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- C'est le meilleur scénario
que j'ai lu de ma vie, pour vrai.
Pis honnĂȘtement, lĂ , quand tu m'as dit
que Jane Akerfelt, elle voulait me rencontrer,
j'ai capoté.
Non, mais j'ai capoté !
Non, sérieux, j'ai vu tous ses films, là ,
pas juste ceux qui sont allés aux Oscars.
J'ai tout vu, lĂ .
- (Jean-Frédéric) :
The Spring, c'était un chef-d'oeuvre absolu.
- C'est fou, c'est fou !
Pis, tu sais, je me disais :
"Au début, un scénario mÚre-fille, oui, bof, tu sais.
"Moi, j'ai tellement une belle relation avec ma mĂšre.
Est-ce un sujet qui va vraiment me toucher, tu sais ?"
Moi pis ma mĂšre, on se parle, on s'appelle,
on n'a pas de problĂšmes, lĂ , de n'importe quoi.
Tu sais, on n'a pas ça, là ,
mais pour vrai, lĂ , genre, je lisais, lĂ ,
pis j'Ă©tais pas capable d'arrĂȘter de pleurer
tellement j'étais émue.
Oh non, sérieux, ça me faisait penser à ...
Ăcoute, moi, j'ai des amis, lĂ ,
j'ai une amie qui a ça avec sa mÚre, là .
Tu sais, la culpabilité,
toujours l'impression de pas ĂȘtre Ă la hauteur,
pis c'est vraiment pas facile, ce qu'elle vit, tu sais.
Mais je me disais :
"Si moi, ça me touche, moi, si ça me touche autant que ça,
"moi qui ai une super belle relation avec sa mĂšre, lĂ ,
"imagine les autres,
man !
Imagine, ils vont capoter !"
- Moi, je te le dis :
je serais pas surpris que t'aies une Palme d'or Ă Cannes.
- Ben lĂ , wĂŽ, on se calme, lĂ !
(rires)
Je vais m'entraĂźner, je vais me coucher de bonne heure
pis je vraiment ĂȘtre prĂȘte pour demain matin.
- Ăa va bien aller, stresse pas avec ça.
- Hé, je sais, là , que je devrais pas te demander ça,
mais sais-tu c'est qui,
les autres actrices qu'elle voit pour le rĂŽle ?
- Quelles autres actrices ? Il y a juste toi.
- Tu me niaises ?
(rire)
C'est pas vrai !
- J'ai réussi à mettre la main
sur le scénario avant tout le monde.
On a parlé de toi pis c'était une évidence.
- Oh my God ! Oh my God !s
- Mais elle est intense, Jane.
- Ha ! Mais oui, mais c'est pas un problÚme, ça, là .
- Vous allez ĂȘtre isolĂ©s dans le Grand Nord pendant 2 mois,
une toute petite équipe.
- Ayoye, c'est
hot !
- Pas d'Internet, pas de cellulaire, pas d'ordinateurs,
complÚtement coupés du monde, là .
-
Oh my God,
c'est
hot !
Ăa va tellement me faire du bien, lĂ !
Est-ce qu'on sait qui va faire ma mĂšre ?
- Non pas encore, mais, écoute,
avec une réalisatrice de renom comme ça, tout est possible :
Susan Sarandon... - Ben non !
- Meryl Streep. - Ayoye !
Tu sais que Jane a déjà dit dans une entrevue
qu'elle rĂȘvait de travailler avec Julianne Moore ?
Je sais que c'est niaiseux,
mais j'ai toujours trouvé qu'on se ressemblait un peu.
Oh my God,
elle pourrait ĂȘtre vraiment ma mĂšre.
Ma... maman ?
- Ah, salut, salut ! Salut, Laurence !
- HĂ© ! AllĂŽ !
- Tiens, j'ai payé ton parco.
Quand j'ai vu ton auto, j'ai pas pris de chances.
Hé, elle a eu 5 billets de stationnement le mois passé.
- Bon, bon, bon ! Ben lĂ , t'es fine !
Je l'avais déjà payé pis je m'en allais de toute façon,
mais je t'attends pour le lunch ?
- Ah, ben je sais pas j'en ai pour combien de temps.
Je voudrais pas que t'attendes pour rien.
- Une demi-heure max.
- Ah ben, OK.
- OK, cool !
Ah pis maman, c'est sûr,
va falloir que je te parle de quelque chose, lĂ ,
c'est fou, lĂ , genre...
- HĂ©, moi aussi, lĂ !
Un projet de film qui vient de rentrer avec Jane Arkefell.
- Akerfelt.
- (Jean-Frédéric) : Comment ça ?
- Euh, vous allez jouer mĂšre et fille.
- Oh oui ?
- Mais non, mais c'est pas en anglais, le scénario ?
Elle peut pas...
- Qu'est-ce que t'as contre mon accent ?
- Ben maman, c'est pas ton accent, c'est ton anglais.
Excuse-moi, je suis surprise. T'as jamais...
- Non, j'ai pas joué en anglais, mais...
- En fait, j'en ai discuté avec Jane
et elle trouve ça super intéressant
si le personnage de la fille rejette sa langue maternelle,
pis elle force sa mĂšre Ă lui parler en anglais.
(petit rire)
C'est tellement dans l'esprit du film, lĂ :
la violence subtile, le déni de l'autre.
Pis l'accent de la mĂšre devient complĂštement tragique.
- Ah oui ?
- Ah !
- Wow, c'est comme...
- Moi, je suis sous le choc, là ! Je suis comme émue, hein !
Maman, c'est fou !
- Mais non, mais c'est émouvant !
On va pouvoir jouer ensemble dans un film.
- Mais oui, c'est ça, à l'écran.
- Les deux à l'écran. - Ensemble, c'est fou !
- Les deux à l'écran...
- Ben oui, c'est juste... Ah, je pensais pas à ça !
- C'est émouvant. - Oui. Oh, maman !
- Ăcoute, Laurence, on va se revoir au resto ? On y va ?
- Oui. - On va fĂȘter ça.
- Oh, c'est fou !
- Gabriel, j'aimerais ça, te parler plus tard. Merci !
- Tu m'avais pas dit que je jouerais avec Laurence.
- J'attendais qu'on se voie. C'est cool, hein ?
- Intense un peu, quand mĂȘme.
- Mais si t'es pour partir 2 mois Ă l'autre bout du monde,
c'est ben mieux avec ta fille qu'avec une inconnue.
- Oh, ben oui, ben sûr !
(sonnerie d'un téléphone)
Pis c'est une occasion incroyable.
- CarriÚre internationale instantanée.
- Pis c'est juste un mois, lĂ , au Nunavut ?
- Euh, deux.
- Deux mois.
- Hum.
(sirĂšne au loin)
(coups au mur)
- Oui ?
- Marianne Béland-Giroux de l'Agence de revenu du Canada.
- Euh, désolée, on vous a pas annoncée.
Il y avait personne à la réception ?
- Non. J'ai pris le stationnement
de M. Gallant Ă l'arriĂšre.
J'imagine que ça va aller ?
Vous ĂȘtes Mme Meilleur, c'est ça ? - Oui.
- Je viens pour la vérification générale.
Je peux prendre le bureau de M. Gallant comme il n'est plus lĂ ?
- Pfft !
Quelle vérification générale ?
- On vous a envoyé une lettre il y a un mois.
- J'ai jamais reçu de lettre.
- C'était une lettre recommandée
qui a Ă©tĂ© acceptĂ©e par M. Michel Gallant lui-mĂȘme.
- Oui. M. Gallant, il est décédé.
- Oui, 5 jours aprÚs avoir accepté la lettre.
J'ai mis le dossier Ă jour.
- Oui, mais on n'était pas au courant.
On... on n'est pas prĂȘts.
- PrĂȘts dans quel sens ?
Vous auriez aimĂ© vous prĂ©parer comment ? Ăa m'intrigue.
- Ben, je sais pas, moi. Préparer des papiers ?
(petit rire)
- J'ai une liste pour vous de ce dont j'ai besoin.
Je regarde tout, de toute façon. Il y a rien à préparer.
Et prenez votre temps, hein,
je suis ici quand mĂȘme pour au moins 2 semaines.
- Maman, tu peux pas juste tout le temps m'appeler,
lĂ , je travaille.
Que c'est que tu fais, lĂ ?
Es
-tu en train de pisser ?
-
Que c'est que tu fais, lĂ ?
Es
-tu en train de pisser ?
- C'est le seul moment ouĂč je peux te parler.
-
Je sais pas c'est quoi, tasuper job dans un super bureau,
mais t'es bĂȘte, t'as
to
ujours l'air stressée.
- OK, c'est bon, je te rappelle.
(âȘ cellulaire )
(âȘ cellulaire )
- Jean-Frédéric Thériault.
Qui ?
Ah oui, M. Pererra.
Oui, non, mais Camille, moi, je l'ai endossée financiÚrement,
mais pour les problĂšmes de douche,
faudrait... non, mais faudrait l'appeler, elle.
Non, c'est parce que moi,
les problĂšmes de douche, je sais pas.
- Il y a une enquĂȘteur de Revenu Canada qui vient de dĂ©barquer,
vérification générale.
- Quoi ? LĂ , l ?
- LĂ , l.
-Fuck !
- Je le sais.
- Pis elle est ouĂč, lĂ ?
- Elle est dans le bureau de Michel.
- Pis elle fait quoi ?
- Elle attend ces documents-lĂ .
- Hein ? "Autres revenus, revenus de location, pension."
Genre, nos factures de resto ?
- Genre.
- (chuchotant) : Ah, osti de...
- OK, Revenu Canada, mais on est corrects, non ?
- Non, Michel mettait n'importe quoi sur son compte de dépenses.
- Oui, mais lĂ , on n'est quand mĂȘme pas
responsables de ses dépenses, à Michel.
Il est parti.
- Nous autres, non, mais l'agence, oui.
- Mais oui, pis Alexandra va beaucoup au Restaurant.
- J'habite seule.
- Mais on va tous beaucoup au restaurant
pis il y a le linge, les voyages.
- Oui, mais si on a les factures,
il y a pas de problĂšme.
- Mais lĂ , les factures, les factures.
Tu voulais les factures.
- Quelles factures ?
- Ah, mĂȘme si on avait Ă©tĂ©
super disciplinés avec nos factures, là ,
ben, ils trouvent toujours de quoi.
Il y a toujours quelque chose de pas correct.
- Comme toutes les dépenses reliées à ton condo.
- Ah, par exemple.
- Euh, je n'excuse, là , mais on n'était pas au courant.
Elle peut pas juste dĂ©barquer de mĂȘme pis, tu sais...
HĂ©, moi, j'ai un ami qui travaille Ă Revenu Canada.
Je pourrais aller le voir.
Je veux dire, il va nous aider.
C'est sûr qu'il va nous aider, c'est un grand, grand ami.
- Comment ça, un ami ?
- Ben oui, j'ai des amis, reviens-en.
- Cool !
- Je m'en occupe.
- Oui, ben lĂ , dis-lui pas n'importe quoi, hein ?
Hé ! Je vais checker ça, moi, là !
- Ayoye, les factures !
- Euh, Gabriel ? Autre chose, je voudrais te parler.
Toi, irais-tu t'enfermer dans une cabane
pendant 2 mois avec ta mĂšre au Nunavut ?
- Il paraĂźt que c'est trĂšs beau, le Nunavut.
- Deux mois, avec ta mĂšre ?
- Si on avait la chance, c'est sûr.
- La famille pis le travail, ça se mélange pas.
- Elles sont super contentes.
- Oui, ça, c'est parce que c'est 2 bonnes actrices.
- Elles ont tourné ensemble dans
En tout cas.
- Oui, mais ça, c'était à Montréal.
Le soir, elles rentraient pis c'était fini, mais...
- Ben, elles vont ĂȘtre en voyage
pis elles vont avoir chacune leur chambre.
- Tu fais exprĂšs, lĂ ?
Depuis le temps que je travaille
sur ma relation avec cette réalisatrice-là ,
ça fait 10 ans que je tourne autour à Cannes.
Toi, tu viens tout gĂącher. - GĂącher ? Non.
- Comment t'as fait pour avoir le scénario ?
- ChĂąteau Montebello.
- Hein ?
- On a fait des courses de traĂźneaux Ă chiens ensemble.
Hein ? Ya !
(halĂštement)
Ă'a cliquĂ©.
- Jane Akerfelt.
- Hum, hum. - Ha ! Ha !
- Au CongrÚs de coproduction Québec-Europe.
Elle était l'invitée d'honneur. Course de traßneaux à chiens.
- Tu sais, maman, que c'est pas parce que c'est
vegan
que c'est bon pour la santé, hein ?
T'as zéro protéine là -dedans.
- Ben, j'ai des noix dans ma sacoche, Laurence.
T'es pas allée voir ma coiffeuse, finalement.
- Ah, maman, elle est tellement loin, lĂ !
- Mais c'était pas super, tes cheveux,
l'autre fois, quand t'as passĂ© Ă
Salut, bonjour !
- C'était vraiment correct, mes cheveux.
- Elle est trĂšs bonne.
Ăa fait une couple de fois
que t'es censée la voir pis que tu y vas pas.
Je me sens un petit peu gĂȘnĂ©e d'y retourner.
- OK, Seigneur, je vais l'appeler !
Quand vas-tu faire tes cours d'anglais, toi ?
Vas-tu en prendre ? - Non.
- Il y a pas de honte Ă prendre des cours d'anglais.
J'en ai déjà pris plein.
- C'est que la réalisatrice veut que j'aie un accent.
- HĂ©, boy !
- As-tu un nouveau chum ?
- Franchement, maman ! Je te l'aurais dit.
- Quand tu regardes tes courriels aux 2 minutes,
c'est parce que t'as un nouveau chum.
- Je regarde pas mes courriels, je joue au Scrabble.
- Ah ben, merci !
- Je joue en anglais. - Hum !
- D'ailleurs, tiens : comment tu dis ça, toi, "trois" en anglais ?
-
Tree ?
- Mais non, ça, c'est un arbre.
- Bon !
- RépÚte aprs moi :
three.
-
Tree.
- Non, toujours pas de... Faut que tu mettes ton "H".
- Que c'est que tu veux que je fasse ?
- Faut que tu mettes ta langue pour faire ton "H", comme
three.
ExagĂšre-le, lĂ .
-
Three,
mais je vais pas baver dans mon assiette.
- Non, si c'est ça que ça prend pour t'aider.
-
Three.
- Oui, plus.
-
One, two, three.
- Oui, mais lĂ , t'es de mĂȘme.
- Non, c'est sĂ»r que je ferai pas ça de mĂȘme.
- Ha ! Ha ! -
Three.
- Essaie-le dans une phrase :
one, two, three !
-Two, tree !
Attends, attends, attends ! Attends, minute !
C'est un exercice, ça ?
- Oui, rapide, tu te fais pogner pis faut que tu fasses...
-
One, two, three !
(rire)
(coup de klaxon au loin)
- Martin ?
(rire)
Ah, ça fait tellement longtemps !
- Alexandra, t'as l'air bien.
- Attends, attends ! Ăa fait quoi, 7 ans ?
- Presque dix.
- Oh, tant que ça ? - Hum, hum.
- Oh, c'est fou comme le temps passe vite, hein !
- Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Hum, tu dois pas avoir beaucoup de temps, je sais,
je... je dois pas ĂȘtre la premiĂšre Ă te...
- Vérification ?
- Oui, enfin, pas pour moi, pour l'agence,
parce que tu savais, maintenant, je suis agente.
Je représente des vedettes.
- Ben oui, j'ai appris ça.
FĂ©licitations, ça doit ĂȘtre super excitant comme job.
Qui s'occupe de la vérif ?
- Une femme, euh,
qui s'appelle Marianne Béland-Giroux.
- Ah oui ! Eh boy, Marianne Béland-Giroux.
Jeune, trÚs zélée, ambitieuse, super pointilleuse.
Elle laisse rien passer. La direction l'adore.
- Pis peux-tu faire quelque chose ou... ?
- Attends.
Regarde.
- Oh ! Ah, vous avez passé des belles vacances ?
- Ă Charlevoix. C'est Coralie, tu te souviens de Coralie ?
T'avais acceptĂ© d'ĂȘtre sa marraine.
Fait que c'est ça, on a fĂȘtĂ© ses 10 ans.
- Ah, déjà ?
- Tu t'es mĂȘme pas pointĂ©e au baptĂȘme.
Il a fallu demander Ă ma belle-soeur de te remplacer,
pis aprÚs, tu n'as plus jamais donné de nouvelles.
- Je me suis trompée d'église.
J'avais honte, je savais pas comment m'excuser.
- C'Ă©tait un baptĂȘme paiĂŻen dans ma cour.
Pourquoi t'as acceptĂ© d'ĂȘtre sa marraine si ça te tentait pas ?
T'avais juste Ă le dire.
- Martin ! As-tu vu comment tu me l'as demandé ?
T'arrĂȘtais pas de pleurer. Je pouvais pas dire non, lĂ .
- OK. C'est jamais de ta faute.
En tout cas, bonne chance pour la vérif !
- Martin ! Attends, attends !
Je pourrais...
je pourrais lui présenter Annie Brocoli.
- Elle a 10 ans. Elle veut rencontrer Taylor Swift.
C'est ça que je pensais.
- J'ai trouvé ça.
- Merci !
Je me suis servie, c'est correct.
- Ah, oui, oui, pas de problĂšme.
- Ah non, non, impossible !
Deux mois isolée dans le Grand Nord avec ma fille ?
Mais pourquoi tu me l'as pas dit ?
- Mais j'ai pas pensé que ça serait un problÚme.
Vous avez l'air de tellement bien vous entendre.
En tout cas, ça va bien.
- Oui, oui, oui, oui, ça va bien,
mais lĂ , on parle du Grand Nord.
Laurence dans le Grand Nord !
Je vais ĂȘtre sa seule ressource.
Je vais devenir sa psy, son infirmiĂšre, sa styliste.
C'est... c'est trĂšs demandant.
Je peux pas jouer dans ces conditions-lĂ .
- Mais tu... tu veux pas refuser un projet comme celui-lĂ , l !
- Ben, j'ai pas le choix.
- Qu'est-ce que tu vas dire Ă Laurence ?
Que tu veux pas tourner avec elle ?
- Non, non, non, je peux pas lui dire ça, mon Dieu !
Elle va se sentir tellement rejetée.
- C'est ce que je dis. Qu'est-ce que tu veux lui dire ?
- Ce que je vais lui dire... Je sais pas.
Je vais y penser.
- Ton propriĂ©taire m'a encore appelĂ©. Ăa coule chez lui.
- Oui, ben c'est pour ça
qu'il devrait venir réparer le drain de ma douche.
Ăa fait 10 fois que je lui demande.
- Il dit que tu fermes mal le rideau quand tu te laves.
- C'est le drain qui coule.
Je sais comment fermer un rideau de douche.
- Ben, peut-ĂȘtre, mais occupe-toi-z-en !
Moi, j'ai pas envie de gérer ça.
- Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?
Que j'arrĂȘte de prendre ma douche ?
- Fais comme tu veux, mais occupe-toi-z-en !
- Avais-tu besoin de quelque chose ?
- Euh, oui, oui, oui.
Le contrat de Marc Messier, il est ouĂč ?
- Devant toi.
- Ah ! Ben oui, il est lĂ .
- Je sais pas quoi faire, mais je peux pas y aller.
Je suis déjà angoissée, t'imagines ?
- Fais exprĂšs pour rater ton audition.
- Je pourrai jamais faire ça.
Je me sentirais ben trop mal pour Gabriel.
- Oublie Gabriel. Gabriel, il travaille pour toi.
On travaille pour toi. Toi, qu'est-ce que tu veux ?
- Je sais pas.
Mais je veux pas ĂȘtre l'actrice qui s'Ă©crase devant Akerfelt.
- Hum, hum. T'es Diane Lavallée, tu vas pas t'écraser.
Tu vas l'écraser, elle.
- Ah oui ?
- Tu vas ĂȘtre... magistrale, gigantesque.
C'est pas compliqué,
tu vas ĂȘtre tellement bonne que tu vas lui faire peur.
- Ah oui, hein ?
- Hum, hum.
- Ah non, mais vraiment, je vous le dis, lĂ ,
on a regardé toutes les options,
mais il peut rien faire, il est trop tard.
Ă la limite, s'il l'avait su hier, il aurait pu l'arrĂȘter,
mais maintenant qu'elle est lĂ ...
- Le contraire aurait été étonnant.
- Ah, ça va ĂȘtre la catastrophe !
- Là , ça peut se rendre jusqu'à nos clients ?
Je veux dire, le souper avec Paul Doucet,
mais que c'est pas vrai ?
- Oh oui, comme la fois ouĂč tu t'Ă©tais achetĂ© un complet
pour supposément la premiÚre de
La passion d'Augustine,
mais qu'au fond, t'es allé voir Madonna au Centre Bell.
- Non, pour le moment,
elle est plus dans les dépenses courantes,
genre le condo que Michel m'a légué au centre-ville.
- Ah, ça, c'est correct, là .
Il le faisait passer pour un condo
qu'il prĂȘtait aux visiteurs de l'Ă©tranger.
- Bon, ben c'est parfait.
On a juste Ă vider ses effets personnels du condo ?
- Elle ira jamais visiter le condo, quand mĂȘme.
- Tout se peut. - Ben voyons !
C'est qui, ce monstre-lĂ ?
(coups Ă la porte)
- (Marianne) : Oui ? - Oui. Oui, bonjour !
Euh, Alexandra Martel, je suis agente ici.
Je voulais juste me présenter, euh...
- Je suis germophobe.
- Ah, ben oui. Super !
(sonnerie)
- Oui ?
-
Oui, Jean-Frédéric,
ex
cuse-moi de te déranger.
Il y a une certaine
Na
thalie L'espérance
qui essaie
de
te rejoindre.
Est-ce que
je
te la transfĂšre ou... ?
- Non, dis que je suis à l'extérieur.
Prends le message.
-
OK.
- Camille !
J'ai un quiz pour toi, OK ? C'est quoi, ça ?
- Un
selfie
avec HélÚne Florent.
- Oui, et qui m'a envoyé en panique
unselfie
avec HélÚne Florent ?
Hein ? Hein ? Non ? Ta mĂšre.
- Pourquoi elle t'a envoyé ça ?
- Sûrement parce qu'elle a vu la photo que t'as mise sur Facebook
de sa fille qui est partie du Saguenay sans l'avertir
pour se trouver une job dans l'agence
du gars qui les a abandonnées il y a 20 ans.
- Hein ?
- Oh, le logo de l'agence sur la photo !
- Mais ça veut pas dire que je travaille ici.
- Camille, c'est ta responsabilité...
(coups Ă la porte)
Oui ?
- Oui, euh, il y a ton appel-conférence
pour le casting avec Lucie Robitaille.
Elle est sur la ligne.
- J'arrive !
- Bon, en tout cas, je te remercie.
T'es vraiment fine de m'aider.
- Fait plaisir !
- Le sais-tu que je suis pas revenue ici
depuis la mort de Michel ?
J'osais comme pas. Pfft ! Oh, c'est niaiseux, je le sais.
- C'est correct.
(sonnerie de cellulaire)
- Oh, réponds.
- Oh, mon Dieu ! Non, non, c'est correct, c'est ma mĂšre.
- Ben, c'est peut-ĂȘtre important.
- Oh, ça risque d'ĂȘtre long, fait que...
Elle est toujours comme ça, ma mÚre. Non, non, c'est...
- C'est peut-ĂȘtre urgent.
Attends, attends, je vais t'aider, je vais t'aider.
Ta mĂšre, elle dit :
"Tu travailles pour l'agence de ton pĂšre !"
T'es la fille de Michel !
- Non, non, non, Jean-Frédéric,
mais personne le sait, lĂ , faut pas le dire.
- Lui, le sait-il ?
- Ben oui.
- C'est lui qui t'a aidée à avoir la job.
- Ah, pantoute.
Il a essayé de me faire mettre dehors, mais ç'a pas marché.
- Pis tu restes lĂ ?
- Ben quoi ?
- Oh ! Ha ! Pardon !
- Pardon, pardon !
- Ben voyons !
- Ben voyons !
- Excuse, est-ce qu'on se connaĂźt ?
- Je pense pas, non.
- Moi, je pense que oui.
- Je vois pas du tout.
- Ben, coudon. Ăa devait ĂȘtre dans une autre vie.
Mon bureau est juste à cÎté, si jamais vous avez besoin...
- Oui, merci !
- Non, ils sont corrects, les vins de ton mari.
C'est sûr qu'on n'est pas chez Chartier, mais ça va aller.
- Ah, chéri, t'es là !
- HĂ©, je pensais que vous brunchiez ensemble.
- On a brunché.
- Mais Zach est venu nous rejoindre
avec une excellente nouvelle.
- Et j'ai pensĂ© que ça valait la peine de fĂȘter ça en famille.
- Papa a cuisiné son osso buco.
- YĂ© ! Pis c'est quoi, la bonne nouvelle ?
- J'ai décroché un premier rÎle
dans la prochaine série de Michelle Allen.
- YĂ© !
- Pourquoi tu m'en as pas parlé ?
- Ben, t'écoutes pas vraiment quand t'es à la job, fait que...
(rire)
- Franchement ! - Papa.
- J'aimais mieux te le dire en personne.
- C'est extraordinaire, non ?
- Ben oui, félicitations !
- Merci beaucoup !
- Tiens, Zach !
- (Emmanuelle) : Déjà ?
- Non, non, c'est Laurence qui me texte,
mais je vais la rappeler plus tard.
- C'est une joke, réponds.
- Laurence, Laurence ?
- Ben oui.
- Mais lĂ , dis-lui qu'elle vienne souper.
- Ben là , franchement, elle a d'autres choses à faire que ça.
- Ben oui, il a raison. On fĂȘte, lĂ , qu'elle vienne.
- (Arlette) : Ah, je le sais que tout le monde Ă l'agence
pense que le condo, c'était le petit bordel de Michel.
Franchement !
Michel, il aimait les femmes, mais c'était pas un obsédé.
Il en avait pas, de bordel.
C'était juste une petite cachette.
Une petite place juste Ă lui.
- Ă vous deux ?
- Hum...
Tu vois, ce qu'on fait là , l, j'ai passé ma vie à faire ça.
Camoufler les affaires, mentir.
Ha ! Je le faisais mĂȘme pas pour moi,
je le faisais pour Michel, comprends-tu ?
(soupir)
Réalises-tu à quel point ç'a pas de bon sens
de se perdre dans les mensonges des autres ?
Dis-le que ç'a pas de bon sens.
- Ă'a pas de bon sens.
- Ben, c'est ça.
T'es en train de faire exactement la mĂȘme chose.
Tu vis ta vie dans le mensonge de ton pĂšre.
Mais le jour ouĂč la vĂ©ritĂ© va sortir,
tout le monde va comprendre pourquoi lui, il a menti.
Il avait tellement Ă perdre.
C'est toi que le monde comprendra pas.
Ăa va tout se retourner contre toi, ma belle fille.
- Moi aussi, j'aimerais jouer dans cette série-là .
Tu pourrais pas me trouver un petit rĂŽle ? N'importe quoi ?
- Ha ! Ben oui ! - Ce serait le fun.
- Il est un peu "chiqueux", ce porc-lĂ .
- Faut dire que le vin aide pas.
- Tu sais, ça fait comme 8 ans depuis
Mort non-réclamée.
Ă'a pas de bon sens ! - C'est quoi, ça ?
- On avait fait un court-métrage ensemble
pour une gang de Concordia il y a genre 8 ans.
- Ah oui ? HĂ©, il faut que je te le dise.
Je t'ai trouvée fantastique dans
Le torrent,
mĂȘme plus que ça.
Je veux dire, t'étais bouleversante. Hein ? C'est vrai.
- Euh, oui, toujours bonne, Laurence.
- Ben, on n'est pas lĂ pour parler de moi,
mais merci, c'est vraiment fin !
- Si mon pĂšre te trouve pas drĂŽle,
viens chez MVA, ils vont t'arranger ça.
- Zach ! - Quoi ?
- De toute façon, si t'as obtenu le rÎle chez MVA,
c'est peut-ĂȘtre un peu grĂące Ă moi, dans le fond,
parce que Maxime a fait ça juste pour me narguer.
- On est encore en train de parler de toi ? C'est super !
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise, mon beau Zach ?
MĂȘme si tu changes ton nom de famille,
ça empĂȘchera pas que t'es mon fils.
Et il s'adonne
que je suis une personne assez influente dans le domaine.
- (Hubert) : Oh, trĂšs, trs, trĂšs !
- J'ai du talent. Ăa se peut que j'aie eu un rĂŽle par moi-mĂȘme.
- Je dis pas le contraire.
- T'as peur que je sois un enfant gùté,
tu veux pas m'aider.
Pire, tu serais prĂȘt Ă me nuire,
pis tu penserais me rendre service.
- Est-ce que c'est les thérapies que je te paye
qui te permettent de parler comme ça ?
Je pense qu'il est effectivement trop tard pour l'enfant gùté.
- Pourquoi j'ai eu besoin d'une thérapie, tu penses ?
-
Oh my God !
Sérieux ?
HĂ©, c'est vous deux qui devez aller
dans le fin fond du Nunavut
faire le film avec Jane Akerfelt, ç'a pas de sens !
Hé, ça, ça serait quelque chose, là !
Ăa, ça serait de la relation pĂšre-fils.
- C'est vrai, tu t'en vas tourner dans le Grand Nord, toi.
- Oui, ça, ce n'est plus sûr.
- Oui, oui, tu vas y aller.
- HĂ©, c'est le fun, tourner avec ta mĂšre.
Elle est tellement fine ! Je l'adore, sa mĂšre !
- Ben oui, moi aussi.
(marmonnement indistinct)
(pépiements des oiseaux)
(coup de klaxon)
- HĂ© ! Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Bof, je ne sais plus.
Toi ?
- Ma mĂšre m'a convaincu
de venir voir mon pĂšre pour faire la paix.
Vive les mĂšres !
- Bon, tu vois ? C'est ça. C'est ça, ça se pourra pas.
Non, je pourrai pas passer
2 mois au Nunavut avec ma mĂšre, lĂ , je veux dire...
LĂ , je peux pas lui dire, pis lĂ , il y a l'audition.
- Arrange-toi pas pour ĂȘtre choisie.
- Non, mais je peux pas pas ĂȘtre bonne, lĂ .
- Mais non, sois juste, genre, exigeante ou compliquée.
Les "réals", ils veulent pas des actrices compliquées.
- Oui. Hum !
- C'est... c'est un trĂšs beau texte.
Ăa me touche beaucoup.
OK, je me lance.
I'm leaving.
You can't stop me.
The windwon't stop me.
I will cross the sea.
And you won'texist for me anymore.
And I won't haveto hate you anymore.
- Oui, euh...
c'est un moment ouĂč le personnage explose.
Elle confronte sa fille pour la premiĂšre fois.
Elle ose prendre la parole.
C'est un cri, hein. C'est écrit
"screaming".
- Oui. - Ouais.
- Ben oui, mais... non.
- Pardon ?
- Mon personnage réagirait pas comme ça.
C'est comme un animal blessé, c'est une victime.
Elle est pas capable de crier. C'est pas quelqu'un qui crie.
- Oui, vous avez tout Ă fait raison,
et c'est justement pour ça
que c'est si important qu'elle crie Ă ce moment-l.
C'est la premiĂšre fois de sa vie.
- Oui, je comprends.
Je comprends, mais en mĂȘme temps, je suis pas sĂ»re.
Pour moi, quelqu'un qui a jamais crié de sa vie
arriverait pas Ă crier.
- Ah ? Faites-moi confiance. C'est moi qui l'ai écrit.
Pouvez-vous juste essayer de crier ?
- Ben oui.
- Oui. - OK.
- Merci !
- Ah...
Non.
Je m'excuse elle est tellement pas comme ça.
Je sais que je me redis,
mais je veux dire, mon personnage n'est pas comme ça.
De toute façon, je peux bien avoir une autre lecture
si vous voulez qu'on la refasse.
- Jean-Frédéric s'en vient, ce sera pas long.
- OK ! HĂ©, je sais que je suis derniĂšre minute,
mais va-t-on tout de suite dans la salle de conférence ?
- Oui, oui.
- Bonjour !
Moi, c'est Laurence !
It's
ni
ce to meet you,
enchantée !
- Euh, c'est qui, lui ?
- Euh, lui, c'est mon... ben, c'est mon...
- Moi, c'est Zacharie.
- Zacharie, c'est mon Zachrie.
- Vous ĂȘtes amoureux ?
- Oh, ben lĂ , amoureux... WĂŽ, lĂ , mais, ben...
- On vient juste de...
- Oui, en mĂȘme temps, c'est tellement fulgurant que...
- Ah, je suis content que tu dises ça, parce que moi aussi.
- Oh oui, hein ?
- Mais qu'est-ce qu'il fait ici, Ă notre rencontre ?
- Ah, ben, Zacharie, c'est un acteur.
- Oui, j'ai adoré le scénario, vraiment.
- Oui. Et on parlait pis on se disait que,
ben, vous savez, je comprends trÚs bien l'idée
d'isoler la mĂšre et la fille,
mais je trouvais ça intéressant
si Jennifer, elle avait un
love interest.
- (Zacharie) : ParticuliĂšrement
la scĂšne ouĂč elle pleure, c'Ă©tait...
- Page 35.
- 35.
- Je suis désolé, je... Laurence est une grande amoureuse.
Je vais lui parler, elle va comprendre.
De toute façon, ça durera pas, cette histoire-là .
- Ah oui, vous pensez ?
Ben alors, je vais réfléchir
pour voir si je peux construire un film
en étant à la merci des amours d'une actrice de 30 ans.
- Prenez le temps d'y penser,
pis vous devriez revoir
Le torrent.
- Mon assistante va vous appeler.
- C'est quoi, ça ? C'est pas sérieux, là .
- Ben non ! Ben non, franchement, voyons donc !
On se connaßt depuis qu'on est jeunes, là . C'est pas ça, l.
Ah, J.J !
Mais non, c'est juste que je voulais pas que ça marche,
mais j'avais pas le choix
de faire la rencontre Ă cause de ma mĂšre.
Pis là , ben, Zacharie m'a aidée.
- Tu vois que je suis un bon acteur ?
- C'est pas un jeu.
On parle de ta carriÚre, de ma réputation,
pis lĂ , c'est toute l'agence
qui vient de perdre un bon lien avec Jane Akerfelt.
C'est pas trĂšs drĂŽle.
- Mais lĂ , J-F !
- Excuse-moi, mais ça me fatigue.
Je pense vraiment que je te connais.
- Je vais te donner un indice. - Oui ?
- Deux points, ouvrez les guillemets :
"Pis moi, j'aime pas ça, les petites princesses gossantes."
- Ah non, non, non, non, non ! Ah non !
Ha ! Non, non, non, ça, c'est un malentendu.
Ah non, non, non.
Non, tu vois, c'est ça, le problÚme avec le
chat.
J'aurais dĂ» finir par :
petit bonhomme sourire pis un clin d'oeil.
- Ah, parce que c'est virtuel,
tu penses que t'as le droit d'insulter les autres ?
Ben, tu vois ? La vraie vie finit toujours par te rattraper.
- Marianne, je m'excuse.
On a vraiment raté notre premiÚre rencontre.
T'es plus belle en vrai qu'en photo.
- T'essaies de te rattraper
parce que je peux nuire Ă ton agence.
C'est dégueulasse !
- Non, je le pense vraiment.
Pis avoue quand mĂȘme que...
Je veux dire, avoue que c'est pas habituel comme situation.
Je veux dire, quand mĂȘme, avoue, c'est un peu drĂŽle.
- Non.
(sonnerie d'un téléphone)
- Jérémie à l'appareil. Oui.
- Oui, je comprends, je vous passe Gabriel,
ce sera pas bien... OK.
Ouais.
D'accord, alors, je lui fais le message moi-mĂȘme,
comme vous voulez.
On est vraiment déçus que ça ait pas fonctionné, hein.
Je vous transfĂšre, oui.
Noémie ?
- Oui ?
(sonnerie de téléphone)
Oui, allĂŽ ?
Oui ! Il est occupé en ce moment. Vous voulez laisser un message ?
Ah, euh... je pense qu'il va vouloir vous rappeler.
TrĂšs bien, je comprends.
Euh, ben, c'est certain qu'on est trÚs déçus, mais...
Oui.
Je viens de parler
à l'assistante d'Akerfelt au téléphone.
Elle prend pas Diane.
- Ben oui, c'était sûr.
- Non, mais elle prend pas Laurence non plus.
- Quoi ?
- Je sais pas, elle prend pas Laurence.
- Donc, il y a rien qui empĂȘche Diane de prendre le rĂŽle.
- Hum, hum. - OK, j'appelle Akerfelt.
Ah, mais non, elle répondra pas. Elle est à quel hÎtel ?
- Euh, attends un peu.
- (Nathalie) :
Tu travailles pourton pĂšre pis tu me l'as pas dit ?
- Je m'excuse.
-
Je t'ai proposé cent fois
devenir travailler
av
ec moi au salon.
Tu voulais jamais.
Tu voulais pas
tr
availler avec ta mĂšre,
mais travailler
po
ur ton pĂšre,
on sait ben,
c'
est ben correct.
- C'est une coiĂŻncidence. -
Une coiĂŻncidence !
C'est une coiĂŻncidence
de
puis genre un mois !
dont tu m'as pas parlé
de
puis genre un mois !
(soupir)
- As-tu déjà pensé
que ça me tentait peut-ĂȘtre juste pas
d'avoir la conversation
qu'on est en train d'avoir en ce moment ?
-Ben...
- Jane, bonjour !
- Oui, c'est ça, bonjour !
- Vous avez sûrement été déstabilisée
par l'attitude de Diane.
- Déstabilisée ? Non.
Elle m'a juste donnĂ© envie d'arrĂȘter ce mĂ©tier.
- Je comprends, mais en fait,
Diane, elle teste les gens quand elle les rencontre.
Elle fait exprĂšs d'ĂȘtre rĂ©barbative
pour voir Ă qui elle a Ă faire.
- TrÚs bonne idée.
- Comme... comme un chien, hein ?
Un chien qui aboie beaucoup, comme un chien de traĂźneau.
Hein ? Au fond, il cherche un maĂźtre.
Il cherche Ă savoir qui domine qui.
Ben, Diane, elle fait ça.
Elle fixe, hein, dans les yeux,
pis elle attend de voir qui va baisser les yeux en premier.
Ben, vous avez pas baissé les yeux, donc vous dominez.
Si vous l'engagez lĂ , l,
elle va faire exactement ce que vous voulez.
Juste...
- Toujours compliquées, ces actrices !
(écoulement de l'eau)
(coups Ă la porte)
- OK, c'est correct, M. Perrera, je ferme l'eau, lĂ !
(coups Ă la porte)
Voyons ?
- Je viens réparer ta douche.
Je suis tanné que ton propriétaire m'appelle.
Passe-moi le Philips. Non, le Philips.
En passant, t'aurais pas dĂ» cacher Ă ta mĂšre
que tu travailles Ă l'agence.
- Non, mais elle s'énerve avec tout, ma mÚre, fait que...
- Ben oui, mais c'est normal, c'est une mĂšre.
Pis ç'a pas dĂ» ĂȘtre facile, monoparentale.
Pis je te regarde, elle a ben fait sa job.
(sonnerie de cellulaire)
Oui ?
-
Oui, Jean-Frédéric ?
Euh, Jane Akerfelt prend pas Diane, finalement,
donc je pense qu'on devrait la convaincre de revoir Laurence.
-
OK, je vais faire ça
to
ut de suite. Merci !
- Parfait ! Je te texte son numéro à l'hÎtel.
- OK, merci, Noémie !
-
Ăa fait plaisir !
-
Camille ? Pars l'eau.
- (Camille) :
OK
.
- Maman ?
- Ah ben, encore ? Salut, Laurence !
- Ben, coudon ! Es-tu ici pour... ?
- Toi, es-tu ici pour... ?
- (Jean-Frédéric) : Laurence, ça va ? Hé, salut, Diane !
- Salut !
Ah ! Salut !
- Par ici. Euh... - OK.
- D'abord, je voulais vous dire :
vous ĂȘtes formidables et je vous veux pour mon film.
Je vous regarde et c'est exactement ça :
plus l'amour est fort et plus la haine aussi.
- Pardon ?
- Non, il y a pas de haine, lĂ .
- Ah, comme vous voulez, pas de haine.
On va appeler ça un petit inconfort.
En tout cas, ça m'inspire,
et je comprends que l'isolement, ça fait peur,
mais je vais tout prévoir :
un psychanalyste, un massothérapeute, un médecin.
On va trĂšs, trs bien s'occuper de vous.
- Mais franchement, on n'est pas des cas si graves que ça.
- Non, mais pour vous convaincre de passer par-dessus
votre refus de jouer avec l'autre,
ça va demander beaucoup d'encadrement.
- Tu veux pas jouer avec moi ?
- J'ai jamais dit que je voulais pas jouer avec Laurence.
Moi, je pense que c'est toi qui veux pas jouer avec moi.
- Euh, maman, je m'excuse,
mais je t'ai posé la question en premier.
- Oui, je sais, tu réponds pas, je le vois bien.
HĂ©, ĂȘtre rejetĂ©e par la chair de sa chair, c'est quelque chose !
- OK, pis d'ĂȘtre rejetĂ©e par sa mĂšre,
ça, c'est super facile, tu penses ?
Moi, je suis censĂ©e ĂȘtre
la chose la plus importante Ă tes yeux.
- Oui, quand t'avais 2 ans, 8 ans, 15 ans Ă la limite,
mais lĂ , t'es une grande fille.
Pis un moment donné,
quand vas-tu commencer Ă t'occuper de moi ?
C'est pas supposé revirer de bord
un moment donné, ces affaires-là ?
- Voilà , je veux ça ! Je veux cette vérité-là .
La mÚre étouffante, la fille ingrate.
- Non, non, non, Laurence est pas du tout ingrate.
- Ma mÚre est pas étouffante.
Si je peux pas m'engueuler avec,
on se parle 15 fois par jour,
c'est normal qu'elle me tape sur les nerfs !
- Mais c'est normal certain !
C'est sain, mĂȘme, trĂšs sain.
- Se gratter le bobo pour ĂȘtre de bonnes actrices.
- Exact ! Un moment donné, on est bonnes, on est bonnes.
On va pas se faire chier en plus !
- Oui, criss ! Pis le Nunavut, je m'excuse, mais ça se triche.
Green screen, hello !
- Oui, oui, oui, pis avec changements climatiques,
c'est facile, un moment donné.
- Je vous regarde, là , ouais, c'est intéressant.
OK, OK, on va trouver une solution.
- Oui. - Bon !
- Un moment donné, le Nunavut, on va en revenir.
- Dans le cul, le Nunavut !
- On devrait mettre le
red screen.
Tout Ă l'heure, tu l'as dit. Oui, ben, la patente, le
screen.
-
Green,
maman.
Gr
een screen.
- Que c'est qui est en train de se passer, lĂ ?
- Je suis pas sûr, je pense que ça va bien.
- Non, pas nécessairement, un coach en anglais.
- Maman, ça te prend un coach en anglais.
- Mme Akerfelt, elle veut que j'aie un accent.
- Oui, mais un accent, on comprend rien de ce que tu dis.
-
What is your name ? Bon, je l'ai, lĂ ?
- Oui, lĂ , tu l'as, mais tu mets des "H" partout.
Elle met des "H" partout.
- Vous ĂȘtes plus grandes que nature.
- J'ai jamais... Je dis pas
"high" !
- Mais tu dis
"hold".
C'est :how old are you ? Fais-le.
-
How old are you ?
-Yeah ! That's my mom !
- Ăa va ?
- Je sais que tu mens.
- Quoi ? Mais de quoi ?
- Jean-Frédéric.
- ArrĂȘte, je couche pas avec lui, je te l'ai dĂ©jĂ dit.
- Je sais que tu le connaissais avant d'arriver ici.
Je me souviens, t'as demandé à le voir personnellement.
Tu pourras pas toujours fuir, Camille.
Je sais pas si t'as remarqué,
mais il y a beaucoup de choses qui se passent pas bien
depuis que t'es arrivée à l'agence.
La vérification des impÎts, la mise en vente de l'agence,
sans parler de la mort de Michel.
- Es-tu en train de me blĂąmer pour la mort de Michel ?
- Il y a quelque chose qui marche pas dans ton histoire,
pis oui, t'as un karma de marde.
- Oui, Noémie a raison, Camille,
va falloir que tu finisses par dire la vérité.
Bon, Jean-Frédéric protÚge Camille
parce qu'elle est la fille de...
(soupir)
Oh, je le dis ou c'est toi, lĂ ?
Bon, parce qu'elle est la fille de Marc Messier.
- Quoi ? - Ben !
- C'est vrai ?
- Tu comprends ? Marc, il a une famille, des enfants.
- Mais oui, mais Marc Messier,
il a pas juste eu une femme dans sa vie.
- Oui, exactement, sauf que ç'a pas toujours été
juste une Ă la fois.
Personne est au courant.
- Je comprends !
Mon Dieu, je suis tellement désolée !
En plus, j'aime tellement ton papa ! Oh !
C'est le client de Jean-Frédéric le plus sympa !
- Eh ben ! Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
- Je voulais m'excuser, j'ai été dur avec toi.
- Pis comment tu savais que j'habitais ici ?
- Je travaille Ă Revenu Canada.
- Ah oui !
- Sophie m'a laissé, je vois mes filles une semaine sur deux.
J'applique sur une promotion Ă la job tous les 6 mois,
pis je l'ai jamais.
Ă'a l'air que je suis rendu au top de mes capacitĂ©s.
- Ben, t'as toujours dit que tu voulais ĂȘtre payĂ© Ă rien faire.
- Je suis content de te revoir.
(petit rire)
Pour vrai.
- Moi aussi, mais tu sais que demain,
je ne te rappellerai plus.
C'est pas une blague, j'ai pas le temps.
Tu peux pas te fier sur moi.
Océane le sait, ça.
- Coralie. - Ah, Coralie, Océane, je...
- Je peux pas arrĂȘter la vĂ©rification Ă ton agence,
mais je vais m'arranger pour vous changer de vérificatrice.
Je vais vous envoyer quelqu'un de plus soft.
- Mais non, mais là , elle est déjà tout installée, l.
Laisse faire, laisse-la lĂ , c'est pas grave.
- Elle va vous saigner Ă blanc, pour rien en plus.
C'était juste une divulgation volontaire, votre affaire.
- Qu'est-ce que tu veux dire, une divulgation volontaire ?
- Il y a quelqu'un qui vous a dénoncés. C'est pas sérieux.
Il y a ben de la vengeance personnelle.
Souvent, il y a mĂȘme pas de vĂ©rif.
- Oui, mais qui ? Qui nous a dénoncés ?
- Ah, ça, c'est anonyme, mĂȘme moi, je le sais pas,
mais il y a quelqu'un qui vous aime pas.
- (Jean-Frédéric) : AllÎ !
- AllĂŽ !
Wow !
Ăa va ?
- Oui.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Ben, j'ai beaucoup réfléchi,
pis je sais que mon pÚre t'agace avec son exubérance
pis il est condescendant, pis...
Bref, je comprends
que tu veuilles pas accepter l'argent de mon pĂšre
pour t'aider Ă acheter l'agence.
Non seulement je comprends ça, mais j'admire ça.
- Ben, merci !
- Fait que j'ai pensé à ça, pis...
ben, dans le fond, l'argent de mon pĂšre, c'est mon argent,
alors je pensais demander l'argent Ă mon pĂšre
pis qu'on achĂšte l'agence ensemble.
On deviendrait des partenaires d'affaires.
C'est super, non ? Qu'est-ce que t'en penses ?
Sous-titrage :
MELS
- Ăa dure 2 minutes, je manque un peu d'air,
pis aprÚs ça, ça se replace.
- C'est des crises de panique.
- Appelle ça comme tu veux.
- Je vais appeler ton médecin.
- Je l'ai vu, mon médecin, tout était beau.
- On aurait dit que t'étais en train de crever.
- C'est agréable, ce que tu me fais !
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