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- Non, pis... lĂ ...
Je ne dors plus. - Hum.
- J'ai passé la nuit sur mon vélo,
j'ai fait Sainte-Julie/Montréal 3 fois,
tu sais, dans l'espoir de me vider de toutes mes pulsions,
mais non, regarde-moi, lĂ .
Là , je suis brûlé ben raide
pis j'ai encore les pulsions dans le tapis, lĂ .
Mais en plus, j'ai le hamster qui me "spinne" dans la tĂȘte.
Hé, elle m'a regardé direct dans les yeux,
tu sais, avec ses beaux petits yeux de biche, lĂ .
Elle m'a touché ici, au niveau de l'épaule.
- Ah oui ?
- Elle m'a appelé Patou.
Savais-tu qu'elle m'appelait Patou, des fois ?
- Hum... Hum ! Ta blonde, elle t'appelle comment, elle ?
Elle t'appelle...
- Regarde, fais pas ta smatte.
Je sais trĂšs bien que j'ai une blonde.
Pis je l'aime, ma blonde, à part de ça.
C'est exactement pour ça
que je veux que tu me sortes de ce projet-lĂ ,
je ne veux plus jouer avec Julie, OK ?
Je veux pas tomber en amour avec.
- Hum, mais tout le monde est en amour avec Julie Le Breton.
- Ben oui, mais là , ça fait 14 projets qu'on fait ensemble.
Tu sais, 14, lĂ !
Pis en plus, en ce moment, on est...
on est en train de tourner
la plus belle histoire d'amour du monde.
- C'est une série policiÚre, Pat.
- Ben oui, oui, je sais,
mais c'est des polices en amour, tu sais.
Mais... tu vas peut-ĂȘtre penser que je capote, lĂ , mais...
d'aprĂšs moi, c'est un complot.
- Mais non.
- Je te dis ! C'est un complot.
C'est un complot du star-systĂšme, je pense.
En fait, je pense que c'est les producteurs.
C'est les producteurs qui veulent
qu'on tombe en amour ensemble pour vrai
parce que c'est payant, c'est payant, des
power couples !
Véro pis Louis, c'est du vieux stock.
Eux autres, ils veulent de la chair fraĂźche !
Entre toi pis moi, il y a quelque chose de plus beau,
de plus hot que Julie Le Breton pis moi, comme
power couple ?
Je suis pas sûr de ça.
- Non.
(bip de cellulaire)
T'es en retard, lĂ , Fecteau te cherche partout.
- Non, non, je te dis, j'y retourne pas,
je veux que tu me sortes de lĂ .
- Ben non, vous ĂȘtes Ă la moitiĂ© du tournage, on peut rien faire.
- Mais je sais pas, mais ils ont juste Ă ...
ils ont juste Ă me faire disparaĂźtre,
Ă tuer mon personnage.
(raclement de gorge)
- OK.
Fait que quoi ? Je leur dis quoi ?
Que t'es malade ? Que t'es en
burn-out ?
- Ben non ! Voyons donc !
Dis pas ça, je vais perdre tous mes autres contrats.
Je sais pas, t'en as pas, des réponses toutes faites ?
Ben, je sais pas, dis la vérité.
- Que t'es en train de compromettre
la plus grosse série policiÚre jamais tournée au Québec
parce que t'as un kick sur Julie Le Breton ?
Wow ! Ăa va ĂȘtre touchant, ça !
Pis aprĂšs ? Aprs, quoi ? C'est quoi, le plan de carriĂšre aprs ?
Une émission de cuisine ?
Oh ! Chroniqueur Ă Deux filles le matin ?
On fait quoi ? - Ah...
- AMG, bonjour !
- Hum, hum, mais oui ! Ben oui, ben oui, je le sais.
Je comprends, mais oui, mais tu le sais, lĂ ,
Patrice, c'est le meilleur pour jouer des gars, gars,
mais au fond, c'est un hyper sensible, tu sais.
Oui, ben, c'est ça, là , il y a une de ses tantes alcooliques
qui est en train de mourir
pis il s'est mis dans la tĂȘte de faire un aller-retour
Montréal/Saint-Mathieu- des-Saints en une nuit,
juste pour prendre un dernier verre avec elle pis c'est ça.
Ben oui, tu sais ben comment ça marche,
alors il devrait ĂȘtre de retour dans quelques minutes, lĂ , oui.
OK, merci ! Bye !
Quand t'auras fini ton hygiĂšne personnelle,
j'aurais des tĂąches professionnelles pour toi.
- Je m'excuse, je suis prĂȘte. - Hum.
Patrice Robitaille est dans le bureau de Michel,
il est en train de faire un
power nap.
Dans exactement 20 minutes,
je veux que tu le réveilles avec un triple espresso
pis que tu le mettes dans un taxi, OK ?
S'il faut, lĂ , tu le prends
pis tu le mets physiquement dans un taxi.
Qu'est-ce qu'il y a ? - Patrice Robitaille ?
Celui de 6'3", le vrai Patrice Robitaille ?
- Estelle ! - Salut !
- Je savais pas que t'étais là .
- Je suis passée devant ton bureau, il y avait personne,
je me disais que t'avais peut-ĂȘtre pris ta retraite.
- Je crois pas à ça, la retraite.
- As-tu les clés pour les tiroirs d'en bas ?
- Tu cherches quelque chose ?
- Ouais.
- Ah, mais je peux peut-ĂȘtre t'aider.
- Si jamais j'ai besoin, je me gĂȘnerai pas.
- Non, c'est parce que c'est moi, lĂ ,
qui gérais pas mal les papiers,
alors si tu me disais ce que tu cherches...
- Juste m'ouvrir les tiroirs, je vais m'arranger.
- Non, non, non, non, non, Léane, je te le dis, là .
C'est l'agence qui est Ă vendre, c'est pas moi.
Moi, je vais toujours ĂȘtre ton agent.
Je vais toujours ĂȘtre lĂ .
C'est comme si on était mariés, sauf que c'est moins plate !
(rire)
Ben non, mais justement,
c'est ça, la joke, là , c'est qu'on n'est pas...
Ah !
(rire)
OK. OK ! Bye !
- Si je me déshabillais là .
Maintenant.
Il se passerait rien entre nous ?
- Euh...
- Est-ce que je marmonne trop ?
- Hein ?
- Il faut que je chuchote Ă l'oreille de Patrice Robitaille,
mais je veux quand mĂȘme que le monde entende ce que je dis.
- Ah ! Ah, c'est... C'est parfait !
- OK !
Je suis la tentation numéro 4. - Hum.
- Il y a 4 tentations
qui viennent hanter Patrice Robitaille
pis je suis la quatriĂšme.
- Ah ben, c'était... c'était trÚs tentant.
(petit rire)
- Super ! C'est censĂ© ĂȘtre ça, hein, une tentation ?
- Oui !
- M. Robitaille ?
(chuchotant) :Oh my God ! Oh my God ! Oh my God !
M. Robitaille.
- Je fais trop de bruit ?
- Ah. Non, non, j'ai votre café.
- Non, ce sera pas long.
Je fais ça pour... pour me vider
parce que lĂ , je m'en vais tourner des scĂšnes de...
En fait, c'est juste que j'ai besoin de me vider de...
de toute mon énergie vitale !
- Ah ! C'est super, hein !
Faut pas avoir trop d'énergie vitale.
Votre taxi s'en vient pour vous amener sur le plateau.
- Ben voyons ! Je peux pas aller lĂ direct de mĂȘme, lĂ .
On n'a mĂȘme pas de douche sur le plateau.
Avoue ! Le monde peut pas me voir arriver de mĂȘme !
- Ouais.
(respiration haletante)
- OK, finalement, j'ai besoin de ton aide.
Il y a un montant qui passe tous les mois
dans le compte de l'agence
pis qui s'en va vers une compagnie à numéros.
Je trouve rien sur cette compagnie-lĂ .
- Ah, mais c'est bizarre. OK.
- 2200$ tous les mois.
Ăa te dit quelque chose ?
- Pas... Pas vite comme ça. - Ah non ?
- Ah, mais tu peux toujours aller voir les comptables, han !
Ils sont au bout du corridor.
- Les comptables sauraient quelque chose
que toi, tu sais pas ?
Ce serait étonnant !
- Euh... Ouais.
(soupir)
- Je me sens comme si c'était nous autres qui étions à vendre.
Parce que l'agence, c'est quoi ?
Deux, trois pupitres pis la réception ?
- Une machine avec un nom, une réputation
pis les contrats que t'as avec tes clients...
- Je te parle d'un point de vue affectif,
j'ai l'impression que c'est moi qui suis Ă vendre.
Personne nous dit rien, nous consulte. Je trouve ça rushant.
- Ăa me touche que tu parles de tes Ă©motions.
- Tu vois, comme lĂ , je sais pas si tu me niaises.
Je trouve pas ça le fun. - Je niaise pas.
- C'est quoi, l'ordre du jour ? Pas besoin de réunion d'équipe.
- Coeur de pierre. T'as un coeur de pierre.
- Ben, il y a Arlette, lĂ , qui veut nous rencontrer.
J'imagine qu'elle va nous donner sa démission.
- C'est évident qu'elle va pas rester sans Michel.
- T'imagines ? Quelle fin de carriĂšre !
Ton boss meurt pis, toi, tu perds ta job.
- Oh ! Ils capotent sur le
set, Patrice Robitaille est pas lĂ .
- Comment ça ? Il est censĂ© ĂȘtre lĂ , l.
- Ils paniquent, ils disent que le tournage est gùché.
Qu'est-ce que je réponds ?
- Il était pas ici tantÎt ?
(sonnerie)
- Camille, viens donc ici. - Oui, allĂŽ ?
Ah, c'est bizarre ! Ben oui.
Patrice Robitaille est supposĂ© ĂȘtre lĂ , l.
- Oui ! - OK.
- Qu'est-ce qui se passe ? Patrice est ouĂč ?
- On a un problĂšme. - Qu'est-ce que tu veux dire ?
T'étais censée le prendre pis le mettre dans un taxi.
- Je sais, mais il est dégueu. - Dégueu ? Il est dégueu.
C'est comme ça qu'on parle des clients de l'agence maintenant ?
C'est
chill,
han ! - OK, merci. Dégueu comment ?
- Il transpire vraiment beaucoup, comme, tout lĂ , l.
- C'est si pire que ça ?
- Oui.
- Noémie, aurais-tu 2 minutes, s'il te plaßt ?
- Oui.
- (chuchotant) : T'es capable d'ĂȘtre discrĂšte ?
- (chuchotant) : Toujours.
- J'ai besoin d'avoir les chiffres d'affaires
d'Alexandra et Gabriel.
- OK. Pourquoi ?
Ah, excuse-moi.
Hum, est-ce que je peux passer par la comptabilité ?
(tintement buccal)
- C'est des informations confidentielles.
- Euh, tu veux que j'additionne chaque contrat un par un ?
- Exactement.
- OK.
- C'est assez urgent.
- Oui, j'imagine.
- Ouais, ouais. Merci !
- Ăa fait plaisir !
- Mon Dieu ! Qu'est-ce qui se passe ? T'as ben l'air bizarre !
- Ah ! Non, non !
- Oui. - Non !
- Tu sais que t'as pas le droit d'ĂȘtre en amour avec ton patron ?
- Ah... Je suis pas en amour.
- Le harcÚlement, ça va dans les 2 sens.
- Ah, c'est bon, ça.
HĂ© tu feras attention, han !
Ă'a l'air de rien, mais ça vaut quand mĂȘme trĂšs, trs cher,
ces vĂȘtements-lĂ , OK ?
- OK. - C'est beau.
- Euh...
- Ăa va ?
- Oui, oui.
Prenez votre temps.
- Tu vois ça, là , c'est exactement ça !
J'ai peur que ça, ça m'arrive
quand je vais arriver sur le plateau.
- Ben lĂ , t'es correct ? Ăa va ?
- Je ne le sais plus, mon gars, lĂ , je ne le sais plus pantoute.
- Prenez votre temps. Prenez votre temps.
Oh, mon Dieu ! Je suis tellement amateur !
- Les as-tu vus ? - Oui.
- Ils font quoi ? - Ils se changent.
- C'est long. Fait que...
- Hé, Arlette ! Grosse journée ?
- Je sais pas encore, lĂ .
(raclement de gorge)
-
Fait que là , ben, c'est ça,
fa
it qu'aujourd'hui,
on s'apprĂȘte Ă tourner des scĂšnes intimes.
- Hum. - HĂ©, je suis nerveux, lĂ !
Je te le dis, j'ai peur. Je fais juste y penser, regarde.
J'ai, comme, les mains moites.
- Hum. Ben, je te comprends.
On est tous en amour avec Julie Le Breton.
- Oui, oui, sauf que je fais pas juste fantasmer
que je suis le gars qui la frenche à l'écran, tu sais,
je la frenche pour vrai, lĂ .
- Ouais. Pour vrai, mais... mais comme acteur.
- Ben oui, ça, c'est sûr. C'est sr.
C'est mon personnage qui est en amour avec elle, c'est pas moi.
Non, sauf que des fois, je me dis :
je suis peut-ĂȘtre rendu tellement bon acteur que...
que je deviens mon personnage.
- Hum. Hum, hum.
C'est trĂšs... trs intense, "Actor Studio", ce que tu dis.
- Ouais, ouais, ouais, effectivement, c'est...
Mais pour qu'on croie que je suis en amour avec elle, lĂ ,
il faut que mon personnage l'aime pour vrai.
Tu comprends ?
Fait que, moi, dans le fond,
je fais juste bien mon travail d'acteur
en étant en amour avec elle.
Pis toi, t'es un maudit bon public
parce que tu l'aimes aussi.
- Ouais. Non, je suis un trĂšs bon public.
Mais en mĂȘme temps, quand l'Ă©pisode est fini,
je suis un petit peu moins en amour avec, admettons.
- Bon, bon, bon. Ben, bravo, champion !
- Ah non, non, non, non, non !
Mais je te comprends, mon ex s'appelle Julie
pis c'est une actrice.
- Ah oui ? Julie qui ?
- Ah non, ç'a pas débloqué, ses affaires. Ex-actrice, en fait.
- Ah OK. Je vois le genre.
- Mais moi aussi, hein, tout le monde me le dit sans arrĂȘt, lĂ .
"C'est dans ta tĂȘte." "C'est fini depuis longtemps."
Bla bla bla bla.
Mais au fond, je le sens, lĂ !
C'est physique, je le sens ici.
- Ah non, ça, c'est des brûlures d'estomac.
Si tu sens une bulle qui monte comme ça, c'est des brûlures.
Pat, faut qu'on y aille, ton taxi est lĂ .
- Merci, han ! - Courage.
- Ah... Ăa va bien aller, han !
Tu vas voir, han ! - Merci !
- Force !
- OK, lĂąche-le.
(expiration)
- Bye ! - Bye !
(ouverture de porte)
Tu l'encourages.
- J'ai de la compassion.
- Non, c'est ça que je dis, tu l'encourages.
- C'est pas la mĂȘme chose. - ArrĂȘte.
- Arlette !
- Bon, OK, tasse-toi.
Arlette.
Tu voulais nous dire quelque chose, ma belle.
- Je vais pas démissionner.
- Ah, mais non. Ah non, non, on n'a jamais pensé que t'allais...
- Non, non.
- Excellente nouvelle !
- C'est super !
- Je veux vous proposer d'investir dans l'agence.
Je veux qu'on rachĂšte les parts de Michel ensemble.
Ben... Je connais l'agence comme le fond de ma poche.
Je connais l'industrie.
Je veux devenir partenaire et agente.
- Avec quels clients ?
- Ben, je vais reprendre les clients de Michel.
- Ah !
- On s'est déjà séparés les clients de Michel.
- J'ai 400 000$ Ă investir.
- 400 000$ ! - Ben voyons ! Tu sors ça d'ouĂč ?
- Ce sera pas nécessaire, Arlette, merci !
- C'est la seule chance qu'on a de sauver l'agence.
Si on la rachĂšte pas,
on va se faire bouffer par une plus grosse boĂźte.
- Il y en a pas de plus grosse boĂźte.
On est la plus grosse agence à Montréal.
- OK, mais il y en a des plus riches,
dont l'actionnaire principal est pas mort.
Il va vouloir nous acheter pis nous tasser.
- OK, attends, attends. 400 000$ !
Je veux dire, je fais le double de ton salaire
pis j'ai pas ça, 400 000$ !
- C'est normal que je mette plus d'argent que vous autres.
Vous ĂȘtes dĂ©jĂ actionnaires.
- OK, donc, tu veux t'acheter un statut d'agente ?
- Tout le monde sait que c'est moi qui faisais la job
dans l'ombre de Michel.
- Tu faisais la job qu'il te disait de faire.
C'est quand mĂȘme lui qui prenait les dĂ©cisions.
Attention, s'il te plaĂźt.
- Mais quand mĂȘme, si ça se peut,
on pourrait le faire ensemble, pourquoi pas ?
- 400 000$ ! 400 000$ ?
- Je voulais attendre que ce soit officiel pour l'annoncer,
mais j'ai l'intention de racheter les parts de Michel
et de devenir le nouveau patron d'AMG.
- Ben non. - Merci, Alexandra.
- Ăa te tentait pas de nous en parler ?
- Non, mais attends, là , Jean-Frédéric.
Si Arlette a raison pis qu'on est capables de l'acheter,
les quatre ensemble, ce serait pas mieux ?
- Non, je vois pas pourquoi.
- Ăa enverrait le signal qu'on est solides, qu'on est stables.
- Qu'on est une gang d'hippies.
- Non, Jean-Fred, tu peux pas ! Tu peux pas faire ça.
Un genre de putsch de mĂȘme ! Tu peux pas faire ça.
- C'est pas un putsch.
Pour diriger une agence, ça prend un chef.
Pas une coop d'Indiens.
- Ah non, non. Mais non, tu peux pas !
On dit pas... On ne le dit plus.
C'est... C'est raciste.
On est en période de grande réconciliation.
- Je suis désolé.
-
J'aurais dĂ»
tr
ouver une solution,
mais j'étais devant
Pa
trice Robitaille
pis il y a rien qui me venait.
- Tu vas t'habituer, t'es pas la premiĂšre
Ă pas savoir quoi faire avec un client.
- Ah ouais ?
- Noémie a déjà perdu Gilles Latulippe
aux Promenades Saint-Bruno.
- Dis rien contre mon Gilles. Je l'ai pas perdu.
Il est parti sans me le dire
parce qu'il avait pas envie de faire de promo.
- T'as vraiment un faible pour les vieux, finalement, han ?
- AiĂŻe !
- C'est quoi qu'il t'a demandé, Jean-Frédéric ?
- Pfft ! C'est pas de tes affaires.
- Ouh ! Ă'a l'air important !
- C'est toujours important !
- Ouais, mais lĂ , plus que d'habitude.
Il t'a dit un secret.
Il te l'a dit juste Ă toi dans le creux de l'oreille.
Comme le jour ouĂč il va te demander
de venir dans son bureau un soir...
tard, pis il va te dire : "Déshabille-toi."
- ArrĂȘte !
- Bravo ! Tu m'as fait perdre le fil.
Je ne sais plus j'Ă©tais rendue ouĂč.
- Je te l'avais dit que j'étais capable de la déconcentrer.
Tu me dois 5$ ! - Ah...
- HĂ©, imagine avoir Jean-Fred comme boss.
Je veux dire, c'est mĂȘme pas notre boss
pis il nous contrĂŽle tout le temps, tout le temps !
- Peut-ĂȘtre que s'il Ă©tait officiellement le boss,
il serait moins fatigant, il essaierait moins de compenser.
- Mais non, ce serait juste pire.
(expiration)
- Fait qu'on rachĂšte avec Arlette ?
- Pis on part en guerre contre lui ?
Non, je pense pas, il gagne tout le temps.
De toute façon, moi, j'en ai pas d'argent.
AchĂšte-le, toi, avec Arlette.
- C'est pas comme si j'avais des tonnes d'argent, non plus.
- Vends ton condo. Attention ! Voyons !
- Je peux pas, mon ex habite encore dedans.
- Ben non, mais on s'en fout, de ça.
- Ben lĂ , je vais pas la mettre dehors, c'est mon ex !
- Ben, qu'elle l'achĂšte, elle.
Ou fais-lui signer un bail
pis il paiera le loyer au propriétaire.
- Hum. Hum, hum.
- Oh, mon Dieu ! Regarde-moi.
Elle te paye pas de loyer ? - Ben...
- Ăa fait combien de temps que tu n'es plus avec ? Genre, 3 ans ?
- Non, genre un an et demi, lĂ .
- Un an et demi plus...
- Presque... Presque 2 ans.
- T'es vraiment comme un petit animal domestique,
hein, toi, au fond ?
Comme un genre de petit hamster, lĂ .
Fais ça !
Une gerboise.
T'as l'air d'une gerboise.
(bip de cellulaire)
- Hum.
-Fudge !
Ah... Zacharie. - Ah, tu m'avais oublié ?
- Ah, je suis tellement désolée ! C'est la folie aujourd'hui !
- Ah, c'est toujours la folie.
- Mais oui, mais lĂ ...
Là , c'est différent. - C'est toujours différent.
- Oui ? - T'es encore lĂ , toi ?
Je pensais que je t'avais renvoyée
aprÚs que tu te sois pas occupée de Patrice Robitaille.
- Je suis vraiment désolée !
- OK, c'est bon. Tu peux rester.
Tu te souviens de Zacharie Dumont ?
- AllĂŽ ! - AllĂŽ !
- Il vient de décrocher un rÎle dans le film de Trogi.
La production a besoin de photos de lui
pis tu vas l'aider Ă choisir.
- Quand ça ? - Ben, dans 2 semaines !
- Ah, OK ! - Mais non, Camille !
LĂ ! Tout de suite, maintenant ! OK ?
On a besoin de photos de lui à l'école,
de photos d'anniversaire, d'une photo de lui en voyage,
pis d'une photo de lui d'un Ă 5 ans.
De toute façon, je t'ai fait suivre la liste, tu les prends,
tu les envoies Ă la direction artistique du film, OK ?
- OK. - Montre.
(bip de cellulaire)
AiĂŻe, aie, aiĂŻe...
Pas moyen d'avoir un break !
Bonne journée !
- Fait que c'est super, le tournage !
- Pourquoi t'es partie ? Tu m'as rien dit. T'habites ouĂč, lĂ ?
T'as pas recommencé à dormir l'agence ?
- Je suis en fonction en ce moment,
je pense qu'on devrait garder
une relation strictement professionnelle.
- HĂ©. en fonction !
- C'est mon travail, je suis l'assistante d'Alexandra.
Je veux rester concentrée. - OK, je te déconcentre ?
(soupir)
- Je peux pas jouer ça. C'est pas crédible.
- Pat, ça fait combien de temps que t'as reçu le scénario ?
Tu vas pas me dire que tu viens de réaliser que c'est pas bon ?
- Hum, hum. Ăcoute ça. Julie. - Ouais.
- "Je t'ai vu briser le coeur de tout le poste de police,
"tu briseras pas le mien, certain, Stéphane Hébert !"
Moi, je lui réponds :
"Je vais vouloir me tuer avant de te blesser, Stéphanie.
"Stéphane lui prend la main, il l'attire vers lui.
"Ils devraient s'embrasser, mais ne le font pas.
"Ils résistent, leur haleine pourtant...
- (ensemble) : "... s'entremĂȘle sĂ»rement."
Pis pendant ce temps-lĂ , le kamikaze qu'on pourchasse,
il se fait exploser dans le loft d'à cÎté, voyons !
Comment tu veux que je joue ça, moi ?
- OK, mais t'as déjà retardé toute la production aujourd'hui.
On demandera pas des changements de texte de derniĂšre minute.
- Hum, hum. Les haleines, lĂ . Les haleines qui se mĂȘlent.
Non, je... C'est trop ! Moi, je suis pas à l'aise avec ça.
Je peux pas jouer ça.
- Mais tu joues une histoire d'amour avec Julie Le Breton.
C'est certain qu'il va y avoir des scĂšnes intimes.
- Hum, hum. Je le sais !
Mais le moins possible !
Le moins possible parce que...
De toute façon, c'est un rĂȘve, ça, OK ? C'est un rve.
AprĂšs l'explosion,
il y a 4 tentations qui vont venir titiller Stéphane,
mais il résiste !
- Ouais. - Il résiste !
Ăa prouve Ă StĂ©phanie qu'il peut ĂȘtre fidĂšle.
Comme le kamikaze est fidĂšle Ă sa cause !
- Ouais. - Tu comprends ?
AprÚs ça, on "cutte" tout, esti, Stéphane se réveille !
Ce n'Ă©tait qu'un rĂȘve ! Voyons donc ! C'est n'importe quoi ?
- Non, mais moi, je vois ça comme des... C'est...
C'est des symboles, c'est beau. - C'est pourri !
C'est Fecteau qui l'a écrit ou il fait juste réaliser ?
- Je... Je sais pas.
- C'est prenant, leBye Bye !
- Ralentis ta cadence, lĂ .
- Oui, non, faut couper les scĂšnes de rĂȘve.
Patrice est un trĂšs bon acteur, il a un trĂšs bon instinct,
je lui fais entiĂšrement confiance, faut les couper.
Allez-vous vraiment perdre votre temps Ă tourner ces scĂšnes-lĂ ?
Ben oui, c'est sûr que le scénariste y tient,
mais lĂ , regarde, qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
Je le sais, tu le sais,
le scénariste devrait le savoir avec.
Les scĂšnes de rĂȘve sont les premiĂšres affaires
coupées au montage.
(sonnerie de téléphone)
- AMG, bonjour !
Oui, pas de problĂšme !
Donnez-moi le nom de la comédienne
et je vous dirai qui la représente.
Sofia ? Oui !
Sofia. Un instant, je vous transfĂšre.
(bips)
- Hum, hum. On comprend.
On est déçu, mais on comprend.
Oui. Vous aussi, bonne journée !
Ah, Sofia, j'ai des mauvaises nouvelles.
Ta scÚne a été coupée.
-
Je m'excuse.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Ben, ma scÚne a été coupée.
- Hein ! Comment ça ?
- J'ai eu l'air conne devant Patrice,
pis il a pas voulu de moi sur le plateau.
- Ben, voyons donc ! Ă'a aucun sens.
- Mais oui, ça fait tout le temps ça.
Quand je veux vraiment quelque chose,
je fais toujours tout saboter.
- Oui ! Qu'est-ce qui se passe avec la scĂšne de Sofia ?
- J'ai l'air trĂšs sĂ»re de moi pis je deviens mĂȘme agressive.
quand je suis vouée à quelque chose.
Quand ça arrive pour vrai,
ben, j'ai tellement pas confiance en moi
que, ben, je me sabote, dans le fond.
- OK.
Ils sont juste en retard dans l'horaire.
- Hein ?
- AllĂŽ ?
AllĂŽ !
- Il y a personne ?
- Mais non, vas-y, installe-toi,
je vais aller chercher les photos, c'est bon ?
- Hum, hum.
- Je t'ai vu briser le coeur de tout le poste de police !
Tu briseras pas le mien, certain, Stéphane Hébert !
Pis là , il lui répond :
Je vais vouloir me tuer avant de te blesser, Stéphanie !
Pis lĂ , il se lĂšve, ils sont sur le point de s'embrasser
et on sent que Julie Le Breton veut résister,
mais que c'est plus fort qu'elle.
Pis...
Bang ! - Ah !
- C'est lĂ que le kamikaze se fait exploser
dans le loft d'à cÎté !
- Hum, hum. Pis il meurt.
- Non, non, ça, c'Ă©tait juste une rĂȘve.
- Ah ! Oui, oui, oui, c'est vrai.
Hum...
- Pis c'est lĂ que les tentations, on arrive !
- Bon, euh, les scÚnes que Patrice a demandé de couper,
c'était des trÚs bonnes scÚnes.
On sait tous que c'est parce qu'il veut pas tourner
des scÚnes d'intimité avec Julie, là .
- Pourquoi ça te dérange autant qu'ils coupent 2, 3 scÚnes ?
- Parce que c'était des scÚnes
qui donnaient beaucoup de profondeur à la série.
- Ah, mon Dieu ! C'est lĂ -dedans qu'elle jouait, Sofia ?
- Entre autres, oui !
- Es-tu vraiment en train de te battre
pour une 3e rÎle pour la réceptionniste ?
- Ha ! T'es méprisante, là , c'est une trÚs bonne actrice.
- Et une excellente réceptionniste.
Il y a rien de méprisant là -dedans. Ah !
- C'est son premier 3e rĂŽle !
Je pense que c'est le début de quelque chose !
- Bon, tout le monde haiït ça,
les scĂšnes de rĂȘves, de toute façon.
Si elle est si bonne que ça, là , tu vas lui trouver autre chose.
- Ăa va lui briser le coeur !
- Hé, connais-tu ça, toi, l'expression :
choisir ses combats ?
- Ah... Tu m'énerves !
- Est-ce que c'est les chiffres exacts ?
- J'ai tout calculé 2 fois.
- OK...
- Qu'est-ce qu'il y a ? C'est pas correct ?
- Non, non, c'est juste que c'est plus
que ce que je pensais.
- Ah. Je peux recommencer, si tu veux.
- Non, non, non, non.
- C'Ă©tait ta fĂȘte ?
- T'es perspicace !
- T'as quel Ăąge ?
- Euh, 19.
Ah, tu veux dire sur la photo ?
Euh, je sais pas, peut-ĂȘtre 3 ans, 4 ans.
- Hum.
T'es né en 98 ?
- 3 juin. Ouais.
- Ăa, ça veut dire que...
que nos mĂšres Ă©taient enceintes en mĂȘme temps.
- Cool...
Euh, c'est quand, ta fĂȘte ?
- Le 13 septembre.
- Ah ! Je savais que j'étais plus vieux que toi !
Je suis plus mature.
- Pis ça, c'est ouĂč ?
- Ăa, c'est chez ma grand-mĂšre dans les Cantons-de-l'Est.
Ouais.
- Comment ça se fait que t'as pas de frÚre ou de soeur ?
Tes parents, ils voulaient pas d'autres enfants ?
- C'est quoi, l'interrogatoire sur ma famille depuis tantĂŽt ?
- Je sais pas.
J'aime ça, les histoires de famille, ça m'intéresse.
- C'est toi qui m'intéresses.
- Euh, bon, je vais y aller, moi.
- OK, Camille, t'as raison, on garde ça professionnel, OK ?
- Non, c'est bon, j'ai assez de photos,
de toute façon, c'est correct.
- Je comprends pas
pourquoi tu veux pas qu'on se donne une chance.
Il y a quelque chose de spécial entre nous, non ?
Regarde, si tu veux pas que le monde Ă l'agence le sache,
on a juste Ă se voir en cachette.
(ouverture de porte)
(fermeture de porte)
T'es de bonne heure.
- AllĂŽ, Ă toi aussi !
Salut, Camille ! Ăa va bien ?
- TrĂšs bien ! Vous ?
- Tu peux me tutoyer !
- OK !
- Vous restez Ă souper, tous les deux ?
- Ah, c'est gentil, mais je peux vraiment pas !
- Ah, ton pĂšre a encore un rendez-vous ce soir.
Là , je suis tannée de manger toute seule !
- Pourquoi pas ?
- Ăa me ferait vraiment plaisir !
- Salut, Pat !
- HĂ© ! Salut !
- J'ai lavé ton linge, plié, tout !
- Merci !
- Je voulais te le faire livrer,
mais il y avait pas de courrier disponible.
- T'es ben fin d'ĂȘtre venu jusqu'ici, han !
- Ah, mais lĂ ! Pas de trouble !
Fait que t'as fait couper des scÚnes d'intimité ?
- Mais non, mais elles étaient complÚtement inutiles,
de toute façon, ces scÚnes-là .
- Ouais.
En mĂȘme temps, c'Ă©tait des belles scĂšnes !
Mais je comprends, lĂ ,
ça te fait peur, l'intimité avec Julie.
- Non, non, ça me fait pas peur, ça me terrorise.
Qu'est-ce que tu penses qu'il va arriver si j'aime trop ça ?
Si... Si mon corps a comme une réaction incontrÎlable ?
- Ouais, c'est sûr.
- Julie va ĂȘtre mal Ă l'aise, je serai mal Ă l'aise.
Pis envoye, esti.
Hashtag, me
to
o,
encore ? Non, non, non.
- Ben lĂ , franchement.
- De toute façon, je serai pas bon.
Je vais ĂȘtre trop sur les nerfs, tu sais,
je vais jouer n'importe quoi.
- T'es Patrice Robitaille, t'es toujours bon !
- HĂ©, arrĂȘte de faire le tĂ©teux, lĂ .
- OK.
- Non, je te dis, de ce temps-lĂ , l...
(soupir)
Je suis super insécure,
je suis trÚs vulnérable, on dirait, là .
Chaque fois qu'on a des scĂšnes ensemble, Julie pis moi,
elle me domine.
Elle domine complĂštement la dynamique.
- Mais en mĂȘme temps, t'as pas pensĂ© que...
jouer ces scĂšnes-lĂ , ça pourrait ĂȘtre une façon
de purger ton amour pour elle ?
- Ah ouais, tu penses ?
- Quand on s'est laissés, mon ex pis moi, là ,
on a fait l'amour une derniĂšre fois.
Tu sais, une baise d'adieu pour passer Ă autre chose.
- Ouais, mais ça marche jamais, ces affaires-là .
- Ouais, ç'a marché.
Pour elle, en tout cas, lĂ .
Ă'a pas pris 2 jours, elle Ă©tait en couple avec un autre gars.
Super heureuse.
- Mais on dirait que je comprends pas, lĂ .
C'est quoi, tu penses que je devrais coucher avec Julie ?
- Non, non, non, non.
Non, mais ces scĂšnes-lĂ , l,
ça pourrait ĂȘtre comme votre baise d'adieu.
Tu vas au bout de ton désir pour elle en tournant.
AprÚs ça, c'est fini !
- Ouais, genre, plutĂŽt que d'essayer
de jouer que je l'aime, je l'aime pour vrai.
En jouant que je fais semblant.
- Exactement !
- Ouais, c'est à peu prÚs ça,
le fait d'avoir le droit d'ĂȘtre en amour avec elle,
mais ça me soulage de vouloir ĂȘtre en amour avec elle.
- C'est ça, c'est comme, tu sais,
quand tu veux vraiment quelque chose, lĂ ,
pis tu y penses tout le temps, lĂ , tu fais une fixation,
souvent, tu l'as, aprÚs, t'es déçu, là .
- Ouais. Ouais, parce que c'Ă©tait pas comme dans ton rĂȘve.
- Exactement !
- Ouais, c'est juste logique, dans le fond, t'as raison,
faut que je les tourne, ces scĂšnes-lĂ .
Ouais, je vais parler au "réal". Hé, excuse-moi !
Peux-tu aller chercher Simon-Olivier, s'il te plaĂźt ?
- Ouais, il est ouĂč ? - Ouais, il est juste lĂ , ouais.
Il est lĂ -bas, il fait semblant de travailler un petit peu, lĂ .
Merci ! - OK !
- Ah ! HĂ©, je t'aime ben, toi !
Toi pis moi, on se ressemble, han,
c'est pour ça qu'on se comprend ben.
- Merci ! - Ouais.
C'est juste plate parce que t'es pas assez requin,
sinon je te prendrais comme agent.
- Ben, chacun nos méthodes, han !
- Ouais, mais je suis pas sûr que ça vaut 20%, par exemple.
- Comment ça, 20% ?
- Ben, c'est ça, ton surnom, toi ? Monsieur 20% !
Tu sais, le 10% que tu charges
plus le 10% que tu vas pas chercher.
(rire)
Non, mais
anyway,
c'est aussi ben de mĂȘme, tu sais,
Alexandra va rester mon agente
pis toi pis moi, ben, on va pouvoir ĂȘtre des chums !
- Bah oui, c'est super ! - HĂ©, Fecteau !
(sifflement)
Les scĂšnes...
- Ăa tient compte du chiffre d'affaires actuel.
C'est trÚs précis.
- Je resterais propriétaire de 30% des parts ?
- T'aurais rien Ă faire.
Juste à toucher tes bénéfices.
- Wow ! C'est gentil !
T'as pas les moyens de me racheter ?
- Ben, c'est sûr que tu me laisses pas beaucoup de temps,
mais si je réussis à augmenter les bénéfices de l'agence
en diminuant les salaires,
parce qu'on se le cachera pas, Michel prenait un gros salaire.
Il ne travaillait plus beaucoup.
Il y a aussi un peu de personnel superflu.
Si je réussis tout ça, ben...
je pourrais racheter la totalité de tes parts d'ici un an.
- As-tu déjà trompé ta femme, Jean-Frédéric ?
- Est-ce que j'ai l'air con si je te dis que non ?
- Michel m'a beaucoup trompée.
La plupart du temps avec des actrices.
J'imagine que tu le savais.
- Je suis pas aveugle, Estelle.
- On pense qu'avec le temps, en vieillissant,
on s'habitue, on ferme les yeux, on fait avec.
Mais pas moi.
Je déteste profondément les actrices.
Juste l'idĂ©e de toucher mĂȘme un infime pourcentage
sur leurs petites acrobaties me donne mal au coeur.
Il suffit de leur dire qu'on les aime,
qu'elles sont les meilleures,
pis tu peux leur mettre un balai sur la tĂȘte
pis leur dire de réciter des noms d'oiseaux pendant 3 heures
sur la scĂšne de l'Espace Go.
C'est pathétique !
Je suis désolée, Jean-Frédéric.
Je vais devoir étudier les autres offres que j'ai reçues.
Mais merci pour ton temps !
- (Camille) : Pis toi, ça te gĂȘne pas ?
- (Zacharie) : Ben, c'est sûr que...
- HĂ© ! T'es dĂ©jĂ l, toi ? Ă'a Ă©tĂ© vite !
- Ouais, j'ai réussi à finir plus vite que prévu.
- Comment ça s'est passé ?
- Bien, bien, je t'en parlerai plus tard.
- J'ai invité Zach et Camille à souper !
- Salut ! - AllĂŽ ! Ăa va ? Salut !
- AllÎ ! J'étais venue pour choisir les photos de Zacharie.
C'est Alexandra qui m'a demandé.
- OK. Ben oui.
- Fait que, oui, c'est ça ! T'as étudié dans quoi ?
- Euh, j'ai fait un an en communications au cégep
pis j'ai arrĂȘtĂ©.
- C'est dommage, pourquoi ?
- ChĂ©rie. - Ben, quoi ? Ăa m'intĂ©resse !
- Oui, oui. - Veux-tu devenir agente aussi ?
- Non, ben, peut-ĂȘtre. - Ah, je sais pas.
Peut-ĂȘtre, ouais. - OK !
- Pis tes parents, ils font quoi ?
- Hum, ma mĂšre est coiffeuse.
- OK ! - Pis ton pĂšre ?
- Mon pĂšre... - Ben lĂ ! ArrĂȘte.
Tu vois bien que tu la gĂȘnes avec tes questions.
- Mon pÚre, il est... il est gérant.
Euh, dans le spectacle, euh, c'est pas un spectacle,
mais c'est sur un bateau pour voir les baleines.
- Ah ! - Oh wow !
HĂ©, des baleines ! J'en ai jamais vues, moi !
C'est fou, on voyage pas assez au Québec !
- Ăa, c'est vrai.
- T'as dĂ» en voir, dans ta vie !
- Ah oui ! Des baleines, avec mon pĂšre, beaucoup, lĂ !
Il y en a plusieurs sortes.
Il y en a qu'on connaĂźt beaucoup pis d'autres, moins.
- OK.
- Les baleines blanches, les bélugas...
- Il y a le rorqual commun que j'avais vu, moi.
Il est assez commun. - Oui, c'est vrai.
- Bon ! Moi, j'ai trop bu, lĂ .
Ăa ne me tente plus de faire Ă souper.
On va se faire livrer quelque chose.
- OK !
- Mais moi, je vais y aller, de toute façon.
- Ouais, mais tu t'en vas ouĂč ?
- Tu n'habites plus chez Zach ?
- Non, j'ai trouvé quelque chose.
- Tu t'es trouvé un logement ?
- Ben, pas un logement, lĂ .
- Elle dort Ă l'agence.
- Non, non. - Ă l'agence ?
Oh,
boy ! - Ben, franchement !
Tu vas pas dormir Ă l'agence !
Ăcoute, il y a le logement de Zach en bas,
il y a une chambre de libre à l'étage,
on va quand mĂȘme pas te mettre Ă la rue, hein !
Hein, chéri ? - Non.
Il y a la chambre d'en haut.
- On se fait livrer de la pizza !
- Oh ! - Pizza
night !
- Pizza ! - Pizza
night !
- Hum ?
- OK !
- Tu t'en fais pour rien, c'est juste le début des négociations.
C'est normal.
- Non.
C'est fini.
Il n'y en aura plus, de négociations.
- Ă moins que tu demandes l'argent Ă mon pĂšre ?
- Oh non ! Je lui demanderai pas son argent.
- Ăa lui ferait plaisir !
- Regarde, je veux faire mon affaire.
- Il se mĂȘlerait de rien.
- Ben oui !
- Pour vrai.
- Regarde, depuis le temps que j'attends ce moment-lĂ ,
avoir mon agence, faire ce que je veux.
Je le sais qu'il y a plein d'autres possibilités,
qu'on peut aller beaucoup plus loin
pis je n'ai plus le goût de me faire dire
par un bonhomme de 70 ans que c'est pas le bon moment,
qu'il faut ĂȘtre patient, que je suis trop ambitieux.
- Mon pĂšre, c'est pas Michel.
- Ben non.
Il est pire.
- Tu fais ce que tu veux, mon chéri !
Mais en attendant,
peux-tu arrĂȘter de te dĂ©fouler sur la petite Camille ?
- Je me défoule pas sur elle.
- Tu t'es pas vu aller.
- Un gars peut ĂȘtre de mauvaise humeur,
une fois de temps en temps ?
- Oui, oui ! Mais tu brises le coeur de ton fils !
Bon, OK, elle a pas des super maniĂšres,
elle fait un peu région, mais si Zach la trouve de son goût ?
- Regarde, elle est ben correcte, Camille, lĂ .
C'est pas ça, le problÚme.
- C'est quoi, d'abord ?
- Rien, lĂ .
(soupir)
- Bonne nuit !
(soupir)
(âȘ jazz )
- Je le sais, que tu me fais pas confiance.
J'accepte.
On n'a pas le mĂȘme style.
Pis j'ai moins de clients que toi.
Mais j'ai 10 ans de moins d'expérience que toi.
Fait que c'est normal !
Pis mes clients m'aiment beaucoup !
Beaucoup !
Mais je...
je veux pas ĂȘtre Monsieur 20%.
Je veux apprendre de toi.
Je veux devenir meilleur.
Pis je pense que je peux ĂȘtre un bon alliĂ©.
Je vais mettre mon condo en vente, pas cher.
Pis ça va aller vite.
Alexandra va faire sa part pis on a besoin d'Arlette !
Faut se tenir, pas se diviser !
Sans nous, t'es un excellent agent.
Mais t'es pas une agence.
AMG, c'est notre agence.
Ă nous quatre !
-
Ăa marchera pas.
Il voudra jamais. - Tu le sais pas !
- Ah non, c'était pas une bonne idée, de toute façon.
Voir si on est capables d'avoir une agence, les quatre.
Je te dis, c'Ă©tait trop beau pour ĂȘtre vrai, il voudra pas.
- Le voici, le voila !
- AllĂŽ ! - Ah !
- Hum ! Ăa va ?
- Oui.
- AllĂŽ !
Veux-tu du vin ?
- Ouais !
- OK.
Faut qu'on parle de chiffres.
Merci !
Estelle a refusé ma premiÚre offre.
Parce qu'elle était pas assez élevée.
- Fait que c'est pour ça que t'es là ?
- Tu sais quoi ? Oui.
J'aurais préféré acheter seul parce que j'ai un gros ego.
Parce que j'ai envie d'ĂȘtre boss.
- Hum.
- Mais je suis pas capable d'acheter seul.
Pis c'est vrai que la meilleure chose pour l'agence,
c'est que ce soit notre agence, Ă nous quatre.
Je suis désolé si je l'ai pas vu avant.
- C'est parfait, ça ! - OK ?
- Absolument ! - C'est super !
-All right !
âȘ âȘ
- Merci ! Sofia !
- HĂ© ! Gab !
- Wow !
(rires)
Ăa va ?
- Ouais ! T'es donc ben fin ! T'es venu m'encourager ?
- Oui ! Oui, ben, je suis venu voir Patrice aussi, lĂ .
- Ah oui, oui ! Ben, il tourne en ce moment, lĂ .
- OK, ouais, c'est une équipe réduite, là ,
pour les scÚnes d'intimité.
- Ah ! OK ! - C'est mieux comme ça.
- (Homme) : OK, coupé ! Changement de
set up.
- Fait que ç'a l'air que ç'a été long ?
- Euh, ouais, quand mĂȘme.
Je sais pas qu'est-ce qui se passe, lĂ , il y a, comme...
Ben... C'est un peu intense.
- Ah oui ?
- Ouais. Il y a, comme, des bogues ou je sais pas trop.
- OK.
- HĂ©, Gab !
My man !
- HĂ© ! - Ăa va ?
- Ăa va bien, toi ? - Ah oui, super ! Merci !
- Ouais ? - Viens ici.
Faut que je te parle avant qu'elle sorte, lĂ .
Je t'en dois une, han !
- Ah oui ? Ă'a bien Ă©tĂ© ?
(soupir)
- Hé, c'était interminable !
Je te dis, Julie arrĂȘtait pas de bloquer.
Elle butait, là , sur toutes ses répliques, là .
Elle Ă©tait super nerveuse, je l'avais jamais vue de mĂȘme !
Tu sais, le bout, lĂ , le bout ouĂč on est supposĂ©s s'embrasser ?
Elle était émue aux larmes !
- Non ! - Je te jure !
Tu sais, ç'a rien à voir avec son personnage.
Elle est supposĂ©e ĂȘtre mĂ©fiante, non, non, Ă©coute,
elle avait l'air d'une ado, là , toute bouleversée.
C'était ben intense, son affaire.
- Wow ! Pis toi ?
- Quoi, moi ?
- Ben, t'as pas eu une réaction ?
- Ben non, pas pantoute, non, non, j'étais, comme :
coup donc, Julie, es-tu en amour avec moi ?
- Ăa se peut, hein !
- Ăcoute, en tout cas, si c'est le cas, lĂ ,
c'était zéro subtil, son affaire.
Non, pis, tu sais, entre toi pis moi,
il y a de quoi de plus débandant qu'une fille en amour ?
Non, fait que je lui disais : "Voyons, Julie, lĂ !
"Reprends sur toi pis colle tes répliques,
"concentre-toi un peu."
Ă'a l'air bon, ce petit croissant-lĂ ,
je vais aller m'en chercher un.
- Ouais, il est bon !
Sofia, qu'est-ce qui se passe ?
- J'ai été coupée.
- Encore ? - Mais oui.
- Non, mais je veux dire, c'est injuste !
C'est pas parce que t'as une tentation Ă couper
que c'est la numéro 4 !
- Hum.
- Laisse-moi dire que c'est pas
parce que j'étais la tentation numéro 4
que j'étais la moins bonne.
- Ah non, ça, c'est sûr, là .
- Pis les réalisateurs, là ,
ils nous ignorent tout le temps, nous, les petits rĂŽles.
Je veux dire, ils nous parlent jamais !
Fait que c'était vraiment une grosse
bad luck
aujourd'hui
quand je me suis adonnĂ©e Ă dire juste de mĂȘme
parce que j'étais fùchée
que c'était un imbécile pas de talent,
qu'il soit derriĂšre moi et qu'il ait tout entendu.
- Ah, je...
- Désolée, je fais tout foirer tout le temps.
(bip de cellulaire)
- Mais là , lui as-tu parlé, à Simon-Olivier ?
- Tu veux dire aprÚs que je l'aie insulté ?
- Hum, hum. - Ben non.
- Parce qu'il me demande ton numéro de téléphone.
- Hein ? T'es sérieux ?
- Hum, hum.
(sonnerie)
- Qu'est-ce que t'écris, là ? - Je veux savoir pourquoi.
- Pis qu'est-ce qu'il répond ?
- Il veut t'inviter Ă souper.
(sonnerie)
Il aime ça, les filles qui ont du caractÚre.
(sonnerie)
- OK.
- Ah... Je suis vraiment désolé, Sofia, là ,
mais ça fait vraiment gros cave de réalisateur
qui veut coucher avec une actrice.
C'est pas son genre, pourtant. - Ah !
- Ăa me gĂȘne un petit peu, je vais lui parler.
- Euh, non, non, donne-lui mon numéro, je veux dire,
c'est juste un numéro de téléphone, on s'en fout.
- T'es sûre ? - Hum, hum !
Et au pire, je répondrai pas.
- OK.
- Tiens, j'ai fait une belle mise en page !
- C'est le contenu qui est important.
- C'est sûr !
- Bonne chance !
- Merci, mais non.
- T'as mĂȘme pas tout lu.
- J'ai vu le chiffre, c'est pas assez haut.
- Je peux pas croire
que tu peux aller chercher plus que ça ailleurs.
- C'est mon problĂšme.
- On peut négocier.
- Je suis désolée.
(raclement de gorge)
- Je peux comprendre que tu sois amĂšre, lĂ ,
mais on t'a rien fait, nous.
On a travaillé trÚs fort, tous les quatre,
pour contribuer au rayonnement de l'agence.
Il y a quelque chose de sadique
dans ta façon de pas vouloir travailler avec nous, Estelle.
- Je dois rien Ă personne. - Ben...
- Vous avez toujours été bien payés
pour la job que vous faites.
Pis là , Arlette, elle vient d'hériter
d'un beau condo au centre-ville !
Parce que j'ai finalement trouvé
ouĂč allaient les fonds qui disparaissaient tous les mois.
C'était pour payer les frais de son condo au centre-ville !
Condo secret ouĂč il pouvait vivre sa vie secrĂšte,
qu'il avait mis Ă ton nom pour pas que je m'en rende compte.
Un condo qui vaut quoi, lĂ ?
750 000$ ?
C'est un pas pire cadeau pour une assistante, quand mĂȘme !
Fait que vous comprendrez que c'est déjà assez vexant comme ça
que je vais pas en plus laisser Arlette acheter l'agence
avec de l'argent qui devrait mĂȘme pas tre Ă elle.
Je suis peut-ĂȘtre trop orgueilleuse,
mais c'est comme ça.
J'ai accepté l'offre d'une agence de Toronto.
(bips de cellulaire)
- Toronto ?
- C'est ce que je viens de dire, oui.
- Mais notre industrie a rien Ă voir
avec celle du reste du Canada, ç'a aucun sens !
- Ben oui ! Oui, oui, ç'a du sens.
Rona l'a fait, St-Hubert l'a fait, Juste pour rire l'a fait !
C'est pas la vente de l'agence AMG qui va changer grand-chose.
(ouverture de porte)
(fermeture de porte)
- 400 000$, hein, Arlette ?
- HĂ©, enfonce pas le clou.
- Ah... - Merci pour la transparence !
- HĂ© ! Tu repasseras, toi aussi.
- HĂ©, OK, lĂ .
- Toronto ?
- Il y a plein d'avantages Ă ĂȘtre lesbienne !
Tu peux partager le mĂȘme linge que ta partenaire,
tu peux te défouler de ton SPM sur le SPM de ta partenaire,
et tu peux choisir la grosseur du pénis de ta partenaire !
MELS
Sous-titrage :
MELS
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