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- Ah ! C'est barré en bas.
- OK, attends. - Ah !
- Tiens.
(soupir)
- AllĂŽ !
C'est une trĂšs grosse semaine pour nous autres.
Avec le film, les avant-premiĂšres.
On fait toute la promo ensemble, Manu pis moi.
Fait que ma soeur a proposé
de garder les enfants.
On fait jamais ça,
faire garder les enfants,
surtout pas avec le bébé, mais là , faut ce qui faut.
Fait que ma soeur arrive avec
les enfants pour les garder,
et lĂ , il y a une de mes amies qui m'appelle pour me dire :
"HĂ©, viens dans un party, ça va ĂȘtre super,
"il va y avoir plein de monde."
Je dis OK.
Manu, il veut pas venir évidemment,
faut qu'il se couche tĂŽt.
Tu sais, moi aussi, je me couche tĂŽt normalement.
Ă 9h00, je suis toujours couchĂ©e, mĂȘme 8h30.
Sais-tu c'est quoi, toi, le polyamour ?
- Non.
- C'est ça. C'est exactement ça, mon point.
LĂ , je suis dans le party, OK ?
LĂ , il y a une fille
qui arrive de Berlin.
Une espĂšce d'artiste, libre, belle.
Pas si belle que ça, entre nous.
Mais elle, elle parle du polyamour,
qu'Ă Berlin, ils sont donc tous
lĂ -dessus, le polyamour.
Polyamour, ça veut dire
ĂȘtre dans plusieurs relations
en mĂȘme temps.
Tu sais, amoureu...
Fait que lĂ ...
Moi, j'ai rien contre ça.
HĂ©, regarde, toi pis Jean-Fred,
vous pouvez peut-ĂȘtre mĂȘme ĂȘtre
dans du polyamour.
- Non.
- Moi, je juge pas ça du tout.
Mais... Excuse-moi.
Tout le monde au party se met Ă dire
que nous autres, on ferait jamais ça, du polyamour
parce qu'on est ben trop le petit couple parfait.
Tu sais, je suis pas complĂštement conne,
tu me connais.
Par "petit couple parfait",
je sais trĂšs bien qu'ils veulent dire : "Vous ĂȘtes trop plates."
Fait que lĂ , je me dis :
"Je suis quand mĂȘme pas pour me mettre Ă leur donner
"des exemples de notre vie olé olé,
"leur prouver qu'on n'est pas un petit couple plate."
Parce qu'il y en a, des exemples.
On s'entend, il y en a plein.
En tout cas.
Fait que je me dis
que c'est aussi bien de mentir.
Alors, je leur dis : "Non, non !
"Manu pis moi, on n'est pas plates,
"on est dans un couple ouvert."
Fait que là , évidemment, personne nous croit.
Il y a un gars qui dit :
"Ah oui, fait que je pourrais te frencher
"pis filmer ça pis envoyer ça à Manu pis il capoterait pas ?"
Je dis : "Ben non, il capoterait pas ! Ăa arrive souvent.
"Sauf que toi, j'ai pas le goût de te frencher.
"Mais toi, par exemple, je te frencherais !"
En pointant le voisin.
Fait que là , je l'ai frenché,
il l'a filmé pis il a envoyé ça à Manu.
- OK.
- Fait que là , c'est ça, j'ai... j'ai appelé Jean-Fred.
LĂ , il m'a dit de prendre
l'ordinateur pis le téléphone de Manu
pis que lui, il s'occuperait de ça.
Hein, il va arranger ça, Jean-Fred ?
- Ah, mais oui, c'est sûr.
- Comme un... magicien.
- Clairement. - Bon, t'es rendu oĂč lĂ ?
- Je suis devant chez Emmanuel,
je l'attends.
- C'est quoi, le mot de passe ?
- J'hais ça ce qu'on fait là , c'est tellement intrusif !
- Dis-lui que c'est soit ça
ou elle explique à Manu ce qui s'est passé.
- Ădith, aimes-tu mieux lui dire la vĂ©ritĂ© Ă Emmanuel ?
Parce qu'il est encore temps, il est pas trop tard.
- Non ! Tu sais comment il est germaphobe.
Tu sais comment on est un vieux couple.
Je change mes cheveux,
ça va trop vite pour lui.
- OK, mais c'est quoi, son mot de passe ?
- Ădith mon amour. Pas de point, pas d'accent, pas de majuscule.
- Pis le code de son iPhone ? - 33484.
C'est Ădith,
mais en chiffres.
- C'est second degré, ça.
- Non, pourquoi ce
serait second degré ?
- Ben, parce que c'est beaucoup d'amour.
- Mais c'est beau !
- OK, vous me jugez, lĂ ? - (Tous) : Non !
- En mĂȘme temps, c'Ă©tait mĂȘme pas un vrai french.
C'était juste un argument,
c'était pour prouver mon point.
- On retarde les entrevues ?
- Non, non, au contraire,
justement,
j'ai devancé les entrevues.
Faut que je te laisse.
- Hé, c'est trÚs, trÚs déstabilisant comme matin.
- Oui, oui, je comprends.
- Je me lĂšve pas d'Ădith, pas de
téléphone, pas de char, rien.
Qui fait ça, partir avec le téléphone
pis l'ordinateur de son conjoint par inadvertance ?
Qui ? Tu fais pas ça.
- Non, non, je comprends.
- HĂ©, j'ai failli pas me lever, j'avais pas mon application
qui me réveille pendant mon sommeil pas profond.
Je suis super off.
- Oui, regarde, elle est nerveuse pis je pense que...
Toi, t'as pas l'air nerveux, mais...
- Je suis nerveux, mais je le serais moins
si les choses étaient normales.
Donne-moi mon sac. - Oui, excuse-moi.
Emmanuel, ça va bien aller, OK ?
Tout va ben aller. - J'espĂšre.
- Il a rien reçu. - J'ai vu le gars l'envoyer.
- Faudrait l'appeler pour lui dire qu'il regarde ses affaires.
- J'ai mĂȘme pas son nom. - C'Ă©tait oĂč, le party ?
- Ă'a commencĂ© chez Guylaine Tremblay
pis ç'a fini chez Coeur de pirate.
- Eh boy ! - J'appelle Coeur de pirate.
- Les journalistes du Journal de Montréal sont arrivés.
- Salle de conférence. - Déjà ?
- Ben, Jean-Frédéric a décidé de devancer toutes les entrevues.
- Je comprends pas pourquoi il a fait ça.
- Ben, faut ben occuper Emmanuel Bilodeau
pendant qu'on gĂšre le french.
- On fait vraiment ça pour un french ?
- Je suis tellement d'accord !
- Je sais, ç'a
pas d'allure.
- AllĂŽ, tout le monde ! Ăa va ?
- Ăa y est, tout le monde est prĂȘt ?
- T'Ă©tais oĂč, toi ?
- Viens-t'en, je vais te
présenter aux journalistes.
- Non, non, c'est
pas nécessaire.
- Ben oui, t'es la nouvelle présidente,
faut que tout le monde te connaisse.
Ădith, Emmanuel, go, go, go ! - Oui, oui, oui.
(chuchotement)
- Euh... je veux dire, je ne comprends plus.
Ils sont encore un couple ? - On dirait.
qu'il avait refusé
- Jean-Frédéric m'a dit
qu'il avait refusé
d'acheter l'agence avec Emmanuelle
pour une question
de technicalité.
- Comme s'il s'Ă©tait empĂȘchĂ© pour une technicalitĂ©, voyons !
- En tout cas, on dirait qu'il s'est passé quelque chose.
- Ăa serait bien qu'il en parle. C'est divertissant.
Je pourrais spéculer toute la journée.
- Faut qu'on arrĂȘte de briser des couples pour des frenchs.
Il y a plein de monde de plein de cultures différentes
qui s'embrasse sur la bouche pour se dire bonjour.
Chaque fois qu'il y a un couple qui s'aime
qui se sépare pour un french,
l'humanité régresse.
- Fais-toi-z-en pas, Alexandra,
tu vas t'en remettre de ta peine d'amour.
- Mais oui, mais tu sais quoi ? Une fois de plus, j'ai raison.
Juste les relations professionnelles fonctionnent.
Toutes les autres sont vouées aux échecs.
- C'est ben triste.
- C'est comme ça, Camille. Arrive en ville.
- Ăa va ?
- Ah, oui, oui.
- HĂ©, le sais-tu, toi,
pourquoi Jean-Frédéric a pas acheté avec Emmanuelle ?
- Ah non.
- Non ? Parce qu'il se passe quelque chose lĂ .
Hum, on n'est pas fous ?
Le petit bec de tantĂŽt, lĂ , c'est pas fort.
- Ah, non, ils sont super heureux, lĂ .
- Ben oui, ben oui. - Tout se passe trĂšs bien.
- D'autre chose. Bon, Camille, qu'est-ce qui se passe ?
- Emmanuelle sait que je suis la fille de Jean-Frédéric.
- Ah ! Elle le punit.
C'est pour ça qu'elle achÚte l'agence sans lui.
- On dirait.
- Qu'est-ce que tu vas faire ?
- Qu'est-ce qui faudrait que je fasse ?
- Ben, tu vas rester ici ?
- Faudrait que je parte ?
- Ben, je le sais pas, hein !
Je sais pas, mais c'est pas trĂšs sain ce qui se passe lĂ .
C'est pas bon pour l'agence.
- Ben, si on n'en parle pas, qu'est-ce que ça change ?
- HĂ© ! On a une nouvelle patronne qui connaĂźt rien,
son mari qui va vouloir tout contrĂŽler par la bande.
Pis toi, là , si jamais ça se découvre,
ta véritable identité, hein ?
Tu le vois pas
comment ça peut te péter dans la face n'importe quand ?
- De toute façon, ç'a toujours été comme ça, ma vie.
- Ah, ben OK, c'est beau, moi aussi, je vais m'en foutre.
- Qu'est-ce qui se passe ? Pour vrai, je comprends pas.
- HĂ© !
Vous allez détruire l'agence
avec votre petit drame familial.
C'est ça qui va se passer !
(déclic d'appareil photo)
- Vous ĂȘtes ensemble depuis 14 ans.
- Ah oui, tant que ça ? Ha ! Ăa passe vite.
- Oui, non, on s'est rencontrés sur Le Sketch Show,
quand on travaillait ensemble.
- Oui, mais justement, vous avez fait plusieurs projets ensemble,
mais c'est la premiĂšre fois que vous parlez de salaire.
Est-ce que c'est important pour vous, l'équité salariale ?
- Ah, surtout pour elle. - TrĂšs drĂŽle.
- Ben, je veux surtout pas
faire d'appropriation culturelle
avec la parité, moi, là , là !
- Non, non, c'est sûr que
c'est important, hein ?
Les acteurs
gagnent encore
beaucoup plus cher
que les actrices,
pis ça, faut faire bouger les choses.
Moi, je suis trĂšs militante au sein de l'Union des artistes
pis j'ai pas peur de dénoncer les inégalités quand j'en vois.
Je pense qu'il faut se parler de nos cachets entre acteurs
pis faut en parler Ă nos
agents, aux producteurs.
Excuse-moi, es-tu en train
de regarder tes emails ?
- Excuse-moi, ça distrait tellement, ce petit bidule-là .
C'est écoeurant. - Oui.
- Hé, ça va ? Es-tu correcte ? - Je suis pas à l'aise.
- Qu'est-ce qui se passe ? - J'aime pas ça, faire semblant.
On n'est plus un couple, c'est tout.
- Tu veux vraiment qu'on parle
de notre vie privée maintenant ?
- Je suis pas bien. - On a l'agence Ă faire rouler.
- J'ai une agence Ă faire rouler.
- OK, regarde, je te jure, juste le fait
que t'aies acheté toute seule, ça déstabilise tout le monde.
Si, en plus, tu leur dis qu'on se sépare, je veux dire...
Pourquoi toi, t'aurais acheté l'agence d'abord ?
- Je connais le milieu artistique,
je te vois aller depuis des années.
- Ah oui, OK. - Je vais ĂȘtre correcte.
- Oui, oui, moi, je le sais, toi, tu le sais.
Mais je te jure, prends le temps d'arriver un peu, OK ?
On parlera de notre vie privée aprÚs.
Pis de toute façon, ça les regarde pas.
Pis fuck, on met pas un terme Ă une relation aprĂšs 20 ans
comme ça, sur un coup de tĂȘte.
Je veux dire, on le sait pas, c'est quoi qui va arriver.
Regarde, je le sais que t'es fùchée contre moi,
mais en ce moment, je suis ton meilleur allié, OK ?
- OK, mais arrĂȘte de m'embrasser devant le monde.
- Excusez, j'ai trouvé le numéro de téléphone
du gars qui a filmé le french.
- Ăcoute-moi ben, il faut que tu dĂ©truises la vidĂ©o, OK ?
C'est clair, ça ? Je suis qui pour te parler comme ça ?
Je suis l'agent d'Ădith et d'Emmanuel, OK ?
En ce moment, je gĂšre une grosse promo
et tu veux pas ĂȘtre la personne sur qui tombe mon stress,
c'est clair, ça ?
OĂč tu l'as envoyĂ©e ? Ă qui ? Sur Facebook ?
- Elle est pas lĂ . Elle est pas lĂ sur Facebook.
- On l'a pas vue. Es-tu sûr que tu l'as envoyée au bon Emmanuel ?
Parce que...
Ben oui, ben oui, il y en a plus qu'un,
Emmanuel Bilodeau, sur Facebook.
- Donc, Nos petits mensonges, c'est une comédie sur le couple.
- Comédie drÎle.
- Pis sur
toutes les choses
qu'on se dit pas
pis qu'on se dit
pis que dans le fond, c'est
mieux de pas se les dire.
Es-tu en train
de regarder...
- Excuse-moi, chérie, c'est trop drÎle,
il y a un autre Emmanuel Bilodeau qui a essayé
de se connecter avec moi sur Facebook.
Il dit qu'il a reçu une vidéo pour moi par erreur.
- Non, non, tu vas
voir, c'est des niaiseries.
Vous avez pas des
questions pour lui ?
Il fait son pain.
Du trĂšs bon pain.
- Oui, oui, je fais mon pain, je
fais mes fermentations aussi.
Mes pains, c'est comme des
grosses fermentations Ă levure.
- C'est trÚs bon. - Que c'est ça ?
- OK, regarde, décris-moi
le Emmanuel Bilodeau
à qui t'as envoyé la vidéo.
Chandail vert.
- Avec des lignes ? Rayé ?
(claquement de porte)
- Tabarnac d'esti de marde de cĂąlisse de ciboire de simonac !
- Manu ! Manu ! Attends ! Attends ! Attends !
- OK, laisse faire, on l'a trouvée, ta vidéo. Imbécile !
- Maudit cave !
- Notre fille a un an et demi ! - Ah oui ?
- Tu sais comment on est dans une bulle avec un bébé.
Peut-ĂȘtre que les choses ont Ă©voluĂ©
pis qu'on est trĂšs en retard sur tout le monde.
- En retard sur quoi ? - Sur le polyamour.
Tout le monde parlait de ça hier au party.
C'est trĂšs Ă la mode Ă Berlin.
- Tu veux qu'on soit un couple ouvert ?
Je te dis tout de suite, c'est non.
- Non, je veux pas qu'on soit un couple ouvert.
Je veux juste que les gens pensent pas
qu'on est trop plates pour en ĂȘtre un.
- On s'en fout de ce que le monde pense, voyons donc !
- LĂ , les gens pensent qu'on est un couple ouvert, on s'en fout !
- T'avais juste le goût de frencher un autre gars ?
- Non. Non, non.
- T'es comme en crise de la quarantaine ou quoi ?
- Je suis si cliché que ça ? Hé, c'était vraiment du niaisage !
- Je veux ĂȘtre seul 2 minutes. - Laisse-moi t'expliquer !
- Laisse-moi tranquille 2 minutes !
- Manu, ouvre la porte !
- OK, fait qu'on vous rappelle pour la fin de l'entrevue.
- Il est correct ? C'était quoi, la vidéo ?
- Oui, il y a pas de problĂšme.
C'était... C'est juste une affaire de... bloopers.
C'est qu'Emmanuel, il veut qu'il y ait
des bloopers Ă la fin du film
pis Ădith veut pas.
C'est compliqué pour rien, là .
Bref, c'est pas trĂšs important.
On se rappelle lĂ -dessus, OK ?
- Oui, oui, pas de problĂšme.
- Ă bientĂŽt ! Merci pour tout.
Ciao ! - Ciao !
(coups Ă la porte)
- HĂ© ! - Je le connais pas !
C'est une soirĂ©e. - Ădith ! Ădith !
- Ăa veut rien dire !
Emmanuel, ouvre la... Quoi ?
- Woh ! Laisse-le un peu tout seul.
- C'est ridicule, on va se parler. Manu !
- Ădith ! - Je le vois mĂȘme pas. Manu !
Laisse-moi entrer.
- OK, Manu, c'est Jean-Frédéric.
Laisse-moi entrer.
- Je peux juste avoir le temps d'encaisser, s'il vous plaĂźt ?
- Je m'excuse !
- Ădith, regarde, s'il te plaĂźt, laisse-moi m'en occuper.
- Qu'est-ce que tu dis ?
- Ah, tu vois ?
Je... je m'excuse ! - Non, pas toi. Jean-Frédéric.
- Regarde, je peux pas te crier
comme ça à travers la porte.
Laisse-moi entrer, s'il te plaĂźt.
- Juste lui. Tu restes.
- Chut, chut...
- HĂ©, il capote !
Vous capotez pour rien.
- HĂ© !
- HĂ© ! J'avais du courrier pour toi.
- Ah oui ? Je pensais que t'étais déjà venue ce matin.
- Oui, ben, je... j'avais oublié, hein !
Ah zut, t'as raison, c'est... c'est pas pour toi, ça.
Ăa va Ă la comptabilitĂ©. DĂ©solĂ©e.
Fait que c'est ça.
- Parfait.
- C'est un peu weird entre nous
depuis l'autre jour, hein ?
- L'autre jour ?
- Ben... quand on s'est... Ben le... Ha !
Le... le baiser, lĂ .
- Ouais, le... le baiser, ouais.
- Pis j'y ai beaucoup pensé
fait que je voulais t'en parler.
- Oui. Ben, moi aussi, je... Ben, je veux dire...
Je pensais que c'était mieux si ça venait de toi.
- Hum, hum.
Hum, pis c'était vraiment
comme des circonstances particuliĂšres, hein !
Je veux dire, je me sentais rejetée, vulnérable,
j'avais besoin de réconfort
pis, ben, toi, t'étais exactement
comme cette présence rassurante là , hein !
Et... Pis le baiser, c'était comme une petite caresse,
ou je dirais mĂȘme une petite berceuse qui m'a apaisĂ©e
pis qui m'a permis de continuer.
Tu comprends ?
- Oui, tout Ă fait.
Exactement, c'était... c'était... c'était ça, le but.
- Hum, pis il y avait rien de sexuel.
- Non. Non, non, non. Ben non !
- Hum. Pis je suis contente que tu sois comme un pĂšre pour moi.
- C'est... c'est super.
- Pis... ça me soulage parce que...
ben, j'avais peur que...
que toi, tu l'aies interprété différemment, tu sais.
- Non, non, non, mĂȘme chose. MĂȘme chose.
- Merci, Gabriel.
- De rien.
- Ah oui... je... j'ai un tournage Ă 15h00.
Est-ce que tu penses que je pourrais quitter plus tĂŽt ?
- Ben oui, ben oui, il y a pas de problĂšme.
- Merci.
- "Je l'ai jamais vue
nerveuse de mĂȘme."
N'importe quoi, tu le savais !
Tu me mentais en pleine face ! Tu la protégeais.
avez une grosse promo à gérer.
- Je protĂšge la situation. Vous
avez une grosse promo à gérer.
- T'as tout le temps pris pour elle.
- J'ai jamais pris pour un ou pour l'autre avant ce matin.
- C'est ça, ce matin,
t'as pris pour elle !
(sonnerie)
- Non, c'est pas...
- C'est Ădith, ça ?
- Je suis son agent, j'ai pas le choix.
- Regarde, c'est elle ou c'est moi.
Tu peux pas continuer à nous représenter les deux,
ça marche pas, je ne te fais plus confiance.
- Franchement, Manu !
- Comment je te fais confiance si tu me mens ?
- Je te mens pas.
- Depuis ce matin, vous ĂȘtes dans des petites manigances
pour camoufler une niaiserie.
Sais-tu comment c'est déstabilisant, ça ?
- T'as raison.
Je suis encore tombé dans mon mauvais réflexe
de vouloir effacer le problĂšme plutĂŽt que de le confronter.
- Fait que lĂ , je me dis :
"Il y a d'autres choses que je sais pas ?"
- Non.
- Comment je fais pour te faire confiance ?
(reniflement)
- Bonjour.
- AllĂŽ !
- Félicitations pour l'agence !
- Merci.
- Euh, c'est correct si je vous
demande ce qui va se passer ?
- Par rapport Ă quoi ?
- Voulez-vous que je m'en aille de l'agence ?
- J'ai pas pensé à ça.
- Parce que je comprendrais
si vous vouliez pas que je travaille pour vous.
- Non, non, Camille, j'ai pas l'intention
de te mettre Ă la porte.
- Merci.
Pis c'est toujours moi qui ai insisté pour le connaßtre.
Lui, il voulait rien savoir d'avoir un lien avec moi.
C'est vraiment moi qui l'ai obligé.
- C'est pas de ta faute.
Pis ça me fait pas plaisir
de penser qu'il te rejetait pis que t'as pas eu de pĂšre.
- Non, non, mais c'est correct, c'est moi.
J'avais pas compris qu'il vous protégeait, toi pis Zach.
Je me sens coupable.
- Pense pas à ça. C'est pas
ta responsabilité.
(inspiration)
- Faut que je lui parle.
- Attention. Suis-moi, Ădith.
- HĂ©, faudrait peut-ĂȘtre lui rappeler
que lui aussi, il a eu une crise de la quarantaine, hein !
- Ah oui ?
- Oui.
Sais-tu qu'il a passé 2 semaines
Ă magasiner des motos
sans me le dire ?
- Ayoye ! Il en a acheté, une moto ?
- Non. C'est pas ça, l'idée.
Pourquoi il sentait le besoin de parler de moteur de char
avec un gars d'Harley ?
- OK. Je comprends.
C'est pas lui, ça.
- OK. Je comprends.
Regarde, installe-toi ici confortablement, OK ?
- Pourquoi ? - Regarde, donne-moi 2 secondes.
- HĂ©, es-tu en train de me cacher, toi ?
- Ben non, je m'occupe
de toi tout simplement.
Ăa va bien aller, OK ?
- Comment ça, tu l'as pas reçu, Sophie ?
Je te l'ai envoyé hier soir.
Es-tu sûre que tu l'as pas effacé sans faire exprÚs ?
Peut-ĂȘtre dans
ta boĂźte pourriels ?
OK, je te le renvoie, ça va ĂȘtre plus simple.
Tu vas voir,
c'est sur mesure pour toi. Bye !
- Sophie Prégent vient d'appeler,
va falloir que tu la rappelles.
- Sophie Prégent ? Pff !
J'ai pas dßné avec elle il y a 2 semaines, moi ?
- Oui, mais tu lui as envoyé un scénario de Sophie Dupuis.
- Non. Non, j'ai pas fait ça.
J'ai pas fait ça, dis-moi que j'ai pas fait ça. Non.
- Oui, oui, hier soir.
- Ah non ! Non !
(soupir)
OK, lĂ , tu vas lui dire que j'avais trop bu
pis que je suis morte en tombant de ma chaise.
- Euh... - Oui. C'est quoi, ça ?
- Les scénarios que tu devais lire la semaine passée,
mais que tu voulais pas lire
pis que tu m'as dit de te ramener dans une semaine.
- Ah non ! Les histoires d'amour de marde ?
- Ouais. - Non.
Tu me ramÚnes ça dans une semaine. Non, tu sais quoi ?
Tu vas les lire pis tu vas m'en faire des résumés.
- Ah, mais j'ai pas l'expérience...
- Tu vas les lire. Tu sais lire ?
- Tout, tout ça ?
- Oui, tout. Merci.
- OK. Pis Sophie Prégent ?
- Pff ! Sophie... Sophie...
Je sais pas trop. On... on laisse ça dégénérer. Bye !
- OK. - Bye !
- Ah, Gabriel, faut que tu me rendes service.
Faudrait que tu fasses semblant d'ĂȘtre l'agent d'Ădith Cochrane
pendant un petit bout, OK ?
Ăa, c'est la liste des entrevues qu'elle a Ă faire.
Faut que tu l'amĂšnes au Devoir dans une heure.
S'il te plaĂźt. - LĂ , lĂ ? Mais c'est la crise.
C'est pas le temps de la changer d'agent.
- Oh non, regarde, c'est pour rassurer Emmanuel Bilodeau.
- Tu peux pas demander Ă Alexandra ? Entre filles...
- Je sais que c'est une grosse
faveur, mais j'ai pas le choix.
- Tu me le demandes en tant que mon patron ou...
- Je suis pas ton patron.
- Ouais, mais t'es le mari de la patronne,
fait que ça fait de toi un petit peu
la premiĂšre dame des Ătats-Unis, hein ?
- Hé, analyse ça comme tu veux, OK ?
peu mĂȘlĂ©s, nous autres, lĂ .
- C'est parce qu'on est un petit
peu mĂȘlĂ©s, nous autres, lĂ .
- Regarde, Le Devoir dans une
heure. Les photos, entrevue. OK ?
Elle est dans ton bureau.
- Tu me niaises, lĂ ?
(grognement)
- Veux-tu ben me dire dans quoi je me suis embarquée ?
Pourquoi j'ai acheté une agence d'artistes ?
Hé, ça me tente, moi, de gérer les problÚmes
de libido mal contrĂŽlĂ©e d'Ădith Cochrane ?
Pourquoi tu m'as laissée faire ça ?
- Oui, je t'ai dit Ă peu prĂšs 200 fois de pas le faire.
- Je pense que je l'ai achetée seule
pour faire chier cette agence-lĂ .
- Ben non, c'est pas juste ça.
Tu t'emmerdais, tu voulais un projet, c'est correct.
- C'était de la pensée magique.
J'ai aucune idée de ce que je fais.
- Tu vas apprendre.
- J'haïs ça ! Je me sens incompétente.
J'ai l'impression que tout le monde me déteste.
Je veux me sortir de lĂ .
- Avec tout l'argent que t'as mis lĂ -dedans ?
- Ben oui, mais je vais revendre.
- Ă qui ? Il y a personne qui en
voulait de cette agence-lĂ .
- Je vais mettre Jean-Frédéric en charge de l'agence.
- Ah OK, pis tu vas retourner chez vous déprimer.
Non, non, je comprends, Jean-Frédéric t'a fait chier,
il t'a caché sa fille pendant 20 ans, il t'a trompée, blablabla.
- Hé, tu parles de ça comme si c'était rien du tout, là .
- C'est toi qui m'as convaincu qui fallait que ça change,
que t'étais sur le bord de la dépression.
Ă'a rien Ă voir avec les conneries de Jean-FrĂ©dĂ©ric.
ArrĂȘte de t'apitoyer,
sors de ton mélodrame, fais quelque chose !
CĂąline !
Viens-t'en.
- ArrĂȘte, arrĂȘte.
- Bon, bon, bon.
- Je ne reprĂ©sente plus Ădith.
- Merci.
- Je vais pouvoir me concentrer uniquement avec toi
sur la promotion du film.
- Ah, mais je ne fais plus d'entrevues pour ça, moi, là !
- Ben lĂ , pense au film. - Je n'y crois plus au film.
- Fais semblant.
- J'ai beau ĂȘtre un acteur,
faut quand mĂȘme que je croie Ă ce que je dis.
- Hé, hé, tu crois au film, là .
- Ădith est dans 50% des plans,
fait que je ne suis plus sûr.
- C'est une excellente comédie.
- Ben, parfait, ça va se défendre tout seul.
Pas besoin de faire de promo pour ça. Annule mes entrevues.
- Je peux annuler Le Devoir, mais pas les autres.
- On annule tout. - T'as un contrat.
- Il est pas question de promo dans mon contrat. Ha !
- Pas celui-lĂ ,
celui que Michel t'a fait signer en cachette, oui.
Il faut que tu sois Ă Debout les comiques demain matin.
- Je suis pas en état d'aller faire des jokes
entre une toune des 2FrĂšres pis un bulletin de circulation !
- T'as pas le choix.
- OK, j'y vais, mais Ă
une condition : Ădith vient pas.
- Parfait.
(sonnerie de téléphone)
- AMG, bonjour !
Oui, un instant, s'il vous plaĂźt. Je vous transfĂšre.
AllÎ ? Ah OK, ç'a pas marché.
Non, non, je réessaie, c'est bon.
(sonnerie)
AMG, bonjour !
- Va falloir que t'arrĂȘtes de minauder autour de Jean-Fred.
- Je minaude pas pantoute.
- D'abord, quand il rentre dans la piĂšce
pis que tu retiens ton souffle
pis on dirait que tes yeux vont exploser
pis que tu le suis toujours d'un petit peu trop prĂšs,
t'appellerais ça comment, toi ?
- C'est pas parce que je suis servile que je minaude.
- Ah oui, servile !
Si t'étais vraiment servile,
t'irais la remplacer à la réception.
Si c'était Jean-Frédéric qui était là ,
tu serais déjà en train de prendre des appels.
- De quoi vous parlez ?
- Emmanuelle fait la réception.
(soupir)
- Oui, mais il y avait personne.
- Mais la présidente de l'agence peut pas
faire la réception, franchement !
- Je pense qu'il y en a
qui vont ĂȘtre contents
que je fasse la réception quand
il y a pas de réceptionniste.
- Non, ça fait juste montrer que t'es pas une vraie présidente.
Allez !
- Je veux juste faire quelque chose pis aider.
- Mais il y a personne qui te demande
de faire des miracles aujourd'hui, hein !
T'es lĂ , t'apprends, t'observes.
Mets-toi pas dans une situation de vulnérabilité
devant tout le monde.
- Je sais pas quoi faire.
- Ben, je sais pas, moi, hein !
Mets-toi Ă jour, prends le pouls de la place.
Reste avec Jean-FrĂ©dĂ©ric. Il va te guider. Ăa va ben aller.
(coups Ă la porte)
- Oui ? - On vient de recevoir ça.
- Ăa vient d'oĂč ? - Du Devoir.
C'est censé paraßtre dans le journal demain
pour promouvoir Nos petits mensonges.
Le producteur est vraiment pas content.
- Ben là , je comprends. Pour la comédie de l'été, on repassera.
- Ouais.
Il veut aussi savoir pourquoi
Emmanuel était pas là .
- Hum... dis-lui qu'ils se sont séparé les entrevues
parce que le bébé est malade pis ils veulent pas le faire garder.
- OK.
- Tu dis la mĂȘme chose au Devoir.
Envoie-leur une photo qu'on a ici des deux, en amour.
- Oui, parfait !
- Qu'est-ce qui est arrivĂ© avec Ădith au Devoir ?
- Elle s'est effondrée en larmes
quand elle a réalisé qu'Emmanuel était pas là .
- Pourquoi tu lui as dit qu'il allait ĂȘtre lĂ ?
- Parce que c'Ă©tait Ă©crit qu'il allait ĂȘtre lĂ !
- Oui, mais c'est ça, l'idée
justement. Il veut pas la voir.
- Ben, c'est ça, quand
elle a compris, elle a capoté
pis elle a tout taché ma chemise avec du mascara.
J'ai une négociation dans 20 minutes,
je suis déjà en retard, c'est vraiment le fun !
- Elle est oĂč lĂ ?
- Elle essaie de faire une sieste en bas.
- Ădith ? Est-ce que je peux entrer ?
- Non, tu peux pas, je boude !
- C'était la meilleure solution, OK ?
Moi, j'essaie de calmer Emmanuel,
pis pendant ce temps-lĂ , ben,
Gabriel, il s'occupe de toi.
Regarde, je suis désolé.
(soupir)
- Ma soeur est dans un chalet au Lac-Saint-Jean avec les enfants,
Manu répond pas à mes textos.
Je n'ai plus de repĂšres, je panique.
C'était une connerie. Je vais tout perdre pour une connerie ?
- Non, non. Ăa va s'arranger.
- Je peux pas appeler personne, je peux pas aller voir personne.
Je veux pas ĂȘtre obligĂ©e d'expliquer la situation.
La maison vide, ça me déprime. Je suis toute seule.
OĂč c'est que je vais ? Qu'est-ce que je fais ?
- Ăa va aller.
Tiens.
Je vais aller te chercher une couverte.
- Ah, tu m'invites pas Ă dormir chez vous ?
- Euh... chez nous en ce moment,
c'est un peu compliqué.
- Non, non, je te niaise, c'est correct.
Ton divan dans l'agence vide, c'est parfait.
Faut ben que je sois punie un peu.
- Je veux pas te punir, Ădith.
- Ben non, je te niaise ! C'est correct.
Non, je vais dormir ici, franchement. C'est parfait.
- OK.
- Jean-Fred ? - Hein ?
- Merci d'ĂȘtre lĂ .
- Oui, oui. Couverte.
AllĂŽ !
- T'habites dans ton bachelor maintenant.
Force-moi pas Ă changer la serrure.
- HĂ©, non, non, non ! LĂ , lĂ , arrĂȘte, lĂ .
Je t'aime, on s'aime, pis tu sais quoi ?
Je vais ĂȘtre un meilleur mari
maintenant que je n'ai plus rien Ă te cacher.
- Hé, t'es allé la chercher loin, celle-là .
- Non, c'est vrai.
- Ăa demandait beaucoup de confiance, ĂȘtre ta femme.
T'es jamais lĂ , tu parles pas beaucoup,
t'es complice avec plein d'autres femmes.
- Hé, là , là , c'est nécessaire ? T'exagÚres là !
- HĂ©, Ădith Cochrane parle de toi
comme si t'étais un magicien.
- C'est ma job !
- Ăa fait 20 ans que je me retiens d'ĂȘtre jalouse,
parce que justement ça me tentait pas
d'ĂȘtre la petite madame jalouse
qui t'attend Ă la maison.
Mais sais-tu quoi ? C'était pire que ça.
J'étais la petite madame conne qui voit rien
pis qui t'attend Ă la maison.
- Hé, hé, hé, hé.
On est capables de passer Ă travers cette crise-lĂ .
(soupir)
- Qu'est-ce que tu veux tant sauver ? ArrĂȘte.
- On s'aime.
- Ah oui ? T'as décidé ça là , toi ?
- Je le sais.
- Ben, si on s'aime tant que ça,
ça nous fera pas de tort de passer un peu de temps à part.
Retourne dans ton bachelor, s'il te plaĂźt.
(fermeture de porte)
âȘ âȘ âȘ
âȘ âȘ âȘ
- Ădith ? - Hum...
- Ădith ? - Hum ?
- Ădith ! - Ah !
- Faudrait que tu te lĂšves, lĂ .
- Il est quelle heure lĂ ?
- LĂ , il est 6h30. L'agence va se mettre Ă rouler.
- Hein ? Ă 6h30 ? - Ben oui ! Hop, hop, hop !
- Voyons, qu'est-ce que tu fais ?
Tu veux pas qu'on nous voie ensemble ?
C'est quoi, t'as honte de moi ?
- Regarde, on a une grosse journée.
Belle chemise en passant.
- Ah oui, j'ai pris ça dans tes affaires.
C'est trĂšs confortable pour
dormir. Je vais te la redonner.
- HĂ©, woh, woh, qu'est-ce que tu fais, lĂ ?
- Ben lĂ , je te redonne ta chemise. Relaxe, mon Dieu !
- Il y a peut- ĂȘtre du monde...
- (Emmanuelle) : Jean-Frédéric, es-tu là ?
- Oui, oui.
HĂ© !
- J'ai passé la nuit à lire des contrats
pour comprendre tout ça.
- Hé, bonne idée. On va voir ça dans ton bureau ?
- Non, mais je comprends pas.
Comment ça se fait qu'Emmanuel a 2 contrats
sur Nos petits mensonges pis Ădith en a juste un ?
- Ouais, ça, c'est compliqué.
Ben, regarde, on va regarder ça...
- Non, mais parce que dans son 2e contrat,
lui, il a 20% de plus qu'elle.
Il y a quelque chose que je comprends pas ou... ?
(raclement de gorge)
- C'est l'Ă©poque oĂč il Ă©tait reprĂ©sentĂ© par Michel.
Michel faisait ça tout le temps,
des contrats cachés, des salaires non officiels.
C'était la vieille école.
- Il était contre l'équité salariale ?
Il trouvait que je méritais moins qu'Emmanuel ?
- Non, non, c'était pas ça, sa logique.
Sa logique, c'était d'aller chercher
le plus d'argent pour son client tout le temps.
- Toi, tu l'as pas fait pour moi ?
- Je suis pas de la vieille école.
- Mais tu me l'as pas dit quand mĂȘme.
- Mais quand je l'ai su, c'était trop tard.
- Donne-moi ma robe. - Hein ?
Tiens.
Mais lĂ , Ădith...
Je te vois pas.
(sonnerie de téléphone)
- (Sofia) : Agence AMG, bonjour ! Un moment, je vous transfĂšre.
- C'est bon ?
- Oui, ben, c'est un peu niaiseux,
mais les personnages sont tellement attachants.
- J'aime toujours ça, voir la bulle de quelqu'un qui lit.
Ăa me fascine.
- Moi, c'est Camille. Je suis l'assistante d'Alexandra.
- Ah, c'est toi, ça, Camille !
Je suis le pĂšre d'Emmanuelle, le grand-pĂšre de Zach.
- Ah, je... je suis désolée, je vais y aller.
- Non, non, non ! Non.
Je suis content pour Zach,
c'est bon pour lui qu'il ait de la famille un peu.
- Je suis pas sûre qu'on devrait parler de ça ici.
- OK. T'as raison. Ăa m'a fait plaisir, Camille.
- Moi aussi.
(sonnerie de cellulaire)
- Oui, Jean-Fred, j'arrive Ă Debout les comiques.
Je peux te rappeler ?
- J'arrĂȘte pas de t'appeler,
je t'ai envoyé plein de textos.
- Je veux pas perdre ma concentration.
- Regarde, j'ai repoussé l'entrevue d'une heure.
le gossage d'horaire !
- Hé, ça va faire,
le gossage d'horaire !
Tu trouves pas que ma vie est dĂ©jĂ assez Ă l'envers de mĂȘme ?
- Regarde, Emmanuel, on s'en fout de la promo du film,
on s'en fout du contrat, on s'en fout de l'émission de radio.
Regarde, j'ai mal géré la crise.
Depuis le début, la priorité,
ça aurait dĂ» ĂȘtre toi,
Ădith, votre famille, OK ?
C'est ça, l'important.
Le reste, on s'arrangera avec ça plus tard.
- Tu me fuckes tout. Tu me fuckes tout.
Je vais devenir super émotif.
- Manu, Ădith est au courant pour le contrat cachĂ©.
- Quoi ?
- Regarde, occupez-vous de votre couple,
c'est ça, l'important, OK ?
- Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
- Bonne nouvelle pour toi ! - Ah oui ?
- Je vais la prendre, moi, ton agence.
- Pardon ?
- Je pensais à ça cette nuit, je me suis dit pourquoi pas.
J'ai eu une maison d'édition, une imprimerie,
j'ai géré des dizaines d'employés.
Il y a rien lĂ -dedans qui me fait peur.
- Oui, mais non, je suis pas...
- Tu restes avec moi si tu veux.
Ăa te donne le temps d'apprendre.
Dans 5-10 ans, je prends ma retraite pis tu me remplaces.
- Attends, t'as l'air de dire ça comme si c'était si simple.
Je veux dire, c'est moi qui l'ai achetée, cette agence-là .
- Avec mon argent. - Que tu m'as donné.
C'est devenu mon argent. - On s'en fout.
De toute façon, je fais ça pour te rendre service.
Tu n'en voulais plus de ton agence.
- J'ai juste paniqué un peu hier, c'est tout.
- Oui, oui, mais quand mĂȘme, tu sais,
on le sait que t'es pas faite pour gérer une entreprise.
- Non, on le sait pas.
(petit rire)
Je te remercie, papa, mais ça va aller.
- Ăa, c'est ton orgueil qui parle.
- Ben, je vais l'essayer pareil. Je perds rien.
- Oui, c'est sûr
que ça t'irait comme un gant,
mais je pense que je t'ai envoyé le scénario trop vite.
La production a pas une cenne,
j'ai peur que ça ait l'air d'ĂȘtre n'importe quoi.
Pis tu sais quoi, en plus de ça,
ça entre en conflit avec ton horaire de tournage
du prochain show de Fabienne, fait que je...
Oui, je sais. je sais, c'est un choix déchirant.
Veux-tu que je te donne mon avis ?
Reste avec ta valeur sûre.
Prends le show de Fabienne, ça va ĂȘtre mieux. Hum, hum.
Mais lĂ , en mĂȘme temps, je te dis ça,
je veux pas choisir Ă ta place, hein !
C'est... OK. Je leur dis que tu le feras pas.
Je leur dis tout de suite. Bye !
Tu sais que j'aime pas ça, mentir, au fond.
J'aimais ça avant ? Oh, mon Dieu, je n'aime plus rien !
Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
- Je vais te faire des résumés de scénarios.
Le premier, c'est La désolation.
C'est l'histoire d'un gars qui tombe en amour avec une fille
pis là , la fille, au début, elle est comme pas...
- Non.
- T'es venue me voir avec un problĂšme,
je t'ai trouvé une solution !
- J'avais juste besoin d'un peu d'écoute.
- Emmanuelle, je fais de mon mieux,
mais tu peux pas t'attendre
Ă ce que tout le monde devine tout le temps ce que tu veux.
- Ben oui, je sais, t'as raison. Je suis désolée.
- Je t'appelle.
- Sofia, s'il te plaĂźt, pourrais-tu m'organiser
une rencontre d'équipe en fin de matinée ?
- Oui, oui. - Je veux que tu viennes aussi !
- Ah, mais c'est ça, je tourne à midi,
donc d'habitude, Gabriel me laisse partir plus tĂŽt,
sinon j'arrive pas Ă temps au plateau.
- Ben, ça marche pas, ça.
- Mais j'ai vraiment pas le choix.
- OK, je comprends. C'est correct.
Ben, en fait, t'es congédiée.
- Hein ? - Ben oui, t'es congédiée.
Consacre-toi à ta vie de comédienne.
Ben oui, vraiment, je pense que c'est le moment, lĂ .
- Mais... mais non, je veux pas, j'aime ça !
- T'es pas assez disponible pour la job, ça doit ĂȘtre bon signe.
- C'est Michel qui avait négocié ça dans le temps.
Je savais mĂȘme pas ce que je signais.
- Mais tu l'as su un moment donné.
- Ah... Oui pis non.
- Mais tu l'as su ? - Un peu.
- Pis tu m'en as pas parlé ?
- Mais je savais que t'allais vouloir
que je redonne l'argent pour le principe,
pis ça me tentait pas de redonner l'argent pour ça.
De toute façon, il est tout allé
dans le compte conjoint, cet argent-lĂ .
- Il est pas trop tard pour le redonner, hein !
- Comme tu veux. On va faire comme tu veux.
T'as raison, j'aurais dĂ» t'en parler.
- Toi, t'as les nerfs d'ĂȘtre
fùché contre moi pour un french.
- Je suis pas fùché ! J'ai... j'ai peur.
J'ai peur que ce soit le début de quelque chose d'autre.
T'es tannée ? T'es insatisfaite ?
- Ben non. Non. Non, non. Ben oui.
Ben oui, je suis tannée de plein
d'affaires. Je suis fatiguée.
Mais pas de toi. J'avais trop bu.
- Va falloir que j'aie peur que tu me trompes
Ă chaque fois que tu bois un peu ?
- Moi, va falloir que je "checke"
tes cachets pis tes rentrées d'argent
pour pas ĂȘtre la conne qui parle d'Ă©quitĂ©
quand elle est mĂȘme pas capable de l'avoir avec son propre chum ?
- C'était une erreur !
- Mais moi aussi, c'était une erreur !
- On est un peu stressés, hein ?
Viens.
- Emmanuelle vient de me congédier.
- Quoi ?
- Elle a le droit de faire ça ?
- Ben... c'est la nouvelle patronne, j'imagine,
mais pourquoi elle a fait ça ?
- Parce que je suis pas assez disponible.
- C'est pour des bonnes raisons pis tu nous as toujours avertis.
- Je t'ai toujours averti, toi, en tout cas.
- Je m'en occupe.
- De toute façon, elle a peut-ĂȘtre raison.
Je bosse peut-ĂȘtre trop comme actrice.
- Peut-ĂȘtre, mais c'est un petit peu radical.
Non, je... je vais parler à Jean-Frédéric.
On va pas te laisser partir comme ça.
- T'es pas obligé.
- Non... Ăa me fait plaisir.
- Aussi, je voulais te dire,
tout ce que je t'ai dit Ă propos
du baiser, c'est pas vrai.
Je t'ai embrassé parce que j'en avais envie
pis parce que je pense que... je suis amoureuse de toi.
- Je pense que moi aussi.
- OK.
(petits rires)
Ben... lĂ , je tourne avec Simon,
fait que je vais pas le laisser lĂ , lĂ , mais...
mais je suis vraiment contente qu'on ait eu cette conversation.
- Moi aussi.
- OK.
(expiration)
(rires)
- On est encore fébriles de travailler ensemble.
J'ai travaillé avec plein
de monde dans la vie,
mais de tout le monde
avec qui j'ai travaillé,
c'est quand mĂȘme Emmanuel que je veux impressionner dans le fond.
- Ah oui, pis moi, c'est pareil. On se connaĂźt tellement.
On n'est pas tout le temps égal dans la vie,
on veut tout le temps
ĂȘtre Ă notre meilleur,
pis la réalité, c'est
que des fois, on est bon,
pis des fois, on n'est pas bon.
S'il y a une personne
qui voit tout de suite
quand je suis pas Ă mon top, ben, c'est Ădith.
- Ah, t'es toujours Ă ton top, mon amour.
- Ah, pour vrai,
toi aussi, vraiment,
pis tu m'impressionnes tout le temps.
- Yes !
- Bravo !
- Ben, excuse, c'est juste...
c'est tellement un couple.
- ComplĂštement.
Je peux te parler de quelque chose ?
- Oui.
- Emmanuelle a congédié Sofia.
- Hein ?
- C'est un petit peu de ma faute
parce que je suis en conflit d'intĂ©rĂȘts.
Je l'envoyais en audition
ou en tournage
fait que je la libérais de la réception
mĂȘme si c'Ă©tait pas Ă moi
de le faire.
Pis j'ai été un petit peu négligent
sur les remplacements pis...
- Mais oui, mais ça, tout le monde le savait.
Elle est bonne, Sofia. Tout le monde l'aime.
C'est peut-ĂȘtre un petit peu prĂ©cipitĂ© comme dĂ©cision.
- Oui, au pire, on peut la garder Ă temps partiel.
- Oui, oui, t'as raison.
Je vais en parler Ă Emmanuelle,
elle va comprendre.
Elle a eu une arrivée un petit peu intense,
mais avec la crise avec Ădith qui vient de se finir,
ça va bien aller.
- Bon. Ben, c'est super ! Merci.
- Comme vous le savez, je suis arrivée en poste hier.
faire cette réunion-là hier,
J'aurais peut-ĂȘtre dĂ» d'ailleurs
faire cette réunion-là hier,
mais c'était une journée assez intense.
Peut-ĂȘtre ordinaire dans la vie d'une agence, je sais pas trop.
J'ai encore pas beaucoup d'expérience dans le domaine.
Quand j'ai quitté le monde de la danse,
j'étais soulagée de laisser un univers de tromperies,
de stratégies malsaines pis de "bitcheries"
pour avoir le plus possible sa place au soleil.
Pis je sais que votre job, pis la mienne aussi maintenant,
c'est de gérer tout ça.
dire comment faire votre job,
Pis j'ai pas l'intention de vous
dire comment faire votre job,
mais j'aimerais ça qu'on essaie de le faire
avec un peu plus de lumiĂšre,
d'honnĂȘtetĂ© pis de transparence,
si possible.
- Il y a Ădith pis Emmanuel
qui s'en viennent.
- Chut, elle parle.
- D'ailleurs, je vais en profiter
pour mettre les choses au clair sur la situation.
J'ai acheté l'agence seule. C'était pas prévu comme ça.
Jean-Frédéric et moi, on se sépare.
Dans l'harmonie, mais on se sépare.
Pis on va laisser notre drame Ă la maison,
puis ici, c'est le travail.
Pis Jean-Frédéric, je veux que tu saches
que je suis bien consciente que t'es un excellent agent.
- Ah. Merci.
- Pis je veux que ce soit clair :
je serai pas une présidente marionnette.
La patronne, c'est moi.
- Je suis vraiment content de vous voir ensemble.
- Ben oui.
- Ăa donne de l'espoir.
(petit rire d'Ădith)
- On est soulagés.
- Fait que c'est ça, hum...
Ădith et moi, on a beaucoup jasĂ© ensemble
pis on pense qu'on... qu'on a besoin de repartir à zéro
pour retrouver complĂštement notre confiance.
- C'est le plus difficile, hein ?
- Puis, ben, c'est ça... on pense que...
Ben, c'est qu'on a hĂąte de retrouver notre confiance,
on a hùte aussi que tout ça soit derriÚre nous.
Pis on pense que ça passe par un changement...
par un changement d'agent.
- Ouais, on a besoin d'une relation nouvelle,
plus... plus franche.
On est désolés.
- Non, mais... vous faites ce qui est bon pour vous.
Je... je comprends.
Pis vous allez oĂč ?
- (Ensemble) :
Chez... MVA.
- Avec... Maxime. - ... Maxime.
- Ouais, c'est super.
- Jean-Frédéric, j'ai une...
Ăa peut ĂȘtre
plus tard.
- Ăa va ?
(rire)
Sous-titrage : MELS
- Ah, parce que c'est de ma faute
si je suis victime
de brutalité policiÚre ?
- Non. - Je les ai provoqués, c'est ça ?
- Non. Non, je suis juste... Mais tu manifestais pour quoi ?
- Pour bannir les pailles en plastique partout au Québec.
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