, Gabriel.
Tu peux tout jouer, lĂ .
Je pense qu'il faut que tu parles à Salomé.
- Pour lui dire quoi ? Que je ne l'échapperai plus ?
- Ăa vaut la peine d'essayer.
(profonde respiration)
(raclement de gorge)
- Bonjour !
J'ai besoin que tu me rendes un service.
- Ah ouais ?
- Fabrice Henry, le producteur, est à Montréal.
Pis il veut qu'on rencontre
une de ses amies qui veut ĂȘtre actrice.
- OK, oui, euh, qu'est-ce qu'elle a fait ?
C'est quoi, son C.V. ?
- Rien. Elle est juste...
Elle est belle.
- Ben là , c'est lourd, ça.
- T'as juste Ă la rencontrer,
Ă ĂȘtre polie pis on va lui dire que c'est pas pour nous.
- Non, mais c'est complĂštement inutile.
Tu me fais perdre mon temps.
Donne-moi ça.
- Je veux pas qu'Emmanuelle, elle me voit avec...
(toussotement)
... une mannequin russe, lĂ , pis...
En plus, déjà qu'elle capote parce que j'ai bu.
- Non, elle capote parce que t'es désagréable,
pis pour le reste, elle s'en fout.
T'as toujours été entouré d'actrices.
- OK, peux-tu juste, s'il te plaĂźt...
- OK, parfait ! Je vais le faire.
Je vais m'occuper de tes tĂąches inutiles.
Parce que je suis servile.
- Ah...
Merci, matante Alex !
- AllĂŽ !
- AllĂŽ !
- Emmanuelle est venue me voir.
- C'est correct, t'as le
droit de pas savoir des choses.
- Ouais, ouais.
Je veux juste pas
que tu te sentes pas non plus de m'avoir...
de m'avoir dénoncé.
(sonnerie plus loin)
- Je me sens pas mal.
- C'est normal.
Quand il y a un nouveau patron,
tout le monde chercher Ă ĂȘtre dans ses bonnes grĂąces
pis sacrifie des gens en bas d'eux autres.
- Emmanuelle est fine, je t'ai pas sacrifié, je t'ai comme...
(déclic de la cafetiÚre)
aidé.
- Ah, OK.
Ben, merci, d'abord !
- Fait plaisir !
(profonde respiration)
- Alexandra Martel, bonjour !
Vous pouvez me suivre. Juste...
(petit rire)
Donc, vous voulez devenir actrice ?
Vous...
Ah, une petite carte.
(petit rire)
OK, sorry.
So, hmm, you want to become an actress, yes ?
Non ?
Oh, une vraie petite Dany Turcotte, toi.
"I don't speak English."
Excellent. Ouais...
C'est super, ça, tiens.
(voix entremĂȘlĂ©es)
- Pis, la petite mannequin russe ?
- Hum, elle s'appelle Yana
pis elle parle ni anglais ni français.
- Ăa, c'est pratique.
- TrĂšs.
- Hum. Elle cute, quand mĂȘme.
- Si t'aimes la porno russe des années 80, elle est super.
- C'est justement pour ça
que c'était mieux que ce soit toi qui la rencontres que moi.
- Avais-tu peur de faire une connerie ?
- Je fais pas ça, moi, des conneries.
- Non, non, mais pour vrai, lĂ .
- Depuis 20 ans, la seule personne que j'ai approchée,
c'est Emmanuelle.
- Aucune autre ?
- Aucune.
- Zéro, zéro, rien du tout.
- Zéro, aucune, fuck all.
- Hum ! Je suis impressionnée !
- Ăa prend un bon systĂšme.
C'est ça, le truc.
Moi, tu vois, je me punis.
Il y a 20 ans, j'ai fait une connerie
pis depuis ce temps-lĂ , je me punis.
Pis ça marche super bien pis je suis super sage.
- Fait que ç'a rien à voir avec l'amour.
T'es pas en amour avec Emmanuelle ?
- Oui, mais c'est pour ça que je suis content
d'avoir fait une connerie il y a 20 ans.
Pis d'avoir trouvé un bon systÚme.
- Mais sans systÚme, ça aurait pas marché ?
C'était si fragile que ça ?
- Hum !
Te fais-tu vraiment confiance, toi,
dans tes rapports humains en général ?
- J'essaie de pas penser à ça.
- On voit ce que ça donne.
- Qu'est-ce que tu voulais que je fasse ?
Il connaĂźt rien.
Imagine les vexations qu'il créerait.
C'est pas bon pour l'agence.
- En mĂȘme temps, tu l'as "stoolĂ©".
C'est normal qu'il t'aime pas.
- Tu m'as dit de le faire.
- J'ai pas dit qu'il allait t'aimer.
- T'as dit que c'était pour son bien.
- De toute façon, on s'en fout ! - Je m'en fous pas.
Je veux pas de mauvaises relations de travail.
- Ăa change tout le temps, ces affaires-lĂ , de toute façon.
Regarde Noémie. Au début, elle m'aimait vraiment pas.
- Elle t'aime toujours pas.
- Oui, elle m'aime, elle me trouve drĂŽle.
- Ben non.
- De toute façon, tu peux pas vivre ta vie
en espérant que tout le monde t'aime,
t'iras nulle part; faut ĂȘtre plus forte que ça.
- Tu sais quoi ?
AprÚs tout ça, je suis pas sûre
que je devrais t'écouter de toute façon.
- Comme tu veux, je m'en fous.
Moi, j'ai pas besoin que le monde m'aime.
(âȘ chantonnement âȘ)
- Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
- Ah...
Je suis venu te montrer
que je n'ai pas explosé.
- Ah oui ?
- Oui, madame, je n'ai pas explosé.
Tu sais quoi ?
Il y avait quelque chose d'éteint entre toi et moi.
Et puis ça, c'est avant mĂȘme que tu saches pour Camille.
Oui, oui, oui.
Mais moi...
Moi, j'ai l'impression que tout ça, ça va nous sauver.
Toute cette merde-lĂ .
Parce que tu sais...
j'hais ça.
j'hais ça que tu sois ma patronne.
(rire)
J'hais ça.
Mais en mĂȘme temps...
je me suis remis à te désirer.
Ouais, ouais, ouais.
(rires)
Mais comme... Un bouton.
Comme vraiment beaucoup.
Comme c'est fou, lĂ .
J'avais oublié à quel point je t'aimais.
- Pfft ! T'es complÚtement soûl, tu dis n'importe quoi.
Allez, va te coucher.
(profonde expiration)
- Bonne nuit !
- Bonne nuit !
- Je m'excuse pour hier.
- C'est correct.
- Le pire, c'est que je pense
qu'on pourrait bien s'entendre.
Je sais pas pourquoi j'ai fait ça.
- C'est cool.
(ouverture d'une porte plus loin)
- Pis c'est vraiment Jérémie
qui m'a dit d'aller en parler Ă Emmanuelle.
- Woh, woh, woh ! Es-tu encore
en train de "stooler" quelqu'un ?
- Ah, non. - Bonjour !
- Bonjour !
- Voyons !
- Ah ouais, hein ?
- En forme ?
- Euh...
(rire)
Oui, ah, oui.
- Tant mieux !
- Je m'excuse pour hier.
- Pour ?
- En général, je dirais.
- Ăa va, c'Ă©tait pas si pire que ça.
Il doit t'en manquer des bouts.
- Un peu, oui.
- Comme le bout dans ma chambre ?
- Tu vois, j'avoue que ça, c'est pas trÚs clair.
Je m'excuse.
- De toute façon, c'était du niaisage.
- Il y a Fabrice Henry à la réception pour toi.
- On n'avait pas rendez-vous.
- Non.
- Dis-lui que je suis en meeting.
- OK !
(soupirs)
- T'en es oĂč, lĂ , par rapport au trophĂ©e de Gabriel Sabourin ?
- Ben, on a appelé partout, on n'a rien trouvé.
On a mis plein d'alertes
au cas oĂč il apparaĂźtrait sur des sites de petites annonces.
Il y a pas grand-chose qu'on peut faire.
- Ouais, ben moi, ça fait 3 fois
que GeneviĂšve Rioux m'appelle.
Faut que tu le trouves.
- Oui, mais je suis son agent,
je suis pas un détective privé.
Je sais pas il est oĂč, le trophĂ©e.
- Hé, hé, hé, t'es son agent, il est en crise.
Faut que tu t'en occupes.
- Ben, je m'en occupe. Je le garde occupé.
Là , je l'ai envoyé enregistrer un libre audio,
pis aprÚs ça, on va parler à Salomé Corbo.
Hein ? Tout va bien.
- Ouais, en tout cas, en tant que GeneviĂšve,
ça va pas si bien que ça.
- Ouais, ben, GeneviĂšve,
c'est quand mĂȘme elle qui
l'a perdu, le trophée.
- Oui, mais c'était son trophée.
T'es son agent, c'est Ă toi de t'en occuper, fait que hein !
- Hé, Fabrice ! Comment ça va ?
- Alors, c'est vrai ? On est Ă l'agence Emmanuelle Dumont ?
- C'est vrai !
- Bravo !
- Comment ça va ?
- Ăa va, sauf que notre
Jean-Frédéric me fait attendre.
- Non, non, il y a personne qui te fait attendre.
Allez, viens avec moi. AprĂšs tout, c'est mon agence.
- C'est que Jean-Frédéric est en meeting.
- Non, non, c'est correct !
- Ăa te va vraiment bien, la direction.
Si ça se trouve, je ne ferai plus affaire avec Jean-Frédéric,
je ferai affaire seulement avec toi.
- Ouais, comme tu veux.
- Ark !
- Tu sais que tout le métier t'attend, à Paris !
- Ben oui, c'est ça.
- Ben oui, on va te recevoir.
Et comme une reine, hein !
- Fabrice ! Ăa va ?
- Hé ! T'es sûr que je te dérange pas ?
Parce que tu m'as l'air bien occupé.
- Mais non, mais non, mais non.
- J'ai dit Ă Fabrice que
t'avais fini ton meeting.
- Ben oui, j'ai fini.
Noémie, franchement !
Je te jure ! - C'est quoi, ce bordel ? Bon !
- Ăa va, les filles, c'est bon,
je prends le relais !
- Depuis le temps qu'on
travaille ensemble,
depuis le temps qu'on a des projets ensemble,
tu ne me fais pas encore confiance ?
- Fabrice, depuis le temps, tu le sais bien !
La confiance est lĂ .
- Non, mais la confiance est lĂ .
Parce que lĂ , je t'envoie une actrice superbe.
Un talent hors du commun.
Elle passe mĂȘme pas 2 minutes
dans l'agence.
Vous la signez pas, ça vous intéresse pas.
De quoi j'ai l'air, moi ?
- C'est un malentendu.
J'étais sûr que c'était un match que tu voulais faire
avec ma collĂšgue Alexandra.
- Quel match avec ta collĂšgue Alexandra ?
Mais laisse-moi te dire que ta collĂšgue
manque sérieusement
de jugement.
Et là , ça m'enlÚve,
mais furieusement,
le plaisir que j'ai
à vous présenter
tous mes projets en priorité.
- Fabrice...
- LĂ , les gars, vous avez
deux de vos réalisateurs
qui bossent sur ma série en France, deux.
- Je sais, je sais.
- Bon !
faire des affaires avec moi,
Alors, si ça t'intéresse pas de
faire des affaires avec moi,
dis-le, puis, je vais en trouver d'autres et basta !
- Puisque je te dis que c'est un malentendu.
- Tu me dis que c'est un malentendu !
J'ai fait 7000 bornes pour entendre ton malentendu.
- Je m'en occupe, je m'en occupe. Ăa va ?
(sonnerie)
(propos indistincts plus loin)
- C'était une audition. - Quoi, ça ?
- Le livre audio
pour les aveugles
de C'est le coeur qui meurt en dernier.
C'était une audition.
- Ben voyons donc !
- J'ai adapté ce roman-là pour le cinéma.
C'est grĂące Ă moi si
c'est devenu un film.
Je joue le rĂŽle principal.
Pis là , ils me font passer une audition comme lecteur bénévole.
Tu le sais qu'il y a aucune explication logique pour ça ?
- C'est complĂštement inexcusable.
Je suis vraiment désolé.
On n'aurait jamais dĂ» t'envoyer lĂ .
- La seule explication logique, c'est que ma carriĂšre est finie.
- Non, non, non, regarde.
On a eu une couple de journées difficiles depuis le gala.
Je comprends pas ce qui se
passe, c'est pas la réalité, OK ?
On va retrouver ton Gémeaux.
- Oublie le trophée, là , il est trop tard.
Ma carriĂšre est finie.
- OK, non, je t'arrĂȘte tout de suite, lĂ .
Ta carriĂšre est pas finie.
- C'est correct, c'est correct.
Je savais que ça s'arrĂȘterait Ă un moment donnĂ©,
je l'ai toujours su.
J'ai toujours Ă©tĂ© prĂȘt pour ça.
C'était une chance incroyable de...
de jouer, d'ĂȘtre reconnu par le public, de gagner des prix.
J'ai eu la chance de vivre ça pendant des années.
- C'est pas fini, Gabriel.
- Oui, pis je suis soulagé, au fond.
C'est lourd, tout le temps, la peur d'ĂȘtre rejetĂ©,
de ne plus ĂȘtre aimĂ© du public, de manquer de job.
Non, là , là , je suis soulagé.
Je peux enfin passer Ă mon plan B.
- OK, non, non, regarde, regarde, Gabriel,
relaxe, 2 secondes.
- Je vais devenir agent d'immeubles.
- Finalement, ils vous prendront pas pour le livre audio
de C'est le coeur qui meurt en dernier.
Ils vont prendre Claude Legault.
- VoilĂ !
VoilĂ !
- Qu'est-ce que t'as fait avec elle ?
- Rien.
- T'étais supposée de la rencontrer,
au moins faire semblant de la considérer.
- Ben, je te l'ai dit, elle
parlait ni anglais ni français.
Qu'est-ce que tu voulais que je fasse ?
- Je sais pas, moi, que t'improvises.
Elle a mĂȘme pas passĂ© 2 minutes dans ton bureau.
Là , Fabrice Henry est super insulté. Je fais quoi ?
- Non, mais elle m'avait données ses petites cartes,
notre conversation était finie.
- Faut que tu la revoies.
- Non.
- Oh oui, elle s'en vient tantĂŽt.
Faut faire quelque chose, n'importe quoi.
Je le savais que je pouvais
pas me fier sur toi.
- Non seulement, je te rends service,
mais en plus de ça, tu te plains.
- Si quand tu me rends service,
tu me mets plus dans la merde,
est-ce que c'est une bonne idée que tu me rendes service ?
- Tu sais quoi ?
Je te rends service parce que t'es en peine d'amour.
T'es désagréable, mais j'ai de la compassion pour toi.
- J'ai pas besoin de ta compassion.
C'est quoi, cette main-lĂ ?
- Excuse.
- Merci !
- Il s'est inscrit Ă un cours
d'agent d'immeubles par correspondance.
Il est allé voir nos voisins pour leur offrir ses services
au cas oĂč ils voudraient vendre leur maison.
Pis ça, là , quand je dis voisins,
je veux pas dire juste la maison d'à cÎté,
non, je veux dire toute la rue.
Il y a fait un photo shoot en mode agent d'immeubles.
Hé, ça peut pas arriver, ça !
Gabriel, c'est un grand artiste.
Pis tu sais, on...
on est un couple artistique, tu le sais, Arlette.
On est sur les listes
de tous les couples chouchous des Québécois.
On peut pas ĂȘtre ça
s'il y en a un des deux qui est agent d'immeubles.
Trouvez-lui un trophée,
quelqu'un,
pour qu'il arrĂȘte avec ses histoires de malĂ©dictions.
- Regarde, on travaille fort lĂ -dessus.
- Ăa doit pas ĂȘtre si difficile que ça, trouver un trophĂ©e.
On s'entend que beaucoup de ces trophées-là sont en circulation.
Tu sais, l'autre soir, le soir des Gémeaux.
Je suis revenue en taxi avec Guylaine Tremblay.
Ben, elle en avait quatre.
Ăa, c'est sans compter
tous ceux qu'elle a chez elle.
- Non, non, non, non,
elle en a gagné juste trois ce soir-là .
- OK, ben...
smile ?
(rire de Camille)
(sonnerie plus loin)
OK, hum...
Melania Trump ?
Woh ! OK, hum...
Sad... Cry... Hu, hu...
- On pense que tu serais partie par erreur
avec le trophée de Gabriel Sabourin.
T'en as gagné trois, l'autre soir.
Mais tu serais sortie du taxi avec quatre.
Prends ton temps.
Elle va aller les compter.
Elle doit en avoir au moins trente dans son salon,
elle peut ben ĂȘtre mĂȘlĂ©e, la pauvre.
(sonnerie)
Oh, j'ai un autre appel.
Zone 3, c'est pour ton audition.
Oui, Arlette Meilleur, un instant,
s'il vous plaĂźt, ce sera pas long.
Oui, Guylaine !
(soupir)
- Thank you ! Gracias !
- Thank you so much ! Thank you, really !
Merci ! - Sorry !
- Bye !
- Pourquoi, "sorry" ?
Vous avez pas pris Yana Doubrovski ?
- Tu la connais ?
- C'est une vedette de cinéma
d'horreur série B.
Ben, en Asie, mais pareil, c'est un marché énorme.
Tout le monde capote sur elle. Elle a des fan pages de fou !
- Mais t'es folle ?
Internet était cassé ?
T'avais pas 5 secondes pour chercher ? Voyons !
Wait ! Wait ! Wait !
Wait ! Wait !
(respiration saccadée)
You're good ! You're great !
You're spectacular !
You're... Mouah ! Bellissima !
You know ? You understand ? No ?
- Laurence Leboeuf partait pour L.A,
elle dit qu'elle va t'appeler de lĂ -bas.
Les contrats de la 10e Avenue sont rentrés,
sont trĂšs contents de la rencontre de ce matin.
Pour demain, Marc Messier s'occupe des croissants.
Est-ce qu'on est des amis ?
- Hein ?
niaiseux comme question, mais...
- Je... je sais que ç'a l'air
niaiseux comme question, mais...
ç'a fait 5 ans que je travaille pour toi
la semaine passée.
- Ah !
- Pis je réalise que je mets vraiment
mon travail au centre de ma vie.
Pis ça me fait plaisir,
mais je sais pas, peut-ĂȘtre que...
peut-ĂȘtre que c'est pas sain.
Peut-ĂȘtre qu'il faudrait que j'aie une vie.
Des amis, un chum.
- Ah, OK, euh...
T'as pas de chum ?
- Non.
- Ah.
Hum...
Je... je sais pas trop quoi dire.
(rire)
Je me sens généralement mieux ici qu'avec mes amis.
Pour le peu que j'ai, lĂ .
Euh, pis...
Ben, j'aime... je... j'aime beaucoup travailler avec toi.
Oui, oui.
(petit rire)
- Ben, c'est suffisant, d'abord. J'imagine.
- Oui, oui.
(profonde expiration)
(petit rire)
- VoilĂ .
- "Décrisse", Camille.
On va trouver un traducteur,
puis voir si on peut aller de l'avant.
Hum, OK...
(Elle parle en roumain.)
(rires)
- Hum, hum. - Hum, hum ?
- Vous l'avez trouvé, finalement !
- (Arlette) :
Oui, grĂące Ă GeneviĂšve !
- (GeneviĂšve) :
Ben, qu'est-ce qu'il y a ?
T'as pas l'air content.
- Non, non, non, non.
(petit rire)
Non, je suis trĂšs content.
TrĂšs content.
Il va ĂȘtre beau
sur une tablette dans mon bureau d'agent d'immeubles.
- Ben quoi ?
Ăa me tente pour vrai,
d'ĂȘtre agent d'immeubles.
Non, je vous l'ai dit, je suis soulagé.
Je suis tannĂ©, lĂ , d'ĂȘtre un artiste.
C'est trop lourd, c'est trop de montagnes russes,
le rejet, les trophées, le rejet, les trophées.
Moi, j'angoisse.
- C'est correct, mon amour, on comprend.
Pis moi, je vais ĂȘtre lĂ pour toi, hein.
Pendant ton cours
pis pendant les périodes un peu plus difficiles.
- Ouais, c'est vrai que l'immobilier,
ça bouge beaucoup aussi.
- Ouais. - Oui.
Pis lĂ , ben, je viens d'avoir une bonne nouvelle.
J'ai eu le rĂŽle principal
dans la nouvelle série La dame en bleu.
- Ah ? C'est vrai ?
- Han, han.
- C'est super !
HĂ©... bravo !
- Je capote, hein !
- HĂ© !
C'est vrai comme...
(soupir)
Il y a rien comme apprendre
qu'on vient de décrocher un rÎle, hein ?
- Ouais, pis c'est drĂŽle,
on a eu la réponse
exactement au mĂȘme moment oĂč on a trouvĂ© le trophĂ©e.
C'est comme bang ! Deux bonnes
nouvelles en mĂȘme temps.
- Ah ouais ? - On capotait dans le bureau.
- On était tellement contents !
(rires)
Pis, tu sais, je me dis que...
ça vaut la peine d'avoir peur, des fois.
Ben, en tout cas, pour moi.
Hein ?
- OK, OK.
J'ai compris.
Je vais rappeler Salomé Corbo.
- Bon !
- Enfin !
Il a compris !
(rires)
Bravo !
- C'est pas fini !
(rires)
(sonnerie)
- Ark...
HĂ©, Fabrice !
Comment ça va ?
Ăa fait que tu vas souper avec Fabrice Henry ?
- Ben oui, je pars, lĂ .
- Tu sais ce qu'il veut ?
- Il veut qu'on parle business.
(petit rire)
- Il arrĂȘte pas de flirter avec toi.
- Il flirte avec tout le monde.
- Justement.
Je vais y aller avec toi.
- Pardon ?
- T'as envie de passer la soirée à repousser ses avances ?
- C'est un producteur important, il faut ce qu'il faut.
Je vais... je m'en fous.
- Ă moins que t'aies pas l'intention
de repousser ses avances.
- C'est un rendez-vous d'affaires.
- Le soir ? Au restaurant ?
- On a été mariés pendant 20 ans.
T'es allé à combien de partys de premiÚre ?
T'as accompagné des actrices en tournage, dans le sud.
Tu passes ta vie sur des tapis rouges
dans des festivals partout dans le monde.
Je pense que t'es bien placé pour comprendre c'est quoi,
un rendez-vous d'affaires.
- Reste avec moi.
- Je veux pas ĂȘtre en retard.
(voix entremĂȘlĂ©es)
- Oh, mon Dieu ! Une bouteille
de champagne pis 2 coupes !
Deux coupes ! Hein ?
Oh, mon Dieu ! Pourquoi j'ai fait ça ?
(rire)
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Tu m'as guérie !
Tu m'as guérie, tu m'as envoyé une amazone d'Europe de l'est
pis tu m'as guérie, tu m'as guérie, tu m'as guérie !
Merci, merci, merci !
- Je t'ai guérie de quoi ?
- Mais de tout ! Tu m'as guérie de tout !
Je veux dire, au fond, une peine d'amour,
on s'en fout, OK, c'est comme une gastro, ça passe.
Faut juste que t'attendes que ça passe.
Mais c'est aprĂšs que c'est pire,
c'est aprÚs que ça fait mal.
Tu sais, le choc post-traumatique,
le moment oĂč tu te reconnais pas, le moment oĂč t'as peur,
le moment oĂč il y a plus rien qui te fait plaisir,
mais là , moi, ça, c'est fini.
C'est fini, tu comprends ?
Je n'ai plus ça, je suis guérie et c'est grùce à toi.
Il est oĂč, notre champagne ?
Champagne !
(éclatement de champagne)
- Salut, Salomé !
C'est Gabriel !
J'ai trĂšs envie d'ĂȘtre ton partenaire
dans Deux policiers, la nuit.
Pis pour te montrer que je suis
l'homme de la situation,
j'ai décidé de te faire un petit vidéo.
Ouais. Juste pour toi.
(âȘ De la pop joue dans la piĂšce. âȘ)
(impact)
- (GeneviĂšve) : Ouch !
Sous-titrage : MELS
- Yogourt pour hommes ?
- Oui, t'es... t'es un homme.
Hum, tu vends du yogourt pour hommes, ça marche super bien.
- C'est pas pour
tout le monde, le yogourt ?
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