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- Je suis Ă
Salut, bonjour !
Tu me connais, dans ces affaires, je suis énervée.
Mais je sens quelque chose pas comme d'habitude.
Tout le monde est bizarre,
pas juste moi qui Ă©tais Ă©nervĂ©e, mĂȘme Gino !
Il est ben trop intense !
Il parle, il arrĂȘte pas de checker autour.
Je suis : "Les tabarnacs ! Ils vont me faire le saut !"
Je les connais ! Ils vont me faire une surprise.
Je lĂącherai un gros "tabarnac" en plein TVA
pis ça va ĂȘtre la fin du monde.
C'est sûr, c'est la fin du monde. Je l'ai dit à Gino.
Je te jure, je lui dit : "HĂ©, mon gars ! T'es ben bizarre !"
Je te jure, je lui ai vraiment dit. Tu regarderas l'émission.
J'ai dit : "HĂ© ! Qu'est-ce qui se passe ?"
Et lĂ , je vois toute la gang de
Salut, bonjour !
débarquer sur le plateau.
Pis je suis comme : "Oh,
my God !
C'est ma fĂȘte !"
Je te jure, c'est ma fĂȘte pis je m'en rappelais pas !
Pis lĂ , je me demande :
"C'est quoi la date de ma fĂȘte. C'est pas aujourd'hui, ma fĂȘte."
Et c'est lĂ ouĂč je le vois dĂ©barquer
avec sa face de gars le plus
sweet
du monde.
Pour vrai, mon chum est tellement
sweet.
Pis tu sais que j'en parle pas beaucoup en public
parce que j'aime pas parler de ma vie privée.
Mais là , il débarque pis il est tellement beau
pis je l'aime tellement.
Mais tu sais, sa vie, c'est ça. Il rend les enfants heureux.
C'est un
fucking clown sans frontiĂšres !
Il fait le métier le plus noble du monde.
Pis lĂ , il se met genoux. Il se met Ă
fucking
genoux !
Il sort une bague. Moi, je n'entends plus rien.
LĂ , il est en train de me complimenter.
Il me dit que je suis la fille la plus incroyable du monde.
Moi, j'entends rien !
La seule affaire que j'entends,
c'est mon coeur qui "blaste" dans mes oreilles.
Gino a le sourire fendu jusque dans le front.
Tout le monde capote.
MĂȘme le gars des sports, c'est quoi dĂ©jĂ , son nom ?
Je m'en rappelle jamais.
- Daniel Melançon. - Daniel, il est ému !
Moi, je pars Ă pleurer. Je suis comme : "C'est la fin du monde !"
Ăa y est on est dans un conte de fĂ©es.
Je le regarde pis je lui dit :
"Ben, c'est sûr, nono, que je vais te marier !"
Fait que lĂ , il y a des millions de confettis
qui tombent du plafond de TVA, pis c'est un conte de fées.
- Ben, félicitations !
- C'est ça, l'affaire.
C'est... je le sais pas si je veux le marier.
Je veux dire, je lui ai dit oui,
j'ai comme pas eu le choix de lui dire oui.
Mais je le sais pas si je veux. J'ai dit n'importe quoi.
J'ai dit que je m'en allais roder un spectacle en Abitibi.
Pis lĂ , je suis partie pis je suis venue ici.
Pis lĂ , tout le monde arrĂȘte pas de m'appeler.
Ma mÚre est en train de l'échapper, là . Moi, je capote.
J'ai pas mangé, j'ai
fucking
faim.
J'ai envie de voir personne dehors. Qu'est-ce qu'on fait ?
(expiration profonde)
(inspiration)
- Oh boy ! Ouh !
(expiration)
- Bon matin !
- Ha !
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a de drĂŽle ?
- Rien. C'est juste "bon matin".
Ăa fait vraiment
corporate, pis c'est genre un anglicisme.
- OK, fait que t'as le droit de dire
corporate,
mais j'ai pas le droit de dire "bon matin" !
-
Corporate,
c'est un mot en anglais,
fait que c'est comme clair que c'est pas un anglicisme.
Ah ! Ouh !
J'ai parlé à ton ex.
- Comment elle va ?
- Bien. Elle tripe vraiment Ă Vancouver. Oh !
- Tant mieux.
- Ah ! Je lui ai dit qu'on était rendus colocs.
Ăa l'a super gros Ă©mue.
Elle pense que ça va te faire du bien.
- Dans quel sens ?
- Juste en général.
- Non, non, mais ça m'intrigue.
- Tu vois, c'est de ça que je te parle
quand je te dis que t'es agressif, le ton dans ta voix.
- Ăa m'intrigue pour vrai, Thomas. Dans quel sens ?
Julie pense que ça va me faire du bien à moi
d'habiter avec toi ?
- J'ai le bonheur facile, moi, dans la vie.
Je lui ai dit que c'est contagieux, que...
- OK, c'est pour ça qu'elle est partie à Vancouver ?
- Tu vois, je vais choisir d'ignorer ton sarcasme
pis je vais finir ma phrase.
Julie pense que mon aptitude au bonheur
peut avoir une bonne influence sur toi.
- Je suis trĂšs apte au bonheur.
- Je pense pas, non.
- Oui !
- T'es
full
stressé.
- Ben, j'ai une job stressante.
- Moi, je suis pas stressé.
- Mais t'as rien. T'as pas de job. Tu fais rien.
- Et voilĂ ! Bonheur facile.
Ouh !
- AllĂŽ !
Tu dois ĂȘtre content pour Mariana.
C'était tellement beau,
Sa
lut, bonjour !,
ce matin !
C'est genre devenu viral en 2 secondes.
- Oui, je suis content de voir que ta douche est réparée.
- Quoi ?
- Tes cheveux, Camille. - Ben, qu'est-ce qu'il y a ?
Mes cheveux sont propres, je viens de les laver.
- Ben ça, je l'ai vu, ils sont tout mouillés.
- Ils sont plus beaux quand je les laisse sécher naturellement.
- Ben, lĂšve-toi plus tĂŽt ou ben lave-les la veille parce que lĂ ,
c'est vraiment n'importe quoi.
- Ăa va sĂ©cher.
- Camille, t'es dans une grande agence, ici.
Ăa serait le fun que tu t'arranges pas
pour nous faire honte, OK ?
- Ah oui ? Je te fais honte ? Pis mon linge, c'est correct aussi ?
Il faudrait peut-ĂȘtre que je me maquille plus,
que je porte des talons hauts ?
- Tu sais quoi ? Oui.
Mais pour pas que tu te sentes persécutée,
ben je te le dirai pas.
- Osti !
Merci !
Bonne journée, là !
- Ă toi aussi.
(sonnerie de téléphone)
- (Sofia) : AMG, bonjour ! Oui.
- Le tĂ©lĂ©phone arrĂȘte pas de sonner.
Deux filles le matin,
Paul Arcand,
On dira ce qu'on voudra,
Des hits dans l'trafic, tout le monde veut lui parler.
- Super ! Mais si Mariana y va,
elle parle pas de sa vie privée, OK ?
- Mais mĂȘme avec ce qui est arrivĂ© ?
Ăcoute, tu comprends pas !
C'était le plus beau moment de
Salut, bonjour !
C'Ă©tait mĂȘme le plus beau moment de la tĂ©lĂ©vision quĂ©bĂ©coise.
Je l'ai regardé, je pleurais. Elle pleurait, tout le monde...
- OK, hé ! Elle parlera pas de sa vie privée.
Retour des
co
miques
cet aprĂšs-midi ?
- MĂȘme au
Retour des
co
miques
cet aprĂšs-midi ?
- Elle est Ă la radio cet aprĂšs-midi ?
- Ă 5h00.
(soupir)
- Merci.
Bon, Mariana, lĂ , t'es auRetour des comiques
Ă 17h00.
-Oh, fuck ! J'ai oublié !
- Il faut absolument que tu y ailles.
- Mais je peux pas y aller.
J'ai dit à Maxime que j'étais en rodage en Abitibi.
S'il m'entend Ă la radio, il va rien comprendre.
- Il faut que tu lui parles, Ă ton chum.
De toute façon, plus t'attends, pire ça va ĂȘtre.
- Tu veux que je lui dise quoi ?
- Ben que tu veux pas le marier.
- Mais oui, mais lĂ , il va me laisser !
Mais moi, je veux pas qu'il me laisse, je l'aime.
Je le sais pas si je veux le marier, mais je l'aime.
- Ben regarde, s'il t'aime, il va comprendre.
Je le sais pas si je veux le marier, mais je l'aime.
- HĂ© ! J'ai besoin de temps.
Pour vrai, je suis tellement nerveuse
avec les rodages de mon spectacle.
Je suis "prémenstruée".
Est-ce que tu peux t'en occuper,
juste en attendant que je réfléchisse, s'il te plaßt ?
- Tu veux que je m'occupe de quoi, au juste ?
- De tout.
- Je pense que les agents, avec les directrices de casting,
il est temps qu'on s'attaque
au problÚme de la diversité à l'écran.
- Ah ! Je suis tout Ă fait d'accord, il y a un problĂšme.
Mais tu le sais comme moi,
c'est les réalisateurs et les producteurs qui décident.
Pis des auditions, il y en a de moins en moins.
- Ben c'est ça, tout le monde se renvoie la balle,
mais il y a rien qui se passe.
Moi, j'ai des trÚs bons acteurs de la diversité
Ă qui je suis pas capable de trouver des vrais rĂŽles.
Je ne sais plus quoi leur dire.
Peut-ĂȘtre qu'il faut y aller cas par cas en multipliant les cas.
- Ben oui, mais les cas par cas, on le fait déjà .
- Je vais t'envoyer les statistiques.
- J'ai pas besoin de voir les statistiques.
- Je vais te les envoyer quand mĂȘme. C'est pire que tu penses.
- Je le sais, mais j'ai pas besoin de voir les statistiques.
- Tu les auras.
- Je veux pas renvoyer la balle, mais c'est pas moi qui filtre.
- Non, c'est pas ça que je veux dire.
Mais en mĂȘme temps, vous avez beaucoup de pouvoir,
les directeurs de casting.
Pis on parle d'un changement de société profond,
d'enfin renvoyer une image de la société qui est inclusive.
C'est pas rien.
C'est comme...
le Mois de l'histoire des Noirs.
Tu connais le Mois de l'histoire des Noirs ?
- Ben oui, oui ! C'est super important !
- Pis c'est en...
- C'est en...
- C'est en février.
- Février, exactement.
- Sofia !
- Oh ! Excusez-moi, je voulais pas vous déranger.
- Ah, mais non ! Pas du tout ! Comment ça va ?
- Ăa va bien, merci.
- Tu connais Chantal Bisson ?
- De réputation, bien sûr. Bonjour !
- Bonjour !
- T'as vu Sofia au théùtre déjà , j'imagine.
- Ben oui ! Ăvidemment ! EnchantĂ©e !
- Enchantée !
- T'as été parfaite ! - Tu penses ?
- Ah oui ! Il fallait que ce soit un peu malaisant
pour que ç'ait l'air vrai.
- C'est ce que je me disais. - C'était super ! Alexandra ?
- Oui, quoi ?
- Je sors d'un meeting avec Chantal Bisson.
J'ai trouvé une façon pour l'agence
de s'impliquer dans la diversité à l'écran.
- Hum, hum ! Cool !
Il faut que j'aille aux toilettes. Je reviens.
- Oui, je me sens vraiment super mal.
Il y a eu un bogue de communication ici Ă l'agence
pis elle a Ă©tĂ© "bookĂ©e" Ă 2 places en mĂȘme temps.
Pis en plus, elle a raté son avion ce matin.
Ouais ! Ouais, c'est ça !
Gros matin, effectivement !
Mais Ă 17h00, elle devrait ĂȘtre sur la route.
Donc, elle va trouver un endroit tranquille pour se stationner
pis elle va vous appeler.
Non, il y aura pas de scoop. Non.
Elle parlera pas Ă personne avant vous.
Pas d'autres entrevues.
Mais la ligne directrice est toujours la mĂȘme :
Mariana ne parle pas de sa vie privée. OK, parfait ! Super !
- Je veux que tu me fasses une liste
de tous les acteurs de l'agence issus de la diversité, OK ?
Tu l'imprimes.
Je veux aussi que tu m'imprimes
les statistiques du comité spécial de l'Union des Artistes.
Pis t'envoies ça à la directrice de casting Chantal Bisson.
C'est bon ?
- On pourrait pas juste s'occuper
du mariage de Mariana Mazza Ă la place ?
- Tu veux qu'on s'occupe d'une cliente de Jean-Frédéric ?
- Ăa serait tellement plus le fun !
Il paraßt qu'ils veulent faire téléréalité sur les préparatifs.
- Ah oui ! Pis sur le dessus de la pile
que tu vas envoyer Ă Chantal Bisson,
je veux que tu mettes les photos de casting de Sofia.
- Ben, elles sont déjà sur le site.
- Non, non ! Tu les imprimes pis tu les envoies par messager.
C'est bon ? - OK !
Mais ça fait trÚs années 90, ton affaire.
- Justement !
- Veux-tu que j'en fasse imprimer
une pour toi en mĂȘme temps ?
Pleine grandeur ?
(raclement de gorge)
- Je prépare une petite révolution. C'est trÚs sérieux.
- TrĂšs bien.
- Agence AMG, bonjour ! Je vous transfĂšre, un instant.
(sonnerie de téléphone)
AMG, bonjour !
Oui, oui ! Je vous transfĂšre.
Ă qui vous avez dit que vous vouliez... Oui, pardon !
- Camille, viens ici.
Aliocha Schneider fait un concert intime chez lui ce soir
pour tester des nouvelles chansons.
Pis j'aimerais vraiment ça...
- Qui ?
- Aliocha. Voyons, Aliocha Schneider.
En tout cas, je t'ai envoyé ses coordonnées.
J'aimerais ça que tu y ailles à ma place.
Je suis débordée pis j'ai des contrats à réviser.
Pis c'est ça.
- Pas de problĂšme.
- (chuchotant) : OK, merci.
- Quoi ?
- Sérieux, je me déguiserais en toi
pour pouvoir aller à cette soirée-l.
- HĂ© ! Moi, je t'assassinerais dans une ruelle,
je volerais ton linge
pis je me ferais comme un masque avec ta face.
- Ouh... -
Too much.
- Oui ?
- Hum, je m'excuse de vous déranger.
C'est juste que... si vous ĂȘtes lĂ ,
c'est pas juste Ă cause de la divulgation volontaire, hein ?
Je veux dire, vous aviez des doutes avant,
pis la divulgation volontaire, c'est comme un bonus, non ?
- Avez-vous des choses Ă me dire, Sofia ?
- Non, non, c'est une vraie question.
- Vous avez des raisons de croire
qu'on aurait dĂ» avoir des doutes ?
- Merci.
- Si on se positionne comme l'agence de la diversité,
on va attirer les meilleurs.
Pis c'est juste une question de temps
avant que le milieu change
pis qu'il y ait un juste retour du balancier.
(raclement de gorge)
Moi, je dis qu'il faut ĂȘtre prts.
On parle d'un changement social important.
Ăa peut ĂȘtre majeur pour l'agence.
- OK, fait que t'es comme rendu M. Champion de la diversité, là ?
- Exactement ! Ben, pas juste moi, lĂ .
- C'est pas bizarre que tu sois blanc ?
- Ben, c'est pas parce que t'es pas Noir
que tu peux pas porter des dreads, lĂ .
- Ouais, mais ça, ça s'appelle de l'appropriation culturelle
ou je sais pas quoi, lĂ .
- Veux-tu vraiment embarquer dans ce débat-là ?
- Non, non...
- Il est temps que le milieu se réveille
pis on fait partie du milieu.
T'es en train de te déresponsabiliser.
- Il faut que j'aille aux toilettes.
- Encore ? Es-tu malade ?
- Non, juste, je vais faire pipi dans la vie.
- Tu vas jamais aux toilettes d'habitude.
- De quoi tu parles ?
- Tu t'es déjà vantée de pouvoir de passer 12 heures
sans aller aux toilettes pis que c'est pour ça
que t'étais plus efficace que tout le monde.
- Ah oui ? Je reviens.
- Ben reviens, car je veux te parler, hein !
(gémissements)
- (Alexandra) : J'ai libéré ma soirée pour toi.
- T'avais pas à faire ça.
- 20h00 chez nous.
- Oui.
(soupirs)
Alex, c'est tellement intense.
Je ne sais plus ce qui se passe, lĂ .
- Ah oui, tu le sais. Tu le sais trĂšs bien.
(gémissements)
- Es-tu correcte ? Ăa fait 10 minutes que t'es lĂ .
- Oh, mon Dieu ! T'es ben trop intense, toi !
- Je suis ton ami ! Attends ! - Quoi ?
- Bonjour !
- Bonjour !
Non !
- (Femme) :
Mariana, on se
de
mandait si on allait réussir
Ă t'avoir avec nous aujourd'hui.
On est vraiment contents.
T'
es sûr la route, là ?
- Oui, oui, je... ben, je suis dans mon vieux char
pis... c'est le fun !
C'est vraiment beau, l'Abitibi.
C'est... Il y a beaucoup de vent.
-
Ben, c'est comment,
l'
Abitibi, Mariana ?
Parle-nous un peu
de
ce que tu vois, lĂ .
Ben écoute, il y a... ben, il y a des arbres,
il y a... beaucoup d'arbres.
Il y a des... montagnes d'arbres.
Pour vrai, c'est magistral.
-
Hé ! C'est génial ! Bon...
- Oui.
-
Mariana, t'étais
Ă
Salut, bonjour !
ce matin.
Ă'a Ă©tĂ© un matin riche en
ém
otions, si on peut dire.
Peux-tu nous en parler ?
- Ouais ! J'ai raté mon avion. C'était impressionnant.
C'était comme dans les films.
Je courais partout dans l'aéroport.
Pis là , la valise est tombée, mon linge a revolé.
Mes bobettes étaient partout étalées
dans Pierre Elliott Trudeau.
C'Ă©tait quand mĂȘme fou !
-
Ăa doit pas ĂȘtre facile
de
quitter son amoureux
dans un moment aussi intense...
- Ouais, excuse, attends. Bouge pas. J'ai... OK, parfait !
Ouais, il y avait beaucoup de vent, OK. Je suis lĂ .
-
Alors, on a
un
e surprise pour toi.
- Ben non. Ouais, ben... j'ai eu mon quota de surprise,
je pense, aujourd'hui.
-
Mariana,
en
partenariat avec le seul,
l'unique hélicoptÚre TVA,
on t'annonce que ton futur mari
va s'envoler jusqu'Ă toi
en Abitibi
da
ns quelques instants.
(articulation silencieuse)
Mariana, es-tu encore lĂ ?
(pépiements d'oiseaux)
(soupir)
- (Homme) : J'arrive.
Ah ! AllĂŽ !
- Salut ! - Ăa va ?
Voyons, c'est ben long.
Excuse-moi, je pensais que c'était l'hélicoptÚre TVA.
- Euh non, il y en aura pas, d'hélicoptÚre TVA.
- Ah non, hein ? Il s'est passé quelque chose ?
Mariana est correcte ?
- Oui, oui ! C'est juste qu'il faudrait qu'on se parle.
- OK !
- Tu réalises que cette femme a beaucoup de pouvoir
sur le sort de l'agence en ce moment ?
- Tu penses que c'est pour ça qu'elle m'excite ?
- Non, je pense que c'est pour ça
que c'est une trÚs mauvaise idée de coucher avec.
- Mais elle enquĂȘtera pas indĂ©finiment Ă l'agence.
De toute façon, tu trouves pas
qu'elle est de meilleure humeur depuis que...
- Mais pour combien de temps ?
Tu vas te tanner d'une minute Ă l'autre.
- Non. - Oui.
- Je suis en amour.
(rire sarcastique)
C'est unejoke, lĂ ?
- Non.
- OK.
- OK. OK. Merci. Merci de ton enthousiasme.
Ăa te tente pas d'ĂȘtre optimiste pour moi,
pour une fois que je suis optimiste.
- Super ! Soyons optimistes !
Comme lĂ , j'ai quelque chose Ă te demander
et je suis optimiste que tu vas dire oui.
- Tu vois ! J'ai déjà le goût de te dire oui.
- Je veux qu'on se mette ensemble, toi, moi,
Jean-Frédéric pis Arlette
pour rencontrer tous les agents de casting
pour leur parler de l'importance de la diversité à l'écran.
(ronflement)
- OK, excuse-moi de vouloir faire quelque chose
de socialement important.
- Quelque part dans ta petite tĂȘte, lĂ
dans toute la marde de dĂ©ni qu'il y a dans ta petite tĂȘte,
j'espÚre que tu sais que tu fais tout ça
juste pour impressionner Sofia.
- Un, non.
Deux, mĂȘme si je faisais ça pour impressionner Sofia,
on s'en fout, c'est une bonne idée.
Tu pourrais au moins embarquer pis faire ça pour moi.
- C'est quoi, ce ton-lĂ de
"aprĂšs tout ce que j'ai fait pour toi" ?
C'est quoi, ce ton-lĂ ?
- Je pourrais trĂšs bien dire Ă tout le monde
que tu couches avec Mme Revenu Canada.
- Pourquoi tu ferais ça ?
(sonnerie de cellulaire)
- Qui ? Qui te texte, lĂ ? T'as pas d'amis.
- J'ai un coloc.
(léger brouhaha)
- HĂ©, Camille !
- Ah ! AllĂŽ ! T'es lĂ ! Tu connais Aliocha ?
- Ben oui, on avait la mĂȘme agente.
- Ah, ben oui ! - Alexandra t'envoie Ă sa place ?
- Ouais.
- Je te dis que c'est pas mal plus excitant
que faire des photocopies.
- J'aime ça, faire des photocopies.
Tu sais, quand je photocopie bien quelque chose,
je me sens valorisée.
(rires)
Pis toi ? - Euh, ça va.
Je lis plein de scénario depuis que je suis chez MVA.
C'est vraiment une bonne agence. Tu serais bien lĂ -bas.
En fait, c'est fou, mais plus j'y pense,
plus ce serait parfait pour toi.
- Oh non, je suis correcte.
- Ils sont vraiment en mode relĂšve.
Ils veulent former des jeunes agents
pis travailler plus en équipe, changer la formule.
- Ah OK !
- HonnĂȘtement, je suis parti pour faire chier mon pĂšre.
- Je pense pas que ça ferait chier ton pÚre
si je m'en allais.
- Mariana est en Abitibi pour travailler,
elle a besoin d'espace.
Elle veut pas jouer dans le show "Mariana Mazza se marie."
- OK, ouais.
- L'hélicoptÚre, ça va amener son lot de caméras.
- J'avoue, j'avais pas pensé à ça. Mais là , est-elle fùchée ?
Elle a pas changé d'idée ? - Non, non.
- Car elle me rappelle pas, elle répond pas à mes appels.
Fait que je suis un peu...
- L'hélicoptÚre, ça l'a un peu fait paniquer,
pis elle m'a demandé de m'en occuper.
- Ah OK, ouais.
(sonnerie de cellulaire)
Il y a une couple de journalistes
qui m'ont appelé aussi.
Je sais pas quoi leur répondre.
- Réponds rien.
- Ah, j'avoue.
- Mariana a travaillé trÚs fort
pour garder sa vie privée, privée.
LĂ , il faut refermer la porte tout de suite.
Parce que sinon, ça va déraper.
- OK ! OK, ouais ! C'est bon !
- Ben, ça doit ĂȘtre un peu la mĂȘme chose pour toi
dans ta carriĂšre de clown sans frontiĂšres, non ?
- Euh, ben ça se compare pas vraiment.
- Non, mais quand mĂȘme.
T'as dĂ» travailler fort pour te rendre lĂ .
- Oui, oui, mais en mĂȘme temps, c'est comme communautaire.
- Ouais, mais quand mĂȘme.
- (Thomas) : Salut,
man !
- Salut !
Sofia ! Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
- Je voulais t'en parler en personne.
J'avais peur de manquer de courage sinon.
- Qu'est-ce qui se passe ? C'est Simon-Olivier ?
- Hein ? Non, euh... c'est...
c'est moi qui ai dénoncé l'agence à Revenu Canada.
- Hein ? Ben non, tu me niaises, lĂ ! Voyons donc !
- J'ai appelé la ligne 1-800 pour la divulgation volontaire
pis j'ai dit que l'agence était louche.
- Mais pourquoi t'as fait ça ?
- Je le sais pas.
- Qu'est-ce qui t'a traversĂ© dans la tĂȘte ?
- Doux, doux, doux ! T'es trop intense !
Doux avec la demoiselle !
- Tu sais que, juste à moi, ça pourrait me coûter 60 000$.
Imagine toute l'agence !
- Je m'excuse.
- Ton rapport Ă l'argent m'agresse,
man.
- OK, Thomas, veux-tu juste... ?
- Je m'excuse.
- OK, OK, OK, OK, OK.
Oh boy !
OK, là ... L, tu vas m'expliquer pourquoi t'as fait ça.
- Tout le monde m'ignorait.
J'étais comme la réceptionniste de service.
Personne me prenait au sérieux comme actrice.
- Ouais, mais t'étais engagée comme réceptionniste.
C'était ta job.
- Pis je la fais trĂšs bien, ma job.
J'ai jamais demandé de passe-droit. Mais... crime !
J'ai fait 4 ans d'école de théùtre.
LĂ , je produisais une piĂšce au Prospero.
J'avais des super bonnes critiques,
mais personne Ă l'agence voulait venir me voir.
Pourquoi ?
- Je suis allé, moi.
- Oui, mais c'est ça. Il était trop tard.
- Ăa excuse rien.
- Pis toutes ces affaires-là autour de la diversité,
ça veut rien dire.
fucking
née ici.
Je suis une bonne comédienne. Je suis
fucking
née ici.
Mais je pourrai jamais jouer la fille de Guylaine Tremblay,
ou la niĂšce de Gilles Renaud.
Je peux juste pas.
Fait que t'as beau faire toutes tes petites mises en scĂšne
autour de la diversité
avec toutes les directrices de casting au monde,
tu pourras jamais faire changer cette mentalité-là .
Tout ce que tu vas faire, c'est voler le show pis ben paraĂźtre.
(sanglots)
Pis oui, je suis amĂšre.
Pis oui, j'ai fait une connerie.
Mais c'est ça, j'ai jamais dit que j'étais pas intense.
- HonnĂȘtement, Sofia...
- Regarde, c'est correct. Je sais, c'est fini.
Je voulais juste en parler avant. Mais euh...
je vais donner ma démission.
- Ouais, c'est mieux comme ça.
- Je suis vraiment désolée.
- Bye !
T'es vraiment cave.
- Ta gueule.
- (Jean-Frédéric) : Qu'est-ce que Camille fait là , l ?
- On s'est croisés dans un party hier.
Elle était trop soûle pour rentrer chez elle,
fait que je l'ai ramenée chez nous.
Mais elle voulait absolument,
mais absolument pas coucher sur mon divan.
Fait que je l'ai installée là .
Je sais pas ce que tu fais à tes employés l'agence,
mais les gens ont vraiment peur de toi.
OK, tu vas juste m'ignorer, c'est quoi ?
- Zach, je suis ton pĂšre.
Depuis la premiÚre seconde que t'as commencé à exister,
j'ai pris mes dĂ©cisions en fonction de ton bien-ĂȘtre.
Pourquoi, tout d'un coup, je deviendrais un ĂȘtre abject
qui est contre toi, hein ?
Si je te dis que Camille...
c'est vraiment pas une fille pour toi,
pourquoi tu peux pas me faire confiance, hein ?
- Ben, c'est une trĂšs bonne question.
- Non, pense à ça, pis moi, je vais me faire un café.
- Bonjour !
- Bonjour !
- Bonjour ! - AllĂŽ !
- AllĂŽ ! Pardon.
(sonnerie de téléphone)
- Bonjour !
(soupir)
- J'en reviens pas que t'aies pas de blonde.
D'habitude, les filles hot comme toi sont toujours en couple.
- Ben non.
- T'es célibataire depuis combien de temps ?
- Depuis toujours.
- Tu veux pas qu'on parle de ça ?
- Non, non. Non, non, ça me dérange pas. On peut en parler.
C'est juste que c'est ça. J'ai toujours été célibataire.
- T'as jamais été en couple ?
- Non.
- As-tu déjà été en amour ?
- Oui pis non.
- OK, fait que c'est quoi ?
Tu fais juste baiser pis ça finit là ?
- Ben non, je veux dire, ça m'est déjà arrivé de... mais...
- OK, mais t'as jamais été en amour ?
Mon Dieu, je suis vraiment conne d'avoir pensé que t'aurais pu...
- Attends, attends, attends. J'ai envie d'ĂȘtre en couple.
- OK, mais pourquoi tu l'as jamais été d'abord ?
- Je le sais pas. Ă'a pas adonnĂ©.
- Ouais, mais à ton ùge, si t'as jamais été en couple,
c'est que t'es juste pas capable de l'ĂȘtre.
one-night,
moi.
OK, je fais pas ça, d'habitude, des
one-night,
moi.
Je le savais que j'aurais pas dĂ».
- Non, mais...
- Bonjour !
- AllĂŽ ! All.
- AllĂŽ !
Ah non ! Il y a encore quelqu'un qui a pris mon yogourt !
C'est la 2e fois que ça m'arrive cette semaine.
(soupir)
(claquement de grille-pain)
(soupir)
Oh ! Marde, marde, marde, marde, marde, marde !
- Bon matin ! Je suis en train de faire des toasts.
- Ah, j'ai pas le temps.
- Je t'ai mis des Tylenol lĂ .
Je vais t'appeler un taxi pendant que tu déjeunes.
Ah ! Pis aussi, j'ai déjà envoyé un courriel à Maxime
pour lui parler de toi.
(halĂštement)
- T'es vraiment fin.
(halĂštement)
(gémissement)
- Goglu Ă©tait Ă
Salut, bonjour ! et Ă Paul Arcand.
- Qui ?
- Maxime, le chum de Mariana, son nom de clown, c'est Goglu.
- Il était à Paul Arcand ?
- Mitsou l'a aussi confirmé sur son émission ce midi.
Pis il est sur le
lineup
d'
Entrée principale.
- Pourquoi pas StĂ©phane Rousseau tant qu'Ă y ĂȘtre ?
- Ben oui, pourquoi pas !
Il y avait aussi un portrait pour lui dans
La Presse.
"Mariana mariera l'homme idéal." - OK !
- C'est comme si tout le Québec était tombé en amour avec lui
d'un seul coup.
Je te le dis, il est incroyable.
Si tu le voyais parler des enfants qui ont besoin de rire.
C'est tellement beau. C'est pas juste un clown drĂŽle.
- OK.
- C'est un clown utile, tu comprends ?
- Ben oui. - Je te jure !
- Ouais, ça va.
Ah, ben oui ! T'as dormi dans mon bureau.
- AllĂŽ ! HĂ© ! Ton divan est plus confortable que mon lit.
- Ben, tant mieux ! - T'as vu sur Facebook ?
102 000 nouveaux fans Ă toutes les secondes.
- T'exagĂšres pas un peu ?
- Les gens vont attendre notre mariage
comme celui de PKP et Julie.
- Ben, c'est pour ça qu'il faut que tu lui parles.
- Non ! Je suis pas prĂȘte !
- Tu vas pas rester cachée ici jusqu'à la fin des temps.
- Merci pour ta compassion. - C'est pas ce que je dis.
Tu fais rien depuis hier Ă cause de cette histoire.
Il faut que tu t'en occupes.
- Non ! Je sais pas ce que je veux.
- HĂ© !
- J'ai aucune idée de ce que je veux. Je veux pas le perdre !
Mais je l'ai trouvé cave, pis je lui en veux !
Mais en mĂȘme temps, c'est pas de sa faute, Ă lui,
si toutes les filles, c'est des connes qui rĂȘvent secrĂštement
de se faire demander en mariage à la télévision.
Il voulait juste ben faire.
- Avoir un petit peu d'attention dans les mĂ©dias peut-ĂȘtre ?
- Voyons ! Maxime est pas comme ça, tu le sais.
- Ah non ? - Non.
- RenvoyĂ© de l'Ăcole de l'humour aprĂšs un an,
lĂ , il est clown sans frontiĂšre.
Entre ça pis une carriÚre d'humoriste au Québec,
il est pas cave, il prendrait la carriĂšre.
Pis lĂ , il est en train de devenir une vedette sur ton dos.
Pis s'il continue de mĂȘme, la semaine prochaine,
il va ĂȘtre coach Ă
La Voix.
Pis j'ai beau lui demander de pas parler aux médias,
il m'écoute pas.
On fait quoi ?
- Tu sais, toi, lĂ ...
t'es pas le gars intelligent ?
Fucking
intelligent !
Pas intelligent : "Je suis intelligent."
Intelligent : l'intelligentsia de la Montréal. Intelligentsia.
T'as l'intelligentsia, t'as toi. T'es en haut de tout ça.
Toi, tu regardes les gens, pis :
"Fuck off !
Je suis intelligent !" Ăa, c'est toi.
"Je suis intelligent plus que tout vous."
C'est ça que t'es d'habitude.
Pourquoi t'utilises pas cette intelligence-lĂ
au service de notre problĂšme ?
Ăa te tente, ça ?
- Ben voyons.
- Excuse, j'ai toujours rĂȘvĂ© de faire ça.
- Ta boĂźte de courriel est pleine,
pis ton tĂ©lĂ©phone arrĂȘte pas de sonner depuis tantĂŽt.
- Aussi, Alexandra arrĂȘte pas de passer dans le couloir.
Je pense qu'elle te cherche.
- Si tu veux te suicider,
il y a des moyens moins violents
que de faire attendre Alexandra.
Je dis ça de mĂȘme, lĂ .
- Je viens juste d'arriver, je m'excuse.
- Excuse-toi pas, c'est un signe de faiblesse.
- Tu me cherchais ?
- T'es pas rentrée hier ?
- Ah, c'est un peu compliqué.
- Viens t'asseoir.
Toi, t'es genre
one-night ?
Non, c'est pas ton genre, hein, les
one-night ?
- Non, je... je veux juste te dire
que j'ai été super professionnelle
pendant le spectacle.
C'est aprĂšs que...
- Toi, t'es plus une amoureuse, mettons ?
Non, mais j'essaye juste de comprendre la logique.
Moi, par exemple, un
one-night, ça arrĂȘte d'tre un
one-night
quand ça devient un
two-nights.
two-nights,
C'est logique, pis aprÚs ça, un
two-nights,
ça arrĂȘte d'tre un
two-nights
quand ça devient unthree-nights.
Pis ça peut continuer de mĂȘme Ă l'infini.
- Hum, hum !
- Mais vous, les amoureuses, toi, par exemple.
Vous vous le dites de suite : "Moi, je fais pas de
one-night" ?
Comment tu peux savoir que ça sera pas un
one-night
ou que ça va ĂȘtre un
one-night ?
Tu peux pas savoir.
- Ben, ça dépend.
Comme moi, j'essaie d'appliquer le principe
qu'entre le premier baiser pis le sexe,
il faut que t'attendes 2 semaines.
- Mais ça, c'est de mĂȘme au Saguenay,
c'est pas à Montréal que ça marche comme ça, là ?
Je veux dire, au Saguenay,
le temps passe comme à une autre vitesse qu'à Montréal.
à Montréal, en 2 semaines,
il peut s'en passer des affaires à Montréal.
- Ah oui, hein ! - Oui.
- HĂ© ! Salut ! Super, ton dernier show. Vraiment ! HĂ© !
- HĂ© ! - Ăa roule ?
- Ouais, ça va.
- HĂ© ! Je te dis que, hein, on te voit partout.
à la télé, dans les journaux.
- C'est malade. Je fais comme tu m'as dit, hein !
Quand on me parle de Mariana, je dis :
"Non, ça, c'est notre vie privée,
je parle pas de ça aujourd'hui."
- Ouais, sauf qu'Ă chaque fois,
on te présente comme le futur mari de Mariana Mazza.
- Tout le monde le sait déjà de toute façon.
La gang chez Clowns Sans FrontiĂšres, ils capotent.
C'est un petit organisme Ă but non lucratif.
La publicité que ça leur fait, c'est du jamais vu.
Pis les gens sont gĂ©nĂ©reux. Ăa me touche vraiment.
- Wow ! Ben, c'est pour ça que je voulais te voir.
Je me disais :
"Ăa doit ĂȘtre beaucoup d'Ă©nergie, gĂ©rer tout ça."
- Ouais, c'est un petit peu capoté.
J'ai une entrevue avec Mitsou dans une demi-heure.
Ouais, ouais,Bye-bye, mon cow-boy,
t'as vu la vidéo avec la chaise ?
- Ben oui ! - Ouh ! Ouais !
- Mais... qu'est-ce que tu dirais que je te représente ?
- Sérieux, là ?
- On gérerait tout pour toi, toutes les demandes d'entrevue.
- Euh, oui ! Ah ! Euh, je veux dire, ouais ! Ha, ha ! Wouh !
Wou-hou ! Ah, ben oui ! Je signe ! Je signe ouĂč ?
(sonnerie de téléphone)
- Chantal ! Je pensais justement Ă toi.
-
J'espĂšre !
Bon, écoute, il y a une actrice
qui s'est fait offrirune tournée avec Robert Lepage.
Pis on la perd pour un rĂŽle dans
un
e nouvelle série médicale.
Tu sais que je crois pas
au
hasard dans la vie, hein ?
- Moi non plus.
Ăa doit ĂȘtre pour ça qu'on s'entend bien !
-
Bon, fait que j'ai repensé
Ă
ce que tu m'as dit.
Pis je pense
qu
e dans l'urgence,
de
pousser un nouveau visage.
ce serait le moment
de
pousser un nouveau visage.
Et je me dis :
"Pourquoi pas l'actricequ'on a croisée au resto hier ?"
Le producteur pisle réalisateur sont en audition
pour d'autres rĂŽles
ce
t aprĂšs-midi.
Envoie-moi-la. Je vaisla faire passer entre 2 acteurs.
(sonnerie de téléphone)
- Ouais, ben il va falloir que t'attende avant de démissionner.
- Ă plus tard.
- Noémie ? - Oui ?
- à partir de maintenant, on représente Maxime Gagné, OK ?
- Goglu ? C'est super !
- C'est toi qui vas recevoir les demandes d'entrevue.
- Parfait, je l'appelle pour avoir ses dispos.
- Tu refuses toutes les demandes.
- Toutes ? - Toutes. Merci.
(sonnerie de téléphone au loin)
- (Sofia au loin) : AMG, bonjour !
- Qu'est-ce que t'as dit Ă Zacharie ?
- Rien.
- Il était vraiment bizarre ce matin. C'est drÎle, hein !
Depuis que t'es entrée dans notre vie,
on dirait que je suis le pire pĂšre au monde.
C'est ta mÚre qui a décidé de te garder.
MĂȘme si c'Ă©tait clair que t'aurais pas de pĂšre,
c'est pas moi.
Moi, j'en ai, une famille. J'ai tout fait pour ma famille, OK ?
Pis c'est pas vrai que tu vas venir "fucker" ça.
Tu laisses Zacharie tranquille.
- Je... - Oui ?
- Je comprends pas. - T'as jamais été en couple.
J'ai pas envie de t'apprendre c'est quoi ĂȘtre en couple.
En fait, non,
je pense juste qu'il est trop tard pour que t'apprennes.
Maintenant, excuse-moi, j'ai du travail.
- Oui, oui, moi aussi, j'ai du travail. Je voulais juste...
J'allais chercher quelque chose que...
Mais j'avais oublié qu'il était pas...
(Mariana mange des croustilles.)
- T'es le meilleur ! T'es vraiment le meilleur !
Je te l'avais dit que tu trouverais une solution !
T'es le cerveau de la ville !
Th
e brain of the city !
- Ben, si t'es contente, je suis content.
- Hé, toi, là ! Quand tu t'es marié, as-tu eu des doutes ?
- Non.
- Zéro ? Zéro, zéro, zéro, zéro ?
Zéro point zéro, zéro, zéro doute ?
- Quand je me suis marié, non.
- Wow !
- Mais j'ai aucun mérite, là .
C'était une excellente idée de me marier avec Emmanuelle.
- Ah, fait que tu penses que c'est une mauvaise idée
que je marie avec Maxime, hein ?
- Ha, ha, ha ! Oh que je m'embarque pas lĂ -dedans.
- Envoye !
- Que ce soit une bonne idée ou pas, ça change rien.
Ăa m'aura pas empĂȘcher de faire des conneries.
La vie est chaotique.
- T'es vraiment intense.
(sonnerie de cellulaire)
- Noémie vient de me texter.
Maxime comprend pas pourquoi il n'a plus d'entrevues.
Il s'en vient.
(soupir et petit rire)
- Je peux rentrer ?
- Oui. Ă'a bien Ă©tĂ© ?
- Ouais. TrĂšs bien, mĂȘme.
- Tant mieux.
- J'ai eu le rĂŽle.
- Déjà ?
- Ils ont dit que j'étais leur coup de coeur.
- OK ! Wow !
- Je peux refuser aussi.
- Ben non ! Ben non, tu peux pas.
Ăa arrive jamais, des affaires de mĂȘme.
Pis de toute façon, de quoi j'aurais l'air ?
- Quand les gens vont savoir pour la divulgation,
plus personne ne voudra travailler avec moi
de toute façon.
- Ils sont pas obligés de le savoir.
- On peut faire ça ?
- La vérification va finir par finir.
Ăventuellement, ta carriĂšre d'actrice va prendre le dessus.
Tu démissionneras à ce moment-là . On dira rien.
- Merci, Gabriel.
- HonnĂȘtement, je le fais surtout pour pas perdre la face.
- Fait que t'es l'assistante d'Alexandra Martel depuis...
- Ăa va bientĂŽt faire 2 mois.
- Oh ! Juste pour ça, je devrais t'engager sur-le-champ.
Elle a pas la réputation
de garder ses assistantes ben, ben longtemps, mettons.
- Je suis un parfait mélange de docilité et de rigueur.
- Mais lĂ , nous, ce qu'on cherche,
c'est pas une assistante, c'est une personne
qui va ĂȘtre en charge
de la gestion des horaires des acteurs.
Ă'a l'air facile de mĂȘme, mais ça joue
rough
par bout.
Pis il y aura personne pour surveiller ce que tu fais.
- Pas de problÚme. Je vérifie toujours mon travail 3 fois.
Je suis un peu compulsive.
- Mais lĂ , t'as pas un TDAH ou un TOC lĂ ?
- Ah non, non !
- Parce que votre gĂ©nĂ©ration, je veux pas ĂȘtre bte,
mais c'est une catastrophe.
- Non, non, je suis correct.
C'est juste que j'ai pas eu de pĂšre.
Fait que je cherche désespérément
l'approbation de toute forme d'autorité.
(sonnerie de téléphone)
- (Sofia) : Agence AMG, bonjour !
- Oh ! - Un moment, je vous transfĂšre.
- Ouais, c'est parce qu'il faut que je sois Ă Sainte-Justine
dans une heure, fait que...
- Pas de problĂšme.
Viens avec moi, on va aller dans la salle de conférence.
Café ? - Non merci.
- Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
- Il faut qu'on se parle.
- T'étais pas à Val-d'Or toi ?
- Ah non, j'étais pas là . Hum !
Non, mais c'est vrai. Je me suis sentie coincée.
Je sais pas si je veux pas me marier
juste parce que je me sens obligée de te marier,
ou juste parce que je veux pas point.
- Ouais, mais t'étais pas obligée d'accepter.
- On est en direct à la télévision.
Tout le monde pleure, il y a des ballons qui tombent.
Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?
- Je comprends, c'est que je voulais que ce soit grandiose.
Je voulais que ce soit Ă ta hauteur.
Pis je suis pas jaloux de ton succĂšs, lĂ .
Tu le sais, je t'aime pis je t'admire.
game.
Des fois, je me sens juste comme pas dans la
game.
Pis je le sais que c'est
weird,
mais je veux comme te demander en mariage au complet.
Tu sais, je veux marier aussi la Mariana qui est dans la télé.
Je suis en amour avec elle aussi,
pas juste ma Mariana Ă moi Ă la maison, tu comprends ?
Je voulais la totale, c'est cave.
Ben, pas cave, mais égoiïste.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Je pense qu'elle vient de lui dire
qu'elle veut pas se marier.
- Non !
- Faudra "canceler"
le show sur les préparatifs de leur mariage.
- Ă'aurait Ă©tĂ© si bon. Je l'aurais regardĂ©, moi.
- Tout le monde l'aurait regardé.
- Bon, on se marie pas.
- Non ! C'est une décision mutuelle.
- On s'aime pareil.
- Oui. On a décidé qu'il allait partir
faire la tournée des médias pour annoncer ça à tout le monde.
- Comme ça, on s'est dit que je continuerais
Ă faire la promotion de Clowns Sans FrontiĂšres, fait que...
- Et tu sais ? Ăa m'a donnĂ© une super idĂ©e de numĂ©ro d'humour.
Ăa va ĂȘtre malade !
Dans mon prochain spectacle,
les gens vont siler tellement que ça va ĂȘtre drĂŽle.
- Ăa va ĂȘtre bon, lĂ . - Ben, c'est super, hein !
Ăa finit tellement bien, on dirait presque c'est organisĂ©.
Genre 2 humoristes créatifs qui font discrÚtement
une campagne de financement pour Clowns Sans FrontiĂšres.
- Hein ! C'est vrai que ç'aurait été une bonne idée par exemple.
- Hum !
- Ouais.
- Dans tous les cas, ça m'aura fait plaisir de vous aider.
- Je peux te dire de quoi ?
T'as pas idée comment je suis fiÚre de toi.
T'es le gars le plus intelligent que j'ai rencontré de ma vie.
Non, mais c'est vrai.
Dans toutes les pyramides d'intelligence,
t'es celle qui est au top.
Non, mais ça me donne envie de danser !
T'as pas idée comment j'ai de la chance.
ArrĂȘte, je vais faire ce que je veux. Je capote !
Non, mais c'est fou ! Regarde ! Regarde ! Comme dans les films !
C'est malade ! C'est fou ! J'ai envie de m'envoler, mon chum !
C'est capoté !
- Mariana, le sofa ! S'il te plaĂźt !
- C'est mon 10%, je fais ce que je veux.
- T'as pas tort. Saute.
- Sofia ? Elle est ouĂč, la fille de Revenu Canada ?
- Elle est en arriĂšre,
elle est en train de remballer ses affaires.
Je pense qu'elle a fini.
- Marianne ?
- Il faut arrĂȘter, lĂ .
- Marianne, s'il te plaĂźt, attends.
- Tu vas me faire du mal, je le sais.
Je tombe toujours en amour avec des filles comme toi.
- Tu veux pas nous laisser une chance ?
- Mais je veux ĂȘtre en relation. Je veux ĂȘtre en couple.
Je veux pas juste baiser dans les toilettes,
comme dans "ah, c'est ben intense !"
- Mais pourquoi on essaie pas, d'abord ?
- C'est ça que tu comprends pas.
Si admettons que t'es pas capable d'ĂȘtre en amour,
pis c'est fort probable,
c'est moi qui vais souffrir, c'est pas toi.
- Marianne, attends. - ArrĂȘte !
- Marianne, s'il te plaßt, écoute-moi.
Ăcoute-moi, OK ?
J'ai déjà été en amour, OK ?
J'ai passé mon adolescence
Ă ĂȘtre en amour avec des filles en secret
pis Ă pas leur dire parce que, tu sais...
Regarde-moi.
Je vivais dans le fin fond de Drummondville.
Pis une fois, une fois, je l'ai dit.
Je l'ai dit pis ç'a été la fin. Pis là , je suis...
Je veux pas tout te conter parce que c'est...
Oh, mon Dieu, que c'est bébé ! C'est tellement bébé.
La fille a dit à tout le monde que j'étais une
butch.
Pis tout le monde s'est mis à m'écoeurer. Pis moi, ben...
je suis passée proche de crever.
Fait que non. Regarde-moi.
Non, j'ai pas appris à aimer pour vrai aprÚs ça, OK ?
Mais ce que je t'ai dit lĂ ...
c'est la premiĂšre fois que je le dis Ă une fille.
OK, c'est la premiĂšre fois
que je dis que j'ai un bogue avec l'amour.
Fait que je sais pas, mais...
ça doit vouloir dire quelque chose, non ?
Sous-titrage :
MELS
- Ăa fait des mois que vos Ă©pisodes sont en retard.
Vous appelez constamment le producteur
pour vous plaindre du travail de l'autre.
Pis lĂ , vous vous obstinez tout le temps sur le plateau.
Votre attitude, ça paralyse le tournage.
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