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Original subtitles

(soupir)

(cliquetis de touches de clavier)

(sonnerie de téléphone)

(sirĂšne, coups de klaxon au loin)

(soupir)

- (chuchotant) : VoilĂ .

Je fais vraiment mon possible pour rejoindre Jean-Frédéric.

Il devrait me rappeler vraiment bientĂŽt, lĂ .

C'est... C'est sûr qu'on va avoir de ses nouvelles.

- Ah, OK. Merci, Noémie. C'est vraiment gentil.

(sonnerie au bout du fil)

-

Bonjour !

Vo

us ĂȘtes bien

sur la boĂźte vocale de

Je

an-Frédéric Thériault.

Veuillez me laisser

un

message.

-Tu sais quoi ?

C'est une bonne affaire, au fond,

qu'on se soit laissées, Marianne pis moi.

Merde ! - Ben oui, hein ?

- J'ai pas envie d'ĂȘtre avec quelqu'un

qui me regarde tout le temps avec un petit air sadique

en attendant de voir quand est-ce que je vais me planter.

- Je suis ben d'accord !

Ah ! J'ai pas dormi de la nuit !

HĂ©, la vie, lĂ , c'est pas de mĂȘme que ça marche, hein ?

Ah ! Vouloir gagner pour gagner !

Il faut que tu sois dans l'humain !

Ben, je m'excuse, là, mais Jean- Frédéric, il est pas humain.

- Ah, on parlait pas de Jean-Frédéric,

mais c'est trÚs intéressant, ce que tu dis.

- Ben, vous parlez de quoi ?

- Alexandra est en peine d'amour.

- Mini, mini peine d'amour.

- Ah, ben oui, c'est ça ! L'agence, vous vous en foutez !

- Ben non, mais là, si c'est Jean-Frédéric,

le nouveau patron, c'est Jean-Frédéric.

Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ?

- On aurait pu réessayer de l'acheter ensemble, l'agence.

- Il a l'argent de sa femme, il n'a plus besoin de nous autres.

- Elle est Ă  qui, cette agence-lĂ , hum ? Elle est qui ?

- AÀ la personne qui a assez d'argent pour l'acheter.

- Ah, vous me découragez, des fois !

- J'arrive pas à rejoindre Jean-Frédéric !

J'ai essayé de l'appeler partout,

sur son cell, chez eux, pis il répond pas.

Pis lĂ , il y a Marc Messier qui l'attend dans son bureau.

- Depuis combien de temps ? - Vingt minutes.

- Il va finir par arriver.

- Je pense qu'il pleure.

- Marc Messier ? - Oui.

- Ben lĂ , Arlette... - Ah, ben non ! Non, non.

C'est le client de Jean-Frédéric.

Moi, je ne m'en mĂȘle plus.

(soupir)

(sonnerie de cellulaire)

- Camille ! - HĂ© ! HĂ© !

- Non, laisse-moi répondre !

Il faut que je retrouve Jean- Frédéric, c'est important !

Allo, Camille ! T'es ouĂč ?

- Non, mais je voulais parler avec Alexandra

parce que je pense que j'ai mangé

quelque chose qui passe pas.

Je pourrai pas aller travailler.

-Non, non, tu

co

mprends pas.

Faut que t'arrives Ă 

l'

agence maintenant.

Il se passe quelque chose de grave avec... ton pĂšre.

- Ah ben, je vais voir qu'est-ce que je peux faire.

-

Oui, dĂ©pĂȘche-toi. - OK.

(soupir)

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Je sais pas qui qui sait quoi, lĂ .

Noémie me parle de mon pÚre.

Elle me dit que c'est grave,

qu'il faut que j'aille Ă  l'agence.

Je... Je ne comprends plus rien.

- Vas-y pas.

(vibration de cellulaire)

- CÇa va ?

- Ton tĂ©lĂ©phone arrĂȘte pas de sonner.

- Hum ! Ben là, je m'en fous, de mon téléphone !

- C'est impressionnant, que t'aies réussi à dormir.

Tu m'as menti pendant 20 ans.

- Non, je t'ai trompée il y a 20 ans. Je te l'ai...

- Tu m'as caché ta fille.

- Regarde, je la voulais pas, cette enfant-lĂ .

- Je peux pas croire que t'essaies encore de te défendre !

- HĂ©, on peut remettre en contexte ?

C'est l'Ă©poque ouĂč tu partais en tournĂ©e.

Dieu sait ce qui se passait

dans les grands hĂŽtels de Prague, fait que...

- J'ai juste embrassé un danseur une fois.

Pis ça aurait été une raison de plus pour m'en parler

pis pas me cacher quelque chose pendant 20 ans.

Je veux dire, allais-tu les voir ?

Les aidais-tu financiĂšrement ?

- HĂ©, non, non, non... - Je veux savoir !

- HĂ© !

- Est-ce que j'ai le droit de savoir ?

- Regarde, j'ai une famille : c'est toi pis Zach.

Pis c'est tout. Je pense que c'est clair.

(soupir)

- Marc ! CÇa va ?

- Ah, bonjour, Alexandra ! Bonjour, Gabriel !

- Salut ! - Vous allez bien ?

- Oui, ça va, merci. - Oui, oui, ça va.

- On n'arrive pas à rejoindre Jean-Frédéric.

On pense qu'il y a eu une confusion dans son horaire.

- Non, mais on n'avait pas de rendez-vous.

C'est juste que j'ai eu une petite urgence,

pis j'ai pensé que je passerais.

- Hum.... Est-ce qu'on peut t'aider ?

- Ah ! Il y a pas grand-chose qu'on peut faire.

(reniflement)

(soupir)

Un cancer de l'estomac.

- Oh ! - Ah, mon Dieu, mais...

- Hé, je suis... je suis désolé, Marc.

- Je l'ai pas encore dit Ă  ma femme.

De toute façon, elle est en voyage,

pis je veux pas la faire paniquer pour rien.

CÇa fait que je l'ai pas dit aux enfants non plus.

Pis c'est juste que lĂ ,

il faut que je passe des tests d'urgence,

pis j'ai pensé que Jean-Frédéric pourrait venir avec moi, hein ?

- Oui. - Oui, oui.

- On va ĂȘtre lĂ  pour toi. - Oui.

- T'as bien fait de venir. - Oui.

- Merci.

-Quand Nathalie m'a ditqu'elle voulait garder l'enfant,

je lui ai clairement fait comprendre

que, pour moi, c'était pas une option.

(vibration de cellulaire)

Mais, en mĂȘme temps, je voulais pas ĂȘtre ingrat.

Fait que, comme je voulais pas ĂȘtre ingrat,

je lui ai donné 50 000$ d'un coup

pour qu'elle puisse s'acheter son salon de coiffure

en échange de quoi, ben,

j'aurais pas Ă  payer de pension alimentaire.

- T'es tellement généreux !

- Il a quand mĂȘme fallu que je m'endette, lĂ , pour faire ça.

- Pis Camille, elle te connaissait ?

Elle s'est pas retrouvée à ton agence par hasard.

- Je l'ai vue une ou deux fois avant ça, à sa demande.

Regarde, là, je sais que c'est épouvantable, je suis désolé.

Mais on va pas revirer nos vies à cause de ça.

On est bien, ça va bien, on va acheter l'agence ensemble.

- C'est ça qui te préoccupe en ce moment ? Ta maudite agence ?

(vibration de cellulaire)

- Ah ! C'est horrible ! C'est juste horrible !

- Il me semble que, tu sais, tu le regardes,

il a l'air tellement en forme !

- Jean-Frédéric, c'est urgent.

Viens-t'en Ă  l'agence,

ton agence, Ă  ce qu'il paraĂźt, en plus.

Depuis quand il répond pas à son téléphone, lui ?

- Depuis que c'est le boss.

- CÇa commence bien, ça ! - Hum !

- Il a dĂ» arriver quelque chose d'important ou... de grave.

Mon Dieu, c'est ben horrible comme matin !

- OK, lĂ , l, toi, tu vas l'accompagner, hein ?

- Ah, non, non, non, j'ai rendez-vous. Vas-y, toi.

- Ben non. Je suis pas bonne dans ces affaires-lĂ .

- Il y a personne qui est bon dans ces affaires-lĂ .

- Ben, c'est certainement pas moi.

Dis-lui que c'est pas moi qui irai...

- Ah, mais moi, j'irais ben,

mais je suis juste une assistante.

- (Camille) :

Bo

n, ben, bye !

- J'ai l'impression de t'abandonner.

- Dis pas ça !

- Camille, c'est son problĂšme Ă  lui.

Toi, t'as rien demandé de tout ça.

- C'est quand mĂȘme moi qui me suis obstinĂ©e

Ă  me trouver une job la mĂȘme place que lui.

- Camille !

Reviens Ă  Chicoutimi avec moi.

- OK,

go,

lĂ  ! Tu vas manquer ton autobus.

- (Noémie) :

Une fois,

j'

ai voulu activer le GPS

sur le téléphone de Jean-Frédéric sans lui dire.

Juste pour ĂȘtre une meilleure employĂ©e

pis savoir il Ă©tait ouĂč, en tout temps, mais...

je sais pas, je l'ai pas fait pis je le regrette.

- Peut-ĂȘtre qu'il est mort.

- C'est pas drĂŽle ! - Suis ma logique.

Michel était propriétaire de l'agence. Il est mort.

Jean-Frédéric devient propriétaire de l'agence.

Il meurt.

Comme s'il y avait une malédiction sur l'agence

pis que tous les propriétaires de l'agence

Ă  partir de maintenant... vont mourir.

- Jérémie, j'aime pas ton humour, OK ?

J'ai essayé de te le dire à plusieurs reprises

de façon non-verbale, mais tu comprends pas.

Fait que lĂ , je te le dis clairement :

je n'aime pas ton humour.

- Ouais ? Ben, tant pis pour toi

parce que je m'en allais dire

que peut-ĂȘtre qu'Emmanuelle est morte

pis que Jean-Frédéric est veuf pis qu'il va t'épouser.

C'est ça, la prochaine affaire que j'allais dire.

- Je veux pas que personne meure !

(soupir de M. Messier)

- (chuchotant) : Comment ça se fait ?

(claquement de lĂšvres)

(soupir)

Je comprends pas.

- CÇa va aller.

- (Homme sur haut-parleur) :

M.

Gendron, salle 17.

- Oui, oui. Oui, oui. CÇa va aller. Merci.

- Est-ce que ça... Est-ce que ça fait... C'est ton premier ?

- Mon premier ?

- Cancer. Ton premier cancer.

- Oui ! Ben oui, ben oui ! C'est mon premier cancer. Ben oui.

- Ah, c'est pas si pire, quand mĂȘme.

Parce qu'à ce qu'il paraßt, les récidives, ça...

- Il y a seulement 25% des gens

qui survivent plus que 5 ans Ă  un cancer de l'estomac.

- Ah. - OK ?

Il y en a pas, de récidive, parce que ça part pas.

- Ouch !

Pis toi, ça fait combien de temps

que t'as eu ton diagnostic ?

- Ben, c'est pour ça que je passe des tests.

- Ah, donc t'as pas eu de... Ah, ben, quand mĂȘme...

- Non, je suis capable de lire les symptĂŽmes sur Internet.

Tu sais, je suis peut-ĂȘtre pas mĂ©decin, mais je suis pas cave.

- Non. - Pis je connais mon corps.

Je sais qu'il y a quelque chose qui marche pas.

- Mais, quand mĂȘme, des fois,

un petit diagnostic chez le docteur, ça fait pas de tort.

- Comment ça se fait ? Comment ça se fait ?

(â™Ș piano )

- Je m'excuse.

- T'as pas Ă  t'excuser.

- Je sais pas quoi faire.

- On fait rien. On continue comme avant.

- OK.

- Tu sais, je t'ai déjà parlé de ma mÚre,

mais je t'ai jamais parlé de mon pÚre.

Mon pÚre est parti quand j'étais petit.

Parti comme ça, l'histoire classique.

Pis je m'Ă©tais jurĂ© que je ferais jamais la mĂȘme chose...

Ă  Zacharie.

Pis quand j'ai réalisé

que j'allais te le faire, à toi, j'ai, comme, accepté,

comme si c'était inévitable,

l'histoire qui se répÚte, le destin.

J'ai jamais essayé de t'éviter le pire.

J'ai juste... accepté.

Je t'ai sacrifiée.

- (chuchotant) : Gabriel !

- T'es lĂ  ! Tout le monde te cherche !

- Oui, Camille vient de me dire ça.

- Oui, Noémie, elle est super inquiÚte.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- (chuchotant) : Marc Messier a le cancer de l'estomac.

- Hein ?

- (voix normale) : Marc Messier a le cancer de l'estomac.

- Encore !

C'est juste la 3e fois depuis que je le représente.

Il est hypocondriaque, Marc.

On a déjà passé la nuit au complet à l'hÎpital

juste parce qu'il avait mal Ă  la mĂąchoire.

Il était sûr qu'il allait avoir une crise du coeur.

- Non, mais c'est sérieux, cette fois-ci, là.

Son médecin veut le voir d'urgence.

Alexandra est partie avec.

- Médecin de Ville Mont-Royal, clinique privée.

Pourquoi tu penses qu'il veut le voir d'urgence ?

- Ben lĂ ... - Ciao !

- Merci.

- CÇa va ?

- Super !

(ouverture, fermeture de porte)

- (chuchotant) : Enfin !

- C'est pas encore fini ?

- "Merci, Alexandra, d'avoir pris soin de mon client

pendant que j'étais pas là."

Non, ça te tente pas ? Non, ben non. T'es ben trop occupé.

- HĂ©, Marc ! Wow ! Le bleu te va tellement bien.

- Ouais !

-

Fait que

c'

est réglé.

T'as rendez-vous avec la fille de Netflix la semaine prochaine.

- Non ?

- Je viens d'avoir la confirmation.

- Gabriel, t'es le meilleur agent au monde !

- Ben là, j'ai aucun mérite, là.

Personne va refuser un rendez-vous avec toi !

- Non ! Ils voulaient pas rencontrer

directement les créateurs.

- Ben lĂ , ils vont faire une exception.

- HĂ©, la vie est belle !

- Pas pire, ouais.

- J'ai... J'aurais juste un dernier service Ă  te demander.

- Ce que tu veux, mon gars.

- Pourrais-tu trouver un petit contrat Ă  Sofia ?

- Ben lĂ , vous commencez Ă  tourner dans 2 jours.

- Un petit contrat de rien, lĂ . Une audition, Ă  la limite.

- Ben, tu hais ça, d'habitude,

quand tes actrices sont sur 1000 affaires en mĂȘme temps.

- Ouais, lĂ , c'est juste qu'elle a trop de temps libre

pis elle "suranalyse".

Tu sais, c'est rendu qu'elle a une théorie

sur la meilleure amie d'enfance de son personnage.

Meilleure amie qu'elle a inventée.

Elle est en train de se perdre.

- Elle passe son stress, là. C'est normal, ça va passer.

- Oui, mais là, c'est moi que ça stresse.

- Ben... t'as juste Ă  lui dire qu'elle "suranalyse".

- Ah... j'ai peur de l'insécuriser.

(sonnette)

- Qu'est-ce qui se passe encore ?

- Michel serait pas heureux de passer l'éternité

dans l'agence de Jean-Frédéric Thériault.

Tiens.

(soupir)

Tu le sais,

qu

'au fond,

il l'aimait pas, Jean-Frédéric.

Il l'a engagé

parce qu'il voulait pas l'avoir comme compétiteur.

- Parce qu'il était conscient de ce qu'il valait.

- Mais il l'aimait pas ! Il le trouvait prétentieux, menteur.

- Michel, il l'aimait pas parce qu'il trouvait

qu'ils se ressemblaient trop, tous les deux.

(rire)

- Michel... Il était tellement bon vivant ! Il aimait la vie !

- J'aime beaucoup ça, quand tu m'expliques c'était qui, Michel.

(claquement de langue)

- Michel aurait pas aimé ça, que Jean-Frédéric achÚte l'agence

avec sa femme anorexique qui a eu une carriĂšre internationale

de 2 minutes et demie, si je peux me permettre de le citer.

- OK, mais qu'est-ce qu'il aurait voulu ?

Il t'a pas promis l'agence, quand mĂȘme, lĂ  ?

- Ben non. Pas propriétaire, là.

Mais il m'a déjà dit que je serais la seule personne

qui serait capable de faire rouler cette agence-lĂ 

si jamais il lui arrivait quelque chose.

- Pis tu l'as cru !

- Mettons qu'il l'a dit souvent.

- Pourquoi tu penses qu'il a pas fait de testament ?

Pas par négligence ou par superstition.

C'est parce que là, ça, l,

la confusion qui se passe en ce moment,

c'est exactement ça qu'il voulait.

Comme ça, personne saurait la vérité.

Tu sais ce qu'il me disait, Ă  moi ?

Qu'il allait la vendre, sa maudite agence.

Pis qu'on allait aller vivre dans le sud de la France.

Chaque année, quand on était à Cannes,

on regardait pour s'acheter quelque chose.

T'étais pas spéciale, Arlette.

Il faisait des promesses qu'il tenait pas Ă  tout le monde.

(soupir)

- En tout cas, Michel voulait ĂȘtre enterrĂ©

avec sa soeur sur la CĂŽte-Nord.

CÇa, au moins, je sais ça.

- Ben oui, hein ? La fameuse CĂŽte-Nord de son enfance !

Tu sais c'est ouĂč, la CĂŽte-Nord ? Vas-y fort !

- Merci d'ĂȘtre lĂ , hein, J-F !

- Pas de trouble. Mais lĂ , il te reste combien de tests Ă  passer ?

- Deux. Il m'en reste deux. - OK.

- As-tu le temps ou...

- Non, non, j'ai le temps.

- Parce que si t'as d'autres choses Ă  faire

ou d'autres places Ă  aller, je te retiens pas, lĂ .

- Non, non, je suis lĂ , l.

Je m'inquiétais juste de la quantité de tests.

Pis, on s'entend, t'es pas Ă  l'article de la mort.

- Hé, tu dis ça, mais ça regarde trÚs mal.

- Parce que t'es quand mĂȘme un peu hypocondriaque, Marc.

- Ben oui, je suis hypocondriaque,

mais ç'a jamais empĂȘchĂ© personne de mourir,

ça, ĂȘtre hypocondriaque.

- C'est vrai.

- Pis lĂ , il faut...

je pense que c'est le temps d'avoir

la

conversation

étant donné que t'es mon exécuteur testamentaire.

- Je... Je suis ton exécuteur testamentaire, moi ?

- Ben oui ! Je t'ai pas dit ça ?

Mais c'est réglé, ça fait longtemps, ça !

- Ah ! Non, non, non, non, non, non,

j'étais pas au courant, mais...

Parce que... Ben, on est proches, toi pis moi.

Je dis... Je dis pas ça à tous mes clients,

mais on... on est des amis.

- EÉcoute, regarde-moi, là.

T'es la personne en qui j'ai le pus confiance.

- Super !

Mais en mĂȘme temps, c'est pas comme si on Ă©tait des intimes.

Je veux dire, ta femme pis tes enfants,

ils vont peut-ĂȘtre trouver ça bizarre

que je débarque dans leurs affaires.

- Ben non, au contraire ! CÇa va les soulager. Penses-tu !

C'est toi qui vas se taper la grosse job.

Parce que, hé, c'est toute une job,

ça, exécuteur testamentaire.

- Ouais, je sais.

- Non, ça va leur permettre de vivre leur deuil tranquillement,

pis toi, tu vas faire la grosse job plate.

- Ben oui, c'est logique.

- Et pis là, écoute, je suis allé

aux funérailles de... de mon cousin derniÚrement,

pis, regarde, c'était n'importe quoi, là.

Tu sais, ça marchait pas pantoute.

CÇa fait que je veux organiser ça d'avance.

Parce que j'imagine...

que j'aurai pas des funérailles nationales, hein ?

- Euh, non, je penserais pas.

- C'est ça que je pensais.

Fait qu'il va falloir s'en occuper nous autres mĂȘmes.

Je me demande ben ce qu'il faut faire

pour avoir des funérailles nationales.

René Angélil, est-ce qu'il a fait rire le Québec

pendant 40 ans, lui ?

(murmure des conversations)

- Bon, qu'est-ce qui se passe ?endant 40 ans, lui ?

- Quoi ? Ben, rien.

- T'arrĂȘtes pas de regarder Camille

comme si sa vie était pathétique.

- Non ! C'est n'importe quoi !

- Oui, non, mais ma vie est pathétique, là. C'est correct.

- Non, mais sĂ©rieux, qu'est-ce qui se passe ? CÇa m'intĂ©resse.

- Rien.

- OK, regarde, Marc Messier, lĂ , c'est...

un ami de sa famille, OK ?

Fait que pourrais-tu juste ĂȘtre gentil avec elle aujourd'hui ?

Est-ce que c'est trop te demander, ça ?

- Pas besoin d'ĂȘtre gentil, lĂ .

Juste d'arrĂȘter d'en parler, ce serait parfait.

- Un ami de la famille ? - Ouais.

- Ouais, mais j'aime pas ça, en parler, fait que...

- Ben, gardez ça pour vous, là, mais moi,

je suis à 2 degrés de séparation de Céline Dion.

- Tout le monde qui travaille Ă  l'agence l'est.

On connaĂźt tous un producteur ou ben un acteur qui la connaĂźt.

- Oui, mais moi, c'est un réseau différent. C'est plus personnel.

En tout cas, je fais juste dire ça de mĂȘme.

- Ah ! CÇa va aller !

- Je sais pas pourquoi le monde

capote avec ça, les peines d'amour.

Il y a rien lĂ , au fond.

- Si tu le dis.

- T'as juste Ă  faire un petit peu plus attention

Ă  ce que tu manges pis t'es correct.

- Hum ! HĂ©, je peux pas croire

qu'il y a personne qui a essayé ça avant.

- Je sais, c'est fou.

- OK, mettons...

j'ai un problÚme d'éthique entre 2 clients.

- Hum ? - Qu'est-ce que je fais ?

Genre, j'ai... j'ai un de mes clients

qui veut que je fasse quelque chose

pour un autre de mes clients, mais dans son intĂ©rĂȘt Ă  lui.

Pis je suis pas d'accord avec le principe,

mais dans le fond, ça change pas grand-chose.

- LĂ , je comprends rien.

Tu sais que t'es pas tenu au secret professionnel, hein ?

Tu peux me dire de quoi tu parles.

- Simon-Olivier Fecteau veut que je garde Sofia occupée

pour l'empĂȘcher de "suranalyser" son personnage.

- Excuse-moi, on est encore en train de parler de Sofia ?

- Oui. - OK, juste pour ĂȘtre sĂ»re.

Ben, je sais pas, lĂ . Tu fais ce que Fecteau te demande de faire.

- Il a pas Ă  manigancer dans son dos

pour obtenir ce qu'il veut d'elle.

- Ben non, mais c'est quand mĂȘme un bon rĂ©al, Fecteau.

Je pense qu'il sait de quoi il a besoin.

- C'est de la manipulation !

- C'est stratégique !

- C'est paternaliste !

- Pas plus que toi !

Toi, tu penses que Sofia,

elle est pas capable de se défendre contre Fecteau.

CÇa, c'est paternaliste, ça.

Pis, excuse-moi, lĂ , mais entre le paternalisme de Fecteau

pis ton paternalisme, là, je préfÚre de loin

le paternalisme de Fecteau parce que, sincĂšrement,

Sofia a ben plus Ă  gagner avec lui qu'avec toi.

Ah ! Ah, mon Dieu !

Ah, mon Dieu, je suis devenue tellement lucide ! Wow !

CÇa me fait vraiment du bien, cette peine d'amour là.

CÇa me... Je me sens vraiment bien.

- Non, non, je veux pas que ça ait l'air d'une funéraille.

C'est déprimant, une funéraille !

Non, moi, je vois ça...

je vois ça plutÎt comme une espÚce d'hommage, tu sais.

Comme un show rock, tu sais, mais avec des sketches.

Le monde aime ça, les sketches.

- Mais, Marc, il y a personne

qui va vouloir faire des sketches à tes funérailles.

- Ben non, ben non ! Mais, regarde, on va les payer, hein ?

On va débloquer un budget pour ça, là.

- Ben non, mais c'est pas dans ce sens-lĂ .

Dans le sens qu'ils vont ĂȘtre tristes.

- Non, mais ça serait le fun, de voir Réjean de

La petite vie

qui prend un café avec maßtre Belhumeur de

Toute la vérité.

Pis Bob Chicoine des

Bo

ys

avec Marc Gagnon !

Me semble qu'il y a quelque chose à faire avec ça !

- Me semble que c'est bizarre, mais bon.

- Bon ! OK.

Ben, as-tu quelque chose Ă  proposer d'abord ?

- Une messe.

- Une messe ? Ciboire ! Jean-Frédéric !

Mais t'es ben déprimant ! Es-tu correct ?

EÉcoute, je nous regarde, tous les deux,

pis je me demande lequel de nous deux est mourrant !

Tu sais, un peu de pep, Jean-Frédéric,

tu sais, des fois, ça fait pas de tort !

- OK, excuse-moi. - Non, mais, tu sais, une messe !

- Oui, OK, ben, qu'est-ce que tu dirais de, genre,

un hommage vidéo avec un

ba

nd

pis des témoignages...

- Non, non, tu veux...

tu veux que j'aie des funérailles ordinaires, au fond ?

- Classiques.

- Tu trouves que je suis un gars ordinaire ?

- Oh

boy !

Non, non.

- La mort d'un gars ordinaire. C'est un thÚme, ça, hein ?

(raclement de gorge)

Que c'est que t'as ?

- Sofia, j'aurais une journée de tournage pour toi sur

O'.

Un 3e rĂŽle. Muet.

- Ah, OK.

Mais tu m'avais pas dit que c'était mieux

de pas me brûler sur une télésérie

avec un petit rĂŽle muet ?

- Oui, mais, en mĂȘme temps, les rĂŽles muets,

des fois, ça... ça évolue en rÎle parlant.

- Ah oui ? C'est quoi, le rĂŽle ?

- Une serveuse.

- Tu penses que je devrais le faire ?

- Ben, c'est une journée de tournage, là.

Fait que pourquoi pas ?

- OK. Mais c'est juste que c'est bizarre.

Je devrais pas me concentrer sur mon film ?

C'est bon, je vais le faire si tu veux.

- Super !

- Je vais perdre mon rÎle, c'est ça ?

- Hein ?

- Je vais ĂȘtre coupĂ©e du film,

pis t'as peur que je sois trop déprimée,

fait que t'essayes de me trouver autre chose avant de me le dire.

- Ben non ! Ben non ! Non, non, non, non ! Pas du tout.

- OK, ben, j'ai vraiment l'impression

que tu me caches quelque chose pis ça me rend folle.

- Non. Non. Non, non, non, non.

- Pis c'est la mĂȘme chose avec Simon-Olivier.

Je veux dire, j'essaie de respecter sa bulle.

Je sais qu'il est débordé pis qu'il a son propre stress à lui,

mais il a l'air inquiet, pis j'essaie de lui montrer

que je travaille vraiment fort pour mon personnage,

mais on dirait que ça fonctionne pas...

- Ah, mon Dieu ! Parlez-vous ! Pour vrai, lĂ , parlez-vous.

- Quoi ?

- C'est Simon-Olivier Fecteau

qui veut que je te garde occupée par des niaiseries

pour t'empĂȘcher de "psychologiser" ton personnage.

- Quoi ?

- Je peux te donner un conseil ?

Je suis ton agent, hein ? Je te donne un conseil.

Tu le sais, je suis pas quelqu'un qui manigance.

Mais dans ce cas-ci, lĂ , s'il te plaĂźt,

sois plus stratégique que lui, OK ?

- (Jean-Frédéric) :

Al

lo !

Allo ?

(sonnerie au bout du fil)

Vous avez joint EmmanuelleDumont. Laissez-moi un message.

-

Vous avez joint EmmanuelleDumont. Laissez-moi un message.

- Allo ! Je suis Ă  la maison.

Est-ce que tu peux me rappeler ? OK ?

(pas approchant)

HĂ© ! Qu'est-ce que tu fais ?

- Maman m'a dit que tu prenais le

bachelor.

- Non, non.

- Ben, c'est ça qu'elle m'a dit, fait que...

- Elle est juste fĂąchĂ©e. Je vais lui parler. Elle est ouĂč ?

- Elle doit ĂȘtre quelque part en train d'attendre

que tu t'installes dans le

bachelor

avant de revenir Ă  la maison.

- Je veux juste parler Ă  ta mĂšre.

- Je sais pas elle est ouĂč pour vrai.

- J'aime pas ça.

Je comprends qu'elle veuille pas me parler, lĂ ,

mais je veux juste ĂȘtre sĂ»r qu'elle est correcte.

- En tout cas, je m'en vais voir ma nouvelle soeur tantĂŽt.

Je vais m'installer en haut en attendant.

- C'est ça.

-

Vous avez joint EmmanuelleDumont. Laissez-moi un message.

- Oui, Emmanuelle, pourrais-tu me rappeler, s'il te plaĂźt ?

Ou au moins me texter ? Merci.

(voix d'enfants entremĂȘlĂ©es au loin)

(soupir)

(sonnerie de cellulaire)

Oui ?

- (Noémie) :

Jean-Frédéric, il

y

a Marc Messier qui est ici.

Il a toujours pas

re

çu ses résultats.

Il dit que t'étais

ce

nsé revenir.

- On n'avait pas rendez-vous.

Euh, dis-lui qu'il y a une

ur

gence Ă  la maison, l.

- Euh...

-

Pis, Noémie,

hu

m... regarde,

je sais que je t'ai sous-utilisée en général, là,

pis que je suis pas trÚs bon pour déléguer.

Mais regarde, lĂ ,

je vais te dire quelque chose d'important, OK ?

J'ai... J'ai confiance en toi, OK ?

Pis je pense que t'es

la

meilleure personne

Ma

rc Messier en ce moment.

pour t'occuper de

Ma

rc Messier en ce moment.

- Oui, OK. Je m'en occupe.

-Merci.

- M. Messier. - Hum ?

- Jean-Frédéric m'a mise à votre entiÚre disposition.

Donc, qu'est-ce que je peux faire pour vous ?

Je comprends pourquoi Jean-Frédéric

m'a chargée de vous aider.

Avant, j'organisais des événements corporatifs,

donc vous tombez pile dans ma tasse de thé.

- Ah, bon, ben, c'est super !

- Vous connaissez Jérémie. Jérémie, tu connais notre Marc.

- Ben oui, je le connais.

- Salut, Jérémie ! - Bonjour !

- Et, évidemment, notre super Camille !

- Enchanté, Camille. - Enchantée.

- Hum !

Bon, allez ! Je vous écoute.

- Ben, moi, je pense surtout Ă  mes enfants lĂ -dedans, hein ?

Tu sais, j'ai toujours voulu

élever mes enfants dans la joie, tu sais ?

Je vous cacherai pas que j'ai été un homme occupé,

pis il y a ben des activités pour enfants que j'ai manquées.

Mais, par contre, quand j'étais là,

je voulais toujours que ce soit le party.

J'ai toujours voulu que mes enfants

grandissent dans une maison heureuse.

Pis lĂ , astheure que je vais partir, je veux...

je veux pas les laisser avec quelque chose de triste.

- Oh, Camille, ma belle, est-ce que ça va ?

- Oui, je... Excusez. Je veux juste...

- Voyons !

- Je vais aller faire des photocopies. Je reviens.

- Qu'est-ce qu'elle a ? Elle est correcte ?

- Ah ! Marc !

- Je me suis fait offrir un petit rĂŽle sur

O'.

- Ah oui ? - Hum, hum.

- Ben, cool !

- Je pensais dire oui. Il y a pas de conflit d'horaire.

C'est juste un peu d'argent de cÎté, tu sais ?

- Ben... Ben oui, pourquoi pas ?

- Pis, ben, des fois, les rĂŽles muets,

ça devient des rÎles parlants.

- Han, han.

- CÇa arrive souvent, mĂȘme.

AÀ ce qu'il paraüt, Marc Labrùche dans

La petite vie,

c'était un rÎle muet pis c'est devenu un rÎle parlant.

C'est rien que pour dire, hein ?

- TrĂšs cool !

- (M. Messier) :

Mais, tu sais,

il

y a le truc de l'arbre, lĂ .

Tu sais, regarde, ils prennent tes cendres,

et pis tu deviens un arbre.

- Oui, bonne idée.

- Ben, je voudrais ça, OK ? - Oui.

- Mais... Mais pas juste un arbre.

Tu sais, genre, je me divise en 3, 4 arbres.

Pis, tu sais, des arbres en santé, là,

qui donnent beaucoup de feuilles pis des cocottes.

Parce que si t'es juste un arbre, ben,

que c'est qui arrive si cet arbre-lĂ  meurt ?

(inspiration)

Tu sais, je veux...

je veux pas mourir une 2e fois, tu comprends ?

- Je veux juste vous dire que... je vais m'occuper de Camille.

- C'est qui déjà, Camille ?

- ArrĂȘtez ! Je le sais que Camille, c'est votre fille.

- Hein ? - Pas besoin de me le cacher !

Je le dirai pas Ă  personne, pis... pis je vous juge pas.

Je peux tout Ă  fait comprendre le contexte.

Il se passe tellement de choses au bar Le wawaron Ă  Alma.

- AÀ Alma ? Au bar Le wawaron ?

Ben oui, c'est sûr qu'on...

on est allés souvent à Alma, mais...

- Ben oui, c'est ça !

Pis, tu sais, il y a 20 ans,

le monde était tellement moins conservateur.

Je veux dire : "Vive la vie ! On s'amuse !"

En tournée, il se passe tellement de choses.

C'est pas de votre faute, OK ?

- Camille ?

- (chuchotant) : ArrĂȘtez de jouer Ă  ça avec moi.

Elle vous ressemble tellement, on serait fous de pas le voir !

- Au bar Le wawaron ? - Ben oui !

(raclement de gorge de M. Messier)

- Excuse-moi !

(chuchotant) : Es-tu ma fille ?

- Je suis pas votre fille.

- T'es sûre ?

Parce que si ta mĂšre,

c'est Jessy qui se tenait au bar Le wawaron

dans les années 90 à Alma,

il y a ben des chances que tu sois ma fille.

- Ah, non, non. J'ai un pÚre. Ben, à moitié.

Mais j'ai dit à Noémie que vous étiez mon pÚre parce que...

Ben, au début, c'était comme une

joke,

pis finalement, ça fait si longtemps

que je peux pas vraiment lui dire la vérité.

- Ah, bon. - Parce qu'elle serait fùchée.

Pis je peux pas dire c'est qui, mon vrai pĂšre.

- Mais as-tu dit ça à ben du monde, que j'étais ton pÚre ?

- Juste Noémie.

- Parce que, tu sais, des fois,

les rumeurs, ça s'emballe, là,

pis il y a comme un effet d'entraĂźnement.

Moi, c'est sûr que j'ai fait beaucoup de tournées

pis souvent au Lac-Saint-Jean.

Pis, tu sais, il y a des grands bouts, j'étais célibataire, là.

Est-ce que c'est encore vrai, ça,

qu'il y a 5 filles pour un gars au Lac-Saint-Jean ?

Parce que dans le temps, je vais te dire,

ça expliquait ben des affaires !

- Ouais, je le sais pas, je viens du Saguenay.

- Ah.

- Pis je vais parler à Noémie.

- C'est qui, ton pĂšre ?

- Je peux pas vraiment le dire.

Pis il est mort, ça fait longtemps, fait que...

- Ah, ben, tu vois, là, de la façon que t'en parles,

on dirait que tu t'en fous qu'il soit mort.

- J'existais pas pour lui.

J'ai mĂȘme pas pu aller Ă  ses funĂ©railles.

Fait qu'au moins, j'ai arrĂȘtĂ© d'espĂ©rer pour rien.

C'était une libération.

- Ah, ben ça, c'est... ça, c'est terrible.

Je suis vraiment désolé.

- CÇa va. Avec le temps, de toute façon...

- Ouais. C'est ça qui arrive, hein, quand tu meurs.

Au bout d'un moment, tout le monde s'en fout.

J'imagine que c'est correct que ce soit comme ça.

(soupir)

- Si j'avais un pĂšre comme vous,

je serais pas pressée de l'oublier.

- Comme ils disent,

c'est toujours plus vert chez le voisin, hein ?

- Ouais.

- CÇa va ? - Hum, hum.

- Camille va nous aider.

- Ah ? - Ah non, c'est correct.

Moi, je vais vous laisser travailler.

- Ah, non, non, non, non, non.

Regarde, admettons, lĂ  : si tu organises

les funérailles de ton pÚre, qu'est-ce que tu ferais ?

- Pour les funérailles de mon pÚre ?

- Oui.

- Euh... Quelque chose de festif.

- Hum, hum.

- Comme... Comme une célébration de la vie. Oui.

- Ah ?

- Dans une cathédrale parce que c'est... c'est tellement beau.

Mais pas une messe, lĂ . - Hum, hum.

- Beaucoup de musique. Une chorale.

- Oh ! Une chorale ! Noémie, note ça.

- Ah ! Oui, OK. - Une chorale.

Tu vois ? On pense pareil ! Tu pourrais ĂȘtre ma fille !

Ben non, je niaise ! - Ben oui !

(sonnerie de cellulaire)

- Oups ! Ah, c'est la clinique !

Déjà, c'est mauvais signe. OK.

Oui ?

Oui, c'est moi. Oui ?

Oui ?

Ah oui ? Ah, OK ! Ah !

Ah, merci, docteur ! Merci ! OK !

Oui ! Oh oui, oh oui, oh oui, oh oui ! Oui ! OK !

Je suis pas malade ! - Ah !

- Je suis en pleine forme ! - Ah !

- Je suis pas malade ! HĂ© !

(rires)

- Bonjour ! Oui !

Arlette Meilleur, l'ex- assistante de Michel Gallant.

Vous allez bien ?

Oui, dites-moi, hum, Mme Gallant

a décidé de respecter le voeu de son mari

d'ĂȘtre enterrĂ© Ă  cĂŽtĂ© de sa soeur sur la CĂŽte-Nord.

Pis elle m'a demandé

de commencer à préparer les arrangements.

Hum, hum. C'est ça.

Dites-moi donc,

elle est enterrĂ©e ouĂč exactement sur la CĂŽte-Nord ?

Elle est enterrée à Boucherville ? Depuis quand ?

Ah, ben oui, depuis qu'elle est morte.

C'est ben évident.

Ben, excusez-moi, lĂ , j'ai dĂ» mal comprendre.

Je... J'étais sûre que Michel m'avait dit

qu'elle était enterrée sur la CÎte-Nord.

Ben, je vous remercie. Je suis désolée.

HĂ© !

Tu me disais vraiment n'importe quoi, toi, hum ?

Un beau chien fini !

(sonnerie de téléphone)

- Agence AMG ?

Alexandra Martel ?

Un instant, je vais voir si elle est encore lĂ .

C'est encore la fille de Revenu Canada. T'es partie ?

- (chuchotant) : Non, transfĂšre-la. Transfre !

- OK. - Ah, mon Dieu !

(respiration haletante)

(sonnerie)

Allo ?

-

Oui, bonjour ! IciRaiĂŻssa Bousso de Revenu Canada.

Vo

us allez bien ?

- Oui.

-

Je vous appelle concernant

un

e demande de renseignement

qui vous a été

en

voyée l'année derniÚre.

Madame ?

Madame, ĂȘtes-vous

to

ujours lĂ  ?

Allo ?

(respiration haletante)

- Là, l, je suis toute "fuckée".

Je ne me fais plus confiance,

je ne fais plus confiance Ă  Simon-Olivier,

je ne te fais plus confiance.

Pourquoi vous me parlez pas

Ă  la place de manigancer dans mon dos, hein ?

Je veux dire, je comprends quand on me parle.

- T'as raison, je... - LĂ , l, assieds-toi.

Parce que si vous vouliez pas

que je me mette Ă  "suranalyser", lĂ ,

ben, je m'excuse, mais il est trop tard.

Je vais "suranalyser" tout ce que vous allez me dire.

Pis tu sais quoi ?

Le pire lĂ -dedans,

c'est que je suis ici en train de t'engueuler,

pis pas Simon-Olivier.

- Non, mais t'as ben fait, lĂ .

Tu vas pas t'engueuler

avec Simon-Oliver avant le tournage, lĂ .

- C'est pas ça ! C'est pas moi ! Je suis pas dans le calcul.

Je suis ici parce que...

parce que ça m'a vraiment énervée

que t'écoutes Simon-Olivier

pis que tu fasses tout ce qu'il te demande

pis que tu me parles pas, Ă  moi.

Je pensais qu'on était proches,

je pensais qu'on se faisait confiance.

Pis, ben... j'ai peur de perdre ça avec toi.

Parce que... j'ai plus peur

de te perdre, toi, que lui, en fait.

(vibration de cellulaire)

- Ah, c'est... c'est Alexandra. Peut-ĂȘtre...

- Oui, oui. Pas de problĂšme.

- Ah, non. C'est... C'est correct.

-

Vous avez bien rejoint le

ce

llulaire de Gabriel Savoie.

Laissez-moi

un

message.

- (sanglotant) : Gab ! Gab, c'est... c'est moi.

Rappelle-moi, s'il te plaĂźt.

(vibration du cellulaire)

(sonnette)

â™Ș â™Ș

- (Alexandra, sanglotant) :

Je

m'excuse de t'appeler,

mais je suis en

pe

ine d'amour, Arlette !

Peux-tu me rappeler,

s'

il te plaĂźt ?

Pourquoi ça fait

ma

l comme ça ?

(pleurs)

CÇa fait tellement mal.

Comment ça se fait que ça fait mal de mĂȘme ?

Comment il fait, le monde, pour survivre à ça ?

- Bof... tu vas t'en remettre. Dans une couple d'années.

- Ah, fais pas de blague ! C'est pas le moment.

- Ah, moi avec Michel, lĂ ...

c'était comme une longue peine d'amour qui a duré 30 ans.

Sauf quand il revenait. LĂ , il y avait comme des petites pauses.

Moi, je pense qu'Ă  la fin,

j'aimais mieux l'attendre que de l'avoir.

J'avais fini par tomber en amour avec ma peine d'amour.

- Arlette, c'est la premiĂšre fois

que tu nous avoues que t'as couché avec Michel.

- Ben, franchement !

Est-ce que c'était nécessaire que je le dise ?

C'était pas assez évident ?

- C'est juste drĂŽle que tu nous en parles.

- Hé oui, j'ai couché avec Michel ! Voilà, c'est dit !

(raclement de gorge)

- Bon, ben, c'est super !

Vous avez eu mes messages pour le rendez-vous ?

Non, vous ĂȘtes juste toujours lĂ , vous avez pas de vie ?

Parfait ! Je voulais vous présenter votre nouveau boss.

Jean-Frédéric est pas là. Au pire, on commencera sans lui.

- Ben lĂ , on peut pas commencer sans lui.

C'est pas... C'est pas lui, le nouveau boss ?

- Ben non. Surprise !

- Fait que... qu'est-ce que tu vas faire ?

- Jean-Frédéric a dit qu'il voulait rien changer, rien dire.

- Mais c'est pas à lui de décider.

- C'est correct comme ça.

- Je sais pas pourquoi t'insistes

Ă  rester dans cette marde-lĂ .

- Je pense que j'ai le droit d'avoir ma place.

- Oui, absolument. C'est pas ça que je dis.

Je suis content d'avoir une soeur.

- Cool !

- Tu sais, j'ai... j'ai toujours été le fils à ma mÚre.

Pis en ce moment... je suis vraiment inquiet pour elle.

Fait que je suis désolé.

- C'est correct.

J'ai pas vraiment besoin de... famille, de toute façon.

Je vais ĂȘtre correcte.

- On va faire une transition rapide et efficace.

Je cÚde donc la présidence d'AMG à...

Ah, Jean-Frédéric ! Manquait juste toi.

Je vous présente la nouvelle patronne d'AMG,

Mme Emmanuelle Dumont.

- Chérie, c'est trop drÎle.

Un autre Emmanuel Bilodeau

essaie de se connecter avec moi sur Facebook.

Il dit qu'il a reçu un vidéo pour moi par erreur.

- Non, tu vas voir, c'est des niaiseries.

Vous avez pas des questions pour lui ? Il fait son pain.

- Oui. Je fais mes fermentations aussi.

MELS

Sous-titrage :

MELS

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