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- Je vais te dire...
(soupir)
Ce matin...
j'ai pris une marche.
Une longue marche.
Je fais jamais ça, prendre des longues marches.
Habituellement, quand je marche, c'est parce que j'ai un but.
Hein ? - Oui.
- Mais pas Ă matin.
(clappement)
Je marchais, pis je me disais...
"Il va se passer quelque chose."
- Hum !
- Je marchais sur les trottoirs, je traversais des parcs.
J'ai marché dans des ruelles.
Pis à un moment donné, je lève la tête.
Pis lĂ , je suis debout devant le Parc olympique.
Je regarde ça, pis je...
Tout Ă coup, la fameuse phrase m'est revenue.
L'âme, tu sais...
L'âme, c'est la prison du corps.
- Hum, hum. Oui, de...
- Foucault. - Oui, exact.
- L'âme est la prison du corps.
- Hum, hum.
- Dans le fond, ce que ça veut dire pour l'acteur,
c'est que si t'intellectualises trop ton jeu avant de jouer,
tu mets ton corps en prison.
Donc, tu pourras jamais jouer vrai.
- Wow !
(petit rire)
Super.
Sinon, ça va ?
- Ben ouais.
- Est-ce que... est-ce qu'il y avait autre chose
dont tu voulais me parler ?
Hum, des... des contrats, peut-ĂŞtre, de...
(raclement de gorge)
Des... de la comptabilité ?
Une raison pour laquelle tu serais venu me voir ?
- AĂ€ part de ce qu'on vient de discuter, lĂ ?
- Ouais.
- Non. Non, je vois pas.
- Faut prendre rendez-vous avec la banque.
Je vais faire rédiger l'offre d'achat par mon avocat
pis je vais prendre rendez-vous avec Estelle.
- LĂ , l ? - Ben oui, lĂ .
- Ben, c'est juste que j'ai pas encore l'argent dans mon compte.
- Non, mais t'as le temps.
C'est long, une négociation.
- OK.
- Nerveuse ?
- Non. Oui. Je suis excitée !
(rire)
Toi ?
- Ben... Juste heureux.
- T'as l'air, oui.
- Ouais.
- T'es comme...
royal.
- C'est trop ?
- Hum, hum. - Ah ?
(petits rires)
OK.
-Non ! Ben non, ben non.
Dans le contrat, c'est très clair, là ,
on peut juste voir son dos, c'est non négociable.
Hein ? Non, non. Pas ses fesses, son dos !
Ben, je sais pas, moi, qu'il la filme
quand elle est couchée sur le ventre, là , c'est tout.
Non, non, pas son ventre, son dos !
Il la couche sur le ventre pis il la filme de dos,
c'est pas compliqué, me semble, là !
(sonnerie de téléphone)
(soupir)
Jérémie ? T'es pas à la réception ?
- Euh, non, je suis ici.
- Sofia est pas lĂ , ce matin !
Tu le sais, tu fais son horaire.
- Tu peux pas me demander de faire la réception.
- T'es mon assistant, je pense que je peux.
- Vois-tu le désespoir dans mon visage ? - Non.
- Comment tu penses que les courriers à vélo
me regardent quand je suis à la réception ?
CÇa fait un an que je dis que je suis un agent.
- Un agent ? - Senior.
(soupir)
- Monique Miller a appelé 3 fois,
elle dit que c'est urgent.
T'as un lunch avec Patrice L'EÉcuyer,
j'ai réservé au restaurant Le Caldo,
comme ça, tu vas déjà être à côté de la salle...
- Non, non, je peux pas, le lunch avec Patrice L'EÉcuyer,
j'ai déjà quelque chose.
- On l'annule ? - Non ! Ben non, non.
Propose-lui un café avant le lunch.
- Ben, t'as un rendez-vous chez Productions B Ă 11h00
Toxico.
pour discuter des contrats de la nouvelle série
Toxico.
- OK, mais après, en fin de journée, par exemple.
Faut que j'aille au Rideau Vert voir Rémy Girard,
il était bizarre ce matin.
- T'as un vernissage
Ă la galerie d'art du Belgo Ă 18h00.
- Invite-le avec moi au vernissage.
- Rémy Girard ? - Non, non, Patrice L'EÉcuyer !
- Mais tu y vas déjà avec EÉlise Guilbault.
Je peux juste l'annuler, Patrice L'EÉcuyer.
- Oui, annule, annule.
Pis écris "lunch' dans mon agenda, mais juste "lunch".
Bloque-le.
- Quoi ? - Ben... Quoi ?
- Hein ?
- Excusez-moi, lĂ , c'est la folie.
- OK, JF, t'as vraiment invité tout le monde, là .
- On commence ? - Oui. Oui.
- Ben oui, mais qu'est-ce qui se passe ?
- Faut qu'il se passe quelque chose
pour qu'on fasse une réunion d'équipe ?
- Ben, un peu, oui.
- Avec Michel, on en faisait une Ă chaque jour.
- Justement, on haiïssait ça, aussi.
- Me semble que ça nous ferait du bien
de retrouver une petite routine d'équipe, non ?
Hein ? Bon ! OK.
Qu'est-ce qui se passe avec le contrat de Rachel Graton
pour le biopic sur Michèle Richard ?
- C'est signé depuis 2 semaines.
- Super. Pis Rémy Girard ? - Hum ?
- C'est quoi, le problème ? - Ben, rien.
On l'a vu ce matin, il allait très bien.
- Super bien.
- Je sais pas pourquoi
tu t'inquiètes de mes clients, mais merci.
- En tout cas, moi, de mon côté,
j'ai entendu dire que ça allait pas en répète.
- Je peux pas dire. - C'est quoi, ton problème ?
Pourquoi tu te mĂŞles de nos affaires ?
- On est collègues dans la même agence,
c'est la moindre des choses qu'on s'entraide un peu, non ?
- Ouais. - Ah oui ?
Fait que tu nous aides, lĂ ?
- Je m'intéresse à ce qui se passe à l'agence.
- Bon, moi, j'aimerais ça profiter de cette tribune
pour vous informer
d'une situation complètement choquante.
- Quoi ?
- On n'a pas de réceptionniste.
- Ben là , "pas de réceptionniste", t'exagères !
- On n'a pas de réceptionniste !
- Sofia est en audition,
elle est dans la salle de
casting
avec Simon-Olivier Fecteau.
- Pour son prochain film ?
Je pensais qu'elle avait déjà le rôle.
- C'est une audition pour la forme,
pour rassurer le producteur
pour pas qu'il pense que Simon-Olivier
lui donne le rĂ´le juste parce que c'est sa blonde.
- C'est pas bon pour l'image de l'agence
d'avoir des assistants à la réception.
- Est-ce que c'est temporaire ?
- Je pense que c'est un problème créé par Gabriel,
et donc que Gabriel devrait trouver une solution.
- Ben lĂ , je vais pas m'excuser
de trouver des contrats aux clientes de l'agence !
- On te demande pas de t'excuser,
on te demande de t'en occuper.
- Hum, hum !
- Parfait ! Je vais m'en occuper.
(raclement de gorge)
Jérémie, tel que déjà discuté ce matin,
tu vas faire la réception aujourd'hui.
C'est bon ?
- Parfait...
- Bon, c'est parfait, ça !
(sonnerie)
- Oui, cher ?
Denise ?
Oui, ah, excuse !
C'est parce que je pensais que c'était mon assistant !
Oui ! Ha ! Ouais, t'es revenue !
Wow, c'est cool...
Oui. Ah oui, oui, j'ai... j'ai hâte de te voir.
LĂ , l ? Hum...
Ouf ! Ha ! C'est... Attends que je regarde, lĂ .
Hum... Ouais, tu me prends un peu par surprise, lĂ .
Ouais, non, aujourd'hui, je suis mur Ă mur.
- Je suis désolé, je ne sais plus comment vous le dire, là .
Non. Personne a le numéro de Roy Dupuis, OK ? Personne.
LĂ , je vais raccrocher, pis vous arrĂŞtez d'appeler.
HĂ© !
Tu sais, ce que je viens de dire, lĂ ,
c'est pas vrai, hein !
Moi, je l'ai, le numéro de Roy Dupuis.
Son numéro personnel.
- Depuis quand tu m'envoies des clients sans les annoncer ?
Sans filtrer ?
- Je l'aurais envoyé à ton assistant,
c'est juste que j'avais peur de développer
un dédoublement de personnalité.
- Tu diras à mon assistant de libérer mon vendredi,
parce que j'ai maintenant un lunch avec Denise Bombardier,
qui veut me parler de sa nouvelle télésérie.
- On niaise pas avec ça.
Le dédoublement de personnalité, c'est sérieux.
Mon arrière-grand-mre, elle entendait des voix !
- Ah oui ? - Ouais !
- Ah, Gabriel !
- HĂ©, Simon-Olivier !
- Ouais... CÇa marche pas pantoute.
- Ben, voyons donc, qu'est-ce qui se passe ?
- Sofia, elle est complètement pourrie, je capote !
Je ne le sais plus, quoi faire !
- Pourrie ? - Ouais.
- Prends ton temps, on va le refaire. OK.
Quand t'es prêt, Rémy.
(soupir)
Il y a pas de pression, lĂ !
Il y a pas de mauvaise réponse.
On veut juste avoir une idée de l'image que ça crée.
Bon...
Parle-lui parce que je ne suis plus capable.
- Qu'est-ce qui se passe ?
Salut, Rémy !
-Je veux juste
lu
i donner la chance
qu'elle constate par elle-mĂŞme
que ses idées sont complètement stupides.
- Fait que tu fais quoi ?
- Je fais rien. - Ah !
- C'est pour ça, j'attends qu'elle passe à autre chose.
- Ouais... C'est... c'est pas pire, comme idée,
mais c'est parce que ç'a pas l'air à marcher, l.
- Regarde, elle a pas d'expérience, hum ?
Moi, je veux ben lui donner une chance,
mais elle a moins d'écoute que Serge Denoncourt, batince !
Tu sais, à un moment donné, dans la création,
faut que ça vienne dans les 2 sens, là , tu sais !
Je suis pas une marionnette, moi, lĂ !
- Non, ben non, c'est sûr que non.
Mais c'est juste que le temps passe.
La première est dans 2 semaines. - Ouais...
- Peut-ĂŞtre que si tu lui donnais ce qu'elle veut,
elle réaliserait par elle-même que ses idées marchent pas.
(clappement)
- C'est sûr que si moi, je le fais...
Je veux dire, on...
CÇa peut donner l'impression que c'est bon.
- Mais oui ! - Mais ça le sera pas plus !
- Non, mais oui, parce que t'es un grand acteur.
- Oui, pis j'ai beaucoup d'expérience, surtout.
- Ouais.
- Pis assez pour savoir
que de chanter une chanson de
La mélodie du bonheur,
même au second degré, dans
Histoires de guerre,
c'est une idée complètement stupide.
- Elle te demande ça ? - Ouais !
- Ah ouais...
- Pis elle veut que je déchire ma chemise en plus,
pis au sens littéral du terme, hein !
Voyons donc ! Tu sais !
♪♪ Do, le do, il a bon dos ♪
♪ Ré, rayon de soleil d'or ♪
♪ Mi, c'est la moitié d'un tout ♪♪
Crisse !
- HĂ©, regarde, fais juste... Fais juste le faire.
Fais juste le faire.
T'as beau ĂŞtre bon, mĂŞme toi,
tu vas avoir l'air ridicule en faisant ça,
elle va le voir tout de suite.
Fais-le, Rémy. Fais-le.
- Do, le do, il a bon dos.
RĂ©, rayon de soleil d'or.
Mi, c'est la moitié d'un tout.
Fa, c'est facile Ă chanter.
Sol, l'endroit ouĂą nous marchons.
La, l'endroit ouĂą nous allons.
Si, siffler comme un pinson.
Et nous retournons au do, do, do, do, do.
- Bon. Ben, c'est bien. Merci, Rémy.
On va pouvoir construire lĂ -dessus, je pense.
On va le refaire avec juste un petit peu plus de...
de chant, hum ?
Avec un air musical. Quand tu veux.
(rire)
- Je te l'avais dit !
Elle se rend pas compte que ses idées sont stupides !
Le monde va partir Ă rire !
- Pardon ?
- Qu'est-ce que tu penses qu'il va se passer dans le théâtre
quand je vais chanter ça, hein ?
Le monde va partir Ă rire !
Qu'est-ce que tu veux ? Moi, je suis un gars drĂ´le !
Tu me fais dire une niaiserie ! Do, do, do ! Le monde va rire !
On va les perdre pour le restant du
show !
- Rémy, Rémy, calme-toi, là , c'était pas mauvais.
OK, c'était pas mauvais, c'était inattendu, peut-être surprenant,
drĂ´le Ă la limite, mais pas mauvais !
Je veux dire, c'était pas mauvais.
- Des propositions scéniques comme ça,
on faisait ça il y a 20 ans.
Pis on le faisait mieux.
- Euh, c'est parce que je suis lĂ !
- Si l'âme, c'est la prison du corps,
ben, son âme à elle, ça doit être la Sûreté du Québec,
parce qu'Ă chaque fois qu'elle ouvre la bouche,
je me sens comme en prison !
- Ah !
Ah, mon Dieu !
Ah, mon Dieu, Rémy, je suis...
Je suis tellement désolée ! Je...
- Mon Dieu, je suis vraiment désolée.
C'est inacceptable, ce qui vient de se passer !
Je veux dire, elle a perdu les pédales.
Veux-tu que je t'aide Ă t'essuyer ? Je...
- Je penserais pas, non. - Parfait.
- Ton téléphone sonne. - Oui.
Parfait, merci, je vais lui parler.
OK, je te dis, je vais lui parler.
- Ouais, ouais.
- Je lui parle tout de suite.
Si t'as besoin de quelque chose, tu me le dis.
- Non, c'est... - OK.
- J'étais curieux...
Qu'est-ce qu'ils vous demandent
quand ils vous embauchent ici ?
- Euh, je sais pas.
Le numéro d'assurance sociale, j'imagine.
- Ils doivent bien demander des preuves d'identité,
ou une personne référence ?
- Je me souviens pas du tout.
- Ah...
Hé, mais je pense à ça...
Penses-tu que tu pourrais aller
dans les bureaux de l'administration
prendre les dossiers d'embauche des derniers employés ?
- Le dernier, c'est Simon, je pense, à la comptabilité.
- Bon, Simon, parfait. Ben, ou Camille, tiens !
On la connaît, elle vient juste d'arriver.
Facile. Lui ou un autre, lĂ .
Mais... mais Camille, c'est parfait, hein ?
CÇa va servir d'exemple.
- Ouais.
Euh, écoute, je veux vraiment faire ce que tu me demandes,
sauf que normalement, j'ai pas le droit
d'avoir accès à ces classeurs-là , donc...
- Ben oui. Je te donne le droit, hein !
- Ouais. OK.
- Merci !
- Maman l'a toujours dit que c'était toi, sa préférée !
Alors, je vois pas pourquoi
ce serait moi qui s'occuperais d'elle.
- Arrête de te servir de moi pour te déresponsabiliser.
- C'est ta responsabilité !
(soupir)
- OK, OK, on arrĂŞte.
Euh... Ben, c'est bien. C'est bien.
Mais... mais on dirait
que tu penses pas vraiment Ă ce que tu dis.
C'est comme si ton personnage
était rendu un petit peu trop fin.
- OK. Hum... Mais c'est parce que tantĂ´t,
t'as dit que j'étais trop fâchée.
- Ouais... Ben, en fait, faut... faut que tu sois fâchée,
mais c'est plus contenu, OK ?
- Hum, hum. OK. Ben, comme, amère ?
- Oui ! Exactement.
- OK.
- On reprend Ă "Maman l'a toujours dit."
- OK !
Maman l'a toujours dit que c'était toi, sa préférée !
Alors, je vois pas pourquoi
ce serait moi qui s'occuperais d'elle !
(soupir)
- C'est... c'est Ă toi, Simon-Olivier, de...
- Hein ? Ah, excusez ! Excusez, je...
Excusez. Je suis distrait. Ha !
Tu me distrais.
Est-ce que moi, je te distrais, chérie ?
(soupir)
- CÇa va ?
(inspiration soudaine)
- Oui !
- Je peux t'aider ? T'as besoin de quelque chose ?
- Non, non !
Euh... Jean-Frédéric m'a donné la permission
de venir vérifier quelque chose.
- Hum, hum. Qu'est-ce qu'il veut ?
Qu'est-ce qu'il prépare ?
- Lui, rien du tout. C'est... c'est moi, hum...
(clappement)
J'ai oublié mon code postal.
Ouais, c'est ça,
je voulais me commander du... granola sur Internet,
pis... c'est ça, j'ai rentré mon numéro de carte de crédit.
Pis lĂ , bon, code postal... Pff ! Je ne sais plus.
(petits rires)
(soupir)
Ah, ah... TĂŞte en l'air !
- Non, j'avoue, c'est pas... C'est pas super.
- Non. Mais je comprends pas.
Pourtant, elle était extraordinaire
dans sa pièce de théâtre, non ?
- Oui, oui. Oui, oui, c'est...
- Tous les troisièmes rôles qu'elle a faits,
elle était tout le temps super bonne !
AÀ moins que j'étais trop en amour
pis je ne voyais plus clair.
- Non. Non, non, non ! Elle était bonne ! Elle est bonne.
Mais là , c'est comme bizarre, on dirait que c'est trop détendu.
Tu sais, tu lui as quand même déjà donné le rôle, là .
- Ouais, ben, elle l'aura pas, le rĂ´le,
si j'ai juste ça à montrer à mon producteur.
Elle a pas de tonus, elle a pas de nuances,
Je... je le sais pas, quoi faire avec ça.
- Moi, je dis... Arrête. Là , ça sert à rien de continuer.
Tu la feras revenir demain.
- Ouais...
Demain, je fais les auditions pour la soeur de Sofia.
- Ben, c'est ça ! Réessaye-la demain ! C'est parfait !
Tu sais, avec d'autres actrices dans la salle, là , ça va aider.
Pis on s'entend que t'es pas
la meilleure réplique au monde non plus, là .
- OK, fait que c'est de ma faute ?
- Ben...
- HĂ©, mon amour ? Je pense qu'on en a assez, lĂ !
- Marianne, s'il te plaît, attends-moi, OK ? J'arrive, là .
Je te le dis, j'arrive, je suis en route, lĂ . Bye !
Mais qu'est-ce qui t'a pris ?
- Un mois que c'est comme ça !
Unfucking
mois !
OK ? Il est en train de me rendre folle !
- Ouais, mais tu l'écoutes pas !
T'as la chance de diriger
un des plus grands acteurs au Québec,
pis tu l'écoutes pas !
- Il m'écoute pas non plus !
- Cybèle...
Cybèle, tu le sais, que je crois en toi, OK ?
J'aurais jamais convaincu Rémy Girard de jouer dans ton projet
si j'y croyais pas,
pis je comprends que c'est toi, la metteure en scène.
Mais on parle quand même de Rémy Girard, là , OK ?
Vous avez pas tout Ă fait le mĂŞme CV !
- Quand les critiques pis le public,
ils vont juger la mise en scène, là ,
c'est
ma
mise en scène qu'ils vont juger, OK ?
Pas celle de Rémy Girard !
Comme c'est lĂ , lĂ , ce
show
lĂ ,
ça va être le premier pis le dernier grand théâtre
que je vais faire !
(reniflement)
- Cybèle...
- Je pleure de rage en ce moment, OK ?
Je pleure pas de peine ! Pis ça me fait chier de pleurer !
- Cybèle, faut que tu t'excuses pis que t'enlèves la chanson !
- C'est une bonne idée, la chanson !
- Tu l'as essayée, ça marche pas, t'enlèves... Cyble !
(vibration de cellulaire)
Crisse... Marianne, oui, je suis en route, je suis dans l'auto.
Je te le dis, je suis en train de conduire !
- Ah ! Merci beaucoup.
(rires)
- Je veux que ce soit ça, ma vie, tout le temps ! - Quoi, ça ?
- Ben, juste... Je sais pas, ĂŞtre dans un loft avec une vue,
boire du champagne le mardi.
- Quoi ? C'est pas ça, la vie ?
- Hum, hum...
(vibration de cellulaire)
- Oh non ! Faut que je le prenne, excuse-moi !
- CÇa va. - OK.
AllĂ´ ?
-
On va prendre une bière ?
- Cybèle, là , là , faut que tu...
t'appelles Rémy Girard pis tu t'excuses, OK ?
-
Je hais ça,
pa
rler au téléphone.
- Ben, va le voir.
-Viens me voir.
- OK, là , l, occupe-toi de Rémy Girard, OK ?
Bye !
- Faut que tu y ailles ?
- Non.
- Ah...
(petit rire)
J'ai un souper avec mes chums de fille, demain.
- Est-ce qu'il y a du champagne ?
- Euh... Pourquoi ? Tu veux venir ?
(bip de cellulaire)
HĂ©, je m'excuse, hein ! Je... je vais trop vite. Je...
(petit rire)
D'habitude, je suis super "étapiste",
mais lĂ , tu sais, tu veux tout le temps qu'on soit ensemble,
c'est... c'est genre coup de foudre !
Fait que... fait que je me dis : "Pourquoi pas ? Allons-y !" Ha !
Moi non plus, je... j'ai pas envie de mettre les freins, lĂ .
- OK. Fait que pas de freins.
On enlève les freins. Pas de freins. Aucun frein.
- Sérieux ? Tu veux venir souper avec mes amies demain ?
- Oui. Absolument. Oui.
Si tu veux, on peut les recevoir ici.
- Euh... OK, carrément ?
(rire)
- Je sais pas, là , à ce qu'il paraît,
les femmes aiment ça, les lofts.
- Beurk ! Macho ! OK, non, non, on le fait pas ici, d'abord.
- Non, on le fait ici ! - Non, non !
- S'il te plaît, je veux les impressionner !
(brouhaha)
- Lui as-tu dit qu'Alexandra était pas là ?
- Hein ? Ben... Je sais pas, lĂ .
Il est passé devant moi sans rien dire.
Il avait son sourire légendaire, fait que j'ai pas parlé.
La réception, c'est pas dans ma description de tâche,
fait que donnez-moi un
break !
- M. Girard ?
Alexandra avait un rendez-vous à l'extérieur,
mais on fait tout en notre possible pour la localiser.
- Merci.
- Je peux vous offrir un verre d'eau ?
- C'est une
joke ?
- Non.
- CÇa fait longtemps qu'il est là ?
- Non, non. 1 h 30 min.
- Fuck !
(sonnerie de téléphone)
Rémy ! Ah, excuse-moi ! CÇa va ?
- CÇa va très bien.
-Good ! Good,
je suis contente d'entendre ça.
- J'ai décidé de quitter la pièce.
- Quoi ?
- C'est un soulagement énorme.
- Mais la première est dans 2 semaines,
tu peux pas faire ça.
- Tu vois, je me disais ça aussi.
Mais j'ai fait la liste de tous les projets
que j'ai laissé tomber parce que je les sentais pas,
pis il y en a pas mal, hein !
Ben, je vais te dire... Je l'ai jamais regretté.
Jamais.
- Ouais, mais... Mais c'est pas la mĂŞme affaire.
Le projet est entamé, t'as signé un contrat,
la première est dans 2 semaines !
Je veux dire, tu peux pas... On peut pas.
On peut pas faire ça,
on peut pas te remplacer Ă 2 semaines d'avis.
- Je veux pas ĂŞtre bĂŞte, mais rendu lĂ ,
ce n'est plus mon problème.
- Attends, attends, Rémy !
Des affaires de même, ça pardonne pas, là !
Tout le milieu va le savoir !
- Mais j'en ai plein, d'autres projets ! Ha !
J'en ai même qui impliquent pas nécessairement
que je doive recevoir un verre d'eau en pleine face.
- Ouais, mais elle s'est excusée.
- Ouais, par texto : "Je m'excuse." Bonhomme sourire.
HĂ©, on parle de violence, lĂ , hein !
Tu peux agresser quelqu'un comme ça, pis après ça, t'excuser :
"Je m'excuse", bonhomme sourire ? Voyons donc !
- Elle a 25 ans.
- Ben, c'est ça. C'est ça, Alexandra.
Je te l'ai pas déjà dit, qu'elle était trop jeune
pour s'attaquer Ă
Histoires de guerre ?
Hein ? Ben non !
T'as insisté pour me dire qu'elle était bonne !
Que c'était pas la saveur du moment !
Ben, on est rendu lĂ !
(brouhaha)
- Oui ?
- Non, merci, Noémie.
Camille, tu pourrais venir avec moi, s'il te plaît ?
Il y a quelque chose qui cloche
avec un des contrats d'Alexandra.
- C'est pas un bon moment, je suis occupée.
- Je peux attendre que tu finisses ton yogourt
si c'est ça qui t'empêche de travailler.
- Comptais-tu vraiment donner
ton certificat de naissance aux ressources humaines ?
- Ah, c'est vrai, j'oublie tout le temps.
Il manquait une pièce d'identité
quand ils m'ont engagée, je dois l'apporter.
- AĂ€ quoi tu penses ?
- Ah...
T'as peur que ton nom soit dessus ?
- Ben oui.
- Il est pas dessus, inquiète-toi pas.
- J'aimerais ça le voir.
- Je viens de dire qu'il est pas dessus.
- OK, mais quand tu vas l'amener Ă l'agence,
est-ce que tu pourrais me le donner Ă moi directement ?
- Oh, mon Dieu !
Tu penses pas sérieusement
que je pourrais me tromper
sur si oui ou non, le nom de mon père
est sur mon certificat de naissance ?
C'est quelque chose d'important dans la vie de quelqu'un,
le "père inconnu" qui est écrit sur son certificat de naissance.
Fais-moi confiance.
- Je veux juste le voir, Camille.
-AllĂ´ !
- AllĂ´ !
- Wow, ça sent bon !
Mon père soupe avec nous.
- En quel honneur ?
- Ben, pour parler de l'achat de l'agence
pis de l'argent, un peu de tout ça, là !
- C'était pas réglé, ça ? C'était pas ton argent, au fond ?
- Non.
- Ah ben ! La belle surprise.
Salut, Hubert.
- Comme ça, vous vous lancez en business ?
- Exactement !
(clappement)
- Beau projet, l'agence AMG.
La chasse gardée des bonshommes qui font de l'argent
sur le dos des petites actrices du show-business
devient une entreprise familiale !
Qui l'eût cru !
- En passant, il n'y a plus personne qui dit ça,
"show-business".
- C'est triste !
Parce que ça décrivait bien ce que vous faites.
Du
show
pis de la business.
Parce qu'on s'entend,
depuis que vous avez kidnappé le mot "culture"
pour parler de vos petits téléromans,
on se demande bien pourquoi on ferait un pays pour défendre ça !
Hein ? Merci. - Papa...
- Ouais, t'as raison,
on devrait faire un pays pour Gilles Vigneault Ă la place.
Mais juste pour Gilles Vigneault.
- C'est tellement un bon directeur d'acteurs,
Simon-Olivier.
- Hum...
- Je me sens tellement Ă l'aise avec lui.
- Ouais... Ouais ! CÇa... Ca paraît.
- Pis, tu sais, je me demandais
ça allait être quoi de jouer pour mon chum,
mais finalement, il est tellement aimant que...
Ha ! C'est super.
(petit rire nerveux)
- Mais en mĂŞme temps,
kick
d'adrénaline, qui...
c'est sûr que t'as pas le petit
kick
d'adrénaline, qui...
- Oui, ben, en mĂŞme temps,
c'est tellement stressant, ce métier-là !
Si on peut se donner un
break
des fois de temps en temps, lĂ ...
- Ouais ! C'est...
- Sais-tu c'est qui,
les actrices qui vont auditionner pour ma soeur ?
- Euh... Ouais, non, je ne m'en souviens plus, lĂ .
Hum... C'est pas des filles de l'agence, lĂ .
Hum... EÉmilie Pérusse, Kary-Anne Dagenais...
- Kary-Anne Dagenais ?
- Ouais, je pense.
- Ah, mon Dieu, que je l'aime pas, elle !
- Bon, ben, ça, ça arrive, hein !
- En tout cas, si c'est elle... Beurk !
Maman l'a toujours dit que c'était toi, sa préférée.
Alors, je vois pas pourquoi
ce serait moi qui m'occuperais d'elle.
- Attends, peux-tu refaire ça ? - Quoi ?
- Ben lĂ , ce que tu viens de faire, peux-tu me le refaire ?
- Ben, ouais, OK.
Maman l'a toujours dit que c'était toi, sa préférée.
Alors, je vois pas pourquoi
ce serait moi qui m'occuperais d'elle.
- OK, c'est bon.
- Je veux pas vous dire quoi faire
avec l'héritage de ma fille.
Mais en même temps, j'ai pas passé ma vie
Ă faire fructifier le patrimoine familial
pour vous voir prendre une mauvaise décision
sans rien dire !
- HonnĂŞtement, Hubert,
je ne sais plus quoi te dire, lĂ .
Je connais l'entreprise par coeur,
je connais le milieu par coeur,
ça fait des années que je me prépare à diriger l'agence.
Oui, le départ de Michel a précipité les choses,
mais sinon, tout était prévu.
Fait que je te remercie beaucoup de t'inquiéter de notre sort,
mais tout va bien, OK ?
- As-tu remarqué que tu parles juste de toi dans tout ça ?
- Papa, c'est lui qui a l'expérience.
On le sait, c'est correct !
- Non, non, je m'excuse, mais...
T'es une artiste, t'as une carrière internationale !
Je te vois mal vivre dans l'ombre
de quelqu'un qui a passé sa vie à ...
Peut-être que si tu te préoccupais
du bien-ĂŞtre de ta femme,
tu te servirais pas d'elle
pour te payer une agence que t'as pas les moyens
d'acheter tout seul.
- Papa !
- Peut-ĂŞtre que tu pourrais aussi
revirer ça de bord, hein,
pis te dire que je lui donne l'occasion de faire de l'argent,
de plonger dans un univers passionnant, pis...
Je sais pas, moi ! De faire quelque chose de ses journées.
- Tu vas le laisser parler de toi comme ça ?
- C'est vrai que je fous rien de mes journées.
- Pis...
Je m'excuse, là , mais "éditeur de manuel scolaire", là ,
c'était peut-être payant,
mais c'est quand mĂŞme pas le bout de la marde, lĂ !
- Franchement, Emmanuelle, tu vas t'occuper de gens
qui ont 100 fois moins de talent que toi.
Tu vas passer de danser pour Pina Bausch
à régler les horaires de JiCi Lauzon !
Est-ce que je suis le seul à trouver ça insensé ?
(raclement de gorge)
- Ce que tu fais, c'est tordu, OK ?
Tu fais tout pour nous monter un contre l'autre.
- Non, non, ce qui est tordu, c'est que tu t'imagines,
à chaque fois que je défends ma fille,
que je le fais contre toi.
CÇa, c'est tordu !
Pis ça, ça veut dire
que tu te fous complètement de son bien-être à elle.
- Wow ! Juste wow !
- Je te l'avais dit, hein !
- Elle est super bonne, Sofia !
- Bravo !
- Ouais, pis t'aurais dĂ» voir ses yeux.
Toute l'agressivité était dans ses yeux,
pis sa voix était d'un neutre juste assez tordu.
Mon producteur a vu les auditions, il l'adore !
- Bon, ben... C'est super !
- Ouais. Pis la tension entre les deux... Malade, mon gars !
Pis je pense que Kary-Anne Dagenais,
elle aime pas Sofia non plus !
- Cool !
- Ah, tu dis !
- Mais lĂ , tu vas pas jouer lĂ -dessus
tout le long du tournage, lĂ ?
- Ben non, ben non. Ha !
- Ouais. Tu peux ĂŞtre intense, des fois, Simon-Olivier.
(petit rire)
- Franchement !
(tintement)
(cliquetis)
(vrombissement d'une cafetière)
- Tiens.
- Ah...
- C'est bon, t'es content ?
- Hum ? Oui, oui.
- Super.
- "Père inconnu".
CÇa me fait drôle.
CÇa fait comme un... un petit pincement.
Ha ! C'est bizarre.
Merci.
- Cybèle, on n'a pas besoin de se voir pour se parler.
C'est pas Ă moi qu'il faut que tu parles,
c'est à Rémy Girard, OK ?
Il faut que tu t'excuses de vive voix.
Hein ? Mais oui, mais on se parle de vive voix en ce moment, lĂ !
T'es tannante avec ton histoire de bière, appelle Rémy !
Va prendre une bière avec Rémy !
C'est Ă lui qu'il faut que tu parles,
c'est ça qu'il faut que tu fasses.
Je comprends pas pourquoi
tu veux qu'on prenne une bière
pour te convaincre de prendre une bière, c'est ridicule !
Il y a une bière de trop dans ton affaire.
Pardon ? Bien sûr, je te prends au sérieux ! C'est juste...
(bips)
Cybèle ?
Ah, mon Dieu...
(soupir)
- Bonjour !
(clappement)
- Cybèle Perrin et Rémy Girard me donnent envie
de mettre ma tĂŞte sur l'autoroute
pis de regarder les 18 roues passer,
mais sinon, ça va... ça va super bien.
(soupir)
- Justement, il y a Rémy Girard
qui demande quand tu vas appeler le Rideau Vert
pour leur annoncer qu'il rachète son contrat.
- Tu sais c'est quoi, le pire ?
C'est que j'étais certaine, mais vraiment convaincue,
que c'était une bonne affaire qu'ils travaillent ensemble.
Tu sais, j'étais certaine qu'ils avaient quelque chose
Ă s'apporter l'un l'autre.
Je comprends pas. Je comprends pas ce qui s'est passé.
- Mais tu pensais qu'ils étaient faits
pour travailler ensemble pourquoi ?
- Je sais pas. Parce que...
AÀ cause de leur côté rebelle, leur côté extrême.
Tu sais, Rémy, il peut être hilarant,
mais il peut aussi être profondément touchant.
Il est complet, il est généreux.
Pis Cybèle, elle, elle commence, mais quand même, elle...
elle est extrême aussi, pis elle est entière, pis...
(soupir)
Elle a de l'audace, pis en mĂŞme temps,
elle fait attention Ă son public, elle pense Ă lui.
- C'est beau, ce que tu dis.
- Oh, ta gueule, Camille. Vraiment, lĂ .
OK, hum...
Libère-toi ce soir.
Je veux que t'accompagnes Rémy Girard au théâtre
pis que tu notes tous ses déplacements sur scène.
Moi, je vais... je vais dire à Rémy
qu'on essaie de lui trouver un remplaçant
pis qu'on a besoin de ça pour préparer le futur acteur.
- OK, mais on le remplace pas.
- Non. On ment. On ment pis on gagne du temps.
- Est-ce que tu réalises
que s'il avait de l'argent pour l'acheter tout seul, l'agence,
tu serais mĂŞme pas dans le portrait ?
- Ben, tant mieux pour moi, d'abord !
CÇa va me donner l'occasion de m'impliquer dans quelque chose
avec quelqu'un qui sait ce qu'il fait.
- Mais là , tu mérites mieux que ça !
C'est ton argent.
Fais-en ce quetu
veux.
- Sais-tu que ça fait un peu plus d'un an que je fais rien ?
Je manque de rien, j'ai de l'argent.
Mais je fais rien.
(clappement)
Il y a une couple de mois,
je me suis rappelée qu'il me restait des calmants
que le médecin m'a prescrit
quand j'angoissais avant de prendre l'avion.
J'en ai pris un, un après-midi.
Juste comme ça, parce que je filais pas.
(clappement)
Pis 2 jours plus tard, j'en ai pris un autre.
Ben oui, pourquoi pas ? CÇa m'avait fait du bien.
(clappement)
Pis la semaine d'après,
ben, je suis retournée voir le médecin
pour avoir une nouvelle prescription.
J'ai dit n'importe quoi, lĂ , que...
(inspiration profonde)
... que je partais en tournée pis...
Pis quand cette prescription-là a été finie, ben,
je suis allée dans une clinique sans rendez-vous
pour en avoir une autre.
Parce que j'étais trop gênée de retourner voir mon médecin.
Pis depuis, ben, je me promène d'un médecin à l'autre.
Au besoin.
Je sais pas ce que tu t'imagines.
Mais ma carrière internationale de chorégraphe...
elle ne veut plus dire grand-chose.
Mais lĂ , faut qu'il se passe de quoi,
parce que ça ne marche plus.
(sonnerie)
- Oui ?
T'es sûre ?
(petit rire)
OK ! J'appelle l'avocat.
On rédige l'offre d'achat cet après-midi.
Chérie...
(soupir)
Je t'aime.
(articulation silencieuse)
- CÇa y est, ça roule ? - Ben, je sais pas.
Simon-Olivier est comme en train de changer d'idée.
- Ben non, je viens de lui parler, il est super content !
- De Kary-Anne Dagenais, ouais !
Il aimerait peut-être ça, qu'on échange de rôles, elle pis moi,
Fait que lĂ , je suis en train d'apprendre
les répliques de l'autre soeur,
mais c'est vraiment un plus petit rĂ´le.
Je veux dire, le rôle principal, c'était moi qui l'avais avant.
- Ben oui ! Non, il peut pas...
- En tout cas, il aimerait peut-être ça nous rencontrer,
elle pis moi, avant de prendre sa décision.
- Non. Non, non, non. CÇa marche pas, là !
-Anyway,
allĂ´, l'angoisse !
Laisse-moi te dire que je me sens super "insécure".
(soupir)
- Ouais.
-
Qu'est-ce qui se passe ?
- Tu peux pas faire ça.
Tu peux pas enlever le gros rĂ´le Ă Sofia
pour lui donner le petit rĂ´le,
elle perdrait 5 jours de tournage,
c'est une méchante
drop !
- J'ai pas l'intention de changer quoi que ce soit !
Mais c'est comme t'as dit;
Sofia, elle est vraiment meilleure
quand elle est jalouse.
- C'est ce que je voulais pas que tu fasses !
Tu peux pas te servir de ça pour la manipuler !
- Je fais ça pour pas qu'elle le perde, le rôle.
Pis je l'ai juste déstabilisée un peu.
- "Déstabilisée un peu" ? Tu joues carrément avec sa tête !
- Ha ! Exagère pas !
De toute façon, le but, c'est qu'elle soit bonne.
Pis je suis quand même pas le premier réalisateur
à être un peu stratégique
pour avoir ce que je veux d'une actrice.
- Je sais pas quoi te dire, Simon-Olivier.
Je... je suis pas Ă l'aise.
- HĂ©, je comprends pas pourquoi tu rushes, lĂ !
On veut tous la mĂŞme affaire !
Que Sofia ait le rĂ´le pis qu'elle soit bonne.
T'es donc ben protecteur ! C'est quoi, ton bogue ?
- Ah, c'est pas la mĂŞme affaire ! C'est... c'est ta blonde !
- Ben, justement, c'est ma blonde !
Je commencerai pas Ă la torturer juste pour le fun !
Mais il faut que je fasse ma job.
(soupir)
- AĂ€ partir de lĂ , je marche vers lĂ -bas,
mais très, très, trs lentement.
- OK.
- En disant la réplique :
"J'ai conquis tout ce qui était à l'extérieur de moi,
mais j'ai été impuissant devant les démons qui m'habitent."
- OK, parfait, ouais !
- Et lĂ , je reste ici, dans le noir.
- Oui.
- Pendant que l'autre scène se joue.
Pis après l'autre scne, bang ! La lumière revient sur moi.
Pis lĂ , ben, je chante la toune.
(soupir)
- Quelle toune ?
- Do, le do, il a bon dos.
- Pour vrai ?
- Oui, je le sais, ça n'a aucun sens !
- Oh, moi, je... je l'aime tellement, cette chanson-lĂ !
- Ah...
- ♪♪ Do, le do, il a bon dos ♪
♪ Ré, rayon de soleil d'or ♪
- OK, c'est correct, lĂ , t'as pas besoin de...
- ♪ Mi, c'est la moitié d'un tout ♪
♪ Fa, c'est facile à chanter ♪
- C'est beau ! C'est beau, tu peux arrĂŞter !
- ♪ Sol, l'endroit ouù nous marchons ♪
(soupir)
♪ La... ♪
- ARREĂŠTE !
OK ? ArrĂŞte !
- OK.
- Si j'avais un ego démesuré, là ,
je m'imaginerais que t'as créé toute cette crise-lĂ
juste pour me forcer Ă venir prendre un verre avec toi.
- Un, c'est pas "si". T'as un ego démesuré.
Pis deux, j'ai aussi un ego démesuré,
pis je voulais qu'on se parle en vrai.
Je trouve que je mérite ça.
- Oui, dis la fille qui envoie un texto
à Rémy Girard pour s'excuser.
- Qu'est-ce que tu voulais que je fasse ?
Il m'écoute pas, de toute façon.
- OK, on le remplace par qui ?
- Je vais commencer Ă faire des appels, lĂ .
- Tu penses quand mĂŞme pas
que tu vas trouver quelqu'un
pour remplacer Rémy Girard à 2 semaines d'avis,
quelqu'un d'aussi bon !
- Ben lĂ , non, mais tant pis.
J'aurai un acteur avec moins d'expérience,
mais j'irai au bout de ma proposition,
- Comme ça, tu pourras pas te planter.
- Je trouve que c'est risqué, au contraire.
- Ben non, parce que lĂ , les gens vont dire :
"Ah, wow ! Elle est ben bonne !
"Elle a fait quelque chose,
"même en remplaçant Rémy Girard
à la dernière minute."
Regarde, pas folle !
- C'est
fucking tordu, ton affaire.
- Tasse tes grandes pattes de petite metteure en scène.
EÉcoute-moi; si tu réussis à le garder,
ce qui est vraiment pas fait,
t'as des chances de faire une chose spectaculaire.
Sauf que tu pourrais aussi te planter,
pis lĂ , ce serait de ta faute,
parce que t'avais tout ce qu'il fallait pour réussir.
Mais ça, là , peut-être que t'es pas capable de "dealer" avec ça.
Je me trompe ?
(soupir)
(soupir)
- CÇa va, M. Girard ?
- Ah oui, oui. Oui.
Je suis désolé, hein !
J'aurais pas dû réagir comme ça.
C'est pas toi, lĂ . C'est pas toi.
C'est la toune, c'est...
(inspiration profonde)
En fait... C'est
La mélodiedu bonheur elle-même.
Je sais pas pourquoi, c'est...
CÇa me fait brailler.
- Ben...
CÇa peut être touchant.
- Ah non, c'est quétaine !
Tout le monde trouve ça quétaine !
(soupir)
Moi, quand j'étais petit, je me cachais pour l'écouter.
C'est parce que je viens
d'une famille de machos, d'intellectuels,
pis les comédies musicales, on s'entend que c'était pas...
Fait que je me cachais pour l'écouter,
pour pas que mes cousins rient de moi.
Je l'ai tellement écouté, là !
J'ai tellement rêvé là -dessus.
Je rĂŞvais que je faisais quelque chose
qui rendait le monde heureux.
Je me revois...
ti-cul avec mon coeur plein de rĂŞves.
(ouverture de porte)
Je sais, c'est niaiseux.
(petit rire)
♪ Do, le do, il a bon dos ♪
Je pars Ă brailler.
(soupir)
Fait que je serai pas capable de la chanter,
je vais être trop ému.
La voix va me manquer, je...
Je ferai pas la bonne affaire.
Je pourrai pas faire le second degré, je...
- Mais qui a dit que c'était supposé être second degré ?
- Oh, je sais pas, moi, j'ai... j'ai présumé que...
- Non. C'est ça, que je veux ! Cette émotion-là !
OK, moi, je suis pas cynique, je suis pas second degré,
je veux de l'émotion pure, pis c'est exactement ça.
- Ah...
- Excuse-toi.
- Je m'excuse.
- Excuse-toi pour le verre d'eau.
- Je m'excuse pour le verre d'eau.
- Dans ta face.
- Dans ta face. Je m'excuse.
Je suis vraiment... Je m'excuse, regarde, je...
Je m'excuse.
- OK, c'est ça, j'ai compris.
-
Tu travailles tard !
- Ouais, ben, j'ai manqué beaucoup d'heures,
fait que j'essaie de me rattraper.
J'ai plein de papiers Ă classer,
des colis à envoyer, pis... c'est ça.
Mais bonne nouvelle : je garde mon rôle de grande soeur amère.
- Félicitations !
- Pis j'étais censée aller manger avec Simon-Olivier,
mais il a été obligé d'annuler.
Hum... Dis-moi, c'est normal, hein,
qu'il aille manger avec Kary-Anne Dagenais Ă la place,
pour lui parler de son rĂ´le ?
Je veux dire, j'ai pas à m'inquiéter ?
- Ben oui ! Oui, oui, c'est normal !
Tu... tu sais ouĂą est-ce qu'ils sont partis ?
- Non, il me répond pas.
(soupir)
- C'est le jour de la marmotte.
- Ouais, sauf que la première fois,
l'offre était pas assez élevée.
Là , je crois qu'on est tout à fait compétitifs.
- Tu vas devenir agente ?
- Oui. - Non.
Ben, pas au début, là .
- Ben, c'est ça, après, oui.
- CÇ'a déjà l'air le fun, votre affaire !
- Là , tu vas trop loin avec tes petites stratégies.
Sofia, c'est pas juste une actrice,
c'est pas ta petite marionnette !
C'est une femme, c'est une artiste !
Elle est sensible, elle est intelligente !
Tu peux pas jouer avec ses émotions comme tu veux !
C'est pas comme ça qu'elle va s'épanouir !
LĂ , l, vous allez tourner 30 jours ensemble,
dans quel état elle va être après ça ?
Tu prends une des actrices
les plus prometteuses de sa génération,
pis tu la traites comme si elle avait pas d'autres ressources
que ses réactions émotives, ça marche pas, là !
CÇa marche pas !
- Mais de quoi tu parles, Gabriel ?
- Tu fais exprès pour l'exclure, pour la rendre jalouse !
- On est en train de travailler.
Ben, tiens, tu le liras, c'est ben bon !
HĂ©... Je te dis qu'elle est chanceuse, Sofia,
d'avoir un agent qui croit en elle comme ça,
qui la défend comme ça.
Moi aussi, j'aimerais ça, avoir droit à ce traitement-l !
- Simon-Olivier, je... je...
Je sais pas quoi te dire.
- Hé, santé ! - Santé !
- Je suis tellement contente. Oui.
- Bon, ben, on commence les répétitions demain ?
- Ouais.
- On n'est pas trop en retard, non plus.
On a perdu, quoi, 2 jours ? C'est pas long.
De toute façon, on a tout noté la mise en scène, déjà .
On était rendu à quelle phrase ? C'était quoi ?
- "J'ai conquis tout ce qui était à l'extérieur de moi."
- Exactement.
- Merci, Alexandra. - Hum, hum.
- Merci pour tout. T'es vraiment super.
- Ben, c'est mon travail.
- (Rémy et Camille) : ♪♪ Do, le do, il a bon dos
♪ Ré, rayon de soleil d'or
- OK, bon, non. Je m'excuse, je peux pas.
- (Rémy et Camille) : ♪ Mi, c'est la moitié d'un tout ♪
♪ Fa, c'est facile à chanter ♪
- (Les trois) : ♪ Sol, l'endroit ouù nous marchons ! ♪
♪ La, l'endroit ouù nous allons ! ♪
♪ Si, siffler comme un pinson
♪ Et nous retournons à do, do, do, do ♪
♪ Do, le do, il a bon dos ♪
(sirène au loin)
- AllĂ´ ? Marianne ?
- T'arrives tard.
- Je sais, mais il m'est arrivé quelque chose
de vraiment, vraiment important.
Elles sont parties ?
- Qu'est-ce que t'en penses ?
Moi, ça marche pas, les affaires de même.
- Attends, écoute, écoute, écoute !
Faut que je te parle, OK ? Regarde-moi, OK ?
Regarde. Je me suis fait embrasser par une fille, OK ?
Une fille que je trouvais
vraiment, vraiment, vraiment de mon goût.
Pis tu sais quoi ? J'ai arrêté de l'embrasser en plein milieu.
Je veux dire, en plein milieu du baiser,
j'ai arrêté de l'embrasser, tu sais pourquoi ?
Je me suis mise Ă penser toi.
(petit rire)
C'est fou, hein ? Je t'aime.
Il reste du vin ?
Ah...
- Oui, il reste un fond de bouteille, oui.
- Emmène-moi un verre !
- ♪♪ Do, le do, il a bon dos
♪ Ré, rayon de soleil d'or
♪ Mi, c'est la moitié d'un tout ♪
♪ Fa, c'est facile à chanter ♪
♪ Sol, l'endroit ouù nous marchons ! ♪
♪ La, l'endroit ouù nous allons ! ♪
♪ Si, siffler comme un pinson
♪ Et nous retournons au do
♪ Do, si, la, sol, fa, mi, ré, do ♪♪
(acclamations)
Sous-titrage :
MELS
- C'est un film sur la vie de Ginette Reno.
- (riant) : OK !
OK, wow, wow, oui ! Hum, hum.
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