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(respiration rapide)
(soupir)
- Fait que c'est ça, j'ai décidé de devenir lesbienne.
Il y a plein d'avantages Ă ĂȘtre lesbienne.
Tu peux partager le mĂȘme linge que ta partenaire,
tu peux te défouler de ton SPM sur le SPM de ta partenaire.
Et tu peux choisir la grosseur du pénis de ta partenaire !
(petit rire)
T'es pas un bon public.
- Ha ! Je... je suis désolée.
- La grosseur du pénis, c'est clairement un punch.
Si tu ris pas, c'est que t'es de mauvaise foi.
- On... on dirait que je suis sous le choc
de t'entendre dire des affaires de mĂȘme.
(soupir)
Tu sais, Rachel, t'es une grande comédienne,
mais humoriste, lĂ , j'avoue que je le sens pas.
- OK, fait que... tu veux que je continue à faire du théùtre ?
- Ben, c'est pas ça, ta passion, le théùtre ?
- Je viens d'avoir un bébé. Mon chum, il est travailleur social.
Il travaille au communautaire.
Faut que je fasse l'épicerie une fois de temps en temps.
Fuck
le théùtre !
- T'as des beaux contrats à la télé.
- Ben, j'avais. LĂ , il n'y a plus rien qui s'en vient.
Pis tu sais comment c'est, tu viens d'avoir un bébé
pis lĂ , le monde, il pense que tu ne peux plus travailler.
De toute façon,
la meilleure façon d'avoir de la job comme actrice, là ,
c'est d'ĂȘtre humoriste.
Ils sont partout, les humoristes.
- T'es pas obligĂ©e d'ĂȘtre bonne dans tout.
- Les humoristes veulent ĂȘtre acteurs
pour ĂȘtre pris au sĂ©rieux,
pis moi, je veux ĂȘtre humoriste pour faire de l'argent sĂ©rieux.
(rire)
Moi aussi, ça me tente d'annoncer des chars,
d'ĂȘtre porte-parole de supermarchĂ©
pis d'avoir mon propre talk-show, fait que je peux-tu ?
OK, lĂ , dans la salle,
je vois qu'il y a des gars qui ne bougent plus.
Vous vous dites :
"Oh my God ! J'ai un petit pénis.
"Oh non, pas encore des
jokes de petits pénis !
"Faut que je rie pour pas avoir l'air d'avoir un petit pénis,
"mais pas trop pour pas avoir l'air louche."
OK, fait que lĂ ,
pour protéger les gars qui ont des petits pénis dans la salle,
je vais demander Ă tous les gars,
tout le monde, tout le monde ici, lĂ ,
je vais vous demander de rire de bon coeur,
peu importe la grosseur de votre pénis.
Solidarité, OK ?
Fait que, lĂ , tout le monde... Ăa rit, lĂ . C'est comme : "Ha !"
Excellent ! Excellent ! Belle bande de petits pénis !
- Euh, ce numéro-là , l, tu l'as déjà fait devant public ?
- Ben, c'est ça que je t'explique depuis tantÎt.
J'ai été censurée.
Le chum d'Anne-Ălisabeth BossĂ© m'a pognĂ© un
spot
dans un gala à Québec.
Pis lĂ , la direction du Grand Rire a entendu mon monologue
pis ils ont décidé de me couper.
Ă'a l'air que tu ne peux plus faire
desjokes
de petits pénis dans la vie.
- C'est quand mĂȘme un peu gratuit.
- Ben oui, pis les
jokes
sur les grosses, sur les laides,
sur... sur les filles contrĂŽlantes,
ça, c'est pas gratuit ?
La liberté d'expression, c'est juste pour Mike Ward
qui fait des
jokes sur les handicapés ?
C'est du sexisme, c'est de la censure.
Pis moi, lĂ , je veux qu'on organise
un gros
boycott
du Grand Rire de Québec
au nom de la liberté d'expression.
S'ils perdent tous leurs humoristes,
ils auront pas le choix de m'écouter.
- Ben... on n'est pas rendus lĂ quand mĂȘme.
Il y a d'autres solutions.
- OK, regarde, c'est beau. Je vais parler Ă Michel.
- Ben, Michel, il... il est mort. T'es pas au courant ?
- Michel, il est mort ? Comment ça ?
- Ben, il... il a fait... Tu sais, il était...
- Ben oui, c'est une blague. Je le sais que Michel est mort.
Je fais des blagues ! Fait que c'est qui, mon nouvel agent ?
- Ah, il est ouĂč, Zach ?
- Dans la douche. - OK.
(âȘ fredonnement de Zach )
-Faut que tu déménages, Camille.
- Je sais, mais qu'est-ce que tu voulais que je dise ?
J'avais ta femme pis ton fils sur le dos qui capotent
parce que je suis, genre, itinérante.
- Regarde, c'est pas si difficile que ça, là ,
trouver un appartement.
- Ăa dĂ©pend, j'ai pas 1500$ par mois.
- 1500$ ? Tu cherches ouĂč ?
- Ben, proche de l'agence, lĂ .
- L'agence est au centre-ville. C'est sûr que tu trouveras rien.
Faut que tu t'en ailles plus loin que ça.
- Tu veux dire au Saguenay, genre ?
- Pourquoi j'ai l'impression de parler avec une enfant, moi ?
- Ben oui, pourquoi ?
- Je vais t'aider.
- J'ai pas besoin de ton aide.
- Ăa paraĂźt pas.
Bonne journée, là !
(ouverture de porte)
Beurk... L'ado.
L'ado !
Habille-toi, lĂ .
Camille vient de sortir, elle aurait pu te voir de mĂȘme.
- C'est un peu ça, le but. Ha !
- Ah... OK, bye !
- Ah, papa, attends !
J'aimerais ça que tu dises à Camille
que c'est correct qu'on sorte ensemble.
- Ha ! Non. - Ah,
come on,
lĂ !
- Tu trouves que c'est une bonne idée
que tu sortes avec l'assistante de ton agent ?
- Je suis dans la mĂȘme agence que mon pĂšre. Pis ça ?
- T'as changé de nom pour pas que ça se sache.
- Non, parce que je veux sentir que je rĂ©ussis par moi-mĂȘme.
Il y a personne qui va penser que j'ai décroché un rÎle
parce que je sors avec une assistante.
- Regarde, là , c'est pas une bonne idée.
- Mais ça te regarde pas !
- Ben pourquoi tu me demandes ma permission d'abord ?
- Parce que Camille a peur de toi, OK ?
Fait qu'elle voudra rien savoir de moi
tant que tu lui diras pas que c'est correct.
- T'as jamais pensé
que c'est peut-ĂȘtre qu'elle veut pas ĂȘtre avec toi ?
- OK, pis si je change d'agence ? LĂ , je vais pouvoir sortir avec ?
- Il y a pas une agence qui va vouloir de toi
avec le CV que t'as.
- Fait que c'est vrai qu'Alexandra m'a pris
parce que j'étais ton fils.
- Ben non. Ben non.
- T'as toujours dit qu'elle avait tripé
sur le court-métrage que j'avais fait.
C'est vrai ou c'est pas vrai ?
- Le court-métrage. Bonne... bonne journée.
(sonnerie)
- Agence AMG, bonjour ! Un moment, je vous transfĂšre.
AllĂŽ !
- AllĂŽ !
- Pis, Toronto, c'est officiel ?
- Presque, mais t'es... t'es mieux de rien dire.
- Non, non, je dis rien.
- Fait que... toujours pas eu de nouvelle de ton audition, lĂ .
- Ouais, mais en mĂȘme temps, je veux dire, c'est tellement gros
que mĂȘme dans mes rves les plus fous, je pense pas que...
- Ah, tout se peut, tout se peut, hein ! Ha ! Oh !
(petit rire)
Euh... je me disais que peut-ĂȘtre qu'aprĂšs la job,
on pourrait aller prendre un verre ?
- Ah ?
- Tu sais, pour parler de ta carriĂšre,
de comment a été l'audition.
- Ah, j'aimerais ça, mais je vais au cinéma
avec Simon-Olivier ce soir.
- Simon-Olivier le... le réalisateur ?
- Hum, hum. C'est cool, hein ?
- Fait que t'es allée souper avec finalement ?
- Euh, ben, en fait, il m'avait invitée au théùtre
pis c'est vraiment pas ce que tu penses.
Il m'avait reconnue
de la piĂšce que je viens de faire que t'as vue.
- Ouais, je...
Le sexe me donne envie de
mo
urir et je meurs pour toi.
- Tu te souviens du titre ? Wow !
- Je suis ton agent, hein !
- Pis, ben, c'est ça, il a capoté sur la piÚce,
et la petite montée de lait sur le plateau
l'autre jour l'a fait rire,
fait que, ben, c'est ça, on se voit.
Pis ben... ben, j'ai pas couché avec.
Je veux pas ĂȘtre l'actrice qui couche avec les rĂ©alisateurs.
Mais c'est vraiment le fun en mĂȘme temps
fait que, ben, je pense que bientĂŽt, je vais...
Mais c'est correct, hein ?
- Oui. Oui, oui, oui. Oui, oui.
Non, c'est... c'est super, voyons !
- OK.
- C'est sûr que d'envoyer chier quelqu'un,
c'est toujours une bonne façon de commencer une relation, hein ?
(rires)
- T'es drĂŽle.
Mais j'ai du temps, lĂ , si tu veux.
- Hein ?
- Tu voulais me parler de ma carriĂšre. J'ai du temps, lĂ .
- Ah oui. Euh... Je... Ben, en fait... Euh...
- Hé, as-tu vu Jean-Frédéric ?
- Non. Non, mais je peux peut- ĂȘtre t'aider, par exemple.
- Oui. Oui, oui, viens-t'en.
- Je vais aller... Oui. As-tu... as-tu "checké" aux archives ?
- Ăa veut rien dire, ça, rachetĂ© par Toronto.
Les gùteaux Vachon ont été rachetés
par une compagnie mexicaine
pis ç'a pas changé leur goût.
OK. Oui, oui, quand tu veux. Bye !
- Ăa va pas bien ?
- Ăa va trĂšs bien. Toi, Maxime, en forme ?
- Tu sais que j'ai toujours rĂȘvĂ© de t'avoir avec moi chez MVA ?
(bips)
- Juste de la façon que tu le dis, "t'avoir avec moi",
ça sonne comme si je devenais ta chose, tu trouves pas ?
- Moi, au moins, je te ferai pas ce que Michel t'a fait.
Il aurait dĂ» prendre soin de toi dans son testament.
- Il n'y en avait pas de testament.
(petit rire)
- Moi, en tout cas, j'ai pas envie
que mon agence meure ou se fasse racheter par Toronto
parce que je prends ma retraite.
J'ai besoin de quelqu'un qui prend le relais
pis lĂ , j'ai personne.
- C'est bizarre.
- Ă l'Ăąge que j'ai, faut que je m'occupe de ma famille.
Je ne ferai plus ça ben, ben longtemps
pis j'ai envie de jouer au golf.
Si tu venais avec nous,
t'attendrais pas ben, ben longtemps
avant que tu sois le patron.
- Sors-moi tous les contrats d'Ăvelyne Brochu
pis mets-les dans une boĂźte.
Il y a un courrier qui va passer les chercher.
- Excusez. - Tous ses contrats ?
- Oui, Camille, tous ses contrats au complet.
Tu fais exprĂšs de faire tourner le couteau dans la plaie ?
(soupir)
Elle a un agent Ă Toronto qui gĂšre sa carrire internationale.
Puis lĂ , ben, qu'est-ce que tu veux, avec l'acheteur torontois,
elle avait un conflit d'intĂ©rĂȘts.
Elle a pas eu le choix de... OK.
Mais c'est pas grave, on n'en parlera pas pendant des heures.
Je veux dire, c'est pas comme si... On n'en mourra pas.
-
Oh my God !
- Elle aimait tellement Ăvelyne.
- Pourquoi tu parles en anglais ?
- Mais Ă qui tu vas parler en anglais ?
- Ils vont pas nous envoyer un boss de Toronto ?
-
Yes, yes.
Don't... don't jugez Chicoutimi.
- HonnĂȘtement, lĂ , j'ai rien
contre les gars qui ont des petits pénis.
Je suis mĂȘme amie avec un gars qui a un petit pĂ©nis.
Genre, amie proche, lĂ . Vraiment proche.
Mettons, on dort dans le mĂȘme lit
pis c'est sûr qu'il se passera rien.
Vraiment rien !
(rire)
Ăa, c'est comme le registre des armes Ă feu.
- Je... je sais pas quoi te dire, lĂ .
Spontanément, j'ai... j'ai pas ri.
- C'est normal.
C'est pas supposĂ© ĂȘtre drĂŽle genre : "Ha ! Ha ! Ha !"
C'est second degré.
- Ah, ben lĂ , si c'est supposĂ© pas ĂȘtre drĂŽle,
c'est... c'est peut-ĂȘtre trĂšs bon.
- Admettons, comme gars, toi, les
jokes
de petits pénis,
ça te choque ?
- Moi ? Pfft ! Ha ! Ben non ! Pas du tout.
Les armes à feu, ça, par contre, c'est un petit peu plus délicat.
Ouais, j'ai été pas mal troublé
quand ils ont détruit le registre.
Ah, Alex ! - Quoi ?
- On a une petite situation ici.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- S'ils sont intelligents Ă Toronto, l,
ils vont engager un patron Ă l'interne.
- Attends, laisse-moi deviner Ă qui tu penses.
- Tu ris, lĂ , mais ça pourrait ĂȘtre personne d'autre que lui.
- Ăa pourrait tout Ă fait ĂȘtre Gabriel ou Alexandra.
- Ben non, Alexandra, elle est complĂštement instable
pis Gabriel, il est ben trop mou.
- Elle est pas instable, elle est trĂšs stable,
trĂšs constante, toujours bĂȘte.
- Gabriel est peut-ĂȘtre mou,
mais au moins, ses employés performent bien.
C'est clair qu'entre nous trois, c'est moi, le plus épanoui.
- Ha ! Franchement.
- Je veux dire, si tu fais un registre des armes Ă feu,
je m'excuse, mais détruis-le pas.
- OK, mais attends, es-tu lesbienne pour vrai ou...
- Ben non, c'est mon personnage, c'est pas sérieux.
- Mais c'est quoi le rapport avec les armes Ă feu ? Je...
- Il n'y en a pas. C'est du coq Ă l'Ăąne absurde.
- Ah.
Fait qu'elle aurait été censurée
juste à cause des petits pénis,
mais pas Ă cause de ses propos homophobes ?
- Hum ?
- Ben lĂ , elle insinue qu'ĂȘtre lesbienne, c'est un choix.
OK, elle rĂ©duit la complexitĂ© d'ĂȘtre gai Ă :
"Ah, c'est le fun, on peut se passer notre linge."
Pis elle parle comme si
les lesbiennes aimaient les pénis, voyons !
- Mais c'est un petit peu ça, les
jokes,
non ?
- Mais non, je veux dire, elle peut pas
parler d'affaires qu'elle connaĂźt pas,
ça marche pas, c'est pas drÎle.
Il est ouĂč, Jean-Fred ?
Qu'est-ce qui se passe
av
ec Rachel en ce moment ?
C'est toi qui es censé t'en occuper
depuis que Michel est mort.
- Elle devrait accoucher bientĂŽt. Pourquoi ?
- J'hallucine. Wow ! - Elle a accouché il y a un an.
- Si quelque chose rentre pour elle, je vais l'appeler.
- T'es en retard, elle a pas de job,
elle veut devenir humoriste.
Elle dit que le Grand Rire de Québec l'a censurée,
elle veut organiser un
boycott.
- Faut qu'on se dissocie d'elle. - Non, non.
C'est une bonne actrice, on va pas la laisser partir pour ça.
On a juste Ă dire non au
boycott.
- Non, c'est pas bon que nos artistes s'énervent
contre des directeurs de grand festival.
Il n'y a plus personne qui va nous prendre au sérieux
maintenant qu'on se fait racheter
par une agence de pub de Toronto.
On n'a vraiment pas besoin de ça en ce moment.
- T'exagĂšres. - J'exagĂšre ? Moi, j'exagre ?
On est en train de se faire racheter
par une agence de série B.
C'est pathĂ©tique, lĂ ! Voyons, t'es ouĂč, toi, lĂ ?
- Ils doivent pas ĂȘtre si pathĂ©tiques que ça
s'ils ont les moyens de nous racheter.
- HĂ©, c'est drĂŽle, on dirait que tu t'en fous.
- On a perdu, Alex. Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
- Non, mais pareil, t'es pas combatif.
Es-tu déjà en contact avec eux autres, là ?
Essaies-tu d'ĂȘtre notre boss dans notre dos encore une fois ?
- C'est pas parce que je vis ma vie
sans te demander ton approbation
que je la vis dans ton dos.
- Je te connais.
- En mĂȘme temps, c'est bon.
Si Ă Toronto, ils ont moins d'expertise que nous,
ben, ils vont avoir besoin de nous autres.
- Ben oui, pis qu'est-ce qu'ils vont dire en débarquant ?
"HĂ©, on vous a achetĂ©s, mais vous ĂȘtes meilleurs que nous.
"Merci pour votre bon travail. Pis on veut pas vous déranger."
- Hum, pis apparemment, les CĂąlinours s'en viennent,
ils vont peut-ĂȘtre vouloir te faire des cĂąlins,
c'est le fun, hein ?
- OK, c'est beau, dĂ©solĂ© d'ĂȘtre optimiste.
- Bon, qu'est-ce que je dis Ă Rachel ?
- HĂ©, on est encore lĂ -dessus, l ?
- C'est ta cliente. C'est ta cliente !
- Chut ! Je vais m'en occuper si vous voulez.
J'ai un lien avec elle. - Parfait, merci !
- T'es pas normal en ce moment. T'es pas normal, je te le dis.
T'es trop lousse.
- C'est le bureau Ă qui, ici ?
- Je te connais.
- Oui, c'est ça, je pensais quitter mon agence
et je me cherche de la représentation.
Est-ce que ça serait possible de parler à Nathalie Duchesne ?
Ă son courriel Ă elle ?
Non, non, je l'ai déjà , le courriel de la réception.
Il est, comme... sur votre site Internet.
Merci beaucoup.
- J'ai parlé avec les responsables du festival.
Ils disent que t'étais juste pas à la hauteur.
- Ils vont jamais t'avouer qu'ils m'ont censurée.
- Ăcoute ben, lĂ , je vais ĂȘtre franche avec toi.
Nous autres non plus, Ă l'agence,
on l'a pas compris, ton monologue.
- Wow, beau support ! Super agence.
- Rachel, t'es vraiment une bonne comédienne.
Ăa va bien, tes affaires.
Concentre-toi sur ce qui va bien.
- Ha ! C'est ça que t'aurais dit à Louis-José Houde
quand il a voulu faire un coroner dans
Bon Cop, Bad Cop ?
"HĂ©, concentre-toi sur ce qui va bien !"
- C'est pas parce qu'il y a
des humoristes qui deviennent acteurs
que tout le monde peut s'improviser n'importe quoi.
- T'es pas fine !
- Ben, je suis pas lĂ pour ĂȘtre fine
quand tu prends des mauvaises décisions.
- Je suis victime de censure pis tu veux pas que je me défende !
- MĂȘme si t'avais Ă©tĂ© censurĂ©e.
Pis honnĂȘtement, lĂ , je doute que ce soit le cas.
Je te conseillerais pas d'organiser un
boycott.
Ăa marchera juste pas.
- Je viens de raccrocher avec la directrice de
casting
dureboot
de
Marguerite Volant.
Paraßt que t'as envoyé Sofia en audition
pour le rĂŽle de Marguerite Volant ?
- Ils veulent un
ca
sting
audacieux.
- Elle a jamais fait de télé.
- Pis ça ? Le dernier Séraphin était pas connu.
- Mais il avait de l'expérience !
- Elle a fait beaucoup de théùtre.
- Non, on sait tous les deux trĂšs bien
c'est quoi, le problĂšme ici.
- Ah, tu veux dire parce qu'elle est noire.
- Non, Gabriel, pas parce qu'elle est noire.
T'as un
kick
dessus pis tu ne vois plus clair.
Là , je vais t'aider te sortir de ce pétrin,
je t'ai organisé unblind date.
- Euh... non. - Oui.
J'ai rendez-vous avec une amie Ă 17h00. Vas-y.
- Je fais pas desblind dates.
- Ăa serait dommage que tu la laisses poireauter.
Elle travaille dans l'est,
elle aura fait tout ce chemin-lĂ pour rien.
Ăa serait plate que tu la laisses attendre.
- Je sais ce que t'essaies de faire !
T'essaies de me manipuler pour que j'y aille.
Tu sais que je vais me sentir mal pour elle.
- Exact. - Mais ça marchera pas.
Tu vas la faire attendre pour rien.
- Ben lĂ , moi, je m'en fous.
J'haiïs ça, au fond, avoir des amis.
Du niaisage. Tu t'assois, tu prends un café.
"Qu'est-ce que tu fais de bon ?" C'est vraiment n'importe quoi.
- Admettons, si t'avais à me faire une offre, ça serait quoi ?
- Tu t'en viens chez nous avec tes clients,
tu deviens partenaire minoritaire.
Dans 2 ans, je prends ma retraite,
je te laisse la place comme patron,
mais je reste actionnaire majoritaire
jusqu'Ă tant que tu me rachĂštes ou que je meure.
Parce que je te mets dans mon testament, moi.
- C'est presque trop beau pour ĂȘtre vrai.
- Non, moi qui joue au golf
pendant que toi, tu te tapes la premiĂšre de
Junior Majeur 7,
ça, c'est trop beau pour ĂȘtre vrai.
J'appelle mes avocats demain
pour qu'ils préparent les contrats.
- Je... je suis pas encore décidé.
- Ben oui, t'es décidé.
Il y a rien à décider. C'est une évidence.
(sonnette électrique)
(soupir)
- Oui ?
- J'aimerais ça te parler.
Le travail concret d'agente, c'est moi qui le faisais.
Michel, il gérait l'agence.
Ses clients, c'est moi qui s'en occupais.
- T'Ă©tais quand mĂȘme juste son assistante.
- Ăa me dĂ©rangeait pas de pas avoir le titre,
tant que je pouvais travailler.
Mais là , ils m'ont enlevé les clients de Michel.
Je veux que tu me donnes un contrat d'agente.
- Pourquoi tu penses que Michel t'a gardée comme assistante ?
Pourquoi il te l'a jamais donnée, la promotion ?
- Parce qu'il avait besoin de moi.
- Non, parce qu'il savait que t'allais rester de toute façon.
- Toi aussi, t'es restée.
- On était mariés.
- Ouais, pis t'as vécu dans son ombre pis tu lui en veux.
Je le sais ce que c'est, moi aussi, j'ai vécu dans son ombre.
Sauf que toi, t'as les enfants, t'as la maison, la fortune.
Moi, j'ai rien.
- Il t'a laissé un beau condo au centre-ville.
C'est pas pire pour une assistante.
- Ma vie Ă moi, c'est l'agence.
Si je perds ça, je n'ai plus rien.
- T'as un beau condo au centre-ville.
-
Come on !
Qu'est-ce que ça change pour toi de toute façon ?
C'est juste pour que Toronto me garde.
Tu ne seras plus dans le portrait bientĂŽt.
- Je vois pas pourquoi je te ferais une faveur.
- J'en ai enduré ben plus que toi. J'ai été trÚs seule.
- T'avais juste à t'en aller si t'étais pas heureuse.
C'était une job, Arlette. Juste une job.
(ouverture de porte)
- T'es revenu ?
- Ouais. Mais pas lui.
Tu sais, au fond, la peur de décevoir quelqu'un, c'est...
c'est trĂšs narcissique.
La vérité, c'est qu'au fond...
les 3 quarts du temps, si ça les concerne pas,
les gens, ils s'en foutent complĂštement
de ce que tu fais de ta vie.
Surtout s'ils sont morts.
- Ăa va ?
- Toi, Michel... ça va ?
Bonne soirée.
- Hum ? - Alex ? Tu vas ĂȘtre en retard !
-
Nope,
j'irai pas. C'est toi.
- Moi ? Ha ! J'ai pas rendez-vous avec personne, moi.
- Ouais, mais t'es une meilleure personne que moi, toi.
- Ouais, ben...
- "Ouais, ben..." C'est ça.
- Hé, tu m'énerves !
- "Tu m'énerves !" Tu vas craquer !
Je le sais que tu vas y aller. Tu vas craquer. T'es curieux.
- Ha ! N'importe quoi !
(brouhaha)
Excusez-moi, est-ce que vous ĂȘtes l'amie d'Alexandra ?
- Oui. Ben, dans la mesure du possible, oui.
- Euh... malheureusement, Alexandra a eu un empĂȘchement.
Elle pourra pas ĂȘtre lĂ .
- Ah, c'est correct, elle fait tout le temps ça.
D'habitude, elle me texte par contre.
T'es son assistant ?
- Non, non, c'est... c'est ma collĂšgue.
Je suis... je suis agent.
- Ah, wow ! T'es agent pis t'as le temps de venir me voir ?
- Ha ! - C'est gentil.
Christiane. Enchantée.
- Euh, Gabriel. Enchanté.
Est-ce que je peux me... me joindre Ă toi ?
- Euh, OK.
- Ouais ?
- C'est un coup monté ? - Hein ?
- Alexandra, elle veut nous matcher ?
- Ah, c'est niaiseux, lĂ !
Hum... elle m'a mis devant le fait accompli.
Si je venais pas, ben, t'allais poireauter pour rien au bar.
- Oh, mon Dieu qu'elle a pas d'allure !
- Je le sais.
- C'est tellement con !
En plus, je sais pourquoi elle a fait ça.
C'est parce que je lui ai dit -
pis j'aurais jamais dû lui dire ça,
je sais pas pourquoi je lui ai dit ça -,
mais je lui ai dit que ça faisait, genre, 6 mois
que j'avais pas, comme, été avec quelqu'un.
Fait que c'est pour ça, là , que...
- Ah, euh... OK, je... je vois.
- Mais je me plaignais pas, lĂ !
Je veux dire, je faisais juste constater
que ça faisait 6 mois que j'avais pas baisé.
Mais pour elle, c'est comme si j'étais en danger de mort.
- Mais je veux pas qu'on...
Je veux dire, je suis pas lĂ pour... pour qu'on...
- Non, non, moi non plus.
Je veux dire, je coucherais pas avec toi
juste parce que t'es lĂ .
- Ben non !
Si ça arrive, je veux l'avoir mĂ©ritĂ© quand mĂȘme !
(rires)
Je vais me commander un verre.
- Tu devrais attendre en juillet aussi pour déménager.
C'est plus facile en juillet, tout le monde déménage.
- Ouais... c'est gentil,
mais j'ai vraiment besoin de m'installer.
(sonnerie de cellulaire)
- AllĂŽ ?
-
Euh... Alexandra, ça va ?
-
Hum, je te jure, lĂ ,
si je me fais encore écrire
su
r Réseau Contact
par une fille
bi
sexuelle de Laval
qui veut offrir un trip Ă trois Ă son chum pour sa fĂȘte, lĂ ,
je te jure que je "pitche" mon ordi par la fenĂȘtre.
-
OK, parfait, euh...
En attendant...
ben, je voulais juste te remercier pour Christiane.
-
Hum, as-tu couché avec ?
- Hein ? Ben non, pas... pas le premier soir, lĂ .
- Ah, mais t'as pas eu de... tu sais, de blocage, lĂ ?
-Non, pourquoi ?
- Mais non, mais je sais pas,
j'avais peur que t'aies un blocage.
Mais tu vois, je t'ai encore jugé trop vite.
- Ben, de quoi tu parles, un blocage ?
- Ben lĂ , t'avais compris que Christiane...
je veux dire, c'était Christian avant, là .
Je veux dire, t'as vu sa peau ? - Hein ?
-Je veux dire, tu l'as remarqué
par sa grosse mĂąchoire
pi
s par sa barbe.
Je veux dire, c'était un homme.
C'était un homme avant que... qu'elle devienne une femme. Ha !
- OK.
- Salut ! - AllĂŽ !
OK, tu gagnes, j'ai besoin d'aide.
Faut vraiment que je parte de chez Zacharie.
- Enfin ! - Merci.
- De rien.
- T'aurais dĂ» me le dire pour Christian.
- Ouais, mais qu'est-ce que ça change
si tu la trouves de ton goût ?
Christiane est trans, c'Ă©tait Christian avant. Ăa change quoi ?
En plus, l'opération est trÚs réussie,
t'avais mĂȘme pas remarquĂ©, fait que...
- Ben non, mais... quand mĂȘme, aprĂšs que tu me l'aies dit,
j'y ai repensé pis...
- Pis quoi ?
- Ben, quand mĂȘme, elle a... un bon menton.
(petit rire)
- Il y a plein de femmes qui ont des bons mentons.
- Ouais, mais tu sais, il y a un petit quelque chose
dans les épaules, là .
- Ben, sais-tu, je te trouve pas mal superficiel
pour un progressiste de gauche.
- Non. Non.
- Fait que, vas-tu la revoir, Christiane ?
- Oui, oui, c'est sûr que je vais la revoir.
- Quand ?
- Hé, c'est quoi, ça ? - Quoi, ça ?
- J'ai plein de courriels de gens
qui me demandent pourquoi l'agence se lance
dans un
boycott
du Grand Rire de Québec.
Ăa vient d'ouĂč, ça ? - Arlette !
- Je lui ai jamais dit qu'on endosserait un
boycott,
je lui ai dit le contraire.
- Elle a écrit à tout le monde. à tout le monde.
- Comment elle a fait pour avoir le courriel de tout le monde ?
- Elle est vraiment trÚs déterminée.
- C'est comme si l'agence incitait ses artistes
Ă boycotter le festival, c'est grave !
Jean-Thomas Jobin est tout mĂȘlĂ©. - Ăa, c'est pas nouveau.
- Je vais arranger ça.
- Je pense pas qu'on peut la garder aprÚs ça.
- Franchement, c'est une excellente actrice.
On va pas la laisser aller Ă cause d'une connerie.
Ă ce compte-lĂ , il n'y aura plus grand monde ici.
On est là pour ça aussi, hein !
Réparer les conneries de nos clients.
- Ben, on va écrire à tout le monde,
peut-ĂȘtre envoyer un communiquĂ©.
- Non, non, le moins de bruit possible, c'est mieux.
- Ben non, pas de communiqué.
- Juste un appel ou un courriel Ă nos clients.
Faut protéger Rachel.
- Je pense qu'il faut la laisser aller.
- Elle vient d'avoir un bébé. - Pas mon problÚme, ça !
- Elle vit de l'insécurité. On peut lui donner une chance ?
- Qu'est-ce que t'en penses, Jean-Fred ?
- Hein ? - Qu'est-ce que t'en penses ?
- Je sais pas, moi.
Pourquoi vous lui faites pas faire un open mic ?
- Un open mic, voyons !
- Un open mic ? - Oui.
- Ben voyons, ça pardonne pas, ça !
N'importe qui peut se pointer au micro.
Le public est super exigeant.
Elle va se faire manger tout rond, la pauvre.
- Ben, c'est ça, elle va apprendre !
- Qu'est-ce que tu fais ? On n'a pas fini.
(vibration)
- Oui, allĂŽ ?
Oui. Oui, c'est moi.
- Je t'ai envoyé un courriel.
- Je l'ai pas eu.
- T'as un rendez-vous dans une demi-heure Ă Saint-Henri.
Note-le.
- Ben, je peux pas, j'ai trop de travail.
- C'est le midi.
- Ben, je travaille sur l'heure du midi pis...
pis je sais pas c'est ouĂč, Saint-Henri.
- Bon, ben, je vais y aller avec toi.
Oh ! - Bonjour !
- Bonjour, bonjour !
Euh, ben, je sais que ça rendrait service à Alexandra,
donc ça me fait plaisir, mais faudrait y aller maintenant, OK.
- Bye !
- Bye !
(tintement)
- Oh ! Jean-Frédéric, ton téléphone !
- HĂ©, excuse-moi !
On peut pas parler fort
parce que je viens juste de l'endormir.
- Je vais t'aider Ă travailler.
- Hein ? Pour vrai ?
(petit rire)
- Je vais t'aider Ă travailler si t'arrĂȘtes ton
boycott.
- Tu vas m'aider ?
- Ben, pour le festival, on oublie ça, hein !
T'es barrée à vie.
- C'est de la censure.
- J'ai une amie qui est agente de tournée.
Elle est prĂȘte Ă te prendre.
Je lui ai montré ton vidéo,
elle trouve ça ben drÎle, elle, des
jokes
de petits pénis.
- Sérieux ?
- Ben, tu vas te promener pas mal, hein, par exemple.
Le Vieux Clocher Ă Magog, Sherbrooke,
Chicoutimi, la salle Maurice-O'Bready.
- Cool !
- C'est sûr qu'avec un bébé, c'est pas l'idéal.
- Ouais, mais je vais m'arranger.
- Mais faut que t'arrĂȘtes tes histoires de
boycott.
- Ouais, OK.
- Pis il y a un open mic ce soir au cabaret Le Bordel.
Elle va ĂȘtre lĂ pour t'Ă©couter.
- Hein ? Ce soir, lĂ , l ? - Hum, hum.
- Au Bordel ? - Hum.
- Mais non, mais je sais pas si je suis prĂȘte.
- Ben oui, t'es prĂȘte, voyons !
HĂ©, je te laisse, j'ai rendez- vous avec Lorraine Pintal.
- Hein ? Au théùtre ? Au TNM ?
- Ben oui, faut qu'on parle de
casting
pour la nouvelle piĂšce de Michel-Marc Bouchard.
- Wow !
- Tu sais comment est-ce qu'il est, hein ?
HĂ©, bonne chance pour ce soir au Bordel ! Tu vas ĂȘtre formidable.
- HĂ©, salue-les de ma part !
- Ben, c'est ça qui est ça, hein !
Pis vous allez aimer ça, vous allez voir.
Ici, c'est comme le salon.
Pis c'est pas mal lumineux si vous remontez ça.
Hum, venez voir la cuisine.
En passant, vous pouvez peut- ĂȘtre jeter un petit coup d'oeil
sur la toilette, lĂ .
Je vais avoir besoin de références
et puis de tes informations pour faire l'enquĂȘte de crĂ©dit, OK ?
- OK, parfait. - Tu le prends ?
- Oui, mais... j'ai pas de références.
- Donne ma femme, t'as habité 2 semaines chez nous.
- Oui, mais il y a aussi mon crédit qui est pas super bon.
J'ai déconné avec une carte de crédit pis...
- Elle va le prendre.
- Ah, ben, on va remplir la demande, lĂ .
- Non, non, on signe le bail,
je vais payer les 3 premiers mois
cash,
pis je l'endosse pour le reste.
C'est bon, ça ?
- Les... les 3 premiers mois, c'est bon, oui, oui.
Mais vous ĂȘtes qui, vous, lĂ , par rapport Ă la demoiselle ?
- Je suis son pĂšre.
(cliquetis de la souris)
(petit cri)
(sonnerie de téléphone)
- Salut !
(sonnerie)
Ăa va ?
Voyons. Bon, que c'est qu'il y a encore, lĂ ?
Hé, hé, hé, hé !
- T'es dégueulasse ! T'es dégueulasse !
- Calme-toi ! HĂ©, Alex !
- Lùche-moi ! T'es un écoeurant !
- AH !
- Je te jure ! - Voyons ! Tu vas te cal...
- Je t'haiĂŻs tellement !
(petit rire)
- Fait que c'est vrai ! Tu l'as fait.
- J'allais vous en parler.
- Ha ! Ben oui.
- Tu t'en fous de nous autres.
- ComplĂštement.
- Depuis que Michel est mort,
toi, lĂ , tu penses juste Ă te sauver le cul.
Fucke tout, fucke l'agence, fucke tout.
- Je vois pas comment l'agence peut continuer
d'exister comme avant.
- Ah, t'es plein de marde.
- C'est tout. Faut pas que tu le prennes personnel.
- Réalises-tu ? - Hé.
- Hum, réalises-tu ce que tu nous fais,
ce que tu fais Ă l'agence ?
Tu le sais pas, hein ?
- Si tu pars avec nos clients, on va te poursuivre,
tu t'en sortiras pas de mĂȘme.
- Vous pouvez rien faire, je suis dans mes droits.
- Ah oui, tu penses ?
- Je pars Ă la fin de la semaine.
- Pis moralement, dors-tu bien ?
- Ha ! Il dort trĂšs bien, c'est un trou de cul.
- Je suis désolé que ça finisse comme ça.
- "Je suis désolé que ça finisse comme ça".
- J'espĂšre que vous allez ĂȘtre corrects.
(soupir)
- Ah, je me suis fait mal.
- En tout cas, trĂšs heureux de t'avoir avec nous, Zacharie.
- Ben, tout le plaisir est pour moi.
- Je sais qu'on avait la réputation
d'ĂȘtre une agence trĂšs orientĂ©e business, mais c'est faux.
On est trĂšs familial.
- Ăa tombe bien, moi, je... j'aime ça, la famille.
- J'ai toujours pensé
que t'aurais dĂ» garder le nom de ton pĂšre.
Tu sais, il y a pas de honte Ă venir d'une bonne famille.
Tant mieux si ça aide. C'est fait pour aider, la famille.
Il est pas trop tard
pour revenir Ă ton ancien nom, tu sais.
- Non, c'est... Je suis bien comme ça. Merci.
- Bon, en tout cas, j'espÚre que ça te fùchera pas
qu'on annonce votre arrivée à l'agence ensemble.
- Quoi ?
- Sais-tu quoi ?
Au fond...
je suis contente qu'il soit mort.
Je n'ai plus besoin de lui trouver des excuses
pour son couraillage.
Plus besoin de faire semblant
que ça me fait plaisir de faire la job à sa place.
Si je n'ai plus de place Ă l'agence,
je n'ai plus rien Ă perdre.
Je vais avoir beaucoup de temps libre.
Ouais, je pourrais écrire un livre sur l'agence.
Ma vie dans l'ombre de celui qui t'a cocufiée
pendant 40 ans.
- OK, tu me menaces, lĂ ?
- Pas du tout. Je te donne le choix.
- Ouais, Maxime ?
Je pense qu'il va falloir faire la transition
plus vite que prévu.
(sanglots de Noémie)
- Il s'en va pis il m'amĂšne pas avec lui.
- Tu le sais pas.
- OuĂč est-ce que vous Ă©tiez ce midi, hein ?
C'est quoi, c'est toi qui s'en vas avec lui chez MVA ?
- Ah, non, non, moi, je bouge pas, je... Non, non.
- As-tu remarqué que c'est depuis que t'es arrivée
que tout s'est mis Ă mal aller ?
C'est bizarre, ça, hein ?
C'est quoi, tu vas me dire que c'est une coiĂŻncidence ?
- Ben lĂ , quand mĂȘme, elle a pas tuĂ© Michel.
- Non, mais elle... elle va me tuer, moi.
- Ah...
(sanglots)
(soupir)
- Peut-ĂȘtre qu'on devrait tous sacrer notre camp.
- T'irais chez MVA, toi ?
- Ben non, ils me prendraient jamais.
Une fois, je lui ai suggĂ©rĂ© d'arrĂȘter de se stationner
devant le Prospero avec sa Maserati.
Il l'a pas pris.
Sinon, il y a l'agence des jumelles Jeté,
sauf que... je les ai engueulées
au visionnement du dernier film de Denis CÎté.
C'est quoi, cette obsession
avec le fait de vouloir comprendre la fin ?
Je veux dire, arrĂȘtez de nous faire chier
avec votre obsession de comprendre la fin du film,
ça sert à rien.
Fais-moi donc un café, s'il te plaßt. S'il te plat.
Pas de sucre, pas de lait.
(tintement de cellulaire)
Es-tu en train de faire poireauter Christiane au resto ?
- Ah,
fuck,
c'est vrai, j'ai oublié !
- Mais non, mais là , elle vient de m'écrire :
"Vous autres, les agents, vous ĂȘtes tous pareils."
- Ben là ... avec tout ce qui se passe, j'ai oublié.
- Mon oeil !
- OK, t'as raison, je suis pas Ă l'aise
avec le fait qu'il y a 6 mois, c'était un garçon.
- Je le savais, monsieur le défenseur
de la vierge pis de l'orphelin.
- Tu veux que je te dise quoi ?
Je suis pas une bonne personne finalement.
- Ben, t'es surtout trĂšs cave.
C'est évident que Christiane est pas trans.
- Quoi ? - Elle est pas trans.
Voyons, c'est évident ! - Ben là , tu me niaises, l.
- Elle me fait penser Ă toi, au fond.
Vous auriez fait un bon match finalement.
- Pourquoi t'as fait ça ?
- Ben, au début, je te faisais une
joke
pis là , t'as pogné
pis je sais pas, je... j'ai juste pas pu m'empĂȘcher.
- T'as ruiné une possible relation
pour prouver un point de marde.
- Mais elle a trop des grosses épaules de toute maniÚre, non ?
Pis tu te rappelles, elle a comme un bon menton aussi, lĂ .
- T'es méchante. C'est méchant, ce que tu fais.
- Mon café, Gab ! S'il te plaßt, mon café !
- Si tu veux t'éreinter à aller travailler
pour une agence de Toronto,
qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ?
Tiens, ton contrat !
(tintement de cellulaire)
Comment ça ?
Il y a une rumeur que Jean-Frédéric quitte l'agence ?
- Je sais pas.
- Toronto retire son offre.
- Camomille.
- Je t'avais pas demandé 15 shooters de tequila à la place ?
- Ah non, non, je suis pas mal certaine
que t'avais dit camomille.
- Jean-Frédéric s'en va chez MVA.
- Voyons, Arlette, t'Ă©tais ouĂč ?
Ăa fait, genre, une heure que tout le monde le sait.
- Hum, Toronto retire son offre.
- Ben voyons ! Comment ça ?
- Ben, sans Jean-Frédéric, l'agence perd trop de valeur.
Ils ne sont plus intéressés.
- Ben, ben, il nous fait quand mĂȘme un petit cadeau en partant.
- Peut-ĂȘtre qu'il a fait exprĂšs.
Peut-ĂȘtre qu'il a fait exprĂšs pour faire peur Ă Toronto.
- Ouais, c'est vrai qu'il est toujours en train de manigancer.
- Toujours tout seul dans son coin.
- Ouais, ça serait le genre.
- En tout cas, moi, je n'en dis pas plus, hein !
(coup de klaxon, sirĂšne au loin)
(coups Ă la porte)
- Oui ?
- Bravo !
(applaudissements)
- Bravo !
- Bravo, bravo, bravo, bravo !
- Bravo ! Bravo !
ArrĂȘte de faire semblant, lĂ . Tout le monde est au courant.
Toronto a retiré son offre
parce qu'ils pensaient que tu t'en allais.
- HĂ©, on l'a vraiment pas vue venir, celle-lĂ !
- Quand on a compris que tu faisais exprĂšs,
tout s'est mis Ă faire du sens.
Je m'excuse.
- Ah, j'ai tellement eu peur ! - Un fin stratĂšge !
- Voir s'il serait allé chez MVA de toute façon !
- Ben non, il serait jamais allé là !
- Quand mĂȘme, faire croire Ă tout le monde
que tu pars chez notre principal concurrent
guts.
juste pour qu'on soit pas vendus, ça prend du
guts.
- C'est du génie !
(raclement de gorge, reniflement)
- C'est émouvant.
Mais... non, non...
C'est rien. C'est normal.
- (Gabriel) : Allez, champagne ! Allez, on célÚbre ça !
(exclamations entremĂȘlĂ©es)
Je
m'excuse de te déranger.
- (Rachel) :
Je
m'excuse de te déranger.
Je veux te remercier de... pour la... la tournée d'humour.
Ăa va ĂȘtre trop compliquĂ© avec le bĂ©bĂ©.
Pis lĂ ... je sors de ma bulle, lĂ ,
pis... l'humour, je suis pas sûre.
- Pis l'open mic au Bordel ?
- Ouais... Non. Non, je suis pas sûre pantoute dans le fond.
Je pense que j'avais juste vraiment peur, lĂ .
Tu sais, je veux pas que mon fils manque de rien.
Je veux ĂȘtre lĂ pour lui
dans le sens de je veux passer du temps avec lui
pis je trouve ça rushant, là .
Je vois tout le monde qui travaille, tous les rĂŽles passer
pis lĂ ... je panique, l.
J'ai pas le goût de recommencer serveuse dans un resto.
- Sais-tu quoi, Rachel ? C'est de notre faute.
On s'est pas bien occupés de toi depuis que Michel est mort.
Je dis pas qu'on fait des miracles.
Non, il y a toujours des moments plus insécurisants,
mais si j'avais été là pour toi,
pour te rassurer, pour qu'on se fasse un plan clair,
on n'en serait pas lĂ .
Je m'excuse, Rachel. On... on t'a laissée seule.
- Ouais.
(inspiration)
Je me sens un peu dépassée.
- Une petite
ride
de théùtre, ça te tente ?
- Ben oui.
- Parce qu'on a beaucoup parlé de toi
avec Lorraine Pintal au Nouveau Monde.
- OK, pour vrai ?
- Elle va t'appeler cette semaine.
(rire)
- Merci ! Merci !
Merci, merci ! Merci, merci !
(rires)
- Au héros du jour ! - Ben voyons donc !
- Bravo ! - Champagne !
- T'es incroyable. - Pourquoi tu nous as rien dit ?
- Parce que je voulais pas prendre de risque.
- Fait que toi, tu vas me dire
que t'as jamais vraiment eu l'intention de quitter l'agence ?
- T'as toujours un petit cÎté paranoiïaque, hein, toi ?
- Tu le sais ben, je suis faite de mĂȘme.
- Ăa doit pas ĂȘtre facile.
- HĂ©, moi aussi, j'ai une bonne nouvelle !
Rachel Graton va arrĂȘter l'humour
pour se concentrer sur son prochain rĂŽle au TNM.
- Bon ! -Yeah !
That's it,
Arlette ! Bravo ! - Fallait que ça arrive, ça.
- Je t'ai inventé une histoire de tournée à Magog
pis de open mic au Bordel.
L'effet réalité a fait son oeuvre.
- Bon, c'est bien. - Merci, Jean-Frédéric.
- Ben oui, merci !
- Vous auriez fait la mĂȘme chose.
- (Arlette) : Et puis... je suis officiellement agente !
- Oh, bravo ! Wow ! Tiens, prends ça.
- Estelle Galant m'a signé un contrat aujourd'hui !
-Yes !
Attends, santé ! Santé.
- Hum, j'aimerais ça, reprendre les clients de Michel.
AprÚs tout, je suis la mieux placée pour les représenter.
Je connais les dossiers par coeur.
- Ben oui ! - Moi, je dis oui.
- (Gabriel) : Moi aussi, j'accepte.
- Tu sais quoi, Arlette ? Prends- les, les clients de Michel.
Ils te reviennent.
- Woh, woh ! Excuse-moi, excuse- moi, il est ouĂč, Jean-Fred ?
- Ben lĂ , voyons donc ! ArrĂȘtez ça.
- Je suis sérieuse. Hé, Zach ! AllÎ !
- HĂ© ! - Salut ! Qu'est-ce qui se passe ?
- Ben, ton pÚre a sauvé l'agence apparemment. Apparemment.
- Il a fait semblant de s'en aller chez MVA
pour faire foirer la vente avec Toronto.
- (Jérémie) : Hé, hé, hé, longue vie à l'agence AMG !
- Longue vie à tous ! - Santé ! Bravo !
- Bravo, Arlette ! - Ah, merci !
- Moi, j'ai... j'ai signé avec MVA pour vrai.
- Quoi ? - J'ai signé avec MVA.
- Mais pourquoi ? Je te suis depuis que t'es ado.
- J'avais besoin de faire mon nom, j'imagine.
Pas ĂȘtre... "le fils de".
- Ben voyons, de quoi tu parles ?
Je suis tombée en amour avec toi
quand je t'ai vu dans le court-mĂ©trage de Anne Ămonde.
Ă l'Ă©poque, je savais mĂȘme pas
que t'étais le fils de Jean-Fred.
Es-tu sérieux ?
- Hé, l'héritier, viens voir ton pÚre, là !
Viens-t'en ici, Zach ! Envoye ! Ah !
Bon.
Sous-titrage :
MELS
- HĂ©, ĂȘtre rejetĂ©e par la chair de sa chair,
c'est quelque chose !
- Pis ĂȘtre rejetĂ©e par sa mĂšre, c'est super facile, tu penses ?
Je suis censĂ©e ĂȘtre la chose la plus importante Ă tes yeux.
- Quand t'avais 2 ans, 8 ans, 15 ans Ă la limite,
mais lĂ , t'es une grande fille !
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