All language subtitles for Les.Invisibles.S01E09.FRENCH.1080p.WEB.H264-COLL3CTiF.srt - 2

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Original subtitles

- Vous ĂȘtes en retard dans l'Ă©criture.

L'épisode 32 était dû il y a 3 mois.

- Il est écrit, l'épisode 32,

c'est Marc-André qui l'approuve pas.

- Je vais pas approuver ça, il me tue dans l'épisode.

- Quoi ? Vraiment, tu le tues ?

- Oui, oui, il me tue, lĂ  ! Hein ! Il me tue !

- Tu peux pas juste le tuer de mĂȘme.

- Pourquoi pas ?

- Car c'est Marc-André Grondin, ton collÚgue !

- Merci !

- Il fait 3 saisons qu'il me trahit,

que je menace de le tuer, mais qu'on se réconcilie ?

- Ça s'appelleJeu de trahison.

Pour qu'il y ait un jeu, il faut beaucoup de trahison.

- T'as reçu combien de balles dans le corps

depuis le premier épisode ?

Un moment donnĂ©, il faut ĂȘtre rĂ©aliste !

Dans la vraie vie, quand un avocat défend un motard

pis qu'il trahit son client, il survit pas longtemps.

- La relation de mon personnage

est beaucoup plus complexe que ça.

- C'est justement ça qui est fort dans votre proposition.

- Un moment donné, il y a des limites !

On a dit qu'on écrivait une série audacieuse

Ă  la

Game of

Th

rones, Walking Dead.

Les personnages principaux meurent lĂ -dedans,

tout le monde est ben content.

- Ouais, mais c'est des séries américaines !

On fait pas ça, ici, tuer un personnage principal.

-

Nouvelle adresse.

- Bon, peut-ĂȘtre, mais quand elle est morte, Marina Orsini...

- Non, c'était Macha Grenon qui jouait.

- Ben, c'est ça que je voulais dire.

- T'as dit : "Marina Orsini." - Je me suis trompé.

Anyway,

quand elle est morte, la série a foiré.

- Peut-ĂȘtre. - Bon.

- Ouais, mais c'était le seul

lead

de la série.

Nous autres, on est deux, on peut survivre Ă  ta mort.

- Je peux pas survivre Ă  ma mort. Personne survit Ă  sa mort.

C'est logique. Si tu meurs, tu survis pas.

- MĂȘme la sĂ©rie, elle survivrait pas.

- Non, mais attends, ça ferait jaser.

Ça crĂ©erait un

buzz

aussi.

Peut-ĂȘtre que, je le sais pas,

peut-ĂȘtre que ça relancerait la sĂ©rie.

- Ben non, ça créera pas un

buzz.

HĂ© ! Ni le producteur ni le diffuseur vont cautionner

la mort de Marc-André Grondin.

-Anyway,

je veux pas mourir, moi.

â™Ș â™Ș

- Fais juste le lire. Tu vas voir, c'est vraiment bon.

- Oui, mais c'est parce que Jean-Fred a raison.

La série, c'est toi pis Marc-André.

Si Marc-André disparaßt, il reste quoi ?

- Ben, il reste une méchante bonne histoire

avec des nouveaux personnages qui vont relancer la série.

OK, fais juste le lire. S'il te plaĂźt.

- OK ! Tasse-toi. - Merci.

- C'est sûr qu'au début, ça surprend, sa mort.

Je veux dire, moi-mĂȘme, quand j'ai eu l'idĂ©e, je me suis dit :

"Ben non ! Tu peux pas faire ça !"

Mais oui, pis 5 minutes aprÚs, j'étais comme :

"Ben non ! Ben on !" Mais oui, cĂąline !

- OK ! Guillaume ! Guillaume ! Je vais le lire.

-

Yes ! -

Yes !

- Oh, mais je vais te regarder lire. Je ferai pas de bruit.

- C'est parce que je pensais pas lire ça maintenant.

- Ouais, mais comme tu dis,

l'épisode est en retard de 3 mois, fait que...

Non, non,

go, go,

go

,

vas-y ! Regarde !

Checke ça, c'est bon !

Go !

- Ça te dĂ©rangerait juste enlever tes pieds ? Merci.

- (Jean-Frédéric) :

Ma

rc-André,

c'est peut-ĂȘtre une bonne

af

faire que tu meurs au fond.

- Non, je pense pas.

- On est obligés de refuser beaucoup d'offres intéressantes

Ă  cause de l'horaire deJeu de trahison.

- Je tourne 42 jours là-dessus, il y en a 365 dans une année.

- Sauf que tu l'écris aussi.

Pis plus ça avance, pis moins vous ĂȘtes efficaces.

Vous faites attendre les producteurs.

Ça vous donne une mauvaise rĂ©putation. Penses-y !

Guillaume t'offre une porte de sortie.

-

Jeu de trahison, c'est mon bébé.

Il y a aucun autre projet auquel je suis aussi attaché.

On est partis d'une histoire vraie.

J'ai fait un an de recherche sur les motards de Scott.

J'ai lu les comptes rendus d'une dizaine de procĂšs.

Me Louis-André Morin, je l'ai dans la peau.

C'est moi, ce gars-lĂ .

Pis je me ferai jamais tué par un motard que je représente.

Je suis ben plus intelligent que ça.

- Lyla a une cyanose. Cyanose. Cyanose.

Faut l'opérer d'urgence. Je vais faire une anastomose de Badluck.

Non, de Blalock. Blalock.

Cyanose de Blalock. Blalock.

- Pom, pa-doum.

- Euh, allĂŽ ?

- Oh ! AllĂŽ !

(sonnerie de téléphone)

- AMG, bonjour ! - (Enfant) : AMG, bonjour !

- Oui, je vous transfĂšre, un instant.

- (Enfant) : Je vous transfĂšre, un instant.

- Qu'est-ce que le gars de Simon-Olivier Fecteau fait ici ?

- Son nez coule, il peut pas aller Ă  la garderie.

- Tu le gardes ?

- Ben, Simon-Olivier était mal pris, fait que...

- Tu travailles toi aussi

pis t'as ta premiÚre journée de tournage

surOrgane vital dans 2 jours.

(sonnerie de téléphone)

- AMG, bonjour ! Oui, je vous transfĂšre, un instant.

- Moussaillon ! Vous avez vu ça !

- Tu connais pas encore ton texte ?

- Euh, presque.

- Mais lĂ , c'est un petit rĂŽle, mais c'est important.

On s'est battus fort pour se rendre lĂ .

- À tribord !

(soupir)

Un pirate va nous attaquer !

- Je compte sur toi. Pis toi, sois pas trop tannant, lĂ , hein !

- (Enfant) : OK ! - Je connais ton pĂšre.

Fait que si jamais t'es trop tannant, je vais lui dire.

- Oui, chef !

- T'es rendue ouĂč, lĂ  ?

- Hum ?

- Non, c'est parce que t'as comme souri.

Qu'est-ce que tu viens de lire ?

- Excuse-moi.

- Maudit téléphone ! Hum !

Moi, quand je lis, je le ferme, sinon ça me déconcentre trop.

- Oui, t'as raison, Guillaume. Je le ferme. Je l'ai fermé.

C'est juste que, tu sais quoi,

tu me... tu me déconcentres aussi.

- Ah non ! Mais je suis pas lĂ , oublie-moi !

- C'est ça, l'affaire.

C'est impossible de t'oublier, Guillaume,

parce que... ta présence est tellement... forte...

magnétique, que...

- Merci !

- Oui. Je veux dire, autant je suis happée par ton scénario,

autant ton aura me donne juste le goût de te regarder vivre.

- Ah... ouais.

Ouais, je pense que... je pense que je comprends le message.

(sonnerie de cellulaire)

(rire)

- Emmanuelle, t'es revenue ! T'es ouĂč ?

Si tu passes dans le coin, viens prendre un café.

- Ouais, je t'appelle dĂšs que j'ai fini.

- Dans une demi-heure ?

- DĂšs que j'ai fini, Guillaume.

- OK ! Ben, j'irai pas chez nous d'abord.

Je vais juste aller manger à cÎté.

Regarde, dans le fond, t'as mĂȘme pas besoin de m'appeler.

Je vais ĂȘtre lĂ  dans une demi-heure, OK ?

Good !

- YĂ© ! AiĂŻe ! - (Enfant) : Tasse-toi !

- Aiïe ! C'est quoi, ça ?

Hé ! Si Gabriel a commencé à représenter des enfants,

je te le jure, je le castre Ă  froid.

Je te le jure !

- Non, non, c'est Liam. C'est le fils de Simon-Olivier Fecteau.

Il est malade, je le garde. Liam !

- (Liam) :AMG, bonjour ! - Liam !

- (Liam) : Na, na, ni, na, na ! Tu vas jamais m'attraper !

Na, na, ni, na, na !

- Je me suis ennuyé de toi.

- Le site était magnifique.

Mais l'auberge était un peu ésotérique, genre.

Heureusement que t'es pas venu, t'aurais haiï ça.

- Ben là, franchement, je suis pas si pire que ça.

- Ben oui, t'es si pire que ça.

Des petites "madames" de riches

qui font du yoga pis qui parlent de leur alimentation

comme si c'était la fin du monde.

T'aurais capoté.

- Pis toi, évidemment, t'as adoré ça.

- Hum, hum ! Mais j'ai fait du yoga pareil.

- Pour les rendre jalouses.

(soupir)

- C'est ça, oui, c'est rendu ça, ma vie :

faire chier des petites "madames" de riches

qui font du yoga.

- T'as l'air bien quand mĂȘme.

- Il y avait plusieurs ateliers sur la croissance personnelle

pis sur la communication.

- Oh !

- Il y en avait un,

c'était une personne qui parle pendant une heure.

Pis pendant ce temps-lĂ ,

l'autre écoute pis elle a pas le droit de rien dire.

- Une heure ?

- Oui, pis aprĂšs, on inverse les rĂŽles.

- Genre de psychanalyse pas chÚre, ça.

- Ben, je... je me disais qu'on devrait essayer.

- Nous deux ? Ben... oui, oui. Oui, oui.

- Laisse faire, je savais que tu trouverais ça niaiseux.

- Non, on va l'essayer.

- Oublie ça, là. Je finis ça pis je te laisse travailler.

- On sort pour souper ?

- Hum. Je viens juste de revenir.

Je vais t'attendre Ă  la maison.

- OK !

- (Sofia, au loin) : Agence AMG, bonjour ! Un moment.

(sonnerie de message entrant)

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Rien.

- Ben oui, on dirait que tu viens de recevoir

un diagnostic de cancer.

- Non, c'est une bonne nouvelle.

- Ah ouais ? Ben, tu le diras Ă  ta face.

- Ben, en fait, non, c'est rien, en fait.

(sonnerie de téléphone au loin)

- (Femme à la télé) :

Il

y avait Ă  la porte

un écriteau indiquant qu'on

pa

rlait lĂ  plusieurs langues.

Le jeune homme vit apparaĂźtrequelqu'un derriĂšre le comptoir.

"Si vous voulez, dit-il,

je

peux nettoyer ces vases."

Dans l'Ă©tat ouĂč ils sont...

- Je pense que j'ai fait une connerie.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Je suis allée faire une entrevue pour une job chez MVA.

Zacharie insistait

pis Jean-Frédéric est tellement poche des fois.

Genre, je me suis dit :

"F

uck it !

J'y vais !"

Pis là, ben ils m'ont écrit pis ils veulent m'engager.

Pis ce serait comme une meilleure job qu'ici.

- Ben, OK ! Vas-y !

- Oui, non, je suis comme pas prĂȘte.

- Ben, t'Ă©tais pas prĂȘte

quand t'es devenue l'assistante d'Alexandra.

Ça t'a arrĂȘtĂ©e ?

- Non, mais je suis bien ici.

- T'as peur que Jean-Frédéric soit fùché ?

- Aussi.

- HonnĂȘtement, je pense qu'il serait soulagĂ©.

- Mais c'est encore pire !

Je serais comme dans le camp ennemi.

Ça lui donnerait une raison de plus pour m'haiïr.

(soupir)

- Mon Dieu ! Donnez-moi la sérénité d'accepter les choses

que je ne peux changer,

le courage de changer les choses que je peux,

la sagesse de reconnaßtre la différence.

- Ah, t'es une alcoolique ?

- Ben non ! Ben non ! C'est la priÚre de la sérénité.

C'est bon pour tout. Tu peux pas le changer, Jean-Frédéric.

Tu peux pas le forcer Ă  te faire une place dans sa vie.

Fais ce qui est bon pour toi.

- Mais toi, t'es jamais partie d'AMG pis c'était correct, non ?

- Est-ce qu'on parle de moi ici ?

(soupir)

- Qu'est-ce qu'on fait

pour la crise entre Guillaume pis Marc-André ?

- Il faut que tu parles avec ton client.

- Je lui ai déjà parlé.

Guillaume est convaincu

que c'est une bonne idée de tuer Marc-André.

- Tuer Marc-André, c'est tuer le show.

De toute façon, il y a 1000 autres solutions

que de tuer un personnage principal

pour relancer une série.

- Mais pour trouver des idées,

il faut qu'ils s'assoient ensemble.

- Marc-André s'assoira avec Guillaume

quand il aura changé d'idée.

- Mais pour changer d'idée,

il doit s'asseoir avec Marc-André.

- Oui, mais il doit reconnaĂźtre son erreur pis s'excuser.

Il a parti la guerre, il doit faire les premiers pas.

- Sérieusement, tu m'aides pas, là.

- Que veux-tu que je te dise ?

C'est ton client, le problĂšme.

- Quoi ? Attends ! Excuse-moi.

Mais il y a un problĂšme entre les deux depuis longtemps.

Pis ça, tu le sais.

- Oui, mais lĂ , on peut s'occuper du plus urgent ?

Il faut que Guillaume change son épisode. AprÚs ça, on parlera.

Pis toi, lĂ , il faut que tu fasses ta job.

- "Il faut que tu fasses ta job."

HĂ© ! Je vais t'en faire, moi, des "faut que tu fasses ta job".

Si il y a quelqu'un qui fait bien sa job ici, c'est moi.

Au fond, c'est Jean-Fred qui évite le problÚme.

Pas assez stimulant pour lui, une chicane de scénaristes,

fait qu'il pellette ça dans ma cour.

- Bon, qu'est-ce qu'il a fait encore ?

- Oh ! Il veut pas que Marc-André Grondin meure.

- Ben lĂ , il y a personne

qui veut que Marc-André Grondin meure.

- Guillaume Cyr veut le tuer.

- Quoi ?

- Dans

Jeude trahison.

- Ben non, il peut pas, lĂ .

- ArrĂȘte, lĂ .

Ça fait 3 ans

que c'est tout le temps la mĂȘme affaire, ce show-lĂ .

Guillaume Cyr a une idée pour relancer le show.

C'est une bonne affaire. C'est bon, ça.

- Mais il peut pas tuer Louis-André Morin !

- Depuis quand tu prends le bord Ă  Jean-Fred ?

- Je prends pas le bord Ă  Jean-Fred. C'est jusque, lĂ ...

- OK, laisse faire ! Laisse faire !

En plus, mon cell ne marche plus.

- Tu viens de le changer.

- Ça fait 15 minutes que j'ai pas reçu de textos.

C'est pas normal, ça.

- Euh, c'est calme. Profites-en pour parler Ă  Guillaume. Hum ?

- Tu gosses.

HĂ© ! Texter les paroles d'une toune de Francis Cabrel,

c'est pas quétaine, hein ?

Je veux dire, tout le monde fait ça ?

- Euh, quétaine, non. - OK !

- Sauf peut-ĂȘtre

Je t'aimais,

je

t'aime et je t'aimerai.

C'est pas...

- Ah oui ?

- T'as texté

Je t'aimais,

je

t'aime et je t'aimerai

Ă  la fille de Revenu Canada.

- OK, premiĂšrement, cette fille a un nom.

Elle s'appelle Marianne.

Pis deuxiÚmement, oui, je lui ai texté les paroles de...

Oh ! Mon Dieu ! Mon Dieu ! Mon Dieu !

Je suis rendue comme toi, je suis pathétique.

- Je suis pas pathétique.

- Représenter la réceptionniste, si c'est pas pathétique,

je sais pas c'est quoi.

Pis tout le monde le voit, hein !

Tu tournes autour comme une poule sans tĂȘte.

- Ben, c'est pas l'expression que j'utiliserais, lĂ .

- OK, tu sais quoi ?

De toute façon, moi,

je m'en fous de pas avoir reçu de texto depuis 15 minutes,

parce qu'au fond, je suis tellement dans le jus

que j'ai pas le temps de savoir ça fait combien de temps

que j'ai pas reçu de texto.

Fait que pathétique comme toi ?

No !

- Pis ?

- Oh ! J'ai pas eu le temps. Je suis dans le jus.

- Ah ! Ben là, c'est parce que ça fait 35 minutes, genre.

- Oui, mais je fais ça, là.

- Ah ! Super, super ! Regarde, assied-toi, je vais t'aider.

- Lyla a une cyanose, je vais l'opérer d'urgence.

Je vais pratiquer une anastomose de Blalock.

- (Liam) : AMG, bonjour !

- Lyla a une cyanose. Mme Gallant, bonjour !

- Peux-tu convoquer les agents pour moi, s'il te plaĂźt ?

- Bien sûr !

- (Liam) : C'est qui, cette vieille madame ?

- C'est le fils d'un client de l'agence.

- Juste leur dire que je les attends

dans la salle de conférence.

- Oui !

- "Tu peux pas me faire ça !" "J'ai pas le choix,

man !"

"S'il te plaĂźt !" "Tu vas toujours ĂȘtre mon meilleur ami !"

(imitation de coup de feu)

LĂ , je lui tire une balle dans le coeur.

Pis lĂ , je l'ai dans les bras en braillant.

(cri)

Fin.

- C'était excellent.

- Pour vrai ?

- Vraiment. C'est... ouf ! T'avais raison !

C'est là qu'elle s'en va, la série. C'est logique, c'est bon.

C'est touchant, le suspense est incroyable.

Tu me l'as envoyé par courriel, hein ?

- Euh, oui, oui. Pourquoi ?

- Tu sais quoi ? On l'envoie directement au producteur.

- Ah oui ? Sans l'approbation de Marc-André ? Rien ?

- On a assez perdu de temps, lĂ .

On l'envoie au producteur

pis c'est lui qui décidera si ça vaut la peine ou non.

- Ouais,

good !

- Oh ! -Good !

(sonnerie de téléphone)

- Quoi ? Oui, oui, j'arrive. Bye.

- Le chiffre d'affaires de l'agence a beaucoup baissé

dans les derniers mois.

- Ben, il y a sûrement une explication.

- Oui, il y en a une.

Michel est mort pis vous ĂȘtes pas aussi compĂ©tents que lui.

- La comptabilité est débordée par la vérification.

Ils sont peut-ĂȘtre en retard sur la facturation.

- De toute façon, je vous demande pas d'explication.

Ce que je veux, c'est qu'on se retrousse les manches

pis qu'on crinque les chiffres.

Je veux voir notre monde partout.

- Ils sont partout. Ben oui, ben oui.

- Pourquoi je ne vois plus Donald Pilon ?

Il est pas mort, Donald Pilon.

Il était tellement bon en pizza, non ? Je veux le voir à télé.

Dans des pubs, des shows pour enfants, n'importe quoi.

Je veux les artistes d'AMG partout, chez Ricardo, sur Casa.

Je veux les voir danser la salsa à la télé.

C'est facile, ça se rÚgle vite.

Pis pendant ce temps-lĂ , notre chiffre d'affaires remonte.

- Tu veux crinquer artificiellement

ton chiffre pour augmenter ta valeur ?

- Je vois pas ce qu'il y a d'artificiel dans

Le Tricheur.

- Bon, c'est qui, l'acheteur ?

- Je suis pas ici pour parler de ça.

- Non, mais çanous intéresse.

- Il y a plus de 100 artistes Ă  l'agence.

Si vous passez juste une semaine Ă  signer des petits contrats

pour chacun d'entre eux,

on peut augmenter notre chiffre d'affaires

d'une centaine de mille facilement, en une semaine.

Ça vaut la peine de se forcer un peu.

- C'est parce que je viens de recevoir

un accusé de réception du producteur.

Vous lui avez envoyé l'épisode de Guillaume ?

- Il était en retard.

- Estelle, on n'a jamais forcé nos artistes

Ă  faire quoi que ce soit.

C'est pas la bonne approche.

- Tu vois, c'est ça, ton erreur, toi, tu penses à long terme.

Moi, je te dis : "Pense Ă  court terme."

- Ouais, ben l'agence va continuer mĂȘme si tu la vends.

- Ouais, mais peut-ĂȘtre sans toi.

Parce que si on regarde le chiffre d'affaires par agent,

ton chiffre Ă  toi, pas vraiment impressionnant.

Tu vas avoir du mal à convaincre un nouveau propriétaire

que ton salaire est justifié.

Bonne fin de journée.

- Il l'a reçu, mais il l'a pas encore lu.

- Ouais, il le lit vite d'habitude.

Il répond pas ?

- Non, mais ça, c'est une bonne chose.

Ça veut dire qu'il est occupĂ©.

- Ouais, occupé à lire.

- De toute façon, il y a pas un producteur

qui accepterait de te faire mourir.

Le public t'aime, Marc-André, hein !

Il y en a qui regardentJeu de trahison juste pour toi.

- Ouais, mais checke ce qui est arrivé

à Magalie Lépine-Blondeau dans

District 31.

Quand elle est morte,

tout le monde a chialé pendant une semaine,

pis aprÚs, les cotes d'écoute ont augmenté.

- Fais-toi-z-en pas, je m'en occupe.

- Ouais, ça fait 2 fois aujourd'hui que tu dis ça, hein !

- Jean-Frédéric s'en vient. - OK !

- Attention, t'as pas le dos droit.

- T'es niaiseux.

- Noémie ? - Oui ?

- Je dois absolument parler

avec quelqu'un de l'équipe

Jeu de trahison.

J'ai laissé plein de message.

Peux-tu envoyer des courriels, demander un appel d'urgence ?

Merci ! - Oui, absolument.

- Ils veulent tuer Marc-André Grondin.

- Non ? - Hum, hum !

- Ma mĂšre va capoter.

Jeu de trahison, c'est sa série préférée.

Elle tripe sur Marc-André.

- Je sais, c'est incompréhensible.

Quand c'est rendu que mĂȘme Jean-FrĂ©dĂ©ric capote !

- Jean-Frédéric capote jamais. - Voyons, tu l'as pas vu ?

Tu vois, ça, c'est un excellent exemple

de toi qui l'idéalises tellement

que tu vois pas quand il a besoin d'aide.

- C'est n'importe quoi.

- On pourrait faire une

fa

n page

pour le sauver.

Au salon de coiffure de ma mÚre, c'est sûr que ça devient viral.

Ils capotent tous dessus. - Jean-Frédéric s'en occupe.

- Écris tes petits courriels d'appel d'urgence.

En tout cas, j'aurais été proactif.

On parle quand mĂȘme ici de Marc-AndrĂ© Grondin.

-

Envoyer un scénario

au

producteur

dans le dos d'un des auteurs, ça se fait pas.

- Personne voulait bouger,

je me suis arrangée pour que ça bouge.

- Pis pas m'en parler ? - Tu m'as dit de faire ma job.

- Ouais, mais là, t'as envenimé les affaires pour rien.

Pis le producteur enverra jamais le scénario à TVA.

- Au moins, il l'aura lu. Ça va calmer Guillaume.

Pis si c'est une si mauvaise idée que ça,

il va finir par le comprendre.

- Ouais, mais là, ça angoisse Marc-André.

- Ben ça, c'est

ta

job.

- HĂ© !

Oui, Estelle ?

- J'ai préparé ça pour toi.

- J'ai déjà un contrat.

- Je sais pas si on peut appeler ça, un contrat.

Michel était vraiment lousse des fois.

- Ça fonctionnait trùs bien jusqu'à maintenant.

- À part pour la fois

ouĂč t'as fait foirer la vente de l'agence.

J'ai besoin de ça pour rassurer les acheteurs.

- "Deux ans de non concurrence si je quitte l'agence."

Ben oui.

"Interdiction de représenter des clients

"qui ont fait affaires avec l'agence

dans les 5 ans avant mon départ."

Ah ! OK, fait que finalement,

je pourrai jamais partir de l'agence.

- Tu vas toujours pouvoir partir, mais sans tes clients.

C'est normal.

- Ben, je signerai pas ça.

- On tiendra pas longtemps. On est dans les limbes.

Il faut vendre. Sinon, c'est toute l'agence qui en souffre.

- On est ben correct pour le moment.

- Tu trouves pas que t'as déjà

assez d'amis comme ça dans le milieu, toi ?

Tonstunt

avec MVA, pas trÚs bon pour ta réputation.

- Je le sais mĂȘme pas qui va acheter.

Je le sais pas ouĂč l'agence s'en va.

Tu me demandes de signer ça dans le vide.

- C'est pas comme si t'avais d'autres options.

T'irais ouĂč ? Tu ferais quoi ?

- Donc, je me suis dit

qu'il faut penser aux vrais fans de

Jeu de trahison,

ceux qui adorent la série

pis qui en parle au salon de coiffure.

- Bon, c'est quoi, l'idée ?

- Une pétition pour sauver Marc-André.

Regarde, je me suis inspiré de la disparition d'un petit garçon

qui a beaucoup circulée sur Facebook.

- Ben voyons donc ! C'est vraiment pas de bon goût !

De toute façon, on n'est pas rendus là.

As-tu eu des nouvelles des producteurs ?

- Non, rien. - Bon !

-Oui, c'est ça, maman.

C'est une pétition

pour pas que le personnage de Marc-André Grondin

meure dans

Jeu de trahison.

Ben, c'est ça que je te dis, ç'a pas de bon sens.

Il faut faire quelque chose.

C'est super facile, il faut juste que tu cliques.

T'en parles Ă  tout le monde, OK ?

(bip)

- Mon téléphone fonctionne, regarde.

Je reçois les textos de tout le monde, tu vois ?

- Hum !

- Ça, ça veut dire qu'elle a dĂ©cidĂ© d'essayer de m'oublier.

Mais tu sais quoi ?

Il y a personne... Il y a personne avec qui j'ai couché

qui a réussi à m'oublier.

Il y a des filles, ça fait 15 ans que j'ai couché avec,

pis elles m'appellent encore.

- Je t'ai jamais vu comme ça.

Si c'était pas que la fille avec qui t'es amoureuse

a le pouvoir de nous ruiner...

- Amoureuse... attends, lĂ .

- ... je trouverais touchante.

- Mais si attendre des textos comme une conne,

ça fait de moi une fille amoureuse...

Oh, mon Dieu ! Oh non ! Je suis en amour !

- Hum.

- ArrĂȘte, t'exagĂšres.

- Ben là... Ça va mal finir, hein.

- Salut !

- AllĂŽ !

(sonnerie de téléphone au loin)

- Tu sais, quand j'ai commencé ma carriÚre, Nicole Dubé,

elle m'a demandé de devenir partenaire avec elle.

Elle quittait son emploi d'assistante

chez l'agence Thompson pour ouvrir sa propre boĂźte.

Une agence avec une vision plus féminine du travail d'agent.

(petit rire)

Au début, tout le monde riait d'elle.

Mais... Michel... lui, il le savait qu'elle réussirait.

Quand j'ai dit que Nicole me proposait de devenir associée,

il m'a dit : "À ta place, je partirais,

mais moi, je veux pas te perdre."

Fait que je suis restée ici

pis j'ai espéré que Nicole Dubé se plante

pour jamais avoir de regret.

(soupir)

Nicole, lĂ , elle est encore en business aujourd'hui.

En restant ici,

t'as l'impression de te rapprocher de ton pĂšre.

Parce que tu le vois, tu passes du temps avec.

Mais c'est si tu réussis ailleurs

que tu vas gagner son respect.

- Ça va ?

- Quand je te vois, toujours.

- Ça m'angoisse quand t'exagùres comme ça.

- Quoi, c'est vrai !

Tu sais quoi, j'y repensais pis on devrait l'essayer,

ton jeu de se parler pendant une heure.

- T'as raison, c'est niaiseux.

- Non, non, je suis sérieux.

- Ben, ça ne me tente plus, là.

- On le fait.

- (Sofia) :

Li

am, viens-t'en.

- (Liam) : Non, je veux pas.

- (Sofia) : S'il te plaĂźt, on va aller Ă  la maison.

- Non, c'est relaxant, ici.

- Ça va ?

- Euh, oui, oui ! Liam, on peut relaxer Ă  la maison, OK ?

- Non, j'ai dit non !

- Le texte, ça avance ?

- Euh, presque !

Mais le petit se couche tÎt, fait que j'ai toute ma soirée.

Liam ! Liam !

- Mon pÚre, c'est le plus grand réalisateur du monde !

C'est lui qui m'a dit ça !

Yeah !

(pépiements d'oiseaux)

- Oui, peux-tu répondre à ton téléphone, s'il te plaßt ?

Je le sais que t'es lĂ , ta Tesla est dans la rue. OK ?

Il faut qu'on jase.

(sonnerie de cellulaire)

(ouverture de porte)

Bon !

- Qu'est-ce que tu fais icitte, Guillaume ?

-On peut jaser,

s'

il te plaĂźt, 2 secondes ?

- J'ai pas envie de parler.

-Hé ! On peut le régler,

le

problĂšme, lĂ , OK ?

Descends s'il te plaĂźt.

- (murmurant) : J'ai pas envie de parler, Guillaume !

- HĂ©,

man !

Oblige-moi pas Ă  monter ! Descends !

(paroles indistinctes d'un enfant au loin)

- J'ai vu lafan page.

- Quelle

fan page ?

- La

fan page que t'as créée.

- J'ai pas créé de

fan page.

- Non, non, c'est quoi, ça, hum ?

- "Sauvons Me Louis-André Morin." J'ai pas fait ça, moi.

Crisse ! 12 500 personnes, quand mĂȘme !

- Ouais ! En mĂȘme pas 2 heures.

- Dans le fond, la série, elle est vraiment hot.

- Les gens ont vraiment pas envie de me voir mourir, hein ?

- Personne savait que t'allais mourir.

Si c'est pas toi qui as fait ça, c'est qui ?

- Je le sais pas, lĂ .Anyway, on s'en fout, lĂ .

C'est pas ça que tu voulais, un

buzz ?

Ben, ça ressemble pas mal à ça, au Québec, un

buzz.

- Ouais.

- Je suis mĂȘme pas allĂ©e Ă  l'auberge. Je t'ai menti.

Les petites "madames" de yoga, les ateliers,

j'en ai aucune idée.

Cet exercice-lĂ , de se parler pendant une heure,

c'est mon psy qui me l'avait suggéré il y a quelques années.

Parce que j'étais inquiÚte de notre couple.

Je t'en avais mĂȘme pas parlĂ© dans ce temps-lĂ 

parce que je pensais que tu dirais non.

Fait que je suis retournée à l'hÎtel au centre-ville

pis j'ai rien fait, absolument rien.

Dépressif, hein ?

J'ai pris des pilules pour dormir pis j'ai dormi.

Je sais pas ce qui s'est passé exactement.

Je veux dire, je le savais

que c'était pas bon de rien faire, mais...

(grande inspiration)

... j'ai eu l'idée d'un blogue à un certain moment,

mais c'était n'importe quoi.

(sanglotant) : Pff ! Pis lĂ , c'est rendu que j'ai peur.

J'ai juste la chienne.

C'est ça, ma vie ? C'est fini ?

Je te dis ça, mais techniquement,

je suis mĂȘme pas en dĂ©pression, je suis juste dans une impasse.

Toi, tu fais semblant de rien voir.

Parce que ça te tente pas de t'en occuper.

Pis tu fais comme si de rien n'était. Pire...

tu m'aimes.

- Ouais, j'avoue que c'est peut- ĂȘtre mieux que tu meures pas.

- Je sais pas, hein ?

- J'aurais pas dĂ» te tuer, je m'excuse.

- Ben, tu l'as fait pareil.

Sérieux, Guillaume, là,

je sais pas comment on va faire pour survivre à ça.

- Ben, on peut peut-ĂȘtre réécrire l'Ă©pisode

pis tu peux peut-ĂȘtre survivre.

- Ben, merci !

- Pas de trouble.

- Je me sens dépourvu devant toi.

T'es plus intelligente que moi.

T'es plus artistique que moi.

T'es plus cruelle que moi.

C'est positif, c'est un compliment.

Pis je le sais pas quoi dire pour te rassurer.

Quand tu te vas pas bien, je me sens jamais Ă  la hauteur.

Alors que toi, tu l'es pour moi.

T'as toujours le bon mot, la bonne idée.

En fait, t'avais.

Parce que j'avoue que, moi aussi,

je me sens un peu seul ces temps-ci.

T'es pas lĂ .

Pis je m'en veux de pas ĂȘtre capable de t'aider,

mais honnĂȘtement,

je trouve que tu t'aides pas beaucoup non plus.

Pis moi, ça me fait peur de m'embarquer dans un projet,

acheter une agence avec quelqu'un

qui prend ce projet-là comme une bouée de sauvetage.

Mais la vérité, c'est que si je pile sur mon orgueil,

je sais que tu serais une trĂšs bonne partenaire,

si t'es prĂȘte Ă  te reprendre en main.

Emmanuelle Dumont...

est-ce que tu accepterais d'acheter avec moi l'agence AMG ?

(sanglots)

- Finalement, on va réécrire l'épisode,

Marc-André mourra pas.

- Ah ben non ! C'est pas possible.

Le producteur a aimé ce que t'as écrit.

Il trouve que c'est une bonne idée qu'un des deux meure.

- Sauf qu'il veut que ce soit Guillaume qui meure.

- Hein ? Ben là, je vais pas écrire ma propre mort !

- Ben, il a vraiment été séduit par ton idée.

- On peut pas me tuer, c'est ma série !

- C'est notre série, là. Mais dans le fond, t'avais raison.

C'est vraiment qu'on tourne en rond depuis un petit bout.

Ce serait peut-ĂȘtre pas fou de nous donner un second souffle.

- T'es sérieux, là ? Tu veux vraiment me tuer ?

- Ben, tu y as pensé en premier. - Mais j'ai changé d'idée.

- Ouais, t'as pris du temps.

- Je peux pas mourir, je suis plus fort.

Si t'essayais de me tuer, je te "sloguerais".

- Excuse ! Je bûche beaucoup de bois ! J'ai des bons bras.

Si j'arrivais derriĂšre toi avec une hache...

- Je t'entendrais venir. - Tu m'entendrais jamais venir.

Je passe en arriĂšre de toi, te fends en deux

- Impossible ! Impossible ! - Fie-toi sur moi !

- Hé. Wow ! Là, le problÚme, dans le fond, c'est ça ?

C'est que vous n'ĂȘtes plus capables

de travailler ensemble, c'est ça ?

- Les gars, ça fait des mois

que vos épisodes sont systématiquement en retard.

Vous appelez constamment le producteur

pour vous plaindre du travail de l'autre.

Pis lĂ , vous vous obstinez tout le temps sur le plateau.

Votre attitude, ça paralyse le tournage.

Donc le producteur, il trouve que la mort de Guillaume,

c'est peut-ĂȘtre une bonne solution.

- Pourquoi moi ?

- C'est qu'il y a 20 000 personnes

qui ont signé une pétition pour pas que Marc-André meure

en mĂȘme pas 24 heures, fait que...

- C'est toi qui as fait ça, hein ?

Crisse, tu m'as menti ! C'est sur que c'est toi !

- J'ai rien Ă  voir. - T'es comme ton personnage, un traĂźtre !

- Toi, t'es comme ton personnage !

Tu réussiras jamais à me tuer !

- Ouais ? - HĂ© !

- HĂ© ! HĂ© ! HĂ© ! Wow ! - Non !

- Excusez.

- Vous arriverez à rien comme ça.

Parce que ça discute beaucoup entre vous deux.

Mais il y a pas d'écoute.

Fait que moi, je vais vous proposer quelque chose. OK ?

LĂ , vous allez chacun vous parler pendant une heure.

Une heure ou l'autre dit rien, OK ?

Il est en position d'écoute.

Pis aprÚs, ben aprs ça, on inverse les rÎles.

Pis vous avez le droit de tout vous dire.

Tant que vous vous donnez vraiment

la peine d'écouter l'autre.

Pis ça... ça, ça marche.

- Es-tu correct ?

-J'arrive pas

Ă 

apprendre mon texte.

Je comprends pas, ça rentre pas.

C'est la premiÚre fois que ça m'arrive.

- Euh...

- À l'attaque !

- Liam ! Il a pas dormi de la nuit.

Il faut que je m'occupe de lui encore aujourd'hui.

Ils sont vraiment stricts Ă  la garderie.

- À l'attaque encore une fois !

- Liam ! Liam !

(rire de Liam)

- (Liam) : Guy A. Lepage vient souper chez nous tout le temps

pis il est une star.

- C'est une idĂ©e de marde. Ça marche jamais, ces affaires-lĂ .

- Toi, lĂ , as-tu mieux Ă  proposer ?

- En tout cas, moi, j'aurais jamais créé une

fan page

pour nuire Ă  un de tes clients.

- Ben non, c'est ça.

Toi, t'envoies un scénario à un producteur dans mon dos.

- Oh, lĂ  ! Veux-tu qu'on en parle pendant une heure ?

Ben non ! Idée de marde, idée de marde !

- Noémie ? Je t'avais dit de pas faire de

fan page.

Camille ? Pourquoi elle a fait ça ?

- ... ou en tournage

dans 10 000 autres affaires à l'étranger.

Ou ĂȘtre en train d'aller Ă  tous les talk-shows

pour parler de

Je

u de trahison.

T'es partout tout le temps !

Moi, ça doit faire 2 ans que je suis pas allé

Ă 

Ça finit bien

la

semaine.

Le monde sait mĂȘme pas qu'on Ă©crit la sĂ©rie ensemble.

C'est peut-ĂȘtre pour ça que j'ai voulu te tuer, au fond.

Pour pouvoir prendre ma place.

Parce que je suis jaloux, osti ! Je suis jaloux !

Pis tu parles jamais de moi ! C'est comme si j'existais pas !

Pendant ce temps-là, moi, j'écris comme un débile !

- Simon-Olivier ? Ouais, c'est Gabriel. Ça va ?

HĂ© ! Je t'appelle parce que ton fils est vraiment adorable.

(cri de Liam au loin)

Mais l'avoir Ă  l'agence,

c'est peut-ĂȘtre pas l'idĂ©al, tu sais.

Oui ! Oui, oui, oui ! Oui, je le sais. T'es Ă  Fermont.

Mais sa mĂšre peut pas s'en occuper ?

- (Liam au loin) : À l'attaque !

- T'as pas une nounou, quelque chose ?

(paroles indistinctes de Liam au loin)

Ah oui, hein ? Ah !

- Donc, le but du jeu, t'es comme un "parcoureur"...

- (Sofia) : AMG, bonjour ! Oui, je vous transfĂšre. Un instant.

- Sofia, je peux te parler s'il te plaĂźt ?

- Euh, ouais.

- C'est toi qui lui as offert de garder Liam ?

- Hein ?

- Je viens de parler Ă  Simon-Olivier.

Le petit était supposé aller chez sa grand-mÚre,

mais t'as insisté pour t'en occuper.

- Le petit m'aime pas, pis j'ai l'impression

que Simon-Olivier met un frein à notre relation cause de ça.

Je suis pas bonne avec les enfants.

- Je suis sûr qu'il comprend.

T'es pas la premiĂšre blonde qu'il a

depuis qu'il n'est plus avec la mĂšre de Liam.

- Il a eu beaucoup de blondes ?

- C'est pas ça que je veux dire.

- C'est correct. C'est juste qu'il m'en parle pas.

- Il cherche pas une nounou.

- Je sais. - Tu voulais me voir ?

- Oui, il faut que je libĂšre Sofia,

j'ai besoin que tu fasses la réception.

- Non ! C'est que j'ai plein de photocopies...

- Tu les feras plus tard.

- Vous oubliez pas quelque chose, lĂ  ?

- (Gabriel) : Il reste avec toi.

- Tu veux jouer avec moi ?

(sonnerie de téléphone)

- Non.

- Si je me démÚne comme un bon...

c'est parce que...

j'ai peur de manquer de job, moi aussi.

On a tous peur de manquer de job.

J'ai peur que le monde se tanne de moi.

Pis lĂ , quand j'ai vu que tu me tuais, ben je me suis dit...

"Ça y est ! Ca commence !" On est tannĂ© de moi.

J'ai pas pu m'empĂȘcher de penser Ă  ma propre mort.

Pis ça, man, ça me fait tellement peur, là !

- Je m'excuse ! - Ta gueule !

- Ben lĂ  !

- J'ai rien dit, moi, quand c'était ton tour.

- Ben lĂ , je voulais juste m'excuser.

Je le sais, c'est violent, ce que je t'ai fait.

- T'as raison.

C'est vrai que je suis moins disponible pis ça me fait chier.

(soupir)

Te souviens-tu quand on a eu l'idée pour la série ?

(petit rire)

- Ouais, on était au café Beauceron en Beauce

en train de tourner un de tes films.

- Il y avait le

Jo

urnal de Québec

ouvert

avec l'histoire des motards

pis de leur avocat qui s'était pas présenté au procÚs.

- On a tout de suite su que c'était ça, hein ?

T'étais l'avocat, j'étais le motard.

On s'est dit : "Cette série-là, on l'écrit ensemble.

On joue dedans ensemble. On fait tout ensemble..."

- (Les deux) : Ou on le fait pas.

(soupir)

- Les analyses sanguines sont revenues du laboratoire.

Dr Fortin a le cancer. Je peux lui annoncer la nouvelle.

- "Non, je vais le faire."

- Je suis désolée.

- "Pourquoi ?"

- C'était ton ami, non ?

- "On a jamais couché ensemble, si c'est ce que tu veux savoir."

- Oh ! Je ne me souviens plus de ce qu je dis aprĂšs.

- Tu dis rien.

Tu fais un sourire gĂȘnĂ© pis c'est la fin de la scĂšne.

- Ah, ben oui, t'as raison.

- Ça prenait juste un peu de calme.

- Oui, merci ! T'es vraiment fin !

- Non, je suis pas fin.

Je peux juste pas me permettre que tu te plantes.

Je t'ai vendue Ă  des agents de casting,

ils t'ont donné une chance parce qu'ils me font confiance.

Fait que si tu livres pas, c'est pas bon pour personne.

- C'est sûr.

- Pis... ben... ben,

c'est pas le temps de jouer Ă  la nounou avec le fils de ton chum

que ça fait genre un mois que tu connais.

Je m'excuse, mais je veux dire, tu les vois,

les acteurs qui travaillent comme serveur

pis qui viennent nous porter un nouveau démo au 6 mois

pour essayer de se vendre

pis qui espĂšre juste avoir le quart de la chance

que t'as eu en décrochant ce rÎle-là, hum ?

- Oui, je comprends. Je me planterai pas, promis.

- OK ! Bon ! Il reste une autre scĂšne.

Go !

(sonnerie de téléphone)

- AMG, bonjour ! M. Thériault est occupé en ce moment.

Je vous transfĂšre Ă  sa boĂźte vocale ?

- J'ai mal au coeur.

- Non, je peux pas le déranger, il est en réunion.

- J'ai mal au coeur.

- Non, je peux pas vous dire quand ça va ĂȘtre terminĂ©,

je le sais pas.

- J'ai mal au coeur.

- La meilleure option, c'est sa boĂźte vocale. Je transfĂšre ?

- J'ai mal au coeur !

- Bon, ben rappelez plus tard, d'abord.

Hé ! Connais-tu ça, toi, la cachette ?

- Oui.

- Ben, ça te tente de jouer ?

- OK.

- OK, parfait !

Va te cacher, moi, je vais commencer Ă  compter.

1, 2, 3, c'est ça.

(vacarme)

(soupir)

- (Liam) : Tu vas jamais me trouver !

- Fait qu'avez-vous trouvé une solution ?

- Fait qu'on a réalisé que notre amitié,

ben... c'était plus fort que tout.

- (Alexandra) : Hein ?

- Fait qu'on va mourir tous les deux.

- Dans la série.

- Fait que c'est la fin de la série.

- Comme

Roméoet Juliette.

- Si on peut pas ĂȘtre amis, Ă  quoi bon vivre ?

- Crisse que c'est beau !

- (Jean-Frédéric) : Oui.

- OK. T'as combien d'acteurs sur

Jeu de trahison ?

- Beaucoup, plus la réalisatrice.

- C'est ça, ils peuvent pas se tuer. On fait quoi ?

- OK ! Parce que t'es intéressée

qu'on travaille ensemble maintenant ?

- Ben oui, j'ai eu une grande leçon de vie

pis je suis prĂȘte Ă  travailler en Ă©quipe, reviens-en.

- Avoue que t'as mal géré le dossier.

- Pis toi ? T'as pas mal gérer le dossier avec ta

fan page ?

- HĂ©, lĂ , l !

- Bon, OK, OK !

- Quoi ? On est en train de parler.

- Regarde ! Pourquoi vous lui proposez pas

un

spin-off à Marc-André ?

Ben oui ! Guillaume pense qu'il le tue,

mais Marc-André survit.

Pis il s'en va refaire sa vie au Nouveau-Brunswick.

Pis on part une nouvelle série, mais

Jeu de trahison

continue.

Pis on a un autre show qui a besoin des talents de l'agence.

Ça m'a fait plaisir.

- C'est pas con, ce qu'elle dit.

- OK, les

boys ! On a une bonne idée !

- Oui ! On a réfléchi pis on trouve ça vraiment niaiseux

que vous mourriez tous les deux.

- On vous propose de garder l'épisode que Guillaume a écrit.

- Mais avec quand mĂȘme quelques petits changements.

Par exemple, on se dit que Marc-André meurt comme prévu,

comme ce que t'avais écrit, sauf qu'au fond, il survit.

- Ouais, pis il refait sa vie dans un

spin-off.

On essaie de proposer au diffuseur

une nouvelle sĂ©rie aux IÎles de la Madeleine, ouĂč tu veux.

- Oui ! Pis ça, ça fait que toi,

tu peux continuer Ă  jouer dans

Jeu de trahison.

- Pis toi, Marc-André,

ton personnage évolue dans une nouvelle série

dérivée de

Je

u de trahison.

- (Les deux) : Pis on pourrait écrire les deux séries ensemble.

(rires)

- Justement, non, c'est ça...

- On va garder ça simple. Qu'est-ce que vous en pensez ?

- C'est mieux de...

- Pourquoi ?

- Bonjour !

- Si j'achĂšte l'agence avec toi,

ça veut dire quoi concrÚtement pour moi ?

- Ben, que tu deviens propriétaire.

- Je veux pas juste un titre honorifique.

- Au contraire, c'est énormément de travail.

Si on devient propriétaires,

moi, je garde quand mĂȘme mes clients.

J'ai pas le temps de gérer la boßte pis tous les employés.

- Ça, c'est moi qui ferais ça ?

- Ben, t'aurais pas le choix. Pis tu serais bonne.

- OK !

- OK... on achĂšte ?

- On achĂšte.

- Camille ? Beau travail sur lafan page de Marc-André Grondin.

Fallait y penser.

- Merci.

(sonnerie de cellulaire)

AllĂŽ ? Oui, merci, c'est gentil.

Mais je me sens pas prĂȘte Ă  quitter l'agence AMG.

Je suis bien ici.

- Je signerai pas ton contrat.

Tu peux bien me mettre Ă  la porte si tu veux.

Je m'engagerai pas pour une compagnie

dont je connais mĂȘme pas le futur propriĂ©taire.

(soupir)

- C'est un bureau d'avocats spécialisés en droits d'auteur

qui veut étendre ses activités.

C'est correct, là ? Et pis, c'est des Montréalais.

Il y en a pas de conflit d'intĂ©rĂȘts. C'est bien non ?

- Un bureau d'avocats ?

L'offre doit ĂȘtre moins haute que Toronto.

- Pas nécessairement, non.

- Une firme d'avocats spécialisés en droits d'auteur,

il y en a pas tant.

C'est intéressant.

- Fait que peux-tu signer qu'on passe Ă  d'autres choses ?

- Ouais... Non, non.

Non, non, je signerai pas quand mĂȘme.

- À quoi tu joues, là ?

- Merci !

- Il est ouĂč, Liam ?

- Qui ?

Liam ?

- Liam ?

Liam ? As-tu vu Liam ?

- Non.

(sonnerie de texto entrant)

- Liam ? Liam ?

- (Gabriel) : Liam ? Liam ?

As-tu vu Liam ?

- Non.

- Liam ? T'es ouĂč, Liam, lĂ  ?

Bon ! Liam, viens.

- Je peux pas, je joue Ă  la cachette.

- OK, ben c'est terminé, là. Viens-t'en.

- À une condition que je joue au cheval.

- Quel cheval ?

- Avec lui !

- OK ! Ben, fais le cheval, Jérémie.

- (Jérémie) : Ben non ! Regarde, là !

- Non, non, s'il te plaĂźt. Viens-t'en. Sors-le-moi de lĂ  !

- (Liam) : Au pied, cheval !

- J'ai jamais été aussi humilié.

- Bon, c'est pas grave.

- Ih-ah !

- Bon, reste tranquille !

- LĂ , Liam, on va rester dans mon bureau

pis on va attendre ton pĂšre, OK ?

Sous-titrage :

MELS

- â™Ș Do, le do, il a bon dos â™Ș

â™Ș RĂ©, rayon de soleil d'or â™Ș

â™Ș Mi, c'est la moitiĂ© d'un tout â™Ș

Crisse !

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