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- C'est l'hiver, c'est la nuit. Il fait froid.
Mais genre, vraiment froid, lĂ .
Tu vois un bébé pogné dans un char avec sa mère.
Le bébé pleure, là . Sa mère, elle a peur.
Tu vois un couple de personnes âgées
qui arrivent de funérailles.
Pis lĂ , ils se disent :
"C'est peut-ĂŞtre notre tour,
mais au moins, on va mourir ensemble."
Excuse-moi, ce bout-lĂ , il vient tout le temps...
Tu vois une cégépienne.
Elle devait aller chez ses parents
pour la semaine de relâche.
Finalement, elle est partie dernière minute.
Elle devait partir la veille. Bon, bla, bla !
Elle est dans son char. Elle essaye de rester calme.
Mais là , on voit ses parents, ils s'inquiètent.
"Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi elle est pas rentrée ?
Qu'est-ce qu'elle fait ?"
Et lĂ , le temps passe.
- Oui.
- Et lĂ , les gens sentent...
qu'ils ont été abandonnés.
Il fait de plus en plus froid.
Plan aérien de l'autoroute 13. C'est la tempête.
La date apparaît : 15 mars 2017.
Le titre apparaît :
Le sauveur de l'autoroute 13.
Et lĂ , j'arrive du ciel en parachute.
Je vois des centaines de chars.
Pis je me dis : "Je vais tous les sauver."
J'atterris, lâche mon équipement.
Je me mets Ă cogner dans les fenĂŞtres.
Pis lĂ , je marche sur les chars. Il y a de la neige de mĂŞme.
"EĂŠtes-vous corrects ? EĂŠtes-vous corrects ?
Ça va aller ! Je suis là ! Je suis là ! Je suis l !"
- (chuchotant) : Wow !
C'est juste, c'est fou,
parce que moi, j'ai eu l'impression
qu'il y en avait pas eu de sauvetage du tout
pendant cette tempĂŞte-lĂ .
- Ah ! Exactement ! Il y en a pas eu ! C'est ça, aussi !
Parce que les services de secours, lĂ ,
ils ont fait n'importe quoi !
Ils étaient pas là du tout.
Le ministère des Transports, là , ils ont pas été utiles pantoute.
Le premier ministre, il dormait au gaz !
(sonnerie de cellulaire)
Je peux pas croire... C'est mon gars.
Comment ça, ils n'ont plus de couche à la garderie ?
C'est ben ridicule, ça !
- Guillaume, juste, hum...
Donc toi, ton personnage, c'est...
- Le sauveur...
de l'autoroute 13.
Ça le dit dans le titre. - OK, mais c'est ça.
Mais c'est parce qu'il y en a pas eu, de sauveur.
- Ouais, mais Alex, c'est un film.
Il faut qu'il se passe de quoi.
On est pas pour regarder du monde
qui attendent dans leur char.
- C'est plate. - C'est sûr, ça. Hum, hum !
- C'est une relecture historique d'action.
C'est comme du Tarantino.
- Sur la tempĂŞte
qu'il y a eu sur l'autoroute 13.
- C'est écoeurant, hein !
- (chuchotant) : Oui.
(sonnerie de cellulaire)
(vibration de cellulaire)
Ah ! C'est elle !
Sylvie ! Oui ! Oui, je suis avec lui. On est très excités.
Oui, vas-y, prends-le. Hum, hum !
Non, on attend le
deal memo pis on te signe ça.
(fermeture de porte)
Ah non ! J'ai pas reçu ça, c'est quoi ?
Non, ça m'étonnerait
que Guillaume Lemay-Thivierge ait des problèmes de coeur.
Tu vois, je...
OK ! J'attends ça ! Bye !
♪ ♪
- OK ! Parfait ! Oui ! On signe ! Merci !
Yes !
Tout est réglé !
L'offre d'achat est acceptée. C'est signé !
Man,
fais pas cette face-lĂ !
- Ah non, c'est cool ! C'est cool ! Je suis content pour toi.
- Je vais payer ton déménagement, là .
- Cool ! Super !
Fait que je te fais signe
aussitĂ´t que j'ai une adresse, lĂ .
- HĂ© ! Regarde, tu me feras pas sentir mal, lĂ !
Ça fait un an que t'habites ici gratis avec mon ex.
C'est pas de ma faute si vous en avez pas profité
pour mettre de l'argent de côté.
- Oh ! OK ! Je veux vraiment pas ĂŞtre bte,
mais c'est un peu gĂŞnant comment tu me parles
du haut de tous tes privilèges.
- Quels privilèges ? J'ai pas des privilèges, j'ai une job !
- Qui vient avec des privilèges.
C'est correct, hein !
On a juste pas le mĂŞme rapport Ă l'argent, la gentrification.
Mais si t'es content, je suis content.
- HĂ©, merci, Thomas ! Merci beaucoup !
-Oui, ma chouette ! Ta mère pismoi, on est d'accord là -dessus.
Tu peux sauter tant que tu veux en parachute,
mais tu plies toi-mĂŞme ton parachute.
Ben, parce que je veux que tu sois capable de le faire.
C'est important.
Il y en a un deuxième au pire, tu le sais très bien, ça.
- Guillaume ! - Il faut que je te laisse.
- S'il vous plaît, raccroche. - Oui, je t'aime, je t'aime.
- Raccroche ! - On se voit bientĂ´t ! Raccroche !
Je t'aime, je t'aime, ma fille, merci.
- C'est quoi, ça ? - C'est quoi, ça ?
- Ben, je sais pas c'est quoi.
C'est viral, c'est partout. C'est quoi ?
- Ah oui...
- Oui ?
- Un court métrage de l'INIS.
- Ah oui ? - Oui.
- Ah oui, hein ! Tourné avec un iPhone dans... c'est quoi ?
C'est ouĂą ? C'est une ruelle du Plateau ?
C'est... on dirait que je reconnais pas, lĂ .
- Ouais, ouais. C'est ça, hein ! Des faux vidéos viraux, là .
- Hum, hum !
- Hum ! - Hum !
- C'est l'INIS qui m'a demandé de faire ça pour eux autres.
- Euh, l'INIS ?
- Oui, l'INIS : l'école de formation en cinéma, télévision.
Tu connais pas ça ? - Non, elle sait pas.
- Ça marche en tout cas, ç'a vraiment l'air vrai.
- C'est ça, c'est que ç'a l'air très, trs vrai.
- Franchement ! Vous pensez pas que c'est vrai quand mĂŞme ?
AllĂ´ ! J'ai 40 ans, lĂ !
Je suis super en forme, je mange super bien, je suis hyperactif !
- Mais tu sais que ça arrive, hein !
Je veux dire, des marathoniens qui meurent chaque année.
Ils pensent qu'ils sont en forme, mais ils ont des...
Comment on dit ça ? Des... voyons... souffles au coeur.
- Un marathonien qui meurt ! Ouais, c'est très, trs rare.
- Ça arrive. - J'arrive de chez le médecin.
J'ai fait mon médical. Tout est beau.
- Ouais ? - Non, mais...
(klaxons au loin)
- Je suis l'acteur...
- (Les deux) : Le plus physique du Québec.
- Veux-tu une petite cascade ? - Non, Guillaume !
(cri, petit rire)
(sonnerie de cellulaire)
Attends une minute. Bon, l'école de mon gars.
Attends une minute. AllĂ´ ?
Ah oui, mon petit coco ?
Ben non, j'ai mis ta collation dans ton sac Ă dos.
Tu veux pas que je le mette dans la boîte à lunch.
Ben oui, t'as tes petits poissons pis une banane.
Non, non, tu vas la prendre, ta banane.
Oui, t'aimes ça, les bananes, ben plus que tu penses.
(soupir)
- Sylvie ? Oui !
C'est pour te dire que c'était un court métrage, finalement.
C'était pas une vraie vidéo virale.
C'était... oui. Ben, aux assureurs...
- Euh, excusez-moi !
Bon, hum... merci de votre attention.
Étant donné que la vérification de Revenu Canada
a été provoquée par une divulgation volontaire,
donc par quelqu'un qui nous veut du mal,
j'ai mandaté Jérémie de faire une liste,
qu'on va pouvoir alimenter tout le monde ensemble,
des gens qui pourraient nous en vouloir
et qui auraient pu nous dénoncer
pour peut-être limiter les dégâts par la suite, hein ?
Jérémie ?
- OK ! Je vais y aller dans l'ordre. Gabriel.
- Ha, ha, ha !
- Ben lĂ , je pense pas que c'est quelqu'un de l'agence.
- Ça pourrait être tout à fait quelqu'un
qui travaille Ă l'agence.
- Pis qu'il risquerait de perdre sa job.
- Ah, il y a des gens qui font des choses stupides.
- Ben, ça peut être très bien quelqu'un de l'agence.
- OK, ben c'est pas moi.
- C'est pas moi non plus.
- Ah ouais ? Quand ça va bien, ça t'angoisse.
LĂ , tu te sens coupable parce que t'as une super bonne job.
Tu penses que tu la mérites pas,
fait que tu t'es arrangé pour saboter tout ça.
- Super !
- Est-ce qu'on a vraiment besoin de savoir c'est qui ?
- Moi, je dis que c'est Jean-Frédéric.
- Sais-tu quoi ? Ça se pourrait, pis tu le saurais pas.
car il y a aucune façon de le savoir.
Mais je pense qu'on a d'autres chats à fouetter que ça.
- Deuxième nom sur la liste : Rémy Girard.
- Ben non ! Voyons ! C'est mon client, ça !
Pourquoi il aurait fait ça ?
- Ben, tu lui as quand même suggéré de jouer dans
Hot Dog,
un film avec des
jo
kes
de saucisses.
- Mais après, son rôle de Pogo, c'était cohérant.
- HĂ© ! Voulez-vous vraiment qu'on parle
de Guy Nadon dans
Les Dangereux ?
- Je suis sûre que c'est David La Haye.
- Il est pas dans l'agence, on a aucun lien avec lui.
- David La Haye ? - Mais c'est un rebelle.
- Oh, lĂ , l ! OK !
- OK ! On peut retourner travailler, lĂ ? Merci !
Penses-tu que Guy Nadon est fâché contre l'agence ?
- Non. Je pense pas.
- Envoie-lui une bouteille de vin pis un mot du genre
que je pense à lui, que j'ai hâte de le voir.
- OK, parfait.
- Des billets d'hockey Ă Marc Messier.
- Il s'est passé quelque chose avec Marc ?
- Juste pour être sûr. Pis... des fleurs à Élise Guilbault.
- Parfait. Euh, ta femme a appelé.
Elle a dit qu'elle passait la soirée avec une amie au cinéma.
- Ma femme ?
- Emmanuelle.
- Pourquoi elle a pas texté ?
- Je le sais pas.
-
T'as appelé Noémie ?
- Je voulais pas te déranger.
-
Pourquoi t'as appelé
si
tu voulais pas me déranger ?
- Pour te dire que je serai pas lĂ ce soir.
- OK, t'es encore fâchée ?
-
Non.
- Ben, je le sens dans ta voix que t'es encore fâchée, là .
T'as fait exprès pour pas m'appeler
ou me texter directement parce que tu me boudes
pis tu veux que je sache que tu me boudes.
Parce qu'au fond, tu voudrais qu'on se parle.
Fait que t'as laissé un message à mon assistante.
Comme ça, ç'a marché. Je suis là , l.
T'as toute mon attention.
- T'as raison.
Je comprends pas que tu veuilles pas
qu'on achète l'agence ensemble.
- Regarde, c'est compliqué. Est-ce qu'on peut s'en parler ?
-Ben, c'est ça !
Tu vas encore dire que je suispassive-agressive. Je m'excuse.
- C'est correct.
-
J'ai pas envie de te parler.
Je voulais
vr
aiment juste te dire
que je vais au cinéma
av
ec une amie.
(sonnerie de fin d'appel)
-Oui, bonjour !
J'essaie de rejoindre Sylvie,
mais je tombe dans sa boîte vocale.
Rentre. C'est qu'on attend le
deal memo
pour Guillaume Lemay-Thivierge.
Guillaume Lemay-Thivierge attend.
C'est bon, je vais attendre en ligne. Merci. Oui ?
- J'ai pas tendance Ă mentir Ă moi-mĂŞme ni aux autres.
Donc, c'est vrai, je l'avoue,
il y a de la tension sexuelle entre nous deux.
Il faut s'en occuper.
Fait qu'hier soir, j'ai beaucoup réfléchi.
J'ai fait la liste des pour et des contre
pour voir si je devais coucher avec toi.
- Alors, tu me trouves très, trs attirante ?
- Oui, c'est le seul pour.
Il y a vraiment beaucoup, beaucoup de contre.
Fait que c'est non. Désolée.
- Mais c'est quand mĂŞme un gros pour, lĂ .
Hé ! C'est un très gros pour.
- Envoie des fleurs Ă Emmanuelle en mĂŞme temps qu'aux autres.
(articulation silencieuse)
- Quelle sorte de fleurs ?
- Des roses.
- Vous vous êtes chicanés ?
- Non.
- Oh ! OK ! Si vous vous étiez chicanés, j'aurais dit :
"Les fleurs, c'est un peu la solution facile."
Mais si c'est juste des fleurs de bonheur, c'est parfait.
- Ben...
qu'est-ce que tu proposes ?
- Euh... massage en couple,
je le sais pas, une escapade romantique.
- Chambre d'hĂ´tel ?
- Oui. C'est bon, ça.
- Vous avez pas de compte de dépenses, Arlette ?
- Je suis pas agente depuis assez longtemps pour ça.
- Ben oui, c'est assez intense comme changement de carrière
si tard dans la vie.
- Oui, le décès de M. Gallant
a changé beaucoup de choses pour moi.
- Vous avez été son assistante pendant quoi ? 30 ans ?
- Oui.
- À votre connaissance,
y a-t-il eu des tactiques en place
pour faire de l'évasion fiscale d'une quelconque façon ?
- À ma connaissance, non.
- Pourquoi l'agence paie les frais d'un condo
dont vous êtes propriétaire ?
- Parce que M. Gallant m'avait demandé de trouver un condo
pour loger les artistes qu'on recevait de l'étranger.
- Pis ce condo-là était votre nom, pas au nom de l'agence ?
- Ben, c'était plus simple comme ça.
Je m'en occupais, l'agence s'en servait.
Et puis, je pense que c'était sa façon
de me laisser quelque chose au cas ouĂą...
Enfin, j'étais très loyale envers M. Gallant.
- Le déclariez-vous comme revenu
dans votre déclaration personnelle ?
- Oui, tout concorde.
- Bon, dans ce cas-là , il y a rien d'illégal. Parfait, merci !
- C'est tout ?
- Ben, je le sais pas, c'est Ă vous de me le dire.
Vous voulez parler d'autre chose ?
- Euh, non, non. Non. Merci.
(raclement de gorge)
- Fait que c'est Ă ce moment-l que j'arrive dans le char.
Le bébé, il pleure, la mère est en hypothermie;
et le bébé est gelé, fait que moi, j'enlève mon habit.
- Ben oui !
- Je déshabille le bébé. Je le prends, pauvre petit.
Je le colle sur moi. On fait du peau Ă peau.
Tu sais, il prend ma chaleur Ă moi.
- Il paraît que c'est ce qu'il y a de mieux pour les bébés.
- Chut ! Chut ! Chut !
- Bon lĂ , je prends mon manteau.
Je le mets sur les épaules de la maman,
pauvre petite, elle est gelée.
Et Ă ce moment-l, il n'y a plus un bruit.
(soupir)
- Wow !
- Mais si t'es arrivé en parachute
parce que tout était paralysé,
comment tu fais pour sortir les gens de lĂ ?
- (Alexandra) : Il est ouĂą, Guillaume Lemay-Thivierge ?
- Je les sors avec l'hélicoptère qui nous attend en haut.
Tu liras le scénario, c'est ben bon.
- Tiens, mon beau sauveur de l'autoroute 13.
Tu vas être content car regarde, c'est réglé, j'ai le contrat.
-
Yeah !
Parle-moi de ça,
yes !
- Attends, regarde ! Regarde !
Ils nous ont envoyé ton costume de parachute d'hiver.
- Je peux voir ? Oh wow ! - Ouais. Écoeurant !
Oui, c'est parfait, ça !
- Hum, hum ! - C'est super ! Ben oui !
Sauter en parachute, je l'ai tellement fait.
Je suis tellement habitué. Sauter sur des...
- Guillaume ? - Ça va bien aller. Oui.
- Est-ce que ça va ?
- Oui, oui, ça va très bien.
- OK. - Ah !
(respiration haletante)
- Camille... peux-tu... Camille, peux-tu appeler l'ambulance ?
- Ben non ! Il niaise. - T'appelles pas l'ambulance.
- Il joue ! - Ah ! Mon Dieu !
- HĂ© ! Voyons ! Camille ! - Oh, mon Dieu !
- Camille, appelle le 911, je t'ai dit.
- (Jérémie) : Wow ! Il est tellement bon !
(gémissement)
- (Noémie) : Ah, mon Dieu ! Mais faites quelque chose !
- T'aurais dĂ» me laisser appeler le 911.
- Je suis correct. - Bon, on va aller Ă l'hĂ´pital.
- Non, non, voyons, ça dure 2 minutes,
je manque un peu d'air.
Pis après ça, ça se replace.
- C'est des crises de panique.
- Appelle ça comme tu veux.
- Je vais appeler ton médecin.
- Je l'ai vu, il m'a dit que tout était beau.
- Mais c'est parce que lĂ ,
on aurait vraiment dit que t'étais en train de crever.
- C'est agréable, ce que tu me fais.
Je suis pas en train de crever. Voir si moi, je vais mourir !
Elle est bonne, celle-lĂ . - Tu le sais pas.
On le sait pas, ces affaires-lĂ .
- Belle confiance de mon agent. Merci ! Bon agent !
- Ça t'arrive souvent ?
- Ben non, 2, 3 fois par semaine.
- C'est beaucoup.
- Oui, lĂ , il faut que tu prennes soin de toi.
(sonnerie de cellulaire)
- C'est arrivé tout seul. Ça va repartir tout seul.
- (Arlette) : L'as-tu dit à ton médecin
que tu faisais des crises de panique ?
- Ben, tu sais comment ils sont pressés, ces gars-là !
- LĂ , on va te trouver un psy, OK ?
- Non, lĂ , on va aller manger. J'ai faim.
Pis c'est toi qui me paye le Cherrier. Dépêche-toi.
- Alors, c'est une suite romantique
avec bain tourbillon et repas sushi.
un
peu dernière minute, hein !
-Ouais, c'est
un
peu dernière minute, hein !
Ben, c'est plate, mais j'avais autre chose de prévu.
- Ah... mais si je peux me permettre,
c'est que c'est vraiment la totale, lĂ .
Moi, en tout cas, à votre place, je libérerais mon horaire.
On parle quand mĂŞme d'une suite romantique.
- Ouais, mais... non, désolée.
-
Avec du champagne.
- Du vrai champagne ou du mousseux ?
- Oui, du très bon champagne. -
C'est bizarre.
Il est superstitieux
av
ec le champagne, d'habitude.
Il en boit vraiment juste pour fĂŞter quelque chose.
-
Ben, ça ressemble
vr
aiment Ă une fĂŞte.
-
Bon, on perdra pas de temps
parce que, vraiment, il y a beaucoup de choses,
beaucoup de dépenses
pour lesquelles je vais avoir besoin de justification.
Le mariage de Julie Snyder, par exemple.
- Oui ?
- Transport, hôtel, repas, vêtements. Ça monte vite, hein ?
- Oui, surtout si on le compare
au nombre de mois que le mariage a duré.
- Mais est-ce que c'était vraiment du travail ?
- Ben oui ! Ben oui ! Tout à fait ! C'est de la représentation.
- Mais vous représentez pas Julie Snyder.
- Non, mais toute la communauté artistique était là .
J'avais beaucoup de mes clients qui étaient présents.
- Est-ce qu'il y a des contrats qui se sont signés ce jour-là ?
Vous avez fait des affaires ?
- Oui. Oui, mais vous savez, les contrats,
c'est une toute petite partie de mon travail.
C'est comme un baiser après une longue période de séduction.
- Justement, ici, j'ai un souper un soir de la Saint-Valentin.
Je me suis dit que c'était peut-être une erreur,
un papier mal classé.
À moins que vous ayez travaillé le soir de la Saint-Valentin ?
- Ah ben, je travaille tout le temps, hein !
- Quand même pas à la Saint- Valentin ! Vous étiez avec qui ?
- Euh... il faudrait que j'aille chercher mon agenda.
- Votre assistant me l'a déjà apporté.
Ça ressemble pas à du travail.
- Il faut vraiment que t'ailles voir un psy.
- Pourquoi ? Que veux-tu que j'aille dire Ă un psy ?
AllĂ´, je suis Guillaume Lemay- Thivierge, ma vie va super bien.
Voyons !
- Non ! Ça, c'est un gros
statement :
"Ma vie va super bien." Je pense pas, non.
- Ben quoi, c'est vrai.
- Ah oui ? Tu fais 3 crises de panique par semaine.
- J'ai pas dit que j'étais parfait.
J'ai dit que ma vie allait super bien.
HĂ© ! J'ai 4 enfants, j'en ai un Ă la garderie,
deux au primaire
pis l'autre fait son cours de conduite.
Mon téléphone sonne tout le temps.
J'ai pas le temps d'aller voir un psy.
- Hum, hum !
Qu'est-ce que tu penses de ça, toi,
une fille qui me reproche de ne pas être vulnérable ?
- Hein ?
- Regarde. C'est écrit là : "Tu n'es pas vulnérable."
Il me semble que c'est un compliment, ça.
- Ben, c'est mieux qu'être prédatrice.
- Ah oui ? Parce que je pensais que ça aussi,
c'était un compliment.
- "Tu es le chaos. Tu ne sembles pas manger assez de protéines.
"Tu ne fais clairement pas de sport.
Ton charme est accidentel."
Je pense que c'est toi qui as besoin d'un psy.
- Ben non, mais tout le monde a besoin d'un psy.
- Tu y vas pas, voir un psy, toi non plus.
T'as pas le temps d'aller voir un psy toi non plus.
Pis t'as mĂŞme pas d'enfant. Pourquoi moi j'irais ?
- Moi, j'y vais, voir un psy.
- Toi, ça ? - Oui !
- Tu vois un psy ?
- Oui.
- Dernièrement ?
- Oui.
- De quoi vous parlez ?
- De choses privées.
- Je sais, mais mettons, un exemple.
(raclement de gorge)
- On parle des problèmes que j'ai avec ma mère.
Parce que...
ma mère m'a pas allaitée quand j'étais bébé.
- T'es vraiment une bonne actrice.
- Tu trouves ?
- Hum, hum ! Bullshiteuse professionnelle.
- Hum !
- Je comprends pas comment ça se fait
qu'on a jamais mangé juste toutes les deux ensemble.
- On n'est pas obligées de commencer ça, tu sais,
si... vraiment...
- Ça doit être terrible quand même, hein !
Avoir un père aussi connu que Marc Messier,
aimé du public,
pis pas pouvoir le dire Ă personne.
- J'aimerais mieux qu'on parle pas de ça ici.
- Ah, ben oui ! Ben oui, c'est sûr !
Mais je veux juste dire que...
je comprends maintenant
comment ça t'a rapprochée de Jean-Frédéric.
C'est que lui, il le sait, tu sais.
Fait que tu peux vraiment ĂŞtre toi-mme avec lui.
- Hum, hum !
- Tu dois l'aimer beaucoup, hein ?
- Normal.
J'essaie de pas faire de transfert sur lui, lĂ .
Comme j'ai eu un père absent,
je sais que je pourrais avoir tendance
Ă essayer de vouloir le remplacer par le premier venu,
mais...
je garde quand mĂŞme mes distances.
- En même temps, Jean-Frédéric, c'est
pas
le premier venu.
- Moi, j'irais avec celle-lĂ . C'est honnĂŞte, c'est clair.
Quand tu vas arriver en casting, ils seront pas déçu.
- Pourquoi je suis allé au mariage de Julie Snyder ?
- Ben, tout le monde était là .
- Ouais, mais c'était vraiment du travail ?
- Tu t'es fait chier comme tout le monde au mariage de Julie.
C'était du travail.
- Ouais, ben il faut que je le justifie mieux que ça.
- Je l'ai ! Tu surveillais Michèle Richard.
- Ah... avec qui j'ai soupé à la Saint-Valentin ?
- Ben...
- Avec moi.
- Toi ?
- Ben, t'es mon agent.
- Ouais, mais on n'a pas soupé ensemble à la Saint-Valentin.
- Je peux mentir.
Je veux dire, c'est tellement horrible,
cette histoire de divulgation volontaire.
Si je peux aider...
Ben, de toute façon,
ça me ferait plaisir de passer la Saint-Valentin avec toi.
- Je savais que ça nous rapprocherait.
- Il y a rien comme une chambre d'hĂ´tel.
- Je parle de l'agence.
- Quoi, l'agence ?
- Ben, je le sais pas, moi ! Qu'est-ce qu'on fĂŞte ?
- Ben lĂ ...
notre réconciliation.
- Pis le champagne ?
- On l'a pas encore bu.
- Ouais, mais t'as commandé du champagne.
C'est pas pour fĂŞter qu'on achetait l'agence ensemble ?
- De quoi tu parles ?
- Je pensais que t'avais changé d'idée.
Pourquoi t'as commandé du champagne, d'abord ?
- C'est même pas moi qui l'ai commandé.
- Tu sais qu'il y a un temps ouù tu t'intéressais aux détails ?
- On parle d'acheter une agence, lĂ .
Je pense que ce serait pas mal plus clair
si j'avais changé d'idée, non ?
- Le pire, c'est que tu considérais
l'offre de n'importe qui sauf moi.
- Non, c'est pas vrai. J'ai jamais voulu de partenaire.
J'ai toujours voulu avoir mon agence Ă moi.
- Mais t'as pas les moyens.
J'arrive avec une solution parfaite, pis tu me rejettes.
C'est pas logique.
- Je veux pas acheter avec l'argent de ton père.
- C'est mon argent.
- Ben oui !
- Il me l'a donné à moi.
T'avais pas ce problème-là quand on a acheté la maison.
- Ben, c'est pas pareil, la maison.
LĂ , on parle de
ma
carrière, on parle de
ma
business.
Comment tu trouverais ça, toi, si... je le sais pas, moi...
si j'avais rien Ă faire pis j'avais plein d'argent
pis je décidais du jour au lendemain
de m'improviser chorégraphe
pis j'insistais pour qu'on produise ensemble
un show Ă 50/50 ?
- EÊtre chorégraphe,
c'est pas mal plus compliqué qu'être agent.
- HĂ© ! Merci beaucoup !
- Pis
anyway,
ç'a l'air que je suis trop vieille
pour être chorégraphe.
Mais j'ai 45 ans, je vais pas arrĂŞter de travailler.
Il faut que je fasse quelque chose.
- Cadeau.
- Merci. Jean-Frédéric, Marianne de Revenu Canada
t'attend dans son bureau.
Elle m'a demandé si t'avais beaucoup de temps cet après-midi
parce qu'elle a beaucoup de questions pour toi.
- Super.
- Oui, le 12 mai chez Toqué !,
c'est une facture particulièrement...
- Oui, ben ça, on recevait Fabrice Luchini
pour lui proposer un projet France-Québec.
D'ailleurs, ça me fait penser
qu'il faudrait que je relance le producteur lĂ -dessus.
- OK ! Hum, ici,
il y a une réception encore une fois assez chère.
Il y a pas beaucoup de détails.
- Oui, ça, c'est le... jour de la dernière
de...
Juste la fin du
mo
nde
de Xavier Dolan.
Xavier Dolan, ouais ? - Oui, oui.
- Ouais, c'est... Xavier Dolan qui tourne ici
avec une distribution de cette envergure-lĂ ,
c'est des retombées économiques pour le Québec
nettement plus importantes que cette petite facture.
- Ici, j'avais un... - Oui ?
(soupir)
Ah oui, Jennifer Lawrence.
Oui, son agent m'avait demandé de m'occuper d'elle
quand elle était à Montréal.
C'est quelque chose avec Jennifer. Ouf !
- Ah oui ?
- Oui. Oui, on collabore souvent.
Il me demande souvent de m'occuper de ses artistes
quand ils sont ici.
- J'ai lu la liste.
- Ben oui, c'est pour ça que je te l'avais apportée.
- C'est un peu injuste. - C'est comme ça que je me sens.
- J'étais d'accord avec à peu près
tout ce qu'il y avait sur cette liste.
T'es une fille intelligente, perspicace.
- J'ai aussi accès à toutes tes factures.
- Exact ! C'est pratique !
Moi, j'ai juste trouvé un peu injuste
que tu dises que je manque de protéines.
Parce que tout le reste, oui, OK, parfait. C'est bon.
Mais vraiment,
que tu me juges sur mon manque de protéines, ça...
ça, c'était blessant.
- T'as raison.
Peut-être que j'ai été un peu raide sur celle-là .
- Bonne soirée.
- Bonne soirée à vous, madame.
(sonnerie de texto entrant)
- (chuchotant) : Évidemment !
(soupir)
(plainte)
- Bonne soirée, là !
- Ben oui, c'est ça.
- Ça va ?
- Hein ?
- T'as l'air découragé ? As-tu besoin de quelque chose ?
- Es-tu en train d'ĂŞtre gentil avec moi ?
Parce que c'est vraiment déstabilisant !
- C'est juste le bordel, je voulais t'aider.
- Ah OK ! Tu veux pas rentrer chez vous. T'as de la visite ?
Tu t'es chicané avec ta femme ? Ton beau-père vient souper ?
- Regarde, je veux juste t'aider, OK ? Go !
- Je comprends pas. J'allais super bien !
On commence la lecture pis bang ! Crise de panique !
- Hum...
- Je l'ai pas vue venir, lĂ .
- Hum, hum ! La production est inquiète, Guillaume.
- Je vais super bien.
- Hum, hum ! Mais tu sais comment c'est. C'est une jungle.
Tu peux pas leur donner un millimètre de vulnérabilité,
sinon t'es fait, lĂ .
LĂ , ils se demandent :
"Es-tu en burn-out ? Es-tu en dépression ?
"Vas-tu tenir la route ? Vas-tu perdre ton
edge ?
Vas-tu prendre des pilules ?"
- HĂ© ! Je vais pas prendre des pilules, lĂ !
- OK. Va voir un psy.
- J'ai été voir le psy. Ça fait 2 fois que je vais voir le psy.
- Pis ? - HĂ© ! C'est long !
Il faut que tu recommences ça du début, là !
Le matou, Jean Beaudin, bla, bla !
"C'est quoi l'élément déclencheur
qui pourrait créer ton début de crise de panique."
Le déclencheur, je le sais, c'est quoi, le déclencheur, moi ?
Pis j'ai pas le temps.
Il faudrait que je le revoie la semaine prochaine ?
Ben non, je peux pas ! J'ai un essayage demain.
La machine est partie. J'ai pas le choix.
- Ça va bien aller. Je viens avec toi à ton essayage.
- Merci, ça m'aide. Ça, oui, ça m'aide.
Ça me fait réaliser qu'il y en a des pires que moi.
(soupir)
- Tout pour te faire du bien.
- C'est vrai que c'est dur.
- Hum !
- C'est dur de réaliser que, des fois, tout est pas...
(déglutition)
... nécessairement...
que tout est pas super !
- Hum ! Quand on est, hum...
vulnérable...
- Oui.
- Oui.
Hum...
- L'Express, 83$.
Le Pied de cochon, 492$.
Eh boy !
- Comme tu vois, lĂ , le Pied de cochon,
je ne vais jamais lĂ pour le plaisir.
C'est toujours, toujours pour le travail.
Mais dans mon agenda, j'ai rien. Dans mes courriels, j'ai rien.
Je ne m'en rappelle plus.
- T'essaies trop d'être crédible.
Il faut que t'inventes. La boulangerie, 22 mai, 12$.
Un mensonge, pour que ça marche,
il faut que ce soit spectaculaire.
- Ben ouais, mais je vais pas inventer
que j'ai soupé avec Beyoncé.
- Pourquoi pas ?
La dernière fois qu'elle était à Montréal,
Jean-Marc Vallée voulait absolument
mettre une de ses tounes sur son film.
Pis elle, elle voulait pas.
Ben toi, t'as réussi à organiser un dîner avec les deux.
- Hum... ah ouais...
- Il faut que j'aie envie d'y croire.
Si tu me dis que t'as soupé avec Patrice L'Écuyer,
ça m'emmerde pis j'y crois pas.
- Ben, il est super fin, Patrice L'Écuyer.
- La fille de Revenu Canada, elle est comme tout le monde.
Elle veut rĂŞver.
Elle aime ça savoir que Jennifer Lawrence tourne à Montréal,
que Xavier Dolan a emmené Marion Cotillard
manger un bagel sur Fairmount.
Elle s'en fout, des chiffres sur nos factures.
Elle veut rĂŞver comme tout le monde.
(stridulations d'insectes)
- Le dîner du 6 juin...
- C'était avec Jennifer Lawrence.
- Jennifer Lawrence. - Jennifer Lawrence ?
- Hum ! Tous les étés, elle tourne à Montréal.
Son agent m'a mis en charge de m'en occuper quand elle est ici.
- Ah oui ?
- Hum ! Sans maquillage, elle a pas une aussi belle peau.
- Ici, il y a un souper croisière pour...
- Pour la fin du tournage
de
Juste la fin du
mo
nde
de Xavier Dolan.
J'ai emmené toute l'équipe
regarder les feux d'artifices sur le fleuve.
Marion Cotillard adore les bagels.
- Il y a une facture de bagels ?
- Ah non ! Ben, elle est allée avec Xavier après.
C'est ouvert 24 heures sur 24, les bagels, sur Fairmount.
- Donc, ça risque d'être dans les factures de Xavier Dolan.
- Euh, vous allez vérifier Xavier Dolan ?
- Es-tu encore en contact, toi, avec le bel Italien
qui jouait dans les vidéoclips de Carole Laure.
On avait essayé de le ploguer
surLes dieux de la danse comme juré, ç'avait pas marché.
- Fredo.
- Fredo, oui !
- Ben non, pas dernièrement, là . Mais dans l'absolu, oui.
- Lui, il enseignait, non ?
- Ben non ! Directeur de l'École supérieure de ballet du Québec.
- Ah ouais !
Il s'entendrait peut-ĂŞtre bien avec Emmanuelle, non ?
- Mais elle doit le connaître, voyons !
- Ah ! Tu la connais, elle est tellement sauvage.
Elle coupe le lien avec tout le monde. Aurais-tu son numéro ?
- Hum... t'es pas en train d'essayer
de jouer Ă l'agent de ta femme, toi ?
- Je veux juste son numéro.
- Hum, hum !
- Hum, hum !
(sonnerie de téléphone)
- Qu'est-ce que tu caches ?
- Hein ? Rien.
- Tu trouves pas ça bizarre
que Jean-Frédéric soit pas du tout intéressé
à savoir qui nous a dénoncés ?
- Franchement, Jean-Frédéric ferait jamais ça.
- Non, mais peut-être qu'il veut protéger quelqu'un.
- Qui ? - Toi.
- Pff !
- T'aimes ça, quand il est dans le trouble ?
- Non.
- Tu veux qu'il ait besoin de toi, hein ?
- J'aurais jamais fait ça.
ArrĂŞte de me regarder. ArrĂŞte !
- (chuchotant) : En tout cas...
- Finalement,
je visite le condo du centre- ville, idéalement aujourd'hui.
Les dépenses déclarées par les agents
en lien avec les visiteurs de l'étranger
justifient pas l'utilisation d'un condo à l'année.
C'est un peu fou, non ?
Ils achètent des timbres au dépanneur pis chargent du gaz.
Je pense que si quelqu'un était allé
une seule fois dans sa vie au condo,
il y aurait une facture, un taxi, quelque chose.
Bonne fin de journée.
- La fille de Revenu Canada, elle veut visiter mon condo.
- C'est correct. Tu l'as préparé, ton condo ?
- Ben oui, mais jamais assez. Pis lĂ , ben je panique.
Je peux pas perdre le condo, tu comprends ?
- Ben non.
- Financièrement, c'est tout ce que j'ai.
- Tu perdras pas le condo.
- Si elle accepte pas la dépense,
ça va me coûter une fortune en impôts.
- Quand est-ce qu'elle veut y aller ?
- En fin d'après-midi.
- Je m'en occupe.
- Pour vrai ? Qu'est-ce que tu vas faire ?
- Je m'en occupe.
Sauf que toi,
il faut que t'ailles Ă l'essayage
de Guillaume Lemay-Thivierge Ă ma place.
- Ah ben, il y a aucun problème !
- Ryan Gosling, des fois, lĂ ... ouf !
- Messieurs.
- Oui ?
- Combien il y a eu de réceptions
pour la fin du tournage deJuste la fin du monde ?
- Ben, une.
- Pis c'est drôle parce que vous avez tous les deux mangé
avec Jennifer Lawrence, le mĂŞme jour Ă la mĂŞme heure,
mais dans 2 restaurants différents.
- Ça doit être une erreur.
Quelqu'un s'est trompé dans ses factures.
- J'aime mieux prévenir les gens à l'avance.
Je vais refuser probablement beaucoup de vos dépenses.
Ce qui se passe dans ce temps-lĂ ,
ce qui a été versé comme compte de dépense
est considéré comme il a été versé en salaire
et devient imposable.
Vous allez avoir
des gros remboursements d'impôts à faire avec pénalité.
- Merci.
- Bienvenue.
- Je t'ai donné des exemples pour t'inspirer.
Toi, tu t'en vas les répéter.
- T'as jamais dit que t'allais les utiliser, t'étais pas clair.
- Ah ! OK ! Ah ouais, OK !
C'est de ma faute. Ah oui ! Super ! C'est super, ça !
- Et voilĂ !
- Ah, ben c'est parfait, ça !
- Ben oui ! Un moment donné, ça fait docteur...
- Il faut lever ça.
- Ayoye, donc ! Une chance que je suis vasectomisé.
- J'aime mieux ça que le sarrau en tout cas.
- Je suis très bien là -dedans.
- OK ! Il reste juste l'habit de parachute.
- Parfait.
- Euh, on va prendre un petit
break.
J'ai reçu un message, il faut que je parle à Guillaume.
OK ! OK !
(expiration)
Expire. Non, non, doucement !
Tu vas faire de l'hyperventilation, doucement.
On respire. Oh !
Doucement, doucement. Respire.
- Ouais, ben, c'est ça. Je suis fini.
- Franchement !
- J'ai jamais laissé la peur m'arrêter.
Mais là , ça, je le contrôle pas.
Je peux pas dire :
"Ben oui, c'est correct ! C'est une petite crise de panique,
c'est pas grave. On continue, gang ! Allez, on fonce !"
- Ça fait combien de temps que t'as pas sauté en parachute ?
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- Hum, je suis curieuse.
(sonnerie de texto entrant)
- Je le sais pas, moi, peut-ĂŞtre une couple de semaines.
Excuse-moi, c'est pour mon garçon, là .
Il a oublié son maillot, bravo !
- Guillaume... c'est évident, là ,
que ce qui déclenche tes crises,
c'est ton costume de parachutiste.
(soupir)
- Ben oui, t'as gagné.
J'ai eu ma première crise quand je suis allé sauter à mon école
il y a une couple de semaine.
C'est arrivé de nulle part. Ç'a pas de sens !
C'est ce qui me rend le plus heureux, de sauter. Pis...
(soupir)
- De quoi t'as peur ?
- J'ai pas peur de sauter.
- Je sais, mais de quoi t'as peur ?
(sonnerie de cellulaire)
- Regarde, il faut que je le prenne. AllĂ´, mon coco !
C'est vrai ? Une nuit pas de pipi !
Ah ! C'est super, ça !
Papa est fier de toi. Oui, je te vois tantĂ´t. OK, bye, bye !
Ah ! Il s'est retenu !
Mais j'ai toujours dit que ce qui me ferait le plus peur,
c'est de devenir quadraplégique.
Mais tu sais, il y a rien qui a changé, là .
- Il y a rien qui a changé ?
- Non, il y a rien.
- Nouveau bébé.
- Hum ! J'adore ça.
- Les enfants grandissent.
- Ouais, je suis un père comblé.
- Hum ! Occupé !
Genre, ce serait vraiment pas le temps qu'il arrive un accident.
- Ah ça, j'y pense tous les jours.
Ah ! S'il fallait qu'il m'arrive quelque chose
que je ne puisse plus m'occuper d'eux autres...
Ou pire, qu'ils soient pognés, eux autres,
pour s'occuper de moi.
- Bon !
(soupir)
- Ouais. Mais là , je l'ai dit. Après, qu'est-ce qu'on fait ?
- Je sais pas.
Admettons qu'on inverse les rĂ´les.
Admettons que c'est moi qui viens te voir,
je veux sauter, mais j'ai peur.
Tu me dis quoi ?
- Tu veux sauter ?
- Ben non ! Ben non ! J'ai dit ça de même.
- Ben, si tu veux sauter, je te dirais
que c'est moins dangereux que de traverser la rue,
que tu vas sentir un grand sentiment de liberté,
que ça va même te donner de la force.
- OK ! Pis si je fais une crise de panique ?
- Si tu fais une crise, on la laisse passer.
Je vais te rassurer, je te prends dans me bras.
Je t'explique tout ça. Pis quand c'est parti, ben on saute.
- Non, mais moi, lĂ , je sauterai jamais. Non, non !
- Non, c'est que si on saute pis que t'as peur de sauter,
moi, je vais me concentrer sur ta peur Ă toi
pis je vais oublier la mienne.
- Non, non, non ! Moi, je ne sauterai pas.
- Non, mais ton attitude serait parfaite par exemple.
- Non ! Mais moi, je sauterai jamais, lĂ .
- Parfait ! Il faut que tu gardes ça.
Il faut que t'aies peur de sauter avec moi.
Mais si tu sautes avec moi, ça va me guérir.
- Je ne sauterai pas ! Es-tu malade ?
Regarde-moi, lĂ ! M'as-tu vue ? Je sauterai pas !
- Ça va me guérir ! On va sauter ensemble pis ça va me guérir !
(soupir)
- Pis ?
- Attends un peu, lĂ .
OK ! Fait que ça remonte à environ 10 000$.
- Ah OK ! C'est pas si pire.
- Par année.
- Quoi ?
- Pendant 6 ans, ça fait 60 000$.
- Non ! Non, non, non, non, non, non, non !
- T'es pas du genre à avoir des économies, toi, hein ?
(sonnerie de téléphone)
- Oui ? Qu'est-ce qu'il y a, l'inspection ?
Ça veut dire quoi, ça ?
Mais il peut l'acheter pareil ?
Non ?
OK. Je comprends, je comprends.
Merci.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Je ne le sais plus si je peux vendre mon condo.
- Comment ça ?
- Il y a un bogue avec les fondations.
Je n'ai plus d'argent. Je n'ai plus d'économies.
- Tu dormais ?
- Non, non, je faisais juste me reposer.
- Hé ! J'ai parlé avec un ami d'Arlette
qui est directeur à l'École supérieure de ballet du Québec.
Il m'a dit qu'il serait ravi de te rencontrer.
Tu sais qu'ils cherchent toujours des gens
pour enseigner lĂ -bas.
- Tu m'as trouvé une job ?
- Trouvé une job, je le sais pas,
mais tu perds rien de le rencontrer.
Tu serais bonne pour enseigner, non ?
- Sais-tu combien de jobs d'enseignant
j'ai refusées dans ma vie ?
J'ai pas besoin de toi pour avoir une job d'enseignant.
J'ai juste à prendre le téléphone
pis n'importe quelle école de danse va m'engager demain matin,
si je veux.
T'es tellement déconnecté ! Ça me fait peur !
- C'est toi qui disais que tu voulais travailler.
- Il faut que tu gardes tout séparé, hein ?
Moi, au fond, j'ai ma petite case dans ta vie.
Tu me veux surtout pas Ă l'agence.
Pis t'as même poussé Zach à MVA.
- C'est pas moi, ça !
- Il aurait donc pas fallu qu'il sorte avec Camille.
Hé ! La fille de l'agence, y as-tu pensé, toi ?
Il faudrait vraiment pas qu'on se mĂŞle de tes affaires.
- Tu vas voir, la vue est magnifique.
Pas magnifique, mais je veux dire,
on voit le mont Royal, c'est super.
On va arriver juste à temps pour l'apéro sur le balcon aussi.
- J'ai seulement besoin de voir le condo.
- Fait que c'est ça, là . L'immeuble tombe en ruines.
Les fondations ont besoin de réparations majeures.
Le compte des copropriétaires est vide.
Je ne peux plus vendre tant qu'il y a rien qui se règle.
Je dois, genre, 60 000$
Ă Revenu Canada.
Pis je n'ai plus une cenne.
- C'est plate.
- Hum !
- C'est pas facile de perdre des privilèges, hein ?
- C'est pas des privilèges, Thomas.
- Comme tu veux.
En tout cas, moi,
ça me fait plaisir de rester ici en attendant,
m'assurer que le building tombe pas.
- Je n'ai plus les moyens
de payer un logement pis un hypothèque.
Je vais revenir vivre ici.
- Cool ! Fait que tu vas prendre la petite chambre en avant ?
- Thomas ! Je reviens vivre dans mon condo.
Je reprends la place, c'est tout.
- Relaxe,
man !
C'est une
joke, je suis pas cave.
- Ah ben, c'est bon Ă savoir.
- Euh, moi, je la prendrais, la petite chambre.
Tu sais, jusqu'Ă temps que je me revire de bord.
- Ça fait 10 ans que t'es du même bord.
- Justement, ça va prendre du temps.
- Regarde, je te mettrai pas Ă la rue, l,
mais on s'entend que c'est temporaire.
- OK ! - OK ?
- Ouais.
- Gabriel... Alexandra... Gabriel...
Sais-tu qu'est-ce qu'il nous faudrait ? Un hacker.
- Pourquoi ?
- Pour entrer sur le serveur de Revenu Canada,
"hacker" leur système pis savoir qui nous a dénoncés.
Si c'est anonyme, ça doit être genre par Internet.
- Non, mais il y a une ligne ouĂą t'appelles.
- Hein ?
- Il y a un numéro de téléphone.
C'est une ligne directe.
- Mon Dieu ! Comment ça se fait que tu sais ça ?
- Tout le monde sait ça.
- Non, moi, je le savais pas.
- J'ai déjà travaillé chez Revenu Canada
quand j'étais étudiante.
- Raison de plus pour avoir eu l'idée.
- Ça serait trop facile. Ce serait trop évident !
Tout le monde qui a vu passer mon CV ici sait
que j'ai déjà travaillé chez Revenu Canada.
C'est sûr que je me ferais prendre.
- Est-ce que je peux voir ton téléphone, s'il te plaît ?
- Non, mais arrĂŞte ! Je te dis que c'est pas moi.
- OK ! Ouais...
- Fait que c'est ça, c'est un condo,
un peu comme une chambre d'hĂ´tel au fond.
Vraiment rien à signaler de spécial, là .
- Effectivement, ça ressemble à ce que c'est.
- Hum ! La vue est vraiment très belle. Pis ça, c'est rien !
Attends de voir le coucher de soleil. C'est magnifique !
- Ça me rend triste, les couchers de soleil.
(rire)
- Je pense qu'il y a peut-ĂŞtre
une bouteille de champagne au frigidaire.
- Non, j'ai vu ce que j'avais Ă voir. On peut y aller.
- Ah !
- Ben voyons, ça va ?
- Oh, mon Dieu !
(halètement d'Alexandra)
- Ça va ?
- Oh ! Excuse !
(halètement d'Alexandra)
- Qu'est-ce qui se passe ?
- J'ai mal.
- Voyons !
- Oh, excuse-moi ! Je suis...
J'arrivais comme pas Ă respirer. Je...
- Ça va ?
- Oh, mon Dieu !
(toux)
Aiïe ! Ah, ça me fait tellement mal ! C'est tellement intense !
Ah ! Ouf ! Peux-tu me lever les jambes, s'il te plaît ?
Peux-tu juste me lever les jambes ?
Je pense que c'est une crise de panique. Plus haut.
- Ça va ? - Oui ! Aiïe !
Excuse-moi, mais je... ici, je...
(gémissement)
(articulation silencieuse)
(cris)
- (Guillaume) : C'est le fun, hein ?
(rire de Guillaume)
- Comme dans les films ! C'est malade ! C'est fou !
J'ai envie de m'envoler, mon chum ! C'est capoté !
- Mariana, le sofa ! Le sofa ! S'il te plaît !
- C'est mon 10% ! Je fais ce que je veux !
Sous-titrage :
MELS
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