All language subtitles for Les.Invisibles.S02E02.FRENCH.1080p.WEB.H264-COLL3CTiF.srt - fra(2)

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Original subtitles

- Ça vient d'arriver.

En plein jour, en pleine rue.

Le gaz lacrymogĂšne dans les yeux,

la matraque dans les cĂŽtes.

Ç'a dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© super vite.

J'ai reçu une canette dans la face.

Calmez-vous, c'est une manifestation pacifique.

- Mais qu'est-ce que tu faisais

dans une manifestation aussi ?

- Ah, c'est de ma faute

si je suis victime

de brutalité policiÚre ?

- Non. - Je les ai provoqués, c'est ça ?

- Non. Non, juste, mais tu manifestais pour quoi ?

- Pour bannir les pailles en plastique partout au Québec.

Quoi ? C'est un fléau, les pailles en plastique.

Ça se recycle pas,

ça pollue les océans.

Les tortues meurent avec des pailles en plastique

enfoncées dans la gorge.

Si t'es pas capable de prendre un Frappuccino de 3 litres

en prenant des gorgées normales,

c'est peut-ĂȘtre pas une bonne idĂ©e, un Frappuccino.

- Han, han !

Juste... pourquoi la police est débarquée

dans une manifestation contre les pailles en plastique ?

- Ouais.

- Mais il y avait aussi la manif

contre la brutalitĂ© policiĂšre en mĂȘme temps.

- Ah, ben c'est ça, on s'est croisés.

On l'a donné, notre parcours, nous.

- Les 2 manifestations se sont mĂȘlĂ©es ?

- C'est parfait car Ă  partir de maintenant,

je suis trÚs contre la brutalité policiÚre.

- Non, t'es Mélissa Désormeaux-Poulin,

t'es pas contre la brutalité policiÚre.

- Oh oui, oui ! Je suis contre la brutalité policiÚre.

Comment je vais faire

pour me battre contre les pailles en plastique

si je peux pas manifester ?

Toi, la démocratie, ça t'intéresse pas ?

- Ben lĂ , tu t'es vue ? C'est grave, lĂ .

T'aurais pu ĂȘtre en tournage.

- HĂ© ! Ce qui est grave, c'est ce qui se passe dehors.

Police partout, justice nulle part !

- Mon Dieu...

- Si tu nous dis pas

ce qui est arrivé avec Mélissa Désormeaux-Poulin,

on dit pas qui s'occupe

de la réception.

- Hein ?

- Zacharie Dumont. - Hum, hum !

- Ah oui, hein.

- On dirait qu'il est encore plus beau

depuis qu'il n'est plus Ă  l'agence.

- Mais je trouve ça bizarre qu'il soit à la réception

s'il est représenté par une autre agence.

- Il l'a fait souvent quand il était étudiant.

- Mais il était représenté ici.

- En tout cas. Fait que, qu'est-ce qui s'est passé ?

- Rien, rien, lĂ . Je... Il faut que j'aille... Attention.

- Je pense qu'elle s'est battue. - Non ?

- Hum ! - Oh !

- Tu sais ce que ça te prend ? Regarde, elle est là, Camille.

C'est de la camomille, bois ça.

- Ah ! En plastique ! HĂ© ! Bravo !

- Ah ben bravo, Camille, du plastique, franchement ?

Non, tu sais quoi ? Ça te prend un bain de sel d'Epsom.

- Ça fait pas un peu bourgeois,

ton affaire de bain avec du sel d'Epsom ?

- Non, lĂ , il faut que tu te calmes,

t'es sur l'adrénaline pis t'as

besoin de te calmer parce que...

- Excuse-moi, c'est pas l'adrénaline !

- Fais-moi confiance, t'es sur l'adrénaline.

- Ça fait des annĂ©es que

je regarde le monde déraper

pis que je fais rien.

Dans le fond...

- WĂŽ ! HĂ© ! Non !

- On est comme les tortues !

On subit la paille sans rien dire

pendant que le gouvernement fait rien.

Non seulement face aux souffrances des tortues,

mais envers le citoyen !

Toi, toi, moi !

- Juste, redescends s'il te plaĂźt. LĂ , tu vas te calmer.

Tu vas rentrer à la maison. On va reparler de tout ça demain.

Camille va te ramener chez toi.

- OK ! - Super !

- Oui ?

- Je veux changer les choses.

- On s'en occupe demain. Yes !

(sonnerie de téléphone au loin)

- AllĂŽ !

- Salut !

- Comment ça va ?

- TrĂšs bien, merci.

- Je sais qu'on a pas l'habitude

de parler de nos vies personnelles, lĂ .

Mais si il y a quoi que ce soit,

hein ? Tu peux venir me voir.

ça va... ça va trÚs bien, OK ?

- Merci. Mais comme je t'ai dit,

ça va... ça va trÚs bien, OK ?

- Hé ! T'es pas obligé de te forcer

pour avoir l'air de bonne humeur.

Tout le monde comprend que

c'est difficile, une séparation.

- Regarde, c'est temporaire.

- Ç'avait pas l'air temporaire

quand Emmanuelle en a parlé devant tout le monde.

- Vous la connaissez pas.

C'est drastique sur le coup, mais aprĂšs, elle se calme.

- C'est vrai que c'est drastique

d'empĂȘcher quelqu'un d'acheter sa propre agence.

- Sauf qu'elle l'a

quand mĂȘme achetĂ©e, l'agence.

Si elle avait vraiment voulu qu'on divorce,

elle se serait pas arrangée

pour passer tout notre temps ensemble aprĂšs !

- Peut-ĂȘtre qu'elle veut beaucoup te faire chier,

jour aprĂšs jour aprĂšs jour.

- Non, elle a envie qu'on revienne ensemble.

J'ai envie qu'on revienne ensemble.

On va revenir en ensemble. OK ? Bonne journée, là.

- Bye, bye ! - Bonne journée, JF !

- OK ! Donc, l'achat de l'agence,

c'est juste un beau prétexte pour réparer leur couple.

Ben, c'est le fun pour nous autres, ça, hum ?

C'est bon pour l'agence, ça.

Pis en attendant, on est pognés

avec une patronne qui connaĂźt rien Ă  cause de lui.

- Ben, on le sait pas, ça.

- Ouais, on le sait. Elle connaĂźt rien.

(sonnerie de téléphone)

- Agence AMG, bonjour ! Oui, je vous transfĂšre, un instant.

(bip)

- Qu'est-ce que tu fais lĂ  ?

- Ah, je dépanne maman, là.

- Ben voyons ! Elle peut pas te demander ça.

- Ben, c'est moi qui lui ai offert, fait que...

- Ouais, amis Zach, t'es un acteur, lĂ ,

tu peux pas faire la réception.

- Mais je suis un acteur, je peux tout faire.

- Je suis content de te voir. Je t'ai laissé des messages.

- Ouais, je sais, j'étais occupé.

(sonnerie de téléphone)

Oh ! Téléphone ! Agence AMG, bonjour ! Oui. Oui, lequel ?

Ah ! On prend pas vraiment

les gens qui sortent du cégep, je pense.

Parfait ! Au revoir.

(Zacharie raccroche.)

- Tu laisses Zach ĂȘtre Ă  la rĂ©ception ?

- J'étais mal prise, il est fin de l'avoir proposé.

- Oui, mais c'est pas

bon pour un acteur

d'ĂȘtre vu par le milieu

en train de faire une job de réceptionniste.

- C'est juste un fils qui aide sa mĂšre.

On va quand mĂȘme pas capoter.

- Ça envoie quand mĂȘme le message

qu'il n'a pas de contrat en ce moment.

Il est mĂȘme pas Ă  l'agence, il est chez MVA.

- Oui, mais ça, c'est un autre problÚme.

- Demande-lui de s'en aller, on va le remplacer, OK ?

- Il fait juste me dépanner pendant quelques jours,

pis c'est tout, lĂ .

Pis si t'es pour critiquer chacune de mes décisions

parce que t'es fùché avec la

situation, ça va devenir lourd.

- Je suis pas fùché

avec la situation.

- Ah non ?

- Non. Je comprends tes réactions.

- OK. Fait qu'on se sépare pis tu t'en fous ?

- Non. Je te laisse le temps d'ĂȘtre fĂąchĂ©e

pis on parlera du reste...

- Quel reste ? Il n'y en a plus de reste.

- Catherine de Léan pourra pas faire

son entrevue au Elle Québec aprÚs-midi.

Elle a eu une crise d'appendicite ce week-end.

HĂ© ! On devrait tellement

se faire enlever ça à la naissance, l'appendice.

C'est de l'obsolescence programmée

à l'intérieur de notre corps.

- Hein ?

- T'as ben l'air distrait.

Gab, t'as pas encore passé la

nuit à écouter Lance et compte ?

- Hé ! J'ai fait ça une fois dans ma vie, là.

- Ça m'a marquĂ©.

- A-t-on reçu le chÚque qu'on attendait pour Sofia ?

- Il est à la comptabilité qui le mettra à la poste.

- OK. Non, rapporte-moi-le, je vais sur le plateau tantĂŽt,

je vais pouvoir lui donner.

- C'est pas un gros chĂšque.

- Elle vient de perdre sa job de réceptionniste.

C'est la moindre des choses de...

Elle doit avoir besoin d'argent, lĂ .

Regarde-moi pas de mĂȘme.

Pourquoi tu me regardes de mĂȘme ?

- Ta générosité me touche

et fait de moi une personne meilleure.

(clappement)

- Bon, j'ai commencé mes recherches

pour trouver

une réceptionniste,

mais je reçois juste des CV d'actrices.

- Ça fait des bonnes rĂ©ceptionnistes, les actrices.

- T'es agent de réceptionnistes. - Ha. Ha.

- Je veux pas retrouver le mĂȘme problĂšme que Sofia.

On avait des bogues d'horaire...

- Gab en agent de réceptionniste.

- Perdons pas de temps sur ça.

On regarde les CV, on fait des entrevues.

- Ou on fait des auditions,

la meilleure actrice pour jouer

la réceptionniste aura la job.

- Ben non, on prend la moins bonne.

Comme ça, on a moins de risque

d'avoir des problĂšmes d'horaire.

- C'est pas assez sérieux pour vous comme problÚme ?

- Oui. C'est juste qu'on a de l'humour.

- Hum !

- Non, je veux pas d'actrice.

- Pourquoi pas ? Ça fait des bonnes rĂ©ceptionnistes.

Pis ça peut nous permettre de trouver un nouveau talent.

Elle est bonne, Sofia.

- Tu rougis quand tu dis ça.

- Alexandra, qu'est-ce que Mélissa Désormeaux-Poulin fait

dans une manifestation déchaßnée ?

- (Mélissa) : On veut des lois plus sévÚres

en matiĂšre d'environnement.

On veut bannir les pailles en plastique !

On veut bannir les sacs en plastique !

On veut bannir les bouteilles

d'eau en plastique !

Est-ce que le gouvernement est capable de le faire ? Oui !

Est-ce qu'il le fait ? Non !

Il nous menace avec la brutalité policiÚre

pour nous empĂȘcher de manifester !

Mais moi, si le gouvernement veut me diriger de mĂȘme,

j'ai une chose Ă  lui dire :

"Mangez de la marde ! MANGEZ DE LA MARDE !"

... pour nous empĂȘcher de manifester !

Mais si le gouvernement

veut me diriger de mĂȘme,

j'ai une chose Ă  lui dire :

"Mangez de la marde ! MANGEZ DE LA MARDE !"

(brouhaha de la manifestation)

- Ben voyons donc !

- MANGEZ DE LA MARDE !

(rire et sonnerie de téléphone)

- Agence AMG, bonjour !

(sonnerie de téléphone)

- Merci. OK,

on appelle TVA,

Radio-Canada, Supermarché Québec.

On appelle tous les producteurs de Mélissa.

On leur dit que c'est un malentendu,

qu'on enverra un communiquĂ©, que tout va ĂȘtre correct.

- Camille, tu m'envoies la liste, je fais les appels.

- Le Journal de Montréal pis La Presse veulent des commentaires.

- Non, on accepte aucune entrevue, aucune invitation.

Pas de commentaire, on envoie un communiqué.

- Je peux faire quelque chose ?

- Non, c'est beau.

Je pense que c'est correct.

Peux-tu le prendre ? Je vais aller chercher Mélissa.

- Toi, tu connais Michel Simard ? Peux-tu l'appeler s'il te plaĂźt ?

- Camille, sors-moi la liste de l'AQTIS, s'il te plaĂźt.

- Oui.

(sonnerie de téléphone)

- OK, ben tout est sous contrĂŽle,

fait que je vais y aller, moi, j'ai un petit rendez-vous.

- Ben oui, c'est correct. On est assez sur le dossier.

- Noémie, Jérémie, vous aidez Camille avec les journalistes

pendant que je fais les appels.

- Parfait.

(sonnerie de cellulaire)

- Tout est beau, on s'en occupe.

- Ben oui, je vois ça.

(sonnerie de téléphone)

(vrombissement)

- Sofia ?

- Gabriel ? Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Ben, je me suis dit

que je viendrais te voir sur le plateau.

- T'es sûr ? Je veux dire, Simon-Olivier tourne juste là.

- Quoi ? Mais tu lui as parlé ? Qu'est-ce que tu lui as dit ?

- Ben non, ben non ! J'ai rien dit.

On s'était dit que je lui dirais rien

avant la fin du tournage, non ?

- Ah, ben c'est correct.

Je suis ton agent,

je viens te porter un chĂšque.

Tout est normal, lĂ .

- Ah ! OK ! Hum, c'est juste que...

je suis pas sûre que je puisse te regarder normalement.

- Ah... ben lĂ ... Moi non plus, je pense pas que...

(soupir)

(léger brouhaha)

- Ben voyons donc ! Mélissa !

MĂ©lissa ! MÉLISSA DÉSORMEAUX-POULIN !

- Quoi ?

- T'étais supposée rentrer chez toi.

- Ouais, mais j'ai senti que j'avais encore besoin de manifester.

- T'as pas idée de l'ampleur de la crise

qu'on gĂšre Ă  l'agence, lĂ .

- Si t'es venue pour me faire des reproches,

je me serais arrangée autrement.

- Non, je te fais pas de reproches.

- Je manifeste. J'exerce un droit démocratique.

Pis si ça plaßt pas, ça fait

une crise, ben c'est pas normal.

- T'as dit au gouvernement de manger de la marde.

Pis avec ce que t'as l'air en ce moment, ben...

- Ben quoi ? Qu'est-ce que j'ai l'air ?

- T'as pas l'air d'ĂȘtre dans ton Ă©tat normal.

- C'est drĂŽle, car moi, j'ai l'impression de connecter

avec une nouvelle moi qui est comme...

(petit cri)

Pis j'ai l'impression que toi,

tu veux que je redevienne l'ancienne moi.

- Mais non, c'est parce que ton ancienne toi,

toi, ça, c'est une valeur sûre.

qui est en fait ta vraie

toi, ça, c'est une valeur sûre.

- Je pense que la nouvelle moi a beaucoup de potentiel.

HĂ© ! Je suis tannĂ©e d'ĂȘtre la bonne fille en contrĂŽle,

d'ĂȘtre fĂąchĂ©e Ă  l'intĂ©rieur pour les bonnes raisons.

Tu sais, je suis capable d'ĂȘtre fĂąchĂ©e Ă  l'extĂ©rieur.

Je suis capable d'ĂȘtre genre chaotique.

- OK. C'est noté.

Sauf que lĂ , si tu veux pas que ta nouvelle toi

fasse perdre Ă  ton ancienne toi tous ses contrats

avec Radio-Can, TVA, ses 2 longs métrages,

son contrat de pub avec Supermarché Québec,

vous allez rentrer Ă  la maison

pis vous allez faire une petite sieste.

- OK.

- Je finis le tournage dans 2 jours.

- Hum ! C'est émouvant.

- Oui. Oui, euh... Ă  plein de niveaux.

- Hum ! Gros party aprĂšs ?

- C'est vendredi.

Fait que je pensais attendre aprĂšs le party

pour dire Ă  Simon-Olivier

que... ben, je ne veux plus ĂȘtre avec lui.

- Oh, il y a pas de stress, lĂ .

- Mais je me sens mal.

- Mais lĂ , tu vas pas lui dire pour nous deux, lĂ  ?

- Non, non ! Non, pas...

- De toute façon, on n'a rien fait de pas correct, là.

Il y a rien Ă  dire.

- Ouais, ouais ! Pis on va attendre, hein ?

- Hum !

- Mais en mĂȘme temps, on peut se voir avant.

- Hum, hum !

- Pis je peux parler Ă  Simon aprĂšs.

Ou on peut attendre.

- Non, non, on peut se voir avant

pour célébrer la fin du tournage.

- Oui, absolument.

Euh... pis je sais que moralement, c'est comme non,

mais en mĂȘme temps, la morale, on s'en fout, lĂ .

La vie, c'est la vie, pis...

j'ai toujours peur d'ĂȘtre punie

si je fais quelque chose de mal.

Mais en mĂȘme temps, je veux ĂȘtre libre pis m'en foutre.

- Ouais.

- Mais en mĂȘme temps, je veux bien faire les choses.

- On peut... on peut se voir,

mais... on fait rien, lĂ , tu sais.

- Ouais, rien.

- Ouais, on se voit, il se passe rien.

- Ouais, euh... mais rien comme vraiment rien ?

C'est un peu plate.

- C'est... c'est parfait.

(petits rires)

Chez moi dans 2 jours ?

- Hum, hum !

- Il y a quand mĂȘme beaucoup de gens

qui sont contents de ce qu'elle a dit.

C'est vrai qu'il y a des affaires faciles

que le gouvernement pourrait faire pis qu'il fait pas.

- Il était vraiment senti son "Mangez de la marde !"

Moi, ça m'a... ben ça m'a ému.

- Ben, quand Manon Massé et François Legault t'écrivent

dans la mĂȘme heure

pour prendre un café,

je pense que t'as touché

une corde sensible, hein !

- Oh non ! Ça, c'est pas bon, par exemple. Oh ! Merde !

"Mangez de la marde avec Supermarché Québec !",

"Mélissa vous invite

à manger de la marde chez Supermarché Québec."

"De la marde à manger en spécial

chez Supermarché Québec."

- Mais ça, c'est 2, 3 personnes ou c'est...

- Ouais, non, le journal Métro et Le Journal de Montréal

ont déjà sorti

des articles genre :

"Le web s'emballe

aprÚs la déclaration de Mélissa Désormeaux-Poulin"

pis ils citent les meilleures blagues.

- OK, mais lĂ , il y a toujours ben des limites.

Combien de blagues tu peux faire avec ça,

manger de la marde pis Supermarché Québec ?

- Beaucoup. Cette semaine, chez Supermarché Québec,

la livre de marde est 4,99$.

- Allî ? Étienne !

(articulation silencieuse)

Ah, je comprends.

Mais là, je pense que c'est vraiment juste des blagues, ça.

Je veux dire, ça empĂȘchera pas les gens

d'aller chez Supermarché Québec.

Allî ? Étienne ?

- Ça va ?

- Oui, je cherche JF.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Rien, juste un petit problĂšme.

- Ben, je vais t'aider.

- Non, je m'en occupe.

Étienne, un des boss de SupermarchĂ© QuĂ©bec

veut mettre un terme au contrat de Mélissa.

Ça fait des annĂ©es qu'il veut la

tasser, pis là, ben c'est ça !

Il vient de trouver le prétexte parfait.

L'affaire : c'est un trĂšs gros contrat.

FinanciĂšrement, c'est majeur.

Pis en plus de ça, Mélissa,

elle s'entend trÚs bien avec Supermarché Québec.

Il y a aucune raison de vouloir la tasser de lĂ .

L'affaire : il s'y connaĂźt pas.

Il a eu la job, car c'était le neveu de l'autre,

je sais pas quoi.

- Tu peux pas parler Ă  quelqu'un d'autre ?

- À l'Ă©poque, quand j'avais un

problĂšme, j'allais voir Michel.

Il avait le contact avec le patron.

Sauf qu'il m'a jamais donné ce contact-là.

- Oui, mais Jean-Frédéric, il l'a pas, le contact.

- Non, il l'a pas. Pis lĂ , j'ai besoin d'aide lĂ .

- Ben, c'est bon, je vais m'en occuper. Je vais t'aider.

- Non, mais c'est un contrat hyper complexe.

Je veux pas le perdre.

En plus de ça, j'ai Radio-Can pis TVA à gérer.

Je sais pas si... non.

- C'est bon, t'aurais laissé Michel s'en occuper.

LĂ , c'est moi qui remplace Michel. Je vais m'en occuper.

- On t'attend, Camille ?

- Ah ! Oui, oui, ce sera pas long. Je vais juste finir ça.

Je me dĂ©pĂȘche. Ah, finalement, j'ai oubliĂ© quelque chose.

Je vais juste... allez-y.

- OK !

- Ouais.

Salut !

- HĂ© ! Salut !

- Je suis contente de te voir.

- Ouais, moi aussi. C'est un peu weird, mais... oui.

Oui, oui, oui, oui.

- Si jamais tu veux

qu'on aille prendre un verre ou quelque chose.

- Oui, oui, bientĂŽt, Camille.

HonnĂȘtement, je pensais que j'Ă©tais prĂȘt,

pis lĂ , je te vois, pis ah...

C'est encore trop fucké.

Je m'excuse.

- C'est correct. OK.

- OK.

- Excuse-moi, Arlette !

J'aurais besoin du contact de Michel chez Supermarché Québec.

- Je l'ai pas.

- Ben oui, tu l'as.

- Ben non. Pis mĂȘme si je l'avais, ça changerait rien.

C'est le contact de Michel,

elle voudra rien savoir de nous autres.

- Ben voyons, c'est ridicule.

Voir s'il y a juste Michel

qui était capable de parler au monde.

- Ah, il avait le tour de savoir obtenir ce qu'il voulait.

Il avait beaucoup de charisme.

- Moi aussi, j'ai du charisme

Ă  mes heures. C'est correct !

- HonnĂȘtement, t'es trop froide.

T'es trop belle pis ça te donne un petit air supérieur.

- OK.

- Appelle Jean-Frédéric.

Il a ses défauts, mais il est certainement capable

de manipuler une petite madame

qui travaille dans les bureaux.

(léger brouhaha)

(â™Ș jazz â™Ș)

- HĂ© !

- Qu'est-ce que tu fais lĂ  ?

- Moi, je remplace comme serveur ici ce soir.

- Hein ?

- Non, je te niaise. Je fais des blagues.

Ça repose du drame familial.

- Désolé.

- Je suis un peu tannĂ© d'ĂȘtre fĂąchĂ© contre toi,

mais je trouve quand mĂȘme que tu mĂ©rites que je le sois.

- Prends un break, lĂ .

Laisse-moi t'inviter Ă  souper

pis tu recommenceras Ă  ĂȘtre fĂąchĂ© demain.

- Ouais, non. J'attends maman.

- Hum ! Ah ! - C'est le monde Ă  l'envers.

Elle est en retard parce qu'elle est prise Ă  l'agence.

Pis toi, t'es lĂ , tu veux qu'on soupe ensemble. Ha, ha !

- Laisse-moi te payer une biĂšre au moins.

- Camille, s'il te plaĂźt, j'aurais besoin du nom du gars

qui veut virer Mélissa Désormeaux-Poulin

chez Supermarché Québec.

- Étienne Millette.

- Pis son adresse courriel aussi.

- Je le sais pas, il écrit directement à Alexandra.

Il passe pas par moi.

- Oui, mais t'as accĂšs aux courriels d'Alexandra.

- Ah, euh... ouais, mais... pas vraiment.

- Camille, je suis ta patronne.

Non seulement ça, mais je suis la patronne d'Alexandra aussi.

Donne-moi les coordonnées s'il te plaßt.

- J'ai vu Camille Ă  l'agence.

Outre le fait que c'est fucking humiliant pour moi

d'avoir été en amour avec ma demi-soeur...

Vous avez quand mĂȘme pas...

- Ben lĂ , en amour, t'exagĂšres.

Vous avez quand mĂȘme pas...

- Ah, mon Dieu ! Non ! Non, non !

Mais une chance,

mais j'ai vraiment beaucoup fantasmé sur elle, genre.

Ouais, genre vraiment beaucoup.

Pis on s'est embrassé, mais pas... on n'a pas...

- OK.

(raclement de gorge)

Ouais, ben ça va passer, hein !

- C'est quand mĂȘme drĂŽle qu'il y a aucun des enfants

qui porte ton nom de famille.

- Tu portes mon nom de famille.

- Non, plus maintenant.

- Non, t'as un nom d'artiste,

mais ça, je comprends pourquoi tu l'as fait.

C'est stratĂ©gique. Tu voulais pas ĂȘtre le fils Ă  papa.

- Symboliquement, c'est quand mĂȘme un gros rejet.

- Toi, ton psy, ça va bien ?

- TrĂšs bien ! En fait, il t'adore.

- OK. Pis il trouve pas ça trop narcissique

que tu sois tombé en amour avec ta demi-soeur ?

- OK, tu vas faire des jokes là-dessus déjà. Bon, ça y est !

- Comme disait ta grand-mĂšre :

"Si on vaut pas une risée, on vaut pas grand-chose."

- Grand-maman le savait pour... Camille ?

- Non.

- C'est fou quand mĂȘme

tout ce que... tout ce que Camille a manqué.

- Je le sais pas. Elle, elle a pas besoin de psy.

Au fond, elle a peut-ĂȘtre Ă©tĂ© Ă©pargnĂ©e.

- C'est vrai que vu de mĂȘme...

- HĂ© !

- Bon, je suis en retard, j'ai perdu ma date ?

- Non, non ! Je vais...

Je vous laisse, je m'en allais.

- Merci, t'es fin.

- Mais non, mais il peut peut-ĂȘtre

rester souper avec nous autres ?

- On se reprendra. Hein ?

- T'aurais pu... le laisser finir sa biĂšre.

- On en a plein de biĂšres Ă  la maison.

- OK.

- Ç'a t'a fait quoi de revenir à l'agence.

- Euh, ben correct. J'étais réceptionniste.

C'était drÎle la premiÚre

heure, aprÚs ça, t'es comme : Ah !

- Ça t'a donnĂ© envie de revenir pour de bon ?

- Quoi ? À l'agence comme acteur, tu veux dire ?

- Ben oui, comme acteur ! T'as l'air surpris.

T'y avais pas pensé ?

- C'est juste que ça va super bien chez MVA.

- Ouais, mais il me semble que ce serait normal

que tu sois dans l'agence de ta mĂšre.

- Je le sais pas, lĂ . C'est gros, changer d'agent.

- Mais oui, mais je suis ta mĂšre !

- Ben, je sais pas quoi te dire. Excuse.

- En tout cas, si t'as besoin d'y penser, penses-y.

Pour une fois, ton pĂšre a raison.

C'est un peu bizarre que tu

sois à la réception de l'agence

si t'es client ailleurs.

- Moi, je suis content de t'aider.

- Je suis capable de trouver un réceptionniste.

C'est pas ça le problÚme, là.

(sonnerie de cellulaire)

- Oui, allĂŽ ? Ah, M. Perrera, vous allez bien ?

Ah, ben oui, mon loyer.

Mais mon pÚre avait pas payé les premiers mois.

Ah, ça fait dĂ©jĂ  3 mois, ben oui. Ça passe vite.

Euh, c'était quoi le montant exact, donc ? 1050$.

Pour un mois ? OK. Non, non, non. Appelez pas mon pĂšre, lĂ .

Non. OK ! Ben, arrĂȘtez de l'appeler, lĂ , je m'en occupe.

OK, merci, bye !

Marde !

(gloussements de poules)

- Thomas ? Tu fais quoi,

cette semaine ?

- Je sais pas.

- Genre, aprĂšs demain soir ?

- Rien, je vais jouer Ă  mon jeu.

- Ton jeu de ferme ?

- Ouais, j'aimerais ça passer le cap des 2000 oeufs.

Tu vois, ma poule pond un oeuf aux 5 minutes.

Là, je suis à 1804, ça fait qu'il me manque 196 oeufs.

Fois 5 minutes, ça fait 980 minutes,

ce qui fait genre un peu plus que 16 heures.

Fait que d'aprĂšs moi, je vais ĂȘtre encore devant l'ordi.

- Hum ! Tu réalises que tu sors jamais de l'appartement, hein ?

- Ça se peut.

- Tu passes ta vie Ă  jouer Ă  FarmVille, lĂ .

Tu vas jamais dehors.

C'est pas... c'est pas super sain, lĂ , Thomas.

- Si t'étais pas stuck-up

pis tu me laissais avoir des vraies poules,

on aurait pas cette conversation-lĂ .

- Tu m'as jamais demandé d'avoir des vraies poules.

- Me laisserais-tu en avoir ?

- On n'a pas de cour.

Thomas, j'aimerais ça ĂȘtre tout seul

dans mon appartement des

fois, genre, aprĂšs demain soir.

- OK ! T'as juste Ă  me le dire si t'as besoin de l'appartement.

Pas besoin de tout remettre en question ma vie.

- OK ! Cool !

- J'irai au dépanneur quelque chose.

- Non, non ! Je veux que tu sortes pour vrai.

- Pourquoi tu veux me mettre en échec ?

- Hein ?

- J'ai nulle part oĂč aller. J'ai rien dans la vie.

Tu gagnes. C'est un peu agressif, ton affaire.

Je m'en vais aux toilettes.

Dans une minute, peux-tu cliquer

ici, sur la poule ? Merci !

(fermeture de porte)

(gloussements de poules)

- AllĂŽ ! - AllĂŽ !

- Je peux rentrer ?

- Qu'est-ce que t'en penses ?

- Ben lĂ , c'est rendu chez vous.

- Ben lĂ , je suis ton pĂšre. Chez nous c'est chez vous, hein !

- OK, c'est beau, fĂąche-toi pas !

- Non, mais un moment donné, la distance, ça va faire.

- OK. Maman me fait "rusher" un peu.

- Elle en a beaucoup sur les épaules de ce temps-là.

- Ouais, mais c'était comme pas intelligent

qu'elle achĂšte l'agence toute seule, qu'on se le dise.

- C'est fait.

- Mais c'est comme :

"AchĂšte ta fucking agence

car t'es fru

pis que tu sais pas quoi faire de ta vie."

Mais laisse le monde vivre.

C'est comme si c'était le plus grand désaveu

que je sois pas dans l'agence de ma mĂšre.

Mais tu sais quoi ?

Je suis un peu tanné de vivre ma vie

en fonction de la carriĂšre de mes parents.

- Ben oui, je comprends.

- Est-ce bizarre que je sois chez MVA ?

- Non. T'es bien chez MVA. T'es mieux avec Maxime.

Il te mérite, il s'occupe de toi mieux que notre agence.

T'as pas de raison de partir de lĂ .

- Ouais, mais pourquoi je me sens mal, d'abord ?

- Ça, c'est parce que t'as toujours voulu sauver ta mùre.

Mais fais-toi-z-en pas, je m'en occupe, moi, de ta mĂšre.

- OK, ça promet.

- OK, grosse journée.

- Ouais, parfait. C'est quoi, ça ?

- Camomille.

- Il n'y avait plus de café ?

- Oui. Il y en a avait, c'est juste que je me suis dit :

"Camomille, le matin, c'est bon. Ça commence bien la journĂ©e."

Double expresso, c'est comme bof ! Tu deviens...

Fait que c'est ça, fait qu'on a passé la journée hier

Ă  appeler tout le monde.

On leur a dit que t'allais faire

une déclaration sur les réseaux sociaux.

- OK, ouais.

- Tiens, je me suis permise de commencer à rédiger ton texte.

HonnĂȘtement, on va pas s'attarder lĂ -dessus.

On va comme "wraper" ça vite,

pis tout va rentrer dans l'ordre.

de vous avoir déçus."

- "Je m'excuse

de vous avoir déçus."

C'est pas un peu intense ?

- Mais ça, tu peux le mettre dans tes mots, hein.

Je voulais juste ĂȘtre efficace.

- HĂ© ! - AllĂŽ !

- Je m'excuse pour mon proprio qui t'a appelé.

Je lui ai demandé de ne plus t'achaler avec ça.

- As-tu des problĂšmes d'argent ?

- Non, non, ben non.

- Parce que si t'en as, je peux t'en donner.

- Franchement ! Pourquoi tu ferais ça ?

- Ben, parce que j'en ai, de l'argent.

Pis c'est facile, donner de l'argent.

C'est pas impliquant émotivement.

- Ben... ben, je sais pas quoi te dire, lĂ .

On dirait que c'est gentil pis pas gentil en mĂȘme temps.

- Regarde, je fais ce que je

peux dans les circonstances, OK ?

- Ouais, je comprends. C'est bon, je vais m'arranger.

- OK. C'est beau !

- HĂ© !

C'est vraiment fucké

comment t'es trop honnĂȘte avec moi des fois.

T'es stratégique avec tout le monde, mais pas avec moi.

Tu fais vraiment aucun effort

pour me protéger de ce que tu ressens.

- T'es la seule personne Ă  qui j'ai rien Ă  cacher.

(articulation silencieuse)

- C'est quand, la prochaine paye ?

- Dans une semaine et demie.

- Mon loyer est en retard.

- Tu peux pas payer ton loyer en retard !

- Ben oui, tu peux payer ton loyer en retard.

- Je suis pas sûre que je vais

ĂȘtre capable de le payer, point.

- C'est combien ?

- Je le sais pas. 1050$.

- Pis vous ĂȘtes combien Ă  payer ça ?

- Je suis toute seule.

- As-tu de l'aide ?

- Non.

- Ben lĂ , il te faut un coloc.

- Oui, mais c'est petit.

- Oui, mais c'est cher.

- Un coloc, OK, mais je connais pas personne, moi.

- Ben, mets une annonce.

- Non, mets pas d'annonce. Tu vas tomber sur du monde weird.

Je vais y aller, moi, vivre avec toi.

- Ah, je savais pas que tu te cherchais une place.

- Ben oui, t'habites pas déjà quelque part ?

- Ben oui, j'ai une place quelque part,

mais j'aime ça, le changement.

- Une place oĂč ?

- Qu'est-ce que ça change oĂč c'est ? On s'en fout !

Chez un gars, lĂ .

- Pis tu vas dĂ©mĂ©nager juste de mĂȘme ?

- Pourquoi pas ?

(articulation silencieuse)

- OK ! Je suis prĂȘte.

- Ça roule.

- Bonjour ! Ici Mélissa Désormeaux-Poulin.

Je voulais revenir sur ce qui s'est passé hier

quand mes mots ont dépassé ma pensée.

"Dépassé ma pensée ?" J'ai l'air d'une tarte, là.

Voir si "mangez de la marde" ç'a dépassé ma pensée !

J'ai l'air d'une émission pour enfants ?

Moi, ma pensĂ©e s'arrĂȘte

Ă  "saperlipopette"

pis tout ce qui sort de ça, ça dépasse ?

- Alexandra a dit que tu pouvais

le remettre dans tes mots.

- Ouais, OK.

(soupir)

OK, je suis prĂȘte.

AllÎ ! Ici Mélissa Désormeaux-Poulin.

Hum, je suis vraiment désol... Sérieux, je la sens pas.

- Moi, si c'était juste de moi,

on aurait mis fin Ă  son contrat Ă  elle

aprĂšs le film de Trip Ă  trois.

Regardez, ça représentait pas

les valeurs de Supermarché Québec.

- Oui, mais Le trip Ă  trois, c'est de la fiction, lĂ .

Mélissa Désormeaux-Poulin, c'est une comédienne.

Donc, c'est normal que...

- Ouais, mais regardez, on est une entreprise familiale.

Comprenez-vous ?

- Martin Matte, il a continué

Ă  ĂȘtre porte-parole d'un supermarchĂ©,

mĂȘme aprĂšs Le trip Ă  trois.

- Ouais, mais c'est parce que dans le film,

c'est elle qui veut faire un trip Ă  trois, pas lui.

- Oui, mais encore lĂ , on parle d'un film.

- Ouais, mais vous savez...

Mais en tout cas, regardez, on a les valeurs qu'on a, Mme Dumont.

Mais là, je veux pas que vous vous sentiez jugée, là.

- Non, non ! Ça va bien, lĂ  ! Vous inquiĂ©tez pas.

Mais vous savez, le "mange de la marde", le "mangez de la marde",

moi, ça me coupe l'appétit.

Fait qu'imaginez celui de nos clients.

- On veut pas couper l'appétit de personne.

- Merci.

- Mais il y a des gens qui veulent sauver des tortues,

pis qui pourraient boycotter Supermarché Québec

quand ils vont apprendre que Mélissa a été mise à pied.

- Oh... c'est une menace, ça ?

- Ben non, pas du tout !

Je pense juste que l'implication

de Mélissa en politique,

pis le fait qu'elle ait osĂ© quand mĂȘme...

- Mais moi, les menaces de boycott,

je suis pas trÚs, trÚs confortable avec ça, là.

Pis moi, je n'ai plus faim.

- Non, mais c'est pas ce que j'ai voulu dire, lĂ .

- Comme j'ai une grosse journée, ça m'a fait plaisir, Mme Dumont.

- Pareillement.

- Ça me tente pas de faire de vidĂ©o d'excuse.

- OK, mais ça rassurerait tout le monde

si tu faisais juste dire que

tes mots ont dépassé ta pensée.

- Je suis une artiste. On est des artistes !

Depuis quand il faut avoir une belle image propre ?

La belle petite famille, le beau petit sourire,

la belle petite robe.

Moi, je pense

qu'il faut contribuer Ă  l'avancement social.

Parce que j'ai l'impression

d'ĂȘtre la porte-parole du statu quo.

- Mélissa, t'as des contrats avec des gens

qui ont été trÚs déstabilisés par ce qu'ils ont vu.

OK, on fait juste rectifier le tir.

AprĂšs, tes contrats, tu feras ce que tu veux.

- T'aurais jamais demandé ça à Biz.

- Biz ?

- Ou Ă  Robin Aubert. Ou Ă  Pierre Falardeau.

- Pierre Falardeau, il a quand mĂȘme fait Elvis Gratton, lĂ .

(sonnerie de cellulaire)

Je pense pas qu'il aurait accepté

d'ĂȘtre porte-parole pour SupermarchĂ© QuĂ©bec.

En parlant du loup. Oui, allî, Étienne ?

Euh... Ta femme, ton ex, peu importe,

vient de faire des menaces au gars de Supermarché Québec.

- Voyons donc, elle a pas fait ça ?

- Oui, elle a fait ça.

- Ah !

- Elle est passée par-dessus moi.

Elle est allée le rencontrer dans mon dos.

Pis tu sais quoi ? Elle a tout gùché.

- Ben, tout gùcher, c'était

pas mal déjà tout gùché.

- Je comprends qu'elle ait des affaires Ă  prouver,

mais qu'elle le fasse dans tes dossiers, pas dans les miens.

- C'est notre nouvelle

patronne Ă  tout le monde.

- Non, non ! C'est ta femme ! - Je vais lui parler.

- Je vais lui parler, ben oui.

(sonnerie de cellulaire)

(soupir)

Je fais quoi, moi, lĂ  ?

Ma boss joue dans mon dos, Mélissa veut pas s'excuser.

Si elle perd un contrat, c'est la faute à qui ? À moi.

Tu dis rien ?

Tu sais quoi ? J'ai juste le goût de vous dire...

- MANGEZ DE LA MARDE !

- Pas mal ça, le menu, de ce temps-là.

- Supermarché Québec, c'est un gros dossier.

Étienne, c'est quelqu'un de complexe Ă  gĂ©rer.

- Non, c'est Ă  moi de le faire.

Laisse-moi m'en occuper.

- Non, c'est Ă  moi de le faire.

- Le but, c'est de régler les choses.

AprĂšs, t'arrangeras les choses avec Alexandra.

- Arrangez quoi avec Alexandra ?

- Tu peux pas travailler dans le dos d'un agent.

- Michel faisait ça tout le temps.

- Ben oui, mais t'es pas Michel !

- Non, mais je suis la patronne.

- OK, qu'est-ce que tu vas faire ?

- Je le sais pas, je réfléchis, là.

- Non, t'as pas le temps de réfléchir.

- Mélissa, c'est notre cliente pis elle veut pas s'excuser.

Alors oui, je vais tenir mon bout avec Étienne.

Pis pourquoi pas menacer de boycott ?

- Ha, ha ! Mais non ! Non !

- Je vais tenir mon bout pis on va négocier.

- Regarde, habituellement, oui,

c'est une bonne idée de tenir ton bout.

Mais là, c'est pas une bonne stratégie.

- Ben, je vais l'essayer pis on verra.

(soupir)

- C'est plus grand que je pensais.

- Ouais, c'est pas si pire.

- Ih ! C'est étonnant de voir

qu'une seule personne peut

utiliser autant de vaisselle !

- Ah, je suis partie vite ce matin.

- Oh, cute ! Une photo de toi pis ta mĂšre sur le frigo.

- Ah ouais, c'est elle qui l'a mise lĂ .

- Bon, ben c'est parfait.

- Ah ouais... Vite de mĂȘme ?

- Hum, hum ! Tu veux que j'arrive quand ? Samedi ?

- Euh...

- Tu veux ou tu veux pas ?

- Euh... c'est...

- (Mélissa) : Non ! Ils nous menacent

avec la brutalitĂ© policiĂšre pour nous empĂȘcher de manifester !

Mais moi, si le gouvernement veut me diriger de mĂȘme,

j'ai une chose Ă  lui dire :

"Mangez de la marde. MANGEZ DE LA MARDE !"

(bĂąillement)

- Bon matin ! - AllĂŽ !

- Thomas, j'ai une super bonne nouvelle.

J'ai trouvé plein de fermes qui offrent des stages,

ils t'hébergent pis ils te logent gratuitement.

- Je veux pas aller dans une vraie ferme,

c'est quoi le rapport ?

- Mais pour les poules pis les oeufs, pis toute.

- C'est une joke.

Coudonc, tu comprends pas pantoute mon humour.

- Pour vrai, j'ai de la misĂšre Ă  te suivre.

- Car si tu me prends au premier degré,

tu dois me trouver cave pas Ă  peu prĂšs.

- Ben...

- T'es ben fin, mais tu peux arrĂȘter

de faire comme si tu voulais trouver un sens Ă  ma vie.

Tu veux juste me domper Ă 

Kamouraska pour ĂȘtre tranquille.

- Un, Kamouraska, c'est trĂšs beau.

Pis deuxiĂšmement, j'ai peut-ĂȘtre une nouvelle blonde.

- C'est qui ?

- Pis j'aimerais ça que tu sois

ailleurs, des fois, tu sais.

ParticuliĂšrement ce soir, lĂ .

- C'est qui ?

- Ah, je te le dirai pas, lĂ .

- C'est qui ? - Sofia.

- Pour vrai ? Elle veut sortir avec toi ?

- Ben oui !

- Impressionnant.

- Pis Sofia, pas Sofia, lĂ ,

il faut que tu trouves un sens Ă  ta vie, mon gars.

- Peut-ĂȘtre qu'il y en a pas de sens Ă  ma vie.

As-tu déjà pensé à ça ?

- Ça te prend une job.

- OK.

- Ça te prend une job.

- HonnĂȘtement, avec tout le plastique inutile

qu'ils ont dans leurs épiceries,

je suis un peu contente de me dissocier d'eux.

Je suis pas certaine que je veux de leur argent.

- T'as juste Ă  prendre l'argent,

Ă  le donner Ă  un organisme environnemental si tu veux.

- Ouais, peut-ĂȘtre.

- Mais tu peux pas le laisser gagner, le v'lĂ .

HĂ©, Étienne !

- Oh ! Ah ! Mme Désormeaux-Poulin ! Bonjour !

Je savais pas que vous alliez ĂȘtre lĂ .

- Surprise ! - Ouais, surprise.

Ouais... Salut !

- Ouais, ben oui, oui. Oui,

les gens font des blagues.

C'est vulgaire, mais c'est pas négatif.

La semaine passée, votre concours sur Facebook

avait pas beaucoup de succĂšs, hein ?

Ben, cette semaine, ç'a quadruplé.

J'ai amené plein de monde sur votre page.

Mon "mangez de la marde",

ils fonctionnent mieux

que ce qu'on faisait avant.

- Ouais, mais... il y a pas juste l'argent

pis l'efficacité dans la vie.

Il me semble que l'image de la compagnie, ça compte, ça, non ?

qu'on vous propose

- C'est justement pour ça

qu'on vous propose

de vous dissocier publiquement de Mélissa Désormeaux-Poulin,

mais sans toucher au contrat.

Comme ça, vous versez les paiements déjà prévus,

pis Mélissa vous fait une 2e pub non officielle

pour maximiser la tendance qu'on voit déjà.

Hein ?

- Je comprends pas.

- On met fin

Ă  notre contrat en douce.

Personne parle de congédiement. Personne provoque personne.

Je vais faire une petite derniÚre vidéo

pour qu'on surfe sur la vague

pis qu'on continue à envoyer des gens sur vos réseaux sociaux.

- C'est une campagne non officielle.

Comme ça, vous

avez pas Ă  endosser

les propos de Mélissa

Désormeaux-Poulin.

Mais vous profitez de la pub.

- OK ! Mais...

moi, je peux ĂȘtre Ă  l'aise avec ça...

si... si ça se savait ?

- Oh ! Ah non, vous ĂȘtes Ă  l'aise avec ça.

- Ah oui ? - Ah oui.

- Ça sortira pas d'ici. On en parlera pas à l'agence.

Ça reste entre nous.

- Ça va ? T'as l'air nerveux.

- Je pense Ă  tous les oeufs

que je pourrais ĂȘtre en train de rĂ©colter.

Transport plus l'entrevue,

ça fait à peu prÚs 1 h 15 min sans mon ordi.

Ça, c'est... 15 oeufs de moins dans mon inventaire.

- OK, décroche, là. T'es tellement loser !

Je ne sais plus quoi te dire, lĂ .

- RelĂąche, c'est une joke !

Je suis nerveux parce que je m'en vais dans une entrevue.

Je suis pas cave.

- OK, OK ! Excuse-moi, là, c'était pas clair.

- As-tu de la confiture ?

- Non, on n'a pas de confiture.

- En tout cas, bravo pour ton speech de motivation.

C'était vraiment parfait. Merci.

- Ça fait plaisir. Viens-t'en. Oublie pas ton CV.

(léger brouhaha)

- Bonjour, Étienne ? C'est Emmanuelle de l'agence AMG.

Je voulais juste savoir...

OK. Oui, vous voulez qu'on vous

envoie la facture ?

Parfait !

- Je viens d'avoir Étienne Millette au tĂ©lĂ©phone.

Il va payer le contrat

de Mélissa en totalité.

- Hum ! En échange qu'on dise pas

qu'il la renvoie pis qu'on organise pas de boycott.

Bravo ! T'as réussi à lui faire peur.

- Merci ! Hé ! C'est réglé avec Supermarché Québec !

Ben, finalement, ç'a marché, ma technique d'hier.

- Ç'a marchĂ© dĂ©jĂ  ?

- Ouais. - Wow !

Félicitations, madame la présidente.

(rire)

- Étonnant.

- Je te l'avais dit qu'elle était bonne.

(petit rire)

- Emmanuelle vient de m'aviser,

elle va avoir un petit peu de retard.

- Pas de trouble.

- Ah ! Tu nous as trouvé un réceptionniste ?

- Qui est pas acteur.

- On est colocs.

- Colocs ? Super, ça.

Gabriel aime ça ĂȘtre amis avec les rĂ©ceptionnistes.

- Bon, Arlette, lĂ ...

- Bon, t'as travaillé comme commis de nuit

dans une station d'essence.

Euh, 2014... durant 3 mois.

- Non, c'était plus 3 ans, hein ? Jusqu'en 2017, juin 2017.

- Non, c'était 3 mois.

- Ah ben, 3 ans, 3 mois,

c'est une job de dépanneur, ça change pas grand-chose.

- VoilĂ .

- Qu'est-ce que t'as fait d'autres depuis ?

- À part devenir son coloc, rien.

- Ben lĂ  ! Ben non, t'es trop modeste, lĂ .

Il écrivait un roman. Un gros roman historique, hein ?

Ça se passait sur une ferme ?

- Hein ? J'écris pas de roman, de quoi tu parles ?

AprÚs le dépanneur, j'ai... j'ai fait une dépression.

Euh, jusqu'Ă  22 ans, je faisais du ski, des bosses.

C'était sérieux.

Mon pÚre a lùché sa job pour me suivre en compétition.

J'ai été sélectionné

pour les qualifications de l'équipe canadienne

pour les Jeux olympiques.

J'étais en haut du classement.

Mais à la ronde finale, j'ai raté mon 2e saut. Bang !

Mon ligament croisé antérieur était fini.

Ma carriÚre était finie.

- Tu m'avais jamais dit ça, Thomas.

- J'aime pas ça en parler.

Fait que, c'est ça, j'ai travaillé dans un dépanneur

pis je suis tombé en dépression

pis j'ai juste jamais rembarqué aprÚs.

Mais lĂ , je suis prĂȘt.

Pis ç'a l'air le fun votre affaire,

avec les vedettes pis toute.

- OK ! Super ! Tu commences lundi.

- Hé, hé !

- Pourquoi tu m'as jamais dit ça ?

- Oublie ça.

Ça paraüt ben quand je le raconte,

mais tu sais, j'ai toujours été un bum.

Avec ou sans ski, ça me tentait peut-ĂȘtre juste pas

de travailler dans un dépanneur.

- LĂ , vas-tu ĂȘtre correct comme rĂ©ceptionniste ?

- Je le sais pas. C'est plate ?

- Non, non, non. C'est super exaltant.

- Bon.

- Tiens, d'ailleurs, tu devrais aller fĂȘter ça.

Va manger, va prendre un verre.

T'es tout beau, il faudrait pas gaspiller ça, hein ?

Pis reviens pas avant minuit, OK ?

- Ben, je vais aller oĂč, moi ?

- Je sais pas, n'importe oĂč ?

Tiens, va dans une belle place.

- Je viens de dire Ă  maman que je restais chez MVA.

- Pis ?

- Elle l'a vraiment bien pris.

- Tant mieux.

de bonne humeur. C'est bizarre.

- Ouais, elle était comme trop

de bonne humeur. C'est bizarre.

- Ben lĂ , tu devrais ĂȘtre content, non ?

- Qu'est-ce que tu voulais dire

quand t'as dit que tu t'en occuperais ?

- Ce que ça veut dire.

- Hé ! J'haïs ça quand tu manigances par en dessous.

Si elle est pas faite pour diriger l'agence,

il faut qu'elle le sache.

- Si elle est pas faite

pour diriger l'agence,

elle avait juste Ă  pas l'acheter, hein ?

Pis elle est chanceuse parce que, moi,

je suis lĂ  pour m'en occuper.

Je suis tellement gentil

que je le fais sans qu'elle s'en rende compte.

- Non, non, t'es pas gentil, t'es contrĂŽlant.

Pis quand ça va lui pĂ©ter dans la face, ça va ĂȘtre pire.

quand on arrivera Ă  la riviĂšre.

- On traversera le pont

quand on arrivera Ă  la riviĂšre.

Une biĂšre ? - Non.

(soupir de Sofia)

- Wow ! Et moi qui pensais

qu'on allait juste prendre

une biĂšre pis manger des chips.

- Pour célébrer la fin de ton premier long métrage ?

Je pense pas.

(petit rire)

Mademoiselle.

- Merci.

(sonnerie de cellulaire)

- Ce sera pas long. J'ai oublié de fermer la sonnerie.

Ah, c'est Simon-Olivier. Qu'est-ce que je fais ?

- Euh, ben réponds, c'est pas

grave. Je soupe avec mon agent.

- Ben oui. Ouais, t'as raison.

Hé ! Simon-Olivier, ça va ?

Oui. Qu'est-ce qui se passe ?

Non !

Wow ! OK ! OK, c'est complĂštement fou.

OK ! Wow ! OK ! Euh...

Dans combien de temps ? OK ! OK, parfait ! Euh... non, non.

C'est beau, je vais... je vais l'appeler.

Oui, je vais lui dire. Parfait !

Cool, mon gars, je suis vraiment content.

Je suis vraiment content. OK, bye.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Hum...

Simon-Olivier a envoyé

les premiĂšres scĂšnes de son film Ă  Netflix,

et ils veulent faire une série télé avec son film.

Pis il garderait le mĂȘme casting.

(soupir)

- Euh... c'est super !

- Félicitations !

Il a une... réunion demain matin à Toronto.

Et il veut que tu sois lĂ . Tu partirais dans une heure.

- OK. Hum, mais là, si on en fait une série télé,

ça veut dire qu'il y aura

beaucoup de journée de tournage,

fait que toi et moi, on pourra pas comme...

- HĂ©, mais c'est une super bonne nouvelle, lĂ .

Pense pas à ça, OK ?

- Ouais ?

- Oui ! Oui, oui !

Pis tu sais, si tu te dĂ©pĂȘches,

t'as le temps de manger, OK ?

- Euh... OK !

- AllÎ ! Ici Mélissa Désormeaux-Poulin !

Suite à ma récente

déclaration publique,

Supermarché Québec m'a reproché

de ne pas suffisamment représenter

les valeurs de l'entreprise.

Donc, Supermarché Québec

est une entreprise familiale bien de chez nous.

Alors, je voulais juste préciser au gouvernement

de manger de la marde, mais mangez-en en famille !

Sous-titrage : MELS

- C'était une chance incroyable de... de jouer,

d'ĂȘtre reconnu par le public, de gagner des prix.

J'ai eu la chance de vivre ça pendant des années.

- C'est pas fini, Gabriel.

- Oui. Pis je suis soulagé, au fond.

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