All language subtitles for Les.Invisibles.S01E11.FRENCH.1080p.WEB.H264-COLL3CTiF.srt - fra(2)

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Original subtitles

- J'étais vraiment contente que tu m'appelles.

C'est fou parce que j'arrive de passer quelques jours

au chalet de ma belle-mĂšre, tu sais,

pour réfléchir pis me demander

qu'est-ce que je veux dans la vie, tu sais,

c'est quoi, la prochaine affaire, le prochain vrai défi.

Pis là, juste comme je lançais ça dans l'univers,

je reçois un texto, bang !

C'est toi avec ton gros projet surprise.

(petit rire)

- Je pense que tu vas ĂȘtre contente.

- Je t'écoute.

- C'est un projet qu'ils ont mis un peu de temps

Ă  mettre sur les rails, tu sais,

mais là, ça y est.

Pis ils pensent Ă  toi pour le rĂŽle principal.

- OK...

- C'est un film sur la vie de Ginette Reno.

- OK, ha !

OK, wow, wow, wow, oui.

Hum, hum ! Ha ! Hey, c'est drÎle, je m'attendais pas à ça.

(soupir)

- T'es pas contente.

- Ah non, non, non. Ben oui, oui, oui, je suis contente, ha !

Non, non, je suis sûre que c'est un super rÎle.

Je l'aime beaucoup, Ginette Reno.

Pour vrai, elle me touche.

- C'est un monument, Ginette Reno, hein ?

Ben plus que La Bolduc en quelque part.

- Ah oui, ben oui, c'est une chanteuse incroyable.

Non, non, je suis juste surprise.

Je pensais pas que j'étais rendue là.

- Ben, c'est sûr que aprÚs La Bolduc, t'es rendue là.

- Oui, oui, mais... aussi dans le sens qu'elle a 70 ans.

- Ben oui, mais c'est un film sur toute sa vie,

sa vie au complet, pas juste...

- Non, non, je sais ben, lĂ ,

mais on s'entend que je vais me retrouver

Ă  jouer quelqu'un d'au moins 50 ans

pendant une bonne partie du film.

Tu sais, pis c'est correct.

Pour

La Bolduc,

il fallait que je me rende Ă  47

pis c'Ă©tait super, mais en mĂȘme temps...

J'ai 32 ans.

Tu sais, ça veut dire que je jouerai jamais

des enjeux de fille de 30 ans.

- On parle quand mĂȘme de Ginette Reno, hein ?

Hey, ça doit ĂȘtre quelque chose

de chanter

Moi, je nesuis qu'une chanson

dans un Centre Bell plein Ă  craquer.

- Oui...

cr

oissants de soleil.

-L'essentiel, Des

cr

oissants de soleil.

-

OÔ Canada.

(petit rire)

â™Ș â™Ș

- Merci. Pis je vais prendre un croissant, s'il te plaĂźt.

Non, non, je vais prendre un éclair au chocolat.

C'est ma fĂȘte.

- Il est un peu tĂŽt pour manger du dessert, non ?

- Ah oui, mais c'est juste que aujourd'hui,

c'est un peu spécial.

- Le gras pis le sucre pour déjeuner,

ça hypothÚque la journée.

Je vais prendre un café là-bas.

- Je vais t'organiser des rencontres

avec des jeunes réalisateurs du cinéma indépendant

pour te trouver des trucs plus marginaux.

Hey, ils capoteraient eux autres de travailler avec toi.

Mais ils osent pas t'approcher.

Avec ta carriÚre au cinéma, à la télé,

le nouveau téléroman de Chantal Cadieux, ton

thriller...

T'es rendue une grande vedette, Debbie.

- Pis entends-moi bien,

je suis hyper reconnaissante de tout ce qui m'arrive

pis je vais triper à faire Ginette Reno si ça marche.

- Bonjour ! J'ai reçu un cadeau pour vous.

- T'as pas besoin de me vouvoyer, Sofia.

- Il faut qu'elle vouvoie les gens,

ça fait partie de son travail.

- Oh, mon Dieu, je suis finie.

Il y a du monde quelque part dans un bureau qui s'est dit :

"Faudrait vendre plus de savon Ă  vaisselle brise de pomme verte."

Pis lĂ , ils se sont dit : "Ben, comment on va faire ?

"Ah ! Ben, c'est évident, on va en envoyer

"une caisse Ă  Debbie Lynch-White pis on va la payer

"pour qu'elle mette des photos d'elle

"en train de faire sa vaisselle

"avec notre merveilleux savon Ă  vaisselle

brise de fucking pomme verte !"

- Tu fais pas de placement de produit de toute façon.

- Ben non, mais quand mĂȘme,

comment ça se fait que je reçois pas du kombucha, hein ?

Ou de la vodka québécoise ? Ou du maquillage écologique ?

C'est ça que je te disais,

le monde pense que j'ai 50 ans, crisse !

Faut que je change mon image.

- Debbie, on va pas capoter

parce que t'as reçu du savon à vaisselle.

Hey, pis il est certifié bio en plus.

- Faut que je rajeunisse,

faut que je me trouve un public plus jeune,

sinon ma carriĂšre est finie dans 5 ans !

- Tout va bien, lĂ , arrĂȘte.

- Vous avez pas ça ici, une équipe de jeunes ?

Parce que toi pis moi, on va se le dire,

on est un petit peu dépassées, hein ?

Non, ça nous prend des vrais spécialistes

des réseaux sociaux.

- Marianne s'en vient.

- Ah oui ?

- Hum, hum !

Sais-tu si on va ĂȘtre correct ?

On est dans la marde ?

- Bof, pas... non, je sais pas.

- Ben là, tu dois ben avoir une petite idée, là.

- Oh...

- En mĂȘme temps, si elle veut pas te parler,

c'est mauvais signe.

- Ben...

- Bonjour.

- Bonjour !

- Bonjour !

- Bye !

- Bye ?

- Quoi ?

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Rien.

- Ha ! Vous vous ĂȘtes chicanĂ©es, lĂ  ?

- Pff ! Chicanées...

- OK, mais qu'est-ce qui est arrivé ?

- Non, tout va bien.

- Tout va bien ? On dirait pas, non.

- On fait semblant, tu veux quand mĂȘme pas

que j'aille l'embrasser devant tout le monde, ha !

(soupir)

- Décroche. Décroche, décroche !

- Ah, bonjour !

- Bonjour.

- Oh, mon Dieu, ça va ?

- Super.

- Ben, vous pleurez.

- Non.

- Ben, un peu quand mĂȘme.

- Non, pas du tout.

-

T'as l'air bien.

- Super bien.

J'ai commencé à coucher avec mon prof de tennis.

- Ha ! Félicitations !

- On s'en va en Espagne la semaine prochaine.

Sa maman habite lĂ -bas.

- Fantastique !

- C'est vraiment cliché, mais c'est vraiment le fun.

- C'est peut-ĂȘtre pas devenu un clichĂ© pour rien, hein ?

- Pis le fait qu'il couche avec moi pour mon argent,

ça aussi, c'est le fun.

(rire)

- Je sais pas trop quoi dire, c'est beaucoup d'informations.

- Ouais, parce que de l'argent, moi, je sais que j'en ai,

fait que je suis pas lĂ  angoisser :

"Je suis trop vieille ? Je suis assez belle ?" Non, je m'en fous.

Fait que tout ça pour dire

que j'ai plus envie que jamais de vendre l'agence.

Et t'es ma meilleure option.

T'as gùché les 2 autres que j'avais.

- On a toujours pas eu de nouvelles de notre offre ?

- Qui est trop basse.

Mais comme je veux pas te perdre comme acheteur,

je me suis dit que je te préviendrais

avant d'envoyer ma contre-offre Ă  ta femme.

- Qu'est-ce que t'essaies d'insinuer ?

J'ai rien Ă  cacher Ă  ma femme.

- Je sais pas c'est quoi, votre entente, mais on sait tous

que c'est elle qui a le gros de l'argent

pis que t'as de la misĂšre Ă  suivre.

- Bon ! Les jeunes, j'ai besoin d'un coup de main.

- Est-ce que je peux faire une blague désagréable

sur le fait que ça me tente pas

pour qu'aprÚs ça, je me sente coupable

pis que je t'aide avec beaucoup d'enthousiasme ?

- Non.

- T'es plate.

- Bon, Debbie Lynch-White vit un moment d'insécurité

par rapport Ă  son Ăąge.

- Déjà ?

- Elle a quand mĂȘme plus que 30 ans.

- Elle a 32 ans pis elle a aucune raison de s'en faire,

mais elle s'en fait pareil

parce que c'est rendu comme ça, le métier.

Elle veut des jeunes pour l'aider Ă  rajeunir son image.

Mais je veux rien de drastique.

- Toutes les supplémentaires sont levées

pour la piÚce de Rémy Girard.

Les billets se vendent super bien.

- Super ! C'est tout ?

- Oui.

- Pourquoi tu restes plantĂ©e lĂ  Ă  me regarder de mĂȘme ?

Je suis correcte. J'ai pas l'air correcte ?

- Ah oui, oui.

- C'est parce que tu me souris

comme si t'essayais d'ĂȘtre fine.

J'ai l'air pathétique ?

- Ah, non, c'est moi, c'est con, mais tu sais,

je me suis enlevĂ©e de Facebook sur un coup de tĂȘte,

mais j'avais pas réalisé que quand tu t'enlÚves de Facebook,

ben plus personne peut savoir que c'est ta fĂȘte...

- AllĂŽ ! OK, elle arrive.

As-tu du chocolat sur le coin de la bouche ?

- Ah ! Ah oui.

- T'es attendue dans la salle de conférence.

- Ah oui ?

- Le monde pense que j'ai 50 ans.

Je pogne avec la génération de ma mÚre.

- C'est un public important.

- Non mais c'est pas ça, la question.

La question, c'est que je suis une baby-boomer de 32 ans.

- Pour que les jeunes te suivent, donne de la matiĂšre.

Il te faut des photos Ă  tous les jours.

- Je fais toutes les revues de mode du Québec.

J'ai posé nue pour la une d'une revue de théùtre.

7 Jours, La Semaine. C'est pas assez ?

Je fais le

7 Jours, La Semaine. C'est pas assez ?

- Je vais ĂȘtre honnte, ça fait

fake,

les

photoshoots.

Il te faut de l'extraordinaire dans l'ordinaire

pour que les gens aient un accÚs privilégié à ta vie

pis que ta vie leur semble 100 fois mieux que la leur,

mais qu'en mĂȘme temps, ils s'identifient Ă  toi.

- OK...

- En tout cas, moi, j'ai vu tes

posts

pis j'aime vraiment beaucoup ton chien, hum !

- Merci, mais si on pouvait essayer

de faire un petit peu plus original que mon chien.

- Tu pourrais faire des affirmations politiques.

Quand Shania Twain a dit qu'elle aurait voté pour Trump,

son compte Twitter a explosé.

- Ouais, pour les mauvaises raisons.

- Oh, pour toutes les raisons.

- Chicane-toi avec Sophie Durocher ou Guy A. Lepage.

- Je veux aller chercher les jeunes.

- Chicane-toi avec Pier-Luc Funk.

- Mais pourquoi ? - Un humoriste, ça serait bon.

- Non, je me chicane pas dans la vie.

- On n'ira pas là de toute façon. Tiens, Camille.

Camille, c'est l'assistante d'Alexandra.

- Bonjour !

- C'est plus à ça que je pensais.

- Quoi ?

- Debbie veut augmenter son nombre

de jeunes

followers sur les réseaux sociaux.

- Toi, t'es jeune, est-ce que tu me suis sur les réseaux sociaux ?

- Je me suis désabonnée de tous les réseaux sociaux.

- Ah ! Super.

- Mais je t'aurais suivie avant.

- Mais tu me suivais pas ?

- Non.

- Pourquoi ?

- J'y avais juste pas pensé.

- Tu suivais qui ?

- Coeur de pirate, Marilou de

3 fois par jour,

Sarah-Jeanne Labrosse.

- Bon, c'est ça, des filles de ton ùge.

Je suis juste trop vieille.

- Ben non, les actrices qui ont un

follow-up

jeunesse,

c'est parce qu'elles ont commencé

leur carriÚre dans des séries jeunesse.

Toi, t'es rendue ailleurs.

- Pis il y a aussi que...

Ă  un moment donnĂ©, faut nourrir la bĂȘte.

Deux statuts Facebook pis 3

posts

Instagram par semaine,

je m'excuse, mais ça va pas t'amener ben loin.

(soupir)

- On va te coacher.

- Bon, OK,

go, j'ai pas le choix.

- Parfait.

(déclics d'appareil photo)

Qu'est-ce que tu vas prendre ?

- Je sais pas, du poulet.

- CÇa fait pas des belles photos.

- Mais j'ai envie de manger du poulet.

- Faut que t'arrĂȘtes de faire ce que tu veux

pis que tu penses mise en scĂšne.

- C'est vraiment juste moi qui monte des escaliers.

- Oui, mais pour aller Ă  un rendez-vous Ă  ton agence.

C'est intrigant, tu comprends ?

- Faut que tu prennes de la viande rouge.

CÇa fait dĂ©linquant, ça fait plus libre.

- Oui, mais c'est pas passé mode

de mettre sa bouffe sur Internet ?

- Ah oui, oui, complĂštement.

C'est fini pour le monde ordinaire.

Mais pas pour Debbie Lynch-White.

- DerriĂšre ces portes-lĂ ,

c'est un monde de rĂȘve pis de vedettes.

On veut en savoir plus.

- Tu vas une photo de toi en train d'avoir du plaisir

au restaurant avec un interlocuteur mystĂšre.

Genre

hashtag :

la vie est pleine de surprises.

- Ha ! C'est un peu quétaine.

- Fais-le second degré

si c'est trop quétaine pour toi au premier degré.

second degré ?

- Mais comment tu fais ça, unhashtag

second degré ?

- Dah !

Hashtag second degré.

-

Ta vie est extraordinaire !

Faut que tu la mettes en valeur, tout le monde fait ça.

En plus, tu vas voir avec le temps pis les

likes,

tu vas vraiment finir par croire

que chaque détail de ta vie est précieux.

OK, on y va.

Ouais, ouais ! C'est bon, ça ! CÇa fait naturel.

- Sois plus spontanée, rapide, insouciante.

Au pire, tu t'excuseras aprĂšs.

Souris ! Force-toi un peu, on va en prendre toute la journée.

Je m'excuse !

- Je m'excuse !

- C'est bon, ça.

(déclics de l'appareil photo)

- Prends-moi un rendez-vous avec la banque le plus tĂŽt possible.

T'annules tout ce qu'il faut, tu le mets en priorité.

- Parfait. On a reçu le premier contrat de

Toujours vivant.

Le nouveau projet de Marc-André Grondin,

basé sur son personnage

qui est supposément mort dans

Jeu de trahisons.

-Toujours vivant,

ça, c'est le titre de travail ?

- Pour l'instant, c'est le vrai titre.

T'avais aussi une conférence téléphonique

avec Michel CÎté qui commençait il y a 5 minutes.

- Excellent !

- Euh... bonjour !

- Oui.

- C'est pas votre rapport final, ça ?

- Non, non, c'est les reçus refusés.

- Elle refuse les comptes de dépenses au complet.

On est au pire du pire.

Genre, je savais mĂȘme pas que ce pire-lĂ  existait.

Genre, dans ma tĂȘte, le pire Ă©tait lĂ .

Mais lĂ , on est l. On est Ă  terre.

On se noie dans le pire.

- T'es pas dramatique du tout.

- Qu'est-ce que t'as fait ?

- Hein ? Pourquoi ce serait ma faute ?

- Ha ! La fille est pas rationnelle en ce moment,

elle a mal, ça paraßt pis c'est de ta faute.

- Non, mais c'est ça, le pire,

c'est que j'ai rien fait de mal, elle capote pour rien.

- Qu'est-ce que t'as fait ?

- J'ai embrassé une autre fille.

- Ah non ! Ah non !

- Non mais j'ai choisi d'arrĂȘter de l'embrasser

parce que je suis amoureuse de Marianne.

Je veux dire, ça s'annule, non ?

- Non.

- Hein ? Mais j'ai dit la vĂ©ritĂ©, j'ai Ă©tĂ© honnĂȘte.

- Mais pourquoi t'as Ă©tĂ© honnĂȘte ?

T'es jamais honnĂȘte avec les filles d'habitude.

- Je sais, exactement.

Il me semble que c'est une belle preuve d'amour.

Mais lĂ , elle boude.

Fait que lĂ , j'attends qu'elle arrĂȘte de bouder.

- OK, mais lĂ , c'est quoi, l ?

Qu'est-ce que vous vous ĂȘtes dit ?

- Oui, Michel, je suis d'accord avec toi,

tu ferais un excellent Mom Boucher, mais...

Oui, oui, je sais, les muscles et tout, mais...

Donne-moi 2 minutes, Michel.

C'est quoi, ça ?

- Les reçus refusés de votre compte de dépenses.

- Attendez, tout ça ?

- Oui, en fait, le compte de dépenses

a été refusé au complet.

- Attendez, vous avez pas le droit.

On va payer une fortune en impĂŽt.

- Oui, c'est ça, l'idée en général.

Au Canada, on paie de l'impĂŽt.

- Mais...

Ouais, Michel, je te rappelle, OK ? Merci.

-Elle m'a dit que c'était fini

pis qu'elle ne me ferait

pl

us jamais confiance.

- Oh, mon Dieu ! Elle boude pas.

C'est... c'est fini, là, oublie ça.

- Mais penses-tu que c'est la premiĂšre fois

qu'on me dit des affaires de mĂȘme ?

Elle va revenir, elles reviennent toutes.

(soupir)

- Tu vois, c'est encore pire que le pire

que j'imaginais il y a 5 secondes.

Non seulement on se noie dans le pire,

mais c'est rendu de la lave brûlante

qui coule dans un trou sans fin.

(claquement d'une porte)

- Tabarnac !

- Et voilĂ .

- Bon, ben, une autre journée passée

Ă  empĂȘcher le monde de s'Ă©crouler.

- Je te dis, une chance que t'es lĂ .

- Je peux ben ĂȘtre fatiguĂ© quand je me couche le soir.

- On pourrait peut-ĂȘtre aller prendre une biĂšre.

- Ouais... ah non.

Au fond, j'ai juste le goût d'aller chez nous

pis de gosser sur Tinder.

- C'est vrai que c'est le fun

de juste comme faire flipper les faces, tu sais,

date.

ben plus que d'aller sur une vraie

date.

- Ah non, hey, je vais jamais sur des

dates.

Es-tu folle ? C'est toutes des psychopathes. Bye !

(fermeture de porte)

- AllĂŽ !

- Pas de nouvelles d'Estelle ? - Non.

- Rien du tout ? - Non, rien.

- C'est bizarre.

- Non, non, l'offre est valide jusqu'Ă  demain soir.

- Elle fait exprĂšs.

- Elle fait ce qu'elle a Ă  faire, j'imagine.

- Es-tu correct ? - Oui, oui.

Est-ce qu'on mange quelque chose ou on fait juste boire du vin ?

- Je suis devenue responsable du souper

pis j'étais pas au courant, moi ?

- Non, non, c'est juste

que quand on boit des bouteilles Ă  50$,

normalement, c'est quelque chose qu'on fait en mangeant,

mais je dis ça de mĂȘme.

Super.

- J'ai pas faim.

(soupir)

- Je suis désolé. J'ai eu une mauvaise journée.

- Je m'en fous.

- CÇa va mieux ?

- CÇa va bien, ç'a toujours bien Ă©tĂ©, tout est sous contrĂŽle.

- Tant mieux.

- Tu sais que c'est trĂšs typique, ton attitude ?

Quand on a une divulgation volontaire,

ça vient souvent d'un employé à l'interne

qui a la mĂȘme attitude que toi.

- C'est pas moi qui...

- T'es venue me poser des questions sur le processus.

T'as besoin d'ĂȘtre rassurĂ©e, que ce sera pas si grave,

que ce serait arrivé sans la divulgation volontaire.

Mais la vérité, c'est qu'il y aurait pas eu

de vérification sans la divulgation volontaire.

Pis il va falloir que tu vives avec ça.

Pis si t'es au courant de quelque chose d'illégal,

ben, t'es tenue légalement en tant que citoyenne

de me donner l'information.

- J'ai pas d'information.

- C'est ça que je me disais.

Vengeance personnelle.

Pathétique.

- Debbie ! Excuse-moi, t'as oublié ton savon.

- Ah oui, ma brise de pomme verte.

- Ouais, ben, tu sais, si t'as de la visite,

ça pourrait ĂȘtre utile.

Pis c'est gratuit.

- Merci.

- Ouf ! Grosse journée, hein ?

- As-tu vu les photos qu'on a mises sur Instagram ?

- Non.

- Je comprends pas comment ça va rajeunir mon image

d'exposer ma vie en détails, c'est juste plate.

- Ben, montre des affaires pas plates.

- Comme ? Qu'est-ce qu'ils aiment, les jeunes ?

Qu'est-ce qu'ils font ?

- Je le sais pas.

- Ben, toi, mettons, qu'est-ce que tu fais de ta vie ?

-

AÀ part travailler,

ho

nnĂȘtement,

je fais pas grand-chose

de

ma vie.

Je marche. J'aime ça,

ma

rcher dans le coin.

CÇa me rappelle que je suisĂ  MontrĂ©al, que c'est pas plate.

CÇa, c'est parce que tu viens

d'

arriver, ça va te passer.

-

En fait, j'aime qu'il y a

to

utes sortes de monde,

En fait, j'aime qu'il y a

to

utes sortes de monde,

ça fait vrai.

Genre, je veux pas ĂȘtre plate,

mais tes

photoshoots toute maquillée pis coiffée,

ça fait moins vrai.

Pis je comprends pas pourquoi t'as peur de vieillir.

- Hé, hé, woh ! Woh !

J'ai pas peur de vieillir.

Mais on peut avoir une vraie conversation

sur le fait que oui, les producteurs sont influencés

par ce qui se passe sur les réseaux sociaux,

pis que oui, si je joue des rĂŽles

de madames de 47 pis de 74 ans,

pis que je fais la promotion de savon Ă  vaisselle

brise de fucking pomme verte,

ben, ça se peut qu'ils me trouvent dépassée

pis que je me retrouve sans rien dans le temps de le dire.

Il me semble que c'est évident, il me semble...

il me semble qu'une bonne agence comprendrait ça, non ?

Mais regarde, c'est mon erreur, hein,

c'est mon erreur d'essayer.

Tu sais, c'est pas parce que t'es jeune

que tu connais les jeunes ou les médias sociaux.

Quand t'es jeune, t'es juste jeune.

- C'est vraiment gossant comment personne se rappelle

que c'est fucking angoissant ĂȘtre jeune.

T'as une carriĂšre, un char, un chien,

une blonde, une maison pis des rĂŽles de malade.

Franchement, il y a rien de tout ça qui va disparaßtre

parce que t'as reçu du savon à vaisselle brise de pomme verte.

Moi, j'ai rien dans la vie,

fuck all.

C'est ma fĂȘte aujourd'hui, j'ai 19 ans

pis il y a personne qui m'a dit bonne fĂȘte.

Fait que compte-toi ben chanceuse

de recevoir du brise de pomme verte,

juste comme ça, juste parce que t'es Debbie Lynch-White.

C'est pas donné à tout le monde.

- C'est ta fĂȘte ?

- Ouais.

Je m'excuse, je vais y aller.

- Ben, veux-tu le garder, le brise de...

Je sais qu'est-ce

qu

'on va faire.

-

Je sais qu'est-ce

qu

'on va faire.

Tu vas la reconquérir

pi

s je vais t'aider.

- Hey, regarde, j'ai un plan, OK ?

- OK. Qu'est-ce que tu vas faire ?

- Rien.

- Rien ?

- Qu'est-ce que tu comprends pas lĂ -dedans, rien ?

- C'est le pire plan

ever.

- C'est ça qui m'excite, moi, chez une fille,

quand elle me rappelle pas.

Une dépendante affective, c'est laid.

- CÇa, c'est toi; Marianne, elle est normale, elle, OK ?

Elle a besoin d'ĂȘtre rassurĂ©e, d'ĂȘtre comprise,

d'ĂȘtre aimĂ©e, d'ĂȘtre cajolĂ©e.

- Mon Dieu que t'es intense.

- OK, Alexandra, tu n'as plus de temps, lĂ . Appelle-la.

- Non, elle va m'appeler, tu vas voir.

- Ah ! Tu sais quoi ?

- Hum ?

- T'es tĂȘtue, t'as tort, t'es...

T'es paresseuse, t'as peur d'ĂȘtre rejetĂ©e.

Pis tu mets tout le monde dans la marde.

On parle d'énormément d'argent, là, OK ?

Pis oui, ça peut peut-ĂȘtre paraĂźtre superficiel

de parler d'argent comparé à ta grande histoire d'amour.

Mais l'argent, c'est utile dans la vie.

Pis si tu continues de rien faire,

t'es de loin la fille la plus égoiïste au monde,

pis c'est pour ça que t'es toute seule,

pas parce que le reste du monde comprend pas

que embrasser une autre fille, c'est un signe d'amour.

(soupir)

- AllĂŽ...

- Bonne fĂȘte !

- Maman !

- Je voulais te faire une surprise.

CÇa fait 4 heures que j'attends dans les marches.

- Pourquoi tu m'as pas appelée ?

- J'avais peur de te déranger.

- C'est ben niaiseux, j'étais toute seule.

- AÀ chaque fois qu'on se parle, t'as l'air tellement occupĂ©e.

- Ben oui, mais lĂ , c'est ma fĂȘte.

C'est ben con que tu m'aies pas appelée.

- Parle-moi pas de mĂȘme, je suis ta mĂšre.

- Je veux pas dire que t'es conne,

je veux juste dire que c'est sûr que je veux te voir,

que je m'ennuie.

- Pourquoi on se chicane d'abord ?

- Ben, on se chicane pas.

- Ah non ?

C'est juste comme ça que tu parles

depuis que t'habites à Montréal ?

- Ah ! Oui, je le sais, maman,

j'ai donc changé depuis que j'habite à Montréal.

- Ben, en tout cas, t'es plus bĂȘte que tu l'Ă©tais.

- Ben, c'est ça, ça doit ĂȘtre l'accent de MontrĂ©al.

Pis à part de ça, toi, quoi de neuf ?

- Collette a encore laissé Robert.

- Je t'ai fait un chĂšque, c'est 2000$.

C'est tout ce que j'ai en ce moment,

mais je vais t'en apporter d'autres Ă  chaque mois

jusqu'à temps que j'aie complÚtement remboursé ma dette.

- Je vais pas prendre ton argent, Sofia.

- Mais je me sens tellement mal, j'ai vraiment été conne.

Donne-moi au moins une chance de me faire pardonner.

- ArrĂȘte, lĂ .

- T'as raison, je mĂ©rite mĂȘme pas de me faire pardonner.

- J'ai mal géré mes affaires, c'est mon problÚme.

- T'es tellement fin.

Comment ça se fait que t'es fin de mĂȘme ?

Pis je le prends pas personnel,

je sais que t'es comme ça avec tout le monde.

Mais il y a jamais personne

qui a été aussi généreux avec moi que toi.

Pis de penser que j'ai peut-ĂȘtre gĂąchĂ© ça...

- T'as rien gùché, là.

- ... que c'est de ma faute.

- C'est de ta faute, c'est de ma faute,

c'est de la faute Ă  Alexandra.

C'est de la faute Ă  tout le monde.

- Elle a couché avec Marianne ?

- Ben là, j'ai pas dit ça.

- Ah, ben oui, ça fait tellement de sens.

- OK, va pas dire ça à personne, l.

Je veux dire, je suis fùché contre elle,

mais je veux pas la faire chier.

- Tu vois, t'es l'homme le plus gentil au monde.

- Ouais, ben... ha ! Je sais pas, lĂ .

(soupir)

Bon, ben... il est tard, hein, fait que...

Pis j'ai faim, fait que...

- Ah, oui, excuse. OK, ben, j'y vais.

Bon, ben, Ă  demain.

- AÀ demain.

Euh... Sofia ? Je le prendrai pas.

(sonnerie de cellulaire)

- Je le savais.

Qu'est-ce que je t'avais dit ?

- Elle veut ravoir son chandail.

- C'était juste un prétexte, le chandail.

Elle voulait juste pouvoir m'écrire.

- Elle t'a texté de le rapporter à l'agence.

- C'est ça, je suis pas conne, je l'ai laissé chez nous.

- Si tu le dis.

- Hey, pis en passant,

je te pardonne pour ce que t'as dit hier.

- Je me suis pas excusé, je le pense encore.

- Je te pardonne pareil !

- Tu vas pas partir sans manger ?

- Je veux pas ĂȘtre en retard.

Mais j'étais contente de te voir en tout cas.

- Ah, tu veux que je m'en aille ?

- Non, non, mais je savais pas

combien de temps t'allais rester.

- Camille, je suis inquiĂšte. T'as pas l'air bien.

Je comprends pas ce que tu fais ici honnĂȘtement.

T'es trop jeune, t'es désorganisée.

- Oui, c'est difficile, oui, je suis désorganisée,

mais tu sais qu'est-ce que je voudrais ?

Je voudrais que tu sois fiĂšre de moi.

Que tu me trouves forte d'endurer tout ça justement.

Pis que tu m'encourages

plutĂŽt que toujours me dire que je serai pas capable.

- Mais t'as pas besoin d'endurer tout ça, t'es ben à la maison.

- Toi, t'es ben quand je suis Ă  la maison.

C'est toujours Ă  propos de toi.

- Non, c'est toujours Ă  propos de ton pĂšre.

- Oh, mon Dieu, c'est lourd.

- Camille, t'es le cliché de la fille qui cherche son pÚre.

Pis si t'Ă©tais assez forte pour pas ĂȘtre ça,

ben lĂ , je serais fiĂšre de toi.

Parce que ton pĂšre, c'est unone night dans un party Ă  Alma,

fait que faudrait que t'en reviennes.

- Tu fais simple, hein ?

Bonne journée.

- Ben, bonne journée !

-J'ai besoin d'argent.

- Je me disais justement en m'en venant ici :

"J'espĂšre qu'il va pas essayer de m'emprunter de l'argent."

- Ben oui, c'est ça.

Pour que ça marche à l'agence, faut qu'Emmanuelle pis moi,

on soit propriétaires 50-50, sinon ça marche pas.

Pis pour des raisons qui sont hors de mon contrĂŽle,

j'ai pas l'argent qu'il faut pour mettre ma part.

- Ben, je vais en donner plus Ă  Emmanuelle,

je veux dire, c'est pas un problĂšme.

- C'est justement ça, l'idée,

c'est qu'elle, elle le sache pas.

Sinon, je lui aurais demandé à elle.

- Veux-tu me dire pourquoi je te prĂȘterais de l'argent

dans le dos de ma fille ?

- HonnĂȘtement, je le sais pas, mais t'es ma seule option.

Pis je peux pas rater l'achat de l'agence une autre fois.

Je serais prĂȘt Ă  faire n'importe quoi.

- Sauf Ă  laisser Emmanuelle ĂȘtre majoritaire.

- Je veux pas que ma femme soit ma patronne.

CÇa se peut ? Il me semble que ça se comprend.

- Qu'est-ce que t'aimes mieux ?

Que moi, j'embarque, pis que je devienne ton patron. Oh !

- Hey, crisse, un gars a le droit

d'avoir une chance une fois dans sa vie ?

Moi, je viens de nulle part, j'ai pas eu de pĂšre,

pis ma mĂšre, elle aurait Ă©tĂ© aussi ben de pas ĂȘtre lĂ .

Fait que tu le veuilles ou non, ma famille, c'est toi.

Pis lĂ , j'ai besoin d'aide.

- C'est trop dangereux de t'aider.

Parce que si je t'aide lĂ , tu vas vouloir me tasser tantĂŽt,

parce que c'est insupportable pour toi d'ĂȘtre redevable.

C'est déjà assez compliqué nous deux,

je m'embarque pas lĂ -dedans.

- C'est ben beau, Hubert, merci.

(petit rire)

- AllĂŽ ! Je suis pas loin de l'agence.

J'imagine que t'es occupée.

Je voulais te voir avant de repartir, OK ?

Juste 2 minutes pour pas qu'on se laisse de mĂȘme.

Je t'aime, ma puce.

Ah ! Ben...

Je m'excuse d'ĂȘtre lĂ , je veux pas dĂ©ranger.

- Ben non, mais c'est correct.

T'as... t'as le droit d'ĂȘtre Ă  MontrĂ©al.

- Je m'en retourne Ă  Chicoutimi, mon autobus est Ă  3h00.

(sonnerie de téléphone)

- Qu'est-ce que t'as fait avec Debbie hier ?

- Euh, rien de spécial.

On a jasé des photos qu'elle avait prises

avec Jérémie pis Noémie.

- Parce que je n'arrive plus Ă  la rejoindre l, hein ?

Elle m'a écrit : "Je vais faire Ginette Reno, c'est correct.

"Camille m'a convaincue que j'étais vieille.

"Vraiment un gros plus pour l'agence, Camille.

Sortez-la, bon Dieu !" Avec un bel émoticÎne neutre.

Tu lui as vraiment dit qu'elle était vieille ?

- Non mais dans le sens qu'elle est parfaite...

- Ben oui, je le sais ben, qu'elle est parfaite !

C'est pour ça qu'on la représente.

Je fais quoi, moi, lĂ  ? Hein ?

Notre job, c'est de materner les artistes pis de les rassurer.

Toi, tu l'as déstabilisée !

- Je suis désolée.

- Ben oui, moi aussi, je suis désolée,

parce que j'ai les producteurs pis j'ai Ginette Reno

qui attendent un retour d'appel pis je sais pas quoi leur dire

parce que Debbie Lynch ne me répond plus !

Je fais quoi, moi, lĂ  ? Hein ? Je fais quoi ?

Ah ! Les enfants d'amateurs, ça sait pas ce que ça fait !

- Tu sais, pour vrai, oui, c'était de la folie

de décider d'avoir une enfant toute seule.

Mais c'était pas si difficile que ça.

Au début, un peu, oui.

Mais ça aurait été difficile de toute façon.

Pis aprÚs ça, pendant des années,

c'était juste merveilleux.

Ma petite Camille. C'était ma Camille.

On n'était pas une famille, on était plus que ça.

On avait notre bulle Ă  nous deux,

on était comme inséparables.

Pis oui, je veux qu'elle vive.

Pis je me doutais qu'à un moment donné,

elle allait partir étudier ou quelque chose,

mais pas comme ça.

Elle est partie sur un coup de tĂȘte

pis elle se retrouve Ă  travailler avec toi.

Pis moi, je peux pas rien dire sans lui taper sur les nerfs.

(soupir)

Pis lĂ , tout d'un coup, elle m'en veut

d'avoir été assez niaiseuse

pour garder une enfant qui avait pas de pĂšre.

Pis moi, je me dis...

Comment ça se fait que ça s'est tout retourné contre moi ?

Que c'est que j'ai fait de pas correct ?

- T'as rien fait de pas correct.

- Tu le sais pas, t'étais pas là.

- Non.

(soupir)

- J'ai peur de la perdre.

Que c'est que je fais, moi, lĂ  ?

(soupir)

(déclic d'appareil photo)

(déclic d'appareil photo)

- Debbie ?

- Hey, allĂŽ !

- Tu réponds pas à ton téléphone ?

- Ah non, mais j'essaye juste

de faire des photos qui ont de l'allure.

- Je voulais m'excuser pour hier.

- T'as pas Ă  t'excuser.

- Je comprends que tu veux que l'agence se débarrasse de moi.

J'avais pas à te garrocher mes problÚmes comme ça.

- De quoi tu parles ?

- Ben, t'as texté à Arlette : "Sortez Camille de l'agence."

Bonhomme neutre.

- Non, non, mais pour ta fĂȘte !

Sortez-la au resto, quelque chose.

J'ai mĂȘme dit que t'Ă©tais un gros plus pour l'agence.

- C'était pas sarcastique ?

- Ben non ! Hey, va falloir que j'explique ça à Arlette,

le bonhomme neutre, parce que...

- Parce que je pense pas que t'es vieille.

- Ah non, mais... mais c'est ça, c'est...

Tu m'as fait voir que c'est correct d'avoir mon Ăąge.

C'est rafraĂźchissant,

quelqu'un qui remet les choses en perspective des fois.

Ah oui. Ah !

Ah, c'est bon, ça. T'as déjà fait ça, toi.

(sonnerie de téléphone)

- Mme Gallant, vous ĂȘtes prte ?

- Oui. Ah !

-Il y avait Ă  l'agence

un

e habitude généralisée

d'utiliser les comptes de dépenses de la compagnie

pour des dépenses qui étaient pas

absolument nécessaires au travail d'agent :

des restaurants, des chambres d'hĂŽtel, des vĂȘtements.

Les dépenses refusées deviennent des revenus,

il va donc y avoir un réajustement

plus des intĂ©rĂȘts sur le montant dĂ».

Comme on remonte Ă  6 ans en arriĂšre,

ça fait une somme assez colossale.

- Combien ?

- Le montant exact va vous ĂȘtre envoyĂ©...

- Combien ?

Il est ouĂč, Jean-FrĂ©dĂ©ric ?

Il est ouĂč, Jean-FrĂ©dĂ©ric ?

J'ai jamais vu une gang d'incompétents comme ça !

Je le répÚte, rien qu'une gang d'incompétents !

J'en reviens juste pas !

Pis en plus, c'est tellement prétentieux,

vous vous pensez au-dessus de tout,

vous pensez que vous savez tout.

Ben non, ça se pense des agents de bout du monde.

Mais c'est hallucinant !

Ah, tiens ! T'es lĂ , toi. Tu la veux, l'agence ?

Tiens, elle est Ă  toi, je ne veux plus rien savoir.

- T'achĂštes l'agence ?

- Si j'achĂšte, j'achte avec ma femme, Emmanuelle.

- Ah, pis elle connaßt quoi aux agences ? C'est une chorégraphe.

- Je vais ĂȘtre lĂ , moi aussi.

On va tous ĂȘtre lĂ  pour assurer une continuitĂ©.

Il y a personne qui perd sa job.

Il me semble que c'est une bonne nouvelle, ça, non ?

- Hey, wow !

- Tu fais ça tout croche !

On travaille ensemble, on est des collĂšgues.

Tu nous dis rien, tu nous mets encore devant le fait accompli.

- De toute façon, je sais mĂȘme pas si je peux acheter.

AÀ cause de Revenu Canada, je suis pognĂ©.

Fait qu'on s'énervera pas pour rien.

- On est tous en faillite, c'est super !

- On va contester Revenu Canada.

- Le patron, ça va ĂȘtre toi ou elle ?

- Je viens de te dire que c'est mĂȘme pas fait.

- Non mais mettons, mettons.

- Les deux.

- Fait que ça va ĂȘtre toi ?

- Il est allĂ© ouĂč, notre rĂȘve d'acheter ensemble ?

- Hey, je vais pas me sentir mal de sauver l'agence.

- Oh, pardon, pardon, le sauveur, oui.

- Tu sais quoi ? Bravo !

Rendu lĂ , moi, je m'incline.

- Hey, on peut continuer Ă  te traiter normalement ?

Parce que moi, je suis pas sûre

que je vais pouvoir ĂȘtre plus fine que je le suis lĂ .

- C'est super, c'est super.

- As-tu quelque chose Ă  me dire finalement ?

- Non, je suis juste vraiment pathétique

avec ma vengeance personnelle.

Pis, ben, je voulais peut-ĂȘtre qu'on s'en parle.

Tu sais, entre filles

qui profitent du systĂšme pour se venger.

- Je vois pas de quoi tu parles.

- Elle est belle, hein, Alexandra ?

CÇa fait mal, hein ?

Pis vous vous en voulez

parce que vous auriez pas dĂ» vous faire avoir.

Sauf que vous vous ĂȘtes fait avoir.

Pis lĂ , ben, c'est tout le monde qui paie. La totale.

Vengeance personnelle, pathétique.

- Ah ! La voilĂ  !

(petit rire)

Es-tu prĂȘte ?

- Oui. oui, oui, oui, je suis prĂȘte.

- Bon ! T'as le goût ?

- Oui, oui, j'ai le goût.

C'est un rĂŽle important, on plonge.

- Bon, on y va !

Euh, Camille, tu peux retourner travailler, merci.

- Merci.

- Quand t'es prĂȘte.

- Ben, je vais y aller avec sa plus connue.

(soupir)

â™Șâ™Ș OÔ Canada â™Ș

â™Ș Terre de nos aiĂŻeux â™Ș

â™Ș Ton front est ceint... â™Ș

- AllĂŽ.

J'ai oublié ton chandail chez moi,

mais si tu veux, on peut partir ensemble

pis on peut aller le chercher chez moi.

- Garde-le, mon chandail, je m'en fous.

- On peut aller prendre un verre.

- J'irai pas chez toi, on prendra pas de verre ensemble.

Mais j'ai une bonne nouvelle pour toi pis tes collĂšgues.

J'ai ré... j'ai réalisé

que j'Ă©tais en conflit d'intĂ©rĂȘt pendant mon analyse.

Je fais pas confiance Ă  mon jugement,

mais comme je peux pas dire Ă  mon boss

que je suis tombée en amour avec la personne que j'investiguais,

ben, j'ai décidé d'accepter pas mal toutes vos dépenses

pour avoir la conscience tranquille.

Vous avez presque rien Ă  payer.

- Tu sais que je m'en fous de l'argent, hein ?

- Je m'en fous que tu t'en fous.

- OK, là, Marianne, je pense que t'as été fùchée

assez longtemps, tu trouves pas ?

- Je ne sais plus comment te le dire pour que tu comprennes.

C'est fini.

T'as beau t'entĂȘter parce que tu finis toujours

par avoir ce que tu veux dans la vie,

mais là, c'est juste brisé, il y a rien que tu peux faire.

- Il y a toujours quelque chose que je peux faire.

- Tu comprends vraiment rien, hein ? Pauvre toi !

- Ouh !

Euh, excusez.

Qu'est-ce qui se passe ?

- Elle est vraiment bonne.

Elle est vraiment bonne, tu sais, genre,

pour m'ignorer pis pour pas ĂȘtre genre trop dĂ©pendante affective,

elle est vraiment... elle est super hot, elle est trĂšs bonne.

Pis tu vas ĂȘtre content parce qu'elle a changĂ© d'idĂ©e,

fait que tu n'auras presque plus rien Ă  payer

parce qu'elle va presque prendre toutes nos factures.

Tu vas ĂȘtre trĂšs content.

- Tu me niaises ?

- Plus rien Ă  payer ?

-AllĂŽ ?

- ChĂ©rie, on l'a eu. CÇa marche.

(petit rire)

On va faire ça, on va diriger ensemble.

(petit rire)

C'est complĂštement fou !

- J'en reviens pas !

- Mon amour, je le sais que des fois, je suis lourd,

que j'ai pas le bonheur facile,

mais lĂ , l, je sais pas, je...

j'ai l'impression que tout est parfait.

- Mais il y a encore un petit truc qui m'achale.

Comment ça se fait qu'elle m'a dit

qu'il fallait qu'on te sorte pour ta fĂȘte ?

- Parce que c'Ă©tait ma fĂȘte hier.

- Comment ça se fait qu'elle est au courant de ça ?

Pourquoi t'as parlé de toi avec Debbie ?

- Parce que j'étais déprimée pis la conversation a débordé.

Je sais, j'aurais pas dĂ».

- Notre job, c'est de prendre soin des artistes,

pas l'inverse.

T'envoies un mauvais message si tu donnes l'impression

que t'es pas capable de gérer ta vie privée.

- Je m'excuse.

Je vais aller m'excuser Ă  Alexandra aussi,

pour qu'elle sache.

- Ouais, tu t'excuseras auprĂšs de ton pre,

ç'a l'air que c'est lui, le nouveau patron de l'agence.

(soupir)

- Es-tu prĂȘt ?

- La réservation est juste dans 1 h 30.

- Ah ! C'est donc ben long !

Il me semble que ça fait une heure que ça fait 1 h 30.

- CÇa fait longtemps que je t'ai pas vue Ă©nervĂ©e de mĂȘme.

- Je sais pas.

- La derniĂšre fois, c'est quand tu dansais encore.

(petit rire)

- Je te dirais que c'est pire en ce moment.

- C'est le fun !

- Merci.

- Non, pour vrai, ça fait du bien de te voir excitĂ©e de mĂȘme.

On aurait dit que t'étais comme rendue blasée avant.

weird.

C'était

weird.

- Bon, allez, on va prendre un verre

en attendant le resto, c'est trop long.

Pis on va s'arrĂȘter prendre le champagne avant de le rejoindre.

(sonnerie de cellulaire)

- AllĂŽ ? -AllĂŽ, Camille.

Est-ce que je pourrais te voirdans mon bureau, s'il te plaĂźt ?

- Arlette m'a déjà engueulée.

Fait que c'est correct, j'ai compris.

T'as pas Ă  en rajouter, mĂȘme si t'es mon nouveau patron.

Pis je sais que là, t'as enfin le pouvoir de me congédier,

mais je veux juste te dire

que ce serait vraiment poche si tu le faisais.

-S'il te plaĂźt,

pe

ux-tu venir dans mon bureau ?

- Oui, oui, je monte.

-Merci.

(soupir)

- â™Ș Bonne fĂȘte, Camille â™Ș

â™Ș â™Ș

- Bonne fĂȘte, ma fille.

- T'as pris son champagne préféré ?

- Ouais.

- Chut, chut !

Qu'est-ce qui se passe ?

Sous-titrage :

MELS

- Est-ce que ça... ça fait... C'est ton premier ?

- Mon premier ?

- Cancer ? Ton premier cancer ?

- Oui, ben oui, ben oui, c'est mon premier cancer, ben oui.

- Ah, c'est pas si pire quand mĂȘme.

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